22/04/2017

Life / Life origine inconnue

Dans un futur proche l'ISS est toujours dans l'espace. La station est de plus en plus importante et elle est toujours financée. Régulièrement, des modules sont ajoutés afin de la rendre plus efficiente. Récemment, les autorités terriennes ont décidé de mettre en place un nouveau module dédié à une seule et unique expérience dont les ramifications sont énormes pour l'humanité. Car, il y a près d'un an, une sonde envoyée sur Mars a trouvé des traces de vie. La sonde est maintenant de retour. 6 personnes sont envoyées dans l'espace afin d'étudier les échantillons et de comprendre cette nouvelle forme de vie. Les réponses, et les questions, que l'étude implique justifie un financement exorbitant mais aussi, et surtout, la mise en place de défenses jamais vue. Quoi de mieux que l'espace pour empêcher une contamination ? Mais l'étude ne se déroule pas comme prévu.

Il est impossible de voir Life est de ne pas penser à d'autres films. La première référence qui nous vient en tête est, bien entendu, Gravity. En effet, Life se déroule dans le même environnement. Une partie importante de l'image est comparable aussi bien au début du film qu'à la fin. Personnellement, je trouve que cette iconographie est très efficace. Elle me permet de ressentir le danger de l'espace et le cocon très mince qui protège les personnages d'une mort certaine (et particulièrement horrible, je vous laisse googler l'effet du vide spatial sur le corps humain). Le problème, c'est que Life se déroule après Gravity et, donc, donne l'impression d'avoir volé des images sans penser à se créer une identité propre. Ce n'est pas le seul film auquel on pense. Alien vient immédiatement en tête. Un être venu d'une autre planète qui se balade dans un vaisseau confiné, des humain-e-s qui essaient de savoir où se trouve l'alien et comment s'en débarrasser, l'impression que le danger est partout... Nous avons déjà vu ça depuis le premier film de la saga Alien. Bien que le martien créé pour le film soit différent et semble bien fonctionner dans le cadre particulier de l'ISS il n'est pas non plus parfait. Bien que cela semble voulu, il est trop identifiable pour créer la même impression d'étrangeté ressenti dans Arrival. Enfin, et c'est le plus gros problème à mon avis, on ne s'intéresse pas aux personnages. On connait extrêmement peu de chose de leur vie, de leur passé, de leurs émotions. Étant donné que l'on n'arrive pas à s'identifier il est très difficile de s'attacher à elleux et de ressentir des craintes et des émotions lors des problèmes rencontrés. Bref, le plus gros problème de ce film est de n'avoir aucune identité propre et de se retrouver en concurrence directe avec des œuvres bien meilleures.

Le second plus gros problème est le scénario. Celui-ci est très efficace. Nous commençons l'histoire par la passion scientifique. Quelque chose d'énorme est arrivé et tout le monde, dans la station et dans le monde, souhaite en faire partie et aider à comprendre ce que cette découverte implique. Diffuser en directe, sur Times Square, un événement scientifique est tout de même magnifique ! Les scientifiques de la station ont tout autant de passion et observent avec attention la beauté d'un organisme inconnu qui grandit. Seule une scientifique a des craintes. Ainsi, le ton du film est d'abord celui du triomphe de la science et de la beauté de la recherche. Dans un second temps, le ton change complètement et devient celui d'un thriller spatial. D'un seul coup, l'organisme lui-même change de forme et devient plus menaçant tandis que les événements se précipitent. On passe de la beauté d'une découverte à la lutte contre un prédateur qui tente de survivre dans un environnement hostile. Le problème, c'est que le scénario est rempli de plot holes. Ainsi, on nous explique que les cellules de l'organisme sont indifférenciées et possèdent des caractéristiques musculaires, neurales et d'observation. Pourtant, l'organisme montré plus tard donne l'impression d'un corps différencié avec des organes de mouvement, des organes de force musculaire et, surtout une tête. On passe de la digestion par un cocon à la digestion par l'ingestion. Bref, il me semble que les scénaristes ne savaient pas vraiment quoi faire de l'organisme. Le problème concerne aussi les solutions et les activités de l'équipage. Pourquoi tenter de vider d'oxygène la station alors que l'alien est montré dans l'espace en train de survivre ? Pourquoi ne pas envoyer une des capsules sur Terre avec un message enregistré ? Et surtout, pourquoi l'alien s'attaque immédiatement aux communications Terre-ISS qui sont immédiatement coupées alors que l'on nous explique que la station fonctionne sur le principe de redondance ? Bref, il y a de gros problèmes d'écritures malgré un scénario efficace.

