28/11/2017

Avengers time runs out 4. La chute des dieux par Jonathan Hickman, Stefano Caselli, Mike Deodato Jr et Kev Walker

Titre : Avengers time runs out 3. Beyonders
Auteurs : Jonathan Hickman, Stefano Caselli, Mike Deodato Jr et Kev Walker
Éditeur : Panini 9 novembre 2016
Pages : 152

Ce tome contient Avengers 43-44 et New Avengers 31-33. Depuis plusieurs années, la Terre subit des incursions qui menacent de la détruire ainsi que l'univers entier. Car le multivers est en danger. Il n'y a que peu de solutions. Soit un univers meurt soit une terre meurt sauvant tout un univers. Les héro-ïne-s de la Terre ont tenté de lutter contre ce destin tout en essayant de comprendre la raison de la fin de tout. Mais le temps est compté. En effet, il ne reste plus qu'une vingtaine d'univers et, bientôt, il n'en restera que deux. Les plans ne sont plus utiles, seule la survie est mise en avant. Alors que certain-e-s héro-ïne-s tentent de construire un vaisseau de sauvetage, d'autres sont allés à la source afin de combattre les êtres responsables. Mais est-il possible de tuer l’incompréhensible ? De plus, les civilisations de la galaxie se sont unies pour survivre. Et leur survie passe par la destruction de la Terre.

Je suis à la fois emballé et déçu par ce final qui n'est, en vérité, qu'un prologue. D'une part, Hickman donne enfin les réponses nécessaires pour comprendre ce qui se déroule. Il met en avant les responsables ainsi que la raison de la destruction du multivers. Il explique aussi ce que sont les différents groupes ennemis qui ont été rencontrés durant son run sur Avengers et New Avengers. Ce tome est lié directement au premier numéro de Secret Wars, qui permet de savoir qui a gagné. Le tome est aussi aidé par un numéro dialogue entre Tony et Steve Roger, pour une fois ces deux-là ne se combattent pas. Mais je suis aussi déçu. Face à la destruction de leur Terre Hickman ne trouve rien de mieux que de faire combattre à nouveau Tony Stark et Steve Roger. Je ne vois pas l'intérêt de ce combat. Je suis aussi un peu déçu du fonctionnement de la bataille entre la Terre et la galaxie. Certes, Hickman a profité de son run pour donner des armes puissantes à la Terre. Mais il me semble douteux que celle-ci soit capable de résister à des civilisations aussi puissantes que celles que l'on observe. Bref, je suis un peu mitigé tout en appréciant beaucoup cette fin.

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**** Une fin à la fois décevante et réussie. Difficile d'en parler.
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Image : Éditeur

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26/11/2017

Avengers time runs out 3. Beyonders par Jonathan Hickman, Stefano Caselli, Mike Deodato Jr et Kev Walker

Titre : Avengers time runs out 3. Beyonders
Auteurs : Jonathan Hickman, Stefano Caselli, Mike Deodato Jr et Kev Walker
Éditeur : Panini 14 septembre 2016
Pages : 128

Ce tome 3 contient Avengers (2013) 40-42 et New Avengers (2013) 29-30. Hickman continue à construire son événement destructeur dans ce troisième tome d'Avengers Time runs out. On avait abandonné les Avengers alors que les trois camps se retrouvaient en Espagne, Captain America ayant été trahi, Reed Richards et les Illuminatis ayant planifié et les Avengers, allié à l'Aim, souhaitant simplement trouver une solution à la destruction totale du multivers. En échange de leur capitulation, les Illuminatis demandent aux Avengers et au SHIELD du Captain d'accepter de les écouter et de mettre en place plusieurs solutions. En effet, la première nécessité est de détruire l'équipe de l'ONU chargée de tuer les mondes. Ensuite, il faut comprendre pour quelle raison le multivers disparait. Et enfin, il faut trouver une solution de survie. Celle-ci doit être mise en place rapidement car il ne reste que 22 univers et les aliens de la Galaxie se lance en guerre contre la Terre afin de sauver tout ce qui existe.

Je suis un peu en retard sur le run d'Hickman à la tête du titre Avengers. Dans le même temps, je connais déjà la fin ainsi qu'une partie de Secret Wars. Ce troisième tome a comme but principal de réunir à nouveau les différent-e-s ami-e-s et Avengers de la Terre. Ceci est accompli assez rapidement bien que l'une des personnes décide de terminer un différend avec une autre personne, un acte qui était sous-entendu depuis longtemps. Ce tome annonce aussi les événements du prochain, une guerre et la destruction de la Terre. Mais son premier rôle est d'expliquer un peu mieux pourquoi le multivers meurt. Malheureusement, je possède déjà ces informations et je sais ce qu'il en sortira. Mais il est intéressant de voir que Hickman l'avait déjà mis en place et avait pensé à des solutions alternatives.

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**** Un tome trois durant lequel il se passe relativement peu de choses, beaucoup est annoncé et surtout on sait enfin qui sont les responsables de la destruction du multivers.
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Image : Éditeur

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Heydrich et la solution finale par Edouard Husson

Titre : Heydrich et la solution finale
Auteur : Edouard Husson
Éditeur : Perrin 2008
Pages : 484
TW : racisme, antisémitisme, génocide

Edouard Husson, dans ce livre, se propose d'étudier l'un des quatre hommes qui, selon lui, sont responsable de la mise en place du judéocide au niveau européen. Si l'auteur s'intéresse à Heydrich ce n'est pas pour en faire un héros ni pour baisser la responsabilité d'autres personnes, aussi bien à l'intérieur du régime nazi qu'à l'extérieur, mais parce que l'auteur penser que Heydrich est l'un des architectes les plus importants de la solution finale. Il serait la personne qui aurait rendu possible la mort de 6 millions de juifs selon la volonté exprimée par Hitler.

