30/11/2016

1848. Naissance de la suisse moderne par Cédric Humair

Titre : 1848. Naissance de la suisse moderne
Auteur : Cédric Humair
Éditeur : Antipodes 2009
Pages : 167

Qu'est-ce que la Suisse ? Quelle est son origine ? Doit-on trouver la réponse dans les écrits de Jules César durant la guerre des Gaules ? Ou vaut-il mieux observer une histoire bien plus récente ? Autant de questions qui font débats. L'auteur a décidé, tout en se justifiant en introduction, de se concentrer sur la période 1815-1857. Il explique que les années antérieures sont intéressantes et nécessaires pour comprendre la construction du pays mais que cela ne peut pas s'intégrer dans le travail qu'il compte faire et la méthodologie appliquée. Le propos du livre concerne donc la Diète et la mise en place de la confédération après la guerre du Sonderbund jusqu'à la "stabilisation" du pays, pour reprendre le terme de l'auteur, aussi bien au niveau international qu'intérieur. Pour son examen, l'auteur met en place deux parties de deux et trois chapitres.

La première partie se concentre sur la période de la Diète ainsi que sur la Guerre civile. L'auteur essaie d'y expliquer les raisons de l'explosion guerrière en se concentrant sur trois facteurs : politique, économie et relations internationales. Le pays, sous le régime de la Diète, se trouve sous un état qui fonctionne difficilement. Afin de pouvoir mettre en place une décision l'idée majoritaire est que tous les cantons doivent être d'accord. La nécessité de l'unanimité rend toutes décisions et les réformes particulièrement difficiles. De plus, le pays est soumis à plusieurs séparations au niveau des cantons. Ceux-ci contrôlent les postes, la monnaie et les frontières. Ces différentes séparations posent des problèmes et des opportunités au niveau économique. Les opportunités concernent la protection des locaux face à la concurrence européenne. Mais il est aussi très difficile d'être concurrent au niveau international lorsqu'on doit traverser plusieurs frontières, plusieurs postes et payer un grand nombre de taxes. Ainsi, l'auteur montre que les volontés de changements dépendent, en partie, du contexte économique local. De plus, les tensions sont de plus en plus importantes au niveau interne, plusieurs révolutions armées, avec un monde externe prompt à influencer la politique suisse. Ces multiples tensions débouchent sur la guerre de Sonderbund qui se termine avec la défaite des cantons du Sonderbund et une nouvelle constitution alors que l'Europe fait face à des conflits révolutionnaires.

La seconde partie, de trois chapitres, se concentre sur la consolidation du pays au niveau politique, économique et international. L'auteur explique que, après la guerre, les vainqueurs décident d'intégrer les vaincus dans le système. Ainsi, les mesures de rétorsions sont limitées. De plus, les réformes politiques tendent à mettre en place un consensus tout en permettant une réforme plus facile que précédemment. Cependant, au début du nouveau régime, le pouvoir est tenu par les réformistes libéraux tandis que les conservateurs sont écartés. Dans le même temps, le pays est centralisé, dans certaines limites. Ainsi, les barrières douanières sont levées, la poste et la monnaie deviennent fédérales et, progressivement, les chemins de fer sont construits pour être, plus tard, nationalisés. Cette centralisation permet un essor économique du pays alors que les frais tombent et que les voyages et les communications deviennent de plus en plus facile. Dans un dernier chapitre, l'auteur place le pays, libéral, dans le contexte d'une Europe conservatrice qui s'inquiète de ce petit pays qui a réussi une réforme démocratique. À plusieurs reprises, des crises éclatent et, souvent, la confédération échoue à agir et se repose sur des alliés de poids que sont les USA et la Royaume-Uni. Selon l'auteur, les autorités de l'époque ont sacrifié, à court terme, la force politique ai niveau international au profit de l'économie.

Au final, ce petit livre qui se concentre sur une période restreinte est plutôt réussi. L'auteur évite de ne parler que d'anecdotes pour mieux les placer dans une méthodologie précise basée sur quelques facteurs explicatifs. Ce livre met en question la force prédominante de l'explication confessionnelle, pour parler de la guerre civile, au profit d'explications plus larges prenant en compte l'économie. Ce livre permet de mieux comprendre la mise en place de la Confédération dans sa forme actuelle et la culture politique que l'on connait. Personnellement, je l'ai trouvé très intéressant et je conseille vivement.

Image : Éditeur

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26/11/2016

La ferme des animaux par George Orwell

Titre : La ferme des animauxproduct_9782070375165_195x320.jpg
Auteur : George Orwell
Éditeur : Gallimard
Pages : 160

Une petite ferme en Angleterre. Le propriétaire est un alcoolique qui ne prend pas soin de ses animaux. Ses aides font le minimum. La vie est dure pour le bétail. Illes travaillent, sont exploités et ne mangent pas toujours à leur faim. Mais l'un des cochons a eu un rêve. Ce rêve est celui d'une République des animaux libéré-e-s de la tyrannie humaine. Peu avant de mourir, il en parle à ses comparses. Personne ne pense que la révolution aura lieu mais on s'y prépare. Et soudain, sans crier gare, le propriétaire est expulsé ! Les animaux se sont libéré-e-s et les cochons prennent la direction des opérations. Cependant, petit à petit, les choses changent tout en restant pareils. La révolution a-t-elle vraiment eu lieu ?

