21/07/2010

La Chute

J'ai trouvé hier le DVD du films La Chute de Oliver Hirschbiegel. Je pense que tout le monde se souvient que ce film fut largement discuté dans la presse. Malheureusement, je n'avais pas eu le temps d'aller le voir pour me faire ma propre idée à l'époque. J'ai tout de même voulu le regarder et savoir comment était traité ce sujet plus que difficile. Nous sommes donc à Berlin vers la fin de la guerre. La ville est entourée par les soldats soviétiques et les Alliés se rapprochent. Mais hitler est encore sûr de pouvoir gagner avec l'aide d'unités dispersée et refuse de quitter la ville et son bunker. Le film nous montrera donc ce qui se déroule autour d'hitler dans ce bunker ou l'élite de l'armée nazie est réunie jusqu'à la capitulation sans conditions de l'Allemagne nazie.

Je l'ai déjà dit je suis toujours réticent à traiter d'une œuvre parlant de cette période de l'histoire humaine. Ce n'est pas que je veuille laisser ces événements horribles - dramatiques n'est pas assez fort - dans l'oublie mais j'ai toujours peur de me tromper à cause de mon propre manque de connaissance. Bien entendu, comme tout le monde, je connais les grandes lignes et j'ai même été un peu plus loin. Mais se tromper dans les faits lors de cette période peut avoir des conséquences dangereuses.

Hirschbiegel nous montre, dans ce film, un hitler fou. Un homme qui n'a aucun sens de la réalité et devenant de plus en plus paranoïaque. Croyant jusqu'à la dernière minute à la possibilité de gagner mais, entre temps, pouvant entrer dans le désespoir. Le film nous montre donc un personnage paradoxal qui se trouve sûrement loin de la réalité historique. Un hitler faible, fou, sans prise avec la réalité mais dont le pouvoir est sans contexte puissant et empêche ses généraux d'agir. On a l'impression d'un homme incapable de gouverner mais que la peur laisse au pouvoir. Est-ce vrai? je ne saurais donner que mes doutes. Pour le reste je renvoie les lecteurs aux écrits historiques sur hitler et le système nazy. Mais cette folie se retrouve dans le fanatisme des troupes ss d'hitler, des plus jeunes aux plus vieux. refusant de se rendre et combattant jusqu'à la dernière balle.

Le rythme du film est aussi très éprouvant. Il n'y a presque pas de musique. Mais on pourrait dire que le son des canonnade en fait office. A coté de ce rythme de la guerre se trouve un autre rythme, plus tardif dans le film, celui des suicides. Dans une seconde partie du film, proche de la fin, les suicides se multiplient et commencent à prendre le relais des canonnades. En effet, le film nous montre un désespoir grandissant dans le bunker. Petit à petit, il devient clair que la fin est proche pour le régime et son armée.

En tant que spectateur j'ai aimé ce film. Mais, bien qu'il possède de nombreux points positifs, les manques et exagérations risquent fortement de mettre à mal sa crédibilité. Mais un autre danger se profile après la vision de La Chute: celui de montrer un hitler vivant la vie de tous les jours. Pouvant, parfois, paraître sympathique alors que ses discours extrêmes sont très peu montré par la réalisateur. J'ai l'impression que la réalisateur a essayé de passer outre ce danger en montrant un hitler fou mais je ne pense pas qu'il y ait réussi. D'autant que les crimes des personnalités entourant hitler dans le bunker sont totalement absent du film. On a l'impression qu'ils subissent hitler en essayant de protéger le peuple allemand. La réalité historique semble en être loin d'après mes connaissances.

Image: allociné.fr

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11:45 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

19/07/2010

La CIA et la fabrique du terrorisme islamiste par Mahmood Mamdani

Titre: La CIA et la fabrique du terrorisme islamiste513XpfN%2BEBL._SL500_AA300_.jpg
Titre original: Good Muslim, Bad Muslim
Auteur: Mahmood Mamdani
Traducteur: Ousmane Kane
Éditeur: Demopolis 2007 (2004 édition originale)
Pages: 330

Le terrorisme est devenu le danger que nous connaissons tous, le danger qui ne cesse d'être condamné. Bien plus, le terrorisme est devenu constitutif d'un "peuple" entier: les musulmans. Alors que l'on peut légitimement se demander si on peut mettre tous les musulmans dans le même sac. Les Algériens sont-ils vraiment pareils que les Iraniens ou les Irakiens? Et je ne parle même pas des musulmans vivant dans différents pays occidentaux, voir en étant originaire. Le livre de Mamdani essaie de comprendre d'où vient le terrorisme politique musulman. Comment est-il né et pourquoi. L'auteur observe que les principaux créateurs de ce terrorisme sont loin d'être des théologiens fondamentalistes. Au contraire le principal coupable est la CIA. En effet, l'auteur nous montre que la CIA a créé les mouvements terroristes pour lutte contre les Soviétiques. Le but était d'éviter une guerre directe en utilisant des forces armées locales que l'on instrumentalise. Cette tactique fut longtemps utilisée depuis la fin de la guerre du Vietnam jusqu'au 11 septembre.

L'auteur nous montre aussi les conséquences de cette tactique. Non seulement les USA sont coupables d'avoir aidé si ce n'est créé des groupes qui pratiques des attaques contre des civils mais ils sont aussi coupables du mode de financement de ces groupes. En effet, l'auteur nous montre que la CIA collabora activement avec des barons de la drogue. Il faut savoir que le congrès américain a tenté de restreindre les possibilités de la CIA en contrôlant le budget. Il fallait donc trouver une autre source de financement et la drogue en était une. L'auteur nous montre aussi l'irrespect total que montre les USA envers les lois internationales. Cet irrespect étant la source de nombreuses injustices voir de massacres et de famines.

Néanmoins, le véritable aspect important de ce livre ne sont pas ces points. A mon avis, le point le plus important du livre concerne la critique faites à la vision culturelle du monde. En effet, le monde est divisé par de nombreuses personnes entre l'occident moderne te laïque et le monde musulman incapable de modernité et engoncé dans ses traditions archaïques. Mamdani critique cette idée en montrant que la "résistance" à la modernité dans les pays musulmans n'est pas du à un caractère culturelle. Au contraire, on observe une réaction en parallèle aux changements. Loin d'être spécifiquement musulmane on retrouve cette réaction aux USA et dans d'autres pays (l'auteur cite les fondamentalistes chrétiens au début du XXe siècle mais qui existent encore sous le nom des évangéliques). L'actuel terrorisme politique est donc une création récente dans un contexte de guerre froide.

En tant que lecteur j'ai trouvé le livre de Mamdani très intéressant. Les différentes critiques de l'auteur sont plus que pertinentes et m'ont permis de mieux comprendre les discours actuels que nous lisons et retrouvons dans les médias. La manière dont l'auteur dépeint les activités de la CIA et ses conséquences sont tout aussi bonnes. Grâce à ça nous connaissons mieux l'origine du terrorisme islamique mais, surtout, nous savons pourquoi les USA acceptèrent, voir créèrent, ces structures. Mais il ne faudrait pas croire que l'auteur ait décidé de s'en prendre exclusivement aux États-Unis. Le but de ce livre est de comprendre l'origine véritable de ces mouvements terroristes. Il se trouve que la CIA est très impliquée tout simplement. Mais il y a d'autres acteurs importants comme, par exemple, Angleterre. Ce n'est donc pas un livre ayant un but de propagande mais un livre qui a un but de compréhension. Ce but est, à mon avis, atteint.

Image: Amazon.fr

18:37 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : terrorisme, cia, islamisme | | | |  Facebook

08/07/2010

Géographie de la nudité. Être nu quelque part par Francine Barthe-Deloizy

Titre: Géographie de la nudité. Être nu quelque part51KFMAJCJML._SL500_AA300_.jpg
Auteur: Francine Barthe-Deloizy
Éditeur: Bréal 2003 collectiond'autre part
Pages: 239

La nudité est fréquemment évoquée dans les médias. Que ce soit par des nouvelles intrigantes et drôles, par la publicité ou par des débats. Il est, en tout cas, clair que nous ne pouvons pas passer à coté de la nudité dans nos société occidentales. C'est pourquoi de nombreux travaux ce sont portés sur son histoire et sur sa signification dans différentes sociétés en plus de la notre. Ce livre reprend ces questions mais essaie d'en parler d'un point de vue géographique. Autrement dit, l'auteure se pose la question de la nudité selon les lieux où elle se pratique. Ce qui l'a mène tout d'abord à définir ce qu'est la nudité. Elle découvre que de nombreux peuples ont eu des visions différentes de celles-ci. Ces corps nus tatoués ne sont, justement, pas nus. Mais l'homme occidental, lui, connaît une vision de la nudité comme un moyen de circoncire les civilisés des sauvages. Les nus sont encore à l'état de nature, naïf ou animal, alors que l'homme civilisé est vêtu convenablement.

Dans un second temps l'auteure va poser, dans deux parties, la question du nu dans l'espace privé et dans l'espace public. L'espace privé est, actuellement, le lieu privilégié de la nudité solitaire. Mais cela ne fut pas toujours le cas et, au moyen âge, la chambre se vivait en commun alors que tout le monde allaient aux bains publics dans le plus simple appareil. Ce n'est que progressivement que le "rhabillage" se fit suivi d'un retour à l’hygiène des bains mais dans un cadre fermé et privé. Par contre, l'espace public est fondamentalement fermé à la nudité et celle-ci est fondamentalement transgressive. Que ce soit sous forme de fêtes avec les processions ou les streakers ou sous forme de manifestations. Ces dernières se multiplient et les campagnes de PETA en sont un exemple connus. La raison en est simple, les médias sont friands de ce genre d'actions et ne manquent pas d'en parler.

