22/01/2019

East of West 8 par Hickman, Dragotta et Martin

Titre : East of West 8
Auteurs : Hickman, Dragotta et Martin
Éditeur : Image Comics 21 août 2018
Pages : 136

Ce volume 8 contient East of west 35-38. Le monde n'est pas tel qu'il devrait être. Un événement ancien a changé le destin des États-Unis, divisés en plusieurs nations. Suivant un message en trois parties, un groupe de personnes se proclament élues ont décidé de pousser leur continent dans une direction précise. Mais le contrôle commence à leur échapper. Alors que des pèlerins commencent à former une armée et que la guerre menace les élue-s sont chassées, une personne après l'autre.

SPOILERS

Ce tome s'occupe des conséquences de ce qui nous a été montré auparavant. Il place plusieurs personnages sur une trajectoire de confrontation et les auteurs n'hésitent pas à sacrifier certains de leurs personnages pour continuer leur intrigue. Bien entendu, les surprises existent et certaines personnes que l'on pensait perdues restent en place. Je pense d'ailleurs que la fin de ce tome pourrait être contredite à l'avenir. De ce point de vue, les auteurs suivent ce qu'ils nous ont promis.

Je suis tout de même déçu. Le tome 7 semblait montrer une relation en train de se construire entre Mort et Babylone, son fils. Mais nous ne voyions que des extraits. Dans ce tome 8, on en sait un peu plus sur la construction de cette relation et les inquiétudes de Mort en ce qui concerne les actes subis par son fils. Malheureusement, les auteurs ne se concentrent pas assez à mon goût sur leur cheminement. J'aurais préféré que ces deux personnages n'aient pas à entrer si tôt dans le reste du monde et puissent construire une relation mutuelle.

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**** Déçu que Mort et Babylone ne soient pas au centre de ce tome mais celui-ci reste dans ce qui nous a été promis.
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Image : Éditeur

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20/01/2019

Doctor Who 11

Le Docteur est mort alors que les Cybermen tentaient de prendre le contrôle d'un vaisseau générationnel. Ayant refusé d'accepter sa régénération il retrouve sa première version lors d'un noël passé. Les deux enquêtent sur une entreprise venue du futur avant que chacun n'accepte de changer. Il en ressort une Doctor, jouée par Jodie Whitaker. Comme toutes ses incarnations, elle commence par perdre le contrôle du TARDIS et tombe au milieu d'un combat entre humain-e-s et aliens à Sheffield. Elle ne sera pas seule longtemps et pourra rapidement compter sur l'aide d'un petit groupe local prêt à la suivre dans ses aventures.

SPOILERS

Cette saison est différente car elle marque une étape importante dans la série. Tout comme la saison 5, elle est un point d'entrée parfait. La musique, le showrunner (Chibnall), le cast, ... tout change pour ce nouveau début. Celui-ci a rapidement fait les titres car il implique la première femme à jouer la Doctor de l'histoire de la série. Mais le nouveau showrunner décide aussi de lui offrir un groupe d'ami-e-s dont 2 membres sont des personnes racisées. On peut difficilement faire mieux pour un nouveau début. Les acteurs et actrices sont magnifiques et leurs relations est magnifiquement mis en scène. Malheureusement, Yaz reste un peu à l'écart puisque cette saison se concentre sur le lien entre Graham, personnage favoris de tout le monde et amateur de sandwich, et Ryan, son petit-fils.

