16/09/2016

Eye in the sky

De nos jours, une organisation terroriste frappe des cibles civiles dans le monde entier et prend le contrôle du Kenya. Ils sont puissants, organisés et ils recrutent de tous les côtés dont des occidentaux et occidentales. L'une de ces recrues est une anglaise du nom de Caroline Danford. Elle est traquée par l'armée britannique depuis 5 ans. Un jour, elle est retrouvée. Plusieurs pays - le Kenya, les USA et l'Angleterre - préparent une opération afin de la capturer. Mais les événements ne se déroulent pas comme prévu et la mission doit changer si elle doit rester un succès au prix de centaine de vies. Rien ne semble pouvoir arrêter l'opération si ce n'est une petite fille et son cerceau.

Ce film est très bon. Il l'est à plusieurs niveaux. Les acteurs et actrices sont magnifiques. Illes réussissent à incarner parfaitement les personnages. La manière de filmer est tout aussi réussie. Dès le début, ou presque, on nous plonge dans une ambiance oppressante dont on ne sort qu'après le générique. Enfin, le film aurait pu faire des drones des jouets cools comme dans Captain America Civil War ou encore en faire un usage facile : soit condamner soit encourager leur usage. La réalisation a la bonne idée de placer son sujet à un niveau différent. Les personnes qui regardent le film ont la possibilité de se faire leur propre idée.

On pourrait penser que ce film place plusieurs thèmes en opposition. L'un de ceux-ci pourrait être la vie contre la mort. En effet, le lieu qui risque d'être attaqué est un lieu de vie. Des personnes marchent. Il y a un marché juste à côté. Des maisons abritent des familles et surtout un dont on observe la vie quotidienne. Face à cela une bonne partie des soldats et des décideurs se trouvent dans des lieux sans vies. Mis à part les agents kenyan-e-s les autres se trouvent dans des bunkers. Que ce soit la colonelle britannique qui vit dans un environnement gris ou les américains qui sont entourés d'écrans. Même les agents civils ne font qu'observer en buvant le thé. Ce sont donc des personnes qui sont en dehors de la vie qui décident de tuer, ou non, des personnes qui se trouvent en plus centre d'un lieu de vie.

Un second thème est celui de l'efficacité militaire contre les problèmes politiques. Les militaires, dans ce film, sont très efficaces. Une cible est identifiée, une frappe est préparée et une estimation des morts est établie. C'est à la fois impressionnant et apeurant. Les militaires sont prêts et illes exigent des décisions claires et rapides. Face à elleux nous avons les membres du monde civil : politiciens et juristes. Contrairement aux militaires ce sont des personnes qui cherchent à justifier une décision. Ainsi, illes se renvoient la balle, cherche des confirmations et tentent de se contacter mutuellement. Plusieurs scènes du film montrent des politiciens contactés aux pires moments possibles alors que leur avis est nécessaire pour prendre une décision.

Le film pose aussi, et surtout, la question de l'éthique dans les frappes par drones. Comment peut-on justifier une frappe à distance, en buvant du thé, qui pourrait tuer une petite fille innocente ? Quels sont les arguments qui pourraient permettre de justifier cette possibilité ? Alors que certaines personnes parlent de la valeur des personnes ciblées et des morts qui résulteraient du refus d'agir d'autres s'inquiètent des effets politiques et de la propagande. Comment le pays pourrait-il accepter le sacrifice d'une jeune fille pour tuer trois personnes ? Comment les terroristes pourraient utiliser cette frappe pour recruter encore plus de monde ? Bref, on ne se trouve pas face à une question facile. Les spectateurs et spectatrices doivent se faire leur propre idée face à plusieurs informations et une horloge qui tourne.

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***** Un très bon film. Très bien joué par des acteurs et actrices parfaites. Un sujet difficile et bien traité. Je le conseille.

Image : Site officiel

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09:37 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : eye in the sky | | | |  Facebook

05/08/2016

A bas la guerre! A bas le gouvernement! Le procès Liebknecht par Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht

Titre : À bas la guerre ! À bas le gouvernement ! Le procès LiebknechtPremCouv_Luxemburg_Libknecht.jpg?itok=YIA3B-Rb
Auteur-e-s : Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht
Éditeur : Les éditions de l'Épervier 2011
Pages : 96

Lors de la première guerre mondiale la plupart des pays engagés ont mis en place une alliance politique entre la gauche et la droite afin d'éviter toutes remises en causes de la politique de guerre. Cependant, cette alliance trahissait les résolutions de l'Internationale. En Allemagne un homme a, en particulier, lutté contre la guerre avec une comparse. Karl Liebknecht était un député déjà passé plusieurs fois en prison pour ses idées. En 1916 il participe au 1er mai et crie "À bas la guerre ! À bas le gouvernement !" Il est immédiatement emprisonné et accusé de haute trahison par un tribunal militaire. Rosa Luxemburg le soutient tout le long du procès par des tracts illégaux. Elle est aussi mise en prison mais sans jugement. Illes ne sortiront qu'à la fin de la guerre pour mourir assassinés en 1919.

La maison d'édition qui édite ce livre se revendique libertaire. Elle souhaite aussi éditer des textes oubliés ou qui risquent de l'être. Ce livre est constitué de différents documents qui constituent des éclairages sur le procès intenté contre Liebknecht. Ce sont aussi bien des tracts, des lettres, des documents officiels que de courts essais. L'appareil critique est réduit à son minimum. C'est à peine si les documents sont introduits après une courte introduction au début du livre. Bien que cela permette de lire les textes traduits cela enlève en grande partie la possibilité, pour les lecteurs et lectrices non averti-e-s, d'insérer ceux-ci dans un contexte plus large. Ainsi, on a presque l'impression de se trouver face à des textes en dehors de tout contexte ce qui est un comble pour deux personnes qui souhaitaient intégrer leur pensée à une action concrète. Malgré ce défaut ce livre mérite d'être lu surtout dans le contexte actuel.

Image : Éditeur

29/07/2016

Race / La couleur de la victoire

Cette semaine est sorti un biopic sur Jesse Owens. Le film débute alors que Jesse Owens est accepté à l'université de l'Ohio durant les années 30. Il est, semble-t-il, le premier étudiant de sa famille dans un contexte économique difficile. Bien qu'il soit heureux d'étudier il sait que son véritable but est de courir. Le coach de l'équipe de course de l'université, Larry Snyder, a entendu parler de lui et compte bien tester ses capacités mais aussi travailler à l'améliorer. Alors que Jesse Owens multiplie les victoires et les records le reste des USA se tend autours d'un débat difficile : Faut-il boycotter les JO de 1936 à Berlin ? Le comité olympique des USA envoie un observateur afin de vérifier les informations qui se propagent et permettre un vote sur la question.

Je suis toujours sceptique face aux biopics. Et ce film en exemplifie la raison. Le problème des biopics, et des biographies, est le risque de tomber dans la reconstitution d'un destin implacable. On oublie les problèmes, les choix, les rencontres et les incertitudes. Tout dans la vie d'une personne mène à un destin inoubliable, historique, impossible à éviter. Cet aspect problématique des biopics semble même revendiqué dans ce film qui, à plusieurs reprises, annonce que le destin de Jesse Owens est de courir, de gagner et d'être le meilleur athlète du monde. Face à ce "destin exceptionnel" plusieurs tentations et obstacles sont mis en avant. La plus importante des tentations est une femme. Alors qu'Owens est fiancé il sort avec cette autre femme ce qui lui pose un certain nombre de problèmes personnels. Le second obstacle est la ségrégation. Sa ville, son université, les stades, ... tout est envahi de racisme et Owens doit apprendre à faire abstraction afin de pouvoir se concentrer sur sa course.

Ce qui nous mène au troisième obstacle : La politique. Toutes personnes qui s'intéresse à l'actualité politique et à ses effets sur le sport sait que le CIO, ainsi que d'autres fédérations internationales, défendent l'idée que sport et politique sont deux sphères totalement séparées. Cette idée permet de défendre l'organisation d'événements sportifs dans des lieux ou des contextes troublés. Bien que l'on puisse être d'accord sur l'idée que le sport et la politique ne sont pas identiques on ne peut que déplorer que cela débouche sur l'impression, fausse, que le sport n'a aucun effet politique. Il faut garder cela à l'esprit quand on regarder ce film. En effet, il montre une tension entre d'une part des personnes qui défendent un idéal politique et des personnes qui refusent de penser politiquement. On sait qui a gagné et ceci a permis à l'Allemagne de 1936 d'organiser une propagande massive en faveurs du régime nazi.

On y trouve le point faible du film. La réalisation tente, apparemment, de faire le lien entre le racisme des USA et celui de l'Allemagne. Bien que les USA ne soit pas l'Allemagne hitlérienne il existe un racisme profondément ancré avec une ségrégation forte. Mais celle-ci est à peine montrée. On a l'impression que le racisme se traduit par une simple nécessité d'avoir des sièges, dortoirs et entrées séparées. Face à cela, l'Allemagne est montrée comme plus tolérante. Il est vrai que les diplomates allemands ont fait des efforts pour éviter de donner mauvaises impressions. Mais le film échoue à montrer de quelle manière la propagande allemande fonctionnait. Leni Riefenstahl est montrée comme une productrice qui veut simplement faire les meilleures images des jeux possibles. Mais son travail était bien plus important et bien plus intégré à la propagande. Bref, du point de vue politique le film échoue.

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**** Un bon film avec de bon-ne-s acteurs et actrices mais un sujet politique simplifié à l'extrême comme s'il fallait éviter de heurter des personnes.
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Image : Allociné

Site officiel

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03/07/2016

L'échec d'une prophétie par Leon Festinger, Hank Riecken et Stanley Schachter

Titre : L'échec d'une prophétie
Auteurs : Leon Festinger, Hank Riecken et Stanley Schachter
Éditeur : PUF 1993 (1956)
Pages : 252

Que se passe-t-il lorsqu'un groupe met en place une croyance qui s'avère erronée ? La question semble simple mais sa résolution fut compliquée. Pour y répondre les auteurs, et leurs observateurs et observatrices, ont infiltré un groupe plus ou moins mystique et amateur d'OVNIs. Le récit de cette étude se déroule sur 10 chapitres. Le premier chapitre permet aux auteurs de mettre en place leur position théorique. Ils expliquent pourquoi il est difficile d'observer la réaction à l'échec d'une prophétie. Les sources manquent et les individus se sont rarement intéressé aux réactions. Selon les auteurs, l'échec devrait déboucher sur un prosélytisme plus intense.

