10/12/2017

Batman: Arkham Knight - The Riddler’s Gambit par Alex Irvine

Titre : Batman: Arkham Knight - The Riddler’s Gambit
Auteur : Alex Irvine
Éditeur : Titan Books
Pages : 320

Depuis plusieurs années le Batman, alias Bruce Wayne, se bat contre le Joker. Leur lutte s'est déroulée aussi bien en ville que dans l'asile d'Arkham. Mais alors que Hugo Strange préparait son protocole 10 afin de détruire non seulement les criminels mais aussi les opposant-e-s politiques le Joker, lui, préparait une dernière lutte contre le Batman. Lors de celle-ci il expliqua être mourant et il fut bel et bien mort après la destruction d'Arkham City. Depuis, le monde criminel est resté calme tandis que Batman a évité de sortir, ayant lui-même besoin de repos. Mais un paquet est envoyé à la police de Gotham. L'expéditeur est le Joker. Rapidement, la police ainsi que Batman comprennent que Ed Nygma a décidé de créer un puzzle sans commune mesure afin de piéger tout le monde. Mais quel est ce puzzle et surtout comment y survivre ?

SPOILERS

Ce livre est mauvais. Ce n'est pas qu'il est particulièrement mal écrit ni que l'intrigue soit particulièrement mauvaise, elle est surtout sans intérêt. Il y a même une bonne idée. Entre deux chapitres l'auteur a décidé d'inclure des articles de journaux qui questionnent les évènements en cours ainsi que l'opportunité de laisser Batman à Gotham. Cependant, ses articles et les journalistes censé les avoir écrits sont très caricaturaux. Cependant, cela ne suffit pas à sauver le roman. Je ne m'attendais pas non plus à une intrigue flamboyante et je n'ai pas été surpris par un manque total d'enjeux. Je n'arrive tout simplement pas à croire en l'histoire ni aux personnages. L'un des problèmes est que l'auteur tente de créer un puzzle pratiquement impossible à réussir à résoudre pour Batman. Mais celui-ci découvre les solutions très rapidement, alors qu'il combat encore de nombreux vilains. Encore une fois, nous avons un complot massif qui inclut la nécessité de se battre contre une bonne partie des vilains les plus connus de Batman. Certes, cela se rapproche du jeu mais ce qui fonctionne dans un jeu ne fonctionne pas forcément dans un roman.

Et là se trouve le point le plus problématique du livre : l'écriture dans le cadre d'une histoire créée pour un jeu-vidéo. J'ai apprécié les jeux qui permettent de combattre de simples personnes comme des vilains plus impressionnants tout en suivant de nombreuses quêtes secondaires (et récolter des centaines d'objets pour vraiment le terminer). Le point important du livre sont les puzzles. Ceux-ci sont aussi présent dans les jeux. Mais les jeux usent de l'image pour permettre de résoudre les puzzles. Un livre ne peut pas en faire autant, du moins pas sans bien décrire celui-ci. Cela n'est pas fait et l'on se trouve face à des puzzles qui ne peuvent pas être résolu lors de la lecture car il est difficile de les visualiser. Ce qui implique que l'aspect le plus important de l'intrigue est mal écrite. Pire encore, au lieu d’être un prologue, comme cela est annoncé, ce roman ne met pas en place l’intrigue du dernier jeu. On en apprend un peu plus sur Nygma et ses puzzles et sur la psychologie de Batman. Mais ce ne sont que des allusions très discrètes, et donc inutiles.

* Tout simplement mauvais, passez votre chemin
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Image : Éditeur

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Westworld saison 1

TW: Meurtres, violences sexuelles

Dans un futur proche l'humanité a été capable de créer des androïdes extrêmement proches de nous. Illes sont capables de ressentir, de créer, de vivre et d'aimer. Mais illes suivent un programme conçu afin de mettre en place le plus grand parc d'attraction du monde. Dans ce parc, les humain-e-s sont libres de faire tous les choix imaginables. Il est possible aussi bien d'explorer, de suivre une trame narrative ou simplement de profiter du monde qui est offert car tout redeviendra comme avant le lendemain. Un parc de cet ampleur implique une main d'œuvre et une infrastructure importante ainsi que la nécessité de modifier et améliorer tous les aspects. Mais que se passe-t-il lorsque les androïdes commencent à penser seuls et à faire de choix qui ne sont pas prévus. Comment réagir face à un début de libre arbitre absolument imprévu ? Et comment réagir en tant qu'être humain ?

