23/02/2018

The shape of water / La forme de l'eau

TW : Meurtres, tortures, sexe (nudité)

Elisa vit dans un appartement au-dessus d'un cinéma. Elle a un voisin artiste qui dessine des publicités pour une firme. Tous les jours, elle suit la même suite d'actions. Elle se réveille, se prépare un bain, cuit des œufs, prépare le déjeuner de son voisin, observe les nouvelles chaussures et part au travail dans une ligne de bus. Elisa est une concierge. Elle est chargée de nettoyer une base militaire américaine travaillant sur la conquête de l'espace. Elle peut entrer partout et elle voit et entendu tout sans que personne ne lui parle, d'autant qu'elle est muette. Lorsqu'une nouvelle expérience arrive dans la base, suivi par un nouveau chef de la sécurité, elle comprendre vite que cette expérience est un être vivant, capable de dialogue.

SPOILERS

Ce film entre dans le cadre des films d'espionnages. On nous place aux États-Unis dans une base secrète. Celle-ci est le théâtre d'un espionnage par les soviétiques. Le but est d'éviter que l'un des camps ne puisse développer une technologie supérieure capable de changer le cours de la guerre froide. Il y a donc une certaine familiarité des thèmes, de la musique et des personnages. Le scientifique espion russe, le général décoré qui ne mâche pas ses mots et l'espion États-uniens, joué par Michael Shannon, qui est comme un fils pour ce dernier tout en étant un vrai homme. Ce n'est pas un hasard si les personnages suivent ce que j'identifie comme un schéma connu. Ainsi, les soviétiques se rencontrent au milieu de nulle part, échangent des mots codes et parlent ouvertement dans l'arrière salle d'un restaurant. L'espion États-uniens vit dans un pavillon de banlieue, possède une superbe voiture américaine, il est courtois, viril (avec un outil de torture à sa mesure), parfaitement entrainé et parle toujours de ce qui fait un vrai mâle. Il est nécessaire de garder cela en tête.

Car, au milieu de tout cela, apparaissent des noirs - Octavia Spencer déjà rencontrée dans de nombreux films y joue la collègue d'Elisa - dont des protestataires, une femme latino muette, jouée par Sally Hawkins, un vieil homosexuel artiste et un monstre marin. Ce dernier pourrait faire tâche dans un film qui pourrait rester très terre à terre. Mais il est nécessaire. Il permet d'identifier un monstre extérieur pour mieux parler de la véritable monstruosité. Elisa et son voisin, Giles, sont des personnes marginales. Elles sont toutes les deux victimes de solitudes. Elisa est une femme racisée et muette. Giles est un vieil homme homosexuel, au chômage, qui se rend toujours à la même tapisserie, aux tartes immondes, afin de pouvoir parler au beau jeune homme qui tient le comptoir. Dès qu'il est identifié il est expulsé. En parallèle, on observe le racisme de l'époque et les luttes pour les droits civiques, même si Giles annonce rapidement, dans une ligne révélatrice, qu'il ne veut pas voir cela. Ce qui ne l'empêche pas de pointer du doigt le racisme de certaines personnes au lieu de se taire. Les femmes, racisées, sont fortement mises en avant et surtout leur vie de subalternes. Comme le personnage d'Octavia Spencer le dit, elle doit faire le ménage au travail mais aussi chez elle car son mari ne fait rien pour l'aider.

Face à cette galerie de personnages d'autres incarnent une forme de "normalité" auto-proclamée. Il faut mentionner le vendeur de tarte et le général mais la véritable incarnation de cette "normalité" est Richard Strickland joué par Michael Shannon. Comme mentionnée auparavant, il a une famille, une voiture, un pavillon en banlieue et un bon travail bien viril. Strickland, sous couvert de "normalité", incarne l’entièreté de la masculinité toxique et du racisme occidental. Très rapidement, ce personnage est montré comme ce qu'il est : une personne raciste. Les dialogues durant lesquels ce point de vue apparait sont nombreux. Ils sont écrits de manière à démontrer que le racisme ce n'est pas simplement de la violence mais aussi et surtout une manière de penser intégrée qui apparait au détour d'une phrase. Cet homme est aussi l'incarnation de la masculinité toxique. Lors d'une scène précise durant laquelle il convoque Elisa il tente presque de la violer, n'étant arrêté que par les vitres du bureau et la fuite d'Elisa. Cette scène est une illustration de la vulnérabilité des femmes travaillent dans des positions subordonnées face à un patron qui harcèle voir viole. Mais cette masculinité n'est qu'une façade qui dépend d'un travail important pour effacer ses émotions et suivre une norme impossible. Durant le film, la virilité de Strickland se fissure et disparait alors que les personnages marginaux gagnent en pouvoir et capacités d'actions, Elisa se permettant même d'insulter Strickland tout en le regardant dans les yeux. Alors que tout le film tente de faire de Strickland et de sa famille l'incarnation de la modernité, j'ai l'impression que le film nous montre que ce modèle est non seulement toxique mais aussi en voie de disparition.

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***** Guillermo del Toro prouve, encore une fois, à quel point il maitrise la photographie de ses films mais aussi l'entrée du fantastique dans la réalité. Un film beau, bien écrit et superbement joué par des actrices et acteurs à la perfection.

Image : Allociné

Site officiel

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09:16 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the shape of water, la forme de l'eau | | | |  Facebook

52.2 par Geoff Johns, Grant Morisson, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen

Titre : 52. 2
Auteurs : Geoff Johns, Grant Morisson, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen
Éditeur : Urban comics 23 février 2018
Pages : 320
TW : Tortures, harcèlement sexuel

Ce tome 2 contient52 14-26 et 41. Batman, Superman et Wonder Woman se sont absenté-e-s. La Ligue de Justice n'existe plus. Lex Luthor est lavé de tout reproches. Les héro-ïne-s les moins connu-e-s prennent donc la première place afin de protéger le monde. Mais illes doivent faire face à de nombreux problèmes. Premièrement, Lex Luthor met en place sa propre équipe avec des pouvoirs qu'il conçoit lui-même. Cependant, n'est-il pas étrange que Luthor agisse ainsi ? De plus, Black Adam parcoure le monde afin de créer un traité qui permette d'interdire les activités héroïques dans certains pays. Ce traité relie d'anciens ennemies contre les héro-ïne-s des États-Unis et pourrait bien changer l'équilibre du monde. Mais que faire lorsque la menace se cache dans de nombreux pays?