Afin de vérifier cette hypothèse ils mettent en place l'observation secrète d'un groupe ayant récemment annoncé l'apocalypse pour un mois plus tard. Sur cinq chapitres on nous dépeint de quelle manière le groupe s'est constitué, qui en fait partie et surtout comment il fonctionne. Le but est de vérifier la croyance individuelle ainsi que l'état de l'engagement. Les auteurs montrent que certaines personnes restent à la marge tandis que d'autres s'impliquent fortement dans cette nouvelle foi. L'implication n'est pas seulement mesurée en temps mais aussi en relation avec la vie extérieure. Les plus endoctriné-e-s abandonnent études, métiers et familles tout en suivant scrupuleusement les ordres venu du plan supérieur. Mais personne ne tente réellement de créer un prosélytisme actif.

Le chapitre sept explique de quelle manière le groupe et les membres ont réagis à la défaite de leur prophétie. Les auteurs montrent que les membres du groupes présents dans le même lieu ont pu mettre en place une explication commune qui a permis de les convaincre et même de renouveler une foi vacillante. Les personnes isolées, par contre, ont perdu leur foi et se sont rapidement éloignées du groupe. Les auteurs montrent aussi que le groupe, d'un seul coup, souhaite propager son message par tous les moyens. Les journalistes sont convoqués et des séances publiques sont mises en place tandis que les écrits de la doctrine sont offerts au public après un secret quasiment intégral. Le chapitre 8 explique les conséquences de cette publicité. En effet, les voisins, les patrons et les autorités ont agi contre des personnes qui se rapprochaient des enfants et qui les inquiétaient. Plusieurs femmes se sont vues menacées d'un examen psychiatrique tandis que le second perdait emploi, statut et passait devant la justice pour être soumis à une expertise afin de juger de sa capacité à gérer ses biens et à garder ses enfants. Le groupe, à la finale, s'est dissous et s'est perdu de vue.

Les deux derniers chapitres permettent, en particulier, d'expliquer la méthodologie de l'enquête. En effet, les auteurs ont dû agir dans l'urgence dans un cadre mouvant avec des réunions longues. Les observateurs et observatrices se sont infiltré-e-s et donc les observé-e-s n'ont jamais consenti à la recherche, ce qui crée un problème éthique important. L'infiltration ainsi que l'enquête ont été difficiles et les personnes envoyées par les chercheurs ont eu un effet, certes involontaire, important sur le fonctionnement du groupe. Au final, ce livre décrit une recherche passionnante au sein d'un groupe de personnes discrètes et convaincues de la fin du monde. La manière dont ces personnes réagissent à l'échec de la prophétie est passionnant et ne peut que donner des enseignements importants pour de nombreuses personnes s'interrogeant sur l'endoctrinement, les sectes et la radicalisation (religieuse ou non).

Image : Amazon

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23/06/2016

der Staat gegen Fritz Bauer

L'Allemagne, les années 50, est divisée entre l'URSS et les alliés. L'Allemagne de l'ouest, à la sortie de la guerre, a engagé plusieurs procureurs afin de poursuivre les crimes commis durant et avant la guerre par le régime précédent et les individus qui le constituait. La personne à la tête de ce groupe est Fritz Bauer : un ancien militant socialiste et juif qui a dû s'exiler durant la période nazie. Bien qu'il essaie de retrouver les anciens nazis il est stoppé par de nombreuses forces. Celles-ci ont pied aussi bien dans son administration que dans l'État au sens large. En effet, les personnes qui étaient nommées durant la période nazie peuvent toujours se trouver en position de pouvoir et leur intérêt n'est pas de se retrouver devant les tribunaux ni d'abandonner leurs amis. De plus, ni l'Allemagne ni les USA n'ont intérêt envers un procès. Mais lorsque Fritz Bauer reçoit une piste pour Eichmann il ne peut pas abandonner malgré tous les obstacles qu'il rencontre.

Ce film allemand a décidé de ne pas parler des crimes en soi ni de parler de la guerre. Son réalisateur a souhaité examiner la société de l'après-guerre alors que l'occident entre dans une prospérité jamais connue. Dans ce contexte d'optimisme retourner sur le passé de l'Allemagne n'est pas une position appréciée. Et le réalisateur montre bien cette envie d'oublier et d'aller de l'avant, de retrouver des marques de fierté. Alors qu'une partie encore large de la population reste en faveurs de l'ancien régime, qu'une minorité est toujours loyale et qu'une autre large partie souhaite seulement oublier et avancer il n'est pas facile de demander des comptes. Le film montre très bien cet aspect. Il possède une atmosphère à la fois sobre et intense. Fritz Bauer n'est pas forcément un homme sympathique et on l'observe lutter alors qu'il semble malade. Il semble attendre tous les sacrifices de ses employés. Mais on l'observe aussi se demander si les personnes qu'il rencontre sont avec lui ou non. Qui est digne de confiance et qui ne l'est pas ? Bref, un très bon film qui mérite d'être regardé.

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**** Un film sobre qui traite un sujet sans émotions inutiles.
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Image : Allociné

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15/05/2016

Money Monster

Nous sommes dans une époque d'incertitudes économiques. Un présentateur star, Lee Gates, avait conseillé de prendre des actions d'une compagnie qui semblait ne pas pouvoir tomber. Mais un programme informatique a mal fonctionné et 800 millions de dollars sont perdus dans la nature. De nombreuses personnes ont perdu leur économique dans ce qui est considéré comme un simple bug. Lee Gates, lui, continue comme si de rien n'était et explique que l'entreprise ne peut que sortir du trou dans lequel elle se trouve actuellement. L'émission continue comme si de rien n'était avec les pitreries de Lee. Mais, dans l'arrière fond, un homme est présent alors qu'il n'en a pas le droit. En quelques minutes il prend la salle en otage et force la chaine à continuer la diffusion. Il ne veut pas d'argent mais des réponses : que s'est-il vraiment passé ?

Ce film est dirigé par Jodie Foster. L'intrigue mêle plusieurs thèmes. L'un des principaux est l'infotainment. Vous savez, cette tendance des chaines, publiques ou privées, à considérer ses spectateurs et spectatrices comme des imbéciles qui ne peuvent regarder un sujet sérieux que si le présentateur ou la présentatrice fait le pitre. Lee Gates, joué par Clooney, est l'un de ces pitres. On observe un homme donner des conseils sans arguments mais avec des effets censés être drôle. À plusieurs reprises, on comprend que son émission n'est pas considérée avec sérieux. Ainsi, comme le dit Julia Roberts au début : on ne fait pas de journalisme. Lee Gates fait partie de ses faux journalistes qui acceptent les explications sans jamais poser de questions qui fâchent. Ce thème est lié à celui de la société du spectacle. La prise d'otage est rapidement transformée en un phénomène médiatique disponible en directe sur internet et la population semble regarder sans avoir conscience de ce qui se déroule.

Le second thème important concerne l'économie de marché capitaliste. On sait comment ça marche : le marché est une entité naturelle qui fonctionne selon la demande et l'offre. Toutes tentatives de réguler le marché, selon les libéraux, ne peut que dénaturer celui-ci et détruire l'économie. Dans ce film nous avons une entreprise qui perd 800 millions et qui ne donne aucune explication. La seule excuse se concentre sur un bug dont personne ne comprend la provenance. Tout le propos du film est d'expliquer que même si on nous présente le système comme trop compliqué pour le comprendre cela peut cacher des manipulations qui n'ont rien de naturelles et qui peuvent être illégales. Ainsi, se pose la question de la moralité d'un marché laissé libre.

Bien que le film pose ces deux questions il faut tout de même noter qu'il échoue en partie. Le film est bien écrit et les acteurs et actrices sont très bonnes. Cependant, les questions que posent le film ne reçoivent ni le développement ni les réponses que cela mérite. Tout se passe comme si la réalisation s'est retrouvée empêtrée dans le spectacle et a oublié de prendre en compte l'intrigue. À mon avis, ce film aurait mérité une attention plus grande sur les mécanismes du marché et les dérives dont il est constitué.

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**** Bien écrit avec un très bon casting mais qui ne va pas assez loin dans le propos.
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Image : Site officiel

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10:26 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : money monster | | | |  Facebook

30/04/2016

Trumbo

Dalton Trumbo était un scénariste d'Hollywood lors de l'âge d'or du cinéma. Il a combattu durant la Deuxième guerre mondiale. Mais il était aussi un membre du parti communiste des États-Unis. Ce fait devient un problème durant les années 50 alors que le monde occidental commence à entrer dans la Guerre Froide. Les sympathies communistes deviennent suspectes de cacher des traitres à l’État. Et le cinéma est l'une des industries qui entre dans le viseur des milieux anticommunistes qui entourent le comité des activités anti-américaines du Congrès. Après plusieurs batailles Trumbo et ses collègues terminent en prison pour un an. Lorsqu'ils en sortent ils trouvent un monde nouveau. Ils sont ostracisés et ne peuvent plus travailler car une liste noire est mise en place. Mais Trumbo décide de travailler sous pseudonyme. Et, au fil des années, la liste noire devient une couverture pour un énorme marché noire.

Trumbo est un bon film. Il contient de très bons acteurs et actrices. Il est bien écrit et plutôt bien mis en scène. Il y a bien quelques longueurs et quelques défauts. En fait, ces défauts dépendent plus du type de film choisit que de la production. Trumbo est un biopic qui tente de s'intéresser à près de 15 ans d'histoire en deux heures. Il y a donc de nombreux problèmes de rythme entre deux époques avec des personnages qui changent sans véritablement changer. Un autre problème concerne le propos même du film. Quand on doit faire tenir 15 ans d'une personne en deux heures on est obligé d'oublier tout ce qui est superflu. On se concentre sur un personnage sans prendre en compte ce qui existe autours de lui. Ainsi, on ne comprend pas forcément ce qui est en train de se dérouler sur les écrans ni qui sont toutes ces personnes. Le film échoue à expliquer comment fonctionnait la liste noire et quels furent ses effets car on ne peut pas faire autrement que de s'intéresser à la vie d'une seule personne. Cependant, on observe assez bien les effets de la liste sur la famille de Trumbo. Illes doivent déménager, accepter d'être insulté-e-s et surtout garder le secret et aider Donald Trumbo. Ce dernier est montré se tuant à la tâche et j'aurais apprécié en savoir plus sur les autres membres de la famille qui semblent tout autant intéressant.