SPOILERS

Beaucoup a déjà été dit sur cette série et je ne suis pas certain de pouvoir ajouter grand-chose de pertinent. Toutes les personnes qui l'ont vue ont, à ma connaissance, noté l'esthétique de la série. Celle-ci est maitrisée dès le générique qui est un résumé en soi de l'intrigue. La musique est tout aussi belle et réussit parfaitement à nous faire entrer dans l'ambiance. Tandis que l'intrigue et les personnages sont très bien écrit et nous empêchent de quitter l'écran sans comprendre ce qui se déroule réellement. La série me semble aussi mettre en avant un aspect jeux-vidéos : comment agir dans un univers qui nous laisse tous les choix possibles mais sans souffrir aucune conséquence ? Si l'on en croit Westworld, l'humanité décide rapidement de tester les limites de sa propre civilisation en détruisant tout ce qui bouge, en usant d'une violence extrême. En effet, dans la vie réelle nos actes ont des conséquences. On peut être arrêté, on peut tuer mais on peut aussi mourir. Ces deux derniers points sont absents du parc : les personnages reviennent à la vie et la personne qui joue ne peut pas mourir.

Pourtant, la série prend un thème classique de la littérature SF : la vie artificielle et la conscience. Les robots et les androïdes se retrouvent souvent dans l'histoire littéraire de la SF bien avant Asimov, même si ce dernier me semble avoir marqué un avant et un après grâce à ses trois lois de la robotique et son cycle des Robots et de Fondation auquel il est lié. Asimov s'est posé la question de la conscience des robots et il n'est pas le seul. Pour prendre un exemple plus récent nous avons la série Battlestar Galactica qui place les humain-e-s contre leurs créations ayant pris conscience d'elles-mêmes. Westworld pose la question d'une manière moins violente, bien que cela puisse arrive, mais plus philosophique : qu'est-ce que la conscience et de quelle manière l’atteindre ? La réponse offerte s'inscrit dans l'idée qu'il est nécessaire de subir la vie afin de prendre conscience de son identité. Ce qui expliquer pourquoi les histoires personnelles des androïdes sont si tragiques. Mais la conscience dit aussi impliquer le libre-arbitre et donc la capacité de ne pas suivre des ordres inscrits dans notre manière d'être, une programmation. Il est donc parfaitement logique que l'écriture décide de faire débuter la conscience par des changements de comportement puis la capacité de modifier sa programmation, et donc de se libérer.

Je dois aussi noter que j'ai regardé cette série, pour la première fois, juste après la dernière saison de Game of Thrones. Ceci m'a permis de ressentir deux chocs qui pourraient permettre de qualifier Westworld d'anti Game of Thrones. Beaucoup de personnes l'ont noté, Game of Thrones est une série violente qui, récemment, est devenue violente de plus en plus gratuitement. Le sang n'est plus utilisé en faveurs d'une intrigue, d'une logique dans l'histoire, mais pour choquer et donc faire venir de l'audience. J'ai l'impression que la violence de Westworld, tout aussi importante aussi bien psychologiquement que physiquement ou sexuellement, reste au service de l'intrigue. Les actes de violence ne me semblent pas gratuits mais logique si l'on prend en compte le fonctionnement des personnages et leur place dans l'intrigue. Peut-on être autre chose qu'un meurtrier ou une meurtrière lorsqu'on a été conçu ainsi ? Le second choc concerne la gestion de la nudité, en particulier féminine. Celle-ci est de plus en plus présente dans les séries et Game of Thrones l'utilise d'une manière voyeuriste. La série n'est pas unique et de nombreuses autres, ainsi que des films, présentent la nudité comme avant tout sexuelle, et destinée aux hommes cis-hétéros. Bien que Westworld ne déroge pas à cette règle de la nudité féminine d'abord conçue pour le male gaze, elle me semble beaucoup moins sexualisée, en tout cas dans le cadre du bâtiment de construction et donc en dehors des trames narratives du parc. Les corps sont montrés mais ne sont pas conçus comme des supports de fantasmes. C'est une nudité de tous les jours, que nous expérimentons tous et toutes. Mieux encore, certains personnages gardent toute leur force lors de leurs scènes de nudité, celles-ci ne les diminuent pas. Bref, bien que je puisse me tromper, ce sont des points qui m'ont fait un choc. Et le fait que cela ait eu lieu juste après la dernière saison de Game of Thrones, de la même chaine, n'est pas à prendre à la légère. Nous avons ici deux séries qui gèrent violence et nudité d'une manière très différente et, selon moi, bien mieux en ce qui concerne Westworld.

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***** Il m'est difficile de trouver des points négatifs à cette série. Je me demande de quelle manière la suite sera conçue et j'espère que la chaîne saura la terminer.

Image : Allociné

Site officiel

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12:04 Écrit par Hassan dans science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : westworld | | | |  Facebook