Histoire - Page 5

  • La société punitive. Cours au collège de France. 1972-1973 par Michel Foucault

    Titre : La société punitive. Cours au collège de France. 1972-1973d036339b16.gif
    Auteur : Michel Foucault
    Éditeur : Seuil / Gallimard décembre 2013
    Pages : 349

    J'apprécie beaucoup ce qu'a écrit Michel Foucault. Non seulement ses recherches sont intéressantes et mettent en cause de nombreuses choses que l'on tient pour normales mais, en plus, il a travaillé en lien avec l'époque et des luttes dont il a été un acteur. Ce livre fait partie des cours qu'il a donné au Collège de France et qui sont édités. Ces cours permettent aux personnes intéressées de mieux comprendre la pensée de Foucault ainsi que sa construction. En effet, les cours au Collège de France sont des recherches inédites qui peuvent inaugurer l'idée d'un livre. Dans le cas présent le livre est Surveiller et Punir. Ce livre contient la troisième année de cours de la part de Michel Foucault, un résumé écrit par Foucault et une situation qui permet de contextualiser les propos aussi bien selon l'époque, la recherche que la pensée de Foucault.

    Ce cours s'intéresse à la société punitive. Derrière ce terme se cache une forme spécifique de société que Foucault présentera en 13 semaines. Je ne prétends pas avoir tous compris. Mais l'analyse de Foucault permet d'expliquer comment on est passé d'une forme spectacle de la punition à une forme d'exclusion avec la prison. Plus loin encore, Foucault nous montre en quoi cette forme prison a pris racine dans la société. En effet, derrière la prison, le pénitencier, on trouve la nécessité de protéger le capital de la bourgeoisie contre une population pauvre. Cette protection se forme contre deux problèmes : le vol, la déprédation donc ce qui est construit comme illégal et l'immoralité soit l'alcoolisme et la fainéantise. Dans le premier cas on s'attaque à ce qui est possédé tandis que dans le second cas on s'attaque à ce qui pourrait être possédé. Il y a donc un effort de moralisation et de contrôle de la population afin de permettre la mise en place du travail régulé et salarié. Ceci a pu aller jusqu'à la création d'usines-couvents qui permettaient de contrôler tous les aspects de la vie des travailleurs. Ce cours est donc particulièrement intéressant quand on essaie de comprendre le fonctionnement de la société libéral de travail et son pendant pénal.

    Image : Éditeur

  • Histoire de la Suisse 5. Certitudes et incertitudes du temps présent (de 1930 à nos jours) par François Walter

    Titre : Histoire de la Suisse 5. Certitudes et incertitudes du temps présent (de 1930 à nos jours)
    Auteur : François Walter
    Éditeur : Alphil 2014
    Pages : 160

    Lorsqu'on s'intéresse à l'histoire on s'intéresse souvent à des sujets précis. Ce qui nous mène à lire des recherches très spécifiques. Cependant, il est nécessaire de connaitre le contexte général pour comprendre ce qui est en train d'être étudié. C'est pour cette raison que je me suis intéressé au tome 5 de cette histoire de la Suisse. Ce tome examine le XXème siècle depuis les années 30. Il est édité tout d'abord en 2010 avec une troisième édition, mise à jour, en 2014. Les 8 premiers chapitres sont plutôt chronologiques en se terminent en 1950 soit lors du début des trente glorieuses et des mutations que cela implique. Ces chapitres permettent d'examiner le pays depuis l'entre-deux-guerres jusqu'à la fin de la Deuxième guerre mondiale aussi bien du point de vue social, international qu'économique. On nous montre un pays qui tente de survivre aux problèmes du temps. Tout d'abord la crise puis la guerre et ses atrocités et les compromissions qui eurent lieu. L'auteur ne se pose pas en juge mais explique le contexte ainsi que les problèmes de l'époque tout en se basant sur les dernières recherches. Les 8 chapitres suivant sont des thématiques. L'auteur y étudie plusieurs sujets qui permettent de montrer comment la Suisse et son peuple ont changé et ce sont repensés. Que ce soit l'écologie, l'international ou les liens avec l'Europe tout est expliqué clairement et très succinctement jusqu'en 2014.

    Que penser de ce petit livre après l'avoir posé ? Il possède tous les problèmes des livres d'histoires généraux que sont les histoires suisses. Autrement dit, l'auteur doit présenter succinctement près de 100 ans d'histoire sans oublier de parties importantes. Ceci oblige à parler de certains thèmes obligatoires. On ne peut pas laisse de côté la manière dont s'est comporté le pays durant la deuxième guerre. Au prix de sujets parfois moins connus mais tout aussi intéressants. Par exemple, rien n'est dit sur l'internement administratif ou les placements d'enfants alors que ces deux thèmes sont actuellement importants dans les médias. Un autre problème est l'obligation de devoir passer très rapidement sur les sujets alors que l'on souhaiterait en savoir plus. L'auteur a, pour ce point, la bonne idée de nous offrir une courte bibliographique thématique à la fin de tous les chapitres. Au final, l'exercice est réussi malgré ses dangers.

    Image : Éditeur

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  • La politique vaudoise au 20ème siècle. De l'Etat radical à l'émiettement du pouvoir par Olivier Meuwly

    Titre : La politique vaudoise au 20ème siècle. De l'État radical à l'émiettement du pouvoir978-2-88074-576-9_medium.jpg?1346323941
    Auteur : Olivier Meuwly
    Éditeur : Presses polytechniques et universitaires romandes 2003
    Pages : 139

    Les livres d'histoires des cantons sont rares. On sait assez peu de choses sur ces histoires locales bien que de nombreux éléments se trouvent dans des recherches plus générales. Ce petit livre de la collection Savoir Suisse souhaite remplir un trou en ce qui concerne le canton de Vaud. Il est écrit par Olivier Meuwly, docteur en droit, collaborateur de plusieurs journaux. Le livre est divisé en 5 chapitres qui sont autant, selon l'auteur, de devisions politiques importantes. Nous avons donc l'avant XXème siècle, l'entre-deux-guerres, les années 1945 à 1962, 1962-1994 et le temps présent. Il est très rapidement évident que le découpage chronologique prend en compte des changements de nature politique dans le cadre du canton. Ce livre permet d'avoir une vision générale des luttes politiques qui se sont déroulées ainsi que des mutations impliquées. La lecture permet de se faire une idée générale de l'histoire vaudoise depuis le point de vue des partis et, en particulier, des deux partis qui furent le plus longtemps au pouvoir : Les radicaux et leurs alliés Libéraux. Olivier Meuwly nous montre comment les Radicaux tentèrent de garder le pouvoir, selon l'idée qu'ils représentent le mieux la société, malgré les changements qui se firent durant le XXème siècle et qui aboutirent à une pluralité de partis au pouvoir. En particulier, selon l'auteur, c'est la définition de l'État qui est au centre des luttes politiques vaudoises.

    Cet aspect est le principal point faible, à mon sens, du livre. En effet, nous avons une histoire de politique politicienne du pays de Vaud. On ne voit les choses que selon le point de vue des partis et de l'État sans jamais descendre dans le caniveau du peuple. Bien que cela ne soit de loin pas une décision critiquable, cet aspect du livre est annoncé dans le titre, on peut se demander si on possède vraiment une "synthèse de l'histoire politique" du canton. En effet, la politique, ici, est pensée comme celle des partis et des organes de l'État. Rien n'est dit du fonctionnement de l'administration et des luttes internes à l’État mais aussi des luttes politiques non partisanes, dans le sens de luttes de la part d'associations, qui prirent une importance de plus en plus importante dans les années 70. Ceci me donne l'impression d'une histoire partielle de l'histoire du canton de Vaud qui aurait mérité de plus amples recherches sur certains points. Cependant, l'exercice n'est de loin pas un échec. L'auteur, via le titre et la table des matières, annonçait son sujet et s'y est tenu en restant très synthétique, ce qui est obligatoire pour ce format, ce qui lui permet de nous offrir un livre général intéressant à défaut d'être passionnant.

    Image : Éditeur

  • Selma

    Jeudi passé je suis allé voir le film qui commémore l'un des événements mythiques de la lutte en faveurs des droits civils. Nous sommes aux USA. Bien que les américain-e-s noirs aient reçu le droit de vote de nombreuses villes refusent de le leur offrir. La lutte pour les droits civiques a gagné de nombreuses batailles mais il y a encore beaucoup à faire. Martin Luther King, l'un des leaders, décide de s'attaquer, pour continuer la lutte, au droit de vote. Mais où mettre en place la bataille ? Qu'elle ville serait la plus à même de permettre de forcer le gouvernement américain de protéger ses citoyen-ne-s et de leur donner un droit censé déjà exister ? Il existe une ville en Alabama. Elle refuse le droit de vote. Mais ce qui la rend particulière c'est que son shérif est particulièrement vicieux. C'est la ville parfaite pour en faire le symbole d'une lutte pacifique contre la barbarie légale.

    J'ai lu hier, je ne sais plus exactement qui l'a écrit, que l'injustice, la domination, a toujours été légale. Ce film le montre dès les premières minutes. Lorsqu'on observe une femme, noire, attendre patiemment dans le hall du palais de justice afin de donner sa demande d'entrée sur les listes électorales. Le fonctionnaire, blanc, lui hurle de vite venir et alors qu'il vérifie la fiche il pose des questions de plus en plus compliquées et ridicules afin de justifier son refus. La même idée revient plus tard alors que Martin Luther King explique au président pourquoi le droit de vote est important. Car sans droit de vote on ne peut pas entrer dans les jurys, devenir shérif, entrer en politique, ... bref on est impuissant en tant que non-citoyen et on doit accepter la domination légale des blancs sur tous les aspects de l'existence.

    Je ne l'ai pas encore dit mais je ne connais pas très bien l'histoire de la lutte en faveurs des droits civiques. J'ai eu une heure sur les freedom riders dans le cadre d'un séminaire sinon absolument rien. Le reste je l'ai appris un peu au hasard sans encore prendre le temps de m'y intéresser réellement. Ce qui ne m'empêche pas de connaitre certains faits. Cependant, ce film n'est pas un documentaire. Il essaie de montrer comment une lutte justifiée est combattue par tout un appareil légal. Comment un homme qualifié de leader tente de vaincre dans une lutte où il n'a pratiquement pas d'armes face à tous les services policiers du pays. Il montre aussi les doutes et la douleur lorsque des amis et des adversaires alliés meurent sous les balles de la police et d'autres sans que jamais il n'y ait de condamnations. Ce film, à mon avis, est réussi. Non seulement on observe les doutes de King mais, aussi, on observe comment une manifestation peut être organisée. Ce qui importe c'est le spectacle. Le film montre que lorsque la répression devient injustifiable on gagne de plus en plus de force. Ce film montre aussi la haine. Celle des simples citoyen-ne-s qui s'attaquent au noirs et alliés dans la rue, celle des petits fonctionnaires qui utilisent de manière mesquine des règlements injustes, celle des services de renseignement qui refusent la remise en cause d'un système et celle de la police qui massacre des personnes sans armes et pacifiques pour le bonheur de faire du mal.

    Image : Site officiel

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  • Red Army

    De temps en temps un documentaire ne fait pas de mal. Surtout quand il parle de quelque chose que je ne connais pas. Red Army fut, durant les années 70, la meilleure équipe de hockey du monde. Elle gagnait presque toujours trainant derrière elle une réputation d'invincibilité. Ce documentaire permet de retracer, via des interviews des anciens joueurs stars, l'histoire et la construction de cette équipe ainsi que sa fin. Cette histoire est mise en parallèle avec l'histoire du pays. Ceci permet de comprendre pourquoi l'équipe fut créée mais aussi pourquoi elle commença à se détruire alors que la fin de la Guerre Froide approchait. À travers les images d'archives on apprend qui étaient les joueurs mais aussi quel fut leur entrainement tandis que les interviews permettent d'illustrer avec les réflexions qu'ont les anciens joueurs. C'est un système construit pour représenter l'URSS et gagner en son nom. Un système dur avec un entrainement militaire. Un échec est presque une trahison. Et vouloir arrêter de jouer ou se rendre dans un autre club, occidental, est une trahison.