Ainsi, ce livre n'est pas une biographie. La figure d'Heydrich est centrale dans ce livre. Mais l'auteur la place à plusieurs intersections. En effet, Husson explique que Heydrich est au centre d'un réseau de pouvoir, qualifié de féodal, interne à l'appareil nazi. La volonté d'Heydrich est de renforcer son propre pouvoir face à d'autres personnalités et de s'affirmer comme loyal face aux personnes qui lui sont supérieures hiérarchiquement. Ainsi, la mise en place du judéocide est aussi un moyen pour Heydrich de renforcer et rendre inattaquable sa position au sein du gouvernement nazi.

De plus, l'auteur fait la distinction entre dynamique génocidaire. Il explique que la première volonté n'était pas l'assassinat, sur place, des Juifs. Mais leur expulsion vers des territoires éloignés après que la guerre fut gagnée. L'un de ces territoires était l'île de Madagascar mais d'autres étaient possibles à l'instar du nord de la Russie soviétique. Bien que l'expulsion soit favorisée cela n'exclut pas de nombreuses morts que ce soit par le travail ou à cause du contexte de vie difficile infligé aux Juifs. Ce génocide lent et donc tout aussi meurtrier que celui qui aura lieu. Celui-ci, si j'ai bien compris l'auteur, a lieu alors que la guerre devient plus difficile. Selon Husson, à chaque problème rencontré dans la guerre par l'armée allemande équivaut une hausse de la radicalité contre les Juifs soumis aux nazis. En effet, selon les penseur nazis et Hitler, la guerre et ses difficultés sont la conséquence directe des Juifs. Il est donc nécessaire de les réprimer afin d'éviter la capitulation et la révolution, telle que cela eut lieu en 1918. Ainsi, l'incapacité de vaincre en Russie soviétique implique que la mise à mort immédiate devient pensable comme moyen de détruire la résistance et bloquer les capacités de guerre des ennemis de l'Allemagne, selon Hitler.

Il m'est difficile de bien parler de ce livre. Il demande des connaissances approfondies non seulement de l'Allemagne nazie mais aussi de l'historiographie sur le sujet. Il est évident que Edouard Husson navigue dans une littérature immense dont il connait bien les différentes thèses. Il essaie de passer outre les conflits d'école afin de tenter de comprendre le fonctionnement du judéocide et sa genèse. Cela lui permet de dépasser certains auteur-e-s mais aussi de faire des hypothèses en utilisant des sources connues ou moins connues mais aussi en résumant les positions des auteur-e-s dans une annexe que je trouve très utile. Un livre difficile à lire, qui demande beaucoup mais qui permet aussi de mieux comprendre de quelle manière le judéocide fut construit.

Image : Site officiel

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Happy Birthdead / Happy Death Day

Tree est une jeune étudiante à l'université. Comme tout ce que les films des États-Unis nous montrent sur le sujet, elle n'est pas une très bonne étudiante puisqu'elle préfère en profiter pour faire la fête, trouver des mecs, boire et créer une relation peu éthique avec un professeur marié. Ce lundi, premier jour de la semaine, elle se réveille dans le dortoir du campus dans le lit d'un garçon qu'elle ne connait pas. Elle se rend rapidement au siège de sa sororité auprès de sa colocataire qui lui souhaite un joyeux anniversaire. Alors qu'elle se rend à une fête, le soir même, elle est tuée sur le chemin par une personne habillée de noir et d'un masque. Mais ce n'est que le début de l'histoire car elle se réveille à nouveau, le matin même. Encore et encore et encore elle meurt, se réveille, revit la journée et meure à nouveau. Cependant, cette boucle crée deux opportunités : elle peut réparer sa vie et surtout trouver la personne qui n'arrête pas de la tuer.

SPOILER

Commençons par dire que ce film est plutôt réussi. La plupart du temps, il est assez drôle et réussit à mettre plusieurs indices et événements récurrents pour que nous puissions avoir des idées sur ce qui se déroule. Outre cela, ce film met en place une boucle temporelle typique. Une personne se retrouve coincée dans la même journée et, pour s'échapper, doit comprendre la raison de cette boucle et trouver un moyen de réparer le problème. Beaucoup de films et de séries mettent en place ce type d'intrigue, en particulier dans la SF. Ainsi, on observe l'héroïne enquêter, apprendre ce qui se déroule autour d'elle, être frustrée (parfaitement normal lorsqu'on se réveille avec la même chanson pendant plusieurs jours) et surtout tenter de prendre de nouvelles décisions parfois en sachant que celles-ci n'auront aucunes conséquences. Les boucles ne sont pas qu'un moyen simple de créer une intrigue qui implique du fantastique dans la vie d'une personne, c'est aussi un moyen d'examiner les choix disponibles pour une personne sur une période de temps précise. Souhaite-t-on faire exactement ce que l'on a déjà fait ou préfère-t-on changer un peu les choses, parfois pour tenter de trouver un meilleur choix. Dans ce cadre, le film ne crée rien ni ne révolutionne rien, mais il use d'une manière plutôt maitrisée des possibilités.

Ce film est aussi un teen movie typique. Vous savez, ces films qui mettent en scène des jeunes hommes et femmes vers la fin de l'adolescence et le début de l'âge adulte. Des étudiant-e-s qui essaient de vivre leurs études, leur vie et de trouver qui illes sont et seront. Dans ces films la responsabilité, la sexualité et la vie sont des thèmes majeurs. On les retrouve ici puisque l’héroïne a un passé difficile qu'elle essaie de fuir, fuyant du même coup son père. Elle est aussi membre d'une sororité qui n'est pas très sympathique, elle-même n'étant pas la personne la plus gentille au monde. Le film permet à l'héroïne de prendre conscience de son identité mais aussi de tenter de modifier son comportement avec la possibilité de mieux connaitre et comprendre les personnes qu'elle côtoie, lui permettant de passer d'une vie adolescente délurée à une vie un peu plus adulte (malheureusement mise en scène avec l'entrée dans une relation stable de longue durée, on peut vivre des relations instables et de courte durée et être adulte).