Vu qu'elle est la personnage principale de la série, cette nouvelle Doctor fut très observée. Chacune des incarnations est particulière, bien qu'un côté sombre soit commun. Cette nouvelle Doctor est beaucoup plus pacifique et inactive que les autres incarnations. Elle refuse tout acte de violence, de mort et n'hésite pas à laisser ses ennemis s'enfuir. Le refus de la violence est une caractéristique importante du personnage, mais jamais elle ne fut si extrême depuis le début de la nouvelle série. Plus encore, la Doctor peut refuser d'agir et laisser les événements suivre les cours. Je pense qu'il faut voir ici les idées du nouveau showrunner qui préfère éviter une Doctor trop importante pour revenir à une simple voyageuse. Plusieurs scènes de cette saison auraient été écrites très différemment par Moffat, pour le pire selon moi. En effet, ce refus d'agir implique un grand respect des personnes et événements. Que ce soit sois Matt Smith ou Peter Capaldi, le Docteur aurait immédiatement aidé Ryan à vaincre sa dyspraxie. Cette Doctor le respecte assez pour ne pas lui imposer son aide alors qu'il n'a rien demandé. Ce choix permet aussi de rendre certains épisodes bien plus intenses émotionnellement, la Doctor devant accepter sa place dans la société et ce que cela implique comme l'a montré l'épisode sur Rosa Parks

Il faut parler des épisodes. Si l'on commence par les points négatifs il faut mentionner le manque d'épique, de discours flamboyant. Aussi bien sous RTD que sous Moffat, le Docteur était devenu un être de légende capable de vaincre des armées par la seule force d'un discours. Ces épisodes sont beaucoup plus calmes et il est rare que je m'en souvienne longtemps. Souvent, les ennemis ne sont pas des êtres précis mais des abstractions qui implique de penser le fonctionnement de la société en termes de racisme, de sexisme mais aussi de système économique. Cependant, il faut prendre en compte les bonnes idées. Chibnall revient à l'idée de créer une succession d'épisodes SF et historiques avec un peu d'éducation. On mentionne des technologies, des faits historiques mais aussi des personnages. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié les épisodes historiques. Deux d'entre-eux auraient pu être ratés, mais la production semble avoir évité les dangers de parler de Rosa Parks et de la partition des Indes dans Doctor Who. Je ne sais pas dans quelle direction ira la série à présent, mais malgré ses défauts en termes de scénarios, un peu simplistes, et de caractérisations, surtout pour les ennemis, j'apprécie de nouveau départ qui prend le pari de faire pratiquement l'inverse de ce qu'ont mis en place RTD et Moffat.

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**** Une saison parfaite ? Loin de là. Mais Chibnall, la production et le cast ont le courage de nous envoyer dans une direction différente de ce dont on avait l'habitude, avec réussite selon moi, et cela doit être salué
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Image : BBC

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13:25 Écrit par Hassan dans science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctor who | | | |  Facebook

The Expanse 1 L'éveil du leviathan par James S.A. Corey

Titre : The Expanse 1 L'éveil du Léviathan
Auteur : James S.A. Corey
Éditeur : Actes Sud 2014
Pages : 640

À une époque future indéterminée l'humanité a découvert un nouveau mode de propulsion permettant de créer une accélération importante. Cette découverte a permis la colonisation de la Lune et de Mars mais aussi de la ceinture d'astéroïde. Le système solaire reste divisé. La Terre semble unie sous l'égide des Nations Unies. Elle possède une alliance difficile avec Mars dont l'arsenal militaire est récent. Les deux planètes contrôlent la ceinture à l'aide de taxes et des ressources nécessaires pour survivre. Mais celle-ci est aidée par une organisation paramilitaire qui milite pour la liberté des personnes qui vivent dans la Ceinture. En effet, non seulement ces personnes sont taxées mais elles travaillent pour des entreprises privées qui envoient des milices s'occuper de la police. Dans cet équilibre instable un transporteur d'eau civil est détruit par un vaisseau que personne ne semble capable d'identifier.

