31/07/2018

Batman Detective Comics 6. Fall of the Batmen par James Tynion IV, Joe Bennett, Miguel Mendoça et Eddy Barrows

Titre : Batman Detective Comics 6. Fall of the Batmen
Auteurs : James Tynion IV, Joe Bennett, Miguel Mendoça et Eddy Barrows
Éditeur : DC 26 juin 2018
Pages : 184

Ce volume 6 contient Detective Comics 969-974 et Annual 1. Tim Drake, alias Red Robin, est enfin de retour après plusieurs semaines enfermés par une personne mystérieuse. Il a aussi fait la connaissance de son alter ego du futur et souhaite éviter de devenir cette personne. Revenu à Gotham, il a plusieurs buts. Premièrement, il souhaite revoir Stéphanie qui a quitté l'équipe après son refus de continuer sur la voie que Batman a prise. Il souhaite éviter le futur qu'il a observé. Et enfin, il veut reconstruire l'équipe pour en faire une machine capable de répondre à toutes les menaces. Mais ses méthodes commencent à inquiéter de nombreuses personnes aussi bien chez les criminels que le gouvernement, et même la population générale.

SPOILERS

Les auteurs ont décidé de créer une équipe capable d'affronter des menaces importantes. Face à celle-ci, il y a eu deux ennemis principaux : la Colonie une branche secrète de l'armée et les Premières Victimes suivi par un mouvement populaire. Ces deux menaces n'ont pas disparu mais ce nouveau volume s'intéresse à autre chose. Est-il possible, pour une personne privée, d'agir comme une police parallèle avec des tactiques paramilitaires ? Bien entendu, cette question était sous-entendue depuis le début de la série de Tynion. Les Premières Victimes considèrent que Batman fait partie du problème et doit être puni pour cela. La Colonie considère que Batman peut devenir une menace pour la sécurité de l'État et donc qu'il faut être capable de l'empêcher de nuire.

Mais ce nouveau volume étend cette question à la société civile. Pour cela, la mairie de Gotham reçoit un nouveau maire dont la première action est de tenter de restreindre les actions de Batman, par la menace si nécessaire. Même Gordon critique son ami encapé. Cependant, il est clair que les auteurs ne souhaitent pas s'arrêter là et continuent de mettre en avant Tim Drake, le véritable cerveau de l'opération. Ses idées sont de plus en plus inquiétantes puisqu'il planifie la prise de contrôle militaire de la ville par son équipe. Ce volume introduit aussi une menace de dissension alors que les membres de l'équipe doivent faire un choix face à un Clayface qui ne se contrôle plus et qui devient un danger pour les habitant-e-s de la ville. Personnellement, je me réjouis de savoir comment les auteurs vont traiter ce point au sein de l'équipe de Batman.

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**** Un sixième volume toujours aussi intéressant qui continue à créer une équipe tout en la mettant face aux questions qu'elle pose pour la sécurité de la ville et de l'état.
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Image : Éditeur

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27/07/2018

Le déclin de l'Ancien Régime en Suisse. Un tableau de l'histoire économique et sociale du 18ème siècle par Rudolf Braun

Titre : Le déclin de l'Ancien Régime en Suisse. Un tableau de l'histoire économique et sociale du 18ème siècle
Auteur : Rudolf Braun
Éditeur : Éditions d'en bas et Éditions de la maison des sciences de l'homme 1988
Pages : 284

Sous le terme Ancien Régime les historien-ne-s prennent en compte un fonctionnement économique et social basé sur la tradition et l'autorité obtenue de la divinité. De plus, le terme met en contradiction l'Ancien et le Nouveau, celui-ci étant mis en place à la suite de la Révolution française. On peut légitimement se demander si le terme d'Ancien Régime peut fonctionner en Suisse puisque la Révolution française n'est pas suisse, si tant est que la Suisse existe à l'époque en tant que communauté nationale. Mais ce serait oublier, justement, les changements majeurs en Europe, l'impact des idées dont l'idée de nation et la République helvétique. Cela ne dit rien sur le fonctionnement de la Confédération au XVIIIème siècle, ce que Rudolf Braun entreprend d'examiner dans ce livre qu'il pense autant comme un manuel destiné aux études qu'un moyen de poser sur la table les manques de l'historiographie suisse lors de sa rédaction (le livre ayant 20 ans). Il rédige 6 chapitres qui examinent des parties précises du fonctionnement de la Confédération sous l'Ancien Régime.

Les trois premiers chapitres forment le versant économique et démographique de cette étude. L'auteur commence son examen par le fonctionnement des populations, mais aussi les moyens de connaitre le nombre de personnes en vie durant cette période. Ce premier chapitre permet de mettre en avant le fonctionnement de la démographie lors des crises, aussi bien économiques que dans le cadre d'épidémies, ou des moments de haute conjoncture. L'examen de la démographie par les experts de l'époque est délicat car les autorités considèrent ce sujet comme potentiellement dangereux. En effet, la population commence à être considérée comme un bien pour l'état.

Un second chapitre s'intéresse plus spécifiquement à l’agriculture. L'auteur y explique les problèmes posés par une agriculture basée sur des cultures obligatoires et des terrains publics. Bien que ceux-ci permettent aux personnes pauvres de survivre cela implique aussi une productivité moindre et des difficultés pour créer de nouvelles cultures, comme la patate. Les changements seront difficiles à défendre, en particulier par des groupes d'experts comme les économistes patriotes. L'auteur s'intéresse aussi à la production de fromage qui peut rapporter beaucoup d'argent mais dont les risques sont portés par une seule catégorie de la population.

Le troisième chapitre s'intéresse à la proto-industrie. Celle-ci implique que des commerçants fournissent de la matière première à des familles qui transforment cette matière en produit finit qui est finalement vendu par les commerçants. Cette proto-industrie permet à des familles pauvres de ne plus subsister uniquement de l'agriculture mais de trouver une autre forme de ressources. Cependant, elle implique aussi une nouvelle manière de vivre, à domicile, qui est en contradiction avec la tenue du ménage, ce qui pousse un certain nombre de personnes à considérer ce travail comme un vecteur de démoralisation. Ce travail implique aussi une division du temps en heure et minutes afin d'atteindre une productivité suffisante pour vivre, qui dépend de conjoncture parfois saisonnière

Dans le quatrième et cinquième chapitre l'auteur s'intéresse à la vie en ville et au fonctionnement des gouvernements. Le milieu urbain est caractérisé par une division de la population en "classes." Celles-ci permettent d'atteindre des droits spécifiques, civils et politiques. Ainsi, la bourgeoisie, et une minorité de celle-ci, possèdent les droits politiques et l'exercice effectif du gouvernement. Les habitants possèdent un droit d'établissement et donc des capacités civiles sans droits politiques. Cette division, ici simplifiée, implique de plus en plus de tensions. Les gouvernements sont basés sur une élite de plus en plus restreinte, alors que l'accès à la bourgeoisie est de plus en plus difficile. On observe des cantons urbains qui tiennent un vaste territoire sujet, basés sur des coutumes anciennes liées aux seigneuries, et des cantons ruraux fonctionnant en Landsgemeinde avec, là aussi, une minorité capable de gouverner. Les fonctionnements des divers gouvernements sont variés et permettent d'observer aussi bien des cooptations, des achats de charge que l'usage du hasard.

