03/02/2012

Bottled life (les voleurs de vie)

Nestlé est probablement l'une des entreprises les plus puissantes du monde. Ce n'est pas la plus puissante de Suisse mais elle en est proche. C'est pourquoi il est particulièrement nécessaire d'examiner les activités de Nestlé, et des autres multinationales, dans le cadre de ce que je pourrais nommer une vigilance citoyenne. Ce documentaire pourrait en être. En effet, le réalisateur y examine la manière dont Nestlé s'inscrit sur le marché de l'eau. En partant des annonces officielles qui font penser à une vision sociale de ce marché de la part de la multinationale le réalisateur dévoile les véritables activités de celle-ci. Ce dévoilement n'est pas forcément apprécié puisque l'entreprise refuse de répondre aux questions.

Ces questions concernent les activités légales mais peu éthiques de Nestlé. En effet, sous un discours social et responsable se cache une machine de guerre dont le seul but est de s'approprier les ressources naturelles en eau sans prendre en compte les besoins des populations locales ni les besoins écologiques. Il faut tout de même nuancer cette affirmation. Ce que la multinationale fait c'est s'approprier une ressources en achetant le silence ou l'accord des populations locales en offrant des emplois et des infrastructures ainsi qu'une aide à la vie associative. Rien de très irresponsable ni de machiavélique à première vue. Mais ce que ces cadeaux cachent c'est une puissante main mise sur la vie locale à la fois politique et associative. Le constat est rapide: une fois que Nestlé à mis le pied dans la maison il est impossible de s'en débarrasser et le seul moyen d'éviter l'entreprise est de l'empêcher d'entrer en installant une serrure blindée. Nestlé est aussi présent dans le monde en voie de développement. Sur fonds d'états faibles politiquement voir corrompus l'entreprise prend le contrôle de la distribution de l'eau dans tout un pays. Ce que nous voyons, durant tout ce documentaire, c'est une tentative de la part de Nestlé, et d'autres multinationales, de changer l'attitude de la population mondiale face à l'eau. De l'eau du robinet qui, en occident en tout cas, est saine et payée à part égaler par tous les citoyens, on passe à l'eau en bouteille qui est non seulement plus cher mais surtout pas forcément plus saine, voir moins saine, que l'eau du robinet. Parfois les deux sont strictement les mêmes.

Il n'a pas été difficile de me convaincre du danger de l'appropriation des ressources naturelles en eau du monde par des entreprises privées. Je considère l'accès à l'eau potable comme un droit pour tous les êtres humains et sa vente, dans certains contextes, est un viol de ce droit. En effet, tout le monde n'a pas les capacités financières de se procurer de l'eau potable contrôlées par des entreprises. Ce que ce documentaire montre en plus c'est que les actes de Nestlé ne sont pas seulement un viol de ce droit. Ces actes sont aussi un danger pour la nature locale puisque l'entreprise pompe sans se soucier des conséquences écologiques. De plus, la multinationale ne prend pas réellement en compte les demandes locales se contentant d'utiliser l'arsenal judiciaire contre toutes personnes ou entités qui l'empêchent de s'étendre. Cependant, ce documentaire n'est pas assez critique et ne donne aucune solution. En sortant de ce documentaire, en s'imaginant vierge de toute pensée politique, on pourrait penser que Nestlé agit de manière inappropriée mais qu'il n'existe malheureusement aucun moyen. Une entreprise qui vend de l'eau saine dans un pays incapable de mettre en place un approvisionnement public sain est-il si mauvais? Ce documentaire ne nous donne aucune piste de réflexion sur cette question. Personnellement, je considère que laisser le contrôle de l'approvisionnement d'une ressource nécessaire pour la vie est un danger pour les citoyens puisque en contrôlant cette ressources l'entreprise contrôle qui y a accès et de quelle manière. J'aurais beaucoup apprécié que le documentaire nous offre des pistes alternatives comme l'aide internationale, l'action d'ONG ou d'autres possibilités? De plus, ce documentaire n'est pas assez dénonciateur. Il se contente de montrer le fonctionnement, vu de l'extérieur, de Nestlé sans nous offrir une position idéologique contradictoire. Que pense le réalisateur? Est-il d'accord avec le commerce de l'eau dans certains cas? Pense-t-il que l'eau est un droit naturel comme moi et donc un bien qui ne devrait pas être utilisé pour le profit? Je n'en ai aucune idée... C'est donc un documentaire intéressant mais dont les insuffisances ne permettront de convaincre que ceux qui sont déjà convaincus.

Image: Site officiel

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15:46 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eau, nestlé, vol | | | |  Facebook

30/01/2012

Sherlock Holmes: A game of shadow (une diplomatie secrète à deux)

Sherlock, le détective le plus célèbre de tous les temps est de retour pour une nouvelle aventure. Nous retrouvons donc Jude Law et Robert Downey dans les rôles, respectivement, de Watson et de Sherlock. Nous avions quitté Sherlock lors du premier épisode alors qu'il se rendait compte qu'un malfrat était resté dans l'ombre pour agir dans son dos. C'était la première fois que nous avions un aperçu de Moriarty. Mais Sherlock est maintenant seul puisque son compagnon - partenaire? - de toujours s'est enfin fiancé et va se marier. Ce qui n'empêche pas le fantastique détective de mettre au jour un réseau impressionnant de crimes et de vols mentant tous, plus ou moins, à Moriarty et ceci sur fonds de menace de guerre. Mais quel est le plan du Professeur? Malheureusement, Moriarty menace son ami Watson et sa femme. Sherlock sera donc obligé de les suivre en cachette sur le chemin de leur lune de miel dans le but de les sauver et de recruter ce cher docteur dans une dernière aventure, encore... Ils traverseront la France et l'Allemagne pour s'arrêter, enfin, en Suisse à Reichenbach.

Est-ce une coïncidence que la série de la BBC et ce film ont tous deux comme intrigue principale Moriarty? Probablement, ce qui permet de faire une comparaison quand on connaît les deux adaptations. Mais il faut tout de même avoir conscience des énormes différences qui existent entre celles-ci. Je dois tout de même le dire dès le début: je préfère la série de la BBC (dont je vais bientôt parler). Mais cela ne veut pas dire que ce film est mauvais. Le personnage de Sherlock est toujours aussi dingue et psychotique. A tel point que si nous ne nous trouvions pas devant le détective on croirait observer une maniaque des théories de la conspiration. Watson est égal à lui-même, à la fois content de retrouver son ami et ulcéré par ses actes. Nous avons aussi le frère de Sherlock, Mycroft, que nous ne voyons pas assez longtemps ni assez souvent mais qui semble être un personnage particulièrement savoureux. Enfin, nous avons Moriarty. Là aussi, je préfère le personnage tel que nous le trouvons dans la série de la BBC. Mais cela n'empêche pas qu'il soit bien écrit et impressionnant dans sa cruelle politesse. Le film ne change pas vraiment du premier opus. Les ralentis en plein action sont de retour ainsi que les calculs prédictifs de Sherlock. La différence c'est que nous avons un personnage capable de faire de même ce qui nous mène à une confrontation très intéressante ou les deux personnages se battent mentalement tout en jouant aux échecs et sans échanger un seul coup physique mais laissant la logique les conduire à la seule conclusion possible. C'est donc un bon film mais je garde une préférence pour l'adaptation de la BBC.

Image: Site Officiel

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11:31 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : sherlock holmes, moriarty, watson | | | |  Facebook

29/01/2012

Millenium: The girl with the dragoon tatoo

J'ai mis beaucoup de temps à me lancer dans ce billet. C'est que je ne savais pas vraiment quoi dire sur ce film. Bref, je pense qu'entre les livres et la série/films suédois l'histoire commence à être connue de tout le monde sauf si vous êtes un ermite valaisans ne vivant que de raclettes et de blanc. Nous trouvons donc, pour la troisième fois, Mikael juste après son procès pour diffamation. Après avoir été condamné il est engagé par un homme d'affaire suédois pour enquêter sur la mort de sa nièce. Mais son enquête le conduira dans les recoins les plus sombres de cette famille et pour lever le voile sur ceux-ci il devra demander l'aide d'une enquêteuse hors du commun: Lisbeth Salander.

Je dois avouer un point qui me fait honte: je n'ai jamais vu la version suédoise. Les critiques les plus partagée sur la prestation du personnage de Salander dans cette version US me passent donc largement au-dessus de la tête. Ce qui ne m'empêche pas de penser que Lisbeth Salander est un des points faibles de ce film. En effet, le livre nous faisait découvrir une femme qui semble faible mais qui possède une force mentale, et physique, impressionnante. Une femme capable d'avoir une volonté d'acier. Malheureusement, la prestation de cette version US ne donne pas cette impression. J'ai plutôt cru avoir une femme que l'on souhaite protéger devant moi qu'un personnage inquiétant qui ferait peur à n’importe qui. Mis à part ce point je trouve que Daniel Craig incarne bien le personnage de Mikael. Le film, en lui-même, est réussi après un générique un peu étrange qui a fait penser à James Bond pour l'une des personnes avec qui je suis allé le voir. Cependant j'ai l'impression qu'il manque quelque chose à ce film pour qu'il soit vraiment bon. Je ne pense pas qu'il soit mauvais mais j'ai du mal à le considérer comme inoubliable. Peut-être que d'autres sauront mieux que moi ce qui lui manque?

Image: allociné

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11:59 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : meurtre, serial killer, millenium, journalisme | | | |  Facebook

18/01/2012

J. Edgar l'homme derrière le FBI

Le nouveau Clint Eastwood est l'un des films qu'il faut avoir vu selon les critiques. Il faut dire que Eastwood nous offre souvent des films qui sont considérés comme particulièrement bien maîtrisé. Cette fois le réalisateur nous plonge dans la vie de Hoover directeur du FBI sous 8 présidents. Nous trouvons donc Hoover à la fin de sa vie dans son bureau. Il demande à un agent membre des Public Relation d'écrire sa biographie et, par conséquent, une partie de l'histoire du FBI. Nous le suivons donc à la fois dans ses derniers jours et lors de sa jeunesse. Ce qui nous permet de le voir monter les marches du FBI mais aussi lutter pour mettre en place un bureau qui possède de réels pouvoirs. En utilisant des affaires célèbres ou des dangers plus ou moins imaginaires il pourra construire le FBI tel qu'on le connaît aujourd'hui. Mais ce n'est pas seulement l'histoire d'une institution. Ce film est aussi l'histoire d'un homme qui vit pour son travail et qui vit pour protéger ce travail. Ce qui le conduira à créer des archives personnelles sur des membres éminents et puissants des USA.

