24/04/2010

Matériaux Pour Servir À L'histoire Du Doctorat H.C. Décerné À Benito Mussolini En 1937 par Olivier Robert

Titre: Matériaux Pour Servir À L'histoire Du Doctorat H.C. Décerné À Benito Mussolini En 1937
Auteur: Olivier Robert
Éditeur: Université de Lausanne 1987
Pages: 247

Le doctorat Honoris Causa en sciences sociales que reçu Mussolini de la part de l'université de Lausanne m'a toujours surpris. Comment et pourquoi une université libre décida d'offrir cet honneur à un dictateur qui venait d'envahir un pays en usant de méthodes criminels? Ce livre, que je viens de terminer, a pour but non d'expliquer cet honneur ni de trancher le débat. Il a pour but d'offrir aux chercheurs et aux intéressés des sources utiles pour comprendre cette événement particulier d'une histoire plus large. Une fois ce fait en tête on comprend bien mieux les choix fait par Olivier Robert et les manques que nous pourrions tous observer dans ce livre.

Premièrement, l'auteur nous donner un bref rappel des événements. Il nous montre comment l'université de Lausanne peut offrir ses doctorats honoris Causa et qui fut l'auteur de la proposition. Sans oublier, bien entendu, le contexte dans lequel ce cadeau s'inscrit: les 400 ans de l'université et les quelque dons offert par le dictateur. L'auteur nous dépeint rapidement, ensuite, le déroulement des événements. Ce qui nous permet de voir comment l'université accepta ce doctorat et comment le public, principalement journalistique et intellectuel, réagit. Néanmoins, nous ne savons toujours pas vraiment pourquoi Mussolini reçut ce doctorat. Est-ce à cause de ce professeur Boninsegni qui semble avoir été proche du dictateur et qui se considérait lui-même comme étant une "sentinelle avancée du fascisme" (lettre du 30.10.1930 à Mussolini aux pages 38-39)? Les autorités universitaires de l'époque ont-elles réellement cru pouvoir découper Mussolini en un ancien étudiant et en un chef d'état pour justifier ce doctorat? Nous ne le saurons pas via ce livre.

Ce que ce livre nous donne, par contre, c'est un certains nombre de sources. C'est, d'ailleurs, l'intérêt principal de l'ouvrage. La lecture de ces sources nous permettent de voir les liens qui existaient entre Boninsegni et le dictateur. D'observer comment l'université réagit au scandale qui s'ensuivit. Et de suivre ce même scandale par les lettres de protestations et les articles de la presse. Ces protestations pouvant être tout aussi argumentées que sarcastique. Il reste, tout de même, dommage que l'auteur n'ait pas fait un travail d'historien ici.

Image: Unil.ch

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10/04/2010

L'urbistique. La ville assistée par ordinateur par Claudia Dubuis

Titre: L'urbistique. La ville assistée par ordinateur
Auteur: Claudia Dubuis
Éditeur: Université de Lausanne. Institut d'anthropologie et de sociologie 1994
Pages: 96

C'est intéressant de voir sur quoi on tombe quand on marche tranquillement sans se soucier de chercher quelque chose en particulier. Je ne cherchais donc rien quand je suis tombé sur de petits ouvrages qui semblaient intéressant. J'en ai choisis un et je l'ai lu. Cet ouvrage est une reprise d'un mémoire de licence qui a été amélioré. Vu la date d'édition on se rendra facilement compte, et l'auteure le dit en préface, que la littérature de l'époque était plus que lacunaire. Après tout, nous étions au début de l'informatique populaire. Personne ne pouvait prévoir sa gigantesque extension des dernières années liées à l'extension massive d'internet.

L'auteure, dans ce livre, essaie d'analyser la manière dont un institut, le CREM, tente de contrôler le réseau électrique de la ville de Martigny a l'aide de l'informatique. En lisant son analyse on ne découvre pas seulement des actes techniques mis en place par les membres du CREM mais une thèorie du social. En effet, non seulement l'électricité est vue comme un droit fondamental dont l'absence peut mener à des désordres sociaux. Mais les techniciens qui mettent au point la gestion par ordinateur ont aussi une pensée de ce qu'est le social. Alors qu'ils voient le politique comme un danger pour l'individualité ils essaient de créer un auto-contrôle des usagers qui soit visible au niveau commun en créant une sur-visibilité de l'énergie utilisée par les usagers. L'auteure, pour expliciter, utilise le concept de panoptique. Car les usagers sont susceptibles d'être surveillés en permanence mais ils ne savent pas quand. Ce panoptique virtuel créant une norme désindividualisée qui mène à un processus d'auto-contrôle extrêmement fort chez les individus.

A la fin de ce livre il m'est apparu que les réflexions développées étaient très stimulantes. Bien entendu, l'auteure écrivait un travail dans un contexte ou personne, ou presque personne, ne réfléchissait sur ces points. Donc nous observons beaucoup de manquements dans le texte. Néanmoins ces manquements sont explicables par l'époque. Néanmoins la réflexion reste stimulante et le concept de panoptique m'a particulièrement marqué. Dans le contexte actuel je pense que ce concept pourrait être utilisable pour expliquer des comportements pouvant émerger à cause d'une nouvelle forme, voir d'une destruction, de la vie privée. L'avenir nous le dira.

10:32 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : urbistique, anthropologie, martigny | | | |  Facebook

04/04/2010

A qui appartient la culture?

Tous les médiévistes vous le diront: la culture n'appartient pas à l'être humain. En effet, durant la période médiévale, la culture n'était pas un bien que l'homme possédait. Les arts faisaient partie du monde de Dieu et, Dieu en étant le créateur, ne pouvaient pas être revendiqué par une seule personne. Bien sur, cela n'empêcha pas une production prolifique et le patronage de ce que nous nommons aujourd'hui des artistes. Bien au contraire, le moyen âge nous a offert de grandes œuvres qui restent encore aujourd'hui dans notre imaginaire collectif. En ne citant que les plus connus il est facile de parler de l'histoire de Tristan et Iseult et des légendes du roi Arthur. Mais le moyen âge ne nous pas légué que des écrits. Nous gardons aussi une philosophie et des monuments.

Tout ceci ne répond pas à la question que j'ai posé et, surtout, n'explique pas pourquoi j'ai décidé d'écrire cette note. Qu'on le sache ou non plusieurs pays occidentaux sont en train de négocier le cadre d'un accord secret, nommé ACTA, restreignant fortement le droit des consommateurs. Je passe sur le caractère non-démocratique de cet accord: le secret lui-même dans un cadre institutionnel (et je souligne) n'est pas démocratique. Pourquoi donc les consommateurs sont ils toujours attaqués?

On pourrait me rétorquer qu'on ne l'est pas: c'est faux. Depuis plusieurs années le consommateur de culture a été considéré, de plus en plus, non comme un citoyen mais comme un voleur en puissance. A tel point que, maintenant, n'importe quel acheteur de matériel d'écoute doit payer, en plus du prix, une taxe reversée ensuite comme droits d'auteur. En tant que consommateur nous sommes donc des pirates a priori. En plus, chaque achats de matériels d'écoute implique le paiement de cette taxe même si la majorité des personnes acquièrent leurs biens culturels de manière légale. Les consommateurs sont non seulement considéré comme voleurs a priori mais, en plus, surtaxés. Et je ne parle pas ici des autres dangers qui peuvent concerner le prêt de biens culturels. En effet, de plus en plus, il devient difficile de vouloir prêter à un ami des CD ou DVD. Les bibliothèques ont bien compris le danger puisque leur fonctionnement se base sur le prêt. C'est à tel point que je me demande si je ne suis pas hors du cadre légal lorsque je regarde un DVD avec une amie! Un ami n'est, en effet, pas inclus dans le cadre privé de la famille.

Bref, à qui appartient la culture? Tout artiste devrait le savoir et tous les scientifiques aussi. La culture est, par définition, un bien de l'humanité. Le seul moyen pour un homme de garder le contrôle d'un bien culturel qu'il a créé est de ne pas le communiquer. Car, dès que vous communiquez vos œuvres, vous l'offrez à des personnes qui vont l'observer et le considérer avec leurs propres yeux. Ils vont le ressentir d'une façon ou d'une autre que vous n'aurez, peut être, pas attendus. Votre bien peut même devenir constitutif d'une identité collective comme la tour Eiffel l'est pour la France. Un bien culturel, par définition, ne peut pas être restreint par les droits de la propriété sans détruire, en grande partie, la force symbolique de ce même bien. Les voleurs ne sont donc pas ceux que l'on croit.

10:02 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, contrôle, acta | | | |  Facebook

03/04/2010

Nations et nationalisme depuis 1780. Programme, mythe, réalité par Eric Hobsbawm

Titre: Nations et nationalisme depuis 1780. Programme, mythe, réalité41MJ6GQBDYL._SL500_AA300_.jpg
Titre original: Nations and nationalism since 1780. Programme, mythe, reality
Auteur: Eric Hobsbawm
Éditeur: Gallimard 1992 collection folio histoire (Cambridge university press 1990 édition originale)
Pages: 371

Hobsbawm attaque, dans ce livre, un problème ardu qui a déjà fait culer des litres d'encre sur des papiers d'historiens, de sociologues, de politologues, d'essayistes, de philosophes, de juristes et j'en passe. Pourquoi tant de personnes sur un sujet que nous semblons tous connaitre? Pourquoi autant de scientifiques ont essayé de réfléchir sur ce qu'est et d'où viennent les nations? Parce que ce n'est pas aussi simple que cela en a l'air. Dans une histoire récente ou les nationalismes semblent s'être réveillé et se protéger nous avons l'impression de tous connaitre la définition du mot nation et nous sommes sur de tous savoir de laquelle nous faisons partie et son histoire. Mais ce n'est pas si simple.

Hobsbawm, dans ce livre, nous offre une analyse "par le bas" des nations. Il ne faut pas entendre par le terme bas une dépréciation. Hobsawm essaie de comprendre comment le peuple, monsieur et madame tout le monde, ont intégré et compris le concept de nation au fil de l'histoire. Mais cette analyse suppose une dé-construction du mythe des nations. En retournant aux origines on découvre que les états-nations que l'on semble observer aujourd'hui ne sont pas un produit naturel de l'histoire. Ils ont été pensé et construit au fil d'une histoire qui commence au XIXe siècle. Non, nos états-nations ne sont pas le produit naturel et éternel d'une culture commune partagée et ancestrale. Ce sont des constructions identitaires qui ont suivis différentes formes.

