Film - Page 5

  • Green Room

    Un groupe de rock, les Ain’t Rights, sans le sous se rend dans une petite ville de l'Oregon. Mais ce qui devait être un concert devant des fans du genre devient une interview foireuse et un bar local. C'est une catastrophe qui ne rapport que 6 dollars par personnes. Cependant, la personne qui les a invités pense être capable de leur trouver une autre salle de concert avant leur départ définitif. Cette salle est perdue dans la forêt. C'est un bar à skinheads nazis. Bien que le groupe ne soit pas forcément très heureux du lieu ils réussissent à se faire accepter durant leur performance. Malheureusement, ils sont témoins d'un meurtre au moment même où ils partaient. Ils sont enfermés dans une petite salle alors qu'ils se rendent de plus en plus compte qu'ils pourraient ne pas s'en sortir.

    Ce film provient du même auteur que Blue Ruin. Ce dernier nous offrait la croisade de vengeance d'un homme face à la famille qui a tué son père. Dans Green Room les choses sont différentes. Les personnages ne voyagent pas. La majeure partie de l'intrigue se déroule dans le bar et même dans une seule salle. Les personnages sont des rockeurs un peu perdus et sans attache qui doivent trouver un moyen de survivre et de comprendre ce qui se déroule. Le film commence donc très gentiment sans aucune menaces (ou presque). Ce n'est qu'au fil du temps que les problèmes se précisent. Les ennemis, eux, sont des gros bras qui essaient de se rendre important en suivant une idéologie qui leur permette de se sentir valorisé. L'exemple parfait est celui du gérant qui, en fait, s'en fiche un peu et tente seulement de gérer le bordel de la situation. Seul le chef est vraiment inquiétant. Il est magnifiquement joué par Patrick Stewart très calme et stoïque. Green Room est un très bon film. Cependant, la réalisation n'hésite pas à user du gore sans mesure. Certaines scènes sont horribles. Ce film n'est donc pas destiné aux âmes sensibles (et Pathé l'interdit aux moins de 16 ans tout en suggérant 18 ans)

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    ***** L'auteur de Blue Ruin signe un nouveau très bon film. Cependant, il faut se préparer à des images difficilement soutenables.

    Images : Allociné

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  • Batman VS Robin

    Batman VS Robin se déroule chronologiquement après le film animé Son of Batman. Dans ce dernier on apprenait que Bruce Wayne a un fils avec Talia Al Guhl : Damian. Après quelques péripéties Damian décide de s'attaquer aux assassins de Deathstroke afin de se venger. Mais il revient dans la vision de son père et ne tue pas son ennemi. Batman VS Robin se déroule quelque temps plus tard. Damian a volé la batmobile afin d'enquêter sur des enfants enlevés. Alors qu'il combat le kidnappeur il rencontre une figure qui porte un masque de hibou. Ce dernier est un talon, un assassin de la cour des hiboux qui règne sur Gotham. Alors que la cour s'attaque à Bruce Wayne et à Batman Damian, lui, est séduit par Talon afin de suivre son instinct de tueur. La relation entre Bruce et son fils pourrait bien ne pas en sortir intacte.

    Quand on regarde un film animé DC on sait que l'on n'aura pas quelque chose de bien poussé. Ce sont souvent des adaptations d'intrigues plus poussées dans la version papier et transformées afin de donner un peu plus de place à l'action. L'intrigue de ce film emprunte à la fois au premier tome de Batman et Robin et à l'arc de la cour des hiboux publié en deux tomes. L'intrigue se concentre donc à la fois sur la lutte de Bruce pour garder le contrôle de Gotham et sur la tentation que subit Damian ainsi qu'à une relation difficile avec son père et son fils adoptif, Dick Grayson. Les intrigues sont très concentrées en perdent une grande partie de la substance des comics. Les deux points de l'intrigue sont trop importants pour être traités en aussi peu de temps et chacun vole à l'autre le temps nécessaire pour devenir vraiment intéressant. C'est donc un film dans la veine des animés DC : une bonne façon de passer le temps.

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    *** Sympathique mais l'intrigue perd tout ce qui rend les comics géniaux.
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    Image : Allociné

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  • Sherlock: The abominable bride

    Il y a deux ans que nous n'avions pas vu Sherlock sous les traits du magnifique (avec la non moins sublime voix) Benedict Cumberbatch. Il faut dire qu'il est un peu occupé à devenir une super star qui apparait dans toutes les grosses productions actuelles. On devra attendre encore un an avant de retrouver Sherlock sur la BBC. Cet épisode est donc un épisode spécial du nouvel an destiné à combler un trou. Il se déroule au XIXe siècle à Londres. Sherlock est toujours un détective de génie tandis que Watson décrit pour un journal local les aventures de son compagnon. Le mystère du jour est celui d'Emelia Ricoletti. Cette femme s'est suicidé d'un tir dans la tête après avoir tiré dans la rue à plusieurs reprises. Le problème c'est qu'elle revient d'entre les morts afin de se venger de son mari. Pire encore, de nombreux autres hommes meurent sous ses coups. La terreur s'empare de Londres alors que la rumeur d'un fantôme vengeur se répand. Il n'y a que Sherlock qui peut expliquer ce qui se déroule.

    Spoiler alert. Que se passe-t-il quand Moffat essaie d'être intelligent et souhaite nous faire partir en conjoncture ? Eh bien il se déroule un épisode spécial particulièrement confus. Ce n'est pas qu'il est mauvais mais il y a tellement de mouvements dans la réalité que l'on se demande si on comprend vraiment ce que l'on est en train de regarder. Est-ce la réalité, le rêve, un rêve dans un rêve ou la réalité d'un rêve éveillé ? L'intrigue nous emmène en plein dans l'esprit de Sherlock alors que ce dernier essaie de résoudre le retour de Moriarty en essayant de résoudre un ancien crime qui n'a jamais été résolu. Donc Sherlock se créer une nouvelle histoire. Outre cela, cet épisode est aussi l'occasion de mieux montrer comment fonctionnent les relations que possèdent Sherlock. Alors que Watson est de plus en plus furieux on nous présente un Mycroft qui donne presque l'impression de s'inquiéter. Pourrait-on penser que Moffat va tenter de parler du problème d'addiction de Sherlock dans les prochains épisodes ? La réalisation n'est pas mauvaise. On apprécie retrouver nos acteurs et actrices dans un nouvel environnement. Certaines caractéristiques de la série sont modifiées pour coller à l'esprit du temps (j'ai particulièrement aimer les dépêches de presse en suspension). Moffat essaie aussi de démontrer qu'il connait les critiques qui le vise, en particulier en ce qui concerne l'écriture des personnage féminins, et qu'il les comprend. Malheureusement, les dialogues qu'il écrit, bien que drôle, ne vont pas plus loin qu'une déclaration d'intention qui s'apparente à peine à de l'autocritique. Les femmes restent au second plan tandis que les hommes sauvent le monde.

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    *** Un scénario confus et parfois difficile à comprendre. Il manque un petit quelque chose pour en faire un vrai bon épisode à la hauteur des saisons 1-3.
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  • Shaun of the dead

    Londres, Shaun a 30 ans. Il est un petit employé senior dans un magasin d'électronique local. Sa vie se divise entre sa maison, dans laquelle vivent ses deux colocataires dont Ed qui est resté dans l'adolescence, le travail, dans lequel il subit les moqueries des jeunes employés, et le Winchester, un pu dans lequel il passe toute ses soirées avec sa petite amie Liz. Mais cette dernière n'est pas très heureuse de ne rien faire d'autre que de passer la soirée dans un seul et unique pub. Leur relation est sur la corde raide. De plus, Shaun a un beau-père qu'il n'a jamais apprécié. Shaun n'a rien réussi et ne fais attention à rien. C'est à peine s'il remarque l'apparition de comportements étranges dans le voisinage. Ce n'est qu'après plusieurs jours que la réalité le frappe de plein fouet. À ce moment il décide de reprendre sa vie en main et d'aller sauver les personnes qu'il aime. Cependant, personne ne lui fait confiance.

    Ceci est le second film de la trilogie corneto. Le premier parodie les films d'action, le dernier parodie la SF et celui-ci parodie les films d'horreur. Il y a toutes les briques d'un film d'horreur classique : le héros inattendu, le groupe d'amis face à un péril inconnu et monstrueux, les indices que personne ne remarque, la nuit et les tensions entre les personnes. Mais Shaun of the dead parodie tout cela. On peut donc s'attendre à ce que certaines scènes classiques ne fonctionnent pas comme d'habitude et ça marche très bien. Il y en a un exemple parfait vers le début du film alors que Shaun continue sa vie comme si de rien n'était tandis que le spectateur remarque tout ce que Shaun ne voit pas. Bref, vous aimez les zombies ? Vous aimez l'humour anglais et leurs situations absurdes ? Vous devriez regarder Shaun of the dead.

