• Sorry we missed you

    TW : actes de maltraitances

    J'avais adoré "I, Daniel Blake" malgré sa capacité à créer de la tristesse. Ken Loach avait réussi à montrer l'absurdité d'un système de chômage tout en montrant les effets de celui-ci, et de la pauvreté, sur les gens. Je ne pouvais pas passer à côté d'un nouveau film de Ken Loach, bien que cette fois je sois prévenu de l'effet de ses films. Dans ce nouveau film nous suivons la vie d'une famille victime d'une crise économique. Lors de leur mariage, le jeune couple pensait pouvoir devenir propriétaire et s'occuper de leur famille. Mais Ricky Turner perd son emploi et sa femme, Abbie, travaille comme aide à domicile avec un contrat 0 heures. Leur fils ne s'intéresse plus à l'école et leur fille est un peu laissée seule. Tout pourrait changer lorsque Ricky pense trouver une opportunité. Il pourrait devenir livreur pour une société de livraison. Mais cela implique des investissements importants car il n'est pas employé mais un prestataire de service. Petit à petit, la famille s'enfonce dans la crise.

    SPOILERS (des gros)

    Ce film est particulièrement éprouvant à regarder. Je vais revenir sur plus aspects ensuite pour d'abord me concentrer sur la famille Turner. Les deux parents sont montrés comme de plus en plus fatigués, incapables de sortir des dettes. Pour permettre à Ricky de travailler Abbie a vendu sa voiture, ce qui implique qu'elle doive prendre le bus pour travailler et donc rentrer tard. Leur fils, Seb, est en train de sortir du système scolaire et de refuser, de plus en plus, les décisions de son père. Leur fille, Lisa Jane, semble encore s'en sortir à l'école mais elle souffre du stress et des disputes entre ses parents et avec son frère. Le travail précaire a donc ici un effet précis : la famille perd en cohésion.

    Ce que montre le film concerne aussi Uber et les contrats précaires, en particulier les contrats 0 heures. Ces contrats impliquent que la personne employée ne sait pas si elle sera envoyée au travail ni combien elle sera payée. Le statut est particulièrement insécure mais il n'est pas possible de chercher un nouvel emploi vu que la personne est déjà employée. Dans ce film, cela implique aussi un travail de soin, mais pour des personnes qualifiées de clientes avec lesquelles la fraternisation est interdite, et un temps de travail précis. Abbie ne doit pas s'occuper des personnes qu'elle a en charge trop longtemps et les heures supplémentaires ne sont pas payées. Bien entendu, pour le soin à la personne une telle attitude est impossible et cela implique, au minimum, de ne pas traiter de manière adéquate des êtres humains.

    En ce qui concerne Ricky il est attiré par la possibilité d'être son propre patron. Mais le système dans lequel il entre implique de nombreux investissements de sa part pour un retour peu important. Il doit acheter un camion, prendre une assurance et gérer lui-même son temps de travail tandis que l’entreprise ne lui fournit que les paquets, les adresses et un scanner portable. En cas d'incapacité de travail, il reçoit une amende et les colis et matériels défectueux sont mis à charge. Étant un prestataire de service il n'a donc aucuns droits, il n'est pas protégé, tandis que l'entreprise a toutes les garanties. Pourtant, il est fortement soumis aux demandes et au contrôle de l'entreprise qui vérifie ses capacités mais aussi ses pauses et les plaintes envers lui.

    Cela me conduit à la dernière partie du film. Lors de celle-ci le couple est à la dérive. Les deux enfants sont fortement mis à mal par le contexte économique des parents bien que Seb se rapproche de son père après que celui-ci a été attaqué et doive rembourser près de 1600 livres à l'entreprise, dont une amende journalière pour son incapacité de travail à la suite de son hospitalisation. Le lendemain, Ricky essaie d'aller au travail après avoir écrit un mot sur la table. Selon moi, on peut interpréter cette dernière partie comme un brun out. Ricky ne peut pas imaginer ne pas aller au travail et créer des dettes supplémentaires. Mais il ne peut plus aller travailler sans souffrance. La fin réelle du film n'est pas claire. On peut imaginer un accident de la route, ou pire.

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    ***** Un très bon film, mais éprouvant, qui permet de voir les effets des contrats précaires, type Uber, sur les personnes.

    Image : IMDB

  • La fameuse invasion des ours en Sicile

    Ce film animé est adapté d'un livre. Il parle de deux personnes : un homme d'âge mur et une petite fille qui le suit dans ses voyages en Sicile. Illes se rendent dans différentes villes afin de raconter des histoires aux habitant·e·s des lieux. Mais les voyages sont difficiles et froid en cette période ce qui pousse l'homme et la jeune fille à se rendre dans une grotte afin de s’abriter. Dans cette grotte, se trouve un vieil ours. Passé un moment de peur, compréhensible, les deux humain·e·s décident de lui raconter une histoire. Et pas n'importe quelle histoire. Illes vont raconter l'histoire du roi des ours et de son invasion en Sicile.

    SPOILERS

    Le conte commence comme beaucoup de contes par une perte. En l’occurrence, la perte du fils du roi des ours. Bien entendu, cette quête ne débute que lorsque le personnage principal est guidé dans une direction précise. La quête implique un voyage avec des dangers mais aussi des actes de bravoures. Les ours devront lutter contre les humain·e·s. Mais aussi contre un troll et surtout comprendre pourquoi les fantômes existent. Une bonne quête implique aussi un méchant. Ce dernier est le dirigeant de la ville des humain·e·s. Une ville défendue par une armée humaine dont tous les soldats se ressemblent. Comme tout bon méchant, il est cruel et détestable.