Dans ce court livre nous avons donc un retour vers les processus de création des identités nationales dans leur dynamique. Alors que certains pensaient que seuls les états-nations économiquement viable étaient légitime il fut ensuite imaginé, au XXe siècle, que toutes les nations avaient droit à l'autodétermination. Hobsbawm nous montre aussi les différentes manières de créer son identité: la langue, l'ethnie, la religion ou la race. Mais en nous montrant cette création Hobsbawm démontre aussi leur fragilité et leur artificialité allant jusqu'à, parfois, recréer une langue oubliée depuis des siècles!

Pour finir, Hobsbawm essaie de comprendre comment les états-nations vont évoluer. A contre courant de thèses pro-nationalistes qui ont suivi la chute des régimes dit communistes il pense que les états-nations sont dans leur crépuscule. Non seulement les instances inter-étatiques se multiplient mais les migrations détruisent les homogénéités ethniques des nations qui n'ont, de toute manière, jamais existé. Alors comment expliquer l'essor du nationalisme? Hobsbawm considère que la raison en est la peur. Un sursaut pour essayer de garder ce que l'on était. Reste à savoir si les états-nations vont vraiment disparaitre?

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12:20 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nations, hobsbawm, nationalisme | | | |  Facebook

22/03/2010

Des hommes ordinaires. Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne par Christopher R. Browning

Titre: Des hommes ordinaires. Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne51rGLWO8FsL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Christopher R. Browning
Éditeur: Tallandier 2007 (1992 première édition originale)
Pages: 367

Hasard du calendrier je termines ce livre, devenu un classique de la littérature sur la Solution finale, alors que l'émission "reproduisant" l'expérience de Milgram est encore dans les débats. Car Browning a le même but que Milgram dans ce livre: comment des personnes ordinaires à tout égards ont-ils pu se muer en tueurs acharnés et sans états d'âmes? Comment devient-on complice du plus grand génocide que l'histoire ait connu? Browning a donc décidé de ne pas s'intéresser aux SS, ni aux Kapos, ni aux camps de concentrations. Non, l'auteur a décidé de ne s'intéresser qu'a des hommes véritablement ordinaires. Il a donc analysé les événements et les motivations d'un bataillon de police précis sur lequel on posséde de nombreuses sources judiciaires: le 101e bataillon de l'Ordnungspolizei.

Au fil du livre Browning nous livre, donc, les événements tels qu'ils peuvent être reconstitué par les souvenirs des membres de ce bataillon. Les tueries, les pogroms, les déportations mais aussi les policiers refusant de tirer, ceux qui ne refusent pas mais ratent intentionnellement sans oublier les états d'âmes de Trapp lors de la première tuerie. A la lecture de ce livre on découvre une palette large de comportements qui vont du refus pur et dur à l'acceptation totale des ordres avec plaisir en passant par des gammes variées de résistances épisodiques lorsque les contrôle par la hiérarchie sont manquant.

Puis, Browning essaie d'expliquer ce qu'il s'est passé. Il ne veut pas excuser mais essayer de comprendre comment ces événements ont été possibles. Qu'est ce qui a mené à de tels horreurs? Pour cela il mobilise de multiples points: pression des pairs, légitimité du pouvoir, distanciation envers les victimes, propagande,... Il semble qu'aucune de ces explications ne puisse, seule, expliquer parfaitement ce qu'il s'est passé.

Ce livre est, donc, un livre vivant. Vivant car on retrouve le déroulement des événements dans leur dynamisme. Comment les choses ont changés pour le bataillon depuis la première tuerie à Jozefow et comment elles évoluent vers une absence de sentiments. Mais c'est aussi un livre explicatif qui essaie de montrer comment la guerre et le régime nazi ont pu déshumaniser une partie de la population et pousser à tuer. Cependant ce sont des événements terribles et, même avec les moments de pitié que Browning nous montre, on ne peut pas excuser les auteurs de ces massacres.

Image: Amazon.fr

13/03/2010

Le sexe du militantisme dirigé par Olivier Fillieule et Patricia Roux

Titre: Le sexe du militantisme27246100394470M.gif
Auteur: Sous la direction de Olivier Fillieule et Patricia Roux
Éditeur: Presses de la fondation nationale des sciences politiques 2009
Pages: 361

Il est sûrement facile de voir pour ceux qui suivent régulièrement mes présentations (plutôt irrégulières ces temps retour aux cours obligent) que je me suis, récemment, intéressé aux problèmes de genre et aux problèmes liés à la sociologie des mobilisations. Le livre dont je parle ce matin, justement, essaie de lier la vision sociologique des dominations de genre dans le champs de la sociologie des mobilisations. Selon Olivier Fillieule et Patricia Roux les explications du militantisme oublient souvent d'observer et d'expliquer comment les femmes se mobilisent. Au lieu de se poser des questions et de trouver des réponses les auteurs auraient tendance à expliquer le statut particulier des femmes dans les mobilisations avec des points comme la maternité, le temps, le ménage,... Si on observer les explications que la sociologie du genre offre de la domination des femmes on se rend compte que ce n'est pas suffisant.

Le but de ce livre commun est donc d'observer le militantisme pour trouver des explications aux manières spécifiques des femmes de militer dans des organisations ou leur absence de militantisme. Pour trouver ces explications il a été décidé de diviser le livre en trois parties distinctes mais complémentaires. La première analyse précisément les femmes militantes, comment elles sont entrées dans le milieu du militantisme, comment elles agissent et comment leurs conjoints réagissent. On y découvre que l'homme impose souvent son agenda aux femmes mais que le contraire est très rare. L'action féminine serait donc tributaire de l'accord masculin et de la souplesse de l'organisation dans laquelle on milite.

La seconde partie prends en compte les tensions entre des organisations de militantismes et les femmes. Comment ces dernières réussissent-elles à militer en tant que femmes dans des organisations qui n'acceptent pas cette possibilité. que ce soit par l'héroïsation de la virilisation (la ligue Padane par exemple) ou par la pensée que l'organisation, étant au fait des structures de dominations, refuse qu'elle puisse recréer une forme de domination à l'intérieur même de ses rangs (les exemples surprenant des anarchistes par exemple). Sans oublier la transgression du genre qu'utilisèrent les mouvements homosexuels pour se rendre visible sur la scène publique, ce qui est analysé dans le dernier article de cette partie.

La dernière partie est probablement l'une des plus intéressante mais aussi l'une des plus compliquée. Car, cette fois, les auteurs ne se contentent pas d'observer les rapports de domination genrées mais essaient de voir comment la prise de conscience de cette domination s'articule avec des formes de domination différentes (classe et race par exemple).

Au final ce livre, très dense, est intéressant. Il permet d'ouvrir le regard vers des actions de dominations envers les femmes qui passent, souvent , inaperçues car elles ne sont pas forcément conscientes (c'est naturel, ça va de sois...). En incluant le genre dans la sociologie des mobilisations il permet de mieux comprendre pourquoi les femmes sont invisibilisées lors des mouvements et pourquoi certaines tentent de créer d'autres mouvements non-mixte. On découvre, lorsque les hommes sont absents, que les suppositions d'incompétence politique naturelle que l'on supposait celle des femmes est totalement fausse. Néanmoins, c'est un livre difficile à aborder et qui demande un certain effort de lecture pour réussir à comprendre les thèses qui y sont développées.

Image: pressesdesciencespo.fr

21/02/2010

Pourquoi travaillons-nous? Une approche sociologique de la subjectivité au travail sous la direction de Danièle Linhart

Titre: Pourquoi travaillons-nous? Une approche sociologique de la subjectivité au travail41hhB%2BsVBAL._SL500_AA300_.jpg

Auteur: Sous la direction de Danièle Linhart
Éditeur: Erès 2008
Pages: 334

Pourquoi travaillons-nous? Une question plus compliquée qu'elle ne le semble. On peut répondre rapidement pour vivre. Mais on peut très bien quitter la société et vivre seul avec son jardin potager. Bien sur on abandonnerait beaucoup de choses mais c'est possible non? D'ailleurs pourquoi travailler est-il maintenant pensé nécessaire à la vie. Comment une activité si gourmande en temps et en énergie a-t-elle pu s'imposer ainsi dans la société? Il semble que la réponse soit parce que le travail donne un statut. Un statut valorisé et intégrateur dans la société. Mais ce livre dirigé par Danièle Linhart ne se pose pas cette question, compliquée, de front. Elle demande comment la subjectivité, le vécu de la personne, s'intègre dans le travail et comment le travail en est modifié en enquêtant sur le terrain pour découvrir quelques réponses.

Dans la première partie les auteurs se demandent comment le travail peut agir pour valider la personne. L'article qui m'a le plus intéressé dans cette partie est celui concernant les prisons. L'auteur a été enquêté dans plusieurs centres de détentions pour y voir comment les prisonnier intègrent le travail dans l'univers carcéral. Il a découvert que le travail non seulement pacifie les détenus et aide les surveillants à mieux faire leur travail mais qu'il brouille, temporairement, la hiérarchie sociale de la prison. Il permet de rendre aux détenus un statut qu'ils ont perdus quand ils sont entrés en prison. On y lit aussi quelques témoignages de personnes affirmant qu'elles se seraient déjà suicidée si elles ne pouvaient pas travailler. Nous y trouvons aussi un article sur la vision de leur propre travail par les aides à domicile qui sont coincée entre une demande forte de soins et un refus de considérer leur travail d'accompagnement, qui peut passer simplement par la conversation, comme étant un vrai travail. Et un article sur la vision qu'ont des travailleurs sociaux français des bénéficiaires de ces allocations (nommé la Couverture Maladie Universel).