Il y a très longtemps que je souhaite lire la Ferme des animaux. C'est un roman qui est resté tardivement dans ma liste de livres à lire (qui ne désemplit pas vraiment...). Mais j'avais toujours autre chose à faire, à voir ou à lire. Que penser de ce roman ? Tout d'abord, la lecture est très agréable. Le style est simple sans être simpliste. Les mots et les événements ont toujours un but précis et rien ne semble être placé au hasard. Le roman est court mais il est complet.

En effet, bien qu'il soit court Orwell réussit à tout mettre dans ces pages. Bien entendu, les personnes qui connaissent un peu la révolution bolchevique et ses suites comprendront beaucoup de choses. Car ce livre parle de révolution en s'attachant à un exemple précis. Dès les premières pages, on sait exactement à qui et quoi s'attaque l'auteur. Et il le fait bien. Non seulement il montre de quelle manière une élite se forme mais il illustre aussi de quelle manière celle-ci, progressivement, se pense élite et se voit comme méritant des exceptions. Petit à petit, on observe des personnages prendre le dessus et se rapprocher de ce qui était vilipendé auparavant. De plus, l'auteur nous montre de quelle manière la langue et les faits peuvent être manipulés au fil du temps (un thème que l'on retrouve dans 1984). Comment remettre en doute le discours du gouvernement quand celui-ci nous prouve qu'il a raison ? Bref, c'est un livre aussi intéressant qu'il est court. Une lecture facile et très enrichissante.

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***** Court, bien écrit, intéressant et parfaitement maitrisé.

Image : Éditeur

24/11/2016

Partir en beauté. L'art et le métier des funérailles en pays fribourgeois par Lorenzo Planzi et Jean Steinauer

Titre : Partir en beauté. L'art et le métier des funérailles en pays fribourgeoisbc5f6c1e0a1d1346cd4f6ad452847189.jpg
Auteurs : Lorenzo Planzi et Jean Steinauer
Éditeur : Société d'histoire du canton de Fribourg 2016
Pages : 114

Qu'est-ce que la mort ? Comment la société apprivoise-t-elle la fin d'une vie ? Quels sont les changements dans les rites au cours du temps ? Ce sont autant de questions posées dans cet ouvrage autours de l'histoire d'une entreprise de pompes-funèbres. Les auteurs répondent à ces questions à l'aide d'archives de l'entreprise, de sources annexes et d'entretiens dans 5 chapitres. Le premier, et le dernier, concernent directement l'entreprise. Au début du livre, les auteurs présentent l'origine genevoise de l'entreprise puis son arrivée en terre fribourgeoises en 1916. Alors que le contexte genevois est très difficile aussi bien du point de vue religieux - les catholiques sont minoritaires - que financier - il y a de nombreuses autres entreprises - le contexte fribourgeois est celui d'une friche. Tout est encore très traditionnel et personne ne fait de la mort son véritable métier. Le dernier chapitre, lui, se concentre sur la partie fribourgeoise et montre de quelle manière Murith SA s'est étendue progressivement en suivant les changements sociaux concernant les rites.

Le second chapitre se concentre sur les gestes pratiqués sur le corps de la personne morte et, surtout, le passage d'un savoir commun à une professionnalisation. Les auteurs montrent que les gestes sont d'abord pratiqués, suivant un rite précis, par les proches du défunt. Ce n'est que plus tard que la toilette est pratiquée par des personnes payées pour cela et qui tentent de créer une impression de calme. Puis, progressivement, ce sont les membres des professions de la santé qui commencent à pratiquer ces soins. Il y a donc une transmission d'un savoir et la création d'une profession.

Le troisième et le quatrième chapitre sont destinés au sens des rites. Le premier s'intéresse à la cérémonie tandis que le second nous parle de la différenciation économique au travers des types d'enterrement. Ces deux chapitres permettent de montrer une progression dans les rites. De la tradition très rigide on passe aux cérémonies laïques beaucoup plus libres. En effet, pendant longtemps les rites sont très précis et selon l'état de la personne morte - suicide, catholique ou non catholique - seuls certains rites sont permis ou possibles. Ce qui n'implique pas que des résistances ne soient pas possibles. Mais l'enterrement est aussi un moyen, et l'occasion, de différencier la personne par le choix d'une cérémonie plus ou moins fastueuse. Les auteurs, d'ailleurs, décident de faire le récit de trois cérémonies publiques : l'abbé Bovet, Joe Sifert et Tinguely. Selon les auteurs, bien que ces cérémonies soient très particulières elles sont aussi chacune inscrites dans leur époque. De la tradition et des valeurs conservatrices on passe à des valeurs aussi traditionnelles que modernes pour ensuite passer à un homme qui incarne la réussite économique et la richesse.

Ce petit livre fait l'histoire d'une entreprise. À travers cette histoire c'est le sens des rites et de la mort qui nous sont expliqués. Et, plus important, les changements que ceux-ci traversent durant le XXème siècle. J'ai trouvé cette histoire très intéressante malgré que je ne connaisse pas le thème. Les auteurs, à l'aide d'archives et de cas concrets, nous montrent des personnes prises dans un moment difficile et de quelle manière on les accompagne.