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**** Un bon biopic qui, comme tous les biopics, échoue à expliquer une époque et une vie dans toutes leurs complexités.
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Images : Site officiel

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09:32 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : trumbo | | | |  Facebook

29/04/2016

The 100 saisons 1 et 2

The 100 est une série de la CW. Elle se déroule dans un futur assez proche. Environ 100 ans se sont déroulés depuis que la Terre a vécu une apocalypse nucléaire. Les survivants se sont regroupées dans l'espace dans une douzaine de stations reliées entre elles. Ces stations permettent de nourrir et de faire vivre près de 3000 personnes mais au prix d'une discipline de fer. Tous les crimes sont punis de la même manière : la peine de mort. Seules les personnes mineures sont épargnées pour être réexaminés à leur majorité. Mais la station ne peut plus durer encore longtemps. Il est donc décidé d'envoyer les mineur-e-s criminel-le-s sur Terre afin de vérifier l'habitabilité des lieux. Ces 100 adolescents et enfants devront apprendre à survivre dans un milieu hostile. Et surtout, illes apprendront qu'illes ne sont pas seul-e-s.

La CW n'a pas une très bonne réputation pour les séries. Pourtant, je trouve que la chaine réussit à créer des œuvres intéressantes. The 100 est l'une d'elle. J'ai énormément apprécié ces deux saisons (et j'attends la troisième avec impatience). De nombreux personnages sont très bien écrit avec une évolution justifiée (bien que parfois un peu abrupt). C'est l'une des rares séries que je connaisse à mettre autant en avant de bons personnages féminins dans des rôles techniques ou de leaders. Le propos de la série, comme l'explique le poster, est la survie. De quelle manière différents groupes d'humains essaient d'éviter la mort. Bien que nous suivions principalement les personnes venues de l'Ark les scénaristes essaient de ne pas trop nous guider dans un raisonnement moral. Ainsi, on peut accepter plusieurs décisions puis se demander si une autre solution aurait pu être possible. Cet aspect est particulièrement important dans la saison 2 qui fait vraiment décoller la série.

En lien avec le thème de la survie, on observe le rôle des leaders et du pouvoir. Leur position est montrée de manière négative. Ce sont des personnes qui prennent des décisions de vie et de mort avec, parfois, la connaissance exacte des effets de ces décisions. La série, outre la survie, pose donc la question de la légitimité des décisions prises par des personnes élues ou non qui peuvent impacter toute une société et tuer des personnes pour sauver le plus grand nombre au prix d'une position éthique. Ainsi, on peut résumer la série par les mots de l'un des personnages : il n'y a pas de bons côtés. Mais j'ajouterais qu'il n'y a pas de mauvais côté non plus seulement des personnages qui agissent dans certains cadres qui leur imposent des décisions précises. En résumé, c’est une très bonne série.

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***** Une très bonne série avec une seconde saison magnifique.

Images : Allociné

Site officiel

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16:26 Écrit par Hassan dans contemporain, science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the 100 | | | |  Facebook

28/04/2016

Green Room

Un groupe de rock, les Ain’t Rights, sans le sous se rend dans une petite ville de l'Oregon. Mais ce qui devait être un concert devant des fans du genre devient une interview foireuse et un bar local. C'est une catastrophe qui ne rapport que 6 dollars par personnes. Cependant, la personne qui les a invités pense être capable de leur trouver une autre salle de concert avant leur départ définitif. Cette salle est perdue dans la forêt. C'est un bar à skinheads nazis. Bien que le groupe ne soit pas forcément très heureux du lieu ils réussissent à se faire accepter durant leur performance. Malheureusement, ils sont témoins d'un meurtre au moment même où ils partaient. Ils sont enfermés dans une petite salle alors qu'ils se rendent de plus en plus compte qu'ils pourraient ne pas s'en sortir.

Ce film provient du même auteur que Blue Ruin. Ce dernier nous offrait la croisade de vengeance d'un homme face à la famille qui a tué son père. Dans Green Room les choses sont différentes. Les personnages ne voyagent pas. La majeure partie de l'intrigue se déroule dans le bar et même dans une seule salle. Les personnages sont des rockeurs un peu perdus et sans attache qui doivent trouver un moyen de survivre et de comprendre ce qui se déroule. Le film commence donc très gentiment sans aucune menaces (ou presque). Ce n'est qu'au fil du temps que les problèmes se précisent. Les ennemis, eux, sont des gros bras qui essaient de se rendre important en suivant une idéologie qui leur permette de se sentir valorisé. L'exemple parfait est celui du gérant qui, en fait, s'en fiche un peu et tente seulement de gérer le bordel de la situation. Seul le chef est vraiment inquiétant. Il est magnifiquement joué par Patrick Stewart très calme et stoïque. Green Room est un très bon film. Cependant, la réalisation n'hésite pas à user du gore sans mesure. Certaines scènes sont horribles. Ce film n'est donc pas destiné aux âmes sensibles (et Pathé l'interdit aux moins de 16 ans tout en suggérant 18 ans)

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***** L'auteur de Blue Ruin signe un nouveau très bon film. Cependant, il faut se préparer à des images difficilement soutenables.

Images : Allociné

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08:14 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : green room | | | |  Facebook

24/04/2016

The politics of german child welafre from the Empire to the Federal Republic par Edward Ross Dickinson

Titre : The politics of German child welfare from the Empire to the Federal Republic
Auteur : Edward Ross Dickinson
Éditeur : Harvard University Press
Pages : 365

L'histoire de l'enfance délinquante et en danger (voir en danger de devenir dangereuse) est assez longue. Elle débute durant le XIXe siècle alors que de nombreux réseaux et pays réforment leurs pratiques afin d'atteindre un idéal d'individualisation et de spécialisation. Ce livre s'intéresse à étudier un cas particulier : l'Allemagne. Pour cela, l'auteur dépeint le pays depuis 1840 jusqu'en 1961 (en laissant de côté l'Allemagne de l'Est). Le livre est constitué de 9 chapitres que l'on pourrait diviser en trois parties.

Les chapitres 1-5 prennent en compte la période 1840 à 1918. Cette période prend en compte l'Empire ainsi que la première guerre mondiale. L'auteur y montre de quelle manière la protection de l'enfance est conçue dans un contexte fortement christianisé et politiquement conservateur. La peur de la modernité et des actions des jeunes permet de mettre en place un réseau qui relie les acteurs privés et publics. Les acteurs privés sont majoritairement des mouvements catholiques et protestants. Les tensions entre les milieux religieux et avec les milieux publics sont fortes et aboutissent à la mise en place de garanties quant au fonctionnent des charités privées face à ce qui est vu comme un étatisme dangereux

La seconde période pourrait prendre en compte les années 1918-1945 soit les chapitres 6-8. L'auteur s'y intéresse à la République de Weimar et au nazisme. Il tente de montrer de quelle manière les crises de l'entre-deux-guerres impactent sur les réformes qui tentent d'être mises en place dans les milieux de la protection de l'enfance. Ces crises, en particulier économiques, ont un effet sur la pensée de l'aide sociale. Les théoricien-ne-s commencent à penser plus sérieusement l'eugénisme mais aussi la nécessité de choisir qui mérite d'être aidé. Ce mouvement est progressivement détourné par le régime nazi qui prend le contrôle de la protection des mineur-e-s et met en place des politiques criminalisantes et meurtrières.

Enfin, la dernière partie est dépeinte dans le dernier chapitre. L'auteur essaie d'y montrer de quelle manière les milieux intéressés par l'enfance essaient de dépasser le sinistre régime qui l'a dépassé. Bien que les acteurs étatiques soient réformées en partie les acteurs privés, eux, restent les même. De plus, les inquiétudes sont semblables à celles du XIXe siècle. Ce qui explique pourquoi les milieux catholiques réussissent à garder le contrôle de la protection de l'enfance. De plus, les craintes sont identiques puisque la modernité est pointée du doigt pour expliquer les problèmes de l'époque. Cependant, les réformes sont plus simples car les milieux anti-démocratiques ont disparu et les communistes aussi.

Ce livre, assez ancien, permet d'exemplifier un milieu particulier de l'aide sociale : la protection des mineurs. À l'aide de l'étude d'un cas particulier, l'Allemagne, sur un siècle il permet de montrer comment une politique publique est mise en place et réformée en traversant plusieurs crises et régimes. L'auteur montre aussi les continuités entre les époques tout en considérant le régime nazi comme une discontinuité dans l'évolution de l'aide sociale. Ainsi, ce livre permet de comprendre comme l'état providence a pu se mettre en place en même temps qu'une progressive démocratisation.

Éditeur

10/04/2016

Truth

Nous sommes en 2004. George W. Bush est en pleine campagne pour sa réélection. Le thème de l'armée s'est imposé alors que les USA vivent une guerre difficile. C'est dans ce contexte que Mary Mapes décide de produire une enquête sur la carrière du président dans la garde aérienne nationale du Texas. Son enquête lui permet de mettre en plein jours des documents dévastateurs pour le président. En effet, il ne serait pas entré dans les bases. Pire, il aurait évité l'envoi au Vietnam grâce à ses relations. CBS diffuse extrêmement rapidement l'enquête avec des interviews menées par son présentateur star : Dan Rather. Cependant, le soir même de la diffusion les blogueurs se déchainent et mettent à jours de nombreux problèmes avec les documents. Ceux-ci pourraient être faux et Mary Mapes et son équipe doivent maintenant défendre leur travail ainsi que s'inquiéter de l’authenticité de leurs documents.

Spotlight montrait comment une équipe de journalistes d'investigations travaillaient pendant plusieurs mois afin de mettre à jours des abus sexuels dans le cadre de l’église catholique. Truth montre comment une équipe de journaliste d'investigation de la TV travaillent dans l'urgence afin de monter un sujet. Le premier film montre une réussite celui-ci montre un échec. Le film prend clairement le parti de Mary Mapes car il se base sur son propre livre. Je commence donc par dire que j'aurais aimé en savoir plus sur les problèmes qu'a connu l'enquête. En effet, il me semble que cette affaire montre une investigation qui s'est très mal passée. En l'état, on sait surtout que les documents posaient de nombreux problèmes. En effet, ceux-ci sont des copies et non des originaux et leur provenance et très douteuse. L’authentification n'a donc pas pu avoir lieu dans les règles de la science.