Une quatrième partie pose la question du naturisme et du nudisme. D'où ces doctrines sont originaires et quels sont les idéologies qui les sous-tendent. Mais, surtout, l'auteure analyse les endroits dans lesquels ces pratiques se font. On observe que ces lieux sont fermés au public, difficile d’accès et protégés. La spatialité forme, elle-même, un collectif qui rend le contrôle encore plus fort alors que les grands centres de tourismes naturismes montrent une individualisation croissante de la pratique.

Enfin, l'auteure se pose la question de la publicité. Elle observe que la forme du message peut avoir plusieurs composantes et se modifie selon le public visé et selon le but de la communication. Mais surtout, la publicité rend le nu visible dans la sphère publique alors que le nu est réprimé dans ce même espace public. Plus important encore, lorsqu'on observe ces publicités on y trouve une vision de la société. Loin d'être innocente la nudité publicitaire offre une idéologie du corps et des pratiques corporelles ainsi qu'une différence de genre. Les hommes sont "virils" et combatifs alors que les femmes sont apprêtées à la séduction.

Il reste à savoir si ce livre est intéressant. Indéniablement il l'est. Il est aussi très facile à lire et le propos est souvent plaisant. Durant sa lecture on se pose des questions sur les normes qui entourent la nudité et que nous avons incorporées. De plus, l'analyse sur le plan du territoire permet de développer un discours différent du discours historique ou sociologique. Néanmoins, j'ai souvent eu l'impression frustrante que l'auteure aurait pu aller plus loin sur de nombreux points. L'histoire est souvent tracée à grands traits généraux et la signification sociale des pratiques est très peu développées. Mis à part ces critiques l'ouvrage reste stimulant.

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15:31 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, moderne, moyen âge, sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nudité | | | |  Facebook

06/07/2010

Cent ans d'homosexualité et autres essais sur l'amour grec par David M. Halperin

Titre: Cent ans d'homosexualité et autres essais sur l'amour grec415VYzPFLOL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA300_SH20_OU08_.jpg
Titre original: One hundred years of homosexuality
Auteur: David M. Halperin
Traducteur: Isabelle Châtelet
Éditeur: EPEL 2000 (1990 édition originale)
Pages: 317

L'homosexualité est fréquemment considérée comme non-naturelle et même contraire à la possibilité de l'existence de l'humanité. Mais personne ne s'est jamais posé la question de l'hétérosexualité exclusive que nous connaissons dans notre société. Comme si l'hétérosexualité exclusive était naturel et an-historique. Halperin dans ces quelques essais publiés dans ce recueil essaie de montre à quel point notre conception de la sexualité est due à notre culture. Pour cela il analyse l'attitude envers ce que nous nommons l'homosexualité dans l'antiquité grecque. La première chose qu'il faudra montrer c'est que ce mot n'existe que depuis un petit siècle. Auparavant, le mot n'avait aucun sens et, donc, l'homosexualité existait mais n'était pas pensé de cette manière.

Alors comment les grecques voyaient-ils le sexe? Premièrement, les grecques n'imaginaient pas la sexualité en matière de préférence envers l'un ou l'autre sexe mais selon la position sociale des personnes. L'un était supérieur à l'autre est, donc, était actif alors que le second était passif et se soumettait à son supérieur. Dans ce système les femmes était de toute manière inférieure et donc passive mais des hommes aussi pouvaient être considéré comme tels selon leur position hiérarchique. Après avoir posé cette vision culturelle du sexe et avoir montré qu'il est impossible de comprendre l'attitude envers la sexualité des grecques en utilisant nos catégories modernes d'homo et d'hétérosexualité il semble clair, pour Halperin et le lecteur, que la sexualité est plus dû à la culture qu'à la nature.

Mais ce n'est pas le seul point sur lequel Halperin écrit. Après avoir écrit trois essais plutôt technique et théorique il nous en montre trois autres qui entrent directement dans les textes antiques. Le premier analyse les relation entre les héros et leurs compagnons dans trois mythes: l’Iliade, l'épopée de Gilgamesh et l'histoire biblique de David. Par la comparaison de ces trois mythes l'auteur fait sortir des thèmes et des techniques identiques. Ensuite, l'auteur analyse la prostitution dans la ville d'Athènes. Il nous montre pourquoi cette dernière implique que les jeunes hommes prostituées perdent leurs droits civiques, en effet si ils vendent leurs corps ils peuvent vendent leur voix à l'assemblée, mais aussi l'aspect démocratique d'une prostitution des femmes. Comme si tout le monde avait le droit d'être le supérieur d'un autre. Du moins, qu'on me comprenne bien, dans le système grec. Enfin, Halperin se pose la question de l'utilité de Diotime dans le banquet. Pourquoi une femme dans une assemblée d'homme? Selon l'auteur elle est nécessairement femme pour permettre aux hommes d’imiter la force de vie des femmes et de se l'approprier (accoucher d'une idée par exemple). Ce dernier texte étant, à mon avis, l'un des plus compliqué du recueil.

Bien que la plupart des essais présentés dans ce recueil aient un certain âge ils sont intéressant et stimulant à lire. L'idée principale du livre, l'aspect culturel de la sexualité, a pour effet de désavouer une grande partie des critiques faites envers l'homosexualité. Mais ce n'est pas le seul apport de ce livre. Le second que j'ai identifié concerne l'hétérosexualité. En effet, durant la lecture de ces essais on observe que notre société possède un caractère historiquement inédit: l'exclusivité de l’hétérosexualité. Alors que des cultures différentes dans différentes époques ont pensé la sexualité selon le genre ou la hiérarchie il semble que notre culture soit la première à la penser exclusivement selon des préférences en matière de sexe biologique et à ne rendre légitime qu'une seule de ces préférences. En l’occurrence, c'est bien notre vision culturelle de la sexualité qui pose problème et que l'on doit tenter de comprendre.

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Site de l'éditeur

23/06/2010

Théorie critique de l'histoire I: Identités, expériences, politiques par Joan W. Scott

Titre: Théorie critique de l'histoire I: Identités, expériences, politiques31yKKpq-V%2BL._SL500_AA300_.jpg
Aiuteur: Joan W. Scott
Traducteur: Claude Servan-Schreiber
Éditeur: Fayard 2009
Pages: 176

Quand on étudie une science il est naturel de se poser des questions sur elle et de réfléchir sur elle: Quelle est sa finalité, quel est son utilité et quels sont ses méthodes. Ce livre de Joan W. Scott, l'une des premières historiennes des femmes, pose la question des méthodes de l'histoire. L'auteure souhaite retrouver, dans l'histoire, une dimension critique face aux catégories pré-constituées qui sont utilisées couramment dans l'histoire comme les Femmes, les Noirs ou les Homosexuels. Autant de catégories qui seraient, selon Joan W. Scott, utilisées sans essayer de les historiciser comme si elles existaient au-delà de tout processus historique. L'auteure souhaite que les historiens se posent la question de ces catégories. Comment ont-elles évolués et pourquoi? Plutôt que de se contenter de les utiliser sans recherche critique.

Bien que ce petit texte puisse faire croire que j'ai maîtrisé le livre je me dois de rétablir la vérité. Je n'ai pas compris ce livre dans toute sa richesse. Bien entendu j'ai fait l'effort et j'ai essayé de réfléchir au mieux sur les propos de Joan W. Scott. Néanmoins, ce livre ne m'a pas passionné et il m'a été difficile de le terminer. Mais, ce qui m'a le plus posé de problèmes est que je ne connaissais pas les concepts utilisés par l'auteure. En effet, je n'ai absolument rien lu sur le post-structuralisme ce qui implique qu'il m'est difficile de comprendre des concepts et développement argumentatifs prenant comme base cette théorie. Dans mes études je n'ai pas non plus connu le concept d'expérience, ce qui rend opaque, à mes yeux, presque tout un chapitre. Il me faudra donc continuer mes lectures dans ces directions si je souhaite vraiment comprendre le propos de Joan W. Scott.

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16/05/2010

Les black blocs: la liberté et l'égalité se manifestent par Francis Dupuis-Déri

Titre: Les black blocs: la liberté et l'égalité se manifestent416g0BVxB0L._SL500_AA300_.jpg
Auteur: Francis Dupuis-Déri
Éditeur: Lux 2007
Pages: 247

Voila un livre qui pourrait être contesté en ne prenant en compte que l'auteur. En effet, Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à Montréal, est aussi un (ex?) militant anarchiste. Il serait donc facile de critiquer son livre sur les blacks blocs en l'accusant de partialité. Néanmoins, bien que l'on sente quelques positions en faveurs de ce mouvement, je pense que l'on peut, dans la limite du raisonnable, accepter cette recherche. Mais qu'y trouve-t-on?

La première chose que fait l'auteur dans son livre est un petit historique du mouvement black bloc. Ce qui nous permet de connaître son origine, les mouvements squats de Berlin Ouest, et ce qu'est un black bloc. Loin de l'idée simpliste de jeunes dont la violence ne rivalise qu'avec le manque de consciences politiques on trouve, selon l'auteur, des jeunes très politisés qui ne sont pas toujours violents. La violence ne fait partie que de l'une des nombreuses stratégies possibles qui peuvent aller du simple défilé à la destruction de biens privés symboliques en passant par la défense des manifestants pacifiques ou encore un rôle d'infirmiers volontaires. Ce qui caractérise vraiment les blacks blocs, selon ce que j'ai compris c'est le refus d'une autorité dans le groupe et le fonctionnement par affinité. Pour les connaisseurs on retrouve l'une des idées de l'anarchisme.

Ensuite, l'auteur essaie de nous montre ce qui rend les membres des blacks blocs furieux contre le système politico-économique et quel est leur discours. On découvre que ces groupes considèrent l'état, et donc la police par extension, comme illégitimes et anti-démocratiques. Il en découle logiquement que le simple citoyen est en droit de se défendre contre les actions de la police et des états. En effet, l'auteur écrit que les blacks blocs considèrent que la démocratie de représentation n'est pas véritablement démocratique. Le citoyen est privé de la décision et le seul moyen pour lui de reprendre ce droit est d'agir. Cette action peut se faire pacifiquement ou non.