Le dernier chapitre s'intéresse aux résultats des tensions mentionnées plus haut, les révoltes. L'auteur y démontre que les difficultés d'accès aux fonctions gouvernementales mènent certaines catégories à exiger des droits politiques. Un second type de récolte est lié à un retour au passé. Face à ce qui est conçu comme des exagérations voire de la corruption une partie de la population demande un retour aux anciennes chartes, mais dont l'accès est réglementé. On trouve ici l'importance des archives pour justifier une révolte et l'absence de volonté d'un changement majeur du régime. Les autorités de l'Ancien Régime réagissent ensembles, quel que soit le canton, contre ces révoltes et les punitions peuvent être très sévères, du bannissement à la peine de mort. Ce n'est que la menace française qui permet plusieurs révolutions avant que l'invasion par les troupes française ne permette d'imposer la République Helvétique.

Ce livre est assez laborieux. Bien qu'intéressant les nombreuses pages qui examinent la production agricole et le commerce du fromage furent loin de m'intéresser. Cette difficulté est aussi due au but de l'auteur, proposer un tableau complet de la Suisse de l'Ancien Régime. Cela implique beaucoup de description concernant de nombreux sujets mais aussi une certaine rigueur et le choix d'exemples précis. Il est donc normal que de nombreux sujets ne soient pas étudiées aussi profondément qu'une personne intéressée ne le souhaiterait. De plus, on peut se demander quelles sont les avancées de la recherche que ce livre ne présente pas, ayant été édité en 1988 en français et 1984 en allemand.

Image : Éditeur

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21/07/2018

52 3 par Geoff Johns, Grant Morrison, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen

Titre : 52 3
Auteurs : Geoff Johns, Grant Morrison, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen
Éditeur : Urban comics 29 juin 2018
Pages : 320

Ce tome contient 52 27-39 ainsi que The origin of the Question et The origin of the Metal Men. Après la crise un an s'est déroulé sans que les principaux personnages de DC ne soient présents dans les événements principaux. Durant cette année, les personnages secondaires durent prendre la place et sauver l'univers des menaces les plus importantes. Et il y a de nombreuses menaces. Alors que Black Adam semble avoir réellement changé une menace se déplace dans la galaxie, sans que les gardiens n'agissent. Gotham est sous le contrôle d'Intergang dont les membres semblent suivre une prophétie tirée d'une bible du crime. Mais surtout, Luthor contrôle de plus en plus de héros et héroïnes au travers de son projet.

SPOILERS

Ce troisième tome permet de dépasser la moitié des numéros de la série 52. Les informations sur les trois personnages disparus, Batman, Superman et Wonder Woman, sont toujours aussi peu présents. Wonder Woman semble avoir disparu tandis que même Batman se montre dans ces pages. Ce qui permet à ce tome de gagner en intérêt sont les nombreuses réponses qui sont enfin données aux différentes intrigues mises en place. On sait enfin qui est Supernova, on sait qu'elle est la menace qui fait peur aux Gardiens de la galaxie et on sait enfin ce que souhaite Intergang (bien que l'on ne sache pas pourquoi). Mais les intrigues sont encore très décousues. Le passage d'un personnage à un autre voire d'un lieu à un autre est très rapide, parfois le changement se fait en deux pages. Ceci rend la compréhension un peu difficile et je me demande si la fin sera à la hauteur des problèmes posés.

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*** Quelques réponses et surtout Batwoman.
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Image : Éditeur

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Hardfought par Greg Bear

Titre : Hardfought
Auteur : Greg Bear
Éditeur : Open Road Media Sci-Fi & Fantasy 1 avril 2014
Pages : 116
TW : Racisme, mention de génocides

Le futur, une époque indéterminée dans la nébuleuse de la Méduse un vaisseau humain prépare son équipage au combat. Depuis des milliers d'années, l'humanité est en guerre contre une espèce aussi vieille que la galaxie : les Senexi. Alors que l'humanité est née sur une planète rocheuse riche en ressources les Senexi proviennent d'une planète gazeuse avec peu de ressources. Les deux espèces sont aussi puissantes l'une que l'autre sans que rien ne semble permettre la fin de la guerre. Pire encore, les deux espèces n'ont même jamais essayé de se contacter.

SPOILERS

Je n'ai lu que deux romans de Greg Bear, L'échelle de Darwin et Les enfants de Darwin. Bien que mes souvenirs soient lointains, j'en ai eu l'impression d'un auteur qui essaie d'être le plus proche de la réalité scientifique tout en tentant d'aller au bout des conséquences de ce qu'il décrit. Malgré les actes mis en avant dans ces deux romans, il en sortait aussi une impression d'optimisme. Hardfought est très différent. J'en ai entendu parler sur le blog Le culte d'Apophis qui en fait une critique très complète tout en le comparant à La guerre éternelle de Joe Haldeman, un très bon roman. Greg Bear écrit une histoire particulièrement difficile d'accès. Il ne prend pas le temps de définir son univers dans les premières pages. Il faut attendre plusieurs dizaines de pages avant de commencer à comprendre à quelle époque l'on se trouve et quels sont les éléments particuliers de cet univers. L'auteur nous offre quelques indices mais sans les expliciter. L'entrée est particulièrement difficile et ce n'est que durant la lecture que l'histoire commence à devenir plus compréhensible, ce qui permet à l'auteur de nous présenter une dystopie particulièrement glaçante.

Lorsqu'on ressort de cette courte histoire on ressent une impression de fort désespoir. Les rares personnages de l'intrigue sont perdus dans un combat qu'illes ne comprennent pas et qui ne peut pas s'arrêter. Les Senexi sont plus compréhensibles que les humain-e-s. Greg Bear nous décrit une civilisation ancienne qui n'accepte pas les changements. Ne serait-ce que communiquer avec d'autres formes de vie est considéré comme une atteinte à leur pureté originelle. La civilisation fonctionne avec un corps nerveux central immobile et des individus sous contrôle plus ou moins strict mais capables de se mouvoir. L'intrigue permet de suivre l'un de ces individus chargé de comprendre l'humanité

L'humanité, justement, est très différente de ce que l'on connait et ce n'est que tardivement que l'on commence à comprendre à quel point celle-ci a été mise à mal. Pour être précis, l'auteur nous présente trois époques. L'une est mise en avant au début du roman. L'autre est présentée vers la moitié de l'intrigue et la dernière époque débute à la fin du roman. À travers ces trois époques l'auteur essaie de nous faire comprendre ce qui arrive à l'humanité lorsque celle-ci décide de tout faire pour devenir une machine de guerre chargée de combattre éternellement. Outre l'incapacité de communiquer avec des êtres différents, car la compréhension implique une possibilité d'empathie, l'intrigue met en place une tentative d'atteindre l'efficience parfaite. Lorsque l'on commence à comprendre cet aspect durant la lecture on commence à pouvoir imaginer tout ce qu'a perdu l'humanité. Les personnages ne sont plus des humain-e-s mais de simples machines construites à la chaine pour être envoyées au combat le plus vite possible. Il n'y a plus d'égalité mais un système de caste avec des buts précis. Les dirigeant-e-s ne sont jamais montré-e-s. À la fin du roman on se demande si les deux espèces ne méritent pas de se détruire mutuellement.