SPOILERS

J'apprécie l'idée de base de cette série. On laisse passer un an sans Ligue de Justice ni les plus héro-ïne-s les plus connu-e-s. Tout se passe à l'aide de personnages peu connus, souvent en retrait. Cela permet de redonner un intérêt à certains personnages, mais d'autres pourraient très bien disparaitre sans poser aucuns problèmes. Il y a donc beaucoup de personnages dont les relations ne sont pas toujours faciles à retrouver. On peut passer plusieurs pages sur un problème pour ensuite repartir à l'autre bout du monde avec un nouveau problème. Cela rend difficile de se souvenir de tout ce qui se déroule et de la raison de l'événement.

En fait, tout ceci pose une question : existe-t-il un plan d’ensemble ? J'ai parfois l'impression que les nombreux scénaristes ne savent pas vraiment dans quelle direction ils se rendent ni pourquoi ils écrivent une histoire précise. On a une histoire de complot, une histoire policière, un mystère, une quête mystique et du space opera. Toutes ces intrigues ne me semblent pas former un tout mais me donnent l'impression d'être placées les uns à côté des autres avec l'espoir que cela fera sens un jour. Pire encore, j'ai l'impression que certaines histoires utilisent des personnages qui ne sont pas adaptés. Bien entendu, cela peut être voulu afin de créer une surprise ou un intérêt. Mais je me demande si c'est une bonne idée.

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*** J'apprécie toujours cette longue série mais je doute fortement de sa qualité scénaristique. Placer trop de scénaristes sur une même histoire est un risque.
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Image : Éditeur

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21/02/2018

Descender 5. Rise of the robots par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 5. Rise of the robots
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Image comics 10 janvier 2018
Pages : 120

Ce volume 5 contient Descender 22-26. Le programme, le CGU et les Gnishiens se préparent à la guerre dans un univers de plus en plus instable. Mais personne ne sait à quel point le programme s'est préparé à celle-ci. En secret, des milliers de robots de guerre ont été construit au sein de leur base. Andy, poursuivant Tim 21, tombe sur eux sans le vouloir et risque bien de ne pas s'en sortir. Le CGU, lui, décide d'envoyer une grande partie de sa flotte s'occuper de qui est considéré comme un mouvement terroriste. Pendant ce temps, Telsa et Quon sont à la recherche de l'ancien professeur de ce dernier, ainsi que du robot découvert par les deux anciens amis. Mais illes ne savent pas que le petit robot qui les accompagne n'est pas Tim 21 mais Tim 22.

SPOILERS

Ce volume est considéré comme le premier événement de la série. Celui-ci était l'annonce du soulèvement des machines après 10 ans de destructions. Ce moment est bien mis en scène et la surprise des organiques est totale. D'autant que la flotte de la CGU est détruite par les auteurs. Cependant, les auteurs ne se concentrent pas assez sur ce soulèvement. On ne sait pratiquement rien de celui-ci, si ce n'est quelques images. Pire encore, on ne suit personne qui puisse être un témoin privilégié. On est donc obligé de croire sur parole les personnages lorsqu'illes nous annoncent le danger de ce soulèvement et son caractère global.

En effet, les auteurs ont préféré se concentrer sur Tim 21 et sa relation avec les moissonneurs. Ces gigantesques robots sont toujours aussi mystérieux et nous ne savons toujours presque rien sur eux. On ne sait rien non plus sur la relation entre Tim 21 et elles, mis à part qu'elle a un lien avec un monde virtuel capable, peut-être, de sauvegarder tous les robots. Le prochain volume est annoncé comme le dernier et j'espère que l'on en saura enfin un peu plus sur cette intrigue !

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**** Un événement un peu décevant mais les auteurs continuent à capitaliser sur ce qui fonctionne : Tim 21 et son lien avec les Moissonneurs.
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Image : Éditeur

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20/02/2018

L'Empire romain d'Auguste à Domitien par Claude Briand-Ponsart et Frédéric Hurlet

Titre : L'Empire romain d'Auguste à Domitien
Auteurs : Claude Briand-Ponsart et Frédéric Hurlet
Éditeur : Armand Colin 18 mai 2016
Pages : 287

Nous avons beaucoup d'histoire de l'Antiquité romaine, certaines prennent en compte seulement la République, d'autres l'Empire, certaines tentent de comprendre la fin de l'Empire romain d'occident. Le nombre de travaux est bien trop important pour tout connaitre. Heureusement, il existe quelques manuels synthétiques qui permettent d'en savoir plus soit sur l'histoire de Rome dans sa globalité soit sur certains aspects particuliers. Ce manuel s'attache à faire la synthèse du premier siècle du Principat, forme de gouvernement institué par Auguste. Ainsi, on nous présente non seulement la création de l'Empire mais aussi sa continuité et le passage à une nouvelle dynastie, sous les flaviens.

Ce livre est constitué de 7 chapitres. Les trois premiers sont les plus chronologiques puisqu'ils s'intéressent à la mise en place du Principat, aux héritiers d'Auguste et enfin aux Flaviens après l'année des 4 Empereurs. Ces chapitres permettent d'une part de mieux comprendre de quelle manière la mise en place d'un régime "monarchique" est justifiée dans le cadre d'une société qui déteste la royauté mais aussi comment Auguste réussit à mettre en place une dynastie, malgré ses problèmes familiaux. Dans un second temps, les auteurs nous expliquent de quelle manière le pouvoir impérial est consolidé sous différents empereurs, malgré quelques noms peu appréciés. À ce sujet, les auteurs tentent de casser certaines idées reçues, provenant des écrits en faveurs des sénateurs. Enfin, les auteurs expliquent de quelle manière les Flaviens réussissent à justifier leur prise de pouvoir, en se basant sur l'idée d'une restauration augustéenne.

Les 4 autres chapitres se concentrent sur des questions de société. Durant deux chapitres, les auteurs nous expliquent le fonctionnement administratif de l'Empire. En premier lieu ils s'intéressent aux provinces et à leur gestion aussi bien civile que militaire. Dans un second temps, ils expliquent de quelle manière les villes fonctionnement, en débutant par un examen de Rome puis par les différents types de cités existantes sous l'Empire. Les deux derniers chapitres se concentrent sur l'économie et la religion. On y apprend que l'économie se base avant tout sur la possession de la terre, dans un but d'autosubsistance, avec des différences sociales importantes entre les grands possesseurs et les petits domaines. En ce qui concerne la religion, les auteurs nous parlent de la restauration mise en place par Auguste mais aussi de la création d'un culte impérial. De plus, ils explicitent l'existence de cultes orientaux, dont l'entrée ne fut pas toujours facile. Bien entendu, les auteurs s'intéressent à la religion juive dont les membres sont mis de côté par la société romaine et dont les populations se révoltent lors de l'époque examinée. La chrétienté est moins examinée tout simplement parce qu'elle débute à peine au premier siècle.