Bien que ce film ne révolutionne pas le genre, il est même assez rapidement oublié à la sortie des salles, je pense qu'il est réussi. En effet, à mon avis, la production maitrise bien l’écriture et l'usage d'un procédé scénaristique ainsi que d'un genre. Sans être entièrement dans l'horreur et l'humour un teen movie de ce genre a besoin de bien doser les ingrédients. Selon moi, ce film le réussit parfaitement, mêlant des scènes humoristiques à des épisodes plus effrayant tout en variant les morts de l'héroïne selon ses choix, utilisant assez bien la boucle temporelle pour les mettre en scène. Au final, il est plaisant à voir et on passe un bon moment, mais le film ne restera pas dans les mémoires.

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**** On ne peut pas parler d'une révolution. Mais on a, selon moi, une bonne maitrise du scénario et de ses conséquences. Oubliable mais sympathique pour passer une bonne soirée avec des ami-e-s lors d'une sortie.
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Image : Site officiel

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09:37 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : happy birthdead, happy death day | | | |  Facebook

18/11/2017

Justice League

Superman est mort. Il a sauvé le monde de l'attaque de Doomsday tandis que l'instigateur de celle-ci passe le reste de sa vie en prison. Mais en perdant Superman la Terre a perdu plus qu'un homme, elle a perdu un phare d'optimisme et son principal gardien. Il ne faudra pas longtemps à l'univers pour avoir connaissance de la mort de l'être le plus puissant de la Terre. Et, lorsque ce sera le cas, il faudra être prêt à la guerre. C'est pourquoi Batman s'est allié à Wonder Woman. Ensemble, illes cherchent des êtres d'une grande puissance capable de se battre pour les innocent-e-s. Mais ces êtres ont tendance à se cacher. De plus, il se pourrait qu'il soit déjà trop tard. Un vieil ennemi s'est réveillé et compte bien se venger des armées de la Terre qui l'ont vaincu autrefois.

Par un tour de force auquel je ne m'attendais pas ce film a réussi à me décevoir alors que je n'en attendais rien. Certes, j'ai beaucoup apprécié Wonder Woman malgré quelques problèmes. Cependant, Suicide Squad m'a vacciné de toutes attentes envers les films du DCEU, envers lesquels je n'ai que peu confiance au vu de la communication chaotique qui est faites autours de ces films. Cependant, on peut toujours être surpris.

Soyons honnête, le début du film est une réussite. Bien que cela soit construit sur un manque, jamais Superman n'a pu remplir ce rôle en deux films, Justice League débute sur un monde en deuil après la mort de son plus grand héros, et du seul connu avec Batman. Ce deuil est partagé par Batman et Wonder Woman qui continuent à se battre pour sauver des personnes. Malheureusement, très rapidement, le film devient très moche. Il y a trop d'effets spéciaux manqués sur des personnages dont j'ai détesté le design. Je parle aussi bien du grand méchant sans intérêt que de Cyborg ou encore de Flash dont je n'aime pas le costume. Pire encore, les dialogues me semblent forcés. À plusieurs reprises, des phrases sont censées être drôles mais j'ai eu l'impression que l'on tentait trop de me faire rire et, donc, ça n'a pas fonctionné (en fait je riais du film plus qu'avec le film).

Un autre problème concerne les personnages et les acteurs. Bien que la plupart d'entrelleux soient bons ils ne semblent pas à leur place, comme s'il manquait une véritable vision, un esprit d'équipe, une envie d'être présent. Mais c'est aussi leur caractérisation qui peut être trop rapide, le film doit en introduire un certain nombre avant de réellement démarrer. L'acteur qui joue Cyborg, par exemple, n'a presque pas la possibilité de jouer puisque son corps est presque intégralement en effets spéciaux. Flash est censé être intelligent mais il est écrit comme un idiot inutile. Le jeu pour Batman et celui pour Superman sont tout aussi problématique puisqu'ils donnent l'impression de ne pas vouloir se trouver là. À mon avis, seul Gal Gadot aurait pu permettre de donner une consistance au groupe si la réalisation lui avait donné un rôle de leadership. Malheureusement, elle est presque toujours au second plan alors que Superman est bien trop présent.

Au final, j'ai l'impression d'un gros gâchis. On a tous les ingrédients qui pourraient permettre de faire un film intéressant mais ça ne fonctionne pas. On ne se prend pas d'affection pour les personnages. On ne comprend pas le déroulement de l'intrigue entre Batman V Superman et Justice League. Le méchant n'a aucune consistance. Les combats sont mous, mis à part un flashback bien réussi. Et surtout on n'a pas l'impression qu'il y ait construction d'un véritable danger. Bien que ce film ne soit pas le pire qui ait été produit dans cet univers il est tout de même très décevant.

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*** Le film n'est pas mauvais, il est sans intérêt. Médiocre malgré des personnages et des idées intéressantes mais qui ne sont pas bien mises en scènes ni bien écrites.
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Image : Site officiel

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20:52 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justice league, dc, dceu | | | |  Facebook

16/11/2017

The book of dust 1. La belle sauvage par Philip Pullman

Titre : The book of dust 1. La belle sauvage
Auteur : Philip Pullman
Éditeur : David Fickling Books et Penguin 19 octobre 2017
Pages : 546

À une époque proche une jeune fille, Lyra, et son ami, Will, se trouveront au centre d'une lutte entre les êtres capables de conscience et l'Autorité ainsi que son armée tyrannique. La destruction sera énorme mais les aventures de Lyra et Will permettront de changer a jamais le destin des personnes conscientes. Mais ceci n'est encore qu'un lointain futur. La jeune Lyra n'est qu'un bébé offert à l'attention de religieuses de la ville d'Oxford après le scandale qui a entouré sa naissance et ses deux parents. Bien que Lyra ne le sache pas, de nombreuses personnes s'intéressent à elle. Des rumeurs sur sa naissance circulent dans tout le royaume de Bretagne et plusieurs factions tentent de la contrôler. Le danger est partout à cette époque, des personnes disparaissent tous les jours alors que l'Église est de plus en plus puissance. Que peuvent donc faire deux jeunes adolescent-e-s, Malcolm et Alice, pour protéger Lyra face à des ennemis aussi impitoyables ?