Ce film essaie aussi de montrer ce qui arrive quand une personne devient une cible. Il échoue un peu en cela mais le gamergate est passé par là. En effet, Mary Mapes est questionnée sur tous les aspects de sa vie aussi bien par ses employeurs que par ses collègues, des politiciens ou encore des militant-e-s politiques en ligne. On observe Mary Mapes devenir de plus en plus fatiguée face au combat constant qu'elle doit mener. Au lieu d'être soutenue elle est de plus en plus isolée ainsi que son équipe. Bien que le film tente de mettre en avant les possibles raisons politiques de cet isolement il échoue à moitié car il ne démontre rien (tout comme le film ne montre pas comment une enquête peut mal se passer). Au final, bien que le film ne soit de loin pas inintéressant car il permet d'entrer dans une enquête de journalistes d'investigations il passe à côté de sa cible et c'est dommage.

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*** Pas un mauvais film mais il ne réussit pas à démontrer ce qu'il souhaite nous expliquer.
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Image : Allociné

Site officiel

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18:33 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : truth | | | |  Facebook

29/02/2016

Nos chers protégés par Pierrette Frochaux

Titre : Nos chers protégés. Trois générations d'assistés à Genève de 1894 à 1947
Auteure : Pierrette Frochaux
Éditeur : Éditions d'En Bas 2015
Pages : 264

Depuis quelques années la recherche historique sur les enfants placés s'est fortement développée. Elle est encore embryonnaire mais on en sait de plus en plus. Celle-ci tente de répondre à des questions aussi bien de la part des politicien-ne-s, de la société civile que des anciennes personnes victimes de placements ou d'internements administratifs. Tout le monde souhaite comprendre pourquoi et comment tout une partie de la population du pays a été discriminée et mise en prison ou au travail forcé au nom d'une assistance envers elle.

Pierrette Frochaux essaie, dans son livre, de faire deux choses. Tout d'abord, elle souhaite redonner une voix à son père et ses frères et sœurs. Ces trois personnes ont été abandonnées, ou enlevées à leur mère, très jeune. Elles sont mises sous tutelles et placées en institution puis chez des patrons capables de leur apprendre un métier en adéquation avec leurs capacités intellectuelles perçues ainsi que leur origine sociale très modeste. Ensuite, elle essaie de recréer l'histoire d'une famille brisée par l'administration du canton de Genève. Elle tente de retrouver ses grands-parents paternels puis de retrouver des documents concernant sa famille. Elle a fait une longue recherche dans les archives afin de trouver le moindre document et de l'interpréter à la lumière de ce que son père lui a expliqué.

On ressort de ce livre en comprenant un point précis : un État a brisé des vies. Ce qui ressort de la lecture de ce livre est une forme de bienfaisance de la part des autorités. Mais celle-ci cache une forme de cruauté administrative. Les enfants sont séparés des membres de leur famille. Leur tuteur ne tente pas de les relier et ne mentionne même pas l'existence des frères et sœurs. On observe aussi un État qui tente de garder des enfants dans le milieu social qui doit leur convenir. Loin de leur permettre de s'épanouir selon leurs choix on leur impose un travail précis au nom de leurs facultés intellectuelles déficientes. Ce sont aussi des enfants qui doivent tout à l’État. Ces trois personnes vivent leur enfance sans ne rien posséder si ce n'est leurs vêtements. Leur liberté est contrainte par les institutions puis par les patrons. Bien que ce ne soit pas une recherche historique à proprement parler ce livre montre extrêmement bien ce qu'a couté ces placements et protections si bienfaisants.

Image : Éditeur

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Spotlight

Boston, la fin des années 2000, un nouveau directeur est envoyé à la tête du Boston Globe. Les journalistes ne sont pas rassurés sur les intentions de ce nouveau qui ne vient même de la ville. Celui-ci rencontre les chefs de l'équipe Spotlight. Ils et elle ne communiquent par leurs sujets d'enquêtes. Leur travail est de fouiller en profondeur un sujet précis avec des articles en bétons. Et on leur demande d'étudier s'il pourrait être intéressant de parler des abus sexuels commis par un prêtre de l’église catholique. Bien que sceptique l'équipe se rend rapidement compte que le problème est extrêmement vaste et connu de toutes les autorités. Pourtant, personne ne semble avoir rien fait. Pourquoi ce manque d’actions ? Qui sont les personnes qui savent ? Comment dénoncer ces abus sans se faire écraser par la machine de l’église ?

Ce film sort en Suisse un mois après que le rapport historique sur l'institut Marini soit rendu public. C'est une coïncidence mais une coïncidence troublante pour les personnes qui ont touché le sujet que ce soit personnellement ou en tant que simple citoyen-ne. Le film tente de montrer comment une équipe de journalistes d'investigations a pu mettre en plein jour un problème systémique dans l’église catholique : les abus sexuels sur mineurs. Ces abus ont eu lieu partout mais sont longtemps restés cachés, tabous. Les acteurs et actrices ont, dans ce film, moins d'importance que le sujet. Ainsi, personne ne prend trop de place et chacun est placé face à l'enquête et à ses réactions. L'intrigue est bien menée. On observe le déroulement de l'enquête qui avance gentiment puis qui devient rapidement un problème qui dépasse toutes les prévisions. Au lieu d'une personne les journalistes découvrent que 90 prêtres sont impliqués et couverts par l’église qui fait tout pour ne pas communiquer. Il est tout de même dommage que le film n'explique pas mieux pourquoi ces abus sont possibles. L'enquête prend toute la place et empêche de démontrer en quoi l'institution en soi pose problème.

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***** Un film que j'ai beaucoup apprécié sur un sujet difficile à traiter. Le choix du traitement via des journalistes cache la voix des victimes mais n'est pas mauvais.

Image : Allociné

Site officiel

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21/02/2016

Free Love / Freeheld

Nous sommes aux États-Unis. Deux femmes se rencontrent lors d'un tournoi de volley ball. L'une est Laurel brillante inspectrice du New Jersey. La seconde est Stacie une mécano. Leur vie est difficile car Laurel n'a rien dit à ses collègues de peur de perdre toutes possibilités de carrière. Tandis que Lacie n'apprécie pas d'être une ombre dans la vie privée de sa partenaire. Malgré tout, elles réussissent à signer un contrat d'union civile ainsi que l'achat d'une maison. Tout semble aller pour le mieux. Mais Laurel apprend avoir un cancer. Alors qu'elle souhaite que sa femme reçoive sa pension à sa mort cela lui est refusé. Elles décident donc de se battre.

Ce film tombe une petite semaine avant la votation concernant l'initiative du PDC qui aura comme effet d'interdire le mariage entre personnes de même sexe. C'est une coïncidence intéressante. Les actrices sont Julianne Moore et Ellen Page. Elles sont talentueuses et portent magnifiquement les personnes qu'elles incarnent. La réalisation ne s'intéresse pas vraiment à la relation. Celle-ci est mise à l'écart et même oubliée pendant un an entier. On ne sait pas du tout de quelle manière les deux femmes ont décidé de vivre ensemble malgré leurs différences. Dans le même ordre d'idée, l'homophobie et le sexisme dans la police, et la société, sont passés sous silence ou simplement mentionnés sans trop en parler. Le but principal du film est de parler de la lutte de Laurel en faveurs de son droit à recevoir une pension. Une grande partie du film est basée sur ce combat et le juge comme un pas en avant en direction de la justice et de l'égalité. Il manque donc beaucoup au film mais ça ne m'a pas empêché de l'apprécier.

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**** Il aurait été possible d'aller plus au fond du sujet mais la réalisation réussit tout de même à intéresser et à faire apprécier le combat de ces deux femmes en couple.
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Image : Allociné

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19/02/2016

Hail, Ceasar!

Ce sont les années 50. Le monde vit en pleine guerre froide alors que l'industrie du cinéma souffre de plusieurs problèmes dont l'arrivée de la télévision dans les ménages. Mais c'est aussi l'époque de l'âge d'or du cinéma ! Les productions sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus diversifiées. Un même studio peut aussi bien recréer des drames historiques massifs, des westerns ou encore l'adaptation distinguée d'une pièce de théâtre. Ce petit monde ne tourne pas tout seul. Bien entendu il y a les acteurs et actrices, les figurant-e-s, les scénaristes et les producteurs. Mais il y a aussi Eddie Manix. Son rôle est simple. Il doit identifier les problèmes et trouver un moyen de les résoudre. Et lorsqu'on travaille auprès de stars plus capricieuses les unes que les autres ces problèmes peuvent être particulièrement difficiles à résoudre. C'est le cas lorsque la plus grande star de l'époque est kidnappée.

J'ai bien aimé ce film. Je n'irais pas jusqu'à dire que je l'ai adoré ou encore que je l'ai trouvé génial. C'est un film qui réussit à faire rire de temps en temps (la scène des religieux tentant de parler de dieu dans le dernier film en production du studio est magnifique). C'est surtout un énorme hommage à une époque. Mais attention, bien que l'âge d'or du cinéma reçoit, dans ce film, une place d'exception les réalisateurs ne considèrent pas que tout était parfait. Les situations absurdes ainsi que les caprices des stars de l'époque ne sont pas cachées. Ce qui permet de créer des personnages haut en couleur et parfois surprenant. J'ai, par exemple, beaucoup aimé Hobie Doyle censé être incapable de jouer mais qui comprend plus de choses qu'on ne le croit. Eddie Mannix est moins sympathique. Probablement à cause de sa violence physique. L'intrigue est tout aussi absurde avec une pointe de critique envers des personnes accusées de détruire une industrie du rêve. On peut se demander à quel point il y a une critique politique derrière mais c'est en tout cas en accord avec l'époque. Un film sympathique pour une soirée.

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*** Parfois drôle, un énorme hommage avec un casting impressionnant et parfait.
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Image : Allociné

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09:50 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hail ceasar | | | |  Facebook

13/02/2016

The danish girl

Nous sommes au Danemark dans les années 30. Einar Wegener et Gerda Wegener sont un couple d'artistes reconnus par la société. Ils vivent de leurs peintures tout en navigant dans les sphères de la société des artistes. Tout semble bien aller. Mais Einar n'est pas réel. Sa vraie identité est Lili. Alors que cette femme commence à comprendre qu'elle est sa réelle identité elle est soumise à l'incompréhension des médecins de l'époque ainsi que de ses amis. Comment pourra-t-elle devenir ce qu'elle est vraiment et abandonner un corps qui ne lui correspond pas ? Que deviendra la relation entre elle et Gerda alors que cette dernière devient de plus en plus connue en peignant Lili ?