La seconde partie monte comment le travail agit sur les personnes. En prenant l'exemple d'employés d'EDF, de travailleurs sociaux et de membres du ministère de l'équipement. Dans les deux premier cas c'est la relation avec le client qui est problématique. Dans le cas d'EDF c'est l'ordre de couper l'énergie aux familles ne payant pas les factures qui se heurte à la morale personnelle alors que les travailleurs sociaux ont l'impression de ne plus pouvoir faire bien leur travail à cause du manque de temps, de moyens et de personnes. Le troisième cas montre comment un changement heurte une morale acquise précédemment par les travailleurs. Le point commun est donc bien la morale et comment l'entreprise, ou l'état qui peut être l'employeur, tente de court-circuiter cette morale pour permettre à l'employé de faire son boulot et comment les employés réagissent à cette tentative (parfois inconsciente).

La dernière partie est plus surprenante. On y trouve, par exemple, un article sur le travail de nuit. Je m'attendais, comme l'auteur au début semble-t-il, a des plaintes de fatigue, de liens sociaux coupés, de difficultés avec la famille. L'enquêteur a trouvé des personnes équilibrées, dont la vie est bien mieux remplie qu'auparavant avec de meilleurs liens d'amitiés et familiaux et qui dorment bien mieux! Pire encore, des personnes qui ont l'impression d'être privilégiée de pouvoir travailler la nuit.  Cette partie montre, j'ai l'impression, comment le travailleur mêle sa vie privée à sa vie professionnelle.

C'est un livre très intéressant et très surprenant. En le lisant j'ai appris beaucoup de choses et j'ai envie de les connaitre un peu mieux. Les enquêtes sont même souvent surprenantes et, par exemple, on pourrait en conclure que la politique largement utilisée maintenant de prendre des travailleurs pour une durée fixe pourrait être contre productif. En effet, ces travailleurs ne possèdent pas la motivation ou la connaissance des ouvriers et employés véritablement engagés et font à peine leur travail sans aucune envie de qualité. Loin de toutes perspectives partisane je pense que n'importe quel patron pourrait en apprendre beaucoup sur la vraie productivité qui, parfois, demande qu'on laisse les employés faire les choses comme ils le sentent et, surtout, en confiance.

Image: Amazon.fr

10:10 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : travail, sociologie | | | |  Facebook

20/02/2010

La vie privée face à l'imposition de transparence

Monsieur Mabut a, hier, donné son point de vue sur l'anonymat dans un billet écrit en réponse à une question d'un internaute. Monsieur Mabut, avec bonne fois j'en suis convaincu, pense que l'anonymat devra disparaitre des blogs hébergés par la tribune de Genève sauf exceptions. Je ne suis pas en charge de décider des conditions relatives à l'hébergement mais je souhaite tout de même faire quelques remarques. Des remarques qui dépasseront le cadre de la réponse de monsieur Mabut.

Depuis quelques mois nous entendons des sigles étonnants et obscurs: hadopi, Lopssi, Acta,... Derrière ces sigles se cache une nouvelle appréhension de l'internaute. Derrière ces sigles se cache une guerre qui est en train de se déclarer entre les tenant du contrôle de l'état, aidé en cela par les réseaux sociaux qui souhaitent détruire la vie privée à leur propre profit, et des citoyens refusant d'être espionné. Les tentatives de contrôle de l'internet par l'état viennent, tout d'abord, d'une idée louable. Il fallait protéger le citoyen de dérives, racisme, arnaques diverses et variées et autres vols d'identités. Il y avait aussi la volonté, tout aussi louable, de lutte contre les pédocriminels qui peuvent très facilement agir par et grâce à internet.

Mais ces derniers temps il semble que les décideurs aient compris à quel point internet est difficilement contrôlable. Ils ont donc décidé de mettre en place des procédures de plus en plus puissantes pour surveiller Internet. Du moins ils essaient. Alors que, dans le même temps, la réussite rapide et inattendue des réseaux sociaux a durement attaqué la vie privée. Nous savons tous qu'il est maintenant très facile de trouver des informations sur n'importe qui via les réseaux sociaux. Informations qui deviennent immédiatement incontrôlables une fois qu'elles sont mises sur Internet. Ces même réseaux sociaux commençant à se croire détenteur légitime de ces informations. En d'autres termes, un vol massif des identités se met en place alors que certaines états essaient laborieusement de mettre en place un véritable espionnage massif des citoyens allant jusqu'à imaginer la création de spyware!

Mais tout acte de ce genre, profondément destructeur, est forcément accompagné par une réplique plus ou moins forte. C'est ainsi que, le même jours quasiment que le début de cette guerre, j'ai vu arriver des logiciels de défenses du citoyen. On cherche a espionner? Et bien on crypte les données de l'ordinateur, on cache son IP, on l'intègre dans un réseau d'ordinateurs permettant l'anonymat de la navigation sur internet, on rend les anti-spyware de plus en plus performants. Oui, c'est une véritable guerre qui se dessine et dont le vainqueur pourra créer l'avenir d'internet. Ceux qui répliquent ne sont pas des anarchistes, des voleurs ou des criminels. Ce sont des citoyens qui ont compris une chose. Ils ont compris que la transparence pure exigée est la plus forte et la plus insidieuse des dictatures. Arrivez vous à imaginer sereinement un monde ou un état, même démocratique, est capable de contrôler toutes vos activités? Ou une entreprise peut savoir tout ce que vous faites à n'importe quel moment? Déjà aujourd'hui les prémices de ce monde effrayant peuvent être reconnus. Par exemple cette école qui a utilisé l'ordinateur portable offert aux élèves pour les espionner a leur domicile! N'est ce pas profondément immoral?

Oui c'est une guerre qui commence. Mais cette guerre peut mener a d'autres dangers. Malheureusement les répliques organisées par les citoyens internautes pourront parfaitement être utilisées par les vrais criminels qui y verront une opportunité pour se cacher de l'espionnage. Alors comment vont réagir les états? Vont ils interdire le cryptage? Exiger aux internautes que les spyware officiels soient acceptés par l'ordinateur? Il y a donc deux risques: d'abord permettre aux criminels, particulièrement les pédocriminels, de pouvoir mieux se protéger et ensuite fragiliser les citoyens innocents qui risquent de ne pas pouvoir se protéger suffisamment face aux dangers existant sur la toile.

Je me range donc résolument dans le camps de l'utopie à laquelle ne croit pas Monsieur Mabut car l'autre alternative est trop effrayante.

13:22 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vie privée, anonymat | | | |  Facebook

10/02/2010

Paroles de déportés : Témoignages et rapports officiels

Titre: Paroles de déportés : Témoignages et rapports officiels51pnD7smAQL._SL500_AA240_.jpg
Éditeur: Bartillat 2009
Collection: Omnia
Pages: 306

J'ai hésité avant de parler de ce livre. Pour plusieurs raisons dont la plupart sont parfaitement compréhensibles et transparentes. Après réflexion j'ai tout de même accepté d'essayer d'en parler. Mais il reste de savoir comment. Car c'est un sujet vaste, difficile et surtout profondément émotionnel. Ce que nous lisons dans ce livre est horrible. Est inhumain. Le livre contient les témoignages de déportés et des rapports concernant la vie quotidienne - peux-t-on la nommer ainsi sans hypocrisie? - dans les camps de la mort découpé selon le "thême" concerné, arrivée, sévices, libération...

Lors de la lecture on découvre un système profondément et fondamentalement inhumain. Dont les deux seuls buts sont la déshumanisation et la destruction des vies humaines. Ce que l'on découvre à travers les paroles de ces survivants ce n'est pas qu'un cynisme sans faille mais aussi, et surtout, une cruauté inconcevable. On ne peut que ressentir une profonde tristesse face aux sévices relatés, avec courage, par ces personnes dont on déniait l'humanité. C'est un livre dur à lire.

En lisant ce livre il m'est venu plusieurs questions sur la façon dont, en tant qu'étudiant en histoire, je pouvais partager ces connaissances des horreurs qui ont eu lieux. Je peux critiquer la manière dont le livre a été découpé: lier des fragments de témoignages selon des thèmes globaux est-il une bonne manière de faire? je peux aussi critiquer l'absence d'explication et d'accompagnement des témoignages mais est-ce vraiment pertinent?

A un certain moment c'est moi-même que je me mis à critiquer. En effet, je connaissais ces événements et sévices. J'en avais une connaissance intellectuel par la lecture de livres d'histoire. Mais un livre scientifique n'a pas la même force qu'un témoignage brute et nu. De la même manière un livre n'a pas la même force que la parole. Réfléchissant sur la manière dont je ressentais ces événements horribles j'en suis arrivé à une conclusion. Même si, intellectuellement, je connaissais la réalité des sévices et pouvais comprendre le système inhumain qui se trouve derrière j'étais incapable. émotionnellement, de concevoir une telle haine à l'égard d'êtres humains. Comment pouvoir concevoir qu'un être humain soit capable de tels tortures et méfaits contre un autre être humain? Comment imaginer qu'un être humain puisse ne voir en d'autres êtres humains que des animaux, voir même pas des animaux? Je ne crois pas en être capable.

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09:50 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |  Facebook

04/02/2010

Classer, dominer : Qui sont les autres ? par Christine Delphy

Titre: Classer, dominer : Qui sont les autres ?41sG%2BorkkmL._SL500_AA240_.jpg
Auteurs: Christine Delphy
Éditeur: La Fabrique 2008
Pages: 227

Christine Delphy, féministe française, n'a pas vraiment écrit un livre mais mis ensemble plusieurs articles, prises de positions et conférence qu'elle a donnée. Leurs points communs est de parler des rapports de domination. Pour l'auteure ce rapport de domination est structurel de la société et se voit surtout dans le travail de définition. Selon elle, les dominants ont un droit de définir ce que sont les dominés ce qui mène à les indiquer comme différents de ce qui est normal (sous entendu: blanc, bourgeois et hétérosexuel). L'un des moyens de supprimer cette définition est de l'utiliser ou de se définir sois-même. Ce qui est un acte profondément déviant pour le point de vue des dominants. Le second moyen serait de définir ce que sont les dominants. Il faut, en fait, supprimer l'altérité ou démontrer celle des dominants.

Mais l'auteure ne se contente pas de parler de la domination des hommes sur les femmes. Elle tente de mettre en rapport les dominations de classe, de race et de préférences sexuelles. Ainsi, selon l'auteure, il est possible d'être à la fois dominées et dominantes (ou dominants et dominés). C'est une relation plurielle de multiples réseaux de dominations qui se met au jours. Christine Delphy, actualité oblige, parle aussi beaucoup de l'affaire du voile. Elle considère que son interdiction et la façon dont on l'a interdit cache une relation de racisme face à ceux que l'on nomme "immigrés de seconde génération". Car les blancs qui ont rédigés la loi n'ont jamais voulu écouter une de ces femmes ayant choisis le voile. Les définissant d'emblée comme manipulées et incapables de décider pour elles-même. C'est, donc, une relation paternaliste qui se forme.

