Film - Page 10

  • Rise of the guardians / Les 5 légendes

    J'ai été voir ce film dont je n'attendais pas grand-chose de plus qu'un divertissement de noël. Le film dépeint les aventures de Jack Frost. Ce jeune garçon facétieux s'est réveillé il y a 300 ans. Il découvre qu'il a le pouvoir d'agir sur le froid et de créer la neige. Mais il est aussi invisible envers les autres humains. Il vit donc de manière insouciante accompagné de l'hiver et des jeux dans la neige. Mais son insouciance le conduit aussi à mettre en danger les personnes c'est la raison pour laquelle il n'est pas accepté par les gardiens. Ceux-ci, le père noël, le fée des dents, le lapin de pâque et le marchand de sable, ont été nommé par une puissance pour protéger les enfants et leur capacité d’émerveillement. Mais quand un ennemi venu du fin fond des âges recommence à menacer les enfants les 4 gardiens sont obligés d'accepter l'aide de Jack Frost qui pourrait bien posséder le pouvoir suffisant pour sauver la Terre. Le temps des insouciances est donc terminé pour Jack... Ou pas...

    Il n'y avait aucun enfant dans la salle. A croire que ce ne sont pas ces derniers qui ont le plus besoin de merveilleux. Ou alors c'était dimanche soir et le lendemain y avait école. Comme je l'ai dit je n'attendais pas grand-chose de ce film. Je cherchais surtout un bon divertissement parfait pour une fin de semaine. Le but est largement atteint. Les rires étaient nombreux dans la salle et retentissaient souvent. Les interactions entre les personnages étaient assez maîtrisées pour les rendre drôles et attachants. En particulier tout ce qui touche le lapin de paque qui se transforme, dans ce film, en une sorte de rambo lapin de pâque qui se fâche avec tout le monde. Le propos du film consiste surtout en une quête personnelle. Jack Frost, pour être utile, doit savoir qui il est. C'est autant une quête des origines qu'une recherche intérieure. Ce point n'est pas inintéressant mais reste développé dans le cadre d'un film de divertissement donc peu subtil. Mais je ne cherchais pas une thèse philosophique.

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  • Looper

    Hier j'annonçais avoir deux des meilleurs films de l'année. Le premier était Argo le second est celui donc je vais parler aujourd'hui: Looper. Qu'est ce que Looper? Ce n'est pas une technologie ni une planète mais une profession. Dans environ 60 ans la technologie du voyage dans le temps sera découverte mais illégale. La mafia utilisera cette technologie pour envoyer dans le passé les personnes dont elle souhaite se débarrasser. Arrivé 30 ans en arrière ils rencontrent les hommes qui sont désignés comme Looper. Leur seul devoir est de tuer ces voyageurs du futur en échange d'un salaire des plus intéressants. Mais que se passe-t-il quand l'homme qui doit être tué est sois-même et qu'on le laisse s'échapper?

    J'ai beaucoup aimé ce film pour plusieurs points. Il est très bien joué par les différents acteurs. Le réalisateurs a aussi très bien écrit son film. Ce qui est particulièrement difficile quand on fait un film qui parle de voyage dans le temps. Les paradoxes sont souvent difficiles à comprendre. Je me souviendrais longtemps de cette scène particulièrement inventive et immonde de la mort de l'un des personnages. Il permet de bien se rendre compte de l'effet du voyage dans le temps sur des doubles. Mais ce qui rend ce film vraiment bien c'est aussi la manière dont le contexte est décrit. Comme je l'ai dit nous sommes 30 ans plus tard environ. La crise ne s'est pas calmée et les USA semblent être entré dans une pauvreté extrême. Mais est-ce que cela suppose la fin de toute technologie? Le réalisateur a réussit à créer une ambiance à la fois de crise et de nouvelles technologies. Ce qui fait que la ville dans laquelle se déroule les aventures que nous suivons est à la fois familière et légèrement différente. Les voitures sont adaptées pour l'énergie solaire par exemple. Bref, je ne vais pas continuer à présenter ce superbe film que je ne pourrais jamais vraiment expliquer de manière complète. Il vaut mieux aller le voir tout en sachant qu'il est particulièrement violent.

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  • Argo

    Nous avons la chance d'avoir eu deux semaines avec des sorties de très bon films (et non je ne parle pas de Twillight! Si vous aimez Twillight sortez d'ici et ne revenez jamais sauf pour faire de plates excuses à l'humanité et à la littérature!). Ces deux films sont Looper et Argo. Je vais commencer par présenter, du mieux que je le peux, ce dernier film. Je parlerais donc de Looper plus tard.

    L'intrigue du film prend place dans les années 70 alors que l'Iran s'est débarrassé du Shah qui s'est lui-même réfugié aux USA. Ce statut a le don d'énerver considérablement le peuple d'un pays qui a souffert la torture et l'oppression d'un tyran mis en place par les forces occidentales pour des raisons bassement économiques. Les iraniens manifestent tous les jours devant l'ambassade des USA qui continue, tant bien que mal, de faire son travail. Mais un jour les choses vont plus mal que prévu et les manifestants force le passage dans l'ambassade. Les employés sont pris en otage et inaugurent une période de forte tension diplomatique. Mais six personnes ont réussi à s'échapper et à se réfugier dans l'ambassade du Canada. Alors que les iraniens tentent de retrouver les traces administratives de tous les employés la CIA essaie de mettre en place un plan pour évacuer ces six personnes. Une idée un peu folle commence à voir le jour. Et si on montait un faux film de science-fiction?

    Cardiaques et personnes sujettes aux stress abstenez vous! Ce film magistralement joué et dirigé crée une tension intense chez le spectateur. En fait, il est rare que je ressente aussi fortement une tension quand je regarde un film. Mais avec celui-ci j'ai bien cru m'évanouir plusieurs fois à cause du stress ambiant. Mis à part avoir réussit à nous faire ressentir cette émotion le réalisateur a aussi particulièrement bien mis en place le contexte. Que ce soit en Iran ou l'on ressent très fortement le chaos ambiant et la peur des citoyens face à un nouveau pouvoir qui n'a pas à répondre de ses activités ou à Hollywood et son atmosphère de trahisons et d'artificialité assumée. Le réalisateur a aussi réussit à ajouter de petits cotés comiques dans un sujet dramatique. Cette réunion ou des idées d'exfiltration farfelues sont proposées me restera toujours en mémoire. Mais aussi Hollywood et les répliques qui sont à la limite de la moquerie. Bref, un superbe film. Donc ne perdez pas votre temps à me lire allez plutôt le voir vous ne le regretterez pas!

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  • James Bond Skyfall (on tombe des nues)

    Je suis allé voir Bond quelque temps après sa sortie histoire de pouvoir trouver des places au cinéma. Après cela j'ai pris un temps de réflexion pour mettre mes idées bien en place dans cette présentation. James Bond... Les deux derniers films en portaient le nom mais pas l'identité. Est-ce que Skyfall a fait mieux? Je tenterais de répondre à cette question durant cette présentation de mon ressenti face au film. Comme d'habitude pour un Bond on commence sur les chapeaux de roues. Bond poursuit à l'aide d'une autre agente un homme qui possède une liste des membres des services secrets infiltrés dans des organisations terroristes. Perdre cette liste serait évidemment un énorme échec pour le MI6. Mais, lors de cette poursuite, Bond est touché par une balle amie et ne peut pas reprendre possession de la liste. Quelques mois plus tard le MI6 est attaqué de front et Bond décide de revenir d'entre les morts pour traquer le responsable.

    Qu'ai-je donc ressenti face à ce nouveau Bond? Bon je vais tout de même commencer par dire que ce film est le meilleur depuis que Pierce Brosnan a quitté le costume. Mais je ne suis tout de même toujours pas convaincu par Daniel Craig qui fait plus armoire à glace que charme britannique. Qui est James Bond. Ce film montre un changement de génération. Bond est un vieux, très vieux, agent du MI6. Il est même l'un des derniers de son espèce. Et les références à l'obsolescence de James sont nombreuses dans le film. Que ce soit le discours de Q face au portrait d'un vieux bateau ou à l'utilité des agents de terrain et de leurs gadgets face aux informaticiens. Ou encore la remise en cause du programme 00 par les autorités britanniques. James est vieux et obsolète. Mais son crime est surtout de ne pas vouloir se retirer et continuer d'utiliser ses compétences alors qu'elles sont de moins en moins appréciées. L'usage d'agents secrets qui agissent dans l'ombre de l'état dans une période ou il est nécessaire de justifier ses activités et de faire la lumière sur elles semble anachronique.

    Vous l'aurez remarqué, je parle de James comme l'un des derniers agents de son espèce. Il en existe un autre. C'est le grand méchant pas beau du film: Silva. Ce dernier n'est pas un simple terroriste. C'est un ancien agent du MI6 accompli qui recherche une vengeance. Il est formé à la même école que James et il peut le battre sur toutes les compétences dont font preuves les agents du programme 00. Silva est surtout James au paroxysme. C'est un homme extrêmement compétent (avec un petit coté Moriarty du Sherlock de la BBC) sans coeur ni remords. Il planifie, il exécute et il réussit sans aucune prise en compte des victimes annexes. Au contraire, il prend plaisir à tuer et montre souvent une joie impressionnante alors que ses plans se déroulent. C'est un parfait psychopathe tout comme Bond. Mais au contraire de ce dernier Silva est un psychopathe incontrôlé.

    Il y a un lien entre Bond et Silva. Celui-ci est M. La cheffe du MI6 est la seule femme que Bond n'a pas réussit à charmer et qu'il respecte un peu. Entre M et Bond il existe une relation presque maternelle. Mais M n'hésite jamais à mettre en danger James si c'est tactiquement utile. Ce qui ne l'empêche pas, de temps en temps, de montrer un peu d'intérêt envers son meilleur agent. Silva a aussi une relation de mère fils avec M. Mais, au contraire de Bond, Silva veut tuer sa mère. Le film est donc, d'une certaine manière, l'occasion de résoudre cette relation œdipienne entre M, Silva et Bond. Et on sait comment cette relation doit se résoudre selon Freud.

