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  • De la résistance à la guerre civile en Grèce 1941-1946 par Joëlle Fontaine

    Titre : De la résistance à la guerre civile en Grèce 1941-1946arton680.jpg
    Directeur : Joëlle Fontaine
    Éditeur : La Fabrique 2012
    Pages : 377

    Ces derniers temps on parle souvent de la Grèce. Le pays est en train de sombrer dans les dettes et se fait contrôler par des instances étrangères non-démocratiques. L'extrême droite néonazie a une importance de plus en plus grande dans la vie politique du pays et les mouvements sociaux sont de plus en plus importants. Mais ce que l'on ne sait pas c'est d’où viennent ces problèmes? Car la Grèce a une histoire qui explique comment elle en est arrivée à ce point. Cette histoire est en partie racontée dans le livre de Joëlle Fontaine.

    L'auteure a écrit son livre de manière chronologique en 12 chapitres. Ces 12 chapitres permettent d'abord de dépeindre la manière dont la résistance commence à s'organiser sous l'égide du KKE le parti communiste grec. L'auteure montre que la résistance grecque est l'une des meilleure d'europe et qu'elle a empêché l'occupant allemand de contrôler la majeure partie du pays. Comme dans la plupart des pays d'Europe la résistance est fortement communiste. Mais le parti communiste grec essaie toujours d'adjoindre un maximum de forces à son organisation et acceptant les compromis. Son but pendant et après la guerre est de créer une union nationale jusqu'à ce que le peuple puisse décider de la forme du gouvernement. Ce qui ne l'empêche pas de mettre en place des programmes communistes autours de réformes agraires ou de gouvernements auto-constitués dans les villages. Cette réussite de la résistance fortement communiste ne peut qu'inquiéter Churchill qui a peur pour les intérêts de l'Empire en Grèce. Churchill, malgré les résistances de ses proches collaborateurs et de son allié américain, fera donc tout pour que le roi de Grèce retourne à Athènes et pour que le gouvernement précédent soit remis en place. Et quand je dis tout je dis bien tout car cela implique de mentir à la résistance, d'occuper Athènes et de soutenir les anciens groupes para-militaires qui ont collaboré avec les allemands. On se trouve donc dans une situation étrange dans laquelle les collaborateurs sont encensés par Churchill et mis au-delà de tous risques judiciaires alors que les résistants risquent la prison si ce n'est les camps d'internements. Se déroule durant ce temps plusieurs mois que je qualifierais de fortement naïf. Les dirigeants de la résistance continuent, toujours, de souhaiter un gouvernement d'union national alors que se prépare un coup d'état. Les résistants pensent toujours que l'Angleterre de Churchill ne fera rien et qu'ils recevront un soutien bolchevique. Mais il n'en est rien et les sphères d'influences de la Guerre Froide commencent déjà à se mettre en place. Il est trop tard quand le KKE se rend compte du piège et son désarmement sera suivi de mois de répressions juste avant une élection qui est tout sauf libre.

    Bien que ce livre soit des plus intéressants je déplore tout de même qu'il soit trop chronologique. Il est presque purement événementiel mais heureusement l'auteure mais en parallèle ce qui se déroule avec les remarques et directives de Churchill et des leaders de la Résistance. Ce qui permet de comprendre les buts et les visions de chacun. Mais on peut se demander ou se trouvent les résistants dans ce livre. On trouve de grands noms, des leaders, mais on ne sait pas vraiment ce que pensent et ce que vivent les petites mains de la résistance, ceux qui prennent les armes. On ne sait pas non plus comment ont réagis les soldats anglais aux ordres qu'ils ont reçu qui contredisent, parfois, le but officiel de la guerre. Le livre permet donc surtout de montrer en quoi les intérêts d'un pays priment sur la démocratie et les droits du peuple d'un autre pays. Ce livre est tout de même très intéressant. On se rend compte, dès les premières lignes de l'introduction, que l'auteure est amoureuse de ce pays et de son histoire et qu'elle tente de partager cet amour à d'autres. Je conseille donc ce livre à toutes personnes qui souhaite en savoir un peu plus sur l'histoire récente de la Grèce. Il se lit facilement, avec plaisir et rapidement.

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  • Le directoire de la ligue du Gothard, 1940-1945. Entre résistance et rénovation par Michel Perdrisat

    Titre : Le directoire de la ligue du Gothard, 1940-1945. Entre résistance et rénovation5504_perdrisat_2.jpg
    Directeur : Michel Perdrisat
    Éditeur : Alphil-Presses universitaires suisses 2011
    Pages : 166

    L'auteur, Michel Perdrisat, nous dépeint ici l'histoire d'un groupe qui comptait offrir une résistance contre toutes attaques étrangères contre la Suisse. Mais est-ce aussi simple?  Le sous-titre permet d'imaginer que la Ligue du Gothard n'était peut-être pas simplement une organisation de résistance mais aussi une organisation qui défendait une vision de la société particulière. L'auteur décide de nous présenter la ligue sur trois parties.

    La première lui permet de nous dépeindre la "genèse" de la ligue. Nous sommes en Suisse, la France vient de capituler et notre pays pourrait être en danger. C'est dans ce contexte qu'un groupe de personnes tentent de mettre en place un esprit de résistance en Suisse qui sera concrétisé dans la Ligue du Gothard. Mais sa naissance est loin d'être facile et des problèmes entre les membres alémaniques, plus proche de l'économie, et francophones, proches de Gonzague de Reynold, se font jours. De plus, la Ligue tente de réunir les personnes de droites et les personnes de gauche dans un troisième voie qui ne soit ni le capitalisme ni le marxisme mais le corporatisme. Bref, il est difficile de réunir tout le monde autours d'un programme commun.

    La seconde partie est une prosopographie qui nous permet de comprendre qui sont les membres les plus influents du directoire et quels sont les associations qui se cachent derrière. Ce chapitre permet donc de comprendre les idéologies des personnalités qui se trouvent dans le directoire ou qui l'on influencé. L'auteur montre que deux personnes ont eu une influence importante: Gonzague de Reynold et sa vision d'une Suisse d'ancien régime gouvernée autoritairement et Denis de Rougemont et sa vision du corporatisme. Mais le directoire est aussi influencé par des groupes comme les mouvements syndicaux, corporatistes, le groupe Esprit, la Ligue des Sans-Subventions, Dutweiller, ... et surtout le Réarmement Moral. Ces groupes défendent en grande partie une vision autoritaire et élitiste de la Suisse pour se conformer au nouvel ordre européen de l'époque. Mais c'est le Réarmement Moral et sa vision chrétienne et anti-communiste qui influence le plus la Ligue. Ce qui mène la Ligue à interdire l'entrée aux juifs et aux francs-maçons!

    Dans la troisième et dernière partie l'auteur décide de présenter les programmes du Directoire de la Ligue du Gothard entre 1940 et 1945. Le programme défend d'abord une réunion des différents partis autours d'une remise en cause du fonctionnement politique de la Suisse et le corporatisme. Celui-ci se modifie entre 1943 et 1945 pour se concentrer sur la propagande et la menace communiste. Mais l'auteur examine aussi une question importante: la Ligue est-elle un organe de résistance ou de rénovation? Il montre que le programme de la Ligue portait sur une modification dans un sens autoritaire du gouvernement Suisse autours du Conseille Fédéral Etter. Ce qui mène la Ligue à s'allier à des groupes qui parlent ouvertement de révolution et de prise de pouvoir (parfois militaire). En somme, selon l'auteur, la Ligue était l'un des principaux dangers pour la Suisse démocratique à l'époque mais la naïveté de ses membres l'empêcha de mettre en place son programme qui, d'ailleurs, était en dehors de la réalité des opinions du peuple suisse.

    En conclusion de cette note je peux dire que j'ai apprécié ce livre. Il présente un groupe restreint d'une Ligue qui tentait de réunir une grande partie des forces politiques autours d'elle. Ce livre permet de mieux comprendre l'histoire des groupes radicaux en Suisse et les liens qu'ils possédaient entre-eux. On comprend aussi un peu mieux qu'elle était la vision politique de certaines élites de l'époque face à une Europe nouvelle qui pouvait mettre en danger le pays. Comme le dit l'auteur, la Ligue tente de mettre en place un programme de résistance mais possède des idées qui sont dangereusement proches des gouvernements autoritaires qui entourent la Suisse. Alors peut-on vraiment parler de résistance?

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  • Qu'est-ce que l'histoire contemporaine par Gérard Noiriel

    Titre : Qu'est-ce que l'histoire contemporaine9782011450722-G.jpg
    Directeur : Gérard Noiriel
    Éditeur : Hachette 1998
    Pages : 255

    Avec tous ces films il fallait bien que j'écrive quelque chose sur un livre. Voici donc un petit manuel d'historiographie contemporaine écrit par Gérard Noiriel. L'auteur est connu, en particulier, pour ses recherches sur l'histoire de l'immigration en France. Dans ce livre Noiriel souhaite faire un bilan complet, et court, des mutations qu'a connue l'histoire contemporaine depuis les débuts de son histoire. Pour cela il écrit 7 chapitres.

    Le premier chapitre est un essai sur l'histoire contemporaine. En effet, qu'est-elle? Depuis quand existe-t-elle? Partant des premiers historiens grecques qui considéraient que l'histoire ne pouvaient qu'être contemporaine (dans le sens de l'écriture sur le moment) pour être certaine d'être réelle l'auteur montre que son retour, en France, s'est faites pour expliquer les événements de la Révolution dont la date marque le début du contemporain. Mais cette histoire a d’abord été écrite par des amateurs car les historiens se méfiaient d'événements proches qui pourraient ne pas leur permettre d'être objectifs comme la lecture de parchemins de 500 ans permettrait. Suite à cette introduction Noiriel tente de présenter, sur 5 chapitres, l'histoire de l'histoire contemporaine. Il commence, de manière classique, par l'histoire événement. Noiriel a le mérite de montrer en quoi cette forme d'histoire était importante à l'époque et a permis de mettre en place des méthodes et des sujets de recherches. Les critiques qu'elle reçut sont, en fait, injuste car elles visent l'histoire enseignée à l'aide de chronologies et non l'histoire étudiée. Ces critiques déboucheront sur une nouvelle forme d'histoire qui est nommée économique et sociale et défendue par la revue les Annales. La vision s'étend sur le long terme, voir le très long terme, et l'explication par les forces profondes et l'utilisation de statistiques. Mais cette histoire sera mise à mal par de nouvelles méthodes venue d'autres pays comme la microstoria ou la gender history. Ces méthodes privilégient l'individu et la recherche des catégories oubliées et discriminées plus que l'étude des groupes et du long terme. Noiriel termine en parlant de l'histoire politique. Cette dernière prend comme base l'étude de l'état, des politiques publiques ou encore des relations de pouvoir. Le livre se termine sur une réflexion concernant le rôle de l'histoire du contemporain dans la société aussi bien pour l'état, les entreprises et les écoles que dans le cadre de la construction de la mémoire.