Je ne connais pas assez bien les théories féministes pour me prononcer sur ce livre. Mais les articles de Christine Delphy sont intéressant et très stimulants intellectuellement. Car, elle ne se contente pas d'analyser. Elle souhaite agir et revendique une certaine vision de la société. Même quand elle se heurte à des intellectuels connus.

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09:53 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, Politique, sociologie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : classe, race, genre, domination | | | |  Facebook

02/02/2010

L'Union démocratique du centre : un parti, son action, ses soutiens sous la direction d'Oscar Mazzoleni, Philippe Gottraux et Cécile Péchu

Titre: L'Union démocratique du centre : un parti, son action, ses soutiens51aC9AXos2L._SL500_AA240_.jpg
Auteurs: Oscar Mazzoleni, Philippe Gottraux et Cécile Péchu
Éditeur: Antipode 2007
Pages: 215

Le but de ce livre sur un parti bien particulier est affiché dans l'introduction et la première partie. Non pas stigmatiser un parti qui est bien connu du paysage politique Suisse mais essayer de comprendre son véritable fonctionnement et les raisons de son succès. Non pas ressortir tous les préjugés et présupposés mais s'attacher aux faits, chiffres et militants pour comprendre la réalité de l'UDC. C'est, donc, un livre qui se place résolument dans la neutralité scientifique. Néanmoins, les auteurs, en affichant leurs méthodes dans une longue introduction, acceptent et expliquent comment ils ont essayé de réduire leur propres a priori. C'est, je pense, louable d'être honnête sur ce point. Louable d'expliquer comment les auteurs ont fait un travail sur eux-même pour réussir à ne pas se faire parasiter par leurs propres présupposés.

La seconde partie du livre est une analyse des actions du parti lui-même. Le premier article de cette partie montre comment l'UDC a réussit à rester un parti uni, contestataire et pourtant membre du gouvernement alors que, a priori, ce genre de partis ne peuvent survire longtemps aux pressions contradictoires de e genre de positions multiples. Selon l'auteur l'UDC a réussit par plusieurs facteurs: il est uni et centralisé avec un accès facile aux principales arènes législatives et référendaires. Mais aussi, les partis concurrents ne sont pas aussi fort, dans le sens d'union, que l'UDC ce qui lui a permis d'attaquer sans être remis à l'ordre. Le second article analyse la production imagière pour tenter de voir quels sont les principaux fronts du partis et la façon dont ces fronts sont définis.

La troisième partie analyse les militants même. En effet, un parti n'est pas qu'un appareil c'est aussi un agrégat de militants qui peuvent ne pas être en accord avec toutes les revendications du parti. Cette analyse se fait d'abord en essayant de dégager des caractéristiques socio-professionels puis d'essayé de voir un changement dans les militants de l'UDC entre 1995 et 2003. Ce sont donc deux articles basés sur les statistiques et pas toujours facile à lire. Le dernier, que j'ai trouvé le plus intéressant, analyse les acteurs en observant leur parcours de vie via des entretiens. On y découvre que la défense contre les étrangers y est largement revendiquée, que ce soit pour des causes économiques ou culturelles voir les deux. Mais que le versant libéral du parti fait beaucoup moins consensus chez les militants.

C'est, donc, un livre honnête et qui a le mérite de tenter de comprendre la réalité de ce parti tant décrié. Il aurait été facile de le classer directement dans l'extrême droite, de le condamner sans possibilités de rédemptions ou de rendre ses militants incapables et irrationnels. Non, les auteurs de ce livre ont travaillés, ils ont analysés et acceptés les faits même quand ils étaient surprenant. C'est, à mon avis, un bon livre.

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29/01/2010

Les Suisses et les nazis: le rapport Bergier pour tous par Pietro Boschetti

Titre: Les Suisses et les nazis: le rapport Bergier pour tous41G60MJM6SL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Pietro Boschetti
Éditeur: Zoé 2004
Pages: 189

Voila un livre dont il est difficile de parler. Bien entendu ce n'est pas le rapport Bergier, c'en est un compte rendu synthétique, mais on sait tous les passions que déclenché et a déclenché ce rapport. Il a été accusé de partialité, de salir la Suisse, pour peu Bergier serait un traitre à la nation. Cependant le rapport Bergier est la marque d'un effort hors du commun de la part de notre pays. Un effort énorme pour reconstruire son passé, pour le connaitre et le comprendre et non le juger. Monsieur Bergier l'a dit et répété et je le dis après lui. L'historien n'a pas pour fin de juger. Sa fin est de donner les savoirs et clés de compréhensions du passé sans juger des actes. Seulement en donner le pourquoi et les conséquences. Dans cette optique le rapport Bergier avait une mission très précise qui l'obligeait à ne prendre en compte que les victimes avec des données, le plus souvent, statistiques ou économiques. Oui, ce n'est pas une histoire de la Suisse lors de la Seconde Guerre Mondiale. Oui, il manque d'énormes pans de l'histoire de la Suisse lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Ce livre, intitulé pour tous, est donc principalement un compte-rendu synthétique. Ceci implique qu'on ne peut se baser sur Pietro Boscheti pour critiquer, de manière historique, le rapport de la commission Bergier. Ca implique aussi que les choix éditoriaux sont personnels et n'impliquent pas le même développement, relatif, dans le rapport original. Néanmoins, ce livre s'appuie quand même sur les écrits originaux. Et nous y découvrons comment la Suisse a agit, de manière économique et politique, vis à vis de l'Allemagne nazie. On y voit que l'attitude envers les réfugiés est la conséquences de la peur de l'étranger et des juifs qui se fit après la Première Guerre Mondiale. On y lit aussi que l'attitude, incompréhensible, des élites économiques se comprend si on accepte que ces personnes ne croyaient pas en la défaite de l'Allemagne et souhaitaient rester forts économiquement après sa victoire et que, lorsque la perte de l'Allemagne fut certaine, ces personnes pensaient qu'elle resterait un acteur économique fort. Ces agissements n'excusent rien et beaucoup de vies auraient pu être sauvées avec d'autres décisions qui n'ont pas été prises ou qui furent refusées par l'économie ou le politique. Comme l'attitude des banques et des assurances, après la guerre, n'est guère excusable.

Mais comment critiquer ce livre? Difficile car le débat n'est pas encore serein, les recherches pas terminées, les sources de l'auteur ne sont même pas notées en bas de page. C'est un choix que, personnelement, je regrette. Comment peut on critiquer un travail sans savoir d'où les données proviennent? Bref, il faudra se tourner vers le rapport original pour les connaitre. Mais il se pose un problème. La commission Bergier avait d'énormes privilèges. Elle a pu passer outre le secret bancaire, lire les archives privées et les analyser. Un historien peut il espérer avoir les même accès maintenant? Il y a de grandes chances que non. Mais comment critiquer un travail historique si les sources sur lesquels ce travail se fonde sont hors de portée? En l'état, je pense qu'il est impossible de savoir si la commission s'est trompée ou a oublié des données. Néanmoins, il reste beaucoup à faire sur l'histoire Suisse lors de cette Seconde Guerre Mondiale.

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25/01/2010

La domination masculine par Pierre Bourdieu

Titre: La domination masculine41DCBX80D4L._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Pierre Bourdieu
Éditeur: Seuil 1998
Pages: 177

D'après ce que je sais ce livre est l'un des plus connu que Pierre Bourdieu ait écrit. Son but est, ici, de démontrer les mécanismes sociaux et structurels de la domination des hommes sur les femmes. Il postule que ces mécanismes fonctionnent par un travail de déshistoricisation ce qui permet de les penser comme éternels et naturels. Bourdieu essaie, donc, de faire un travail de déshistoricisation pour déconstruire ce travail et montrer que ce que les femmes sont naturellement est, en fait, socialement construit. Si l'on suit l'analyse de Bourdieu, on découvre des mécanismes puissants qui touchent les femmes et les hommes. Qui les enferment dans des rôles qu'ils ne peuvent que difficilement abandonner. Ces mécanismes étant, selon Bourdieu, intériorisés par les individus à cause de la famille et de l'école.

C'est un livre de Bourdieu: dense, difficile à lire et riche. Je ne peux pas affirmer avoir compris dans sa totalité les thèses de Bourdieu mais, après être sorti de ce livre, j'ai eu l'impression d'être un peu plus riche. De comprendre un peu mieux comme le genre féminin est dominé quotidiennement. Je vois d'un œil nouveau des choses aussi triviales que les conversations avec une femme, les jupes ou les talons. Surtout, je pense comprendre un tout petit mieux - est ce possible en tant qu'homme? - ce que veut dire être une femme. Un "objet" de capital symbolique qui se définit principalement par la perception qu'en ont les hommes. J'ai aussi longuement réfléchi sur un exemple que donne, rapidement, Bourdieu aux pages 38-39. Il y explique que certains prisonniers, en Amérique du sud, ont été féminisé par humiliations, moqueries et attitudes féminines. Ceci considéré comme une torture. Bourdieu ne développe pas cet exemple mais je trouve révélateur que traiter un homme comme on traite une femme soit nommé torture...

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24/01/2010

Invictus

Invictus parle d'un sujet qu'il n'est pas facile d'aborder: L'Afrique du Sud. Un sujet difficile à interpréter et qui n'est toujours pas résolu pour certains pays. Le film commence le jours même de la libération de Mandela. Rapidement, Clint Eastwood passe sur les quelques événements qui ont jalonné cette période jusqu'à l'élection de Nelson Mandela au poste de Président. A partir de ce point on suit le mandat de Mandela sur un an dans un pays rongé par la désunion et la peur. On devine une partie de sa pensée, on ressent son projet mais surtout, surtout, on voit ce qu'il a tenté de faire avec la coupe du monde de rugby qui avait lieu en Afrique du Sud. Un tournoi qui pourrait unir une nation divisée depuis trop longtemps...