    Mais ce qui a rendu ce film bien plus intéressant, en tout cas pour moi, c'est que l'histoire principale à deux suites. L'une est cachée tandis que la première est racontée par l'ours qui, jusque-là, ne faisait qu'écouter. Cette suite se déroule après la prise de contrôle de la ville humaine. Tout se déroule bien. Mais un vol crée une fracture entre les humain·e·s et les ours. Derrière cette fracture se cache l'idée que les ours, conquérants, sont supérieurs aux humain·e·s, peuple conquis. Ces derniers sont considérés comme plus sournois que les ours et donc le roi les punis collectivement des vols qui ont lieu. Les personnes qui contestent cette manière de diriger sont, petits à petits, arrêtés et éloignés. Ainsi, le récit va plus loin que la fin de la quête et montre les conséquences d'une conquête et du pouvoir, au jour le jour. Mais aussi l'attrait du pouvoir sur certains esprits.

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    **** Un petit film sympathique, surtout pour les enfants

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    Image : IMDB

  • Terminator: Dark fate

    Sarah Connor a gagné. Son fils est sauvé et l'apocalypse n'a pas eu lieu à l'heure prévue. Mais d'autres Terminators ont été envoyé dans le passé et ils ont une nouvelle cible. Celle-ci est Dani Ramos. Une ouvrière mexicaine qui prend en charge son frère, qui rêve de célébrité, et son père, qui semble être incapable de cuisiner ou de prendre des rendez-vous. En quelques minutes sont futur est bouleversé lorsqu'elle est sauvée par une femme qui prétend venir du futur afin de la protéger des attaques des machines. Leur poursuivant est pratiquement indestructible et il leur faudra l'aide d'une Sarah Connor surarmée pour réussir à survivre au présent et penser au futur.

    SPOILERS

    Apparemment, ce film est la suite directe de Terminator 2. Tout ce qui a été construit ensuite est donc annulé. Disons-le tout de suite, John Connor meurt pratiquement immédiatement. On a donc deux changements importants. D'une part la fin des temps n'a pas eu lieu et Skynet n'a pas existé. D'autre part le chef de la Résistance humaine n'existe plus. Pourtant le film existe. Car celui-ci prend le parti de considérer le futur à la fois comme mouvant et comme une fatalité. Même si une version de Skynet est détruite il y aura toujours une nouvelle version. Même si le chef de la Résistance est tué l'humanité va toujours combattre. Ce destin mouvant mais inéluctable est toutefois mieux incarné par les individus qui peuvent réellement modifier le futur. En particulier, c'est le Terminator qui a tué John Connor qui change le plus. Sans ordres du futur et après avoir terminé sa mission il réussit à défendre ses propres choix, des choix qui dépendent d'un but que souhaite atteindre le Terminator.

    Ce film profite aussi de son existence pour moderniser la saga. Dani n'est pas la mère du sauveur mais la cheffe de la résistance. Au lieu de plusieurs hommes qui défendent une femme ce sont plusieurs femmes qui se défendent seules. Dani est d'ailleurs montrée comme quelqu'un qui subit les événements et qui, dès qu'elle est capable de réfléchir un peu, prend des décisions nécessaires pour vaincre. Sarah Connor est aussi montrée comme une combattante particulièrement impressionnante capable d'échapper non seulement aux machines mais aussi aux différentes polices. Ce changement est, là aussi, particulièrement incarné par le Terminator qui a prend le nom de Carl. Au lieu d'être une machine à tuer il devient un père capable de s'occuper d'enfants, de faire la vaisselle et de soutenir sa compagne. En d'autres termes, il est dépeint comme un égal de sa femme qui prend en charge les besoins communs du couple. Bien entendu, le choix est voulu afin de créer un choc. La machine de guerre est capable d'être un véritable compagnon !

    En ce qui concerne les combats je pense que le film est réussi. Il nous donne l'impression d'une course contre la montre face à un ennemi implacable et indestructible. Cependant, certains moments me semblent trop artificiels comme la destruction de l'arme qui devait permettre de combattre ce Terminator. Je déplore aussi qu'il n'y ait aucunes règles qui permettent de comprendre la manière de fonctionner des machines. Celle-ci peut tout faire et rien ne semble permettre de la vaincre. On se demande donc pourquoi elle met si longtemps à réussir sa mission. Malheureusement, ce film n'est pas une réussite. Il y a des idées intéressantes mais elles ne sont pas bien amenées.

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    *** Bien que le film soit meilleur que Genesys il ne réussit pas à me convaincre.

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    Image : IMDB

    Site officiel

  • freedom Fighters: The Ray

    Il y a quelques années a eu lieu un Crossover entre des séries de la CW nommés Crisis on earth X. On découvrait une terre contrôlée par les nazis sur laquelle les héro·ïne·s étaient divisés en deux groupes : une partie tentait de résister tandis que l'autre soutenait le régime nazi. Lors de ce crossover on découvrait aussi The Ray. Ce film d'animation existe dans le même univers. Il commence sur la Terre X alors que les résistant·e·s tentent de survivre à l'invasion. Lors de la bataille, The Ray est blessé. Il fuit sur une autre terre afin de protéger la base de la résistance mais il meurt immédiatement. Son pouvoir est transféré à une jeune travailleur social homosexuel : Ray Terrill.