    Ceci est un documentaire américain. Cela implique de montrer des images en dehors des interviews même, de la musique d'ambiance, l'usage d'images non pour informer mais pour faire ressentir et des plans sur les visages afin de nous montrer les émotions des personnes. Ce qui ne veut pas dire qu'on en apprend beaucoup. Simplement, la réalisation se concentre sur les joueurs et leurs sentiments tout en laissant de côté les explications historiques. On apprend beaucoup tout en restant dans l'ombre. Ce qui implique que des questions inappropriées sont posées à des personnes qui ne peuvent pas y répondre car elles ne possèdent pas les connaissances pour cela. L'utilisation des images d'archives est plutôt bien pensée mais il n'y a aucun travail critique sur celles-ci. On ne sait pas de quand elles datent, qui les as prise ni pourquoi. Elles sont utilisées pour illustrer un propos en oubliant totalement qu'elles ont un but précis avant le documentaire. Mais c'est un problème classique des documentaires historiques. J'ai beaucoup appris, malgré mon inintérêt pour le sport, mais je souhaitais en recevoir plus.

    Image : Allociné

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  • Northlanders 1 et 2 par Brian Woods

    Titre : Northlanders 1 et 2
    Auteur : Brian Woods
    Éditeur : Urban Comics 21 mars 2014 et 19 septembre 2014
    Pages : 480 et 312

    Ces deux tomes regroupent les épisodes 8-9, 18-19, 1-8, 41 et 11-16 pour le premier et 29, 20, 35-36 et 42-50 pour le second. L'édition par Urban se fait géographiquement (soit le monde anglo-saxon pour le tome 1 et l'Islande pour le tome 2) puis chronologiquement. Ahhhh les Vikings. J'en suis tombé amoureux lors de ma première année en histoire. Cette civilisation me fascine toujours autant après plusieurs années. Comment aurais-je pu résister à des comics qui tentent de repeindre le monde Viking ? Ces deux tomes sont remplis d'histoire. Certaines sont tristes d'autre non mais je les ai toutes appréciées. Le premier, par exemple, nous fait suivre un garçon qui croit encore aux anciens dieux dans un monde chrétien. Mais, dans ce tome, mes histoires préférées sont celles de Sven, un homme qui revient trouver l'héritage de son père et qui se heurte à la colonie Viking contrôlée par son oncle, et celle de la fille de Thor qui dépeint la tentative pour une jeune fille de garder le contrôle du village de son père alors que ce dernier est mort après une trahison. Dans le second je note surtout la Trilogie Islandaise qui permet à l'auteur de montrer comment une famille, à travers 6 générations, prend le pouvoir sur l'île puis subit les assauts des chrétiens pour enfin être oubliée.

    Les deux tomes sont accompagnée de courts textes d'un auteur archéologue et historien de l'art. Ceci permet, très rapidement, de situer les Vikings et d'expliquer en résumé la force de leur civilisation. Mis à part cela j'ai énormément apprécié les scénarios des différentes histoires. On trouve la difficulté de la vie dans le Nord, la force du monde Viking et ses changements à travers le temps. Le découpage géographique puis chronologique permet de donner une cohérence au tout en permettant au lecteur de savoir où et quand on se situe. Mais je pense qu'il aurait été intéressant de mettre en place de petites introductions devant chaque partie afin d'expliquer l'époque des histoires. Sans juger du respect historique des histoires j'ai beaucoup aimé ces deux comics que je recommande.

    • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.
    • Papier toilette.
    • Roman de gare.
    • À lire.
    • Tolkien. Deux magnifiques tomes remplis de violence, oui, (après tout ce sont des Vikings) mais qui permettent surtout d'entrer dans un univers que j'aime profondément.

    Image : Éditeur, tome un et deux

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  • Unbroken

    Nous sommes en pleine seconde guerre mondiale. Les USA bombardent régulièrement les territoires que le Japon possède. L'un de ces bombardiers a un passager différent des autres. Son nom est Louie Zamperini. Il fut médaille d'or aux jeux olympiques de Berlin avant que la guerre n'éclate et son rêve était de courir à Tokyo. Depuis il est soldat. Suite à une mission de recherche et de secours qui tourne mal il se retrouve, avec deux autres soldats, perdus sur la mer avec seulement deux canots de sauvetage et peu de nourriture. Cependant, il survit à près d'un mois de dérive. Malheureusement, il est retrouvé par un navire japonais qui envoie les deux survivants dans des camps militaires qui regroupent les prisonniers alliés sur le sol japonais. Il est mis en face d'un directeur qui aime utiliser les coups pour briser ses prisonniers. Il s'ensuivra de longues années de mauvais traitements durant lesquels Zamperini résistera.

    Ce biopic est produit par Angelina Jolie. Il est très bien mis en scène. Les images sont magnifiques et on sent une envie de reconstituer cette période de l'histoire. Le film, par contre, est un peu long. Certaines scènes auraient pu être raccourcies (par exemple la dérive sur l'océan). Cependant, ce film possède tous les problèmes des biopics soit se concentrer sur un seul point de vue au risque de perdre une vision d'ensemble. Ainsi, on suit pas à pas Louie Zamperini est c'est à peine si on connait le déroulement de la guerre ainsi que la vie de sa famille. Le film fait de cet homme une sorte de héros destiné dès son enfance à être fort et incapable d'abandonner. C'est ce que l'on appelle, dans la recherche, l'illusion biographique. Une erreur qui consiste à penser que les personnes qui ont réussi de grandes choses sont destinées dès leur enfance à ce destin. Le fait que l'on suive ce soldat durant la guerre a aussi un effet paradoxal. La guerre est quasiment effacée. On n'observe qu'une seule fois ce que fait un bombardement sur une population civile. Le reste du temps on observe de loin incapable de voir les dégâts humains et matériels. La fin de la guerre arrive d'un seul coup sans que l'on observe le coût de celle-ci. Un dernier problème concerne le traitement des geôliers. Ce sont des japonais montrés comme sadiques et incapables d'empathie. Le film échoue à montrer non seulement que nous nous trouvons dans un contexte précis mais ne permet pas, car il ne peut pas, de montrer que les alliés ont aussi mis en place des camps dans lesquels il y a eu des maltraitances. En résumé, plus le temps passe et moins je suis convaincu par les biopics.

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.
    • Twilight.
    • Film de vacances.
    • Bon scénario. Un film qui est bien joué avec une superbe image mais qui possède de nombreux points faibles dû au style biopic.
    • Joss Whedon.

    Image : Site officiel

     

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  • The imitation game

    La Grande-Bretagne vient d'entrer en guerre contre l'Allemagne Nazie. Mais cette guerre est couteuse aussi bien en êtres humains qu'en matériels et la nation manque cruellement de nourriture. Tout irait mieux si les Alliés pouvaient être capable de comprendre ce que disent les allemands. Mais les transmissions de ces derniers sont cryptées par la machine Enigma. Personne ne pense véritablement être capable de casser le code de cette machine d'autant plus que les réglages changent tous les jours à minuit. Le gouvernement décide de mettre en place une opération secrète occupant les meilleurs cryptographes, linguistes et mathématiciens du pays. Leur but est de casser Enigma. Et pour cela ils vont créer une machine encore plus puissante. Une machine qui sera la base de nos ordinateurs actuels. Une machine de Turing.

    The Imitation Game est un biopic sur Alan Turing. Un mathématicien génial qui a posé les bases de l'informatique et l'intelligence artificielle (ainsi que les moyens de prouver son intelligence). Un homme condamné par son pays à cause de son homosexualité et qui s'est suicidé (à moins que ce ne soit un accident. Contrairement à ce que prétendait la bande annonce je connaissais déjà Turing et de nombreuses personnes ont eu connaissance de son pardon posthume par la Reine (un pardon qui me fait me poser quelques questions... Et les autres hommes et femmes persécuté-e-s pour leur sexualité on en fait quoi ?). Le biopic est particulièrement bien dirigé et joué. Bien que la mise en scène puisse être confuse, on nous place face à de nombreux flashback, elle permet de voir l'enfance, la guerre et la fin de Turing. Il y a, bien entendu, des erreurs historiques que je ne suis pas forcément capable de trouver puisque je ne suis pas le biographe d'Alan Turing. Les acteurs et l'actrice sont très convaincants et offrent une magnifique prestation. On retrouve, d'ailleurs, quelques têtes connues comme Allen Leech venu de Downton Abbey et Charles Dance venu de Game of Thrones sans oublier la tête d'affiche Benedict Cumberbatch. J'ai donc, personnellement, beaucoup aimé.

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.
    • Twilight.
    • Film de vacances.
    • Bon scénario. Un bon biopic avec de bons acteurs. Mais une question : À quand un biopic consacré à une femme pour ses réussites scientifiques ?
    • Joss Whedon.

    Image : Allociné

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  • Broken land

    Entre le Mexique et les USA il y a un mur. Deux genevois sont allés à sa rencontre. C'est une balafre au milieu du désert qui divise à la fois le territoire et les personnes. Pour mieux comprendre l'effet de ce mur sur les citoyens américains - la réalisation a fait exprès de ne pas rencontrer de migrants - 7 couples sont interrogés sur leur relation avec le mur et ce qu'il implique pour leur vie et leur vision de l'existence. Ce sont aussi bien des personnes qui luttent contre la division qu'il implique que des gens qui luttent contre l'immigration clandestine de manière officielle ou non. À l'aide de ces témoignages on comprend un peu mieux l'effet que peut avoir un mur sur les personnes qu'il est censé protégé.

    Il est difficile de parler de ce film sans perdre une partie de sa substance. Le mur est omniprésent. Bien qu'il soit constitué de poteaux plantés à égales distances il projette une ombre impressionnante sur le désert. Et ce n'est que la partie visible de ce dispositif. Car, outre le mur, il y a toute la panoplie électronique qui permet de surveiller non la frontière mais le côté américain de celle-ci. Comme le dit l'une des protagonistes : nous sommes toujours surveillés, jamais seuls et le moindre faux pas fait réagir les "protecteurs". Alors que de nombreuses personnes se sont habituées cette femme se demande si ceci est une bonne chose. Est-ce bien de s'habituer, dans une démocratie, à être constamment sous surveillance au nom de la sécurité ?

    Ce n'est, bien entendu, pas le seul choc que j'ai eu. Il serait fastidieux de les dénombrer. Le plus grand est probablement celui de ce couple qui, régulièrement, vérifie l'i9ntégrité du mur en face de chez eux et qui a peur que sa destruction implique l'importation d'armes nucléaires sur le territoire. Ce même couple vit dans une maison bardée de dispositifs de surveillance. Ils ont une dizaine de caméras qu'ils observent chaque nuit observant des ombres inquiétantes tandis que les humains, en infrarouge, deviennent des fantômes, presque des monstres aux yeux vifs. Ils ne sortent qu'armées en vérifiant ce qui les entoure. Selon eux ce n'est pas de la paranoïa mais une philosophie de vie. Dans cette même scène le mari explique de qu'elle manière il peut identifier les migrants par leur odeur. Un autre homme surveille le mur par avion. Il explique que, selon lui, les USA sont le meilleur pays du monde, le plus avancé. Accepter l'immigration c'est donc courir le risque de perdre tout ce qui fait le pays et, pour cet homme, un danger pour l'humanité dont il est le gardien car, sans le mur, des millions de personnes déferleraient sur le pays. Le film se termine sur une équipe qui tente d'identifier les restes de personnes qui sont mortes en tentant de traverser.

