10/02/2010

Paroles de déportés : Témoignages et rapports officiels

Titre: Paroles de déportés : Témoignages et rapports officiels51pnD7smAQL._SL500_AA240_.jpg
Éditeur: Bartillat 2009
Collection: Omnia
Pages: 306

J'ai hésité avant de parler de ce livre. Pour plusieurs raisons dont la plupart sont parfaitement compréhensibles et transparentes. Après réflexion j'ai tout de même accepté d'essayer d'en parler. Mais il reste de savoir comment. Car c'est un sujet vaste, difficile et surtout profondément émotionnel. Ce que nous lisons dans ce livre est horrible. Est inhumain. Le livre contient les témoignages de déportés et des rapports concernant la vie quotidienne - peux-t-on la nommer ainsi sans hypocrisie? - dans les camps de la mort découpé selon le "thême" concerné, arrivée, sévices, libération...

Lors de la lecture on découvre un système profondément et fondamentalement inhumain. Dont les deux seuls buts sont la déshumanisation et la destruction des vies humaines. Ce que l'on découvre à travers les paroles de ces survivants ce n'est pas qu'un cynisme sans faille mais aussi, et surtout, une cruauté inconcevable. On ne peut que ressentir une profonde tristesse face aux sévices relatés, avec courage, par ces personnes dont on déniait l'humanité. C'est un livre dur à lire.

En lisant ce livre il m'est venu plusieurs questions sur la façon dont, en tant qu'étudiant en histoire, je pouvais partager ces connaissances des horreurs qui ont eu lieux. Je peux critiquer la manière dont le livre a été découpé: lier des fragments de témoignages selon des thèmes globaux est-il une bonne manière de faire? je peux aussi critiquer l'absence d'explication et d'accompagnement des témoignages mais est-ce vraiment pertinent?

A un certain moment c'est moi-même que je me mis à critiquer. En effet, je connaissais ces événements et sévices. J'en avais une connaissance intellectuel par la lecture de livres d'histoire. Mais un livre scientifique n'a pas la même force qu'un témoignage brute et nu. De la même manière un livre n'a pas la même force que la parole. Réfléchissant sur la manière dont je ressentais ces événements horribles j'en suis arrivé à une conclusion. Même si, intellectuellement, je connaissais la réalité des sévices et pouvais comprendre le système inhumain qui se trouve derrière j'étais incapable. émotionnellement, de concevoir une telle haine à l'égard d'êtres humains. Comment pouvoir concevoir qu'un être humain soit capable de tels tortures et méfaits contre un autre être humain? Comment imaginer qu'un être humain puisse ne voir en d'autres êtres humains que des animaux, voir même pas des animaux? Je ne crois pas en être capable.

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09:50 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |  Facebook

08/02/2010

Héros et merveilles du moyen âge par Jacques Le Goff

Titre: Héros et merveilles du moyen âge41pueX9-NrL._SL500_AA240_.jpg
Auteurs: Jacques Le Goff
Éditeur: Seuil 2005 et 2008
Pages: 312

Depuis l'année passée le moyen âge me fascine. C'était une époque fondamentalement différente et pourtant créatrice de notre civilisation. Un monde que l'on a vu noir et chaotique alors qu'elle créa de magnifiques œuvres et une philosophie unique. Une époque non de transition mais de création alors qu'elle se pensait comme précédant la fin des temps et déclinante. Lorsqu'on veut s'instruire sur cette période magnifique on touche, forcément, a quelques grands médiévistes dont Jacques Le Goff fait partie.

Ce livre en poche est écrit pour parler d'une forme d'histoire particulière: l'histoire de l'imaginaire. A l'intérieur du texte Jacques Le Goff nous parle de rois, de chevaliers, de femmes et d'objets symboliques du moyen âge et qui ont, parfois, gardé toute leur force jusqu'à nos jours jusqu'à, parfois, incarner une partie de ce que l'on pense être la période médiévale. C'est ainsi que Le Goff nous offre des informations autant sur Charlemagne et Arthur que sur le cloître et les cathédrales en passant pas des métiers comme celui des jongleurs. Mais Le Goff ne se contente pas de nous donner la signification et l'origine médiévale de ces symboles. Il nous offre leurs changements et perpétuations tout au long de l'histoire jusqu'à nous.

Néanmoins, pour celui qui souhaitait un essai, ce sera une déception. Ce livre, en fait, n'est pas fait pour être construit en poche. C'est un livre court et synthétique dans le but d'entourer de belles images en couleurs alors que ce livre en poche nous les montre en noir et blanc. Si on souhaite vraiment jouir de ce livre il faudra dont prendre son alter ego en grand format que, malheureusement, je n'ai pas entre les mains. L'édition en poche ne peut pas donner autant de plaisir même si il donne des informations intéressantes.

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09:55 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre, moyen âge | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : héros, merveilles, jacques le goff | | | |  Facebook

29/01/2010

Les Suisses et les nazis: le rapport Bergier pour tous par Pietro Boschetti

Titre: Les Suisses et les nazis: le rapport Bergier pour tous41G60MJM6SL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Pietro Boschetti
Éditeur: Zoé 2004
Pages: 189

Voila un livre dont il est difficile de parler. Bien entendu ce n'est pas le rapport Bergier, c'en est un compte rendu synthétique, mais on sait tous les passions que déclenché et a déclenché ce rapport. Il a été accusé de partialité, de salir la Suisse, pour peu Bergier serait un traitre à la nation. Cependant le rapport Bergier est la marque d'un effort hors du commun de la part de notre pays. Un effort énorme pour reconstruire son passé, pour le connaitre et le comprendre et non le juger. Monsieur Bergier l'a dit et répété et je le dis après lui. L'historien n'a pas pour fin de juger. Sa fin est de donner les savoirs et clés de compréhensions du passé sans juger des actes. Seulement en donner le pourquoi et les conséquences. Dans cette optique le rapport Bergier avait une mission très précise qui l'obligeait à ne prendre en compte que les victimes avec des données, le plus souvent, statistiques ou économiques. Oui, ce n'est pas une histoire de la Suisse lors de la Seconde Guerre Mondiale. Oui, il manque d'énormes pans de l'histoire de la Suisse lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Ce livre, intitulé pour tous, est donc principalement un compte-rendu synthétique. Ceci implique qu'on ne peut se baser sur Pietro Boscheti pour critiquer, de manière historique, le rapport de la commission Bergier. Ca implique aussi que les choix éditoriaux sont personnels et n'impliquent pas le même développement, relatif, dans le rapport original. Néanmoins, ce livre s'appuie quand même sur les écrits originaux. Et nous y découvrons comment la Suisse a agit, de manière économique et politique, vis à vis de l'Allemagne nazie. On y voit que l'attitude envers les réfugiés est la conséquences de la peur de l'étranger et des juifs qui se fit après la Première Guerre Mondiale. On y lit aussi que l'attitude, incompréhensible, des élites économiques se comprend si on accepte que ces personnes ne croyaient pas en la défaite de l'Allemagne et souhaitaient rester forts économiquement après sa victoire et que, lorsque la perte de l'Allemagne fut certaine, ces personnes pensaient qu'elle resterait un acteur économique fort. Ces agissements n'excusent rien et beaucoup de vies auraient pu être sauvées avec d'autres décisions qui n'ont pas été prises ou qui furent refusées par l'économie ou le politique. Comme l'attitude des banques et des assurances, après la guerre, n'est guère excusable.

Mais comment critiquer ce livre? Difficile car le débat n'est pas encore serein, les recherches pas terminées, les sources de l'auteur ne sont même pas notées en bas de page. C'est un choix que, personnelement, je regrette. Comment peut on critiquer un travail sans savoir d'où les données proviennent? Bref, il faudra se tourner vers le rapport original pour les connaitre. Mais il se pose un problème. La commission Bergier avait d'énormes privilèges. Elle a pu passer outre le secret bancaire, lire les archives privées et les analyser. Un historien peut il espérer avoir les même accès maintenant? Il y a de grandes chances que non. Mais comment critiquer un travail historique si les sources sur lesquels ce travail se fonde sont hors de portée? En l'état, je pense qu'il est impossible de savoir si la commission s'est trompée ou a oublié des données. Néanmoins, il reste beaucoup à faire sur l'histoire Suisse lors de cette Seconde Guerre Mondiale.