    SPOILERS

    Ce film d'animation prend place dans un monde que l'on connait bien. Outre le fait d'être le lieu de plusieurs séries il se déroule dans un contexte particulier. Ray Terrill tente d'aider des personnes en situation de précarité mais son département n'a pas le budget nécessaire. Pire, le monde politique ne s'intéresse pas à ce travail. En effet, comme le dit le maire, les personnes qu'aident ce département ne sont pas des gens qui votent pour lui. Ce sont des personnes majoritairement d'origines étrangères et le maire préfère attirer des personnes qui votent pour lui car illes lui ressemblent : des personnes blanches de la classe moyenne. On a donc clairement un message politique, même s'il est simplifié par le film. Dans ce contexte, le but de Ray Terrill est d'aider les personnes qui ont en besoin. Ce qui est poussé assez loin lorsqu'il menace le maire en portant son costume, un acte peu démocratique qui n'est que peu thématisé par les scénaristes.

    Outre les problèmes de sociétés le film s'intéresse à la raison qui pousse certaines personnes à aider leur prochain, ici en portant un costume. Ray Terrill est présenté comme le frère d'un soldat mort en Irak. Pour Ray, ce frère est mort afin d'aider un peuple à se soulever contre un tyran, ce qui est un peu simpliste mais fonctionne au sein du film. Selon le message du film, les personnes qui veulent aider leurs prochains le font parce qu'elles ressentent le besoin d'agir pour restaurer un équilibre. Besoin qui est décrit comme une forme de responsabilité envers les autres. Ce qui explique pour quelle raison Ray se trouve sur terre X plus tard : car celle-ci a bien plus besoin de lui que les autres personnes.

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    *** Un petit sympathique mais qui n'est pas de grande qualité. À regarder si vous aimez cet univers.

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    Image : IMDB

  • Flash saison 5

    L'équipe Flash a réussi, Devoe est vaincu et son satellite a été détruit. Des débris ont touché des personnes innocentes mais au moins les dégâts ne sont pas trop nombreux. Malgré leur joie, l'équipe se demande comment le satellite a pu être détruit aussi facilement. La réponse est donnée lorsqu'une jeune femme entre dans la maison des West et annonce être la fille d'Iris West et de Barry Allen : Nora. Elle annonce aussi immédiatement avoir fait une erreur qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Nora a besoin de l'aide du Flash pour rentrer chez elle et réparer ce qu'elle a causé. Mais alors que l'équipe tente de l'aider un tueur en série apparait en ville. Celui-ci n'a qu'une cible : les méta-humain·e·s.

    SPOILERS

    Depuis le début de la série la famille a une place importante dans Flash. Ce dernier e bat pour aider les gens mais aussi, et surtout, pour protéger les personnes qu'il considère être de sa famille. Nora Allen est apparue à plusieurs reprises lors de la saison 4 et il semblait logique de penser qu'elle était la fille de Barry et Iris. Lors de cette saison elle est bien plus présente et son lien avec ses parents est au centre de plusieurs intrigues. Ainsi, elle est proche de Barry car elle ne l'a pas connu. Sa relation avec Iris est plus difficile mais se reconstruit petit à petit. D'une certaine manière, les événements de la saison sont secondaires face au lien familial de ces trois personnages. Ce qui rend la fin de la saison plutôt triste.

    Mais cette saison se déroule aussi un an avant le cross-over Crisis in infinite earth. Une crise annoncée lors de cette saison dans le cross-over Elseworld mais aussi dès le début de la série Flash. Je ne sais pas exactement de quelle manière la série va être impactée par la Crise mais elle est censée mettre en scène la mort de plusieurs personnages, dont le Flash. Ainsi, cette saison commence à préparer la fin du Flash en parlant de son héritage. Nora, provenant du futur, sait exactement ce qui reste des travaux du Flash. Celui-ci est vu comme un symbole d'espoir capable de vaincre non pas uniquement par la violence mais aussi par la raison et les paroles. Un homme capable de pardonner grâce à la foi qu'il possède envers l'humanité. Nora, bien entendu, doit apprendre quelle est sa place au sein de cet héritage, et accepter que son père ne soit pas devenu le Flash en un jour.

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    *** Sans être une catastrophe, tout en restant une série de la CW, j'ai l'impression que cette saison a bien plus d'incohérences et de non-dits que les précédentes. Est-ce moi ou les scénaristes sont un peu fainéant·e·s ?

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    Image : IMDB

  • Last Shot par Daniel José Older

    Titre : Last Shot
    Auteur : Daniel José Older
    Éditeur : Penguin 30 octobre 2018
    Pages : 432

    Nous sommes deux ans après la fin de l'Empire lors de la bataille de Jakuu. Depuis, la Galaxie est en paix au sein de la Nouvelle République. Celle-ci construit, petit à petit, un système démocratique accepté dans le cadre de planètes de plus en plus nombreuses. La Nouvelle République, considérant cela comme une nécessité si la paix doit durer, a fortement abaissé son arsenal militaire tandis que d'autres technologies sont développées. Han Solo et Leia vivent ensemble sur la capitale de la Nouvelle République avec leur fils, Ben. Mais Han ne saut absolument pas comment être un père et encore moins un mari. Bien qu'il essaie de toutes ses forces il est assez honnête envers lui-même pour savoir que son attitude d'homme-enfant n'est pas adapté à un rôle de père de famille et de compagnon d'une sénatrice et héroïne de la République. Il a besoin de temps pour réfléchir et comprendre. Justement, Lando Calrissian vient lui proposer une quête.

    SPOILERS

    Il y a une chose qui m'a frappé dans ce roman : la place prise par les habits. L'auteur adore parler des habits et de qu'ils impliquent concernant leur porteur. On commence immédiatement avec une description très précise des choix de Lando qui impliquent une envie de créer un effet particulier. Tandis que Han choisit ses habits pour se sentir confortable non seulement habillé mais surtout dans un rôle précis.