Non, je n'aime pas le rugby. Mais un film sur Mandela, incarné par Morgan Freeman et dirigé par Clint Eastwood, se refuse difficilement. Même si l'aspect sportif me laissait dubitatif j'ai voulu le voir et me faire une idée après. La première chose que je me sente obligé de dire est que Morgan Freeman est tout simplement parfait. J'ai beaucoup de mal à voir Nelson Mandela incarné par un autre acteur. J'ai l'impression que Freeman a véritablement incarné cet homme exceptionnel qu'est Mandela. La seconde chose c'est que, finalement, le rugby n'a pas nuit à ma vision du film. Je n'y connais et ne suis donc pas capable de juger ce point. Mais plus que du rugby Eastwood nous montre un symbole. Le symbole de l'unification d'une nation derrière une équipe. Le symbole d'un renouveau. Invictus est moins beau qu'Avatar et sa technologie cependant il est définitivement bien meilleur!

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18:38 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique du sud, mandela, invictus | | | |  Facebook

16/01/2010

Contre-Feux: propos pour servir à la résistance contre l'invasion néo-libérale de Pierre Bourdieu

Titre: Contre-Feux: propos pour servir à la résistance contre l'invasion néo-libérale41RZWVT5THL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Pierre Bourdieu
Éditeur: Raisons d'agir 1998
Pages: 125

Voici le second livre de Bourdieu que je lis. Du moins, que je lis vraiment en n'en prenant pas des extraits. Contre-Feux est un livre en peu de pages divisé en deux tomes consacré à la lutte contre le néo-libéralisme. Bourdieu y a inclut des textes qu'il a écrit ou déclamé durant sa carrière et qui ont tous en commun cette préoccupation: comment arrêter la néo-libéralisme? Ce n'est pas que Bourdieu soit contre le progrés. Il souhaite démontrer, travaux à l'appui, pourquoi cette doctrine est irréaliste, tautologique et dangereuse. Au fil de la lecture on découvre sa thèse qui est que le néo-libéralisme, sous couvert de baisser les couts et les contraintes, crée des contraintes et des couts sociaux dont le prix est encore inconnu. Il souhaite montrer que la fin des protections sociales et la volonté de flexibiliser le travail crée des situations de précarité. Non seulement pour le chômeur qui doit vite trouver de quoi subsister. Mais aussi pour le travailleur qui est constamment sous la menace et le stress de la perte d'emploi. C'est pourquoi il souhaite une lutte européenne, voir mondiale, contre cette doctrine.

Le propos est convainquant. Mais j'avoue que j'étais un lecteur déjà gagné au combat. Bien que Bourdieu se base sur son travail et les recherches d'autres savants ce livre, qui regroupe des discours et articles de journaux, perd nécessairement les références scientifiques qui ne sont que sous-entendue. Ce livre est donc aussi un appel à faire des recherches sur les couts sociaux, qui sont aussi économiques, de la libéralisation. Bien qu'aucune preuve n'existe encore on voit que Bourdieu pense que ces couts sont supérieurs aux bénéfices. Si cela est vrai il faudra repenser la libéralisation. Bref, ce n'est pas un texte scientifique. ce qui implique une bonne lisibilité, alors que Bourdieu peut souvent être très opaque, bien qu'il faille un petit effort du lecteur. Ce n'est pas non plus une excuse pour le dédaigner. Alors que la crise est passée par la avec son cortège de précarisés et alors que nous avons vu des salariés de plus en plus nombreux se suicider on devrait légitimement se poser la question des couts de la libéralisation et de la flexibilisation des travailleurs.

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14/01/2010

L'histoire contre l'extrême droite: les grands textes d'un combat français (Vincent Duclert directeur)

Titre: L'histoire contre l'extrême droite: les grands textes d'un combat français51V7KJ6ZFVL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Vincent Duclert directeur
Éditeur: Mille et une nuits 2002
Pages: 121

Encore une fois je vais parler d'une collection de texte. Mais cette fois cette anthologie est, je trouve, mieux construite que celle sur le Communisme. Car la nous avons un livre construit d'une manière plus rationnel. L'histoire contre l'extrême droite a un but facile à trouver: montrer que l'extrême droite est hors de toutes traditions démocratiques ceci e utilisant de grands textes liés à des contextes historiques connus. Nous avons donc la lutte contre le Poujadisme, l'affaire Dreyfuss, tous les textes concernant l'avant et l'après seconde guerre mondiale sans oublier l'Algérie et ce qui est nommé "le retour des extrêmes". En tout ce sont 80 textes écrits par des noms encore connus, d'autres moins, mais tous concernant un minimum l'extrême droite.

Néanmoins on peut se demander si ce livre est vraiment bien construit. Premièrement, et les évènements que j'ai cité le prouvent largement ainsi que l'introduction qui l'avoue, il oublie totalement les autres pays. Seule la France est concernée et utilisée. Pas d'Allemagne, pas d'Italie, d'Angleterre ou que sais-je encore? A mon avis, c'est un oubli difficile à justifier car l'extrême droite n'est pas que française et la lutte contre non plus. En second lieu, j'ai beaucoup aimé lire ces différents textes mais j'ai été frustré. Déjà je trouve souvent que les extraits sont trop courts. Ceci pourrait être oublié si Duclert avait écrit une introduction plus grande aux différents textes. En effet, ma seconde critique sur ce point est que je trouve la contextualisation trop sommaire. On ne comprend pas toujours le pourquoi du comment des propos des différents auteurs. Bref, un livre intéressant mais il sera encore plus intéressant de lire directement les textes cités.

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12/01/2010

Les théories du choix révolutionnaire par Tarik Tazdaït et Rabia Nessah

Titre: Les théories du choix révolutionnaire3137nty3J0L._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Tarik Tazdaït et Rabia Nessah
Éditeur: La découverte 2008
Collection: Repères
Pages: 119

Puisque je suis dans des livres parlant de révolutions autant continuer sur cette lancée! Voici donc un autre petit livre parlant spécifiquement de la révolution comme objet d'analyse scientifique. Le but de cet ouvrage et de ses auteurs n'est pas l'analyse proprement dites mais de présenter les différentes théories existantes ainsi que ses limites. Tout cela dans le cadre de la théorie du choix rationnel. Comme on le sait, ou non, ce paradigme suppose des acteurs rationnels capables de comprendre et d'agir selon les conséquences. C'est une théorie profondément individualiste. Les auteurs se placent résolument dans cette optique pour éclairer les révolutions mais ils savent que ce paradigme est loin d'être parfait puisqu'il empêche de comprendre les créations de groupes.

En effet, on arrive facilement a expliquer comment un groupe fonctionne et réussit à s'organiser mais comment se crée-t-il? Dans un cadre individualiste rationnel l'acteur n'a, en effet, aucun intérêt à agir puisque d'autres peuvent le faire pour lui. Ce qui permet à ce "passager clandestin" de récolter les bénéfices sans payer le prix. Mais si tout le monde fait ainsi rien ne se passe! Les auteurs ont l'honnêteté scientifique d'accepter et de montrer ce problème dans toutes les théories qu'ils présentent.

Ceux qui voudraient avoir un livre analysant un cas précis seront donc déçu. Néanmoins, ce n'est pas parce que ce livre ne se base pas sur la réalité qu'il est inutile. Les auteurs nous font une présentation concise et intéressante des différentes théories ce qui permet au lecteur d'être plus à même de comprendre d'autres textes ou évènements. Bien entendu on peut se demander si utiliser la théorie du choix rationnel est pertinent dans le cadre d'un phénomène collectif? Peut-on vraiment expliquer le collectif via l'utilisation d'une théorie profondément individualiste? J'ai des doutes, mais je peux me tromper.

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09:56 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : révolutions, choix rationnel | | | |  Facebook

07/01/2010

Le communisme textes choisis

Titre: Le communisme textes choisis3ba9017b42a0f5f7e26b1210.L._AA240_.jpg
Auteur: le Collectif Entremonde
Éditeur: Entremonde 2008
Pages: 106

Encore un livre sur une idéologies. Celui-ci nous donnes quelques extraits de textes écrits par de grands auteurs du communisme et de l'anarchie (leurs noms sont sur la couverture). Ces dernier couvrent une large chronologie du XIX au XX siécle. Le collectif qui a choisis ses textes ne semble pas avoir voulu créer un choix représentatif mais un choix propagandiste (si je puis dire ainsi). La plupart de ces textes ont pour point commun de parler de révolution. Hors, nous le savons, la révolution est une doctrine abandonnée dans le socialisme actuel. est il possible que le collectif Entremonde souhaite retrouver ce but dans les idées socialistes? En tout cas ils disent vouloir passer outre les erreurs du passé, l'URSS qui n'était communiste que par son nom, pour retrouver une véritable idéologie pure du communisme.

Par la lecture de ces textes le Collectif souhaite, en fait, offrir une base de réflexion pour un nouveau socialisme. Un socialisme qui ne déboucherait pas, en cas de victoire, sur l'URSS mais sur la liberté en détruisant immédiatement et l'état et la propriété privée. Ce sont donc des textes intéressants. Des textes malheureusement tronqués, non-contextualisés ni commentés et donc qui ne permettent pas de comprendre les pensées des auteurs. C'est malheureusement la compréhension que j'aurais apprécié avoir. Mais il semble que ces textes, par leur choix, nous en apprennent plus sur le collectif Entremonde que sur Marx, Kropotkine ou tout autre.

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09:55 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, moderne, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : communisme | | | |  Facebook

05/01/2010

Sur la télévision par Pierre Bourdieu

Titre: Sur la télévision319PYJ5GX6L._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Pierre Bourdieu
Éditeur: Raison d'agir 1996
Pages: 95

Voici, peut être, le livre le plus facile à lire de Bourdieu sur un sujet qui pourrait intéresser tout le monde. Il se compose de deux cours qui ont eu l'intérêt d'être retransmis à la télévision sans que l'on est obligé Bourdieu à suivre un thème prédéfinis et d'un article des Actes de la recherche en sciences sociales. Comme vous le savez, ou pas, Bourdieu est un sociologue français important connu, entre autre, pour sa théorie de la domination. Il a conceptualisé, par exemple, les termes d'Habitus et de Champ. C'est ici une sociologie des médias qu'il souhaite faire.