    J'ai parfaitement conscience de l'imperfection de mon résumé. Il est difficile de présenter un livre qui résume près de deux siècles de recherches françaises. J'espère, en tout cas, avoir réussit à présenter les points importants. Ce livre m'a surpris. En effet, l'historiographie n'est pas ma matière préférée. J'ai tendance à voir cette dernière comme une présentation aride des transformations de l'histoire d'un domaine ou d'un pays. J'ai souvent trouvé que la lecture de livres et articles historiographiques est laborieuse. Mais ce livre est intéressant. Non seulement Noiriel écrit bien mais plutôt que de présenter les mutations de surface il réussit à montrer que les changements historiographiques sont en partie dû à des contextes et à des relations de pouvoir entre les historiens. Ainsi, posséder un poste prestigieux permet de défendre son modèle d'histoire et son programme de recherche en poussant en avant des étudiants qui suivent la même méthode. L'historiographie se muterait presque en histoire des relations de pouvoirs à l'université.

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  • J'ai renoncé aux soins médicaux

    Nous vivons dans le système parfait. L'assurance maladie est à la fois obligatoire est soumise à la concurrence. Pendant que la population est protégée dans sa santé les primes sont modestes grâce à l'effet de la concurrence. Que ce serait beau si ce système fonctionnait vraiment. En fait les assurances maladies suisses sont dominées par 4 grosses holdings: Helsana, CSS, Groupe-Mutuel et Assura/Supra (les deux premières offrent des baisses de primes en cas de renonciation au droit à l'avortement hommes inclus!). Nous sommes donc en face d'un système contrôlé par un groupe restreint. Malheureusement, les citoyens et citoyennes sont tout de même obligé de s'assurer. Il n'y a donc pas d'autres choix que de rester dans le système quelque-soit le coût des primes. Ce qui permet aux holdings de jouer sur les primes entre leurs diverses composantes tout en augmentant les coûts petit à petit dans un système qui n'est plus en concurrence mais en oligopole simple (pour utililier le terme technique)

    Heureusement, de nombreux systèmes permettent de baisser le coût des primes. Je les ai tous activés. Je n'ai donc aucun remboursement avant d'avoir payé 1500 francs de coûts médicaux et je dois auparavant visiter un médecin que j'ai annoncé ainsi qu'une pharmacie particulière. Mais il y a problème... Le médecin que j'ai annoncé ne me connaît pas et je ne le connais pas non plus. J'ai donné son nom simplement pour bénéficier d'une réduction de coût des primes et je l'ai choisi parce qu'il a la bonne idée d'habiter près de chez moi. Mais je n'irais jamais le voir et il ne sait probablement même pas qu'il est censé me suivre. Les personnes qui n'ont pas les moyens de payer les primes de l'assurance maladie peuvent aussi demander à bénéficier des subsides cantonaux. Mais ces subsides ne sont donnés que jusqu'à un montant maximum et les personnes qui font la demande reçoivent des conseils bien particuliers. En effet, on leur explique comment baisser la prime d'assurance maladie.

    Le problème c'est que si une personne ne peut pas payer son assurance maladie elle ne pourra pas non plus assumer les coûts d'une prise en charge médicale. Ceci est d'autant plus vrai quand on lui demande d'assumer des charges plus importantes pour baisser sa prime. On se trouve donc devant un système parfait de système de santé à deux vitesses! Pendant que les personnes qui ont les moyens peuvent baisser les primes et tout de même être capables d'assumer les coûts d'une prise en charge médicale tout un pan de la population voit fondre comme neige au soleil sa prise en charge par le système d'assurance maladie suisse et, donc, sa capacité à assumer les coûts d'une possible maladie.

    Je fais partie des personnes qui n'ont pas les moyens de payer une prime d'assurance maladie seul. Je suis obligé de recevoir de l'aide pour cela. Logiquement, je ne suis pas non plus capable d'assumer les coûts d'une prise en charge hospitalière. J'ai donc renoncé. Je n'ai pas le choix, je dois payer ma prime d'assurance maladie. Mais je peux très bien renoncer à voir un médecin en cas de problèmes médicaux. Je ne vais jamais chez le médecin. Si j'ai un problème je fais de l'automédication. Si les médicaments ne suffisent pas j'attends que ça passe. Mais une maladie ou un problème médical que je ne suis pas capable de détecter peuvent très bien se préparer et se révéler dans le futur. Pour l'éviter il faudrait que je passe une visite médicale. Or je ne le fais pas par manque de moyens. Jusqu'à maintenant je n'ai jamais eu à regretter ce choix mais ce jour pourrait bien venir. Après tout, je ne connais rien en médecine et un symptôme pourrait très bien passer inaperçu. Mais j'ai renoncé. Et ceci pourrait bien me coûter très cher un jour aussi bien du point de vue médical que du point de vue financier. On me dira que c'est un choix personnel. Je suis d'accord j'ai fait ce choix. Mais celui-ci a été contraint par un système particulier qui fonctionne, qu'on le veuille ou non, à deux vitesses. Le système d'assurance maladie suisse est vicieux. Il ne fonctionne pas et met en danger les personnes. Il est nécessaire de le changer. D'autant plus que je ne suis certainement pas le seul à avoir renoncé et je ne suis en tout cas pas le plus à plaindre. Je suis encore jeune et en bonne santé avec une famille qui m'entoure. Mais les personnes malades, seules et pauvres qui s'en occupe avant que ce ne soit trop tard?

    J'ai renoncé à me faire soigner et vous?

  • Searching for Sugar Man

    Nous sommes dans les années post-68. L'industrie de la musique est florissante et de nombreux groupes et chanteurs sont sur le point d'entrer dans une carrière de superstar. L'un d'entre eux est Rodriguez. Tout le monde s'accorde sur son talent d'écrivain et de chanteur. Mais ses disques ne fonctionnent absolument pas aux États-Unis. On a rarement vu un flop pareil pour quelqu'un qui intéressait tellement de personnes. Par hasard ces chansons se retrouvent en Afrique du Sud ou le chanteur devient l'un des symboles de la lutte contre l'apartheid et des tentatives de libérations du peuple. Mais qui est Rodriguez? Est-il mort comme certains le pensent? D’où vient-il? La recherche de ce chanteur sera difficile et frustrante mais offre aussi de nombreuses surprises.

    Je trouve toujours difficile de commenter un documentaire sur un sujet que je ne connais pas. La musique fait partie des sujets sur lesquels je suis totalement ignare. Ca ne m'empêche pas d'aimer certain-e-s chanteurs ou chanteuses ou d'apprécier ce que j’entends à la radio mais je suis totalement incapable d'en parler de manière sérieuse. Alors je peux simplement dire que la musique que l'on entend dans ce documentaire est très sympa. J'ai surtout aimé l'histoire. Celle-ci est tout simplement extraordinaire. Un homme totalement inconnu est en fait une superstar au minimum disque d'or et personne ne le savait ni même le chanteur. Un disque impossible à trouver se vend à tous les coins de rue en Afrique du Sud. Bref, on ne voit pas ça tous les jours. C'est aussi une histoire de fans. Des hommes et des femmes qui ont grandi avec Rodriguez et qui cherchent à retrouver des informations sur un homme qu'il adorent. On ne peut qu'imaginer l'émotion quand ces personnes se rendent compte que leur chanteur est vivant et qu'il va venir en Afrique du Sud. Que dire? C'est un superbe documentaire.

    Image: Allociné

    Site officiel du film

    Site officiel de Rodriguez

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  • Hitchcock

    Adapter au cinéma un livre qui parle de l'adaptation d'un livre au cinéma il fallait oser! Heureusement que c'est à propos d'Hitchcock sinon il y aurait eu moins d'intérêt. Ce biopic adapte un livre qui parle d'un film culte de la filmographie de Hitchcock: Psychose. On en a tous entendu parler, on connaît tous au moins une scène du film et on a tous entendu une musique du film. Mais qui connaît l'origine de ce film? Pas moi! D'ailleurs, c'est un peu honteux, je n'ai même jamais vu de film d'Hitchcock! Nous sommes donc emmené dans le quotidien du réalisateur alors qu'il tente de mettre sur pied psychose. Ce film lui donne bien des soucis puisque rien ne semble fonctionner. Les studios comme les censeurs s'abattent sur le réalisateur et l'empêchent de faire ce qu'il souhaite. Mais quand son mariage est touché par les ennuis de Psychoses le film pourrait bien ne pas s'en remettre.

    Comme d'habitude ce film possède les problèmes des biopics. Ceux-ci sont en partie atténué par l'attention portée envers la femme d'Hitchcock: Alma. A plusieurs reprises des répliques tentent de montrer en quoi l'apport d'Alma a été sous-estimé et c'est d'ailleurs elle qui sait le mieux gérer Hitchcock et sur qui il se repose en cas de problèmes. Je trouve presque dommage que le film ne se base pas plus sur la réalisation de Psychose. Au lieu de ça on nous offre la vie d'Hitchcock durant le tournage du film avec, de temps en temps, des scènes qui parlent de Psychose. Mais ce dernier est utilisé comme décor plutôt que comme sujet. Pourtant, on aurait pu faire quelque chose d’intéressant. Comment construire un film? Comment passer outre la censure de l'époque? Mais on préfère nous offrir les tourments psychologiques d'Hitchcock avec des scènes qui reconstituent la vie du tueur dont Psychose parle. Ces scènes sont tout de même bien construites et montrent Hitchcock en train d'observer et de commenter les faits et gestes du tueur. Au final je me suis bien amusé durant ce film mais je reste en partie sur ma faim sur de nombreux points. Dommage.