Une dernière analyse de l'auteur concerne les critiques faites aux blacks blocs. Selon Francis Dupuis-Déri ces critiques sont simplistes et stratégiques. Simplistes car les auteurs qui critiquent ces groupes ne tentent pas vraiment de comprendre les motivations et les messages. Stratégiques car elles permettent aux auteurs de ces critiques de suivre l'orthodoxie des dominants pour être accepté comme interlocuteurs légitimes et comme représentants d'une partie des citoyens. Dans sa conclusion l'auteur fait aussi une comparaison entre les actions des policiers et des blacks blocs. Non pas parce que les blacks blocs agissent légalement puisque la plupart des actions sont en contradictions directes avec la loi. Mais pour montrer que la police, lors d'une répression, est bien plus violente qu'un black bloc et que, en comparaison, elle a fait plus de morts et blessés.

Donc, on peut critiquer la position politique de l'auteur. On peut aussi critiquer l'action directe même après la lecture de ce livre. C'est mon cas. Mais ce livre nous apporte tout de même un éclairage précis sur les blacks blocs. Au lieu de se contenter de définitions simplistes que l'on peut lire dans les médias et écouter chez les politiques on découvre que la réalité est plus compliquée. On observe que les membres de ces groupes radicaux sont très politisés et connaissent parfaitement les risques de leurs actes. C'est pourquoi il arrive que les blacks blocs s'abstiennent d'agir pour éviter que les manifestants pacifiques ne pâtissent d'une répression policière. De plus l'auteur utilise non seulement des entretiens avec des membres et des communiqués des blacks blocs mais aussi des sources de presse et de la police. Ce qui lui permet de nous montrer la pensée des blacks blocs mais aussi la vision que la société civile possède sur eux.

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29/04/2010

La légende de Sigurd et Gudrún par J.R.R. Tolkien

Titre: La légende de Sigurd et Gudrún par J.R.R. Tolkien61OtCKYwkkL._SL500_AA300_.jpg
Titre original: The legend of Sigurd and Gudrún
Auteur: J.R.R. Tolkien
Traducteur: Christine Laferrière
Éditeur: Christian Bourgeois 2010, The Tolkien trust 2009
Pages: 295

Ce livre est dans la même optique que Les monstres et les critiques et autres essais, c'est un livre qui ne souhaite pas nous donner les écrits de fictions de Tolkien mais montrer la pensée de l'auteur. Christopher Tolkien nous offre donc une synthèse de quelques conférences de Tolkien concernant les légendes du nord et, particulièrement, celle auquel le titre du livre est emprunté. Mais ce n'est pas la seule chose que nous découvrons dans ce livre. Christopher Tolkien nous donne aussi une publication d'une réécriture de cette légende par Tolkien lui-même. Dans cette édition nous pouvons, d'ailleurs, lire le poème en français et en anglais. Cette révision ne nous permet pas de comprendre les légendes nordiques sans l'aide des commentaires mais nous pouvons très facilement observer en quoi Tolkien fut influencé.

En effet, la lecture du poème montre des parentés évidentes entre les événements de la légende nordique et certaines fictions que Tolkien a écrite. Je pense, particulièrement, à l'histoire de Turin Turambar. En effet, nous retrouvons beaucoup de thèmes communs non seulement en ce qui concerne le dragon mais aussi l'or et même le heaume. Ce livre a, donc, deux points forts. Premièrement, grâce à lui on peut mieux comprendre ce qui attirait Tolkien et comment il l'inséra dans sa propre mythologie. Secondement, nous pouvons découvrir, mais non dans sa pureté, l'une des légendes nordiques. Ces légendes qui, aujourd'hui encore, peuvent fasciner les lecteurs ou les auditeurs.

Image: Amazon.fr

27/04/2010

"Elles sont 300 000 chaque année" par Simone Veil suivi de "Accéder à la maternité volontaire" par Lucien Neuwirth

Titre: "Elles sont 300 000 chaque année" par Simone Veil suivi de "Accéder à la maternité volontaire" par Lucien Neuwirth51DC6oH9GJL._SL500_AA300_.jpg
Éditeur: Points 2009
Collection: Les grands discours
Pages: 61

Dans l'histoire nous connaissons, de temps en temps, de grands discours dont quelques mots restent compréhensible par une large part de la population. C'est le cas pour le "I have a dream" et, plus récemment, le "Yes we can" mais aucun français n'a oublié non plus le discours du générale de Gaule à la libération ("Paris meurtri, Paris outragé, Paris brisé... Mais Paris libéré"). Les éditions points ont, donc, donné au public quelques uns de ces discours historiques en les liant selon le thême.

Les deux discours que je viens de lire concerne le droit des femmes à prendre en charge leur fertilité. Le premier est le discours de Simone Veil en 1974 qui marque la dépénalisation de l'avortement. Alors que, encore récemment pour l'époque, les femmes pouvaient être arrêtée pour s'être faites avorter Simone Veil, difficilement, réussit à obtenir une loi légalisant l'avortement mais mettant aussi en place une aide sociale envers les femmes. Le second discours concerne le sujet de la contraception. Dans un contexte de peur démographique Lucien Neuwirth réussit à faire accepter une loi légalisant la contraception tout en militant pour une politique familiale volontariste.

On pourrait penser que ces discours ne sont pas très utiles à la lecture aujourd'hui. Mais au moment ou, en Suisse, certains milieux politiques tentent de remettre en question le droit à l'avortement il peut être intéressant de revenir aux textes des combats fondateurs. En effet, ce n'est pas seulement l'acceptation de deux pratiques que l'on peut retrouver à la suite de ces discours. C'est une progressive autonomisation du corps de la femme. Oui la femme peut enfin décider d'avoir ou non un enfant, la femme peut se dégager des risques qu'elle était seule à prendre. C'était une avancée majeure pour la société.

Image: Amazon.fr

24/04/2010

Matériaux Pour Servir À L'histoire Du Doctorat H.C. Décerné À Benito Mussolini En 1937 par Olivier Robert

Titre: Matériaux Pour Servir À L'histoire Du Doctorat H.C. Décerné À Benito Mussolini En 1937
Auteur: Olivier Robert
Éditeur: Université de Lausanne 1987
Pages: 247

Le doctorat Honoris Causa en sciences sociales que reçu Mussolini de la part de l'université de Lausanne m'a toujours surpris. Comment et pourquoi une université libre décida d'offrir cet honneur à un dictateur qui venait d'envahir un pays en usant de méthodes criminels? Ce livre, que je viens de terminer, a pour but non d'expliquer cet honneur ni de trancher le débat. Il a pour but d'offrir aux chercheurs et aux intéressés des sources utiles pour comprendre cette événement particulier d'une histoire plus large. Une fois ce fait en tête on comprend bien mieux les choix fait par Olivier Robert et les manques que nous pourrions tous observer dans ce livre.

Premièrement, l'auteur nous donner un bref rappel des événements. Il nous montre comment l'université de Lausanne peut offrir ses doctorats honoris Causa et qui fut l'auteur de la proposition. Sans oublier, bien entendu, le contexte dans lequel ce cadeau s'inscrit: les 400 ans de l'université et les quelque dons offert par le dictateur. L'auteur nous dépeint rapidement, ensuite, le déroulement des événements. Ce qui nous permet de voir comment l'université accepta ce doctorat et comment le public, principalement journalistique et intellectuel, réagit. Néanmoins, nous ne savons toujours pas vraiment pourquoi Mussolini reçut ce doctorat. Est-ce à cause de ce professeur Boninsegni qui semble avoir été proche du dictateur et qui se considérait lui-même comme étant une "sentinelle avancée du fascisme" (lettre du 30.10.1930 à Mussolini aux pages 38-39)? Les autorités universitaires de l'époque ont-elles réellement cru pouvoir découper Mussolini en un ancien étudiant et en un chef d'état pour justifier ce doctorat? Nous ne le saurons pas via ce livre.

Ce que ce livre nous donne, par contre, c'est un certains nombre de sources. C'est, d'ailleurs, l'intérêt principal de l'ouvrage. La lecture de ces sources nous permettent de voir les liens qui existaient entre Boninsegni et le dictateur. D'observer comment l'université réagit au scandale qui s'ensuivit. Et de suivre ce même scandale par les lettres de protestations et les articles de la presse. Ces protestations pouvant être tout aussi argumentées que sarcastique. Il reste, tout de même, dommage que l'auteur n'ait pas fait un travail d'historien ici.

Image: Unil.ch

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04/04/2010

A qui appartient la culture?

Tous les médiévistes vous le diront: la culture n'appartient pas à l'être humain. En effet, durant la période médiévale, la culture n'était pas un bien que l'homme possédait. Les arts faisaient partie du monde de Dieu et, Dieu en étant le créateur, ne pouvaient pas être revendiqué par une seule personne. Bien sur, cela n'empêcha pas une production prolifique et le patronage de ce que nous nommons aujourd'hui des artistes. Bien au contraire, le moyen âge nous a offert de grandes œuvres qui restent encore aujourd'hui dans notre imaginaire collectif. En ne citant que les plus connus il est facile de parler de l'histoire de Tristan et Iseult et des légendes du roi Arthur. Mais le moyen âge ne nous pas légué que des écrits. Nous gardons aussi une philosophie et des monuments.

Tout ceci ne répond pas à la question que j'ai posé et, surtout, n'explique pas pourquoi j'ai décidé d'écrire cette note. Qu'on le sache ou non plusieurs pays occidentaux sont en train de négocier le cadre d'un accord secret, nommé ACTA, restreignant fortement le droit des consommateurs. Je passe sur le caractère non-démocratique de cet accord: le secret lui-même dans un cadre institutionnel (et je souligne) n'est pas démocratique. Pourquoi donc les consommateurs sont ils toujours attaqués?

