18/06/2017

I shall wear midnight (Discworld 38, Tiffany Aching 4) par Terry Pratchett

Titre : I shall wear midnight (Discworld 38, Tiffany Aching 4)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 7 juin 2012
Pages : 432

Tiffany a maintenant 16 ans. Elle est reconnue comme la première sorcière officielle des environs. Sa famille est fière et un peu effrayée. Les voisin-e-s ressentent exactement la même chose. Personne n'aime les sorcières dans le village de Tiffany, mais cette dernière n'est pas une étrangère. Alors Tiffany travaille et aide autant qu'elle le peut. En particulier, elle tente d'aider le vieux Baron à ne pas trop souffrir. Mais sa mort est inévitable. Malheureusement, Roland a engagé une infirmière pour prendre soin du Baron. Celle-ci aiment autant Tiffany Aching que le travail. Et lorsque le Baron meurt enfin Tiffany est accusée de vol, de meurtre et de pactiser avec le démon. Soudainement, des ami-e-s se souviennent que les sorcières ça se brûle.

Le fait que j'apprécie le cycle des Sorcières joue grandement dans mon impression pour ce 38ème tome. Le 37ème m'avait beaucoup déplu. Il y avait des problèmes d'écriture et je n'appréciais pas du tout l'intrigue. Ce retour dans le cycle de Tiffany Aching est, par contre, une réussite. Cela n'implique pas que tout soit parfait. Il y a des longueurs inutiles. Les scènes avec Eskarina sont sympathiques mais peu utiles. Il aurait été possible de laisser Tiffany trouver les réponses plus tard dans l'intrigue. Même chose pour l'Observatrice. Je pense qu'il aurait été plus fort, du point de vue de l'intrigue, que celle-ci soit Granny Weatherwax. Cela aurait pu donner l'impression d'un enjeu bien plus important. L'idée que la sorcière la plus puissante s’inquiète réellement et se prépare à agir au bon moment tout en laissant sa chance à Tiffany. De plus, il y a des incohérences dans l'intrigue. Bien que j'en ai apprécié le traitement, dans une certaine mesure, l'intrigue autours d'un abus domestique (la peur de quitter son mari, la raison des abus mais aussi la réaction, ou son absence, par les voisin-e-s) je ne comprends pas son intérêt dans le cadre de l'intrigue générale. Il n'y a presque pas de conséquences et cela ne devient qu'un objet passé qui apparait de temps en temps dans le décor.

La question principale de ce tome, particulièrement sombre, est la haine. L'intrigue met en place une progressive défiance envers les sorcières. Celle-ci est générale avec quelques exceptions. Les anciennes histoires reviennent et les accusations murmurées deviennent de plus en plus fortes. Ainsi, Tiffany souffre deux incarcérations. La second est particulièrement intéressante puisqu'elle suit des accusations sans fondements ni preuves. Bien que, fantastique oblige, la haine soit incarnée dans un être précis, sa description est tout simplement magnifique. Elle est ressentie par les personnages secondaires et principaux de l'univers pratchettien. Les personnages secondaires en sont autant les victimes que les vecteurs et seuls les personnages principaux sont capables de réfléchir sur la raison de leurs sentiments. La haine est décrite comme une infection qui se propage de personnes en personnes et, en particulier, à l'aide d'individus capables de haine. Raisonner est inutile, il faut décider de s'attaquer résolument à toutes personnes qui propage l'infection.

Bien que j'aie beaucoup apprécié le traitement de ce thème j'ai tout de même un point négatif à ajouter. Lors de la phase conclusive de l'intrigue la haine s'incarne dans un être qui représente le mal. C'est un meurtrier aux actes ignobles. Personnellement, je trouve dommage d'avoir choisi ce type de personnages. D'autres auraient pu être mieux utilisé pour traiter du thème du tome et lui donner plus de profondeur. Le livre ne manque pas de personnages qui se pensent justifiée dans leur haine de choses et d'autres et il aurait été possible de les utiliser directement comme propagateur de haine plutôt que d'user d'un être si mauvais qu'il en semble à peine réel. Impression justifiée par son apparition soudaine alors que d'autres personnages étaient déjà bien mieux décrits.

*
**
***
**** Un tome 38 qui confirme certains défauts du tome 37 mais qui me semble bien plus intéressant et mieux écrit.
*****

Image : Site officiel

i_shall_wear_midnight1.jpg

Commentaires

Je te rejoins sur beaucoup de points mais, alors que le cycle Tiffany est un de mes favoris du disque monde, je n'aurais hélas donné qu'un 3 à ce tome. On retrouve les "symptômes" de la maladie de Pratchett, déjà fort présents dans le précédent : beaucoup moins d'action, des personnages qui parlent beaucoup plus et, surtout, qui se répètent et manquent cruellement de subtilité.

En revanche, là où Unseen Academical ne m'a laissé presque aucun souvenir sinon celui d'une grande tristesse devant la chute de la qualité de la série, je serais beaucoup plus nuancée sur ce tome qui contient, à défaut d'une intrigue prenante et d'une qualité constante, quelques excellentes scènes.

Je pense en particulier à ce qui est sans doute un des moments les plus sombres et glauques de toute la saga (qui contient pourtant des passages très hard) : le passage où Tiffany est confrontée à un homme alcoolique qui a battu sa fille au point de lui faire perdre le bébé qu'elle portait et que le village s'apprête à lyncher. La description de la "rough music", cette tension croissante symbolisée par des percussions, qui attaque la foule et la transforme lentement en "mob", est un grand moment de Pratchett. Le fait qu'elle se trouve dans un tome que j'ai trouvé à part ça assez moyen la fait d'autant plus ressortir.

J'ai aussi beaucoup aimé le fait que la duchesse (je crois que c'est son titre mais je n'ai jamais relu le tome), caractérisée tout le long du roman comme une mégère fermée d'esprit et imbue de sa personne s'avère avoir également de grandes qualités comme par exemple sa loyauté sans faille envers ses anciens serviteurs m'a également beaucoup intéressée vu que je n'avais cessé de déplorer le manque de subtilité de ce tome.

Bref, un tome très inégal que je n'ai jamais réussi à relire mais qui contient encore des moments où l'on retrouve le "grand" Pratchett. Je crois du coup que ce mélange m'a fait encore plus mal que Unseen Academicals, médiocre du début à la fin.

Écrit par : Tyr | 18/06/2017

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Hello,

merci. Oui ce sont deux moments, et personnages, très subtils et bien construits. On pourrait les analyser de manière très approfondie et les utiliser comme exemples. Ce qui me rend d'autant plus déçu qu'illes ne soient pas utilisé-e-s pour l'intrigue principale.

Tu as parfaitement raison, on sent une baisse de qualité due à l'alzheimer de Pratchett. Je ne sais pas encore comment fonctionne la suite mais j'ai quelques craintes, d'autant plus après le pic de qualité que furent les tomes avant Unseen academicals. Ayant lu la série après sa mort je suis conscient des effets sur son écriture. Mais pour une personne qui a lu la série durant la vie de Pratchett oit sûrement ressentir les choses plus durement.

Écrit par : Hassan | 19/06/2017

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