La république romaine et son empire. De 509 à 31 av. J.-C. par Michel Humm

Titre : La république romaine et son empire. De 509 à 31 av. J.-C.
Auteur : Michel Humm
Éditeur : Armand Colin 7 mars 2018
Pages : 320

La République et l'Empire romain font partie des histoires qui me fascinent le plus. J'ai toujours envie de comprendre de quelle manière une petite cité du Latium a pu devenir une puissance européenne et faire tomber à la fois ses voisines, la civilisation hellénistique, et Carthage. Heureusement, il existe de nombreux ouvrages qui étudient des aspects spécifiques de cette histoire. Pour les personnes qui souhaitent une synthèse, il existe des manuels plus ou moins complets et faciles à lire. Ce livre fait partie d'une collection destinée à fournir les informations les plus récentes pour comprendre la civilisation de la République romaine. Pour cela, l'auteur divise son livre en trois grandes parties.

La première partie permet à Michel Humm de nous expliquer le fonctionnement de la République. Bien que celui-ci dépende du contexte, révoltes et guerres, l'auteur préfère d'abord nous donner les informations les plus importantes afin de mieux nous expliquer les changements. Selon l'auteur, la République romaine fonctionne sur la tradition. Les magistratures ne sont pas détruites mais peuvent être rénovées pour fonctionnent dans un cadre historique particulier. Dans cette grande partie, nous pouvons donc comprendre le fonctionnement légal et religieux des magistratures romaines mais aussi l'importance du passé, que l'auteur dépouille de sa mythologie. Mieux encore, cette partie permet de décrire l'espace de la cité et son fonctionnement dans le temps.

La seconde partie s'intéresse aux événements. L'auteur y montre de quelle manière Rome réussit à prendre le contrôle du Latium, de l'Italie puis du monde méditerranéen. Loin de considérer que l'Empire était inévitable, l'auteur explique que Rome est d'abord une partie d'une alliance locale regroupant des cités-états de même puissance. Ce n'est que plus tard, en particulier après l'expulsion des rois étrusques, que cette alliance fut dominée par Rome. L'extension fut donc d'abord lente et se concentra sur l'Italie, sans toucher aux cités grecques du sud. Ce n'est que lorsque la relation entre Rome et ces cités se posa que les guerres contre Carthage eurent lieu. Les deux premières furent particulièrement dangereuses pour Rome mais elles permirent à la Cité d'entrer dans des relations internationales et de contrôle des territoires extérieurs à l'Italie. À la suite de ces guerres contre Carthage, Rome s'est aussi intéressée à la Grèce qui entra, petit à petit, sous con contrôle aux dépens des royaumes hellénistiques. Cette expansion fut rapide mais elle fut aussi stoppée et l'Empire de la République et géographiquement proche de l'Empire du Principat.

Enfin, la troisième partie se concentre sur les conséquences de l'expansion romaine. En effet, celle-ci implique richesses mais aussi des problèmes de gestion. Les institutions de la Cité et ses magistrats n'étaient pas prêts à gouverner un territoire si vaste. Bien que des institutions furent développées pour permettre un gouvernement décentralisé, de nombreux problèmes ne furent pas résolus. En particulier, les inégalités entre les citoyens romains et les latins et italiens furent la cause d'une révolte importante qui déboucha sur une extension large de la citoyenneté. Pire encore, l'idée de servir une République perdit de l'importance en faveurs de la puissance de quelques hommes possédant puissances militaires, politiques et religieuses. Bien que Sylla ait souhaité user des magistratures pour rénover la Cité dans une direction stable, son travail permit de justifier des pouvoirs exceptionnels de Pompée, César puis Octave le futur Prince Auguste.