*
**
***
**** Le film est clairement rempli de problèmes, dont le manque d'identité propre. Cependant, il a bien fonctionné sur moi malgré de nombreuses incohérences.
*****

Image : Site officiel

image6.jpg

10:34 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : life, origine inconnue | | | |  Facebook

21/04/2017

Gold

Kenny Wells est le dernier membre d'une famille de prospecteurs. Son grand-père a trouvé une colline e il a creusé. Son père a créé une entreprise qui gère plusieurs propriétés ainsi que les droits de prospections. Mais tout cela se déroulait dans le passé. Car, dans les années 80, Kenny Wells est pratiquement ruiné. Il a perdu ses bureaux, il a perdu sa maison et son équipe, de plus en plus mince, travaille dans un bar. Sa femme, Kay Wells, croit toujours en lui mais ne croit pas au retour de l'entreprise. Kenny ne survit plus que par la fumée et l'alcool. Mais, un soir, il fait un rêve. Il rêve d'une gigantesque mine en Indonésie. Une mine tellement vaste qu'elle ferait de lui l'homme le plus riche du monde. Le digne héritier de sa famille. Il se lance dans cette quête et rencontre un géologue, Michael Acosta. Ce dernier a trouvé la plus grande mine de cuivre au monde est pense que de l'or se trouve en Indonésie. Mais ce rêve est-il trop beau pour être vrai ?

Ce film est le quatrième que je vois au cinéma cette année. Oui, j'ai eu un ralentissement qui n'est pas dû à ma volonté. Mais j'aime toujours autant me rendre dans les salles obscures. Cette semaine, je n'avais pas vraiment de coups de cœurs mais j'étais intrigué. Gold fait partie des films qui m'intriguent et que je vais voir pour me faire une idée. Il fait aussi partie de ces films qui s'attaquent aux scandales financiers. Ces films, venus des États-Unis, commencent souvent par un homme (et c'est à dessein que je ne parle pas des femmes qui sont, dans ces films, des bijoux qui permettent d'illustrer la descente ou la montée dans l'échelle sociale), seul face à tout le monde, qui rêve de réussir. Cet homme sait qu'il a raison et que le système a tort. Mais il ne peut pas facilement le prouver. Heureusement pour lui, d'autres hommes décident de le croire. Coup de chance, c'est une réussite et le croyant se retrouve dans les hautes sphères de la richesse et des finances et doit survivre à ce monde décrit de manière peu sympathique voir décadente. Cet homme, dans ce film, est Kenny Wells. Personnellement, j'ai détesté ce personnage. Ce n'est pas le seul personnage que l'on peut ne pas aimer et d'autres sont pires. Ces hommes incarnent le rêve américain de grandeur et de richesse. Michael Acosta, lui, incarne l'homme qui a les pieds sur terre mais il cache autre chose. Seule Kay est sympathique. Et son rôle est de défendre la classe moyenne travailleuse face aux riches qui ne connaissent pas la vraie vie. Ces pauvres sont décidément des gens qui savent vivre ! Bref, déjà là le film me pose un problème.

Mon second problème avec ce film concerne le ton. J'ai déjà vu des films qui traitent de la finance et des scandales en prenant le parti de personnes antipathiques ou en considérant que personne n'est responsable. Parfois, c'est justifié. Margin Call, par exemple, montre des personnages essayant de sauver la peau de leur entreprise en trahissant leurs clients. Personne n'est directement responsable du problème mais les personnages travaillent activement à détruire des vies et leurs actes se terminent sur des faillites et des licenciements. The big short reprenait le même thème mais avec le point de vue des gagnants, des personnes qui ont parié sur la destruction de nombreuses vies qui ne souhaitaient qu'accomplir leurs rêves. Ces films montrent que les responsabilités sont plus diffuses et dépendent moins des personnes que d'un système entier. Cependant, ces deux films échouent à mettre en avant les responsabilités qui ne dépendent pas du système mais des choix possibles fait à l'intérieur de celui-ci. Qui a décidé de ne pas vérifier ? Qui a décidé de détruire des vies ? Et, pour Gold, qui a mis en place l’arnaque ? car Gold ne répond pas à cela. Il se termine sur l'idée que personne n'est réellement responsable. Tout le monde était de bonne foi. Pourtant, il y a bien une personne responsable du début de l'arnaque, même si d'autres personnes ont échoué à surveiller le fonctionnement de la mine.

*
**
*** Je suis mitigé, ce n'est pas un mauvais film, il me semble assez bien écrit mais il échoue à aller au bout de son thème.
****
*****

Image : Site officiel

gold_gallery_00005.jpg

09:43 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gold | | | |  Facebook

19/04/2017

Inception

7 ans après tout le monde il est temps pour moi de réparer un manque flagrant dans ma culture cinématographique des blockbusters venus des États-Unis : Inception. En effet, je n'avais pas eu l'occasion de le voir et ce n'est que hier soir que j'ai décidé d'emprunter le film à ma bibliothèque local (on peut faire ça) pour me faire une idée. Inception est un film de Christopher Nolan après deux Batman et Le Prestige (que je n'ai pas vu non plus mais il se trouve dans ma liste). Le film débute lors d'une fête. Plusieurs personnages dialoguent. Certains de ces personnages sont des braqueurs qui souhaitent ouvrir un coffre caché dans un bureau. On pourrait croire à une scène classique. Mais il y a une différence. Les personnages ne sont pas dans la réalité mais dans un rêve commun qui permet d'entrer dans la partie la plus intime d'une personne. C'est un boulot dangereux et difficile. Mais la personne que l'on suit, Cobb, est l'un des plus talentueux du monde. Ses capacités seront mises à rude épreuve quand on l'engage non pas pour voler une idée mais pour en implanter une.