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    ***** Le seul film de zombies dont je n'ai pas peur.

    Image : Allociné

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  • Truth

    Nous sommes en 2004. George W. Bush est en pleine campagne pour sa réélection. Le thème de l'armée s'est imposé alors que les USA vivent une guerre difficile. C'est dans ce contexte que Mary Mapes décide de produire une enquête sur la carrière du président dans la garde aérienne nationale du Texas. Son enquête lui permet de mettre en plein jours des documents dévastateurs pour le président. En effet, il ne serait pas entré dans les bases. Pire, il aurait évité l'envoi au Vietnam grâce à ses relations. CBS diffuse extrêmement rapidement l'enquête avec des interviews menées par son présentateur star : Dan Rather. Cependant, le soir même de la diffusion les blogueurs se déchainent et mettent à jours de nombreux problèmes avec les documents. Ceux-ci pourraient être faux et Mary Mapes et son équipe doivent maintenant défendre leur travail ainsi que s'inquiéter de l’authenticité de leurs documents.

    Spotlight montrait comment une équipe de journalistes d'investigations travaillaient pendant plusieurs mois afin de mettre à jours des abus sexuels dans le cadre de l’église catholique. Truth montre comment une équipe de journaliste d'investigation de la TV travaillent dans l'urgence afin de monter un sujet. Le premier film montre une réussite celui-ci montre un échec. Le film prend clairement le parti de Mary Mapes car il se base sur son propre livre. Je commence donc par dire que j'aurais aimé en savoir plus sur les problèmes qu'a connu l'enquête. En effet, il me semble que cette affaire montre une investigation qui s'est très mal passée. En l'état, on sait surtout que les documents posaient de nombreux problèmes. En effet, ceux-ci sont des copies et non des originaux et leur provenance et très douteuse. L’authentification n'a donc pas pu avoir lieu dans les règles de la science.

    Ce film essaie aussi de montrer ce qui arrive quand une personne devient une cible. Il échoue un peu en cela mais le gamergate est passé par là. En effet, Mary Mapes est questionnée sur tous les aspects de sa vie aussi bien par ses employeurs que par ses collègues, des politiciens ou encore des militant-e-s politiques en ligne. On observe Mary Mapes devenir de plus en plus fatiguée face au combat constant qu'elle doit mener. Au lieu d'être soutenue elle est de plus en plus isolée ainsi que son équipe. Bien que le film tente de mettre en avant les possibles raisons politiques de cet isolement il échoue à moitié car il ne démontre rien (tout comme le film ne montre pas comment une enquête peut mal se passer). Au final, bien que le film ne soit de loin pas inintéressant car il permet d'entrer dans une enquête de journalistes d'investigations il passe à côté de sa cible et c'est dommage.

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    *** Pas un mauvais film mais il ne réussit pas à démontrer ce qu'il souhaite nous expliquer.
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  • Batman V Superman dawn of justice

    Batman V Superman commence 18 mois après la guerre des kryptoniens sur Terre. Cette guerre entre 4 personnes avait détruit une ville entière en 1 heure à tous casser. Près de dans ans après Superman continue à aider les personnes. Il sauve des gens de la noyade, des explosions, des balles, etc. Mais ses actions sont questionnées par un comité du Sénat chargé d'étudier les dangers et les points positifs de l'existence de Superman. Il est accusé d'agir sans ne répondre devant personne de ses actes et de mettre en danger des personnes voir même de les assassiner. Pendant ce temps, le Batman continue son ancienne croisade contre le crime. Cependant, ses méthodes ont évolué. Il n'hésite pas à torturer voir à tuer sans se poser de questions. De plus, le Batman considère Superman comme une menace qu'il faut éliminer si l'humanité souhaite survivre. La confrontation est inévitable et personne ne sait qui vaincra.

    Spoilers alerts, le film est mauvais. J'avais déjà entendu des échos très négatifs ce qui m'a permis de me préparer. Et ces échos avaient raisons : le film est un échec. J'ai tout de même apprécié mais surtout parce que je n'en attendais plus rien. Donc tout ce qui était positif était une surprise alors que le négatif était attendu. Il y a plein de problèmes dans tous les sens. Premièrement, les personnages ne sont pas attachants. On a un tyran d'un côté et un assassin qui torture de l'autre. À cela il faut ajouter des personnages féminins dont les seules raisons d'être sont d'être sauvées par les mâles (Lois Lane est sauvée quatre fois). Seule Wonder Woman, Diana Prince, sort du lot et on ne la voit que trop peu. Et on a aussi un Lex Luthor raté. Lex est censé être un génie, voir un savant fou, dont les méfaits ne peuvent jamais lui être imputé. Ce que j'aime dans le personnage de Lex c'est qu'il pourrait avoir raison. Dans ce film il n'est rien et il ballade un homme censé être le meilleur détective du monde... Il y a, bien entendu, d'énormes incohérences dans le "scénario" et il serait trop long de toutes les lister mais la pire et la facilité pour Bruce de faire de l'espionnage industriel chez Lex.

    On pourrait passer outre tout ceci. Après tout c'est une adaptation donc modifier des personnages et des intrigues est normal et même salutaire. On peut aussi pardonner les incohérences et les trous dans le scénario si le reste fonctionne bien. Malheureusement, il y a un énorme problème dans le montage de ce film. On commence par plusieurs scènes qui se déroulent dans trois époques différentes sans que rien ne nous soit expliqué. Il est très difficile de comprendre de quoi on nous parle et ce que l'on nous montre d'autant plus que les transitions sont extrêmement abruptes. De plus, l'intrigue concernant l'abus supposé de pouvoirs dans le cadre d'une démocratie est intéressante mais totalement abandonnée avant même qu'elle ne commence à prendre un intérêt. On aurait pu y poser des questions qui auraient rendu le film bien meilleur mais tout cela explose au profit du combat. Ce dernier est bien mis en scène mais sa conclusion est ridicule et débouche un changement incompréhensible. Le film a donc de gros problèmes de transitions et dans le fonctionnement de ses intrigues ce qui le rend presque incompréhensible.

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    ** Je ne déteste pas ce film. Mais il est mauvais. En plus je n'aime pas la 3D
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  • Kung Fu Panda 3

    Après deux films Po revient pour une troisième aventure. Après avoir sauvé le monde deux fois de suite et en avoir appris sur lui-même Po est face à un danger plus grand encore : il doit devenir enseignant ! Si vous pensez que c'est facile pour un maitre du Kung Fu c'est que vous n'avez jamais tenté de prendre en charge une classe de 20 petits monstres à la recherche de la moindre faiblesse. Malheureusement, pour enseigner il faut aussi être capable de savoir qui on est. Et Po ne sait pas qui il est. Alors que son père le retrouve ce dernier l’emmène au dernier village des pandas (accompagné par son autre père, oui Po a deux papas prend ça la manif pour tous). Il y apprendra ce que sont les pandas ainsi que les secrets de la maitrise d'une énergie qui entoure tous les êtres vivants : le Force ! Euh... je veux dire le Chi ! Ah et accessoirement un méchant attaque tous les maîtres du Kung Fu afin de leur voler leur Chi.

    Je n'avais pas vu le premier et j'avais vu le second. Que penser de ce troisième volet ? Après deux autres films on aurait pu penser que Po aurait pu changer un peu. Mais il reste un jeune ado qui s'extasie devant ses propres réussites et les reliques plutôt que de prendre son rôle au sérieux. Personnellement, je le trouve insupportable. Les scènes de combats sont plutôt bien faites et assez sympa. Par contre, les répliques censées être drôle sont tombées totalement à plat avec moi. Je n'ai pas souris une seule fois (sauf quand j'ai pu sortir de la salle). Les blagues étaient bien trop faciles et assez peu drôles. Comme les deux autres volets nous avons encore une fois la même morale : connais-toi toi-même. On y ajoute aussi une autre morale sur l'importance du don. Pour moi c'est un film moyen.

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    *** Pas vraiment drôle bien que l'animation soit réussie. Encore une fois je déteste la 3D.
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  • 10 Cloverfield Lane

    Il y a très longtemps est sorti Cloverfield. Ce film qui suivait la mode de l'époque de la caméra sur l'épaule nous permettait de suivre une bande de jeunes fêtards dérangés par l'arrivée d'un monstre gigantesque dans les rues de New York. On ne voyait que rarement la bestiole mais sa menace était présente durant toutes les scènes. Ce film est censé se dérouler plus ou moins dans le même univers. On nous présente trois personnages : Emmet, Howard un ancien de l'armée paranoïaque et Michelle. Cette dernière est le personnage principal. Alors qu'elle fuit son appartement suite à une dispute avec son fiancé elle est heurtée par un véhicule et perd conscience. Elle se réveille dans une salle grise avec un seul matelas et enchainée à une barre en fer. Elle ne sait pas qui l'a enfermée ni pourquoi. Lorsque son gardien la rencontre ce dernier lui explique que le pays a été attaqué. Il ne sait pas par qui ni pourquoi mais, selon lui, l'air est toxique et il est nécessaire de rester enfermé afin de survivre. Est-ce la vérité ?