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24/01/2010

Invictus

Invictus parle d'un sujet qu'il n'est pas facile d'aborder: L'Afrique du Sud. Un sujet difficile à interpréter et qui n'est toujours pas résolu pour certains pays. Le film commence le jours même de la libération de Mandela. Rapidement, Clint Eastwood passe sur les quelques événements qui ont jalonné cette période jusqu'à l'élection de Nelson Mandela au poste de Président. A partir de ce point on suit le mandat de Mandela sur un an dans un pays rongé par la désunion et la peur. On devine une partie de sa pensée, on ressent son projet mais surtout, surtout, on voit ce qu'il a tenté de faire avec la coupe du monde de rugby qui avait lieu en Afrique du Sud. Un tournoi qui pourrait unir une nation divisée depuis trop longtemps...

Non, je n'aime pas le rugby. Mais un film sur Mandela, incarné par Morgan Freeman et dirigé par Clint Eastwood, se refuse difficilement. Même si l'aspect sportif me laissait dubitatif j'ai voulu le voir et me faire une idée après. La première chose que je me sente obligé de dire est que Morgan Freeman est tout simplement parfait. J'ai beaucoup de mal à voir Nelson Mandela incarné par un autre acteur. J'ai l'impression que Freeman a véritablement incarné cet homme exceptionnel qu'est Mandela. La seconde chose c'est que, finalement, le rugby n'a pas nuit à ma vision du film. Je n'y connais et ne suis donc pas capable de juger ce point. Mais plus que du rugby Eastwood nous montre un symbole. Le symbole de l'unification d'une nation derrière une équipe. Le symbole d'un renouveau. Invictus est moins beau qu'Avatar et sa technologie cependant il est définitivement bien meilleur!

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18:38 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique du sud, mandela, invictus | | | |  Facebook

14/01/2010

L'histoire contre l'extrême droite: les grands textes d'un combat français (Vincent Duclert directeur)

Titre: L'histoire contre l'extrême droite: les grands textes d'un combat français51V7KJ6ZFVL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Vincent Duclert directeur
Éditeur: Mille et une nuits 2002
Pages: 121

Encore une fois je vais parler d'une collection de texte. Mais cette fois cette anthologie est, je trouve, mieux construite que celle sur le Communisme. Car la nous avons un livre construit d'une manière plus rationnel. L'histoire contre l'extrême droite a un but facile à trouver: montrer que l'extrême droite est hors de toutes traditions démocratiques ceci e utilisant de grands textes liés à des contextes historiques connus. Nous avons donc la lutte contre le Poujadisme, l'affaire Dreyfuss, tous les textes concernant l'avant et l'après seconde guerre mondiale sans oublier l'Algérie et ce qui est nommé "le retour des extrêmes". En tout ce sont 80 textes écrits par des noms encore connus, d'autres moins, mais tous concernant un minimum l'extrême droite.

Néanmoins on peut se demander si ce livre est vraiment bien construit. Premièrement, et les évènements que j'ai cité le prouvent largement ainsi que l'introduction qui l'avoue, il oublie totalement les autres pays. Seule la France est concernée et utilisée. Pas d'Allemagne, pas d'Italie, d'Angleterre ou que sais-je encore? A mon avis, c'est un oubli difficile à justifier car l'extrême droite n'est pas que française et la lutte contre non plus. En second lieu, j'ai beaucoup aimé lire ces différents textes mais j'ai été frustré. Déjà je trouve souvent que les extraits sont trop courts. Ceci pourrait être oublié si Duclert avait écrit une introduction plus grande aux différents textes. En effet, ma seconde critique sur ce point est que je trouve la contextualisation trop sommaire. On ne comprend pas toujours le pourquoi du comment des propos des différents auteurs. Bref, un livre intéressant mais il sera encore plus intéressant de lire directement les textes cités.

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03/01/2010

La guerre d'Algérie par Guy Pervillé

Titre: La guerre d'Algérie31uYaNovqTL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA240_SH20_OU08_.jpg
Auteur: Guy Pervillé
Éditeur: Presses Universitaires de France mars 2007
Collection: Que sais-je
Pages: 127

La guerre d'Algérie est un évènement important de l'histoire de la décolonisation française mais encore difficile à comprendre. C'est pourquoi j'ai voulu connaitre les bases en lisant ce petit livre. Guy Pervillé a décidé ici de faire une histoire chronologique. Il a découpé cette chronologie selon des moments clefs qui permettent de comprendre les évènements et le pourquoi de ces derniers. C'est donc un bon livre d'introduction pour les néophytes de cette guerre (qui ne porte officiellement le nom de guerre que depuis peu de temps). Néanmoins le livre souffre de sa collection. Une collection pour connaitre les notions de base ce qui implique que les explications sont liminaires. Ce qui implique aussi une grande densité des propos qui sont, en outre, souvent peu passionnant . Tous mériteraient un développement bien plus large (je citerais, par exemple, le cas de la torture). Heureusement l'auteur a aussi créé une (trop?) courte bibliographie pour ceux que le sujet intéresse et qui souhaitent des livres plus complets.

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30/12/2009

L'invention de la culture hétérosexuelle par Louis-Georges Tin

Titre: L'invention de la culture hétérosexuelle612ExdOT8JL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Louis-Georges Tin
Éditeur: Les éditions Autrement 2008
Pages: 201

Voila un petit livre qui pourrait choquer certaines personnes car ce livre a un but: prouver que l'hétérosexualité n'est pas originaire de la nature mais d'un programme culturel. Pour cela l'auteur s'est consacré à trois thèmes précis: la culture des chevaliers, celle de l'église et celle de la médecine. Ceci depuis le moyen âge jusqu'à maintenant. En lisant ce livre on découvre que la culture hétérosexuelle comment à exister depuis le XII ème siècle. Auparavant, l'homosocialité règne avec son culte de l'amitié virile et son mépris de la femme. Mais il ne faudrait pas croire que la femme soit mieux traitée après l'arrivée des troubadours. Elle reste un objet.

On découvre une résistance sur deux points. Les chevaliers résistent car la virtus de l'homme est en danger de molitia à cause de l'amour. L'église résiste car l'attirance pour la femme crée un problème de sexe. Les deux essaient de bloquer cette nouvelle hétérosexualité et traitent avec elle (par traiter j'entends bien sur un dynamisme culturel et social inconscient). L'église, par exemple, essaie de substituer le culte de la femme par le culte de la Vierge, mère de Dieu et donc possible receveuse de l'amour destiné à Dieu. On trouve aussi l'idée médicale selon laquelle l'amour est une maladie qu'il faut traiter. Cette idée restera longtemps.

Néanmoins, le champs médical deviendra bientôt un ami des hétérosexuels en créant un individu vraiment malade: l'homosexuel. Ce dernier regroupe les tares de l'amour. Il est molitia, efféminé, et est fauteur de péché sexuel. C'est donc le bouc émissaire tout désigné de la nouvelle culture. Cette dernière étant, au XX ème siècle, victorieuse. Tellement victorieuse que l'existence d'anciens artistes ou grands hommes probablement coupables d'homosocialité ou d'homosexualité créent un problème: comment les faire découvrir aux enfants tout en leur évitant de voir leurs tendances? C'est ici que j'ai eu ma plus grosse surprise. J'ai découvert que certains livres offerts durant le cursus scolaire sont expurgés de leur contenu et même modifiés.

C'est donc un livre très intéressant que nous offre Louis-George Tin. Néanmoins, c'est un livre inachevé. Il réussit à prouver la création de la culture hétérosexuelle mais il passe trop rapidement sur des points importants. Cependant, l'auteur a l'honnêteté intellectuelle de reconnaitre ce manque. Il considère son livre non comme une synthèse mais comme une ouverture pour des recherches futures. Espérant qu'elles existeront.

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23/12/2009

La démarche d'une recherche en sciences humains de la question de départ à la communication des résultats par François Dépelteau

Titre: La démarche d'une recherche en sciences humains de la question de départ à la communication des résultats41Sj4PGXGuL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: François Dépelteau
Éditeur: De Boeck Université pour l'Europe (Les Presses de l'université de Laval 2000)
Pages: 417

Voila un livre sur lequel il sera difficile de parler. Non seulement le sujet n'est pas des plus intéressant mais surtout le titre n'est de loin pas attirant. De plus, ce livre est destiné surtout aux étudiants apprenant à faire de la recherche. C'est donc un manuel de méthode avec tout ce que cela implique: rigueur, théorie, résumés... Dépelteau a donc créé un livre dense qui permet de connaitre la façon dont on est censé faire une recherche en sciences humaines. Pour cela l'auteur commence par définir ce qu'est la science et les différents paradigmes de la science humaine. Ensuite il décrit les démarches du chercheur pour terminer par la façon de communiquer les résultats.

Pourquoi le lire quand on n'est pas étudiant (certains étudiants pourraient dire "pourquoi le lire?"). Premièrement ce livre n'est pas si ennuyeux que cela. L'auteur réussit à mettre en place une dose d'humour sympathique entre les pages. Secondement, et surtout, pare que pour critiquer une recherche il faut la comprendre. Ce livre permet à tous de mieux comprendre la manière de travailler des chercheurs en sciences humaines. Il est donc plus facile, ensuite, de critiquer leur travail et de ne pas prendre les résultats pour paroles d'évangiles. Néanmoins il ne faut pas mentir. Ce livre reste un manuel de méthode un peu ennuyeux.


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09:44 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre, Politique, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : méthode, sciences humaines | | | |  Facebook

15/12/2009

Marx et l'histoire

Titre: Marx et l'histoire41-FnwPeZDL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Eric Hobsbawm
Éditeur: Demopolis 2008
Pages: 203

Le titre peut être trompeur, ce ne sont pas des textes inédits de Marx mais un recueil de conférences et articles d'Hobsbawm. Tous ces textes, courts, ont un point commun: ils montrent le point de vue de l'auteur sur l'histoire. Ce sont donc dix conférences qui font le point sur les méthodes historiques selon Hobsbawm. Commençant par la hausse du barbarisme en occident il essaie aussi de justifier son marxisme en tant qu'historien. Selon lui, Marx est le seul penseur a avoir créé un système qui permette de pouvoir voir, a peu près, le dynamisme historique. Nous y trouvons aussi plusieurs réflexions sur l'histoire du temps présent qu'il considère changeant selon la personne qui l'a fait. Troisièmement, Hobsbawm y est aussi montré lors de plusieurs conférences luttant contre ce qu'il appelle les "mythes de l'histoire" autrement dit les histoires nationalistes qui se disent anciennes alors qu'elles sont très récentes. Au fil des pages nous découvrons ce que Hobsbawm considère comme la mission de l'historien: démythifier l'histoire et se mettre au service de la population même si elle ne le souhaite pas ou refuse les conclusions historiques.

En tant qu'étudiant en histoire je n'ai pas qu'être enrichi par les pensées de cet auteur connu. Je peux ne pas être d'accord mais je dois être honnête: la pensée de Hobsbawm me semble suffisamment rigoureuse et précise pour être prise au sérieux. Mais si j'en parle ici c'est que ce livre n'est pas utile qu'a l'historien. N'importe qui, en le lisant, peu comprendre le décalage existant entre la conception populaire de l'histoire et celle qui ressort dans les livres professionnels. Comme on le sait: les acteurs de phénomènes historiques ne se reconnaissent jamais dans le traitement que l'historien fait de cet évènement. Ce livre explique pourquoi. C'est pourquoi je considère qu'il peut être salutaire pour tous de le consulter.


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09:49 Écrit par Hassan dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, méthode | | | |  Facebook

13/12/2009

Ces allemands qui ont affronté Hitler par Gilbert Badia

Titre: Ces allemands qui ont affronté Hitler51EPPPN89ZL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Gilbert Badia
Éditeur: Les éditions de l'atelier / les éditions ouvrières 2000
Pages: 254

Comme beaucoup, et même si j'étudie l'histoire, j'ai découvert l'existence de résistances allemandes en regardant le film Walkyrie relatant l'attentat de Staufenberg contre Hitler. Comme un film d'hollywood reste ce qu'il est j'ai voulu m'informer d'une manière plus précise. C'est pourquoi, il y a quelques mois, j'ai noté le titre de ce livre pour une lecture future. Je l'ai maintenant terminé.

Il est tout de même difficile de parler de cette période. Les erreurs peuvent être très mal ressenties et on peut rapidement glisser dans des présupposés. Badia, avec ce livre, a voulu effacer une erreur de l'historiographie qui est celle de l'oubli de la plupart des résistances allemandes. Oubli tributaire, comme il nous le montre, de la situation politique lors de la Guerre Froide. L'auteur nous donne un large panorama de multiples résistances. Nous avons des informations sur les communistes, la Rose Blanche, l'Orchestre Rouge, les sociaux-démocrates sans oublier de parler des églises.

Ce qui, probablement, fait la force de ce livre ce n'est pas le récit, intéressant, de ces résistances mais l'analyse que Badia fait des raisons de l'échec des résistants. Selon lui, cet échec est imputable à la désorganisation des résistances qui s'ignoraient voir se combattaient, l'atermoiement de certains, les changements de points de vues (les militaires passent de la crainte à l'enthousiasme envers Hitler pour ensuite essayer de se débarrasser de lui avant que l'Allemagne ne soit détruite). Il explique en quoi la propagande hitlérienne a réussit à se diffuser dans le peuple allemand que les résistants oublient voir ne comprennent pas. En guise de conclusion Badia nous donne quelques informations sur des résistances plus méconnues ou dont il ne pouvait pas parler.

C'est donc un livre riche et construit de manière intéressante qui nous permet d'avoir une bonne idée de la réalité des contestataires allemands. Il nous permet aussi de ressentir la force de la répression policière et de la Gestapo. Mais c'est surtout un hommage à ces hommes et femmes qui, au péril de leur vie, se sont battus, parfois tardivement oui, pour une certaine conception de la liberté. Malgré toutes les critiques qu'on peut le faire on ne peut qu'admirer ce courage dont tout le monde ne saurait probablement pas faire preuve.


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02/12/2009

Yggdrasil. La religion des anciens scandinaves par Régis Boyer

Titre: Yggdrasil. La religion des anciens scandinaves51Sc-zEhV3L._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Régis Boyer
Éditeur: Payot 1981
Pages: 249

C'est par hasard, dans un autre livre de Régis Boyer, que j'ai rencontré les Vikings. J'ai découvert une civilisation fascinante. Une civilisation basée sur la vitalité, l'ordre et la fatalité acceptée. Alors que je connaissais les Vikings par les préconçus: des brutes sanguinaires quasiment invincibles. J'ai découvert une civilisation qui a permis à un peuple de survivre dans un environnement dangereux. Une civilisation non pas de guerriers mais de navigateurs commerçants qui savent que, parfois, menacer d'une arme est plus efficace que négocier. C'est pourquoi j'ai souhaité mieux les connaitre en lisant cet autre livre de Régis Boyer.

Le livre, comme Boyer semble souvent le faire, nous donne la façon dont l'auteur a travaillé, ses hypothèses et son découpage chronologique. Je vois rarement ce genre de chapitres qui doivent être pensés comme peu intéressants. Au contraire, ils permettent de mieux comprendre le propos du livre et sa structure. L'auteur, ensuite, se base sur la structure qu'il nous a présenté pour présenter la religion scandinave dans un ordre chronologique. Ce qui nous permet de sentir, en partie, le changement temporel qui affecte toutes choses humaines. L'auteur termine par deux synthèses cosmogoniques: l'une est horizontale et parle de l'histoire mythique, la seconde nous parle de la verticalité d'Yggdrasil. En conclusion, Boyer tente d'expliquer pourquoi les scandinaves se sont convertis au Christianisme si facilement.

Bien que très intéressant ce livre est tout de même assez compliqué. Bien entendu il faut s'attendre a ce qu'un livre sur les scandinaves comprenne des termes de scandinaves. Mais cela ne gêne pas trop la lecture. régis Boyer nous permet d'avoir une bonne connaissance de ce qu'est la religion viking avec ses changements successifs et ses caractéristiques. Néanmoins, on peut se demander si la vieillesse du livre implique que celui-ci soit dépassé? Pour répondre à cette question il serait nécessaire connaitre les propos des autres chercheurs. En attendant, je pense que cette synthèse est tout a fait valable et intéressante.


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26/11/2009

Rome et ses dieux par Robert Turcan

Titre: Rome et ses dieux51VEQZGVJ0L._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Robert Turcan
Éditeur: Hachette Littératures 1998
Pages: 272

Quand on observe la Rome antique on découvre une civilisation fondamentalement différente de la notre. La religion, en particulier, baigne la vie romaine. Tout, à Rome, est religion et piété. C'est pour mieux comprendre cet aspect de l'Urbs que j'ai voulu lire ce livre de Turcan. Ce dernier a décidé de ne pas suivre un schéma chronologique mais de diviser les cultes selon trois caractéristiques: la famille, la ville et l'empire. Bien entendu le dernier terme ne peut être étudié que depuis Auguste Octave, peut être un peu plus en arrière si on se préoccupe des prémices. Grâce à ce schéma nous pouvons retrouver toute la richesse de la religion romaine. On découvre rapidement que la religion familiale est la base de la religion de la ville. Mais nous découvrons aussi une piété à la fois conservateur à l'extrême, au point de continuer des rituels dont la signification est oubliée, et à la fois ouverte aux nouveauté par l'acceptation de cultes étrangers ou l'Evocatio de dieux étrangers. Oui, les romains s'imaginaient être le peuple le plus pieux. C'est en tout cas un peuple avec une religion d'une richesse surprenante.

Il se dégage de mes quelques lignes que j'ai conçu une certaine fascination pour cet aspect des romains. Néanmoins, ce n'est pas mon sujet préféré et je ne crois pas que j'irais plus loin. Turcan analyse le sujet d'une manière qui me semble pertinente mais son livre est surtout une présentation des différents cultes et de leur évolution. Je n'ai pas eu l'impression de comprendre la religion romaine à la fin du livre. Je ne sais pas si c'est possible mais j'aurais apprécié une analyse des conséquences et de l'utilisation de ces cultes. Mis à part ce point ça reste un bon livre qui permet de se faire une idée claire de la religion romaine.


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09:34 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rome, culte, religion | | | |  Facebook

18/11/2009

La crise de l'état-providence par Pierre Rosanvallon

Titre: La crise de l'état-providence51Q06K6NYTL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Pierre Rosanvallon
Éditeur: Seuil 1981
Pages: 190

Rosanvallon est un historien que j'ai précédemment lu dans La contre-démocratie : La politique à l'âge de la défiance dont j'avais apprécié la façon de décrire et d'expliquer les mécanismes de la démocratie. Ici, il parle de l'état-providence et de sa critique par le néo-libéralisme. A l'époque, l'état-providence français était en crise alors que le monde était dans la crise des années 70. Alors que la productivité était en berne les taxes sociales et les couts sociaux étaient en hausse. C'est donc un livre que l'on pourrait considérer comme dépassé. Cependant, il nous donne des informations intéressantes. Non seulement on a la vision contemporaine de l'état-providence mais aussi les débuts du néo-libéralisme en France. Plus important, Rosanvallon nous donne des pistes à suivre pour réformer l'état-providence. Des pistes qui, je pense, sont toujours possibles actuellement.

L'auteur a divisé son livre en trois parties. La première est constituée de chapitre explicatif sur l'état-providence et son histoire. Il nous donne des clefs de compréhension sur cette crise et le pourquoi de cette crise. L'auteur va plus loin que les causes économiques et pense que les causes sont aussi et avant tout sociologiques. La crise est due à un changement social, ou plutôt, une société de plus en plus individualisée et trouble. On ne sait plus qui est qui ni ou l'on se trouve dans la stratification sociale et personne ne peut plus s'occuper de lui-même de manière autonome. La seconde partie analyse le néo-libéralisme. Rosanvallon essaie de comprendre cette doctrine et ses conséquences. Pour cela, il analyse plusieurs auteurs clefs comme Rawls pour ne prendre qu'un exemple. Il démontre aussi certaines incohérences dues à l'incapacité de la théorie néo-libéraliste à penser un état minimal (voir un état absent) au profit d'un marché tout puissant. Surtout, il considère que si cette thèse a eu le vent en poupe c'est parce qu'elle était la seule théorie à penser le futur.

La troisième partie, peut être la plus intéressante, est celle ou l'auteur nous donne sa pensée. Selon lui, il faut réautonomiser les personnes via des structures sociales locales, peu bureaucratisées et proches des personnes. Il faut redonner une identité sociale et un lien dans la société entre les individus. Rosanvallon essaie, en fait, de transcender l'alternative privatisation/étatisation pour trouver un modèle plus sociologique. L'auteur présume que l'état devrait abandonner certaines charges centralisées pour ne faire que chapeauter plusieurs techniques manipulables et, nécessairement, moins chers. Pour terminer son livre l'auteur a aussi ajouté des "fiches" annexes considérant quelques aspects historiques, théoriques et quantitatifs. Je ne suis, personnelement, que peu intéressé par la question mais j'ai tout de même apprécié le livre et je pense que certaines des idées développées pourraient être, peut être, mises en place.


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15/11/2009

A la recherche du moyen âge par Jacques le Goff

Titre: A la recherche du moyen age510BTXRKPNL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Jacques le Goff
Éditeur: Louis Audibert 2003
Pages: 176

C'est un petit livre pour une grande histoire: celle du moyen âge. Cependant, ce n'est pas que l'histoire du moyen âge c'est aussi l'histoire de Jacques le Goff par lui-même. La substance du livre est formée par une série d'entretiens menés par Jean-Maurice de Montremy et les réponses de Le Goff. Durant ces entretiens nous découvrons, non seulement, la vision que Le Goff a de l'époque médiévale mais aussi l'histoire de sa vie. Comment en est-il venu à étudier l'histoire et cette époque en particulier? Quels ont été ses maitres à penser et comment en est-il venu à étudier des sujets particuliers tels que les banquiers et les intellectuels?

Les réponses remaniée par leur propre auteur, nous découvrons un livre pensé en cinq chapitres. Ceux ci brossent un portrait large de l'époque médiévale selon Le Goff. Nous passons du moyen âge constamment renaissant et à la recherche d'une ancienne perfection qu'il pense avoir perdu au moyen âge des banquiers puis des intellectuels. Ensuite Le Goff se pose la question du caractère de civilisation de l'Europe médiévale, un caractère qui ne va pas de sois mais qui permet de se poser des questions sur la féodalité (qui n'est pas ce que l'on croit) et il finit par l'aspect religieux. Bien entendu, le dernier chapitre est un peu artificiel puisque la religion est par intégrante du moyen âge dans tous ses aspects. La premier chapitre est plus spécifiquement biographique puisqu'il permet à Jacques le Goff de dire comment il est devenu médiéviste et quels sont les notions contre lesquelles un médiéviste doit se battre. Par exemple, la pensée largement partagée d'un "âge noir" de terreur et de barbarie.

On ne comprendra pas tout le moyen âge en lisant ce livre, il n'y a tout simplement pas la place. Néanmoins, ce livre permet d'avoir une idée générale assez claire de ce qu'est véritablement l'époque médiévale: une civilisation créatrice et vivante. Plus que ça, une civilisation qui a fondé la notre, dont nous venons que cela nous plaise ou non. Ce livre est aussi, et surtout, un moyen d'avoir une idée générale des idées de Le Goff. C'est une sorte de courte synthèse de ses travaux et, aussi, de l'auteur.


Image: prise sur amazon.

08/11/2009

Démons et Génies du terroir au moyen âge par Claude Lecouteux

Titre: Démons et Génies du terroir au moyen âge51%2BPLxCHW0L._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA240_SH20_OU08_.jpg
Auteur: Claude Lecouteux
Éditeur: Imago 1995
Pages: 218

Lorsque j'ai du rendre mon premier travail universitaire, sur la mort au moyen âge, j'ai croisé quelques livres de Claude Lecouteux. Comme ils ne m'étaient, à l'époque, pas utile je les ai rapidement oublié après avoir noté leur existence. Aujourd'hui, j'ai décidé d'en lire un sur un sujet qui m'a interpelé. Un sujet d'un certains coté religieux mais que l'on nommerait plutôt folklorique. La question qui m'intéressait concernait les fées, lutin et autres génies du terroir et la signification de leur existence. Comment l'homme organise sa vie face à ses génies et quels sont les rituels qu'il met en place pour vivre en harmonie? Lecouteux essaie de répondre à ces questions dans ce livre mais il a aussi écrit d'autres recherches que cela soit sur les vampires, les monstres ou les esprits des morts.

Ici, il a décidé de diviser sa recherche en trois parties. La première est une sorte de définition du sujet. Quels sont ces génies? ou les trouve-t-on? comment agissent-ils? Et surtout pourquoi sont-ils la? La seconde partie concerne l'humanisation et la protection de l'habitat des hommes. Autrement dit, les rites utilisés pour se protéger et vivre à un endroit qui, auparavant, appartenait aux génies. La troisième partie concerne les parties du monde ou les démons et génies vivent et leur possible retour dans un lieu anciennement, ou encore, habité.

Lecouteux, pour sa démonstration, utilise beaucoup de textes dans des traditions germaniques. Il nous permet de voir la centralité du monde mystique ou religieux au moyen âge. Lorsqu'on lit ce livre on apprend que le monde était véritablement coupé en deux entre les humains et les forces plus ou moins religieuses. L'homme les voyait, les craignait, se battait contre et rencontrait les génies partout. D'où une grande importance des rites pour pouvoir s'établir en un lieux. D'où, aussi, le respect du aux différents endroits habités par ces anciens dieux: les forêts, montagnes et étendues d'eau. Comme Lecouteux le dit en conclusion, d'une certains façon l'existence de ces génies obligeait l'homme à respecter la nature, une nature sauvage qui pouvait contre.attaquer et reprendre ses droits en cas de viol ou de faute par l'homme. Justement, lorsque nous étudions ces rituels païens nous découvrons une lutte de la civilisation contre le sauvage, Ces rites sont un moyen de civiliser un lieu pour permettre à l'homme d'y habiter sans risques. Un moyen de pacifier les génies de l'endroit, de compenser sa perte. Néanmoins, après avoir fini ce livre un sentiment de déception s'est fait jours. Il n'est pas mauvais ni inintéressant mais j'avais une impression d'inachèvement. L'impression que Lecouteux n'est pas allé assez loin dans sa recherche et dans les significations des rituels. Peut être n'étais ce pas son but ou n'a-t-il pas pu le faire à cause du manque de sources?


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09:32 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre, moyen âge | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : démons, terroir, génies, moyen age, lecouteux | | | |  Facebook

30/10/2009

Jean-François Bergier

Jean-François Bergier est donc mort hier soir. En tant qu'étudiant en histoire je ne peux qu'être touché par cette mort. Ce n'est pas que je connaisse la personne, ni que je sois proche de la famille mais il est l'une des personnes qui ont chamboulé notre vision de notre histoire. Je dois bien l'avouer, je n'ai jamais lu le Rapport Bergier ni aucun de ses livres. C'est un manque que je pensais combler un jours ou l'autre. Je ne peux donc pas faire d'éloge envers l'être humain. Cependant je peux parler, imparfaitement, de l'historien.

Malgré toutes les critiques Bergier s'est occupé d'une seule chose: trouver la vérité et la montrer à nos yeux. Jamais il n'a voulu faire du mal à la Suisse ou détruire notre confiance en notre pays. Il a découvert un point noir dans notre histoire et il a souhaité que nous connaissions ce point pour mieux comprendre ou nous vivons. En tant qu'historien nous avons la mission d'expliquer le passé aux gens qui vivent maintenant, nous avons la mission de chercher la vérité, même celle que nous n'apprécions pas, pour montrer ce que fus vraiment notre histoire. Ce n'est pas pour s'auto-flageller ni pour accuser mais dans le but de comprendre. Il est dommage que Bergier fut si critiqué pour une avoir accompli une mission patriotique.

Hier soir, en lisant les articles du Temps, j'ai découvert une citation intéressante: «J’ai été, je suis un historien. Pour mon plaisir assurément. Il n’est pas bon historien qui fasse ce métier sans plaisir. Et pour servir. Mais servir, même si ce n’est pas évident tous les jours, c’est encore se faire plaisir.» Je ne sais pas si celle-ci suffit à décrire Jean-François Bergier mais je sais qu'elle montre une vision de l'histoire que j'accepte depuis longtemps. L'histoire est un plaisir et aussi un devoir envers la population. Malgré toutes les critiques et les toujours possibles erreurs je suis convaincu que Bergier a accompli ce devoir dans le plaisir.

14/10/2009

Heur et malheur du guerrier. Aspects mythiques de la fonction guerrière chez les Indo-Européens

Titre: Heur et malheur du guerrier. Aspects mythiques de la fonction guerrière chez les Indo-Européens5130Y1BR27L._SL500_AA240_.jpg
Auteur: George Dumézil
Éditeur: Flammarion 1985
Pages: 236

George Dumézil est l'homme qui a permis de comprendre la tri-fonctionnalité dans les sociétés indo-européennes. En résumé c'est très simple, il y a trois fonctions de base: la souveraineté, la fonction guerrière et la fonction productrice. Ce petit livre se propose d'étudier la fonction guerrière. Pour cela, et je pense que c'est un bon moyen, Dumézil compare les mythologies et histoires épiques de plusieurs civilisations du monde. Par ce moyen nous pouvons découvrir qu'elles sont les caractéristiques principales de cette fonction ambigües car créée pour protéger la société mais étant, en elle-même, un danger pour la société qu'elle protège.

L'un des chapitres que j'ai trouvé le plus intéressant concerne les péchés des guerriers. On découvre, dans différentes civilisation, les même péchés de base: religieux, lâcheté et de sexualité. En accomplissant ces trois actes le guerrier mythique perd de sa force et doit se purifier. On découvre que les guerriers, nécessaires, sont souillés par leurs actes et doivent trouver un moyen de se "laver". J'ai aussi particulièrement apprécié l'utilisation des mythes sur lesquels l'auteur se base et qui, semblerait-il, permettraient de trouver des indices sur le fonctionnement de la société. Cependant, je dois avouer avoir du mal à écrire une présentation exhaustive et acceptable. Je n'ai tout simplement pas assez de connaissances dans le sujet. Mais ça ne m'empêchera pas d'essayer d'en savoir plus.


Image: prise sur amazon.

09:49 Écrit par Hassan dans antiquité, Histoire | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |  Facebook

07/10/2009

Après la démocratie

Titre: Après la démocratie51pjC0u2mOL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Emmanuel Todd
Éditeur: Gallimard 2008
Pages: 257

Lorsque j'avais vu ce livre en librairie j'avais hésité à le lire. Il fat dire que Emmanuel Todd est un personnage qui est connu pour certaines positions critiquées. Mais c'est aussi, avant tout, l'homme qui a prévu la fin de l'URSS avant beaucoup d'autres personnes et pour les bonnes raisons semblerait-il. Néanmoins, mon hésitation venait aussi du caractère ouvertement pamphlétaire ce de livre. D'habitude je ne cherche pas à connaitre des pamphlets mais à comprendre le véritable fonctionnement de la société. Je me demandais donc si je pouvais trouver ceci dans ce livre qui attaque sans arrière pensée Sarkozy et sa clique mais aussi les socialistes français. Néanmoins j'y ai trouvé des propos intéressant et qui sont en accord avec une partie de mes idées. D'ailleurs on voit que Todd a voulu critiquer mais l'a fait en essayant d'utiliser des outils scientifiques et statistiques.

Après sa lecture je dégage plusieurs points principaux: les politiciens et les élites financières, le néo-libéralisme, l'éducation et la religion. Selon Todd, les démocraties se sont constituées grâce au facteur éducatif. L'alphabétisation des masses a permis la pensée que la masse devait pouvoir décider. Mais actuellement nous nous trouvons, en occident, dans une phase ou l'alphabétisation est pratiquement achevée et ou nous avons des millions d'étudiants qui entrent dans l'éducation supérieure. Todd considère que cette massification de l'élite va paupériser les élites intellectuelles les coupant des élites politiques et financières. Alors que les hautes études amenaient des richesses les étudiants actuels multiplient les emplois précaires, sont pauvres et ne risquent pas de vivre tous avec les richesses d'un PDG. Seul une élite de l'élite.

Le second facteur de crise que voit Todd c'est la fin des religions. Car la fin des religions amène la fin des idéologies qui sont, en fait, des processus de types religieux. Nous trouvons donc deux problèmes liés. Une élite en voie de paupérisation et la fin des idéologies qui gomme les différences entre gauche et droite. Par conséquent, les élites ne seraient plus une classe de dirigeants supérieurs mais une nos dirigeants seraient de plus en plus seuls face à eux-même. L'élite n'existe plus il n'y a que des élites dérivantes comme les nomme l'auteur. Celles-ci sont, de plus, coupées de la population qu'elles ne comprennent plus. Ce qui expliquerait la crise politique actuelle entre des aspirations populaires et l'incompréhension et le narcissisme des élites.

Un troisième point sur lequel l'auteur revient souvent est la pensée néo-libérale. Emmanuel Todd considère le néo-libéralisme comme une idée dangereuse pour la démocratie. Non seulement elle expliquerait la baisse du pouvoir d'achat de la population mais en plus elle est dangereuse pour l'industrie européenne face à deux pays, la Chine et l'Inde, qui construisent plus et à moindre frais. Alors que le libre échange devrait permettre une spécialisation des pays nous nous trouvons face à une perte de puissance industrielle de l'Europe et à une baisse de la demande intérieur au profit de la demande envers les produits chinois. L'auteur milite pour la mise en place d'un protectionnisme précisément réglé en Europe dans le but de relancer la demande interne et de relancer la hausse des salaires ce qui permettrait d'éviter une crise majeure dans le futur.


Image: tirée du site d'Amazon.

03/09/2009

Histoire de la pudeur

Titre: Histoire de la pudeur41T1pvV9vwL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Jean Claude Bologne
Éditeur: Olivier Orban 1986
Pages: 375

Toutes les sociétés humaines ont créé un rapport spécifique avec la nudité. Depuis les Grecs qui considéraient la nudité acceptée comme une marque de civilisation en passant par la peur de la nudité de la culture Juive ou encore la pudibonderie excessive des Bourgeois du XVIII. Cette Histoire de la pudeur se propose d'étudier l'image du nu dans la société française depuis le moyen âge jusqu'à aujourd'hui. Vu l'année d'édition cela implique que l'auteur parle de ce que l'on a nommé la révolution sexuelle des années septante. Si Bologne ne parle que de la France ce n'est pas parce que ce pays est le seul intéressant à étudier, bien au contraire, mais parce que la taille du livre empêche d'écrire un ouvrage plus large. Néanmoins, la dimension temporelle est vaste et c'est un vrai défi que s'est lancé Bologne.

L'auteur a décidé de découper son livre en deux parties. La première partie s'occupe plus spécifiquement de la pudeur dans la vie sociale. Autrement dit, Bologne parle de la nudité dans la vie de tous les jours. En parlant, par exemple, des bains nus dans la Seine ou de l'habitude de recevoir les gens alors que l'on est sur "la chaise percée". Dans cette nudité sociale il montre comment la nudité fut représentée dans les différentes époques. Depuis le moyen âge ou elle est pécheresse et innocence selon le contexte et dont l'acte est plus effrayant que la nudité jusqu'au XIXe ou la nudité se confine dans la vie privée, dans un rituel rigidifié. On y découvre aussi que la nudité dépend du rang social. En effet, il est tout a fait possible pour le roi d'être nu devant ses courtisans mais le contraire serait honteux et un manque de respect. D'où un jeu de la nudité pour marquer son rang. La seconde partie, parle de la nudité représentée. Dans l'art ou elle passe des canons médiévaux au corps triomphateur puis au nu antique canonisé. Dans le théâtre et le cinéma ou la nudité des acteurs donna lieu à des contestations. Sans oublier les mots du corps et les images affichées de la nudité dans les publicités au XXe siècle.

C'est, donc, un livre bien construit et intéressant. On y apprend la relativité de la pudeur, des vêtements et des réactions que l'on avait en face d'un homme ou d'une femme dénudée. Que ce soir réellement ou en image. Bien que les thèses soient rigoureusement mises en places et prouvées par la mobilisation de sources nombreuses ce livre n'est pas écrit d'une façon stérile. L'auteur, dans ses développements, laisse une place remarquée et appréciable à l'humour des situations et effarouchements d'époques qui nous paraissent surprenantes. C'est donc, aussi, un livre drôle et très sympathique à lire tout en étant un livre d''histoire sérieux.


Image: Amazon (L'image mise sur ce billet n'est, malheureusement, pas l'image de l'édition que j'ai entre les mains mais celle des éditeurs Hachette dans la collection Pluriel).

10:03 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

19/08/2009

Quand l'état se mêle de l'histoire

Titre: Quand l'état se mêle de l'histoire313DP3DCADL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Entretien avec René Rémond mené par François Azouvi
Éditeur: Stock 2006
Pages: 106

Quel que soit son travail ou son domaine d'études on ne peut pas passer outre quelques instants de réflexions sur ce que l'on fait. Ce petit livre est, justement, une réflexion sur un aspect particulier du travail d'un historien en France: les lois dites mémorielles. René Rémond, en effet, est l'un des signataires de la pétition demandant leur abrogation, pétition faisant suite à une plainte contre l'historien, trois fois récompensé pour son livre Les traites négrières. Essai d'histoire globale, Olivier Pétré-Grenouilleau justement à cause d'une loi mémorielle. Ces lois ne sont pas des moyens de punir le négationnismes mais des armes à doubles tranchants qui, sous couvert du respect de la mémoire, peuvent empêcher l'historien de faire un travail de qualité puisque, si il s'érige contre le discours légal, il risque une condamnation. René Rémond considère ceci comme un grand danger pour le travail de l'historien.

Bien entendu ce n'est pas tous son discours, via ce thème légal il en profite pour donner sa définition du travail de l'historien. Un travail d'approximation ne devant pas souffrir des vues subjectives mais ne devant pas non plus se perdre dans l'amoralisme via la relativité des valeurs morales. Un historien doit condamner ce qui est condamnable car René Rémond croit en des valeurs morales universelles. C'est aussi un bon moyen pour lui de donner sa définition de ce qu'est la mémoire, une action immédiate et subjective, et de l'histoire, une réflexion objective. Néanmoins, il ne faut pas croire qu'il souhaite que l'histoire ne soit la propriété et ne puisse être faites que par les historiens. Il pense que l'histoire appartient à tout le monde et que, nécessairement, tout le monde doit pouvoir en parler et en posséder des rudiments. Ce qu'il condamne c'est la croyance des politiciens que leur positon d'élus les placent en droit de donner des ordres aux historiens et de leur imposer des méthodes et vérités historiques au moyen de la loi alors que le débat fait toujours rage.

Bien que ce thème soit surtout important en France, nous ne devons pas oublier que la Suisse aussi à eu ses tentatives et tentations de lois mémorielles et, donc, nous devons bien expliquer en tant qu'étudiant ou historiens confirmés que nos travaux ne sont pas des jugements ou des tentatives de violer la vérité historique au profit d'une faction mais la recherche de la vérité historique qu'elle soit plaisante ou non et ce par des moyens scientifiques et rationnels tout en n'oubliant surtout pas d'avouer nos approximations et ignorances.


Image: Amazone

17/08/2009

Normes, déviances, insertions

Titre: Normes, déviances, insertions
Auteur: sous la direction de Gérard Mauger, José Luis Moreno Pestaña et Marta Roca i Escoda
Éditeur: Seismo 2008
Pages: 216

Ce livre n'est pas un récit historique des normes, des déviances et de leur insertions dans la société. Ce livre se propose d'analyser ces termes et surtout la façon dont la société, politique et savante, les construit pour étiqueter des personnes. C'est pourquoi les coordinateurs ont décidés de le diviser en trois parties. La première parle du discours politique. Celui-ci, par l'étiquette déviance, est capable de déligitimer des actions politiques et de les rendre sans fondements par ce même biais. Nous avons aussi un article très éclairant sur la différence entre le social et le répressif. Si j'en crois cet article les arguments et visions des partisans des deux termes ne sont pas si différents que l'on penserait. La seconde partie parle, elle, du coté scientifique. Elle essaie de reconnaitre la façon dont les scientifiques, surtout les psychothérapeutes, écrivent ce qu'est une déviance pour la rendre compatible avec leur métier. C'est pourquoi on peut y lire un article plutôt intéressant sur la psychologisation de l'école et la façon dont elle se crée. Enfin, la troisième partie parle de l'insertion. Insertion des jeunes de banlieues dont il est important de créer une avenir et de suivre ses promesses. Insertion par la prison dont les socialisations par les condamnés peuvent être différentes selon la vision qu'ils ont de la prison. Sans oublier les thérapies contre les troubles alimentaires. L'important dans ces chapitres est de voir que les normes intériorisées doivent être modifiées pour une insertion réussie.

C'est un livre intéressant et dont la lecture m'a appris plusieurs choses dont je n'avais pas toujours conscience. L'article sur les jeunes de la cité par Isabelle Coutant devrait être lu par toutes les personnes qui souhaitent régler ce qu'ils voient comme un problème mais ce n'est pas le seul intérêt de ce livre. J'ai apprécié les contributions assez larges avec des exemples, parfois déroutants mais j'ai l'impression qu'il y a deux problèmes. Premièrement, et c'est normal vu la taille du livre, les contributions ne sont pas toujours totalement développée et pourraient demander plus de pages pour expliquer les mécanismes à l'œuvre. Secondement, j'ai l'impression d'un manque de perspective historique. En effet, je pense qu'utiliser l'histoire, avec les précautions normales, est très utile pour comprendre les évènements actuels. Ce manque d'historicité est, je trouve, un manque important. Sinon je pense que c'est un bon livre même si je n'ai pas encore les compétences nécessaires ni les connaissances me permettant de véritablement critiquer les articles.


Image: tirée du site des éditions

09:58 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre, Politique, sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : normes, déviances, insertions | | | |  Facebook

13/08/2009

Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France XIXe - XXIe siècle

Titre: Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France XIXe - XXIe siècle 9782130566922.jpg
Auteur: sous la direction de Ludivine Bantigny et Ivan Jablonka
Éditeur: Presses universitaires de France 2009
Collection: Le Nœud Gordien
Pages: 307

L'histoire de la jeunesse est une histoire difficile à raconter et analyser pour plusieurs raisons: nous avons été ou sommes tous jeunes, les discours sur la jeunesse sont le plus souvent déclamé par des personnes ne faisant pas partie de cette catégorie et la jeunesse, comme le dit Bourdieu, n'est qu'un mot. Autrement dit, la jeunesse est une catégorie sociale fluctuante puisqu'elle dépend de nombreux facteurs particuliers aux contextes ou on la définit. C'est donc un recueil difficile dans lequel se sont lancés Ludivine Bantigny et Ivan Jablonka puisque la définition de l'objet change selon la période ainsi que le nombre de sources disponibles (comme le souligne Jean-François Sirinelli dans la préface). Honnêtement, après l'avoir lu, je pense que c'est un paris réussi.

Divisé en trois parties le livre nous fait naviguer du XIXe au XXIe siècle. La première partie parle du XIXe siècle et nous informe sur les étudiants et la façon dont on les voit. La jeunesse rurale dont les espoirs permettent d'empêcher leur révolte ainsi que du sentiment de jeunesse de la France face à la vieillesse de l'ancien régime. La seconde partie, elle, nous transporte dans la première moitié du XXe siècle lors des quatre guerres que connu la France. Elle démontre le besoin de reconstruction du pays par un discours sur la jeunesse mais aussi le sentiment de dégénérescence des "vieux" qui ont échoué lors de la seconde guerre mondiale. Cette partie de l'histoire est une sorte de recherche de revitalisation de la France par les Jeunes mais aussi leur sacrifices par les blessures de la seconde guerre mondiale et de la guerre d'Algérie. Pour terminer, la troisième partie prend en compte l'histoire des jeunes jusqu'à nos jours. Nous passons donc à travers le rock, la culture jeune, etc. Mais surtout les collaborateurs nous expliquent les sentiments de rejet de la jeunesse dites immigrées qui ont aboutis à différentes émeutes dont la dernière est celle de 2005. Nous recevons aussi les explications de la perte d'importance de l'armée qui de passage de l'âge adolescent à l'age adulte est devenu une simple perte de temps et d'argent. Enfin, une contribution nous montre les changements de l'attitude sexuelle tout en démontrant que les femmes restent les gardiennes de la prévoyance sexuelle et du passage de l'état célibataire à l'état maritale.

Cette énumération non exhaustive montre un livre dense. Néanmoins la taille du livre et des contributions empêche d'analyser en détail chacune des thèmes soulevés. Bien que je n'ai que peu d'intérêt pour l'histoire du cinéma, de l'économie ou encore de la musique les contributions sur la création politique du groupe jeunes, la vision qu'en a la société sans oublier les mutations de la jeunesse féminine et les différentes révoltes de jeunes ou encore la sexualité m'ont énormément appris. C'est un livre facile à consulter, rapide à lire et qui nous permet de comprendre une grande partie du champ historique des jeunes tout en gardant une ouverture avec la sociologie, ce que je ne peux qu'apprécier. Si nous souhaitez vous documenter sur les jeunes je pense que ce livre est une bonne occasion. Mais il nous apprend plus que ça. Il nous montre que les discours sur la jeunesse, encore dominée par les personnes au pouvoir que ce soit la famille ou les politiques, ont toujours montré à la fois la peur et les désirs de la société. Alors que, selon certains, les jeunes sont en perte de repaires ce livre a le mérite de nous montrer, qu'au contraire, les jeunes ont seulement leur propres repères pas toujours en adéquation avec ceux de la société. Une idée plus importante que celles qui ne demandent que répression face à une prétendue jeunesse dangereuse et barbare.


Image: tirée du site des éditions PUF

10:00 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, Livre, moderne, Politique, sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jeunesse | | | |  Facebook

05/04/2009

Les Trois royaumes

Les trois royaumes, nouveau film de John Woo, est l'adaptation au cinéma de l'histoire d'une lutte entre le premier ministre Can Can de l'empereur Han et deux royaumes du Sud qui veulent empêcher ce premier ministre d'avoir le pouvoir en 200 après JC. Nous avons Can Can, sans pitié, puissant et tacticien de qualité. Liu Bei un vieux seigneur et son allié Sun Quan un jeune seigneur. La lutte sera majoritairement sur les terres de ce dernier dans le film. Mais les deux alliés, secondés de grands tacticiens et d'armées entrainées, doivent trouver le moyen de vaincre Can Can qui semble invincible.

Si j'ai bien lu cette histoire est un monument de la littérature chinoise. C'est, en tout cas, un très bon film. Bien que les batailles soient majoritaires elles sont bien scénarisées, je me souviendrais longtemps de cette bataille de cavalerie contre des fantassins en formation octogonale. Nous y trouvons aussi quelques scènes beaucoup plus émotive et qui trouvent leur place sans paraitre ridicule. Mais ce qui est au centre de ce film c'est d'abord la tactique militaire. J'avoue avoir une certaine curiosité sur la façon de gager une bataille et les différentes conférences tactiques que ce film nous montre m'ont beaucoup intéressé. Mais il y a une autre dimension dans cette histoire. C'est une dimension morale. En effet, les deux seigneurs du Sud ne se rebellent pas contre l'Empereur mais contre son premier ministre. Un homme cruel, parfois dés-honorable et sans pitié. Alors que ces deux seigneurs sont sages, prudent, stoïque et surtout attentif au sort de leur peuple. Pouvons nous y voir une thèse justificatrice du tyrannicide même si l'Empereur est intouchable? je serais tenté de répondre par l'affirmative.