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  • Shadow Dancer

    Nous sommes en 1973, une petite famille vit en Irlande comme si de rien n'était malgré les troubles de l'époque. Un petit garçon est envoyé par sa sœur à l'extérieur parce qu'elle ne veut pas acheter les cigarettes de son père. Tout semble bien aller à l'intérieur de la maison mais les rares images de l'extérieur montrent que quelque chose se passe. Le petit garçon a été abattu en pleine rue par un tireur non-identifié. 20 ans plus tard une femme se trouve à Londres dans le métro. Elle abandonne un sac avant de prendre la fuite. Heureusement celui n'explose pas mais elle est arrêtée par le MI5 qui lui offre un choix: la prison à vie ou collaborer et espionner sa propre famille.

    Comme tous les bons thriller ce qui compte dans ce film ce n'est pas l'action mais l'aspect psychologique et les luttes de pouvoirs dans des administrations aussi tentaculaires qu'obscures. Il y a deux aspects dans ce film. Tout d'abord l'héroïne qui tente de cacher son espionnage au MI5 tout en aidant l'IRA pour éviter les soupçons alors qu'elle semble ne pas véritablement croire en l'action violente. De l'autre nous avons l'agent du MI5 qui fait tout pour protéger son agente menacée par des décisions de l'agence. N'y aurait-il pas quelque chose de caché derrière cette nouvelle informatrice. Tout ceci est formé sur le contexte de la lutte armée pour l'Irlande et contre l'Angleterre. Belfast est remplie de soldats et de policiers lourdement armés qui agissent en présence d'une population probablement hostile qui peut cacher des terroristes. Le moindre regroupement peut cacher des membres de l'IRA et même un enterrement est sous contrôle de la police pour éviter l'hommage militaire. Pourtant, il est toujours possible de vivre plus ou moins normalement.

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  • Gangster Squad

    Un film de policier durant l'époque de la lutte contre la mafia à toujours un petit parfum qui attire. Et j'ai été attiré malgré l'impression que le film envoie un message que je n'apprécie pas vraiment. Nous sommes dans les années 50 à Los Angeles. La ville est sous la main de fer de Mickey Cohen. Ce dernier est si puissant que les rares magistrats et policiers qu'il n'a pas acheté sont totalement découragés. Malgré le fait que tout le monde sache qui il est vraiment personne n'ose être critique envers lui. La ville est sur le point de tomber durablement sous la coupe de la mafia. Heureusement, un dernier policier ose encore s'élever face à la puissance de Cohen. Avec l'aide du chef de la police il va monter un escadron particulier. Celui-ci n'existe pas, il ne rend pas de compte et il n'arrête personne. Son seul but est de faire la guerre contre Cohen et tous les moyens sont bons pour atteindre la victoire. Tous? Vraiment?

    Bon, on va commencer par les aspects qui ne font pas débats. La bande originale est plutôt intéressante et assez exaltante. Les acteurs n'ont pas vraiment à rougir non plus. Ce qui m'a dérangé concerne plutôt le message du film. Le héros se dit policier. Mais, et on s'en rend compte rapidement, c'est un policier violent qui fait fi de la procédure. Peu lui importe d'avoir un mandat ou de frapper des suspects pour avoir des aveux. Il souhaite des résultats. La mise en place de son escadron suit cette même logique. La loi et l'aspect légal ne comptent pas. Ce qui compte c'est détruire Cohen. Le message serait donc que la loi et les procédures ne font que ralentir les policiers si ce n'est, pire, aider les criminels. Il est donc légitime pour lutter contre la haute criminalité d'abandonner l'aspect légal de la procédure pour agir dans l'arbitraire total. C'est oublier que les procédures ont un but: protéger les citoyens contre l'arbitraire de l'état. Heureusement, la seconde partie du film montre l'escadron rechercher la légalité et tenter de faire tomber Cohen par les voies légitimes. L'ordre revient donc non pas grâce à des actions musclées mais par l'usage des instruments légaux. Ce point sauve le film d'un message dangereux dans une démocratie. C'est aussi un film de mecs. Il y a, en tout et pour tout, deux personnages féminins construits (les autres sont des figurantes qui disparaissent aussi vite qu'elles sont apparues). Dans ces personnages la première est une femme de flic enceinte qui tente de garder son maris en vie et qui lui rappelle son rôle de père et la seconde est une starlette déchue qui tombe amoureuse d'un flic. Elles n'ont pratiquement aucune importance si ce n'est rappeler un devoir envers la famille ou pour être sauvée. Ce serait bien d'avoir un film ou les femmes ont un véritable rôle pour une fois...

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  • Lincoln

    J'ai enfin pu aller voir Lincoln! Il en a fallu du temps mais des circonstances en dehors de tout contrôles de ma part (trop de gens dans les salles) m'ont empêché d'aller voir ce film auparavant. Lincoln, l'un des présidents des USA les plus connus. L'homme qui a gouverné la nation durant la guerre de sécession et qui a lancé la fin de l'esclavage aux États-Unis. Cet homme nous est présenté ici par Spielberg. Le film se concentre sur une période particulière de la vie de Lincoln. Celle qui voit arriver la fin de la guerre et, surtout, l'adoption du 13ème amendement à la constitution. Celui qui prévoit l'interdiction de l'esclavage. Mais une telle victoire politique est loin d'être aisée à obtenir. Le président multiplie donc les manœuvres politiques et corruptrices pour être certain de réussir. Il doit calmer les ardeurs de certains politiciens tout en s'arrogeant le soutient de certains démocrates. Tout ceci pour qu'un vote historique puisse être obtenu.

    Bon je vais d'abord parler d'un point qui ne fera sûrement pas débats. Les acteurs sont tous extrêmement bon. En fait, j'ai rarement vu un jeu aussi maîtrisé dans un film. C'est simple je n'arrive pas à trouver un personnage qui ne me convainc pas. Ils sont tous superbement incarné. L'image est tout aussi belle. Les scènes sont toutes magnifiquement mises en place et on sent une très forte maîtrise de la part du réalisateur. Malheureusement la fin du film est un peu gâchée par quelques minutes supplémentaires peu intéressantes et qui auraient pu être supprimées. Mais c'est bien l'une des rares critiques que je puisse faire (d'autant plus que je ne suis pas expert dans ce domaine).

    Le film a été critiqué pour n'avoir laissé aucune place à l'importance des femmes noires dans la lutte contre l'esclavage. Je suis quasiment ignare en histoire des États-Unis mais je pense que cette critique peut facilement être expliquée. Ce n'est pas que l'on laisse dans l'ombre les femmes mais un biopic se concentre sur un individus particulier dont il illustre une période de la vie. Les défauts sont donc de mettre dans l'ombre les autres individus et les longues luttes qui ont permis l’événement sur lequel se concentre le film. Il est donc, à mon avis, difficile de critiquer l'absence des femmes sans critiquer la forme même du biopic. Ce qui n'empêche pas de considérer que ce film donne une place à part à Lincoln. Cet homme est érigé au rang de dieu. Les personnages l'observent avec vénération et l'armée ainsi que la population semble tous s'unir sous sa sagesse parentale. Les dissensions sont très peu développées quand elles ne sont tout simplement pas évacuées. Or, j'ai du mal à croire qu'aucune contestation n'existait dans le peuple américain. Le second aspect concerne les concernés proprement dit. Le film parle de la fin de l'esclavage mais on se rend vite compte que jamais des personnages noirs n'ont un rôle important. Ils et elles sont toujours présent-e-s mais en arrière fond avec un rôle de servant-e-s. Rarement ils osent prendre la parole et on parle d'eux et pour eux plus qu'on ne les écoute. Les principaux intéressés sont donc presque oublié et laissent - trop - la place à Lincoln pasteurs des USA.

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  • Chroniques d'un croque-mort à l'humour noir. Quel manque de savoir-vivre par Jean-Claude Marchand

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    Directeur : Jean-Claude Marchand
    Éditeur : Favre 2012
    Pages : 204

    Encore un cadeau que j'ai, cette fois, très rapidement lu. L'auteur y développe son expérience dans l'industrie des pompes funèbres dans une petite ville de la Suisse romande. Comment en est-il arrivé là? C'est après une nouvelle restructuration qu'il perd son emploi précédent. Après une recherche d'emploi aussi fastidieuse qu'inutile pour son âge (bien que personne ne l'avoue jamais) il réussit à trouver un emploi précaire comme auxiliaire dans une entreprise de pompe funèbre. Dans ce livre il nous livre le quotidien de son travail difficile et peu apprécié. En effet, le croque-mort n'est connu de la famille que dans le cas d'un décès. Outre sa vie - si je puis dire - de tous les jours il nous offre aussi un certain nombre de petites anecdotes. Il écrit tout ceci avec un léger humour patiné de colère de temps en temps.

    L'auteur n'est pas écrivain. On le sent très rapidement. Mais pourrions-nous écrire un tel livre si nous étions à sa place? Bref, il ne faut pas chercher l'exercice de style ou des descriptions à la Zola mais un simple témoignage qui a le mérite d'exister et de réussir à nous faire sourire malgré les anecdotes qui sont narrées. Le principal intérêt de ce livre est bien de nous plonger dans les pensées d'une personne qui est entrée dans un milieu fermé et mis de coté sans vraiment le vouloir. Cet homme y a trouvé de nombreuses injustices mais aussi des moments de profondes humanités. Cependant, à l'instar de l'auteur, je ne vais pas me lancer dans une diatribe enflammée sur la signification de la mort et de la vie (on connaît déjà la réponse et c'est 42). Ce livre est un témoignage qui, aussi imparfait soit-il, est plaisant à lire.