Hoover est certainement un homme que j'aurais détesté. Je ne connais pas sa vraie histoire mais le film que j'ai vu le montre sous un jour impitoyable. Un homme qui n'hésite pas à recourir à tous les moyens légaux ou à contourner les règles pour sauver son pays de ce qu'il perçoit comme un danger. Son attitude devant le Communisme en est une illustration particulière et le film commence par une citation particulièrement violente. Cette peur, selon Eastwood, a duré toute sa vie et explique en partie son attitude contre King. Hoover a d'ailleurs été l'un des instigateurs du programme COINTELPRO qui a lutté sans relâche contre toute remise en question de la société capitaliste américaine. Mais Eastwood nous montre aussi un homme qui n'a pas hésité à trafiquer la vérité pour montrer sous un autre jour l'histoire du FBI. La question reste de savoir, comme le dit son amant ou compagnon, si Hoover croit en ses mensonges ou non. Ce film donne aussi l'impression que le FBI a principalement été construit autours de trois individus: Hoover, Tolson et sa secrétaire Gandy. Je dois aussi dire que la prestation de Leonardo Di Caprio est magnifique. Il incarne à la perfection cet homme étrange et dur. La photographie est aussi très réussie et j'ai, entre autre, particulièrement aimé la première apparition de Tolson qui semble dire que derrière la star il y a l'homme de l'ombre toujours présent. Bref, c'est, à mon avis, un très bon film. Mais celui-ci ne doit pas faire oublier la véritable histoire qui ne peut pas être expliquée dans un film de deux heures.

Image: site officiel

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11:47 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : edgar j hoover, fbi | | | |  Facebook

15/01/2012

The darkest hour: une description du film ou des personnages?

Pour ces premières séances de début d'année j'ai décidé de commencer par un film sans aucune prétention qui ne pouvait qu'être mauvais. Mais les navets ne sont pas forcément impossible à regarder. Nous nous trouvons à Moscou. De jeunes américains essaient de vendre un logiciel qu'ils ont conçu et qui peut les rendre riches. Malheureusement pour eux leur partenaire leur a volé l'idée et se l'est appropriée. Tandis qu'ils noient leur tristesse et leur colère dans un bar branché ils rencontrent deux jeunes filles américaines. Quand, d'un seul coup, la lumière s'éteint. En sortant du club ils se rendent vite compte que c'est toute la ville qui est dans le noir tandis que des lumières oranges flottent dans le ciel et se posent à terre. Il ne leur faut pas longtemps pour se rendre compte que ces lumières sont agressives. Après avoir réussi à survivre les quatre amis tentent de rentrer chez eux en traversant une ville infestée mais presque sans survivants.

Je me demande si le titre est ironique. En effet, mis à part un générique très réussi ou même la 3D est utile, ce film est un énorme néant! Et comme le film fait un peu plus d'une heure c'est en effet l'heure la plus sombre que j'aie connue! Bon, je le concède, l'idée d'aliens invisibles constitués d'énergies était assez bonne et il est dommage que l'on perde cette idée au cours du film. J'ai aussi bien aimé les plans de Moscou qui, d'ailleurs, m'ont donné envie de la visiter. Mais ce sont bien les seuls points positifs de ce film. En effet, non seulement les acteurs jouent mal mais le doublage est mauvais et les personnages sont grotesques. Chacun d’entre eux semblent avoir été copié directement de Comment écrire des personnages caricaturaux en 10 leçons. Nous avons le méchant qui donne l'impression d'être fort mais qui est lâche, le héros nonchalant, le copain du héros, la future mariée du héros et la copine de la future mariée. Ils sont tellement caricaturaux que la moitié ne sert qu'à mourir! Sans compter les dialogues tout simplement ridicules et la stupidité maladive des personnages (une autre explication du titre?). Nous sommes donc devant ce qui sera sûrement le plus mauvais film de l'année.

Image: Allocine

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12:02 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : darkest hour | | | |  Facebook

06/01/2012

The Whistleblower (la vérité a un prix)

Attention je vous préviens ce film est un pur chef-d’œuvre! Nous suivons une officière de police, Kathy, qui décide de s'engager dans l'entreprise Democra pour une mission international de six mois en Bosnie. Cette mission est simple, sur le papier du moins, elle doit accompagner et aider de nouveaux agents de polices a faire la transition dans l'après-guerre et à maintenir la paix. Ce n'est pas un travail simple et elle se rend tout de suite compte que les méthodes des policiers internationaux ne sont pas forcément très utiles. Elle réussit tout de même à aider à l'arrestation d'un homme qui frappait sa femme. Suite à cette brillante réussite elle est mutée au bureau des affaires féminines (une traduction personnelle de gender affairs que je trouve plus proche du terme que parité). A la tête de cet office elle luttera difficilement contre le machisme de ses collègues qu'ils soient du pays ou non. Mais toute la difficulté de son travail se révélera quand elle tentera de mettre au point une enquête contre des agents internationaux impliqués dans le trafic d'être humains dans un but de prostitution. Les horreurs dont elle sera témoin la révolteront mais personne ne semble l'écouter. A savoir, ce film est issu de faits réels.

Cette femme existe vraiment, elle a travaillé pour une entreprise en Bosnie qui ne se nommait pas Democra (probablement des raisons juridiques ont empêchés les réalisateurs d'utiliser le vrai nom). Elle fut licenciée mais les tribunaux anglais rejetèrent les raisons invoquées par l'entreprise. Cette femme est-ce que l'on nomme une lanceuse d'alerte ou whistleblower si vous préférez le terme anglophone. Ces individus décident d'alerter l'opinion publique sur des malversations lorsque toutes les instances de contrôles internes ou externes ont échoués. Ce sont donc des personnes à la position très précaire souvent virées et incapable de retrouver un emploi dans leur domaine malgré les minuscules protections juridiques existantes. Ce film est donc l'histoire de Kathryn Bolkovac.

Ceux qui auront la bonne idée d'aller voir ce film se trouveront devant un matériel très riche et un film très bien réalisé. Concentrons-nous d'abord sur le film même. L'actrice principale, Rachel Weisz, est tout simplement magnifique dans le rôle de Kathryn qu'elle incarne à la quasi perfections (seuls une ou deux scènes sont critiquables). Je note aussi la présence de Benedict Cumberbatch remarquable dans son rôle dans la série anglaise Sherlock et qui, malgré son peu de temps de parole, incarne son personnage sans problèmes. Je note aussi l’interprétation tout aussi remarquable de Vanessa Redgrave dans le rôle de Madeleine Rees. Je ne dois pas non plus oublier les acteurs incarnant les policiers qui sont tout aussi crédibles. La réalisation est, à mon avis, maîtrisée. Nous avons une ambiance sombre, oppressante à certains moments, qui réussit à flirter avec la barbarie sans se complaire dans le spectacle de cette même barbarie.

Mais ce qui fait l'intérêt de ce film ce n'est pas les acteurs mais le thème. Le message principal concerne, bien entendu, les victimes du trafic d'êtres humains. Nous avons ici toutes les étapes d'un drame. Les jeunes filles font confiance à un proche qui les trahit et les vend à des exploiteurs qui les font travailler pour rembourser de sois-disantes dettes. Ce film nous montre l'exploitation, sordide, mais aussi la peur ressentie par ces femmes. Elle sont à la merci de leurs ravisseurs qui ont tout contrôle sur elles. En effet, ces derniers volent leurs papiers quand elles en ont. Elles peuvent donc être expulsée sans états d'âmes et n'ont aucune protections juridiques puisque leur statut de sans-papiers en fait des criminels par défaut. De plus, le contexte de la Bosnie n'est pas favorable à ces femmes. Les policiers sont largement corrompus voir des clients de ces bars ou les "serveuses" travaillent. Ceux qui sont censés les protéger font partie des exploiteurs.

A coté de ce thème du trafic se greffe un autre thème. En effet, Kathy quand elle veut aider ces femmes ne se heurtent pas seulement à des policiers. Elle se heurte au système entier. Celui-ci peut empêcher le travail de Kathy de plusieurs manières. Que ce soit en se tenant à la lettre de la loi comme le centre des réfugiés visible dans le film. En effet celui-ci expulse une victime parce qu'elle n'a pas de papiers l'empêchant donc de témoigner contre ses tortionnaires. Le second point c'est que cette femme a tenté de vaincre un crime qui a été accompli par des personnes qui font parties de l'institution chargée de réprimer ces agissements. Elle ne peut donc plus véritablement compter sur ses collègues ou sur sa hiérarchie. Nous pouvons voir à de nombreuses reprises ce fait que ce soit quand sa demande de réquisition est interceptée ou lorsque des policiers impliqués dans le crime interférent avec une de ses actions sur le terrain pour empêcher son exécution. Enfin, l'ONU elle-même n'a pas intérêt à ce que ce scandale éclate. En effet, une telle bombe réduirait à néant la crédibilité des troupes de maintien de la paix. Si ces dernières détruisent l'ordre plus qu'elles ne le créent pourquoi les accepter sur le terrain? Une telle perte mettrait durablement à mal l'ONU et ses capacités.

Ce dernier point est en lien avec le problème des armées privées. Nous avons eu, récemment, un débat médiatique sur ces armées privées en Suisse. Nous savons qu'un grand nombre de ces entreprises agissent en Irak et ont agi après Katrina aux USA. La question que pose l'existence des armées et forces de polices privées est fondamentales. Elle concerne le monopole de la force publique donnée à l'état. Ces armées et forces de polices privées mettent à mal ce monopole en possédant le pouvoir, concédé par l'état, d'agir en tant que forces de l'ordre. Hors, on peut se demander si une entreprise qui cherche le profit est vraiment adaptée pour une mission de service publique potentiellement à l'aide d'armes. Est-ce que l'on peut vraiment laisser ces privés s'occuper de notre sécurité et de l'ordre public? Ce film y répond clairement. En effet, Democra n'a pas intérêt à ce que ses méthodes et employés soient remis en cause. Si cela était le cas les pertes seraient énormes alors que rester sur le terrain implique des profits tout aussi énormes. De plus, les forces de Democra ne sont pas des forces entraînées et formées comme le sont les forces de polices. Comme le dit Kathy "je pensais rejoindre une force de policiers d'élites" au contraire elle rejoint une force dans laquelle il suffit d'avoir le bac et la majorité pour entrer. Ce sont donc des policiers sans aucune formations ni aucune idée de la manière de travailler en tant que policier ce qui ne peut que mener à des problèmes.

J'ai tenté, ici, de montrer la richesse de ce film. A mon avis, c'est l'un des meilleurs que j'aie vu actuellement et je suis convaincu qu'il mérite un succès au cinéma devant le public et devant les différents jurys chargé d'offrir les oscars ou les palmes d'or. Non seulement il est bien joué et bien réalisé mais le message qu'il offre est fondamental. Les questions posées devraient être débattues largement dans le cadre de la société civile et non pas occultée. C'est pourquoi j'affirme encore une fois que ce film est un chef-d’œuvre.

Image: Site Officiel

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05/01/2012

The Lady: un destin hors du commun

Il m'a fallu quelques jours de réflexion avant d'écrire cette présentation du nouveau film de Luc Besson. Il faut dire que lorsque j'ai entendu que Besson était impliqué dans un film dépeignant la Birmanie et la lutte de Aung San Suu Kyi je me suis méfié. Mais bon, comme on ne peut pas critiquer sans avoir vu j'ai décidé de prendre un billet. The Lady nous montre Michael Aris et Aung San Suu Kyi avant même le début du combat pour la démocratie en Birmanie. Un jour, Aung San Suu Kyi reçoit un appel de sa famille. Sa mère est malade et elle doit aller la voir dans son pays d'enfance. Lors de son retour elle fait l'expérience de la brutalité du régime militaire en train de réprimer les étudiants qui manifestent. Il ne faudra pas longtemps pour que les opposants apprennent que Aung San Suu Kyi se trouve dans le pays et, rapidement, ces derniers lui demandent d'être le leader de l'opposition démocratique. Soutenue par sa famille et, surtout son mari, elle se battra durant des décennies alors que le régime fera tout pour la briser.