SPOILERS

Outre Harry Potter ma jeunesse a été bercée par la trilogie À la croisée des mondes (dont je déplore une adaptation cinématographique peu inspirée). J'attendais avec autant d'impatience la suite des aventures de Harry Potter ainsi que celles de Lyra. Cependant, À la croisée des mondes m'a beaucoup plus ému, à cause de son dernier tome dont la résolution est triste. Lorsque j'ai su que Pullman allait écrire un autre livre dans le cadre de ce monde j'ai dû attendre avec patience de nombreuses années, avec peu d'informations sur la forme qu'il prendrait. Finalement, on sait que ce livre est une trilogie qui se déroule en dehors des aventures de la première trilogie. Le premier livre est enfin sorti en octobre et je me suis immédiatement jeté dessus, ne prenant que le temps de relire tous les autres tomes pour avoir plus de plaisir à entrer dans La belle sauvage.

Bien que ce livre se déroule 10 ans avant la trilogie À la croisée des mondes on retrouve plusieurs aspects bien connus. Bien entendu, on retrouve certains personnages secondaires ainsi que certains objets et peuples. Malcolm, par exemple, apparait dans un livre annexe. Mais ce qui m'a frappé c'est l'impression de danger que met en scène l'auteur. Lorsque nous commençons le livre on apprend rapidement que le Royaume Uni est sous le contrôle d'une forme de police secrète. Ce n'est que le début puisque d'autres institutions sont mises en scènes au fil des pages. Pullman semble nous expliquer que lorsqu'un état souhaite prendre le contrôle d'une population il s'y prend de deux façons. Premièrement, il est nécessaire de créer un sentiment de peur qui permet de détruire non seulement l'envie de se révolter mais aussi la possibilité de faire confiance à quelqu'un. Ensuite, on prend le contrôle des enfants. Les enfants étaient déjà centraux dans le premier livre d’À la croisée des mondes et si leur rôle est ici moins important leur contrôle est central.

La lutte contre cet ennemi invisible mais omniprésent est au centre de la première partie du livre. La seconde débute avec un changement spatial majeur et met en scène une quête de la part des deux personnages principaux. La politique, bien qu'au second plan puisque le livre prend le point de vue d’un jeune adolescent, est ici presque complétement abandonnée au profit de la survie au jour le jour. L'écriture est ici tout aussi réussie et permet de dessiner deux adolescent-e-s capables de réfléchir aux meilleurs moyens de survivre et d’accomplir leur mission. Les dangers sont bien plus immédiats, directement identifiables. Cependant, l'auteur ajoute des passages oniriques que je n'ai pas complétement compris. Il semble que les deux adolescent-e-s entrent dans un nouveau monde mais cela n'est jamais explicités ni expliqué. Sans être mauvais, je me demande si ces passages sont réellement utiles à l'intrigue. Personnellement, ils m'ont un peu dérouté.

Au final, j'attendais ce livre avec impatience. Je n'avais aucune idée de la forme qu'il prendrait ni de l'intrigue qui serait mise en scène. Comme le dit l'auteur, ce livre n'est pas inscrit d'une manière forte dans la trilogie À la croisée des mondes. Cependant, il se déroule dans le même monde avec des personnages, objets et institutions que l'on connait ne serait-ce que de manière secondaire. Ainsi, ce livre s'inscrit dans une continuité et permet d'expliquer certains éléments de la trilogie. Cependant, il se suffit à lui-même. L'intrigue se termine à la dernière page sans qu'il soit utile de la continuer. Ce qui donne une certaine liberté à l'auteur pour les prochains livres que je me réjouis de parcourir.

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**** J'ai beaucoup aimé retourner dans le monde de Lyra et je me réjouis de connaitre les autres livres. Cependant, j'avoue avoir eu des étoiles dans les yeux dès que l'annonce de la sortie a été connue.
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Image : Éditeur

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12/11/2017

Effusion et tourment le récit des corps. Histoire du peuple au XVIIIème siècle par Arlette Farge

Titre : Effusion et tourment le récit des corps. Histoire du peuple au XVIIIème siècle
Autrice : Arlette Farge
Éditeur : Odile Jacob mars 2007
Pages : 248
TW : Harcèlement sexuel

Qu'est-ce que le peuple ? Comment peut-on le décrire ? Comment faire l'histoire du corps et du rapport au corps ? Est-ce que ceci a changé durant l’histoire ? Ce sont autant de questions que posent et auxquelles Arlette Farge tente de répondre en utilisant des archives de police du XVIIIème siècle, peu de temps avant la Révolution Française. Ce livre permet aux personnes intéressées non seulement de comprendre de quelle manière on pense le peuple mais aussi ce qui forme le corps du peuple. Que ce soit la justice, le voyage ou la maladie et surtout le travail.

Arlette Farge examine son objet, le peuple et les corps, en 6 chapitres. Le premier permet à l'autrice de définir ce qu'elle entend par le terme de peuple. Pour cela, elle décrit trois sources qu'elle utilise comme moyen de comprendre ce qu'est le peuple parisien au XVIIIème siècle. Ces sources sont policières mais aussi plus prosaïques voir des peintures. Les documents utilisés permettent non seulement de comprendre ce qu'est le peuple mais aussi de quelle manière le corps est pensé, vu. Que ce soit celui des pauvres ou des enfants. Les auteurs qu'elle utilise semblent fascinés par la description des aventures du peuple et des conséquences corporelles. Ce qui permet à l'autrice de nous faire comprendre comment on pense le corps au XVIIIème siècle. Elle se base aussi fortement, et ce n'est pas étonnant, sur Foucault. Une personne avec laquelle elle a collaboré par le passé.

Les chapitres mis en place par Arlette Farge sont à la fois larges et précis. Elle débute par le bruit, l'omniprésence des sons et des paroles dans un espace précis. Puis, elle continue sur le voisinage. Qu'est-ce que cela implique de vivre ensemble dans un lieu donné. Elle explique que Paris est divisé en quartiers qui fonctionnent selon des logiques de pays, les habitant-e-s ayant leurs propres coutumes et patois. Mais le voisinage est aussi un moyen de valider l'existence et l’honnêteté des personnes face à la justice. Parfois, il agit dans le cadre du ménage en aidant la police de l'époque. Ce qui permet à l'autrice de porter son regard sur les foules. Elle nous explique que celles-ci font peurs aux autorités, qui craignent que les foules ne se transforment en émeutes après s'être réunies pour examiner le prix du grain par exemple. Mais elles sont aussi impossibles à stopper. La ville est remplie de personnes et les dames de l'aristocratie doivent accepter d'être suivies par la foules, malgré les tentatives de contrôle de personnes chargées de tenir les lieux et les personnes.