    Image: Amazon

  • Downton Abbey saison 1-3

    Qu'est-ce-que Downton Abbey? Une série anglaise qui prend place de 1912 à 1921 sur trois saisons et deux épisodes de noël. Elle dépeint la vie (pas si) mouvementée d'une famille aristocratique qui tente de (sur)vivre dans les sursauts des débuts du XXe siècle. L'histoire commence donc lors du naufrage du Titanic. La famille en est dévastée car ses deux héritiers meurent d'un seul coup. Il est donc nécessaire de trouver comment léguer Downton et ses terrains pour éviter la destruction du domaine. C'est ainsi qu'un jeune homme de classe moyenne sera contacté. Mais l'aristocratie et les servants de Downton accepteront ils l'arrivée d'un homme qui n'a pas la prestance dûe à sa place sociale? Le domaine pourrait bien en souffrir ou en ressortir grandi et plus puissant que jamais.

    Je vais commencer par parler des acteurs. Ces derniers sont, à mon avis, tous magnifiques dans leur rôle et c'est un vrai plaisir que de les voir bouger dans le décor de Downton. On retrouve quelques têtes connues (la plus connue étant la Comtesse de Grantham (Maggie Smith) qui était aussi la professeure McGonagall dans Harry Potter. Son talent d'actrice est tout simplement indescriptible et je vous propose plutôt de regarder que de me lire. Ce qui fait le génie de cette série ne concerne pas que les acteurs et actrices. On est aussi servi avec de superbes dialogues plus croustillant les uns que les autres. C'est, d'ailleurs, le principal intérêt d'une série autrement très lente.

    L’intérêt d'une série prenant pour époque et contexte le début du XXe siècle et l'aristocratie est de montrer les mutations et ses effets sur une famille des plus traditionnelles. Sur ce point je suis à la fois comblé et frustré. Comblé parce que les questions sociales et économiques du début du XXe et de l'immédiat après-guerre sont montrées si ce n'est simplement mentionnées. Ainsi, le féminisme commence à prendre son essor tandis que les vieilles familles doivent accepter une modernisation pour survivre. Ce qui conduit certains personnages à devoir accepter quelques couleuvres. On sent une tentative de la famille de rester en dehors du mouvement. Mais cette tentative est mise à mal par la force des changements en cours. Malgré tout, ces mentions sont rares et lentes probablement à cause du caractère aristocratique de la famille. Mais je suis aussi très frustré parce que je n'ai pas forcément l'impression de me retrouver en face d'une famille réaliste. En fait, les membres de cette famille sont tous beaucoup trop gentils et compréhensibles (particulièrement le père et chef de famille Lord Grantham). Certains points auraient dû mener à d'énormes scandales et des déchirements durables au sein de la famille. Au final nous avons un semblant de colère suivi rapidement d'une acceptation et d'un retour à la normale à peine ponctué de quelques piques sarcastiques. De ce point de vue le personnage de Lord Grantham est particulièrement lisse et ne fait qu'incarner l’aristocrate paternaliste. Heureusement d'autres personnages rattrapent ce point en étant plus poussé à l'instar de Sybill ou de Branson (parmi mes préférés). En conclusion je vous conseille cette série.

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  • La Parade (Parada)

    Serbie, après la guerre, un homme se douche quand, soudain, son chien est attaqué au pistolet. Ne prenant même pas le temps de s'habiller cet homme court en direction d'un vétérinaire auquel il offre un marché: si son chien meurt il meurt. Cet homme se nomme Lemon. C'est un ancien soldat et gangster notoire qui s'occupe d'une salle de sport ez d'une société de sécurité qui ne sont que des couvertures pour des activités de protection musclées et probablement assez peu légales. Mais Lemon souhaite aussi se marier une seconde fois avec une femme qui a tout de la diva. Malheureusement son attitude méprisante et distante le conduit à des disputes de plus en plus violentes. Après une dernière dispute musclée ou il reçut des coups il se voit contraint d'aider l'organisateur du mariage de sa futur femme a réussir son propre rêve. Et ce rêve c'est d'organiser une gay pride réussie en plein Belgrade. Mais comment protéger un tel événement sans employés? Lemon parcourera les différents pays de l'est ou la paix est fragile pour constituer un groupe d'amis anciens ennemis. Il sera aidé dans cette quête par le compagnon de l'organisateur: le vétérinaire.

    Ces derniers temps les discours franchement homophobes ou homophobes mais pas trop (je ne suis pas homophobe mais...) sont légions dans les médias et la rue. J'en avais un peu marre qu'autant de monde se lient pour dénier des droits tout en se considérant démocrates. Et je ne suis pas le seul. Le réalisateur de ce film aussi en avait marre des lois de plus en plus répressives contre l'homosexualité en Europe de l'Est. Ce film vient donc à pic. J'avais besoin d'un peu de militantisme mâtiné d'humour pour reprendre un peu d'esprit positif (d'autant plus après le précédent film présenté ici). La Parade joue sur les clichés. Aussi bien ceux concernant les gays et lesbiennes - qui sont soit des fillettes apeurées soit des hommes déguisés en femmes - mais aussi sur les clichés ethniques. Tous ce condensé de clichés sur lesquelles la haine se forme sont mélangés pour montrer à quel point ils sont absurdes. Ainsi, Lemon décide de protéger des gays avec d'anciens ennemis qui malgré les insultes qu'ils se lancent les uns aux autres s'apprécient profondément. Lemon apprécie des films qu'il considère masculins et qui sont, en fait, des monuments dans la culture gay. Bref, la brute beauf et la fillette homo ont plus en commun que prévu. Le principal message du film, à mon avis, est donc que l’identité ethnique ou sexuel ne compte pas. Ce qui compte c'est la fierté. Être fier de ce que l'on est et marcher la tête droite dans la rue. Entre les homosexuels qui décident de faire la gay pride et les milliers de contre-manifestants violents la fierté et le courage ne sont pas forcément du coté de ceux qui se considèrent comme de vrais mâles, bien au contraire...

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  • The Master

    Après la déception que fut Sightseers je souhaitais voir un film qui me plairait plus et j'ai jeté mon dévolu sur The Master. Le film raconte l'histoire d'un homme qui revient de la Deuxième Guerre Mondiale. Il essaie de se réadapter à la vie civile mais ce n'est pas une réussite. Freddie cumule les problèmes dans ses différents postes de travail. Le fait qu'il est alcoolique n'aide pas non plus. Sa colère qu'il ne réprime qu'avec difficulté peut exploser à tout moment. La vie de Freddie n'est donc de loin pas une réussite. Mais la rencontre d'un homme qui se fait nommer Maître va tout changer. Cet homme prétend être capable de rendre l'humanité meilleure grâce à l'hypnose et à la compréhension de ses vies antérieures. Freddie va-t-il croire ou cracher sur ce Maître qui se dit son ami?

    Après la déception que fut ce film il faudra vraiment que je puisse aller voir quelque chose qui me plaise. Je ne vais pas prendre de gants, je me suis emmerdé durant les deux heures, interminables, que dure ce film! Je ne dis pas que tout soit à jeter. Les critiques sont très fortement en faveurs de ce film et il faut avouer qu'il y a des tours de force. Le plus spectaculaire est le jeu Joaquin Phoenix qui incarne Freddie. Sa manière de parler, la façon dont il use de son corps et son visage sont frappants. On a là un magnifique acteur qui explique presque le jeu des autres. Malheureusement, cet aspect ne cache pas un film poussif à la fois long et lent.

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  • Les damnées de la caisse. Grève dans un hypermarché par Marlène Benquet

    Titre : Les damnées de la caisse. Grève dans un hypermarchécouv_2461.jpg
    Auteur : Marlène Benquet
    Éditeur : Éditions du croquant 2011
    Pages : 238

    J'ai terminé ce livre il y a une semaine mais les fêtes m'ont empêché d'en parler avant. Ce livre est issu d'un travail de recherche en observation participante de Marlène Benquet. Ceci implique que outre des observations et des entretiens l'auteure a été engagée comme caissière durant sa recherche. Ce qui permet de comprendre de manière intime le fonctionnement de ce qui est observé. Je pense que l'on peut diviser le livre est en trois parties.

    La première partie, la plus courte, concerne principalement l'introduction du sujet de recherche. L'auteure y développe les théories qu'elle a utilisé ainsi que l'état de la littérature sur les emplois précaires et les possibilités militantes dans ce type d'emploi. Elle montre que la grève qui a eu lieu dans cet hypermarché était pour le moins inattendue. Alors comment a-t-elle pu se former? Cette grève s'est développée suite à une journée nationale d'arrêt du travail qui avait deux buts. Premièrement il fallait que les syndicats montrent leur force et leur capacité de mobilisation ensuite les syndicats devaient montrer leur capacité d'action coordonnée aux employé-e-s. Mais un hypermarché a décidé de continuer malgré l'avis des principaux syndicats.

    La seconde partie reprend, en gros, les chapitres 1 et 2. Ces deux chapitres permettent de mieux comprendre le métier de caissière. L'observation participante y est précieuse puisqu'il existe un certain nombre de règle non écrites et de difficultés. La caisse est un poste particulièrement visible. Les employées sont soumises à l'observation de leurs collèges, des clients et des chef-e-s. Cette visibilité empêche les employées de s'accorder quelques moments de détentes cachées. Mais c'est aussi un poste qui ne mène à aucune reconnaissance de capacités professionnelles. Les employées n'ont aucune possibilité d'avancement ni de reconnaissances. C'est aussi un poste particulièrement stressant et soumis à l'arbitraire. En effet, les épisodes de clients mécontents d'une procédure réglementée mais qui sont systématiquement défendus par la direction sont nombreux. Il est donc quasiment impossible de bien faire puisque suivre le règlement mène a autant de risques que de ne pas le suivre.

    La dernière partie essaie de comprendre et de décrire la grève qui a eu lieu dans cet hypermarché. Pourquoi une seule succursale a-t-elle continué la grève et pourquoi celle-ci? L'auteure observe différents facteurs. Tout d'abord l'hypermarché a changé de propriétaire et donc de statut. Ce qui a permit l'éclosion d'un discours sur une époque dorée de respect et de possibilité de carrière. Ensuite les employé-e-s dénoncent l'attitude d'un gérant très distant et froid face à un gérant précédent beaucoup plus proche de ses employé-e-s. Mais il y a aussi l'aide, d'abord, des syndicats qui ont décidé de soutenir l'action malgré ses faibles chances de succès. Ces syndicats abandonneront les grévistes vers la moitié de la grève.