Image : Éditeur

22/11/2016

Ex Machina 5 par Brian K. Vaughan et Tony Harris

Titre : Ex Machina 4
Auteurs : Brian K. Vaughan et Tony Harris
Éditeur : Urban comics 19 août 2016
Pages : 320

Ce tome contient les numéros 41-50 et special 4. C'est la fin pour le maire Hundred. Il atteint sa dernière année à la mairie de la ville. Et il décide de s'y préparer en faisant une promesse au peuple : soit il réussit soit il quitte la ville pour toujours. Dans le même temps, il essaie de se préparer et de préparer son administration à ses prochaines campagnes. Celles-ci sont beaucoup plus ambitieuses et pourraient propulser le maire vers la Maison Blanche. Tout semble parfait pour une carrière politique sans obstacles. Et si un petit grain de sable venait gripper la grande machine ? Et si on apprenait que le passé du maire n'est pas tout blanc ? Et si le maire était forcé de remettre son costume pour arrêter une menace jamais rencontrée auparavant ?

Ce comics est terminé. Que penser de la prestation des auteurs ? Personnellement, j'ai beaucoup aimé l'intrigue dès le début. Pour une fois, on nous montrait pourquoi les super-héros sont une mauvaise idée. Illes sont dangereux, pas entrainés et peuvent créer plus de problèmes qu'illes n'en résolvent. Le génie des auteurs est d'avoir mis en parallèle le super-héros et son travail bien plus productif en tant que maire. Il y travaille beaucoup mieux et réussit à changer quelques petites choses. Enfin, les auteurs laissaient imaginer une menace assez peu claire et sous-jacente dans tous les numéros. Ce dernier tome permet d'en savoir beaucoup plus car le maire s'y confronte enfin après n'avoir rien vu pendant quatre ans. Mais je suis tout de même un peu déçu car je trouve que l'intrigue est résolue un peu trop rapidement. On sent qu'il fallait boucler l'histoire et ne pas dépasser.

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**** Un très bon comics malheureusement terminé un peu vite.
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Image : Éditeur

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20/11/2016

Ex Machina 4 par Brian K. Vaughan et Tony Harris

Titre : Ex Machina 4
Auteurs : Brian K. Vaughan et Tony Harris
Éditeur : Urban comics 24 juin 2016
Pages : 272

Ce tome contient les numéros 30-40 publiés dans Ex Machina deluxe edition book 4. Le maire Hundred entame sa quatrième année de mandat. Et il est temps de penser à la suite. Que deviendra-t-il après avoir été maire de New York ? Que souhaite-t-il accomplir ? Est-ce que son bilan est réellement bon ? Autant de questions qui pourraient aussi propulser sa carrière que n'en faire qu'une simple anecdote de bas de page. Et il n'est pas le seul à se poser des questions. Une ancienne admiratrice voudrait bien se rendre visible et imposer une conduite à Hundred. Pire, ou mieux, le Pape souhaite le rencontrer.

Ce tome est composé de deux grandes intrigues et de trois numéros qui se suffisent à eux-mêmes. Le numéro 34, par exemple, est un bon moyen de nous présenter le point de vue de la commissaire présente depuis le début mais dont les idées sont assez peu développées. Concrètement, ce tome permet de lancer le début de la fin. Ainsi, les décisions locales sont moins dépeintes que dans les tomes précédents. Au contraire, ce sont les niveaux internationaux et nationaux qui prennent le devant de la scène. Pour cela, les auteurs décident de parler d'une rencontre avec le Pape et de la Convention nationale républicaine. Ces deux intrigues permettent au personnage de poser la question de son futur et de l'usage de ses pouvoirs. Sont-ils diaboliques ? Peut-il faire plus ? Mais surtout, est-ce que nous saurons enfin d'où ils viennent ?

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**** Les auteurs commencent à préparer la fin de leur création et c'est plutôt réussi.
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Image : Éditeur

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Les animaux fantastiques / Fantastic beasts and where to find them

J.K. Rowling a écrit un certain nombre de textes annexes à sa saga Harry Potter. L'un d'eux est un dictionnaire censé faire partie des livres de cours de l'école Poudlard. Il est écrit par Newt Scamander. Et pourquoi ne pas en faire un film ? Ou, du moins, écrire une histoire autours de la constitution de ce livre ? Les années 20, l'Europe magique vit dans la peur d'un mage noir nommé Grindelwald. Celui-ci attaque les moldus sans prendre en compte le danger d'exposition que cela implique pour le reste de la communauté. Et soudain, il disparait. De l'autre côté de l'Atlantique New York est la proie de nombreux événements inexpliqués. Ils sont tellement nombreux que la découverte de la communauté magique est imminente tandis que des groupes de haines commencent à se constituer contre les mages. C'est dans ce contexte que Newt débarque avec une valise remplie de créatures mythiques. Malheureusement, ces dernières s'échappent.