Selon le film, Lili est l'une des premières femmes à subit une opération afin que son genre corresponde à son sexe. Retracer son histoire en se basant sur un roman historique de nature fictionnelle était donc risqué sur de nombreux points. D'un point de vue technique le film est réussi. La photographie, les costumes, le jeu d'acteur et les répliques sont très convaincants. Ce sont d'autres problèmes qui peuvent créer une impression trouble. Premièrement, et ce point a déjà été soulevé dans les réseaux militants, on se demande pour quelle raison on prend un acteur cis plutôt que de prendre une personne trans. Lorsqu'on s'intéresse à un tel sujet encore peu connu et peu mis en scène il me parait normal de faire l'effort de trouver une personne membre du groupe concerné. D'autres problèmes concernent l'historicité du film. Bien entendu, il y a des reconstitutions de détails qui ne sont pas réels mais pas si importants. Ensuite il y a ce qui est fictif et qui permet de créer de l'émotion de manière artificielle simplement pour créer de l'émotion. Est-il vraiment utile de broder sur une vie qui a existé au point d'inventer des événements ? J'en doute !

Mais il y a surtout la représentation de la transsexualité. J'ai lu quelques articles critiques sur le sujet et je suis d'accord avec eux. La manière dont la transition est représentée pose de nombreux problèmes. Durant le début du film on a l'impression qu'Einar est un homme efféminé qui apprécie peu la masculinité virile et possède une fascination pour les habits et la gestuelle féminine. Une scène en particulier montre des hommes rires haut et fort tandis qu'Einar tente de suivre mais nous montre sa gêne devant cette manifestation de virilité. Lorsque Lili apparait on a l'impression que Gerda force Einar à s'habiller en femme. Puis cela devient un simple jeu de couple afin de rire un peu. Ce n'est que bien plus tard, après la moitié du film, qu'il est annoncé que Lili a toujours existé. J'ai donc eu l'impression qu'on me présentait la transsexualité comme un jeu de couple sexy et non une identité.

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*** Bien que le jeu ainsi que la photographie soient magnifiques j'ai un certain nombre de problèmes avec certains choix qui ont été fait.
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Image : Allociné

 

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08:53 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, LGBTIQ | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the danish girl | | | |  Facebook

11/02/2016

El Clan

La famille Puccio est une famille normale d'Argentine. Le père, la mère, trois frères et deux sœurs se partagent une grande maison. C'est une famille plutôt aisée. L'un des fils, Alejandro, est un très bon joueur de rugby tandis que le père partage la table des grands politiciens de l'Argentine. L'argent entre assez bien pour que Alejandro soit capable d'ouvrir son propre magasin de matériel de surf. De plus, le pays entre dans une réforme qui devrait lui permettre de passer de la dictature sanglante que le peuple a connu à une démocratie à l'occidentale. Les méfaits et les excès du passé ne sont pas oubliés mais ils ne sont plus défendus. Cette famille pourrait être normal. Mais le père, Arquímedes, est à la tête d'un réseau d’enlèvement. Il utilise Alejandro afin de donner confiance à ses victimes et ensuite demande une rançon en dollars américains. Ces activités sont censées punir les personnes qui profitent du pays. Mais il semble que la famille ne soit pas forcément à l'aise avec ce type d'activités.

Ce film s'inspire de faits réels. Il y a réellement une famille Puccio qui a vraiment enlevé et assassiné des personnes. Bien entendu, le film doit broder et interpréter une histoire dont on ne sait pas tout. Ainsi, la scène de fin est construite afin que l'on pense une chose précise. Mais on ne sait pas si c'est réellement le but de la personne. En ce qui concerne les acteurs, actrices ainsi que la réalisation c'est film qui réussit. Les scènes d'enlèvement sont toujours mises en parallèle avec celles de la vie de tous les jours. Ce fonctionnement donne une impression surréaliste. Voir le père amener tranquillement à manger à son détenu en saluant la famille est impressionnant. Bien que le film ne conclue pas sur ce point il donne clairement le point de vue que personne, dans la famille, ne pouvait ignorer ce qui se déroulait. Bien que les activités de tous les membres ne soient pas toujours très claires. Cependant, ce film échoue sur un point important. Durant plusieurs scènes on sent une proximité entre Arquímedes et le pouvoir. Ces relations ne sont pas questionnées et je me suis souvent demandé comme celles-ci fonctionnaient. Est-on en face d'une personne connue par le pouvoir mais que l'on laisse agir où alors un homme qui agit pour l’État ?

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***** Un très bon film avec quelques points que j'aurais apprécié mieux comprendre

Image : Éditeur

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21:06 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : el clan, argentine | | | |  Facebook

01/02/2016

De la justice aux archives. Conservation de données sensibles, recherche historique et mesures de coercition à des fins d'assistance avant 1981 édité par Hugo Casanova, Hubert Bugnon, Frédéric Oberson, Luc Vollery, Alexandre Dafflon et Charles-Edouard Thi

Titre : De la justice aux archives. Conservation de données sensibles, recherche historique et mesures de coercition à des fins d'assistance avant 1981
Éditeurs : Hugo Casanova, Hubert Bugnon, Frédéric Oberson, Luc Vollery, Alexandre Dafflon et Charles-Edouard Thiébaud
Éditeur : Revue fribourgeoise de jurisprudence 2015
Pages : 167

Ce livre contient les actes de deux journées d'études ayant eu lieu à Fribourg en 2014. Depuis quelques années les questions concernant les anciens enfants placés ainsi que les personnes internées pour raison d'assistance sous les procédure d'internement administratif sont de plus en plus nombreuses. On se demande qui et pourquoi. Dans le même temps, l'accès aux archives est de plus en plus demandé aussi bien par des journalistes, d'anciennes victimes et des chercheurs et chercheuses. Tout ceci crée un problème pour l'accès à des archives sensibles mais dont l'analyse est nécessaire : les archives de type judiciaire.

Ce livre est constitué en deux parties à l'image des journées d'études. La première concerne avant tout des problèmes archivistiques. On y apprend quels sont les normes d'accès aux archives judiciaires aussi bien en Suisse que dans certains cantons dont Fribourg. Les contributions permettent aussi d'expliquer de quelle manière les archives sont construites et classées afin de permettre un échantillon mais aussi un accès facilité et rationnel. La seconde partie concerne l'usage de ces archives. Bien que ces usages touchent à l'histoire économique généalogique une partie importante des contributions concerne les placements et internements administratifs. Les contributions font une synthèse des recherches et replacent le propos dans un cadre scientifique et politique suisse. Non seulement on apprend quelles sont les normes légales permettant de telles décisions mais on apprend aussi de quelle manière la communauté scientifique, politique et civile s'est emparée du problème avec des méthodes et des buts différents.

Ce petit livre propose un acte de deux journées d'études. Bien qu'il y ait une construction et un thème commun on ne peut qu'avoir des informations synthétiques. On apprend beaucoup de choses mais on souhaite surtout en savoir plus. Ce qui ressort de ce livre c'est un état du problème aussi bien pour les archivistes que pour les historien-ne-s. Leur fonctionnement en commun est nécessaire afin d'une part d'expliquer scientifiquement le placement et redonner leur histoire de vie aux anciennes personnes placées et internées. On peut tout de même déplorer qu'une partie des contributions n'ont pas pu être publiées dans ce livre.

23/01/2016

Carol

Nous sommes dans les années 50. Une jeune femme, Therese, travaille dans un grand magasin de New York en pleine époque de noël. Elle vit avec ses collègues dont un jeune homme qui souhaite se marier avec elle et se rendre en Europe. Sa logeuse surveille ses rentrées et sorties. Elle aime faire de la photographie mais son appareil est d'entrée de gamme et elle ne pense pas être talentueuse. Une autre femme, Carol, entre dans le magasin afin d'acheter un cadeau à sa fille. Elle est en instance de divorce mais elle veut rendre sa fille heureuse pour noël. La rencontre entre ces deux femmes commence doucement puis se transforme en quelque chose d'autre qu'une amitié. Mais dans les années 50 ce genre de relation est loin d'être simple.

Je suis un peu ennuyé avec ce film. Il parle d'un thème qui embête beaucoup de personnes (dont le PDC qui souhaite interdire le mariage entre personne de même sexe), qui peut être très difficile et créer d'énormes problèmes avec beaucoup de talents et de sensibilité. Techniquement, le film est tout simplement magnifique. Les costumes, les décors, l'ambiance,... tout hurle l'authenticité. Un énorme travail a dû être fait pour recréer les années 50. Les problèmes de moral dans le cadre d'un divorce difficile sont superbement joués et mis en scène sans drames ni scènes inutiles. Les actrices et les acteurs sont plus que convaincants. Les personnages sont très bien écrits et même les "méchants" peuvent être compris. On nous montre des gens humains donc capables tout simplement d'échouer. Malheureusement, le film n'a pas fonctionné avec moi. Ce n'est de la faute ni des actrices et acteurs ni des scénaristes. Je n'y ai tout simplement pas cru. Je ne crois pas au début de la relation entre ces deux femmes. Et si je ne peux pas croire au début d'une histoire d'amour comment croire à la suite ? Dommage pour moi.

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***** L'un des films les plus maitrisés que je connaisse. Dommage que je n'aie pas pu y croire.

Image : Allociné

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18:27 Écrit par Hassan dans contemporain, féminisme/gender/queer, Film, LGBTIQ | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : carol | | | |  Facebook

17/01/2016

The big short

Que s'est-il passé durant la crise financière ? De nombreux pays sont tombés et vivent encore très mal les conséquences de la crise. Le chômage et la pauvreté se sont démultipliés à un niveau rarement atteint. Et tandis que les grandes banques étaient sauvées par l'argent des contribuables les politiques publiques furent mises en place afin de créer austérité et détruire les régulations de l'économie. Ces politiques ont eu un effet désastreux. Ce film propose de comprendre un peu mieux comment la crise des subprimes a pu se produire. Son but est d'expliquer ce que sont les subprimes et pourquoi les banques se sont jetées stupidement dans le piège sans même savoir ce qu'elles achetaient. Pour cela, le film nous fait suivre trois groupes de personnes qui ont compris avant tout le monde la chute qui allait se produire. Ces personnes ont toutes la caractéristique de ne pas être véritablement membre des traders. Ce sont des marginaux.

Que penser du film ? C'est une tentative d'expliquer simplement et avec un peu d'humour comment l'économie américaine fonctionnait. Pour cela on nous fait comprendre des termes compliqués par des illustrations simples qui mêlent économie et célébrités. Car la crise a été difficile à comprendre. Nous avions de nombreux termes décrivant de nombreux biens ainsi que de nombreuses institutions. Tout était construit pour ne pas faillir mais c'était l'exemple même du château de carte construit sur une faille tectonique extrêmement active. Quand on regarde de près, et il fallait le faire, ça ne pouvait que mal se terminer. On le sait maintenant, les paquets de prêts hypothécaires étaient en grande partie constitués de subprimes soit de personnes incapables de payer leurs dettes. Le film nous explique tout cela par des scènes clés. Les deux qui m'ont le plus frappé se déroulent au siège d'un organisme de contrôle et en Floride. La première place deux protagonistes face à une femme qui porte des lunettes noires et se plaint de ne pas pouvoir lire. Dans la suite de la scène on nous explique que cet organisme ne peut pas se permettre de contrôler et de donner de mauvaises notes car cela impliquerait la fuite des clients, les banques, en direction d'un organisme de contrôle concurrent. La seconde scène se déroule dans un parc locatif fantôme. Il y a des centaines de maisons avec des journaux datant de plusieurs semaines et seulement quatre familles locataires. Tout le monde a fui par incapacité de payer leurs dettes hypothécaires. Ce ne sont que deux scènes et il y en a d'autres. Bien que le film réussisse à expliquer la crise elle le fait en suivant des personnes qui en ont profité. Ces personnes ont gagné énormément d'argent en pariant sur la destruction de la vie de nombreuses familles. De plus, je pense que le film échoue en partie à montrer en quoi le système est toxique. On ne nous montre pas assez non plus les liens entre les instances politiques et les instances financières qui ont pensés les solutions d'austérité à la crise (solutions qui créent une crise sociale sans précédent).

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**** Plutôt réussit mais il ne va pas assez loin.
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Image : Allociné

Site officiel

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12:28 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the big short | | | |  Facebook

06/01/2016

De l'utilité du genre par Joan W. Scott

Titre : De l'utilité du genre9782213661551-X_0.jpg?itok=vUHK_R54
Auteure : Joan W. Scott
Éditeur : Fayard 2012
Pages : 219

Joan W. Scott est connue pour son article théorique "Le genre : une catégorie utile d'analyse historique". Ce petit livre recueil plusieurs articles de l'historienne autours du genre comme concept et de la manière de l'utiliser en histoire. Le premier article est, bien entendu, celui que je viens de citer. Joan W Scott y définit le genre comme concept tout en critiquant d'autres formes de définitions. Ensuite, elle décortique le terme et explique comment on peut l'utiliser dans des travaux de recherche. Bien que l'article soit très théorique il n'en est pas moins passionnant pour les personnes intéressées malgré une difficulté de lecture plutôt importante. Dans l'article suivant l'auteure déconstruit le travail de E. P. Thompson. Elle démontre que ce dernier a totalement écarté les femmes dans son livre majeur sur la classe ouvrière anglaise.

Les deux articles suivant sont ceux qui m'ont le plus intéressé. La raison en est le lien avec des débats et affaires récentes durant lesquelles les arguments déconstruits par Scott ont été utilisé par des politiciens, des journalistes et des experts. Le premier concerne le voile. Elle montre que ce dernier est pensé comme fondamentalement incompatible avec la laïcité alors que celle-ci n'a jamais été construite comme moyen de créer une égalité entre les hommes et les femmes. Plus important, elle déconstruit les arguments qui considèrent que les femmes qui se voilent sont opprimées ou aveugles. En effet, elle explique que ces femmes s'inscrivent dans une religion et une culture et que cette inscription identitaire, communautaire, permet une capacité d'agir et donc de choisir. Le dernier article concerne la séduction française. À plusieurs reprises, le terme a été utilité afin d'expliquer, ou d'innocenter, des actes sur des femmes. Au lieu d'une agression ce n'était qu'un élan séducteur bien français incompris. Joan W Scott commence par présenter les arguments. Elle montre que cette séduction est basée sur une société particulière et une vision spécifique. Cette dernière considère que les femmes sont ouvertes à la séduction de manière passive tandis que les hommes sont actifs (prédateurs). Les femmes, par l'amour, doivent contrôler et abaisser la prédation masculine en utilisant l'amour. Dans cette vision des relations entre les sexes il faut que tout le monde soit bien identifiable comme homme ou femme. Par conséquence, Scott montre en quoi cette forme de séduction se doit de lutter contre le féminisme et les luttes pour les droits des gays et lesbiennes. Non seulement les sexes sont brouillés mais, en plus, l'acte de séduction est dénaturé. La cible principale est le féminisme américain accusé d'être la cause des guerres des mâles impérialistes américain.

Ce petit livre se termine sur une conclusion qui permet non seulement de faire le bilan du féminisme universitaire mais aussi de tenter de repousser les frontières. Joan W. Scott apprécie les remises en causes des acquis et pousse à passer outre les chemins débroussaillés même, et surtout, si cela rend certaines personnes et institutions inconfortables. Au final, la lecture est stimulante. Le propos n'est pas toujours très facile à comprendre. Les concepts sont nombreux et ne me sont pas toujours connus. Mais il est fascinant de voir la pensée de Scott se modifier et s'étendre vers d'autres horizons.

Image : Éditeur

29/12/2015

Histoire des femmes en occident 5. Le XXe siècle sous la direction de Françoise Thébaud

Titre : Histoire des femmes en occident 5. Le XXᵉ siècle

Direction : Françoise Thébaud

Éditeur : Perrin 2002

Pages : 891

Il est difficile de présenter un tel monument. Et encore, je ne parle que du dernier tome, qui fait tout de même près de 900 pages, alors qu’il en existe quatre autres de l’antiquité à nos jours. Ce tome ne prend en compte “que” le XXᵉ siècle en occident soit l’Europe et les Amériques du Nord. C’est déjà beaucoup mais il est dommage de ne pas avoir pu avoir une perspective plus large. Encore une fois, l’Afrique, l’Asie et les Amériques du Sud sont totalement oubliés par un livre qui se prétendait universel mais qui reste très euro-centré quand il n’est pas franco-centré. Le livre est divisé en 19 chapitre et 4 parties. Le tout est précédé d’une introduction qui permet de remettre à jour les propos tenus dans le livre via un état de la recherche qui se veut complet et qui prend un tout petit moins que 60 pages.

La première partie, constituée de 8 chapitres, est intitulée La nationalisation des femmes. Derrière ces termes nous avons un certain nombre de contributions classées de manière chronologique puis thématiquement. En effet, ou nous peint le fonctionnement de la condition féminine entre la Première Guerre Mondiale et les années trente. Ceci permet aussi bien de montrer les premières revendications féministes du XXᵉ siècle que de nous montrer les modifications et résistances que connurent les sociétés européennes. Dans un second temps, on nous explique comment les femmes et les féminités furent pensés par les autorités de régimes fascistes, dictatoriaux et le nazisme. Nous avons donc une peinture complète qui part de l’Italie et de l’Allemagne en passant par Vichy et l’Espagne de Franco. Ceci se termine sur un examen des femmes en URSS.

La seconde partie, femmes, création et représentation, est constituée de 4 chapitres. Le premier est celui que j’ai le moins apprécié. L’autrice y décrit les manières dont les femmes sont pensées et représentées dans les productions philosophiques aussi bien féministes que non-féministes. J’ai trouvé la lecture difficile et peu intéressante. Par la suite, on trouve un chapitre sur la place des femmes dans la culture qui permet non seulement de créer un bilan sur l’entrée des femmes dans le milieu mais aussi d’expliquer pourquoi il est si difficile de réussir en tant que femme dans la culture. On continue sur un examen de la consommation de masse qui débute en s’adressant aux femmes en tant que maîtresses du foyer et, donc, premières concernées par les chats. La partie se termine sur un chapitre que j’ai beaucoup apprécié concernant l’image des femmes. Il est parsemé d’exemples que le noir et blanc et le format poche rendent moins facile à lire. Cependant, la lecture est très intéressante.

La troisième partie contient trois chapitres et se nomme les grandes mutations du siècle. Le but est de faire l’histoire de la seconde partie du XXᵉ siècle jusque dans les années 80-90. Le propos se concentre sur l’état social et ses effets non seulement sur la pauvreté mais aussi sur la maternité. Le dernier chapitre permet de poser la question de l’histoire du travail féminin, qui a toujours existé, et de sa transformation en salariat mais aussi des milieux dans lesquels les femmes se trouvent. L’autrice montre que bien qu’il y ait mutation dans la condition féminine celle-ci est toujours subordonnée aux hommes qui gardent la main sur les travaux et études considérés comme supérieurs.

Enfin, la dernière partie, en quatre chapitre, se nomme enjeux. Le premier chapitre pose la question de l’ascension à la majorité aussi bien civile que politique des femmes. L’autrice dépeint les premières tentatives d’accéder au droit de vote mais aussi d’être considérées comme civilement majeure. Elle montre des différences en Europe selon des lignes de fractures religieuses et géographiques. Un second chapitre montre l’histoire du féminisme dans les années 60 et 80. Ce chapitre permet de comprendre comment les mouvements féministes se sont reconstruits en abandonnant le droit de vote au profit d’autres luttes en faveurs du droit sur son propre corps. L’avant-dernier chapitre est une étude de cas sur le Québec qui permet de faire le lien entre différents mouvements féminins entre différentes époques et leurs impacts sur la société. Enfin, le livre se termine sur un chapitre qui examine les problèmes de la filiation posés par les nouvelles sciences de la procréation. L’autrice présente les arguments en faveurs ou contre ces droits ainsi que les problèmes qui peuvent exister. Dans une dernière partie, on nous offre des extraits d’écrits de deux femmes.

Ce livre est un monument qui fait partie d’un monument. L’histoire des femmes en occident fut une tentative non seulement de justifier d’une recherche mais aussi de créer un livre qui pose les bases de la connaissance à un moment particulier. Son âge implique que de nombreuses recherches plus récentes existent actuellement. Je me pose aussi la question de la légitimité d’un livre qui ne prend en compte que l’occident et, surtout, la France et une partie de l’Europe (la Suisse, encore une fois, est pensée comme un tout lorsqu’elle est mentionnée). De plus, cette histoire des femmes, et c’est l’époque qui le veut, ne prend pas en compte les problèmes concernant les sexualités ni les racismes. C’est à peine si les tensions entre féministes blanches et noirs aux USA sont mentionnées. Il est difficile de passer outre ce livre lorsqu’on s’intéresse au sujet mais il est nécessaire d’aller plus loin.

Image : Amazon

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28/11/2015

Strictly Criminal / Black Mass

1975, Boston vit dans la terreur de la mafia italienne. Un jeune agent du FBI, Connolly, revient dans sa ville de naissance afin de détruire cette organisation. Mais il est extrêmement difficile de prouver les activités illégales des membres de la mafia. Pendant des années le FBI tente de s'en occuper mais ne possède que des informations peu importantes. Connolly est ami d'enfance avec deux personnes qui pourraient l'aider. Le premier est le sénateur William Michael "Billy" Bulger. Le second est James Joseph "Whitey" Bulger. Ce dernier est à la tête d'un gang local sans grandes forces. Bien que le sénateur refuse toutes associations Connolly et James décident de faire alliance. En échange d'informations de la part de James le FBI le protégera de toutes investigations en tant qu'informateur. Bientôt, le FBI se retrouve à lutter pour la guerre de James qui, lui, prend les territoires perdus par la mafia italienne. Il n'était qu'un petit voyou mais en peu de temps il devient le roi du crime de Boston et n'a rien à craindre grâce à la protection du FBI.

Le film adapte librement des événements ayant réellement eu lieu. Mais il ne peut pas tout expliquer ce qui permet probablement de comprendre certaines insuffisances. Le film n'est pas centré sur les gangsters. J'ai eu l'impression de voir un film qui me montrait comment une relation peur mal tourner pour un agent du FBI. Connolly est un jeune agent qui a connu James durant son enfance. Il a les mêmes valeurs que lui. Ce que le film montre ce sont deux personnes qui se comprennent et qui agissent afin de s'aider mutuellement. Alors que James crée un empire sous la protection du FBI Connolly crée sa carrière sur les informations de James. Ce qu'on nous montre c'est un agent du FBI dont la vie dépend de son informateur. Il lui est tellement lié qu'il ne peut rien faire pour stopper les crimes de son associé. Ce qu'on ne nous montre pas assez ce sont les informations offertes par James. Mis à part une fois on ne le revoit jamais donner quelque chose d'autre que des cadeaux. En fait, le film semble vouloir montrer que les informations sont en fait des faux trouvés par Connolly dans les rapports d'autres informateurs. Le film est donc lent avec peu d'action et des sauts temporels de plusieurs années. Son but n'est pas de divertir mais de montrer comment un système se met en place puis explose. D'une certaine manière le film a échoué car on ne comprend pas vraiment ce système. Mais il reste très bon.

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**** Moins qu'un film de gangster c'est plutôt un film qui tente de démonter un système et ne réussit pas tout à fait à le faire.
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Image : Allociné

Site officiel

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09:42 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : black mass, strictly criminal | | | |  Facebook

27/11/2015

Refuser d'être un homme. Pour en finir avec la virilité par John Stoltenberg

Titre : Refuser d'être un homme. Pour en finir avec la virilité
Auteur : John Stoltenberg
Éditeur : Syllepse et M 2013
Pages : 268

L'auteur part d'un constat simple : nous vivons dans un monde patriarcal qui implique que les hommes possèdent des privilèges. Dans ce contexte, comment faire pour lutter contre le patriarcat en tant qu’homme ? John Stoltenberg répond dans son titre pour, ensuite, développer ce que cela implique : il est nécessaire de refuser d'être un homme. L'auteur considère la masculinité comme un construit de nature politique qui implique une histoire et des pratiques. Ainsi, il est nécessaire de déconstruire la virilité si on souhaite supprimer le patriarcat. Les explications de Stoltenberg se forment dans différentes contributions, articles ou conférences, qui sont regroupées en quatre parties.

Ces quatre parties permettent à l'auteur d'expliquer son point de vue. Il commence par expliquer comment les hommes intègrent la masculinité comme un moyen de s'éloigner des femmes. Il explique que les garçons sont d'abord des propriétés des maris avant d'être des êtres humains et qu'il est nécessaire de les rendre identiques au père pour en faire des hommes citoyens. Stoltenberg passe aussi beaucoup de temps à analyser la sexualité. Il tente non seulement de la déconstruire en tant que forme politique de domination mais aussi de trouver où se trouve cette formation de la sexualité masculine. Cela le conduit à analyser la pornographie dans de nombreux chapitres. Il démontre que celle-ci, loin d'être une expression, est avant tout un moyen d'inférioriser la population féminine tout en formatant le plaisir masculin sur ce besoin d'inférioriser autrui. Il milite donc pour une sexualité qui ne soit pas celle d'un dominant mais de deux égaux consentants à tous les actes qui ont lieu entre eux en tant que couple.

Que penser de ce livre ? Le titre a été écrit pour choquer et interpeller mais il ne ment pas. Les propos de Stoltenberg sont sans concessions et convaincants. Il montre en quoi la sexualité masculine, dans un contexte patriarcal, est toxique. En particulier, ce qu'il écrit sur la pornographie est particulièrement intéressant. J'ai lu avec grand intérêt la tentative de créer une loi anti-pornographie qui prenne en compte les victimes. On sort de ce livre avec l'idée que la masculinité doit être détruire afin de mettre à bas la bipolarisation de genre et les structures de pouvoirs qui y sont spécifiquement liées.

Image : Éditeur

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26/11/2015

Les Suffragettes

J'attends ce film depuis un bon moment. Malgré les polémiques je voulais le voir. Le film prend place en 1912. Les femmes militent depuis de nombreuses années de manière pacifique afin de recevoir le droit de vote et donc d'être des citoyennes à part entière. Mais ce droit leur est encore et toujours refusé. Le mouvement se pense donc dans une nouvelle direction. Si le pacifisme ne fonctionne pas et ne donne lieu qu'aux moqueries il est temps de passer aux actes. Le mot d'ordre est lancé les femmes vont faire preuve de désobéissance civile. Le film suit une jeune ouvrière de 25 ans : Maud Watts. La journée elle travaille du matin au soir dans un intérieur suffoquant et bruyant sans être payée autant que les hommes. Le reste du temps elle s'occuper de son fils ainsi que de son mari. Après réflexions et prises de connaissances elle s'implique de plus en plus fortement dans le mouvement des Suffragettes malgré son mari et la violente répression policière.

Qu'ai-je pensé de ce film ? Tout d'abord, je trouve que montrer le mouvement par les yeux d'une ouvrière est une très bonne idée. On se trouve face aux personnes les plus démunies par les conséquences du militantisme et du sexisme. En effet, Maud Watts est victime des avances de son patron tandis que ses collègues sont battues par leurs maris. Le film montre ce que coute ses idées à Maud. Elle est seule, elle perd son fils ainsi que sa communauté ce qui implique l'incapacité de trouver du travail ainsi que la pauvreté. Le film montre aussi la répression extrêmement forte de la police. On les suit, on les fiche et on les arrête afin d'éviter que le système soit remis en cause. Il faut surtout éviter la publicité autours des actions des Suffragettes afin d'éviter de nouvelles recrues. Le film nous montre aussi que demander gentiment est inutile. Les droits ne peuvent être reçus qu'après de longues luttes parfois physiques. Le jeu et la réalisation sont très froides. On suit Maud comme si elle portait la caméra. Les conditions de vie nous sont jetées aux visages tandis que tout tremble dans tous les sens lors des assauts de la police ou des fuites. Bien que ce ne soit pas un film parfait sur un sujet difficile je l'ai apprécié.

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**** Intéressant avec une bonne prise sur le contexte historique des ouvrières.
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Image : Allociné

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12/10/2015

Le plus bel âge? Jeunes et jeunesse en France de l'aube des "Trente Glorieuses" à la guerre d'Algérie par Ludivine Bantigny

Titre : Le plus bel âge ? Jeunes et jeunesse en France de l'aube des "Trente Glorieuses" à la guerre d'Algérie9782213628707-T_0.jpg?itok=XqTlXKUF
Auteure : Ludivine Bantigny
Éditeur : Fayard 2007
Pages : 498

Ce gros livre, en effet il est massif, est l'adaptation d'une thèse de la part de Ludivine Bantigny sur l'histoire de la jeunesse française depuis l'après-guerre jusqu'à la fin de la guerre d’Algérie. L'auteure s'y pose la question de ce qui constitue la jeunesse. Est-ce un simple mot ou est-ce plus compliqué. Pour cela elle tente de comprendre ce qui a constitué la jeunesse, comment on en a parlé et quelles sont les expériences communes qui permettent de former une génération. Elle construit son travail en quatre parties de trois chapitres chacune ce qui lui permet de passer sur tous les aspects de la jeunesse. Elle début tout de même avec une introduction et un prologue afin de poser les bases méthodologiques de sa recherche.

La première partie, nommée "Les travaux et les jours", permet à Bantigny de placer la jeunesse sur le marché du travail et de l'éducation. Le premier chapitre permet de montrer comment les relations entre les générations et entre les jeunes se forment. Quels sont les moyens économiques que les jeunes possèdent ? Mais aussi comment font-ils pour avoir des loisirs ? Le chapitre suivant permet d'étudier le fonctionnement de l'école alors que de plus en plus de personnes s'y rendent. L'auteure dépeint une école encore ancienne, rigide, basée dans des locaux exigus et inadaptés à tels point que certaines personnes les considéraient comme insalubres. Elle montre aussi les nombreux débats qui se sont formés autours de l'école et de sa mission. En effet, l'école était pensée comme trop livresque et trop peu basée sur les besoins économiques. Enfin, Ludivine Bantigny se pose la question du marché du travail. Elle montre un oubli des agriculteurs dont le travail est presque gratuit. Cependant, les autres jeunes ne sont pas en reste. Les relations avec les collègues et les patrons sont souvent difficiles voir humiliantes. Les jeunes peuvent être soumis à un régime illégal sans être bien payé. Mais il n'y a pas de révoltes devant ces conditions considérées comme passagères.

La seconde partie concerne le danger social des jeunes. En effet, il y a eu, et il y a encore, une peur de la jeunesse. Le premier chapitre examine à quoi ressemble le jeune dangereux. Bantigny y décortique la délinquance mais aussi la manière dont celle-ci est pensée par les acteurs de la société. Elle montre comment, presque du jour au lendemain, on voit apparaitre les blousons noirs et la peur des gangs de jeunes à la violence irrationnelle. Tandis que la majorité des jeunes garçons et jeunes filles ne portent le blouson que pour se détacher. Elle explique aussi, dans un second et troisième chapitre, de quelle manière les jeunes dangereux (ou en danger de le devenir) passent sous la loupe de nombreux observateurs. Ces derniers sont chargés de comprendre le jeune délinquant et de trouver un bon moyen de le "guérir". Malgré que les centre d'observations ne soient pas des prisons Bantigny montre que les jeunes qui y sont enfermés se pensent en prison. Ils sont derrière des murs et n'ont pas de libertés. Pire encore, ils ne savent pas quand ils sortiront.