    J'ai apprécié lire ce livre et comprendre cette grève. L'auteur réussit à nous mettre dans la peau d'une caissière tout en n'abandonnant aucun standards scientifiques. Bien que cette recherche ne soit pas forcément directement transposable à un autre cas elle permet de mieux comprendre le fonctionnement du militantisme dans les emplois précaires. L'auteure montre que ce dernier est tout a fait possible et qu'il pourrait même se développer malgré les dangers pour les employé-e-s. L'auteure semble aussi montrer un début de changement dans les relations professionnelles de l'hypermarché gréviste. Il serait intéressant, à mon avis, d'y retourner après un certains temps pour voir si ces changements ont perduré.

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  • La guerre éternelle par Joe Haldeman

    Titre : La guerre éternelle9782290308257_cb.jpg
    Auteur : Joe Haldeman
    Éditeur : Opta 1976 (1974 édition originale)
    Pages : 281

    Il y a très longtemps que je n'ai pas relu ce livre. Je pense que je devais avoir treize ans la première fois. Je n'avais pas tout compris et je me souvenais très vaguement de l'histoire. Donc quand on m'a offert ce livre j'ai décidé de le relire avec un peu plus d'attention. L'histoire commence à la fin du XXe siècle. L'humanité a découvert des objets étranges nommé collapsar. Ceux-ci permettent de voyager presque instantanément entre deux points de l'univers. L'humanité a donc une porte ouverte sur la galaxie et commence à peuple différentes mondes. Mais tout s'arrête quand la première rencontre avec une race alien se termine par le massacre de l'équipage et des civils. La guerre éternelle commence.

    L'auteur cumule deux aspects très positifs dans ce livre. Le premier est une critique acerbe de l'armée et de la guerre. La guerre du Vietnam, à laquelle l'auteur a participé, a très probablement fortement influé sur ce livre. Le héros, est un étudiant en physique, un génie, forcé d'entrer dans l'armée. L'auteur a fait des études de physiques. L'armée est dépeinte de manière très défavorable dans ce livre. C'est une institution lourde aux multiples exercices inutiles qui n'a aucune pensée pour les vies humaines. L'armée souhaite des soldats et est prête à tout pour cela. Ainsi, l'armée manipule la psychologie des soldats, les informations sur Terre, les possibilités d'emploi et l'inflation dans le but de forcer les vétérans à se réengager. L'armée met en place des campagnes absurdes qui ne peuvent qu'échouer tout en menaçant d'exécution les personnes qui refusent les ordres. Bref, l'armée est inhumaine. L'expérience de la guerre n'est pas sympathique. loin d'un sentiment de camaraderie au milieu du combat l'auteur décrit la peur et la tristesse quand on enterre ses amis les uns après les autres. Le second aspect génial de ce livre est la science. L'auteur a fait des études de physique et on le sent. Toutes les informations qui nous sont données semblent réalistes (du moins pour l'époque) et prennent en compte le peu de lois de la physique que je connais. Ainsi les effets de l'accélération mais aussi de la dilatation temporelle permettent elles à un homme jeune de dépasser les 300 ans et d'observer les changements sur Terre. Au final, voila un très bon livre et même un classique de la science-fiction que je conseille à tous les amateurs du genre.

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  • Le scandale des "tournantes". Dérives médiatiques, contre-enquête sociologique par Laurent Mucchielli

    Titre : Le scandale des "tournantes". Dérives médiatiques, contre-enquête sociologique9782707145420.gif
    Auteur : Laurent Mucchielli
    Éditeur : La Découverte 2005
    Pages : 124

    Ceci est le second livre de combat de la part de cet auteur que je lis. Pourquoi je parle de livre de combat? Parce qu'ils ont comme but de critiquer et de mettre à mal un certain nombre de discours médiatiques et politiques à l'aide de la sociologie et, plus précisément, la sociologie du pénal. Le premier parlait des banlieues suite à des émeutes celui-ci parle d'un scandale qui pris une force considérable dans les médias en 2001: les tournantes.

    Laurent Mucchielli construit son livre en quatre temps. Le premier est l'occasion de revenir sur les événements en analysant leur force médiatique et l'origine. L'un des premiers constat est que le scandale s'accroche à l'époque de 2001 tout en se basant sur un livre biographique qui parle d’événements des années 1980. Le second constat montre que les médias ont parlé de manière forte des viols en réunions alors que ce sujet était, auparavant, peu développé dans les pages faits-divers. En une période courte de temps les journalistes et les politiciens mettent en place un discours massif sur les viols dans les banlieues considérés comme un avatar de la jeunesse masculine maghrébine violente en France.

    Les deux autres chapitres sont considérés comme des contre-enquêtes. Laurent Mucchielli y développe une enquête historique et sociologique sur les viols en groupes. Cette enquête lui permet de démontrer plusieurs faits. Tout d'abord, ce type de crimes n'est pas nouveau. Lors des années 60 il y avait déjà eu un scandale médiatique mais concernant, cette fois, des français blancs et chrétiens en bande. Ensuite, les viols en groupes ne semblent pas avoir augmenté et même semblent avoir baissé depuis les années 60. Ce qui mène l'auteur à tenter de comprendre le viol en réunion non dans une perspective culturaliste mais socio-économique qui permettrait de relier le scandale des années 60 à celui de 2001. Laurent Mucchielli démontre que les caractéristiques socio-économiques des violeurs sont très proches et donc considère que l'origine n'est pas explicative.

    Le dernier chapitre permet à l'auteur d'expliquer la raison du succès d'un discours contre les jeunes maghrébins des banlieues. Il montre un lien entre une nouvelle forme de racisme et un rejet de plus en plus fort des enfants des immigrants. Dans un contexte ou les banlieues sont de plus en plus abandonnées ces enfants tentent de trouver une définition de soi positive. A coté d'une pénalisation de ces actes particulièrement graves l'auteur propose donc la mise en place de politiques publiques sociales.

    J'ai apprécié lire ce très court livre par un auteur que j'aime consulter et suivre. Cependant, les arguments de l'auteur souffrent d'un développement très résumé. Une grande partie de ce que dit Laurent Mucchielli est un résumé de recherches antérieures de sa part ou de la part d'autres auteurs. Ce point s'explique par le but du livre. Ce n'est pas une recherche en sociologie mais un une enquête sur un scandale qui utilise un état de la recherche à l'époque dans ses arguments. Le livre est donc utile pour mettre en doute un certain discours mais peut frustrer certaines personnes qui souhaitaient en savoir plus.

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  • L'invention du naturel. Les sciences et la fabrication du féminin et du masculin sous la direction de Delphine Gardey et Ilana Löwy

    Titre : L'invention du naturel. Les sciences et la fabrication du féminin et du masculin41QSYEXJM4L._SL500_AA300_.jpg
    Directrices : Delphine Gardey et Ilana Löwy
    Éditeur : Editions des archives contemporaines 2000
    Pages : 227

    Quand on lit les journaux ou quand on écoute les émissions de TV on entendu souvent parler du naturel. La nature n'a pas prévu ceci ou cela et des études le montrent. La question du caractère construit de ces études est rarement posé. Et la caractéristique genrée est quasiment invisible. Le but de ce petit livre, fruit de deux journées d'études au Centre de Recherche en Histoire des Sciences et des Techniques, est d'examiner le caractère, si il existe, genré des sciences que celles-ci soient des sociales ou "dures".

    Le livre et les contributions sont divisées en trois parties. La première concerne les possibilités de recherches offertes par la perspective du genre en histoire des sciences. Ces perspectives sont résumées par quatre contributions. Celles-ci permettent de poser des questions sur le caractère naturel du corps et de la recherche. Cette dernière est-elle véritablement un moyen de comprendre et d'illustrer la nature ou est-ce une construction de la nature? Le corps est-il naturel ou plus ou moins construit selon les contextes scientifiques et culturels? Comment les différentes sciences ont-elles été construite en dehors d'un investissement des femmes à l'intérieur de celles-ci? Ces questions permettent de mettre en question la construction des recherches et l'idée que celles-ci réussissent à décrire la réalité. La science est une construction qui dépend d'un contexte aussi bien scientifique qui linguistique et politique.

    La seconde partie concerne plus spécifiquement les sciences humaines et sociales. Elle est aussi formée de quatre contributions. Ces dernières permettent de mettre en question la naturalisation des catégories sexuées dans différentes sciences sociales. Nicole-Claude Mathieu, par exemple, développe une étude de l'ethnologie et de l'oubli de la construction des genres dans les autres sociétés pour mieux expliquer un éternel féminin universel. Les deux dernières contributions, Anne-Marie Devreux et Ilana Löwy, étudient le célèbre livre de Bourdieu, La domination masculine, et ses effets. Elles considèrent que Bourdieu recrée une invisibilisation du rapport social de domination entre les sexes pour créer des femmes éternellement dépourvues en capitaux. Les femmes, chez Bourdieu, ne servent qu'à légitimer et augmenter les capitaux symboliques des hommes. Mais quid de la domination physique?

    La dernière partie examine la biologie. En effet, la biologie est probablement la science qui tente le plus de trouver la nature dans l'humanité. Les trois contributions classées sous cette partie examinent donc comment le sexe et la sexualité ont été construite dans l'histoire de la biologie. La première contribution est malheureusement trop courte et ne fait qu'effleurer la construction de l'homosexualité et de sa naturalité. La seconde et la dernière sont plus développées. Elles permettent de mettre en question la manière dont la science du biologique construit le naturel et réintroduisant une histoire. On y apprend que la question des sexes dans l'hérédité n'est pas simple qu'on ne le croit. Cynthia Kraus, dans la dernière contribution, nous démontre que la construction en deux catégories des sexes humains n'est pas si naturelle que cela. En effet, la biologie montre qu'il est plus compliqué qu'on ne le croit de diviser les humains dans ces deux catégories. Les différentes manières de créer cette division ne sont pas forcément pertinentes et ne se regroupent pas toujours. L'humanité serait donc plus compliquée que cela.

