18/12/2012

La guerre éternelle par Joe Haldeman

Titre : La guerre éternelle9782290308257_cb.jpg
Auteur : Joe Haldeman
Éditeur : Opta 1976 (1974 édition originale)
Pages : 281

Il y a très longtemps que je n'ai pas relu ce livre. Je pense que je devais avoir treize ans la première fois. Je n'avais pas tout compris et je me souvenais très vaguement de l'histoire. Donc quand on m'a offert ce livre j'ai décidé de le relire avec un peu plus d'attention. L'histoire commence à la fin du XXe siècle. L'humanité a découvert des objets étranges nommé collapsar. Ceux-ci permettent de voyager presque instantanément entre deux points de l'univers. L'humanité a donc une porte ouverte sur la galaxie et commence à peuple différentes mondes. Mais tout s'arrête quand la première rencontre avec une race alien se termine par le massacre de l'équipage et des civils. La guerre éternelle commence.

L'auteur cumule deux aspects très positifs dans ce livre. Le premier est une critique acerbe de l'armée et de la guerre. La guerre du Vietnam, à laquelle l'auteur a participé, a très probablement fortement influé sur ce livre. Le héros, est un étudiant en physique, un génie, forcé d'entrer dans l'armée. L'auteur a fait des études de physiques. L'armée est dépeinte de manière très défavorable dans ce livre. C'est une institution lourde aux multiples exercices inutiles qui n'a aucune pensée pour les vies humaines. L'armée souhaite des soldats et est prête à tout pour cela. Ainsi, l'armée manipule la psychologie des soldats, les informations sur Terre, les possibilités d'emploi et l'inflation dans le but de forcer les vétérans à se réengager. L'armée met en place des campagnes absurdes qui ne peuvent qu'échouer tout en menaçant d'exécution les personnes qui refusent les ordres. Bref, l'armée est inhumaine. L'expérience de la guerre n'est pas sympathique. loin d'un sentiment de camaraderie au milieu du combat l'auteur décrit la peur et la tristesse quand on enterre ses amis les uns après les autres. Le second aspect génial de ce livre est la science. L'auteur a fait des études de physique et on le sent. Toutes les informations qui nous sont données semblent réalistes (du moins pour l'époque) et prennent en compte le peu de lois de la physique que je connais. Ainsi les effets de l'accélération mais aussi de la dilatation temporelle permettent elles à un homme jeune de dépasser les 300 ans et d'observer les changements sur Terre. Au final, voila un très bon livre et même un classique de la science-fiction que je conseille à tous les amateurs du genre.

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10:45 Écrit par Hassan dans contemporain, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : guerre, physique, humanité, alien | | | |  Facebook

16/12/2012

Le scandale des "tournantes". Dérives médiatiques, contre-enquête sociologique par Laurent Mucchielli

Titre : Le scandale des "tournantes". Dérives médiatiques, contre-enquête sociologique9782707145420.gif
Auteur : Laurent Mucchielli
Éditeur : La Découverte 2005
Pages : 124

Ceci est le second livre de combat de la part de cet auteur que je lis. Pourquoi je parle de livre de combat? Parce qu'ils ont comme but de critiquer et de mettre à mal un certain nombre de discours médiatiques et politiques à l'aide de la sociologie et, plus précisément, la sociologie du pénal. Le premier parlait des banlieues suite à des émeutes celui-ci parle d'un scandale qui pris une force considérable dans les médias en 2001: les tournantes.

Laurent Mucchielli construit son livre en quatre temps. Le premier est l'occasion de revenir sur les événements en analysant leur force médiatique et l'origine. L'un des premiers constat est que le scandale s'accroche à l'époque de 2001 tout en se basant sur un livre biographique qui parle d’événements des années 1980. Le second constat montre que les médias ont parlé de manière forte des viols en réunions alors que ce sujet était, auparavant, peu développé dans les pages faits-divers. En une période courte de temps les journalistes et les politiciens mettent en place un discours massif sur les viols dans les banlieues considérés comme un avatar de la jeunesse masculine maghrébine violente en France.

Les deux autres chapitres sont considérés comme des contre-enquêtes. Laurent Mucchielli y développe une enquête historique et sociologique sur les viols en groupes. Cette enquête lui permet de démontrer plusieurs faits. Tout d'abord, ce type de crimes n'est pas nouveau. Lors des années 60 il y avait déjà eu un scandale médiatique mais concernant, cette fois, des français blancs et chrétiens en bande. Ensuite, les viols en groupes ne semblent pas avoir augmenté et même semblent avoir baissé depuis les années 60. Ce qui mène l'auteur à tenter de comprendre le viol en réunion non dans une perspective culturaliste mais socio-économique qui permettrait de relier le scandale des années 60 à celui de 2001. Laurent Mucchielli démontre que les caractéristiques socio-économiques des violeurs sont très proches et donc considère que l'origine n'est pas explicative.

Le dernier chapitre permet à l'auteur d'expliquer la raison du succès d'un discours contre les jeunes maghrébins des banlieues. Il montre un lien entre une nouvelle forme de racisme et un rejet de plus en plus fort des enfants des immigrants. Dans un contexte ou les banlieues sont de plus en plus abandonnées ces enfants tentent de trouver une définition de soi positive. A coté d'une pénalisation de ces actes particulièrement graves l'auteur propose donc la mise en place de politiques publiques sociales.

J'ai apprécié lire ce très court livre par un auteur que j'aime consulter et suivre. Cependant, les arguments de l'auteur souffrent d'un développement très résumé. Une grande partie de ce que dit Laurent Mucchielli est un résumé de recherches antérieures de sa part ou de la part d'autres auteurs. Ce point s'explique par le but du livre. Ce n'est pas une recherche en sociologie mais un une enquête sur un scandale qui utilise un état de la recherche à l'époque dans ses arguments. Le livre est donc utile pour mettre en doute un certain discours mais peut frustrer certaines personnes qui souhaitaient en savoir plus.

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12:20 Écrit par Hassan dans contemporain, sociologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : banlieue, viol, maghrébin, france, islam | | | |  Facebook

15/12/2012

L'invention du naturel. Les sciences et la fabrication du féminin et du masculin sous la direction de Delphine Gardey et Ilana Löwy

Titre : L'invention du naturel. Les sciences et la fabrication du féminin et du masculin41QSYEXJM4L._SL500_AA300_.jpg
Directrices : Delphine Gardey et Ilana Löwy
Éditeur : Editions des archives contemporaines 2000
Pages : 227

Quand on lit les journaux ou quand on écoute les émissions de TV on entendu souvent parler du naturel. La nature n'a pas prévu ceci ou cela et des études le montrent. La question du caractère construit de ces études est rarement posé. Et la caractéristique genrée est quasiment invisible. Le but de ce petit livre, fruit de deux journées d'études au Centre de Recherche en Histoire des Sciences et des Techniques, est d'examiner le caractère, si il existe, genré des sciences que celles-ci soient des sociales ou "dures".

Le livre et les contributions sont divisées en trois parties. La première concerne les possibilités de recherches offertes par la perspective du genre en histoire des sciences. Ces perspectives sont résumées par quatre contributions. Celles-ci permettent de poser des questions sur le caractère naturel du corps et de la recherche. Cette dernière est-elle véritablement un moyen de comprendre et d'illustrer la nature ou est-ce une construction de la nature? Le corps est-il naturel ou plus ou moins construit selon les contextes scientifiques et culturels? Comment les différentes sciences ont-elles été construite en dehors d'un investissement des femmes à l'intérieur de celles-ci? Ces questions permettent de mettre en question la construction des recherches et l'idée que celles-ci réussissent à décrire la réalité. La science est une construction qui dépend d'un contexte aussi bien scientifique qui linguistique et politique.

La seconde partie concerne plus spécifiquement les sciences humaines et sociales. Elle est aussi formée de quatre contributions. Ces dernières permettent de mettre en question la naturalisation des catégories sexuées dans différentes sciences sociales. Nicole-Claude Mathieu, par exemple, développe une étude de l'ethnologie et de l'oubli de la construction des genres dans les autres sociétés pour mieux expliquer un éternel féminin universel. Les deux dernières contributions, Anne-Marie Devreux et Ilana Löwy, étudient le célèbre livre de Bourdieu, La domination masculine, et ses effets. Elles considèrent que Bourdieu recrée une invisibilisation du rapport social de domination entre les sexes pour créer des femmes éternellement dépourvues en capitaux. Les femmes, chez Bourdieu, ne servent qu'à légitimer et augmenter les capitaux symboliques des hommes. Mais quid de la domination physique?

La dernière partie examine la biologie. En effet, la biologie est probablement la science qui tente le plus de trouver la nature dans l'humanité. Les trois contributions classées sous cette partie examinent donc comment le sexe et la sexualité ont été construite dans l'histoire de la biologie. La première contribution est malheureusement trop courte et ne fait qu'effleurer la construction de l'homosexualité et de sa naturalité. La seconde et la dernière sont plus développées. Elles permettent de mettre en question la manière dont la science du biologique construit le naturel et réintroduisant une histoire. On y apprend que la question des sexes dans l'hérédité n'est pas simple qu'on ne le croit. Cynthia Kraus, dans la dernière contribution, nous démontre que la construction en deux catégories des sexes humains n'est pas si naturelle que cela. En effet, la biologie montre qu'il est plus compliqué qu'on ne le croit de diviser les humains dans ces deux catégories. Les différentes manières de créer cette division ne sont pas forcément pertinentes et ne se regroupent pas toujours. L'humanité serait donc plus compliquée que cela.

Je le dis tout de suite, ce livre n'est pas le plus passionnant à lire. Certaines contributions sont particulièrement ardue et il m'est arrivé de m'assoupir de temps en temps. Cependant, je ne veux pas dire que les propos développés ne sont pas intéressants. Au contraire, les questions soulevées m'ont permis de me poser de nouvelles questions et de mettre en doutes certaines conceptions que je tirais de mes années d'école. La lecture de ces contributions m'a aussi permis de commencer une réflexion sur le caractère socialement construit du corps. C'est un point qui sera probablement largement combattu car il est difficile d'imaginer que le corps puisse être construit. pourtant, notre rapport à notre corps et à la manière de vivre à l'intérieur de celui-ci change selon e contexte historique et culturel. Cela peut-il aller plus loin?