On pourrait me rétorquer qu'on ne l'est pas: c'est faux. Depuis plusieurs années le consommateur de culture a été considéré, de plus en plus, non comme un citoyen mais comme un voleur en puissance. A tel point que, maintenant, n'importe quel acheteur de matériel d'écoute doit payer, en plus du prix, une taxe reversée ensuite comme droits d'auteur. En tant que consommateur nous sommes donc des pirates a priori. En plus, chaque achats de matériels d'écoute implique le paiement de cette taxe même si la majorité des personnes acquièrent leurs biens culturels de manière légale. Les consommateurs sont non seulement considéré comme voleurs a priori mais, en plus, surtaxés. Et je ne parle pas ici des autres dangers qui peuvent concerner le prêt de biens culturels. En effet, de plus en plus, il devient difficile de vouloir prêter à un ami des CD ou DVD. Les bibliothèques ont bien compris le danger puisque leur fonctionnement se base sur le prêt. C'est à tel point que je me demande si je ne suis pas hors du cadre légal lorsque je regarde un DVD avec une amie! Un ami n'est, en effet, pas inclus dans le cadre privé de la famille.

Bref, à qui appartient la culture? Tout artiste devrait le savoir et tous les scientifiques aussi. La culture est, par définition, un bien de l'humanité. Le seul moyen pour un homme de garder le contrôle d'un bien culturel qu'il a créé est de ne pas le communiquer. Car, dès que vous communiquez vos œuvres, vous l'offrez à des personnes qui vont l'observer et le considérer avec leurs propres yeux. Ils vont le ressentir d'une façon ou d'une autre que vous n'aurez, peut être, pas attendus. Votre bien peut même devenir constitutif d'une identité collective comme la tour Eiffel l'est pour la France. Un bien culturel, par définition, ne peut pas être restreint par les droits de la propriété sans détruire, en grande partie, la force symbolique de ce même bien. Les voleurs ne sont donc pas ceux que l'on croit.

10:02 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, contrôle, acta | | | |  Facebook

03/04/2010

Nations et nationalisme depuis 1780. Programme, mythe, réalité par Eric Hobsbawm

Titre: Nations et nationalisme depuis 1780. Programme, mythe, réalité41MJ6GQBDYL._SL500_AA300_.jpg
Titre original: Nations and nationalism since 1780. Programme, mythe, reality
Auteur: Eric Hobsbawm
Éditeur: Gallimard 1992 collection folio histoire (Cambridge university press 1990 édition originale)
Pages: 371

Hobsbawm attaque, dans ce livre, un problème ardu qui a déjà fait culer des litres d'encre sur des papiers d'historiens, de sociologues, de politologues, d'essayistes, de philosophes, de juristes et j'en passe. Pourquoi tant de personnes sur un sujet que nous semblons tous connaitre? Pourquoi autant de scientifiques ont essayé de réfléchir sur ce qu'est et d'où viennent les nations? Parce que ce n'est pas aussi simple que cela en a l'air. Dans une histoire récente ou les nationalismes semblent s'être réveillé et se protéger nous avons l'impression de tous connaitre la définition du mot nation et nous sommes sur de tous savoir de laquelle nous faisons partie et son histoire. Mais ce n'est pas si simple.

Hobsbawm, dans ce livre, nous offre une analyse "par le bas" des nations. Il ne faut pas entendre par le terme bas une dépréciation. Hobsawm essaie de comprendre comment le peuple, monsieur et madame tout le monde, ont intégré et compris le concept de nation au fil de l'histoire. Mais cette analyse suppose une dé-construction du mythe des nations. En retournant aux origines on découvre que les états-nations que l'on semble observer aujourd'hui ne sont pas un produit naturel de l'histoire. Ils ont été pensé et construit au fil d'une histoire qui commence au XIXe siècle. Non, nos états-nations ne sont pas le produit naturel et éternel d'une culture commune partagée et ancestrale. Ce sont des constructions identitaires qui ont suivis différentes formes.

Dans ce court livre nous avons donc un retour vers les processus de création des identités nationales dans leur dynamique. Alors que certains pensaient que seuls les états-nations économiquement viable étaient légitime il fut ensuite imaginé, au XXe siècle, que toutes les nations avaient droit à l'autodétermination. Hobsbawm nous montre aussi les différentes manières de créer son identité: la langue, l'ethnie, la religion ou la race. Mais en nous montrant cette création Hobsbawm démontre aussi leur fragilité et leur artificialité allant jusqu'à, parfois, recréer une langue oubliée depuis des siècles!

Pour finir, Hobsbawm essaie de comprendre comment les états-nations vont évoluer. A contre courant de thèses pro-nationalistes qui ont suivi la chute des régimes dit communistes il pense que les états-nations sont dans leur crépuscule. Non seulement les instances inter-étatiques se multiplient mais les migrations détruisent les homogénéités ethniques des nations qui n'ont, de toute manière, jamais existé. Alors comment expliquer l'essor du nationalisme? Hobsbawm considère que la raison en est la peur. Un sursaut pour essayer de garder ce que l'on était. Reste à savoir si les états-nations vont vraiment disparaitre?

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12:20 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nations, hobsbawm, nationalisme | | | |  Facebook

22/03/2010

Des hommes ordinaires. Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne par Christopher R. Browning

Titre: Des hommes ordinaires. Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne51rGLWO8FsL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Christopher R. Browning
Éditeur: Tallandier 2007 (1992 première édition originale)
Pages: 367

Hasard du calendrier je termines ce livre, devenu un classique de la littérature sur la Solution finale, alors que l'émission "reproduisant" l'expérience de Milgram est encore dans les débats. Car Browning a le même but que Milgram dans ce livre: comment des personnes ordinaires à tout égards ont-ils pu se muer en tueurs acharnés et sans états d'âmes? Comment devient-on complice du plus grand génocide que l'histoire ait connu? Browning a donc décidé de ne pas s'intéresser aux SS, ni aux Kapos, ni aux camps de concentrations. Non, l'auteur a décidé de ne s'intéresser qu'a des hommes véritablement ordinaires. Il a donc analysé les événements et les motivations d'un bataillon de police précis sur lequel on posséde de nombreuses sources judiciaires: le 101e bataillon de l'Ordnungspolizei.

Au fil du livre Browning nous livre, donc, les événements tels qu'ils peuvent être reconstitué par les souvenirs des membres de ce bataillon. Les tueries, les pogroms, les déportations mais aussi les policiers refusant de tirer, ceux qui ne refusent pas mais ratent intentionnellement sans oublier les états d'âmes de Trapp lors de la première tuerie. A la lecture de ce livre on découvre une palette large de comportements qui vont du refus pur et dur à l'acceptation totale des ordres avec plaisir en passant par des gammes variées de résistances épisodiques lorsque les contrôle par la hiérarchie sont manquant.

Puis, Browning essaie d'expliquer ce qu'il s'est passé. Il ne veut pas excuser mais essayer de comprendre comment ces événements ont été possibles. Qu'est ce qui a mené à de tels horreurs? Pour cela il mobilise de multiples points: pression des pairs, légitimité du pouvoir, distanciation envers les victimes, propagande,... Il semble qu'aucune de ces explications ne puisse, seule, expliquer parfaitement ce qu'il s'est passé.

Ce livre est, donc, un livre vivant. Vivant car on retrouve le déroulement des événements dans leur dynamisme. Comment les choses ont changés pour le bataillon depuis la première tuerie à Jozefow et comment elles évoluent vers une absence de sentiments. Mais c'est aussi un livre explicatif qui essaie de montrer comment la guerre et le régime nazi ont pu déshumaniser une partie de la population et pousser à tuer. Cependant ce sont des événements terribles et, même avec les moments de pitié que Browning nous montre, on ne peut pas excuser les auteurs de ces massacres.

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13/02/2010

Tolkien et le Moyen Âge sous la direction de Leo Carruthers

Titre: Tolkien et le Moyen Âge5149AA405jL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Sous la diection de Leo Carrruthers
Éditeur: CNRS 2007
Pages: 331

Un livre qui, dans son titre, inclut deux thèmes qui me passionnent ne pouvait que me sauter aux yeux. Nous avons donc d'un coté Tolkien, l'un des auteurs les plus connu et les plus emblématiques du XX siècle, et de l'autre le Moyen Âge, une période particulièrement passionnante et peu connue. Ce livre souhaite parler du lien entre les deux. Pour cela il regroupe des travaux universitaires ayant tous en commun le thême de Tolkien. Chacun, ensuite, a analysé une partie précise de la mythologie du Seigneur des Anneaux. L'idée principale est de retrouver les influences médiévales qui ont joué, consciemment ou non, sur l'esprit de Tolkien.

Tout connaisseur de Tolkien sait rapidement qu'il a longuement travaillé sur des textes médiévaux et qu'il a forcément été influencé par eux. On parle souvent de Beowulf par exemple. Mais il y a une différence entre savoir et analyse. Je savais déjà, en partie, ce que j'ai lu dans ce livre. Mais il m'a permis de mieux comprendre la profondeur des influences médiévales sur Tolkien. Qui sont surement en partie inconsciente. L'architecture, la poésie (bien entendu), la médecine ou tout simplement les personnages peuvent être retrouvé, en partie, dans des pensées et histoires médiévales. Personnellement, j'ai particulièrement apprécié les analyses sur l'architecture et la magie que Tolkien a inclut dans son récit et que j'ai trouvé très éclairantes.

Néanmoins, il ne faudrait pas oublier que Tolkien n'a pas que copié ce que le moyen âge a fait. C'était un créateur et, à ce titre, il ne doit pas être réduit à simple universitaire qui essaie de relier entre eux des concepts. Il a véritablement créé un monde (secondaire comme il le disait) dans lequel on peut retrouver des fragments de concepts et histoires médiévales. De plus, les articles ne sont pas toujours très accessibles. Par exemple, je n'ai pas été capable de comprendre les détails d'analyse des poèmes ou des langues. Ce n'est pas un livre qui est destiné à tous les lecteurs de Tolkien. Il demande un certain effort et une connaissance au minimum de base dans les thèmes abordés. Mais si on a cette connaissance (qui n'est pas toujours difficile à trouver) on sortira forcément enrichi de la lecture de ces articles.