Il y a du bon, du moins bon et des opportunités manquées. En ce qui concerne le bon, le film a la bonne idée de nous placer dans un contexte différent. Ce n'est ni la même époque, ni le même lieu ni les mêmes personnages que dans Harry Potter. Bien entendu, on a déjà rencontré Grindelwald mais de manière très indirecte. De plus, le contexte d'un mage noir qui s'attaque aux moldus est connu. Mais il est intéressant de passer d'une école aux rues de New York et d'un enfant à un jeune homme. Les personnages sont assez intéressants. Newt est montré comme jeune et avec assez peu de capacités sociales. Mais ce sont surtout les deux sœurs, Tina et Queenie Goldstein, qui sortent de l'écran. Elles sont drôles, intéressantes et plus que capables. L'image est magnifique. Que ce soient les rues ou les objets magiques voir même les créatures il semble qu'il y ait eu une réelle envie de rendre tout cela réel. J'ai particulièrement aimé l'horloge qui marque le danger que la communauté magique soit découverte. Cependant, on reste dans du classique avec des explosions et une lutte entre le bien et le mal au milieu d'une immense destruction avec une solution magique parce que c'est magique.

Personnellement, je trouve que l'intrigue aurait pu être différente. J'ai l'impression que le film souhaite parler des créatures mais les oublie au profit d'autre chose sans, pour autant, vraiment en parler. J'aurais apprécié voir plus de créatures. Une intrigue qui se dirige vers la sauvegarde des espèces et de la nécessité de vivre avec elles. En fait, il aurait été possible de faire de ce film, et de ses futures suites, une sorte de road movie avec un arrière fond écologique bien pensé. Mais, malheureusement, ce choix semble ne pas avoir été pris en compte.

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*** Un peu de magie est toujours une bonne idée. Mais ça ne suffit pas.
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Image : Allociné

Site officiel

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19/11/2016

Only ever yours par Louise O'Neill

Titre : Only ever yoursisbn9781848664159-detail.jpg
Auteure : Louise O'Neill
Éditeur : Quercus books 3 juillet 2014
Pages : 400

Le futur, la Terre est morte. Une grande partie des continents sont maintenant sous l'eau. La vie animale comme végétale n'est qu'un lointain souvenir. Personne ne sait vraiment à quoi ressemble le monde car l'humanité, mourante, s'est réfugiée sous-terre. L'extérieur n'est plus qu'un vague souvenir. Dans ce monde la population a drastiquement chuté. C'est la raison pour laquelle les ancêtres ont décidé qu'il était couteux d'avoir des bébés féminins. Il est bien mieux de les créer en éprouvettes. Et puisqu'on peut les créer pourquoi ne pas en profiter pour les rendre "parfaites » ? Ces femmes sont ensuite éduquées. Elles doivent apprendre à être féminines et à accepter leur rôle dans une société masculine. Elles n'ont que trois choix : être une compagne chargée de faire des enfants mâles pour un héritier précis, devenir des concubines qui prennent en charge le bien-être physique des hommes ou encore devenir des "chastes" chargée de l'éducation des jeunes filles. L'une de ces filles est Freida. Nous la suivons dans son quotidien de dernière année et ses efforts pour être la parfaite compagne d'un homme.

Tout d'abord, j'ai décidé de lire ce roman après la présentation que Tête de Litote en a fait. Je l'en remercie et je vous invite à vous rendre sur sa chaine. Only ever yours pourrait être classifié dans les Young Adults post-apocalyptiques. L'intrigue nous permet de suivre une jeune personne, une femme, qui vit dans un contexte futuriste dictatorial. De nombreux romans de ce genre ont réussi à capter l'attention et même à être adaptés au cinéma avec plus ou moins de réussites. Cependant, Only ever yours me semble différent. En effet, il n'y a pas un gramme d'espoir dans ce livre. Sa lecture est peut-être particulièrement difficile. Alors que vous pensez que le pire est passé vous découvrez, par une simple mention, que les choses sont au-delà de l'horrible. Bref, ce n'est pas un livre que l'on apprécie lire mais c'est un roman qui tente de nous faire réfléchir sérieusement au monde contemporain.

Comment fonctionne le monde créé par Louise O’Neill ? Les femmes sont qualifiées d'inférieures (d'ailleurs les prénoms féminins sont écrits sans majuscules au contraire des prénoms masculins). Leurs buts sont soit la procréation, soit la sexualité soit l'éducation. Il n'y a aucun espoir d'échapper à ces trois choix. On pourrait penser que ce n'est qu'une simple société de classe sexiste mais les choses sont bien pires que cela et le talent de l'auteure est de nous en montrer juste assez pour nous laisser peindre ce que cela implique.

Premièrement, tout est écrit selon le point de vue de Freida. Bien que cela nous empêche d'avoir un point de vue global on entre véritablement dans le corps et l'esprit du personnage. Et c'est ici que se trouve, à mon avis, le génie de l'auteure. Louise O'Neill décrit parfaitement bien une atmosphère étouffante, aliénante, dans laquelle Freida tente difficilement de survivre. Tout est construit pour créer cette atmosphère. L'auteure décrit extrêmement bien ce qui permet cette atmosphère. Les miroirs omniprésents, le jugement constant, l'importance de l'apparence sur tout le reste, l'importance de faire des enfants, l'incapacité à se retrouver seule. Et les choses sont pires quand on apprend, vaguement, comment fonctionne l'extérieur. Il en ressort une société sexualisée, remplies d'abus physiques et psychologiques contre les femmes, raciste, patriarcal, grossophobe, homophobe et tout cela au nom de la survie et de la nature. Mais surtout, ça parle de nous.