Il y a au moins une chose de certaine sur ce film: ce n'est pas un documentaire historique. Au contraire, Besson a décidé de se concentrer sur la vie privée plutôt que su le contexte et la vie publique. Ainsi, nous suivons le couple dans ses doutes et ses douleurs. De ce coté l'acteur jouant Michael Aris réussit particulièrement bien à tenir son rôle tout comme l'actrice incarnant Aung San Suu Kyi. Ce qui nous permet de ressentir plus fortement les injustices que lors d'un documentaire peut être plus sec. Malheureusement, l'oubli total du contexte nous empêche de comprendre cette femme et les événements dépeint lors de ces deux heures. Par exemple, le début du film commence par une révolte étudiante et la finit avec la révolte orange. Mais nul part on nous explique les causes et le déroulement de ces révoltes. C'est comme si, d'un seul coup, les gens commençaient à se retrouver dans la rue et à se dire que se serait chouette de marcher ensemble vers l'autre bout de la rue. Dans la même critique on peut dire que le fonctionnement du régime birman est tout simplement escamoté au bénéfice d'un grand méchant pas beau sous la forme du général Than Shwe qui est non seulement cruel mais totalement incapable de raisonner logiquement selon la peinture de Besson (mais alors comment réussit-il à gouverner?).

Les événements extérieurs sont aussi totalement escamotés. Ainsi, on apprend avec surprise que Michael Aris et Aung San Suu Kyi ont le soutien de plusieurs gouvernements et du Dalai Lama à la fin du film alors que l'obtention du prix Nobel de la paix semble se faire à l'aide d'une simple conversation entre amis. Autrement dit, nous nous trouvons en face d'un film simpliste qui oublie délibérément les complications d'une vie pour créer un mythe, une création particulièrement visible Aung San Suu Kyi se voit être mise à la tête de l'opposition sans qu'un seul mot ne soit donné pour un autre choix. Cependant, cela ne veut pas dire que ce film soit raté ou qu'il mente. D'un point de vue émotionnel il est très réussi mais il ne nous permet pas de comprendre la lutte de cette femme d'exception ni ses thèses et je trouve cela dommage.

Image: Allociné

 

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15:46 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : birmanie | | | |  Facebook

03/01/2012

Hugo Cabret ou la magie des machines

hugo Cabret parle d'un jeune garçon récemment orphelin. Sa mère est morte avant les événements du film et son père meurt peu de temps après dans l'incendie d'un musée à Paris. Il est recueilli par son oncle qui, ivrogne, se désintéresse rapidement de son neveu. Ce dernier continue malgré tout à faire le travail de son oncle dans la gare de Paris tout en y vivant de petits larcins et en se cachant des autorités. Mais, un jour, il est attrapé par un vieillard tenant une boutique de jouet mécaniques. Ce dernier lui confisque un carnet de croquis dessinés par son père mais sa lecture fait réagir étrangement le vieillard. Hugo essaiera de comprendre pourquoi cette personne tente de l'empêcher de réparer l'automate que son père était en train de remettre en marche. Pourquoi donc la vision de cet automate fait-il pleurer cet homme et son père a-t-il laissé un dernier message avant de mourir?

Bien que Hugo et son amie soient sur l'affiche ils ne sont pas les héros de ce film adapté d'un roman. Ce qui ne veut pas dire qu'ils sont inutiles. J'ai apprécié le caractère de la petite fille amoureuse des livres et des mots et j'aime bien la vie de Hugo dans la gare. On peut voir, via ses yeux, la vie des personnes qui se retrouvent dans les boutiques de ce lieu. Les amours et les relations vivent et se développent au fil des jours et sous le regard caché et intrigué d'Hugo. Je trouve aussi que ce film est très réussi du point de vue de l'image et, pour une fois, je suis parfaitement content de la 3D. Il est très rare que cette technologie ajoute vraiment quelque chose aux films mais, dans ce cas particulier, c'est très réussi. Mais, comme je l'ai déjà dit, ce film est surtout l'histoire adaptée et inspirée de la vie de George Méliés l'un des premiers réalisateurs de films. On découvre un homme aigri et triste qui a oublié la joie du cinéma. C'est donc un film créé en hommage aux films de Méliés. Malheureusement, bien que l'on sente l'envie de créer l'impression de magie du cinéma ce film ne réussit pas vraiment à créer cette impression. On se trouve face à un beau film si l'on reste sur le point de vue de l'image mais auquel il manque un petit quelque chose pour que la magie opère vraiment.

Image: Site Officiel

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15:44 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hugo cabret | | | |  Facebook

23/12/2011

Mission Impossible: Ghost Protocol (une équipe de bras cassés)

Le block buster de fin d'année est sorti il y a environ une semaine. Tout le monde connaît Mission Impossible. Avant d'être une série de film c'était une série tout court. Le concept est simple, les USA ont institué une agence chargée d'exécuter les missions les plus périlleuses. Comme le disait le chef du MI "C'est mission impossible pas difficile, une mission difficile serait un jeu d'enfants pour vous". Bref, les gadgets, les cascades et les descentes vertigineuses sont de retour! Et on commence fort par une course poursuite sur les toits qui tourne mal. Après cet échec l'équipe doit aller rechercher Ethan Hunt actuellement enfermé dans une prison en Europe de l'Est. En effet, il semble qu'un terroriste dont on ne connaît même pas le nom tente de prendre le contrôle d'une ogive nucléaire pour déclencher une guerre mondiale. Hunt, après avoir été libéré, est rapidement envoyé en mission d'infiltration au Kremlin. Mais celle-ci tourne mal et l'équipe est accusée d'espionnage et désavouée par le gouvernement américain. Sans aide, sans ressources et poursuivis par les services secrets russes ils devront laver leur nom tout en sauvant le monde de la catastrophe.

Je n'aime pas Tom Cruise. J'ai plusieurs raisons pour cela et je ne les détaillerais pas. Mais j'ai tout de même voulu voir ce film ne serais-ce que parce que je les avais tous vu quand j'étais plus jeune. Il faut bien dire que du coté de l'action je n'ai pas été déçu. Les explosions sont gigantesques et les acrobaties toujours aussi impressionnantes. Mais ce film montre surtout une équipe de bras cassés. Non seulement leur équipement ne fonctionne pas mais ils sont aussi totalement incompétent. Aucun d'eux n'est capable de garder son calme ou d'en rester aux paramètres de la mission. C'est ainsi que les erreurs et surprises se succèdent l'une après l'autre ce qui conduit Cruise à se prendre une fenêtre en plein visage. En fait je pense que ce film est avant tout humoristique et pas un film d'action. J'ai, en tout cas, éclaté de rire à plusieurs reprises devant l’imbécillité des personnages. Et je ne parle même pas des dialogues qui semblent avoir été écrit à l'aide d'un traitement de texte automatique mis sur le mode "film d'action". C'est à peine si la dernière scène montrant les héros parler de leurs prouesses et de l'innocence du peuple qui doit être protégé en secret ne se fait pas sur fond de drapeau américain. J'ai aussi beaucoup aimé le générique de début. Grâce à lui on connaît les principaux rebondissements du film durant les 10 premières minutes du film. Ce qui est très utile si on souhaite quitter la salle. Je mentionne aussi rapidement Paul Patton dont le personnage semble n'avoir qu'un seul intérêt aux yeux des producteurs: faire fantasmer les hommes grâce à un cadrage particulièrement bien situé. Encore une fois on oublie les femmes. Au moins la musique était sympa.

Image: Site officiel

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15:37 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mission impossible | | | |  Facebook

06/12/2011

Le chat potté (miaou)

Lorsque nous avons regardé le second Shrek nous avons tous aimé ce nouveau personnage qu'est le Chat Potté. Ce chat capable de combattre les soldats avec son épée et de les attendrir avec ses yeux tout en portant des bottes (ce qui est étrange pour un chat). Mais nous ne savions rien de son origine. C'est pourquoi Dreamworks a décidé de faire ce film. Grâce à celui-ci nous savons enfin ou le Chat Potté a été élevé et comment ses aventures ont commencé. Et, surtout, nous savons comment il a reçu ses fameuses bottes! Mais nous le suivons surtout à la fin d'une quête qu'il tente de réussir depuis sa plus tendre enfance: retrouver les haricots magiques pour voler les œufs de l'oie aux œufs d'or et rembourser une dette. Pour réussir sa quête il acceptera de se joindre à un ancien ami et, surtout, à une chatte voleuse ressemblant étrangement à Catwoman. Bien que hors-la-loi le Chat montrera qu'il est véritablement un héros!

Connaître les origines de ce chat m'intéressait. De plus, j'étais certains de me retrouver devant un film drôle. Malheureusement, et bien qu'il ait fonctionné sur les enfants, j'ai trouvé que aventures du Chat n'étaient pas aussi drôle que Shrek 1 et 2. Peut-être que le concept est un peu trop usé? Ce n'est pas que les gags n'existent pas. Ils sont nombreux au contraire. Mais ils semblent un peu facile à faire. L'ambiance est tout de même très différente des Shrek. On passe d'un monde sorti des contes de fée à un désert qui pourrait rappeler le pays de Zorro (ce qui est sûrement voulu!). Les "amis" du Chat permettent aussi de mettre en place une petite morale sur l'importance de l'amitié et sur la trahison. En bref, ce film n'a rien de transcendant ni même de particulièrement drôle. Bien sur on passe un bon moment et les enfants adorent mais j'aurais aimé retrouver Shrek 2.

Image: Site officiel

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11:22 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shrek, chat potté | | | |  Facebook

30/11/2011

In Time / Time Out vous offrirez bien un peu de votre temps à cette lecture?

Aujourd'hui nous devons gagner de l'argent puis le dépenser pour faire fonctionner le système économique. Mais si l'argent n'existait plus et que la seule valeur encore en fonction soit le temps? Nous nous trouvons un siècle dans notre futur. Nous vieillissons jusqu'à nos 25 ans puis nous restons stable. Ce serait parfait si les choses étaient si simples. Mais il faut bien comprendre que dès nos 25 ans il ne nous reste plus qu'une année à vivre. Le seul moyen d'éviter la mort est de travailler pour gagner du temps. Cependant les factures et les biens doivent aussi être payés en temps. Dans ce monde qui est tout sauf parfait un petit nombre d'immortels peuvent vivre sur le dos de prolétaires qui n'ont à peine qu'une journée à vivre chaque jours. Will Salas l'apprend par un homme qui a un souhait inattendu dans ce monde: mourir. Après avoir reçu son temps il se déplace vers le ghetto des riches ou il apprend une nouvelle manière de vivre et ou sa révolte grandit de plus en plus.

Je me suis un peu renseigné sur le réalisateur et, à ma plus grande surprise, je me suis rendu compte que j'ai apprécié la plupart des films dans lesquels il est impliqué. Andrew Nicoll a donc été le réalisateur de Gattaca, Simone et Lord of War mais il est aussi impliqué dans Le Terminal et The Truman Show. Je n'ai vu ni Le Terminal ni Simone au contraire des autres films mentionnés que j'ai beaucoup aimé. Ma seconde remarque sera courte car elle concerne le titre. Encore une fois un traducteur a cru bon de changer le titre original anglais en un autre titre en anglais. Non seulement c'est ridicule mais, en plus, les deux titres n'ont pas la même signification! Je note aussi rapidement l'apparition de Johnny Galecki qui est connu pour son rôle dans The Big Bang Theory.