Ce manuel est donc un bon moyen de mieux connaitre le premier siècle de l'Empire et la création du Principat par Auguste. Les auteurs synthétisent de nombreux aspects et permettent aussi bien d'en savoir plus sur les événements politiques que sur le fonctionnement socio-économique de l'Empire. Il faut noter de nombreuses annexes. Les premières sont des sources publiées et commentées, permettant un usage lors des études. Les auteurs ajoutent aussi des cartes, une chronologie et surtout un glossaire. La bibliographie est organisée thématiquement, permettant de chercher des livres parlant des sujets qui intéressent le plus les personnes intéressées.

Image : Éditeur

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19/02/2018

Black Panther

T'Chaka, roi du Wakanda, est mort. Il a été assassiné lors de l'attentat mis en scène durant Captain America : Civil War. Le Wakanda ne peut pas exister sans un dirigeant. Car, selon toutes nos connaissances, c'est un pays pauvre, qui ne reçoit aucune aide internationale. Heureusement, un héritier existe en la personne de T'Challa. Et ce dernier commence par accepter l'intérêt du secret derrière le Wakanda. Loin d'un pays sans ressources T'Challa va devenir le roi d'un pays extrêmement riche non seulement en matière de ressources, de technologies ou encore démographiquement mais aussi culturellement. Car le Wakanda ne possède pas seulement une technologie fortement en avance sur son temps, il fonctionne aussi sur des traditions millénaires. Le but du secret est de protéger le pays face aux destructions causées par l'occident. Cependant, il se pourrait que cette protection ait échoué lorsqu'un trafiquant d'arme international réussit à voler une partie du vibranium possédé par le Wakanda.

SPOILERS

Dire que ce film est attendu n'est pas nécessaire. Je ne suis pas légitime pour en parler mais nous avons là le premier film de l'univers Marvel qui s'attache exclusivement à des personnages noirs, provenant d'Afrique. Même si le pays est fictif, cela n’enlève pas le souhait d'un grand nombre de personnes que celui-ci soit bien mis en scène. Malheureusement, je ne connais pratiquement rien sur l'histoire du continent africain. C'est un manque que je souhaite réparer. Sans pouvoir en juge par moi-même, je vous renvoie à des personnes directement concernées, le film me semble réussit en ce qui concerne la mise en scène du Wakanda. Il me semble qu'une recherche a été mise en place. Ainsi, les Dora Milaje sont probablement basées sur les Dahomey, une classe de guerrière d'élite chargée de la protection de leur roi. Les costumes sont aussi particulièrement réussis, on possède une bonne vision de la richesse culturelle de ce pays fictif avec des habits qui mettent en valeurs les personnes qui les portent. Ce blockbuster se permet même de mentionner les appropriations culturelles ayant eu lieu durant les colonisations ! Ne voulant pas dire de bêtises, je préfère ne pas trop en parler et vous laisser chercher des personnes capables de vraiment en parler.

Un autre point qui rend ce film intéressant est sa thématique. Les films de super-héros montrent souvent un homme aux prises avec un ennemi. On va rarement plus loin et l'intrigue n'est qu'un prétexte pour un combat entre deux personnes. Ce film pose la question de la responsabilité d'un pays face au reste du monde. Faut-il rester caché et n'agir qu'en secret ou est-il nécessaire d'agir et de montrer sa puissance au reste du monde. De plus, comment faut-il agir ? Avec une force militaire ou par une aide multilatérale ? Les différents personnages de ce film et leurs combats ne sont que des prétextes pour mieux mettre en avant ces différents choix, et leurs conséquences. Plus encore, l'impact de ces choix implique le pays entier. Ainsi, T'Challa n'est pas seul à combattre, on nous montre une véritable guerre civile autours de ce que devrait être le fonctionnement du Wakanda au niveau international. Il est difficile de ne pas y voir une critique acerbe du fonctionnement des démocraties occidentales, le Wakanda essayant une forme pacifiée d'aide communautaire et non une prise de contrôle armée.

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***** Non seulement ce blockbuster est réussi, mais il est aussi nécessaire et j'espère qu'il aura un impact permettant de continuer sur cette même lancée non seulement dans le cadre des adaptations Marvel mais plus largement.

Image : Site officiel

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10:28 Écrit par Hassan dans Comics, Marvel, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marvel, black panther | | | |  Facebook

17/02/2018

Descender 4. Mise en orbite par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 4. Mise en orbite
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Urban comics 17 novembre 2017
Pages : 128

Ce tome 4 contient Descender 17-21 publiés dans Descender vol. 4: Orbital Mechanics. Telsa, Quon et Tim 21 sont sur la lune mécanique, repère de la résistance robotique. Bien que les robots se présentent comme pacifistes Telsa et Quon ne les croient pas, car la résistance possède de nombreux secrets qui pourraient se révéler dangereux pour la vie organique. Tim 21, lui, apprend à connaitre son frère Tim 22. Mais les retrouvailles ne sont pas faciles puisque Tim 22 essaie de détruire Tim 21. La seule solution est la fuite, et le début d'une guerre entre les machines et les organiques. Telsa, elle, souhaite en savoir plus sur le professeur qui a tout appris à Quon. Mais encore faut-il le retrouver.

SPOILERS

Encore une fois, comme on en a l'habitude, il ne se passe pas grand-chose dans ce tome même si l'intrigue avance en direction d'une guerre. Les relations entre les différentes factions continuent à se diriger vers une guerre totale, annonçant le prochain arc du comics. Les personnages ne se rencontrent pas encore mais se rapprochent, en particulier en ce qui concerne Andy et Tim 21. Mais, l'intrigue principale n'avance que peu. On ne sait toujours rien des Moissonneurs ni de leur but. Cependant, la série est toujours aussi belle et je suis toujours accroché aux aventures écrites par Lemire.

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**** L'intrigue principale avance sans avancer, mais j'aime toujours.
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Image : Éditeur

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16/02/2018

Descender 3. Singularités par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 3. Singularités par
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Urban comics 2 juin 2017
Pages : 120

Ce tome contient Descender 12-16 publiés dans Descender vol. 3: Singularities. Il y a plus de 10 ans, le cosmos fut attaqué par des machines de la taille d'une planète, les Moissonneurs. Depuis, les mondes civilisés sont dans la tourmente alors que les relations diplomatiques entre les empires sont chaotiques. Cette attaque a aussi lancé un pogrom contre les robots, il s'ensuivit naturellement un mouvement de résistance. Le docteur Quon, Tilsa et le petit robot Tim 21 pourraient être sur la voie permettant de comprendre qui sont les Moissonneurs. Mais illes sont capturés par la résistance robotique, une résistance qui possède un dangereux secret.

