• The 100 saison 5

    TW : Cannibalisme

    Lors de la saison 4 le monde est mort une second fois. Alors que les centrales nucléaires du monde entier augmentent régulièrement le taux de radiation ambiant, une vague de mort s'abat sur le monde et menace d'atteindre les quelques poches de survies humaines. Durant les derniers jours, l'humanité s'est battue afin de ne pas mourir et 3 groupes se sont séparés : un petit groupe a réussi à atteindre l'espace afin d'attendre que la Terre soit habitable à nouveau, Clarke vit sur le sol seule et 1500 personnes ont atteint un bunker afin d'y survivre pendant de longues années sans pouvoir sortir. Mais personne ne savait qu'un transport de prisonnier se rend lentement en direction de la Terre. L'équipage ne sait rien des événements qui ont mené à la fin du monde et illes ne savent pas comment fonctionne la société. Il n'en faut pas beaucoup plus pour créer une nouvelle guerre centrée sur l'unique point vert de la Terre. Le contrôler implique la survie. Le perdre équivaut à la mort.

    SPOILERS

    Pendant plusieurs saisons le but de la série est de montrer un groupe de personnes globalement positives trouver le moyen de survivre dans un environnement dangereux. Que ce soit sur Terre ou dans l'espace seule la survie compte et permet de justifier des actes difficiles. Cependant, en particulier lors de la saison 2, il est clair que les personnes que l'on observe ne sont pas des monstres mais que leurs actions sont dictées par la nécessité. Dès la saison 3, la série pose la question de la légitimité de la survive de manière bien plus intense vu que l'un des personnages commet un génocide puis use des même tactiques que ceux qu'elle combat dans la saison 2. Cette saison 5 continue sur cette lancée. On se demande s'il existe réellement une personne qui mérite son humanité vue que tout le monde a accompli des actes très discutables qui peuvent potentiellement mettre en danger la survive de l'humanité.

    Ce qui me mène à ce qui se déroule à la fin de cette saison. Toutes les saisons précédentes, malgré les problèmes, permettent d'imaginer un avenir meilleur qui, au minimum, permet une survie. Dans tous les cas cet avenir est détruit par des problèmes humains et la guerre. Mais ce point ne met pas l'humanité en danger. Dans cette saison, les scénaristes décident de créer une guerre de fin du monde. Personne ne peut en revenir indemne et les actes peuvent empêcher la survive de l'humanité. Malgré les luttes de tout le monde, la Terre ne se remet pas des actes de l'humanité et seule la fuite permet la survie. Ce qui mènera à la prochaine saison que j'espère intéressante.

    *
    **
    *** Une saison un peu artificielle, un nouvel ennemi tombe littéralement du ciel, qui rend la plupart des personnages peu sympathiques. Ça se regarde si on aime la série mais je me demande quand elle se terminera.
    ****
    *****

    Image : IMDB

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  • L'opinion allemande sous le nazisme de Ian Kershaw

    Titre :  L'opinion allemande sous le nazisme
    Auteur : Ian Kershaw
    Éditeur : CNRS 1995
    Pages : 591

    Ian Kershaw est l'un des historiens les plus connus ayant travaillé sur le nazisme. Pourtant, je ne l'ai que peu lu. Je ne connaissais de lui que son essai "Qu'est-ce que le nazisme." Étant dans l'obligation de m'intéresser plus avant à la période 1918-1939 j'ai décidé de lire plus attentivement les écrits de Kershaw sur le sujet. Ce livre n'est pas son premier mais alors que ses productions s'intéressaient jusque-là à hitler il essaie, dans cette recherche, de comprendre de quelle manière les allemand-e-s réagissent face à la prise de pouvoir nazie. Loin des deux mythes de la résistance totale ou de l'acceptation totale Kershaw essaie de nous expliquer de quelle manière la population peut refuser certains actes tout en soutenant le régime de manière globale. C'est la raison pour laquelle il préfère utiliser le mot de dissension, comme il l'explique en préface et en introduction.

