16/07/2018

The 100 saison 3 et 4

TW : meurtres, tentatives de suicides

Le monde a été détruit dans une apocalypse nucléaire. Mais l'humanité a survécu dans des stations spatiales qui se sont réunies sous la forme d'une Arc. Il y a quelques mois, 100 adolescent-e-s, des délinquant-e-s, ont été envoyé sur Terre afin de vérifier la viabilité du terrain. Car l'Arc meurt et sans une autre solution l'humanité va disparaitre. Mais les 100 et leurs parents ne sont pas aussi seuls qu'on ne l'a cru. Les survivant-e-s de la Terre se sont regroupé-e-s en tribus qui considèrent la survie et la violence comme nécessaire dans un monde dangereux. Les 100 ont décidé de s'allier à ces tribus afin de combattre un second groupe caché dans le bunker d'une montagne, qui utilise le sang des survivant-e-s et des 100 afin de trouver un moyen de survivre aux radiations externes. À la suite de cette guerre, la cheffe des 100, Clarke, a décidé de vivre en ermite. 6 mois plus tard tout le monde est à sa recherche. Et alors qu'elle revient sur les devants de la scène de nouvelles menaces risquent de détruire ce qui reste de l'humanité.

SPOILERS

Le propos de la série, depuis le début, concerne la survie. Face aux 100 nous avions un groupe de personnes très violentes qui considèrent que la survie provient de la capacité de combattre et de sacrifier les personnes faibles et dangereuses. Un autre groupe utilise l'esclavage et le vampirisme tout en se considérant comme la quintessence de la civilisation humaine (surprise, ce sont des blancs aux habits riches). Durant la série, les 100 et les terrien-ne-s essaient de créer une nouvelle civilisation basée sur la paix. Mais la série aime bien créer de nouveaux problèmes. Ainsi, la saison 4 montre les 100 devenir équivalents au groupe du bunker puisqu'illes utilisent le sang et les corps d'autres personnes afin de trouver un moyen de survivre à la fin du monde. La question posée est limpide : Que peut-on justifier au nom de la survie ?

L'une des réponses est donnée par Luna. Ce personnage aurait mérité un meilleur développement au fil de la série. Luna est membre d'un groupe qui peut accéder au statut suprême. Ce statut s'acquière lors d'un combat rituel qui implique la mort de toutes personnes prétendantes au trône. Mais Luna a fui et, depuis, refuse de rester sur la voie de la violence. Elle essaie de créer une nation basée sur la paix. À plusieurs reprises, elle accuse Clarke de justifier des atrocités au nom de la survie et, petit à petit, refuse à l'humanité le droit de continuer à exister. Malheureusement, ce refus se traduit par un retour à la violence. Luna fait partie des rares personnages censés être purement pacifistes que je connais (un autre exemple étant la Duchesse Satine dans la série Clone Wars). J'aurais apprécié que la série lui laisse le temps de développer sa philosophie avant d'en faire une tueuse sans remords.

Un second problème concerne Jasper. Jasper est l'un des 100 présents depuis le début de la série. Lors de la saison 2, il fait la connaissance de Maya qui meurt à la suite de la décision de Clarke de détruire le bunker contre lequel les 100 sont en guerre. Cette décision implique de tuer non seulement des soldats mais aussi des enfants et des personnes innocentes ou alliées. À la suite de cela, Jasper est furieux, ce qui est justifié, mais il entre aussi en dépression. À plusieurs reprises lors des saison 3 et 4 il exprime très clairement son envie de se suicider, avec plusieurs tentatives. Mais il est très mal écrit. Au lieu de le montrer pour ce qu'il est, une personne suicidaire, la production en fait l'un des personnages les plus antipathiques de la série. Il semble que les scénaristes souhaitent nous dire que les personnes suicidaires sont désagréables. À plusieurs reprises, des ami-e-s de Jasper se contentent de lui demander d'agir pour ne plus être désagréable. Jamais la raison de sa dépression n'est exprimée comme légitime. Aucun personnage, même considéré comme des docteur-e-s, ne tente de l'aider. Il est laissé à l'abandon. Je suis très déçu de son traitement et j'en attendais beaucoup plus.