L'autrice s'intéresse aussi à des cas plus individuels. En premier lieu, elle tente de comprendre de quelle manière la violence, qu'elle soit étatique ou non, s'inscrit dans les corps. Comment les conflits se créent et se résolvent. Elle met en avant l'importance de lieux de rencontres qui permettent non seulement de trouver du travail, de créer des contacts mais aussi de se réchauffer lors de l'hiver. Ces conflits peuvent être justifiés par les personnes qui en sont coupables à l'aide d'arguments invoquant la défense de l'honneur. Mais ils peuvent aussi être stoppé et puni par les personnes les plus proches qui refusent certaines attaques, ou décident de s'en amuser dans des cas que nous qualifierions de harcèlement sexuel de nos jours. L'autrice s'intéresse aussi à l'abandon des enfants. Elle essaie de montrer que les abandons peuvent être temporaires. Mais elle montre aussi que le traitement des enfants abandonnés peut être tragiques. Les voyage entre la province et Paris impliquent la possibilité de la mort, ou l'incompréhension de la part d'enfants jeunes. Dans ce dernier cas, l'abandon provient de la mort des parents et du refus par une nourrice de continuer à s'occuper de l'enfant sans recevoir d'argent, nécessaire pour survivre. Car les enfants coutent cher et l'abandon peut être un moyen d'éviter de mal s'en occuper alors que les institutions de l’État sont considérées comme capables de permettre aux enfants de survivre.

Ce livre essaie de ne s’intéresser ni aux rois et reines ni à l'aristocratie mais au peuple à l'aide de sources qui décrivent le fonctionnement de ce peuple et les coûts du travail, de la pauvreté et de la maladie pour ce même peuple. Bien que le livre soit intéressant, je trouve dommage de ne pas y trouver plus de citations, commentées bien entendu. J'ai eu l'impression, à la lecture, de rester un peu en dehors des sources, de ne pas réellement savoir ce qu'elles disent mais de suivre un récit d'Arlette Farge, certes constitué autour de ses recherches. Cependant, elle réussit à rendre vivant une époque, un peuple autrement désincarné et oublié et c'est la principale raison pour laquelle j'aurais aimé entrer de manière plus importante dans des documents qu'elle semble beaucoup apprécier.

Image : Éditeur

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Seven Sisters / What happened to Monday?

TW : Meurtres

Dans quelques années la surpopulation et le réchauffement climatique auront ravagé le monde. Des famines jusqu'alors inconnues tueront tout le monde. Mais le monde occidental à la solution : les aliments transgéniques capables de survivre dans des conditions extrêmes. Malheureusement, cette même solution augmente dramatiquement la fertilité, les jumeaux ainsi que les mutations génétiques. En Europe, une solution est trouvée pour baisser drastiquement la population humaine dans le but d'éviter d'étouffer la planète. Toutes les familles n'ont droit qu'à un seul et unique enfant. Les sœurs et frères sont cryogénisé-e-s afin d'être réveillé-e-s dans un futur meilleur. Mais un homme décide de passer outre. Il décide d'élever 7 sœurs et de leur permettre de se défendre et de vivre dans un monde qui les considère comme des criminelles. Tout se passe bien, mais un jour l'une d'entre-elles disparaît.

Ce film est particulièrement bien servi par ses actrices. Mis à part quelques dialogues un peu redondant le jeu est presque parfait, et me rappelle Tatiana Maslany dans Orphan Black pour des raisons évidentes. La photo et les décors sont aussi très réussi. Un mélange de futuriste, de moderne et de décrépi avec des rues à la fois familières et étranges. J'ai particulièrement apprécié les affiches dans les rues. Comme toute bonne SF, le film est résolument inscrit dans notre présent. Nos peurs actuelles et nos craintes pour le futur y sont décrites et considérées comme déjà en cours. La lutte contre le réchauffement climatique a échoué et ses conséquences sont dramatiques, non seulement écologiquement mais aussi pour la société.

L'un des aspects les plus spectaculaires de ce danger et de ce changement et le contrôle militaire et policier intense qui nous est montré. Les rues sont constellées de militaires en armes prêt-e-s à tirer. Les purges ne sont pas rares et même quotidiennes au nom de la loi. Les routes sont divisées par des checkpoints et tout le monde doit porter un bracelet d'identification. Ce contrôle me rappelle La Zone du Dehors d'Alain Damasio. Là aussi, l'auteur décrit une division spatiale de la ville qui permet un contrôle accru et facilité des populations. La possibilité de bouger librement est réduite au nom d'une sécurité, dans le film elle est réduite au nom du contrôle de la légalité des personnes. Bien que cela soit dit, il est dommage que le film ne montre pas de manière plus importante les conséquences sur les personnes les plus pauvres qui sont probablement aussi les plus criminalisées par le système.

Malheureusement, le film souffre d'exister après plus de 50 ans d'histoire de la SF post-guerre, que ce soit au cinéma ou dans les livres. Toutes personnes qui a une culture un peu étendue de la SF et des uchronies, que ce soient les plus anciennes ou les plus récentes, sait immédiatement que ce que l'on nous présente cache quelque chose de sinistre (que je ne décrirais pas). Il est dommage d'avoir fait ce choix. De nombreuses autres pistes étaient possibles. Il aurait été mieux de complexifier non seulement les personnages mais aussi l'intrigue. Pourquoi ne pas avoir décrit une propagande intense qui aurait rendu les fratries non seulement illégales mais aussi haïe ? Pourquoi est-il nécessaire de créer un secret horrible alors qu'il aurait été possible de montrer 7 sœurs luttant contre un système "juste", des personnes illégales en danger d'être arrêtées à tous moments ? Mais surtout, pourquoi les humain-e-s de ce film ont fait ce choix, d'autres possibilités de baisser la population existent et seraient probablement plus efficaces.