    Je n'ai donné que quelques chocs que j'ai eus. Ce ne sont pas les seuls. En tout cas ce documentaire est très bon. Il ne dénonce pas ni ne vérifie les discours sur la nécessité de protéger les frontières. Il montre comment un mur agit sur les populations qu'il est censé protéger. À l'ombre de ce dispositif l'autre n'est plus un voisin, un ami possible, mais un Alien. Quelqu'un qui fait peur, un envahisseur dont les raisons de venir ne sont pas claires et, probablement, criminels. Le mur ne s'impose pas seulement sur le paysage. Il s'imprime dans les esprits. Il faut être méfiant, il faut vérifier, il est nécessaire de perdre ses droits si la sécurité en ressort plus importante. Le mur crée une mentalité d'assiégés. À l’extérieur il y a des monstres, des barbares, l'inconnu. L'intérieur est en danger. Suite à ce film que penser du mur, virtuel en grande partie, que l'UE construit autour du continent ? Quels effets sur nous et sur les êtres humains qui tentent de trouver une meilleure vie ?

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

    • Twilight.

    • Film de vacances.

    • Bon scénario.

    • Joss Whedon. Un très bon documentaire que je conseille fortement.

    Image : Site officiel

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  • Les héritiers

    La classe de seconde du lycée Léon Blum est la pire de toutes. Un grand nombre d'incivilités et d'irrespect lié à un retard scolaire grandissant. Les élèves de cette classe n'ont pratiquement aucune chance de réussit leur scolarité. Mais c'est sans compter leur professeure principale qui décide de se battre pour eux et contre eux afin de leur prouver leurs capacités. Pour réussir elle leur propose de participer à un concours national : Le Concours National de la Résistance et de la Déportation. Pour le passer ils doivent répondre à un sujet. Celui-ci concerne les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire nazi. Un sujet aussi difficile à traiter qu'à apprendre.

    Ce film est inspiré de l'histoire vraie d'une classe qui a gagné ce concours. Elle est adaptée par l'un des anciens élèves. Cette classe était perdue d'avance. De nombreuses scènes nous font ressentir ce désespoir et ce désintérêt. Quand ce n'est pas l'un des professeurs ce sont les élèves même qui se disent incapables de réussir. Et si personne ne peut réussir pourquoi faire l'effort d'être attentif et studieux ? Ce que montre ce film est non seulement la constitution d'un groupe uni dans un effort commun mais aussi, et surtout, la découverte de ses propres capacités à travers un sujet difficile pour de nombreuses raisons. Ceci est très bien mis en scène. En revanche, il est dommage de ne pas s'être attardé plus fortement sur la vie de chacun-e-s afin de comprendre pourquoi il peut être difficile de réussir l'école. Nous recevons, en allant voir ce spectacle, un message positif sur l'école et les capacités des individus. Un message positif qui n'a pas forcément été reçu par la presse.

    Image: allociné

    Site officiel

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  • Ceci n'est pas une prison. La maison d'éducation de Vennes. Histoire d'une institution pour garçons délinquants en Suisse romande (1805-1846-1987) par Geneviève Heller

    Titre : Ceci n'est pas une prison. La maison d'éducation de Vennes. Histoire d'une institution pour garçons délinquants en Suisse romande (1805-1846-1987)
    Auteure : Geneviève Heller
    Éditeur : Antipodes 2012
    Pages : 438

    Le titre de ce livre, Ceci n'est pas une prison, est un moyen de parler d'une institution qui fut, durant sa longue histoire, vue très négativement et qui a dû lutter contre une réputation et une architecture pénitentiaire. Ce livre nous plonge dans la longue histoire de la Maison d'éducation de Vennes depuis sa conception jusqu'à sa mort suite à une crise à la fois interne et externe en passant par les profondes modifications législatives de 1942. La construction du livre forme trois parties qui s'intéressent aussi bien à son histoire, à des thèmes spécifiques et enfin aux élèves via les dossiers des archives.

    La première partie est un moyen pour l'auteure de nous présenter l'institution durant sa longue histoire. Pour cela, elle présente les différents directeurs qui se sont occupés de Vennes et ce dès les années 40. Les chapitres précédents permettent de placer la construction de l'institution dans un paysage plus vaste. Dès 1940 Geneviève Heller nous montre comment les volontés de réformes, aussi bien au niveau des lois que de la pratique et des bâtiments, se heurtent à différents problèmes : argent, formation du personnel, etc. Lorsque, enfin, la Maison d'Éducation de Vennes réussit, après de longues discussions avec l'architecte fédéral, à briser en partie son carcan carcéral les temps ont changé et elle perd des élèves alors que les institutions fermées sont de plus en plus critiquées. Dans le même temps Vennes connait une affaire qui précipitera sa déchéance pour devenir le COFOP d'aujourd'hui.

    La seconde partie est thématique. Elle permet à l'auteure de nous présenter différents points importants de Vennes. Ce sont aussi bien les catégories d’élèves qui sont admis que le personnel et les changements qui se mettent en place dans le temps. L'auteur a aussi étudié les bâtiments et les punitions dont les débats qui entourent les cachots. Ce sont aussi les loisirs et l'enseignement professionnel qui nous sont présentés. Alors que les loisirs sont très peu présents durant les débuts de l'institution ils deviennent, durant la seconde moitié du XXe siècle, une part importante de la rééducation. L'enseignement professionnel, lui, s'est longtemps contenté d'être lié au domaine agricole de Vennes pour, ensuite, ouvrir quelques ateliers puis permettre une formation à l'extérieur.

    Enfin, la dernière partie nous présente les dossiers des élèves. Ceux-ci nous sont présentés par périodes ce qui permet de mettre en valeur les changements dans la manière à la fois de créer ces dossiers et de parler des élèves. On passe de dossiers courts concernant principalement les notes et la conduite à la mise en place d'un appareil complexe d'observation du mineur. Cette observation récolte des informations aussi bien en ce qui concerne la famille, le physique de l'enfant et son comportement à Vennes que sur ses caractéristiques psychologiques.

    En conclusion, ce livre, épais, nous permet de comprendre comment fonctionnait une institution précise durant le temps de son existence. On nous montre ses mutations mais aussi les difficultés et, surtout, les raisons de ces dernières. Alors que les lois et les considérations éducatives changent des résistances fortes empêchent cette institution de se réformer et, parfois, mettent fortement en danger son existence. Ce livre est un examen passionnant de la seule maison d'éducation publique du canton de Vaud.

    Image: Éditeur

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  • Sous l'oeil de l'expert. Les dossiers judiciaires de personnalité sous la direction de Ludivine Bantigny et Jean-Claude Vimont

    Titre : Sous l’œil de l’expert. Les dossiers judiciaires de personnalitéarton609.jpg
    Direction : Ludivine Bantigny et Jean-Claude Vimont
    Éditeur : PURH 2010
    Pages : 192

    Les développements récents de la recherche en histoire ont permis de s’intéresser à des sources particulières : les dossiers personnels. Ceux-ci sont mis en place par de nombreuses institutions dont celles de type judiciaires. Ces sources sont précieuses pour comprendre de nombreux sujets. Mais ce sont aussi des écrits particuliers qui demandent éthique et questionnement. Ces deux points sont au centre de ce livre qui regroupe 14 contributions – dont l’introduction – en trois parties.

    la première partie se base sur les dossiers d’abandons. Dans ce cadre la première contribution questionne le rôle des historien-ne-s face à ce type de dossier et à la société. En effet, l’accès implique la connaissance de données intimes voir de mieux connaître la biographie d’une personne qu’elle-même. La seconde contribution montre comment on peut utiliser ce type de dossiers pour comprendre le fonctionnement de l’abandon à travers diverses périodes.

    La seconde partie, très riche, s’interroge sur les mineurs observés par la justice. On y trouve 8 contributions. Celles-ci s’intéressent à différents types de dossiers pour mettre en avant certaines pratiques des experts. Par exemple, Guillaume Périssol décrit la biographie d’un jeune garçon à travers son dossier. Celui-ci navigue dans les mensonges de l’enfant tout en tentant de découvrir la vérité. Le dossier montre à quel point l’examen est intime et dure dans le temps. Véronique Blanchard, elle, étudie la manière dont la déviance des jeunes filles est théorisée dans ces dossiers. Tandis que Ludivine Bantigny décortique les a priori des assistantes sociales.

    Enfin, la dernière partie examine les dossiers du milieu judiciaire. En trois contributions le livre permet de décrire leur fonctionnement et les limites. La dernière contribution, par exemple, étudie la « psychologie naïve » qu’on y trouve. Sous ce terme se cache un jugement des personnes selon des caractéristiques que l’on connaît déjà. Ce jugement est dangereux puisqu’il peut s’avérer trompeur et peser négativement sur la personne dont le dossier parle.

    Au final, nous avons ici un petit livre qui pose de nombreuses questions tout en donnant plusieurs pistes. Bien qu’il date de 4 ans il reste, à mon avis, utile pour questionner l’usage de ces sources. Celles-ci posent plusieurs problèmes auxquels les historien-ne-s se doivent de réfléchir dans le cadre d’un travail universitaire.

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  • Der Kreis - Le Cercle - The Circle

    Hier soir j’ai eu la chance d’aller voir l’avant-première du film Der Kreis. Celle-ci se continuait avec une séance de questions réponses posées à l’équipe du film ainsi que deux personnes ayant vécu les événements. Le film, lui, s’est terminé par une standing ovation largement méritée. Durant les années 30 et surtout la deuxième guerre mondiale toutes les associations gays d’Europe sont mortes sous la répression. Toutes ? Non un village d’irréductibles résistait encore et toujours à l’envahisseur. Ce village c’était la Suisse qui, en 1942, adoptait le code pénal suisse et dépénalisait partiellement l’homosexualité. Dans ce contexte naît le Kreis dont l’origine est un groupe de lesbiennes (rapidement évacuées quand les hommes arrivent). Ce fut, pendant longtemps, la seule association du monde et son journal le seul du monde. Mais, après la guerre, le Kreis fit des petits un peu partout et devint célèbre pour son bal d’automne à Zürich.

    Le film commence dans les années 50. Un jeune enseignant d’une école de fille se décide à entrer dans le Club. La paranoïa est à son comble mais il fait tout de même bon vivre même si c’est en cachette. Dans le Kreis il rencontre la star du club : Röbi dont le numéro de drag queen est célèbre. Tout ira bien jusqu’à ce qu’un homosexuel soit tué par un jeune prostitué. Ce meurtre est rapidement suivi d’un autre et aussi bien la presse que la police s’intéressent de très près au milieu homosexuel accusé de pervertir les prostitués. Il s’ensuit une répression qui pourrait mettre à mal l’amour entre Ernst et Röbi.

    J’ai beaucoup aimé ce docu-fiction. Sa première réussite est de créer un fil rouge avec l’histoire d’Ernst et Röbi, toujours en vie et lié par un mariage actuellement, dans le cadre de leur activité au Kreis. On les suit durant les événements marquants de la vie du club jusqu’à sa fin. Ceci permet de ne pas se perdre tout en montrant comment un couple pouvait se constituer, dans le secret, à l’époque. Le film est entrecoupé par des interventions des témoins encore en vie qui expliquent ce qui s’est déroulé et leur sentiment. Ainsi, ce que l’on voit reconstitué est développé par ce que disent les personnes qui ont vécu.