    Une seconde chose est la place des relations matures. Que ce soit Han ou Lando nous avons deux personnages qui ont du mal à créer des relations mutuelles adultes. Les deux sont des bandits qui aiment utiliser leurs charmes afin de gagner un trésor. Même si Han est marié il craint de ne pas être capable d'être un mari et un père adéquat. Lando, en revanche, ne sait pas s'il est même capable d'être quelqu'un de stable, ce qui repousse immédiatement toutes personnes qui souhaiteraient tenter de créer une relation adulte avec lui.

    On apprécie tout Han et Lando, même si Leia est bien plus intéressante. Un livre qui lie les deux au sein d'une aventure qui prend ses racines dans le passé et qui implique de réfléchir à la place des droïdes dans l'univers de star wars devrait me plaire. Malheureusement, je n'ai pas du tout aimé ce roman. L'intrigue semble intéressante mais elle est divisée en trop de petites intrigues secondaires qui ne font sens que largement plus tard et que les personnages ne comprennent que très tardivement. Le méchant principal est une caricature de ce qui aurait pu être un personnage particulièrement malsain. Enfin, on ne peut que pousser de nombreux soupirs face aux difficultés de Han et Lando de comprendre leurs émotions...

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    ** Han et Lando sont présents, c'est tout.

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    Image : Éditeur

  • Maleficent: Mistress of evil / Maléfique: Le pouvoir du mal

    Depuis le dernier film, Aurore est devenue la reine de la Lande. Elle essaie de bien traiter les fées tandis qu'elle tente de nouer des liens avec le royaume voisin, et son prince Philippe. L'espoir d'une paix entre les deux royaumes et les deux espèces se concrétise lorsque, enfin, une demande en mariage est faite. Mais Maléfique et la Reine ne semblent pas se réjouir des festivités. L'une des deux pourrait bien tenter de gâcher la joie de tout le monde. Et, ce faisant, déclencher une guerre qui pourrait bien mener à de grandes destructions.

    SPOILERS

    Le premier film était loin d'être particulièrement difficile à comprendre mais je l'avais beaucoup apprécié. En particulier, j'aimais beaucoup la prestation d'Angelina Jolie qui redonne ici aussi tout ce que j'adore dans le personnage de Maléfique. Loin d'être mauvaise elle n'est tout de même pas naïve et elle est prête à combattre si nécessaire, tout en acceptant de rester pacifique pour le bien de la Lande et surtout d'Aurore.

    Ce second film place deux philosophies l'une contre l'autre. La première considère que les liens entre personnes différentes doivent passer par la tolérance et l'ouverture. Il est nécessaire de créer des relations d'échanges pacifiques qui permettent une confiance réciproque. Seule ces conditions peuvent permettre de créer une paix durable. Plusieurs personnages incarnent ces efforts de compréhensions et de pacification malgré un contexte difficile

    Face à eux plusieurs autres personnages incarnent la peur et la guerre. Ce sont des personnages qui ne souhaitent pas comprendre les autres. Illes usent de la peur afin de contrôler leur peuple et surtout de créer les conditions nécessaires à une guerre. Cette peur est nourrie par une course aux armements et des attaques mutuelles qui empêchent de créer une confiance mutuelle. Au contraire, c'est la suspicion qui règne et seuls des actes particuliers permettent de créer un changement.

    Maléfique, elle, est placée entre les deux extrêmes. Bien qu'elle soit dépeinte comme servante du mal capable de grande cruauté il est rare qu'elle combatte dans ce film. Car ce personnage doit choisir son futur. Soit elle devient une maitresse de la guerre et de la vengeance soit elle devient l'incarnation de la renaissance et de la paix. Cette transformation s'incarne dans les habits mais aussi les changements de formes puisqu'elle devient un phénix, symbole connu de renaissance.

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    **** J'ai aimé le premier film, naturellement j'apprécie la suite qui ne prend pas de risques. Si vous êtes comme moi vous n'aurez aucune surprises.

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    Image : IMDB

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  • L'europe carolingienne 714-888 par Geneviève Bührer-Thierry

    Titre : L’Europe carolingienne 714-888
    Autrice : Geneviève Bührer-Thierry
    Éditeur : Armand Colin 2019 (2001)
    Pages : 224

    L'époque médiévale me semble être souvent incomprise. Soit on la pense comme un âge d'or de chevalerie et de galanterie soit on l'imagine comme une époque sombre durant laquelle l'humanité a perdu une grande partie de ses connaissances. Ce n'est ni l'un ni l'autre, mais une période spécifique avec ses réussites et ses problèmes. Ce livre s'intéresse à la période carolingienne. Durant celle-ci, une famille a tenté de recréer l'empire romain autours de l'Église et d'un nouvel empereur. Malgré les réussites, cet empire tombera par suite de l'incapacité de défendre l'Europe contre les ennemis internes et externes, en particulier les Vikings.

    On peut diviser ce manuel en trois parties. La première partie, les chapitres 1-6, sont un moyen, pour l'autrice, de nous expliquer de quelle manière l'Empire a été constitué. Elle suit les différents membres de la famille de manière chronologique en explicitant les tensions et problèmes qu'ont connu les membres de la famille. La première tension étant la légitimité des carolingiens, qui se basa sur l’Église. D'autres tentions concernant les liens entre les différents enfants et la couronne impériale. Celle-ci mène à des divisions entre royaumes plus petits qui sont, théoriquement, soumis à l'Empereur. Mais les nombreuses révoltes montrent que cette union est remise en cause.