Certains pourraient dire que ce film développe un thème intéressant mais qu'il n'est pas assez bien réalisé pour entrer au niveau de Gattaca. Bien entendu, les acteurs et l'intrigue ne sont peut-être pas autant maîtrisé que dans Gattaca mais je pense tout de même que ce film est une réussite. Je trouve que la manière dont est dépeinte la société de ce futur est très riche et j'ai aussi bien aimé l'intrigue à la Bonny and Clyde. Alors que peut-on sortir de ce film? Vous l'avez sûrement remarqué, j'ai parlé de prolétaires. Ce terme est particulièrement adapté puisqu'il nomme des personnes qui ne possède rien d'autres qu'eux-même. C'est exactement le cas des pauvres dans le monde décrit par Nicoll. Ils ne possèdent qu'eux-même pendant une journée ensuite ils meurent. Nous nous trouvons face à ce que l'un des personnages décrit comme un capitalisme darwinien. Les plus riches et débrouillards survivent alors que les faibles et pauvres sont censé mourir. Ainsi le système ne surchauffe pas puisque la majorité de la population est éternellement jeune mais meurt tandis qu'une minorité est immortelle. Nous nous trouvons, en fait, face à l'un des plus injustes et des plus puissants systèmes capitalistes.

Car il ne faut pas oublier que ce système a des conséquences. La première est d'empêcher la solidarité à large échelle. En effet, comment faire grève, entrer dans un syndicat ou réclamer des procédures sociales quand un non risque de vous tuer? La solidarité en communauté ne peut tout simplement pas exister et les luttes sociales sont inexistantes car personne ne veut risquer de mourir pour un gain hypothétique. La seconde conséquence est tout aussi logique puisqu'elle concerne la mise en place d'une ségrégation spatiale. Le monde de Nicoll est divisé en zones horaires. Chacun à des prix et salaires différents et il faut payer pour passer de l'une à l'autre. Mais quand on ne peut pas payer on est obligé de rester dans sa zone qui, bien entendu, se trouve le plus éloigné de la zone des riches. Cette ségrégation implique aussi un contrôle puissant de la population. Non seulement il semble qu'il existe des fichiers sur tout le monde mais, en plus, la ville est constellée de caméras de surveillance ce qui rappelle l'ambiance oppressive de la surveillance dans Gattaca. La dernière conséquence est inscrite dans les corps même des personnes. je ne vais pas sortir la sociologie bourdieusienne mais on sait que la classe sociale s'inscrit dans le corps. Dans ce film ce constat est parfaitement visible. Les pauvres sont athlétiques, rapides et regardent autours d'eux et surtout la police et n'hésitent pas à prendre des risques en jouant leur vie qui, de toute manière, peut se terminer brutalement. Les riches, eux, montent en vertu la prudence et la lenteur. La lenteur, en fait, est le meilleur marqueur de statut social puisqu'il est inutile de se presser quand on peut vivre éternellement. La prudence en découle tout naturellement puisque le seul moyen de mourir découle de la prise de risque. Comme le dit particulièrement bien Sylvia Weiss, autre personnage principal, "Les pauvres meurent et les riches ne vivent pas". En conclusion je ne peux que vous conseiller de voir ce film en ayant en tête le fonctionnement capitaliste de la société. Nous n'en sommes pas là mais n'y a-t-il pas des similitudes dérangeantes?

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11:50 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme | | | |  Facebook

22/11/2011

L'Irlandais / The Guard les policiers sont comme les oignons, ils ont des couches

Après mon dernier film j'ai voulu regarder quelque chose d'un peu plus léger. C'est pourquoi je suis allé voir un film dont la bande annonce m'intriguait: The Guard. Je commencerais tout de suite par dire que, comme d'habitude, le titre anglais est bien mieux que la traduction française. Nous suivons donc la vie d'un policier Irlandais, Boyle, dans un petit village proche de l'une des côtes de l'Irlande. Boyle n'est peut-être pas un flic commun mais il fait bien son travail. Même si il doit essayer de comprendre pourquoi un homme que personne ne connaît est mort dans l'une des maisons de son village avec des signes de satanisme. L'arrivée d'un agent du FBI Everett le détournera, temporairement, de ce mystère. En effet, le FBI pense que l'Irlande va être utilisée pour un trafic important de drogue. Tous les agents sont donc mis à contribution pour trouver et arrêter les trafiquants. Il se trouve que, justement, le mort sur lequel Boyle enquête est l'un de ces trafiquants. Everett va donc suivre ce flic dans son petit village pour essayer d'enquêter.

Le ton du film est tout de suite revendiqué. Une voiture avec des jeunes qui roulent bien au-dessus des limites, un accident ou ils meurent tous et Boyle arrivant, prenant un peu de drogue dans la poche de l'un des jeunes et commentant après l'avoir ingérée "It's a fucking beautiful day!". Cet humour noir ou plutôt sarcastique se retrouve dans tout le film. C'est aussi l'une des principales raisons pour lesquels j'ai apprécié ce film. En fait j'ai du mal à choisir ce que j'aime le plus. Est-ce que ce sont les paysages irlandais avec leur lot d'irlandais bougons? Peut-être est-ce aussi les trafiquants. J'ai beaucoup aimé écouter ces trois personnages philosopher sur leur vie et sur la facilité avec laquelle ils corrompent les policiers. L'un des trafiquants, par exemple, avoue prendre des anti-dépresseurs à cause du stress de son boulot. Boyle est aussi un personnage remarquable et je trouve qu'il est parfaitement joué. Réussir à incarner ce flic étrange qui avoue prendre de la drogue et qui ne crache pas sur le service des prostituées mais qui réussit aussi à tout comprendre avant tout le monde n'a pas du être facile. C'est probablement l'un des personnages les plus sympathiques de ce film. Je ne regrette donc pas mon ticket et je conseille largement ce film.

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20/11/2011

L'ordre et la morale (mais de qui?)

Hier soir je suis allé voir le nouveau film de Mathieu Kassowitz. Après être sorti du cinéma j'ai voulu en savoir un peu plus sur les événements et sur la vision du film. Il semble qu'il soit critiqué par de nombreuses parties et les événements sont loin d'être particulièrement clairs. Mais que nous montre le film? Nous sommes en 1988 en Nouvelle-Calédonie un territoire d'outre-mer français. Une attaque vient d'avoir lieu contre une gendarmerie. Elle a fait 4 morts et trente gendarmes sont pris en otage. Le commandant Legorjus est immédiatement dépêché sur place à la tête d'une unité du GIGN. Mais, à peine arrivé, il se rend compte que les choses ont pris un tour très différent. En effet, 300 soldats ont débarqué sur cette petite île et ont pris le contrôle d'un village. Tandis que Legorjus essaie vainement de trouver une solution pacifique il se rendra compte que certains hommes ne souhaite pas ce type de fin. Dans le même temps il sera le témoin des nombreux sévices mis en place par l'armée contre les autochtones. Pourra-t-il vraiment faire son travail? Pourra-t-il continuer à faire son travail?

Le début du film est clair: ça va mal se terminer. La question n'est donc pas comment les négociations vont se dérouler mais pourquoi cela se termine mal. Il faut se rendre compte que cet épisode dans une histoire plus longue semble avoir été le lieu d'un certains nombres de sévices. Bien que je ne connaisse pas l'histoire de cette prise d'otage dont je n'avais même jamais entendu parler auparavant une rapide recherche m'a permis de savoir qu'un certains nombre de preneurs d'otages ont été abattus d'une balle dans la tête et que les civils ont subis un certains nombre de vexation voir d'"interrogatoires musclés" (comprenez tortures).

Quand on regarde le film on se rend rapidement compte de deux choses: c'est une apologie de la gendarmerie et du GIGN et l'armée et les politiques sont condamnés. Le message est donc assez simple. La gendarmerie, surtout locale, tente de comprendre les motivations et demandes des preneurs d'otages. Pour cela il faut créer une relation de confiance mutuel et dialoguer (ça tombe bien la culture locale semble être très ouverte au dialogue). De l'autre coté, l'armée met en place la seule chose qu'elle sait faire: une logique de guerre. Elle est soutenue en cela par le clan Chirac qui souhaite une victoire à quelque jours des élections. Mais pas une victoire pacifique une victoire électorale. Au-dessus de tout cela les médias français font dans la surenchère sur les atrocités qui auraient eu lieu dans la gendarmerie. Ces différentes volontés ne peuvent se terminer que sur une chose: un assaut qui conduisit à la mort de 19 canaques. Mais la peinture des politiques comme des hommes qui n'ont aucun intérêt pour les vies mises en danger quand leur poste peut être remis en question est-il fidèle? L'armée qui remporte tous les blâmes est-elle vraiment meilleure de la gendarmerie qui semble être l'héroïne du respect et de la tolérance? Bref, ce film est-il trop manichéen ou trop militant? Pour quelqu'un qui ne connaît que très partiellement cette histoire il est difficile d'en juger mais cet événement reste impressionnant.

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17/11/2011

khodorkovsky un crime d'état ou un crime contre l'état?

Malheureusement je ne connais pratiquement rien ni à l'actualité politique russe, ni à son histoire et encore moins à son système politique et économique. En gros, je ne sais pas grand-chose mis à part quelques informations sur le système soviétique, la chute du mur et l'amour de Poutine pour les droits de l'homme. Ce film est donc un documentaire sur la vie et les malheurs de Mikhail Khodorkovsky. Nous apprenons comment cet homme a réussi à devenir l'un des hommes les plus riches du monde après la chute du système soviétique. Il a réussi à s'approprier la compagnie nationale Liukos qui devint rapidement une mine d'or. Mais son histoire commence, bien entendu, bien avant dans les jeunesses communistes et lors de la création de la première banque privée de Russie. Son ascension ne faisait que se confirmer quand il s'est fait de Poutine un ennemi en condamnant la corruption et en soutenant l'opposition. Il s'en est suivi plusieurs années d'enfers pour sa compagnie et ses employés principaux qui furent inquiétés par la police. Ceci jusqu'à ce que Mikhail Khodorkovsky soit emprisonné pour fraude fiscale puis pour complicité de meurtre et enfin pour le vol de pétrole brut.

Il semblerait que cette affaire ennuie beaucoup quand on commence à en parler. Il semblerait aussi que le film soit en faveurs de Mikhail Khodorkovsky. Mais les choses ne sont pas si claires. On découvre un personnage considéré et décrit comme très intelligent et très travailleur. Un homme qui a réussi à gagner 6 milliards de roubles quasiment du jour au lendemain. Un personnage qui faisait partie des oligarques russes et des hommes riches et puissants. Un tel personnage ne peut pas être tout blanc et je pense que certaines affaires qu'il traitait n'était pas toujours très propres. Après tout on parle d'une époque ou des hommes sont devenus riches en une nuit en recevant des compagnies étatiques sans débourser un sous ou presque. D'un autre coté son arrestation et les accusations, graves, sont étranges. On pourrait presque croire que Mikhail Khodorkovsky a été mis en prison non pour ses actions économiques mais pour opposition envers Poutine. Je ne peux pas le dire avec certitude mais les personnes interviewées ne sont pas toujours à l'aise pour dire certaines choses devant la caméra. Mais nous trouvons nous vraiment devant un prisonnier politique? Quelle est la part des crimes, supposé, de Mikhail Khodorkovsky et ceux de Poutine? Je trouve qu'il est très difficile d'y répondre surtout pour quelqu'un comme moi qui ne connait pas grand-chose à la Russie. Mais, en tout cas, des questions se posent.

