• Guardians of the Whills par Greg Rucka

    Titre: Guardians of the Whills
    Auteur: Greg Rucka
    Éditeur: Disney press 2 mai 2017
    Pages: 240

    Sous la République Jedha fut une planète sainte. La Ville Sainte était un lieu de foi pour plusieurs sectes et croyances diverses. Des pèlerins de toute la galaxie y voyageaient ou refusaient leur vie au sein de cette petite communauté au milieu du désert. Ce qui rend cet endroit si important est l'existence de mines de cristaux spécifiques, importants pour les jedis et la croyance en la Force : les Kyber. Ceux-ci permettent la création des Lightsaber et sont uniques pour chacun des jedis. Mais lorsque la République est tombée l'Empire est arrivé. Les différents temples ont été fermés et les sectes rendues illégales. Depuis, les mines ne sont jamais fermées et Jedha peut à peine survivre. Dans ce contexte, l'arrivée du rebelle Saw Gerrera pourrait aussi bien permettre de sauver la cité que la détruire.

    SPOILERS

    Ce court roman s'intéresse à deux personnes, que je persiste à penser en couple : Baze et Chirrut. Ces deux personnages étaient introduits dans le film Rogue One comme des résistants et d'anciens membres d'une secte fonctionnant autours de la Force. Chirrut, bien que n'étant pas un jedi, était décrit comme particulièrement proche de la Force. Dans ce livre, on suit leurs aventures quelques mois avant les événements de Rogue One. L'auteur y explicite les coûts de la Résistance pour les personnes qui vivent sur Jedha. En effet, chaque acte de résistance est suivi par un acte de contrôle plus important qui ouvre la voie à un acte de résistance plus important encore. Les deux camps ne font que devenir plus radicaux et les personnes innocentes en souffrent de plus en plus. Cette souffrance est concrétisée par le nombre élevé d'orphelins et la difficulté de les aider.

    Ce roman serait intéressant si cet aspect était concrétisé par une intrigue réussie. Malheureusement, il ne me semble pas que Greg Rucka réussisse à donner un véritable intérêt à ses idées. Celles-ci sont bonnes, elles donnent de la substance à cette planète et aux deux personnages qu'il a choisi. Mais ce qui les entoure me semble trop simpliste. Tout s'emboite de manière mécanique sans jamais être véritablement discuté. Ainsi, on doit simplement accepter l'arrivée de Saw Gerrera et sa capacité à comprendre une situation. On doit aussi accepter sa trahison envers Jedha alors que celle-ci n'était pas préparée au sein des chapitres précédents. Ces manques nuisent fortement aux propos de l'auteur concernant les coûts de la guerre, tels que je pense les avoir compris.

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    *** Malheureusement trop simpliste

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  • Histoire des Etrusques par Jean-Marc Irollo

    Titre : Histoire des Étrusques
    Auteur : Jean-Marc Irollo
    Éditeur : Perrin 2010 (2004)
    Pages : 212

    Je peux l'avouer sans honte, je ne connais pratiquement rien à la civilisation étrusque. Pourtant, elle eut une influence importante sur la civilisation romaine, qu'elle contrôla pendant quelque temps. Pendant longtemps, Rome dépendit d'institutions et de rituels provenant des Étrusques. Mais cette civilisation est difficile à comprendre. Non seulement sa langue est encore difficile à comprendre mais elle n'a laissé que peu de traces. On en sait beaucoup à l'aide d'auteurs antiques mais ceux-ci ont parfois enjolivé certaines caractéristiques ou évité de parler des échecs militaires face aux Étrusques.

    L'auteur de ce livre essaie de nous donner une vision complète et synthétique de cette civilisation, les aspects plus spécialisés pouvant être étudié à l'aide d'une courte bibliographique. J'ai été surpris que l'auteur débute son livre par une histoire de l'intérêt envers les Étrusques. Par ce chapitre, il explicite de quelle manière les premières découvertes eurent lieu et qu'elles furent les réactions de la société et des savants face à celles-ci. Il nous présente des pillages qui permettent de revendre des objets ou de les collectionner, ce qui ne fut stoppé que par une politique muséale. Mais aussi des idées négatives envers cette civilisation, par des personnes qui pensent l'art gréco-romain supérieur.