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*** Le film contient de nombreux problèmes et incohérences et ne prend pas le temps de développer ses personnages ni son environnement. Mais il est servi par des décors magnifiques et une actrice, Noomi Rapace, en pleine forme.
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Image : Allociné

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08/11/2017

Amours égales? Le Pacs, les homosexuels et la gauche par Daniel Borrillo et Pierre Lascoumes

Titre : Amours égales ? Le Pacs, les homosexuels et la gauche
Auteurs : Daniel Borrillo et Pierre Lascoumes
Éditeur : la Découverte janvier 2002
Pages : 144
TW : Homophobie

La France n'a pas connu que le débat sur le mariage sans discriminations. Avant cela, elle a connu un lourd débat sur l'opportunité du Pacs. Débat que la Suisse a aussi mis en place, alors que nous nous préparons à la possibilité d'ouvrir le mariage aux couples de même sexe. Il m'a semblé intéressant de m'intéresser au processus qui a porté le Pacs pour deux raisons. Premièrement, je souhaitais mettre en perspective le fonctionnement du débat sur l'ouverture du mariage aux couples de même sexe en France. Est-ce que les obstructions et la parole homophobes ont aussi été une tactique dans le cadre du Pacs ? En second lieu, il me semble important, en Suisse, d'observer les expériences d'autres pays afin de savoir de quelle manière défendre l'égalité. En ce qui concerne le processus politique français nous avons l'exemple à ne pas suivre.

Selon moi, l'information la plus importante de ce livre concerne le parallèle entre le Pacs et l'ouverture du mariage aux couples de même sexe. Bien que les auteurs ne puissent pas faire cet effort, le livre ayant été écrit en 2002 soit 11 ans avant le débat sur le mariage, je pense qu'ils ont probablement identifié ce processus d'homophobie. En effet, les auteurs décrivent un débat que les opposants tentent de détruire en deux phases. Premièrement, les parlementaires font de l'obstruction forçant le débat sur de longues années. En second lieu, les opposants non parlementaires tentent de relier l'homosexualité à un danger social majeur pour la civilisation, se basant sur des recherches scientifiques parfois peu neutres. La gauche, elle, ne défend que timidement l'accès à une forme d'égalité en vidant de sa substance politique le Pacs. Les auteurs, ici, considèrent que la gauche défend une forme de hiérarchie des sexualités avec l'hétérosexualité comme pinacle et l'homosexualité toujours inférieure.

Les auteurs vont plus loin que simplement démonter les mécanismes qui ont permis la mise en place du Pacs après de nombreuses années de débats. Ils tentent aussi de démontrer que la défense de l'égalité pour les couples de même sexe implique non pas des débats moraux mais des débats de justices. Ainsi, selon les auteurs et certaines personnes citées, l'inégalité doit toujours être justifiée dans une démocratie. Ces justifications doivent se baser sur des expertises mais aussi la justice et non sur une moralité qui défend un point de vue comme bon et un autre comme mauvais. Ainsi, le travail des auteurs consiste à observer les arguments aussi bien des opposants que de la gauche afin de montrer deux choses. D'une part, la droit et les tribunaux justifient une inégalité de traitement qui se base sur des arguments moraux contre une opinion publique en grande partie favorable à l'égalité. D'autre part, le travail de la gauche qui vise à vider de conséquences politiques le Pacs et sa nécessaire mutation en mariage aboutit à l'abandon des valeurs de la gauche et de la démocratie face aux opposants. Bien que certains arguments en faveurs du Pacs, en particulier l'argumentation visant à résoudre un problème concret, soient acceptables il reste nécessaire de poser la question de la subsistance d'une sous-citoyenneté dans une démocratie se présentant comme universelle. À tel point que la gauche peut se baser sur une argumentation critique de l'égalité et des droits humains. Enfin, l'accès à l'égalité par le mariage ne doit pas empêcher une réflexion critique sur cette institution, et la possibilité future de la dépasser voir de la supprimer.

Au final, après le débat français sur l'ouverture du mariage il me semble intéressant et nécessaire de lire ce petit livre. Bien que sa construction m'ait parfois frustré, j'aurais aimé plus d'ouverture vers d'autres pays ainsi qu'un historique de certains groupes. Il permet d'inscrire les opposants au mariage dans une logique qui débute lors du Pacs. Pire encore, il permet de comprendre l'incapacité de la gauche française à défendre les valeurs d'égalité et donc ses atermoiements face à la PMA. De plus, alors que la Suisse se prépare lentement à ce même débat, ce livre permet aux défenseurs de la démocratie et de l'égalité de tous et toutes de préparer le processus de défense face à des opposants féroces et homophobes. Ce livre met en scène ce qu'il ne faut pas faire et permet d'observer des pistes non seulement pour l'accès au mariage mais aussi une critique d'une institution qui n'a rien de naturel.

Image : Éditeur

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04/11/2017

Zatanna by Paul Dini par Paul Dini, Adam Beechen, Stephane Roux, Jamal Igle, Chad Hardin et Cliff Chiang

Titre : Zatanna by Paul Dini
Auteurs : Paul Dini, Adam Beechen, Stephane Roux, Jamal Igle, Chad Hardin et Cliff Chiang
Éditeur : DC 7 mars 2017
Pages : 440

Ce volume contient Zatanna 1-16 et Zatanna : Everyday Magic. Lorsque j'ai appris que Paul Dini, créateur d'Harley Quinn et de The New Batman Adventures avait scénarisé 16 numéros de Zatanna je me suis lancé dedans. J'avais déjà beaucoup apprécié Paul Dini sur Batman, édité en trois tomes chez Urban comics. Zatanna, elle, est aussi un personnage que j'apprécie malgré qu'elle n’apparaisse que peu. Ce volume se déroule alors que Zatanna s'est un peu éloignée de la Ligue de Justice, depuis qu'elle a accepté d'effacer les souvenirs de criminels et qu'elle est peu appréciée par Batman pour cela. Mais Zatanna n'est pas simplement une magicienne et une héroïne. Elle est aussi une célébrité dont les spectacles font salles combles tous les soirs. Bien qu'elle aime donne des spectacles et aider elle adore encore plus dormir sur son lit. Mais il semble qu'elle ne puisse jamais avoir de repos sans être dérangée en pleine nuit afin de résoudre une crise mystique. Que ce soit un criminel du monde magique ou de sauver son cousin voire même Constantine.