SPOILERS

Il n'y a pas grand chose à dire sur ce tome 3. En effet, les numéros inclus font une pause avec l'intrigue principale afin de nous présenter les différents protagonistes entre l'attaque et le présent. Dans chacun des cas, on commence il y a 10 ans pour continuer quelques années plus tard et finalement comprendre ce qui a mené les personnages au point actuel. Cela permet de mieux connaitre certains personnages peu développés dans le cadre de l'intrigue principale, à l'instar d'Andy par exemple, mais aussi de mettre en scène le chaos qui a suivi l'attaque des Moissonneurs. Les personnages choisis sont loin d'être inintéressants. J'ai particulièrement apprécié mieux connaitre Andy mais c'est Moissonneur qui m'a le plus intéressé. En effet, depuis le début il se présente comme un tueur sans que jamais cela ne nous soit expliqué. Son numéro donne enfin la réponse, et la raison derrière ses actes.

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*** Une petite pause dans l'intrigue principale, elle n'est pas inintéressante mais pas forcément inoubliable.
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Image : Éditeur

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14/02/2018

Bioshock: Rapture par John Shirley

Titre : Bioshock : Rapture
Auteur : John Shirley
Éditeur : Bragelonne 17 février 2016
Pages : 408
TW : Violences, violences médicales

Avant les partisan-e-s de No Billag, avant Elon Musk et même avant les transhumanistes il y avait Andrew Ryan. Ce dernier est un visionnaire et un industriel. Il a fui la Russie en pleine révolution avec son père pour se rendre aux Etats-Unis, pays de la liberté. Mais la président de la deuxième guerre mondiale et le new deal ont eu un impact sur Andrew Ryan. Il comprend que les Etats-Unis ne sont pas marxistes que les Bolchéviques. L'état veut aussi son argent, qu'il a récolté par son propre travail. Andrew Ryan ne veut surtout pas permettre aux personnes qu'il qualifie de parasites de vivre sur son travail. Il a donc une vision. Celle d'une cité protégée des socialistes, de la morale et des religions. Une société complètement libre dont la seule règle est la compétition naturelle dans le cadre du marché. Les personnes qui le suivrait auraient toutes l'opportunité de réussie, si la volonté suit. Pour rendre sa vision réelle Andrew Ryan décide de construire sa ville en secret, au fond de l'océan atlantique. Le nouvel eldorado se nomme Rapture.

SPOILERS

Ce roman est une adaptation de la série de jeux vidéo Bioshock, en particulier les deux premiers. Les jeux nous envoient dans la ville sous-marine de Rapture, alors qu'elle n'est que ruines et violences. Petit à petit, on apprend ce qui est arrivé et quels sont les acteurs de la chute de la cité. Ce roman se déroule en trois actes avant les intrigues des jeux. L'auteur nous permet de comprendre de quelle manière la cité a été créée et a fonctionné à ses débuts flamboyants. De ce point de vue, la première partie est la plus difficile à lire. L'intrigue est peu intéressante car l'auteur met en place des problèmes que l'on sait inexistants plus tard. La lutte secrète contre l’État des États-Unis ne donne lieu à aucun enjeu et cette partie aurait très bien pu ne pas être écrite. La suite du roman est bien plus intéressante puisque l'on observe pourquoi et comment le fonctionnement de la cité commence à dysfonctionner.

En effet, le jeu et le livre sont très critiques face à une posture idéologique jamais nommée : l’hyper libéralisme libertarien. Le marché est considéré comme un fait qui agit de manière naturelle. Dans ce contexte, toutes tentatives de régulations ou de moralisation est un danger ou pire une trahison de l'humanité. Le fonctionnement de la société est basé sur la compétition et la volonté avec l'idée que les plus grandes réussites ont sortiront. Toutes formes d'altruismes, d'aides sociales, est proscrites puisque cela crée une forme de parasitisme. Cependant, cette économie totalement libre implique aussi d'énormes inégalités qui sont d'abord modestes, mis à part en ce qui concerne Andrew Ryan, puis de plus en plus importantes. Avec les inégalités ce sont les revendications qui arrivent. Ainsi, les jeux comme le livre semblent dire qu'une société sans régulations ni morales crée des choses qui n'existeraient pas dans un autre cadre mais doit aussi échouer par les tensions sociales impliquées. C'est ainsi que l'auteur met en parallèle la ruine architecturale de la cité avec une société de plus en plus fragmentée et pauvre, avec une petite minorité extrêmement riche. Au final, l'effet ne peut qu'être une guerre et, pour défendre les puissant-e-s, la création d'une société militaire.

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*** Un roman sympathique, qui intéressera surtout les personnes qui connaissent les jeux.
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Image : Éditeur

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18:33 Écrit par Hassan dans science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biochock, rapture, john shirley, bragelonne | | | |  Facebook

11/02/2018

Checkmate 2. La chute du mur par Greg Rucka, eric Trautmann, Bruce Jones, Joe Nennett et Manuel Garcia

Titre : Checkmate 2. La chute du mur
Auteurs : Greg Rucka, eric Trautmann, Bruce Jones, Joe Nennett et Manuel Garcia
Éditeur : Urban comics 24 février 2017
Pages : 396

Ce tome contient Checkmate 16 à 31. Checkmate fut une agence de renseignement des Etats-Unis. Mais, après la crise des OMAC, elle fut rachetée, réorganisée et mise sous le contrôle de l'ONU qui définit ses missions et les membres de l'équipe dirigeante. Cette équipe est constituée aussi bien de méta humain-e-s que d'humain-e-s. Les menaces sont nombreuses, aussi bien des pays qui violent les lois internationales que des groupes terroristes. Et alors que l'un de ces groupes se prépare à agir afin de créer un chaos jamais vu une autre menace existe. Celle-ci se nomme Amanda Waller, la reine blanche. Pour réussir à résister à toutes ces attaques Checkmate n'a pas d'autres choix que de demander de l'aide aux groupes de héro-ine-s qui existent.

SPOILERS

Ce second tome est constitué de deux actes qui continuent et terminent les intrigues mises en place par Greg Rucka. Un troisième acte est mis en place par un nouveau scénariste. La première intrigue concerne Amanda Waller. Depuis le début de la série Greg Rucka la place comme l'une des principales antagonistes, en secret. Son but est d'utiliser Checkmate pour défendre les intérêts des Etats-Unis malgré la charte de l'agence. Greg Rucka la place en position de force car elle n'a pratiquement pas d'ennemis politiques à sa mesure, sans oublier son intelligence. Malheureusement, sa défaite me semble un peu précipitée et j'aurais apprécié la voir plus longtemps après son éjection. De plus, il est dommage que la mise en place de sa remplaçante n'ait pas été montrée. Greg Rucka nous présente un nouveau personnage, avec des tensions politiques potentielles, mais il ne fait rien de plus.