Une troisième partie permet d'examiner les politiques de la jeunesse mises en place par les différents gouvernements. Ludivine Bantigny montre la difficulté de créer ces politiques bien que la jeunesse soit pensée comme un avenir dont il faut prendre soin. Elle montre quels sont les politiciens les plus appréciés et comment les jeunes entrent en politique que ce soit à droite ou à gauche. Cette partie s'articule bien avec la suivante qui concerne la guerre d'Algérie. En effet, Bantigny commence par montrer comment la politique de la jeunesse fut mise à mal par la une guerre qui n'en portait pas le nom. Elle continue sur la critique de l'école formée par l'armée qui considère que les jeunes ne sont pas assez éduqués à la nation française. Elle montre aussi quel fut l'expérience de la guerre pour cette génération. Au début il y a revendications, craintes et peurs car on envoie pour 28 mois des personnes se battre au nom de la pacification. À la fin, il y a le silence et l'habitude de l'horreur. Alors que sont ces jeunes qui reviennent ? De nombreux journaux se posent la question et ne peuvent pas toujours y répondre.

J'ai lu cette thèse avec un très grand intérêt. L'auteure y fait une peinture très complète de la jeunesse et, surtout, des différentes institutions qui s'occupent d'elle. Elle montre comment les jeunes sont pensés mais aussi ce qui forme une génération. Ainsi, quelques années suffisent pour tout changer entre les jeunes nés durant la guerre et ceux du baby-boom. De nombreux point développés par Ludivine Bantigny pourraient être utilisés pour mieux comprendre ce que l'on dit actuellement sur, en particulier, la mode, la moralité, l'école et la délinquance des jeunes.

Image : Editeur

10/10/2015

The Martian / Seul sur Mars

Je suis fasciné par l'astronomie. Et, un jour, il faudra que je recommence des observations. Pour l'instant je me contente de rêver devant des films. The Martian se déroule durant un temps proche du notre. La NASA a réussi à envoyer une mission sur Mars chargée d'étudier le terrain. Elle est constituée de six personnes. L'un des astronautes est un botaniste nommé Mark. Un jour, une tempête arrive près de la base. Au vu de sa puissance la NASA et la cheffe de l'équipe décident d'annuler la mission et d'évacuer la base. Mais, durant la tempête, Mark est perdu et considéré comme mort. Les cinq astronautes restant repartent sur Terre tandis que la NASA annonce sa première mort en dehors de la Terre depuis sa fondation. Cependant, Mark est bel et bien vivant. Mais une mission de secours pourrait mettre quatre ans à venir. Comment survivre dans une base prévue pour un mois ?

J'ai A.D.O.R.E ce film ! J'aime le personnage joué par Matt Damon. J'aime aussi les autres membres de la mission. Je trouve les membres de la NASA géniaux dans leur caractérisation. Et je trouve que Mars, la base et les équipements sont magnifiques. Le film est classique dans son idée. Une personne se retrouve seule sans espoir de secours et doit survivre. Mais le film réussit le tour de force à nous parler science tout en divertissant. J'ai ri, j'ai compris et j'ai eu peur. Le film, en fait, est une ode à l'ingéniosité humaine. Tout est fait pour trouver un moyen de sauver Mark avec les moyens du bord qu'ils soient des jeux vidéos ou des pierres. On observe des personnes se retrouver afin d'aider une seule personne. Ce film, contrairement à celui de ma note précèdent, est très optimiste envers ce qui forme l'humanité. Je ne regrette en rien de l'avoir vu.

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*****Un très bon film sur l'exploration spatiale et l'ingéniosité humaine. Je le recommande fortement

Image : Site officiel

 

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16:17 Écrit par Hassan dans contemporain, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mars | | | |  Facebook

Sicario

Les USA, aujourd'hui, la police et le FBI mènent une opération commune afin de retrouver des personnes enlevées. Une attaque est formée contre une maison. Mais, lorsque celle-ci est lancée, tout tourne mal. Les murs sont remplis de cadavres et une bombe explose tuant deux policiers. Kate était en charge de l'assaut avec son partenaire. Après cette dure journée elle est convoquée au siège du FBI. Elle y apprend qu'une opération conjointe entre plusieurs agences a été autorisée. Elle part dès le lendemain. Mais elle ne sait ni pourquoi ni où. Petit à petit elle se rendra compte de ce que peut couter une guerre alors qu'elle est impliquée dans une opération dont elle ne sait rien.

Ce film fut difficile à voir. Il est rude, violent et extrêmement pessimiste. Il est aussi très bien écrit, parfaitement réalisé avec une BO sans accroc. Il y a un certain nombre de personnages. Le premier dont je parlerais est Matt Graver. C'est un agent dont le seul but est la victoire. Le reste n'a aucune important. Il combat dans la boue donc il utilise la boue. Il est suivi par Alejandro dont la politesse cache un esprit glacial. Et enfin, nous avons Kate jouée par Emily Blunt. Nous sommes censés nous incarner dans son personnage et vivre selon ce qu'elle ressent. Donc ses émotions sont les plus vives de tous les personnages. C'est une femme compétente qui se pose de nombreuses questions concernant l'éthique de ce qu'elle découvre. On voit ses peurs et ses doutes que l'on ressent à notre tour.

L'histoire, elle, concerne la guerre contre la drogue. L'intrigue nous emmène d'un point de vue parfaitement légal à des actions illégales. On se pose la question de la possibilité de ce qui arrive et la guerre à tous prix, sans prendre en compte les victimes, est fortement critiquée via le personnage de Kate. On observe une forte militarisation d'une action policière sans prise en compte des lois. Tout est fait, dans le film, pour montrer en quoi la fin ne justifie pas les moyens. Pire, le film nous montre les conséquences quand on accepte tous les moyens. Alors que les policiers de Kate sont humain-e-s les membres de l'équipe conjointe sont froids et blaguent sur les meurtres quand ils ne complimentent pas leurs auteurs. Au final nous avons un très bon film avec une actrice parfaite dans son rôle mais difficile à regarder.

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***** Un film parfaitement maitrisé.

 

 

 

 

16:01 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sicario, drogue | | | |  Facebook

09/10/2015

The Program

Même moi qui ne regarde pas le sport et hurle d'horreur devant les retransmissions annuelles du tour de France je sais qui est Lance Armstrong. Un sportif qui fut considéré comme le meilleure de sa génération. Un homme capable de dévaler une montagne en montée comme si c'était une descente. Bref, il est l'élite de l'élite. Du moins jusqu'à ce qu'une sombre affaire de dopage le rattrape. Ce film commence alors que Lance tente son premier tout de France. Il est naïf et seul. Dès le premier départ on lui explique qu'il n'a aucune chance de gagner. Il se lance donc dans le dopage et fait une magnifique performance. Juste après il apprend qu'il a le cancer. S'ensuivent de longues journées pour s'en remettre puis un retour spectaculaire sur le Tour. Et là les questions se posent. Ses résultats sont-ils réels ?

Ce biopic a l'ambition de décrire le programme mis en place par Armstrong pour que son équipe gagne à tous les coups. Il est rempli de bonnes idées et de pistes de réflexions mais échoue systématiquement. Il échoue car il tente de montrer une progression dans le système de dopage mais le fait d'une scène à l'autre qui se déroulent d'une année à l'autre. À la fois on a une continuité et, en même temps, une forte discontinuité temporelle. Il échoue aussi car il force la nécessité, cinématographique, d'avoir un méchant et un gentil. Armstrong est le méchant corrupteur qui crée quasiment le dopage tout en mentant à tout le monde. Le gentil est un journaliste irlandais qui lutte seul envers tous pour la vérité et la justice (non il n'est pas Batman mais ça pourrait). Or, ni l'un ni l'autre n'étaient seuls. Ils faisaient partie d'un système entier. De temps en temps, le film tente de montrer que le problème est bien plus important. Il lorgne sur les journalistes, sur les nécessités économiques, sur la célébrité qui rend une personne intouchable mais jamais ne tente de se lancer dans le sujet. On ne fait que l'effleurer et, donc, le film échoue.

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*** Le film n'est pas mauvais en soi. Mais il échoue sur tous les tableaux. Dommage.
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Image : Allociné

 

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11:43 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the program | | | |  Facebook

25/09/2015

Mustang

Hier soir je suis allé voir le film qui sera présenté aux Oscars par la France. Spoiler alert : le film mérite largement de représenter la France et de recevoir un prix. L'histoire se déroule dans un petit village de Turquie à 1000km d'Istanbul. On nous parle de 5 sœurs de 11 à 18 ans orphelines et élevées par leur grand-mère. Celles-ci quittent l'école après le dernier jour. Ce sont les vacances d'été, il fait beau et, jeunesse oblige, les jeunes filles et leurs amis décident de rentrer en marchant et s'amusent dans l'eau. Mais ce comportement revient aux oreilles d'une matriarche du village. Qui prend sur elle de prévenir la grand-mère des filles et, donc, leur oncle. Il est décidé de reprendre leur éducation sous la supervision de la grand-mère, de l'oncle et des autres femmes du village. Les tentations sont évacuées tandis que la maison devient une prison. Mais, après un évènement, les choses deviennent encore plus sombres. Les 5 sœurs seront-elles capables de résister à la pression des hommes et des femmes du village ?

Voilà un film comme je souhaiterais un voir plus (prend ça dans ta tronche Hollywood). Il est réussi de tous les points de vues. Les actrices qui jouent les sœurs réussissent parfaitement à incarner différentes facettes de compromis et de résistance. Que ce soit l'ainée qui réussit tout ou la plus jeune qui résiste avec une grande ingéniosité. Les acteurs hommes sont assez bons aussi mais effacés car ce n'est pas leur histoire. Ils sont présents mais rarement dans la pièce principale. On les fait entrer pour prendre des décisions et non pour discuter de la vie de tous les jours. Les autres femmes montrent à quel point la tradition est d'abord contrôlée et reproduites par elles. Ce sont les femmes qui instruisent les jeunes filles dans l'art d'être une bonne esclave / mère et femme d'un homme. L'atmosphère est tout aussi bonne. Le film commence dans l'insouciance et continue dans une attitude rebelle remplie de moments comiques. Ce n'est que durant la seconde moitié que le film devient un drame parfaitement maitrisé. En conclusion voilà un grand et bon film que je conseille sans hésiter.

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***** Un excellent film qui dépeint magnifiquement la domination exercée sur les femmes pour être pure, servante et de bonnes ménagères.

Image : Allociné

 

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