SPOILERS

Comme beaucoup de personnes, je pense, j'ai découvert cet univers à l'aide de la très bonne série de Netflix. Voulant en savoir plus, et avancer plus vite que la série, j'ai souhaité lire le premier tome. Celui-ci se déroule après la première saison de la série, à moins que je ne me trompe. Contrairement à la série, nous ne suivons que deux personnes : Miller un inspecteur de police sur Cérès et Holden second puis capitaine d'un vaisseau civil. Les deux personnages se trouvent impliquées dans des événements qui conduisent à la prise de contrôle de l'avenir de l'humanité. Malheureusement, aucun de ces deux personnages ne m'ont convaincu. Miller est une caricature de vieux policier usé qui s'implique trop dans une dernière affaire tandis qu'Holden est la caricature du type sympa à la morale qui ne souffre aucune exception. Si l'on ajoute des vies privées consternantes de bons sentiments et de sexualités on arrive à la limite de ce que je peux accepter sans soupire d'exaspération.

Malheureusement, l'intrigue en souffre. La série a pris le bon choix d'utiliser un certain nombre de points de vue qui permettent d'une part d'observer ce qui arrive et de garder un certain mystère, en particulier en ce qui concerne Mars. Les points de vue abordés dans le roman sont trop éloignés pour donner le même intérêt. En effet, le roman essaie de nous dépeindre une situation politique et économique tendue. On nous explique les forces en présences mais aussi leurs équilibres puis on ajoute un événement qui crée une cascade catastrophique et incontrôlée. Mais les deux personnages points de vue sont trop éloignés pour pouvoir donner une impression plus forte de l'effet des événements du roman. Ils se contentent de réagir face à des informations parfois anciennes. Je n'ai donc pas autant réussi à entrer dans l'intrigue malgré une construction intéressante de cet univers. Finalement, je doute fortement continuer à lire cette série de romans.

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*** Un roman que je ne peux pas qualifier de mauvais mais qui ne réussit pas à me convaincre
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Image : Éditeur

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19/01/2019

Descender 6. The machine war par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 6. The machine war
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Image Comics 19 septembre 2018
Pages : 120

Ce volume 6 contient Descender 27-32. Il semble que l'univers entier soit en guerre. Alors que le CGU envoie sa flotte contre la résistance robotique celle-ci débute son assaut sur les mondes organiques. En parallèle, Gnish se prépare à envoyer l'espace du CGU afin de détruire ce qui reste des machines. Les différentes personnes importantes combattent au-dessus d'un monde aquatique. Ce dernier est la maison d'un ancien robot ayant un lien direct avec les Moissonneurs et il souhaite parler avec Tim 21. Chacun des groupes a son propre but et seul Tim 21 pourrait décider qui va gagner. Dans l'ombre, les Moissonneurs se préparent aussi.

SPOILERS

Descender est une série que j'apprécie. Elle est très proche de Mass Effect, tout en étant suffisamment différente pour rester intéressante. Ce qui compte est moins une menace que la relation entre robots et humains. Les deux groupes se détestent mais certaines exceptions essaient de travailler ensembles. Il est donc normal que ce tome permettre de relier, enfin, Tim 21 et Andy. Ce dernier décide d'aider Tim 21 ce qui pourrait permettre une pacification de l'univers. De plus, ce tome 6 permet enfin de mieux comprendre ce que sont les Moissonneurs et leurs buts, tout en gardant une grande part de mystère. Là aussi, l'intrigue est logique et suit ce qui a été montré depuis le début.

Mais ce tome 6 est aussi la fin de la série Descender. Bien que celle-ci soit acceptable, les intrigues principales sont résolues et les questions reçoivent des réponses, on est tout de même frustré. J'ai l'impression que les auteurs se sont dépêchés de terminer leur histoire. Cependant, ils ajoutent aussi des indices concernant la suite, qui se nomme Ascender. La magie prend plus de place tout en restant encore peu connue. Les machines disparaissent. La civilisation organique est détruite avec un grand nombre de morts. Je souhaite donc rapidement pouvoir connaitre la suite dans cette prochaine série.