Pour cela le livre est divisé en trois parties. Lors de son essai il essaie d'expliquer comment le champ journalistique fonctionne. On découvre que les médias, obligés de se faire la course entre eux, en viennent à chercher ce qui n'est pas ordinaire dans un moment des plus ordinaires. Poussés par la concurence entre eux les médias sont structurellement obligés de tous faire la même chose. De plus, la télévision même ne peut plus créer de l'info par sa grandeur même. Comme tout le monde regarde la même émission au même moment, et comme l'audience est un couperet fatal, cette même émission ne peut que faire ce que tout le monde accepte. Parler de ce qui ne crée pas vraiment de débats ou sur quoi tout le monde est d'accord. Les faits divers ou les histoires personnelles. Bourdieu essaie aussi de montrer comment le champs journalistique agit sur les autres champs de la société. Selon lui, la logique économique des médias crée une sélection des acteurs à interviewer ou des livres best seller. Cette sélection met dans l'ombre les recherches ou les personnes peut être meilleurs ou plus légitimes à parler de tel ou tel sujet.

C'est un livre dense et je sais bien qu'il est illusoire d'en parler de manière pertinente en si peu de lignes. Je sais aussi qu'il existe bien d'autres ouvrages plus complet, plus récent et plus scientifiques sur le sujet. Néanmoins, je pense que lire ce petit ouvrage pourrait être une bonne idée pour toutes personnes intéressées. Bien sur, tout n'est pas facilement compréhensible mais ce livre reste largement lisible. Il suffit de faire un petit effort.

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04/01/2010

La morale anarchiste de Kropotkine

Titre: La morale anarchiste41dWnh71sRL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Kropotkine
Éditeur: Editions de l'aube 2006 (Kropotkine 1889)
Pages: 75

Pourquoi avoir lu un livre sur l'anarchisme? C'est en fait assez simple. Lorsqu'on souhaite critiquer ou connaitre un mouvement il est nécessaire de lire ses textes. Bien sur je ne peux pas critiquer l'anarchisme après n'avoir lu que ce petit livre. Mais c'est un début. Kropotkine est un anarchiste russe du XIX siècle. Il a donc connu les multiples attentat sur le Tsar et a vécu dans une époque ou les anarchistes étaient capable de frapper presque partout. Comme beaucoup de penseurs de l'époque il vient de l'aristocratie ce qui lui a permis de réfléchir sur le système et de s'indigner. D'ou ses croyances idéologiques.

Ce livre se base principalement sur le problème de la morale traditionnelle venant de la religion et de l'état. A cette morale qu'il pense non pertinente et avilissante pour l'être humain il veut en substituer une autre. Celle "nouvelle morale" est basée sur la solidarité entre membres de l'humanité. Un sentiment de solidarité qu'il postule naturelle ce dont il cherche les preuves dans la nature même. C'est pourquoi on le voit utiliser des exemples comme les fourmis ou les oiseaux. Bien que ceci puisse faire sourire (on n'argumente plus de cette manière) l'idée de solidarité comme moyen de vivre ensemble reste une belle idée. Selon Kropotkine celle-ci est plus puissante comme force d'évolution que la concurence entre les espèces et dans l'espèce. Cette solidarité naturelle, logiquement, rendrait caduque le système dit coercitif de l'état puisque les humains sont tout a fait capable de vivre ensemble sans avoir besoin du concours des lois. Donc, oui c'est un livre idéologiques mais son idée principale, si on ne prend pas en compte l'argumentation, est intéressante bien qu'elle ne m'ait pas vraiment convaincu. Je pense encore que l'anarchisme est une utopie et que l'homme aura toujours besoin d'institutions au dessus de lui.

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09:51 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : anarchisme, kropotkine | | | |  Facebook

03/01/2010

La guerre d'Algérie par Guy Pervillé

Titre: La guerre d'Algérie31uYaNovqTL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA240_SH20_OU08_.jpg
Auteur: Guy Pervillé
Éditeur: Presses Universitaires de France mars 2007
Collection: Que sais-je
Pages: 127

La guerre d'Algérie est un évènement important de l'histoire de la décolonisation française mais encore difficile à comprendre. C'est pourquoi j'ai voulu connaitre les bases en lisant ce petit livre. Guy Pervillé a décidé ici de faire une histoire chronologique. Il a découpé cette chronologie selon des moments clefs qui permettent de comprendre les évènements et le pourquoi de ces derniers. C'est donc un bon livre d'introduction pour les néophytes de cette guerre (qui ne porte officiellement le nom de guerre que depuis peu de temps). Néanmoins le livre souffre de sa collection. Une collection pour connaitre les notions de base ce qui implique que les explications sont liminaires. Ce qui implique aussi une grande densité des propos qui sont, en outre, souvent peu passionnant . Tous mériteraient un développement bien plus large (je citerais, par exemple, le cas de la torture). Heureusement l'auteur a aussi créé une (trop?) courte bibliographie pour ceux que le sujet intéresse et qui souhaitent des livres plus complets.

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30/12/2009

L'invention de la culture hétérosexuelle par Louis-Georges Tin

Titre: L'invention de la culture hétérosexuelle612ExdOT8JL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Louis-Georges Tin
Éditeur: Les éditions Autrement 2008
Pages: 201

Voila un petit livre qui pourrait choquer certaines personnes car ce livre a un but: prouver que l'hétérosexualité n'est pas originaire de la nature mais d'un programme culturel. Pour cela l'auteur s'est consacré à trois thèmes précis: la culture des chevaliers, celle de l'église et celle de la médecine. Ceci depuis le moyen âge jusqu'à maintenant. En lisant ce livre on découvre que la culture hétérosexuelle comment à exister depuis le XII ème siècle. Auparavant, l'homosocialité règne avec son culte de l'amitié virile et son mépris de la femme. Mais il ne faudrait pas croire que la femme soit mieux traitée après l'arrivée des troubadours. Elle reste un objet.

On découvre une résistance sur deux points. Les chevaliers résistent car la virtus de l'homme est en danger de molitia à cause de l'amour. L'église résiste car l'attirance pour la femme crée un problème de sexe. Les deux essaient de bloquer cette nouvelle hétérosexualité et traitent avec elle (par traiter j'entends bien sur un dynamisme culturel et social inconscient). L'église, par exemple, essaie de substituer le culte de la femme par le culte de la Vierge, mère de Dieu et donc possible receveuse de l'amour destiné à Dieu. On trouve aussi l'idée médicale selon laquelle l'amour est une maladie qu'il faut traiter. Cette idée restera longtemps.

Néanmoins, le champs médical deviendra bientôt un ami des hétérosexuels en créant un individu vraiment malade: l'homosexuel. Ce dernier regroupe les tares de l'amour. Il est molitia, efféminé, et est fauteur de péché sexuel. C'est donc le bouc émissaire tout désigné de la nouvelle culture. Cette dernière étant, au XX ème siècle, victorieuse. Tellement victorieuse que l'existence d'anciens artistes ou grands hommes probablement coupables d'homosocialité ou d'homosexualité créent un problème: comment les faire découvrir aux enfants tout en leur évitant de voir leurs tendances? C'est ici que j'ai eu ma plus grosse surprise. J'ai découvert que certains livres offerts durant le cursus scolaire sont expurgés de leur contenu et même modifiés.

C'est donc un livre très intéressant que nous offre Louis-George Tin. Néanmoins, c'est un livre inachevé. Il réussit à prouver la création de la culture hétérosexuelle mais il passe trop rapidement sur des points importants. Cependant, l'auteur a l'honnêteté intellectuelle de reconnaitre ce manque. Il considère son livre non comme une synthèse mais comme une ouverture pour des recherches futures. Espérant qu'elles existeront.

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13/12/2009

Ces allemands qui ont affronté Hitler par Gilbert Badia

Titre: Ces allemands qui ont affronté Hitler51EPPPN89ZL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Gilbert Badia
Éditeur: Les éditions de l'atelier / les éditions ouvrières 2000
Pages: 254

Comme beaucoup, et même si j'étudie l'histoire, j'ai découvert l'existence de résistances allemandes en regardant le film Walkyrie relatant l'attentat de Staufenberg contre Hitler. Comme un film d'hollywood reste ce qu'il est j'ai voulu m'informer d'une manière plus précise. C'est pourquoi, il y a quelques mois, j'ai noté le titre de ce livre pour une lecture future. Je l'ai maintenant terminé.

Il est tout de même difficile de parler de cette période. Les erreurs peuvent être très mal ressenties et on peut rapidement glisser dans des présupposés. Badia, avec ce livre, a voulu effacer une erreur de l'historiographie qui est celle de l'oubli de la plupart des résistances allemandes. Oubli tributaire, comme il nous le montre, de la situation politique lors de la Guerre Froide. L'auteur nous donne un large panorama de multiples résistances. Nous avons des informations sur les communistes, la Rose Blanche, l'Orchestre Rouge, les sociaux-démocrates sans oublier de parler des églises.

Ce qui, probablement, fait la force de ce livre ce n'est pas le récit, intéressant, de ces résistances mais l'analyse que Badia fait des raisons de l'échec des résistants. Selon lui, cet échec est imputable à la désorganisation des résistances qui s'ignoraient voir se combattaient, l'atermoiement de certains, les changements de points de vues (les militaires passent de la crainte à l'enthousiasme envers Hitler pour ensuite essayer de se débarrasser de lui avant que l'Allemagne ne soit détruite). Il explique en quoi la propagande hitlérienne a réussit à se diffuser dans le peuple allemand que les résistants oublient voir ne comprennent pas. En guise de conclusion Badia nous donne quelques informations sur des résistances plus méconnues ou dont il ne pouvait pas parler.

C'est donc un livre riche et construit de manière intéressante qui nous permet d'avoir une bonne idée de la réalité des contestataires allemands. Il nous permet aussi de ressentir la force de la répression policière et de la Gestapo. Mais c'est surtout un hommage à ces hommes et femmes qui, au péril de leur vie, se sont battus, parfois tardivement oui, pour une certaine conception de la liberté. Malgré toutes les critiques qu'on peut le faire on ne peut qu'admirer ce courage dont tout le monde ne saurait probablement pas faire preuve.


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30/11/2009

Pourquoi les étudiants se mobilisent-t-il?