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**** Je n'ai fait qu'effleurer les thèmes d'une lecture aussi riche qu'elle est difficile d'accès. Je ne peux pas annoncer avoir apprécié ma lecture. Mais Greg Bear a réussi à produire une intrigue extrêmement bien construite.
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Image : Site de l'auteur

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20/07/2018

La religion des romains par John Scheid

Titre : La religion des romains
Auteur : John Scheid
Éditeur : Armand Colin 2017
Pages : 223

Bien que l'histoire de la civilisation romaine me fascine (comme beaucoup de civilisations anciennes) je ne connais pratiquement rien sur le fonctionnement de la religion chez les romain-e-s m'étant concentré sur les événements et le système politique, déjà bien compliqué à nos yeux. L'auteur propose donc une synthèse des connaissances sur le système religieux des romain-e-s afin de comprendre son fonctionnement mais aussi de mettre en cause certaines idées préconçues. Le manuel, destiné aux étudiant-e-s en bachelor d'histoire ancienne, est divisé en 5 parties.

La première et la dernière partie sont autant de moyens de mettre en question certaines idées et de résumer ce que l'on connait de ces religions. L'auteur met fortement en cause l'idée que le polythéisme romain serait une forme d'étape en direction d'un monothéisme chrétien. Il récuse aussi l'idée que les religions romaines seraient devenues de moins en moins suivies au fil du temps, laissant la place à la chrétienté. Selon lui, la question n'est pas de progression mais d'un besoin, la chrétienté devient importante car les traditions ne répondent plus aux besoins. Enfin, il récuse l'idée que les religions dites orientales seraient différentes et plus récentes que les traditions originelles, sur lesquelles nous n'avons pas d'informations précises.

La seconde partie inclut deux chapitres, l'un sur le temps et l'autre l'espace. L'auteur y explique de quelle manière les romain-e-s divisaient le temps selon les besoins civils, religieux et politiques. Bien que certains calendriers nous soient parvenus. Il faut bien comprendre que la religion est d'abord une affaire privée et que seules les fêtes les plus importantes nous sont parvenues. L'espace aussi est divisé selon qu'il appartient ou non à une divinité. Il existe des lieux que l'on consacre légalement à une divinité tandis que d'autres sont naturellement divins et, parfois, protégés.

La troisième partie est consacrée au service religieux et particulièrement le sacrifice et les pratiques de divinations. Le sacrifice est régulièrement montré comme un acte sanglant dans les productions télévisuelles et cinématographiques. On oublie que celui-ci obéit à un rituel précis. La personne qui sacrifie doit accomplir des gestes précis, dire des paroles exactes et enfin appliquer le sacrifice. Ces actes peuvent être particulièrement compliqués et le sacrifice peut être refusée. De plus, la bête sacrifiée doit toujours accepter son sort. En ce qui concerne les divinations, il existe plusieurs méthodes dont l'usage dépend des circonstances : examen de certaines parties internes du corps, observation des oiseaux, signes mais aussi les livres sibyllins. Chacun de ces actes doit être interprété mais aussi accompli avant une décision officielle. Il s'agit moins de connaitre le futur que d'être certain de l'accord d'une divinité.

La quatrième partie est constituée de 3 chapitres qui examinent les acteurs et actrices. L'auteur commence par présenter les prêtrises, divisée entre les collèges majeurs dont les prêtres peuvent aussi être magistrats et les sodalités. Il n'existe ni livres ni corps de métier précis mais des rôles. En effet, l'acte religieux doit être accompli par tous les citoyens romains que ce soit en public ou en privé. La religion privée est tout aussi importante que la publique et chaque famille a ses propres divinités que le père de famille doit respecter. Durant l'Empire, les empereurs et certaines personnes de la famille purent aussi être divinisés et être mis au-dessus des simples humains. L'important est de donner à toutes les divinités ce qui leur est dues et les romain-e-s peuvent même prendre en compte des divinités encore inconnues.

Ce manuel est un bon moyen de comprendre un peu mieux le fonctionnement de la religion des romain-e-s. Synthétique il est aussi très complet. L'auteur examine la validité scientifique de certaines idées tout en expliquant ce que l'on connait du fonctionnement de la religion dans la civilisation romaine. Ce manuel contient aussi une bibliographie thématique, une chronologie et un glossaire particulièrement utile pour comprendre certains termes qui nous sont peu compréhensibles.

Image : Éditeur

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Ant-Man and the Wasp

Ant-Man n'apparait pas dans Avengers Infinity War. Comme d'autres personnages, on ne sait pas ce qui lui est arrivé ni où il se trouve lors des événements du dernier Avengers. Scott Lang a accepté un accord avec le gouvernement allemand ainsi que le gouvernement des Etats-Unis. Au lieu de la prison, il retourne chez lui mais il est assigné à résidence pour deux ans avec une période de probation. Bien entendu, il ne doit contacter ni Captain America ni Hank Pym et Hope van Dyne. La vie se déroule difficilement entre une routine de tous les jours, l'apprentissage de la magie, le gardiennage de sa fille et l'irruption de la police pour fouiller la maison. Bien qu'il regrette de ne plus être Ant-Man, Scott refuse de mettre en danger ses relations avec sa fille qu'il juge plus important que son envie d'être un héros. C'est sans compter Hank et Hope.

SPOILERS

Le premier film mettait en avant Scott Lang alors que Hope van Dyne était bien plus capable que lui. Scott était un Ant-Man qui apprenait à utiliser le costume ainsi que les fourmis tout en suivant les ordres d'Hank Pym. Hope van Dyne était à peine un personnage dont Scott tombe amoureux ou une fille fâchée contre son père. Pourtant, elle est clairement bien plus entrainée et intelligente que Scott. Ce second film lui rend enfin justice. Non seulement elle est inscrite dans le titre mais elle est active une grande partie du film. Bien entendu, elle a parfois besoin d'aide mais c'est elle qui décide quand et où. Je tiens d’ailleurs à mettre en avant une scène particulière. Alors que Scott s'apprête à les sauver Hope a déjà mis en place un plan. Hope n'est pas une princesse Disney en attente d'un homme. Scott, dans ce film, perd de sa superbe. Alors que Hope est active et compétente Scott échoue et utilise un costume qui ne fonctionne pas bien. Le personnage et ses capacités sont clairement diminués face à Hope van Dyne.

Sans être révolutionnaire, le premier film usait habilement des capacités de miniaturisation et d’agrandissement. Outre des scènes humoristiques cela permettait aussi un changement de perspective au sein même des scènes. Cette suite utilise les mêmes idées que le premier. On retrouve les mêmes personnages avec les mêmes caractéristiques. On retrouve le bus et son klaxon. Et le film utilise encore plus les changements de tailles des héros et du décor. Les voitures et les immeubles ne sont plus indemne (et l'on se dit que Hope et Hank feraient fortunes en tant que déménageurs). Il n'y a donc aucune surprise mais simplement de l'efficacité. Heureusement, ce film ajoute une adversaire bien plus intéressante que le premier. Son but n'est pas de contrôler le monde mais tout simplement de survivre et de tout faire pour éviter la souffrance. Il est dommage que ce personnage ne soit pas examiné de plus près dans ce film.