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10:12 Écrit par Hassan dans Fantasy, Histoire, tolkien | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tolkien, moyen age | | | |  Facebook

10/02/2010

Paroles de déportés : Témoignages et rapports officiels

Titre: Paroles de déportés : Témoignages et rapports officiels51pnD7smAQL._SL500_AA240_.jpg
Éditeur: Bartillat 2009
Collection: Omnia
Pages: 306

J'ai hésité avant de parler de ce livre. Pour plusieurs raisons dont la plupart sont parfaitement compréhensibles et transparentes. Après réflexion j'ai tout de même accepté d'essayer d'en parler. Mais il reste de savoir comment. Car c'est un sujet vaste, difficile et surtout profondément émotionnel. Ce que nous lisons dans ce livre est horrible. Est inhumain. Le livre contient les témoignages de déportés et des rapports concernant la vie quotidienne - peux-t-on la nommer ainsi sans hypocrisie? - dans les camps de la mort découpé selon le "thême" concerné, arrivée, sévices, libération...

Lors de la lecture on découvre un système profondément et fondamentalement inhumain. Dont les deux seuls buts sont la déshumanisation et la destruction des vies humaines. Ce que l'on découvre à travers les paroles de ces survivants ce n'est pas qu'un cynisme sans faille mais aussi, et surtout, une cruauté inconcevable. On ne peut que ressentir une profonde tristesse face aux sévices relatés, avec courage, par ces personnes dont on déniait l'humanité. C'est un livre dur à lire.

En lisant ce livre il m'est venu plusieurs questions sur la façon dont, en tant qu'étudiant en histoire, je pouvais partager ces connaissances des horreurs qui ont eu lieux. Je peux critiquer la manière dont le livre a été découpé: lier des fragments de témoignages selon des thèmes globaux est-il une bonne manière de faire? je peux aussi critiquer l'absence d'explication et d'accompagnement des témoignages mais est-ce vraiment pertinent?

A un certain moment c'est moi-même que je me mis à critiquer. En effet, je connaissais ces événements et sévices. J'en avais une connaissance intellectuel par la lecture de livres d'histoire. Mais un livre scientifique n'a pas la même force qu'un témoignage brute et nu. De la même manière un livre n'a pas la même force que la parole. Réfléchissant sur la manière dont je ressentais ces événements horribles j'en suis arrivé à une conclusion. Même si, intellectuellement, je connaissais la réalité des sévices et pouvais comprendre le système inhumain qui se trouve derrière j'étais incapable. émotionnellement, de concevoir une telle haine à l'égard d'êtres humains. Comment pouvoir concevoir qu'un être humain soit capable de tels tortures et méfaits contre un autre être humain? Comment imaginer qu'un être humain puisse ne voir en d'autres êtres humains que des animaux, voir même pas des animaux? Je ne crois pas en être capable.

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09:50 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |  Facebook

08/02/2010

Héros et merveilles du moyen âge par Jacques Le Goff

Titre: Héros et merveilles du moyen âge41pueX9-NrL._SL500_AA240_.jpg
Auteurs: Jacques Le Goff
Éditeur: Seuil 2005 et 2008
Pages: 312

Depuis l'année passée le moyen âge me fascine. C'était une époque fondamentalement différente et pourtant créatrice de notre civilisation. Un monde que l'on a vu noir et chaotique alors qu'elle créa de magnifiques œuvres et une philosophie unique. Une époque non de transition mais de création alors qu'elle se pensait comme précédant la fin des temps et déclinante. Lorsqu'on veut s'instruire sur cette période magnifique on touche, forcément, a quelques grands médiévistes dont Jacques Le Goff fait partie.

Ce livre en poche est écrit pour parler d'une forme d'histoire particulière: l'histoire de l'imaginaire. A l'intérieur du texte Jacques Le Goff nous parle de rois, de chevaliers, de femmes et d'objets symboliques du moyen âge et qui ont, parfois, gardé toute leur force jusqu'à nos jours jusqu'à, parfois, incarner une partie de ce que l'on pense être la période médiévale. C'est ainsi que Le Goff nous offre des informations autant sur Charlemagne et Arthur que sur le cloître et les cathédrales en passant pas des métiers comme celui des jongleurs. Mais Le Goff ne se contente pas de nous donner la signification et l'origine médiévale de ces symboles. Il nous offre leurs changements et perpétuations tout au long de l'histoire jusqu'à nous.

Néanmoins, pour celui qui souhaitait un essai, ce sera une déception. Ce livre, en fait, n'est pas fait pour être construit en poche. C'est un livre court et synthétique dans le but d'entourer de belles images en couleurs alors que ce livre en poche nous les montre en noir et blanc. Si on souhaite vraiment jouir de ce livre il faudra dont prendre son alter ego en grand format que, malheureusement, je n'ai pas entre les mains. L'édition en poche ne peut pas donner autant de plaisir même si il donne des informations intéressantes.

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09:55 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre, moyen âge | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : héros, merveilles, jacques le goff | | | |  Facebook

29/01/2010

Les Suisses et les nazis: le rapport Bergier pour tous par Pietro Boschetti

Titre: Les Suisses et les nazis: le rapport Bergier pour tous41G60MJM6SL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Pietro Boschetti
Éditeur: Zoé 2004
Pages: 189

Voila un livre dont il est difficile de parler. Bien entendu ce n'est pas le rapport Bergier, c'en est un compte rendu synthétique, mais on sait tous les passions que déclenché et a déclenché ce rapport. Il a été accusé de partialité, de salir la Suisse, pour peu Bergier serait un traitre à la nation. Cependant le rapport Bergier est la marque d'un effort hors du commun de la part de notre pays. Un effort énorme pour reconstruire son passé, pour le connaitre et le comprendre et non le juger. Monsieur Bergier l'a dit et répété et je le dis après lui. L'historien n'a pas pour fin de juger. Sa fin est de donner les savoirs et clés de compréhensions du passé sans juger des actes. Seulement en donner le pourquoi et les conséquences. Dans cette optique le rapport Bergier avait une mission très précise qui l'obligeait à ne prendre en compte que les victimes avec des données, le plus souvent, statistiques ou économiques. Oui, ce n'est pas une histoire de la Suisse lors de la Seconde Guerre Mondiale. Oui, il manque d'énormes pans de l'histoire de la Suisse lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Ce livre, intitulé pour tous, est donc principalement un compte-rendu synthétique. Ceci implique qu'on ne peut se baser sur Pietro Boscheti pour critiquer, de manière historique, le rapport de la commission Bergier. Ca implique aussi que les choix éditoriaux sont personnels et n'impliquent pas le même développement, relatif, dans le rapport original. Néanmoins, ce livre s'appuie quand même sur les écrits originaux. Et nous y découvrons comment la Suisse a agit, de manière économique et politique, vis à vis de l'Allemagne nazie. On y voit que l'attitude envers les réfugiés est la conséquences de la peur de l'étranger et des juifs qui se fit après la Première Guerre Mondiale. On y lit aussi que l'attitude, incompréhensible, des élites économiques se comprend si on accepte que ces personnes ne croyaient pas en la défaite de l'Allemagne et souhaitaient rester forts économiquement après sa victoire et que, lorsque la perte de l'Allemagne fut certaine, ces personnes pensaient qu'elle resterait un acteur économique fort. Ces agissements n'excusent rien et beaucoup de vies auraient pu être sauvées avec d'autres décisions qui n'ont pas été prises ou qui furent refusées par l'économie ou le politique. Comme l'attitude des banques et des assurances, après la guerre, n'est guère excusable.

Mais comment critiquer ce livre? Difficile car le débat n'est pas encore serein, les recherches pas terminées, les sources de l'auteur ne sont même pas notées en bas de page. C'est un choix que, personnelement, je regrette. Comment peut on critiquer un travail sans savoir d'où les données proviennent? Bref, il faudra se tourner vers le rapport original pour les connaitre. Mais il se pose un problème. La commission Bergier avait d'énormes privilèges. Elle a pu passer outre le secret bancaire, lire les archives privées et les analyser. Un historien peut il espérer avoir les même accès maintenant? Il y a de grandes chances que non. Mais comment critiquer un travail historique si les sources sur lesquels ce travail se fonde sont hors de portée? En l'état, je pense qu'il est impossible de savoir si la commission s'est trompée ou a oublié des données. Néanmoins, il reste beaucoup à faire sur l'histoire Suisse lors de cette Seconde Guerre Mondiale.

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24/01/2010

Invictus

Invictus parle d'un sujet qu'il n'est pas facile d'aborder: L'Afrique du Sud. Un sujet difficile à interpréter et qui n'est toujours pas résolu pour certains pays. Le film commence le jours même de la libération de Mandela. Rapidement, Clint Eastwood passe sur les quelques événements qui ont jalonné cette période jusqu'à l'élection de Nelson Mandela au poste de Président. A partir de ce point on suit le mandat de Mandela sur un an dans un pays rongé par la désunion et la peur. On devine une partie de sa pensée, on ressent son projet mais surtout, surtout, on voit ce qu'il a tenté de faire avec la coupe du monde de rugby qui avait lieu en Afrique du Sud. Un tournoi qui pourrait unir une nation divisée depuis trop longtemps...