    Les chapitres qui suivent s'intéressent plus spécifiquement à la vie des Étrusques. On y découvre leur art, leurs croyances religieuses mais aussi les actions commerciales et militaires. L'auteur explicite, brièvement, la question débattue des origines. Celle-ci est considérée comme mineure par Jean-Marc Irollo mais permet de comprendre que l'originalité étrusque a en grande partie expliqué l'impression que ceux-ci proviennent d'autres horizons géographiques qu'italiques. Ces chapitres décrivent une civilisation raffinée qui, selon les mots de l'auteur, semble célébrer la vie sur terre. Contrairement aux gréco-romains, les femmes y sont acceptées au sein de la vie masculine comme les banquets ou les combats de lutte. Mais c'est aussi une civilisation qui donne une grande importance aux signes envoyés par les divinités. Ces signes doivent être interprété afin d'y répondre d'une manière adéquate. Rome utilisera longtemps des étrusques pour comprendre ces signes. Enfin, l'auteur termine sur les victoires et les pertes militaires. Alors que le début de cette civilisation se heurte aux grecs, ceux-ci les décrivant comme des pirates, ils conquièrent avant tout pour faciliter le commerce. Celles-ci seront fatales puisque l'une des conquêtes est la ville de Rome que les Étrusques vont largement aider. À la suite de l'expulsion du dernier roi, Tarquin le Superbe, l'histoire des relations entre les romains et les villes étrusques est une suite de guerres jusqu'à ce que les aristocrates étrusques préfèrent s'allier à Rome plutôt que de perdre contre une population socialement inférieure. Ceci marquera le début d'une assimilation au sein de la civilisation gréco-romaine.

    Ce petit livre est avant tout une introduction. L'auteur n'explicite pas les débats scientifiques les plus récents. Il tente de nous présenter ce que nous savons, actuellement, de cette civilisation et de ses liens avec le monde gréco-romain. De ce point de vue, c'est une réussite. Néanmoins, on peut déplorer le manque d'illustrations ou de cartes au sein du texte qui permettraient de mieux comprendre certains aspects, en particulier artistiques.

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  • Thrawn: Treason par Timothy Zahn

    Titre : Thrawn : Treason
    Auteur : Timothy Zahn
    Éditeur : Penguin 23 juillet 2019
    Pages : 352

    Le Grand Amiral Thrawn est de retour au sein de l'Empire. Il souhaite continuer son attaque contre les rebelles de Lothal, et particulièrement après avoir réussi à capturer leur membre le plus important : Syndulla. Mais il est convoqué à une rencontre entre le Grand Amiral Savit, le Grand Moff Tarkin et le Directeur Krennic. Cette réunion doit non seulement parler des problèmes posés par la construction de l'Etoile Noir mais aussi décider si le projet personnel de Thrawn doit en souffrir. Il en ressort un pari : si Thrawn est capable de résoudre un problème précis pour l'Etoile Noir il gardera son financement. Mais l'Empire est loin d'être un univers dans lequel on joue en suivant les règles. Thrawn pourrait bien en pâtir.

    SPOILERS

    Ce troisième roman s'inscrit dans la continuité des deux précédents. L'auteur nous donne bien plus d'informations sur les Chiss et la menace dont parle toujours Thrawn. Celle-ci est sous la forme d'aliens capables de contrôler des empires entiers avec peu de troupes, préférant rester en retrait. Leur menace est ici bien plus forte puisqu'ils se trouvent au sein de l'Empire, poursuivis par un navire Chiss. Ainsi, ce roman démontre l'incapacité de l'Empire de contrôler un vaste espace malgré sa puissance militaire.

    Mais le roman s'inscrit aussi dans la continuité des séries et des films. Thrawn s'est toujours intéressé à l’Etoile Noire, tout en argumentant contre sa construction. Ce roman continue sur cette lancée en expliquant en quoi une station aussi importante est non seulement inutile mais dangereuse. Premièrement, son coût est bien trop important. Tout ce qui est offert à la construction de la station met à mal le fonctionnement d'autres parties de l'armement militaire de l'Empire. En second lieu, il est toujours possible qu'un ennemi capture la station ou la détruise, faisant tomber une partie importante du complexe militaire de l'Empire.

    Ces deux points sont brodés autours d'un personnage intriguant, Thrawn, qui montre encore son génie tactique. On pourrait croire que cela rendrait les batailles peu intéressantes, mais l'attention de l'auteur envers les choix des commandant-e-s et les raisons qui poussent à ces décisions permet d'intégrer l'importance du moment et des dangers encourus. Ce troisième roman, après un second très faible, est plus que bienvenu.

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  • Des Suisses au coeur de la traite négrière par Olivier Pavillon

    Titre : Des Suisses au cœur de la traite négrière
    Auteur : Olivier Pavillon
    Éditeur : Antipodes 2017
    Pages : 160

    Les travaux sur les relations de familles suisses avec la traite ne sont pas nombreux. Ce n'est que récemment que des historien-ne-s s'y sont intéressé-e-s, nous offrant un livre de base pour comprendre ces liens. Ce livre s'inscrit dans ce mouvement. Il est constitué de trois articles qui permettent d'examiner des exemples familiaux précis afin de comprendre comment elles ont pu avoir des liens avec l'esclavage et la traite. Ces trois familles recherchent toutes la richesse dans les colonies et subissent les changements politiques du continent européen.