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28/11/2012

Les procès de Moscou par Nicolas Werth

Titre : Les procès de Moscou51W4M3A3EWL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA300_SH20_OU08_.jpg
Auteur : Nicolas Werth
Éditeur : Éditions Complexe 1987 et 2006
Pages : 223

Nicolas Werth ne m'est pas totalement inconnu. J'ai déjà lu l'un de ces livres qui regroupaient plusieurs articles de sa part. Il a aussi été l'un des auteurs du fameux Livre noir du Communisme dont il ne soutient pas toutes les conclusions. Nicolas Werth est spécialiste de la répression en URSS. Mon intérêt envers ce type d'histoire ne pouvait donc que me mener en direction de ce petit livre un jour ou l'autre. L'auteur y développe les significations et le déroulement de trois grands procès publics qui ont eu lieu en 1936, 1937 et 1938. Ces procès ont été l'occasion de profondes incompréhension de la part du monde occidental et Werth tente aussi d'en comprendre les raisons. Le livre est divisé en quatre parties.

La première partie est l'occasion, pour l'auteur, de revenir sur les procès eux-même. Qui sont les personnages impliqués et pourquoi sont-ils attaqués devant la justice? Ce bref exposé montre trois procès dont le but semble être essentiellement le spectacle. En effet, les aveux et les accusations s’emboîtent trop parfaitement pour être naturels. Les crimes imputés aux prévenus sont en contradiction bien trop importante avec leur passé pour être réaliste. Pourtant les pays occidentaux ne réussirent pas à mettre en place une critique de ces procès. C'est la question de la seconde partie du livre. Pourquoi la falsification des procès est-elle un impensable lors de leur déroulement? Outre la profonde incompréhension et le manque total d'informations sur l'URSS Nicolas Werth tente de montrer que le contexte joue un rôle important. En effet, il ne faut pas oublier que nous sommes dans une période de plus en plus tendue au niveau international. Les fascistes et les nazis s'agitent un peu partout dans le monde. Dans ce contexte l'URSS montre un exemple de système opposé aux régimes fascistes. Il y a donc trois groupes incapables de penser les procès. Les groupes proches des sphères fascistes ne pensent pas ils condamnent. Nous sommes ici dans un processus idéologique. L'ennemi doit être combattu sur tous les points. Les communistes, eux, ne peuvent pas se diviser face à l'URSS. En effet, comment critiquer le parti mère? Comment critiquer le seul pays à avoir réussi une révolution communiste? Les partis communistes sont donc tout autant incapable de penser les procès pour des raisons idéologiques. Reste les groupes de gauche radicale non communistes et les démocrates. Ces groupes ne veulent tout simplement pas diviser la lutte face au fascisme. C'est ce dernier qui est l'ennemi à combattre et toutes formes de divisions ne peut que lui être favorable.

La troisième partie s'intéresse aux raisons internes des procès. Car des événements si fortement mis en scène ont forcément un but. Quel est-il? Pour le comprendre Werth s'intéresse au contexte économique et politique de l'URSS durant la période de l'entre-deux guerre. Le pays se trouve en pleine transformation. L'industrialisation et la croissante extrêmement forte que souhaite Staline et donc le parti sont critiqués mais, surtout, e fonctionne pas. Le pays est durablement déstabilisé économiquement. C'est dans ce contexte que se préparent et s'inscrivent les purges successives initiées par Staline contre les petits dirigeants. Mais celle-ci ne peuvent que déstabiliser encore plus le pays. Alors qui sont les coupables? La mise en place de procès qui crée un complot à l'échelle nationale permet de mettre en place des ennemis. Il devient nécessaire de surveiller ses voisins et de dénoncer les ennemis qui se sont infiltrés dans tout l'appareil du partis et du pays. Car c'est à cause d'eux que le plan stalinien n'atteint pas son but. Ce complot est matérialisé par des catégories de personnes et par les inculpés de trois grands procès de 1936 à 1938. Enfin, dans une dernière partie, Nicolas Werth tente de comprendre pourquoi et comment les accusés ont avoué. Il met en évidence un long processus de défaite de la part de ces personnes. Il pense qu'il y a probablement aussi un processus de "complot" entre le juge et le jugé. L'un accepte de se calomnier en échange de quelque chose d'autre. Une autre explication concerne aussi le besoin, pour ces personnes, de rester dans le parti pour lequel ils ont lutté toute leur vie.

Au final que penser de ce livre? À mon avis, c'est une intéressante synthèse des différents travaux qui étudient cette période. Nicolas Werth permet au lecteur de se faire une idée claire des raisons du procès mais aussi de leur effet aussi bien en URSS qu'en occident. On peut déplorer des passages rapides sur certains points et un manque d'informations sur d'autres. Les lecteurs qui, comme moi, ne sont pas familier des querelles idéologiques des dirigeants élevés de l'URSS risquent de passer à coté de certaines explications. Mais un exercice de synthèse implique nécessairement ce type de manques. J'ai aussi beaucoup apprécié les annexes. Celles-ci sont constituées d'extraits de sources. Leur lecture permet donc d'entrer de manière plus intime dans la période et dans l'esprit de ceux qui les ont rédigés. Au final, un livre synthétique agréable à lire et intéressant.

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09:56 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : moscou, procès, urss, staline | | | |  Facebook

24/11/2012

Pester Power par Cory Doctorow

Titre : Pester Power
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur

"Et si". C'est un peu de cette manière que Doctorow construit ses histoires. Dans le cas présent cette (très) courte nouvelle pose la question: Et si on tentait de créer une Intelligence Artificielle? Comment si prendrait-on? Quelles seraient les conséquences? Doctorow nous montre le procès d'une femme accusée de spamming. Mais derrière cette accusation se cache un problème plus important. En effet, pourquoi mettre une jeune étudiante spammeuse dans un quartier de haute sécurité? Pourquoi le DHS (Department of Homeland Security) tente de l'extrader dans des prisons secrètes? Peut-être y a-t-il plus derrière cette affaire que son avocate ne le pense. Et si elle avait créé une AI?

Comme souvent Doctorow me frustre dans cette nouvelle. Il commence par décrire un problème intéressant puis il passe rapidement sur le contexte et ne termine pas l'histoire. Je crois que c'est la raison principale qui explique pourquoi je ne sais pas encore si j'apprécie vraiment Doctorow. Je déteste qu'on m'offre une idée d'histoire exaltante pour me laisser sur ma faim. C'est la raison pour laquelle je ne sais souvent pas vraiment comment commenter les nouvelles de Doctorow. Il ne développe pas assez ses histoires pour que je puisse mettre en place un commentaire un peu plus intéressant. Néanmoins, je trouve que l'idée que les AI puissent être dérivées des spams est intéressantes. En effet, ces robots fonctionnent automatiquement pour passer outre des barrières de plus en plus compliquées. Et si une forme d'intelligence s'y développait?

10:27 Écrit par Hassan dans contemporain, Cory Doctorow, Politique, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ai, doctorow, spam | | | |  Facebook

"J'accuse" par Emile Zola

Titre : "J'accuse"arton90.jpg
Auteur : Emile Zola
Éditeur : Éditions de Londres
Pages : 24

Voici, peut être, le texte politique le plus célèbre de France. La lettre ouverte qui devint le symbole d'une erreur judiciaire et d'un combat antisémite violent. L'affaire Dreyfus a pris une telle importance que personne, à ma connaissance, n'en a jamais entendu parler. Dreyfus est un capitaine de l'armée française dont le tort a été d'être juif. Alors que l'armée cherche un traitre dans ses rangs elle croit l'avoir trouvé en la personne de Dreyfus. Mais les preuves sont loin d'être convaincantes et les discours antisémites se sont multipliés. C'est aussi une affaire qui a vu les intellectuels français, de gauche comme de droite, multiplier les prises de positions en faveurs ou contre Dreyfus.

Zola, dans cette célèbre lettre, prend brutalement position pour le capitaine. Il tente de comprendre et d'illustrer comment cette erreur judiciaire s'est constituée. Il pense que la principale cause se trouve dans la personne chargée de faire l'enquête et de faire condamner Dreyfus. Cet homme aurait créé une affaire en laissant son imagination vagabonder et il aurait, par cela, laisser échapper le vrai coupable. Mais les généraux sont aussi coupables par leur inaction et leur refus d'innocenter un homme quand les preuves ne pouvaient que mener à cette conclusion. Zola y fait aussi une prophétie: l'affaire Dreyfus sera une tâche indélébile sur l'histoire de la troisième république française. Il avait raison.

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23/11/2012

De l'horrible danger de la lecture par Voltaire

Titre : De l'horrible danger de la lecturearton221.jpg
Auteur : Voltaire
Éditeur : Éditions de Londres
Pages : 16

Voici un très court texte écrit par Voltaire en 1765. Il décrit une décision d'un fonctionnaire de l'Empire Ottoman suite à la découverte de l'imprimerie. Les décisions sont radicales. L’imprimerie est fortement condamnée à cause de sa capacité à faire circuler et à diffuser des idées qui pourraient ne pas être en accord avec les théories officielles. Comme toujours, quand un auteur du XVIIIe parle de l'Empire Ottoman il veut parler de la France.

Mais ce qui est intéressant, mis à part le texte lui-même, c'est la raison pour laquelle les Éditions de Londres ont édité, et fournissent gratuitement, un si petit texte? Cette maison d'édition publie seulement des livres numériques. Il y a de nombreux débats sur ce mode de lecture. Certains ont peur pour la culture. D'autres ont peur pour les auteurs. Et enfin on peut avoir un certain scepticisme face à ce changement de support. Le papier n'est-il pas beaucoup plus agréable? Ces critiques mènent à dénier tout caractère de lecture au support numérique quand on décide d'atteindre la plus extrême des pensées.