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**** Une série que j'apprécie mais ces deux saisons traitent mal deux personnages que j'aurais préférés être mieux écrits.
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Image : Allociné

Site officiel

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10:56 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the 100, les 100, cw | | | |  Facebook

Nous les filles de nulle part (The nowhere girls) par Amy Reed

Titre : Nous les filles de nulle part (The nowhere girls)
Autrice : Amy Reed
Éditeur : Albin Michel 28 février 2018
Pages : 536
TW : Harcèlement scolaire, harcèlement policier, viol, psychophobie

Ce roman a été conseillé par la chaine de Mx Cordelia. Malgré le thème et des passages parfois difficiles le livre est positif. Grace est une jeune adolescente effacée. Elle vit dans l'ombre de sa mère, une brillante oratrice chrétienne adorée par le père de Grace. Les activités de sa mère ont obligé la famille à quitter leur ancienne église, son ancienne école et leur ancienne ville pour se rendre en Oregon, Prescott. Grace ne connait encore personne et elle regrette beaucoup d'avoir perdu celles qu'elle pensait être ses amies ainsi que ses repères. Elle pourrait se réfugier dans sa chambre mais elle est encore en désordre et remplie de messages de désespoir de l'ancienne occupante : Lucy Moynihan. Elle veut absolument savoir ce qui est arrivé et, pour cela, elle se rapproche de deux personnes un peu marginales de l’école : Rosina et Erin. Ensembles, elles montent un plan pour s'attaquer au problème à la source.

SPOILERS

Comme je l'ai dit plus haut, le thème de ce livre est difficile. Heureusement, l'autrice ne décrit jamais précisément les actes de viols. Bien que le livre soit résolument optimiste, l'autrice n'oublie pas non plus les difficultés de dénoncer des pratiques de harcèlement et de prédation contre les filles et les femmes. Une grande partie du livre se déroule dans une forme de clandestinité. Les jeunes femmes de l'école se réunissent en se sachant soumis à une surveillance de plus en plus importante. Petit à petit, celle-ci se concrétise par des accusations contre les "meneuses." Le but, bien qu'il ne soit pas exprimé, est de silencier les femmes sur leurs expériences. Ni la police ni l'école ne sont bienveillantes dans ce livre. Au contraire, ce sont des ennemis. En ce qui concerne l'école on n'observe que deux personnages précis. Le premier est un enseignant, coach de l'équipe, qui refuse toute remise en cause de ses sportifs et de leur statut. La seconde est la proviseure qui agit aussi en partie sous pression de la police, mais n'hésite pas à agir illégalement. Ce qui ressort de ce roman est une impression d'isolement face à des adultes qui refusent que des adolescentes puissent vouloir s'exprimer en vue d'un changement.

Il ne faut donc pas faire confiance aux adultes. Les adolescentes organisent une réunion non-mixte. La mise en place est intéressante puisque l'autrice décide que les fondatrices restent anonymes et de ne pas mettre en place une structure hiérarchique, les adolescent-e-s parlent selon leurs envies et leurs besoins. Cela permet de mettre en avant un certain nombre de point de vue sur la sexualité, la féminité et l'amitié. Cet aspect est renforcé par la structure des chapitres. La lecture permet de suivre 3 femmes précises : Grace croyante et nouvelle, Rosina mexicaine et lesbienne et Erin asperger. Leurs ressentis et peurs fassent à ce qui arrive sont coupés par les points de vue d'autres personnages, qui parfois ne sont pas d'accord, mais aussi de chapitres sobrement intitulés nous qui permettent de mettre en avant, sans nommer, les expériences d'autres adolescentes. Si je devais faire une critique négative je dirais que la conclusion du roman ne permet pas de savoir tout ce qui arrive à ce groupe. Mais on en ressort avec l'envie de le faire lire à tout le monde.

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***** Thème difficile mais roman optimiste sans être irréaliste. À lire.

Image : Éditeur

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