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11:42 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : russie, opposants | | | |  Facebook

13/11/2011

Contagion (l'arme c'est vous)

Vendredi je suis allé voir un film qui m'intéressait depuis que j'avais vu la bande annonce: Contagion. Nous avons tous connu les dernières grandes peurs médicales (H1N1, SRAS, rougeole, ...) qui ont eu plusieurs effets importants sur le moment (et sur les bénéfices de certains) sans, pour autant, être véritablement dangereuses à grande échelle. Mais que se passerait-il si, un jour, une véritable épidémie mortelle se déclarait? Serions-nous capable d'y résister? Ce film nous met en face d'une épidémie qui se développe durant plusieurs mois dans le monde entier. Tout a commencé avec deux personnes: une américaine et un chinois. Très rapidement la maladie se développe et se répand via les aéroports. Mais la contagion n'est pas la seule chose qui se répand puisque, la suivant voir la précédant, la peur s'empare des citoyens détruisant le fragile tissus social.

J'ai beaucoup aimé ce film. Je trouve qu'il montre particulièrement bien comment la société peut être mise à l'épreuve lors d'une telle épidémie. On découvre des rues vides, des pillages, des meurtres tous à cause de la peur de la maladie. Plus encore, les liens entre les personnes deviennent inexistants pour éviter d'être contaminé. Mais comment une société peut-elle subsister quand personne ne communique plus avec personne? Ce film montre aussi très bien comment les autorités peuvent réagir. Ou plutôt, ce film montre comment les autorités peuvent bien réagir puisque l’aspect critique n'est pas vraiment présent sur ce point. Malgré la maladie on trouve le moyen de sauvegarder l'autorité de l'état au moins dans les grandes institutions. Et même si cette épidémie a été particulièrement forte les autorités réussissent à mettre en place des distributions de nourritures et la recherche de vaccins. En bref, les institutions fonctionnent et on peut leur laisser faire leur boulot.

Heureusement, il existe quelques critiques. La première est celle qui est lancée par un chinois face à l'occident. Il accuse les occidentaux et ses gouvernements de garder pour eux les médicaments et de ne pas prendre en compte les besoins d'une partie défavorisée de la population mondiale. Cet argument est à la fois réaliste et réfléchis et la manière dont il est imposé, par un enlèvement, n'est pas critiqué dans le film. On peut donc penser que le réalisateur comprend ces arguments? Il y a un deuxième personnage critique. C'est un journaliste qui tient un blog. Il est totalement marginalisé et personne ne le prend vraiment au sérieux. Ce qui ne l'empêche pas d'écrire ses positions et d'essayer de convaincre la population. Mis à part son aspect critiquable puisqu'il a tendance à rapidement passer dans les théories du complot ses arguments ne sont pas mauvais. Premièrement, il accuse la société industrielle de ne pas faire attention aux problèmes de santé au profit de l'argent. Cette thèse peut être vérifiée dans plusieurs scandales sanitaires (au grand hasard l'amiante...) et dans le film même. Un second discours est une critique du vaccin qui a été insuffisamment testé. Ce personnage a tout a fait raison sur ce point et on sait que certains médicaments ont des effets secondaires importants mais qu'ils sont tout de même vendus. Enfin, le troisième discours est une condamnation de l'industrie pharmaceutique. Le journaliste dit, à plusieurs reprises, qu'un certains nombre de personnes vont devenir très riche suite à cette épidémie. Il se pose la question de l'identité de ces personnes et, par extension, il critique l'argent qui est fait sur la mort d'individus. C'est, encore une fois, une critique acerbe mais réaliste d'une partie de notre industrie. En résumé, ce film donne l'impression d'avoir voulu être neutre tout en évitant un discours qui remet trop en cause la société. C'est, en tout cas, un film riche que l'on peut analyser de nombreuses manière (la fin du film, par exemple, donne les prémisses d'une société très contrôlée voir policière). Je pense donc que personne ne perdra son temps en allant le voir.

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11:51 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : épidémie | | | |  Facebook

06/11/2011

L'exercice de l'état (le privilége de l'impuissance)

Presque en même temps que le film de Clooney un autre film politique est sorti. Celui-ci est français est traite son sujet très différemment. Plutôt qu'une campagne de primaire nous suivons un ministre en plein travail. Le film commence par l'un des exercices les plus importants pour un politicien: montrer une présence de l'état. Bertrand Saint-Jean, ministre des transports, reçoit un appel en pleine nuit. Un accident s'est déroulé sur une petite route enneigée tuant près de 10 jeunes. Il n'a pas le choix il doit se déplacer en pleine nuit le plus vite possible et arriver avec un discours déjà près. Mais une fois que cet épisode terminé le travail de Saint-Jean ne fait que commencer. Car être ministre ne veut pas seulement dire lire et créer des dossiers, gérer l'état, mais aussi participer au théâtre politique. Nous suivrons donc Bertrand alors qu'il essaie d'éviter d'être vu comme un ministre qui échoue à cause d'un projet qu'on lui impose. Pour cela il devra être toujours présent et il devra écraser des têtes.

Comme je l'ai dit ce film traite le sujet politique d'une manière différente de celui de Clooney. On observe le fonctionnement interne d'un ministère en suivant celui qui en est à la tête. Ce film, à mon avis, montre bien qu'une personne dans cette position doit non seulement faire attention à ses dossiers mais qu'il doit aussi penser à sa force médiatique et politique. Ainsi, on a presque l'impression que le ministère des transports n'est pas mobilisé pour mettre en place des projets mais pour donner à Saint-Jean la force politique nécessaire pour résister aux autres ministres qui se trouvent à des postes plus prestigieux. Les scènes du début du film montrent tout aussi bien l'importance de la présence du ministre sur les lieux pas seulement pour les voix mais aussi pour affirmer une présence concrète de l'état. Un autre bon point de ce film c'est de montrer que le rythme de vie de ces personnes est non seulement solitaire mais aussi très difficile. On se lève avant l'aube et on se couche après minuit tout en étant toujours prêt à réagir. Par contre un point particulier m'a ennuyé. Les personnages parlent bien, très bien même, mais ils parlent dans un jargon que je qualifierais d'artificiel. Bien entendu, la plupart des grands fonctionnaires français sont jeunes et énarques ce qui implique une certaine manière de parler. Mais j'ai souvent eu l'impression que les personnages ne parlaient pas, ils citaient. Ils citaient de belles phrases, oui, mais ils ne créaient pas ils reprenaient. Peut-être est-ce voulu?

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11:59 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : état, politique | | | |  Facebook

04/11/2011

La Couleur des sentiments / The Help (une petite ville si paisible)

Ce film nous fait remonter le temps dans les États-Unis des années 60. Nous nous trouvons à Jackson au Mississipi. Skeeter revient de New-York pour trouver un travail dans le journal local ce qui lui permettrait d'acquérir assez d'expérience pour postuler dans une grande maison d'édition. Mais, en retournant dans la ville de son enfance, elle se rend compte que les domestiques payés par les blancs sont très mal traités par leurs patrons et patronnes. La proposition de l'une de ces amies d'obliger toutes les familles de construire des toilettes séparées pour les noirs au nom de l'hygiène l'a fait sortir de ses gonds. C'est pourquoi elle décide de contacter quelques domestiques pour écrire un livre sur leur vie selon leur point de vue. Pour savoir comment elles ressentent les traitements dont elles sont les victimes et comment elles vivent leur situation de dominées. Mais un tel livre n'est pas seulement illégal il est aussi dangereux pour les personnes qui l'écrivent.

J'ai beaucoup aimé ce film. Je n'ai malheureusement pas lu le livre dont il est l'adaptation mais je le trouve vraiment réussi. Les actrices sont tout simplement formidables et je me suis très rapidement identifié à elles. De plus, la manière dont est peinte l'époque me semble assez fidèle. On ressent très rapidement la séparation qui est faites entre les blancs et les noirs non seulement en regardant qui fait quoi mais aussi par les discours des blanches. Il n'est pas rare d'entendre des discours sur la criminalité, le manque de respect et la maladie que les personnes de couleurs porteraient naturellement. Ce film réussit aussi à nous faire rire tout en nous rendant triste. Les scènes révoltantes sont mises en reliefs par d'autres scènes drôles dont, par exemple, la fameuse tarte à l'ingrédient secret. Nous pouvons cependant nous demander, en tant que spectateurs, si ce film est aussi fidèle historiquement qu'on peut l’espérer. En effet, les hommes sont absents et un certain nombre de sévices ne sont pas montrés. Comme, par exemple, les pressions sexuelles et le KKK n'est que mentionné. Malheureusement je ne connais pas grand-chose sur l'histoire du racisme ni sur le mouvement des droits civils aux États-Unis et je ne suis donc pas capable de critiquer cet aspect.

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29/10/2011

Les marches du pouvoir / The Ides of March (Un univers impitoyable)

Vous avez probablement tous vu ces affiches qui ressemblent fortement à une pub. Vous savez celles avec la tête de Clooney en une du Time? Au début j'ai vraiment cru que c'était de la pub puis, en m'y penchant de plus près, j'ai compris que c'était un film. Plus précisément, un film politique ce qui ne pouvait que m'intéresser au vu de mon domaine d'études. Clooney y joue un gouverneur, Mike Morris, candidat à la présidentielle des États-Unis. Nous nous trouvons en Ohio et les primaires du parti Démocrate s'y joueront. Mais le film n'est pas centré sur Clooney. Le véritable point central de l'intrigue est le personnage joué par Ryan Gosling: Stephen Meyers. Cet homme est l'un des meilleurs conseillers des États-Unis. Il s'occupe en grande partie de la campagne de Morris non pas pour l'argent mais parce qu'il croit en cet homme. Mais que se passe-t-il quand la réalité de la politique dépasse les espérances et que les différentes magouilles et pièges se referment sur sois?

Je ne sais pas trop quoi penser de ce film. Bon, je pourrais déjà dire que je préfère le titre anglais que je trouve plus subtil et plus intéressant. Mais je trouve difficile de me faire une opinion tranchée. Il faut dire que ce film est bon. Bon car les rouages de la politique des États-Unis, la manière dont un homme peut réussir à se hisser au pouvoir, sont particulièrement bien montré. Plutôt que de se centrer sur le candidat on observe les gens qui sont autour de lui. Les militants, le QG américain si classique, les conseillers qui tentent de gagner quelques voix et, surtout, les manipulations médiatiques. C'est donc un bon moyen d'entrer dans la réalité de la politique. Je suis, en effet, plutôt en accord avec le message du film. La politique est surtout le cadre de manipulations et de coups fourrés sans oublier les trahisons. La politique, en gros, est un jeu. Cependant, il y a plusieurs aspects de ce film que je trouve dérangeant. Pas vraiment le rythme qui, bien que lent, n'est pas si mal mis en place. C'est plutôt certaines scènes particulièrement clichés qui me troublent. Je pense, par exemple, au jeune trentenaire en pleine ascension qui se fait piéger (et qui a une légère barbe de trois jours pour faire cool), au scandale sexuel (peut être un rappel de Clinton?), les rendez-vous sur les bancs publics ou l'on ne se regarde pas dans les yeux et, surtout, la jeune et jolie stagiaire dont les spectateurs connaîtront les aventures. Bref, je me suis trouvé devant un film qui fait une peinture de la politique que je trouve intéressante mais qui multiplie les clichés.