Mais ce que le livre numérique offre, et les Éditions de Londres le disent aussi, c'est la possibilité de diffuser de manière large et rapide des ouvrages et des idées. La connaissance peut atteindre des individus qui ne sont pas les cibles habituelles des éditeurs. C'est, d'ailleurs, aussi l'un des arguments de Doctorow.

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13:48 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, moderne, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lecture, diffusion | | | |  Facebook

17/11/2012

Power Punctuation par Cory Doctorow

Titre : Power punctuation
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur

Nous sommes quelques années après notre époque. Un jeune homme travaille dans une grande compagnie responsable de la gestion des déchets papiers de nombreuses entreprises. Elle doit en disposer avec sureté et confidentialité. Ce jeune homme, Jap, est un employé consciencieux. Il est l'un des meilleurs et reçoit de nombreux avis positifs sur son travail. Mais un jour il surprend son collègue en train de lire un document. Est-ce un espion? Il a tout de suite la certitude. Mais c'est pire. Cet homme est le fondateur de l'entreprise dont il garde la charge. Et après avoir vu le travail de Jap il décide de le prendre sous son aile et de lui offrir une promotion. Mais pourquoi?

Cette nouvelle est bien plus intéressante que la précédente. Elle offre de nombreux thèmes à une analyse possible. Je me contenterais de les présenter. Le premier thème est Big Brother. Jap vit dans une entreprise qui contrôle sa vie du début à la fin. Il possède une montre qui lui offre des feedbacks sur son comportement au travail et dans sa vie personnelle. Cette montre contrôle donc tous les aspects de sa vie en lui ordonnant quoi faire à quel moment. Ce contrôle s'inscrit dans le comportement de Jap qui cherche l'approbation de cette machine. Accepterait-on si facilement un tel envahissement de notre espace privé? Je pense qu'il ne faudrait pas longtemps pour que cela soit le cas. Pour que l'on perde le contrôle de la technologie et qu'elle nous contrôle. Le second thème concerne le pouvoir. Dans cette histoire certains hommes ont énormément de pouvoir. Ils peuvent tout savoir sur vos activités et votre histoire intime. Ils peuvent influer sur vos salaires et bonus ainsi que votre carrière. Que cela fait-il de se trouver avec autant de pouvoir dans les mains? Une sensation de puissance probablement. Mais quand vos décisions peuvent tuer est-ce si facile d'avoir ce pouvoir? C'est une question intéressante que développe Doctorow ici.

Pourquoi sommes-nous anarchistes? par Elisée Reclus

Titre : Pourquoi sommes-nous anarchistes?
Auteur : Elisée Reclus
Éditeur : Éditions de Londres
Pages : 13

Ce texte est très court. Si on ne prend pas en compte la préface et la notice biographique il fait moins de 5 pages. Nous n'y trouverons donc pas un examen argumenté de l'anarchisme et de ses buts. Non, ce que nous offre Reclus n'est même pas un programme. C'est une réponse à une question. Cette réponse ne peut pas être considérée comme un appel à tous les anarchistes de suivre son idée. Alors pourquoi être anarchiste? Parce que nous sommes révoltés? Parce que nous sommes jeunes? Parce que nous n'aimons pas l'état? C'est plus compliqué que cela. Nous sommes anarchistes parce que nous souhaitons la justice. Nous vivons dans un monde qui n'est pas égalitaire ni juste. De nombreux arguments peuvent soutenir cette thèse. L'anarchisme c'est vouloir créer un monde égalitaire et juste dans lequel la liberté est donnée à chacun. Mais doit-on attendre? Reclus pense que la société se dirige, évolue, vers un changement de paradigme. Cependant, le changement devra se faire par une révolution et non par l'attente longue. Bref, être anarchiste c'est être en lutte pour l'humanité. Du moins si on décide de suivre Reclus.

Alors que penser de ce très court texte? On retrouve certaines idées phares de Reclus cependant ce ne sera pas le texte le plus intéressant de vos lectures. C'est surtout une profession de foi. Elisée Reclus nous annonce croire en l'anarchisme et en son programme. Il explique pourquoi il suit cette doctrine mais il n'examine ni la doctrine même ni sa faisabilité. Bref, un texte court mais intense qui ne convaincra que les convaincus. Et parfois il le faut. Mais d'autres souhaiterons peut-être avoir un texte plus substantiel pour comprendre l'anarchisme. Quel quel soit la position idéologique de cette personne.

Image: Éditeur

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Liberation Spectrum par Cory Doctorow

Titre : Liberation Spectrum

Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur

Un bus roule au Canada. Peut.être que ce sont des campeurs? des touristes venus voir le beau paysage canadien? L'envie de quitter l'atmosphère étouffante des villes pour un peu de campagne? Non, c'est un bus qui conduit le CEO d'une entreprise et ses investisseurs en dehors du Canada après une campagne désastreuse. Cette entreprise n'est pas tout a fait la même que celles à laquelle nous sommes habitués. Son but est de vendre une radio intelligente permettant le transfert rapide et gratuit de données. Mais que risque-t-il de se passer quand ce sont des amérindiens qui décident de mettre en place ce réseau sur leur territoire? Des tensions sont à attendre. Et que se passe-t-il quand le CEO et fondateur risque de se faire évincer? La encore, des tensions risquent de se montrer.

Cette nouvelle est probablement l'une des moins intéressantes à ce jour. On y trouve de la technologie et des luttes sociales comme c'est souvent le cas avec Doctorow. Mais l'histoire est de plus décousue. On ne comprend pas vraiment ce que fait ce CEO dans ce bus qu'il semble tant aimer. On ne sait pas vraiment quelle est l'entreprise avant un certain nombre de pages. Plus important encore, cette histoire me semble largement inachevée. Qu'est-il arrivé aux amérindiens? Pourquoi les autorités n'apprécient-ils pas la technologie mise en place dans leur territoire? Il y a de nombreux sous-entendus mais rien de certain. Bref, cette nouvelle me laisse un goût d'inachevé alors qu'elle aurait pu être intéressante.

09:49 Écrit par Hassan dans contemporain, Cory Doctorow, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow | | | |  Facebook

16/11/2012

L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique par Elisée Reclus

Titre : L’évolution, la révolution et l’idéal anarchiquethumbnail.png
Auteur : Elisée Reclus
Éditeur : Efele
Pages : 106

Je continue avec Elisée Reclus. Cette fois je me suis intéressé à un texte un peu plus long que d'habitude puisqu'il fait 100 pages. Le livre a été originalement publié en 1902 soit peu de temps avant la mort d'Elisée Reclus. Quel est le discours de l'auteur? Le titre du livre permet déjà d'en savoir un peu puisqu'il sera développé dans le livre. Celui-ci permet à Reclus de faire une analyse des termes évolutions et révolutions mais surtout d'expliquer en quoi ceux-ci s'appliquent au mouvement de luttes des travailleurs vers un système anarchiste?

Pour Reclus l'évolution et la révolution sont deux aspects d'un même processus. La différence qui existe entre eux consiste surtout de la condamnation morale qui est faites des révolutions et du temps impliqué. L'évolution serait acceptée et plus lente que la révolution qui est, elle, particulièrement condamnée. Mais surtout, la révolution étant une forme d'évolution elle est inévitable. Tous les événements du monde amènerait une révolution nécessaire et proche. Mais quels sont les forces capables de mettre en place cette révolution? Selon Reclus on ne doit pas croire les élites ou les personnes qui souhaitent mettre en place un système politique possédant une autorité. Ceux-ci seront nécessairement corrompus. Reclus développe aussi une analyse des institutions. Selon lui, et il rejoint en cela certains sociologues plus tardifs, les institutions évoluent aussi mais vers une direction de plus en plus mauvaise. Selon l'auteur les institutions et ceux qui y travaillent deviennent rapidement des parasites qui ne peuvent structurellement pas se remettre en cause. C'est donc une force de réaction. Enfin, Reclus tente de faire le bilan des dernières luttes et de leurs réussites et échecs. Au final nous avons un livre qui développe une vision globale intéressante des luttes sociales de son époque.

Image: Éditeur

17:15 Écrit par Hassan dans anarchisme, contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anarchisme, reclus | | | |  Facebook

15/11/2012

Argo

Nous avons la chance d'avoir eu deux semaines avec des sorties de très bon films (et non je ne parle pas de Twillight! Si vous aimez Twillight sortez d'ici et ne revenez jamais sauf pour faire de plates excuses à l'humanité et à la littérature!). Ces deux films sont Looper et Argo. Je vais commencer par présenter, du mieux que je le peux, ce dernier film. Je parlerais donc de Looper plus tard.

L'intrigue du film prend place dans les années 70 alors que l'Iran s'est débarrassé du Shah qui s'est lui-même réfugié aux USA. Ce statut a le don d'énerver considérablement le peuple d'un pays qui a souffert la torture et l'oppression d'un tyran mis en place par les forces occidentales pour des raisons bassement économiques. Les iraniens manifestent tous les jours devant l'ambassade des USA qui continue, tant bien que mal, de faire son travail. Mais un jour les choses vont plus mal que prévu et les manifestants force le passage dans l'ambassade. Les employés sont pris en otage et inaugurent une période de forte tension diplomatique. Mais six personnes ont réussi à s'échapper et à se réfugier dans l'ambassade du Canada. Alors que les iraniens tentent de retrouver les traces administratives de tous les employés la CIA essaie de mettre en place un plan pour évacuer ces six personnes. Une idée un peu folle commence à voir le jour. Et si on montait un faux film de science-fiction?