    Une seconde partie contient les chapitres 7 à 11. L'autrice y parle des aspects sociaux et culturels de l'Empire. Bien entendu, cela implique de parler de la religion. Tout un chapitre y est consacré et montre de quelle manière celle-ci permet de justifier non seulement l'Empereur mais aussi l'union de l'Empire. Bien entendu, l’Église possède un intérêt à un gouvernement qui uni toute l'Europe. D'autres chapitres concernent l'économie, qui subit les attaques Vikings, mais aussi la culture. En particulier, l'apparition de la lettre caroline. Ces chapitres permettent de démontrer l'impact de l'Empire sur le territoire et la culture. Loin d'une ère sombre on y découvre une ère extrêmement active et littéraire.

    Enfin, une dernière partie est constituée par les annexes. L'autrice a inclus un index mais aussi une chronologie. On découvre aussi une bibliographie, des arbres généalogiques et un glossaire des termes utilisés et importants. De plus, l'autrice a publié des traductions de textes de l'époque qu'elle analyse. Cela permet de comprendre comment traiter un texte, comment le situer dans un contexte mais aussi de suivre un plan précis lors des examens donnés aux étudiant·e·s en histoire médiévale.

    Ainsi, ce livre est parfait comme moyen d'entrer dans une période spécifique et comme moyen de révision. Mais il sera aussi intéressant pour les personnes qui souhaitent simplement en savoir un peu plus sur une période passionnante.

    Image : Éditeur

  • The aftermath trilogy 2. Life debt par Chuck Wendig

    Titre : The aftermath trilogy 2. Life debt
    Auteur : Chuck Wendig
    Éditeur : Penguin 28 mars 2017
    Pages : 512

    L'amirale Rae Sloane s'est échappée. Depuis, l'Empire est diminué. L'amirale est capable de tenir une partie de la galaxie mais une grande partie appartient à la République tandis que des pirates se constituent leurs propres royaumes et que des restes de l'Empire agissent en dehors de l'autorité impériale. Rae Sloane elle-même est en fait soumise à une figure qui préfère rester dans l'ombre. Norra Wexley et son groupe naviguent dans cet univers et s'attaquent à certains impériaux que la République souhaite juger pour leurs crimes. Mais illes se séparent de la République lorsque Leia leur donne une mission précise : retrouve Han, capturé alors qu'il essayait de libérer Kashyyk.

    SPOILERS

    Ce roman est la suite directe du premier tome. Il reprend aussi son but qui est d'expliquer ce qui est arrivé au sein de l'univers Star Wars avant le film 7. Le premier tome était médiocre. Ce second tome relève un peu le niveau. On connait déjà les personnages et le contexte. On comprend un peu mieux comment les choses interagissent. J'ai aussi eu l'impression que le roman possède une direction, même si celle-ci n'est pas toujours claire et donne l'impression que l'auteur voulait parler de trop de choses en même temps. Enfin, les batailles sont bien plus vivantes que dans le premier roman qui restait un peu mou.

    De plus, ce roman nous offre beaucoup plus de conséquences. Le premier se contentait de nous expliquer les conséquences de la guerre sur la Galaxie. Ce roman nous explique les conséquences ce qui est réellement en train de se dérouler. Ainsi, ce qui se déroule au sein de l'Empire modifie la République et ses relations avec les autres planètes. D'ailleurs, ce roman semble se diriger vers un état politique proche de celui que j'imagine après le film 8 : un agrégat de plusieurs groupes politiques plus ou moins stables au lieu d'un gouvernement centralisateur. Le roman se concentre aussi sur les modifications que subit la Nouvelle République. Au lieu d'agir seule face à des menaces non stratégiques dans le but de démontrer sa supériorité morale elle doit accepter débats et considérations au long terme. L'exemple parfait étant Kashyyk : une planète occupée dont la population est réduite non seulement à l'état d'esclavage mais animalisée. Au lieu d'agir de manière bénéfique la Nouvelle République préfère utiliser ses ressources pour des batailles, politiques et militaires, plus importantes au long terme.

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    *** Un second roman meilleur que le premier mais qui reste un peu décousu, trop long avec trop de pistes explorées.

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    Image : Éditeur

  • Fantastic Mr. Fox

    Ce film fait partie de mon souhait de mieux connaitre la filmographie de Wes Anderson. Bien que tous ses films ne m'intéressent pas j'apprécie suffisamment ce réalisateur pour souhaiter mieux connaitre son univers. Fantastic Mr. Fox est filmé en stop motion, technique que l'on retrouvera pour le magnifique "L'ile aux chiens." Fantastic Mr. Fox se déroule dans la campagne. Il parle d'un renard, d'une renarde et de leur fils. Mr. Fox fut, pendant longtemps, un fantastique voleur de volaille. Mais après avoir risqué la mort il promet à sa femme de trouver un autre métier. Arrivé à la fin de sa vie, il souhaite débuter un dernier vol. Justement, sa nouvelle maison lui permet d'espionner les trois fermiers les plus riches des environs. Mais quelles seront les conséquences ?

    SPOILERS

    Les personnes qui apprécient Wes Anderson devraient apprécier ce film. On retrouve plusieurs choses qu'il utilise régulièrement. Par exemple, l'usage des percussions me semble proche de ce qu'il en a fait dans "L'ile aux chiens." Mais je pense aussi à l'usage du comique de situation qui permet de créer un décalage entre une parole et la situation proprement dites. On retrouve aussi des personnages très civilisés qui, d'un seul coup, deviennent sauvages. Mais ce film est surtout une histoire de famille.