Inception est un film compliqué. Il ne l'est pas parce que l'intrigue est compliquée. Il ne l'est pas non plus parce que les personnages sont compliqués ni parce que l'univers est fouillé. Les personnages sont, pour la majorité, peu développé. Ce sont des rôles dans une équipe. Il y a le commanditaire et plusieurs spécialistes : l'architecte, l'imitateur, le chimiste et l'enquêteur. Les personnages sont principalement définis par leurs rôles dans l'équipe de Cobb. Ce dernier, joué par Leonardo di Caprio, est le plus développé. En effet, durant le film nous en apprenons plus sur son histoire et l'intérêt pour lui de réussir cette mission. On peut ajouter sa femme, Mal. Mais cette dernière a encore moins de substance que le reste de l'équipe et ne sert qu'à faire avancer le personnage principal. L'univers, lui, existe mais n'est pas décrit. Nous savons que Nolan décrit un monde qui permet d'envahir les rêves grâce à une technologie militaire. Nous savons aussi que certaines personnes se droguent pour rêver tandis que d'autres se préparent aux possibles invasions. Mais rien de tout cela ne nous est montré on doit créer nous-même le contexte. Pire encore, il est expliqué que l'esprit humain réagit à une invasion mais cela n'est jamais bien expliqué.

Au final, moins que les personnages, l'intrigue ou l'univers ce qui importe dans ce film est le thème. Qu'est-ce que la réalité ? Comment peut-on différencier le rêve du réel ? Au fur et à mesure, les personnages s'enfoncent dans des rêves élaborés pour cacher leur nature. Bien que rien ne soit réel tout semble être vrai. Il peut donc devenir difficile de revenir au monde alors que l'on risque de tout perdre. Ce thème est implanté dans le personnage de Cobb et lié à un thème bien plus intime : le deuil. En effet, Cobb a perdu sa femme mais ne peut pas la laisser partir. Elle est encore présente dans tous ses rêves et il lui est impossible de la laisser partir. En conclusion, nous avons un film qui utilise une intrigue simple avec des images spectaculaires mais que nous avons, en grande partie, déjà rencontrée pour mettre en place un film à plusieurs niveaux et nous faire questionner sur la nature même de la réalité.

*
**
***
**** Un beau film. Ce n'est pas un chef d’œuvre mais c'est, assurément, un bon film dont la photographie est maitrisée afin de donner des scènes impressionnantes.
*****

Image : Allociné

Site officiel

19215572.jpg

08:41 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inception | | | |  Facebook

16/04/2017

Jessica Jones: Alias 2. Pourpre par Brian M. Bendis et Michael Gaydos

Titre : Jessica Jones: Alias 2. Pourpre
Auteurs : Brian M. Bendis et Michael Gaydos
Éditeur : Panini comics 4 mai 2016
Pages : 336

Ce second tome contient les épisodes 16-28 d'Alias ainsi que What if Jessica Jones had joined the Avengers 1. Jessica Jones est une détective privée de New York. Elle a eu une courte carrière d'héroïne. Celle-ci s'est brusquement terminée du jour au lendemain. Depuis, Jessica Jones a troqué le costume clinquant avec une veste en cuir et des bottes. Elle s'occupe des petits problèmes du petit monde de la ville sans faire trop de vagues malgré quelques ennuis qu'elle peut avoir de temps en temps. Elle se rapproche aussi bien de Luke Cage, l'homme fourmi ou encore Matt Murdock dont elle est la garde du corps. Cependant, Jessica Jones est de plus en plus connue. Ainsi, on la contacte de plus en plus concernant des affaires étranges. Et, pire encore, alors qu'elle rentre chez elle une jeune femme habillée comme Spider-Man lui demande de l'aide avant de fuir.

L'épisode What If mis à part, ce tome est constitué de trois parties. La première concerne l'enquête sur Spider Woman, la second est l'origine de Jessica Jones et la dernière concerne Killgrave et son lien avec Jessica Jones. Ce second tome continue sur la lancée du premier en étant réaliste. Jessica Jones agit comme une femme réelle et non comme un personnage de comics. Elle jure, elle engueule, elle se bat quand c'est nécessaire mais en détestant cela. Lorsqu'elle se trouve avec un homme les deux adultes sont nus. Bref, c'est un comics qui ne censure pas.

Ce refus de censurer se retrouve dans les intrigues qui sont toutes particulièrement violentes non seulement physiquement mais aussi psychologiquement. Ce second tome est rempli d'abus. Ceux-ci sont aussi bien psychologiques que physiques allant jusqu'aux viols. Donc, si vous souhaitez lire ce comics préparez-vous. Le thème commun des intrigues concerne donc les abus. Et, pour cela, les auteurs (dont aucun n'est de genre féminin) utilisent des personnages masculins abuseurs. Que ce soit des dealers qui utilisent les corps des femmes ou Killgrave qui peut utiliser tout le monde contre leur gré. Ainsi, l'histoire de Jessica Jones est fortement impactée par sa rencontre avec celui-ci. L'écriture de leur histoire commune est particulièrement glaçante.