Ce volume de Zatanna par Paul Dini fonctionne de la même manière que son travail sur Batman. Au lieu d'une intrigue construite sur plusieurs numéros Paul Dini préfère mettre en place de courtes aventures numéros par numéros. Ce qui ne l'empêche pas, de temps en temps, de construire des intrigues sur 2 ou 3 numéros. C'est le cas de la lutte contre Brother Night ou encore contre une marionnette maléfique. Ce genre de fonctionnement permet de varier les histoires et d'éviter de se coincer dans des intrigues trop compliquées pour le nombre de numéros à disposition. Cependant, Paul Dini ajoute un certain nombre de personnes récurrents comme Mickey, le cousin de Zatanna ou un inspecteur de police.

Malheureusement, le problème de Zatanna est le même que son point fort. Le fonctionnement d'intrigues qui se concluent dans le même numéro. En effet, bien que j'apprécie cette construction elle implique une forme de répétition. De plus, cette répétition dépend du personnage même dont les pouvoirs n'ont pas de limites réelles mis à part la nécessité de parler à l'envers. Ainsi, Paul Dini est obligé de toujours trouver une limite ou un problème qui empêche Zatanna de s'en sortir avec trois mots et une page. Ces solutions impliquent souvent un piège ou un manque d'attention de la part de la magicienne (manque d'attention que l'on peut expliquer par son manque chronique de sommeil). De plus, je déplore que certaines pistes aient été laissées à l'abandon. C'est en particulier le cas du problème de Brother Night.

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**** Malgré un schéma répétitif et des intrigues en partie non résolue j'ai bien aimé ce Zatanna. De plus, Constantine fait une apparition en tant que guest star.
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Image : Éditeur

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03/11/2017

Wonder Woman by Greg Rucka volume 2 par Greg Rucka, Drew Johnson et Rags Morales

Titre : Wonder Woman by Greg Rucka volume 2
Auteurs : Greg Rucka, Drew Johnson et Rags Morales
Éditeur : DC 11 juillet 2017
Pages : 320

Ce second volume contient Wonder Woman 206-217 et The Flash 219. Wonder Woman n'est pas seulement une héroïne, une ambassadrice ou une princesse. Elle est aussi la championne de la déesse Athéna. Dernièrement, les divinités ont conspiré dans l'ombre. Leurs plans pour agir suite aux changements de pouvoirs dans le monde humain a permis le retour de Méduse. Celle-ci se joint à Circé afin de se venger d'Athéna et donc des Amazones et plus précisément de Diana. Mais ce n'est que le début d'une lutte sans merci entre les pions choisis par les divinités. Car Athéna a un but précis en tête et elle compte bien utiliser tout ce qu'elle peut pour réussir. Bien que cela risque de ne pas plaire à tout le monde.

Le premier volume se base fortement sur la vie publique de Diana, jusqu'à l'effacer des pages dans certains numéros. Cependant, Greg Rucka gardait les divinités dans un coin, ce qui permettait de préparer des intrigues futures. Celle-ci sont largement utilisées dans ce second volume qui voit le rôle de championne d'Athéna prendre une place bien plus importante. Au prix de la vie de l'ambassade mais aussi de son personnel que l'on rencontrer moins fréquemment. Une part importante des intrigues politiques est laissée de côté avec le but, j'espère, de les terminer plus tard.

Ce que met en scène Greg Rucka est une guerre des divinités suite à l'attaque contre Themyscira. Une partie de celles-ci sont considérées comme trop anciennes et devant laisser la place à un nouvel ordre, plus en phase avec l'humanité. Derrière cette lutte de pouvoir j'ai l'impression que Greg Rucka met en scène une forme de guerre des sexes. Nous avons d'une part de vieux dieux moins puissants mais qui refusent de partager le pouvoir et d'autre part de jeunes déesses bien plus puissantes que par le passé et qui tentent de changer l'ordre ancien. À mon avis, il est révélateur que le choix de Diana se fasse après que Zeus lui ordonne de rester à sa place. Une forme d'insulte sexiste qu'utilise aussi Hadès dans un autre numéro. D'une certaine manière, j'apprécie un peu moins ce volume qui est plus mythologique que politicien. Mais je le trouve tout de même bien écrit et intéressant (malgré un numéro de Flash que je n'ai pas du tout apprécié).

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**** Un second volume qui m'a un peu dérouté mais que j'ai apprécié après avoir accepté le changement de ton. J'espère tout de même pouvoir connaître la fin des intrigues politiques dans un volume 3, à paraître ?
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Image : Éditeur

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Wonder Woman by Greg Rucka volume 1 par Greg Rucka, J.G. Jones et Drew Johnson

Titre : Wonder Woman by Greg Rucka volume 1
Auteurs : Greg Rucka, J.G. Jones et Drew Johnson
Éditeur : DC 19 juillet 2016
Pages : 392

Ce premier volume contient Wonder Woman: The Hiketeia et Wonder Woman 195-205. Après avoir lu les numéros rebirth sous l'égide de Greg Rucka j'ai souhaité en savoir plus sur la manière dont il conçoit le personnage. Ainsi, j'ai décidé de découvrir les numéros de son un précédent sur Wonder Woman, actuellement édité en deux tomes en version anglaise. Ce premier volume est constitué de deux choses différentes. Il débute par une courte histoire, Hiketeia. On y découvre une jeune femme qui use d'un rituel grec afin de demander la protection de Diana, sous le regard des divinités. Mais cette femme est une meurtrière poursuivie par Batman. Que se passe-t-il quand deux personnes au tempérament aussi fort se rencontrent ? La seconde partie est constituée d'une longue intrigue mise en place par Rucka. Dans ces numéros, Wonder Woman est une ambassadrice aux Nations Unions pour le compte des Amazones. Elle profite de sa position afin de publier un livre présentant ses idées féministes, religieuses et écologistes. Mais son livre provoque un débat national et une forte opposition.