    Je le dis tout de suite, ce livre n'est pas le plus passionnant à lire. Certaines contributions sont particulièrement ardue et il m'est arrivé de m'assoupir de temps en temps. Cependant, je ne veux pas dire que les propos développés ne sont pas intéressants. Au contraire, les questions soulevées m'ont permis de me poser de nouvelles questions et de mettre en doutes certaines conceptions que je tirais de mes années d'école. La lecture de ces contributions m'a aussi permis de commencer une réflexion sur le caractère socialement construit du corps. C'est un point qui sera probablement largement combattu car il est difficile d'imaginer que le corps puisse être construit. pourtant, notre rapport à notre corps et à la manière de vivre à l'intérieur de celui-ci change selon e contexte historique et culturel. Cela peut-il aller plus loin?

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  • Les procès de Moscou par Nicolas Werth

    Titre : Les procès de Moscou51W4M3A3EWL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA300_SH20_OU08_.jpg
    Auteur : Nicolas Werth
    Éditeur : Éditions Complexe 1987 et 2006
    Pages : 223

    Nicolas Werth ne m'est pas totalement inconnu. J'ai déjà lu l'un de ces livres qui regroupaient plusieurs articles de sa part. Il a aussi été l'un des auteurs du fameux Livre noir du Communisme dont il ne soutient pas toutes les conclusions. Nicolas Werth est spécialiste de la répression en URSS. Mon intérêt envers ce type d'histoire ne pouvait donc que me mener en direction de ce petit livre un jour ou l'autre. L'auteur y développe les significations et le déroulement de trois grands procès publics qui ont eu lieu en 1936, 1937 et 1938. Ces procès ont été l'occasion de profondes incompréhension de la part du monde occidental et Werth tente aussi d'en comprendre les raisons. Le livre est divisé en quatre parties.

    La première partie est l'occasion, pour l'auteur, de revenir sur les procès eux-même. Qui sont les personnages impliqués et pourquoi sont-ils attaqués devant la justice? Ce bref exposé montre trois procès dont le but semble être essentiellement le spectacle. En effet, les aveux et les accusations s’emboîtent trop parfaitement pour être naturels. Les crimes imputés aux prévenus sont en contradiction bien trop importante avec leur passé pour être réaliste. Pourtant les pays occidentaux ne réussirent pas à mettre en place une critique de ces procès. C'est la question de la seconde partie du livre. Pourquoi la falsification des procès est-elle un impensable lors de leur déroulement? Outre la profonde incompréhension et le manque total d'informations sur l'URSS Nicolas Werth tente de montrer que le contexte joue un rôle important. En effet, il ne faut pas oublier que nous sommes dans une période de plus en plus tendue au niveau international. Les fascistes et les nazis s'agitent un peu partout dans le monde. Dans ce contexte l'URSS montre un exemple de système opposé aux régimes fascistes. Il y a donc trois groupes incapables de penser les procès. Les groupes proches des sphères fascistes ne pensent pas ils condamnent. Nous sommes ici dans un processus idéologique. L'ennemi doit être combattu sur tous les points. Les communistes, eux, ne peuvent pas se diviser face à l'URSS. En effet, comment critiquer le parti mère? Comment critiquer le seul pays à avoir réussi une révolution communiste? Les partis communistes sont donc tout autant incapable de penser les procès pour des raisons idéologiques. Reste les groupes de gauche radicale non communistes et les démocrates. Ces groupes ne veulent tout simplement pas diviser la lutte face au fascisme. C'est ce dernier qui est l'ennemi à combattre et toutes formes de divisions ne peut que lui être favorable.

    La troisième partie s'intéresse aux raisons internes des procès. Car des événements si fortement mis en scène ont forcément un but. Quel est-il? Pour le comprendre Werth s'intéresse au contexte économique et politique de l'URSS durant la période de l'entre-deux guerre. Le pays se trouve en pleine transformation. L'industrialisation et la croissante extrêmement forte que souhaite Staline et donc le parti sont critiqués mais, surtout, e fonctionne pas. Le pays est durablement déstabilisé économiquement. C'est dans ce contexte que se préparent et s'inscrivent les purges successives initiées par Staline contre les petits dirigeants. Mais celle-ci ne peuvent que déstabiliser encore plus le pays. Alors qui sont les coupables? La mise en place de procès qui crée un complot à l'échelle nationale permet de mettre en place des ennemis. Il devient nécessaire de surveiller ses voisins et de dénoncer les ennemis qui se sont infiltrés dans tout l'appareil du partis et du pays. Car c'est à cause d'eux que le plan stalinien n'atteint pas son but. Ce complot est matérialisé par des catégories de personnes et par les inculpés de trois grands procès de 1936 à 1938. Enfin, dans une dernière partie, Nicolas Werth tente de comprendre pourquoi et comment les accusés ont avoué. Il met en évidence un long processus de défaite de la part de ces personnes. Il pense qu'il y a probablement aussi un processus de "complot" entre le juge et le jugé. L'un accepte de se calomnier en échange de quelque chose d'autre. Une autre explication concerne aussi le besoin, pour ces personnes, de rester dans le parti pour lequel ils ont lutté toute leur vie.

    Au final que penser de ce livre? À mon avis, c'est une intéressante synthèse des différents travaux qui étudient cette période. Nicolas Werth permet au lecteur de se faire une idée claire des raisons du procès mais aussi de leur effet aussi bien en URSS qu'en occident. On peut déplorer des passages rapides sur certains points et un manque d'informations sur d'autres. Les lecteurs qui, comme moi, ne sont pas familier des querelles idéologiques des dirigeants élevés de l'URSS risquent de passer à coté de certaines explications. Mais un exercice de synthèse implique nécessairement ce type de manques. J'ai aussi beaucoup apprécié les annexes. Celles-ci sont constituées d'extraits de sources. Leur lecture permet donc d'entrer de manière plus intime dans la période et dans l'esprit de ceux qui les ont rédigés. Au final, un livre synthétique agréable à lire et intéressant.

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  • Pester Power par Cory Doctorow

    Titre : Pester Power
    Auteur : Cory Doctorow
    Éditeur : Site de l'auteur

    "Et si". C'est un peu de cette manière que Doctorow construit ses histoires. Dans le cas présent cette (très) courte nouvelle pose la question: Et si on tentait de créer une Intelligence Artificielle? Comment si prendrait-on? Quelles seraient les conséquences? Doctorow nous montre le procès d'une femme accusée de spamming. Mais derrière cette accusation se cache un problème plus important. En effet, pourquoi mettre une jeune étudiante spammeuse dans un quartier de haute sécurité? Pourquoi le DHS (Department of Homeland Security) tente de l'extrader dans des prisons secrètes? Peut-être y a-t-il plus derrière cette affaire que son avocate ne le pense. Et si elle avait créé une AI?

    Comme souvent Doctorow me frustre dans cette nouvelle. Il commence par décrire un problème intéressant puis il passe rapidement sur le contexte et ne termine pas l'histoire. Je crois que c'est la raison principale qui explique pourquoi je ne sais pas encore si j'apprécie vraiment Doctorow. Je déteste qu'on m'offre une idée d'histoire exaltante pour me laisser sur ma faim. C'est la raison pour laquelle je ne sais souvent pas vraiment comment commenter les nouvelles de Doctorow. Il ne développe pas assez ses histoires pour que je puisse mettre en place un commentaire un peu plus intéressant. Néanmoins, je trouve que l'idée que les AI puissent être dérivées des spams est intéressantes. En effet, ces robots fonctionnent automatiquement pour passer outre des barrières de plus en plus compliquées. Et si une forme d'intelligence s'y développait?

  • "J'accuse" par Emile Zola

    Titre : "J'accuse"arton90.jpg
    Auteur : Emile Zola
    Éditeur : Éditions de Londres
    Pages : 24

    Voici, peut être, le texte politique le plus célèbre de France. La lettre ouverte qui devint le symbole d'une erreur judiciaire et d'un combat antisémite violent. L'affaire Dreyfus a pris une telle importance que personne, à ma connaissance, n'en a jamais entendu parler. Dreyfus est un capitaine de l'armée française dont le tort a été d'être juif. Alors que l'armée cherche un traitre dans ses rangs elle croit l'avoir trouvé en la personne de Dreyfus. Mais les preuves sont loin d'être convaincantes et les discours antisémites se sont multipliés. C'est aussi une affaire qui a vu les intellectuels français, de gauche comme de droite, multiplier les prises de positions en faveurs ou contre Dreyfus.

    Zola, dans cette célèbre lettre, prend brutalement position pour le capitaine. Il tente de comprendre et d'illustrer comment cette erreur judiciaire s'est constituée. Il pense que la principale cause se trouve dans la personne chargée de faire l'enquête et de faire condamner Dreyfus. Cet homme aurait créé une affaire en laissant son imagination vagabonder et il aurait, par cela, laisser échapper le vrai coupable. Mais les généraux sont aussi coupables par leur inaction et leur refus d'innocenter un homme quand les preuves ne pouvaient que mener à cette conclusion. Zola y fait aussi une prophétie: l'affaire Dreyfus sera une tâche indélébile sur l'histoire de la troisième république française. Il avait raison.

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  • De l'horrible danger de la lecture par Voltaire

    Titre : De l'horrible danger de la lecturearton221.jpg
    Auteur : Voltaire
    Éditeur : Éditions de Londres
    Pages : 16

    Voici un très court texte écrit par Voltaire en 1765. Il décrit une décision d'un fonctionnaire de l'Empire Ottoman suite à la découverte de l'imprimerie. Les décisions sont radicales. L’imprimerie est fortement condamnée à cause de sa capacité à faire circuler et à diffuser des idées qui pourraient ne pas être en accord avec les théories officielles. Comme toujours, quand un auteur du XVIIIe parle de l'Empire Ottoman il veut parler de la France.

    Mais ce qui est intéressant, mis à part le texte lui-même, c'est la raison pour laquelle les Éditions de Londres ont édité, et fournissent gratuitement, un si petit texte? Cette maison d'édition publie seulement des livres numériques. Il y a de nombreux débats sur ce mode de lecture. Certains ont peur pour la culture. D'autres ont peur pour les auteurs. Et enfin on peut avoir un certain scepticisme face à ce changement de support. Le papier n'est-il pas beaucoup plus agréable? Ces critiques mènent à dénier tout caractère de lecture au support numérique quand on décide d'atteindre la plus extrême des pensées.

    Mais ce que le livre numérique offre, et les Éditions de Londres le disent aussi, c'est la possibilité de diffuser de manière large et rapide des ouvrages et des idées. La connaissance peut atteindre des individus qui ne sont pas les cibles habituelles des éditeurs. C'est, d'ailleurs, aussi l'un des arguments de Doctorow.

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  • Power Punctuation par Cory Doctorow

    Titre : Power punctuation
    Auteur : Cory Doctorow
    Éditeur : Site de l'auteur

    Nous sommes quelques années après notre époque. Un jeune homme travaille dans une grande compagnie responsable de la gestion des déchets papiers de nombreuses entreprises. Elle doit en disposer avec sureté et confidentialité. Ce jeune homme, Jap, est un employé consciencieux. Il est l'un des meilleurs et reçoit de nombreux avis positifs sur son travail. Mais un jour il surprend son collègue en train de lire un document. Est-ce un espion? Il a tout de suite la certitude. Mais c'est pire. Cet homme est le fondateur de l'entreprise dont il garde la charge. Et après avoir vu le travail de Jap il décide de le prendre sous son aile et de lui offrir une promotion. Mais pourquoi?

    Cette nouvelle est bien plus intéressante que la précédente. Elle offre de nombreux thèmes à une analyse possible. Je me contenterais de les présenter. Le premier thème est Big Brother. Jap vit dans une entreprise qui contrôle sa vie du début à la fin. Il possède une montre qui lui offre des feedbacks sur son comportement au travail et dans sa vie personnelle. Cette montre contrôle donc tous les aspects de sa vie en lui ordonnant quoi faire à quel moment. Ce contrôle s'inscrit dans le comportement de Jap qui cherche l'approbation de cette machine. Accepterait-on si facilement un tel envahissement de notre espace privé? Je pense qu'il ne faudrait pas longtemps pour que cela soit le cas. Pour que l'on perde le contrôle de la technologie et qu'elle nous contrôle. Le second thème concerne le pouvoir. Dans cette histoire certains hommes ont énormément de pouvoir. Ils peuvent tout savoir sur vos activités et votre histoire intime. Ils peuvent influer sur vos salaires et bonus ainsi que votre carrière. Que cela fait-il de se trouver avec autant de pouvoir dans les mains? Une sensation de puissance probablement. Mais quand vos décisions peuvent tuer est-ce si facile d'avoir ce pouvoir? C'est une question intéressante que développe Doctorow ici.

  • Pourquoi sommes-nous anarchistes? par Elisée Reclus

    Titre : Pourquoi sommes-nous anarchistes?
    Auteur : Elisée Reclus
    Éditeur : Éditions de Londres
    Pages : 13

    Ce texte est très court. Si on ne prend pas en compte la préface et la notice biographique il fait moins de 5 pages. Nous n'y trouverons donc pas un examen argumenté de l'anarchisme et de ses buts. Non, ce que nous offre Reclus n'est même pas un programme. C'est une réponse à une question. Cette réponse ne peut pas être considérée comme un appel à tous les anarchistes de suivre son idée. Alors pourquoi être anarchiste? Parce que nous sommes révoltés? Parce que nous sommes jeunes? Parce que nous n'aimons pas l'état? C'est plus compliqué que cela. Nous sommes anarchistes parce que nous souhaitons la justice. Nous vivons dans un monde qui n'est pas égalitaire ni juste. De nombreux arguments peuvent soutenir cette thèse. L'anarchisme c'est vouloir créer un monde égalitaire et juste dans lequel la liberté est donnée à chacun. Mais doit-on attendre? Reclus pense que la société se dirige, évolue, vers un changement de paradigme. Cependant, le changement devra se faire par une révolution et non par l'attente longue. Bref, être anarchiste c'est être en lutte pour l'humanité. Du moins si on décide de suivre Reclus.

    Alors que penser de ce très court texte? On retrouve certaines idées phares de Reclus cependant ce ne sera pas le texte le plus intéressant de vos lectures. C'est surtout une profession de foi. Elisée Reclus nous annonce croire en l'anarchisme et en son programme. Il explique pourquoi il suit cette doctrine mais il n'examine ni la doctrine même ni sa faisabilité. Bref, un texte court mais intense qui ne convaincra que les convaincus. Et parfois il le faut. Mais d'autres souhaiterons peut-être avoir un texte plus substantiel pour comprendre l'anarchisme. Quel quel soit la position idéologique de cette personne.

    Image: Éditeur

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  • Liberation Spectrum par Cory Doctorow

    Titre : Liberation Spectrum

    Auteur : Cory Doctorow
    Éditeur : Site de l'auteur

    Un bus roule au Canada. Peut.être que ce sont des campeurs? des touristes venus voir le beau paysage canadien? L'envie de quitter l'atmosphère étouffante des villes pour un peu de campagne? Non, c'est un bus qui conduit le CEO d'une entreprise et ses investisseurs en dehors du Canada après une campagne désastreuse. Cette entreprise n'est pas tout a fait la même que celles à laquelle nous sommes habitués. Son but est de vendre une radio intelligente permettant le transfert rapide et gratuit de données. Mais que risque-t-il de se passer quand ce sont des amérindiens qui décident de mettre en place ce réseau sur leur territoire? Des tensions sont à attendre. Et que se passe-t-il quand le CEO et fondateur risque de se faire évincer? La encore, des tensions risquent de se montrer.

    Cette nouvelle est probablement l'une des moins intéressantes à ce jour. On y trouve de la technologie et des luttes sociales comme c'est souvent le cas avec Doctorow. Mais l'histoire est de plus décousue. On ne comprend pas vraiment ce que fait ce CEO dans ce bus qu'il semble tant aimer. On ne sait pas vraiment quelle est l'entreprise avant un certain nombre de pages. Plus important encore, cette histoire me semble largement inachevée. Qu'est-il arrivé aux amérindiens? Pourquoi les autorités n'apprécient-ils pas la technologie mise en place dans leur territoire? Il y a de nombreux sous-entendus mais rien de certain. Bref, cette nouvelle me laisse un goût d'inachevé alors qu'elle aurait pu être intéressante.

  • L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique par Elisée Reclus

    Titre : L’évolution, la révolution et l’idéal anarchiquethumbnail.png
    Auteur : Elisée Reclus
    Éditeur : Efele
    Pages : 106

    Je continue avec Elisée Reclus. Cette fois je me suis intéressé à un texte un peu plus long que d'habitude puisqu'il fait 100 pages. Le livre a été originalement publié en 1902 soit peu de temps avant la mort d'Elisée Reclus. Quel est le discours de l'auteur? Le titre du livre permet déjà d'en savoir un peu puisqu'il sera développé dans le livre. Celui-ci permet à Reclus de faire une analyse des termes évolutions et révolutions mais surtout d'expliquer en quoi ceux-ci s'appliquent au mouvement de luttes des travailleurs vers un système anarchiste?

    Pour Reclus l'évolution et la révolution sont deux aspects d'un même processus. La différence qui existe entre eux consiste surtout de la condamnation morale qui est faites des révolutions et du temps impliqué. L'évolution serait acceptée et plus lente que la révolution qui est, elle, particulièrement condamnée. Mais surtout, la révolution étant une forme d'évolution elle est inévitable. Tous les événements du monde amènerait une révolution nécessaire et proche. Mais quels sont les forces capables de mettre en place cette révolution? Selon Reclus on ne doit pas croire les élites ou les personnes qui souhaitent mettre en place un système politique possédant une autorité. Ceux-ci seront nécessairement corrompus. Reclus développe aussi une analyse des institutions. Selon lui, et il rejoint en cela certains sociologues plus tardifs, les institutions évoluent aussi mais vers une direction de plus en plus mauvaise. Selon l'auteur les institutions et ceux qui y travaillent deviennent rapidement des parasites qui ne peuvent structurellement pas se remettre en cause. C'est donc une force de réaction. Enfin, Reclus tente de faire le bilan des dernières luttes et de leurs réussites et échecs. Au final nous avons un livre qui développe une vision globale intéressante des luttes sociales de son époque.

    Image: Éditeur

  • Argo

    Nous avons la chance d'avoir eu deux semaines avec des sorties de très bon films (et non je ne parle pas de Twillight! Si vous aimez Twillight sortez d'ici et ne revenez jamais sauf pour faire de plates excuses à l'humanité et à la littérature!). Ces deux films sont Looper et Argo. Je vais commencer par présenter, du mieux que je le peux, ce dernier film. Je parlerais donc de Looper plus tard.

    L'intrigue du film prend place dans les années 70 alors que l'Iran s'est débarrassé du Shah qui s'est lui-même réfugié aux USA. Ce statut a le don d'énerver considérablement le peuple d'un pays qui a souffert la torture et l'oppression d'un tyran mis en place par les forces occidentales pour des raisons bassement économiques. Les iraniens manifestent tous les jours devant l'ambassade des USA qui continue, tant bien que mal, de faire son travail. Mais un jour les choses vont plus mal que prévu et les manifestants force le passage dans l'ambassade. Les employés sont pris en otage et inaugurent une période de forte tension diplomatique. Mais six personnes ont réussi à s'échapper et à se réfugier dans l'ambassade du Canada. Alors que les iraniens tentent de retrouver les traces administratives de tous les employés la CIA essaie de mettre en place un plan pour évacuer ces six personnes. Une idée un peu folle commence à voir le jour. Et si on montait un faux film de science-fiction?

    Cardiaques et personnes sujettes aux stress abstenez vous! Ce film magistralement joué et dirigé crée une tension intense chez le spectateur. En fait, il est rare que je ressente aussi fortement une tension quand je regarde un film. Mais avec celui-ci j'ai bien cru m'évanouir plusieurs fois à cause du stress ambiant. Mis à part avoir réussit à nous faire ressentir cette émotion le réalisateur a aussi particulièrement bien mis en place le contexte. Que ce soit en Iran ou l'on ressent très fortement le chaos ambiant et la peur des citoyens face à un nouveau pouvoir qui n'a pas à répondre de ses activités ou à Hollywood et son atmosphère de trahisons et d'artificialité assumée. Le réalisateur a aussi réussit à ajouter de petits cotés comiques dans un sujet dramatique. Cette réunion ou des idées d'exfiltration farfelues sont proposées me restera toujours en mémoire. Mais aussi Hollywood et les répliques qui sont à la limite de la moquerie. Bref, un superbe film. Donc ne perdez pas votre temps à me lire allez plutôt le voir vous ne le regretterez pas!

