26/02/2017

Feet of clay (Discworld 19, Citywatch 3) par Terry Pratchett

Titre : Feet of clay (Discworld 19, Citywatch 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 mai 1997
Pages : 416

Depuis l'arrivée de Carrot la garde a bien changé. Elle est passée d'une punition pour des personnes incompétentes dont la plus grande réussite est d'éviter un tragique accident aux voleurs qui pourraient se prendre une porte ou tomber dans la rue à une vraie force de sécurité publique. La garde est maintenant bien remplie de nombreuses personnes et races. Elle commence même à tenter de comprendre ce qui pourrait devenir un examen scientifique de choses qui pourraient être des indices. La garde aura bien besoin de ces nouvelles capacités. Des meurtres ont lieu et, semble-t-il, personne n'est coupable. Pire encore, le Patricien a été empoisonné. Le capitaine Vimes ne risque pas d'apprécier qu'on l'empêche de trouver la personne responsable puis de la punir.

Qu'est-ce que la vie? Est-ce naturel? Est-ce un don d'une divinité? Est-ce que l'on peut créer la vie? Plus précisément, les robots sont-ils des objets ou des êtres vivants. La question se pose dans de nombreuses œuvres de la SF. Bien entendu, on ne peut pas ne pas parler d'Isaac Asimov et de son énorme production autours des robots. On retrouve une partie de l'idée des lois de la robotique avec le parchemin qui permet aux golems de Pratchett de penser. Battlestar Galactica est, en partie, créée autour de la différence entre une forme de vie artificielle, les cylons, et une forme de vie naturelle, les humain-e-s. À la fin (spoiler alert), on apprend que la différence n'est pas si importante qu'on ne le pensait. Et nous avons aussi cet énorme univers qu'est Star Wars. Je suis très perturbés par les robots de Star Wars qui semblent bien plus en vie qu'on ne le croit. Y aurait-il une forme d'esclavage dans Star Wars? Nous retrouvons cette idée dans ce roman. Les golems sont montrés comme des êtres qui acceptent tout travail sans se plaindre. Ils sont utilisés pour des travaux difficiles et dangereux qui tueraient un être humain. Ils sont vendus et possédés et ne peuvent pas parler. Pourtant, ils sont détestés à cause de leur manière d'être, de leur supposée stupidité (qui cache un ordre mal expliqué de la part des humain-e-s) et de l'idée qu'ils volent les emplois des gens. D'une certaine manière, on pourrait penser que ce roman décrit surtout la lutte en direction de sa propre liberté d'un golem.

Comme cela est l'habitude dans le cycle de la garde la question de la justice et de la vérité est aussi posée. La garde, lors du premier tome du cycle, est un ramassis de personnes incapables, détestées et qui n'ont pas eu d'autres choix que d'y entrer. Depuis l'arrivée de Carrot, la garde change vers une direction beaucoup plus centrale dans le fonctionnement de la société. L'importance grandissante de la garde est parallèle à la stature sociale de son commandant qui devient l'une des principales de la guilde des assassins. Ce qui compte pour Vimes, et la garde, est la justice et la vérité. Vimes fera tout son possible pour atteindre une fin qu'il estime convenable et se fâchera avec autant de personnes que possible pour trouver la vérité. D'une certaine manière, il montre pourquoi une police est nécessaire dans une ville. Il permet aussi de montrer qu'elles sont les personnes qui méritent vraiment de voir un policier leur poser des questions. À plusieurs reprises, Vimes accepte des petits crimes de la part de personnes pauvres pour mieux s'attaquer à des personnes riches qui se pensent en sécurité grâce à leur position et à leur pouvoir. La seule chose qui empêche Vimes de réussir à brûler la moitié des nobles de la ville est le Patricien (ainsi que la loi dans une moindre mesure).

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**** Comme souvent, le cycle de la garde fonctionne bien et ce tome ne déroge pas à la règle
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Image : Site officiel

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25/02/2017

Maskerade (Discworld 18, Witches 5) par Terry Pratchett

Titre : Maskerade (Discworld 18, Witches 5)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 6 juin 2013
Pages : 384

Que faire lorsque l'on s'ennuie? Il existe plusieurs réponses à cette question selon la personne à laquelle elle est posée. Agnes Nitt, par exemple, décide de se faire nommer Perdita X et de se rendre à Ankh-Morpork. Elle y découvre un lieu destiné exclusivement à l'opéra. Heureusement pour elle, il se trouve qu'elle est une très bonne chanteuse. Elle décide, naturellement, d'entrer dans l'opéra et de tenter sa chance. Mais elle n'est pas aussi populaire qu'une autre chanteuse bien qu'elle soit bien meilleure. Pire encore, il semble que l'opéra soit hanté par un fantôme qui apprécie particulièrement les meurtres. En ce qui concerne Granny Weatherwax, elle cherche à passer outre l'ennui. Et pour cela elle décide que les affaires des autres la concernent. Par exemple, pourquoi ne pas redresser une injustice financière commise par un éditeur d'Ankh-Morpork? Et si, par la même occasion, elle décide de s'occuper d'un fantôme ce ne serait que coïncidence.