Le second acte concerne le groupe religieux terroriste infiltré par Checkmate : le culte du cobra. Greg Rucka nous avait laissé dans l'attente d'une suite alors que la mise en place d'un agent au sein du culte avait pris une partie importante du premier tome. Après la chute de Waller, le scénariste n'attend pas pour relancer l'intrigue sur deux points : une menace globale et une menace pour l'agent infiltré. Bien que j'aie apprécié l'entrée en scène de Superman, elle me semble un peu hors de propos pour l'intrigue générale de la série : l'espionnage. Heureusement, la série garde son identité tout en ne trahissant pas Superman. Avec la fin de ses numéros Greg Rucka termine ce qu'il a lancé sans avoir besoin de continuer la série.

Malheureusement, les numéros 26 à 31 sont tenus par un nouveau scénariste. Celui-ci ne donne pas autant d'ampleur à la série, peut être par manque de numéros, et décide de créer immédiatement une intrigue de fin du monde qui implique l'usage d’un soldat capable de changer de formes. Il est l'unique personnage capable de vaincre les monstres qui détruisent la Terre. De plus, le nouveau scénariste change la manière de fonctionnent de l'un des personnages. Bien que celui-ci soit questionné il n'y a pas assez de temps pour examiner ses choix comme Greg Rucka aurait pu le faire. La fin est donc largement décevante et l'on se demande à quoi sert Checkmate, outre comme décors.

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*** Greg Rucka termine ses intrigues, avec quelques problèmes mais rien de bien important. Mais la fin de la série par un nouveau scénariste me semble complétement ratée et sans intérêt.
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Image : Éditeur

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10/02/2018

Batwoman volume 1. The many arms of death par Marguerite Bennett, James Tynion IV, Sterve Epting, Sephanie Hans, Renato Arlem et Jeromy Cox

Titre : Batwoman volume 1. The many arms of death
Auteur-e-s : Marguerite Bennett, James Tynion IV, Sterve Epting, Sephanie Hans, Renato Arlem et Jeromy Cox
Éditeur : DC 21 novembre 2017
Pages : 168

TW : Mention d'une possible tentative de suicide

Ce volume 1 contient Batwoman rebirth et Batwoman 1-6. Batwoman a eu une histoire mouvementée. Après un très bon run la série fut reprise par une nouvelle équipe créative, lorsque la précèdent est partie suite à un désaccord avec DC qui ne souhaitait pas permettre le mariage de Batwoman, Kate Kane, avec Maggie Sawyer. Cette nouvelle direction fut, selon toutes les critiques que j'ai lues, très mauvaises avec une direction difficilement défendable. J'avais beaucoup apprécié la première partie du run et j'étais déçu de ne pas avoir de suite à la hauteur. Lorsque j'ai appris que Batwoman allait revenir sous le label rebirth j'avais donc un certain nombre d'attentes. L'intrigue débute alors que Kate Kane et Julia Penyworth travaillent ensemble afin d'identifier la personne qui a créé et distribué un sérum capable de tuer un grand nombre de personnes. Selon Batman, ce sérum serait en vente afin d'organiser une attaque terroriste. La recherche mène les deux femmes sur une île peu connue : Coryana. Jusqu'à récemment, l'île n'était qu'un repaire de pirates mais elle est entrée sous le giron d'une société qui la vend à des personnes fortunées. Mais, avant cela, ce fut aussi la résidence de Kate Kane après son naufrage.

SPOILERS

Je préfère ne pas trop parler du numéro Rebirth. En effet, celui-ci permet surtout de mettre en place l'intrigue principale, de mettre à niveau les personnes qui entrent dans l'histoire du personnage et à mettre en place un futur possible. Ce numéro permet d'éviter la nécessité de connaitre toute l'histoire de Batwoman avant de commencer cette nouvelle série. Ces 6 premiers numéros m'ont beaucoup plut. En effet, on retrouve une Batwoman qui, avant d'être une héroïne, est une soldate entrainée par l'armée américaine. Elle prend des décisions que Batman ne prendrait pas. L'intrigue elle-même me semble construite autour de cela. Kate Kane n'est pas envoyée contre une menace pour Gotham ou face à des monstres. Elle est envoyée pour stopper une organisation terroriste qui utilise une entreprise comme moyen d'infiltration.

De plus, les numéros construisent un peu plus la mythologie de Batwoman en se concentrant sur une année perdue. On ne sait pas comment Kate Kane s'est retrouvée dans l'eau, mais il est mentionné que ce pourrait être une tentative de suicide après son expulsion de l'armée américaine pour homosexualité. On l'observe se reconstruire petit à petit. Mais, la scénariste en profite surtout pour débuter une histoire d'amour entre Kate Kane et Safiyah. La dernière planche du numéro 5 est particulièrement réussie pour expliciter le retour à la vie de Kate Kane. Cette intrigue semble être destinée à prendre une plus grande importance plus tard. Je laisse de côté le dernier numéro qui se déroule dans un futur indéterminé car je ne comprends pas sa place dans ce volume ni ce qui s'y déroule. Je ne sais pas si c'est voulu ou si l'intrigue est développée ailleurs.

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**** J'ai bien aimé ce premier volume qui semble prendre une direction que j'apprécie. Je suis curieux de connaitre la suite. PS : je préfère éviter la comparaison avec le run précèdent de Rucka, difficile à atteindre aussi bien en ce qui concerne l'écriture que les dessins.
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Image : Éditeur

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Pentagon Papers / The post

Les années de la présidence Nixon, les États-Unis sont en pleine guerre au Vietnam alors que les opposants intérieurs sont pourchassés par cointelpro. La guerre ne semble pas aller mieux malgré les discours positifs de tous les membres de l'administration. Mais un homme connait la vérité. Il est expert auprès de la Rand corporation et l'un des auteurs d'un rapport sur la guerre. Celui-ci est explosif et met en cause toutes les administrations précédentes. Après des mois d'effort, il réussit à copier toutes les pages du rapport afin de l'apporter au New York Times. Mais lorsque le journal tente de publier le rapport il est mis en demeure par la justice des États-Unis. Mais un autre journal possède les mêmes documents. Et la personne à sa tête, Katharine Graham, doit prendre une décision alors que son entreprise vient tout juste d'entrer en bourse.