Non, je n'aime pas le rugby. Mais un film sur Mandela, incarné par Morgan Freeman et dirigé par Clint Eastwood, se refuse difficilement. Même si l'aspect sportif me laissait dubitatif j'ai voulu le voir et me faire une idée après. La première chose que je me sente obligé de dire est que Morgan Freeman est tout simplement parfait. J'ai beaucoup de mal à voir Nelson Mandela incarné par un autre acteur. J'ai l'impression que Freeman a véritablement incarné cet homme exceptionnel qu'est Mandela. La seconde chose c'est que, finalement, le rugby n'a pas nuit à ma vision du film. Je n'y connais et ne suis donc pas capable de juger ce point. Mais plus que du rugby Eastwood nous montre un symbole. Le symbole de l'unification d'une nation derrière une équipe. Le symbole d'un renouveau. Invictus est moins beau qu'Avatar et sa technologie cependant il est définitivement bien meilleur!

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18:38 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique du sud, mandela, invictus | | | |  Facebook

14/01/2010

L'histoire contre l'extrême droite: les grands textes d'un combat français (Vincent Duclert directeur)

Titre: L'histoire contre l'extrême droite: les grands textes d'un combat français51V7KJ6ZFVL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Vincent Duclert directeur
Éditeur: Mille et une nuits 2002
Pages: 121

Encore une fois je vais parler d'une collection de texte. Mais cette fois cette anthologie est, je trouve, mieux construite que celle sur le Communisme. Car la nous avons un livre construit d'une manière plus rationnel. L'histoire contre l'extrême droite a un but facile à trouver: montrer que l'extrême droite est hors de toutes traditions démocratiques ceci e utilisant de grands textes liés à des contextes historiques connus. Nous avons donc la lutte contre le Poujadisme, l'affaire Dreyfuss, tous les textes concernant l'avant et l'après seconde guerre mondiale sans oublier l'Algérie et ce qui est nommé "le retour des extrêmes". En tout ce sont 80 textes écrits par des noms encore connus, d'autres moins, mais tous concernant un minimum l'extrême droite.

Néanmoins on peut se demander si ce livre est vraiment bien construit. Premièrement, et les évènements que j'ai cité le prouvent largement ainsi que l'introduction qui l'avoue, il oublie totalement les autres pays. Seule la France est concernée et utilisée. Pas d'Allemagne, pas d'Italie, d'Angleterre ou que sais-je encore? A mon avis, c'est un oubli difficile à justifier car l'extrême droite n'est pas que française et la lutte contre non plus. En second lieu, j'ai beaucoup aimé lire ces différents textes mais j'ai été frustré. Déjà je trouve souvent que les extraits sont trop courts. Ceci pourrait être oublié si Duclert avait écrit une introduction plus grande aux différents textes. En effet, ma seconde critique sur ce point est que je trouve la contextualisation trop sommaire. On ne comprend pas toujours le pourquoi du comment des propos des différents auteurs. Bref, un livre intéressant mais il sera encore plus intéressant de lire directement les textes cités.

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03/01/2010

La guerre d'Algérie par Guy Pervillé

Titre: La guerre d'Algérie31uYaNovqTL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA240_SH20_OU08_.jpg
Auteur: Guy Pervillé
Éditeur: Presses Universitaires de France mars 2007
Collection: Que sais-je
Pages: 127

La guerre d'Algérie est un évènement important de l'histoire de la décolonisation française mais encore difficile à comprendre. C'est pourquoi j'ai voulu connaitre les bases en lisant ce petit livre. Guy Pervillé a décidé ici de faire une histoire chronologique. Il a découpé cette chronologie selon des moments clefs qui permettent de comprendre les évènements et le pourquoi de ces derniers. C'est donc un bon livre d'introduction pour les néophytes de cette guerre (qui ne porte officiellement le nom de guerre que depuis peu de temps). Néanmoins le livre souffre de sa collection. Une collection pour connaitre les notions de base ce qui implique que les explications sont liminaires. Ce qui implique aussi une grande densité des propos qui sont, en outre, souvent peu passionnant . Tous mériteraient un développement bien plus large (je citerais, par exemple, le cas de la torture). Heureusement l'auteur a aussi créé une (trop?) courte bibliographie pour ceux que le sujet intéresse et qui souhaitent des livres plus complets.

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30/12/2009

L'invention de la culture hétérosexuelle par Louis-Georges Tin

Titre: L'invention de la culture hétérosexuelle612ExdOT8JL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Louis-Georges Tin
Éditeur: Les éditions Autrement 2008
Pages: 201

Voila un petit livre qui pourrait choquer certaines personnes car ce livre a un but: prouver que l'hétérosexualité n'est pas originaire de la nature mais d'un programme culturel. Pour cela l'auteur s'est consacré à trois thèmes précis: la culture des chevaliers, celle de l'église et celle de la médecine. Ceci depuis le moyen âge jusqu'à maintenant. En lisant ce livre on découvre que la culture hétérosexuelle comment à exister depuis le XII ème siècle. Auparavant, l'homosocialité règne avec son culte de l'amitié virile et son mépris de la femme. Mais il ne faudrait pas croire que la femme soit mieux traitée après l'arrivée des troubadours. Elle reste un objet.

On découvre une résistance sur deux points. Les chevaliers résistent car la virtus de l'homme est en danger de molitia à cause de l'amour. L'église résiste car l'attirance pour la femme crée un problème de sexe. Les deux essaient de bloquer cette nouvelle hétérosexualité et traitent avec elle (par traiter j'entends bien sur un dynamisme culturel et social inconscient). L'église, par exemple, essaie de substituer le culte de la femme par le culte de la Vierge, mère de Dieu et donc possible receveuse de l'amour destiné à Dieu. On trouve aussi l'idée médicale selon laquelle l'amour est une maladie qu'il faut traiter. Cette idée restera longtemps.

Néanmoins, le champs médical deviendra bientôt un ami des hétérosexuels en créant un individu vraiment malade: l'homosexuel. Ce dernier regroupe les tares de l'amour. Il est molitia, efféminé, et est fauteur de péché sexuel. C'est donc le bouc émissaire tout désigné de la nouvelle culture. Cette dernière étant, au XX ème siècle, victorieuse. Tellement victorieuse que l'existence d'anciens artistes ou grands hommes probablement coupables d'homosocialité ou d'homosexualité créent un problème: comment les faire découvrir aux enfants tout en leur évitant de voir leurs tendances? C'est ici que j'ai eu ma plus grosse surprise. J'ai découvert que certains livres offerts durant le cursus scolaire sont expurgés de leur contenu et même modifiés.

C'est donc un livre très intéressant que nous offre Louis-George Tin. Néanmoins, c'est un livre inachevé. Il réussit à prouver la création de la culture hétérosexuelle mais il passe trop rapidement sur des points importants. Cependant, l'auteur a l'honnêteté intellectuelle de reconnaitre ce manque. Il considère son livre non comme une synthèse mais comme une ouverture pour des recherches futures. Espérant qu'elles existeront.

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23/12/2009

La démarche d'une recherche en sciences humains de la question de départ à la communication des résultats par François Dépelteau

Titre: La démarche d'une recherche en sciences humains de la question de départ à la communication des résultats41Sj4PGXGuL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: François Dépelteau
Éditeur: De Boeck Université pour l'Europe (Les Presses de l'université de Laval 2000)
Pages: 417

Voila un livre sur lequel il sera difficile de parler. Non seulement le sujet n'est pas des plus intéressant mais surtout le titre n'est de loin pas attirant. De plus, ce livre est destiné surtout aux étudiants apprenant à faire de la recherche. C'est donc un manuel de méthode avec tout ce que cela implique: rigueur, théorie, résumés... Dépelteau a donc créé un livre dense qui permet de connaitre la façon dont on est censé faire une recherche en sciences humaines. Pour cela l'auteur commence par définir ce qu'est la science et les différents paradigmes de la science humaine. Ensuite il décrit les démarches du chercheur pour terminer par la façon de communiquer les résultats.

Pourquoi le lire quand on n'est pas étudiant (certains étudiants pourraient dire "pourquoi le lire?"). Premièrement ce livre n'est pas si ennuyeux que cela. L'auteur réussit à mettre en place une dose d'humour sympathique entre les pages. Secondement, et surtout, pare que pour critiquer une recherche il faut la comprendre. Ce livre permet à tous de mieux comprendre la manière de travailler des chercheurs en sciences humaines. Il est donc plus facile, ensuite, de critiquer leur travail et de ne pas prendre les résultats pour paroles d'évangiles. Néanmoins il ne faut pas mentir. Ce livre reste un manuel de méthode un peu ennuyeux.


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09:44 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre, Politique, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : méthode, sciences humaines | | | |  Facebook

15/12/2009

Marx et l'histoire

Titre: Marx et l'histoire41-FnwPeZDL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Eric Hobsbawm
Éditeur: Demopolis 2008
Pages: 203

Le titre peut être trompeur, ce ne sont pas des textes inédits de Marx mais un recueil de conférences et articles d'Hobsbawm. Tous ces textes, courts, ont un point commun: ils montrent le point de vue de l'auteur sur l'histoire. Ce sont donc dix conférences qui font le point sur les méthodes historiques selon Hobsbawm. Commençant par la hausse du barbarisme en occident il essaie aussi de justifier son marxisme en tant qu'historien. Selon lui, Marx est le seul penseur a avoir créé un système qui permette de pouvoir voir, a peu près, le dynamisme historique. Nous y trouvons aussi plusieurs réflexions sur l'histoire du temps présent qu'il considère changeant selon la personne qui l'a fait. Troisièmement, Hobsbawm y est aussi montré lors de plusieurs conférences luttant contre ce qu'il appelle les "mythes de l'histoire" autrement dit les histoires nationalistes qui se disent anciennes alors qu'elles sont très récentes. Au fil des pages nous découvrons ce que Hobsbawm considère comme la mission de l'historien: démythifier l'histoire et se mettre au service de la population même si elle ne le souhaite pas ou refuse les conclusions historiques.