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**** Une fin réussie mais aussi particulièrement frustrante
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Image : Éditeur

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13/01/2019

L'Auge au XXe siècle. Du bas-quartier à la vieille ville de Fribourg par Serge Gumy

Titre : L'Auge au XXe siècle. Du bas-quartier à la vieille ville de Fribourg
Auteur : Serge Gumy
Éditeur : Aux sources du temps présent 1997
Pages : 235

Nous avons, en Suisse, un certain nombre de travaux qui s'occupent de sujets très locaux. Ce livre fait partie de ses études puisque l'auteur se concentre sur l'histoire d'un quartier de la ville de Fribourg. Il est tiré d'un travail de licence en histoire contemporaine. Ce livre nous permet de comprendre la vie mais aussi les modifications sociales d'un quartier qui, comme l'annonce le titre, passe d'un lieu de pauvreté à un lieu d'histoire et de mémoire. Afin de présenter ce quartier, l'auteur se concentre sur trois périodes donnant autant de parties générales.

La première partie se concentre sur le XIXème siècle. L'auteur explique le fonctionnement du quartier et son lien avec le reste de la ville en deux chapitres. Il y explique tout d'abord les différences sociales et géographiques du quartier. En effet, celui-ci contient surtout des familles pauvres qui vivent dans des appartements modestes, avec peu de conforts. Le quartier, lui, est séparé du reste de la ville du fait de sa position géographique. Les milieux politiques ne s'y intéressent que peu, sauf en cas de craintes de mouvements sociaux ou pour déplorer la criminalité et l'immoralité des pauvres. Il ressort de ces deux chapitres l'impression d’un lieu coupé du monde et oublié par les politiciens.

La seconde partie s'intéresse à la période des deux guerres. L'auteur dépeint une période difficile pour une population de plus en plus pauvre et laissée de côté. Les bâtiments sont des taudis dans lesquels s'entassent de nombreuses personnes, avec un confort spartiate et de larges problèmes d'hygiènes. Le quartier ne possède ni écoles ni lieux de loisirs et les enfants vivent dans les rues, afin d'échapper aux appartements. Cette période de pauvreté force la main aux autorités fribourgeoises qui commencent, à reculons, à créer des lois sur l'assistance publique capable d'aider une population qui souffre d'une période de chômage. Cependant, nous restons dans le cadre d'une peur d'un soulèvement, en partie porté par les socialistes, et l'aide sociale est aussi un moyen de tenir le quartier en l'encadrant par l'église et le parti conservateur.

La troisième, et dernière, partie s'attache à la période des années 60 et 70. L'auteur s'y attache à deux points particuliers. Premièrement, il montre la mutation du quartier qui passe d'un lieu mal famé à un lieu de mémoire. Celui-ci est protégé par des organisations citoyennes en faveurs d'une sauvegarde de l'architecture dites médiévale. Mais les habitant-e-s montrent aussi leur fierté de leurs traditions en portant un carnaval et en soutenant l'équipe Gottéron. Mais l'auteur démontre aussi les changements dans la typologie des habitant-e-s, qui pousse à des améliorations du cadre de vie et à de nombreuses rénovations. Celles-ci augmentent fortement les prix des loyers et, petit à petit, les anciennes familles quittent le quartier au profit d'une population plus aisée. Ce livre, dont la lecture est parfois difficile, n'est pas simplement la peinture de la vie d'un quartier d'une ville suisse. C'est aussi une bonne étude de l'effet de décisions politiques et urbanistiques sur le fonctionnement d'un quartier et la vie de ses habitant-e-s.

Image : Éditeur

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11/01/2019

La noblesse en Occident (Ve-XVe siècle) par Martin Aurell

Titre : La noblesse en Occident (Ve-XVe siècle)
Auteur : Martin Aurell
Éditeur : Armand Colin 2002
Pages : 193

L'histoire médiévale, et la noblesse, sont souvent compris d'une manière stéréotypée. Soit l'on pense à une époque sombre qui oublie la science et le droit au profit des luttes religieuses et guerrières. Soit l'on imagine cette époque comme le milieu de l'amour courtois mais aussi de la chevalerie valeureuse et noble. Heureusement, il existe un grand nombre d'ouvrages de synthèse écrits par des expert-e-s. Ce livre est un manuel de synthèse qui résume de nombreuses années de recherches en histoire. Il est constitué de 4 parties chronologiques qui marquent autant d'étapes dans le fonctionnement de la noblesse.