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**** Je ne crois pas que l'on puisse apprécier une lecture aussi déprimante. Mais on peut louer le talent de l'auteure et sa capacité à décrire le fonctionnement d'un monde pour mieux parler du notre.
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Image : Éditeur

18/11/2016

Evil Empire 2. La désunion fait la force par Max Bemis, Andrea Mutti et Joe Eisma

Titre : Evil Empire 2. La désunion fait la force
Auteurs : Max Bemis, Andrea Mutti et Joe Eisma
Éditeur : Glénat comics 6 juillet 2016
Pages : 128

Ce tome contient les numéros 5-8 publiés dans Evil Empire volume 2. Dans le tome précédent les États-Unis étaient enfoncés dans un débat sur le bien et le mal alors que le candidat républicain à la présidentielle professait sa croyance et la liberté totale. Suite à sa mort, le candidat démocrate, Sam Duggins, aidé par sa sœur, Julia Duggins, gagne la présidence. Lors de son discours il professe sa croyance en la même philosophie et appelle le peuple des États-Unis à agir comme il lui semble nécessaire. Personne ne s'y attendait, personne ne comprend ce qui se déroule, alors que le pays sombre petit à petit dans la violence sans fin. Les règles n'ont plus cours et seules les conséquences des actions peuvent avoir une répercussion tant que personne n'est empêché d'agir. Mais, en secret, une résistance s'organise autour de la chanteuse Reese Greenwood.

J'avais beaucoup aimé le premier tome. C'était une bonne surprise, les auteurs prenaient leur sujet au sérieux et tentaient réellement de montrer de quelle manière un débat peut déraper et devenir le fondement d'une modification tellement importante du régime en place et des valeurs d'un pays que celui-ci devient dangereux voir fasciste. Bien entendu, ce comics s’insère dans un contexte américain face à un certain Trump au discours dangereux qui permet de justifier des personnes tout aussi dangereuses que lui (mais ne nous cachons, nous ne somment pas meilleurs). Ce second tome m'a paru moins réussi pour une raison très importante : je n'y crois pas !

Les auteurs sont les même, le style est le même, le sujet est toujours pris au sérieux mais je n'y crois pas. La raison en est simple : tout cela me semble trop facile. Je ne parle pas du débat qui justifie des violences sur une partie de la population (on voit les effets de l'élection Trump en ce moment même). Je ne parle pas non plus de la capacité d'un président d'user de ses pouvoirs pour défendre et étendre son point de vue. Non, je n'y crois pas parce que c'est trop rapide et trop facile. Le comics se déroule sur trois mois après l'élection et le pays est déjà pratiquement à feu et à sang. Or, à mon avis, il devrait au minimum y avoir une guerre civile interne et pas seulement une petite résistance. Dans ce comics, tout fonctionne comme si rien n'arrêtait Sam et Julia. Même au niveau international les choses ne sont pas crédibles. Certains des actes pratiqués devraient, au minimum, déboucher sur une guerre et non un effondrement pur et simple des nations en une journée. Bref, ce n'est pas crédible.

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*** Après une très bonne surprise un second tome beaucoup moins réussi et surtout beaucoup moins crédible.
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Image : Éditeur

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East of west 5. Vos ennemis sont partout par Jonathan Hickman, Nick Dragotta et Frank Martin

Titre : East of west  5. Vos ennemis sont partout
Auteurs : Jonathan Hickman, Nick Dragotta et Frank Martin
Éditeur : Urban comics 27 mai 2016
Pages : 136

Ce tome contient les numéros 20-24 publiés dans East of West volume five : All those secrets. En cette seconde année de l'apocalypse la guerre a commencé. Le Texas est fini tandis que la Nation Infinie parcoure les cieux. Mais les autres nations n'ont pas encore bougé leur pion, du moins pas en public. Car, derrière les écrans, les pions s'avancent aussi bien sur le terrain économique que militaire. Pendant ce temps, la bête marche dans les bois des nations. Et son père est sur ses traces. Que feront les élus et les cavaliers lorsque ces deux personnes se rencontreront ?

East of West a toujours été lent même dans la guerre. Hickman pose des pions mais ne hâte pas son intrigue. Il montre comment les choses avancent mais il ne s'intéresse pas au spectaculaire. Il veut seulement montrer des humain-e-s (ré)agir face à un événement tellement vaste qu'il en devient incompréhensible : la fin du monde. Et son portrait n'est guère flatteur. Alors que la plupart des personnes ignorent la menace d'autres se rassemblent en secret afin de prendre le pouvoir et de guider la destruction par tous les moyens. Ce tome est donc toujours aussi lent. La fin approche mais on sait qu'elle ne sera pas une flamboyante rencontre entre plusieurs armées. On aura, probablement, des personnages qui régleront leurs comptes entre-elleux.