J'ai apprécié une grande partie du cycle des Sorcières. Elles ont toutes une personnalité attachante qui fonctionnent assez bien. Le cycle est particulièrement réussit car les sorcières sont simplement des personnes un peu plus intelligentes que les autres qui utilisent une bonne dose de ruses pour arriver à leurs fins. Mais, ce roman ne fonctionne pas aussi bien que les autres. Les situations me semblent un peu trop faciles comme si Pratchett se contentait de laisser les personnages fonctionner sans trop se poser de questions. Mis à part cela, je pense que la parodie est assez facile à comprendre.

Cela dit, j'ai l'impression que le thème de ce roman pourrait avoir des répercussions plus lointaines. En effet, à mon avis, ce qui importe dans ce tome est l'idée d'identité. Le fantôme n'est qu'une identité qui se révèle au monde. La personne qui se trouve derrière me masque n'est pas identique à la personne qui le porte. D'une certaine manière, le masque est ici un révélateur de vérité. Parallèlement, il semble que Granny ait des problèmes avec son identité. Elle devient, progressivement, l'un des personnages les plus puissants de l'univers du Disque-Monde. Granny en est consciente et se rend compte qu'il lui serait facile de punir et agir dans l'impunité. Mais elle souhaite rester Bonne tout en souhaitant être Mauvaise. Je me demande comment son personnage va tourner dans les futurs tomes.

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*** Un tome intéressant mais que j'ai moins apprécié
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Image : Site officiel

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22/02/2017

Interesting times (Discworld 17, Rincewind 5) par Terry Pratchett

Titre : Interesting times (Discworld 17, Rincewind 5)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 octobre 2005
Pages : 432

Après une désastreuse aventure touristique, le retour d'un sourcier, son bannissement dans les enfers suivis de son retour par l'invocation d'un jeune homme Rincewind jouit d'une petite pause bien méritée sur une île paradisiaque, bien pourvue en poissons et en noix de coco et, surtout, sans que personne ne puisse le retrouver. Il n'y a qu'une seule chose qui manque: des patates. Mais nous parlons de Rincewind. Ce bon moment ne peut que se terminer de manière abrupte à l'aide d'un sort lancé par les magiciens de l'Université de l'Invisible. Il semble que les divinités aient décidé que ce moment serait proche. Car Ankh-Morpork a besoin de Rincewind. L'Empereur du continent perdu Agatéen a envoyé une missive au patricien. L'Empire réclame un magicien. Et pourquoi ne pas envoyer le pire d'entre-eux? Ce n'est pas comme s'il pouvait revenir.

Aurais-je enfin trouvé un tome du cycle de Rincewind que j'apprécie? Il semblerait que ce soit enfin le cas! Après quatre tomes voici, enfin, un livre que je trouve intéressant avec Rincewind à l'intérieur! Non seulement les personnages sont drôles et plutôt bien amené mais les situations le sont tout autant. De plus, on retrouve Two Flowers et sa magnifique naïveté ainsi que Cohen et ses solutions aussi simple que directes.

Pratchett utilise un certain nombre de thème dans ce livre comme le bon gouvernement, les révolutions et la civilisation. Celui qui m'a le plus parlé est un thème récurrent dans le Disque-Monde: l'importance de la croyance en une histoire. En effet, l'intrigue de ce tome repose sur une histoire. Celle des deux premiers tomes du Disque-Monde. Et, surtout, leur effet sur une civilisation fermée qui ne connaît pas l'extérieur. En effet, Two Flowers, après être rentré, a décidé d'écrire un récit sur son voyage. Mais alors que l'Empire Agatéen est décrit comme extrêmement codifié le reste du Disque est très chaotique. Ainsi, le livre de Two Flowers devient une sorte de livre rouge, banni par le pouvoir et donc possédé par tout le monde. Ce thème est encore développé lors de la dernière confrontation alors que Rincewind décide de créer une histoire. La propagande y est décrite comme un moyen certain de détruire une armée. Plus important encore, ce n'est pas de créer une histoire qui importe mais de refuser son existence. En effet, expliquer la réalité est plus difficile que de nier l'existence de cette même réalité. Alors que Rincewind invente une rumeur elle est relayée par des personnes à sa solde qui lui permettent de devenir importante en niant sa réalité (très fort, souvent et surtout en étant très inquiet). Rapidement, il devient impossible pour les autorités en charge de gérer le problème puisque nier la réalité de la rumeur revient à lui donner du crédit. Ça ne vous rappelle rien?