SPOILERS

Je suis mitigé face à ce film. J'ai l'impression que Spielberg essaie de faire fonctionner deux histoires en même temps sans vraiment y réussir. On peut dire que la première histoire concerne les Pentagon Papers, un rapport classé secret défense sur les mensonges et les manipulations politiques en faveurs de la guerre au Vietnam. Bien que ces informations soient au centre du film, celui-ci n'explicite que peu ce qu'on peut y trouver. On ne sait que quelques petites choses ainsi que la raison de la constitution du rapport. Pire encore, on ne sait pas de quelle manière le gouvernement Nixon essaie d'argumenter contre la liberté de la presse dans ce cas particulier. On ne sait qu'une seule chose : la presse gagne et Nixon est un président qui abuse de son pouvoir. Le film tente aussi de se placer en faveurs du journalisme d'investigation, une posture que j'apprécie. Cependant, la manière dont les journalistes travaillent pour comprendre et analyser leur source n'est pas montrée, sauf lors d'une scène. Pire encore, l'éthique du journalisme est simplement annoncée, elle n'est pas discutée. Sauf, là encore, lors d'une scène. Enfin, le film met en scène les liens entre les médias et le monde politique mais, là encore, ne discute du sujet que lors d'une seule et unique scène après l'avoir mentionné à plusieurs reprises. En fait, ce film aurait pu être un moyen d'argumenter sur la nécessité du journalisme dans une démocratie face à un gouvernement hostile mais Spielberg semble avoir renoncé.

Il y a une seconde intrigue dans ce film, elle concerne la société de Katharine ainsi que ses capacités en tant que dirigeante. Dans un grand nombre de scènes, on voit Katharine, jouée par Meryl Streep, au sein d'un monde d'hommes. Il y a des hommes dans son conseil d'administration, il y a des hommes comme principaux contributeurs et journalistes, ses collègues et concurrent sont des hommes... Bref, les femmes n'apparaissent presque pas à ses côtés. Loin d'être une mauvaise chose j'ai l'impression que cet aspect est voulu par la réalisation. En effet, des femmes apparaissent à plusieurs reprises. Que ce soit lors d'un diner qui les voit sortir lorsque les hommes commencent à parler politique ou encore la femme de Ben Bradley, jamais nommée dans le film à moins que je ne me trompe. Cette dernière permet d'expliciter la position de Katharine dans ce monde masculin. Elle dirige non parce que l'on valide ses capacités mais parce que son mari est mort, on ne l'écoute pas lors des réunions importantes, on parle comme si elle n'était pas présente. Bref, on agit sans la prendre en compte alors qu'elle est la patronne, car elle est une femme et ses conseillers sont des hommes qui "savent" être compétents. Le film se pose donc la question de la manière, pour une femme, d'entrer dans un monde masculin et de prendre des décisions difficiles qui sont constamment remises en cause. La réalisation n'hésite pas à tabler sur la fragilité et les doutes, non comme un défaut mais un acquis face aux nombreuses remises en cause que Katharine Graham subit durant sa vie. C'est la raison pour laquelle l'une des dernières scènes, en descendant les marches de la cour suprême, permet de montrer d'autres femmes, anonymes, se tourner en direction de Katharine Graham alors que les hommes observent un autre homme parler.

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*** Intéressant mais un peu en dessous en mes attentes. J'ai l'impression de ne pas mieux comprendre les Pentagone Papers ni le Washington Post, ce qui est un peu décevant.
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Image : Allociné

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09:50 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pentagon papers, the post | | | |  Facebook

08/02/2018

Black Science volume 6. Forbidden realms and hidden truths par Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio

Titre : Black Science volume 6. Forbidden realms and hidden truths
Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio
Éditeur : Image comics 19 juillet 2017
Pages : 128

Ce volume contient Black Science 26-30. Grant McKay est enfin rentré chez lui. Il a ramené sa fille, Pia, avec lui-même si elle aurait préféré se marier avec son divin fiancé. Mais le reste de l'équipe est toujours perdue dans différents univers. Grant ne peut pas les aider. Dans sa terre sa femme l'a quitté au profit de Kadir. Block utilise son invention pour prendre le contrôle du multivers. Et lui-même est considéré comme un meurtrier, enfermé dans un asile. Cependant, Grant ne pensait pas que son fils et son étudiant seraient capables de trouver un moyen de voyager sans aide. Dès que possible, ils rentrent chez eux mais ils ont une mission. En effet, lors de leurs voyages ils ont rencontré un groupe de super héros qui a décidé de suivre un but précis : Sauver le multivers de deux calamités. Les deux approchent de la Terre.

SPOILERS

Je ne sais pas exactement combien de numéros contiendra la série. Il me semble que l'on approche de la fin puisque plusieurs intrigues autours de Grant McKay commencent à se relier. En effet, on observe enfin les réelles conséquences du Pilier, que nous n'avions qu'aperçues, sur un monde. La terre de Grant est maintenant sous le contrôle économique d'une seule corporation qui n'hésite pas à utiliser des êtres vivants et univers comme monnaie d'échange. De plus, les différents personnages commencent enfin à se retrouver, ayant changé quelque peu, avec le but commun de sauver le multivers. En effet, les deux menaces que nous avons rencontrées dans les pages de Black Science sont plus puissantes qu'auparavant et les destructions imaginées par les dessinateurs sont impressionnantes. Enfin, plusieurs menaces commencent à être connues, je pense en particulier à la Sorcière qui aura probablement un rôle plus important que je ne le pensais. J'apprécie toujours autant l'intrigue ainsi que les personnages, qui en prennent pour leur grade, mais j'espère que les auteurs sauront terminer leur histoire.

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**** Ce volume s'amuse un peu plus que le précèdent tout en reliant plusieurs intrigues et menaces. L'équipe est proche d'être enfin réunie et de pouvoir agir pour suivre leur mission initiale.
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Image : Éditeur

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07/02/2018

Les murs du silence. Abus sexuels et maltraitances d'enfants placés à l'institut Marini par Anne-Françoise Praz, Pierre Avvanzino et Rebecca Crettaz

Titre : Les murs du silence. Abus sexuels et maltraitances d'enfants placés à l'institut Marini
Auteur-e-s : Anne-Françoise Praz, Pierre Avvanzino et Rebecca Crettaz
Éditeur : Alphil / Presses universitaires suisses 2017
Pages : 232
TW : Violences, humiliations, abus émotionnels, abus sexuels

Comme l'explique le préambule, en février 2015 l'évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Charles Morerod, confie un mandat de recherche à une petite équipe d'historien-ne-s afin de faire la lumière sur des allégations d'abus sexuelles au sein de l'institut pour orphelins Marini, dans lequel des garçons pauvres francophones et alémaniques furent placés par l'assistance sociale. Cet institut se trouvait sous le contrôle direct de l'évêché. Le rapport fut rendu lors d'une conférence de presse en présence des victimes, le 26 janvier 2016, attirant l'attention d'une partie importante des médias suisses. Suite à l'attention soutenue de la presse et du public les auteur-e-s ont décidé de publier le rapport, le livre que je viens de terminer.