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*** On ne peut pas parler d'un bon film mais d'un film efficace et rien de plus.
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Image : Site officiel

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17/07/2018

Low 4. Derrière le brouillard par Rick Remender et Greg Tocchini

Titre : Low 4. Derrière le brouillard
Auteurs : Rick Remender et Greg Tocchini
Éditeur : Urban comics 23 février 2018
Pages : 120

Ce tome contient Low 16-19. La famille Caine est plus divisée que jamais. Stel a réussi à atteindre la surface mais elle a sous-estimé les dangers d'un monde que plus personne ne connait et elle pourrait bien ne pas avoir survécu à ses recherches. Della a abandonné sa sœur afin de détruire la sonde qui donne de l'espoir à sa famille. Tajo est laissée pour morte après sa confrontation avec sa sœur et la fille de son père adoptif. Elle se réveille au sein de Salus, une ville en proie à la mort et au suicide. Mais il semblerait qu'il y ait enfin une possibilité de trouver une nouvelle maison à l'humanité dans une autre galaxie. Il ne reste plus qu'à convaincre le sénat.

SPOILERS

La direction prise par ce quatrième tome m'a surpris. Remender se concentre uniquement sur l'une des filles de la famille Caine et laisse les autres personnages en arrière. Alors que je me posais des questions du Della et le destin de la sonde ainsi que de Stel, et surtout de cet être qui détruit la sonde à la fin du tome 3, aucune information ne nous est donnée. Tandis que la série commence par une quête vers la surface ce nouveau tome trouve une information cachée dans les bases de données de la cité de Salus, ce qui rend le voyage de Stel inutile (et justifie l'importance d'engager de bons archivistes). J'ai l'impression que les événements sont précipités mais surtout je me demande pour quelle raison il a été nécessaire de faire revenir Marik ? Je ne sais pas si Remender va revenir aux autres personnages mais je l'espère.

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*** À mon avis le tome le plus faible de la série.
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Image : Éditeur

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16/07/2018

The 100 saison 3 et 4

TW : meurtres, tentatives de suicides

Le monde a été détruit dans une apocalypse nucléaire. Mais l'humanité a survécu dans des stations spatiales qui se sont réunies sous la forme d'une Arc. Il y a quelques mois, 100 adolescent-e-s, des délinquant-e-s, ont été envoyé sur Terre afin de vérifier la viabilité du terrain. Car l'Arc meurt et sans une autre solution l'humanité va disparaitre. Mais les 100 et leurs parents ne sont pas aussi seuls qu'on ne l'a cru. Les survivant-e-s de la Terre se sont regroupé-e-s en tribus qui considèrent la survie et la violence comme nécessaire dans un monde dangereux. Les 100 ont décidé de s'allier à ces tribus afin de combattre un second groupe caché dans le bunker d'une montagne, qui utilise le sang des survivant-e-s et des 100 afin de trouver un moyen de survivre aux radiations externes. À la suite de cette guerre, la cheffe des 100, Clarke, a décidé de vivre en ermite. 6 mois plus tard tout le monde est à sa recherche. Et alors qu'elle revient sur les devants de la scène de nouvelles menaces risquent de détruire ce qui reste de l'humanité.

SPOILERS

Le propos de la série, depuis le début, concerne la survie. Face aux 100 nous avions un groupe de personnes très violentes qui considèrent que la survie provient de la capacité de combattre et de sacrifier les personnes faibles et dangereuses. Un autre groupe utilise l'esclavage et le vampirisme tout en se considérant comme la quintessence de la civilisation humaine (surprise, ce sont des blancs aux habits riches). Durant la série, les 100 et les terrien-ne-s essaient de créer une nouvelle civilisation basée sur la paix. Mais la série aime bien créer de nouveaux problèmes. Ainsi, la saison 4 montre les 100 devenir équivalents au groupe du bunker puisqu'illes utilisent le sang et les corps d'autres personnes afin de trouver un moyen de survivre à la fin du monde. La question posée est limpide : Que peut-on justifier au nom de la survie ?

L'une des réponses est donnée par Luna. Ce personnage aurait mérité un meilleur développement au fil de la série. Luna est membre d'un groupe qui peut accéder au statut suprême. Ce statut s'acquière lors d'un combat rituel qui implique la mort de toutes personnes prétendantes au trône. Mais Luna a fui et, depuis, refuse de rester sur la voie de la violence. Elle essaie de créer une nation basée sur la paix. À plusieurs reprises, elle accuse Clarke de justifier des atrocités au nom de la survie et, petit à petit, refuse à l'humanité le droit de continuer à exister. Malheureusement, ce refus se traduit par un retour à la violence. Luna fait partie des rares personnages censés être purement pacifistes que je connais (un autre exemple étant la Duchesse Satine dans la série Clone Wars). J'aurais apprécié que la série lui laisse le temps de développer sa philosophie avant d'en faire une tueuse sans remords.

Un second problème concerne Jasper. Jasper est l'un des 100 présents depuis le début de la série. Lors de la saison 2, il fait la connaissance de Maya qui meurt à la suite de la décision de Clarke de détruire le bunker contre lequel les 100 sont en guerre. Cette décision implique de tuer non seulement des soldats mais aussi des enfants et des personnes innocentes ou alliées. À la suite de cela, Jasper est furieux, ce qui est justifié, mais il entre aussi en dépression. À plusieurs reprises lors des saison 3 et 4 il exprime très clairement son envie de se suicider, avec plusieurs tentatives. Mais il est très mal écrit. Au lieu de le montrer pour ce qu'il est, une personne suicidaire, la production en fait l'un des personnages les plus antipathiques de la série. Il semble que les scénaristes souhaitent nous dire que les personnes suicidaires sont désagréables. À plusieurs reprises, des ami-e-s de Jasper se contentent de lui demander d'agir pour ne plus être désagréable. Jamais la raison de sa dépression n'est exprimée comme légitime. Aucun personnage, même considéré comme des docteur-e-s, ne tente de l'aider. Il est laissé à l'abandon. Je suis très déçu de son traitement et j'en attendais beaucoup plus.

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**** Une série que j'apprécie mais ces deux saisons traitent mal deux personnages que j'aurais préférés être mieux écrits.
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Image : Allociné

Site officiel

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10:56 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the 100, les 100, cw | | | |  Facebook

Nous les filles de nulle part (The nowhere girls) par Amy Reed

Titre : Nous les filles de nulle part (The nowhere girls)
Autrice : Amy Reed
Éditeur : Albin Michel 28 février 2018
Pages : 536
TW : Harcèlement scolaire, harcèlement policier, viol, psychophobie

Ce roman a été conseillé par la chaine de Mx Cordelia. Malgré le thème et des passages parfois difficiles le livre est positif. Grace est une jeune adolescente effacée. Elle vit dans l'ombre de sa mère, une brillante oratrice chrétienne adorée par le père de Grace. Les activités de sa mère ont obligé la famille à quitter leur ancienne église, son ancienne école et leur ancienne ville pour se rendre en Oregon, Prescott. Grace ne connait encore personne et elle regrette beaucoup d'avoir perdu celles qu'elle pensait être ses amies ainsi que ses repères. Elle pourrait se réfugier dans sa chambre mais elle est encore en désordre et remplie de messages de désespoir de l'ancienne occupante : Lucy Moynihan. Elle veut absolument savoir ce qui est arrivé et, pour cela, elle se rapproche de deux personnes un peu marginales de l’école : Rosina et Erin. Ensembles, elles montent un plan pour s'attaquer au problème à la source.