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**** Toujours aussi intéressant, un rythme plus que tranquille qui permet de s'intéresser aux personnages plus qu'aux événements.
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Image : Éditeur

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09:17 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

12/11/2016

Downton Abbey saison 6 et The Finale

J'ai enfin pu terminer Downton Abbey après six magnifiques saisons. La vie continue à Downton Abbey. La famille tente de s'habituer à l'absence de Tom Branson. Celle-ci force Mary à prendre le contrôle du domaine tandis que sa sœur essaie de s'occuper du magazine qu'on lui a laissé en héritage. Pendant ce temps, une petite révolution se forme tandis que les grands du village se heurtent sur la question de l'hôpital. Celui-ci devrait être mêlé à une plus grande structure et tout le monde n'en est pas ravi. C'est aussi la saison des amours. Plusieurs femmes de la famille trouvent des compagnons malgré les drames. Et, parfois, doivent lutter pour les conserver. En bas, la modernité fait aussi son entrée. Plusieurs employé-e-s essaient de trouver une nouvelle voie tandis que d'autres essaient de créer une famille.

Downton Abbey est une série que j'aime particulièrement. Elle réussit à me faire et pleurer alors qu'il ne se déroule pas grand-chose. Elle est aussi particulièrement belle. Les décors ne sont battus que par les magnifiques costumes portés par les acteurs et actrices. Celleux-ci sont, d'ailleurs, particulièrement bon et j'avoue sans honte adorer le jeu de Maggie Smith dont chacune des répliques pourraient être parmi mes préférées. J'ai accompagné Downton pendant six saisons. J'ai vu les personnages changer. Mais, plus encore, j'ai vu une série qui tentait de montrer des changements sociaux par les yeux de l'aristocratie et du peuple unis dans une grande maison. Mis à part le drame, c'est un thème au centre de cette dernière saison qui voit les personnages changer énormément et tous et toutes pour le mieux.

Mis à part les qualités de la série ce thème, qui se déroule sur six saisons, est-il bien mis en scène ? Depuis le début, et je continue à le penser, j'ai l'impression que la série réussit en échouant. Elle réussit car on observe les changements et leurs effets, Les filles Crawley passent de futures mères à business women en quelques années (tout en restant dans le cadre du mariage et de la maternité). Les hommes doivent accepter ces changements et sont incarnés par Carlson et le père de famille, Robert Crawley. Ces deux personnages incarnent le patriarcat et le système de classe aristocratique. Ils incarnent la peur face à un avenir incertain et différent. Alors oui, de ce point de vue la série réussit. Mais elle échoue à montrer ce qu'est la violence de classe et la violence patriarcale. Les deux hommes qui l’incarnent, même si c'est malgré eux, ne réagissent jamais. Ils commencent par dire non puis par dire oui et ensuite accepter. Rien ne provient réellement d'une lutte. Tout semble se dérouler naturellement sans que personne ne perde ni ne gagne. De ce point de vue, la série échoue.

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***** Une magnifique dernière saison pour une série que j'aime beaucoup.

Image : Site officiel

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18:33 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, série | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : downton abbey | | | |  Facebook

11/11/2016

Descender 2. Lune mécanique par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 2. Lune mécanique
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Urban comics 30 septembre 2016
Pages : 120

Ce second tome contient les numéros 7-11 publiés dans Descender Vol. 2 : Machine Moon. Il y a dix ans la galaxie se réveillait face à d'énormes machines, les moissonneurs (non, pas ceux de Mass Effect). Celles-ci ont détruit les mondes majeurs de la galaxie puis sont parties. Il y a dix ans ont commencé des destructions systématiques des robots, les botgroms. La galaxie, depuis, est affaiblie tandis que la peut du retour des moissonneurs est dans tous les esprits. Dix ans plus tard un robot de dernière génération se réveille, Tim 21. La galaxie est immédiatement en état d'alerte car ce robot pourrait bien permettre de comprendre ce que sont les moissonneurs. Immédiatement, plusieurs groupes sont envoyés pour le récupérer, ou le détruire. Tim 21 est rapidement capturé par les Gnishiens mais la résistance robotique le sauve.

Ce comics tient une place spéciale depuis que je l'ai découvert. Je le trouve tout simplement beau. J'aime énormément les choix graphiques qui sont, à mon avis, très réussis. J'apprécie aussi de découvrir un univers petit à petit sans précipitation. C'est encore plus vrai pour ce second tome qui n'avance pas l'intrigue trop vite tout en offrant des éléments précieux pour celle-ci. Ainsi, nous en savons plus sur le frère de Tim, sur les robots et nous avons des indices sur le prochain récit.

Je pense que le récit pose la question de l'enfance. Pour cela, les auteurs placent Tim 21 face à Tim 22. Le premier est un robot bourré d'émotions et de tristesses. Le second n'a connu que la curiosité et la jalousie. La différence tient aux personnes qui les ont entourées. Alors que Tim 21 a été entouré de personnes capables de donner de l'amour Tim 22 n'a connu que la solitude. Et ces différents passés ont des impacts très importants sur le fonctionnement des robots dans le présent. Bien entendu, on peut se demander si un robot capable d'apprendre et de changer selon son environnement est réellement une simple machine. J'ai l'impression, que le récit se dirige dans cette direction en offrant des caractéristiques humaines aux robots.