    Image: Allociné

    Site officiel

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  • Human readable par Cory Doctorow

    Titre : Human readable
    Auteur : Cory Doctorow
    Éditeur : Site de l'auteur

    Deux amoureux dans une voiture. Le trafic se fait dense et aucun des deux ne sait ou se diriger alors que toute la famille attend de l'autre coté de la ville. Ça ressemble à une histoire vécue non? La différence c'est que nous nous trouvons près de 20 ans dans le futur. L'industrie qui se basait sur le copyright est morte. Le réseau internet est devenu bien plus étendu depuis qu'une nouvelle forme de code est mise en place. Mais le monde commence à connaître des pertes de réseau catastrophiques. Car dans un monde ou le réseau se trouve partout et sur lequel nous avons appris à nous appuyer son absence ne peut que mener à des morts. Il est donc nécessaire de le réformer pour que l'humanité puisse comprendre comment fonctionne le réseau.

    Cette nouvelle pose une question importante. Comment créer un réseau efficace tout en réussissant à le rendre compréhensible pour l'être humain dans un but démocratique. C'est un problème difficile à répondre. D'un coté nous avons la demande d'un réseau automatique capable de se gérer seul et de créer des informations sans activités humaines. De l'autre nous avons les normes que la démocratie est censée posséder. Le droit pour chacun de savoir qu'il possède un usage égale du réseau pour ses activités. Qu'il n'est pas volontairement censuré dans l'usage des outils de communications. Et que chaque individus a le droit à avoir un intervenant humain en face de lui en cas de poursuites judiciaires plutôt qu'une intervention informatique automatique. Cette nouvelle tente de relier les deux positions en dépeignant une bataille juridique entre deux lobbyistes devant le système politique américain.

  • La peine de mort par Elisée Reclus

    Titre : La peine de mortarton80-f9695.jpg
    Auteur : Elisée Reclus
    Éditeur : Éditions de Londres
    Pages : 17

    Un petit texte gratuit qui a été prononcé à Genève devant le parlement en 1879. Il semblerait que Genève se posait la question de rétablir la peine de mort alors qu'elle avait été abolie. Je ne sais pas comment Elisée Reclus a été invité mais il a pu donner ses impressions devant les députés. Comment Reclus considère la peine de mort? Il pense que celle-ci est une vengeance sur les pauvres. En effet, qui met en place cette mesure? Principalement des princes tyranniques qui refusent le droit à la parole libre et qui haïssent les crimes portés contre leur personne. Les crimes privés, eux, seraient punis bien moins sévèrement. Mais se poser la question de la punition du crime demande nécessairement de se poser la question de l'origine du crime. Ici Reclus répond comme l'homme de gauche qu'il est. Avant de vouloir punir un homme ou une femme pour leurs crimes il faut aussi examiner la manière dont la société les a traité. Est-ce que chacun a eu une chance égale au début de sa vie? Ou est-ce que la misère les as poussé au crime? Reclus pense que la criminalité n'existera pas dans un monde anarchiste. Ou, du moins, que ceux que nous nommons criminels seront soit soignés soit employés comme héros dans des lieux difficiles.

    La peine de mort est un sujet qui revient souvent sur la table. De nombreux pays continuent de la pratiquer et, de temps en temps, un projet plus ou moins avancé vise à son retour. On a tous entendu parler de personnes dont les crimes particulièrement atroces peuvent justifier la mort. Mais est-ce le rôle de la société via ses organes de justice de donner la mort? Personnellement je pense que non car je considère que la justice n'a pas comme mission de venger. Mais je sais aussi comment je réagirais si je me trouvais face à certaines personnes... La réponse de Reclus envers le crime est plus difficile à accepter. L'auteur a une vision très utopiste de la criminalité. Bien que je soies tout a fait d'accord qu'il existe des facteurs socio-économiques qui expliquent la criminalité et qu'il est légitime d'agir sur eux je sais qu'il y a une autre composante importante. Au final nous sommes des êtres humains. Même si le contexte socio-économique a une influence sur nous il ne faut pas oublier qu'en dernier lieu il y a un choix. Celui-ci peut être plus ou moins contraint mais reste un choix. Considérer que c'est la société qui crée le crime est à la fois vrai et utopiste. Oui certains crimes sont nés par un choix social (je pense par exemple aux lourdes peines qui attendent les "pirates" dans certains pays) mais d'autres sont une violation des droits fondamentaux des êtres humains concernant leur intégrité psychologique et corporelle.

    Image: Éditeur

  • Scroogled par Cory Doctorow

    Titre : Scroogled
    Auteur : Cory Doctorow
    Éditeur : Site de l'auteur

    Un homme rentre de vacances. Comme tout le monde il attend de passer les tests de sécurité à l'aéroport. Mais ceux-ci prennent plus de temps que d'habitude. Que se passe-t-il? Il semblerait, si les personnes qui se trouvent devant lui ont raison, que les procédures de sécurité aient changé. Maintenant les employés lisent très attentivement les profils google des voyageurs pour trouver des anomalies ou des suspects. Le profil de Greg n'était pas très clair il est envoyé dans une salle d’interrogation et apprend qu'il est maintenant devenu une personne d'intérêt surveillée et fichée de manière permanente. Mais que s'est-il passé?

    Je l'ai déjà dit, Doctorow est très bon quand il faut parler des problèmes de surveillance. Ici il a décidé de s'intéresser plus spécifiquement à Google. Vous avez tous entendu de google. Mais il est rare que l'on se rende compte à quel point cette entreprise est puissante. Google se trouve partout. L'entreprise peut analyser vos mails, analyser vos recherches, suivre vos activités sociales, ... Même facebook est moins présent que google sur internet (je vous conseille d'utiliser ghostery c'est impressionnant google est vraiment partout). Google reçoit et analyse une masse énorme d'informations. Mais alors que se passerait-il si l'entreprise abandonnait sa volonté de ne rien faire de mal et décidait de se mettre à surveiller les personnes et à offrir les analyses au monde entier? C'est ce que Doctorow tente de montrer dans cette nouvelle.

    La première chose à en sortir c'est que google ne le ferait pas sans que cela implique une quantité considérable d'argent. Et c'est bien le problème puisque la surveillance est un secteur de plus en plus florissant. Le second point important de ce texte c'est la manière dont google pourrait surveiller les individus. Doctorow montre bien que celle-ci se ferait selon une déviation face à une norme statistique. Et cette déviation permettrait ensuite de vérifier de manière plus scrupuleuse des personnes directement ciblées. Doctorow montre ensuite que cette surveillance par google permettrait aussi, et surtout, de montrer que nous sommes tous des criminels. Chacun de nous avons un lien avec des activités illégales ou qui frôlent avec les limites de la légalité. Peut-être parce que nous sommes proches de personnes qui agissent illégalement? Peut-être aussi parce que les lois ont changé? Simplement une plaisanterie qui peut être mal interprétée? Bref, nous pouvons tous être considéré comme des criminels si une institution décide de s'intéresser plus particulièrement à nous. Enfin, Doctorow montre aussi que cette surveillance permanente et désincarnée impliquera un sentiment de malaise et de faiblesse. Comment se défendre? Essayer d'argumenter contre le système ne pourrait que valider un profil de contestataire qui, ensuite, nous suivrait notre vie entière. Comment se sentir bien quand on a quelqu'un qui observe ce que l'on fait à longueur de temps? Le stress pourrait bien donner des envies de suicides. Mais aussi comment une démocratie pourrait fonctionner si n'importe quel politicien peut voir sa carrière détruite par une entreprise aussi puissante que google? Ce sont des questions extrêmement importantes pour notre futur. Je suis convaincu que nous entrons dans un croisement des chemins. Nous avons le choix d'entrer ou non dans un monde de surveillance massive et de normalisation des personnes. Malheureusement les voix critiques sont rares et le processus est déjà engagé.

  • L'anarchisme et l'église par Elisée Reclus

    Titre : L'anarchisme et l'église
    Auteur : Elisée Reclus
    Éditeur : Éditions de Londres
    Pages : 24

    Je continue à liure Elisée Reclus pour encore un petit moment. Dans ce petit texte Reclus examine les besoins de la lutte contre l'église. Attention, Reclus commence par dire que même si il souhaite une lutte contre l'influence de l'église et qu'il considère qu'un système anarchiste ne peut exister avec une religion il n'appelle ni à la destruction des biens de l'église ni à la haine face aux croyants. Non, il demande deux choses. Tout d'abord, il est nécessaire de baisser drastiquement l'influence de la religion dans la vie des citoyens. Car la religion produit le principe d'autorité. Mais aussi parce que la religion amasse des sommes considérables d'argent qui pourraient être rendus au bien commun. Reclus demande aussi d'éduquer les personnes dans une forme d'esprit critique. Il ne faut pas mettre en place une société construite par une minorité face à une majorité. Au contraire, l'anarchisme implique que tous suivent le mouvement de manière égalitaire. Mais pourquoi est-il nécessaire de supprimer la religion? Selon Reclus celle-ci, est en particulier l’église catholique, seraient enfermés dans une logique de négation du progrès humain. Les églises ne pourraient que demander un retour en arrière vers un système politique déchu. L'église serait incapable de construction.

    Les anarchistes classiques ont souvent une réputation d'anti-cléricalisme extrême. Il est vrai que l'anarchisme ne fonctionne pas vraiment bien avec l'idée de religion. Car la religion a tendance à mettre en place un ordre du monde particulier basé sur des considérations morales construitent durant l'histoire. Cependant, cela ne veut pas dire qu'être anarchiste implique de haïr les hommes d'église. Reclus montre bien qu'il est contre tout idée de haine et de vengeance. Il souhaite une éducation. Et l'effet est très différent. Reclus n'est donc pas l'un de ces anarchistes fondamentalement opposés à toute idée de croyance. Ce qui ne l'empêche pas de pointer du doigt les inadéquations de l'église officielle et son manque de capacités à se réformer et à accepter les changements de la société. Reclus aurait presque pu écrire un essai sur la décadence inévitable de la croyance. Mais aurait-il eu raison? Croire est-il véritablement mauvais?

    Image: Éditeur

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