    Mr. Fox est la perfection. Ses années scolaires sont légendaires. Sa carrière de voleur de volailles est tout aussi légendaire. Il est capable de créer des plans en quelques minutes, et ces plans réussissent. Il est secondé par le cousin de son fils. Ce dernier est tout aussi talentueux et semble réussir tout ce qu'il tente sans aucun problème. Face à ces deux personnes, on a le fils de Mr. Fox. Un jeune renard un peu bizarre qui semble n'avoir aucun talent. Il essaie de se lier à d'autres personnes mais n'y réussit jamais vraiment. Il essaie aussi de ressembler à son père mais non seulement il ne réussit pas son père le repousse aussi ! Il est donc particulièrement triste et en colère. Nous avons donc une famille qui a ses problèmes et dans laquelle le fils essaie de dépasser l'ombre de son père afin de trouver sa propre voie.

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    ***** Un film que j'ai beaucoup apprécié !

    Image : IMDB

    Site officiel

  • Histoire de l'Inde par Michel Boivin

    Titre : Histoire de l'Inde
    Auteur : Michel Boivin
    Éditeur : PUF 1996
    Pages : 128

    Comme beaucoup de personnes, mon parcours scolaire en histoire est principalement européocentriste. Je n'ai vu que peu de choses sur le continent africain, en dehors de l'Égypte antique, et encore moins sur le reste du monde en dehors des luttes contre le colonialisme. Mais je souhaite avoir plus d'informations sur l'histoire de pays qui ne sont pas européens. Cependant, cela implique d'apprendre des concepts et des événements que je n'ai jamais vu auparavant, voilà pourquoi je me suis lancé dans ce petit livre.

    L'auteur nous offre une histoire synthétique de l'Inde en 4 chapitres. Le premier chapitre s'occupe de l'Inde dites ancienne. L'auteur y met en avant des sources archéologiques et religieuses qui permettent de comprendre le fonctionnement politique et social des premières civilisations indiennes. On trouve, dans ce chapitre, des informations concernant les religions et leurs doctrines mais aussi les différentes réformes et les liens avec le politique.

    Un second chapitre s'intéresse aux liens entre l'Inde et le monde musulman. Après avoir subi de nombreuses invasion l'Inde subit une domination de nature musulmane. Mais celle-ci forme de nombreuses dynasties plus ou moins centralisées. Ce n'est que tardivement que se met en place un empire Moghol auquel les différents princes locaux doivent une certaine forme de loyauté. Cependant, l'Empire est assez faible permettant d'ouvrir la voie aux européens.

    Dans un troisième chapitre l'auteur s'intéresse donc au mouvement colonial. Il montre que ce mouvement est d'abord un moyen de commerce de différents pays. Ce n'est que plus tard que l'Angleterre, via la Compagnie des Indes, prend de l'importance. D'ailleurs, ce ne fut pas une politique explicite. C'est la défense des intérêts britanniques qui poussa la couronne à prendre plus d'importance, une importance qui ne fut théorisée sous forme d'impérialisme que durant le début du XIXème siècle.

    Cependant, la domination britannique implique aussi des résistances qui sont décrites par le chapitre précédent. Celles-ci ne sont pas toujours pacifiques et permettent de théoriser une forme de nation indienne face à un empire britannique qui pense l'Inde comme incapable de se gouverner elle-même, en particulier en se basant sur l'idée d'une supériorité raciale britannique. Les résistances durant les deux guerres poussèrent les anglais à accepter des négociations pour modifier le fonctionnement administratif de l'Inde. Mais ce n'est qu'à reculons que l'indépendance est acceptée. Celle-ci implique la création d'une constitution spécifique et d'une lutte entre centralisation et nationalisme. Le dernier chapitre se concentre sur ces tensions liées à des problèmes au sein de la classe politique indienne. Ces tensions impliquent des révoltes liées à des identités religieuses. Cependant, l'Inde réussit tout de même à réguler les souhaits d'indépendances et l'unité centralisatrice.

    Image : Éditeur

  • Joker

    CW : Violences, mentions de violences sur enfants, harcèlement, le film me semble douteux en ce qui concerne son propos sur les malades psychiatriques

    Arthur Fleck est un habitant de Gotham. Il vit alors que la ville subit une crise économique importante. Les changements imposés par les coupures de fonds ont eu comme conséquences colères, oubliés et grèves. L'avenir est donc morose. Arthur Fleck réussit tout de même à survivre en tant que clown publicitaire. Mais cela implique de vivre dans un immeuble mal famé avec sa mère. Les deux passent leurs soirées devant une émission humoristique qui se moque de l'actualité. Arthur Fleck souhaite faire la même chose mais réussir en tant qu'humoriste est difficile et la vie ne semble pas lui offrir d'espoir. Petit à petit, il pourrait bien sombrer dans une violence gratuite.

    SPOILERS

    Comme beaucoup, ma curiosité me poussa rapidement à me demande ce que serait ce film. Ma curiosité fut aussi tempérée par une certaine inquiétude. On pouvait se demander si le film ne risquait pas de rendre acceptable un comportement comme celui des Incels. En effet, le Joker est un personnage malfaisant. Le rendre sympathique ou compréhensible pourrait créer un message dangereux. Ce qui n'implique pas qu'il est impossible d'expliquer ce personnage. Mais il faut suivre un équilibre difficile à atteindre. Du point de vue technique, le film est très maitrisé. On sent que tous les détails ont été pensés pour avoir une signification dans un cadre plus large. Les acteurs, et en particulier Joaquin Phoenix, sont impressionnants.