Le livre est construit en 5 parties distinctes qui permettent de comprendre le fonctionnement de l'institut, les faits avérés mais aussi de mettre en lumière les raisons pour lesquelles les personnes coupables de maltraitances n'ont pas été inquiétées. Dans chaque chapitre, les témoignages oraux sont utilisés en parallèle des archives. Les deux premiers chapitres permettent de mieux comprendre comment on devient un enfant placé à Marini mais aussi le fonctionnement de l'institut. Ainsi, les auteur-e-s démontrent que les pensionnaires francophones sont placés sur une longue durée sans posséder de contacts soutenus avec leurs parents, quand des parents existent. Ces enfants ne connaissent que leur tuteur ou les assistants sociaux, qui ne passent pas régulièrement les voir. En face d'eux, des garçons germanophones sont placés un an afin de travailler tout en apprenant le français. Ceux-ci sont liés à une famille qui peut le soutenir en cas de besoin. La vie est rude et frugale. Les repas sont peu variés et servis dans de la vaisselle de fer. Outre le travail scolaire, les enfants doivent travailler dans les champs, afin de payer le coût de leur placement qui n'est pas entièrement pris en charge par la pension. Le travail est dur voir destiné à des adultes. Il existe même une catégorie d'enfants qui ne sont pas envoyés à l'école afin de travailler perpétuellement. Les punitions sont aussi monnaies courantes et les auteur-e-s décrivent une forme particulièrement humiliante et violente ayant lieu après la messe.

Les chapitres 3 et 4 se concentrent sur les abus sexuels commis à Marini par des ecclésiastiques. Les auteur-e-s montrent que des abus graves et répétés ont eu lieu durant la période d'étude. Abus dont les dénonciations n'ont pas permis de protéger les enfants. Les auteur-e-s construisent les chapitres en essayant d'éviter une posture de scandale ou voyeuriste afin de mettre en avant non pas les actes mais la manière dont les personnes qui ont accepté de témoigner ont perçu ces actes. L'étude montrer que les anciens enfants placés se sont trouvés piégés face à des hommes plus âgés qui possèdent un certain pouvoir et une autorité morale importante. De plus, le manque d'affection a rendu les personnes vulnérables face aux actions d'adultes abuseurs. Cependant, des dénonciations ont eu lieu. Il est donc nécessaire de comprendre pour quelles raisons les abuseurs sont restés en place et n'ont pas été déférés en justice, mis à part deux cas. Les auteur-e-s montrent que les autorités, l’Église et les médias, même de gauche, sont réticents à mettre en cause des prêtres dont le statut, au sein d'un canton fortement catholique, ne doit pas être mis à mal. De plus, les actes dénoncés sont systématiquement requalifiés soit en usant d'un qualificatif médical soit en niant la portée de ceux-ci, ce ne sont que des imprudences. Pire encore, lors du XIXème siècle l’Église catholique s'est fermée à la dénonciation publique. Les personnes ayant connaissances de cas d'abus ont l'obligation de silence, au prix d'une excommunication. L’Église règle les problèmes à l'interne par un déplacement de la personne accusée, parfois temporaire. Ce n'est que récemment que le Pape François a décidé de forcer la dénonciation aux autorités, faisant face à une résistance importante de personnes qui considèrent que les membres de l’Église ne devraient pas être soumis à une justice séculière.

Enfin, le livre se termine sur les effets des abus sur le parcours de vie des victimes. Les auteur-e-s, grâce aux témoignages consentis, montrent la difficulté de parler de cette période pour les personnes qui ont vécu ces abus. Outre les actes sexuels à proprement parler, ce sont aussi les manques affectifs et la violence qui ont pesé. Ces garçons ont été considéré comme peu importants et incapables de réussites et donc empêchés de suivre leurs capacités à tous les niveaux, bien que certaines rencontres aient été positives. Les abus ont aussi fortement péjoré le développement affectif. Il est devenu difficile de se considérer valable même avec une aide médicale. Cependant, il faut noter aussi une capacité de résilience, souvent liée à une rencontre avec une famille ou une personne, enseignante parfois, positive. Certains sont sortis avec un but spécifique pour construire leur vie tandis que d'autres ont réussis à reconstruire leur récit après avoir aidé des personnes à surmonter leurs propres problèmes. Mais c'est aussi le souhait par l’Église, via cette recherche, de demander pardon et d'accepter la vérité des faits qui peut avoir permis une reconstruction.

Enfin, le livre se terminer sur une synthèse et les souhaits des personnes qui ont témoigné. Les auteur-e-s ajoutent diverses annexes dont des versions complètes des témoignages, la méthodologie, le guide d'entretien ainsi qu'un historique de l'institut Marini. Ce livre se concentre sur un institut précis et la recherche autours de faits graves qui donnent lieu, actuellement, à des processus de réparations financières. Les questions plus larges du placement d'enfants sont mentionnées mais ne sont pas centrales, bien que les questions posées soient importantes. Les auteur-e-s mentionnent aussi les problèmes éthiques que posent une telle étude. Comment se situer face aux témoignages et comment ne pas les trahir. Mais aussi de quelle manière éviter le scandale pour mettre en avant les causes qui expliquent la survenue de tels actes et l'incapacité de les dénoncer. Les auteur-e-s placent aussi ce travail dans le cadre d'un effort au niveau international pour comprendre le traitement subis par une partie de la population mondiale au sein d'instituts de placement et face aux mesures d'assistances de différents pays. Plusieurs commissions d'enquêtes ont travaillé, voir travaillent encore, sur le sujet.

Image : Éditeur

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03/02/2018

Black Science 5. Le pacte de Circé par Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio

Titre : Black Science 5. Le pacte de Circé
Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio
Éditeur : Urban comics 14 avril 2017
Pages : 104

Ce tome contint Black Science 22-25 publiés chez Image Comics Black Science vol.5: True Atonement. Pendant trois ans Grant McKay s'est laissé tomber dans le désespoir après avoir perdu ses enfants et son équipe lors du dernier saut du Pilier. Tout le monde est dispersé mais Grant a réussi à reconstruire un vaisseau pilier afin de chercher tous les membres de son équipe, les ramener à domicile et réparer ses erreurs. Son premier voyage a concerné Rebecca dont il a puni la trahison. Maintenant, il est prêt à retrouver sa fille, Pia. Mais celle-ci n'est pas forcément très heureuse de retrouver son père. D'autant que ce dernier met à mal une construction très fragile qu'elle a mis trois ans à mettre en place : la paix entre des êtres divins. De plus, Grant McKay commence à se rendre compte des problèmes que pose le Pilier pour les réalités.

