08/12/2017

Batgirl 3. Jeux d'esprit par Cameron Stewart, Brenden Fletcher et Babs Tarr

Titre : Batgirl 3. Jeux d'esprit
Auteur-e-s : Cameron Stewart, Brenden Fletcher et Babs Tarr
Éditeur : Urban comics
Pages : 184

Ce troisième, et dernier, tome contient Batgirl 46-52 publiés dans Batgirl vol. 3: Mindfields. Depuis qu'elle a déménagé à Burnside Barbara Gordon, alias Batgirl, a connu de nombreux changements. Elle apprend que son père est devenu un Batman sous contrôle d'une famille d'industriel-le-s. Elle comprend qu'elle possède un double maléfique qui tente de la détruire. Elle essaie d'écrire sa thèse dans le but de rendre la vie plus facile aux personnes. Et surtout elle apprend que Dick Grayson n'est pas mort le jour même d'un mariage. Mais ces changements ne sont que le début. Car elle décide de s'allier à d'autres héroïnes afin de lutter contre... elle-même ? En effet, Barbara commence à comprendre que ses souvenirs ne peuvent pas être sans risques. Elle perd la mémoire et donc une partie d'elle-même. Pour une femme qui a souvent compté sur sa mémoire sans faille cela ne peut qu'être perturbant.

Que penser de ce dernier tome ? Personnellement, j'ai beaucoup apprécié ce run qui tente d'être jeune et dynamique en essayant d'éviter les personnages masculins trop importants tout en utilisant ce qu'est Barbara d'une manière intelligente dans ce monde. En effet, les scénaristes utilisent sa mémoire et sa connaissance de la technologie pour la placer dans un monde qui utilise les réseaux sociaux et qui met en question l'identité. Ce thème est au centre de ce run puisque, dans le premier tome, elle lutte contre une version altérée, technologique et passée d'elle-même. Dans ce tome, son identité est remise en question par la destruction de ses souvenirs. De plus, elle se lie à d'autres personnages, pas toujours populaires mais que j'apprécie un peu. Malheureusement, ce tome est aussi le dernier et il me semble que cette fin est un peu précipitée. Tout se passe comme s'il était nécessaire de terminer le plus rapidement possible afin de mettre en place la suite et donc d'oublier une partie de ce qui s'est fait. Alors que Batgirl est restaurée et prend la tête d'une équipe et d'une entreprise elle part presque immédiatement sans nous donner la possibilité de souffler. C'est un peu dommage.

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**** J'ai, personnellement, apprécié ce run et ce personnage. Mais je suis un peu déçu que l'on n'ait pas eu un peu plus de temps pour s'y attacher et explorer les intrigues mises en place lors de ce run.
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Image : Éditeur

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Suburbicon

TW : Racisme, meurtres, sexisme

Aux États-Unis, dans les années 50, de nombreuses petites villes sont construites afin d'atteindre la vision d'une société pacifiée en train de suivre le rêve américain de prospérité et de consommation. L'une de ces villes se nomme Suburbicon. Elle possède sa police, ses pompiers, son hôpital, son école et, bien entendu, une église. C'est une petite ville qui permet de faire vivre près de 60 000 habitant-e-s. Les enfants sont bien élevés et jouent au baseball, les femmes s'occupent de leur ménage et des courses à la perfection, tandis que les hommes suivent leur rôle de père de famille grâce aux nombreuses places de travail à disposition et les facteurs connaissent tout le monde par leur nom. C'est une petite ville parfaite d'une époque de prospérité sans grands changements sociaux. Mais deux choses bouleversent la communauté. Alors que la première famille afro-américaine emménage, les Mayers, un cambriolage, suivi d'un meurtre, secoue la petite ville et la famille Lodge. L'enquête piétine et tout le monde est d'accord sur plusieurs faits : c'est un drame atroce, la ville n'a jamais connu ce genre d'actes, plus précisément la ville n'a pas connu de meurtre avant que les Mayers ne soient présents.

SPOILERS

Je ne suis pas certain que ce film soit raté, mais je ne sais pas s'il est réussi. La production a clairement souhaité mettre en question le privilège blanc. Suburbicon est qualifiée de ville parfaite. Mais c'est une ville entièrement blanche. Il n'y a pas une seule famille qui ne soit pas chrétienne ou d'une autre origine. L'arrivée des Mayers est l'occasion de mettre deux choses en avant. Premièrement, les petites familles parfaites commencent à discuter de la possibilité d’accueillir des personnes d'origine afro-américaine dans leur communauté. Ce débat se fait aussi bien à la radio qu'à la TV ou encore dans les communautés politiques locales. Ce débat est très policé, très civilisé et calme. Il pose la question de la capacité de cette nouvelle famille d'être elle-même capable d'être civilisée. Mais ce débat n'est pas détaché de la réalité. Dans le même temps, des décisions sont prises pour que les Mayers ne soient pas accueillis ni même visibles. On construit une palissade autours de leur maison, on leur refuse des services et surtout on organise un ralliement jours et nuit devant leur maison, sous la protection de la police car cela est considéré comme un droit d'expression. Petit à petit, ceci se transformera d'actes de violences subtiles en une violence meurtrière, utilisant des cocktails Molotov et des drapeaux confédérés. Tout donne à penser que la production voulait mettre en avant qu'un débat raciste, aussi policé et calme soit-il, ne peut que permettre de justifier des actes de discrimination et de violences pouvant culminer à l'émeute potentiellement meurtrière, sans que personne, dans le film, ne se retrouve en prison pour cela.

De ce point de vue je trouve intéressant de mettre cette intrigue, peu développée mais en sous-texte constant, en parallèle de l'intrigue principale du film : le cambriolage et le meurtre de la famille Lodge. Seule une personne meurt et l'on observe les autres membres de la famille tenter de se reconstruire alors que l'enquête piétine. Mais, rapidement, on comprend que les choses ne sont pas aussi simples qu'elles ne le semblent. La relation entre Gardner et Margaret semble normale mais elle devient de plus en plus étrange et dérangeante. Tandis que le fils, Nicky, commence à craindre son entourage. Alors qu'une foule se déchaine contre les Mayers, une famille innocente, une autre famille, les Lodge, mettent en place tranquillement des meurtres et se retrouvent impliqués dans des morts de plus en plus violentes (utilisant des objets de tous les jours que toute maison se doit de posséder), sans que personne ne se doute de rien ou, plus vraisemblablement, ne veuillent savoir. À la fin, Gardner essaie même de placer la culpabilité sur la famille Mayers dans un discours à son fils autour du thème de la responsabilité et de comment devenir adulte. Les Lodge n'ont pu tuer que parce qu'illes sont considéré-e-s comme des personnes modèles, religieuses et travailleuses. Alors qu'illes sont tout le contraire. Est-ce que le film réussi à faire passer son message ? Peut-être, il réussit aussi à rendre absurde ce qui se déroule chez les Lodge comme si la nature se devait de les punir lorsque les humain-e-s ne le font pas. Mais je ne suis pas certain que le film soit réussi.

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*** Un choix difficile, j'ai aimé l'absurde de la conclusion. J'ai compris le parallèle entre les deux familles. Mais je ne suis pas certain d'avoir apprécié le film.
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Image : Allociné

Site officiel

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09:26 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suburbicon | | | |  Facebook