    La première est celle des Larguier des Bancels. L'auteur l'examine sur plusieurs générations et sur un espace géographique large. En effet, cette famille tente de gagner en fortune depuis plusieurs générations, malgré des problèmes de dettes, ce qui implique l'achat de fiefs et droits seigneuriaux. Leurs efforts impliqueront des achats en Ile de France. Ces possessions se trouvent dans la tourmente alors que des problèmes de successions et des changements politiques ont lieu. Ainsi, l'un des fils de la famille fait partie des colons qui tentent d'empêcher la lecture du décret d'abolition de l'esclavage. Celui-ci aura bel et bien lieu, au grand regret de la mère de ce dernier qui considère que les anciens esclaves sont dorénavant mieux lotis que les européen-ne-s. Pour finir, la famille perdra toute sa fortune.

    Un second article permet de comprendre de quelle manière trois familles suisses se sont liées afin d'investir dans le commerce maritime. Ces investissements se font à Marseille, alors que la Révolution approche, le but est de consolider les finances et de faire fortune. Mais ces investissements sont particulièrement risqués et peuvent demander plusieurs années avant que l'information n'arrive aux investisseurs. Le nombre important de personnes qui se retrouvent pour un voyage permet de diminuer les risques tout en gardant une possibilité d'enrichissement important. Mais ces trois familles ne vont pas être très heureuses en affaire, tout en ne se posant que peu la question de la traite vue uniquement comme une affaire économique.

    Enfin, une dernière étude de cas se concentre sur Alfred Jacques Henri Berthoud. Ce dernier se rend au Surinam ou il acquiert une petite propriété, qu'il risque rapidement de perdre. Heureusement pour lui, son mariage au sein d'une famille riche lui permet de gagner en statut et en monnaie. Sa femme meurt, mais elle lui laisse tout son héritage au grand désarroi de sa belle-mère. Il rentre en Suisse et ne gère ses affaires que de loin avant de souhaiter les liquider. Il se place en "humaniste" car il tente d'éviter de séparer ses esclaves, ce qui ne l'empêche pas d'user de punitions... Son argent lui permet de gagner un statut important en Suisse, au sein du monde politique.

    Ces trois exemples, tirés d'articles déjà publiés dans des revues locales, permettent d'illustrer l'importance des familles suisses au sein du système esclavagiste. Mais les informations ne sont que parcellaires. En effet, comme le dit Gilbert Couttaz en postface, les sources se trouvent au sein d'archives privées et certaines familles souhaitent éviter la mauvaise publicité d'un lien avec l'esclavage. Ce n'est que lorsque ces archives sont déposées au sein d'institutions publiques qu'il devient plus facile de travailler sur ce sujet.

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  • Thrawn: Alliances par Timothy Zahn

    Titre : Thrawn : Alliances
    Auteur : Timothy Zahn
    Éditeur : Penguin 26 février 2019
    Pages : 496

    Thrawn n'est pas un humain. Il n'est même pas un véritable habitant de l'Empire. Pourtant, il a réussi à devenir un Grand Amiral au sein de la flotte impériale. Ses tactiques et son commandement sont efficients et personne ne remet en cause ses capacités. Du moins jusqu'à son échec face aux rebelles dans des circonstances qui ne sont pas totalement de son contrôle. Sa loyauté et ses capacités sont mis en question par l'une des personnes les plus puissantes de l’Empire : Vader. L'Empereur décide justement de vérifier ces deux points en envoyant Vader et Thrawn dans les régions inconnues enquêter sur une perturbation au sein de la Force. Au même endroit de la rencontre entre Thrawn et le jedi Anakin Skywalker.

    SPOILERS

    Ce second tome autours de Thrawn discute sa loyauté envers l'Empire. Dès le début, on avait compris que l'Amiral est loyal à la fois envers l'Empereur et son propre peuple. Son but est de préparer l'Empire afin de combattre des menaces dans les régions inconnues de la Galaxie. Ce tome nous place à la frontière de ces régions. On comprend mieux pour quelles raisons elles sont si peu connues et qui s'y trouve. Mais surtout, l'intrigue place Thrawn entre son peuple et son serment, observé de près par Vader.

    Malheureusement ce livre me semble peu intéressant. Malgré mon intérêt envers Thrawn, il n'y a que peu de choses que j'ai apprécié. Le livre fonctionne sur deux temps. Nous suivons l'Amiral et Vader enquêter sur une menace méconnue dans le présent. Dans le passé, nous observons la rencontre entre Thrawn et Anakin. Ce dernier veut retrouver Padmé et tombe sur une menace importante pour la République. C'est cette menace qui est censée connecter les deux époques. Mais le lien me semble très mal mis en place. Il intervient dans les dernières pages du roman et jamais l'auteur ne nous a donné des indices permettant de le comprendre. On ne doit que l'accepter.

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    *** Peu intéressant

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