*
**
***
****
***** Tout aussi bon que le premier tome, des intrigues horribles

Image : Site de l'éditeur

image_gallery?img_id=8858700&t=1469445662327

15/04/2017

Injustice les dieux sont parmi nous 7. Année 4 - 2ème partie par Brian Buccellato, Tom Taylor, Bruno Redondo et Mike S. Miller

Titre : Injustice les dieux sont parmi nous 7. Année 4 - 2ème partie
Auteurs : Brian Buccellato, Tom Taylor, Bruno Redondo et Mike S. Miller
Éditeur : Urban comics 7 avril 2017
Pages : 168

Ce tome contient Injustice: Gods among us year four 8-12. Le combat contre les divinités continue. Sur les marches du Hall de la Justice les humain-e-s et les anciennes divinités se sont battues. Le fils de Zeus est mort au combat. Ce qui force Zeus à agir. Il supprime les pouvoirs de Shazam, exile Superman et pose un ultimatum au monde : vénérez les dieux de la Grèce et oubliez vos fausses divinités. Mais le monde n'est pas en accord. Les personnes croyantes refusent de suivre l'ultimatum tandis que la Ligue de Justice se cache en Atlantide. L'humanité, elle, se demande si elle n'a pas perdu un tyran pour en retrouver un autre. Dans le même temps, Plastique Man trouve enfin la prison secrète de Superman.

Cette série entre dans des eaux troubles. Depuis quelques temps, il me semble que le scénariste oublie l'histoire qu'il doit conter et essaie de faire d'autres choses. Batman n'est presque plus rien. Son personnage est à peine un fantôme manipulé par les événements et les autres personnages. Superman n'est qu'une brute assoiffée de sang qui ne prend même pas la peine de parler à ses alliés. Tout se passe comme si les auteurs n'arrivaient pas à imaginer faire se battre Batman et Superman. Alors des situations qui imposent une alliance sont créées en oubliant totalement la mise en place du régime de Superman. Ainsi, la fin du tome tombe comme un cheveu sur la soupe. L'Annual, scénarisé par Tom Taylor, est, par contre, de bien meilleure qualité et réussit à remettre en place l'ambiance des premiers tomes tout en se concentrant sur un personnage un peu ridicule et qui, pourtant, fait peur à Superman. On retrouve, enfin, l'impression de tyrannie que crée le personnage de Superman dans cette histoire.

*
**
*** Une qualité en baisse à peine sauvé par un annual très sympathique sur lequel on retrouve l'ancien scénariste.
****
*****

Image : Site officiel

injustice-tome-8-44025-270x417.jpg

14/04/2017

Injustice les dieux sont parmi nous 7. Année 4 - 1ère partie par Brian Buccellato, Bruno Redondo, Mike S. Miller et Juan Albarran

Titre : Injustice les dieux sont parmi nous 6. Année 4 - 1ère partie
Auteurs : Brian Buccellato, Bruno Redondo, Mike S. Miller et Juan Albarran
Éditeur : Urban comics 17 février 2017
Pages : 168

Ce tome contient Injustice: Gods among us year four 1-7. Lors de l'année 3 Batman a été manipulé par Constantine dans le but d'éliminer Trigon. Loin de s'excuser, Constantine annonçait à Bruce Wayne qu'il existait d'autres moyens de vaincre Superman. Depuis, la résistance se cache sur Terre. Personne ne peut la trouver et elle n'agit plus. La résistance est moribonde alors que Superman est plus puissant que jamais. Bien que presque plus personne ne peut le contester il s'apprête à mener un nouveau combat. Les dieux et déesses de la mythologie grecque décident d'armer les Amazones et de se lancer dans la guerre contre Superman afin de reprendre le contrôle de la terre et de l'humanité. Superman est-il assez puissant pour vaincre une divinité ? Et que fera Wonder Woman face à son peuple ?

Tous les défauts du tome précédent se retrouvent ici. Il n'y a que des scènes sans logiques qui se suivent pour donner un "beau combat" de jeu vidéo sans penser à l'intrigue. Batman se morfond et ne dit rien. Alors oui, il est intéressant de montrer un Batman qui se remet en question. Mais cela n'implique pas de ne rien faire... Pire encore, quand Batman revient personne ne réagit. Renee est totalement gâchée sans aucune raison. Les personnages partent mais reviennent sans même prendre le temps de réfléchir alors qu'une remise en cause des méthodes et du leadership de Batman aurait pu être très intéressant. Pire encore, Wonder Woman réagit comme une idiote sans se rendre compte du piège dans lequel elle se lance. Enfin, la guerre menée par les divinités est simpliste. Les personnages ne font rien puis passent à l'attaque puis attendent à nouveau sans raisons... Ce tome est un gros gâchis scénaristique.