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**** J'attends ça depuis longtemps, un Rincewind que j'apprécie!
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Image : Site officiel

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19/02/2017

Soul music (Discworld 16, Death 3) par Terry Pratchett

Titre : Soul music (Discworld 16, Death 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 mai 1995
Pages : 384

La Mort est triste. Sa fille adoptive, ainsi que le mari de cette dernière, sont mort-e-s. Illes laissent derrière eux une jeune fille, Susan, qui se trouve actuellement dans un internat afin de recevoir une éducation avant de se marier. Mais la Mort ne se remet pas de la mort de deux des personnes le plus proches de lui. Mort souhaite oublier et pour cela il existe une grande variété de méthodes. Alors Mort décide de laisser les choses en plan et de tenter d'oublier aussi bien le passé que le futur. Mais cela va-t-il vraiment fonctionner. Et, pendant ce temps, Susan se trouve obligée de remplir les devoirs de son grand-père. Mais elle n'aime pas le fonctionnement naturel des choses. Celui-ci est bien trop illogique. Alors elle décide de sauver quelqu'une. Une personne qui n'est pas vraiment importante, un simple musicien. Mais celui-ci est sauvé par la musique avant que Susan ait eu le temps d'agir.

Il y a eu trois romans sur la Mort. Dans les trois romans la mort décide de partir sans prévoir de remplacement. On pourrait croire que l'univers aurait prévu quelque chose après la seconde catastrophe... Bref, j'ai l'impression que les romans sur Mort sont toujours basés sur le même sujet. Mort part, un-e remplaçant-e est prévu-e mais rend les choses pires qu'elles le sont, Mort revient et remet en marche tout le système après en avoir appris un peu plus sur l'humanité. Au bout de trois livres on commence à comprendre comment tout cela tournera.

Ce tome est aussi l'occasion de parler de musique. Encore une fois, Pratchett inclut dans son univers un concept qui n'est pas censé s'y retrouver. Ce fut le cas pour le cinéma et c'est aussi le cas ici puisque le Rock and Roll occupe la scène du Disque-Monde. Cela permet de se moquer un peu de tout ce qui entoure l'industrie musicale des groupes aux fans en passant par les agents. Bien que ce ne soit pas mauvais j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire et je me suis un peu ennuyé. Il y a de bons moments mais trop peu nombreux à mon goût.

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*** Pas aimé, tout simplement. Mais je ne peux pas qualifier le livre de mauvais.
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Image : Site officiel

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18/02/2017

Men at arms (discworld 15, Citywatch 2) par Terry Pratchett

Titre : Men at arms (discworld 15, Citywatch 2)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 14 février 2013
Pages : 432

La garde, qu'elle soit de jours ou de nuit, n'est pas l'institution la plus appréciée d'Ankh-Morpork. Les guildes sont parfaitement capables de faire en sorte que leurs membres acceptent les règles et le rôle de la garde s'est réduit à hurler les heures dans les rues de la ville. Mais, récemment, la garde a été capable de lutter contre un dragon malgré le peu de membres. Le Patricien a donc décidé qu'il pourrait être intéressant d'ajouter quelques recrues. C'est ainsi que Detritus, un troll, Cuddy, un nain, et Angua, une loup-garou, rejoignent les rangs de la garde. Le problème c'est que les trolls et les nains, pour une raison obscure, se détestent et que personne n'a confiance envers les humains surnaturels. Leur arrivée dans les rangs des gardes risque bien de créer de nombreuses tensions. Et quand un meurtre a lieu à l'aide d'un instrument inconnu la ville pourrait bien connaître une émeute.

Un thème mineur concerne les armes à feu. Celles-ci sont inconnues dans le Disque-Monde mais un personnage qui n'est pas du tout basé sur Leonardo da Vinci a inventé un fusil. Pendant une bonne partie du livre cette arme n'est pas vraiment montrée. Ce n'est que par petites touches que Pratchett explique ce qu'il en pense. Une arme à feu peut donner une impression de puissance dangereuse. Les personnages qui tiennent le fusil sont décrit comme ayant perdu une partie de leur capacité de décision au profit de l'impression de puissance. Ce thème s’inscrit d'ailleurs assez bien dans l'importance que Pratchett donne à la croyance dans son univers.

Le second thème, bien plus central, est celui du racisme. Et Pratchett commence par imposer l'entrée de "minorités" dans la garde soit deux races qui ne sont pas humaines et une personne qui se trouve entre les deux. Le nain et le troll permettent de parler de deux races qui se détestent mais sont également méprisées par les humain-e-s. Ainsi, alors que les cultures trolls et naines sont incomprises les personnages, les gardes en particulier, n'hésitent pas à montrer leur inculture et même à se moquer. Ces tensions sont construites à tel point que la ville pourrait bien exploser à cause de la haine. Angua, elle, se trouve entre deux mondes. Elle ne possède pas vraiment deux cultures mais, en tant que loup-garou, elle fait peur à tout le monde. Son personnage permet d'explorer la difficulté d'être entre deux mondes. Face à lui elle a deux personnages qui réagissent différemment. Carrot ne voit pas ce qui se trouve en face de lui et réagit avec surprise quand il apprend et montre à plusieurs reprises sa peur du surnaturel. Du côté canin, elle fait connaissance de Big Fido qui discoure sur la supériorité de la race canine, tue les "traîtres" et parle de l'état de loup comme d'un retour à un passé glorieux (ça vous fait penser à quelqu'un). Bref tous ces personnages sont divisés et le livre essaie de recréer un lieu entre tout le monde. Personnellement, j'ai bien aimé ce livre qui est bien moins loufoque que les débuts du Disque-Monde au profit de quelque chose de plus sombre.

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**** Un tome 15 que je trouve assez différent des tomes précédents. Mais c'est réussi.
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Image : Site officiel

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17/02/2017

Hidden Figures

C'est une information qui commence à sortir de plus en plus. Les femmes ont bien plus aidé la science qu'on ne le croit. Mais, soit elles ont fait des découvertes attribuées ensuite à des hommes soit elles travaillaient dans l'ombre pour faire ce que ces hommes si intelligents ne souhaitaient pas accomplir (comme des calculs). Ce fait est encore plus vrai pour les personnes de couleurs et, en plus, les femmes de couleur. Ce film adapte un livre afin de faire connaître trois femmes qui ont travaillé pour la NASA mais dont les contributions sont pratiquement inconnues. Ce sont, pourtant, trois figures indispensables à la réussites du programme spatial des États-Unis.

Le film commence au début des années 60. Alors que les russes ont réussi à envoyer un Spoutnik puis envoient un homme en orbite les USA, eux, ont échoué à faire la pas de l'espace. Dans la NASA beaucoup de personnes travaillent et un grand nombre de calculs sont écrits et résolus. Mais qui s'en occupe? Dans des salles un peu à l'écart on trouve des femmes de couleurs nommées "computers" dont le travail est de résoudre des calculs le plus vite possible et de travailler à court terme pour des hommes blancs. Le film nous présente trois femmes. Katherin Johson se retrouve en plein milieu du groupe chargé de calculer la trajectoire du futur astronaute. Dorothy Vaughan est à la tête des mathématiciennes de couleur et se lance dans l'informatique et la programmation. Mary Jackson est une brillante ingénieure mais qui n'a pas le titre. Le film nous présente ces trois personnes, leur vie et leurs problèmes avec l'administration et la société alors que les USA tentent de percer dans la course à l'espace.

Que penser de ce film? Son avantage le plus important est de suivre trois personnes en même temps. Plutôt que de ne montrer qu'une seule génie on nous explique que toutes ces femmes sont extrêmement intelligentes. Ce qui permet d'éviter l'écueil du destin extraordinaire et de mieux parler du groupe bien que seules trois femmes soient montrées. Personnellement, je trouve le film réussi. On sent la frustration et une certaine colère face aux injustices de la ségrégation. Mais on sent aussi sa stupidité. Ainsi, Katherin Johnson doit faire 50Km pour trouver des toilettes. Malheureusement, à mon avis, le film oublie un peu de nous parler de son sujet. Ainsi, la ségrégation raciale est montrée mais les tensions en hausse sont à peine dépeintes et ce très rapidement. Pire, à mon avis, aucun des hommes blancs n'est vraiment mauvais. Oui, ils sont méprisants mais dès que Katherin Johnson leur prouve ses capacités ils l’acceptent. Rien ne semble vraiment difficile dans la lutte pour les droits civils. Même le grand patron est montré comme quelqu'un qui ne prend en compte la ségrégation que lorsque cela pose problème au travail à accomplir. Dans le cas contraire il reste totalement aveugle à ce qui se déroule sous son nez. Bref, un bon film, réussit mais que je trouve un peu trop gentil.

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***** Un film très réussit sur des femmes fascinantes pour parler d'une histoire peu connue.

Image : Site officiel

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12/02/2017

Faith 2. California scheming par Jody Houser, Pere Pérez, Marguerite Sauvage et Colleen Doran

Titre : Faith 2. California scheming
Auteur-e-s : Jody Houser, Pere Pérez, Marguerite Sauvage et Colleen Doran
Éditeur : Valiant 15 novembre 2016
Pages : 112

Ce second tome contient les numéros Faith (ongoing series) 1-4. Faith vit depuis peu de temps à Los Angeles mais elle déjà dû sauver le monde d'aliens et son identité est déjà compromise dans son boulot à Zipline. Pourtant, cela ne l'arrête pas même si relier sa vie privée, son travail et sa vie secrète tout en se faisant des ami-e-s et quelques rendez-vous avec son petit ami Archer est loin d'être facile. Mais deux choses particulièrement positives vont se dérouler. Premièrement, son acteur préféré, et crush occasionnel, demande à rencontrer son alter ego héroïque. Ensuite, le comic con va arriver. Ce serait le moment parfait pour un nouveau rendez-vous avec Archer! Du moins si tout se passe comme prévu...

Je ne comprends pas encore particulièrement bien le système de Valiant mais, semble-t-il, ce second tome continue sur la série en cours sans retourner au numéro 1. L'avantage c'est que le personnage est déjà établi dans son rôle présent même si le début du tome voit quelques pages sur l'histoire de Faith. C'est une bonne manière de ramener tout le monde au même niveau sans trop en dire. Contrairement au tome précèdent, celui-ci contient deux histoires principales. À mon avis, elles sont les deux assez réussies. J'ai particulièrement apprécié l'intrigue du Comic Con même si l'idée de Chris Chriswell est assez bonne.

Il me semble que, pour l'instant, ce qui compte dans ces histoires est l'équilibre. Faith possède beaucoup de facettes différentes et seules quelques personnes sont au courant de toutes. Tout comme le tome précèdent, le personnage est soumis au besoin d'être meilleure tout en essayant de créer un équilibre entre son travail, sa vie privée et sa vie publique. Pour l'instant, nous n'avons pas vraiment de grandes intrigues importantes même si les histoires sont assez bien écrites avec un grand nombre de situations plutôt humoristiques et de conseils pour les Comic Con (de bons conseils)! Je regarderais la suite avec curiosité.

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**** Une suite que j'apprécie avec une Faith drôle et dont j'aime la geekitude
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Image : Site de l'éditeur

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11/02/2017

Faith 1. Hollywood and vine par Jody Houser, Francis Portla, Margurite Sauvage et Andrew Dalhouse

Titre : Faith 1. Hollywood and vine
Auteur-e-s : Jody Houser, Francis Portla, Margurite Sauvage et Andrew Dalhouse
Éditeur : Valiant 5 juillet 2016
Pages : 112

Ce tome contient Faith (limited series) 1-4. Faith a sauvé le monde. Mais il y a un prix. Sa relation avec son petit ami est brisée. Le groupe d'ami-e-s qui luttaient ensemble n'existe plus. Et une personne est morte. Suite à cela Faith décide qu'il est temps de travailler seul, de changer de ville, d'adopter une nouvelle identité et un travail civil en complément de son travail d'héroïne. Elle décide de se rendre à Los Angeles afin de travailler pour Zipline. Loin d'être du journalisme d'investigation Zipline essaie surtout de faire le buzz autours d'articles prenant comme thèmes les stars et la popculture. Mais c'est toujours mieux que rien. La vie de Faith semble se dérouler sans trop de problèmes. Du moins jusqu'à ce qu'elle décide de regarder d'un peu plus près la disparition d'un adolescent fan de de la dernière série de SF en cours.

Je suis encore nouveau dans l'univers de Valiant. Je ne connais que Quantum and Woody publié par Bliss comics (et que j'ai beaucoup aimé). Ce premier tome contient un certain nombre de références à l'univers que je ne peux pas comprendre. Que ce soient les relations passées ou des sigles plus précis. Heureusement, Faith est un nouveau début il est donc assez facile d'entrer dans l'histoire sans trop en savoir sur l'univers. Et, pour l'instant, ce que je lis de Valiant me donne envie de continuer.

Qui est Faith? Dans le monde des comics les personnages féminins sont toujours minces et affublées de vêtements particulièrement moulant et courts. Faith n'est pas mince et son costume la couvre entièrement! Faith est aussi un personnage qui apprécie la pop culture. Le tome est rempli de références plus ou moins subtiles envers des séries, des films ou des livres et comics. J'ai beaucoup aimé les débusquer que ce soient des répliques ou un rideau de douche Time Lords. Mais Faith est aussi un personnage qui doute et fantasme. Elle souhaite être meilleur, elle a peur d'échouer et de faire du mal et elle vit dans son petit monde de rêve de temps en temps. En quelque sort, elle nous ressemble beaucoup. Il est dommage que, pour ce premier tome, l'histoire ne soit pas vraiment à la hauteur même si elle permet de présenter le personnage.

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**** Un premier tome qui fait son travail et qui est assez plaisant à lire.
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Image : Site de l'éditeur

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Starfire 2. A matter of time par Amanda Conner, Jimmy Palmiotti, Elsa Charretier et Emanuel Lupacchino

Titre : Starfire 2. A matter of time
Auteur-e-s : Amanda Conner, Jimmy Palmiotti, Elsa Charretier et Emanuel Lupacchino
Éditeur : DC 31 janvier 2017
Pages : 144

Ce volume contient Starfire 7-12. Malheureusement, ce volume est le dernier malgré l'arrivée d'Elsa Charretier sur le titre (connue pour The Infinite Loop dont j'ai déjà parlé). Starfire a des problèmes. Des problèmes avec les hommes. Alors que Sol essaie d'avoir un rendez-vous un ancien ami, supposé mort, arrive dans la petit île à la poursuite d'un engin de destruction massive. De quoi créer quelques tensions avec une personne qu'elle apprécie. Pire encore, elle-même, Atlee et Stella décident de se préparer des vacances entre filles. Bon, d'accord, ces vacances sont probablement positives et ne devraient pas être surprenants. Du moins si elles n'avaient pas lieu dans une ville souterraine emplie du peuple dont est originaire Atlee...