    Ce film est très bon ! Oui je le dis tout de suite sans même m'expliquer. J'avoue que, comme beaucoup de monde, j'ai été surpris d'apprendre la sortie de ce 10 Cloverfield Lane. J'avais bien apprécié Cloverfield mais je ne pensais pas qu'une suite, liée ou non, soit possible après autant de temps. Et pourtant celle-ci a eu lieu sans presque aucune information sur l'intrigue. On ne nous offrait qu'une bande annonce assez décalée mais que j'ai beaucoup apprécié. Ce film est un magnifique huis-clos entre trois personnes. Alors que Emmet ne remet pas en question ce que lui dit Howard c'est le cas de Michelle. Howard, lui, est très inquiétant et on passe tout le film à se demander quelles sont ses intentions réelles et à s'inquiéter de son comportement un peu difficile à prédire. Tout le génie du film est de ne pas nous donner d'informations sur la réalité. On ne sait pas si une attaque a lieu et les preuves peuvent être remises en question. De ce point de vue, la dernière partie du film casse cette ambiance et j'aurais préféré qu'elle soit annulée au profit de quelque chose de plus ouvert. Mais ça ne gâche presque rien à la qualité de l'ensemble.

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    **** Un très bon film. Seules les dernières minutes posent des problèmes en cassant l'ambiance que l'intrigue avait patiemment mise en place.
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  • Divergente 3: au-delà du mur / The Divergent Series: Allegiant

    Après pas mal de temps il est l'heure de connaitre la suite d'une énième adaptation uchronique d'un livre young adult. Divergente nous menait à Chicago. Le monde n'est plus sauf une ville : Chicago. Afin de garantir la paix les fondateurs et fondatrices avaient mis en place un système de castes dont les membres avaient un but précis dans le système. Mais il existait à la fois des personnes sans castes et des personnes capable d'appartenir à plusieurs castes. Durant les deux premiers films on observait la lutte entre des personnes souhaitant garder le système en place sous leur supervision et des exclus souhaitant l'égalité. À la fin du second film on apprend que le système a pour but de créer des personnes capables d'entrer dans plusieurs castes et le message en question appelait à quitter Chicago afin de se rendre à l'extérieur. On reprend les choses à ce moment précis. La nouvelle dirigeante, Evelyn, ferme le mur et lance une campagne d'exécution sous le nom de jugements. On se doute que Tris ne voit pas les choses ainsi. Avec un petit groupe elle décide de franchir le mur et de partir en quête de ces autres humains. Le groupe se trouve confronté face à une civilisation rigide à la technologie supérieure. Les choses sont-elles si belles qu'elles en ont l’air ? Et comment empêcher une seconde guerre civile à Chicago ?

    Ce n'est pas la fin. Quelqu'un a décidé de continuer l'habitude de couper en deux le dernier film pour créer deux parties. C'est une mauvaise habitude qui devrait être abandonnée si sa seule justification est l'argent. Le principal problème du film est de tenter de parler de tout sans, pour autant, développer les problématiques. Ainsi, dès l'arrivée devant cette autre civilisation on sent que quelque chose ne fonctionne pas. Ça pue mais on ne sait pas d'où vient l'odeur. Puis le film tente de nous envoyer des pistes mais le fait d'une manière attendue et sans problématiser. On apprend qu'il existe une division en classe entre les pur-e-s et les impur-e-s. Mais celle-ci ne semble concerne que les ascenseurs et non le fonctionnement systémique de la société. On observe une société militarisée et fortement rigide mais on ne voit pas de répression. Bref, on nous montre du doigt comme pour dire "regardez comme c'est trop nul cette société" mais les conséquences et les problématiques sont ensuite abandonnées au lieu d'être développées. Un autre problème du film est d'être extrêmement prévisible. Il faut 15 secondes pour comprendre les personnages et on en vient à se demander comment les héro-ïne-s ne comprennent pas ce qui se déroule sous leurs yeux. Et pourtant, il y a des idées intéressantes mais le traitement est mou et prévisible.

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    *** Ça se regarde mais c'est mou et prévisible. Et dire qu'il faut attendre encore un an pour connaitre la fin alors que l'on souhaite en terminer définitivement avec cette série.
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  • Free Love / Freeheld

    Nous sommes aux États-Unis. Deux femmes se rencontrent lors d'un tournoi de volley ball. L'une est Laurel brillante inspectrice du New Jersey. La seconde est Stacie une mécano. Leur vie est difficile car Laurel n'a rien dit à ses collègues de peur de perdre toutes possibilités de carrière. Tandis que Lacie n'apprécie pas d'être une ombre dans la vie privée de sa partenaire. Malgré tout, elles réussissent à signer un contrat d'union civile ainsi que l'achat d'une maison. Tout semble aller pour le mieux. Mais Laurel apprend avoir un cancer. Alors qu'elle souhaite que sa femme reçoive sa pension à sa mort cela lui est refusé. Elles décident donc de se battre.

    Ce film tombe une petite semaine avant la votation concernant l'initiative du PDC qui aura comme effet d'interdire le mariage entre personnes de même sexe. C'est une coïncidence intéressante. Les actrices sont Julianne Moore et Ellen Page. Elles sont talentueuses et portent magnifiquement les personnes qu'elles incarnent. La réalisation ne s'intéresse pas vraiment à la relation. Celle-ci est mise à l'écart et même oubliée pendant un an entier. On ne sait pas du tout de quelle manière les deux femmes ont décidé de vivre ensemble malgré leurs différences. Dans le même ordre d'idée, l'homophobie et le sexisme dans la police, et la société, sont passés sous silence ou simplement mentionnés sans trop en parler. Le but principal du film est de parler de la lutte de Laurel en faveurs de son droit à recevoir une pension. Une grande partie du film est basée sur ce combat et le juge comme un pas en avant en direction de la justice et de l'égalité. Il manque donc beaucoup au film mais ça ne m'a pas empêché de l'apprécier.

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    **** Il aurait été possible d'aller plus au fond du sujet mais la réalisation réussit tout de même à intéresser et à faire apprécier le combat de ces deux femmes en couple.
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  • Zootopie

    En ces temps de campagne de votation il est toujours bon de pouvoir se détendre devant un petit Disney bien pensé. Il y a très très longtemps sur une planète pas du tout lointaine car c'est la nôtre les animaux étaient divisés en proies et en prédateurs. La vie était rude et les prédateurs détruisaient les proies en suivant leur instinct génétique. Mais, ce monde, on ne sait pas trop comment, a permis aux animaux de se civiliser. La relation entre les proies et les prédateurs changea et se transforma en autre chose. Depuis, les animaux vivent en harmonie dans un monde qui n'a plus de dangers. Et le symbole de cette harmonie n'est autre que la ville de Zootopie. Un gigantesque centre urbain constitué de plusieurs quartiers afin de permettre à toutes les préférences environnementales de ses habitant-e-s de s'exprimer. Bien plus, c'est aussi un centre historique. Le premier lieu de la civilisation. Judy Hopps est une lapine. Elle est la première officière de police de son espèce. Et elle a été nommée au plein centre de Zootopie. Mais la vie n'est pas exactement comme elle le pensait.

    Ce film partait pour être un simple Disney sympathique mais sans magie particulière. On a déjà vu un grand nombre de parodies de notre monde avec ou sans animaux. Et certaines sont tellement géniales qu'elles éclipsent tout. Je dois bien dire que la création de Zootopie est réussie. On trouve de véritables changements dans l'architecture et l'environnement selon l'espèce et le lieu. Les personnages sont un peu caricaturaux mais dans un film de ce type ça passe sans problèmes. Mais l'intrigue, et surtout ce qui se cache en dessous, améliore grandement le film. Là où on aurait pu avoir de simples références avec une intrigue sans intérêt qui n'existe que pour justifier un film nous avons quelque chose d'un peu plus élaboré. On nous montre une société qui semble harmonieuse mais qui se désagrège alors que la peur s'installe. Cette peur concerne une partie de la population accusée d'être génétiquement incapable de véritablement s'intégrer et donc d'être un danger continuel pour la population civilisée et génétiquement plus apte à l'adaptation. Il s'ensuit tous les effets de cette thèse étant donné qu'une population commence à être discriminée, visée de manière plus importante par la police et perd travail et droits. Je pense que tout le monde voit ou je veux en venir. Le thème de Zootopie concerne non pas l'harmonie mais sa fragilité lorsqu'on décide de s'attaquer à une partie minoritaire de la population.

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    *** Parfois drôle, un énorme hommage avec un casting impressionnant et parfait.
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    Image : Allociné

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  • Hail, Ceasar!

    Ce sont les années 50. Le monde vit en pleine guerre froide alors que l'industrie du cinéma souffre de plusieurs problèmes dont l'arrivée de la télévision dans les ménages. Mais c'est aussi l'époque de l'âge d'or du cinéma ! Les productions sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus diversifiées. Un même studio peut aussi bien recréer des drames historiques massifs, des westerns ou encore l'adaptation distinguée d'une pièce de théâtre. Ce petit monde ne tourne pas tout seul. Bien entendu il y a les acteurs et actrices, les figurant-e-s, les scénaristes et les producteurs. Mais il y a aussi Eddie Manix. Son rôle est simple. Il doit identifier les problèmes et trouver un moyen de les résoudre. Et lorsqu'on travaille auprès de stars plus capricieuses les unes que les autres ces problèmes peuvent être particulièrement difficiles à résoudre. C'est le cas lorsque la plus grande star de l'époque est kidnappée.

    J'ai bien aimé ce film. Je n'irais pas jusqu'à dire que je l'ai adoré ou encore que je l'ai trouvé génial. C'est un film qui réussit à faire rire de temps en temps (la scène des religieux tentant de parler de dieu dans le dernier film en production du studio est magnifique). C'est surtout un énorme hommage à une époque. Mais attention, bien que l'âge d'or du cinéma reçoit, dans ce film, une place d'exception les réalisateurs ne considèrent pas que tout était parfait. Les situations absurdes ainsi que les caprices des stars de l'époque ne sont pas cachées. Ce qui permet de créer des personnages haut en couleur et parfois surprenant. J'ai, par exemple, beaucoup aimé Hobie Doyle censé être incapable de jouer mais qui comprend plus de choses qu'on ne le croit. Eddie Mannix est moins sympathique. Probablement à cause de sa violence physique. L'intrigue est tout aussi absurde avec une pointe de critique envers des personnes accusées de détruire une industrie du rêve. On peut se demander à quel point il y a une critique politique derrière mais c'est en tout cas en accord avec l'époque. Un film sympathique pour une soirée.

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    *** Parfois drôle, un énorme hommage avec un casting impressionnant et parfait.
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    Image : Allociné

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  • Deadpool

    Venu des studios qui n'arrivent pas à faire de bon films de super-héros en dehors des x-men je vous présente Deadpool. Qui est Deadpool et comment a-t-on pensé pouvoir faire un film autours de lui ? Son nom est Wade Wilson. Il est mercenaire et dernièrement il s'occupe de jobs qui lui permettent de s'attaquer à des personnes bien pires que lui. Malheureusement pour lui il apprend, après une bonne année avec sa future femme, qu'il a le cancer. Il sait qu'il va mourir et prépare son départ. Mais, dans un bar louche de mercenaires, un mec en costume cravate lui propose de le guérir tout en lui donnant des pouvoirs extraordinaires. Wade accepte et perd son cancer, devient un tissu de cicatrice ambulant et perd sa raison. Deadpool est né et il n'est pas content !

    Que penser de ce film ? Il a été présenté comme un film de super-héros tel que nous n'en avons jamais vu. On a du sexe, du sang et de la violence avec des blagues irrévérencieuses. Bon, en fait ça a déjà été fait dans Kick-Ass et Misfits. Deadpool c'est un peu ces deux là mélangés ensemble avec une bonne dose de destruction du quatrième mur. Ces destructions sont plus ou moins subtiles et se moquent autant de l'acteur principal, Ryan Reynolds, que des clichés hollywoodiens ou d'autres films du même genre. De ce point de vue c'est assez réussi même si ça n'empêche pas le film de rester très classique. Il n'y a strictement rien de révolutionnaire dans ce film. Nous avons de bons moments d'action entrecoupés de blagues. Une bonne partie de ces dernières ont un lien avec le sexe (un peu trop à mon gout) et bien qu'un certain nombre soient assez drôle une partie est assez problématique d'un point de vue féministe (je pense en particulier à une scène dans un taxi). Le film réussit à être sympa mais ne crée rien de nouveau.

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    **** rien de révolutionnaire mais pas si mal.
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    Image : site officiel

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  • Chair de poule

    Quand j'étais jeune j'ai lu un certain nombre de chair de poule. Les histoires ne m'ont jamais effrayé et elles fonctionnent toujours de la même manière. Je me souviens aussi de la série au générique si particulier mais qui permettait d'entrer immédiatement dans l'ambiance. Donc lorsque j'ai vu qu'un film allait sortir j'ai compris que je ne pourrais pas laisser l'occasion de revoir une histoire d'enfance. Zach déménage avec sa mère après avoir perdu son père. Sa mère a pris un emploi dans une école d'une petite ville. Alors que Zach essaie de survivre à ses premiers jours dans une nouvelle école et une nouvelle ville il fait la connaissance de sa voisine : Hannah. Elle est sympathique mais son père l'est moins. Alors que Zach tente de comprendre cette famille il ouvre un manuscrit gardé sur une étagère. Il en sort un monstre. Car son voisin n'est pas qu'un simple voisin. C'est R. L. Stine auteur des chairs de poule. Et ses livres enferment de vrais monstres.

    Je n'attendais strictement rien de ce film mis à part un léger retour à l'enfance. Bien que la tranche d'âge visée soit plutôt jeune il est claire qu'un certain nombre de personnes de mon âge se réjouiront de retrouver certains des monstres de R. L. Stine. Mais ni le jeu des acteurs et actrices, ni l'intrigue et encore moins les dialogues ne fonctionnent bien. Le film joue sur le genre et donc tous les clichés y passent. Non seulement les clichés des chairs de poule avec certains monstres si connus mais aussi ceux des films d'horreur. Ainsi, personne ne s'étonne lorsque le groupe traverse un cimetière, tente de sauver des lycéen-ne-s en péril ou que la police soit incapable de faire face à la situation. Les monstres sont très nombreux et l'on ne nous présente presque aucun d'entre eux. Il n'y a que Slappy qui possède un rôle important par son statut de leader. Ainsi, le film suit au mot près les structures des livres jusqu'à la fin.

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    ** Le film possède trop de monstres et ne fait que jouer sur les souvenirs d'enfance au détriment d'une intrigue qui aurait pu être intéressante.
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    Image : Allociné

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  • El Clan

    La famille Puccio est une famille normale d'Argentine. Le père, la mère, trois frères et deux sœurs se partagent une grande maison. C'est une famille plutôt aisée. L'un des fils, Alejandro, est un très bon joueur de rugby tandis que le père partage la table des grands politiciens de l'Argentine. L'argent entre assez bien pour que Alejandro soit capable d'ouvrir son propre magasin de matériel de surf. De plus, le pays entre dans une réforme qui devrait lui permettre de passer de la dictature sanglante que le peuple a connu à une démocratie à l'occidentale. Les méfaits et les excès du passé ne sont pas oubliés mais ils ne sont plus défendus. Cette famille pourrait être normal. Mais le père, Arquímedes, est à la tête d'un réseau d’enlèvement. Il utilise Alejandro afin de donner confiance à ses victimes et ensuite demande une rançon en dollars américains. Ces activités sont censées punir les personnes qui profitent du pays. Mais il semble que la famille ne soit pas forcément à l'aise avec ce type d'activités.

    Ce film s'inspire de faits réels. Il y a réellement une famille Puccio qui a vraiment enlevé et assassiné des personnes. Bien entendu, le film doit broder et interpréter une histoire dont on ne sait pas tout. Ainsi, la scène de fin est construite afin que l'on pense une chose précise. Mais on ne sait pas si c'est réellement le but de la personne. En ce qui concerne les acteurs, actrices ainsi que la réalisation c'est film qui réussit. Les scènes d'enlèvement sont toujours mises en parallèle avec celles de la vie de tous les jours. Ce fonctionnement donne une impression surréaliste. Voir le père amener tranquillement à manger à son détenu en saluant la famille est impressionnant. Bien que le film ne conclue pas sur ce point il donne clairement le point de vue que personne, dans la famille, ne pouvait ignorer ce qui se déroulait. Bien que les activités de tous les membres ne soient pas toujours très claires. Cependant, ce film échoue sur un point important. Durant plusieurs scènes on sent une proximité entre Arquímedes et le pouvoir. Ces relations ne sont pas questionnées et je me suis souvent demandé comme celles-ci fonctionnaient. Est-on en face d'une personne connue par le pouvoir mais que l'on laisse agir où alors un homme qui agit pour l’État ?

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    ***** Un très bon film avec quelques points que j'aurais apprécié mieux comprendre

    Image : Éditeur

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  • Carol

    Nous sommes dans les années 50. Une jeune femme, Therese, travaille dans un grand magasin de New York en pleine époque de noël. Elle vit avec ses collègues dont un jeune homme qui souhaite se marier avec elle et se rendre en Europe. Sa logeuse surveille ses rentrées et sorties. Elle aime faire de la photographie mais son appareil est d'entrée de gamme et elle ne pense pas être talentueuse. Une autre femme, Carol, entre dans le magasin afin d'acheter un cadeau à sa fille. Elle est en instance de divorce mais elle veut rendre sa fille heureuse pour noël. La rencontre entre ces deux femmes commence doucement puis se transforme en quelque chose d'autre qu'une amitié. Mais dans les années 50 ce genre de relation est loin d'être simple.

    Je suis un peu ennuyé avec ce film. Il parle d'un thème qui embête beaucoup de personnes (dont le PDC qui souhaite interdire le mariage entre personne de même sexe), qui peut être très difficile et créer d'énormes problèmes avec beaucoup de talents et de sensibilité. Techniquement, le film est tout simplement magnifique. Les costumes, les décors, l'ambiance,... tout hurle l'authenticité. Un énorme travail a dû être fait pour recréer les années 50. Les problèmes de moral dans le cadre d'un divorce difficile sont superbement joués et mis en scène sans drames ni scènes inutiles. Les actrices et les acteurs sont plus que convaincants. Les personnages sont très bien écrits et même les "méchants" peuvent être compris. On nous montre des gens humains donc capables tout simplement d'échouer. Malheureusement, le film n'a pas fonctionné avec moi. Ce n'est de la faute ni des actrices et acteurs ni des scénaristes. Je n'y ai tout simplement pas cru. Je ne crois pas au début de la relation entre ces deux femmes. Et si je ne peux pas croire au début d'une histoire d'amour comment croire à la suite ? Dommage pour moi.

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    ***** L'un des films les plus maitrisés que je connaisse. Dommage que je n'aie pas pu y croire.

    Image : Allociné

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  • Hot Fuzz

    Hot Fuzz est le premier film faisant partie de la trilogie Cornetto que je regarde. Il parle de Nicholas Angel. Ce dernier est un policier londonien. Son parcours scolaire et académique est parfait. Son parcours à l'école de police est encore plus parfait. Ses études en cours d'emploi sont toujours et encore plus parfait. Son professionnalisme est sans tâches. Ce policier d'exception réussit à recevoir un nombre élevé de récompenses, être accepté par la communauté et à appliquer la loi de manière rigoureuse aussi bien face aux citoyen-ne-s que face à lui-même. Son bilan est tellement bon que ses collègues commencent à se dire qu'ils ont l'air d'imbéciles à ses côtés. Il est donc décidé par la hiérarchie de le nommer sergent et de l'envoyer dans un petit village de campagne : Sandford. Ce n'est pas qu'un simple village c'est le plus beau du royaume avec des statistiques de criminalité plus basses que la valeur des subprimes. Il ne s'y passe rien mis à part la fuite de quelques oiseaux ou une statue vivante. Cependant, les accidents sont très nombreux. Cela cache-t-il quelque-chose ?

    La trilogie Cornetto, pour celleux qui ne suivent pas, est un ensemble de films qui parodient chacun un style précis. Dans le cas de Hot Fuzz ce sont les films d'action ayant pour thème la police. Nous avons tout dans ce film. Des courses poursuites endiablées, des séances de tir, des méchants bien méchants et surtout un complot diabolique ourdi par les personnes les moins suspectes et ce à la barbe de la police qui refuse de croire le policier exceptionnel qui a des soupçons. Tout ceci est dédramatisé lorsqu'on sait que cela se déroule dans un petit village fleuri avec un grand nombre de personnes âgées sympathiques au possible. Je ne peux pas faire la liste de toutes les références parodiques. Elles sont trop nombreuses et passent du suspect suspectement présent et agissant de manière particulièrement suspecte avec une bande son tout aussi suspecte mais magnifique (le nombre de suspect est voulu) à la bataille finale qui prend les toits et les rues de la ville comme terrain de jeu sans oublier les courses poursuites particulièrement ridicules. Bref, c'est du bon.

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    ***** Un premier film de la trilogie bien réussit avec une brochette d'acteurs britanniques connus de tous et toutes (ce n'est pas possible il n'y a qu'eux dans le boulot ? Il faut recruter les gars !)

    Image : Allociné

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  • The big short

    Que s'est-il passé durant la crise financière ? De nombreux pays sont tombés et vivent encore très mal les conséquences de la crise. Le chômage et la pauvreté se sont démultipliés à un niveau rarement atteint. Et tandis que les grandes banques étaient sauvées par l'argent des contribuables les politiques publiques furent mises en place afin de créer austérité et détruire les régulations de l'économie. Ces politiques ont eu un effet désastreux. Ce film propose de comprendre un peu mieux comment la crise des subprimes a pu se produire. Son but est d'expliquer ce que sont les subprimes et pourquoi les banques se sont jetées stupidement dans le piège sans même savoir ce qu'elles achetaient. Pour cela, le film nous fait suivre trois groupes de personnes qui ont compris avant tout le monde la chute qui allait se produire. Ces personnes ont toutes la caractéristique de ne pas être véritablement membre des traders. Ce sont des marginaux.

    Que penser du film ? C'est une tentative d'expliquer simplement et avec un peu d'humour comment l'économie américaine fonctionnait. Pour cela on nous fait comprendre des termes compliqués par des illustrations simples qui mêlent économie et célébrités. Car la crise a été difficile à comprendre. Nous avions de nombreux termes décrivant de nombreux biens ainsi que de nombreuses institutions. Tout était construit pour ne pas faillir mais c'était l'exemple même du château de carte construit sur une faille tectonique extrêmement active. Quand on regarde de près, et il fallait le faire, ça ne pouvait que mal se terminer. On le sait maintenant, les paquets de prêts hypothécaires étaient en grande partie constitués de subprimes soit de personnes incapables de payer leurs dettes. Le film nous explique tout cela par des scènes clés. Les deux qui m'ont le plus frappé se déroulent au siège d'un organisme de contrôle et en Floride. La première place deux protagonistes face à une femme qui porte des lunettes noires et se plaint de ne pas pouvoir lire. Dans la suite de la scène on nous explique que cet organisme ne peut pas se permettre de contrôler et de donner de mauvaises notes car cela impliquerait la fuite des clients, les banques, en direction d'un organisme de contrôle concurrent. La seconde scène se déroule dans un parc locatif fantôme. Il y a des centaines de maisons avec des journaux datant de plusieurs semaines et seulement quatre familles locataires. Tout le monde a fui par incapacité de payer leurs dettes hypothécaires. Ce ne sont que deux scènes et il y en a d'autres. Bien que le film réussisse à expliquer la crise elle le fait en suivant des personnes qui en ont profité. Ces personnes ont gagné énormément d'argent en pariant sur la destruction de la vie de nombreuses familles. De plus, je pense que le film échoue en partie à montrer en quoi le système est toxique. On ne nous montre pas assez non plus les liens entre les instances politiques et les instances financières qui ont pensés les solutions d'austérité à la crise (solutions qui créent une crise sociale sans précédent).

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    **** Plutôt réussit mais il ne va pas assez loin.
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    Image : Allociné

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  • The hateful eight

    Ce début d'année voit la sortie d'un nouveau Tarantino. Le réalisateur est connu et souvent apprécié (bien que je ne sache pas si c'est mérité car il y a plusieurs problèmes). Donc un film de sa part est toujours un événement. The Hateful Eight se déroule peu après la guerre civile. Un chasseur de prime amène une femme vers une ville afin de la faire pendre et de recevoir une récompense. Sur la route il croise deux personnes. Les 4 voyageurs se dirigent en direction de la ville mais ils et elle sont obligé-e-s de faire halte dans une petite auberge bien connue afin de se sustenter et de se protéger d'une tempête de neige. Dans le bâtiment il y a 4 autres personnes. Tout le monde se présente mutuellement mais il est vite apparent qu’une ou plusieurs personnes ne sont pas ce qu'elles disent être. Alors que la tempête force à la cohabitation les tensions montent.

    Que dire de ce film ? Les huis clos sont intéressant sur plusieurs points. Nous avons un lieu fermé avec un nombre limité de protagonistes. Bien que tout le monde puisse savoir ce que sont les autres il peut y avoir mensonges et secrets ou rien de tout cela. Un huis clos est donc un moyen de montrer comment réagissent les personnes lorsqu'elles sont effrayées et ou suspectées. D'un seul coup les liens de confiance se brisent et les problèmes deviennent de plus en plus importants même s'ils sont basés sur des choses triviales. Le problème c'est que, dans ce film, il n'y a déjà aucuns liens de confiance. L'atmosphère ne peut pas changer. En effet, jamais les personnages n'ont été francs entre eux et tout le monde le sait.

    Bien que la violence soit omniprésente dans ce film elle ne détone pas trop. Tarantino a tendance à jouer sur l'esthétisme de la violence. Dans ce film on l'explique difficilement par une différence entre la justice "de vengeance" et la justice civilisée. Même à l'intérieur de l'histoire cette distinction vole très rapidement en éclat après une scène que j'ai détestée. Durant plusieurs minutes l'un des personnages, le Major, décrit à un père comment il a humilié puis violé son fils en éclatant de rire. Ce qui m'a le plus gêné dans cette scène n'est pas seulement le rapport de pouvoir instauré entre deux personnages par le passé ni la tentative de justifier un meurtre par la légitime défense. Non, ce qui m'a le plus gêné ce sont les rires des spectateurs dans la salle. Rires qui ne sont pas anomalie. La scène est clairement conçue comme une juste rétribution des choix du jeune homme. Mais ces rires posent de nombreuses questions sur la manière dont on considère les violences sexuelles dans notre société. Et ce sont ces rires dont je me souviendrais le plus.

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    *** Bien que l'image et la bande son soient réussies j'ai trouvé le film mou.
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    Image : Allociné

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  • Star Wars: The force awakens

    Enfin ! Enfin nous avons un nouveau Star Wars ! Enfin après une longue année d’attente depuis le premier teaser ! Et enfin j’ai pu aller le voir malgré la foule énorme qui se masse à chaque projection ! Je vais tenter une petite présentation. Je vais essayer de faire attention mais il est toujours possible qu’il y ait quelques spoilers. If you do not want to be spoiled keep calm and stop reading.

    Il y a 30 ans les rebelles ont détruit la seconde étoile noire alors que l’Empereur et Vador étaient détruits. Sur les cendres se sont soulevés des planètes prenant le nom de Nouvelle République. Mais l’Empire n’est pas terminé et la Résistance lutte encore et toujours. À la place d’un Empereur nous avons le Premier Ordre. Il y a 20 ans Luke Skywalker a disparu. Depuis, une bonne partie de la galaxie est à sa recherche. Et certaines personnes pourraient bien se rapprocher de la solution. En effet, il existe une carte des voyages de Luke. Alors que l’Empire souhaite la posséder afin de détruire le dernier Jedi la Résistance souhaite le faire revenir et restaurer l’équilibre de la Force. La générale envoie son meilleur pilote retrouver cette carte. Mais l’Empire n’est pas loin derrière et détruira absolument tout afin de mettre la main sur Luke Skywalker.

    Que penser de cette nouvelle suite (qui, cette fois, ne se déroule pas dans le passé) ? Est-ce qu’elle est à la hauteur pour relancer une franchise qui n’est jamais morte ? Le film vaut-il la destruction de l’univers étendu ? Difficile à dire… moi, en tout cas, j’ai aimé. Qu’on ne s’y méprenne pas. Il y a de nombreux problèmes scénaristiques et autres. Ainsi on se demande comment Finn passe de soldat loyal à résistant. Pourquoi existe-t-il une carte du lieu où se trouve Luke ? Pourquoi personne n’est au courant de la super base ? Mais ce qui fait la réussite et la faiblesse du film se sont, avant tout, les références. Chaque minute sont remplies de références aux autres films et, au bout d’un moment, on se demande si on regarde un film ou des scènes d’hommages envers les autres films ? Heureusement, nous avons aussi de nombreux nouveaux personnages qui rejoignent les anciens. Ces derniers sont introduits progressivement et ça fonctionne bien. J’apprécie particulièrement l’écriture des nouveaux personnages mis à part Kylo Ren que je trouve un peu bâclé. On a une sorte de nouveau Vador qui fait tout pour ressembler à ce dernier et qui semble suivre son exemple pour des raisons similaires. Donc, pour moi, c’est réussi.

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    **** J’ai bien aimé. Il y a de nombreux problèmes dans l’intrigue ainsi qu’un grand méchant qui n’a pas le charisme de Vador (surtout après avoir enlevé son masque) mais je me suis bien amusé.
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    Image : Site officiel

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  • Strictly Criminal / Black Mass

    1975, Boston vit dans la terreur de la mafia italienne. Un jeune agent du FBI, Connolly, revient dans sa ville de naissance afin de détruire cette organisation. Mais il est extrêmement difficile de prouver les activités illégales des membres de la mafia. Pendant des années le FBI tente de s'en occuper mais ne possède que des informations peu importantes. Connolly est ami d'enfance avec deux personnes qui pourraient l'aider. Le premier est le sénateur William Michael "Billy" Bulger. Le second est James Joseph "Whitey" Bulger. Ce dernier est à la tête d'un gang local sans grandes forces. Bien que le sénateur refuse toutes associations Connolly et James décident de faire alliance. En échange d'informations de la part de James le FBI le protégera de toutes investigations en tant qu'informateur. Bientôt, le FBI se retrouve à lutter pour la guerre de James qui, lui, prend les territoires perdus par la mafia italienne. Il n'était qu'un petit voyou mais en peu de temps il devient le roi du crime de Boston et n'a rien à craindre grâce à la protection du FBI.

    Le film adapte librement des événements ayant réellement eu lieu. Mais il ne peut pas tout expliquer ce qui permet probablement de comprendre certaines insuffisances. Le film n'est pas centré sur les gangsters. J'ai eu l'impression de voir un film qui me montrait comment une relation peur mal tourner pour un agent du FBI. Connolly est un jeune agent qui a connu James durant son enfance. Il a les mêmes valeurs que lui. Ce que le film montre ce sont deux personnes qui se comprennent et qui agissent afin de s'aider mutuellement. Alors que James crée un empire sous la protection du FBI Connolly crée sa carrière sur les informations de James. Ce qu'on nous montre c'est un agent du FBI dont la vie dépend de son informateur. Il lui est tellement lié qu'il ne peut rien faire pour stopper les crimes de son associé. Ce qu'on ne nous montre pas assez ce sont les informations offertes par James. Mis à part une fois on ne le revoit jamais donner quelque chose d'autre que des cadeaux. En fait, le film semble vouloir montrer que les informations sont en fait des faux trouvés par Connolly dans les rapports d'autres informateurs. Le film est donc lent avec peu d'action et des sauts temporels de plusieurs années. Son but n'est pas de divertir mais de montrer comment un système se met en place puis explose. D'une certaine manière le film a échoué car on ne comprend pas vraiment ce système. Mais il reste très bon.

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    **** Moins qu'un film de gangster c'est plutôt un film qui tente de démonter un système et ne réussit pas tout à fait à le faire.
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    Image : Allociné

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  • Le voyage d'Arlo

    Il y a 65 millions d'années un astéroïde s'est dirigé en direction de la Terre. Bien qu'il se soit fortement approché il n'a pas percuté notre planète. Quelques millions d'années plus tard les dinosaures sont toujours sur la Terre avec quelques races de mammifères. Une famille de dinosaure vit dans une vallée. Une ferme a été mise en place afin de nourrir toute la famille qui compte trois enfants. Tout le monde, dans la famille, agit en faveurs du bien commun. Mais il y en a un qui a un peu de mal. Son nom est Arlo et il a peur de tout. Ses craintes l’empêchent d'aider au maximum de ses capacités. Alors son père lui donne une mission : surveiller le grenier afin d'empêcher les animaux de voler les provisions. Mais lorsqu'il découvre un jeune humain aussi effrayé que lui il le laisse partir et, bientôt, il se retrouve loin de chez lui avec seulement cet humain pour l'aider. Un long trajet l'attend pour retrouver sa maison et il devra lutter contre ses peurs s'il souhaite survivre.

    Pixar a tendance à tourner en or toutes les histoires qui lui sont confiées. Ici on part sur un what if afin de créer une famille de dinosaure vivant dans un monde dans lequel les reptiles ont atteint une forme d'intelligence proche de la nôtre. Les images sont magnifiques. On a parfois du mal à croire que les paysages sont virtuels tellement ils semblent réels. Les personnages sont attachants sans être particulièrement difficile à oublier. Ce sont d'abord des stéréotypes qui permettent de faire avancer l'intrigue plus que de véritables personnes. La véritable richesse du film s'inscrit dans le lien entre l'histoire et les paysages. L'histoire est un moyen d'expliquer pour quelles raisons il est nécessaire de lutter contre ses peurs. On nous montre que même seuls on est toujours accompagné et que l'on peut toujours retrouver sa famille ainsi que des amis. D'une certaine manière, il n'y a pas vraiment de méchants dans ce film sauf les démons intérieurs d'Arlo.

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    **** Un beau film qui m'a fait passer un bon moment.
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    Image : Site officiel

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  • Les Suffragettes

    J'attends ce film depuis un bon moment. Malgré les polémiques je voulais le voir. Le film prend place en 1912. Les femmes militent depuis de nombreuses années de manière pacifique afin de recevoir le droit de vote et donc d'être des citoyennes à part entière. Mais ce droit leur est encore et toujours refusé. Le mouvement se pense donc dans une nouvelle direction. Si le pacifisme ne fonctionne pas et ne donne lieu qu'aux moqueries il est temps de passer aux actes. Le mot d'ordre est lancé les femmes vont faire preuve de désobéissance civile. Le film suit une jeune ouvrière de 25 ans : Maud Watts. La journée elle travaille du matin au soir dans un intérieur suffoquant et bruyant sans être payée autant que les hommes. Le reste du temps elle s'occuper de son fils ainsi que de son mari. Après réflexions et prises de connaissances elle s'implique de plus en plus fortement dans le mouvement des Suffragettes malgré son mari et la violente répression policière.

    Qu'ai-je pensé de ce film ? Tout d'abord, je trouve que montrer le mouvement par les yeux d'une ouvrière est une très bonne idée. On se trouve face aux personnes les plus démunies par les conséquences du militantisme et du sexisme. En effet, Maud Watts est victime des avances de son patron tandis que ses collègues sont battues par leurs maris. Le film montre ce que coute ses idées à Maud. Elle est seule, elle perd son fils ainsi que sa communauté ce qui implique l'incapacité de trouver du travail ainsi que la pauvreté. Le film montre aussi la répression extrêmement forte de la police. On les suit, on les fiche et on les arrête afin d'éviter que le système soit remis en cause. Il faut surtout éviter la publicité autours des actions des Suffragettes afin d'éviter de nouvelles recrues. Le film nous montre aussi que demander gentiment est inutile. Les droits ne peuvent être reçus qu'après de longues luttes parfois physiques. Le jeu et la réalisation sont très froides. On suit Maud comme si elle portait la caméra. Les conditions de vie nous sont jetées aux visages tandis que tout tremble dans tous les sens lors des assauts de la police ou des fuites. Bien que ce ne soit pas un film parfait sur un sujet difficile je l'ai apprécié.

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    **** Intéressant avec une bonne prise sur le contexte historique des ouvrières.
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    Image : Allociné

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  • Hunger Games Mockingjay 2

    Nous avions quitté Katniss en très mauvaise posture. Alors qu'une équipe avait réussi à entrer dans le Capitole afin de libérer les survivants des Hunger Games, dont Peeta, elle était attaquée par surprise. Nous sommes quelques temps plus tard. Katniss va bien mais elle n'a plus confiance en Peeta qui a été programmé pour la détester et la tuer. Mais la guerre continue. Les rebelles ont réussi à prendre tous les districts sauf le second. Il s'y trouve une base capable d'envoyer des bombardiers sur le territoire entier de Panem sans oublier les nombreuses autres armes en réserve. Mais les lieux sont tenus par les plus loyaux membres du Capitole ainsi que par des civils sans choix. De plus en plus, Katniss se rend compte qu'elle va devoir faire des choix. Accepter que toutes les règles soient inexistantes en temps de guerre ou lutter pour un minimum d'humanité.

    Je suis fortement déçu. Déjà je n'aime pas l'idée de couper en deux sans bonnes raisons une histoire qui pourrait tenir en un film. Ensuite je n'aime pas la 3D. Ce film, à mon avis, est raté. Il aurait été bien plus logique de fusionner les deux dernier afin de créer un bon film d'action avec un rythme soutenu. À la place nous avons un premier film très lent, mais assez réussi, et un second tout aussi lent mais peu réussi. Pour quelles raisons ? Parce que, selon moi, la production n'a pas pris la peine de transformer ce temps à disposition pour approfondir le sujet. Ainsi, on nous offre de nouveaux personnages mais on ne connait presque rien de leur histoire. Ils sont là et peuvent partir sans que personne ne s'en soucie. Il aurait été possible, aussi, de creuser un peu plus les thèmes. Ainsi, nous avons des pistes intéressantes en ce qui concerne les lois durant la guerre ou la propagande. Mais rien n'est poussé assez loin pour que cela fasse une impression plus que fugace. En conclusion, on voit les évènements, on peut les comprendre mais ils se suivent sans véritablement avoir été pensé dans un tout cohérent, dans le cadre d'un message. C'est une fin ratée et je trouve ça vraiment dommage.

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    ** Je place ce film ici pour montrer la hauteur de ma déception.
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    Image : Allociné

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  • James Bond. Spectre

    Ce soir je me suis rendu au cinéma afin de voir le dernier Bond. L'aventure débute après Skyfall. Bond se trouve à Mexico durant la fête de la mort. Tout se passe relativement bien jusqu'à ce que Bond fasse ce qu'il fait toujours : tout faire exploser et causer un accident diplomatique international. Retourné à Londres il apprend que M n'a plus vraiment confiance en lui et souhaite le suivre de très près. Plus important, les activités de Bond et du secteur 00 sont critiqués, à nouveau, au niveau du gouvernement. Un plan est mis en place qui consiste à fusionner le MI6 avec un nouveau service sous le contrôle de C. Ce service n'utilisera plus d'agents de terrain mais l'information, la surveillance totale et des drones. Il ne reste que trois jours avant que le MI6 cesse d'exister. C'est peu pour suivre la dernière piste de Bond. Celle-ci semble le conduire vers une organisation qu'il a déjà croisée lors des dernières affaires : Spectre.

    Il y a trois aspects dans ce film. Le premier concerne le passé et la famille de Bond. On en avait déjà beaucoup appris dans Skyfall. Cette fois on apprend ce qui est arrivé durant l'enfance de Bond alors qu'il se trouvait sous tutelle. Encore une fois, la rivalité est d'ordre familial tandis que le méchant est, d'une certaine manière, le frère de Bond. Cet aspect a tendance à amenuiser le second point. En effet, depuis Casino Royal on entend parler d'une organisation. Bond est sur sa trace à plusieurs reprises sans pouvoir prouver son existence. On avait, en face de nous, une organisation criminelle qui prenait le contrôle de plusieurs secteurs nécessaires pour la survie. Cependant, faire des deux personnages principaux (car les femmes n'ont aucun rôle dans les Bond) des frères rivaux rend l'organisation moins menaçante car l'histoire devient un banal problème entre deux personnes plutôt qu'un problème social. Le troisième aspect concerne des décisions qui ont déjà été prises. Bond et le MI6 se trouvent face à une nouvelle vision des services de renseignements. Les hommes comptent moins que les informations tandis que l'action est robotisée. La récolte d'information est massive et partagée entre services nationaux sans contrôle démocratique. Ce que le film veut montrer c'est d'abord la nécessité d'un contrôle humain sur les renseignements. Tout surveiller ne mène à rien sans un être humain capable de prendre des décisions et responsables devant le peuple. Le contraire ne peut mener qu'à la tyrannie. Ce que le film tente aussi de montrer, et échoue, c'est le danger de la surveillance totale. Dans le film le danger est pour Bond qui est affaiblit, en tant qu'agent de l'État, par les informations, en temps réel, récoltées sur lui. Rien n'est dit sur les problèmes posés pour la démocratie. Pire encore, le film peint ce danger comme extérieur à l'État. C'est un groupe secret, criminel et privé qui incarne les problèmes de la surveillance. L'État n'est jamais pensé. Or, à notre époque ce sont les États qui mettent en place cette politique en ce moment même sans se poser de questions sur les effets futurs pour la démocratie. Le film est donc raté dans son message.

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    *** Ça aurait pu être un bon film. En l'état il n'est pas mauvais mais tout de même raté.
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    *****

    Image : Site officiel

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  • Avril et le monde truqué

    XIXe siècle, Napoléon III se prépare à la guerre contre la Prusse. Il visite un savant qui lui avait promis un sérum permettant de rendre ses troupes invulnérables. Mais l'expérience est ratée. Le laboratoire explose et Napoléon IV prend la suite et signe la paix avec la Prusse. Durant les mêmes années des savants disparaissent dans le monde entier. Ces disparitions empêchent de nombreuses découvertes et, en 1931, le monde en est encore à la machine à vapeur tandis que la France est un empire dont le chef est Napoléon V. Le manque de charbon crée une guerre de l'énergie entre l'Europe et les Amériques. C'est dans ce contexte qu'une jeune fille est séparée de ses parents savants poursuivis par la police afin d'aider à l'effort de guerre. Alors qu'elle tente de comprendre la raison de leur disparition elle tombe sur un complot mondial mis en place par une civilisation très avancée en matière technologique.

    Ce court film est une très bonne surprise. J'en suis sortis détendu et plutôt content. Bien qu'il ne soit pas un chef d’œuvre il est drôle à de bons moments. J'ai apprécié le personnage principal. Une jeune femme qui réussit à devenir l'une des meilleur-e-s scientifiques seules par elle-même sans l'aide d'un homme. J'aime bien le chat et son humour. Le Grand-Père est aussi drôle. Ce qu'offre ce film n'est pas seulement une idée de ce qui se serait déroulé si un point particulier de l'histoire change. Il pose des questions sur l'éthique des scientifiques. Doit-on accepter des recherches pour des armes ? Peut-on faire de la recherche sans penser aux conséquences ? Mais on nous offre aussi une vision d'un monde en pleine guerre pour des raisons de manque de matière première. Un monde pollué et sans arbres. Difficile de ne pas faire un parallèle avec notre époque. Je le conseille pour une bonne soirée en famille

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    ***
    **** Sans être génial le film est sympathique avec de bonnes idées et une animation réussie.
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    Image : Site officiel

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  • Pan

    Pan est le film qui parle de Peter Pan. Mais on ne nous offre pas l'histoire habituelle que tout le monde connait. Non, on nous offre la genèse de Peter. Avant la Deuxième guerre mondiale une jeune femme abandonne son fils devant un orphelinat avec une lettre. Le jeune Peter y vivra toute son enfance sous la poigne d'acier de méchantes nonnes. Durant la guerre, il se rend compte que la nourriture et les enfants disparaissent. Il décide d'enquêter et découvre que la supérieure de l'établissement cache argent et nourriture dans son bureau. Celle-ci vend des orphelins à des pirates qui viennent les enlever à bord d'un bateau volant. Peter est capturé et se retrouve au Royaume Imaginaire à travailler dans des mines pour le capitaine Barbe Noir. Mais il existe une prophétie. Elle concerne un jeune garçon fils d'une fée et d'un humaine. Celui-ci saura voler et lancera une rébellion contre Barbe Noir. Cependant, Peter ne veut que retrouver sa mère.

    Comment expliquer, en quelques mots, le désastre qu'est ce film ? Honnêtement, j'ai rarement vu une prestation aussi mauvaise. Tout, et je dis bien tout, tombe à plat. Le film est rempli de personnages plus grossiers et caricaturaux les uns que les autres qui, pour des raisons mystérieuses, aiment chanter. L'intrigue est tout simplement grotesque et Peter y est totalement inutile (comme tous les élus en général). La révolte était possible avant lui alors pourquoi attendre ? Les décors sont censés être enfantins et colorés ils ne sont que kitsch et ratés. Les effets spéciaux et les séquences humoristiques sont ratés. Bref, fuyez ce film.

    * Qui a osé créer ce film?
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    Image : Site officiel

     

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  • Sicario

    Les USA, aujourd'hui, la police et le FBI mènent une opération commune afin de retrouver des personnes enlevées. Une attaque est formée contre une maison. Mais, lorsque celle-ci est lancée, tout tourne mal. Les murs sont remplis de cadavres et une bombe explose tuant deux policiers. Kate était en charge de l'assaut avec son partenaire. Après cette dure journée elle est convoquée au siège du FBI. Elle y apprend qu'une opération conjointe entre plusieurs agences a été autorisée. Elle part dès le lendemain. Mais elle ne sait ni pourquoi ni où. Petit à petit elle se rendra compte de ce que peut couter une guerre alors qu'elle est impliquée dans une opération dont elle ne sait rien.

    Ce film fut difficile à voir. Il est rude, violent et extrêmement pessimiste. Il est aussi très bien écrit, parfaitement réalisé avec une BO sans accroc. Il y a un certain nombre de personnages. Le premier dont je parlerais est Matt Graver. C'est un agent dont le seul but est la victoire. Le reste n'a aucune important. Il combat dans la boue donc il utilise la boue. Il est suivi par Alejandro dont la politesse cache un esprit glacial. Et enfin, nous avons Kate jouée par Emily Blunt. Nous sommes censés nous incarner dans son personnage et vivre selon ce qu'elle ressent. Donc ses émotions sont les plus vives de tous les personnages. C'est une femme compétente qui se pose de nombreuses questions concernant l'éthique de ce qu'elle découvre. On voit ses peurs et ses doutes que l'on ressent à notre tour.

    L'histoire, elle, concerne la guerre contre la drogue. L'intrigue nous emmène d'un point de vue parfaitement légal à des actions illégales. On se pose la question de la possibilité de ce qui arrive et la guerre à tous prix, sans prendre en compte les victimes, est fortement critiquée via le personnage de Kate. On observe une forte militarisation d'une action policière sans prise en compte des lois. Tout est fait, dans le film, pour montrer en quoi la fin ne justifie pas les moyens. Pire, le film nous montre les conséquences quand on accepte tous les moyens. Alors que les policiers de Kate sont humain-e-s les membres de l'équipe conjointe sont froids et blaguent sur les meurtres quand ils ne complimentent pas leurs auteurs. Au final nous avons un très bon film avec une actrice parfaite dans son rôle mais difficile à regarder.

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    ***** Un film parfaitement maitrisé.

     

     

     

     

  • The Program

    Même moi qui ne regarde pas le sport et hurle d'horreur devant les retransmissions annuelles du tour de France je sais qui est Lance Armstrong. Un sportif qui fut considéré comme le meilleure de sa génération. Un homme capable de dévaler une montagne en montée comme si c'était une descente. Bref, il est l'élite de l'élite. Du moins jusqu'à ce qu'une sombre affaire de dopage le rattrape. Ce film commence alors que Lance tente son premier tout de France. Il est naïf et seul. Dès le premier départ on lui explique qu'il n'a aucune chance de gagner. Il se lance donc dans le dopage et fait une magnifique performance. Juste après il apprend qu'il a le cancer. S'ensuivent de longues journées pour s'en remettre puis un retour spectaculaire sur le Tour. Et là les questions se posent. Ses résultats sont-ils réels ?

    Ce biopic a l'ambition de décrire le programme mis en place par Armstrong pour que son équipe gagne à tous les coups. Il est rempli de bonnes idées et de pistes de réflexions mais échoue systématiquement. Il échoue car il tente de montrer une progression dans le système de dopage mais le fait d'une scène à l'autre qui se déroulent d'une année à l'autre. À la fois on a une continuité et, en même temps, une forte discontinuité temporelle. Il échoue aussi car il force la nécessité, cinématographique, d'avoir un méchant et un gentil. Armstrong est le méchant corrupteur qui crée quasiment le dopage tout en mentant à tout le monde. Le gentil est un journaliste irlandais qui lutte seul envers tous pour la vérité et la justice (non il n'est pas Batman mais ça pourrait). Or, ni l'un ni l'autre n'étaient seuls. Ils faisaient partie d'un système entier. De temps en temps, le film tente de montrer que le problème est bien plus important. Il lorgne sur les journalistes, sur les nécessités économiques, sur la célébrité qui rend une personne intouchable mais jamais ne tente de se lancer dans le sujet. On ne fait que l'effleurer et, donc, le film échoue.

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    *** Le film n'est pas mauvais en soi. Mais il échoue sur tous les tableaux. Dommage.
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    Image : Allociné

     

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  • Mustang

    Hier soir je suis allé voir le film qui sera présenté aux Oscars par la France. Spoiler alert : le film mérite largement de représenter la France et de recevoir un prix. L'histoire se déroule dans un petit village de Turquie à 1000km d'Istanbul. On nous parle de 5 sœurs de 11 à 18 ans orphelines et élevées par leur grand-mère. Celles-ci quittent l'école après le dernier jour. Ce sont les vacances d'été, il fait beau et, jeunesse oblige, les jeunes filles et leurs amis décident de rentrer en marchant et s'amusent dans l'eau. Mais ce comportement revient aux oreilles d'une matriarche du village. Qui prend sur elle de prévenir la grand-mère des filles et, donc, leur oncle. Il est décidé de reprendre leur éducation sous la supervision de la grand-mère, de l'oncle et des autres femmes du village. Les tentations sont évacuées tandis que la maison devient une prison. Mais, après un évènement, les choses deviennent encore plus sombres. Les 5 sœurs seront-elles capables de résister à la pression des hommes et des femmes du village ?

    Voilà un film comme je souhaiterais un voir plus (prend ça dans ta tronche Hollywood). Il est réussi de tous les points de vues. Les actrices qui jouent les sœurs réussissent parfaitement à incarner différentes facettes de compromis et de résistance. Que ce soit l'ainée qui réussit tout ou la plus jeune qui résiste avec une grande ingéniosité. Les acteurs hommes sont assez bons aussi mais effacés car ce n'est pas leur histoire. Ils sont présents mais rarement dans la pièce principale. On les fait entrer pour prendre des décisions et non pour discuter de la vie de tous les jours. Les autres femmes montrent à quel point la tradition est d'abord contrôlée et reproduites par elles. Ce sont les femmes qui instruisent les jeunes filles dans l'art d'être une bonne esclave / mère et femme d'un homme. L'atmosphère est tout aussi bonne. Le film commence dans l'insouciance et continue dans une attitude rebelle remplie de moments comiques. Ce n'est que durant la seconde moitié que le film devient un drame parfaitement maitrisé. En conclusion voilà un grand et bon film que je conseille sans hésiter.

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    ***** Un excellent film qui dépeint magnifiquement la domination exercée sur les femmes pour être pure, servante et de bonnes ménagères.

    Image : Allociné

     

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