*
**
*** Brian Buccellato n'a aucune idée de comment utiliser les personnages et ne sait pas quelle histoire raconter. Il se contente de remplir des pages automatiquement.
****
*****

Image : Site officiel

injustice-tome-7-42607-270x406.jpg

Thud! (Discworld 34, City Watch 7) par Terry Pratchett

Titre : Thud ! (Discworld 34, City Watch 7)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 464

Ankh-Morpork est une cité multiculturelle. Le cauchemar de certain-e-s politicien-ne-s de notre monde. Mais la cité fonctionne malgré les complots pour déposer Vetinari et revenir à "Avant". Cependant, tout n'est pas parfait. En effet, depuis quelques temps des nain-e-s traditionalistes parlent à leurs compatriotes. Illes leurs expliquent que les Nain-e-s sont supérieur-e-s au reste du monde. Que seule la vie dans la terre vaille la peine, la surface n'est qu'un rêve. Mais surtout, il leur est expliqué que les trolls sont des ennemis naturels qu'il faut exterminer. Les problèmes posés par ces paroles sont si importants que même la garde en souffre. Mais rien ne saurait la préparer au meurtre de l'un de ces nain-e-s traditionaliste. Les trolls sont accusés alors que la fête de la bataille de Koom Valey approche. Vimes a beaucoup à accomplir alors que trois trônes vacillent face à la perspective d'une guerre qui pourrait tout engloutir.

Comme souvent, dans le cadre du cycle de la garde, l'intrigue parle des ethnies et des problèmes qui peuvent exister. Depuis le début du Disque-Monde, Pratchett a transformé Ankh-Morpork pour en faire une ville sûre - plus ou moins en tout cas - avec une population non-humaine de plus en plus importante et qui, malgré les humain-e-s, s’intègre assez bien. Dans le même temps, le fonctionnement politique des nain-e-s a été fortement développé tandis que les trolls ne sont plus des brutes sans cervelles même si leur histoire n'est pas très développée. Ce tome ajoute une couche en donnant plus de substance à l'histoire des trolls mais aussi en développant la faction traditionaliste des nain-e-s. Par la même occasion, Pratchett égratigne les politicien-ne-s qui préfèrent créer des divisions plutôt que de relier des populations différentes. Pratchett se base aussi sur l'histoire d'une ancienne bataille. Il montre de quelle manière l'histoire peut être utilisée par des politicien-ne-s pour défendre une certaine position. Il montre aussi comment on réagit lorsque ce que l'on croit vrai est, en fait, une invention.

Mais Pratchett ne serait pas Pratchett s'il ne prenait pas le temps de se moquer de notre époque. Ce tome est l'occasion de s'en prendre à The da Vinci code. Les personnages de ce tome découvrent une histoire cachée que seule un trésor permet de comprendre. Pour cacher cette vérité un groupe se constitue afin de détruire toutes les traces qui en restent. Mais cette vérité, le secret de la Koom Valey, est cachée dans une peinture d'un artiste fou ! Vimes essaie de comprendre et suit des indices disséminés par plusieurs gouvernements. Si ce n'est pas une histoire qui vous rappelle quelque chose vous avez beaucoup de chance ! Ce petit plus, cette petite gentille moquerie, donne une saveur de plus à un tome déjà très bon et bien assez riche.

*
**
***
****
***** Terry Pratchett a atteint sa vitesse de croisière et le Disque-Monde sa maturité.

Image : Site officiel

thud1.jpg

12/04/2017

Injustice les dieux sont parmi nous 6. Année 3 - 2ème partie par Tom Taylor, Brian Buccellato, Bruno Redondo et Mike S. Miller

Titre : Injustice les dieux sont parmi nous 6. Année 3 - 2ème partie
Auteurs : Tom Taylor, Brian Buccellato, Bruno Redondo et Mike S. Miller
Éditeur : Urban 8 juillet 2016
Pages : 184

Ce tome 6 contient Injustice: Gods among us year three 7-12 et annual 1. Lors de cette troisième année Batman s'allie à John Constantine afin de vaincre Superman. Pour cela, il accepte de kidnapper Raven et d'accomplir un pacte avec un démon. Malheureusement, d'autres forces magiques sont en accord avec Superman. La créature du marais par exemple mais aussi, et c'est une surprise, le Spectre dont la puissance est presque inégalée. Mais Batman a réussi à placer Superman dans un sommeil magique et son règne en est fragilisé. Le combat n'est pas terminé et l'une des prédictions de Madame Xanadu est accomplie : Wonder Woman est de retour et elle fera tout son possible pour sauver Superman et châtier ses ennemis !

Que penser de ce nouveau tome et de son changement de scénariste ? Personnellement, j'ai beaucoup moins apprécié. Injustice pose la question du pouvoir absolu, de la tyrannie, de la nécessité d'agir en commun et de la résistance. Pour cela, Superman avait été posé comme l'homme bon qui tombe et Batman l'homme mauvais mais moral. Ça fonctionne assez bien malgré l'impression que les tomes enchainent les combats sans vraiment avance. Un problème rendu plus important encore par le fait que l'on connait la fin. On sait que Superman gagne et que seul l'intrigue du jeu vidéo permet à Batman de finalement le vaincre. Le comics est censé nous montrer un processus et non une suite de combats. Malgré tout, ça fonctionnait encore assez bien.

Malheureusement, ce nouveau tome oublie le processus pour ne créer que des situations arbitraires dont la résolution est mal écrite. L'exemple parfait est le secret derrière le comportement du Spectre. Pire encore, ce tome donne l'impression de ne créer que des combats sans aucune substances comme si le jeu était figé. Mais le pire, à mon avis, est Wonder Woman. Depuis le début je me suis demandé pour quelle raison une femme qui incarne une guerrière chargée de défendre la paix se range dans le camp de Superman. Ce tome nous donne la réponse et elle pose de nombreux problèmes. Non seulement, à mon avis, la raison de Wonder Woman est mauvaise. Mais, en plus, elle détruit tout possibilité d'exister pour elle-même. Il aurait été bien plus intéressant de laisser Superman dormir et de donner à Wonder Woman le leadership. Enfin, l'évolution d'Harley Quinn est effacée. Durant les tomes précédents elle expliquait ne plus vouloir vivre une relation abusive. Ce tome la voit tomber amoureuse d'un homme après qu'il l'ait frappée au combat... Ce tome me donne l'impression d'un gâchis.