SPOILERS

Comme je l'ai dit plus haut, le thème de ce livre est difficile. Heureusement, l'autrice ne décrit jamais précisément les actes de viols. Bien que le livre soit résolument optimiste, l'autrice n'oublie pas non plus les difficultés de dénoncer des pratiques de harcèlement et de prédation contre les filles et les femmes. Une grande partie du livre se déroule dans une forme de clandestinité. Les jeunes femmes de l'école se réunissent en se sachant soumis à une surveillance de plus en plus importante. Petit à petit, celle-ci se concrétise par des accusations contre les "meneuses." Le but, bien qu'il ne soit pas exprimé, est de silencier les femmes sur leurs expériences. Ni la police ni l'école ne sont bienveillantes dans ce livre. Au contraire, ce sont des ennemis. En ce qui concerne l'école on n'observe que deux personnages précis. Le premier est un enseignant, coach de l'équipe, qui refuse toute remise en cause de ses sportifs et de leur statut. La seconde est la proviseure qui agit aussi en partie sous pression de la police, mais n'hésite pas à agir illégalement. Ce qui ressort de ce roman est une impression d'isolement face à des adultes qui refusent que des adolescentes puissent vouloir s'exprimer en vue d'un changement.

Il ne faut donc pas faire confiance aux adultes. Les adolescentes organisent une réunion non-mixte. La mise en place est intéressante puisque l'autrice décide que les fondatrices restent anonymes et de ne pas mettre en place une structure hiérarchique, les adolescent-e-s parlent selon leurs envies et leurs besoins. Cela permet de mettre en avant un certain nombre de point de vue sur la sexualité, la féminité et l'amitié. Cet aspect est renforcé par la structure des chapitres. La lecture permet de suivre 3 femmes précises : Grace croyante et nouvelle, Rosina mexicaine et lesbienne et Erin asperger. Leurs ressentis et peurs fassent à ce qui arrive sont coupés par les points de vue d'autres personnages, qui parfois ne sont pas d'accord, mais aussi de chapitres sobrement intitulés nous qui permettent de mettre en avant, sans nommer, les expériences d'autres adolescentes. Si je devais faire une critique négative je dirais que la conclusion du roman ne permet pas de savoir tout ce qui arrive à ce groupe. Mais on en ressort avec l'envie de le faire lire à tout le monde.

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***** Thème difficile mais roman optimiste sans être irréaliste. À lire.

Image : Éditeur

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13/07/2018

Histoire de Genève 3. De la création du canton en 1814 à nos jours par Olivier Perroux

Titre : Histoire de Genève 3. De la création du canton en 1814 à nos jours
Auteur : Olivier Perroux
Éditeur : Alphil 2017
Pages : 151

Ce dernier tome s'intéresse à la vie de la Commune, et du canton, de Genève du XIXème à pratiquement aujourd'hui puisque l'auteur mentionne aussi bien le CEVA que la révision constitutionnelle ou encore l'arrivée du MCG. Cette entrée dans l'histoire contemporaine de Genève a lieu après l'époque française alors que les diplomates genevois font pressions au congrès de Vienne pour recevoir une indépendance dans le cadre de la Confédération Helvétique, elle aussi restaurée après l'épisode de la République Helvétique. L'auteur examine cette longue histoire en 15 chapitres.

Sans vouloir présenter tous les chapitres de cette synthèse, il me semble que l'un des thèmes importants de ce tome concerne la révolution et particulièrement l'histoire du radicalisme. Ce parti, qui est d'abord à la gauche des Conservateurs, inaugure une véritable révolution dans le canton lorsque les autorités traditionnelles sont renversées au profit des radicaux, dont Fazy. Bien que cette révolution ait eu lieu en deux étapes, la Confédération ayant réagi, Fazy a eu un impact majeur sur l'histoire de la ville puisqu'il décida de nombreuses révisions et changements, par exemple la destruction des murailles ce qui ouvrit de nouveaux terrains de constructions. Malgré sa puissance, le radicalisme perdra, petit à petit, de sa splendeur face au parti socialiste et à Léon Nicole lors de l'entre-deux-guerres. Cette hégémonie sera définitivement perdue après les années 60.

Un second thème pourrait être celui de l'urbanisme, en lien avec le rôle de la ville en Suisse et à l'international. Genève s'est construit face à un pays considéré comme ennemi, en particulier lors de l'arrivée du protestantisme. Longtemps, la ville fut coupée du reste du monde par une muraille qui ne fut détruite que durant le XIXème siècle. Lors de son indépendance, le canton ne possédait qu'une ville et un territoire rural. Mais l'expansion économique et démographique implique une hausse importante du développement de ces villages qui deviennent des villes importantes, tandis que Genève perd des habitant-e-s à cause d'un manque d'appartements. De plus, la ville étant choisie comme siège de la SDN, de nombreuses organisations internationales puis de l'ONU elle attire de nombreux fonctionnaires internationaux. Il faut leur fournir de quoi se loger mais aussi des moyens de transports adéquats, comme l'avion. Les autorités sont forcées à s'intéresser à l'urbanisme et cherchent des moyens de gérer le développement de la ville. Mais les problèmes politiques empêchent un choix nécessaire concernant le réseau de routes et de transports publics, sujet encore controversé. La série se termine sur ce dernier tome qui s'arrête au début du XXIème siècle.

Image : Éditeur

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12/07/2018

Letter 44 6. The end par Charles Soule, Alberto Jiménez Alburquerque, Dan Jackson et Sarah Stern

Titre : Letter 44 6. The end
Auteur-e-s : Charles Soule, Alberto Jiménez Alburquerque, Dan Jackson et Sarah Stern
Éditeur : Oni Press 13 mars 2018
Pages : 160

Ce volume 6 contient Letter 44 29-31 et 33-35. L'équipage du Clarke a accepté une mission de plusieurs années afin de comprendre la raison de l'arrivée d'une espèce alien dans le système solaire. À la suite de leur premier contact l'équipage a compris que les aliens luttent contre une menace capable de détruire un système entier. Sur la Terre, la connaissance de ces aliens et de la technologie créée par les États-Unis pour les combattre a mené à une nouvelle guerre mondiale. Maintenant que la paix est déclarée il est temps pour le Président Blades d'annoncer au monde que la Terre va être détruite d'ici peu de temps. Seuls 666 personnes devaient être sauvée mais les aliens ont décidé de revenir sur leur promesse.

SPOILERS

Cette série avait tout pour me plaire. Nous avions un côté science-fiction et mystère avec l'équipage du Clarke et le contact mis en place avec une espèce alien plus avancée. Leur but est resté secret longtemps ainsi que leur responsabilité. De plus, nous avions un parallèle politique sur terre. Les auteur-e-s examinaient l'effet que pourrait avoir l'arrivée d'aliens et de nouvelles technologies sur le monde. Selon moi, il aurait été possible de faire bien mieux, mais une partie des problèmes est dû aux réactions du personnage Blades, dont les décisions ne sont pas tout à fait logiques.

