19/08/2017

Sherlock saison 4

Sherlock, lors de la saison 3, a dû d'occuper d'une personne bien plus intelligente que lui et surtout bien plus puissante. C'est, probablement, l'un des pires personnages qui ait été écrit pour la télévision et dans la série Sherlock. Suite à cela, Sherlock Holmes était exilé par son frère, dans le cadre d'une mission suicide. Mais le piratage des télévisions du royaume entier par un Moriarty force la couronne à rappeler Sherlock afin d'enquêter sur l'un des criminels les plus célèbres de l'époque, un criminel censé être mort. L'épisode de noël permet de répondre à la question de la mort de Moriarty en recréant le XIXème siècle. Pour cette saison 4, Sherlock est de retour à notre époque. Et il est temps d'enquêter sur le retour de Moriarty. Mais cela risque de faire ressortir d'anciens secrets.

Le plus grand gâchis de cette saison et, à mon avis, Mary Watson. Mais cela pose un problème car la saison est construite sur ce moment de gâchis, et la construction fonctionne. Mary, durant la saison 3 et l'épisode de noël, est décrite comme une femme plus intelligente que Sherlock, aussi compétente en armes à feu que Watson, voir même probablement plus compétente, avec un passé que l'on ne connait pas mais que l'on peut deviner. Mary est un personnage très intéressant qui possède le potentiel de placer Sherlock et Watson à l'arrière-plan. Elle est aussi la femme de John Watson et une mère. Ce qui lui arrive dans le premier épisode de la saison 4 n'a donc pas beaucoup de sens pour moi. Pourquoi se sacrifice ? Pourquoi prendre la peine de construire ce personnage pour, ensuite, n'en faire qu'un artifice scénaristique censé ne faire avancer que les histoires des hommes de la série ? À mon avis, il y a ici un potentiel qui fut totalement abandonné et détruit par les scénaristes.

Durant les différentes saisons de cette série on a observé un détective peu humain devenir de plus en plus proche d'un groupe très restreint de personnes. Les enquêtes comptent moins que les relations entre Sherlock et d'autres personnages et il n'est pas rare qu'une affaire ait un impact direct sur celles-ci. De plus en plus, cette série est passée du style policier à l'histoire de famille. Cette saison, à mon avis, est la quintessence de cette évolution. Le second épisode permet de réparer une relation détruite mais c'est surtout le troisième, et dernier, épisode qui se centre sur la question de la famille et des relations amicales. Toutes les personnes qui entourent Sherlock sont remises en question et il est probable que cette fin de saison aura un impact lors de la prochaine saison (si elle a lieu un jour). Sans trop en dire, ce dernier épisode opère aussi un renversement de valeur entre l'intelligence et l'émotion. Sherlock a toujours défendu l'intelligence face aux émotions, qualifiées négativement. Mais, dans cette saison, les émotions sont considérées comme supérieures à l'intelligence qui, seule, risque de tourner une personne en un monstre. C'est, à mon avis, une très bonne saison malgré une décision que je regrette et déplore concernant le personnage de Mary Watson.

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**** Bien écrit, un rythme soutenu, difficile de rester de marbre.
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Image : Site officiel

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10:23 Écrit par Hassan dans série | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sherlock, bbc | | | |  Facebook

Commentaires

Tout à fait d'accord avec toi. J'ai personnellement trouvé le premier épisode décevant pas tant seulement sur sa chute assez étrange (d'ailleurs, sérieusement? Watson ne tente même pas de la sauver?) mais dans sa construction très fouillis : on passe d'une enquête à un film d'espionnage à une comédie romantique d'une scène à l'autre et j'ai eu du mal à rentrer dedans. J'ai en revanche trouvé très intéressante l'idée de tuer Mary dès l'épisode 1 : déjà, comme tu le dis, c'est l'événement sur lequel se construit toute la saison mais surtout c'est une vraie surprise. Ayant lu les romans/nouvelles de Conan Doyle, je me doutais fort que Mary mourrait mais je n'avais pas pensé du tout que ce serait dans le 1er épisode.

Pour le reste, l'évolution de l'émotivité du personnage de Sherlock est très bien fichue et j'ai adoré le retournement du rapport de force entre lui et Mycroft justement grâce à cette "humanité" retrouvée de Sherlock qui devient une force qu'aucun de deux frères n'aurait soupçonnée. La réplique finale de Lestrade, qui reprend sa réflexion désabusée à Watson lors du pilote de la série, boucle merveilleusement cet arc narratif. J'adorerais que nous ayons droit à une saison avec ce "nouveau" Sherlock certes toujours cassant mais désormais capable d'intéragir normalement avec le reste de l'humanité.

Oh, et au fait (SPOILER DR WHO SAISON 10) : la scène où la soeur de génie, double "maléfique" du héros, enfermée dans une cage transparente dont elle peut en fait sortir sans peine, joue de la musique... ça ne t'a pas rétrospectivement rappelé un truc?^^ :)

Écrit par : Tyr | 19/08/2017

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Je n'ai pas pensé immédiatement au lien entre Doctor Who et Sherlock. Mais je n'avais plus du tout Doctor Who en tête lors du visionnage!

Écrit par : Hassan | 22/08/2017

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