*
**
*** Tout se passe comme si les personnes en charge ne savent pas quoi faire de l'intrigue ni des personnages.
****
*****

Image : Site officiel

injustice-tome-6-40572-270x408.jpg

11/04/2017

Game of thrones 6

Westeros existe toujours, malgré les batailles et les humain-e-s qui tentent de tout détruire. Le mur tient encore, les grandes maisons sont loin d'être mises à mal et la religion officielle est encore plus forte qu'auparavant sous la direction d'un fanatique aux pieds nus. La fin de la saison 5 était emplie de cliffhanger. Plusieurs personnages était mis en danger alors que de nombreux événements avaient lieu en même temps. La saison 6 reprend immédiatement. Cersei est mise à mal, John Snow est mort et Daenarys a disparu. Il semble que Westeros soit pacifié malgré quelques lieux de résistances. Mais les impressions sont trompeuses. Le nord se prépare à l'invasion et à la guerre tandis que Petyr Baelish a pris le contrôle de la maison Aryn. Cette fausse impression de sécurité cache une instabilité profonde. Et les Lannister ne sont plus la maison qu'ils étaient sous Tywin. De l'autre côté de la mer, Tyrion s'habitue à gouverner au nom de Daenerys. Mais ses efforts pourraient bien être un échec.

La saison 5 est la moins bonne de la série. Plusieurs raisons peuvent être avancées pour l’expliquer : il fallait préparer la transition entre l'absence de livres et la série, des facilités scénaristiques, trop de personnages et de lieux en même temps... Je pense que le pire épisode est le 509 qui voit Stannis décider de brûler sa fille, Shireen, au mépris de toute la construction de son personnage. C'était un épisode écrit par des fainéants qui se sont contentés de choquer pour choquer sans prendre en compte une once de logique. On pouvait donc craindre pour la suite de la série alors que les scénaristes devaient oublier la béquille que sont les livres. Heureusement, il me semble que cette saison 6 repart sur de bonnes bases. Elle commence à terminer une bonne partie des intrigues qui ont pu être oubliées auparavant. Les scènes violentes sont toujours présentes mais elles sont moins inutiles que l'exemple que j'ai donné. Au contraire, il me semble qu'elles servent à montrer l'horreur de ce que vivent les personnages plutôt que de choquer gratuitement (mais il est possible de ne pas être d'accord avec moi).

À mon avis, l'exemple le plus frappant est Sansa Stark. Ce personnage, durant les premières saisons, est impliqué dans des événements et avec des personnes sans y avoir été préparée. Elle tente, avec difficultés, de survivre. Lors de la saison 4, elle s'enfuit de la capitale pour se retrouver en relative sécurité. Durant plusieurs saisons, on nous a dépeint un personnage qui apprend pour survivre et, finalement, on lui permet de vivre. Mais la saison 5 utilise Sansa dans l'une des scènes les plus controversées et mal écrites de la série (les scènes les plus controversées sont toutes du même genre et les scénaristes n'ont jamais compris le problème...). Cette scène est non seulement mauvaise mais elle ne rend pas non plus justice à Sansa. Heureusement, la saison 6, elle, nous permet de retrouver une Sansa mature qui lutte contre son frère pour prouver ses capacités et n'hésite pas à le contredire ou à agir sans lui. Sans y est dépeinte comme bien plus capable que son frère encore un peu naïf. Bref, Sans est enfin actrice de son destin.

*
**
***
**** Une saison qui pose de bonnes bases pour le début de la fin et une bouffée d'oxygène après une mauvaise saison 5.
*****

Image : Site officiel

ep58-ss01-1920.jpg

09:34 Écrit par Hassan dans Fantasy, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : game of thrones | | | |  Facebook

05/04/2017

Loki Agent of Asgard 1. Trust me par Al Ewing et Lee Garbett

Titre : Loki Agent of Asgard 1. Trust me
Auteurs : Al Ewing et Lee Garbett
Éditeur : Marvel 2 septembre 2014
Pages : 120

Ce premier volume contient Loki : Agent of Asgard 1-5 ainsi que All-New Marvel Now ! Point One 1. Loki est Loki. Un dieu asgardien de la discorde et de la ruse. Dans le cadre de Marvel, il est aussi l'ennemi de Thor et donc, par extension, des Avengers et de la Terre. Mais Loki veut s'échapper de cette histoire. Il souhaite créer une nouvelle réalité pour ce qu'il est. Il souhaite effacer le passé et créer un nouveau Loki toujours aussi rusé mais qui n'est pas le dieu du mal tel qu'il est décrit par tout le monde. Pour retrouver une virginité il accepte de travailler pour la mère de tout : Freyja. Loki est maintenant un agent d'Asgard. Sa mission est simple : retrouver et capturer les dieux asgardiens afin de les ramener à leur place : Asgard. Mais le comportement de Freyja est étrange. Pourquoi souhaite-t-elle, soudainement, ramener les dieux chez elleux ? Que cache-t-elle dans ses cachots ? Et Loki est-il réellement un dieu changé ?