Malheureusement, ce dernier tome tombe un peu à plat. Pendant 4 tomes les auteur-e-s ont mis en place deux intrigues éloignées mais tout aussi intéressantes. Celles-ci sont censées se résoudre, et se rejoindre, dans ce dernier tome. Selon moi, cette conclusion échoue. Il n'y a pas assez de temps pour développer l'intrigue politique dans toute sa splendeur ni pour mieux présenter les aliens et leurs plans. Les auteur-e-s ont été pris au piège de leur propre horloge, vu que les numéros de ce tome scandent le temps restant avant la destruction du système solaire. Il est dommage que la série commence si bien pour se terminer si mal.

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*** Je garde une certaine affection pour cette série, malgré deux derniers tomes bien en dessous de ce que j'attendais.
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Image : Amazon

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Metro 2033 par Dmitry Glukhovsky

Titre : Metro 2033
Auteur : Dmitry Glukhovsky
Éditeur : Atalante mai 2010
Pages : 640
TW : Meurtres, racisme

2033, depuis un temps inconnu l'humanité, du moins ce qu'il en reste, vit dans les ruines du métro de Moscou. Une guerre a détruit toute chances de revenir à la surface. Celle-ci est ravagée par les radiations mais aussi les mutants, des animaux et des êtres étranges qui rendent tout voyage de surface pratiquement mortel. Artyom est un enfant de l'extérieur. Mais il ne possède presque pas de souvenirs. Sa station avait été envahie par les rats et sa mère le sauva en le confiant à un homme. Artyom est l'un des 5 survivants de cette ancienne station. Depuis, il vit avec son beau-père à la station VDNKh. Il s'occupe de l'usine de thé tout en s'entrainant à se battre car, comme tous les hommes, il est chargé du contrôle des checkpoints de la station. VDNKh pourrait être parfaite, prospère et même créer une petite confédération avec ses voisines. Mais elle est confrontée à une menace externe : les Noirs (reprise de la traduction, je préfère la traduction du jeu qui parle de Sombres). Ces êtres ne semblent pas pouvoir être combattu et pourraient constituer une menace sérieuse pour le réseau entier.

SPOILERS

Ce roman possède deux suites, deux adaptations en jeux-vidéos et pourrait être adapté au cinéma. Il se trouve dans ma Pile à lire depuis plusieurs années mais je n'avais jamais commencé la lecture. Bien que j'apprécie les ambiances post-apocalyptiques et les dystopies, l'ambiance qui semblait s'approcher de l'horreur m'empêchait de commencer. L'auteur est assez habile pour ne donner que peu d'informations sur son univers. On ne connait le métro que par des rumeurs et ce n'est que rarement que celles-ci sont confrontées à la réalité. Le monde de la surface est encore moins connu, donnant une impression de danger et d'étrangeté à la lecture. Le métro lui-même est un microcosme de l'humanité avec des lieux prospères, d'autres pauvres et des expériences politiques et religieuses variées. Ainsi, il y a aussi bien une partie capitaliste que communiste avec quelques stations fascistes. Glukhovsky utilise ces différents milieux pour tenter une réflexion sur la place de l'homme dans l'univers et la manière de justifier sa propre existence. Aucune expérience politique ou religieuse n'est épargnée mais le roman semble se conclure sur la nécessité de croire en une doctrine afin de comprendre la place que l'on possède dans le monde. Ainsi, le héros du roman croit être le héros d'une lutte à mort des hommes contre les Noirs.

Si je parle de lutte des hommes c'est à dessein. En effet, il n'y a pratiquement pas de personnages féminins dans ce roman, je ne crois pas qu'il en existe qui possèdent un nom. Toute la trame narrative est construite autours des hommes et de leurs luttes pour l'avenir, aussi difficile semble-t-il être. Artyom lui-même n'a pas de mère mais un père, sa mère l'ayant abandonné afin de le sauver. Il ne se souvient ni de son nom ni de son visage. La quête de ses souvenirs est l'une des trames narratives du roman. Lorsque Artyom, et ses compagnons, visitent des stations du métro les femmes ne sont que rarement mentionnées. L'une des rares pages durant lesquelles il existe une interaction entre le héros et une femme, qui n'est pas nommée, celle-ci mendie et reçoit de l'argent de la part d'Artyom. D'autres pages montrent les femmes uniquement comme des mères, liées à un homme, mais jamais en position active. Ces quelques mentions semblent permettre de considérer que les femmes du métro sont des mères (avec l'exception des prostituées qui sont nommées mais jamais présentes dans le récit), chargée de la gestion de la maison alors que les hommes ont des rôles externes que ce soit comme ouvrier ou comme soldats.

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*** Le roman a ses qualités, mais je n'ai pas apprécié la lecture. J'ai trouvé les passages sur la religion particulièrement difficiles et lourds
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Image : Éditeur

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07/07/2018

Histoire de Genève 2. De la cité de Calvin à la ville Française (1530-1813) par Corinne Walker

Titre : Histoire de Genève 2. De la cité de Calvin à la ville Française (1530-1813)
Autrice : Corinne Walker
Éditeur : Alphil 2014
Pages : 160

Ce second tome de l'Histoire de Genève s'intéresse aux années durant lesquelles la ville change de religion et lutte contre l'influence grandissante de la France, pour terminer comme chef-lieu du Département du Léman. L'autrice peint cette histoire en 15 chapitres. Bien entendu, la religion et Calvin ont une place importante dans ce livre. Mais l'autrice n'oublie pas de mettre en avant d'autres points. Elle explique que Genève est, à cette époque, une République qui a pris le contrôle des droits de seigneurie après la fuite de l’Évêque. Petit à petit, une oligarchie se met en place avec un contrôle de plus en plus fort du pouvoir par une minorité de bourgeois. Comme dans d'autres villes suisses, la bourgeoisie se restreint de plus en plus et empêche l'accession aux droits politiques des autres catégories de population. Ce système est le terreau des révolutions qui auront lieu à la fin du XVIIIème, avant la prise de contrôle française.

L'autrice explique que la ville est, à l'époque, considérée comme importante, belle et prospère. Elle est l'un des plus importants centres de la Réforme mais aussi de la culture et des sciences, preuve en sont les dons et collections de personnalités. Ainsi, Rousseau possède-t-il une influence importante dans la Cité. La ville elle-même change de forme à la suite de la prise en compte des besoins urbains. Des lumières sont mises en place tandis que les égouts sont créés, avec quelques maisons reliées à l'eau courante. Mieux encore, des places sont dessinées. Mais la ville fait aussi attention aux remparts qui sont fréquemment reconstruits, malgré les coûts.