Il y a un léger changement de direction artistique dans ce tome alors qu'Elsa Charretier arrive. Personnellement, j'apprécie sa manière de dessiner qui se trouve dans la ligne de The Infinite Loop. Un autre changement concerne la série même qui est annulée après 12 numéros. Selon plusieurs interviews, la série n'était pas censée dépasser les 12 numéros et ceci a permis au duo de scénaristes de préparer la sortie avec brio. Plutôt qu'une fin avortée (je te vois Nightwing des new 52) ou en pleine vitesse dans un seul numéro les scénaristes préparent la fin en douceur tout en continuant sur les thèmes de la série. La fin est très réussite et permet de ne pas être frustré alors qu'elle s'inscrit parfaitement dans le ton mis en place dès le premier numéro.

Durant la série les personnages parlaient sexualité, attirance romantique et amitié. Starfire est mise en place comme un personnage extérieur qui tente de s'adapter à des normes qu'elle ne comprend pas vraiment. Atlee est presque dans le même cas et cette ressemblance est bien plus visible dans ce second tome. La sexualité, en particulier féminine, est vue positivement. Mais, plus que cela, c'est le rapport envers soi-même et les autres qui me semble au cœur de cette série. Atlee et Starfire sont ouvertes émotionnellement. Aucune des deux ne craint de se montrer vulnérable et les deux sont prêtes à parler ouvertement de leurs émotions et de leurs amitiés. Une bonne partie de ce tome joue sur la proximité émotionnelle des trois personnages féminins, avec Stella. Moins qu'une histoire de super-héroïnes j'y vois plutôt une histoire qui parle d'amitié ouverte et honnête.

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**** Je suis déçu que ce soit déjà la fin.
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10/02/2017

The lego Batman movie

Nous avions découvert Batman dans The lego movie. Son caractère sombre nous avait immédiatement conquis. Surfant sur la vague des adaptations cinéma en lego il a été décidé de créer un lego Batman! Du moins un nouveau car il existe un certain nombre de films ayant les termes lego et Batman à l'intérieur. Le film se déroule dans la ville la moins sûre du monde: Gotham. Encore une fois, et les citoyen-ne-s en ont l'habitude, la ville est en danger! Le Joker a décidé de s'allier à un grand nombre d'ennemis de Batman afin de faire exploser la centrale de la ville et donc de détruire Gotham. Pire encore, la police est incapable de contacter Batman et ne peut compter que sur elle-même! Mais que fera le chevalier noir face à ce danger plus que prévisible? Et surtout, pourra-t-il vaincre sa plus grande peur?

Existe-t-il vraiment un scénario dans ce film? On pourrait penser que le but principal est de mettre ensemble le plus possibles de personnages avec un maximum d'objets afin de donner envie de tout construire dans une cave spécifiquement prévue à cet effet. Heureusement, le film est un peu plus riche que cela (mais pas de beaucoup). Tout d'abord, il s'appuie volontairement, et fortement, sur de nombreuses références à l'univers DC aussi bien en ce qui concerne les comics que les adaptations. Certaines sont plus subtiles que d'autres mais je pense qu'elles sont plutôt bien trouvées et bien placée. Ainsi, nous comprenons immédiatement le ton du film dès que celui commence sur un magnifique plan noir. D'une certaine manière, Lego Batman se moque des réussites passées et des échecs actuels.

Ensuite, le film essaie tout de même de faire passer un message compréhensible pour tous les âges. Batman est seul (avec 3 Robins, Nightwing, Alfred et 3 Batgirls sans oublier toute la Justice League mais sinon il est seul). Il est adoré mais il ne le fait pas pour les autres mais pour lui-même. Batman s'aime et refuse de laisser un seul autre être l'approcher. Tout le but du film est de forcer Batman à accepter des liens avec d'autres personnes. Que celles-ci soient la famille, des ami-e-s, des collègues ou des ennemis. La morale de l'histoire est assez simple. Vivre n'est pas vraiment possible quand on est seul.

Au final, le film est plutôt réussi et drôle. Bien qu'il ne soit de loin pas parfait la plupart des références fonctionnent bien et j'ai apprécié cette séance de cinéma.

