29/10/2016

L'idéologie du glaive. Préhistoire de la chevalerie par Jean Flori

Titre : L'idéologie du glaive. Préhistoire de la chevaleriel-id%C3%A9ologie-du-glaive-pr%C3%A9histoire-de-la-chevalerie.jpg
Auteur : Jean Flori
Éditeur : Droz 1 janvier 2009
Pages : 205

Il y a longtemps j'adorais l'histoire médiévale. Je découvrais un monde à la fois proche et très différent. Une histoire qui avait été manipulée en direction d'une légende noire alors qu'il y avait énormément de beauté. Mais je me suis beaucoup plus intéressé à la période contemporaine. Pourtant, je souhaitais revenir un peu à la période médiévale. Et quoi de mieux que de lire l'ouvrage qui annonce l'histoire de la chevalerie de Jean Flori ?

Jean Flori propose d'examiner les sources ecclésiastiques afin de comprendre de quelle manière ce qu'il nomme l'idéologie chevaleresque. Il prend en compte l'histoire des IX au XI siècle. Son but est d'examiner les écrits afin de mettre en évidence la mise en place progressive d'une société d'ordre dont les chevaliers. Ceux-ci, selon Flori, s'inscrivent dans certaines valeurs défendues par l’Église. Le livre est divisé en trois parties de 9 chapitres.

La première partie, semences, permet à Flori de nous expliquer la relation entre la guerre et la chrétienté. Alors que les premiers chrétiens voyaient le meurtre et la guerre en négatif la guerre devint, progressivement, une nécessité voir une bonne chose. Pour cela, il est nécessaire de comprendre de quelle manière l’Église a fonctionné dans le cadre de l'Empire romain. Lorsque les chrétiens sont minoritaires il est possible de refuser le service. Mais que faire lorsque l'Empire devient majoritairement chrétien ? Il devient nécessaire de défendre par les armes le territoire pour éviter la perte de l’Église. Cette partie permet aussi de débuter l'histoire des ordres qui sont censés être au centre du fonctionnement médiéval. Ceux-ci n'existent pas encore mais une justification de la hiérarchie sociale commence à être débattue à l'aide de la théologie.

La seconde partie, germination, permet de mettre en évidence un lien entre les évêques et les rois. Progressivement, une forme de dualité des rôles est mise en place entre les serviteurs de l’Église et les rois. Ces derniers ont la charge de pacifier le monde aussi bien à l'intérieur des terres que face aux dangers extérieurs. Pour cela, on utilise des justifications théologiques qui permettent de théoriser les rôles de tout le monde. Ainsi, Flori nous explique que la paix est défendue par une alliance entre le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir séculier. Cependant, le pouvoir royale devient progressivement moins fort ce qui nous mène à une multiplication des pouvoirs locaux et à la troisième partie.

Celle-ci, nommée croissance, permet en particulier de particulier des paix et des trêves divines. En effet, le pouvoir royale est devenu incapable d'imposer la paix. Il échoue à mettre en place ses devoirs. De plus, les pouvoirs locaux armés sont de plus en plus nombreux et se font la guerre. Il devient donc nécessaire de mettre en place des institutions capables d'imposer la paix. Pour cela, l'Église se porte sur le peuple. À l'aide du peuple, des trêves sont mises en place. Celles-ci sont nombreuses - preuve de leur incapacité à les imposer ? - et s'imposent sur deux points. Premièrement, certaines personnes sont protégées contre la guerre. Ce sont les paysans mais aussi les guerriers qui ne sont pas en armes et les membres de l’Église. Certains lieux sont aussi protégés. De plus, des périodes sont définies durant lesquelles toutes activités guerrières sont interdites. Mais cette entrée dans le siècle et l'ordre des militaires par les membres de l’Église et le peuple est en contradiction avec le fonctionnement théorique des ordres. Ainsi, la même période permet d'observer une défense importante de ces ordres et leur définition stricte.

 Au final, Flori écrit un livre qui peut faire office d'introduction à ses travaux ultérieurs sur la chevalerie. Bien que le propos soit intéressant j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le livre et à m'intéresser au sujet. C'est, bien entendu, de ma propre faute et d'autres personnes pourraient trouver ce livre passionnant.

Image : Éditeur

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