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18:37 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : pouvoir, politique, spin doctors | | | |  Facebook

22/10/2011

Johnny English Reborn (le retour de l'espion le moins glamour du cinéma)

Comme 007 n'était pas disponible on a engagé Johnny English. Ce n'est pas vraiment que l'on voulait de lui mais il était là et comme tous les autres se cachaient autant accepter. Ce qui lui a permis de devenir l'un des agents les plus célèbres du MI7. En tout cas jusqu'à ce qu'il rate lamentablement une mission au Mozambique ce qui l'a conduit à la disgrâce et à s'enfermer dans une grotte. Mais il décide de recommencer un entraînement intensif à l'aide de moines pour redevenir le plus grand guerrier du Royaume Unis. Et ça tombe bien! Car le monde est en danger depuis qu'un groupe de tueurs, Vortex, a assuré sa volonté de tuer le premier ministre chinois. Les anglais sont dans l'obligation d'enquêter et seul Johnny English à la compétence nécessaire.

Je trouve ce film inégal. Les bons moments sont très proches des ceux qui sont beaucoup moins bon voir ennuyeux. Cependant, on entre tout de suite dans le sujet dès le générique qui permet de voir que ce film se moque des bons vieux James Bond. Ce qui permet à Rowan Atkinson de jouer un James Bond gaffeur dont l'amour des femmes le conduit à faire des bourdes et dont l'utilisation des gadgets est plus qu’aléatoire dans leurs résultats puisqu'il ne comprend jamais ce qu'il utilise. Je note surtout la scène de la poursuite en Chine. On a l'habitude de voir le héros cinquantenaire sauter comme si il était monté sur ressorts. Johnny English, lui, utilise l'ascenseur, les portes et les taxis en réussissant toujours à suivre sa cible. Il ne faut pas non plus oublier l'apparition de Torchwood par l'acteur Burn Gorman qui jouait Owen Harper dont le jeu est plutôt intéressant. Mais le film reste plutôt inégal.

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18:42 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : johnny english | | | |  Facebook

16/10/2011

Les trois mousquetaires (Pour le roi!)

Comme tout le monde je suis allé voir les Trois Mousquetaires. J'ai toujours trouvé impressionnant qu'un roman ait réussi à devenir aussi populaire au point d'être si souvent adapté et connu. Malheureusement, je fais partie de ces personnes qui connaissent l'histoire par les adaptations (donc qui connaissent mal l'histoire) mais qui n'ont jamais lu les romans. Il est probable que je répare ce manque important dans ma culture littéraire un jour. Est-il vraiment utile de présenter les personnages? D'Artagnan, Athos, Aramis et Porthos sont les héros du film. Après s'être connu suite à des incompréhensions qui ont mené D'Artagnan à défier successivement les trois mousquetaires ils se battent ensemble contre les gardes du Premier Ministre: le Cardinal de Richelieu. Les quatre amis décident de s'unir pour la France et Louis XIII contre le Cardinal, Buckingham et Milady. Pour cela, les trois mousquetaires, qui deviennent rapidement quatre, devront combattre jusqu'en Angleterre.

Pour commencer par le début: la 3D est inutile. Bon ce n'est pas tout a fait vrai. Le début du film durant lequel on parcoure la carte de la France avec des petits soldats ressemblant à des soldats de plombs rend la 3D utile. Mais c'est bien le seul moment ou je lui trouve un véritable intérêt. Malheureusement, comme le précédent film dont j'ai parlé, je trouve que ce film n'est pas tout a fait réussi. je trouve qu'il lui manque un petit quelque chose. Bien entendu, les mousquetaires est Milady sont assez drôles. Le roi de France est aussi plutôt comique quand il essaie d'avouer son amour à sa Reine ou quand il essaie d'être à la mode. J'ai aussi plutôt apprécié les vaisseaux volants qui sont très élégant. Mais ce qui m'a le plus déçu ce sont les combats à l'épée. Comme moi, vous pensez sans doute que l'intérêt principal d'un film de capes et d'épées est de regarder des combats d'escrimes extravagant. Et il faut bien avouer que les deux spectacles qui nous sont donné sont très sympa. Mais il n'y en a que deux ce que je trouve dommage. Mais, tout de même, ce film est un bon moyen de passer une soirée sympathique.

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11:46 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mousquetaires | | | |  Facebook

15/10/2011

Un monstre a paris (mais avec une belle voix)

Depuis quelque jours nous pouvons entendre une nouvelle chanson interprétée par Vanessa Paradis. Les curieux remarquent rapidement que cette chanson prend place dans un film qui est depuis mercredi dans les salles. Ce film, intitulé Un Monstre à Paris, nous emmène en 1910 alors que Paris est inondée. Deux amis y parcourent les rues au volant d'une camionnette de livraison. L'un d'eux est un projectionniste l'autre le livreur. Nous découvrons aussi la belle Lucille une chanteuse acclamée par les parisiens et courtisée par le préfet même. Ce dernier est soumis à de violentes critiques suite à sa gestion (ou plutôt sa non-gestion) de l'inondation. Mais ces petites romances seront rapidement oubliées alors qu'un monstre semble errer dans la ville inondée. Le préfet prend rapidement l'affaire en main alors que d'autres se rendent compte que, peut être, le monstre n'est pas si monstrueux que l'on croit.

Je suis obligé de dire que je trouve ce film moyen. Que l'on se comprenne bien il n'est pas raté mais il aurait pu être bien meilleur. Mais commençons tout de même par dire que, comme je le dis souvent, la 3D est totalement inutile mis à part pour augmenter le prix des billets. Je conseille donc d'éviter une séance 3D si possible. Comme je l'ai dit plus haut ce film n'est pas raté. J'ai beaucoup aimé les deux hommes qui sont tous les deux des archétypes de timides. Le petit n'ose pas se déclarer et le plus grand montre une grande assurance qui cache, en fait, une peur de l'amour. Lucille est aussi très bien réussie dans son rôle de chanteuse acclamée et courtisée des plus puissants. Les gags sont assez nombreux et, souvent, ne tombent pas à plat (je donne une note spéciale au pauvre voleur qui se fait battre par une voiture). Mais la plus grande réussite de ce film c'est surtout une scène. Une scène bien particulière durant laquelle le monstre, Francoeur, et Lucille chantent ensemble face à un public. Comme si la chanson n'était pas accomplie avant ce duo on entend cette chanson une première fois mais sans le même charme. En fait, tout le film me semble tourner autour de cette scène très réussie. Car, malheureusement, il manque un petit quelque chose à l'intrigue pour faire de cet essai une réussite. Et c'est vraiment dommage car sur un aspect romantique et musical très classique, mais qui fonctionne toujours, et une morale connue aurait pu se greffer un fond plus important. Mais cela n'empêchera sûrement pas les enfants de 7 à 77 ans d'apprécier ce film le temps d'une après-midi.

Image: Allociné

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18:47 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, film d'animation | | | |  Facebook

12/10/2011

Orange Mécanique (qui sont les véritables monstres?)

Nous repartons dans un autre film culte sorti en 1971: Orange Mécanique de Stanley Kubrick. Je pense que les personnes qui n'ont pas, au moins, entendu parler de ce film sont très rares. Mais vous êtes peut-être dans mon cas et vous ne l'avez jamais vu. Nous y retrouvons une bande de jeunes habillés en blanc avec un faux air d'aristocrate. Leur chef est Alex et il les mène du bar à lait modifié du coin à la violence d'une soirée. Alex s'amuse à tabasser n'importe qui pour le plaisir avec une violence froide et sadique. Il aime aussi cambrioler des maison et détruire les objets de valeur. Sans oublier, qu'il lui plaît aussi de sadiquement violer les femmes qu'il croise. En bref, Alex n'a aucune morale. Mais il n'est pas le seul puisque d'autres groupes comme le sien existent et se battent dans les rues. Mais Alex sera trahi et emprisonné par les autorités. Après deux ans en prison il accepte d'être le cobaye d'un nouveau traitement censé guérir définitivement la criminalité: le procédé Ludovico.

Voila un film sur lequel on peut dire énormément. Mais mes connaissances limitées de ce film, que je n'ai vu qu'une fois, vont probablement me permettre de ne pas trop m'étendre. Je commencerais par parler de mon ressenti face à l'image. Celle-ci est plutôt étrange. La sexualité est présente dans presque toutes les scènes sous une forme ou une autre en ne montrant que des femmes dans des postures dégradantes. Mais ce qui frappe au moins autant c'est le visage du personnage principal: Alex. Durant la journée il montre un visage plus ou moins avenant avec quelque sourires. Mais son coté "sombre" est mise en reflet par une fermeture totale du visage. Celui-ci devient un masque sardonique qui montre à la fois la dangerosité d'Alex et son manque total de pitié et de morale.

Le second point duquel on doit parler est la violence. Il semblerait que celle-ci ait valu une condamnation du film, particulièrement en Grande-Bretagne ou plusieurs actes de violences ont été attribué à l'influence d'Orange Mécanique. Mais il faut bien avouer que la violence physique est rarement montrée en tant que telle mais souvent suggérée. Que ce soit les viols ou les passages à tabac les séries et films modernes sont allé bien plus loin tout en étant, assez paradoxalement, plus pudibond (surtout en ce qui concerne la nudité que l'on ne voit plus, ou très peu, telle qu'elle est affichée par Kubrick, du moins, à mon avis). Cette violence est mise en place par une jeunesse qui a oublié tout ordre et respect. Respect aussi bien pour les personnes en générale que pour les femmes qui ne sont, dans ce film, que des objets de plaisir au service d'Alex. Mais, en parallèle, il y a aussi la violence du système de la société. Celle-ci est visible via les policiers et les prisons qui torturent et abrutissent les criminels. Cette violence est au paroxysme dans le procédé Ludovico qui revient à détruire l'individu pour sauver la société. Nous avons aussi un nouvel indice de cette violence sociale alors qu'Alex revient, en quelque sorte, sur son passé qui non seulement le rattrape mais l'attaque physiquement sous les traits de ses victimes ou de ses anciens comparses devenu policiers. Cette société, dites démocratique, ne fonctionne plus pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'une grande partie de ses membres sont victimes ou créateurs d'une violence froide. Mais aussi parce que cette société crée elle-même une violence contre ceux qu'elle considère comme des déviants ou des "subversifs". Ainsi, et la fin du film me le fait penser, nous nous trouvons probablement en face d'un pays en voie de devenir une société totalitaire.