En tant qu'étudiant je suis, bien entendu, directement concerné par la mobilisation actuelle des étudiants. Pour l'instant, je suis resté extérieur aux évènements proprement dit tout en écoutant et observant les différentes revendications. Je profite de mon passage dans l'auditoire occupé de mon université (ou je me trouve encore) pour essayer de savoir ce que je comprend de cette mobilisation. Déjà, contre quoi les étudiants parlent-ils? Principalement on s'attaque au processus de Bologne cependant les principales revendications sont plus locales. Suppression des taxes d'études, déscolarisation de l'université (en supprimant les listes de présences), contrôle public de l'université et aussi réorganisation des bourses sans oublier la mise en place d'une véritable mobilité européenne des étudiants.

Bien entendu je suis étudiant depuis peu de temps. On pourrait donc penser que je ne suis pas assez au courant des fonctionnements de l'institution. Même si je ne suis pas la personne le plus au courant des nouveautés instituées par le processus de Bologne j'ai pu voir plusieurs choses. Premièrement, je ressens très fortement cette pression aux crédits. Je dois réussir à avoir mes crédits pour valider une année. Si je n'y réussis pas je suis en échec ce qui peut me mener à la fin des mes études. Mais ces crédits ne sont pas un bon moyen de contrôler le travail de l'étudiant. Non seulement la charge de travail n'est pas la même selon le cours pour un même nombre de crédits mais surtout ce n'est étudier qui est devenu important mais être crédité. Durant le même temps la structure des études et plus dense et contrôlée ce qui empêche l'étudiant de travailler à coté de ses études pour vivre.

Le second point que je ressens fortement est celui de la mobilité. Le processus de Bologne est censé avoir ouvert toutes les universités d'Europe à tous les étudiants d'Europe. Néanmoins cet échange demande une préparation administrative dense: il faut préparer son plan d'études, la faire valider, s'assurer que l'on a réussi son plan d'étude actuel, trouver une université, préparer les papiers, avoir assez d'argent et s'assurer de l'accord de l'université. Même avec toutes ces précautions je connais des cas ou l'échange a été invalidé car finalement le plan d'étude préparé n'est plus reconnu ou alors ce que l'on étudiait précédemment n'est plus enseigné. On se trouve face à une administration opaque et extrêment compliquée à comprendre.

Le troisième point dont je parlerais est celui de l'argent. En tant qu'étudiant je suis censé être un privilégié. Est-ce vrai? pas du tout. En tant qu'étudiant je suis dans une situation extrêmement précaire. Je suis qualifié, dans de hautes études mais je ne peux postuler que pour du travail à temps partiel ou à l'appel et peu valorisant. Vous savez la jeune vendeuse de la Boulangerie, la caissière à la Coop ou le caissier au MCdonald du coin que vous utilisez comme exemple à vos enfants pour qu'ils travaillent bien à l'école. Une grande partie sont des étudiants l'université. Bien sur il existe des bourses et des prêts. Mais les bourses sont longues a être versées et dépendent de l'argent des parents (qui ne veulent pas toujours offrir de l'argent éternellement) et des prêts qui sont un piège pour le futur. Pouvez-vous, sérieusement, imaginez à vos enfants un avenir ou ils entrent dans la vie active et de famille avec 50 000 francs de prêts à rembourser? Moi pas.

Le processus de Bologne part d'une bonne intention. Néanmoins ses effets ne sont pas toujours bénéfiques aux universités et aux étudiants. Mais la contestation n'est pas que la. Il y a de nombreux points qui sont loin d'être réglés dans l'université. Que ce soit la scolarisation des études, les aides aux étudiants ou encore le financement de l'université. Balayer la mobilisation étudiante par le mépris de leurs inquiétudes est trop simple. Il y a de réels problèmes sur lesquels la société doit réfléchir pour posséder une université ouverte à tous, stable, de qualité et surtout capable d'offrir ses compétences à tous, que ce soient des privés ou des institutions publiques.

12:00 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

29/11/2009

L'interdiction des minarets n'est PAS applicable

La suisse a donc accepté une initiative populiste et inutile, la suisse a interdit les minarets. Non seulement elle est inutile parce que les lois sur les constructions sont suffisantes, parce que c'est une attaque (n'en déplaise à ses défenseurs si ils ont choisis ce symbole c'est pour une bonne raison...) contre une religion et un peuple, parce que cette religion n'est pas un problème mais aussi et surtout parce qu'elle ne résout aucun des thèmes mentionnés lors de la campagne. Non, vous n'avez pas résolu l'excision, vous n'avez pas résolu le droit des femmes, vous n'avez pas résolu non plus le problème des extrémistes (qui, d'ailleurs, existent dans TOUTES les religions). Ce qu'il se passe, et ce dont les partisans sont directement responsable, c'est une fragilisation de la suisse.

Mais ce n'est pas de ça que je vais parler. Ce que je vais dire c'est ce que la Constitution dit. Cette décisions n'est pas applicable! En tant que peuple souverain nous avons accepté les droits de l'homme. En tant que pays nous favorisons les droits de l'homme dont nous sommes l'un des protecteurs. Les droits de l'homme ne sont pas que des mots ou une signature. Ils font parties de notre Constitution et de notre mentalité. La décision d'aujourd'hui n'est pas compatible avec cette dernière.

Il y a donc deux choix: soit nous assumons nos choix d'aujourd'hui et décidons de récuser les droits de l'homme ce qui implique un retrait de notre pays du Conseil des Droits de l'homme. Soit nous assumons les droits de l'homme et nous ne pourrons pas les spolier. Cette initiative est contraire à la constitution et aux droits de l'homme. Un recourt au tribunal européen des droits de l'homme n'aboutira qu'a un résultat: une condamnation de la Suisse et une annulation de la votation. En acceptant une votation sur ce sujet inutile le gouvernement a menti au peuple en lui faisant croire qu'il avait le choix il est maintenant l'heure pour la Suisse d'assumer ses erreurs ou de récuser les droits de l'homme.

17:46 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | | | |  Facebook

26/11/2009

Libération de Polanski

Polanski sera donc libéré moyennant le versement d'une caution. En tant qu'être humain je ne peux que penser que cette affaire, ancienne et dont la victime souhaite l'oublie, doit se terminer. Mais en tant que citoyen je ne peux que m'insurger. Pourquoi donc? Premièrement, la caution est un moyen clair de justice à deux vitesses. Nous nous trouvons face à un cas ou nous permettons à un homme aisé de quitter la prison moyennant finance alors qu'un homme ordinaire, vous, moi, eux, ne pourraient pas bénéficier de cette mesure. Secondement, cet homme a eu un soutient international par d'autres artistes et des politiciens.

Pourquoi cela me scandalise-t-il? Non seulement ces personnes ne souhaitent pas que la justice puisse faire son travail (au nom de la supériorité de l'artiste?) mais surtout, et c'est la mon problème, ils soutiennent Polanski et non des cas. Je ne conteste pas leurs arguments, ce que je conteste c'est que ces personnes ne soutiennent qu'un homme alors que je suis convaincu que des hommes, encore une fois dit ordinaire, n'auraient pas eu un tel soutient médiatique. Soyons réalistes et soyez honnêtes, aurions nous vu une telle mobilisation pour Roger de Perpetlesouates, camionneur, qui aurait été dans le même cas? Bien sur que non! Vous l'aurez compris ce que je n'apprécie pas c'est que l'impression que certaines personnes puissent être au dessus de la justice des simples mortels et pouvoir s'en sortir alors que de simples mortels seraient encore en prison sans espoir de la quitter.

Ce que j'apprécie pas c'est l'impression d'une justice a deux vitesses dépendant de l'argent. Ceci étant particulièrement visible dans cette affaire et dans la récente affaire d'accident impliquant trois jeunes russes alors que moi, si j'étais conducteur jeune ayant eu un accident n'impliquant que moi et sans avoir mis en danger une autre personne, j'aurais surement déjà été convoqué au tribunal. Ais-je raison? je ne sais pas.

11:19 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justice | | | |  Facebook

18/11/2009

La crise de l'état-providence par Pierre Rosanvallon

Titre: La crise de l'état-providence51Q06K6NYTL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Pierre Rosanvallon
Éditeur: Seuil 1981
Pages: 190

Rosanvallon est un historien que j'ai précédemment lu dans La contre-démocratie : La politique à l'âge de la défiance dont j'avais apprécié la façon de décrire et d'expliquer les mécanismes de la démocratie. Ici, il parle de l'état-providence et de sa critique par le néo-libéralisme. A l'époque, l'état-providence français était en crise alors que le monde était dans la crise des années 70. Alors que la productivité était en berne les taxes sociales et les couts sociaux étaient en hausse. C'est donc un livre que l'on pourrait considérer comme dépassé. Cependant, il nous donne des informations intéressantes. Non seulement on a la vision contemporaine de l'état-providence mais aussi les débuts du néo-libéralisme en France. Plus important, Rosanvallon nous donne des pistes à suivre pour réformer l'état-providence. Des pistes qui, je pense, sont toujours possibles actuellement.

L'auteur a divisé son livre en trois parties. La première est constituée de chapitre explicatif sur l'état-providence et son histoire. Il nous donne des clefs de compréhension sur cette crise et le pourquoi de cette crise. L'auteur va plus loin que les causes économiques et pense que les causes sont aussi et avant tout sociologiques. La crise est due à un changement social, ou plutôt, une société de plus en plus individualisée et trouble. On ne sait plus qui est qui ni ou l'on se trouve dans la stratification sociale et personne ne peut plus s'occuper de lui-même de manière autonome. La seconde partie analyse le néo-libéralisme. Rosanvallon essaie de comprendre cette doctrine et ses conséquences. Pour cela, il analyse plusieurs auteurs clefs comme Rawls pour ne prendre qu'un exemple. Il démontre aussi certaines incohérences dues à l'incapacité de la théorie néo-libéraliste à penser un état minimal (voir un état absent) au profit d'un marché tout puissant. Surtout, il considère que si cette thèse a eu le vent en poupe c'est parce qu'elle était la seule théorie à penser le futur.