    Le livre est divisé en deux parties qui examinent les mêmes sujets : paysannerie, classe ouvrière, bourgeoisie, les églises et les réactions face aux persécutions subies par les juifs et les juives. La première partie s'intéresse aux années 1933-1939 et la seconde aux années 1939-1945. L'auteur essaie de nous expliquer de quelle manière ces différentes parties de la société réagissent et sont traitées par le pouvoir nazi. En ce qui concerne la paysannerie, le problème principal concerne la mainmise importante du gouvernement dans leurs affaires. Ce sera encore plus le cas en pleine guerre alors que la main-d’œuvre est de plus en plus rare. La paysannerie doit fournir des denrées à un certain prix tout en ayant l'obligation de refuser les liens avec les commerçants de religion juive, ce qui crée des problèmes économiques. La classe ouvrière, elle, est infiltrée par les organes du parti afin de mettre à mal la force du communisme et des syndicats au sein des usines. Pour cela, le régime crée des organisations chargées de rendre la vie ouvrière plus facile mais aussi d'offrir des loisirs contrôlés. En ce qui concerne la bourgeoisie, l'auteur s'intéresse beaucoup aux fonctionnaires et en particulier aux enseignants. Bien que ceux-ci soient souvent résolument en accord avec le régime, cela n'empêche pas des critiques importantes de la part d'élites du parti. Dans les trois cas, la population pouvait être en faveurs du régime mais l'auteur nous explique que celle-ci rentre rapidement dans une forme d'apathie politique afin de simplement vivre au jours le jours.

    Ian Kershaw essaie aussi de comprendre les réactions des églises. Dans le cadre du régime nazi, la chrétienté devrait être oubliée au profit d'autres formes de croyances. Cela a conduit à des attaques contre la place des églises au sein de la société, par exemple dans le cadre scolaire ou sur la place des crucifix dans les écoles. Si Kershaw nous parle des églises c'est parce que ces organisations ont été capables de créer des mouvements de résistance contre les décisions du régime. Ces résistances portent principalement sur leur place dans la société, mais aussi sur la mise en place de l'euthanasie des catégories considérées inutiles de la population. Cependant, Kershaw démontre que ces résistances se forment dans un cadre légal et ne permettent pas de créer une mise en cause majeur du régime. Les prêtres ont tendance à déclamer leur loyauté envers hitler tout en saluant la guerre contre l'URSS. Enfin, l'auteur s'attaque au difficile sujet des réactions de la population face aux spoliations et au génocide. Kershaw ne pense pas que le génocide était inconnu, des rumeurs ont existé, mais il essaie de prendre en compte la géographie. Ainsi, les allemands de l'est ont probablement plus de connaissances des crimes du régime que ceux de l'ouest. Il apparait que les tueries de masses ne soient pas vues favorablement, cependant l'antisémitisme est une opinion admise et les actes du régime contre les juifs sont largement soutenus. Ainsi, même si la population ne soutient pas les actes de violences, extrêmes, cela n'implique pas un accord avec d'autres décisions comme les spoliations, les ghettos ou la déportation en dehors du pays. Loin de dédouaner la population allemande, Kershaw tente ici de montrer la complexité de ses opinions.

    Bien entendu, je n'entends pas présenter toute la richesse de ce livre dans ces quelques lignes. Une partie importante de la réflexion et des exemples utilisés par Ian Kershaw ne s'y retrouvent pas. Je ne peux qu'inviter à lire un ouvrage bien documenté, dont les réflexions permettent de comprendre les complexités des opinions publics sans cacher les crimes ni le racisme de la population sous le régime nazi. J'ai particulièrement apprécié l'usage du concept de dissension qui permet de mettre en avant aussi bien les résistances que les accords avec le nazisme pour les mêmes groupes sociaux.

    Image : Éditeur

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  • Injustice 2. 4 par Tom Taylor, Bruno Redondo, Daniel Sampere, Mike S. Miller et Xermanico

    Titre : Injustice 2. 4
    Auteurs : Tom Taylor, Bruno Redondo, Daniel Sampere, Mike S. Miller et Xermanico
    Éditeur : DC 11 décembre 2018
    Pages : 160

    Ce volume 4 contient Injustice 2 18-24. Il y a peu de temps, Bruce Wayne et Rha's Al'Guhl ont combattu pour d'une part sauver des enfants et ensuite éviter que les plans de Rha's ne puissent être mis en branle. Malheureusement, ce fut un échec et l'entier du gouvernement des États-Unis est mort. Pire encore, une première frappe civile a détruit une ville entière. Bruce Wayne, questionné par ce qui reste du gouvernement et du parlement, comprend qu'il ne peut pas continuer ainsi. Il est temps d'augmenter la taille de ce qui reste de la Ligue des Justiciers en sauvant les Titans.

    SPOILER

    Les tomes précédents se concentraient sur les personnages annexes de l'univers DC afin de les mettre en avant et remplacer un grand nombre de morts. Les combats, bien qu'existants, étaient moins importants que la construction d'un univers et des problèmes que celui-ci connait. Ce tome se concentre sur deux intrigues, une liée aux Titans et la seconde aux attaques de Rha's. Dans les deux cas, les scénaristes ont pris le parti de lancer des combats spectaculaires avec des enjeux importants puisque les personnes qui meurent sont nombreuses, parfois immédiatement après leur introduction. Même si la construction de l'univers est moindre, la vitesse de l'action permet de ne pas s'ennuyer tout en récoltant quelques indices qui mènent au second jeu.

    *
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    **** Peu bavard, mais spectaculaire. Si vous aimez l'univers des séries Injustice vous allez aimer ce quatrième tome.
    *****

    Image : Éditeur

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  • Captain Marvel

    Les années 90, sur une planète éloignée une femme, Vers, est entrainée afin de faire partie de l'élite de sa nation. Un groupe de personnes spécialisées dans le combat et l'exfiltration. Leur travail est dangereux et implique des responsabilités et des pouvoirs importants. Leur raison d'être est de vaincre face à une espèce capable de changer son apparence à volonté afin d'infiltrer des planètes pour les envahir après. Lors d'une mission Vers est kidnappée. Ses souvenirs sont analysés. Et elle se retrouve sur une planète éloignée dont les habitant-e-s n'ont aucune idée des guerres qui se déroulent dans la galaxie. Vers va devoir agir vite si elle compte sauver une planète entière face à une race dont le seul but de l'existence semble être la guerre.

    SPOILERS

    Ce film n'est pas parfait. Certaines scènes ne sont pas tout à fait réussies et le rythme est parfois un peu étrange. Ce dernier point est souhaité par la réalisation puisque Carol Danvers est sujette à des flash-back lorsqu'elle comprend une partie de son histoire. Ce film concerne moins une intrigue générale que l'histoire de Carol Danvers. On la découvre amnésique et, au fur et à mesure, elle récupère son histoire personnelle et donc son identité. D'une simple soldate elle devient une personne individuelle qui prend ses propres décisions. Ce processus passe aussi par son passage d'apprentie à celui d'héroïne. Dès le début, le film et les personnages, masculins, principaux lui déclarent qu'elle n'est pas assez forte, pas assez entrainée et qu'elle a besoin d'eux. Lors d'une scène précise, elle comprend que ce qu'elle pensait être des échecs n'étaient que des épisodes durant lesquels elle se relève afin de continuer à se battre. À partir de ce point, elle refuse d'essayer de prouver ses capacités pour simplement les utiliser.

    Le film s'intéresse aussi à la guerre. Dès le début, on apprend que Carol Danvers est une soldate impliquée dans une guerre entre deux espèces. L'une de ces espèces est qualifiée de terroriste tandis que l'autre est considérée comme bénéfique. Les Skrulls ayant la capacité de changer de forme peuvent s'infiltrer et agir dès que tout est prêt. Illes sont donc accusé-e-s de nombreux actes de terreurs et seuls les Krees, l'espèce alliée avec Carol Danvers, peuvent lutter afin d'éviter leur propagation. Pendant une bonne partie du film, cette présentation n'est pas modifiée. Cependant, on observe les Krees bombarder des civils pendant que des équipes au sol n'hésitent pas à tuer toutes personnes potentiellement Skrulls. Plus tard, on comprend que cette présentation de la guerre était un mensonge. Les Krees ont détruit la planète des Skrulls et celleux-ci ont dû se cacher avant d'essayer de trouver une nouvelle planète. La lutte entre les deux espèces implique des tactiques de guerre qui peuvent être présentées comme terroristes mais dépendent aussi de l'asymétrie de la situation. Les Krees deviennent une espèce impérialiste qui ne recule devant rien pour imposer ses idées, malgré les coûts en vie.

    *
    **
    ***
    **** Si vous cherchez un divertissement, ce film réussit parfaitement à jouer son rôle. Il permet aussi d'introduire Carol Danvers que nous allons revoir dans un prochain film
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    Image : Site officiel

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  • La République de Weimar 1919-1933 par Horst Möller

    Titre : La République de Weimar 1919-1933
    Auteur : Horst Möller
    Éditeur : Tallandier 2011
    Pages : 367

    La République de Weimar est une période que je ne connais que peu. Bien entendu, je sais que celle-ci tombe après la nomination de hitler au poste de Chancelier. Je sais aussi qu'elle a connu un début mouvementé, révolutionnaire. Mais ces faits n’expliquent pas les raisons de sa chute. Pourquoi un monde politique démocratique perd pied et permet la mise en place d'une dictature qui, dès les premiers jours, réprime et tue les opposants détruisant toute forme de légalité républicaine. Afin de nous permettre de comprendre les raisons derrière la chute de cette République l'auteur met en place 3 grandes parties.

    La première partie se concentre sur les deux présidents que connu Weimar : Ebert et Hindenburg. Dès les premiers mots le problème est posé "Le premier [Ebert] incarne les chances de la République, le second [Hindenburg] son échec." Ebert, selon l'auteur, est une personnalité de gauche qui s'intéresse plus aux problèmes concrets qu'aux idéologies. Son entrée à la présidence lui permet de calmer la Révolution afin de mettre en place une forme démocratique de gouvernement, qui inclut les opposants. Bien que sa personne fût décriée par ses alliés et ses ennemis, l'auteur ne cache pas une son admiration envers un homme qui n'a jamais dévié de son idéal démocratique. Le second président, Hindenburg, incarne l'ancien régime prussien. Ce général a connu la Prusse, la création du Reich et la chute de celui-ci. Bien que son organisation militaire soit responsable, il dénonce les élites de Weimar comme responsables de l'échec allemand, créant par là une théorie du complot qui aura beaucoup de défenseurs.

    La seconde partie s'intéresse au fonctionnement et à la création de la République. L'auteur y explicite la création de la Constitution. Celle-ci devait à la fois abaisser les pouvoirs présidentiels et éviter un parlement trop fort. Cependant, Weimar entre rapidement en crise à cause de problèmes externes et internes. À l'interne, une partie importante de l'état reste anti-démocratique et jamais la République n'eut le temps ou les moyens de remplacer ces personnalités. À l'extérieur, ce sont les dettes et humiliations du traité de Versailles. Bien que tous les partis demandent sa renégociation, ce sont les partis républicains qui sont considérés comme coupables. Les coûts des réparations ont aussi un impact important sur les capacités économique de Weimar, ce qui sera aggravé lors des différentes crises connues par l'Allemagne et le monde. Ce chapitre démontre que, dès sa création, la République était particulièrement fragile. Mais cela n'implique pas une chute future.

    Dans la troisième partie, l'auteur se concentre sur les années 1930-1933. Leur examen permet de comprendre les raisons derrière la chute de Weimar. S'appuyant sur son analyse précèdent, il explique que Weimar perd son caractère démocratique. Souvent mis en minorité par le parlement, le gouvernement et la présidence usent et abusent de la procédure de dissolution du parlement. Cette méthode permet d'agir sans contrôle parlementaire pendant plusieurs mois tout en évitant les remises en cause des décrets présidentiels. De plus, le gouvernement use de plus en plus des procédures d'état d'urgence afin de s'attaquer à des problèmes internes, créant un précédent qui permet de justifier la suspension de droits fondamentaux. Ces diverses procédures, dans un contexte international de plus en plus suspicieux envers la démocratie, ont tendances à affaiblir les partis républicains, incapables de travailler ensemble, et de renforcer les extrêmes aussi bien communistes que nazis qui refusent d'entrer au sein d'un groupe démocratique. Tout est prêt pour que la République chute lorsque hitler est nommé Chancelier.

    Ce livre m'a permis de bien mieux comprendre non seulement les raisons de la fin de la République de Weimar mais aussi le fonctionnement de la dictature. L'auteur nous explique que la dictature s'appuie sur une impression de légalité en utilisant des procédures prévues dès la création de la Constitution. Il faut expliquer que l'auteur s'appuie surtout sur un examen politique et juridique. La Constitution et les changements politiques sont fortement analysés. Bien que Möller s'intéresse aussi aux artistes et aux intellectuels, la population n'est que peu présente dans ce livre.

    Image : Éditeur

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