    Je vois aussi deux points forts de ce film. Tout d’abord, bien que le Kreis ait permis une vie homosexuelle elle l’a fait dans un cadre strictement réglementé et secret. Les membres étaient anonymes, le journal envoyé en cachette, même en contrebande pour l’Allemagne, dans des enveloppes neutres. Cet aspect très paranoïaque est brisé par l’un des personnages clés, Felix, qui déclare d’un seul coup que, pour lui, le Club est une prison. Ceci montre à quel point la vie en cachette, dans le placard, est difficile. Il faut faire constamment attention à ce que l’on dit et fait. Il ne faut pas reconnaître les personnes dans la rue ni en parler. En cas de lumière faite sur la véritable identité toute une vie peut être détruite aussi bien professionnellement que dans le cadre de la famille. Le second point fort est l’attitude de la police. Pendant longtemps la Suisse fut une exception. Un pays qui ne pénalisait pas l’homosexualité entre adultes consentants dans le cadre civil (pour cette histoire je vous renvoie au livre de Delessert déjà présenté ici). Cependant, ceci n’empêche pas la police de faire des rafles, d’interroger et d’emprisonner pour constituer des fiches. La violence policière va très loin dans l’humiliation publique et la violence des coups. Cette violence policière se forme dans un contexte moralisateur fort avec une presse qui salue la libération de meurtriers qui ont tué des homosexuels.

    Cependant, il faut bien dire qu’il y a un problème fondamental avec ce film. Oui, nous sommes dans un club d’hommes. Mais l’origine du Kreis est une association de lesbiennes qui avaient, après un certain temps, acceptés des hommes pour, ensuite, quitter un Club qui ne leur correspondait plus du tout. Les lesbiennes sont presque complètement oubliées dans ce film. On ne parle pas de leur rôle dans la création du Kreis. C’est à peine si on le voit dans le fond d’une salle. Elles ne parlent jamais. Avec cet oubli c’est la moitié d’une histoire qui est laissée de côté. Pourquoi ?

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

    • Twilight.

    • Film de vacances.

    • Bon scénario.

    • Joss Whedon. Un très bon docu-fiction qui mérite une large diffusion avec les audiences qui suivent. Il permet de comprendre une époque et montre que la lutte n’est pas terminée.

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  • Familles, institutions et déviances. Une histoire de l'enfance difficile. 1880-fin des années trente par Pascale Quincy-Lefebvre

    Titre : Familles, institutions et déviances. Une histoire de l’enfance difficile. 1880-fin des années trente410C1RXC5AL.jpg
    Auteure : Pascale Quincy-Lefebvre
    Éditeur : Economica 1997
    Pages : 437

    Ce gros livre est tiré d’une thèse de Pascale Quincy-Lefebvre. L’auteure y fait l’histoire de l’enfance difficile en 3 parties et 7 chapitres. La première partie, constituée de deux chapitres, permet d’examiner comment la famille prend en charge la déviance des enfants. Ceci commence par une analyse des termes utilisés qui permettent de comprendre ce qui pose problème chez les enfants. Dans un second temps, l’auteure utilise les même sources pour comprendre comment les familles comprennent cette déviance. Elle montre que celle-ci a plusieurs origines possibles dont lui-même, des causes externes comme la guerre où l’hérédité et l’âge. Dans le second chapitre de cette partie elle tente de nous montrer quels sont les moyens utilisés pour punir les enfants. Ces moyens passent d’abord par les coups qui sont largement acceptés dans les milieux populaires. Mais ce sont aussi des violences non physiques qui sont utilisées. Celles-ci sont de trois formes : humiliation, peur et privations.

    La seconde partie, qui forme le cœur du livre, met en lien les familles et les institutions jusque dans les années 1920. Le premier chapitre de cette partie permet de faire l’histoire du droit de correction paternel. L’auteure montre que ce procédé est de plus en plus critiqué et de moins en moins accepté par les magistrats. La justice tente de contrôler ce qui est vu comme un droit du père qui risque de donner lieu à des abus. Dans le second chapitre elle nous montre quels sont les institutions d’assistance qui peuvent aider les familles à traiter leurs enfants déviants. Elle analyse, en particulier, l’école Théophile Roussel ainsi que d’autres œuvres privées. Enfin, le dernier chapitre lui permet de nous montrer comment il est possible de garder un lien entre enfants placés et familles via la correspondance, les visites et les droits de sortie. Cependant, ces liens ne sont pas toujours voulus par la famille et, souvent, ils sont combattus par les œuvres qui se méfient de l’influence du milieu familial. Il peut devenir difficile de garder un lien entre les membres de la famille à cause de ces restrictions.

    La dernière partie part des années 1920 pour montrer les changements qui se sont déroulés jusqu’à la fin des années trente. Le premier chapitre analyse l’apport de plus en plus important à la fois des médecins et des assistantes sociales. Les premiers gagnent en légitimité alors qu’un savoir médical sur l’enfant se constitue. De plus en plus, un problème implique de consulter l’avis d’un médecine. Les assistantes sociales, elles, se constituent en profession de plus en plus acceptée. Leur but est de comprendre l’environnement de la famille ce qui implique un lourd travail d’enquête parfois mal accepté. De plus, leur travail devient utile pour les juges lorsqu’une décision doit être prise. Dans le dernier chapitre ce sont les institutions qui sont examinées. Tout d’abord, l’auteure montre la formation d’une nouvelle institution dont le but est d’observer la psychologie des enfants pour bien le placer. Ce sont aussi les anciennes maisons qui sont de plus en plus critiquées malgré les changements qui s’y font. Il est de moins en moins admis qu’une maison utilise ses pensionnaires comme ouvrier à bas prix sans prendre en compte leur futur. Un contrôle est exigé par les familles et par l’État.

    En conclusion, ce livre permet aux personnes intéressées de comprendre comment ont fonctionné les diverses institutions autours de l’enfance qualifiée de déviante. L’auteure, en utilisant un grand nombre de sources, montre une époque de changements qui se concrétisera après la deuxième guerre mondiale. Ces changements se déroulent petit à petit et ne sont pas identiques selon la classe sociale ni selon le lieu. L’auteure montre aussi une époque qui considère comme normale de traiter durement des enfants considérés comme pouvant être dangereux. Ce livre est très intéressant si l’histoire de l’enfance est un sujet qui vous fait envie.

    Image : Amazon

  • Histoire de la sexualité 3: Le souci de soi par Michel Foucault

    Titre : Histoire de la sexualité 3: Le souci de soiproduct_9782070746743_195x320.jpg
    Auteur : Michel Foucault
    Éditeur : Gallimard 1984
    Pages : 334

    Ceci est le troisième, et dernier, de l’œuvre inachevée de Foucault: L'histoire de le sexualité. Dans le tome précédent Foucault revenait à l'antiquité pour comprendre la sexualité de nos jours. Dans ce troisième livre c'est l'antiquité tardive qui intéresse Foucault. Via l'examen d'auteurs tardifs il montre comment la sexualité était pensée dans une relation entre le corps et la société. Cette analyse se forme en 6 chapitres. Il commence, abruptement, sur une analyse des manières de comprendre ses rêves et, en particulier, la compréhension des plaisirs que l'on a en rêve. Il montre que ces plaisirs, selon leur forme, sont positifs ou négatifs. Ainsi, selon la position sociale de la personne et de ses objets de désir le rêve peut signifier la réussite ou la perte d'argent dans le futur. Dans le second chapitre Foucault montre le besoin de prendre soin de soi dans la culture de l'époque.

    Lors du troisième chapitre ce sont les relations sociales qui forment aussi bien le mariage que la société dans son ensemble qui sont examinés. Foucault nous montre comment ces relations étaient pensées et comprises par certains auteurs. Ainsi, par exemple, le mariage passe d'un acte de possession d'une femme mineure à une relation de plus en plus égalitaire où chacun a des droits et des devoirs envers l'autre. Le but étant non pas une relation entre amants mais un partenariat d'amitié durable. Les deux derniers chapitres développent ce point en parlant de la relation d'amour avec les femmes et avec les garçons. Ce dernier point, en particulier, est un moyen pour Foucault de montrer comment l'amour peut être compris selon l'objet de cet amour. Les garçons doivent être pris de force car, s'ils acceptent, ils sont soupçonnés de mollesse. De plus, il s'agit de savoir si l'amour des garçons est supérieur, égal où inférieur à l'amour des femmes. Ceci permet à Foucault de nous montrer plusieurs textes qui développent des arguments classiques tout en les dépassant.

    Maintenant que j'ai terminé ce dernier travail de Foucault je peux enfin passer à autre chose. J'ai beaucoup aimer lire ces trois livres mais il faut bien avouer qu'ils sont ardus. Les auteurs mobilisés par l'auteur me sont peu connus et son analyse et parfois difficile à suivre. C'est le cas en particulier de ce troisième livre que je suis loin d'avoir compris dans sa totalité. J'ai, par exemple, eu plus de plaisir à lire Surveiller et Punir qui possède une place importante dans ma bibliothèque.

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  • Downton Abbey saison 4 et The London season

    J'avais quitté la famille Crawley choqué par la mort de Matthew. Cet événement ne pouvait pas être sans conséquences. C'est donc six mois plus tard que nous retrouvons la famille. Alors que tout le monde semble avoir pu s'en remettre Lady Mary, elle, est toujours cloîtrée dans sa chambre. C'est à peine si elle consent à voir son fils. Mais il faudra bien qu'elle se décide à revenir dans le monde. Car la mort de Matthew a changé les choses pour Downton. N'étant plus le partenaire du patriarche c'est Mary qui pourrait reprendre ce rôle. Mais alors qu'elle doit lutter pour son droit à la parole d'autres membres de la famille ont aussi leur lot de problèmes. C'est en particulier le cas pour Edith dont la quête du bonheur est loin de réussir. Chez les employé-e-s de la famille un changement important se met en place entre les triangles amoureux. Et un crime se déroule.

    J'aime beaucoup cette série. La reconstitution de l'aristocratie anglais du début du XXe siècle est intéressante pour comprendre comment cette partie de la société a ressenti les changements que connut le monde occidental durant cette période. De plus, la série est servie avec de magnifiques acteurs et actrices (dont la talentueuse Maggie Smith). Cependant, il me semble que la série commence à s’essouffler. Les scénaristes semblent perdus dans des intrigues déjà utilisées. De plus, on n'arrive pas à observer suffisamment bien comment les changements de l'époque impactent la vie de ces aristocrates. On reste sur notre faim. J'espère donc que la prochaine saison réussira à renouveler cette série.

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

    • Twilight.

    • Film de vacances. Toujours aussi bien joué mais une intrigue qui tourne en rond au bout de quatre saisons

    • Bon scénario.

    • Joss Whedon.

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  • Histoire de la sexualité 2: L'usage des plaisirs par Michel Foucault

    Titre : Histoire de la sexualité 2: L'usage des plaisirsproduct_9782070746736_195x320.jpg
    Auteur : Michel Foucault
    Éditeur : Gallimard 1984
    Pages : 339

    Je continue dans mon exploration de la pensée de Foucault. Après avoir lu Surveiller et Punir et la premier tome de l'Histoire de la sexualité je me lance dans l'Usage des plaisirs le second tome de la l'Histoire de la sexualité. Je ne suis, bien entendu, pas un expert dans la pensée de Foucault je vais donc tenter de montrer au mieux de quoi ce tome est fait.

    Tout d'abord, il faut noter que Foucault a changé son programme. Dans ce second tome il inaugure une étude de la sexualité dans l'antiquité. Il commence par les sources grecques. Celles-ci possèdent plusieurs thèmes que Foucault place en 5 parties. Le premier, "la problématisation morale du plaisir" est un moyen pour le philosophe de comprendre comment la Grèce antique pensait le plaisir. Y avait-il des pratiques considérées comme immorales et, donc, interdites, ou alors un autre modèle? Cette première partie lui permet de poser le décor pour le reste du livre qui analyse plus précisément les choses. Dans la seconde, intitulée "Diététique" Foucault montre que ce qui importe n'est pas la moralité de tel ou tel acte. Non, ce qui est pensé c'est la mesure avec laquelle on accomplit les actes. L'homme grec, car on parle surtout d'hommes dans les sources que Foucault utilise, doit se contrôler pour ne pas tomber un usage désordonné des plaisirs. Cet ordre se forme non seulement pour l'acte sexuel mais aussi pour les plaisirs que peuvent être la boisson et la nourriture.

    La troisième partie, "Économique", examine le fonctionnement de la société grecque face aux relations sexuelles et la quatrième partie, "Érotique", étudie ce même sujet au point de vue des garçons. Alors que la femme, dans le mariage, est subordonnée mais libre le garçon est égal, ou du moins le deviendra, et libre. Ceci implique un fonctionnement différent de la relation. Les femmes sont censées obéir et former une maisonnée. Les garçons doivent résister aux attentes mais aussi, et surtout, devenir des amis après avoir été des amants. Bien que les relations sexuelles ne soient pas pensées de la même manière qu'aujourd'hui, l'homosexualité n'existait pas en tant que catégorie, cela ne veut pas dire que les relations doivent être identiques. Foucault termine son livre sur un essai qui analyse ce que serait le vrai amour.

    Il faut bien le dire: la lecture n'est pas facile. Foucault n'a jamais été un philosophe dont l'accès était aisé. Ceci est encore plus vrai que cette histoire de la sexualité lorsque, comme moi, on n'a pas une culture très approfondie de l'histoire antique grecque. De nombreux termes grecs me sont inconnus bien que les sources utilisées ne soient pas toutes méconnues de ma part. Bien que la lecture ne soit pas facile, et que je ne puisse pas affirmer avoir compris l'entier du propos, je pense que ce tome permet de remettre en question certains propos qui sont tenus aujourd'hui. Au lieu d'une existence naturelle des relations entre hommes et femmes Foucault montre, ici, que celles-ci sont pensées différemment dans l'histoire et que même dans une époque donnée il existe un grand nombre de discours différents. Ce livre est donc un bon moyen de démontrer que la morale est avant tout une construction culturelle et qu'elle peut se modifier selon les époques.

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  • Surveiller et Punir. Naissance de la prison par Michel Foucault

    Titre : Surveiller et Punir. Naissance de la prisonproduct_9782070729685_195x320.jpg
    Auteur : Michel Foucault
    Éditeur : Gallimard 1975
    Pages : 360

    La prison, la justice, la gestion de la délinquance sont des thèmes qui font régulièrement l'actualité. Mais d'où viennent ces différentes formes de réponses à l'illégalité? Alors que les prisons sont en ébullition en France, tandis que le Groupe Info Prisons fait ses premiers pas, Michel Foucault décide de faire la généalogie de la prison après avoir analysé l'enfermement des fous et des malades.

    Foucault analyse cette histoire en quatre parties. La première, nommée supplice, ainsi que la seconde, punition, permettent à Foucault de montrer que, avant le secret de la prison, la peine devait être subie en publique. Tout l'appareil lancé contre la délinquance visait à créer un spectacle que les gens honnêtes se devaient de voir et même, parfois, de réagir face à des décisions trop ou pas assez sévères. Les pendaisons avaient lieu en publique après une cérémonie d'aveu de la part de la personne coupable. Aveu qui pouvait permettre d'attaquer des complices.

    La troisième partie, discipline, est celle que je trouve la plus intéressante. En effet, on y trouve de nombreux concepts qui peuvent nous permettre de mieux comprendre comment fonctionne, en partie, notre société. Le premier chapitre parle des corps dociles. Dans celui-ci nous trouvons les discours qui théorisent la disciplinarisation des corps des citoyens. Celle-ci se forme aussi bien dans la caserne que dans les écoles. Le moyen est de contrôler plusieurs choses dont l'espace, les activités, le temps et leur combinaison. Le second chapitre nous offre une réflexion sur le dressement. Ce qui m'y a le plus intéressé est l'analyse des examens. Ceux-ci permettent non seulement de classer mais aussi de normaliser les connaissances et les résultats de chacun en direction d'un idéal précis d'utilité pour la société. Enfin, nous avons le chapitre nommé panoptique. Ce concept est probablement l'un des plus intéressants, en tout cas selon moi, de la réflexion de Foucault. En effet, à travers une idée architecturale Foucault découvre un dispositif de pouvoir. Un dispositif qui permet de penser la surveillance totale et anonyme de toute une population. Bien que le panoptisme soit un idéal impossible à atteindre, et heureusement, il reste très intéressant à utiliser pour comprendre notre société actuelle et ses envies de surveillance. Enfin, la dernière partie s'intéresse à la prison. Foucault y analyse autant la mise en place de l'idée de prison, son architecture, que le lien entre la justice et la délinquance. Autrement dit, comment la délinquance fonctionne en relation avec la prison. Là encore, on trouve des analyses intéressantes pour la réflexion actuelle.

    Au final je ressors d'un livre dont j'ai souvent lu des extraits. C'est un ouvrage qui m'a offert beaucoup pour ma réflexion bien que je le regarde d'une manière critique. Foucault fait une histoire basée sur les discours mais n'observe pas vraiment les pratiques. Ainsi, les exemples de règlements qu'il nous offre n'ont probablement jamais pu être mis en place. Ce que Foucault nous offre ce sont donc des outils que l'on peut utiliser pour comprendre notre société. Et ces outils, avec la réflexion qui y est liée, m'intéressent beaucoup.

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  • Les filles de noce. Misère sexuelle et prostitution au XIXe siècle par Alain Corbin

    Titre : Les filles de noce. Misère sexuelle et prostitution au XIXe siècle9782081238473_cm.jpg
    Auteur : Alain Corbin
    Éditeur : Flammarion 1982
    Pages : 494

    Il y a longtemps que je n'ai rien écrit. Mais il faut avouer que ce livre est un vrai pavé et que la lecture prend un certain temps. Je connaissais déjà cet ouvrage via mes études. Je n'avais vu que des extraits mais ceux-ci m'avaient beaucoup intéressé. Je me suis donc lancé dans l'ouvrage complet lorsque je l'ai remarqué en librairie. Corbin y étudie la manière dont la prostitution fut pensée, régulée et gérée au XIXe siècle en France. Ceci lui permet de décrire un modèle français de réglementarisme mais aussi ses mutations face aux différentes critiques dont celles des abolitionnistes. Pour cela l'auteur construit trois parties.

    La première partie étudie le projet réglementariste en deux chapitres. Le premier permet d'étudier les discours qui existent au XIXe siècle sur la nécessité d'une réglementation de la prostitution. Corbin s'attache, en particulier, à étudier les propos de Parent- Duchâtelet. Le second chapitre permet non seulement de comprendre qui sont les prostituées mais aussi leur répartition et les procédures administratives qu'elles subissent. On y trouve aussi une étude des trois lieux principaux de la prostitution: la maison de tolérance, l’hôpital et la prison. Ces trois lieux fonctionnent ensemble pour contrôler la santé et les mouvements des prostituées via un enfermement.

    La seconde partie est chargée de faire comprendre la mutation de l'enfermement en surveillance. Elle se constitue de 3 chapitres. Le premier permet à l'auteur de nous démontrer que malgré les discours et les dispositifs le projet réglementariste, tel qu'il le nomme, est un échec. En effet, non seulement les maisons de tolérances sont en déclin mais, en plus, les pratiques changent ou ne sont pas comptabilisées. Cet aspect est aussi développé dans le second chapitre. Le troisième, lui, permet d'analyser de la lutte contre le réglementarisme. Celle-ci se forme aussi bien dans les campagnes des abolitionnistes que dans les propos des socialistes. Plus important encore, les discours des anarchistes semblent particulièrement intéressants et l'auteur nous en offre une analyse frustrante car courte.

    Enfin, la dernière partie permet de relier les critiques à la constitution d'un néo-réglementarisme qui est victorieux au début de la Première guerre mondiale. L'auteur nous offre ici deux chapitres. Le premier lui permet de traiter trois points. Tout d'abord l'arrivée de la peur du péril vénérien qui abouti à la mise en place de nombreuses associations de prophylaxie. Mais aussi la rumeur et la peur de la traite des blanches qui fait croire à un vaste réseau international de rapt alors que les données policières, selon l'auteur, sont plus nuancées. Enfin, Corbin analyse les discours qui tentent de créer une prostituée née autours des thèses anthropologiques italiennes et des thèses de Lombroso et de Pauline Tarnowsky. Le dernier chapitre permet de comprendre la raison de l'absence de projet législatif sur la prostitution ainsi que l'essor, au tout début du XXe siècle, d'une large et puissante observation des prostituées via la police et les médecins.

    Au finale que penser de ce livre? Mis à part son aspect un peu ancien, la première édition est de 1978, je pense qu'il reste important pour comprendre la prostitution en France au XIXe siècle. De nombreux sujets sont pris en compte par l'auteur sans, pour autant, toujours tout nous offrir. On peut aussi utiliser ce livre comme base pour observer les pratiques durant la Première guerre mondiale. Mais, surtout, il permet de mettre en contradiction les pratiques réglementaristes du XIXe siècle, dans leurs points positifs aussi bien que négatifs, et les discours abolitionnistes de l'époque avec, quand c'était possible, les (ré)actions des principales intéressées.

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  • Le miasme et la jonquille par Alain Corbin

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    Auteur : Alain Corbin
    Éditeur : Flammarion 2008
    Pages : 429

    Nous vivons dans une société qui fait la chasse aux odeurs naturelles. Il faut, pour être civilisé, sentir bien, être propre. L'endroit dans lequel nous vivons doit aussi suivre certaines règles d'hygiènes. Ainsi, qui osera avouer ne pas faire le ménage pendant plus de deux mois? Acte qui ne peut se justifier que par des circonstances exceptionnelles. Mais cette manière de considérer l'odeur comme un problème qui doit être combattu n'est pas sans histoire. Alain Corbin, dans ce livre, se propose d'étudier comment, entre le XVIIIe et le XIXe siècle, les pratiques, discours et attitudes face aux odeurs se sont modifiés.

    Pour ceci l'auteur construit son livre en 3 parties. La première, "révolution perceptive ou l'odeur suspecte", est formée de 5 chapitres. Ceux-ci permettent, tout d'abord, de comprendre que l'odeur de l'air impliquait un danger. Ainsi, de nombreux chercheurs de l'époque ont tenté d'analyser l'air pour comprendre son fonctionnement mais aussi ses caractéristiques plus ou moins mortelles. Mais le danger peut aussi venir de la terre. Alain Corbin nous montre un imaginaire de la terre comme d'un cloaque dans lequel les débris et restes se mêlent et risquent de se déverser sur nous. Ce mélange est si dangereux qu'il peut même impliquer la suppression de projets de constructions. En ce qui concerne les lieux sociaux ce sont les hôpitaux et les prisons qui semblent concentrer l'intérêt sur leurs odeurs. On apprend aussi que la médecine de l'époque considère l'odeur comme un signe de vitalité. Ainsi, l'hygiène risque de briser la santé. Alors qu'une odeur forte est un signe de vie saine. Corbin montre aussi une progressive perte de tolérance face aux odeurs. Celle-ci, selon l'auteur, passe des élites au peuple. Parallèlement, l'usage des parfums se répand pour cacher les odeurs naturelles.

    La seconde partie concerne la purification de l'espace public. Alain Corbin analyse ce sujet dans trois chapitres. Tout d'abord, ce sont les stratégies qui l'intéresse. Comment peut-on supprimer les odeurs dans l'espace public? Il trouve trois méthodes. En premier lieu il est nécessaire de créer une barrière entre le malsain et le reste du monde. C'est dans son but que les routes sont pavées et les murs crépis. Une seconde méthode est la ventilation. Celle-ci concerne aussi bien l'eau que l'air. Pour purifier il est nécessaire que ces fluides soient mouvants. Enfin, il faut créer de l'espace entre les humains. Ce qui aboutit à l'apparition des lits individuels dans les hôpitaux. Ensuite, Corbin nous montre que la nécessaire purification doit se mettre à fonctionner avec les nécessités économiques. Une mauvaise odeur implique une perte d'engrais pour les campagnes et, donc, une perte d'argent pour la ville qui aurait pu revendre cette matière première. L'auteur termine en analysant les codes de l'hygiène imposé par les lois et règlements. Il montre aussi leur lien avec un contexte précis.

    La troisième, et dernière, partie est constituée de 5 chapitres. Il est intitulé "odeurs, symboles et représentations sociales". Après une courte introduction Alain Corbin nous plonge dans le vif du sujet en analysant la représentation de la puanteur du pauvre. Alors que le XVIIIe considère que l'odeur dépend de plusieurs facteurs le début du XIXe crée une différence entre le riche, aéré, propre et à la bonne odeur et le pauvre, sale, puant, obscur. L'auteur continue en analysant les pratiques d'hygiènes dans les lieux d'habitations. Alors que la bourgeoisie accepte l'aération malgré le besoin d'intimité les classes plus modestes résistent fortement. Elles gardent des idées maintenant combattues sur la nécessité de garder les lieux fermés. Dans trois autres chapitres Alain Corbin nous montre comment les parfums sont utilisés voir même érotisés.

    J'ai beaucoup apprécié ce livre qui permet de comprendre une histoire difficile à atteindre. La centralité des odeurs, telles qu'elle est analysée par Corbin, est impressionnante. On s'étonne devant les techniques et les discours qui se sont formés autours et qui montrent que nos pratiques d'hygiènes actuelles sont loin d'être naturelles. Non seulement en raison de problèmes techniques et matériels mais aussi à cause des différentes conceptions du sain et du malsain. Le propos de ce livre est dense et le volume est volumineux. Il demande un certain effort de concentration mais il en vaut la peine. Je ne peux pas assez le recommander.

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  • Les camps de la honte. Les internés juifs des camps français 1939-1944 par Anne Grynberg

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    Auteure : Anne Grynberg
    Éditeur : La Découverte 1999
    Pages : 409

    Avant les années 90 une personne qui souhaitait s'informer sur l'histoire des camps d'internement français avait très peu de chance de trouver quelque chose. L'importance de la littérature, aussi bien scientifique que de mémoire, actuelle est récente. Mais tout ceci a dû commencer par des recherches d'historien-ne-s. Ce livre, adapté d'une thèse, fut l'un des premier ouvrages consacrés à ces camps d'internement. Elle y examine leur genèse, leur fin mais aussi leur fonctionnement et la manière dont la vie quotidienne s'y développa.

    Pour accomplir ce difficile travail l'auteure construit 16 chapitres en 4 parties. La première permet d'insérer les camps dans leur genèse républicaine. En effet, la France mit en place, comme de nombreux autres pays, une procédure d'internement dans les camps de populations jugées dangereuses. Dans ce contexte les camps existèrent avant la Deuxième Guerre Mondiale. Ils furent construits à la hâte pour accueillir les réfugiés suite à la guerre d'Espagne. Dans un second temps ils permirent de s'occuper des réfugiés antifascistes alors que la Guerre commençait. La seconde partie s'intéresse à la gestion mise en place par le régime de Vichy dans un cadre antisémite et suite à la surprise de la défaite. La vie dans les camps, inadaptés et en ruine, devient de plus en plus dure alors que la société civile commence à réagir en préparant un secours pour les personnes internées. L'auteure y décrit très précisément les problèmes rencontrés dans les camps et les réactions des français-e-s. La troisième partie lui permet de décrire les dangers de la faim ainsi que l'aide apportée pour l'éviter. Plus important, elle démontre que les efforts des sociétés de secours les mènent dans un piège. Celui-ci est autant de prendre la place des devoirs de l’État que d'accepter par défaut l'existence des camps. Enfin, une dernière partie concerne la déportation, son fonctionnement et les résistances. Alors que les sociétés de secours étaient restées dans la légalité elles se rendent compte du piège et commencent à créer des structures de sauvetage clandestines. Ces résistances permettent de sauver certains juifs mais au prix de la mort d'autres. Ce que les responsables associatifs de l'époque ne savaient pas. Se pose ici la question difficile des missions des associations de charités.

    Voici donc une thèse difficile à lire. Elle est dense et décrit très précisément la vie des personnes internées, leurs espoirs et leurs désespoirs. L'auteure réussit non seulement à nous faire comprendre le fonctionnement des camps mais aussi à nous faire entrer dans l'intime des interné-e-s grâce à l'utilisation de lettres et de témoignages. Le résultat est un livre à la fois scientifique et profondément émotionnel au fil des pages et des événements.

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  • L'antisémitisme de bureau. Enquête au coeur de la préfecture de Police de Paris et du commissariat général aux Questions juives (1940-1944) par Laurent Joly

    Titre : L'antisémitisme de bureau. Enquête au coeur de la préfecture de Police de Paris et du commissariat général aux Questions juives (1940-1944)9782246736912-G.jpg
    Auteur : Laurent Joly
    Éditeur : Grasset 2011
    Pages : 444

    Vichy fait régulièrement parler. Le problème se pose entre responsabilité dû au travail de mémoire et analyse historique de l'époque. En quoi le régime de Vichy est responsable, et sous quelle forme, d'une partie de la politique antisémites et exterminatrice de l'Allemagne nazie? Dans ce livre Laurent Joly décide de répondre en examinant un point particulier: le fichier juif. Ce qui le mène à s'intéresse à la bureaucratie antisémite de Vichy et aux agent-e-s qui s'y trouvaient. Comment a fonctionné cette bureaucratie et pour quels résultats? Les agent-e-s étaient-ils et elles des antisémites convaincus ou seulement loyaux à un État quels que soient sa politique? Autant de questions difficiles et même délicates pour un période qui déchaine facilement les passions.

    L'auteur développe l'histoire sur 5 chapitres. Le premier permet de comprendre les problèmes qui se sont posés au niveau des institutions. Ainsi, comment fut mis en place la bureaucratie antisémite? Quels furent les effets des autorités d'occupation? L'auteur montre que la nouvelle administration tente de se faire une place dans un paysage déjà constitué. Les différents organes peuvent se marcher sur les pieds ou tenter de prendre le contrôle les uns sur les autres. De plus, les autorités allemandes tentent de faire pression ce qui peut se traduire aussi bien par des demandes que par des arrestations. Le second chapitre permet de comprendre comment fonctionne la réception des Juifs à la préfecture de Police. Car c'est tout un personnel qui doit s'occuper d'une nouvelle population rendue illégitime. Malgré une loyauté aux normes administratives l'auteur observe l'usage d'un antisémitisme oral et l'incompréhension des effets du travail des bureaucrates sur les personnes juives. Les chapitres 3 et 4 permettent de comprendre ce qu'implique de travailler dans cette bureaucratie ainsi que de comprendre qui sont les personnes qui s'y trouvent. L'auteur observe à la fois des employé-e-s qui viennent par besoin et d'autres qui viennent par conviction. Il trouve aussi que les possibilités d'avancement sont bien plus importantes que dans le reste de l'administration. Ainsi, on peut passer en deux ans une échelle qui prendrait 20 ans normalement. Le dernier chapitre permet d'observer les luttes de mémoire qui se sont faites autours du fichier juif et qui a mis dans l’arène les historien-ne-s et les militant-e-s

    Ce gros livre offre une analyse minutieuse d'une administration d'exception qui fonctionna durant la majeure partie de la deuxième guerre mondiale. On y voit autant le fonctionnement institutionnel que les choix des personnes ainsi que leurs sentiments. L'usage des sources orales et des mémoires permet, d'ailleurs, d'illustrer certains moments tout en gardant un esprit critique face à une reconstruction de la mémoire personnelle (ce que l'auteur fait d'ailleurs). Au final on découvre une institution servie aussi bien par des antisémites, des collaborateurs mais aussi, et surtout, des employé-e-s qui restent parfaitement loyaux et loyales à l’État quelle que soit la politique de celui-ci. Ces personnes intériorisent la nouvelle norme antisémite qui s'accroche à une pratique xénophobe institutionnelle que la IIIème République connaissant déjà. C'est un livre qui permet de comprendre comment une institution peu déraper sans que personne ne se sente responsable de ses actes propres reportés sur une Autorité supérieure.

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  • Le héros était une femme... le genre de l'aventure par Loïse Bilat et Gianni Haver

    Titre : Le héros était une femme... le genre de l'aventure
    Directeur/trice : Loïse Bilat et Gianni Haver
    Éditeur : Antipodes 2011
    Pages : 268

    Les femmes héros ne sont pas nombreuses dans la culture populaire. Les dernières productions le montrent parfaitement. Les rares femmes sont de simples faire valoir quand elles ne pourraient pas être remplacées par des chaises. Et les choses ne risquent pas de changer si l'on en croit le programme de la phase 3 de Marvel. Cependant, il existe un certain nombre de femmes qui ont accédé au statut d'héroïnes. Sont-elles pour autant différente des hommes ou des femmes normales? Peuvent-elles briser la norme patriarcale? Ce livre souhaite répondre à ces questions sur plusieurs chapitres qui étudient chacun un personnage particulier.

    Alors que le premier chapitre crée ce que l'on pourrait nommer une théorie de l'héroïne - conçue comme un personnage qui agit sur l'intrigue plutôt que de la subir - les autres s'intéressent à quelques personnages qui peuvent venir du monde des romans ou des comics. Ceci rend une présentation complète difficile. Je vais donc parler de quelques exemples que j'ai apprécié. Et comme je suis logique on va commencer par le dernier chapitre concernant Wonder Woman. Ceux et celles qui suivent ce blog savent que ma connaissance des comics est récente et parcellaire. Je me suis rapidement intéressé à Wonder Woman dont j'ai lu avec intérêt les aventures dans le DC Comics Anthologie. Alors un article sur elle n'allait pas me rendre indifférent! Celui-ci permet de déconstruire le caractére féministe de Wonder Woman. Oui, elle se bat pour les femmes. Mais ce combat a lieu dans un contexte particulier et dans une direction particulière. Les femmes peuvent être aussi forte que les hommes pour les remplacer lors de la WWII. Mais leur combat pour la liberté doit se faire en direction de leur charme, amour et l'acceptation de la soumission. C'est donc un message de soumission plus que d'empowerment qui est lancé. Un autre article que j'ai apprécié concerne Yoko Tsuno. Je lisais ses aventures avec passion lors de mon enfance. L'article montre bien l'intérêt de son personnage, une femme japonaise technicienne, dans un monde masculin hostile. Les tenues sont aussi analysées avec attention. On y trouve aussi une analyse de Catwoman qui conclut sur l'aspect beaucoup plus novateur face à Batman (pas celui de Nolan) que dans le film centré sur elle. Nous avons donc un livre à la fois intéressant mais un peu décousu. Il permet de créer des liens et l'analyse de personnages précis est un bon moyen de montrer comment utiliser la théorie face à un objet particulier. Un livre que je recommande.

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  • 12 years a slave

    J'ai décidé d'aller voir ce film après une longue réflexion. Pas parce que je ne voulais pas le voir mais parce que je ne voulais pas le regarder sans être prêt. J'ai aussi mis un peu de temps avant de me décider à écrire cette présentation. Je vais donc tenter une présentation la moins critiquable possible mais qui reste très différente d'une analyse. Cependant, il est certain que je vais oublier des aspects importants je m'en excuse par avance. 12 years a slave est adapté d'une autobiographie écrite par Solomon Northup suite à son enlèvement et sa mise en esclavage. Le film reprend les éléments du livre. L'histoire commence alors que Northup est engagé par deux personnes pour les suivre dans leur tournée de magie. Alors qu'il est mis en confiance les deux traîtres décident de le vendre à un marchand d'esclave. Après peu de temps il est envoyé au sud des USA pour être vendu. C'est le début d'un exil de 12 ans durant lequel il n'aura plus aucun droits.

    Cette courte présentation de l'histoire de Solomon Northup ne permet pas de se rendre compte de la puissance dégagée par ce film. Celui-ci est très dérangeant. La plupart des personnes blanches que nous avons à l'écran sont de parfaits salauds. Oui, je place Ford dans cette même catégorie. Ce dernier n'est pas mauvais. Il ne frappe pas et il prend soin de ses esclaves. Cependant, il sait parfaitement que ses employés sont des tyrans et il ne fait rien. Lorsque Solomon essaie de lui expliquer d'où il vient non seulement Ford ne fait rien mais il refuse même d'écouter. Pire encore, il revend Northup à quelqu'un qu'il sait être très brutal plutôt que de s'occuper de la manière dont agissent ses employés voir d'enquêter sur les origines de Northup. C'est l'exemple de l'homme qui se pense gentil et progressiste mais qui refuse d'imaginer l'idée de mettre en cause le système établi. Mais ce qui m'a le plus frappé c'est l'importance du corps dans la manière dont l'esclavage est montré dans ce film. Dès le début on voit que le corps n'appartient plus aux personnes soumises à l'esclavage. Les blanc-he-s peuvent agir comme ils le souhaitent. Que ce soit en imposant une toilette publique nue ou en touchant régulièrement les personnes pour montrer leurs qualités corporelles à un futur acheteur. Les sévices - ceux-ci sont très durs à regarder et je ne sais quel est le pire moment le fouet vers la fin du film ou lorsque madame Epps lance sans férir une bouteille contre Patsey - s'attaquent aussi directement au corps. Ceci est possible car dans ce système, pour ce que je connais et comprends, le corps de l'esclave n'existe pas dans l'humanité. C'est du bétail sans droits et les propriétaires peuvent faire ce qu'ils veulent de ce qui leur appartient. Ce ne sont que quelques aspects qui m'ont profondément touchés. Je sais que ce ne sont que quelques points d'un film et d'une histoire plus importante mais je souhaite éviter de dire des bêtises sur quelque chose que je connais peu. C'est pourquoi je souhaite terminer sur le mal que j'ai eu à sortir de ce film très dur.

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  • La voleuse de livre

    Nous sommes dans une petit ville d'Allemagne. Une jeune fille, Liesel, sort d'une voiture de la croix-rouge pour rencontrer les personnes qui seront ses nouveaux parents. Elle fait rapidement la connaissance d'un garçon, Rudy, qui l’emmène à l'école. On y apprend que Liesel est incapable de lire. Pourtant, elle souhaite apprendre. Ainsi, son nouveau père lui construit un dictionnaire dans la cave alors qu'ils apprennent tous les deux à lire avec un ouvrage volé par Liesel. C'est ainsi que commence pour cette dernière un nouvel amour: celui des mots et des livres qui racontent les histoires. Mais nous sommes en 1938. La guerre menace puis commence. Les livres ne sont pas forcément bien vu. Ce qui n'empêchera pas Liesel de continuer à lire en "empruntant" dans la bibliothèque du maire et de sa femme.

    J'ai adoré ce film. Il m'a énormément touché. Il faut dire que je me sentais très proche d'un personnage qui possède un amour des livres. Cette femme fait tout pour apprendre et lire. Elle découvre, dans les livres, la puissance des mots sur les personnes qui l'entourent. Elle est aidée par deux nouveaux parents qui malgré leurs désaccords apprécient la fille dont ils doivent prendre soin. Mais aussi d'un garçon sympathique mais un peu bête. La puissance de cette histoire tient aussi dans le contexte. Comme je l'ai déjà dit nous sommes au début de la guerre. La peur est partout. Alors que des voisins partent à l'armée certains jeunes garçons sont mobilisés pour un entraînement. La rue se vide peu à peu alors que les uniformes inquiétants sont parfois visibles. On voit la destruction organisée contre tout un peuple selon le point de vue d'une famille peu fortunée. Je n'en dirais pas plus. Je ne peux que conseiller d'aller au cinéma et d'acheter un ticket.

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

    • Twilight.

    • Film de vacances.

    • Bon scénario.

    • Joss Whedon. Une magnifique histoire bien jouée avec des acteurs qu'on apprécie et une intrigue à la fois drôle et triste

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  • Les années 68. Une rupture politique et culturelle par Damir Skenderovic et Christina Späti

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    Auteur-e-s : Damir Skenderovic et Christina Späti
    Éditeur : Antipodes 2012
    Pages : 191

    En Suisse aussi il y a eu un mai 68. Mais, selon ce livre, les études concernant ces événements ne permettent pas encore de savoir exactement ce qui s'est déroulé et qu'elles furent les conséquences. Le but de ce livre est de créer un lien entre les différentes parties de la Suisse et de voir ce qui s'est passé, comment et les conséquences. Sans prétendre à terminer l'histoire du mai 68 Suisse le livre doit permettre d'avoir une première vision globale. Pour cela 4 chapitres sont écrits.

    Dans le premier les auteur-e-s dépeignent le contexte de la Suisse de l'après-guerre. Alors que la nouvelle génération n'a pas connu la guerre ni ses privations le pays, ainsi que l'occident, entre dans une période de prospérité économique extrêmement importante. Dans un contexte de confiance envers l'avenir et le progrès qui permet une nouvelle liberté les carcans sociaux inhibent fortement les envies de la jeunesse. Vers cette époque apparaissent le rock et les bandes qui scandalisent la presse de l'époque. Ce qui permet aux auteur-e-s de parler de période de précurseurs à mai 68.

    Le second chapitre fait deux choses. Premièrement il permet de placer les événements au niveau mondial. Que se passe-t-il dans les différents pays? En effet, ce qui se déroule ailleurs a forcément un effet sur les événements suisses dont les militant-e-s se tournent vers leurs voisins de même langues. Dans un second temps les auteur-e-s examinent ce qui s'est déroulé en Suisse. Alors que les universités menacent d'exploser les autorités académiques réussissent à désamorcer la bombe en réagissant différemment que dans les pays voisins. En effet, plutôt qu'une répression les universités acceptent le dialogue ce qui permet de calmer une grande partie des militant-e-s. Cependant, dans la rue la répression est très forte et la violence, des deux cotés, est importante. Le troisième chapitre illustre le second en nous expliquant les stratégies, moyen d'actions et revendications des divers mouvements. Ainsi, ceux-ci souhaitent plus de démocratisation dans les études mais s’attaquent aussi à l'impérialisme américain et le racisme que connaît la Suisse face aux travailleurs immigrés venus d'Italie. On observe aussi de nouveaux moyens d'action à l'instar des sit-in.

    Le dernier chapitre permet aux auteur-e-s de montrer comment les différents mouvements tentent de survivre à mai 68. Alors que tout se semble se diviser en buts et caractéristiques différentes on observe un regain d’activités dans certaines villes autours de partis ou de groupes précis. Ainsi, Lausanne connaît des manifestations autours de l'augmentation du billet de cinéma pour ne prendre qu'un exemple. Les universités connaissent aussi une radicalisation mais, cette fois, les autorités académiques réagissent à l'aide d'une répression forte. Cependant ces mouvements s’essoufflent et une grande partie disparaît vers la fin des années 70 alors que la nouvelle droite prépare sa stratégie face à cette nouvelle gauche qui, même affaiblie, reste importante et est accusée d'avoir détruit les institutions ancestrales de la Suisse.

    Pour conclure je vais, comme d'habitude, dire ce que j'ai pensé de ce livre. Comme beaucoup je suis fasciné par mai 68. Que ce soit contre ou pour de nombreuses personnes ont une opinion sur une année qui est devenu un enjeu important dans les mémoires militantes de gauche comme de droite. Que ce soit pour déplorer une année ratée qui aurait pu permettre des changements culturels, politiques et économiques de nature révolutionnaires ou pour accuser la génération 68 d'avoir détruit l'autorité et, par extension, le fonctionnement de la justice, de l'école et de l'économie les opinions sont fortes. Mais qui connaît les événements historiques et leurs conséquences réelles? Ce livre, qui ne conclut pas de manière définitive sur l'histoire du mai 68 Suisse, permet de connaître les avant, pendant et après de ces événements. Bien que de nombreuses choses soient dites sur lesquelles j'aurais apprécié avoir plus de détails je trouve que l'exercice est, ici, réussit. Il ne manque plus qu'à étudier de manière plus approfondies l'histoire.

    Image: Éditeur

  • L'an V de la révolution algérienne par Frantz Fanon

    Titre : L'an V de la révolution algérienne9782707167637.gif
    Auteurs : Frantz Fanon
    Éditeur : La Découverte et Syros 2001
    Pages : 174

    Je ne connais pas grand-chose sur la guerre d'Algérie. Bien entendu je sais quelques petites choses que tout le monde connaît. Mais ce n'est pas vraiment important. Donc quand j'ai pu lier mon désir d'en savoir plus à la fois sur la pensée de Frantz Fanon et sur la guerre d'Algérie j'ai sauté sur l'occasion. Ce livre est publié pour la première fois en 1959. Frantz Fanon est en plein militantisme et il utilise ses connaissances pour aider les Algériens à se libérer de la tyrannie du colonialisme français. Outre cela il écrit. Ici il tente d'analyser les changements que la guerre de libération a créé dans la société algérienne aussi bien d'un point de vue social que dans l'usage des techniques.

    Fanon décrit les changements sur 5 chapitres. Le premier concerne principalement les femmes ainsi que leur rapport au voile dans le cadre du colonialisme. Alors que la condamnation française du voile comme un reste de l'ancien temps sexiste ne fit rien pour dévoiler les femmes c'est, paradoxalement, selon Fanon, la guerre qui permit aux femmes de se dévoiler. Ceci se fit non pas pour se libérer d'un carcan patriarcal qui n'est qu'une tradition acceptée mais pour aider à la Révolution. Ainsi, une femme dévoilée peut plus facilement parcourir les rues pour aider les hommes à éviter la police. Inversement, l'intérêt envers les femmes dévoilées par la police a impliqué le retour du voile qui permet de cacher armes et bombes. Dans le second chapitre l'auteur analyse l'arrivée massive et l'usage de la radio. Celle-ci, malgré le brouillage, permet de donner les informations sur les réussites de la Révolution aux citoyen-ne-s alors que les médias français cachent les victoires. Plus encore, les médias de la Révolution utilisent plusieurs langues dont le français. Dans le troisième chapitre Fanon tente de montrer en quoi la guerre change la manière dont la famille fonctionne. Que ce soit le fils qui ne suit plus les conseils de son père ou la fille qui doit nécessairement s'occuper de la famille en l'absence de l'homme voir vivre avec des hommes sans être mariées. Mais c'est aussi le mariage qui change. Alors que, selon Fanon, le mariage était d'abord une alliance entre clans durant la guerre ce sont des personnes qui apprennent à se connaître qui souhaitent se marier sans avoir à demander le droit aux parents (surtout au père). Fanon analyse, dans le chapitre 4, la manière dont la médecine est utilisée par les forces colonialistes. En effet, selon Fanon, la France a tenté d'interdire la vente de médicaments ainsi que de forcer les médecins à dénoncer les blessures suspectes. Enfin, l'auteur termine sur la minorité européenne en montrant comment certains de ses membres décident de soutenir la Révolution que ce soit à l'aide d'informations ou en cachant biens et personnes dans leur propriété.

    Je suis à la fois très favorable et un peu déçu par ce livre. Favorable car il donne la pensée de Fanon sur une Révolution en cours et les mutations que cela implique nécessairement dans une société. On apprend donc un certain nombre de choses sur le fonctionnement de la guerre ainsi que sur les raisons qui peuvent pousser certaines personnes à se révolter. Cependant, cette analyse pèche, et c'est normal, par le contexte durant lequel elle a été écrite. Comment peut-on créer un livre avec une méthodologie impeccable alors que l'auteur se trouve en pleine guerre et risque la prison, voir la mort, chaques jours? Il est donc parfaitement compréhensible que les exemples soient des généralités et que Fanon n'entre pas dans le détail. Mais ce qui m'a le plus déçu est la manière dont Fanon analyse le rôle des femmes. L’œil exercé se rend facilement compte qu'elles sont gardées en réserve pour des activités subalternes. Cela ne veut pas dire que ces activités ne sont pas importantes mais elles ne sont pas des luttes. Mais Fanon ne voit pas ça. Alors que son analyse du racisme et du colonialisme est très stimulante il est singulièrement aveugle envers le système patriarcal. Je souhaiterais donc en savoir un peu plus sur ce sujet mais il faudra, pour cela, m'intéresser à d'autres auteur-e-s.

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  • Philomena

    Nous avons tous entendu parler du scandale des adoptions forcées en Irlande. Certaines personnes savent même que ces pratiques ne sont pas seulement irlandaises. Ce film parle de l'un de ces scandales. Philomena est une femme qui pleure la perte de son premier enfant qui aurait dû avoir 50 ans. Sa fille n'était au courant de rien ni personne d'autre d'ailleurs. Mais cette fois elle souhaite vraiment savoir ou se trouve son fils. Elle prend donc contact avec un ancien journaliste récemment expulsé de son travail à Downing Street, Sixsmith. Bien que les pistes irlandaises ne donnent rien il et elle continuent leur quête aux USA. Ce voyage leur permettra d'apprendre plusieurs choses sur le fils de Philomena et sur les raisons de l'adoption.

    On le sait, le début du XXe siècle ne fut pas le plus facile pour les personnes un peu marginales. De nombreuses institutions s'occupaient d'elles et pouvaient les enfermer plusieurs années sans se justifier. Mais ce film n'explore pas vraiment ce coté de l'histoire. Il préfère se concentrer sur la relation entre deux personnes: un journaliste et politicien désabusé et choqué par ce qu'il découvre et une femme qui tente seulement de retrouver son fils et non de trouver des coupables. Ainsi, les deux personnages interagissent selon des buts différents et des moyens différents. Alors que Sixsmith observe le récit comme un journaliste qui souhaite pointer du doigt des personnes Philomena cherche des informations. Les deux personnages sont magnifiquement joués par les deux personnes qui ont été choisies pour cela. Leur duo fonctionne parfaitement bien et c'est toujours un plaisir d'observer Judi Dench à l'écran.

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

    • Twilight.

    • Film de vacances.

    • Bon scénario.

    • Joss Whedon. Un film magnifiquement joué sur un thème qu'il aurait été facile de tourner vers le pathos. Le choix de ne pas expliquer le contexte mais d'observer deux personnes est, à mon avis, une magnifique idée.

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  • Les ombres de l'histoire. Crime et châtiment au XIXe siècle par Michelle Perrot

    Titre : Les ombres de l'histoire. Crime et châtiment au XIXe siècle9782080679147_cm.jpg
    Auteur : Michelle Perrot
    Éditeur : Flammarion 2001
    Pages : 427

    2014 est l'anniversaire de la mort de Michel Foucault. Je trouve donc qu'il est intéressant de terminer 2013 avec un livre sur l'histoire de la prison. Celui-ci est composé de plusieurs articles écrit par l'historienne Michelle Perrot. Cette dernière s'est intéressée aux prisons alors que Michel Foucault avait lancé le sujet dans la discipline historique. L'usage des concepts foucaldiens lui permet de mieux comprendre les sources qu'elle analyse dans les différents articles de cet ouvrage.

    Celui-ci est découpé en 5 parties qui regroupent différentes contributions selon certains thèmes. La première partie permet de resituer le travail de Foucault et la manière dont il a été reçu et critiqué par les historien-ne-s. Cette partie nous permet de comprendre un peu mieux l'intérêt de Foucault pour l'histoire des prisons et des organisations totales. Mais aussi les raisons qui se cachent derrière les critiques (souvent justifiées). La seconde partie permet à Michelle Perrot de donner des informations sur certains des grands penseurs de la prison au XIXe siècle. Entre Bentham et la construction intellectuelle de la prison panoptique et Tocqueville et ses considérations sur la prison via les archives de son voyage aux USA elle nous parle d'un traité sur la pauvreté. Ces textes permettent de comprendre l'importance du débat qui a entouré la prison au XIXe. Comment la construire? Comment la gérer et comment surveiller? Les écrits de Bentham sont particulièrement glaçants puisque ses idées mènent à la destruction de la vie humaine au profit de l'utilité.

    Les parties suivantes permettent d'entrer dans l'analyse du crime et de la marginalité. La troisième est donc constituée de textes concernant la "vie carcérale". Comment vit-on en prison au XIXe siècle? Les révolutions ont-elles un impact sur celles-ci? Que faire de l'écriture? Autant de questions auxquelles répond Michelle Perrot. Ainsi, elle montre que les révolutions s'attaquent aux prisons selon certaines modalités. Les prisonniers politiques sont célébrés alors que les voleurs sont conspués. Et même si des réformes sont promises les demandes en ce sens sont rapidement écartées. Mais Michelle Perrot examine aussi l'expérience de la prison de Genève grâce à un travail d'un autre historien, Malgré une constitution à la pointe des sciences de l'époque ce fut un échec.

    La quatrième partie examine la signification des crimes. Celle-ci commence par un examen des décomptes statistiques qui permet de mettre en question son fonctionnement ainsi que les significations qui sont données aux chiffres. Perrot continue sur deux contributions qui nous parlent de l'importance des faits divers pour comprendre les craintes de l'époque. L'une des deux nous parle d'un cas particulièrement important: l'affaire Troppmann. Celle-ci reçut une énorme attention médiatique et fut accusée d'être orchestrée par le gouvernement pour éviter de porter les réflexions sur d'autres problèmes plus importants.

    La dernière partie parle de thèmes qui ont prit une actualité importante ces derniers temps. En effet, les contributions qui y sont réunies parlent de la mendicité, des vagabonds et des jeunes. Alors que les vagabonds mendiants sont de plus en plus contrôlés et accusés de créer le crime en volant et en violant – voir même en créant les épidémies par leurs migrations – l'époque s'inquiète des enfants. Ces derniers sont décrits comme des voyous qui prennent le contrôle de la rue au lieu de travailler à l'usine. Les médias de l'époque s’inquiètent de ces bandes de jeunes qui, pourtant, ne sont pas si importants selon les sources.

    Que dire, au finale, de ce livre? L'ennui avec les recueils de contributions c'est qu'ils créent le danger d'une impression de flou dans les sujets analysés. Bien que les contributions soient classées selon des thèmes définis on peut se demander, parfois, pourquoi tel sujet apparaît après tel autre. De plus, on cherche à en savoir plus sans pouvoir le faire. Cependant, le sujet de ce livre est de plus intéressants. Ce constat est d'autant plus important dans le contexte sécuritaire actuel. Alors que les promesses de sécurité et le contrôle se multiplient dans des proportions de plus en plus fortes ce livre permet d'historiciser certains points tout en offrant des comparaisons intellectuelles. C'est donc une lecture qui peut guider un avis critique sur certaines politiques publiques en cours de construction ou déjà décidées. Je pense, en particulier, à la surveillance mais aussi à la mendicité et à la peur de la jeunesse.

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  • Mandela: Long walk to freedom

    C'est un peu le film qui tombe exactement au bon moment. Basé sur l'autobiographie de Nelson Mandela il retrace sa vie, son histoire et ses luttes depuis ses débuts en tant qu'avocat jusqu'à sa prise de pouvoir en tant que président d'un pays déchiré. Le film commence donc dans les rues des townships alors que Mandela défend ses compatriotes devant la justice et séduit des femmes dans les bars. Bien qu'il soit conscient des inégalités il n'agit pas politiquement. Mais, un jour, un ami est battu à mort dans un commissariat et personne ne veut agir. C'est à ce moment, selon le film, que Nelson Mandela se lance dans l'activisme et entre dans l'ANC dont il devient rapidement l'un des leaders. Mais la répression est de plus en plus forte et, bientôt, l'ANC décide d'utiliser la violence contre le terrorisme d'état. Arrêté et condamné c'est sa femme qui deviendra le symbole de la résistance alors que lui reste derrière les barreaux tout en essayant d'agir du mieux qu'il peut. Jusqu'à ce que le gouvernement n'ait plus d'autres choix que de déposer les armes du terrorisme et d'accepter un processus de paix.

    Que dire de ce film que je n'ai pas dit pour les autres biopics que j'ai vu au cinéma? Car je l'ai souvent écrit: tous les biopics souffrent d'un problème majeur qui se retrouve dans la mise en place des biographies (et aussi des autobiographies) qui est de créer un sens de l'histoire, une forme de destin inné dont l'on pourrait retrouver les traces dès l'enfance. Basé sur une autobiographie ce film n'est absolument pas exempt de ce problème. Il est même démultiplié. Car une autobiographie n'est pas autre chose qu'un retour sur ce que l'on se souvient à un moment donné. Donc une construction d'un passé. Ce caractère se voit très fortement dans ce film qui revient à plusieurs reprises sur l'enfance de Mandela pour expliquer l'importance des organisations et du devoir envers la communauté. Comme si tout venait de son enfance et rien de sa vie adulte. C'est aussi un film qui porte sur un piédestal un personnage historique. Oui, Mandela a énormément fait pour son pays et son peuple. Mais ses problèmes familiaux sont laissés au second plan (ainsi sa première femme disparait d'un seul coup) tandis que son entrée dans la violence n'est ni expliquée politiquement ni vraiment explorée. Comme si c'était une parenthèse d'une vie de pacifisme. Mais cette violence doit bien avoir une raison précise et ne pas la questionner est, à mon avis, indigne envers un tel personnage. Comme souvent, on oublie aussi les autres acteurs et actrices de l'époque qui sont laissés derrière l'ombre de Mandela. Après tout, c'est un biopic. Cependant, on peut tout de même en comprendre un peu plus sur une époque, sur une atmosphère mais aussi sur les raisons d'un divorce politique avec sa seconde femme. Le film se construisant selon le point de vue de Mandela on a peu d'informations sur les contestations internes te externes à l'ANC. Mais on peut en observer. Un film parfait? Certainement pas. Mais un bon film tout de même.

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

    • Twilight.

    • Film de vacances.

    • Bon scénario. Un homme d'exception dont la lutte est devenue un symbole de la renaissance d'un pays entier dans un film bien réalisé avec des acteurs et des actrices convaincant-e-s. Malgré les problèmes inhérents au style du biopic j'ai beaucoup aimé ce film.

    • Joss Whedon.

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