L'autrice explique aussi que la ville est fortement contrôlée par les autorités, en particulier en ce qui concerne les aspects moraux. Les pouvoirs publics essaient de réguler la mode, mais échouent régulièrement. Le but principal est d'atteindre une forme de modestie liée à son statut social. On ne devrait pas porter des habits qui sont au-dessus de son statut. Des lois dites somptuaires sont déclarées et s'intéressent de près aux habits mais aussi aux fêtes. On peut recevoir une amende pour une fête trop riche en victuailles ou en cadeau, par exemple dans le cadre d'un mariage. De plus, les contestations politiques sont réprimées. Les cercles, par exemple, sont interdits avant d'être acceptés si les réunions ont lieu en public. Cependant, cela n'a pas empêché des émeutes puis une révolution. Le livre se termine sur le fonctionnement de la Cité sous la domination française du Directoire puis de l'Empire.

Image : Éditeur

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06/07/2018

The Incredibles 2 / Les Indestructibles 2

Il y a quelques jours la famille Paar se trouvait sur l'île d'un super-vilain qui souhaitait attaquer une ville afin de devenir un super-héros adulé. Après leur combat, le Démolisseur attaque la banque mais il ne sait pas que les Paar sont dans les parages. Malgré l'illégalité de leurs activités, personne dans la famille n'hésite à s'attaquer au Démolisseur, ce qui se termine par leur arrestation. La loi étant ce qu'elle est la famille se retrouve dans un motel avant que le programme de relocation et d'aide aux anciens supers ne soit fermé par décision politique. Heureusement pour elleux, un riche industriel était présent. Il décide de contacter les Paars ainsi que Frozone afin de leur proposer un plan pour rendre les activités des supers à nouveau légales. Mais pour cela il souhaite commencer par Elastigirl.

SPOILERS

Les Indestructibles n'est pas seulement un film de super-héros. Il est aussi, et surtout, un film contant l'histoire d'une famille. Ce n'est pas la seule famille de héros dotés de supers pouvoirs qui ai connu une adaptation au cinéma. Les 4 Fantastiques sont aussi membre d'une famille mais leurs adaptations, au nombre douloureux de 4, n'ont jamais réussi à mettre en avant cette caractéristique. A la place, nous avions des acteurs et actrices qui peinaient à donner envier de suivre une intrigue lourde et mal écrite. Malgré quelques bonnes idées pour la dernière adaptation, celle-ci était moche et très mal montée alors que son réalisateur semble avoir disparu après un début de carrière prometteur (il pourrait toujours revenir). La réalisation des Indestructibles comprend parfaitement qu'elle parle d'une famille. Les activités de héros sont montrées comme un travail qui implique des contraintes sur la vie personnelle. Dans ce contexte, le couple de parents doit mettre en place une division des tâches afin de s'occuper aussi bien des enfants que de leur travail.

Bien que j'apprécie le premier film, celui-ci suivait un schéma classique. Bob Paar travaillait à l'extérieur tandis que Hélène Paar s'occupait des enfants et de la maison. Plusieurs scènes montraient Hélène dans son rôle de mère de famille tandis que son mari lisait le journal sans se lever. Ce second film décide d'aller à l'opposé. Cette fois Hélène travaille tandis que Bob s'occupe de la maison et des enfants. Immédiatement, on nous montre que le support de Bob implique aussi l'impression qu'il serait meilleur que sa femme, ce qu'elle semble laisser couler à ma plus grande incompréhension. Le film joue beaucoup sur l'incapacité d'un homme adulte marié depuis au moins 15 ans de s'occuper d'enfants et du ménage. Autrement dit, Bob Paar est montré comme un incapable, ce qui est triste vu qu'il est censé être un parent...

Le film nous donne aussi un nouveau vilain, ou plutôt une vilaine. Il y a longtemps qu'on attend d'avoir une bonne vilaine dans un film de héros, mais il est rare que celles-ci soient seules ou même les principales instigatrices. Ce personnage est réussi car même si l'on s'attend assez rapidement à ce qu'elle soit l'opposante principale son discours est clair et construit. Si elle s'oppose aux Supers ce n'est pas pour contrôler le monde mais pour éviter que l'humanité ne prenne le chemin de la facilité, soit de suivre des supers qui ouvrent le chemin et s'occupent des problèmes pour le reste du monde. Cette position est basée sur une histoire personnelle et son interprétation, logique, de celle-ci. Il est dommage que le personnage ne puisse pas avoir plus de présence à l'écran, bien que cela soit logique dans le cadre de l'intrigue du film.

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**** Distrayant, drôle, une suite que je pense réussie.
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Image : Allociné

Site officiel

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05/07/2018

Letter 44 5. Décalage vers le bleu par Soule, Alburquerque et Jackson

Titre : Letter 44 5. Décalage vers le bleu
Auteurs : Soule, Alburquerque et Jackson
Éditeur : Glénat 10 janvier 2018
Pages : 128

Ce tome contient Letter 44 7, 14, 21, 28 et 32. Au début du millénaire le président des Etats-Unis d'alors lancé une mission spatiale chargée de découvrir le but d'une construction engagée par une espèce alien. Parallèlement, il a multiplié les guerres afin de préparer assez de soldats pour une potentielle confrontation. Son successeur a décidé de rendre l'information publique et le monde est entré dans une troisième guerre mondiale qui ne s'est terminée qu'il y a peu. Le nouveau président apprend que les aliens sont prêts à sauver 666 personnes, le reste du monde va être détruit. Mais les agissements de l'équipage de la mission spatiale remettent en question cette offre. Ce volume nous permet de comprendre comment et pourquoi les membres du vaisseau ont accepté de partir pour un voyage qui ne peut que se terminer par leur mort.

SPOILERS

Ce volume est une série de one-shots qui s’insèrent dans la trame principale afin de nous permettre de mieux connaitre les personnages. L'éditeur, anglophone comme francophone, a décidé de les relier dans un même volume. Ce nouveau tome donne donc l'impression d'une simple pause dans l'intrigue. On n'apprend rien que l'on ne connait déjà et les problèmes politiques et humains sont laissés à part. Le seul ajout intéressant concerne la manière de recruter l'équipage. La présidence n'hésite pas à piéger les personnes qu'elle souhaite inclure si cela permet d'aller plus vite.

En revanche, les auteurs nous offrent enfin un peu plus de substances concernant les aliens, baptisés bâtisseurs. Revenant largement dans le passé, les auteurs parlent d'une espèce qui a entièrement conquis son système mais qui doit rigoureusement contrôler le nombre d'enfants qui naissent. Deux scientifiques proposent d'utiliser l'énergie d'une autre étoile afin de permettre de dépasser leur système. À la suite de cette expérience une catastrophe qui va détruire la galaxie a eu lieu et les aliens décident de tout faire pour la stopper, bien que cela prenne des millions d'année. Ce petit one shot ne donne que peu d'informations mais il permet d'offrir une histoire tragique aux bâtisseurs qui deviennent les seul-e-s représentant-e-s de leur espèce.

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*** Un tome en soi peu intéressant.
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Image : Éditeur

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04/07/2018

Lum'en par Laurent Genefort

Titre : Lum'en
Auteur : Laurent Genefort
Éditeur : Le livre de poche 19 octobre 2016
Pages : 384

J'ai décidé de placer ce livre dans ma Pile à Lire suite à la chronique de l'Imaginarium Électrique, il y a bientôt un an. Je ne connaissais pas l'auteur ni son univers. Laurent Genefort est français et, selon la bibliographie ajoutée par l'éditeur, il a une production impressionnante. Lum'en se déroule sur la colonie humaine de Garance. Cette dernière vit difficilement sur un monde qui ne lui est pas hostile mais qui lui est définitivement fermé. Car il est impossible de se nourrir sur place. Il faut créer des serres ou tout importer. Mais Garance va se développer au fil des années. Elle passe de simple colonie à un lieu industriel à la puissance naissante jusqu'à s'effondrer. Cette histoire est observée par plusieurs créatures, les Pilas et surtout Lum'en.