    Le film nous parle fortement car il s'inscrit dans un contexte de crise économique. Une crise qui implique non seulement moins de travail, dans des conditions plus difficiles, mais aussi des fonds moins importants pour le social. En parallèle, les médias et les élites économiques défendent l'arrivée au pouvoir d'un homme riche qui semble avoir peu d'empathies pour les besoins du peuple : Thomas Wayne. On peut penser à certains propos d'Emmanuel Macron par exemple. Ce que montre ce film, c'est un homme qui a des besoins. Un besoin d'être entendu. Un besoin d'être aidé. Un besoin d'être soutenu. Et un besoin d'amour. Sur ce dernier point, le film nous donne des informations sur le passé du Joker qui montrent à quel point il fut abandonné par tout le monde. Arthur Fleck est donc seul et perd absolument tous ses liens avec la société et avec d'autres personnes. De ce point de vue, on peut se demander si la présentation des problèmes, psychiatriques, d'Arthur Fleck est adéquate. Il est rapidement montré comme dangereux semblant créer un lien immédiat entre "folie" et dangerosité, un lien fréquemment dénoncé par les personnes concernées.

    Le film crée aussi un lien avec les luttes anticapitalistes. Celui-ci débute alors qu'Arthur Fleck tue trois personnes liées au monde de la finance. Immédiatement, se pose la question des raisons de ces meurtres et les médias imaginent une haine contre les riches. Ce qui est rapidement repris par une partie de la population qui décide de protester en se déguisant en clowns. Arthur Fleck devient donc un symbole de la lutte anticapitaliste alors qu'il refuse de se considérer comme lié à une idée politique. En son nom, et autours de lui, se met en place un mouvement. L'une des dernières scènes est particulièrement forte puisqu'elle marque le Joker comme symbole, vénéré par une masse anonyme en pleine émeute. Je me demande si utiliser d'un tel personnage de cette manière est adéquat. Le Joker use de la violence non pas pour des raisons politiques ou économiques mais pour créer de la peur en jouant de son imprévisibilité. Or, ce film le marque comme symbole d'un mouvement qui détruit et tue sans jamais construire, une vision pour le moins réductrice de l'anticapitalisme...

    Image : IMDB

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  • The aftermath trilogy 1. Aftermath par Chuck Wendig

    Titre : The aftermath trilogy 1. Aftermath
    Auteur : Chuck Wendig
    Éditeur : Penguin 29 mars 2016
    Pages : 379

    La seconde Étoile Noire est détruite. L'Empereur et Dark Vader sont morts lors de sa destruction ainsi qu'une partie importante de la flotte impériale ce qui inclut officiers et soldats. Il ne reste plus que des lambeaux tandis que les personnes les moins talentueuses doivent remplir le vide laissé par les morts. Alors que l'Empire essaie de se réorganiser et qu'une partie importante de son administration abandonne l'Alliance rebelle, elle, modifie son fonctionnement afin de constituer une Nouvelle République dont les débuts sont imminents. Face au retour de la démocratie l'Empire peut jouer une dernière carte. Mais pour cela il est nécessaire de trouver un moyen de s'unir. L’Amiral Rae Sloane décide de réunir plusieurs personnes afin de constituer un comité chargé de décider du futur de l'Empire. Mais sera-t-elle capable de créer une union alors que la menace de la Nouvelle République se fait pressante ?

    SPOILERS

    J'ai toujours été intrigué par le film 6, Le retour du Jedi, qui semble décrire la fin totale de l'Empire et la victoire des rebelles. Cela est trop simple. Ce livre permet de comprendre comment l'Empire et la Nouvelle République se sont stabilisés après la mort de l'Empereur. Loin d'être terminée, la guerre continue même si l'Empire a perdu une grande partie de sa puissance. La flotte rebelle n'est plus une simple épine dans le pied de l'Empereur mais une puissance grandissante recevant le soutien ouvert de nombreuses planètes. Ces aspects sont mis en avant par des interludes qui se déroulent sur plusieurs planètes. L'auteur y décrit les conséquences de la guerre que ce soit au sein de familles déchirées, près d'Académies impériales dans lesquelles vivent des enfants ou sur des planètes qui essaient de recréer les conditions de la démocratie.

    Ce dernier point est particulièrement mis en avant dans le dernier interlude. L’Empire est décrit, régulièrement, comme un moyen de préserver l'ordre après l'incapacité de la République de s'intéresser aux besoins des planètes les plus lointaines et les plus pauvres. Mais l'Empire se lie à de nombreuses organisations criminelles et organise une répression plutôt qu'un ordre. Plusieurs interludes, dont le dernier, et certains chapitres illustrent ce point. La Nouvelle République n'y pas présentée comme la perfection. La démocratie y est décrite comme un chaos qui implique des erreurs. Mais ces erreurs peuvent être surmontées d'autant plus facilement qu'il existe un droit à la parole et aux revendications, mais aussi un traitement respectueux des ennemis et des opposant-e-s.

    Malheureusement, ces deux thèmes ne sont pas portés par une intrigue intéressante. Celle-ci multiplie les points de vue, ce qui n'est pas forcément négatif, mais on ne comprend pas toujours pourquoi l'auteur s'y intéresse. L'intrigue avance doucement comme si l'auteur essayait de mettre en place quelque chose mais ne savait pas réellement comment s'y prendre. Ainsi, l'idée d'une rencontre pour régler le futur de l'Empire est bonne. Mais son traitement ne permet pas de comprendre ce qui peut arriver. Pour finir, ce livre donne l'impression d'une introduction, d'un moyen de placer des personnages et des pistes d'intrigues.

    *

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    *** De nombreuses bonnes idées mais j'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser aux personnages et à l'intrigue. Dommage.