SPOILERS

Black Science est l'une des séries que j'ai mis le plus de temps à accepter de lire mais aussi l'une de celles que j'apprécie le plus. Ses personnages sont loin d'être sympathiques et le pire est probablement Grant. Car celui-ci cache ses problèmes derrière une idéologie justifiant ses échecs. Le dernier tome permet de faire grandir le personnage en le confrontant à son passé. Il est donc normal que ce tome 5 confronte ce nouveau Grant à l'une des personnes les plus critique envers lui : sa fille. La rencontre est parfaitement mise en scène et l'on comprend parfaitement pourquoi Pia n'apprécie pas beaucoup son père.

Mieux encore, ce tome commence à ajouter de véritables menaces. Bien entendu, on a déjà rencontré une race parasite et une race adoratrice de la mort. Mais ce tome met en avant la menace du capitalisme sans limite dans la personne de Block. Ce dernier utilise le Pilier non pour la découverte ou aider l'humanité mais pour son propre bien sans prendre en compte les dégâts causés. Ce personnage est totalement aveugle au danger et ne voit qu'une fortune future pour lui-même. Pire encore, les dégâts des voyages sur les réalités sont de plus en plus apparents et il devient difficile de savoir de quelle manière il est possible de réparer ce qu'a fait Grant. Bref, ce tome permet de continuer sur la lancée du précédent en montrant à quel point Grant McKay s'est trompé et à quel point il est dangereux pour l'univers. Mais il permet aussi un début de réhabilitation pour ce personnage.

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***** Un tome 5 très court mais toujours aussi bon. Vivement la suite !

Image : Éditeur

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01/02/2018

La grande chasse aux sorcières en Europe aux débuts des temps modernes par Brian P. Levack

Titre : La grande chasse aux sorcières en Europe aux débuts des temps modernes
Auteur : Brian P. Levack
Éditeur : Champ Vallon 1991 (1987)
Pages : 281

Qu'est-ce qu'une chasse aux sorcières ? Le concept a été galvaudé par certaines personnalités qui s'estiment visées par une telle chasse, oubliant toujours les relations de pouvoir en défaveur de la victime que cela implique. Il est donc toujours une bonne idée de se lancer dans un ouvrage sérieux pour mieux comprendre de quoi on parle. Ce livre de Brian P. Levack est une traduction d'un ouvrage qui propose une synthèse de la chasse aux sorcières européenne entre le XVème et le XVIIIème siècle. Le but est donc de nous donner une somme minimum d'informations pour comprendre l'étendue mais aussi les raisons d'une telle panique face à des crimes que l'auteur qualifie d'imaginaires (se plaçant donc en contradicteurs des personnes qui pensent que sous le terme de sorcellerie il faut comprendre que d'anciens cultures de la fertilité persistaient). Pour cela, il met en place 8 chapitres dont un introductif et un conclusif, dans lequel il examine la survivance de la sorcellerie jusqu'à nos jours.

Les chapitres 2 à 5 sont autant de moyens pour l'auteur de nous expliquer pourquoi une chasse aux sorcières a eu lieu. Il y examine plusieurs causes qu'il relie sous le terme de "concept cumulatif de sorcellerie." Ces différentes causes sont nombreuses et, selon l'auteur, la perte de l'une aurait pu avoir un impact défavorable sur l'imminence d'une chasse. Comme d'autres personnes, il débute son étude sur les racines intellectuelles, soit la création de la sorcellerie comme danger social. En effet, la peur d'un tel crime ne peut pas se concevoir sans la mise en place d'une peur du diable, et du mal, dans la société. Les théologiens pensent le monde comme soumis aux assauts du diable, rendu plus puissant pour l'occasion. La sorcellerie n'est plus une simple tentative de lancer des sorts mais une preuve de l'existence d'une secte sataniste.

Bien entendu, la pensée intellectuelle est inopérante si des personnes n'agissent pas pour créer un crime. Ainsi, Brian P. Levack examine, dans un autre chapitre, la mise en place et le fonctionnement d'une nouvelle procédure judiciaire qui permet à l'état d'accuser sans avoir besoin de trouver des victimes. Même si cette procédure, inquisitoriale, permet d'attaquer plus de personnes et abaisse les droits de la défense, cela n'implique pas qu'il n'y ait pas de limites. Ainsi, la torture est possible mais elle suit des restrictions importantes. Le but ultime de la torture est de recevoir des aveux. Mais ceux-ci doivent être répétés le lendemain, de manière libre. Par contre, le jugement peur se baser sur l'impression de culpabilité et non sur des preuves importantes. Enfin, l'auteur examine le contexte social et démontre que celui-ci peut avoir un impact. En effet, la pauvreté et les épidémies inexpliquées ont une tendance à rendre les relations sociales plus difficiles. Il devient plus facile d'accuser une autre personne de ses malheurs ou de jalouser une personne qui ne souffre pas autant.

Le "concept cumulatif de sorcellerie" est ensuite mise à l'épreuve afin d'expliquer les dynamiques des chasses aux sorcières dans différentes régions d'Europe. L'auteur y examine aussi bien les pays anglo-saxons que la France, les pays nordiques, le sud de l'Europe et, bien entendu, les pays germaniques sous influence du Saint-Empire ce qui implique le territoire helvétique. L'auteur explicite pour quelles raisons certains territoires, en particulier le sud de l'Europe et une partie des pays Anglo-saxons n'ont pas connu une chasse aux importante (bien que la colonie anglaise de Salem soit une examinée aussi). Selon l'auteur, il faut prendre en compte le droit mais surtout l'envie des élites de s'attaque au crime de sorcellerie. Il démontre que les cours de justice centrales ont tendance à minimiser les casses tandis que les cours locales peuvent être très sévères. Ainsi, l'une des explications concerne la centralisation des pouvoirs et la possibilité de faire recours. Mais les chasses dépendent aussi des croyances des élites. Et celles-ci sont en mutation durant la période. Une nouvelle philosophie sceptique met en doute la véracité des aveux tandis que des médecins commencent à en parler non comme une preuve du diable mais comme une maladie qui doit être traitée. Bref, durant la période l'arsenal intellectuel commence à se briser face à des changements idéologiques au sein des élites, ce qui permet d'empêcher de nouvelles chasses.

Image : Éditeur

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