En tant qu'étudiant en histoire je n'ai pas qu'être enrichi par les pensées de cet auteur connu. Je peux ne pas être d'accord mais je dois être honnête: la pensée de Hobsbawm me semble suffisamment rigoureuse et précise pour être prise au sérieux. Mais si j'en parle ici c'est que ce livre n'est pas utile qu'a l'historien. N'importe qui, en le lisant, peu comprendre le décalage existant entre la conception populaire de l'histoire et celle qui ressort dans les livres professionnels. Comme on le sait: les acteurs de phénomènes historiques ne se reconnaissent jamais dans le traitement que l'historien fait de cet évènement. Ce livre explique pourquoi. C'est pourquoi je considère qu'il peut être salutaire pour tous de le consulter.


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09:49 Écrit par Hassan dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, méthode | | | |  Facebook

13/12/2009

Ces allemands qui ont affronté Hitler par Gilbert Badia

Titre: Ces allemands qui ont affronté Hitler51EPPPN89ZL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Gilbert Badia
Éditeur: Les éditions de l'atelier / les éditions ouvrières 2000
Pages: 254

Comme beaucoup, et même si j'étudie l'histoire, j'ai découvert l'existence de résistances allemandes en regardant le film Walkyrie relatant l'attentat de Staufenberg contre Hitler. Comme un film d'hollywood reste ce qu'il est j'ai voulu m'informer d'une manière plus précise. C'est pourquoi, il y a quelques mois, j'ai noté le titre de ce livre pour une lecture future. Je l'ai maintenant terminé.

Il est tout de même difficile de parler de cette période. Les erreurs peuvent être très mal ressenties et on peut rapidement glisser dans des présupposés. Badia, avec ce livre, a voulu effacer une erreur de l'historiographie qui est celle de l'oubli de la plupart des résistances allemandes. Oubli tributaire, comme il nous le montre, de la situation politique lors de la Guerre Froide. L'auteur nous donne un large panorama de multiples résistances. Nous avons des informations sur les communistes, la Rose Blanche, l'Orchestre Rouge, les sociaux-démocrates sans oublier de parler des églises.

Ce qui, probablement, fait la force de ce livre ce n'est pas le récit, intéressant, de ces résistances mais l'analyse que Badia fait des raisons de l'échec des résistants. Selon lui, cet échec est imputable à la désorganisation des résistances qui s'ignoraient voir se combattaient, l'atermoiement de certains, les changements de points de vues (les militaires passent de la crainte à l'enthousiasme envers Hitler pour ensuite essayer de se débarrasser de lui avant que l'Allemagne ne soit détruite). Il explique en quoi la propagande hitlérienne a réussit à se diffuser dans le peuple allemand que les résistants oublient voir ne comprennent pas. En guise de conclusion Badia nous donne quelques informations sur des résistances plus méconnues ou dont il ne pouvait pas parler.

C'est donc un livre riche et construit de manière intéressante qui nous permet d'avoir une bonne idée de la réalité des contestataires allemands. Il nous permet aussi de ressentir la force de la répression policière et de la Gestapo. Mais c'est surtout un hommage à ces hommes et femmes qui, au péril de leur vie, se sont battus, parfois tardivement oui, pour une certaine conception de la liberté. Malgré toutes les critiques qu'on peut le faire on ne peut qu'admirer ce courage dont tout le monde ne saurait probablement pas faire preuve.


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02/12/2009

Yggdrasil. La religion des anciens scandinaves par Régis Boyer

Titre: Yggdrasil. La religion des anciens scandinaves51Sc-zEhV3L._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Régis Boyer
Éditeur: Payot 1981
Pages: 249

C'est par hasard, dans un autre livre de Régis Boyer, que j'ai rencontré les Vikings. J'ai découvert une civilisation fascinante. Une civilisation basée sur la vitalité, l'ordre et la fatalité acceptée. Alors que je connaissais les Vikings par les préconçus: des brutes sanguinaires quasiment invincibles. J'ai découvert une civilisation qui a permis à un peuple de survivre dans un environnement dangereux. Une civilisation non pas de guerriers mais de navigateurs commerçants qui savent que, parfois, menacer d'une arme est plus efficace que négocier. C'est pourquoi j'ai souhaité mieux les connaitre en lisant cet autre livre de Régis Boyer.

Le livre, comme Boyer semble souvent le faire, nous donne la façon dont l'auteur a travaillé, ses hypothèses et son découpage chronologique. Je vois rarement ce genre de chapitres qui doivent être pensés comme peu intéressants. Au contraire, ils permettent de mieux comprendre le propos du livre et sa structure. L'auteur, ensuite, se base sur la structure qu'il nous a présenté pour présenter la religion scandinave dans un ordre chronologique. Ce qui nous permet de sentir, en partie, le changement temporel qui affecte toutes choses humaines. L'auteur termine par deux synthèses cosmogoniques: l'une est horizontale et parle de l'histoire mythique, la seconde nous parle de la verticalité d'Yggdrasil. En conclusion, Boyer tente d'expliquer pourquoi les scandinaves se sont convertis au Christianisme si facilement.

Bien que très intéressant ce livre est tout de même assez compliqué. Bien entendu il faut s'attendre a ce qu'un livre sur les scandinaves comprenne des termes de scandinaves. Mais cela ne gêne pas trop la lecture. régis Boyer nous permet d'avoir une bonne connaissance de ce qu'est la religion viking avec ses changements successifs et ses caractéristiques. Néanmoins, on peut se demander si la vieillesse du livre implique que celui-ci soit dépassé? Pour répondre à cette question il serait nécessaire connaitre les propos des autres chercheurs. En attendant, je pense que cette synthèse est tout a fait valable et intéressante.


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26/11/2009

Rome et ses dieux par Robert Turcan

Titre: Rome et ses dieux51VEQZGVJ0L._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Robert Turcan
Éditeur: Hachette Littératures 1998
Pages: 272

Quand on observe la Rome antique on découvre une civilisation fondamentalement différente de la notre. La religion, en particulier, baigne la vie romaine. Tout, à Rome, est religion et piété. C'est pour mieux comprendre cet aspect de l'Urbs que j'ai voulu lire ce livre de Turcan. Ce dernier a décidé de ne pas suivre un schéma chronologique mais de diviser les cultes selon trois caractéristiques: la famille, la ville et l'empire. Bien entendu le dernier terme ne peut être étudié que depuis Auguste Octave, peut être un peu plus en arrière si on se préoccupe des prémices. Grâce à ce schéma nous pouvons retrouver toute la richesse de la religion romaine. On découvre rapidement que la religion familiale est la base de la religion de la ville. Mais nous découvrons aussi une piété à la fois conservateur à l'extrême, au point de continuer des rituels dont la signification est oubliée, et à la fois ouverte aux nouveauté par l'acceptation de cultes étrangers ou l'Evocatio de dieux étrangers. Oui, les romains s'imaginaient être le peuple le plus pieux. C'est en tout cas un peuple avec une religion d'une richesse surprenante.

Il se dégage de mes quelques lignes que j'ai conçu une certaine fascination pour cet aspect des romains. Néanmoins, ce n'est pas mon sujet préféré et je ne crois pas que j'irais plus loin. Turcan analyse le sujet d'une manière qui me semble pertinente mais son livre est surtout une présentation des différents cultes et de leur évolution. Je n'ai pas eu l'impression de comprendre la religion romaine à la fin du livre. Je ne sais pas si c'est possible mais j'aurais apprécié une analyse des conséquences et de l'utilisation de ces cultes. Mis à part ce point ça reste un bon livre qui permet de se faire une idée claire de la religion romaine.


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09:34 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rome, culte, religion | | | |  Facebook

18/11/2009

La crise de l'état-providence par Pierre Rosanvallon

Titre: La crise de l'état-providence51Q06K6NYTL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Pierre Rosanvallon
Éditeur: Seuil 1981
Pages: 190

Rosanvallon est un historien que j'ai précédemment lu dans La contre-démocratie : La politique à l'âge de la défiance dont j'avais apprécié la façon de décrire et d'expliquer les mécanismes de la démocratie. Ici, il parle de l'état-providence et de sa critique par le néo-libéralisme. A l'époque, l'état-providence français était en crise alors que le monde était dans la crise des années 70. Alors que la productivité était en berne les taxes sociales et les couts sociaux étaient en hausse. C'est donc un livre que l'on pourrait considérer comme dépassé. Cependant, il nous donne des informations intéressantes. Non seulement on a la vision contemporaine de l'état-providence mais aussi les débuts du néo-libéralisme en France. Plus important, Rosanvallon nous donne des pistes à suivre pour réformer l'état-providence. Des pistes qui, je pense, sont toujours possibles actuellement.

L'auteur a divisé son livre en trois parties. La première est constituée de chapitre explicatif sur l'état-providence et son histoire. Il nous donne des clefs de compréhension sur cette crise et le pourquoi de cette crise. L'auteur va plus loin que les causes économiques et pense que les causes sont aussi et avant tout sociologiques. La crise est due à un changement social, ou plutôt, une société de plus en plus individualisée et trouble. On ne sait plus qui est qui ni ou l'on se trouve dans la stratification sociale et personne ne peut plus s'occuper de lui-même de manière autonome. La seconde partie analyse le néo-libéralisme. Rosanvallon essaie de comprendre cette doctrine et ses conséquences. Pour cela, il analyse plusieurs auteurs clefs comme Rawls pour ne prendre qu'un exemple. Il démontre aussi certaines incohérences dues à l'incapacité de la théorie néo-libéraliste à penser un état minimal (voir un état absent) au profit d'un marché tout puissant. Surtout, il considère que si cette thèse a eu le vent en poupe c'est parce qu'elle était la seule théorie à penser le futur.

La troisième partie, peut être la plus intéressante, est celle ou l'auteur nous donne sa pensée. Selon lui, il faut réautonomiser les personnes via des structures sociales locales, peu bureaucratisées et proches des personnes. Il faut redonner une identité sociale et un lien dans la société entre les individus. Rosanvallon essaie, en fait, de transcender l'alternative privatisation/étatisation pour trouver un modèle plus sociologique. L'auteur présume que l'état devrait abandonner certaines charges centralisées pour ne faire que chapeauter plusieurs techniques manipulables et, nécessairement, moins chers. Pour terminer son livre l'auteur a aussi ajouté des "fiches" annexes considérant quelques aspects historiques, théoriques et quantitatifs. Je ne suis, personnelement, que peu intéressé par la question mais j'ai tout de même apprécié le livre et je pense que certaines des idées développées pourraient être, peut être, mises en place.


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15/11/2009

A la recherche du moyen âge par Jacques le Goff

Titre: A la recherche du moyen age510BTXRKPNL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Jacques le Goff
Éditeur: Louis Audibert 2003
Pages: 176

C'est un petit livre pour une grande histoire: celle du moyen âge. Cependant, ce n'est pas que l'histoire du moyen âge c'est aussi l'histoire de Jacques le Goff par lui-même. La substance du livre est formée par une série d'entretiens menés par Jean-Maurice de Montremy et les réponses de Le Goff. Durant ces entretiens nous découvrons, non seulement, la vision que Le Goff a de l'époque médiévale mais aussi l'histoire de sa vie. Comment en est-il venu à étudier l'histoire et cette époque en particulier? Quels ont été ses maitres à penser et comment en est-il venu à étudier des sujets particuliers tels que les banquiers et les intellectuels?

Les réponses remaniée par leur propre auteur, nous découvrons un livre pensé en cinq chapitres. Ceux ci brossent un portrait large de l'époque médiévale selon Le Goff. Nous passons du moyen âge constamment renaissant et à la recherche d'une ancienne perfection qu'il pense avoir perdu au moyen âge des banquiers puis des intellectuels. Ensuite Le Goff se pose la question du caractère de civilisation de l'Europe médiévale, un caractère qui ne va pas de sois mais qui permet de se poser des questions sur la féodalité (qui n'est pas ce que l'on croit) et il finit par l'aspect religieux. Bien entendu, le dernier chapitre est un peu artificiel puisque la religion est par intégrante du moyen âge dans tous ses aspects. La premier chapitre est plus spécifiquement biographique puisqu'il permet à Jacques le Goff de dire comment il est devenu médiéviste et quels sont les notions contre lesquelles un médiéviste doit se battre. Par exemple, la pensée largement partagée d'un "âge noir" de terreur et de barbarie.

On ne comprendra pas tout le moyen âge en lisant ce livre, il n'y a tout simplement pas la place. Néanmoins, ce livre permet d'avoir une idée générale assez claire de ce qu'est véritablement l'époque médiévale: une civilisation créatrice et vivante. Plus que ça, une civilisation qui a fondé la notre, dont nous venons que cela nous plaise ou non. Ce livre est aussi, et surtout, un moyen d'avoir une idée générale des idées de Le Goff. C'est une sorte de courte synthèse de ses travaux et, aussi, de l'auteur.


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08/11/2009

Démons et Génies du terroir au moyen âge par Claude Lecouteux

Titre: Démons et Génies du terroir au moyen âge51%2BPLxCHW0L._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA240_SH20_OU08_.jpg
Auteur: Claude Lecouteux
Éditeur: Imago 1995
Pages: 218

Lorsque j'ai du rendre mon premier travail universitaire, sur la mort au moyen âge, j'ai croisé quelques livres de Claude Lecouteux. Comme ils ne m'étaient, à l'époque, pas utile je les ai rapidement oublié après avoir noté leur existence. Aujourd'hui, j'ai décidé d'en lire un sur un sujet qui m'a interpelé. Un sujet d'un certains coté religieux mais que l'on nommerait plutôt folklorique. La question qui m'intéressait concernait les fées, lutin et autres génies du terroir et la signification de leur existence. Comment l'homme organise sa vie face à ses génies et quels sont les rituels qu'il met en place pour vivre en harmonie? Lecouteux essaie de répondre à ces questions dans ce livre mais il a aussi écrit d'autres recherches que cela soit sur les vampires, les monstres ou les esprits des morts.

Ici, il a décidé de diviser sa recherche en trois parties. La première est une sorte de définition du sujet. Quels sont ces génies? ou les trouve-t-on? comment agissent-ils? Et surtout pourquoi sont-ils la? La seconde partie concerne l'humanisation et la protection de l'habitat des hommes. Autrement dit, les rites utilisés pour se protéger et vivre à un endroit qui, auparavant, appartenait aux génies. La troisième partie concerne les parties du monde ou les démons et génies vivent et leur possible retour dans un lieu anciennement, ou encore, habité.

Lecouteux, pour sa démonstration, utilise beaucoup de textes dans des traditions germaniques. Il nous permet de voir la centralité du monde mystique ou religieux au moyen âge. Lorsqu'on lit ce livre on apprend que le monde était véritablement coupé en deux entre les humains et les forces plus ou moins religieuses. L'homme les voyait, les craignait, se battait contre et rencontrait les génies partout. D'où une grande importance des rites pour pouvoir s'établir en un lieux. D'où, aussi, le respect du aux différents endroits habités par ces anciens dieux: les forêts, montagnes et étendues d'eau. Comme Lecouteux le dit en conclusion, d'une certains façon l'existence de ces génies obligeait l'homme à respecter la nature, une nature sauvage qui pouvait contre.attaquer et reprendre ses droits en cas de viol ou de faute par l'homme. Justement, lorsque nous étudions ces rituels païens nous découvrons une lutte de la civilisation contre le sauvage, Ces rites sont un moyen de civiliser un lieu pour permettre à l'homme d'y habiter sans risques. Un moyen de pacifier les génies de l'endroit, de compenser sa perte. Néanmoins, après avoir fini ce livre un sentiment de déception s'est fait jours. Il n'est pas mauvais ni inintéressant mais j'avais une impression d'inachèvement. L'impression que Lecouteux n'est pas allé assez loin dans sa recherche et dans les significations des rituels. Peut être n'étais ce pas son but ou n'a-t-il pas pu le faire à cause du manque de sources?


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09:32 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre, moyen âge | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : démons, terroir, génies, moyen age, lecouteux | | | |  Facebook

30/10/2009

Jean-François Bergier

Jean-François Bergier est donc mort hier soir. En tant qu'étudiant en histoire je ne peux qu'être touché par cette mort. Ce n'est pas que je connaisse la personne, ni que je sois proche de la famille mais il est l'une des personnes qui ont chamboulé notre vision de notre histoire. Je dois bien l'avouer, je n'ai jamais lu le Rapport Bergier ni aucun de ses livres. C'est un manque que je pensais combler un jours ou l'autre. Je ne peux donc pas faire d'éloge envers l'être humain. Cependant je peux parler, imparfaitement, de l'historien.

Malgré toutes les critiques Bergier s'est occupé d'une seule chose: trouver la vérité et la montrer à nos yeux. Jamais il n'a voulu faire du mal à la Suisse ou détruire notre confiance en notre pays. Il a découvert un point noir dans notre histoire et il a souhaité que nous connaissions ce point pour mieux comprendre ou nous vivons. En tant qu'historien nous avons la mission d'expliquer le passé aux gens qui vivent maintenant, nous avons la mission de chercher la vérité, même celle que nous n'apprécions pas, pour montrer ce que fus vraiment notre histoire. Ce n'est pas pour s'auto-flageller ni pour accuser mais dans le but de comprendre. Il est dommage que Bergier fut si critiqué pour une avoir accompli une mission patriotique.

Hier soir, en lisant les articles du Temps, j'ai découvert une citation intéressante: «J’ai été, je suis un historien. Pour mon plaisir assurément. Il n’est pas bon historien qui fasse ce métier sans plaisir. Et pour servir. Mais servir, même si ce n’est pas évident tous les jours, c’est encore se faire plaisir.» Je ne sais pas si celle-ci suffit à décrire Jean-François Bergier mais je sais qu'elle montre une vision de l'histoire que j'accepte depuis longtemps. L'histoire est un plaisir et aussi un devoir envers la population. Malgré toutes les critiques et les toujours possibles erreurs je suis convaincu que Bergier a accompli ce devoir dans le plaisir.

14/10/2009

Heur et malheur du guerrier. Aspects mythiques de la fonction guerrière chez les Indo-Européens

Titre: Heur et malheur du guerrier. Aspects mythiques de la fonction guerrière chez les Indo-Européens5130Y1BR27L._SL500_AA240_.jpg
Auteur: George Dumézil
Éditeur: Flammarion 1985
Pages: 236

George Dumézil est l'homme qui a permis de comprendre la tri-fonctionnalité dans les sociétés indo-européennes. En résumé c'est très simple, il y a trois fonctions de base: la souveraineté, la fonction guerrière et la fonction productrice. Ce petit livre se propose d'étudier la fonction guerrière. Pour cela, et je pense que c'est un bon moyen, Dumézil compare les mythologies et histoires épiques de plusieurs civilisations du monde. Par ce moyen nous pouvons découvrir qu'elles sont les caractéristiques principales de cette fonction ambigües car créée pour protéger la société mais étant, en elle-même, un danger pour la société qu'elle protège.

L'un des chapitres que j'ai trouvé le plus intéressant concerne les péchés des guerriers. On découvre, dans différentes civilisation, les même péchés de base: religieux, lâcheté et de sexualité. En accomplissant ces trois actes le guerrier mythique perd de sa force et doit se purifier. On découvre que les guerriers, nécessaires, sont souillés par leurs actes et doivent trouver un moyen de se "laver". J'ai aussi particulièrement apprécié l'utilisation des mythes sur lesquels l'auteur se base et qui, semblerait-il, permettraient de trouver des indices sur le fonctionnement de la société. Cependant, je dois avouer avoir du mal à écrire une présentation exhaustive et acceptable. Je n'ai tout simplement pas assez de connaissances dans le sujet. Mais ça ne m'empêchera pas d'essayer d'en savoir plus.


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09:49 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |  Facebook