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**** Classique mais ça fonctionne.
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18:37 Écrit par Hassan dans Comics, DC, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lego, batman, robin, dc, batgirl | | | |  Facebook

Starfire 1. Welcome home par Amanda Conner, Jimmy Palmiotti et Emanuela Lupacchino

Titre : Starfire 1. Welcome home
Auteur-e-s : Amanda Conner, Jimmy Palmiotti et Emanuela Lupacchino
Éditeur : DC 29 mars 2016
Pages : 160

Starfire est une alien venue d'une lointaine planète dont elle est la princesse. Mais, après une attaque, elle est expulsée et réduite en esclavage. Ce n'est que tardivement que ses pouvoirs se manifestent et qu'elle s'enfuit pour enfin atterrir sur Terre. Après une période mouvementée (et une garde-robe ridicule qui n'a pu être conçue que par un homme), elle décide de trouver un nouvel endroit pour vivre et apprendre à connaître les humain-e-s et leur manière de vivre. Après avoir demandé l'avis de plusieurs ami-e-s ainsi que de Superman, Starfire décide de se rendre sur une petite île de la Floride. Le soleil, l'eau, le sable, ... tout n'est que parfait et adapté à sa manière de penser le paradis. Starfire fait tout ce qu'elle peut pour s'acclimater, avoir un travail et un lieu pour vivre, avec l'aide d'une policière locale. Malheureusement, les problèmes s'acharnent sur la petite île qui doit survivre aux catastrophes naturelles et à des monstres.

Je n'avais strictement aucune envie de connaître la Starfire qui existait auparavant. Le fait que la série Teen Titans des new 52 n'ait pas bonne presse joue dans mon choix. Mais son costume, horrible, et l'usage du personnage m'ont convaincu de rester très loin de la série (allez voir quelques cases, c'est navrant). Personnellement, je suis habitué à la Starfire de la série animée Teen Titans (non pas celle diffusée actuellement, celle de 2003 à 2006). Starfire y possède la même origine et les mêmes pouvoirs. Elle est dépeinte comme une jeune adolescente un peu naïve mais qui essaie d'aider tout le monde tout en apprenant les coutumes locales. Ce premier tome tente de se rapprocher de la série.

Starfire est, semble-t-il, arrivée très récemment. Plusieurs pages de ce tome montrent l'héroïne qui essaie de comprendre les coutumes et de s'adapter. Personnellement, j'ai beaucoup aimé les petites bulles qui permettent de montrer ce que Starfire imagine quand on lui parle à l'aide d'expressions anglaises. Loin d'être naïve elle ne connaît surtout rien du fonctionnement de la société. Ainsi, elle ne comprend pas pourquoi on lui paie des verres ni pourquoi la nudité choque. Ce dernier point mérite qu'on en parle. En effet, bien que la tenue soit bien plus couvrante que la précédente elle reste très courte et Starfire porte souvent des habits peu couvrants. Bien que plusieurs dialogues montrent que c'est elle qui le souhaite il n'en reste pas moins que son style est expliqué par son origine (une manière un peu simpliste de justifier de dessiner une femme nue, à mon avis). Au moins, les hommes sont montrés comme bêtes face à elle. Mais il est dommage que le comportement masculin soit, ici comme ailleurs, la responsabilité de Starfire qui doit apprendre à se couvrir décemment et à agir de la même manière malgré son incompréhension. Bref, ce n'est pas un comics révolutionnaire mais il a le mérite d'être assez bien écrit, drôle et de faire sourire.

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**** Des dessins que j'apprécie, une histoire qui n'est pas révolutionnaire mais assez bien menée. Plutôt sympathique.
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Image : Amazon

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09/02/2017

Lords and Ladies (Discworld 14, Witches 4) par Terry Pratchett

Titre : Lords and Ladies (Discworld 14, Witches 4)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 14 février 2013
Pages : 400

Les Sorcières de Lancre sont parties en voyage détruire les contes de fée. Après près de 8 mois la rumeur s'amplifie. Les trois sorcières sont de retour! Le roi Verence II ne perd pas de temps et explique à Magrat que leur mariage est déjà organisé. Cette dernière n'a qu'une seule chose à faire: devenir une reine. Cette quête est facilitée par son abandon de la carrière de Sorcière. Mais être reine n'est, peut-être, pas exactement ce qu'elle imagine. D'autant que son futur mari ne semble pas réellement savoir ce qu'il veut. Les deux autres Sorcières, Nany Ogg et Esme Wheatherwax, rentrent tranquillement et décident de reprendre leur vie normale. Mais elles apprennent rapidement que de nouvelles Sorcières vivent à Lancre. Non seulement elles sont jeunes, portent du vernis à ongle noir et se croient plus éduquées mais, en plus, elles dansent nues la nuit. Ce pourrait être acceptable si leur danse n'avait pas lieu près d'un lieu magique connu pour son lien avec les elfes.