Loki est, dans le Marvel Cinematic Universe, le seul vilain intéressant (en dehors des séries Netflix). Il n'est donc pas étonnant que je l'apprécie. Il est rusé, il aime créer des énigmes, il est capable de se métamorphoser et de changer de sexe. En plus, j'apprécie particulièrement l'histoire des Vikings et la mythologie nordique bien que sa traduction en comics soit peu fidèle. L'idée de faire de Loki un agent chargé des missions en faveurs d'Asgard m’intriguait. Cette identité me semble plus proche du Loki original que du simple vilain dieu du mal que nous voyons dans les autres histoires. Dans le cadre de ce premier volume, Loki est aussi rajeuni, rendu plus "beau" et plus drôle et sympathique.

Bien qu'il ne soit pas forcément utile de chercher trop loin, il me semble que l'histoire parle d'identité. Ayant lu un certain nombre de livres de Pratchett dernièrement il n'est pas surprenant que ce thème me reste en tête. Loki, dans ce volume, essaie d'échapper au destin des dieux asgardiens et surtout à son destin. Il veut oublier son identité passée et se créer une nouvelle identité. Pour cela il accepte un pacte : une bonne action efface un crime passé. Car, selon Loki, les anciennes histoires ont du poids et cela pourrait le faire retomber dans son identité passée. Un thème assez pratchettien en quelque sorte. Sans être flamboyante, l'intrigue est bien menée, drôle et plaisante à lire. J'ai particulièrement apprécie le second épisode qui se déroule en plein milieu d'un speed dating !

*
**
***
**** Pas de grandes réflexions mais une intrigue plutôt bien menée pour un personnage que j'apprécie.
*****

Image : Éditeur

detail.jpg

04/04/2017

Captain America Sam Wilson 1. Not my Captain America par Nick Spencer, Daniel Acuña, Paul Renaud et Joe Bennett

Titre : Captain America Sam Wilson 1. Not my Captain America
Auteurs : Nick Spencer, Daniel Acuña, Paul Renaud et Joe Bennett
Éditeur : Marvel 3 mai 2016
Pages : 136

Ce premier volume contient les numéros 1-6 de Captain America, Sam Wilson. Suite à une aventure que je n'ai pas lue le Captain America n'est plus le même. Steve Rogers, après des années de service et un bon moment passé au froid, est vieux. Il est trop vieux pour prendre le bouclier et défendre les valeurs des États-Unis. Il décide donc de nommer un successeur. Celui-ci n'est autre que l'un de ses amis les plus proches : Sam Wilson alias le Faucon. Sam Wilson change le style de Captain America. IL peut voler, il utilise des oiseaux et surtout il décide de quitter le gouvernement et le SHIELD afin d'aider les personnes qu'il pense pouvoir aider au lieu de suivre des ordres qu'il n'accepte pas toujours. Ce choix l'amène à prendre des positions qui ne sont pas populaires et, rapidement, la question Captain America devient brulante au niveau politique. Sam Wilson serait un traitre et il est de moins en moins apprécié.

Captain America, et particulièrement Steve Rogers, n'est pas le personnage qui m'intéresse le plus. Il est l'étendard des valeurs des États-Unis et, en tant que tel, est plus un symbole lointain plutôt qu'un personnage réel. Pour moi, le Captain America a autant d'intérêt que Superman en tant que symbole : pas grand-chose. Bien entendu, il y a eu des histoires intéressantes avec Steve Rogers. Mais ce run avec un Captain tenu par un nouveau personnage me semble bien plus intéressant. En effet, dès le début Sam Wilson, et donc les auteurs, explique qu'il souhaite s'impliquer de manière bien plus importante en politique. Cela conduit Sam Wilson à dénoncer des politicien-ne-s ainsi qu'à s'attaquer directement au SHIELD. La rupture est mise en scène lors d'une confrontation avec un-e whistleblower qui dévoile des secrets militaires (hello Snowden).

Mais ce qui change rend ce volume vraiment intéressant est la manière dont l'intrigue est menée. Il est dommage que celle-ci soit coupée par la transformation de Captain en loup mais ce n'est qu'un détail. Les auteurs ont décidé de s'attaquer directement aux discours politiques actuels aux USA et l'ombre de Donald Trump est très proche. Ainsi, le premier groupe de vilain-e-s est une milice citoyenne qui patrouille sur la frontière entre les USA et le Mexique. Captain est confronté à un groupe raciste, qualifié d'imbéciles par Steve Rogers, qui prétend défendre le pays face à la criminalité et la maladie. On trouve bel et bien l'idée que "l'étranger" est responsable de tous les malheurs depuis le chômage jusqu'à la nécessité de choisir sa langue lorsqu'on contacte l'administration. Les auteurs vont encore plus loin, en effet, ils décident de confronter le Captain à un groupe industriel qui finance et utilise les milices citoyennes dans le but de faire de l'argent. Ici, Sam Wilson se retrouve au centre de la bourse de New York et ses combats sont entrecoupés par des prédictions sur l'effet qu'ont les actions de Sam Wilson sur la bourse.