Mais quel est le message principal de ce film? Est-ce la défense de la morale? La défense de l'amour? Ou alors la défense de la société démocratique? A mon avis ces trois points sont inexistants voir très secondaires. Le véritable message de ce film est une question sur la nature de l'humanité. Qu'est ce qu'un être humain? Mais surtout qu'est ce qui fait de nous un être humain. Le procédé Ludovico consiste, principalement, à ôter le choix à l'individu qui y est soumis à l'aide d'une procédure de lavage de cerveau. Mais est-on encore humain quand on n'a plus aucun choix. Et, surtout, quand on n'a plus le choix entre être "Bon" et être "Mauvais". Alex, après Ludovico, perd tous ses choix et devient impuissant devant la violence globale de la société. Cela le conduit à subir de multiples humiliations et à perdre son statut d'être humain égal aux autres. En effet, en le soumettant à ce procédé on envoie deux messages: le sujet méritait de perdre le droit de choisir et le sujet n'était pas normal, pas vraiment humain, il est donc légitime de le torturer de cette manière. Une question annexe qui pourrait se poser est de se demander jusqu'à quel point la société, au sens général d’agrégats d'individus autant que de l'appareil d'état, peut aller pour se protéger elle-même. Jusqu'où peut-on violer les droits et libertés humaines au profit de la sécurité globale de la société? C'est une question qui n'est pas légitime que dans ce film mais aussi actuellement dans le cadre de ce que l'on nomme la société de surveillance.

Image: Allociné

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10/10/2011

Trainspotting (a very bad trip)

Non je n'ai pas fait exprès de reprendre le titre d'un film hollywoodien nul (bon d'accord mais juste un peu). Trainspotting, un film culte difficile à décrire. Un film qui nous montre la vie de quatre amis. Enfin, amis entre beaucoup de guillemet puisque la seule chose qui les lie véritablement c'est la drogue. Celle-ci est omniprésente dans le film puisque l'intrigue concerne surtout la lutte contre l'addiction. Une lutte qui n'est pas toujours très sincère et qui ne doit pas faire croire que nous aurons une jolie morale type disneyworld sur les dangers de la drogue et les vertus du travail (et de dieu bien entendu...). Non, c'est une vraie lutte, une guerre sanglante et difficile entre le héros et la drogue ainsi que ses amis. Et savoir qui va vaincre n'est de loin pas simple pour le spectateur.

Je trouve difficile d’interpréter ce film surtout parce que je ne suis pas certains d'avoir remarqué toutes les références et détails. Bon, la trame principale est assez simple à voir. Le "héros" tente de sortir de la drogue. Bien entendu il échoue à plusieurs reprises mais il réussit, finalement, à se détacher de son addiction et à trouver un travail à Londres. A ce point on peut faire deux remarques intéressantes. Tout d'abord, ses anciens amis deviennent plus des boulets qu'il n'apprécie que modérément. On peut aussi y voir l'importance de se détacher non seulement de la substance mais aussi de ses connaissances pour pouvoir passer outre la drogue. Un second point est le parallèle que l'on peut faire entre la vie de plus en plus réglée de Mark et la destruction progressive de celle de Tommy. Comme si l'un devait payer pour l'autre. Je trouve aussi une forme de vision de la vie désabusée dans ce film. Le futur d'une vie semble vu comme particulièrement morne par les personnages et la drogue est un moyen d'éviter de l'atteindre. Même les personnages qui ne se droguent pas, ou pas tout de suite, ont une attitude peu conforme avec une vie rangée. Pourrions-nous y voir une influence punk? Je ne suis pas vraiment qualifié pour le dire mais l'idée semble intéressante. En tout cas, il vaut mieux se faire sa propre idée en allant le voir sois-même.

Image: Allociné

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18:34 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : drogue | | | |  Facebook

Comment tuer son boss / Horrible bosses (parce que notre vie serait tellement plus simple sans eux!)

Vous le savez, parfois on va au cinéma seulement pour s'amuser. C'est dans ce cadre que l'on doit aller voir ce film. Nous y suivons l'aventure de trois amis qui ont chacun un patron exécrable. Nick travaille dans une banque pour un psychopathe qui s'amuse à le manipuler. Kurt est obligé de travailler pour le fils de son ancien patron. Mais, plutôt que d'être responsable, il souhaite détruire l'entreprise familiale pour gagner le plus d'argent possible. Enfin, Dale doit subir les assauts répétés et explicites de la dentiste pour qui il travaille. Les trois amis réalisent vite qu'il leur est difficile de quitter leur travail et qu'ils n'ont aucun espoir d'amélioration. C'est pourquoi ils commencent à se faire à l'idée qu'ils devraient peut-être prendre les choses en main pour que leurs patrons disparaissent définitivement.

Il faut l'avouer, le synopsis donne surtout l'impression d'un film assez lourdingue avec des gags plus que convenus que nous avons tous déjà vu cent fois. C'est pourquoi il peut sembler étonnant qu'il ne soit pas vraiment mauvais et même peut être bon. Il faut dire que les personnages principaux sont très bien servi. Non seulement les trois amis sont joués par des acteurs qui se prennent au jeu tout en étant bon (je suis certain qu'ils se sont bien amusé durant le tournage). Mais, en plus, les rôles des patrons sont tout aussi haut en couleur. Entre le psychopathe manipulateur, le drogué totalement déjanté et la dentiste nymphomane il est difficile de choisir un préféré (ou plutôt un détesté). Je note aussi le personnage que je qualifierais du "noir qui doit forcément être méchant puisqu'il est chauve avec des tatouages" mais qui a fait de la prison pour un crime autrement plus grave qu'un simple meurtre et que je vous laisserais découvrir et qui n'est pas si méchant que ça. On peut s'attendre aux différents gags mais le film à l'avantage d'aller vite sans nous laisser un petit moment de réflexion ce qui permet d'éviter des temps morts durant lesquels on s'ennuie. Bref, un film qui aurait pu devenir un navet comme de nombreux autres mais qui, grâce aux personnages et aux acteurs, devient une véritable réussite.

Image: Site officiel

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15:33 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

09/10/2011

Sur les quais (travaillons, travaillons, mais sans s'unir)

Encore un film culte puisque ce film a remporté 8 oscars et que Marlon Brando s'y trouve sous les traits du héros. Nous sommes dans les années 50 en pleine guerre froide. Il est important de s'en souvenir pour comprendre le reste du film. Terry Malloy est un ancien boxeur qui, après une défaite, s'est reconverti comme dockers sur les quais. Mais il est aussi l'un des gros bras du syndicat des dockers présidé par Johnny Friendly (un nom assez ironique). Cependant, ce syndicat ne défend par les dockers. Au contraire, ces derniers sont opprimés par les méthodes et l'organisation de Friendly qui, au lieu de défendre les travailleurs, choisit qui peut travailler et qui ne peut pas. C'est dans ce contexte qu'un docker qui allait parler est tué après avoir été piégé par Terry Malloy. Ce dernier, en rencontrant la sœur de la victime, est progressivement atteint par la culpabilité jusqu'à décider de se retourner contre Friendly même si, pour cela, il doit violer les lois tacites de la camaraderie.

C'est un bon film, oui, mais c'est aussi un film antisyndicalisme. Que l'on se comprenne bien, je ne connais pas les méthodes syndicales de l'époque aux États-Unis. Il est probable que les syndicats n'aient pas toujours été aussi respectueux qu'actuellement. Cependant, ce film est clairement dirigé contre les syndicats. En effet, ce film possède un certains nombre de caractéristiques qui permettent de faire cette interprétation. Il suffit, tout simplement, d'observer que le syndicat y est décrit plus comme un syndicat du crime que comme un syndicat des travailleurs. Ses dirigeants ont un faux air de mafieux et les même, méthodes: mensonges, loyauté tacite, triche, gros-bras pour empêcher les autres de parler et surtout la protection contre l'argent (certains diraient que ça ressemble un peu à un état). Mais ce qui me fait dire ceci c'est surtout la scène de fin. Ceux qui ne souhaitent pas la connaître peuvent arrêter de lire maintenant. Nous y découvrons un Terry harassé par le fardeau entre les rangs des dockers qui lutte pour accéder au travail prouvant, ainsi, que le syndicat n'a plus de pouvoir. C'est donc un travailleur qui lutte pour son droit de travailler humainement en travaillant hors d'un syndicat. Je pense que les conclusions sont simples à faire. En second lieu, cette lutte de Terry ne s'inscrit pas que dans la solitude. Elle s'inscrit dans une autre communauté plus "américaine". Celle de la foi. Il est, en effet, soutenu dans sa lutte par un prêtre qui tente de réunir les travailleurs dans l'église. Le symbole, ici aussi, est assez clair. Cependant, ce n'est pas un film de propagande, ou du moins pas que, c'est aussi un film qui montre des liens entre les individus. Un film qui montre comment un être humain qui a perdu son sens des responsabilités peut le retrouver. C'est donc un film sur la culpabilité et la pénitence.

Image: Allociné

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11:38 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : communisme, syndicalisme, mafia | | | |  Facebook

07/10/2011

Le cuirassé Potemkine

Pour une fois je vais parler d'un film russe. Il est sorti dans les salles en 1926 c'est donc un vieux film qui a été réalisé dans les premières dizaines d'années de la révolution Russe. L'intrigue prend place en 1905 dans, vous l'aurez compris, le cuirassé Potemkine. Les matelots dont nous suivons les aventures se révoltent contre leurs officiers à cause de la nourriture qu'ils sont obligé d'ingurgiter. En effet, celle-ci est tout simplement remplie de vers. Devant le refus des officiers de donner une viande plus saine les matelots commencent à parler de révolter jusqu'à ce que ces mêmes officiers décident de tuer ceux qui ne mangent pas de la viande. Ceci étant la goutte d'eau qui fait déborder le vase les simples marines se révoltent et combattent les officiers. Ils sont bientôt soutenu par la ville du port dans lequel le cuirassé mouille.

Il y a plusieurs raisons pour lesquels j'ai trouvé ce film intéressant. Des raisons qui en font un magnifique film de propagande soviétique plus qu'une histoire. Je pense que n'importe qui est capable de faire le lien entre les événements de l'intrigue et la Révolution d'Octobre. Mais ce qui est intéressant c'est d'observer l'image. Premièrement, la différence entre les simples marins et les officiers est particulièrement caricatural. Les marins sont de bons soviétiques, forts et travailleurs. Les officiers sont tous assez chétifs, bien habillés, cultivés et surtout cyniques! Pour s'en rendre compte il suffit de regarder la scène durant laquelle le médecin du bord observe la viande avariée en répondant aux marins "ce ne sont pas des vers ce sont des larves de mouches". J'avoue m'être presque attendu à lire des termes latins. D'ailleurs, l'image de la culture est particulièrement dépréciée dans ce film. En effet, les officiers sont toujours proches des lieux de culture, médecine, théâtre, etc. Le film montre un plaisir manifeste de détruire ces lieux. Je trouve aussi intéressant de montrer le contraste entre les marins révoltés qui aident la population de la ville et l'armée tsariste dont la principale activité est de massacrer les civils. Le leader des marins est aussi particulièrement intéressant à observer. Il possède tous les attributs du leader soviétique. Son discours révolutionnaire est particulièrement savoureux. Bref, nous nous trouvons devant un superbe film de propagande qu'il serait intéressant de montrer en classe avec un discours critique pour permettre aux enfants de se rendre compte de la manière dont l'image peut-être utilisé pour manipuler l'opinion.