Que dire ce quatorzième tome? Je l'ai dit auparavant, j'aime bien les histoires des Sorcières. Elles sont plus drôles que la moyenne et particulièrement bien écrites. Il fallait bien que je sois déçu à un moment donné. Ce tome avait tout pour plaire. Il prend pour thème principal les elfes et, en tant que fan de Tolkien, je ne peux qu'aimer que l'on parodie un peu ces êtres. En effet, chez Tolkien les elfes sont des êtres immortels d'une grande sagesse et d'une grande force aussi bien physique que guerrière. Ce sont, en tout, nos supérieurs mais ils n'agissent pas ainsi. Pratchett décide d'aller dans un autre sens. Il garde l'idée de l'immortalité et de la beauté mais il en conclut que les elfes auraient une psychologie très différente. En effet, pour Pratchett les elfes se savent supérieurs et donc agissent avec les autres êtres pensant en tant que chasseurs qui aiment le plaisir de la douleur. En quelque sorte, se savoir être supérieur implique de voir toutes les autres personnes comme des inférieures. De plus, l'immortalité est considérée, par l'auteur, comme un problème. Loin de permettre la sagesse celle-ci implique une forme d'enfance permanente.

Un second thème concerne le rôle d'une personne et, plus précisément, d'une femme. Magrat est une Sorcière. Mais, dans ce tome, elle abandonne rapidement son travail. Cependant, Magrat découvre que le métier de reine est très différent. Elle n'aide pas les personnes qui ont besoin d'elle. Au contraire, elle tente, difficilement, de s'occuper tout en sachant que son destin sera d'élever des enfants. Pour mieux créer le contraste, elle est entourée de personnages qui sont, elleux, fortement impliqué-e-s dans un métier (au point d'en être ridicule). Il est intéressant que ce n'est que tardivement que Magrat se découvre un rôle et ce en décidant de faire le contraire de ce qui est attendu. Bien que ce livre soit intéressant il ne m'a, malheureusement, pas autant plus que les autres tomes. Il manque un je ne sais quoi pour le rendre bon et me faire rire.

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*** Je n'ai pas réussi à m'impliquer dans ce livre malgré de bonnes idées.
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Image : Site de l'auteur

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02/02/2017

Small Gods (Discworld 13) par Tarry Pratchett

Titre : Small Gods (Discworld 13)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 14 février 2013
Pages : 400

Absolument tout le monde sait que la Terre est plate et que de nombreuses divinités se partagent les cieux. Personne ne remet en cause ces faits vérifiés par des années d'expériences personnelles et scientifiques. Pourtant, un pays entier conteste cela. Tout un pays, sous un régime théocratique, se base sur un seul livre révélé pour décider que le reste du monde à tort. Alors qu'ouvrir les yeux suffit pour comprendre que le monde est plat et que les divinités existent ce pays annonce que le monde est rond et qu'il n'y a qu'un seul dieu: Om. Pire encore, les prêtres de ce pays décident qu'il est normal et même salutaire d'organiser l'exportation de leur doctrine par la grâce des armes. Cependant, l'un des apprentis de l’Église, Brutha, découvre, sur son chemin, une tortue. Celle-ci lui annonce être le dieu Om. Pire encore, il semble que cet apprenti soit le dernier véritable croyant du pays. Le pauvre Brutha a beaucoup à apprendre sur les divinités et sur son Église.

Le thème de ce treizième tome est transparent: la religion. Pour Pratchett, la religion ne découle pas des divinités. Ce sont les divinités qui découlent de la religion, des croyances. Le pouvoir des croyances est, d'ailleurs, régulièrement utilisé par Pratchett dans ses livres (ainsi que les clichés de la littérature et du cinéma). Malgré une mécanique huilée et comprise par les personnes qui lisent les tomes du Disque-Monde il pourrait être délicat de s'attaquer à un thème pareil sans risquer de heurter beaucoup de personnes. D'autant que Pratchett s'attaque directement, et sans se cacher, à l’église catholique. Ainsi, par exemple, on trouve une inquisition ainsi que des prophètes, des lois divines et un livre révélé. Bien que l'exercice soit difficile Pratchett réussit très bien à mener son intrigue pour se moquer de tout le monde tout en faisant bien attention à ne pas s'attaquer unilatéralement à une seule personne. Ainsi, ce sont plutôt les actes des personnes et des institutions au nom d'une religion qui sont moqués moins que la croyance.

Un second thème pourrait être la science. En utilisant un royaume précédemment mis en place, Éphèbe qui parodie la Grèce antique, l'auteur se moque non seulement des scientifiques mais critique aussi leur utilité. Les philosophes, dans le monde de Pratchett, se contente de parler dans le vide sans réfléchir à ce que l'autre personne a dit dans le cadre de banquets somptueux. Ils écrivent des livres qui ne sont pas censé être lus. Malgré cela, certains personnages ont conscience du problème et permettent de réutiliser des citations célèbres. C'est le cas de Didactylos. Son apprenti, par contre, incarne l'aveuglement de la science face à l'utilisation que l'on peut faire des découvertes. Il crée un outil mais ne prend pas le temps de réfléchir aux conséquences qui peuvent en découler avant qu'il ne soit trop tard.

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**** Un très bon treizième tome que j'aurais tendance à conseiller aux personnes qui souhaitent lire Pratchett sans, pour autant, souhaiter entrer dans un cycle précis
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Image : Site de l'auteur

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