L'ouvrage débute tout simplement en examinant la relation entre les peuples barbares et les aristocrates romains. Ces derniers se sont éloignés de leurs devoirs civiques et urbains à cause des coûts que cela implique pour leurs familles. En effet, l'élection et les devoirs civiques sont payant. Parallèlement, les peuples barbares sont inclus à l'espace romain afin de protéger l'Empire aux frontières. La perte de puissance de l'Empereur d'occident, les demandes des chefs barbares et la retraite des nobles romains dans leurs villas font tomber l'état romain central. Mais le lien entre barbares et romains, au niveau local, permet de constituer des petits royaumes qui profitent du savoir-faire juridique et administratif romain.

La création de l'Empire carolingien permet le retour à une forme d'état central capable d'imposer idéologie et paix sur un vaste territoire. Pour fonctionner, l'Empereur se repose sur des seigneurs locaux qui sont envoyés sur des territoires à gérer, en échange de terres permettant une certaine richesse. Le but est de lier à l'Empereur les seigneurs locaux, qui eux-mêmes se lient à d'autres seigneurs plus modestes. Malheureusement, cela implique aussi une tendance à l'autonomie, favorisée par des liens forts entre seigneurs dont le roi ne devient que l'un des membres. A la chute de l'Empire, le monde occidental est rempli de seigneuries plus ou moins puissantes reliées dans un réseau de vassalité. L'effet est à la fois une prise de contrôle de la justice au niveau local mais aussi des guerres privées, que l'église tente de supprimer par la création de la Paix de dieu et la croisade.

Le lien de vassalité, la guerre mais aussi la recréation, longue, d'un état avec le roi au centre permet de mettre en avant la création à la fois d'une classe mais aussi d'une idéologie. La noblesse implique de ne pas travailler la terre mais d'user ses revenus afin de financer des activités guerrières. Petit à petit, la noblesse devient une classe de professionnels de la guerre à l'armement aussi impressionnant que couteux. Ce milieu se pense de plus en plus comme particulier avec des devoirs et des droits qui dépendent de leur place dans la société. La fin de l'époque médiévale est aussi une période de révolte et de perte de statuts. Être noble est cher et le contexte difficile : l'économie est en berne, la peste revient régulièrement et le monde occidental est souvent en guerre. Les familles nobles peuvent facilement disparaitre et sont obligées d'accepter un rôle différent au sein de l'appareil d'état. Rejoignant des roturiers spécialisés et de plus en plus anoblis.

L'auteur n'est pas partisan des explications par les catastrophes au court terme. Il préfère expliquer les changements sociaux par le long terme. Ni la noblesse ni l'Empire romain ne se sont effondrés soudainement, ils ont disparus ou mutés selon le contexte. Ce livre met tout de même en avant un point précis : la relation entre la noblesse et l'état. Celle-ci est fortement antagoniste. La classe noble s'est constituée contre l'état en faveurs de leurs droits personnels, souvent illégaux. L'état, et les rois, tentent de reprendre le contrôle de la justice et de la fiscalité face à une noblesse non seulement puissante mais qui possède aussi des lieux fortifiés, permettant des révoltes. Bien entendu, l'auteur s'intéresse aussi aux modes de vies et en particulier au fonctionnement de la famille. En effet, on ne peut pas comprendre la création de la noblesse sans prendre en compte l'idéologie qui entoure le fonctionnement de la famille. Jusqu'à la fin de l'époque médiévale, la noblesse dépend de ses ancêtres dont une partie est souvent mythique. Ce livre nous offre donc une base pour comprendre un peu mieux le fonctionnement de l'époque médiévale et de sa noblesse.