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    Image : Éditeur

  • Discipline en classe et autorité de l'enseignant : Eléments de réflexion et d'action par Bernard Rey

    Titre : Discipline en classe et autorité de l'enseignant : Éléments de réflexion et d'action
    Auteur : Bernard Rey
    Éditeur : De Boeck Education18 juin 2009
    Pages : 151

    L'enseignement est un métier souvent commenté dans les médias ou dans le champ politique, que ce ne soit pas des expert-e-s ou par des personnes directement concernées. Mais lorsqu'on souhaite enseigner il est nécessaire de dépasser ces aspects médiatiques et de s'intéresser à la réalité de la pratique. Ce petit livre s'y essaie. L'auteur explicite le fonctionnement de l'autorité aussi bien d'un point de vue théorique que par la pratique dans les classes.

    La première partie de l'ouvrage est constituée de trois chapitres. Chacun de ces chapitres se concentrent sur un aspect particulier de la tenue d'une classe du point de vue théorique. L'auteur y explicite les relations psychologiques mais aussi sociologiques de l'école au sein de la société et des enfants au sein de l'école. L'enseignant-e y a une place spécifique. Il est censé transférer un savoir mais il doit aussi mettre en place des règles et un milieu adapté au travail et à la compréhension du savoir. Cela implique de travailler aussi bien sur le contexte que sur la classe et enfin sur les élèves. Tout en sachant que certaines données ne peuvent pas être atténuées facilement.

    La seconde partie se pose des questions pratiques. L'auteur y examine les gestes, la manière d'être nécessaire pour créer un climat serein dans lequel les enseignant-e-s puissent mettre en œuvre une autorité légitimée et acceptée par les élèves. L’auteur comment par expliquer que l'autorité n'est pas naturelle mais qu'elle dépend d'un contexte et d'une manière d'être. Ainsi, la façon de parler, l'habillement mais aussi le langage et la posture sont dommageables ou portent une certaine forme d'autorité. Ce qui implique de mettre en place des rituels et des gestes précis qui permettent aux élèves d'accepter cette autorité. De plus, l'auteur prévient que les actes négatifs des élèves ne doivent pas être considérés comme une attaque contre sa personne. Pour les éviter il est nécessaire de tenter de comprendre ce qui a pu mener à un acte négatif et d'agir sur ces causes. Si l'on réfléchit ainsi, les punitions ne sont pas uniquement inutiles mais deviennent dangereuses pour la classe, l'enseignant-e et l’institution scolaire.

    Ce petit ouvrage se lit relativement facilement. Il n'est pas nécessaire de parcourir les chapitres dans l'ordre, ce livre est conçu comme un moyen de travail qui offre des débuts de solutions. Ainsi, les personnes souhaitant comprendre la pratique vont d'abord s'intéresser aux deux derniers chapitres alors que les personnes souhaitant comprendre les raisons qui expliquent la nécessité d'une pratique vont prendre compte les trois premiers chapitres. L'ouvrage est non seulement clair mais il donne de nombreux exemples qui permettent de comprendre le pratique. Il faut aussi saluer l'effort de l'auteur qui termine ses chapitres par de brefs résumés.

    Image : Amazon

  • Downton Abbey

    Comme beaucoup de personnes, je me suis pris à aimer la série Downton Abbey. Celle-ci débute lors de la destruction du Titanic pour se terminer durant les années 20. Elle s'occupe de la famille Crawley, de la petite noblesse britannique. La famille va subir de nombreux changements et événements durant les quelques années de la série jusqu'à mettre en question certaines choses qu'illes pensaient immuables. Mais la série s'intéresse aussi aux servant-e-s de la famille. Toute un petit village d'intrigues et d'amitiés qui se met en scène sous le nez, et sous les appartements, de là l'aristocratie. Tout ceci est connu et le film reprend exactement les mêmes recettes mais, cette fois, Downton Abbey doit se préparer à recevoir le roi et la reine ainsi que leurs servant-e-s.

    SPOILERS

    Toutes personnes qui ont vu la série sait qu'elle minimise certains des problèmes sociaux les plus importants de l'époque. C'est à peine si les luttes ouvrières sont mentionnées et lorsque le progrès industriel est mentionné il est toujours considéré comme un danger pour l'ordre normal, traditionnel. Ce film ne sort pas de ce schéma. Bien que certains personnages ne soient pas monarchistes illes sont toustes dans l'obligation d'éviter le moindre problème. Cela implique en particulier Tom Branson qui est passé de révolutionnaire à capitaliste. Mais je parle aussi de Daisy, mon personnage préféré, et d'Anny. Cette dernière termine une scène sur une défense de l'aristocratie comme centre culturel et économique du monde. L'aristocratie est vue comme une nécessité non comme un privilège qui peut être mis en question et réformé.

    Parler de l'aspect très conservateur de la série est une chose. Parler de Thomas Barrow en est une autre. Ce personnage est probablement le plus malmené de la série. Il subit énormément de défaites et ses collègues ne l'aiment pas parce que... il essaie de passer à un niveau social plus élevé. La fin de la série le voyait heureux d'être enfin la plus haute autorité de Downton, mais il restait un servant après de longs épisodes de ce que nous nommerions un mobbing. Thomas Barrow est aussi gay. Cet aspect est mis en avant à plusieurs reprises mais jamais au profit de Thomas. Au contraire, il risque à plusieurs reprises la prison et tout était montré comme si personne d'autre que lui n'était attiré par les hommes. Le film répare enfin cela en montrant qu'il existe une scène homosexuelle dans le village, même si celle-ci est fortement surveillée. Mieux encore, Thomas a enfin un égal qui pourrait devenir un amant.

    Image : Site officiel