    Mais ce dernier Bond est aussi l'occasion de créer un programme pour les prochains films. La résolution des intrigues est construite d'une telle manière que nous pouvons imaginer comment devraient être conçu les suites. Comme je l'ai dit plus haut, James est vieux. La question de son actualité pour de nouvelles générations qui sont nées après la chute du Mur et dans l'informatique se pose. C'est probablement l'une des raisons qui ont poussés les réalisateurs des deux derniers films à moderniser les histoires en brisant certains codes majeurs (gadgets, répliques, etc). Mais, comme il le dit lui-même, Bond a une tendance à ressusciter. Ce film est, en l’occurrence, un gigantesque retour aux sources. Aussi bien dans le cadre de l'intrigue - puisque James revient dans son manoir d'enfance au volant de l'une des anciennes Aston Martin bourrée de gadgets - que dans le programme annoncé. La fin du film remet les choses à leur place tels quelles étaient avant l'arrivée de M et de Pierce Brosnan. M est éliminée et remplacée par un homme formé sur le terrain. La seule femme qui réussit à survivre à Bond prend un travail de secrétaire et se nomme Moneypenny. Bond est accepté ainsi que la programme 00. Mais surtout, la dernière scène montre Bond à l'extérieur du bureau du nouveau M avec Moneypenny qui lui dit d'entrer. Les James Bond reviennent aux sources. Mais se pose la question de la réussite future de ce retour. En effet, James Bond est un tueur psychopathe misogyne sans pitiés ni remords. En bref, c'est salopard machiste. Les derniers films, grâce à une femme forte à la tête du MI6, permettaient de montrer que les valeurs machistes de Bond n'étaient plus en adéquation avec une société qui avait changé depuis la Guerre Froide. Sans cette femme forte ne risque t'on pas de retourner vers un machisme sans aucune retenue des Bond?

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  • Frankenweenie (le meilleur ami du zombie)

    J'aime bien Tim Burton. Son dernier film m'a déçu mais tout de même Tim Burton et son univers étrange reste l'un de mes favoris. J'étais donc plutôt enthousiaste face à ce film qui renoue avec le style de Corpse Bride que j'avais adoré. L'histoire a déjà été tourné dans un court métrage il y a près de 40 ans. Mais cette fois Tim Burton fait un long métrage d'animation. Nous sommes dans une petite ville. L'un des enfants de cette ville est un peu bizarre. Il est très intelligent et aime son chien Sparky mais il passe tout son temps à le filmer dans des scénarios d'horreur. Son père et sa mère essaient de le pousser à se faire des amis mais rien ne fonctionne. Et quand ces tentatives débouchent sur la mort de Sparky c'est le drame. Mais Victor ne se laisse pas démonter et décide de ressusciter son chien!

    J'imagine tout a fait Tim Burton dans la peau de Victor. Seul à élaborer des histoires étranges. Mais il faut bien le dire Victor n'est pas le seul personnage bizarre de ce film. En fait, ils sont tous plus bizarres les uns que les autres. Entre le jeune asiatique cruel et opportuniste, le grand jeune garçon inquiétant et au visage de monstre de Frankenstein, le jeune quasimodo et la jeune fille aux yeux hallucinés la gamme des personnages inquiétant est déjà bien fournie. Le style de l'animation est très proche de celui de Corpse Bride. Mais Tim Burton a ajouté le noir et blanc. Ce qui permet de donner un air plus classique au film qui singe dans un but d'hommage les classiques du cinéma de monstres. Même si la qualité n'est pas aussi prononcée que dans d'autres films j'ai apprécié ce film.

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  • Le magasin des suicides: des prix mortels.

    Je le confesse dès maintenant, je n'ai pas lu le roman. Je ne pourrais donc pas comparer l'adaptation au livre original et montrer les incohérences. Maintenant que cela est dit quelle est l'histoire de ce film? Nous sommes en France. La crise touche tous les secteurs et les journaux déplorent le nombre d'optimisme des citoyens. Les visages sont creux et sans expressions, le gris envahit la ville. Un homme tente de traverser la route pour se faire percuter quand un autre le sauve au dernier instant. Une âme charitable qui tente de lui expliquer l'intérêt de la vie? Non, au contraire, il le met en garde contre le suicide sur la voie publique qui est illégale. Il lui propose plutôt de visiter le magasin des suicides qui possède toutes les dernières technologies pour quitter ce monde en paix. Le gérant et sa femme ont deux enfants tout aussi déprimés qu'eux. Mais leur dernier bébé, lui, ne fait que sourire. Alors comment réagir?

    J'ai bien aimé ce film mais je n'en garderais pas un grand souvenir. Si on s'intéresse au style j'ai trouvé très intéressant de dépeindre la ville dans des tons de gris. Le seul endroit coloré se trouve être le magasin proprement dit qui, malgré son coté morbide, semble être le seul lieu ou un peu de joie reste. Ce film montre aussi un changement dans les personnages. Chacun d'eux est influencé par la joie de vivre du petit dernier. A tel point qu'ils s’exaspèrent devant quelqu'un d'aussi optimiste alors que le monde semble n'être que douleur. La question centrale est donc de savoir pourquoi la vie vaut la peine d'être subie? La réponse donnée par le film fleure bon l'optimisme et les petits cœurs roses mais ça n'implique pas que le réalisateur ait tort. Au final un film sympathique, drôle et que j'aurais oublié dans une semaine.

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  • Lawless: l'histoire de l'homme ours

    Je suis allé voir Lawless lundi dernier. La bande annonce m'avait mis l'eau à la bouche. L'histoire est adaptée d'un livre écrit par Matt Bondurant The Wettest County in the World. Qui sont ces Bondurant? Justement ce sont les héros principaux du film. Nous sommes dans les années trente en pleine crise économique. L'une des pires que le monde ait connu. Les États-Unis ont décidé de mettre en place une prohibition sur l'alcool. Comme tout le monde le sait ceci a eu l'effet d'augmenter le crime de manière spectaculaire. Les criminels distillent de l'alcool et le revendent au noir dans des bars illégaux. Les règlements de compte sont légions et des noms se sont hissés au soleil comme celui d'Al Capone. Les Bondurants sont trois frères qui ont chacun survécu à un événement meurtrier sauf le plus jeune. Ensemble ils distillent et distribuent l'alcool à l'intérieur de leur campagne et en direction de la ville. Mais la loi décide d'envoyer un homme pour arrêter ce trafic: Charlie Rakes. Les méthodes de cet homme mettent en question les idées sur le caractère moral de la prohibition. Car qui est le plus corrompu? Le criminel ou l'homme prêt à tout pour les arrêter même au prix d'atrocités?

    On va commencer sur du positif avant de partir dans le négatif. Wow c'est superbement joué! Que les paysages sont beaux et la photo magnifique! Oui, les acteurs sont tout simplement géniaux et on sent ici de réels talents. La pellicule réussit aussi à mettre en exergue un superbe pays de montagnes et de forêts. On se perd presque dans les images. Malheureusement ce sont les seuls commentaires positifs que je ferais et, à partir de maintenant, il s'agit d'expliquer pourquoi ce film me pose d'énormes problèmes. Avant de me décider d'écrire cette note j'ai longuement réfléchi et discuté je n'écris donc pas sous le coup de l'émotion mais après une période de réflexion.

    Pour expliquer pourquoi je ne peux pas écrire en faveur de ce film je vais présenter les personnages. Le premier est Forrest Bondurant ou l'homme ours. L'ours, pour ne pas le confondre avec humain réel, est le vrai mâle, l'exemple à suivre pour nous pauvres enfants ou hommes efféminés. L'ours ne pleure pas, l'ours n'a pas d'émotions, l'ours ne parle même pas il se contente de grogner de temps en temps. L'ours est maître de lui-même et des autres et rien ne saurait l'arrêter. Trois balles dans le corps ne sont rien pour l'ours que de simples égratignures. L'ours combat et tue sans coup férir car l'ours est un homme un vrai qui sait utiliser une arme. L'ours, vous l'aurez compris, est le mâle par excellence. Du moins c'est ce qu'on voudrait nous faire croire. En effet, le personnage est tellement caricatural qu'il est impossible de ne pas éclater de rire quand il ouvre la bouche pour grogner. Cet homme vivait dans les cavernes il y a 200 000 ans. Lui n'a pas évolué mais nous si. Le second personnage est le mâle bêta ou Howard Bondurant. Ce mâle n'est pas aussi homme que son grand frère mais il a fait la guerre, il est violent et suit les ordres de Forrest à la lettre. C'est la personnification du bon toutou qui obéit quand on dit "attaque!" ou "assit!". Il ne sert donc pas à grand-chose si ce n'est à ronger son os (ou son alcool plutôt). Dans la famille Bondurant je demande maintenant le tout petit frère. Lui n'est pas un homme. Le film fait tout pour nous le faire comprendre. Celui-ci n'est d'ailleurs qu'un prétexte pour montrer la marche vers la masculinité d'un jeune enfant. Jack Bondurant est adulte mais il n'a pas survécu comme ses frères. Il se contente de marcher dans leur ombre et de jouer au mâle. La scène durant laquelle il marche dans les rues avec un costume précédé par une discussion entre les deux autres Bondurant qui se conclut par "il se ballade en portant le costume de papa" est flagrante. Jack joue à être ce qu'il n'est pas selon ses deux frères. Il est faible, il pleure, il parle au lieu de grogner et surtout il en fait trop. Forrest sait se tenir alors que Jack en est incapable comme un enfant qui joue tout de suite après avoir déballé son cadeau au risque de casser ses jouets. Alors comment devient-on adulte? C'est simple: on devient adulte par la capacité de violence. Ce qui compte ce n'est pas d'être capable de violence mais de pouvoir aller jusqu'au bout pour défendre son droit à manger son os. En quelque sorte je pourrais dire que selon ce film être un mâle adulte c'est d’involuer jusqu'au stade de l'animal ie Forrest l'homme ours. Enfin, nous avons Charlie Rakes. Lui non plus n'est pas un vrai mâle. En fait, le réalisateur souhaite qu'on le déteste dès les premières minutes. Il n'a pas la voix grave, il prend soin de lui et il aime avoir son petit confort et sa petite propreté. En somme, c'est un homme efféminé donc pas un mâle. Le film n'est, en quelque sorte, qu'une lutte des mâles contre le psychopathe qui ne ressemble pas à un homme mais à une femme. Un psychopathe qui multiplie les défauts dit féminins (bien entendu je ne crois pas à cela) comme l'hystérie ou l'irrationalité. Sachez le amis mâles: si vous êtes vraiment des hommes vous ne vous doucherez pas et vous grognerez! Il y a encore deux personnages féminins. Mais leur rôle est si minime dans ce film sexiste et violent qu'il est pratiquement impossible d'en parler en détail. Leur seul intérêt est de se faire violer et de demander protection aux vrais mâles ainsi que de préparer la popote de ces messieurs. Bah oui, un mâle peut arracher la tête d’un couguar à main nue mais faire un feu et préparer la viande c'est au-dessus de ses forces!

    Voila qui résume mes idées sur ce film. Bien que la photo et le jeu soient magnifiques cela ne cache pas une idéologie sexiste ainsi qu'une apologie de la violence. Ce qui fait le mâle c'est la capacité de tuer les autres mais aussi tout ce qui pourrait être considéré comme féminin dans son caractère. C'est une apologie du mâle à l'ancienne sans sentiments et qui n'hésite pas à se battre. Je préfère les nouveaux modèles de masculinités qui sont non seulement multiples mais qui permettent aussi de se construire en dehors des schémas anciens. On a le droit, en tant qu'homme, d'avoir des sentiments et d'en parler, d'être faible de temps en temps mais aussi de prendre soin de sois. Ce n'est pas honteux c'est ce qui fait de nous des êtres humains évolués capables de choix.

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  • Starbuck (rubrique coup de coeur)

    J'ai décidé de commencer une rubrique coup de cœur. Et je trouve que le meilleur moyen de débuter est de parler de ce film. Je l'ai beaucoup aimé, j'ai beaucoup ri et je trouve que si vous devez voir un film cette semaine c'est celui-ci (Et ça vaut même pour quelques semaines précédentes)! David Wosniak est un jeune homme un peu perdu. Il travaille dans la boucherie de la famille mais n'arrive jamais à satisfaire ses frères ni son père. Il vit dans un appartement rempli de cannabis et tente difficilement de boucler les fins de mois ainsi que de recoller les morceaux avec sa copine enceinte depuis peu. David à une vie compliquée et en ruine. Mais ce qu'il ne sait pas c'est que sa vie va devenir encore plus compliquée. En effet, plus jeune il avait fait des dons de sperme. Suite à une mauvaise manipulation ses dons ont été fourni à 533 femmes. Et aujourd'hui 132 de ses enfants tentent une action en justice pour savoir qui est leur père.

    Je trouve que ce film est parfait pour commencer une rubrique coup de cœur. Les éloges que je pourrais en faire sont multiples. David, pour commencer, est un personnage un peu perdu mais surtout très attachant. On sent un homme qui tente de se construire une vie malgré toutes ses erreurs successives et qui, même s'il déçoit tout le monde, est apprécié de tout le monde grâce à son grand cœur. On voit aussi quelques enfants à l'écran. Chacun d'entre eux est un personnage à part entière avec lequel David se sent un minimum proche. Que ce soit la junkie qui tente de s'en sortir ou l'acteur qui rate sa chance. Mais ce qui j'aime le plus dans ce film c'est son histoire. Des inconnus se rencontrent, apprennent qu'ils sont tous frères et sœurs et commencent à construire une fratrie. Les enfants ne jugent pas David ni ne le condamnent. Ils tentent juste de recréer une sorte de famille entre eux. L'importance du film est, à mon avis, la dedans. Comment des inconnus peuvent réussir à se comprendre et s'apprécier. Ce film est un grand hymne de joie à l'humanité qui n'offre pas que des situations émotionnelles mais aussi des rires.

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  • ParaNorman (I can see dead people!)

    J'écris ma première note sur la plate-forme mise à jours de la tribune (bien que le lien avec les réseaux sociaux ne semble pas fonctionner). Et j'écris ce premier billet sur un film qui m'a en partie déçu. Qui est Norman? C'est un jeune garçon entre 8 et 10 ans. Il va à l'école comme tout le monde mais il n'a pas d'amis. Il préfère rester seul dans son coin. Norman est moqué par toute l'école qui ne voit en lui qu'un garçon un peu bizarre. Ce qui est d’ailleurs le cas d'une grande partie de la ville. En effet, Norman parle dans le vide. Qui peut être sain et faire ceci ? Mais ce que personne ne comprend c'est que Norman ne parle pas vraiment dans le vide. Non il parle aux morts qu'il peut voir et entendre. Mais, récemment, il semble être capable de voir plus que d'habitude. Il commence à entrer dans une époque précédente. Cet événement est en lien avec une malédiction qui aurait été annoncée par une sorcière il y a des siècles. Norman doit réussir à lever la malédiction avant la fin de la journée ou les morts marcheront à nouveau parmi les vivants !

    ParaNorman est un film qui utilise la technique de la stop-motion. Celle-ci permet de reconstituer les mouvements de personnages et de décors qui ont réellement été construit. L'aspect est moins lisse et moins fluide qu'avec l'utilisation de l'ordinateur mais ça donne un aspect particulier au film que j'apprécie. J'ai toujours l'impression de revenir, en quelque sorte, dans un spectacle de marionnette. De plus, les mouvements des zombies sont, à mon avis, particulièrement adapté à cette technique. J'ai aussi apprécié les quelques références aux films de zombies. Le film commence par une série z (inexistante bien entendu) qui montre l'aspect très artisanal et amateur des films de zombies. Malheureusement je ne connais pas assez ce genre pour avoir pu reconnaître les références si elles existent (je n'aime pas vraiment les zombies ce sont de sales bestioles qui devraient rester mortes). Mais ParaNorman ne dépasse jamais la zone du film sympa. Oui, c'est un film que j'ai apprécié mais donc je ne garde pas de grands souvenirs. J'ai aimé observer le monde par les yeux de Norman et j'ai compris la petite morale enfantine attendue par toute la salle. Ah, j'ai failli oublier, la 3D est totalement inutile.

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  • Total Recall

    J'avais lu la nouvelle il y a longtemps, j'avais vu la première adaptation il y a tout aussi longtemps, j'ai décidé d'aller voir cette seconde adaptation. Nous sommes sur Terre, la plus grande partie du monde est détruit et inhabitable suite à une guerre totale. Il n'existe plus que deux pays habitables : La fédération unie d’Angleterre et la Colonie. Les voyages entre ces deux points opposés se font à l'aide d'un ascenseur qui traverse littéralement la Terre. Douglas Quaid est un ouvrier de la colonie comme un autre. Il fait quotidienne le voyage entre la colonie et la fédération pour travailler sur les soldats synthétiques qui veillent à la sécurité de la fédération sous les ordres du chancelier. Mais il a envie de plus. Il souhaite du changement, de l'aventure et un peu de romance. Il décide donc de faire appel à la société rekall (probablement que la K fait tendance) qui lui offre de vivre les souvenirs artificiels d'un agent secret. Mais l'implantation se passe mal car il semblerait que Quaid soit réellement un agent secret ! Ou est-ce un rêve ?

    Il est dommage que je ne me souvienne pas mieux de la nouvelle et de la première adaptation. Mais j'en sais assez pour considérer que cette réadaptation me semble ratée. Les décors sont magnifiques, les villes des deux entités politiques sont assez bien conçues pour qu'on puisse facilement observer les différences. Entre la Colonie toujours sale, pluvieuse, multiethnique et remplie de monde et la fédération froide, grise voir blanche mais propre et bien conçue malgré le nombre impressionnant de personnes dans les rues on a vraiment l'impression d'entrer dans un univers ou l'espace est un bien précieux. Les effets spéciaux sont aussi plutôt impressionnants. Les hélicoptères, les explosions et les voitures se rapprochent de la vision de Minority Report avec le même style de courbes. Non, ce qui manque c'est l'aspect psychologique. Où est la réalité ? Est-ce que ce que vit Quaig est vraiment en train de se dérouler ou n'est ce qu'un fantasme ? Quel est la différence entre réalité et fiction ? Cet aspect très important a été complètement mis de coté et la question est résolue en un tour de main. C'est ça qui rend ce film si décevant. Ça et le manque total d'empathie de ma part avec les personnages ainsi que le scénario couru d'avance. Au moins ce film montre un minimum de critiques envers les technologies sécuritaires. Le héros se trouve dans un monde rempli de technologies de sécurité qui permettent de tracer, comprendre et réprimer tout comportement considéré comme dangereux. Il semble qu'il n'y ait pas de gardes-fous institutionnels puisque la police n'hésite pas à tirer dans la foule. Mais, là aussi, le film ne va pas aussi loin qu'il devrait. Une adaptation vraiment décevante.

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  • Magic Mike (du torse, des fesses, encore du torse et un tout petit peu d'histoire)

    Oui je suis allé voir Magic Mike. Un film dont le seul intérêt semble être le nombre d'hommes dénudés si on en croit la bande annonce. Et vous pouvez aussi me croire : c'est bel et bien le seul intérêt. Mais il y a tout de même un semblant d'histoire qui me permet de faire une présentation un tout petit peu plus intéressante que ce que je prévoyais. Mike est un trentenaire qui multiplie les boulots. Le jour il peut être maçon, laveur de voiture ou concepteur de mobilier. Mais le soir il est Magic Mike! La tête d'affiche de la boite de strip-tease masculine de la ville. Tout lui réussit sous le nom de Magic Mike. Non seulement il fait hurler les foules mais les femmes le suivent dans son lit et ses collègues sont ouvertement admiratifs. Un jour il prend un jeune homme de 17 ans sous son aile. Ce dernier est un peu paumé et a abandonné tous ses plans. Avec l'aide de Mike il deviendra le Kid. Mais ce dernier est aussi le frère d'une femme qui ne rend pas indifférent Mike. Dommage qu'elle n'apprécie pas son style de vie.

    Que dire de plus sur ce film ? La petite histoire est tout ce qu'elle peut être : une petite histoire à peine assez élaborée pour faire croire qu'il y a vraiment eu un scénariste qui a bossé derrière. Vous l'avez compris dès le début de cette note. Le seul intérêt de ce film se trouve lors des spectacles de strip-tease. Et il faut avouer qu'ils sont superbes. De la musique, de la danse et des thèmes qui débouchent tous sur un seul but : se déshabiller. Heureusement il y a un peu plus que ça dans ce film. Le personnage de Mike, outre ses danses, et aussi plutôt drôle à voir. Ses interactions avec la sœur du Kid, Brooke, lui permettent de surjouer en partie ce qui donne un caractère à la fois grotesque et attachant à Mike. Mais il n'y a aucunes surprises dans ce film et je ne pense pas que quelqu'un soit incapable de comprendre la fin du film après les 15 premières minutes.

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  • Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires

    Je commence par avouer que je ne connais pratiquement rien à l'histoire des États-Unis. Bien entendu, je connais les bases mais je ne saurais pas écrire une dissertation sur le sujet. Maintenant que ceci est dit je vais tenter de présenter ce film étrange. Pourquoi je le qualifie de cette manière ? Parce que j'ai trouvé l'idée de départ des plus bizarres. Ce film est une biographie. Mais pas la biographie officielle que nous pouvons tous retrouver sur wikipedia. Non, ce film nous offre l'histoire, fantaisiste, secrète d'une guerre menée contre les vampires. Depuis son enfance Abraham tente de se venger d'un homme qui a tué sa mère. Ce n'est que vers l'âge adulte qu'il apprend que cet homme n'en est pas un. En effet, un chasseur lui démontre que ses ennemis sont des vampires et commence à lui donner les informations et l’entraînement nécessaires pour les détruire. Alors qu'Abraham commence sa guerre par les armes il comprend vite que cela ne suffit pas. Il décide donc d'entrer en politique et utilise les forces entières de la nation pour expulser et détruire les vampires.

    Ce film se veut fantaisiste dans sa révision de l'histoire des États-Unis. Abraham Lincoln y est célébré comme l'homme qui a toujours voulu libérer les êtres humains. Mais ce film place cet acte politique majeur dans le cadre d'une lutte contre des êtres qui ne sont pas humains. C'est ici que l'histoire devient mythologique. En effet, le racisme et l'esclavage ne seraient pas dus aux humains mais à des êtres diaboliques qui avaient pris le contrôle d'une partie de la nation. Ce que ce film nous montre c'est une nation qui combat des vampires en imposant des valeurs humains (en contradiction avec des valeurs des morts). Les États-Unis sont donc la nation des humains qui luttent pour la liberté et l'humanité. On y retrouve l'idée des États-Unis comme flambeau de la démocratie et des droits humains. Un point qui est, encore une fois, martelé par les dernières minutes du film qui annoncent ou pourraient se trouver d'autres nations de vampires (Moyen-Orient, Allemagne, Japon, ...). Mis à part ces points politiques c'est surtout un gros film d'action qui voit le sang nous exploser à la figure dans tous les sens. Et je dois bien avouer que ça ne m'a pas plus du tout. Je dirais donc que c'est un mauvais film d'action qui ne vaut pas vraiment la peine de payer une place de cinéma pour aller le voir.

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  • Brave

    J'ai lu beaucoup de critiques mitigées voir mauvaises de ce film. Certains journalistes annonçaient la fin des inventions de pixar qui se serait normalisé depuis son intégration dans disney. Mais j'ai voulu me faire ma propre idée et je suis donc allé voir la version 3D de ce film en français (je préfère les VO mais les sous-titres sont très désagréables quand on a la 3D en même temps). Pixar nous emmène dans un jeune royaume construit sur les ruines des anciens rois. L'héroïne est la jeune princesse Mérida fille du roi Fergus et de la reine Elinor. Elle aime les armes et l'équitation cependant sa mère tente de l'empêcher de suivre ses passions et tente de la marier à un jeune homme fils aîné de l'un des clans alliés. Mérida ne souhaite pas se laisser faire et brise la tradition pour tenter de modifier son destin. Mais ces actes irréfléchis risquent de mener le royaume à la guerre civile.

    Je suis plutôt surpris des critiques négatives car, même si ce n'est pas le meilleur pixar, j'ai apprécié ce film. J'ai beaucoup aimé les paysages qui tentent d'intégrer une histoire devenue légende. J'apprécie aussi beaucoup les différents personnages. Les chefs de clans et le roi Fergus sont de grosses brutes sympathiques qui aiment se battre ce qui permet d'ajouter des scènes de combat aussi impressionnantes que drôles. Mais mes deux personnages préférés sont, bien entendu, les héroïnes de ce film. La reine Elinor incarne la mère proche de sa fille mais qui la perd progressivement alors que cette dernière se révolte. Mérida est donc l'archétype de l'adolescente en rébellion qui doit apprendre à suivre ses devoirs pour devenir une femme. La confrontation de ces deux femmes devrait sonner de manière familière à plusieurs personnes. Mais quel est ce devoir que doit accepter Mérida ? J'avais peur que ce film soit un retour à une vision de la femme derrière son mari pour s'occuper de lui. Que la révolte de Mérida soit contre le mariage lançait dans cette direction. Cependant, dans ce film, j'ai l'impression que les femmes sont vues comme les piliers du royaume. Mérida et Elinor ont de grandes connaissances en politiques, en histoire et en géographie. Bien que Fergus soit le roi c'est Elinor qui gouverne. Cependant, cette vision positive des femmes laisse la place à l'idée que ces dernières doivent se sacrifier dans le bien du royaume. Les femmes y sont les piliers mais sont aussi des victimes d'échanges matrimoniaux. Mais, encore une fois, Pixar montre que ces échanges sont aussi subis par les hommes. Les jeunes fils de clan ne sont peut-être pas d'accord d'être marié à une femme qu'ils ne connaissent pas ? Je pense donc que Brave mérite est meilleur que ce que la presse nous en dit.

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  • Batman the dark knight rises (pourquoi tombe-t-on?)

    J'ai enfin pu aller voir la dernière partie de la trilogie de Nolan. J'avais aimé Batman Begins et adoré The dark knight pour son crescendo dramatique et la superbe interprétation de Heat Ledger. J'attendais donc avec une grande impatience de troisième et dernier film tout comme beaucoup de monde. Il y a 8 ans Ghotam était terrorisée par le Joker et perdait son magistrat le plus aimé : Harvey Dent. Pour éviter le désespoir Batman avait pris la responsabilité des crimes de Dent. Dès lors Batman a disparu et Bruce Wayne s'est retiré de la vie sociale. Ghotam, elle, est en paix. Les crimes sont de moins en moins nombreux et la pègre a tout simplement disparu. La ville vit une sorte d'âge d'or dans un climat d'euphorie. Mais c'est sans conter l'apparition de Bane. Ce dernier met en place secrètement un plan pour prendre le contrôle de la ville et il semble que seul le retour de Batman puisse le stopper.

    Dès les premières minutes Nolan tente de rester au niveau de Dark Knight. Et, franchement, cette première scène en plein vol est tout simplement magnifique. Celle-ci permet d'introduire Bane via un spectacle aussi magnifique que prenant. Mais le film est moins sur Bane que sur Bruce Wayne alias Batman. En effet, ce dernier est attaqué non seulement en tant que symbole mais aussi en tant qu'homme public. Ce que nous montre Nolan c'est un Bane qui en sait plus qu'il ne devrait et qui détruit méticuleusement chaque aspects de la personnalité de Wayne pour le briser. Cette tension de plus en plus forte sur Bruce Wayne n'est pas aussi réussie que celle du Joker mais reste presque aussi éreintante.

    Dans un second temps je pense qu'il peut être intéressant de s'intéresser au politique chez Dark Knight Rises. Nolan dément avoir eu un but politique et je lui concède qu'il n'a probablement pas de buts politiques conscients. Cela n'empêche pas que ce film montre une certaine conception de la société. Bane n'est pas un simple terroriste. Il s'autoproclame libérateur du peuple et agent de lutte contre un système corrompu dans son fonctionnement capitaliste. De nombreuses répliques montrent une condamnation par les personnages d'un système injuste. Mais Bane en reste le principal porte-parole. Ainsi, la première partie de son plan est une attaque directe contre la bourse de Ghotam qu'il qualifie de repère de voleurs. Sa prise de contrôle de la ville se double d'un renversement des rôles. Les policiers passent de garants de l'ordre à émeutiers et forces de la répression face à des prisonniers victimes des mensonges et de lois sécuritaires. Cette révolution est aussi mise en place via la constitution de tribunaux du peuple chargé de juger les agents de la répression et les riches décadents. Quelqu'un qui connaît un minimum l'histoire de 1789 ferra sans peine le lien avec la Terreur et ses tribunaux de la révolution. Ces critiques de l'ordre capitaliste libéral sont donc portées par un personnage usant du terrorisme mais aussi du mensonge puisque la révolution est un moyen de garder les militaires et la population occupée le temps que le plan arrive à son terme. On pourrait donc penser que ce film se porte en défenseur de l'ordre néo-libérale sécuritaire face à ses critiques. Cependant, je pense que cette conception est probablement en partie exagérée. Il serait plus réaliste d'y voir l'intériorisation d'une certaine conception de la société et de deux peurs de la société américaine : le terrorisme et la contestation du capitalisme. Mais ces points n’enlèvent rien à ce film qui, à mon avis, est la seconde meilleure adaptation de comics de ces dernières années après The Dark Knight.

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  • Le Lorax (des arbres qui parlent)

    Je suis donc allé voir ce nouveau film d'animation dont on entend parler depuis quelques mois. Le Lorax est le nom d'une petite bestiole orange qui dit parler pour les arbres. On fait sa connaissance durant l'histoire que raconte un personnage sur sa jeunesse à un gamin. Mais que vient donc faire ce gamin hors de sa ville d'enfance ou tout semble être parfait ? Sa motivation est de séduire sa voisine qui rêve de voir un véritable arbre. Cette quête le conduit à chercher la dernière personne à avoir vu un arbre en espérant qu'il puisse le guider vers une graine. Mais ce même homme est aussi celui qui a détruit les arbres. En lui contant sa rencontre avec le Lorax et ses erreurs il lui explique quel est l'importance des arbres.

    J'ai lu beaucoup de critiques dont certaines sont très négatives. Certains n'apprécient pas du tout le style graphique du film. Il est vrai qu'il est en dessous des normes de l'époque. Cependant, je réfute ces accusations. En effet, je trouve que le caractère "enfantin" des images avec ses poissons chanteurs et ses nounours (je trouve le terme plus adapté qu'ourson) mangeur de sucreries dans un décor d'arbres plumeux nous replonge dans les livres d'enfances. Ce style, peut être naïf et artificiel, est mis en contradiction avec un autre univers. Celui de la ville de plastique ou rien n'est vivant. Les personnes qui y vivent marchent sur du plastique, regardent du plastiques et vivent dans la consommation effrénée sans arrières pensées en masquant la puanteur de la pollution par l'achat de bouteilles d'air frais.

    Il n'y a pas besoin d'être très attentif à mes propos pour comprendre que le message principal concerne l'écologie. En effet, le Lorax en sa qualité de porte-parole de la nature montre et point du doigt les activités destructrices de l'industrie en la personne de Gash Pilleur. Ce dernier est pris par la folie de la production et de la richesse tente vainement de se justifier par la légalité de ses actions tout en détruisant ce qui a fait sa puissance : la nature. Il est donc tentant d'ajouter une critique du capitalisme néo-libérale pris dans une spirale de production implacable au nom de la sacro-sainte croissance sans prendre en compte que nous vivons dans un système fermé aux ressources limitées. Mais je me suis aussi intéressé à la manière dont la ville est décrite. Derrière une façade de liberté de consommation et de choix une réalité plus inquiétante se cache. Les individus qui vivent dans cette ville sont des prisonniers. Toutes les caractéristiques de cet état sont visibles. Chacun d'entre eux est surveillé par un impressionnant dispositif de surveillance par caméras qui permet d'observer et d'éviter, quand ce n'est pas punir, les comportements anormaux. Ces mêmes dispositifs sont doublés par un mur impressionnant qui entoure la ville entière et cache la pollution produite aux habitants. Heureusement le film nous offre de l'espoir en montrant comment une personne peut changer les choses mais je pense qu'il fait aussi preuve de naïveté puisque ces changements sont beaucoup trop faciles dans le cadre de cette histoire.

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  • Rock of Age

    Rock of Age traduit en Rock Forever en français (mais franchement pourquoi ils traduisent un titre anglais par un autre titre anglais ? C'est non seulement ridicule mais aussi stupide) est sorti récemment au cinéma. C'est une adaptation d'une comédie musicale de Broadway par Adam Shankman producteur d'Hairspray que je n'ai pas vu. Le film commence dans un car qui emmène une jeune femme talentueuse à Los Angeles. Elle y rencontre un jeune homme tout aussi talentueux qui lui permet de travailler dans un endroit mythique du rock: le Bourbon. Entre ces murs ces deux personnes se connaîtront de mieux en mieux et tenteront d'entrer sur la scène. Mais tout n'est pas aussi simple qu'ils ne le croyaient. Alors que l'un tombe dans les pattes d'un agent détestable et que l'autre s'enfuit des groupes bibliques tentent de faire fermer le Bourbon responsable, selon eux, de la dégradation de la ville.

    J'ai résumé l'histoire de manière simpliste. En effet, il n'y a pas qu'une histoire d'amour mais trois. Celles-ci sont entremêlées dans plusieurs intrigues. Est-ce que Drew va réussir à devenir un chanteur de rock ? Est-ce que Sherrie va pouvoir suivre son rêve ? Et est-ce que le Bourbon va survivre ? Ces trois problèmes tournent autour d'une même passion : le rock and roll. Et l'histoire est mêlée, comme cela va de soit pour une comédie musicale, avec de nombreuses chansons. Outre la musique et l'histoire on nous offre aussi des personnages. Je laisserais de coté les deux jeunes que je ne trouve pas très intéressants (jeunes, amoureux, rêves plein la tête blablabla). Je préfère parler des gérants du Bourbon. Il y a Russel Brand qui incarne un vieux fan de rock un peu fou à coté de son patron incarné par Alec Baldwin. Catherine Zeta-Jones joue une femme de politicien carriériste et passionnée mais qui cache un secret que je ne dévoilerais pas ici. Enfin, nous avons Tom Cruise qui incarne Stacee Jaxx un vieux rocker sur la pente descendante mais qui reste une légende malgré son comportement étrange. Après avoir mixé tout cela nous avons un film qui donne envie de danser et de chanter du rock.

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  • The amazing Spiderman

    Comment faire quand on on n’a pas d'idée mais que l'on souhaite faire de l'argent ? On adapte des comics. Que faire quand on a vraiment aucune imagination ? On réadapte un film adapté d'un comic. Ce film est donc une réadaptation qui reprend tout depuis le début ! Spiderman n'est donc pas un inconnu dans l'industrie cinématographique. En effet, nous avons déjà pu suivre ce héros dans une trilogie. Eh bien, les grands maîtres du cinéma, dans leur grande sagesse, ont décidé de faire une seconde trilogie. Mais ils ne souhaitent pas continuer l'histoire. Non, comme je l'ai dit plus haut on recommence tout depuis le début. Nous suivons donc le jeune Peter dans sa vie de lycéen normal et un peu paumé. Jusqu'à ce qu'un jour il se fasse mordre par une araignée génétiquement modifiée. Cette mutation le conduit à s'intéresser de plus près aux recherches de son père disparu mettant en place un chemin qui conduira vers sa première lutte en tant que héros.

    Je n'ai pas beaucoup aimé ce film. Je trouve qu'il est trop long et lent. Honnêtement, je doute que relancer de cette manière Spiderman ait été une bonne idée. Mais les films qui suivront pourraient me donner tort. Qu'est ce que je n'ai pas apprécié dans ce film ? Tout d'abord je trouve le personnage de Peter Parker particulièrement insupportable. Il peut être plus proche de l'idée que l'on se fait d'un ado mais je n'aime pas du tout ce traitement. Ensuite, et encore une fois, je trouve que l'intrigue se déroule beaucoup trop lentement. On met un temps incalculable pour voir l'affrontement final au profit de petites scénettes assez peu utiles à mon avis. Par contre, j'apprécie que Spiderman crée lui-même le moyen de lancer des toiles. Cet aspect est plus proche du peu que je sais du comics et avait été abandonné dans les films précédents. J'ai aussi beaucoup aimé la scène traditionnelle avec Stan Lee. Pour conclure, je trouve ce film très peu intéressant voir franchement inutile mais je sais que mon avis n'est pas partagé par tous.

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  • Ice Age 4: Continental drift (la dérive des continents enfin expliquée!)

    Comme un certain nombre de personne je suis allé voir le nouveau Ice Age. Il n'est sûrement pas facile de faire une nouvelle suite toujours aussi réussie quand on a déjà mis en place trois autres films. La petite Peach que nous avions brièvement rencontrée dans le dernier opus a grandi. Elle est maintenant une jeune adolescente en mal de sensations fortes et qui fait tout pour que le playmammouth du coin la remarque au grand dam de son meilleur ami taupe. Manfred est toujours le père stressé et têtu qu'il était auparavant et essaie de contrôler sa fille. Mais ses tentatives seront brutalement empêchées par la mise en place de la dérive des continents. Une gigantesque plaque est en train de détruire leur habitat et Manfred, Sid et Diego sont expulsé sur une plaque de glace.

    Encore une fois, je trouve que les producteurs d'Ice Age ont réussi leur coup. On aurait pu penser que les idées se seraient épuisées un peu comme dans le cas de Shrek. On aurait aussi pu penser que les personnages nous auraient un peu ennuyé parce que nous les connaissons trop. Mais non, ce film réussit à divertir sans pour autant chercher à trop faire. L'adjonction de nouveaux personnages comme la famille de Sid ou les amis de Peach permettent aussi de renouveler un peu les choses. Au final j'ai ris, je me suis amusé et j'ai apprécié ce petit moment au cinéma. Ce qui était exactement ce que je demandais.

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  • Millénium la série

    J'ai déjà parlé deux fois de Millénium sur ce blog. Une fois, en trois billets, j'ai présenté les différents tome de cette trilogie que j'avais particulièrement apprécié. J'en ai parlé une seconde fois pour parler de l'adaptation américaine que j'avais trouvée assez médiocre. Dans ce dernier billet j'avouais n'avoir pas vu l'adaptation suédoise précédente. Avant de pouvoir regarder cette version il m'était nécessaire de la comprendre. En effet, il existe une version film et une version dite série. La deuxième possède 6 épisodes de 90 minutes chacun alors que les versions films durent environ 2 heures chacun. J'ai donc naturellement choisi la version série qui recevait de nombreuses critiques positives puisqu'elle développe plus avant les relations entre les personnages et les intrigues.

    L'histoire commence probablement à être connue de tous. Mais je vais quand même rapidement la résumer sans spoiler. Un journaliste suédois est attaqué en justice pour diffamation. Suite à sa condamnation il décide de s'éloigner de la revue qu'il co-dirige: Millénium. C'est le signal qu'attend un certain Henrik Vanger pour lui demander de l'aide. Sa nièce a été assassinée il y a des années et, depuis, le tueur lui envoie une fleur chaque années. Vanger demande à Mikael de reprendre l'enquête en main. Durant celle-ci le journaliste rencontrera Lisbeth Salander. Mais il ne sait pas que les relations avec cette femme légèrement différente prendront un tour très inattendu.

    Comment dire à quel point cette adaptation est supérieure au film américain ? Il y a tellement de points mieux réussit qu'il me faudrait un roman. Je commencerais donc par le début. Le générique de la série est tout simplement beaucoup plus logique que celui du film américain. Ce dernier était une sorte de générique à la James Bond. Celui de la série suédoise montre différents éléments de l'intrigue sous formes de peintures avec une musique parfaitement adaptée. Le générique se termine sur l'image magnifique d'une tête de dragon. En ce qui concerne l'intrigue celle-ci est, bien entendu, simplifiée comparée aux livres. Cependant, elle est beaucoup mieux mise en place et beaucoup plus clair. Le réalisateur a pris le temps de mettre les différents éléments en place tout en ne créant pas de longueurs. Les deux acteurs principaux me plaisent aussi beaucoup plus. En ce qui concerne Mikael on pourrait ne pas être d'accord avec moi mais Michael Nyquvist est plus proche de l'image de Mikael Blomvkist que j'avais. Noomi Rapace qui prend le rôle de Lisbeth Salander est tout simplement magnifique. Elle réussit véritablement à incarner ce personnage à la fois fragile et extrêmement fort. Les images sont aussi sans communes mesures avec celles du film. Je ne sais pas pourquoi mais l'adaptation américaine donnait une impression d'artificialité. La série suédoise offre une véritable impression d'authenticité. Le réalisateur a film dans le pays et ça se sent aussi bien dans les villes que dans les coins perdus en plein hiver nordique. Le froid semble presque sortir de la télévision. De plus, ce film m'a donnée envie de faire un petit voyage en Suède (mais en été). Bref, si vous deviez choisir je vous conseille fortement cette série suédoise.

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  • Milk (Gay rights now!)

    J'ai enfin regardé attentivement ce film ! Il dépeint une partie de la vie d'Harvey Milk. Nous faisons la connaissance de cet homme à New-York le jour de son quarantième anniversaire. La vie est difficile pour cet homme qui doit vivre caché de peur d'être dénoncé à son employeur et de perdre son emploi. Le soir même il décide de quitter cette ville et de vivre librement à Los-Angeles pour fonder un commerce. Ce dernier devient un lieu de rencontre pour les gays de la ville ce qui conduit la police à charger et arrêter tout ce qui bouge. Harvey Milk décide donc de se faire la voix des minorités et d'entrer en politique dans un poste à la commune. Son combat pour les droits des homosexuels commence dans un contexte défavorable. Mais les victoires commencent à tomber...

    Ceci est film politique dans le sens que l'histoire n'est pas que celle d'un homme mais aussi d'un mouvement dans un contexte précis. Comme de nombreux pays, les États-Unis ont réprimés les gays très tardivement simplement pour leur forme de vie. Encore aujourd'hui, les droits civils sont déniés aux homosexuels et aux lesbiennes indice d'une conception illégitime de cette forme d'amour par l'état. Ce film est l'histoire d'une lutte d'une décennie entre 1972 et 1978. On nous montre le premier américain ouvertement gay élu. Mais, surtout, on nous montre sa maîtrise politique dans un contexte peu favorable aux droits des gays et lesbiennes. Milk jongle entre les élections et les manifestations pour démontrer sa légitimité de porte-parole et asseoir une force politique au mouvement. Bien que beaucoup de personnes étaient contre lui pour des raisons personnelles ou de stratégie politique il continue à se battre contre toutes pertes politiques. Les luttes sont donc violentes et je pense que le film réussit à nous communiquer l'importance des moments. Cependant, nous sommes dans un film ce qui implique des simplifications. Bien que je souhaite, un jour, m'informer plus avant sur la vie de cet homme je pense que le réalisateur a signé un bon biopic que je conseille sans arrières-pensées.

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  • Snow White and the Huntsman (mirror mirror on the wall)

    C'est l'histoire d'une adolescente qui n'aime pas sa belle-mère. Ça tombe bien, cette dernière n'apprécie pas trop sa belle-fille non plus. Comme le père est sourd aux suppliques de l'une et de l'autre les deux femmes décident d'agir raisonnablement comme des adultes et... complotent des assassinats et des guerres l'une contre l'autre. Bon d'accord, la belle-mère a tué le père de Blanche Neige et l'a gardée emprisonnée dans la plus haute tour du château durant toute sa vie. Sans oublier que le peuple est tyrannisé en vue de garder intacte son éternelle beauté ! Heureusement pour tout le monde Blanche Neige réussit à s'échapper par les égouts et en ressort légèrement moins blanche qu'auparavant. La reine envoie donc un chasseur à sa recherche pour la ramener au palais et manger son cœur (on est méchante ou on ne l'est pas...).

    Je ne sais pas pour vous mais j'ai l'impression qu'il n'y a plus beaucoup d'imagination de l'autre coté de l'atlantique. Quand ils ne font pas les suites des suites ou les réadaptations des adaptations ils piquent les idées des Anglais ou ils sortent la même histoire à quelques semaines d’intervalles. C'est donc le second Blanche Neige que l'on peut voir en moins d'un mois et c'est probablement un peu tôt même quand on décide que le cinéma c'est aussi se vider la tête et ne pas réfléchir. J'avais apprécié l’atmosphère kitsch du dernier film. Je pensais apprécier l'atmosphère sombre de celui-ci. Dommage c'est raté et pour plusieurs raisons. Tout d'abord la reine et son frère, je ne sais pas ce qu'ils ont dans cette famille mais il semble qu'ils se sentent obligé de donner deux fois les mêmes ordres. Sauf que la seconde fois l'ordre doit être hurlé sinon ce n'est pas drôle. Nous avons donc des dialogues très savoureux du style « sortez, SORTEZ! » heureusement que ces deux la ne sont pas très romantiques... On trouve aussi deux personnages tellement caricaturaux qu'on peut connaître la fin en les regardant. Le premier est le plus vieil ami de Blanche Neige qui, bien sur, est amoureux d'elle. Ce qui en fait le "preux chevalier qui tire à l'arc mais moins bien que Œil de Faucon dans Avengers mais qui est plein d'honneur et tout". Il est suivi par beau brun aussi connu sous le nom du Chasseur. Son rôle est d'aider Blanche Neige mais de geindre sur son sort dès que possible pour que les spectateurs puissent être tristes pour lui. Et comme le réalisateur est subtil beau brun est plus intéressant que preux chevalier aux yeux de Blanche Neige. C'est sûrement le coté bad boy. Blanche Neige n'est pas en reste. Durant la moitié du film elle ne dialogue que par des petits cris effarouché et l'actrice semble ne connaître qu'un rôle que je baptise "stupeur apeurée". Cette dernière tente aussi un petit discours mais il ne réussit pas. Il faut dire que son discours n'a rien à voir avec le problème et elle le fait mal. Il faudra prendre exemple sur Theoden et Aragorn. Nous avons d'autres problèmes comme les fées qui apparaissent pour rien mais qui annoncent Blanche Neige comme la One. Ou encore les soldats de la Reine qui réussissent à tirer systématiquement à coté de la cavalerie alors que cette dernière prend toute la place. Il n'est pourtant pas nécessaire d'être subtil quand on utilise un trébuchet... Ou encore les acteurs des nains dont on a remplacé la tête par d'autres acteurs. C'est un détail mais ce n'est pas très poli... Bref, je conclurais par un gros mouais bof.

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  • Madagascar 3: Bons baisers d'Europe (zèbre à pois!)

    Après les affres de la révolution anti-capitaliste je me suis lancé dans les aventures d'Alex et des amis. Le premier épisode nos quatre amis s'étaient retrouvé à Madagascar. Lors du second épisode ils avaient réussi à retrouver le continent Africain ou Alex a fait la connaissance de son père. Mais ils souhaitent encore et toujours retrouver New-York ! Ce qu'ils ne peuvent pas faire sans l'aide des pingouins qui se sont enfuis à Monte-Carlo pour faire fortune. De manière obscure les quatre amis réussissent à rejoindre Monte-Carlo ou ils tentent de retrouver les pingouins. Durant le même temps ils détruiront leur couverture. Tous les animaux doivent donc fuir devant la folie furieuse de l'officier de la brigade animalière Dubois. Durant cette fuite ils se cacheront dans un cirque ambulant et feront la connaissance de nouveaux personnage qui n'ont qu'un seul but : faire une tournée aux États-Unis ! Voila qui tombe bien.

    Le précédent film dont j'ai parlé posait des questions difficiles à répondre. Ce n'est pas le cas de celui-ci. Ce film ne pose aucune question c'est du divertissement pur et simple et, franchement, de temps en temps ça fait du bien. Le seul but est de nous faire rire et de passer un bon moment. Honnêtement, la mission est réussie. Bien que je ne sois pas entré dans la salle avec une attente monstrueuse j'en suis sorti avec le sourire aux lèvres. Ce film est un gigantesque spectacle sans queue ni tête mais qui fonctionne! J'ai surtout beaucoup aimé les scènes de cirque qui sont très colorées. D'ailleurs, et je crois que c'est la première fois que je le dis, je dois avouer que la 3D était non seulement réussie mais aussi utile !

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  • Opération Libertad (des rêves plein la tête)

    Le film commence sur un constat amer du narrateur sur sa propre vie. De jeune de 20 ans plein de rêves il est devenu un adulte de 50 ans bourgeois et consumériste. Même sa fille l'accuse de l'être. Mais ce que sa fille ne sait pas c'est qu'il a fait partie du GAR ou Groupe Autonome Révolutionnaire. Mais comment tout cela a-t-il commencé ? Après cette petite introduction nous sommes donc plongés dans la jeunesse du narrateur grâce à un film qu'il avait tourné pendant ses études. Celles-ci l'avaient conduit à se rapprocher du GAR qui souhaitait être visible dans les médias. Car ce groupe d'extrême-gauche ne fait pas que parler. Non, il agit aussi. Le narrateur les suivra durant leur préparation jusqu'à leur plus grande opération : l'attaque d'une banque dans le but de mettre en lumière les liens de la Suisse avec les régimes dictatoriaux d’Amérique du sud. Mais rien ne se déroule comme prévu et le groupe est obligé de se cacher en espérant être entendu. L'opération Libertad a commencé.

    Plus que la question de la lutte contre le capitalisme je pense que ce film s'interroge sur le passage des rêves à la réalité. Certains pourraient dire le passage de l'enfance à l'âge adulte. En effet, nous passons d'un début presque héroïque durant lequel les différents personnages sont très liés entre eux et certains de la légitimité de leur prochaine opération. Ils rêvent de mettre à bas l'hypocrisie du secret bancaire en deux minutes et d'être salué comme des révolutionnaires qui seraient sur le point de détruire le système. Mais les rêves disparaissent rapidement après que l'opération se soit mal déroulé. En effet, nous passons d'une période ouverte à un huis clos oppressant. Durant ces quelques jours de proximité forcée avec un homme enlevé et blessé à la cave les différents personnages se heurtent. Les rêves et l'idéalisme se transforment en résignation puis en désespoir au fur et à mesure que le temps passe et que rien n'est dit sur l'opération. Heureusement, les jeunes auront toujours des rêves et cette note pessimiste est contrebalancée par les dernières paroles du narrateur sur sa propre fille (si je me souviens bien): "Aujourd'hui ma fille a 20 ans et je suis sur qu'elle a des rêves".

    Une autre question qui pourrait être soulevée par ce film c'est celle de la violence. En effet, l'un des personnages explique que les mots sont incapables de changements. C'est la raison pour laquelle ce petit groupe décide de mettre en place une action violente contre le capitalisme en attaquant l'un de ses symboles. La question que l'on pourrait se poser est celle de la légitimité des actions violentes mais je pense qu'une question encore plus importante concerne ses effets. Ceux-ci sont-ils bénéfiques ou négatifs ? Personnellement, mes réflexions m'ont conduit à considérer que la violence n'est pas un bon moyen de réforme. En effet, je pense que la résistance active, violente, implique une réaction de même nature. Ce film nous montre une action violente qui échoue. Cet échec peut être imputé à différents événements. Tout d'abord, les médias refusent d'entrer dans le jeu et oublient de parler. Mais ceci n'implique pas que les forces de l'ordre ne réagissent pas. Ainsi, les différents personnages commencent à entrer dans une spirale de paranoïa qui ne peut que détruire leur groupe. De plus, cette opération est délégitimée par les actes même des personnages. Ils souhaitaient dénoncer un lien avec des dictatures violentes. Mais ils tentèrent de l faire par la violence physique et en volant. Leur idéal est donc corrompu par le vol de l'argent.

    Ce film, à mon avis, est bien maîtrisé. Il ne nous montre pas des héros ou des méchants mais des humains. Ces derniers tentent de réparer un monde qu'ils considèrent injuste mais ils échouent. Il n'y a pas de jugement sur cet échec ou sur l'opération mais une forme d'espoir que d'autres trouveront une voie vers le changement. Le film, et le réalisateur par extension, semblent nous dire que cet espoir de changement se trouve dans les rêves de la jeunesse. Il resterait à savoir si cet espoir est bien placé ? Mais surtout, cet espoir est-il légitime ?

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  • Men In Black 3 (un saut dans les souvenirs)

    J'ai un peu de retard puisque ce film est sorti il y a déjà pas mal de temps. Mais un manque de possibilités m'a empêché d'écrire ce billet sur ce blog. Vous vous souvenez de Men In Black? Ce film de Sonnenfeld sorti en 1997. Ce film nous montrait le recrutement d'un nouvel agent par une agence gouvernementale secrète chargée de réguler les activités aliens sur Terre. Il permettait aussi de voir un cafard géant se faire écraser le tout avec des dialogues dont je rigole encore. Le second gardait un ton décalé avec une méchante qui se balade en lingerie fine et adore attacher les hommes dans ses tentacules. Cette nouvelle suite se déroule quelques années après. K est toujours un agent ainsi que J mais Z est mort. C'est dans le cadre d'un transfert de pouvoir que le pénitencier lunaire est attaqué pour libérer le dernier représentant d'un espèce baignée dans le sang de centaines de planètes: Boris l'Animal. Mais les agents ont à peine le temps d'enquêter que K disparaît mystérieusement. Selon la nouvelle cheffe ce dernier est mort en 1969 en Floride. Il apparaît que Boris a fait un saut dans le temps pour tuer K et permettre à son espèce de détruire la Terre. Le temps manque pour J de retrouver K et de le sauver ainsi que la Terre!

    J'avais beaucoup apprécié le premier film et un peu moins le second. J'attendais donc ce troisième opus avec un peu de réticence. Il est vrai qu'il me semble qu'il manque un petit quelque chose de chaotique dans ce dernier. Comme si J n'était plus vraiment aussi déjanté qu'auparavant ou plutôt que les idées commencent à manquer dans le film. Peut-être aussi que de commencer la réalisation sans avoir de fin n'était pas une bonne idée? Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a que des mauvaises idées. Au contraire le film est rempli de très bonnes idées. Le saut dans le temps, par exemple, est attendu mais reste un concept intéressant. En 1969 j'ai surtout beaucoup aimé la manière dont les Men In Black sont décris. En effet, l'agence est remplie des gadgets que l'on connaît mais ceux-ci ont beaucoup moins performants et surtout beaucoup plus gros. K, par exemple, possède un neurolaseur portable qui prend 10 minutes pour se charger. Les aliens ont aussi le style de l'époque ce qui nous ramène aux doctor who classiques avec ses aliens kitsch et ridicules. L'agence a aussi une attitude différente envers les aliens qui reflète la mentalité raciste de l'époque. En effet, ceux-ci ne sont que des poids et leur mort n'a pas d'importance. La mort d'humains, par contre, est prise au sérieux. On observe aussi que les Men In Black surveillent de très prêt les milieux alternatifs. D'ailleurs, l'idée de faire d'Andy Warhol un agent en mal d'inspiration est très bien trouvée! Il est dommage que le cocktail ne fasse pas tout à fait effet. Mais le film reste un divertissement sympathique qui ne cherche pas vraiment autre chose.

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  • Dark Shadows: une histoire de haine

    Je suis allé voir le nouveau Tim Burton hier. J'ai apprécié un certain nombre de film de ce réalisateur dont Edward aux mains d'argent et Les noces funèbres. De plus la bande annonce semblait offrir un film particulièrement décalé. L'histoire, en tout cas, semblait aller dans ce sens. Imaginez, une voix récite sa propre vie. C'est celle de Barnabas Collins. Il explique comment sa famille s'est déplacée dans le nouveau monde pour faire fortune. Il montre comment sa passion l'a mené dans les bras d'une femme qui avait un secret. En effet, celle-ci après avoir été repoussée utilise ses pouvoirs pour détruire la famille de Barnabas et celle qu'il aime. Puis elle le maudit et le fait enfermer pour l'éternité dans un cercueil. 200 ans passent et la famille Collins perd de plus en plus de sa superbe. Mais, dans les années 70, un chantier en cours met au jour le cercueil de Barnabas. Celui-ci enfin libéré retrouve sa famille pour l'aider à refaire fortune. Mais il retrouvera en face de lui la sorcière qui l'avait maudit. Cette terrible histoire de haine et d'amour doit donc continuer au mépris des habitants de la ville de Collinsport.

    Le synopsis semblait mener à un film mixant le coté gothique des vampires et le coté comique d'un homme du XVIIIe siècle qui se retrouve dans le XXe siècle. La première sortie de Barnabas de son cercueil a d'ailleurs été le meilleur moment du film pour moi lorsque ce dernier confond l'enseigne M du McDonald avec le sigle de Méphistophélès. Malheureusement, le reste du film m'a à peine fait sourire deux ou trois fois tandis que je m’ennuyais ferme. Et pourtant les matériaux ne manquaient pas. Entre la famille Collins totalement givrée et son ennemie la Sorcière on aurait pu avoir un film drôle et intéressant. Pourtant quelque chose ne fonctionne pas. Cette famille totalement dysfonctionnelle regroupe la mère blasée, sa fille adolescente et révoltée, le frère de cette même mère qui passe son temps à gueuler sur la ruine de la famille sans rien faire et son fils légèrement perturbé. Mais les interactions entre les personnages ne fonctionnent pas et l'arrivée de Barnabas ne change pas grand chose à ces interactions. Même le jeu de Johnny Depp m'a agacé alors que je l'ai adoré dans d'autres films. De plus, les événements semblent souvent tomber comme un cheveu sur la soupe sans que l'on sache pourquoi ils se déroulent à ce point du film. Je pourrais particulièrement bien résumer ma pensée par cette formule: mouais bof...

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  • Margin Call (La nuit la plus longue)

    Tout commence comme un jour normal. Des employé-e-s travaillent tranquillement concentré-e-s sur leurs ordinateurs sous l’œil vigilant de leur chef dans sa cage de verre. Tout semble se dérouler comme prévu dans cet étage d'une entreprise qui semble florissante. Mais, dans quelques minutes, la fourmilière des employé-e-s sera dérangées par un dispositif rigoureusement contrôlé. En effet, ce jour qui semblait normal voit se dérouler un licenciement en masse. Un tiers des employés devra quitter l'immeuble à la fin de la matinée avec leurs e-mails, natels et cartes de parkings annulé. Le film commence sur cette scène à l'organisation quasi militaire. Mais ce ne sont pas les conséquences de ce licenciement qui intéresse le réalisateur. En effet, l'un des employés virés était en train de travailler sur une projection. Avant de quitter l'immeuble il réussit à donner son programme inachevé à un jeune physicien devenu trader. Après avoir travaillé sur cette ébauche le jeune trader arrivera à une conclusion affolante: l'entreprise vit bien au-dessus de ses moyens sans même s'en être rendue compte. En effet, la possession d'actifs toxiques dont la valeur et plus que relative met en danger l'équilibre de tout l'édifice. Plus encore, le marché lui-même pourrait être durablement mis à mal. La nuit sera longue pour ce jeune homme qui contacte immédiatement ses supérieures hiérarchiques. Ces derniers feront tout pour éviter une catastrophe pour l'entreprise quitte à dépouiller leurs partenaires.

    Je ne sais pas si ce film dépeint de manière rigoureuse le travail des traders. Mais ce que j'en ai lu et mon visionnage vont dans ce sens. Malheureusement, je suis bien incapable de critiquer l'aspect financier puisque mes connaissances dans le domaine sont très fragmentaires. Ce qui ne m'a pas empêché de recevoir plusieurs informations. Tout d'abord, et vous l'aurez sûrement compris, nous sommes en face d'une entreprise dont la structure financière se rapproche de Lehman Brothers. En effet, ce que nous observons c'est une banque d’investissement qui possède de nombreux actifs dont la valeur peut être remise en question d'un jours à l'autre. Il est difficile de ne pas faire le lien avec la crise des subprimes. Mais ce sont surtout les actes et paroles des traders qui importent. Nous y découvrons un monde irréel dans lequel un simple trader peut se faire un demi million en une année. Mais surtout un monde qui ne fonctionne que sur des bases fragiles puisque les modèles utilisés sont surtout un moyen de croire que l'on comprend comment fonctionne le marché. C'est aussi un monde capitaliste dans son sens le plus extrême. En effet, ce qui compte ce ne sont pas les clients, les partenaires ou les concurrents. Non, ce qui compte c'est l'entreprise et l'argent. Peu importe que le marché soit détruit tant que cela évite des pertes. Peu importe les employés, s'il faut s'en débarrasser on le fait. Dans ce monde cynique même les meilleurs possèdent une éthique très élastique. Ce que nous montre ce film c'est la raison pour laquelle le capitalisme débouche sur des crises: un marché libre que les acteurs ne comprennent pas et dont ils sont incapables de gérer les turbulences car ce qui compte c'est le profit à court terme et pas la stabilité.

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  • The Substance: Albert Hofmann's LSD

    Le LSD et les drogues en particuliers me sont inconnues. Je ne peux me valoir d'une connaissance ni de la pratique ni de l'histoire de ces substances naturelles et synthétiques. Mais ça ne m'empêche pas de connaître un minimum de quoi on parle quand on parle de LSD. Ce documentaire tente de faire une histoire du LSD durant le XXè siècle et surtout aux USA et en Suisse. Il commence par le premier trip au LSD du monde: celui d'Albert Homann qui avait pris la décision de tester une substance inconnue sur lui-même. Les effets de ce qu'il nommera LSD conduisent la firme à exporter plusieurs échantillons en direction d'instituts psychiatriques pour connaître l'avis des experts ainsi que les usages possibles. C'est un véritable raz-de-marée qui s'abat sur le monde de la psychiatrie qui voit cette substance comme une pilule miracle pour guérir et comprendre des maladies psychiatriques. Mais ces mêmes années voient d'autres acteurs s'approprier cette drogue encore légale. Tout d'abord les services de l'État comme la CIA qui tente d'en faire une drogue de vérité ou l'armée qui se demande si elle peut permettre de vaincre une armée sans tirer un coup de feu. Mais aussi des jeunes qui essaient d'avoir un accès à un autre plan de conscience dont le LSD permettrait l'accès. L'histoire des années soixante suit ses premiers débuts avec la guerre du Vietnam et sa contestation. Ces années de militantismes et de remises en causes de l'ordre dominant par les jeunes sont réprimées par l'état et les forces de polices qui tentent d'endiguer le flot de drogues et de contestataires. Il faudra attendre trente ans, soit aujourd'hui, pour que le LSD soit à nouveau étudié dans un cadre scientifique avec des résultats intéressants.