Image: IMDB

 

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11:32 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : russie, révolution | | | |  Facebook

05/10/2011

M le Maudit (mais qui donc a le droit de juger?)

M le Meurtrier est un vieux film de 1931. Il retrace des événements qui ont eu lieu dans les années 20 en Allemagne. Ces années ont connu une vague de meurtre d'enfants. Nous sommes donc dans une ville apeurée par ces meurtres. Personne ne sait qui est le tueur et personne ne semble pouvoir le trouver. Mais les citoyens sont de plus en plus inquiets et commencent à accuser n'importe quelle personne qui donne l'impression de s'intéresser de plus ou moins près à un enfant. La police est totalement débordée par ses événements et tente de retrouver le tueur par tous les moyens en augmentant la pression sur la ville. Les rafles succèdent aux rafles mais sans résultats. Enfin si, il y a un résultat. Les activités de la pègre sont grandement mis à mal par cette pression policière. C'est pourquoi les malfrats se mettent d'accord pour organiser leur propre chasse à l'homme dans le but de trouver le tueur et de l'empêcher de nuire.

Comment dire que ce film est très bon? Il y a de nombreuses scènes que je trouve particulièrement réussies. Par exemple, les scènes qui montrent la réunion de police durant laquelle la stratégie d'action est décidée est mise en parallèle avec la scène des malfrats décidant de leurs propres actions. Ce qui permet de voir comment les deux ennemis s'organisent de manière différentes (d'une manière très caricaturale d'ailleurs). J'ai aussi beaucoup aimé les scènes de la surveillance par le réseau des mendiants (oui nous pensons tous à Sherlock) et la poursuite. Mais le véritable intérêt du film se trouve dans le discours sur la criminalité. Le tueur est confronté par un tribunal regroupant tous les malfrats de la ville et ce procès est le lieu d'argumentations très intéressantes. Premièrement, nous commençons par un tueur qui récuse sa responsabilité en affirmant ne pas pouvoir s'arrêter (il serait donc un patient plus qu'un criminel). Cet argument est rapidement suivi d'une accusation, que l'on entend encore aujourd'hui, de la justice comme trop permissive (ce qui est assez ironique quand les juges sont des criminels). La justice, au lieu de punir, se contenterait de tenter de soigner et laisserait les criminels repartir en pensant naïvement à la possibilité de leur changement plutôt que de définitivement s'en débarrasser. Je pense que nous sommes tous capables de faire le parallèle avec certains débats actuels et le débat sur la peine de mort. Il est intéressant de voir que ce débat n'existe pas qu'aujourd'hui et qu'il a une histoire.

Image: Allociné

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18:38 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : meurtrier, peine de mort | | | |  Facebook

02/10/2011

Jules et Jim (refouler ses sentiments tue l'amour)

De temps en temps je découvre de vieux classiques à l'aide d'amies. Ce film en fait partie. C'est la description d'une amitié particulièrement forte entre un allemand et un français, Jules et Jim, peu de temps avant la première guerre mondiale. Les deux compères sont des hommes de lettres qui vivent un peu comme des artistes sans se soucier de l'argent comme seuls les artistes bourgeois savent le faire. Au détour d'une exposition ils découvrent la photographie d'une statue possédant un sourire particulièrement intrigant. C'est pourquoi ils voyagent en Grèce pour la voir en vrai. Mais, en rentrant à Paris, ils font surtout la connaissance d'une femme, Catherine, qui possède le même sourire. Les deux amis tombent rapidement amoureux mais c'est Jules qui a la chance de l'épouser. Séparés par la première guerre mondiale le trio d'amis met plusieurs années pour se retrouver. Mais lorsque cela est fait Catherine tente de séduire Jim qui ne fait pas grand-chose pour l'arrêter.

Outre le fait que j'aie trouvé ce film très étrange et un peu long je ne l'ai pas détesté. Tout d'abord, les acteurs qui jouent le trio me semblent bon. Même si, comme moi, on n'apprécie pas vraiment de passer deux heures sur une relation d'amours j'ai trouvé intéressant de voir comment les relations entre ces trois amis ont été dépeintes. On découvre un Jules passif malgré ses discours précédents sur le couple (particulièrement rétrograde d'ailleurs). Un Jim qui n'hésite pas à trahir son meilleur ami du moins selon mon interprétation. Et une Catherine fantasque. Cette dernière me semble être la véritable dynamique du trio. Les deux hommes n'agissent  pas réellement, ils subissent les actes de Catherine qui les mène par le bout du nez sans efforts. Mais quel est le thème de ce film? Certains diraient l'amitié d'autres le couple. A mon avis, ce film parle principalement d'homosexualité ou, du moins, d’homo-sociabilité. En effet, l'amitié très forte qui lie Jules et Jim a donné lieu à des rumeurs. Nous découvrons surtout deux hommes très proche l'un de l'autre qui pensent trouver le bonheur près des femmes mais qui ne l'y trouvent pas. C'est pourquoi je pense que ces deux amis auraient été plus avisé d'accepter les sentiments qu'ils ont l'un pour l'autre plutôt que de chercher une femme telle que Catherine qui ne pouvait que les séparer violemment.

Image: Allocine

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11:31 Écrit par Hassan dans féminisme/gender/queer, Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : truffaut, homoexualité | | | |  Facebook

23/09/2011

Vol spécial

J'ai été voir le film dont tout le monde parle: Vol Spécial. Celui-ci a été réalisé par Fernand Melgar dont le précédent film, la forteresse, avait déjà soulevé les débats. Ce film ne va, en tout cas, pas calmer les débats. Mais que sont les vols spéciaux? Ce sont des voyages organisés par l'Office Fédéral des Migrations dans le but d'expulser, sous contrainte, les personnes dites sans-papiers de Suisse après plusieurs choix que ces derniers ont refusé (mais qui impliquent toujours une expulsion). Cette manière de faire a récemment été accusée d'inhumanité lors de la mort d'un expulsé comme les lecteurs doivent s'en souvenir. C'est pourquoi la diffusion de ce film est une très bonne idée puisqu'elle permet de comprendre comment vivent ces détenus qui n'existent pas. Nous allons donc suivre la vie quotidienne des détenus dans un cadre carcéral administratif à la fois strict et relâché. Ces derniers ne font pas que suivre les règles ils discutent aussi de leur cas entre eux et de leur incompréhension. Mais nous observons aussi comment les gardiens agissent et réagissent.

Fernand Melgar ne dit rien, ne commente rien, ni ne donne d’interprétations. Le spectateur est seul face à l'image. Et cette solitude m'a conduit, mis à part mes convictions politiques, à plusieurs constats. Premièrement, je trouve que la manière dont sont traités ces sans-papiers est particulièrement pernicieuse. Les détenus de ce film ne sont coupables d'aucun délits. Pourtant, ils sont traités comme si ils étaient des criminels endurcis avec des menottes non seulement aux mains mais aussi aux pieds. Sans oublier leur lieu de vie qui est peut-être sympathique mais qui reste une prison sécurisée. En fait, nous observons en direct la criminalisation des sans-papiers. Dans un monde ou la nationalité est aussi constitutive de l'identité que le nom, la profession ou le lieu de résidence une personne apatride est une anomalie que l'on doit corriger au plus vite.

Le second constat que je fais c'est l'incompréhension totale des détenus et entre eux et les autorités. Comment le système judiciaire Suisse peut-il accepter des lois qui détruisent pareillement des vies humaines? Là encore, nous observons la mise en place de moutons noirs dans le sens ou une population précise est accusée de tous les maux et, donc, est directement visée par les autorités. C'est pourquoi des innocents sont détenus d'une manière administrative au nom de la sécurité de la société. Cette manière de voir les choses a déjà existé à de nombreuses reprises (et pas forcément durant la seconde guerre mondiale la Suisse de 42 à 81 et la troisième république française ont utilisé ce système de détention administratif) et a toujours terminé de la même manière: une partie de la population est tout simplement déshumanisée et, donc, perd les droits qui lui sont pourtant garantit au nom de son humanité.

Enfin, je terminerais par un troisième constat. Celui-ci est probablement le plus dérangeant. Durant tous les films nous n'observons pas seulement les détenus mais aussi leurs gardiens. Ces derniers agissent d'une manière qui me semble peu compréhensible. En effet, les principales remarques des gardiens ne consistent pas à expliquer pourquoi ces détenus seraient dangereux. Au contraire, ils parlent aux détenus comme à des innocents. Je ne compte pas le nombre de scènes durant lesquels un gardien explique à un détenu qu'il mérite d'être libre, qu'il est un bon citoyen ou que son départ forcé les attriste. Mais comment peut-on comprendre ce double signal donné par les autorités suisses? Car oui les gardiens font parties de cette autorité. On dit aux sans-papiers qu'ils ne sont pas les bienvenues et, dans le même temps, on leur donne l'impression, à mon avis, justifiée que leur détention est une injustice. Il me semble que les détenus eux-même ne comprennent pas cette schizophrénie des autorités. Je conclurais en disant qu'il est nécessaire d'aller voir ce film pour savoir ce qui se cache derrière les chiffres administratifs des expulsions: des êtres humains avec leurs peurs, leurs espoirs et leurs droits.

Site Officiel

Image: clap.ch

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17/09/2011

"Chico et Rita" l'amour d'une chanson ou l'amour est une chanson?

Après "Et maintenant on va où" j'ai voulu me faire plaisir en regardant Chico et Rita un film d'animation qui semblait être rempli de chansons. L'intrigue nous met sur les traces de Chico et de son agent. Chico est l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur, pianiste de Cuba. Il a une passion pour le jazz et son rêve est d'être découvert pour pouvoir se produire à New York aux cotés des plus grands groupes. Mais, pour cela, il a besoin d'une chanteuse. C'est après une soirée à boire en compagnie de deux jeunes américaines qu'il découvre Rita. Non seulement elle danse magnifiquement bien mais, en plus, elle possède un talent quasi inné de chanteuse. Mais c'est plus qu'un membre du groupe que découvre Chico puisqu'il découvre l'amour de sa vie. Ensemble ils réussissent à gagner un concours qui leur offre l'opportunité d'un contrat dans un grand hôtel. C'est là qu'ils seront découvert. Mais la jalousie et les actes de Chico divisent le couple. Cependant, les deux amoureux, successivement, vont lutter contre le succès et les intrigues pour faire tenir leur amour.

Ce film n'est pas aussi bon que "Et maintenant on va où" mais j'ai tout de même passé un bon moment. Le premier point appréciable de ce film est l'animation. Celle-ci est très différente que le style lisse utilisé avec l'aide de l'informatique. De plus, personne n'a eu la très mauvaise idée d'en faire un film 3D ce qui est, à mon avis, très reposant. On peut donc facilement se laisser entraîner par le style de l'animation. Un second point concerne la musique et les chansons. Celle-ci est au moins aussi importante que l'intrigue romantique du film puisque toutes les scènes importantes se passent en musique. D'ailleurs, une chanson spécifique est au cœur de l'histoire puisqu'elle est écrite au nom de Rita et de l'amour qui la lie à Chico et qui le lie à Elle. Cependant, j'ai trouvé que le film restait surtout borné aux bons sentiments et n'allait pas forcément plus loin qu'une histoire romantique. Ce qui ne veut pas dire qu'il soit sans intérêt au contraire.

Image: Allocine

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18:41 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook