• Toy Story 4

    Comme beaucoup de monde j'ai connu Toy Story lors de mon enfance. Je n'ai jamais vu le 2 mais je me souviens très bien du 3. Toy Story réussit à capturer le lien avec les jouets mais aussi la nécessité de grandir et de changer lorsqu'on est enfant. Je pensais que le troisième était une bonne conclusion puisque l'on suivait Andy jusqu'à l'âge adulte et son entrée à l'université. Ce quatrième volet reprend immédiatement après la fin du troisième et quelques scènes pour que l'on se souvienne des autres films. Nous retrouvons donc Bonnie et les jouets. Tout se passe bien mais Woody est de moins en moins choisi. Il reste dans le placard. Woody reste fondamentalement loyal et suit Bonnie lors de son premier jour d'école. Durant cette journée Bonnie crée un jouet. Mais celui-ci ne sait pas qu'il est un jouet forçant Woodie à l'empêcher de fuir.

    SPOILERS

    Toy Story parle de la nécessité de grandir avec l'aide d'ami-e-s. Mais aussi de la nécessité de jouer afin de se créer un monde imaginaire permettant un développement personnel plus important et de vivre dans un sentiment de sécurité. Mais ce film me semble parler plus de Woody et de sa difficulté à accepter le changement. Woody est loyal. Son but est d'aider les enfants et en particulier les enfants avec lesquels il a été lié. Il est très difficile pour lui de changer d'enfants et d'être délaissé. Durant tout le film il essaie de faire uniquement ce qu'il connait alors qu'il n'est plus aussi utile qu'auparavant. Bien entendu, il nous parait clair en tant que spectateur qu'il est nécessaire pour Woody d'accepter le changement et de trouver un nouveau but dans sa vie. Ce but implique aussi de penser à lui-même et aux personnes vers qui il souhaite être.

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    **** Attention, les enfants sont capables de créer la vie !

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    Image : Site officiel

  • Brightburn

    CW : gore

    Brightburn est une petite ville des Etats-Unis. Dans cette ville un jeune couple rêve de fonder une famille mais n'y arrivent pas. Un soir, un vaisseau s'écrase dans la forêt voisine. À l'intérieur de ce vaisseau se trouve un bébé. Celui-ci est immédiatement adopté par le couple qui l’élève pendant 12 ans sans problèmes. À l'école, le jeune Brandon n'a pas beaucoup d'ami-e-s. Mais il est brillant et remarqué par ses enseignant-e-s. Cependant, tout change lors de ses 12 ans. Du jours au lendemain son attitude devient plus problématique. Petit à petit, ses humeurs inquiètent ses parents qui se demandent comment réagir de manière adéquate. Dans le même temps, Brandon développe des pouvoirs. Alors qu'il apprend à comprendre ses capacités et à tenter d'expliquer son origine plusieurs personnes disparaissent de la ville avec un simple symbole comme indice.

    SPOILERS

    L'idée du film est transparente. Que se passerait-il si Superman n'était pas bon mais mauvais ? Plusieurs comics ont déjà mis en avant une telle idée avec plus ou moins de réussites. Même dans la continuité des comics DC il existe des versions maléfiques de Superman. La base du film est donc relativement connue et sans véritable nouveauté. Le film joue beaucoup sur ce point en utilisant une mythologie et des images proches de ce que l'on connait de Superman. Brendan est un alien adopté. Ses pouvoirs sont les même que ceux de Superman. Il porte même une cape rouge, qu'il agrémente d'une cagoule.

    La question qui m'intéresse bien plus est le passage de "bon" à "mauvais". Brendan n'est pas maléfique dès l'origine. Il est d'abord un adolescent avec ses problèmes et ses questions. Je pensais que le film nous montrerait une progression. Un refus d'une frustration qui le mène à user de ses pouvoirs de manière de moins en moins éthique. Jusqu'à ce qu'il se rende compte que sa puissance implique qu'il peut faire tout ce qu'il souhaite sans que personne ne l'en empêche. Mais le film nous montre un passage instantané en direction de son côté maléfique. Je trouve cela simpliste et bien moins intéressant. D'où la question : Brandon devient-il mauvais où alors la réalisation souhaite-t-elle nous dire qu'il a toujours été mauvais ?

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    ** Un film trop gore à mon goût avec une intrigue moins intéressante que je ne le pensais

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    Image : IMDB

    Site officiel

  • La main gauche de la nuit par Ursula K Le Guin

    Titre :  La main gauche de la nuit
    Autrice : Ursula K Le Guin
    Éditeur : Laffont 1971 (1969)
    Pages : 330

    J'avais déjà tenté de lire des romans de Le Guin, Terremer, mais je n'avais pas du tout aimé. Après réflexions, j'ai décidé de tenter ce roman. Il a reçu le prix Hugo et il est très bien considéré. Ce roman prend place dans un cycle qui décrit un univers géré par une forme d'association reliant toute l'humanité, l'Ekumen. Mais cette association n'est pas toute puissante, elle ne fait que faciliter les contacts. Le héros, est un envoyé de l'Ekumen afin de proposer une alliance à une planète nouvellement découverte : Gethen. Celle-ci est très froide et inhospitalière mais cela n'a pas empêché l'humanité de créer et de survivre jusqu'à mettre en place plusieurs états. Mais la plus grande surprise est la biologie. Les Gethenien-ne-s ne sont ni femmes ni hommes. La majeure partie du temps ce sont des personnes sans genres ni sexes. Ce n'est que lors de périodes précises, sexuelles, que ces humain-e-s peuvent intégrer les caractéristiques de l'un ou de l'autre sexe biologique. L'Envoyé est donc une bizarrerie à plus d'un titre et cela pourrait jouer sur sa réussite.

    SPOILERS

    Ce roman place deux personnages précis face à des informations qui ne sont pas maitrisées. L'envoyé, Genry, provient de l'Ekumen et de la Terre. Il se rend sur une planète dont il ne comprend pas totalement le fonctionnement sociologique et politique. Le seconde, Estraven, est un premier ministre qui tente de comprendre les conséquences de l'entrée dans l'Ekumen pour son peuple. Ce point de départ permet de parler d'un grand nombre de thème qui démontrent une influence de la sociologie et de l'anthropologie sur Ursula K Le Guin. Non seulement l'autrice tente de faire de Genry un observateur du fonctionnement des sociétés de la planète Gethen mais elle essaie d'expliciter la création des états. Je ne pense pas être tout à fait d'accord avec elle mais elle tente d'expliquer que les états modernes, nations, se construisent sur un temps long avec une unification de plus en plus importante et une centralisation du pouvoir. Celle-ci se met en place à l'aide des voies de communications, aussi bien les routes que la radio. Deux états sont visités dans ce roman. Le premier est un lieu quasi féodal avec un roi tandis que le second est gouverné par des Commissaires qui se basent sur une administration importante et le contrôle des déplacements et de l'identité. Ce dernier exemple est inquiétant et Le Guin montre que les personnes marginalisées peuvent souffrir d'un tel contrôle.

    On ne peut pas non plus passer outre l'information la plus importante de ce livre. Ces humain-e-s, sur Gethen, ne sont ni des femmes ni des hommes. Illes n'ont ni genre ni sexe définis pendant une grande partie de leur vie, en dehors des périodes de sexualité ou de grossesse. Toutes personnes peuvent donc intégrer les caractéristiques biologiques du sexe féminin ou masculin lors de leur vie. Le héros, Genly, est biologiquement homme. Bien entendu, la société de Gethen est beaucoup moins divisée en termes de genre. Étant donné qu'il n'y a pas de pensée de dualité biologique il n'y a pas non plus de pensées sur les différences en termes de rôles de genre. Seul Genry pense ces différences et, à plusieurs reprises dans le roman, il tente de masculiniser ou de féminiser ses interlocuteurs en prenant en compte le contexte.

    Bien que ces tentatives via Genry soient très traditionnelles, la personne qui le loge est vue comme féminine tandis qu'Estraven est vu comme masculin dans un contexte politique, on peut se demande si cela n'est pas souhaité par l'autrice. En tentant de genrer cette société en prenant en compte le contexte de ses interactions avec ses interlocuteurs Genry permet de questionner la division duale de la société, basée sur la vision externe des sexes dits biologiques. Si Genry est incapable de genrer sans utiliser le contexte cela ne veut-il pas dire que les divisions de genre sont des constructions sociales et historiques ? Et donc que Genry, et nous par la même occasion, avons tort d'essayer de consolider des différences qui n'existent pas réellement ?

    Ce roman est ma seconde tentative de lire Le Guin. Alors que la première ne fut pas une réussite j'ai bien apprécié ce roman. Il n'est pas parfait mais il est très intéressant. Le contexte général existe mais n'est pas trop important afin de ne pas écraser l'intrigue précise du roman. L'histoire de Genry et d'Estraven permet de présenter des réflexions sur le genre et la construction de l'état. Cela est aidé par des ajouts de type mythologiques au sein du texte, nous permettant de mieux comprendre le fonctionnement de l'humanité de cette planète. Ayant apprécié ce roman je vais tenter un second tome dans ce même cycle.

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    **** Un roman qui subit son âge mais que j'ai beaucoup aimé.

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    Image : Éditeur