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**** Un second tome tout aussi beau que le premier et qui avance gentiment.
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Image : Éditeur

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07/11/2016

Doctor Strange

New-York, la ville des Avengers mais aussi la ville de l'un des neurochirurgiens les plus talentueux du monde. Son talent est aussi impressionnant que son ego et son arrogance. Oui, je parle du docteur Stephen Strange. Mais alors qu'il utilise son natel en conduisant une voiture de sport, dépassant la vitesse autorisée, afin de se rendre à une conférence il est responsable d'un accident. Apparemment, le génie n'implique pas d'être responsable en conduisant. Ses mains sont détruites et donc sa carrière est terminée en l'état. Rien ne semble pouvoir réparer les dégâts dont il est responsable. Strange pourrait bien sombrer dans la folie et le désespoir s'il n'avait pas entendu parler d'une guérison miraculeuse. Celle-ci le conduit à pourchasser une rumeur : Kamar-Taj.

Pour l'instant, le MCU est resté scientifique. Tous les humain-e-s (on attend toujours la première femme à posséder un film la concernant) ont des habilités qui requièrent une explication scientifique. Même Thor est présenté comme le représentant d'une civilisation scientifiquement avancée et non comme l'incarnation d'un mythe. De plus, le MCU a créé un style particulier, efficace, mais qui commence à fatiguer. Heureusement, marvel et disney ont réussi, de temps en temps, à nous surprendre que ce soit avec Guardian of the Galaxy ou Ant-Man. Ce film propose de mettre en avant le côté magique du MCU en se basant sur l'un des personnages les plus puissants de l'univers Marvel : Doctor Strange. Malheureusement, ce personnage est aussi très dangereux, narrativement parlant, du point de vue de l'appropriation culturelle. Et je pense, sans n’être concerné ni expert, que ce film entre entièrement dans le piège sans même le questionner. Je pense en particulier au whitewhasing du Ancient One joué par Tilda Swinton. Mais ce n'est pas le seul aspect et je préfère vous envoyer vers un article du site The Mary Sue qui en parle certainement mieux que je ne le pourrais jamais.

Est-ce que j'ai aimé le film ? Je dirais que oui. Je l'ai trouvé visuellement beau. Bien que cela ne soit pas révolutionnaire après un Inception (que je devrais regarder un jours). J'ai beaucoup aimé les acteurs et actrices. Tilda Swinton est des plus talentueuses comme d'habitude tandis que Cumberbatch (et son torse, et sa voix) est toujours aussi charismatique à l'écran. Les autres personnages sont bien choisis. Mordo est plutôt intéressant et j'espère qu'il sera plus développé à l'avenir. C'est aussi le cas pour le vilain du film dont les motivations sont compréhensibles mais pas assez bien décrites pour qu'on le comprenne réellement. Ce qui en fait un vilain Marvel générique au même titre que tous les autres. Le propos sur la nécessité des règles et la nécessité de savoir quand les briser n'est pas inintéressant mais manque de profondeur. J'ai tout de même été très positivement surpris par la volonté de Strange de ne pas tuer (même s'il échoue). Si je me souviens bien, c'est la première fois qu'un héros marvel l'énonce si clairement. Les autres films montrent des meurtres à foison dans une esthétique qui fait oublier ce que l'on regarde. Outre les scènes d'action, je pense aussi en particulier à l'usage des drones dans Civil War. J'espère que cet aspect sera concrétisé et plus important à l'avenir.

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**** Pas aussi bon que je ne le pensais mais plutôt beau. Et il y a Tilda Swinton. Et il y a Cumberbatch.
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Image : Site officiel

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09:10 Écrit par Hassan dans Comics, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctor strange, marvel, mcu | | | |  Facebook

05/11/2016

Checkmate 1. Le jeu des rois par Greg Rucka, Judd Winick, Jesus Saiz, Joe Bennett et Matthew Clark

Titre : Checkmate 1. Le jeu des rois
Auteurs : Greg Rucka, Judd Winick, Jesus Saiz, Joe Bennett et Matthew Clark
Éditeur : Urban comics 30 septembre 2016
Pages : 440

Ce premier volume contient Checkmate 1-15 et Outsiders 47-49. Durant Infinite Crisis une agence d'espionnage avait été détournée afin de s'attaquer à tous les métahumain-e-s de la Terre. Ce détournement avait pris la forme, au final, d'une IA capable de contrôler une bonne partie de l'humanité. Mais ces événements sont passés. Et bien que Checkmate soit contrôlé par une nouvelle royauté il se pose la question de sa continuité. Faut-il faire de Checkmate une agence reconnue par l'ONU et contrôlée par le Conseil de sécurité ? Qui peut diriger cette agence ? Et quelles sont ses cibles ? Car le monde est en danger. Que ce soit la société des super-vilains ou la secte Kobra les groupes souhaitant détruire le monde sont nombreux et les héros ne sont pas toujours capables de les en empêcher.