    Ce film ne se positionne pas contre le LSD ni pour son utilisation récréative. Les propos d'Hofmann permettent de donner le véritable ton du film. Le LSD est une substance puissante dont l'utilisation doit être scientifiquement étudiée et surtout se faire dans un contexte contrôlé, ritualisé même. Le documentaire est particulièrement intéressant et réussit à montrer une grande partie des points de vue qui ont existé à l'époque. Je n'ai, par exemple, pas été convaincu par le psychologue qui ouvrit les vannes du LSD aux USA et dont les propos se rapprochent plus d'un mysticisme que de la science. Une critique plus centrée sur le film concerne le lien qui est fait entre l'histoire des années soixante et la drogue. Durant une grande partie du film on a l'impression que la contestation des jeunes n'a été possible que grâce au LSD. C'est, bien entendu, une vision trop simpliste de cette période. La contestation a de nombreuses causes diverses qui changent selon les contextes. Heureusement, des propos réussissent à nuancer cette impression en expliquant que le LSD a surtout accompagné une prise de conscience de la nécessité du changement. La réalisation semble aussi avoir tenté de nous faire découvrir les effets de la Substance en coupant les scènes par des images légèrement psychédélique. L'effet est un peu étrange. Mais si je pouvais conclure ce film par une impression elle concernerait l'utilisation du LSD plutôt que son histoire. En effet, comme je l'ai dit plus haut, le réalisateur semble se positionner pour une utilisation particulière. Ainsi, le film se conclut sur l'expérience de deux personnes qui ont eu accès à une thérapie basée sur le LSD dans le cadre de leur cancer: un homme et une femme. L'homme essaie d'exprimer comment le LSD lui a permis de se rouvrir au monde en lui permettant de faire une sorte de point sur sa vie durant son trip. Nous suivons la femme durant une séance de thérapie. Celle-ci nous montre comment une ritualisation est recréée. En effet, il me semble que ce que Hofmann et le réalisateur défendent c'est une utilisation contrôlée dans un cadre ritualisé qui permette une préparation des individus à l'expérience du LSD. Une telle utilisation demande un examen scientifique pour comprendre comment utiliser au mieux une substance aussi puissante et de contrôler quelles personnes y auront accès dans quel contexte. L'histoire, en somme, est encore à faire.

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  • The Avengers. L'union fait la force, vraiment?

    Après nous avoir fait aimer, ou subir dans plus d'un cas, les héros emblématiques des comics Hollywood a décidé de nous offrir un film qui regroupe plusieurs super-héros! Nous retrouvons donc Ironman, Thor toujours aussi kitsch, Hulk dont les films étaient des horreurs et Captain America incarnation du patriotisme américain en collants. Tous ces héros sont réunis par Nick Fury directeur du SHIELD dont l'une des bases a été attaquée, et détruite, par ce cher Locky qui avait disparu depuis l'été passé. Il ne revient pas en tant que roi d'Asgard mais comme général d'une armée d'aliens bien décidée à détruire la Terre. Nos bras cassés préférés vont donc tenter d'accepter de travailler ensemble pour stopper Locky tout en détruisant la moitié de Manhattan (de toute façon on est en pleine crise donc ramener un peu de travail ça ne peut que faire du bien). Une grande partie du film n'est dont qu'un - trop? - long prélude à la bataille de New-York durant laquelle chacun des super-héros montrera sa force au monde.

    Les personnes qui me suivent régulièrement savent que j'ai regardé la plupart des films de super-héros sortis dernièrement. La plupart du temps je les apprécie sans être, pour autant, aveugle sur le manque global de qualités. Après tout, ce sont surtout des productions sans réelles imaginations puisque les producteurs se "contentent" d'adapter une histoire qui existe déjà. Ces adaptations peuvent être réussies, moyennes ou carrément mauvaises comme un film normal. Il faut avouer que je trouve souvent ces films moyens que bons. Mais, mis à part quelques ratés retentissants, je m'amuse plutôt bien. La question est donc de savoir comment la jonction entre plusieurs univers et super-héros peut se faire? Comme on me l'a dit après la séance, relier ces mondes de styles différents est difficile. Le risque est de donner trop de place à un personnage face aux autres et il est certain que Ironman est ici prédominant. Heureusement, Ironman est un personnage très humoristique alors que Captain America est trop sérieux à mon goût (et aussi trop patriote en collants). Le problème de ce film est aussi son rythme. Le début du film est poussif. Les personnages sont reliés avec difficultés et les choses traînent en longueur tandis que le groupe se constitue très - trop! - lentement. Ce qui laisse moins de temps pour le véritable but de ce film: la grosse baston de New-York. Heureusement que celle-ci nous offre notre demande de combats avec les suspens sans suspens et les situations humoristiques qui ne sont drôles que dans le cadre du film (observez Locky et Thor quand ils sont près de Hulk). Les plans sont "astucieusement" mis en scènes pour nous offrir les combats de chacun des héros de la manière la plus fluide possible ce qui n'est pas trop mal réussit. Mais la fin du film nous offre aussi la possibilité qu'une suite soit possible. On verra bien.

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  • Les adieux à la Reine

    Le film qui m'intéressait le plus cette semaine revient sur l'un des épisodes les plus connus de l'histoire: la révolution française de 1789. Le film nous place à Versailles durant 4 jours depuis le 14 juillet. Nous y suivons une servante de la reine: Sidonie. Cette dernière est la lectrice de la Reine. Elle lui est profondément dévouée et on peut dire sans trop s'avancer qu'elle est prête à tout pour lui faire plaisir. Malheureusement, les jours de Marie-Antoinette sont comptés. En effet, non seulement les révolutionnaires sont très défavorables envers la Reine mais sa lubie de nommer comtesse madame de Polignac. Derrière cette amitié certains se demandent s'il ne se cache pas une relation plus inavouable... Sidonie tentera d'être présenter pour sa maîtresse alors que les événements se précipitent et que Versailles s'agite comme une fourmilière. Tandis que certains fuient d'autres décident de croire en la capacité du roi de défendre la noblesse.

    Le film ne fait pas une histoire de la Révolution. Nous n'avons que quelques informations éparses et rarement la caméra quitte Versailles. Au mieux, elle se déplacera sur le pas de la porte du palais. Ce que le réalisateur nous montre c'est la manière dont les aristocrates qui vivent au palais subissent, comprennent et réagissent face à la prise de la Bastille et aux revendications de la population. Nous n'avons pas non plus beaucoup de visions du roi. La seule personne que nous pouvons connaître c'est Sidonie. Mais je ne crois pas que l'intérêt de ce film soit dans les personnages. À mon avis ce qui est intéressant c'est la manière dont on parle de Versailles. Elias montrait que le palais fonctionne autours du roi. Plusieurs phrases vont dans le sens de cette affirmation. Quand, par exemple, le bibliothécaire explique que tel riche aristocrate vit dans une petite chambre froide simplement pour avoir la chance de voir le roi de temps en temps. Ou encore, plus ouvertement, quand Sidonie explique que si elle quitte la cours elle ne sera plus personne. En effet, son identité c'est d'être la servante de la reine. Sans la reine qui est-elle? Nous avons aussi quelques scènes qui montrent le roi et son gouvernement se représenter devant les nobles qui accourent pour le voir. Tout fonctionne selon le roi centre de l'univers de Versailles. Ce sont aussi les réactions des nobles et servants qu'il est intéressant d'observer. De l'incrédulité on passe par la peur et la fuite à tous prix même celui du suicide. A mon avis, ce que nous offre ce film c'est une interprétation des derniers jours de Versailles à travers les yeux de Sidonie et de la reine plus que l'histoire d'une personne. Cependant, je ne considère pas avoir été conquis. Je ne suis pas certain de pouvoir en expliciter la raison mais le film m'a donné l'impression d'être poussif si ce n'est un peu arrogant. Je n'ai pas vraiment eu de plaisir à le regarder. Ce manque ne peut que jouer en sa défaveur. Ce n'est pas un mauvais film raté mais je pense qu'il est loin d'être bon.

    Image: Allociné

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  • Mirror Mirror

    Après avoir longtemps hésité, et ne voulant surtout pas aller voir la bouse cinématographique de la semaine, je suis allé dans une salle qui passait Mirror Mirror. Je n'avais vu aucune bande annonce et je n'avais donc absolument aucune idée de ce que j'allais regarder. Ce qui ne veux pas dire que je n'ai pas vu d'affiches ni que je ne connais pas le conte de fée dont ce film est l'adaptation. Étant donné que c'est un conte nous sommes dans un royaume classique: de la neige, un lac, des gens qui dansent et chantent, une belle princesse et un château à l'architecture des plus improbables. Le royaume et son peuple vivait sans soucis sous le règne du père de Blanche Neige. Mais durant le second mariage du roi un maléfice s'installa dans les forêts et le roi s'y perdit. Depuis cette époque la reine prend à la gorge le peuple en l'alourdissant de taxes injustes pour payer ses fêtes et vêtements tandis que Blanche Neige est cloîtrée dans sa chambre. Cependant un jour tout change. Alors que la princesse s’échappe pour visiter son royaume elle rencontre un prince (en mauvaise posture). Ce pauvre prince sera l'objet de la lutte entre la reine et Blanche Neige.

    Dès les premières images j'étais conquis. Le film débute à la fin. Nous observons la reine expliquer à son reflet comment elle est arrivée à ce point. Les premières images sont esthétiquement très belles sans montrer aucun acteur sauf la reine. Quelques minutes plus tard le décor et les acteurs nous apparaissent. Et ma première remarque, intérieure, a été pour le kitsch de l'image! On voit d'énormes robes de couleurs bonbons, un palais remplis de dorures et du mobilier simplement horrible. Mais le film ce n'est pas qu'un décor ou des costumes (aussi horribles soient-ils) c'est aussi une aventure et une atmosphère. Non seulement nous avons de l'action à profusion mais le réalisateur a réussi à mettre en place un humour sous forme d'autodérision que j'ai beaucoup apprécié. Dès les premières minutes la reine commence à se moquer des contes. Le prince se trouve le plus souvent possible dans des situations ridicules qui m'ont beaucoup plut. Et la princesse n'est pas la cruche passive du conte. Elle devient une guerrière prête à se sacrifier et à diriger un peuple sans avoir besoin qu'un homme ne la sauve (ce que ces derniers ne font pas). Je trouve que ce film réussit à moderniser sans problèmes Blanche Neige tout en gardant l'intrigue. A mon avis ce film est réussi et je l'ai beaucoup apprécié.

    Image: Site officiel

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