La troisième partie, peut être la plus intéressante, est celle ou l'auteur nous donne sa pensée. Selon lui, il faut réautonomiser les personnes via des structures sociales locales, peu bureaucratisées et proches des personnes. Il faut redonner une identité sociale et un lien dans la société entre les individus. Rosanvallon essaie, en fait, de transcender l'alternative privatisation/étatisation pour trouver un modèle plus sociologique. L'auteur présume que l'état devrait abandonner certaines charges centralisées pour ne faire que chapeauter plusieurs techniques manipulables et, nécessairement, moins chers. Pour terminer son livre l'auteur a aussi ajouté des "fiches" annexes considérant quelques aspects historiques, théoriques et quantitatifs. Je ne suis, personnelement, que peu intéressé par la question mais j'ai tout de même apprécié le livre et je pense que certaines des idées développées pourraient être, peut être, mises en place.


Image: Amazon.fr

30/10/2009

Jean-François Bergier

Jean-François Bergier est donc mort hier soir. En tant qu'étudiant en histoire je ne peux qu'être touché par cette mort. Ce n'est pas que je connaisse la personne, ni que je sois proche de la famille mais il est l'une des personnes qui ont chamboulé notre vision de notre histoire. Je dois bien l'avouer, je n'ai jamais lu le Rapport Bergier ni aucun de ses livres. C'est un manque que je pensais combler un jours ou l'autre. Je ne peux donc pas faire d'éloge envers l'être humain. Cependant je peux parler, imparfaitement, de l'historien.

Malgré toutes les critiques Bergier s'est occupé d'une seule chose: trouver la vérité et la montrer à nos yeux. Jamais il n'a voulu faire du mal à la Suisse ou détruire notre confiance en notre pays. Il a découvert un point noir dans notre histoire et il a souhaité que nous connaissions ce point pour mieux comprendre ou nous vivons. En tant qu'historien nous avons la mission d'expliquer le passé aux gens qui vivent maintenant, nous avons la mission de chercher la vérité, même celle que nous n'apprécions pas, pour montrer ce que fus vraiment notre histoire. Ce n'est pas pour s'auto-flageller ni pour accuser mais dans le but de comprendre. Il est dommage que Bergier fut si critiqué pour une avoir accompli une mission patriotique.

Hier soir, en lisant les articles du Temps, j'ai découvert une citation intéressante: «J’ai été, je suis un historien. Pour mon plaisir assurément. Il n’est pas bon historien qui fasse ce métier sans plaisir. Et pour servir. Mais servir, même si ce n’est pas évident tous les jours, c’est encore se faire plaisir.» Je ne sais pas si celle-ci suffit à décrire Jean-François Bergier mais je sais qu'elle montre une vision de l'histoire que j'accepte depuis longtemps. L'histoire est un plaisir et aussi un devoir envers la population. Malgré toutes les critiques et les toujours possibles erreurs je suis convaincu que Bergier a accompli ce devoir dans le plaisir.

18/10/2009

assurances maladies (bis repetita)

Il n'y a même pas un mois je parlais des assurances maladies à cause de la hausse prévues des primes. Aujourd'hui j'en reparle, mais pour une autre raison. A l'époque je disais: "ces derniers temps, on voit les caisses se plaindre d'un acte rationnel qui est de suivre l'offre la moins cher du marché comme tout le monde. Ahhh qu'elles aimeraient un gel de la possibilité de changements! Non seulement elles n'auraient pas a baisser les prix mais en plus elles n'auraient plus à avoir peur que le consommateur agisse en acteurs éclairé!" Et ce matin, en parcourant le Matin Dimanche je découvre un article qui, justement, nous explique que le parlement possède dans sa manche un projet de loi pour interdire aux détenteurs de primes hautes de se déplacer entre assurances et niveaux de primes. Enfin, les acteurs politiques prouvent que leur seul souci est la santé! Mais celle des caisses maladies. Ce matin la joie perverse de l'envie d'un bon vieux "je vous l'avais bien dit" ne cède que face à ma colère contre cette attaque contre le sois-disant système de concurence des caisses maladies. Déjà qu'il ne fonctionne pas bien actuellement, si ce n'est pas du tout, si en plus on veut restreindre encore plus drastiquement ses caractéristiques il faudra bien, un jours, avouer que la concurence n'existe pas.

Ce qui est attaqué par ce texte est un point fondamental des théories économiques modernes: la rationalité des acteurs. selon ces théories les acteurs économiques sont rationnels pour plusieurs raisons (si on préfère A à B et B à C on ne préfèrera pas C à A par exemple). L'une de ses raisons est la capacité de calculer la balance entre couts et bénéfices d'une action en vue d'une fin. Ici, la fin est la santé et le moindre cout économique en cas de maladie. Le cout sont les caisses maladies et le bénéfice l'argent que l'on peut tirer d'elle en jouant sur les primes, la concurence et notre état de santé. Une personne malade mais rationnelle aura toujours une franchise basse pour payer le moins possible. A l'inverse, une personne en bonne santé et ne sentant pas de maladies immédiatement perceptibles, elle aussi rationnelle, prendra la franchise la plus haute pour moins payer de primes par années. La logique est enfantine!

Mais elle n'est pas du gout ni des politiciens ni des caisses maladies. Ce que ces gens veulent ce sont des citoyens soumis à payer la prime la plus haute possible. Comment pallier à la rationalité des acteurs? Exactement de la façon dont ils agissent: l'empêcher de fonctionner. Lorsqu'une personne sent que son état de santé s'abaisse elle va nécessairement recalculer le rapport couts/bénéfices pour trouver une franchise qui satisfasse un moindre cout au plus grand bénéfice. Il va jouer avec les franchises, "spéculer" pourrait on dire. Quand elle sent qu'elle ira mieux elle va, logiquement, faire ré-hausser sa franchise. Ce fonctionnement rationnel à la particularité d'agir contre les intérêts des caisses maladies. C'est pourquoi certains élus souhaitent interdire cette spéculation au nom de la solidarité.

Mais si on nous empêche de faire jouer la concurence des franchises et des caisses, si on nous empêche d'agir rationnellement et qu'on est obligé de payer cher pour un bénéfice quasiment nul le calcul des couts/bénéfices va nécessairement changer de nature! Si on ne peut plus baisser les couts des caisses on va agir d'une manière différente en se disant, le plus logiquement du monde: si c'est pour payer autant que ça serve. En d'autres termes: l'acteur va consommer de plus en plus dans le marché de la santé. Après tout, on paie tellement cher alors si ça ne sers à rien pourquoi payer? Et comme on est obligé de payer autant consommer pour avoir un bénéfice de santé proche du cout des primes n'est ce pas? Moi, en tout cas, je ferais partie de ces gens qui agiront rationnellement et iront chez le médecin pour rien, juste au cas ou, et je conseillerais à tout le monde d'agir de même pour leur propre bénéfice. Peu importe les intérêts des caisses, peu importent la solidarité. Les politiques nous ont bien montré l'exemple: ce qui compte ce sont nos intérêts propres et comment hausser nos bénéfices, pas les intérêts de la société.

09:20 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

07/10/2009

Après la démocratie

Titre: Après la démocratie51pjC0u2mOL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Emmanuel Todd
Éditeur: Gallimard 2008
Pages: 257

Lorsque j'avais vu ce livre en librairie j'avais hésité à le lire. Il fat dire que Emmanuel Todd est un personnage qui est connu pour certaines positions critiquées. Mais c'est aussi, avant tout, l'homme qui a prévu la fin de l'URSS avant beaucoup d'autres personnes et pour les bonnes raisons semblerait-il. Néanmoins, mon hésitation venait aussi du caractère ouvertement pamphlétaire ce de livre. D'habitude je ne cherche pas à connaitre des pamphlets mais à comprendre le véritable fonctionnement de la société. Je me demandais donc si je pouvais trouver ceci dans ce livre qui attaque sans arrière pensée Sarkozy et sa clique mais aussi les socialistes français. Néanmoins j'y ai trouvé des propos intéressant et qui sont en accord avec une partie de mes idées. D'ailleurs on voit que Todd a voulu critiquer mais l'a fait en essayant d'utiliser des outils scientifiques et statistiques.

Après sa lecture je dégage plusieurs points principaux: les politiciens et les élites financières, le néo-libéralisme, l'éducation et la religion. Selon Todd, les démocraties se sont constituées grâce au facteur éducatif. L'alphabétisation des masses a permis la pensée que la masse devait pouvoir décider. Mais actuellement nous nous trouvons, en occident, dans une phase ou l'alphabétisation est pratiquement achevée et ou nous avons des millions d'étudiants qui entrent dans l'éducation supérieure. Todd considère que cette massification de l'élite va paupériser les élites intellectuelles les coupant des élites politiques et financières. Alors que les hautes études amenaient des richesses les étudiants actuels multiplient les emplois précaires, sont pauvres et ne risquent pas de vivre tous avec les richesses d'un PDG. Seul une élite de l'élite.

Le second facteur de crise que voit Todd c'est la fin des religions. Car la fin des religions amène la fin des idéologies qui sont, en fait, des processus de types religieux. Nous trouvons donc deux problèmes liés. Une élite en voie de paupérisation et la fin des idéologies qui gomme les différences entre gauche et droite. Par conséquent, les élites ne seraient plus une classe de dirigeants supérieurs mais une nos dirigeants seraient de plus en plus seuls face à eux-même. L'élite n'existe plus il n'y a que des élites dérivantes comme les nomme l'auteur. Celles-ci sont, de plus, coupées de la population qu'elles ne comprennent plus. Ce qui expliquerait la crise politique actuelle entre des aspirations populaires et l'incompréhension et le narcissisme des élites.

Un troisième point sur lequel l'auteur revient souvent est la pensée néo-libérale. Emmanuel Todd considère le néo-libéralisme comme une idée dangereuse pour la démocratie. Non seulement elle expliquerait la baisse du pouvoir d'achat de la population mais en plus elle est dangereuse pour l'industrie européenne face à deux pays, la Chine et l'Inde, qui construisent plus et à moindre frais. Alors que le libre échange devrait permettre une spécialisation des pays nous nous trouvons face à une perte de puissance industrielle de l'Europe et à une baisse de la demande intérieur au profit de la demande envers les produits chinois. L'auteur milite pour la mise en place d'un protectionnisme précisément réglé en Europe dans le but de relancer la demande interne et de relancer la hausse des salaires ce qui permettrait d'éviter une crise majeure dans le futur.


Image: tirée du site d'Amazon.