Image : Éditeur

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04/01/2019

Aquaman

Arthur Curry a combattu aux côtés d'autres héros et héroïnes pour sauver la terre. Mais il est encore peu connu. Lorsqu'il ne sauve pas des navires de pirates ou de tempêtes, il boit de la bière avec son père dans le bar local. Arthur Curry a toujours été étrange mais il a aussi toujours vécu plus ou moins seul, refusant de se rendre en Atlantide depuis qu'on lui a expliqué que sa mère a été sacrifiée pour l'avoir conçu avec un humain. Son frère s'occupe du royaume. Ce dernier est fatigué des atteintes humaines contre les royaumes marins. Il décide de parlementer avec d'autres rois et reines afin de devenir le dirigeant d'une force armée commune chargée de combattre les humains de la surface. Mais ni Mera ni Vulko, sa future femme et son conseiller, ne sont en accord avec cette politique. Illes décident de se rendre à la surface afin de trouver Arthur et de l'envoyer en quête du trident du premier roi de l'Atlantide. Sa possession en ferait le roi à la place de son frère et permettrait de rester en paix.

SPOILERS

Les adaptations DC ont une mauvaise réputation depuis quelques années, à raison. Bien que tout ne soit pas aussi catastrophique que l'horrible Suicide Squad, aucun film n'a réussi à convaincre largement. Sauf si l'on prend en compte les avis négatifs. Ce nouveau film doit prouver qu'il est possible d'adapter un personnage peu connu et foncièrement ridicule. De plus, la réalisation doit être capable de filmer sou l'eau de manière convaincante.

De ce point de vue, il faut avouer que les effets spéciaux me semblent réussis. La réalisation semble avoir lissé les visages et modifié les voix pour donner une impression différente de la vie en pleine air. Outre cela, les paysages marins sont magnifiques et on rêve devant des décors qui semblent aliens et proches de nous à la fois. Les ruines antiques sont mises au même niveau que les bâtiments de science-fiction, donnant l'impression d'une société qui s'est reconstruite sur le passé. Bien que la musique soit intéressante et tente d'accompagner notre impression d'étrangeté, elle n'est pas toujours bien choisie. Parfois, je suis sorti du film à cause d'une bande son inadaptée.

Si la forme semble réussie, ce qui est un minimum pour un blockbuster, on peut se demander si le scénario est convaincant. Celui-ci est à la fois simpliste et très dense. Simpliste car l'on se trouve face à un roi en exil qui doit prouver sa valeur face à une société traditionaliste. Cette preuve passe par un artefact capable de prouver la royauté d'un individu, dont on ne peut s'emparer qu'après une dangereuse quête. Cette quête est transparente et la réalisation nous bombarde de son message : les personnes humbles qui veulent le pouvoir par nécessité plutôt que par droit font de meilleures dirigeantes. Avec cela, la réalisation crée toute une mythologie qui complexifie le fonctionnement de l'Atlantide. On découvre de nombreux royaumes et leurs propres histoires, sans toujours en savoir beaucoup sur leurs fonctionnements parfois caricatural (les philosophes, les brutes, etc.…). Je ne suis probablement pas le seul à y voir l'influence de Geoff Johns.

Le film nous offre aussi deux personnages féminins : Atlana et Mera. Les deux sont membres de la royauté et capables de se battre, tout en ayant une connaissance importante de l'histoire et de la politique atlante. Les deux sont aussi destinées à accepter des mariages arrangés. Atlana disparait rapidement, après avoir combattu des soldats, mais elle revient vers la fin du film. Mera est décrite comme une combattante féroce capable de se défendre contre des soldats spécialement entrainés grâce à sa maitrise des arts martiaux et à son intelligence. Elle est un ajout d'intelligence à côté d'un Aquaman peu subtil. Bien que cela doit être confirmé, je ne suis pas certain de mes souvenirs, je crois que jamais Aquaman ne sauve Mera. Soit elle se débrouille seule soit elle est sauvée par une autre femme, quand elle n'est pas la personne qui sauve Aquaman.

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*** Très loin de la catastrophe que je craignais. Mais tout aussi loin d'être un bon film.
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Image : Site officiel

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08:26 Écrit par Hassan dans Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : aquaman, dc | | | |  Facebook

03/01/2019

On the basis of sex

Ruth Bader Ginsburg est l'une des premières, et rares, femmes à entrer dans la faculté de droit d'Harvard, en 1956. Elle se trouve presque seule face à 500 hommes, le corps professoral et un doyen dont la première question concerne la raison pour laquelle ces femmes décident de prendre la place d'un homme. Elle mène ses études, soigne son maris, l'aide dans ses propres études et élève sa fille. Malgré ces nombreux devoirs, elle réussit à devenir la meilleure des étudiantes en droit d'Harvard. Mais alors qu'elle pense pouvoir suivre son rêve de devenir une avocate, toutes les portes se ferment devant elle. Elle devient une professeure en droit à New York mais elle garde son rêve d'être une avocate. Quand soudain elle découvre un cas qui pourrait lui permettre de mettre à bas toutes les lois qui créent une différence entre les hommes et les femmes.

SPOILERS

Je ne connais pas la véritable Ruth Bader Ginsburg. Je ne pourrais donc pas juger de ses réussites professionnelles et personnelles. Cependant, le film veut nous montrer une femme parfaite secondée par une famille parfaite, ayant ses propres problèmes. Ainsi, Ruth Bader Ginsburg est montrée comme une étudiante talentueuse capable de suivre deux années de cours en même temps. Elle s'occupe du ménage, bien que sa cuisine ne semble pas parfaite. Elle s'occupe aussi de son mari lorsque son cancer est diagnostiqué. Ce dernier est montré comme un brillant avocat en droit fiscal, un père aimant et attentif mais aussi un homme qui accepte sa part du ménage, en particulier la cuisine. Enfin, il y a leur fille. Celle-ci est décrite comme militante, intelligente et coincée entre son amour pour sa mère et sa frustration. Leur fils n'est que peu décrit, étant un peu jeune lors des faits du film. Si cette famille est décrite ainsi je pense que ce n'est pas un accident. Ruth Bader Ginsburg est montrée se heurtant au système patriarcal qui l'empêche de devenir une avocate. Si une femme aussi parfaite qu'elle ne peut pas y arriver, alors qu'elle a tous les mérites, qui le peut ? Bien entendu, on peut se demander si une personne ordinaire n'aurait pas les mêmes droits ? Pourquoi faut-il que Ruth Bader Ginsburg soit parfaite ?

Le film s'intéresse aussi, forcément, à l'importance du système légal. Après tout, une grande majorité des personnages sont des avocat-e-s, parfois célèbres. Mais le film pose aussi la question du lien entre la société et la loi. En effet, la période durant laquelle ont lieu les événements et un moment de remises en cause du fonctionnement de la société. Féminisme et antiracisme mais aussi luttes politiques contre la guerre ont lieu sur les campus et dans les lieux publics. Le militantisme est aussi bien public que privé. La société est donc en train de changer. Mais est-il possible de modifier le fonctionnement de la société lorsque les lois protègent un ordre qualifié de traditionnel ? Ou vaut-il mieux changer les lois avant de changer la société ? Ce qui permettrait de valider et défendre ces changements. Selon ce film, il existe une relation difficile entre le système légal et la société. Loin de se diriger l'une l'autre elles s'accompagnent plus qu'elles ne se confrontent. Ainsi, selon Ruth Bader Ginsburg, paraphrasant l'un de ses anciens professeurs, la justice doit interpréter la loi à la lumière du fonctionnement du monde contemporain.

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*** Un film biographique intéressant qui défend avec brio une avocate talentueuse, Ruth Bader Ginsburg, mais il manque un petit quelque chose.
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Image : Site officiel

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