Cardiaques et personnes sujettes aux stress abstenez vous! Ce film magistralement joué et dirigé crée une tension intense chez le spectateur. En fait, il est rare que je ressente aussi fortement une tension quand je regarde un film. Mais avec celui-ci j'ai bien cru m'évanouir plusieurs fois à cause du stress ambiant. Mis à part avoir réussit à nous faire ressentir cette émotion le réalisateur a aussi particulièrement bien mis en place le contexte. Que ce soit en Iran ou l'on ressent très fortement le chaos ambiant et la peur des citoyens face à un nouveau pouvoir qui n'a pas à répondre de ses activités ou à Hollywood et son atmosphère de trahisons et d'artificialité assumée. Le réalisateur a aussi réussit à ajouter de petits cotés comiques dans un sujet dramatique. Cette réunion ou des idées d'exfiltration farfelues sont proposées me restera toujours en mémoire. Mais aussi Hollywood et les répliques qui sont à la limite de la moquerie. Bref, un superbe film. Donc ne perdez pas votre temps à me lire allez plutôt le voir vous ne le regretterez pas!

Image: Allociné

Site officiel

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12:11 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : iran, otages, histoire | | | |  Facebook

11/11/2012

Human readable par Cory Doctorow

Titre : Human readable
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur

Deux amoureux dans une voiture. Le trafic se fait dense et aucun des deux ne sait ou se diriger alors que toute la famille attend de l'autre coté de la ville. Ça ressemble à une histoire vécue non? La différence c'est que nous nous trouvons près de 20 ans dans le futur. L'industrie qui se basait sur le copyright est morte. Le réseau internet est devenu bien plus étendu depuis qu'une nouvelle forme de code est mise en place. Mais le monde commence à connaître des pertes de réseau catastrophiques. Car dans un monde ou le réseau se trouve partout et sur lequel nous avons appris à nous appuyer son absence ne peut que mener à des morts. Il est donc nécessaire de le réformer pour que l'humanité puisse comprendre comment fonctionne le réseau.

Cette nouvelle pose une question importante. Comment créer un réseau efficace tout en réussissant à le rendre compréhensible pour l'être humain dans un but démocratique. C'est un problème difficile à répondre. D'un coté nous avons la demande d'un réseau automatique capable de se gérer seul et de créer des informations sans activités humaines. De l'autre nous avons les normes que la démocratie est censée posséder. Le droit pour chacun de savoir qu'il possède un usage égale du réseau pour ses activités. Qu'il n'est pas volontairement censuré dans l'usage des outils de communications. Et que chaque individus a le droit à avoir un intervenant humain en face de lui en cas de poursuites judiciaires plutôt qu'une intervention informatique automatique. Cette nouvelle tente de relier les deux positions en dépeignant une bataille juridique entre deux lobbyistes devant le système politique américain.

10/11/2012

La peine de mort par Elisée Reclus

Titre : La peine de mortarton80-f9695.jpg
Auteur : Elisée Reclus
Éditeur : Éditions de Londres
Pages : 17

Un petit texte gratuit qui a été prononcé à Genève devant le parlement en 1879. Il semblerait que Genève se posait la question de rétablir la peine de mort alors qu'elle avait été abolie. Je ne sais pas comment Elisée Reclus a été invité mais il a pu donner ses impressions devant les députés. Comment Reclus considère la peine de mort? Il pense que celle-ci est une vengeance sur les pauvres. En effet, qui met en place cette mesure? Principalement des princes tyranniques qui refusent le droit à la parole libre et qui haïssent les crimes portés contre leur personne. Les crimes privés, eux, seraient punis bien moins sévèrement. Mais se poser la question de la punition du crime demande nécessairement de se poser la question de l'origine du crime. Ici Reclus répond comme l'homme de gauche qu'il est. Avant de vouloir punir un homme ou une femme pour leurs crimes il faut aussi examiner la manière dont la société les a traité. Est-ce que chacun a eu une chance égale au début de sa vie? Ou est-ce que la misère les as poussé au crime? Reclus pense que la criminalité n'existera pas dans un monde anarchiste. Ou, du moins, que ceux que nous nommons criminels seront soit soignés soit employés comme héros dans des lieux difficiles.

La peine de mort est un sujet qui revient souvent sur la table. De nombreux pays continuent de la pratiquer et, de temps en temps, un projet plus ou moins avancé vise à son retour. On a tous entendu parler de personnes dont les crimes particulièrement atroces peuvent justifier la mort. Mais est-ce le rôle de la société via ses organes de justice de donner la mort? Personnellement je pense que non car je considère que la justice n'a pas comme mission de venger. Mais je sais aussi comment je réagirais si je me trouvais face à certaines personnes... La réponse de Reclus envers le crime est plus difficile à accepter. L'auteur a une vision très utopiste de la criminalité. Bien que je soies tout a fait d'accord qu'il existe des facteurs socio-économiques qui expliquent la criminalité et qu'il est légitime d'agir sur eux je sais qu'il y a une autre composante importante. Au final nous sommes des êtres humains. Même si le contexte socio-économique a une influence sur nous il ne faut pas oublier qu'en dernier lieu il y a un choix. Celui-ci peut être plus ou moins contraint mais reste un choix. Considérer que c'est la société qui crée le crime est à la fois vrai et utopiste. Oui certains crimes sont nés par un choix social (je pense par exemple aux lourdes peines qui attendent les "pirates" dans certains pays) mais d'autres sont une violation des droits fondamentaux des êtres humains concernant leur intégrité psychologique et corporelle.

Image: Éditeur

Scroogled par Cory Doctorow

Titre : Scroogled
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur

Un homme rentre de vacances. Comme tout le monde il attend de passer les tests de sécurité à l'aéroport. Mais ceux-ci prennent plus de temps que d'habitude. Que se passe-t-il? Il semblerait, si les personnes qui se trouvent devant lui ont raison, que les procédures de sécurité aient changé. Maintenant les employés lisent très attentivement les profils google des voyageurs pour trouver des anomalies ou des suspects. Le profil de Greg n'était pas très clair il est envoyé dans une salle d’interrogation et apprend qu'il est maintenant devenu une personne d'intérêt surveillée et fichée de manière permanente. Mais que s'est-il passé?

Je l'ai déjà dit, Doctorow est très bon quand il faut parler des problèmes de surveillance. Ici il a décidé de s'intéresser plus spécifiquement à Google. Vous avez tous entendu de google. Mais il est rare que l'on se rende compte à quel point cette entreprise est puissante. Google se trouve partout. L'entreprise peut analyser vos mails, analyser vos recherches, suivre vos activités sociales, ... Même facebook est moins présent que google sur internet (je vous conseille d'utiliser ghostery c'est impressionnant google est vraiment partout). Google reçoit et analyse une masse énorme d'informations. Mais alors que se passerait-il si l'entreprise abandonnait sa volonté de ne rien faire de mal et décidait de se mettre à surveiller les personnes et à offrir les analyses au monde entier? C'est ce que Doctorow tente de montrer dans cette nouvelle.

La première chose à en sortir c'est que google ne le ferait pas sans que cela implique une quantité considérable d'argent. Et c'est bien le problème puisque la surveillance est un secteur de plus en plus florissant. Le second point important de ce texte c'est la manière dont google pourrait surveiller les individus. Doctorow montre bien que celle-ci se ferait selon une déviation face à une norme statistique. Et cette déviation permettrait ensuite de vérifier de manière plus scrupuleuse des personnes directement ciblées. Doctorow montre ensuite que cette surveillance par google permettrait aussi, et surtout, de montrer que nous sommes tous des criminels. Chacun de nous avons un lien avec des activités illégales ou qui frôlent avec les limites de la légalité. Peut-être parce que nous sommes proches de personnes qui agissent illégalement? Peut-être aussi parce que les lois ont changé? Simplement une plaisanterie qui peut être mal interprétée? Bref, nous pouvons tous être considéré comme des criminels si une institution décide de s'intéresser plus particulièrement à nous. Enfin, Doctorow montre aussi que cette surveillance permanente et désincarnée impliquera un sentiment de malaise et de faiblesse. Comment se défendre? Essayer d'argumenter contre le système ne pourrait que valider un profil de contestataire qui, ensuite, nous suivrait notre vie entière. Comment se sentir bien quand on a quelqu'un qui observe ce que l'on fait à longueur de temps? Le stress pourrait bien donner des envies de suicides. Mais aussi comment une démocratie pourrait fonctionner si n'importe quel politicien peut voir sa carrière détruite par une entreprise aussi puissante que google? Ce sont des questions extrêmement importantes pour notre futur. Je suis convaincu que nous entrons dans un croisement des chemins. Nous avons le choix d'entrer ou non dans un monde de surveillance massive et de normalisation des personnes. Malheureusement les voix critiques sont rares et le processus est déjà engagé.

L'anarchisme et l'église par Elisée Reclus

Titre : L'anarchisme et l'église
Auteur : Elisée Reclus
Éditeur : Éditions de Londres
Pages : 24

Je continue à liure Elisée Reclus pour encore un petit moment. Dans ce petit texte Reclus examine les besoins de la lutte contre l'église. Attention, Reclus commence par dire que même si il souhaite une lutte contre l'influence de l'église et qu'il considère qu'un système anarchiste ne peut exister avec une religion il n'appelle ni à la destruction des biens de l'église ni à la haine face aux croyants. Non, il demande deux choses. Tout d'abord, il est nécessaire de baisser drastiquement l'influence de la religion dans la vie des citoyens. Car la religion produit le principe d'autorité. Mais aussi parce que la religion amasse des sommes considérables d'argent qui pourraient être rendus au bien commun. Reclus demande aussi d'éduquer les personnes dans une forme d'esprit critique. Il ne faut pas mettre en place une société construite par une minorité face à une majorité. Au contraire, l'anarchisme implique que tous suivent le mouvement de manière égalitaire. Mais pourquoi est-il nécessaire de supprimer la religion? Selon Reclus celle-ci, est en particulier l’église catholique, seraient enfermés dans une logique de négation du progrès humain. Les églises ne pourraient que demander un retour en arrière vers un système politique déchu. L'église serait incapable de construction.

Les anarchistes classiques ont souvent une réputation d'anti-cléricalisme extrême. Il est vrai que l'anarchisme ne fonctionne pas vraiment bien avec l'idée de religion. Car la religion a tendance à mettre en place un ordre du monde particulier basé sur des considérations morales construitent durant l'histoire. Cependant, cela ne veut pas dire qu'être anarchiste implique de haïr les hommes d'église. Reclus montre bien qu'il est contre tout idée de haine et de vengeance. Il souhaite une éducation. Et l'effet est très différent. Reclus n'est donc pas l'un de ces anarchistes fondamentalement opposés à toute idée de croyance. Ce qui ne l'empêche pas de pointer du doigt les inadéquations de l'église officielle et son manque de capacités à se réformer et à accepter les changements de la société. Reclus aurait presque pu écrire un essai sur la décadence inévitable de la croyance. Mais aurait-il eu raison? Croire est-il véritablement mauvais?

Image: Éditeur

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Other People's money par Cory Doctorow

Titre : Other People's money
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur

Que se passe-t-il quand des investisseurs n'arrivent pas à donner leur argent à de petits entrepreneurs qui n'ont en pas besoin? 2027 un homme tente de convaincre une femme de recevoir son argent pour augmenter son entreprise. Cette femme refuse et tente d'expliquer pourquoi. Pour cela elle doit résumer sa vie. En effet, Gretl connaît bien les investisseurs. Elle a souvent dû leur vendre des projets novateurs sans pour autant être écoutée. Et, avec le temps, elle a compris quelque chose. En expliquant son refus c'est ce qu'elle a compris qu'elle tente de transférer au jeune investisseur.

Cory Doctorow parle un peu de la même chose dont il a parlé dans Makers. Mais dans cette histoire nous n'avons pas besoin de lire 400 pages peu intéressantes. Il semble que Doctorow considère qu'il y a un problème avec les investissements importants. Commencer une entreprise, pour l'auteur, est facile. Mais les investisseurs offrent des sommes d'argent considérables qui sont difficilement convertibles en gros bénéfices pour plusieurs raisons. L'une d'elles c'est le problème de la bureaucratie. Alors qu'il est beaucoup plus simplement de multiplier de petites sommes. Dans cette histoire Gretl possède une entreprise florissante. Pourtant elle refuse de faire de la pub et d'augmenter sa taille. Outre la raison précédente l'explication tient aussi au coût très modique de sa matière première. Elle n'a tout simplement pas besoin d'autant d'argent. Il est intéressant de savoir que cette nouvelle a été publiée dans Forbes.

L'anarchie par Elisée Reclus

Titre : L'anarchiearton79-f005e.jpg
Auteur : Elisée Reclus
Éditeur : Éditions de Londres
Pages : 25

Après l'énorme déception que fut Proudhon j’espérais apprécier Elisée Reclus. Ce dernier est un anarchiste français du XIXe siècle mort en 1905. Il voyagea énormément et participa à la Commune. La préface des éditions de Londres nous apprend que ce discours a été prononcé en 1984 devant la loge maçonnique de Bruxelles. Reclus y développe son idée de la mission de l'anarchisme. La première chose que dit Reclus c'est que l'idée d'anarchisme est ancienne. Elle n'est théorisée que depuis peu mais des groupes et des sociétés plus ou moins anarchistes se sont constitués depuis toujours. Même dans la société industrielle de l'époque de Reclus il existait des groupes plus ou moins bien constitué en fonctionnement anarchiste. Mais quel est le but de cette doctrine? Réussir à trouver la liberté pour l'être humain. Reclus accepte et comprend que ce but n'est pas uniquement dans l'anarchisme. De nombreux autres groupes politiques ou non tentent d'offrir la liberté à l'être humain. Quelle est donc la différence? Elle est simple, l'anarchisme cherche la liberté par l'absence d'une autorité alors que ces autres groupes tentent de mettre en place une autre autorité. Voici, en peu de mots, un résumé de ce discours.

Bon, nous ne sommes pas en face du même type de discours (Proudhon avait écrit un livre très austère et Reclus fait ici un discours) mais j'ai bien plus apprécié de texte que Qu'est-ce que la propriété. Car ce dernier était surtout une critique économiste sous forme négative. Reclus a écrit un texte oral qui tente de montrer le but fondamental et l'histoire de l'anarchisme. Il tente aussi de montrer sa faisabilité qui, aujourd'hui aussi, est mis en doute. Moi même je doute de la mise en place concrète d'une société anarchiste. Je ne suis pas fortement convaincu par Reclus. Mais il permet au moins de lancer des débuts de réponses pour mettre en place un anarchisme fonctionnel. Il permet aussi de comprendre la différence entre cette doctrine politique et les autres. C'est donc un texte intéressant pour entrer dans les idées anarchistes.

Image: Éditeur

The right book par Cory Doctorow

Titre : The things that make me weak and strange get engineered away
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur

L'avantage et l'inconvénient des nouvelles c'est qu'elles se lisent très rapidement. Celle-ci parle des librairies. La nouvelle se trouve quelque peu dans notre futur. La plupart des petites librairies ont disparu depuis longtemps et il ne reste que de gros magasins. Le héros a ouvert une boutique et refuse de vendre des livres car ce n'est en tout cas pas un business qui permet de vivre. Mais il se met à vendre des livres publiés sur mesure. Ceux-ci sont différents. Car ils sont les avatars physiques d'une histoire en train de se construire en ligne à l'aide de milliers de contributeurs différents. Chaque livre est différent et prend en compte une part différente de l'histoire.

L'inconvénient des nouvelles c'est aussi qu'elles peuvent être difficiles à commenter. Parfois le texte est si court et le corps de l'histoire si peu développé qu'il est difficile de trouver beaucoup à dire. Bien que celle-ci m'ait moins plus que la précédente je ne la trouve de loin pas inintéressante. La question qui se pose est simple. Comment les prochaines générations vont-elles pouvoir tomber amoureux de la lecture si les lieux d'apprentissage et de découverte disparaissent? Peut-être que Doctorow tient une partie de la solution?

08/11/2012

The things that make me weak and strange get engineered away par Cory Doctorow (nous sommes tous coupables)

Titre : The things that make me weak and strange get engineered away
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur
Pages : 37

Je suis enfin de retour dans Doctorow. Bon, il est vrai que le dernier livre que j'avais lu m'avait profondément déçu. Mais à présent je retourne dans l'univers des nouvelles qui ont le mérite d'être courtes si on ne les aime pas. Le héros se trouve dans un monastère nouvelle génération à New York. Ces monastères se dévouent à la contemplation du sois pour comprendre ses erreurs et s'adapter et s'accepter par l'observation mutuelle et intime. Tous les moines de ce monastère publient les informations les concernant et lisent celles des autres. Mais notre héros n'y restera pas longtemps. En effet, en observant un flux de donné écrit par un autre moine il se rend compte qu'il existe une anomalie. Il part donc en quête dans le monde extérieur pour trouver l'explication de cette anomalie.

Je suis vraiment heureux de m'être lancé dans cette nouvelle car on y découvre le danger des technologies dites de sécurité. Un danger qui n'est encore que peu analysé. Souvent les mises en garde sont évacuées d'un trait d'esprit consistant soit en arguant du danger soit par cette phrase si commune mais si inquiétante "Mais enfin si vous n'avez rien à cacher vous n'avez rien à craindre!". Ce genre d'arguments laisse de coté le point le plus important. Il ne s'agit pas d'avoir quelque chose à cacher. Il s'agit d'avoir le droit de cacher, d'avoir le choix. Celui-ci est d'autant plus important que l'être humain a besoin d'un minimum de vie privée pour se construire et pour vivre (imaginez devoir aller aux toilettes alors que des caméras sont braquées sur vous!).

Le monde que Doctorow décrit dans cette nouvelle est un monde de surveillance totale. Celle-ci se forme aussi bien par des personnes, la securitat, qui est lourdement armée et dont les droits semblent n'être contrebalancée par presque aucun devoirs. Mais aussi des processus automatiques de gestions, d'analyse et de captation de données. Tout, dans ce monde, demande à l'individu de justifier son activité. Refuser de justifier ou se protéger contre une telle invasion est suspect. Mais ce monde de surveillance totale est encore pire qu'on ne le croit. Outre les technologies de surveillances le sens de la culpabilité a changé. Nous considérons tous que l'idée de l'innocence jusqu'à la preuve du contraire est acquise. Mais que se passe-t-il quand c'est la culpabilité qui est acquise jusqu'à preuve du contraire? Les technologies et les services de surveillances commencent à considérer la population comme fondamentalement criminelle, à traiter tout individus comme un criminel. À partir de la nous devenons tous coupable de quelque chose et il suffit d'examiner le passé de quelqu'un pour justifier une arrestation. Voila ce que montre Doctorow. Un futur qui est possible et contre lequel il faut lutter.

07/11/2012

Qu'est-ce que la propriété? Par Pierre-Joseph Proudhon

Titre : Qu'est-ce-que la propriété?
Auteur : Pierre-Joseph Proudhon
Éditeur : Livres et Ebooks
Pages : 305

Avec mon petit tour des auteurs anarchistes classiques il fallait bien que je passe par Proudhon un jour ou l'autre. Son livre célèbre Qu'est-ce-que la propriété ne pouvait pas non plus rester longtemps en dehors de ma bibliothèque. De quoi parle-t-il? Proudhon tente d'y examiner le droit de propriété pour prouver que celui-ci se base sur un faux postulat. Ce n'est pas pour rien que le livre commence sur cette phrase: La propriété c'est le vol. Mais pourquoi est-ce du vol? En examinant la société et la manière dont la propriété est conservée ou modifiée Proudhon tente de montrer que celle-ci n'est pas possible. En effet, la propriété est incompatible avec le concept d'égalité et de justice puisqu'elle implique une forme d'inégalité et d'injustice. Si la société tente de corriger ces deux points pour les atteindre alors la propriété est mise à mal. Dans le cas contraire c'est la société qui est mise à mal.

Normalement je continuerais de présenter ce texte sur un ou deux paragraphes mais je ne le ferais pas aujourd'hui pour une raison simple: j'ai détesté ce livre. Pas parce que Proudhon est misogyne (cet aspect n’apparaît qu'à une occurrence dans ce livre) mais parce que je n'aime pas le style de Proudhon. Celui-ci me semble poussif et j'ai éprouvé beaucoup de difficultés à lire. Je n'ai pas aimé ce livre aussi parce que les thèses de Proudhon me semblent très peu convaincantes. Je pouvais accepter les idées des auteurs précédents avec une forme d'esprit critique. Mais Proudhon ne me donne pas des idées que j'arrive à accepter. Je trouve que son argumentation est peu maîtrisée et consiste principalement à utiliser les économistes pour mieux détruire leurs propres argumentaires plutôt que de développer des idées personnelles. J'avoue volontiers pouvoir avoir tort. Mais je ne veux plus lire du Proudhon. Je lirais, par contre, les idées d’Élisée Reclus prochainement.

08:57 Écrit par Hassan dans anarchisme, contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |  Facebook

23/10/2012

Makers par Cory Doctorow

Titre : Makers
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur
Pages : 410

Je pensais lire mon avant dernier Doctorow quand il publia un nouveau livre. Je parlerais de celui-ci plus tard mais j'ai trouvé ça très frustrant. On devrait interdire aux auteurs d'écrire quand on les lit. Makers nous emmène en Floride. Un magnat de l'industrie vient d'acheter deux énormes groupes aux modèles anachroniques: Kodak et Duracell. Ce qui attire l'attention des médias n'est pas l'achat mais la proposition du nouveau propriétaire. Il souhaite détruire les deux entreprises pour n'utiliser que leur réseau. Ce réseau serait nourri par les inventions de petits groupes d'entrepreneurs secondé par un manager qui créeraient et vendraient de nouvelles inventions à un rythme effarant. Le monde entier hurle à l'impossible mais une journaliste voit une histoire voir une révolution. Elle décide donc de suivre l'un de ces groupes et tombe amoureux de cette nouvelle manière de travailler et de créer qui implique une remise en question au jour le jour et de nouvelles inventions tous les 6 mois pour des profits importants. Mais le new work peut-il subsister?

Si seulement! Si seulement me suis-je dit tout au long de ce livre! Si seulement Doctorow s'était contenté d'écrire les 100 premières pages! Je m'explique, le livre est divisé en trois parties. Je n'ai résumé que la première partie et elle est la plus intéressante. Les deux autres s'embourbent dans un retour 15 ans plus tard avec des problèmes de cœur et de lois. Je ne dis pas qu'une histoire qui examine le problème éthique des poursuites pour violation de copyright ou de brevets soit inintéressant. Non c'est la manière dont Doctorow l'écrit qui l'a rendu peu intéressant. Et c'est dommage car les 100 premières pages sont magnifiques. Ces 100 pages décrivent un monde sur le point de tomber en ruine à cause d'une crise économique grave. Décrire un petit groupe qui réussit à survivre et même à relancer partiellement une économie locale et nationale est superbe. Ces pages sont remplies d'exaltation malgré les problèmes rencontrés. Le reste du livre est une sorte de mélancolie longue et lente qui ne m'a donné envie que de fermer le livre. J'ai tout de même résisté mais difficilement.

18/10/2012

Le magasin des suicides: des prix mortels.

Je le confesse dès maintenant, je n'ai pas lu le roman. Je ne pourrais donc pas comparer l'adaptation au livre original et montrer les incohérences. Maintenant que cela est dit quelle est l'histoire de ce film? Nous sommes en France. La crise touche tous les secteurs et les journaux déplorent le nombre d'optimisme des citoyens. Les visages sont creux et sans expressions, le gris envahit la ville. Un homme tente de traverser la route pour se faire percuter quand un autre le sauve au dernier instant. Une âme charitable qui tente de lui expliquer l'intérêt de la vie? Non, au contraire, il le met en garde contre le suicide sur la voie publique qui est illégale. Il lui propose plutôt de visiter le magasin des suicides qui possède toutes les dernières technologies pour quitter ce monde en paix. Le gérant et sa femme ont deux enfants tout aussi déprimés qu'eux. Mais leur dernier bébé, lui, ne fait que sourire. Alors comment réagir?

J'ai bien aimé ce film mais je n'en garderais pas un grand souvenir. Si on s'intéresse au style j'ai trouvé très intéressant de dépeindre la ville dans des tons de gris. Le seul endroit coloré se trouve être le magasin proprement dit qui, malgré son coté morbide, semble être le seul lieu ou un peu de joie reste. Ce film montre aussi un changement dans les personnages. Chacun d'eux est influencé par la joie de vivre du petit dernier. A tel point qu'ils s’exaspèrent devant quelqu'un d'aussi optimiste alors que le monde semble n'être que douleur. La question centrale est donc de savoir pourquoi la vie vaut la peine d'être subie? La réponse donnée par le film fleure bon l'optimisme et les petits cœurs roses mais ça n'implique pas que le réalisateur ait tort. Au final un film sympathique, drôle et que j'aurais oublié dans une semaine.

Image: Allociné

Site officiel

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10:46 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suicide | | | |  Facebook

04/10/2012

Génération enragée par Jiminy Panoz

Titre : Génération enragée
Auteur : Jiminy Panoz
Éditeur : Walrus
Pages : 38

Nous avons tous entendu parler du livre "Indignez-vous" mais qui a entendu parler du livre de Jiminy Panoz? Ce n'était pas mon cas mais la couverture et le prix du livre m'ont convaincu que je pourrais essayer. Jiminy Panoz est un jeune auteur français qui tente d'écrire des livres utilisant les nombreuses nouvelles possibilités des tablettes. Ce n'est pas simple puisque nous ne savons pas encore qu'elles sont ces possibilités et les éditeurs ont tendance à être un peu frileux avec les nouveautés. Ce petit livre n'est pas un roman mais une sorte d'essai. Panoz tente d'y décrire l'état de toute une génération face au monde actuel. Une génération principalement d'origine française mais qui pourrait être mis en parallèle avec d'autres pays. C'est un cri. Panoz hurle la frustration d'une génération entière face au monde actuel. Tout y passe. Aussi bien l'économie que la culture ou encore le système scolaire. Ce que Panoz dénonce c'est un système qui brise les espérances et laisse sur le carreau des hordes de jeunes en vertu de leur prétendue incapacité à travailler ou de leur manque d'expérience. Une forme d’hypocrisie massive du chômage et des stages non-rémunérés dans un contexte économique difficile face à des entreprises qui font du profit en licenciant. C'est un cri de colère.

Faut-il conseiller la lecture de ce livre? Je connais beaucoup de personnes qui pourraient se retrouver dans les descriptions de Panoz. Bien qu'il ait le mérite de mettre le doigt ou ça fait mal il manque tout de même quelque chose à ce livre pour en faire un essai réussi. Que je me fasse comprendre. J'ai parfaitement conscience que le but de Panoz n'est pas décrire un essai scientifique des causes et effets  de la perte de confiance envers leur avenir des jeunes mais de dénoncer. Cependant, quand je lis un livre qui dénonce le système politico-économique je demande un peu plus qu'un simple cri de révolte aussi justifié soit-il. Panoz manque le coche en n'offrant pas de réflexions sur de possibles solutions. Personne ne demande à un auteur critique de donner l'idée parfaite qui lui offrira le prix nobel de la paix. Cependant, je pense qu'il est normal, quand on est critique, d'essayer de trouver une piste de solution. Je ne pense pas cela simplement pour disqualifier, comme si cette simple critique suffisait, le texte de Panoz mais parce que des pistes existent et pourraient donner un regain d'espoir.

Image: Éditeur

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08:07 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : generation y | | | |  Facebook

21/09/2012

Little Brother par Cory Doctorow. Nous sommes tous des terroristes

Titre : Little Brother
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Voir le site de l'auteur
Pages : 306

Wow qu'est-ce que ce livre est bon! Oui je sais je commence fort et il est même très rare que je sois si positif. Mais après avoir lu des histoires que je trouvais moyennes se retrouver dans ce livre que j'ai vraiment apprécié est magnifique. Little Brother est écrit en 2008 par Cory Doctorow. On y retrouve ses thèmes de prédilection: sécurité, informatique et liberté. Nous sommes à Los-Angeles et nous suivons les aventures de Marcus jeune ado de 17 ans. Comme tous les ados il lui arrive de ne pas suivre les cours pour jouer ou sortir avec des amis. Ce jours là Marcus souhaite continuer un jeu de rôle et d'énigmes qui prend place à l'intérieur de la ville même. Mais, après avoir rassemblé ses amis, quelque chose d'horrible se passe. La ville est sous attaque terroristes et plusieurs bombes explosent. Alors que les quatre amis cherchent la sécurité ils se font repérer et arrêter par le Département de la Sécurité Intérieure. Les quatre adolescents sont maintenant suspects de terrorisme et il faudra toute l'ingéniosité technologique de Marcus pour réussir à crier la vérité et à reconquérir la liberté

Que se passerait-il si l'arsenal technologique mis en place pour notre sécurité - comme ils disent - serait détourné pour nous contrôler? La liberté existerait-elle encore? Cet arsenal technologique est-il véritablement utile ou ne fait-il que punir les mauvaises personnes? Ce sont les questions que pose Doctorow dans une Uchronie qui pourrait bien être plus réalistes qu'on ne le souhaite. En effet, Doctorow tente de se baser sur des technologies existantes ou prochainement réalisable (je viens de lire, par exemple, que la reconnaissance des mouvements de marche est en cours de mise au point). Beaucoup de personnes pensent que ces technologies ne sont pas dangereuses et qu'ils peuvent laisser les technocrates, les industriels et les politiciens s'en occuper. D'un certain coté ils n'ont pas tort. La technologie n'est pas dangereuse ou mauvaise en soit mais c'est son usage qui peut être dangereux (c'est d'ailleurs un sujet de dissertation classique au gymnase...).