SPOILERS

Immédiatement, on se rend compte que l'auteur maitrise parfaitement son histoire. Il nous donne une impression d’immensité en peu de lignes. Garance elle-même n'est que peu décrite mais on se rend compte que la planète cache de nombreuses ressources. Les colonies humaines et leur mode de fonctionnement sont à la fois classiques, décrites quelque peu et laissée dans l'ombre. On sait qu'il existe un vaste univers mais on ne nous donne que peu d'informations. L'histoire de l'univers lui-même nous semble bien plus vaste ! Il y a des sectes, des mondes oubliés mais aussi des races éteintes et des artefacts sur différents mondes. Sans trop en dire, l'auteur nous donne l'envie de mieux connaitre son univers. Le procédé peut sembler artificiel mais il fonctionne très bien, en tout cas sur moi.

J'aurais adoré le livre mais j'en suis sorti avec un grand sentiment de frustration. Je pensais entrer dans un roman j'ai plutôt eu l'impression d'une suite de nouvelles rattachées par les quelques impressions de Lum'en. Nous n'avons pas l'occasion de connaitre les personnages ni d'aller jusqu'au bout des intrigues. À chaque grande partie, je souhaitais en savoir plus sur le fonctionnement de la colonie et le destin de personnages que l'auteur n'a pas eu le temps de construire comme je le souhaiterais. Je suis donc partagé entre la fascination pour cet univers et la frustration que ce livre m'a procuré.

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*** Très loin d'être mauvais je trouve même ce roman très bon. Mais je suis très frustré par sa construction.
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Image : Éditeur

lum'en,le livre de poche,laurent genefort

01/07/2018

Histoire de Genève 1. La cité des évêques (IVe-XVIe siècle) par Mathieu Caesar

Titre : Histoire de Genève 1. La cité des évêques (IVe-XVIe siècle)
Auteur : Mathieu Caesar
Éditeur : Alphil 2014
Pages : 156

La collection Focus de la maison d'édition Alphil s'est intéressée non seulement à Neuchâtel, à la Suisse ou à Fribourg mais aussi au canton de Genève, donnant un panorama intéressant de l'histoire régionale suisse romande (bien qu'il manque encore quelques cantons). Ce premier tome est écrit par un maître-assistant de l'université de Genève, spécialisé dans les questions des société urbaines comme le présente la quatrième de couverture. Sa présentation s'intéresse à 12 siècles d'histoire en 13 chapitres mais il explique qu'une partie importante de la période médiévale est peu connue, car les documents sont peu nombreux.

Les 5 premiers chapitres sont les plus chronologiques. Chacun de ces chapitres s'intéressent à une période précise : création de la ville, royaume Burgonde, période franque par exemple. L'auteur nous présente l'importance de la ville dans le cadre du premier royaume Burgonde, dont Genève est l'une des capitales. Cependant, les royaumes Burgondes ne durent pas longtemps et se sont rapidement les Seigneurs locaux qui prennent de l'importance politique. Ce sont les Savoies qui essaieront longtemps de prendre le contrôle de la ville. En effet, celle-ci est sous le pouvoir temporel de l’Évêque qui doit la protéger tout en poursuivant ses devoirs épiscopaux.

Cet aspect de conflit entre la Savoie, comtes puis ducs, et l’évêché, est fondamental pour la ville de Genève dont les habitant-e-s essaient tout de même de rester sous la protection de l’Église. Après la perte d'importance des Savoies, ce sont les relations avec les confédérés qui deviennent sources de tensions. Au point de créer des factions différentes au sein de la ville qui n'hésitent pas à s'attaquer en justice en cas de besoin.

L'auteur présente aussi la vie de tous les jours de la Genève médiévale. Comme le livre concernant Fribourg au Moyen Âge le montre, Genève est une ville de commerce importante, au niveau international. Plusieurs marchands possèdent des magasins en ville ou se rendent aux foires. En ce qui concerne Fribourg, ce sont les ventes d'étoffes qui sont importantes. Cependant, la ville souffre de la concurrence de Lyon, voulue par le roi de France. L'auteur nous parle aussi de la vie religieuse, et démontre que les habitant-e-s sont particulièrement soucieux de leur piété, ce qui fonctionne en lien avec les Confréries qui permettent de conserver l'attention de la communauté après la mort. L'auteur réussit donc à offrir l'image d'une ville particulièrement vivante qui connait des moments de grâce et des périodes d'oublis. Une ville enserrée dans des relations d'influences, l'Évêque, la Savoie, l'Empire, le royaume de France mais aussi les Confédérés.

Image : Éditeur

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Love. Simon

Simon est un jeune adolescent comme les autres. Sa famille est heureuse. Il a reçu une voiture pour ses 16 ans et, comme tout bon adolescent des Etats-Unis motorisé, il va chercher ses ami-e-s pour les emmener en cours. Il est en dernière année et se prépare à se rendre à l'université de Los Angeles. Il aime le café et le théâtre tandis que ses enseignant-e-s n'ont rien à lui reprocher. Mais Simon a un secret. Ce secret il ne l'a avoué à personne et son refus d'en parler, afin de se protéger lui-même mais aussi d'autres personnes, risque de tout changer. Simon est gay et il ne connait qu'une seule autre personne dans son école mais il ne lui parle jamais.

SPOILERS

La première caractéristique de ce film que l'on doit mettre en avant est simple : Love, Simon est un film d'adolescent-e mais aussi, et surtout, un feel good movie. Ce genre tente de faire passer les personnes qui le regarde par toutes les émotions possibles mais de manière positive. On ne sort pas d'un tel film sans se sentir bien, heureux, optimiste. C'est pour cette raison que les questions les plus difficiles ne sont pas forcément mises en avant, préférant s'intéresser aux questions d'amitiés et de réussites malgré les problèmes subis par les personnages, principaux ou secondaires. Regarder ce type de film fait toujours du bien. D'autant qu'une grande partie des productions qui s'intéressent à des personnes homosexuelles, ou transgenres, sont particulièrement difficiles.

Le point focal de ce film est l'outing. En effet, Simon ne sort pas du placard de son plein gré. Il est forcé de se rendre public par une personne anonyme qui l'a fait chanter pendant une bonne moitié de l'histoire. Même si le film fait le choix de ne pas être négatif, cela n'empêche pas de condamner l'outing comme une atteinte à la vie privée. Comme le dit le personnage principal, être out ne dépend pas des autres mais de lui seul. Seule la personne directement concernée peut décider de quelle manière déclarer son identité. Je suis donc particulièrement heureux de voir que l'un des autres personnages empêche, à un moment du film, de filmer avec un natel une personne potentiellement homosexuelle. C'est un geste qui devrait être normal.

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**** On passe un très bon moment devant ce film

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Image : Site officiel

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16:30 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, LGBTIQ | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : love simon | | | |  Facebook