Les manuels sont rarement faciles à lire. L'exercice implique de synthétiser de nombreux éléments, ce qui peut impliquer un nombre trop important d'informations en peu de pages mais aussi de passer à côté de points qui intéressent plus que d'autres. Heureusement, ce livre réussit à être intéressant à lire tout en donnant les informations nécessaires pour comprendre la République romaine. L'auteur ajoute aussi un certain nombre d'images qui permettent d'illustrer son propos mais aussi de mieux comprendre le contexte géographique. Je conseille donc sa lecture aux personnes qui souhaitent mieux comprendre l'histoire de la République puis d'user de la bibliographie pour étendre les connaissances de thèmes plus spécifiques.

Image : Éditeur

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Commentaires

  • Permettez quelques mots à propos de l’histoire Romaine.
    L’Italie avant Rome :
    Une haute civilisation régnait en Italie avant la fondation de Rome. « Elle était due aux Etrusques ou Toscans, qui élevèrent des cités somptueuses, qui portaient des costumes splendides et qui ne furent jamais surpassés dans la civilisation et dans les arts », dit. Henri Martin.
    L'Etrurie n'était qu'une colonie celtique, que l'on trouve vers le Xème siècle en Italie. Elle garde jalousement l'organisation du gouvernement féministe comme la Thrace.
    Les vice-rois qui, plus tard, viendront gouverner les Romains, seront appelés Tarquins.
    Le nom de Tarquin se compose de deux mots phéniciens, Tôr-Kin, celui qui régularise la possession ou la conquête (Tôr, loi, King, roi).
    On fait vice-rois, Romulus, Quirinus et autres personnages légendaires qui ne sont représentés que comme des révoltés et non des envoyés. Du reste, on nous dit que les vice-rois arrivèrent, à se rendre indépendants des Larthes étrusques. Tite Live nous dira que ce peuple venait de la Rhétie environ 434 ans avant la fondation de Rome, qu'il place en 753 (donc 1187 ans avant notre ère). Il aurait franchi le Pô, l'Apennin, et se serait établi dans la contrée située entre les Alpes et le Tibre.
    Nous n'avons pas besoin de tant de peuples émigrés pour expliquer l'histoire. Tous ont une origine commune et une même évolution, tous ont, au début de leur vie sociale, des institutions sages, des éléments d'ordre, tous ont vécu paisiblement dans des tribus matriarcales ; aussi, chez les Etrusques, comme en Asie, comme en Afrique, la filiation s'énonce par la lignée maternelle, l'enfant porte le nom de sa Mère et ne connaît pas son père.
    -Fondation de Rome en 746
    Ce qu'on enseigne à la jeunesse dans les écoles est pris dans l'histoire romaine de Tite-Live, qui était caractérisée par un masculinisme intense et un surnaturel extravagant.
    C'est par Tite-Live, historien latin, né à Padoue 59 ans avant notre, ère, mort 17 ans après, que nous savons quelque chose sur les commencements de Rome. Son histoire romaine, dont il reste à peine le quart, comprenait 140 livres ; il en reste 35, dont le dernier, qui est le 45ème, finit à l'an 585 de Rome.
    Son ouvrage fut accueilli avec faveur par Auguste, ce qui prouve qu'il était écrit avec soin, dans le but de justifier et même de flatter le pouvoir alors existant. Ces approbations de souverains sont toujours, pour nous, un motif de méfiance sur l'exactitude des faits racontés. Ce n'est que dans l'opposition qu'on ose tout dire.
    Rome sous les dictateurs
    En 498, nous voyons à Rome les Magistri populi qui sont munis d'un pouvoir illimité dans la ville et au dehors. Leurs arrêts sont sans appel, leur pouvoir menaçant jette l'effroi parmi les plébéiens.
    C'est ainsi que l'autorité brutale de l'homme venait partout remplacer l'autorité morale de la Femme. On attribua à Romulus la fondation des comices ou assemblées par curies et du Sénat, qui est copié de l'ancien Conseil des Matrones, qui existait dans le régime matriarcal.
    C'est pour donner de l'ancienneté à ces institutions qu'on les fait remonter au fondateur supposé de Rome. Le peuple était déjà fatigué de ce régime nouveau qui ne lui avait procuré que des impôts, des corvées, des guerres, des champs dévastés, de la misère et une crainte perpétuelle de la prison pour dette (ergastulum). C'est alors que pour mater le peuple on créa les Dictateurs.
    451, Rome fait ses lois :
    Le régime nouveau faisait des progrès à Rome. Trois commissions furent chargées d'aller dans les villes grecques de l'Italie méridionale et jusqu'à Athènes, pour étudier les lois et les recueillir. C'est alors que Rome fut connue des Grecs. Elle n'était à ce moment qu'une petite ville sans importance. Même à l'époque d'Alexandre, elle était peu connue en Grèce. L'historien Théopompe ne dit qu'un seul mot de cette ville pour annoncer qu'elle a été prise par les Gaulois (en 390).
    Au retour des commissions, on créa les Décemvirs. Dix magistrats patriciens, investis d'un pouvoir illimité, avaient, chacun pendant dix jours, la présidence et le gouvernement. Ils furent chargés en l'an 304 de Rome (442 avant notre ère) de rédiger un Code de lois (les douze Tables). Dix tables de lois furent exposées sur le Forum et acceptées par les centuries ; voilà la loi de l'homme, faite par l'homme et acceptée par l'homme. Impossible de ne pas voir dans ce fait la contre-partie de ce qu'avait fait la Femme dans l'ancien régime.
    Pour compléter ces lois, les Décemvirs publièrent deux nouvelles tables remplies de lois iniques et gardèrent le pouvoir sans convoquer les comices. Donc ils commencent par abuser de l'autorité qu'on leur donne.
    Invasion des Gaulois en 390 :
    En 390, une tribu gauloise, sous la conduite d'un de leurs Brenns, entra encore en Italie et resta dans le nord de la péninsule, qui prit le nom de Gaule cisalpine.
    Cette seconde descente des Gaulois en Italie mit en présence les deux puissances gauloise et romaine. Les Gaulois, ayant passé les Apennins et entamé le pays qui restait aux Etrusques, furent attaqués par les Romains. Ils mirent en pièces l'armée romaine, au bord de la rivière d'Allia, puis ils prirent et brûlèrent Rome (en 391). Ils ne purent toutefois prendre d'assaut la citadelle de Rome. Leur général, leur Brenn (mot dont les historiens romains ont fait un nom propre, Brennus), pour s'emparer du Capitole, fit escalader la nuit le rocher sur lequel il était appuyé ; c'est alors que Manlius fut réveillé par le cri des oies sacrées, et précipita dans le vide les Gaulois qui escaladaient le mur.
    Dans cet épisode, nous trouvons à noter ceci : l'oie est un animal qui servit de symbole quand les femmes avaient le tort de ridiculiser les hommes. L'homme se vengea en faisant de l'oie un animal sacré, et nous la retrouvons au Capitole entretenue et vénérée, en attendant qu'elle devienne l'aigle impériale...
    Nous trouvons là la même évolution d'un symbole que nous avons déjà constatée en Egypte, où le taureau sert à représenter ironiquement l'homme fort et devient le bœuf Apis, divinisé !...
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/celtes-et-latins.html
    Cordialement.

  • Anwen :))))) Votre site est une véritable encyclopédie :) Pour rivaliser avec Herodote!?

    "J'ai détesté. Le sujet aurait mérité autre chose."

    Film: "Un juif pour l'exemple"

    Je l'ai vu mais toujours pas lu le livre, bien au chaud dans ma bibliothèque!
    Et je vous donne entièrement raison! Rien n'a été dans ce film d'une nullité sans nom! En revanche, la haine antisémite a été très bien rendue! Il a dû trouver les "acteurs".... qu'il fallait!
    Meilleurs voeux 2019 Hassan :)

  • Merci, à vous aussi.

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