Je le dis immédiatement, j'ai beaucoup aimé ce premier volume ! Selon moi, la première histoire, Hiketeia, est un moyen pour Greg Rucka de proposer ce qu'il considère être l'essence de Diana, alias Wonder Woman. Pour cela, l'auteur place son personnage face à une femme qui a besoin d'aide. Bien que Diana sache qu'elle n'est pas innocente elle accepte de l'aider suivant en cela les préceptes d'un ancien rituel. Diana, dans cette histoire, ne force personne à lui dire la vérité. Elle observe quelqu'un ayant besoin d'aide et, si elle en est capable, elle décide de l'aider à tous prix. Cette caractéristique est mise en valeur par la confrontation avec Batman qui, lui, est l'incarnation de l'arrogance et de la volonté. D'ailleurs, j'apprécie particulièrement une scène durant laquelle Batman tente de recréer le rituel sans le comprendre véritablement.

La seconde partie du volume se déroule dans une continuité que je ne connais pas parfaitement. Bien que des aspects étaient mis en avant dans Hiketeia ce n'est que dès le numéros 195 de ce volume que l'on comprend à quel point Wonder Woman est entourée. En effet, elle vit dans une ambassade avec un personnel tandis que les Amazones acceptent des visites de dignitaires et de cherchereuses. Le contraste est flagrant avec les New 52.

Selon moi, ces numéros sont particulièrement intéressants. En effet, Wonder Woman n'est que peu dépeinte comme l'héroïne membre de la Justice League, elle n'apparait qu'à la toute fin du numéro 195. Son travail d'ambassadrice et d'écrivaine est beaucoup plus mis en avant. Ce qui explique pour quelle raison un personnel si nombreux l'accompagne. Comme d'autres personnes l'ont mis en avant, ces numéros parlent moins de Wonder Woman que de réactions face à ses idées, à son comportement. Celles-ci sont inscrites dans le fonctionnement politique des Etats-Unis et toutes personnes qui connait un peu les lignes de fractures comprendra à quel point Greg Rucka inscrit Wonder Woman dans une forme de réalité. Bien que j'aurais aimé en savoir plus sur les idées que Greg Rucka inscrit dans le personnage j'ai trouvé sa caractérisation très intéressante. Les rares moments héroïques sont efficaces et n'effacent pas le propos véritable de l'intrigue.

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**** Je conseille fortement ce premier volume.
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Image : Éditeur

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02/11/2017

The unstoppable wasp 1. Unstoppable! par Jeremy Whitley, Elsa Charretier et Megan Wilson

Titre : The unstoppable wasp 1. Unstoppable!
Auteur-e-s : Jeremy Whitley, Elsa Charretier et Megan Wilson
Éditeur : Marvel 12 septembre 2017
Pages : 120

Ce premier volume contient The unstoppable wasp 1-4 ainsi qu’All-new, all-different avengers 14. Hank Pym est mort. Sa maison est laissée à l'abandon. Mais son héritage ne l'est pas. En effet, après avoir passé toute sa vie d'enfance à l'intérieur de l'organisation qui a créé Black Widow une jeune femme a réussi à s'échapper. Son nom est Nadia Pym, la fille cachée de Hank. Contrairement à Black Widow, elle n'a pas été entrainée en tant que meurtrière. En ce qui la concerne, ce sont ses capacités scientifiques qui intéressaient ses geôliers. Nadia est une génie. Elle est aussi heureuse de retrouver ce qui reste de son père et elle tente d'être acceptée en tant que citoyenne des États-Unis. Mais elle découvre quelque chose qui la trouble profondément. Il existe une liste des personnes les plus intelligentes du monde. Celle-ci est presque entièrement constituée d'hommes. Pour Nadia, cela est impossible. Elle décide donc de créer un laboratoire et de rechercher les femmes les plus intelligentes du monde afin d'obliger les hommes à repenser leur liste.

Ce volume fait partie de ma tentative de chercher des alternatives dans les catalogues des deux grands que sont Marvel et DC. En effet, les deux éditeurs ont tenté, ces années précédentes, de se diversifier. Malheureusement, les éditeurs francophones ne semblent pas vouloir éditer ces livres (il semble que le fonctionnement de la vente des comics aux États-Unis a un impact important sur les possibilités de réussites). Cependant, je souhaite toujours lire ces histoires.

The unstoppable wasp est dessiné par Elsa Charretier, une dessinatrice que j'ai appris à apprécier sur Infinite Loop ainsi que Starfire. Starfire est un comics que j'ai beaucoup apprécié à cause de son atmosphère très apaisante. Après la lecture, on se sentait bien. Unstoppable wasp se trouve un peu dans le même genre d'idée. La personnage principale est résolument optimiste et heureuse. C'est une scientifique qui essaie toujours de voir le bon côté des choses et d'éviter les combats, bien qu'elle soit plus que capable de se battre en cas de besoin. En tant que scientifique, elle s'intéresse principalement aux réussites académiques de ses héroïnes et non à leurs prouesses physiques. Mieux encore, ses critiques sont constructives. Au lieu de démolir un travail elle tente de trouver un moyen d'aider, de se rendre dans une nouvelle direction. Mis à part la quête d'esprit scientifique qui ne soient pas des clones de Tony Stark, le comics est aussi rempli de conseils et d'informations sur des faits scientifiques ou des sports de combats. Enfin, les 4 numéros sont suivis d'interviews de femmes qui ont décidé de faire carrière dans un milieu scientifique, dans le but avoué d'intéresser les jeunes femmes à connaître des modèles. En effet, ce comics n'est pas simplement une intrigue. Il est aussi destiné à être vendus à des filles et des femmes, il est donc logique de présenter des femmes ayant connu un succès dans des disciplines encore majoritairement masculines.

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***** J'apprécie les dessins, j'apprécie Nadia, j'aime beaucoup sa quête et l'écriture du personnage. De plus, c'est une série très optimiste ce qui ne peut que faire du bien.

Image : Éditeur

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