Yesterday

Jack Malik est un auteur compositeur britannique. Il a abandonné une carrière d'enseignant de musique pour tenter de vivre de ses créations, ce qui implique un temps partiel dans un grand magasin. Sa manager est une ancienne collègue, enseignante en math. Ces deux personnes sont amies depuis longtemps lorsque tout le monde était certain que la carrière de Jack serait un succès grandissant. Mais celle-ci n'est qu'une suite de déception et personne ne semble aimer ses créations. Après un échec dans un festival local Jack décide d'abandonner la musique tout en rentrant chez lui. Un bus lui fonce dessus et, lorsqu'il se réveille, il se rend compte que tout le monde a oublié les Beatles. Ce groupe n'a même jamais existé. Il y a une opportunité à prendre mais Jack la saisira-t-elle ?

SPOILERS

Il est évident que ce film a été écrit par des personnes qui aiment profondément les Beatles et leur musique. Les chansons sont nombreuses et les références encore plus (je ne suis pas capable de toutes les trouver). Le film envoie même Jack dans la ville d'origine du groupe afin de revenir sur les influences des Beatles, passant par là un certain message sur la création sur lequel je reviendrais plus tard. Au premier regard, l'intrigue du film semble être Jack et sa vie amoureuse. Ellie, sa manager, est amoureuse de lui mais jamais il ne s'en est aperçu. Tout le film sera une succession de scène qui pousseront Jack à choisir entre la richesse et la célébrité et Ellie (malheureusement je ne suis pas très heureux de la scène finale lorsqu'il se déclare enfin son amour pour Ellie).

Mais quand on regarde de plus près on se rend compte que le film s'intéresse à deux autres choses. Premièrement, la réalisation tente de parler de l'industrie de la musique. Le premier CD de Jack est enregistré dans un petit studio près d'une gare avec des idées très artisanales mais qui fonctionnent bien. Dès qu'il est remarqué, il est embrigadé dans une industrie gigantesque qui ne fonctionne que sur la nouveauté, le marketing et l'argent. On oublie l'artisanat et on ne fait que ce qui fonctionne directement. Les choix de Jack sont mis de côté lors d'une séance de marketing lors de laquelle les employé-e-s semblent ne faire qu'applaudir. Seul l'argent et la forme ont une importance, le fond n'est là que pour permettre d'être plus riche. Cette perspective est mise en avant par Debra parfaitement jouée par Kate McKinnon.

Une autre perspective est celle de Jack. Il est auteur-compositeur. Durant le film, il essaie, avec difficulté, de retrouver les mélodies et les paroles de grandes chansons des Beatles. Loin d'être facile, on l'observe avoir beaucoup de mal à retrouver ces informations. Il travaille de longues heures pour recréer les chansons et vérifier ce qu'il pense être juste. Parfois, il se trompe pendant plusieurs jours et recommence dès le début. La création est donc montrée comme un processus, un travail, qui demande des efforts importants. Mais c'est aussi un processus qui dépend du vécu. À plusieurs reprises, on demande à Jack quelles sont les influences, les histoires, derrière ses chansons. N'ayant pas vécu la vie des Beatles il est difficile pour lui de répondre. D'où sa visite dans leur ville d'origine pour retrouver leur vécu et essayer de comprendre ce qui se cache derrière leurs chansons.

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***** Un film qui permet de se sentir bien. Malgré une impression de simplicité il est plus riche qu'on peut ne le penser.

Image : IMDB

Site officiel

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