J'avoue, j'ai presque tendance à acheter ce qu'écrit Greg Rucka sans trop réfléchir. Bien que j'aie du mal avec le style graphique Rucka a écrit Gotham Central et Queen and country. Ce sont deux très bons comics qui réussissent, pour le premier, à donner plus de substance à la police de Gotham et, pour le second, à entrer dans une agence d'espionnage. Je me réjouis de lire 52 et le prochain titre Wonder Woman sous sa direction. Donc, Rucka qui écrit sur une agence assez spéciale, qui fonctionne comme un échiquier, après des événements importants c'était trop pour ne pas m'attirer. Et j'ai beaucoup apprécié. Les personnages principaux ne sont pas tous et toutes développé-e-s au même niveau mais les personnages qui sont développés sont très intéressants. J'ai beaucoup aimé en apprendre plus sur Beatriz Dacosta par exemple. Les intrigues internes sont plutôt bien mises en scènes. Et j'aime beaucoup voir un peu moins de super-héros ou de les voir dans une situation différente. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié ma lecture, malgré quelques numéros ou passages un peu moins bons, et je me réjouis de lire la suite.

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**** Une bonne surprise sur une idée qui m'intriguait.
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Image : Éditeur

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Doctor Who saison 9

Le Docteur est de retour pour l'une des saisons que je préfère dans la nouvelle série ! Après s'être rabiboché avec Clara qui se remet difficilement, mais sûrement, d'une mort proche les deux ami-e-s repartent pour de nouvelles aventures sur Terre, mer et dans l'univers. Et l'univers leur offre de quoi bien s'amuser. Que ce soit une station de recherche hantée, une révolution ou encore une rue cachée aux yeux des humain-e-s (non je ne parle pas de Harry Potter). Mais derrière ces aventures se cache une quête plus importante débutée lors de la saison 8. Car tout le monde se pose la question. Mais ou se cache Gallifrey ?

Je vais le redire, encore et toujours, la saison 9 fait partie de mes favorites. Je ne déteste qu'un seul épisode (Sleep no more). C'est une saison un peu spéciale car elle est la dernière sous la direction de Steven Moffat. J'avoue en être heureux car même si Moffat sait écrire et sait créer l'envie de voir la suite il ne sait ni conclure ni écrire des personnages féminins. Il sait entendre les critiques et jouer avec mais il ne sait pas les comprendre. C'est aussi la fin de Clara. Un personnage que j'ai apprécié et je me réjouis de découvrir la nouvelle compagne. Cette saison 9 hausse dramatiquement le niveau après plusieurs saisons de moins en moins bonnes. Elle réussit aussi à fonctionner presque exclusivement sur des doubles-épisodes plutôt réussis.

Outre la recherche de Gallifrey, qui ne prend pas une place des plus importantes, le thème de la saison est Clara. Lors de la saison 8 elle apprenait à suivre le Docteur récemment régénéré. Sous cette saison, elle est, souvent, le Docteur. Elle lui apprend à vivre, à bien se comporter et à comprendre les humain-e-s (j'adore les cartes de relations sociales). Clara est une enseignante dans tous les sens du terme pour un Docteur aux réactions parfois extrêmes. Mais c'est aussi une compagne qui commence à prendre des risques et toute la question concerne l'effet de ceux-ci. Les fans réguliers de la série ont, bien entendu, noté les différents indices au fil de la saison. Les autres garderont la surprise. Je vous souhaite une bonne et magnifique saison 9 avant une saison 10 en 2017 !

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***** L'une de mes saisons préférées ! Avec un Docteur et une Clara magnifiquement campé-e-s par Peter Capaldi et Jena-Louise Coleman.

Image : Site officiel

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02/11/2016

Black Science 4. Sur les rives du Léthé par Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio

Titre : Black Science 4. Sur les rives du Léthé
Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio
Éditeur : Urban comics 26 août 2016
Pages : 128

Ce tome contient les numéros 17-21 publiés dans Blackscience vol. 4 : Godworld. Le dernier saut a été particulièrement malheureux. Rebecca, n'écoutant que son désir, a tout fait pour rejoindre un monde dans lequel son frère jumeau est vivant. Mais ses actions ont détruit le pilier et dispersé l'équipe dans plusieurs mondes. Grant a vécu trois ans sans voir ses enfants. Il essaie, tant bien que mal, de construire un pilier. Mais il est proche du désespoir. Et pendant qu'il se morfond son équipe et ses enfants sont en danger. Pire encore, il commence à comprendre à quel point les voyages entre dimensions sont dangereux non seulement à cause des menaces qui se déplacent mais aussi à cause de lui.

Le thème de ce tome pourrait être la dépression. En effet, nous commençons alors que trois ans ont passé. Mais nous ne l’apprenons pas tout de suite. Car avant de rechercher son équipe et ses enfants Grant doit sortir de son désespoir. La première partie du tome, la plus réussie depuis le début à mon avis, est un plongeon dans la dépression de Grant et les raisons de celle-ci. Pour cela, les auteurs nous montrent le passé de Grant. Celui-ci permet de mieux comprendre certaines décisions mais surtout pourquoi il agit ainsi. Une bonne partie de ce tome est une confrontation entre Grant et son passé. Encore une fois, je trouve que cette mise en scène est très réussie et permet de me dire que ce quatrième tome est le meilleur de la série actuellement.

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***** Une plongée réussie dans l'esprit de Grant !

Image : Éditeur

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