Doctorow nous décrit une ville sous occupations. Les caméras de surveillance sont partout, la police est plus que présente et agit de manière illégale, les citoyens sont surveillés via les puces RFID et les écoles installent des dispositifs de vidéosurveillance dans les salles de cours et animent des leçons de propagandes. Quels sont les points communs? Ce sont la peur et l'étouffement de l'esprit critique. Derrière l'argument classique "les innocents n'ont rien à cacher" on justifie et on se justifie la perte de toute vie privée et de toutes possibilités de critiques. Car comment peut-on critiquer un système destiné à notre sécurité si on ne veut pas aider l'ennemi? Comme je l'ai déjà dit, les technologies existent déjà. Les puces RFID sont partout de la carte d'étudiant à la carte de fidélité. Les caméras sont installées de plus en plus souvent pour un coût énorme sans preuve de leur véritable utilité. Internet peut être surveillé et contrôlé de plus en plus étroitement. Mais ce que montre ce livre c'est aussi que ces technologies de surveillance peuvent être très facilement contournées avec des techniques simples que l'on peut trouver sur google. La question reste: pourquoi payer autant pour des technologies déficientes? Pour le fantôme de sécurité qu'elles nous offrent? Si cette réflexion, nécessaire, de Doctorow sur la surveillance ne suffisait pas il ajoute aussi une histoire à rebondissement avec des personnages que, pour une fois, j'ai apprécié. Je ne peux dire qu'une chose: si vous vous intéressez à la surveillance ou à Doctorow lisez ce livre incontournable puis réfléchissez aux implications.

Lawless: l'histoire de l'homme ours

Je suis allé voir Lawless lundi dernier. La bande annonce m'avait mis l'eau à la bouche. L'histoire est adaptée d'un livre écrit par Matt Bondurant The Wettest County in the World. Qui sont ces Bondurant? Justement ce sont les héros principaux du film. Nous sommes dans les années trente en pleine crise économique. L'une des pires que le monde ait connu. Les États-Unis ont décidé de mettre en place une prohibition sur l'alcool. Comme tout le monde le sait ceci a eu l'effet d'augmenter le crime de manière spectaculaire. Les criminels distillent de l'alcool et le revendent au noir dans des bars illégaux. Les règlements de compte sont légions et des noms se sont hissés au soleil comme celui d'Al Capone. Les Bondurants sont trois frères qui ont chacun survécu à un événement meurtrier sauf le plus jeune. Ensemble ils distillent et distribuent l'alcool à l'intérieur de leur campagne et en direction de la ville. Mais la loi décide d'envoyer un homme pour arrêter ce trafic: Charlie Rakes. Les méthodes de cet homme mettent en question les idées sur le caractère moral de la prohibition. Car qui est le plus corrompu? Le criminel ou l'homme prêt à tout pour les arrêter même au prix d'atrocités?

On va commencer sur du positif avant de partir dans le négatif. Wow c'est superbement joué! Que les paysages sont beaux et la photo magnifique! Oui, les acteurs sont tout simplement géniaux et on sent ici de réels talents. La pellicule réussit aussi à mettre en exergue un superbe pays de montagnes et de forêts. On se perd presque dans les images. Malheureusement ce sont les seuls commentaires positifs que je ferais et, à partir de maintenant, il s'agit d'expliquer pourquoi ce film me pose d'énormes problèmes. Avant de me décider d'écrire cette note j'ai longuement réfléchi et discuté je n'écris donc pas sous le coup de l'émotion mais après une période de réflexion.

Pour expliquer pourquoi je ne peux pas écrire en faveur de ce film je vais présenter les personnages. Le premier est Forrest Bondurant ou l'homme ours. L'ours, pour ne pas le confondre avec humain réel, est le vrai mâle, l'exemple à suivre pour nous pauvres enfants ou hommes efféminés. L'ours ne pleure pas, l'ours n'a pas d'émotions, l'ours ne parle même pas il se contente de grogner de temps en temps. L'ours est maître de lui-même et des autres et rien ne saurait l'arrêter. Trois balles dans le corps ne sont rien pour l'ours que de simples égratignures. L'ours combat et tue sans coup férir car l'ours est un homme un vrai qui sait utiliser une arme. L'ours, vous l'aurez compris, est le mâle par excellence. Du moins c'est ce qu'on voudrait nous faire croire. En effet, le personnage est tellement caricatural qu'il est impossible de ne pas éclater de rire quand il ouvre la bouche pour grogner. Cet homme vivait dans les cavernes il y a 200 000 ans. Lui n'a pas évolué mais nous si. Le second personnage est le mâle bêta ou Howard Bondurant. Ce mâle n'est pas aussi homme que son grand frère mais il a fait la guerre, il est violent et suit les ordres de Forrest à la lettre. C'est la personnification du bon toutou qui obéit quand on dit "attaque!" ou "assit!". Il ne sert donc pas à grand-chose si ce n'est à ronger son os (ou son alcool plutôt). Dans la famille Bondurant je demande maintenant le tout petit frère. Lui n'est pas un homme. Le film fait tout pour nous le faire comprendre. Celui-ci n'est d'ailleurs qu'un prétexte pour montrer la marche vers la masculinité d'un jeune enfant. Jack Bondurant est adulte mais il n'a pas survécu comme ses frères. Il se contente de marcher dans leur ombre et de jouer au mâle. La scène durant laquelle il marche dans les rues avec un costume précédé par une discussion entre les deux autres Bondurant qui se conclut par "il se ballade en portant le costume de papa" est flagrante. Jack joue à être ce qu'il n'est pas selon ses deux frères. Il est faible, il pleure, il parle au lieu de grogner et surtout il en fait trop. Forrest sait se tenir alors que Jack en est incapable comme un enfant qui joue tout de suite après avoir déballé son cadeau au risque de casser ses jouets. Alors comment devient-on adulte? C'est simple: on devient adulte par la capacité de violence. Ce qui compte ce n'est pas d'être capable de violence mais de pouvoir aller jusqu'au bout pour défendre son droit à manger son os. En quelque sorte je pourrais dire que selon ce film être un mâle adulte c'est d’involuer jusqu'au stade de l'animal ie Forrest l'homme ours. Enfin, nous avons Charlie Rakes. Lui non plus n'est pas un vrai mâle. En fait, le réalisateur souhaite qu'on le déteste dès les premières minutes. Il n'a pas la voix grave, il prend soin de lui et il aime avoir son petit confort et sa petite propreté. En somme, c'est un homme efféminé donc pas un mâle. Le film n'est, en quelque sorte, qu'une lutte des mâles contre le psychopathe qui ne ressemble pas à un homme mais à une femme. Un psychopathe qui multiplie les défauts dit féminins (bien entendu je ne crois pas à cela) comme l'hystérie ou l'irrationalité. Sachez le amis mâles: si vous êtes vraiment des hommes vous ne vous doucherez pas et vous grognerez! Il y a encore deux personnages féminins. Mais leur rôle est si minime dans ce film sexiste et violent qu'il est pratiquement impossible d'en parler en détail. Leur seul intérêt est de se faire violer et de demander protection aux vrais mâles ainsi que de préparer la popote de ces messieurs. Bah oui, un mâle peut arracher la tête d’un couguar à main nue mais faire un feu et préparer la viande c'est au-dessus de ses forces!

Voila qui résume mes idées sur ce film. Bien que la photo et le jeu soient magnifiques cela ne cache pas une idéologie sexiste ainsi qu'une apologie de la violence. Ce qui fait le mâle c'est la capacité de tuer les autres mais aussi tout ce qui pourrait être considéré comme féminin dans son caractère. C'est une apologie du mâle à l'ancienne sans sentiments et qui n'hésite pas à se battre. Je préfère les nouveaux modèles de masculinités qui sont non seulement multiples mais qui permettent aussi de se construire en dehors des schémas anciens. On a le droit, en tant qu'homme, d'avoir des sentiments et d'en parler, d'être faible de temps en temps mais aussi de prendre soin de sois. Ce n'est pas honteux c'est ce qui fait de nous des êtres humains évolués capables de choix.

Image: Allociné

Site officiel

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17/09/2012

Le droit à la paresse par Paul Lafargue

Titre : Le droit à la paresse
Auteur : Paul Lafargue
Éditeur : les éditions de Londres
Pages : 49

Souvent, dans les journaux, on lit de nouvelles mesures du gouvernement contre le chômage. On lit des syndicalistes qui conspuent le patronat qui viole le droit au travail de leurs ouvriers. Nous suivons des essayistes qui expliquent pourquoi le travail permet d'augmenter la moralité de la société. Nous lisons des articles sur les « parasites » qui vivent de l'aide sociale et refusent de travailler. Ceci n'est qu'un résumé très simplifié mais il montre que l'un des points essentiels de notre civilisation capitaliste concerne le droit au travail et sa force en tant que vertu. Même les marxistes sont en faveurs du travail.

Et si toutes ces personnes se trompaient? Et si ce n'était pas le droit au travail qu'il faudrait défendre mais le droit à la paresse? C'est la question que pose Paul Lafargue dans ce petit livre. C'est une question que l'on pourrait presque qualifier de provocation. N'est-ce pas le travail qui a permis la croissance et le développement de nos contrées? Sans ce travail ne serions-nous pas encore au temps des cavernes et des chasseurs-cueilleurs? Mais refuser ce livre avec des arguments aussi simples serait une erreur. Que dit Paul Lafargue. En substance il ne dit pas grand-chose de plus que les marxistes classiques. Le travail est une forme d'esclavage. L'ouvrier et l'ouvrière vendent leur corps en échange d'un salaire. Cette force de production est utilisée pour produire de plus en plus ce qui mène la société dans une crise de surproduction. L'un des moyens d'éviter cette crise est d'écouler la production à l'extérieur de l'Europe donc, pour l'époque, les colonies. L'autre moyen serait de surconsommer et seuls les classes aisées en sont capables. Mais Lafargue annonce aussi que le travail, en tant que vertu, est une invention récente. Selon l'auteur les philosophes antiques et les civilisations dites archaïques ou barbares auraient le travail en horreur. Celui-ci serait réservé aux couches les plus basses de la société et les citoyens pouvaient passer leur temps à paresser, boire, manger et créer les œuvres de l'esprit. Le travail ne serait donc qu'un cancer qui détruit l'esprit et le corps. Et notre époque de machines et de productions de plus en plus importante pourrait éviter ces heures longues de travail en le remplaçant par la machinerie et en baissant la production.

J'invite les deux camps qui se constitueront après cette lecture à arrêter de rire ou à ne pas être naïf. Bien entendu cette œuvre est datée et pose des problèmes conceptuels mais cela n’enlève rien à l'intérêt d'une réflexion plus poussée sur le travail. Avons-nous vraiment besoin de travailler autant que nous le faisons? Avons-nous vraiment besoin de produire autant qu'actuellement? Ce sont des questions fondamentales qui méritent plus que d'être évacuées au nom du sacro-saint capitalisme. Cependant, on ne peut pas non plus appliquer les recettes de Lafargue telle quelle. L'auteur est né au XIXe siècle et ne pouvait pas imaginer la société actuelle. Oui nous avons de plus en plus de machines capables d'accomplir des travaux dangereux et pénibles. Mais la mise en place de ces machines implique aussi de nouvelles formes de travail. Lafargue considère aussi que la paresse permet de consommer plus tout en produisant plus par le plein emploi imposé. Mais la consommation à outrance est-elle bénéfique? De nombreuses personnes en doutes et d'autres, tout aussi nombreuses, n'en doutent pas. Par quoi remplacer le travail non-accompli? Lafargue pense à la consommation, à la jouissance de la vie mais aussi à la création intellectuelle. Mais celle-ci n'est pas aussi une forme de travail difficile. Proust n'a pas écrit A la recherche du temps perdu en 30 minutes dans son jardin. Ce livre a probablement demandé un grand effort d'écriture. En conclusion je ne peux que dire que Lafargue ne convainc pas. Cependant il pose des questions importantes qui demanderaient une analyse contemporaine sérieuse. Au lieu de le jeter aux orties avec un petit rire il vaudrait mieux mettre à l'épreuve ces idées et tenter d'observer les conséquences probables que celles-ci soient bénéfiques ou non.

Image: Éditeur

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16:18 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : travail, marxisme, paresse | | | |  Facebook

15/09/2012

On ne peut pas améliorer les prisons par Kropotkine

Titre : On ne peut pas améliorer les prisons
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 28

Voici le dernier texte de Kropotkine que je possède dans ma liseuse. C'est une conférence donnée par l'auteur en 1887. On nous y parle d'un problème récurrent: les prisons. Comment fonctionnent les prisons et sont-elles vraiment le bon moyen d'éviter la criminalité? C'est une question qu'il est légitime de se poser et que Kropotkine n'est pas le seul à avoir étudiée. Mais, en ce moment, nous parlons de lui. Selon l'auteur, qui a passé du temps en prison, celles-ci ne fonctionnent pas. Ce serait des institutions inhumaines qui ne peuvent pas réussir à redonner l'envie de s'intégrer dans la société. Ceci pour plusieurs raisons. La première c'est que le travail qui y est proposé est mal payé. Les prisonniers y sont des employés au rabais qui pratiquent des travaux répétitifs pour un salaire médiocre. La seconde c'est qu'on ne peut pas imaginer une réhabilitation en créant une promiscuité avec d'autres prisonniers. Ceci ne peut que mener à un esprit de corps contre les gardiens et le monde extérieur (gardiens ayant aussi cet esprit de corps) et un apprentissage des méthodes de larcins et de crimes de manière générale. Peut-on réformer la prison? Kropotkine répond par la négative.

Je l'ai dit plus haut, la prison est un problème de réflexion récurrent. Michel Foucault y avait aussi réfléchit tout en étant membre d'un groupe de réflexion et d'étude des prisons françaises. Les prisons ne sont probablement pas la meilleure solution pour s'occuper de la petite criminalité comme un premier vol. Mais alors que faire? C'est la que le bât blesse. Kropotkine ne donne pas véritablement de propositions. Pourrait-on imaginer une extension des jours amendes? Non seulement cela permet de vider des prisons mais aussi d'éviter une forte condamnation pour des premiers condamnés. Cependant, comme nous l'avons vu ces dernières années, les jours-amendes sont à la fois inégalitaires et très peu adaptés à la récidive que, selon certains, elle encourage. Peut-être pourrait-on imaginer un usage plus important de l'assignation à résidence via les bracelets électroniques? Mais il y a des risques de rechigner sur le coût. Il y a aussi encore et toujours les individus particulièrement violents ou dangereux que l'on ne peut pas laisser libres de leurs mouvements. Qu'en faire si nous supprimons la prison? Bref, vous l'aurez compris, c'est un sujet que je considére très difficile et loin d'avoir la solution je ne fais que poser des questions. C'est la principale vertu du texte de Kropotkine que de commencer cette réflexion.

Image: Éditeur

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12:27 Écrit par Hassan dans anarchisme, contemporain, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prison, kropotkine, criminalité | | | |  Facebook

14/09/2012

Le salariat par Kropotkine

Titre : Le salariatarton310.jpg
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 33

Comme récompenser le travail offert à la société ? Plus important, comment peut-on calculer ce travail ? Ce sont les questions posées par Kropotkine face aux propositions collectivistes. Le salaire, comme offre du patron pour un travail donné par l’ouvrier, ne convainc personne. Le salaire ne rembourse par le travail réel de l’ouvrier et peut-être insuffisant pour une vie de base. De plus, l’échelle des salaires basées sur les diplômes ou la hiérarchie est, selon Kropotkine et l’éditeur, une injustice. Non seulement parce que l’école recrée des inégalités sociales précédentes mais aussi parce que, là encore, ce n’est pas l’utilité réelle qui est récompensée. Mais Kropotkine ne croit pas aux recettes des collectivistes qui consiste à régler le salaire sur une échelle du temps de travail pondérée par l’importance sociale de la tâche. Kropotkine met en doute la possibilité de calculer ce salaire. Comme il le dit, est-ce que le charbon qui est tiré de la mine est exclusivement dû au travail des mineurs ou alors de l’ingénieur ou faut-il prendre en compte les ouvriers qui ont construit les routes pour accéder à la mine ? Un salaire n’est donc qu’une mauvaise base de récompense.

Mais peut-on vraiment être convaincu par cette petite brochure tirée de la Conquête du Pain ? Personnellement je ne le suis pas et ceci pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Kropotkine critique mais ne propose rien. Ses critiques sont convaincantes et intéressantes à plusieurs titres mais son propos aurait gagné à être suivi d’une proposition. Celle-ci, même imparfaite, aurait permis un débat plus important en direction d’une autre solution que le collectivisme. Second point qui me pose problème : Kropotkine ne parle pas des femmes. Son texte est exclusivement consacré au travail des hommes. Presque jamais l’auteur ne s’interroge sur le travail dit féminin. Heureusement, nous avons modifié en partie notre fonctionnement depuis l’époque. Mais Kropotkine ne s’intéresse aux femmes que dans le cas de la maternité. Que faire de la lessive ? De la cuisine ? Du ménage ? Des Travaux qui sont traditionnellement considérés comme féminins et non-rémunérés alors qu'ils sont très largement utiles à la société ! Tout aussi important, pourquoi aucune mention de l’injustice du traitement différencié, encore d’actualité, des salaires entre femmes et hommes ? Je considère donc que ce texte, bien qu’il pose des questions intéressantes, est en grande partie incomplet et en souffre largement.

Image : Éditeur

16:27 Écrit par Hassan dans anarchisme, contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kropotkine, salariat | | | |  Facebook

07/09/2012

La loi et l'autorité par Kropotkine

Titre : La loi et l'autoritéarton176.jpg
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 39

Quel est le but de la loi ? C'est une question importante dans une société de plus en plus gouvernée par des lois différentes qui règlent les liens entre individus et avec l'état. La loi serait la garantie que la société fonctionne sur des bases saines. Mais Kropotkine, vous le savez forcément déjà, n'est pas d'accord. Quel est le but de la loi selon Kropotkine? Asservir l'humanité.

Selon l'auteur les lois sont principalement mises en place pour protéger deux choses : la propriété privée et l'état. Et ces protections sont de plus en plus importantes et de plus en plus dangereuses pour les travailleurs. Car, selon Kropotkine, la propriété est du vol et le gouvernement n'est pas nécessaires. Les protéger implique donc de perdre une liberté essentielle. Mais la loi a aussi pour but de protéger les citoyens. N'est-ce pas louable ? Ici Kropotkine répond par une philosophie de l'humanité différente. Selon lui les humains ne sont pas mauvais par nature mais la forme de la société les rend mauvais. En changeant cette forme nous pouvons donc supprimer la majorité des crimes fait par envie. La protection de la personne devient donc inutile.

Mais Kropotkine n'est pas entièrement négatif face aux lois. Il identifie deux aspects. J'ai déjà montré le premier aspect mais je n'ai toujours pas parlé du second. En effet, les lois sont aussi une survivance d'une époque qui fonctionnait sur les règles orales. Ces coutumes permettaient de régler la vie en société sans, pour autant, imposer une hiérarchie inique.

Alors que tirer. Au final, de ce livre ? Je dois bien avouer que l'ai trouvé beaucoup moins convaincant que la plupart des autres textes que j'ai lu. L'explication développée par Kropotkine sur la coutume me semble être une vision un peu fantastique et optimiste de ses effets. Ne pourrais-t-on pas dire que la coutume a aussi mis en place des règles qui sont bien plus difficile à briser par l'absence de normalisations ? Je pense donc que les arguments de l'auteur, dans ce texte, ne convaincront pas grand monde. Ce qui ne devrait pas éviter la nécessité d'une réflexion de fond sur le lien entre les lois et une forme de société loin d'être juste.

Image : Éditeur

10:40 Écrit par Hassan dans anarchisme, contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kropotkine, loi | | | |  Facebook