28/04/2017

Django

Cette semaines deux films portant sur la deuxième guerre mondiale sont sortis dans les salles obscures. Le premier, le procès du siècle, parle du négationnisme et je vais le voir prochainement. Le deuxième est un biopic qui parle de Django Reinhardt. Ce dernier est un musicien célèbre de Paris. Il remplit les salles aussi aisément qu'un rockeur quelques années plus tard. Il est aussi un très bon compositeur. Le problème, c'est qu'il crée une musique dans le style du swing en pleine France occupée et en plein milieu de la guerre. Bien que la ville de Paris soit loin des fronts cela ne l'empêche pas de subir des alertes. De plus, des rumeurs lui parviennent. De vieilles familles auraient disparu, seraient assassinées, des camps seraient dressés. Bien qu'il pense être en sécurité ne serait-il pas plus prudent de fuir ? Surtout que les allemands commencent à s'intéresser à lui et veulent le produire en Allemagne même, voir à Berlin.

Je ne sais pas trop quoi dire de ce film. Premièrement parce que ma culture musicale est proche du néant. Je ne connaissais pas ce Django Reinhardt ni sa renommée de musicien. Bien que je connaisse l'ambiance du Paris entre les deux guerres, et donc que j'ai entendu parler du swing, je ne connais presque rien sur le vocabulaire musical. Et, bien entendu, la musique à une grande importance dans ce biopic. Elle est présente du début à la fin. Le film s'ouvre et se termine sur un concert. La musique est, selon plusieurs personnages, la seule chose qui protège Django des allemands. Mais c'est un bouclier bien mince qui dépend d'autres personnes qui pourraient ne plus être en faveurs.

Ce que ce film montre c'est aussi l'effort de survie des parisien-ne-s face aux occupants. Tout le monde ne peut pas résister et, parfois, on essaie seulement de nourrir sa famille. C'est tout ce que souhaite Django et il en faut beaucoup pour le convaincre de fuir. Bien que la réalisation soit classique, voire un peu molle, on nous offre de très belles scènes avec des contextes glaçant. La scène durant laquelle Django est convoqué par la police pourrait ne pas être essentielle à l'histoire. Mais elle est nécessaire au contexte. Un homme est examiné par des médecins qui essaient de prouver qu'il est le fruit d'une dégénérescence raciale. Pour cela, toutes les mesures sont bonnes et Django devient une suite de chiffres permettant de le cataloguer. Personnellement, je trouve que la meilleure scène est la dernière. Elle est très poignante et n'a besoin de presque aucune explication. La première est tout aussi bonne mais bien plus glaçante et montre immédiatement que les Tsiganes, pour reprendre le terme du film, sont en dangers et sont exterminés. On oublie souvent que le racisme contre les populations Tsiganes est une réalité et a débouché sur des meurtres et des enlèvements (la Suisse est championne des enlèvements d'enfants Tsigane, je vous renvoie au livre de Regula Ludi et Thomas Huonker Roms, Sintis et Yéniches – La 'politique tsigane' suisse à l'époque du national-socialisme).

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**** Un premier film qui n'est pas mauvais mais trop classique dans sa réalisation, trop prudent dans son propos.
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Image : Allociné

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08:24 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : django | | | |  Facebook

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