Au final, ce premier volume consacre un nouveau Captain aux buts bien plus proches des problèmes actuels. Tellement proche que seule le contexte Trump peut expliquer l'intrigue dépeinte par les auteurs. Ceux-ci, à mon avis, réussissent leur pari mais cela n'a pas dû plaire à tout le monde. Les dessins, eux, sont plutôt à mon goût dans un style que j’apprécie particulièrement pour les 3 premier épisodes. Je suis curieux de voir la suite.

*
**
***
**** Un premier volume que j'ai apprécié. Ce ne sera pas le cas de tout le monde.
*****

Image : Éditeur

detail.jpg

01/04/2017

Going postal (Discworld 33, Moist von Lipwig 1) par Terry Pratchett

Titre : Going postal (Discworld 33, Moist von Lipwig 1)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 496

Moist von Lipwig n'est qu'un nom. Un nom inconnu car son détenteur a utilisé de nombreux alias durant sa carrière d'escroc. Mais la justice du Patriciens, et la garde, l'ont rattrapé. Après plusieurs mois dans un cachot à creuser le mur avec une cuillère il est enfin soumis à la mort par pendaison pour ses nombreux crimes et les dégâts qu'il a commis. Mais, le Patricien a d'autres plans. Après avoir sauvé la vie de Moist von Lipwig il lui soumet un choix: prendre la tête de la poste d'Ankh-Morpork ou prendre la porte (suivie d'une chute fatale). Ce que Moist von Lipwig ne sait pas c'est que la poste n'est plus qu'une coquille vide. Le bâtiment est en déliquescence, ses biens ont été volés, il n'y a plus que deux employés ainsi qu'un chat et les couloirs sont remplis de lettres qui n'ont pas été acheminées! Relancer la poste est un travail qui pourrait bien ne se terminer qu'à la mort. De plus, les citoyen-ne-s de la ville font maintenant confiance aux Clacks pour acheminer leur message en vitesse et en sécurité bien que le réseau soit de plus en plus cher et de moins en moins fiable. Comment une poste qui peut mettre plusieurs mois à donner une lettre peut-elle concurrencer un service quasiment instantané?

Encore une fois, on retrouve le thème favori de Pratchett: les histoires et leur pouvoir. Deux personnages dans ce roman utilisent des histoires afin de gagner de l'argent et de l'influence sur les autres personnes. Ce sont Moist von Lipwig et Reacher Gilt. Les deux expliquent que leur réussite ne dépend pas de leur capacité mais de leur réussite à vendre une histoire. Ainsi, ce tome est, en quelque sorte, une confrontation entre deux histoires construites et mise en scène par deux escrocs. Cependant, à mon avis, le thème principal de ce tome, premier de son cycle mais que l'on pourrait relier à Industrial revolution, est le capitalisme. En effet, les clacks sont une invention d'un groupe de personnes qui essaient de nouvelles choses. Dans ce tome, il est expliqué que ces personnes ont été volées par un consortium de financiers qui ont manipulé les chiffres en grands maîtres. Les capitalistes sont dépeints comme des ignorants imbéciles qui ne comprennent pas le système qu'ils possèdent mais qui ne souhaitent que créer de l'argent. Ainsi, on peut voir dans la seconde privatisation des Clacks une forme de privatisation d'un bien public. Il y a un réseau qui demande de la maintenance et un service impeccable. À partir du moment où des privés achètent le tout, la maintenance est mise à l'arrêt tandis que le service devient de moins en moins bon au service d'un profit plus important. Ainsi, Pratchett décrit ce qui arrive quand on privatise un réseau.

Bien entendu, on ne peut pas ne pas voir une lutte entre l'internet et la poste. Bien que les Clacks ressemblent bien plus au télégraphe qu'à l'internet le fonctionnement est proche du WEB. Ainsi, l'un des groupes se nomme GNU. Pratchett serait-il linuxien? Ce même groupe aime pirater le système afin d'y implanter ses propres codes et d'en vérifier le fonctionnement. Les employé-e-s des Clacks sont elleux-même des passionné-e-s qui bricolent quand cela est possible. On pourrait même penser que le fonctionnement des codes des Clacks est proche du fonctionnement de l'Internet avec des messages clairs et accessibles et tout un univers sombre qui permet au web de fonctionner. La lutte avec la poste est aussi celle entre l'efficacité et la rapidité et l'univers plus charnel des lettres. Moist von Lipwig joue, bien entendu, avec les problèmes des Clacks mais il démontre aussi que les lettres ont des effets bien plus intenses qu'un message virtuel. Ainsi, les premières lettres délivrées dans le tome crée des drames qu'ils soient romantiques ou des émeutes! Au final, Pratchett signe ainsi une forme d'ode aux lettres tout en ne descendant par l'internet en flammes.

*
**
***
****
***** Encore une fois, un tome qui s'inscrit dans un Disque-Monde mature qui permet de s'intéresser à son fonctionnement réel tout en faisant le lien avec notre propre monde.

Image: Site officiel

going_postal1.jpg