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Image: tirée du site Allociné

08:42 Écrit par Hassan dans Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

17/02/2009

Walkyrie

Comment parler d'un tel film? Difficile car quoi que l'on fasse on risque d'être dans l'erreur. C'est, bien entendu, du au sujet du film, quoi qu'il arrive un film sur l'Allemagne nazie fera parler de lui même si il est mauvais ou, au contraire, le plus proche de la réalité historique. D'où le danger et la difficulté non seulement de réaliser mais d'en parler. Il m'a donc fallu quelques jours de réflexions pour essayer de commettre le moins de maladresses possibles et pour m'informer un peu auprès d'amis spécialisés en histoire contemporaine. Car oui, et c'est l'un des points positifs de ce film, il m'a donné envie de vérifier les évènements dont il parle. Il est vrai que la résistance allemande est souvent oubliée et inconnue dans le grand public. Pour ma part je connaissais son existence mais non les détails.

Est il bon? Je dois dire que oui. L'action est haletante et on ne peut s'empêcher de se demander si Stauffenberg réussira. Mais j'ai tout de même quelques critiques. Premièrement on cache le caractère pro-nazi des personnages avant leur "reconversion" au profit d'un portrait de "chevaliers blancs héroïques" il a fallu du temps pour que les personnes réelles décident de lutter contre l'Allemagne de leurs temps et nous ne voyons que la fin du processus. secondement Stauffenberg me parait trop brutal, il clame haut et fort sa révolte en ne prenant aucune précautions quand il tente de convertir des officiers. Cela m'a semblé problématique. Néanmoins c'est un film qu'il est intéressant de voir et qui met en lumière la résistance allemande trop oubliée.

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Image prise sur allociné

09:53 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

27/01/2009

La contre-démocratie

Titre: La contre-démocratie la politique à l'âge de la défiancela contre democratie.jpg
Auteur: Pierre Rosanvallon
Éditeur: Seuil 2006
Collection: Point Essais
Pages: 344

Il ne se passe pas un mois sans que l'on entende parler du problème de la démocratie. Les citoyens la délaisseraient et seraient de plus en plus sceptique face à ses vertus. Nous étudions comment recréer un intérêt et pourquoi celui ci a disparu. Pierre Rosanvallon choisit une voie différente. Plutôt que de penser que le citoyen se désintéresse de la politique il prend le parti que le citoyen ne s'y est jamais autant intéressé mais délaisse les mécanismes orthodoxes. Ces nouveaux citoyens ne font plus autant confiance aux urnes mais observent la politique et ses institutions, les surveillent et agissent par des mécanismes d'empêchement. Qu'ils soient des manifestations ou des actes juridiques.

Pour un titre qui peut faire peur ce livre est très fluide à lire et très intéressant. Pour prouver sa thèse l'auteur prend des exemples historiques et actuels sans mélanger les époques et en montrant au lecteur comment les intellectuels plus tardifs ou contemporains ont pensé ces institutions (par exemple la réflexion sur les Tribuns du Peuple aux états unis au XVIII). Les thèses sont très convaincantes et bien documentées mais je me demande quand même, bien que Rosanvallon en parle, si elles sont une bonne illustration des sociétés actuelles? C'est en tout cas le but de l'auteur de mettre en place un modèle intellectuel basé et décrivant les faits.

09:57 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie | | | |  Facebook

26/01/2009

Judas de l'Evangile à l'Holocauste

Titre: Judas de l'Evangile à l'Holocaustejudas.jpg
Auteur: Pierre-Emmanuel Dauzat
Éditeur: Perrin 2008 pour cette édition (Bayard 2006)
Collection: Tempus
Pages: 348

Voila un nouveau livre sur une figure religieuse, la figure de la trahison que nous connaissons tous: Judas. Je ne souhaitais pas particulièrement me documenter sur lui mais j'étais curieux. Malheureusement je suis un peu déçu par ce livre. Premièrement je ne trouve pas sa structure particulièrement claire même si je me rend compte que l'auteur parle de la vision de Judas dans la littérature j'ai du mal à apprécier les structures choisies. Secondement la façon dont le livre est écrit me semble floue et peu précise. J'ai une impression de désordre dans les chapitres, les choix d'exemple et la chronologie.

Il est tout de même intéressant de voir les différences de visions dans le monde et l'histoire mais je me demande si un tel travail global est vraiment une bonne idée? Ne vaudrait il pas mieux faire un travail plus précis? Car nous trouvons, dans ce livre, des conceptions qui n'ont presque rien à voir entre elles. Nous passons du Judas haï est méprisé au Judas instrument de dieu sans impression de préparation. Je ne suis pas satisfait mais ce livre reste le fruit d'un travail de recherche aboutit et l'auteur nous montre, malgré tout, sa grande maitrise de l'idée de Judas à travers le monde et l'histoire.

10:11 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : judas, perrin, dauzat | | | |  Facebook

19/01/2009

La mort au moyen âge

Titre: La mort au moyen âgela mort au moyen age.jpg
Auteur: Danièle Alexandre-Bidon
Éditeur: Hachette Littératures 1998
Collection: Pluriel
Pages: 333

Voila un sujet un peu morbide pour un livre et pour un lecteur. Mais s'arrêter au morbide est négliger l'importance de la mort dans la vie d'un humain et donc dans les sciences dites humaines. La mort, que l'on en soit heureux ou non, est au centre de nos vies, on se dirige vers elle, on l'accepte ou non et on développe des rites face à elle. Ce livre a pour but de nous illustrer les rites médiévaux mais aussi tout ce qui entoure la mort d'un proche: les tombes, l'église, les métiers, le testament, etc à la période médiévale.

Est ce réussis? Je pense pouvoir dire que oui. l'auteur nous permet d'avoir un aperçu de la pensée de la mort et de son évolution au moyen âge, pensées qui nous sont parfois surprenante. Il nous montre aussi une société ou le mort était partie intégrante de celle-ci et ou les familles et amis gardaient en face d'eux le mort jusqu'à ce que, petit à petit, l'église confisque ces moments d'intimités pour, ensuite, les perdre et oublier ce qu'est la mort. C'est un sujet morbide mais c'est aussi un moyen de comprendre la vie et les gens et Bidon pourrait avoir raison quand il déplore la perte de vision des morts dans notre société et l'abandon dont ils sont victimes. Devrions nous retourner au chevet du mourant jusqu'à éa fin et accompagner la préparation des rites? Peut être.

16/01/2009

Histoire de l'Islam

Titre: Histoire de l'Islam fondements et doctrineshistoire de l islam.jpg
Auteur: Sabrina Mervin
Éditeur: Flammarion 2001 (première édition 2000)
Collection: Champs Université
Pages: 311

Cela fait quelques temps que je souhaite en savoir plus sur l'Islam. Dans ces temps ou l'on parle beaucoup de cette religion mais que, j'en ai l'impression, nous sommes peu à connaitre il est des plus utile d'en savoir un plus même si ce n'est pas grand chose. J'ai donc choisit, un peu au hasard, ce livre de Sabrina Mervin. Il est divisé en deux parties: la première partie du livre concerne l'histoire des idées religieuses (et non des évènements même si on en trouve) et la seconde partie est constituée en glossaire des lieux, personnages et doctrines.
Je dois l'avouer, je n'ai l'impression que d'avoir effleuré l'Islam mais j'ai tout de même appris beaucoup. Il me semble que le sujet n'est pas assez approfondi et c'est dommage mais au moins l'écriture est clair, malgré quelques termes obscurs pour les novices comme moi, et intéressant. Je considèrerais ce livre plutôt comme une introduction à un sujet bien plus vaste.

09:53 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : islam, sabrina mervin | | | |  Facebook

09/01/2009

Chevaliers et chevalerie au Moyen Âge

Titre: Chevaliers et chevalerie au Moyen Âgechevaliers et chevalerie au moyen age.jpg
Auteur: Jean Flori
Éditeur: Hachette Littératures 2008
Collection: Pluriel
Pages: 301

Je continue mon petit tour d'horizon de la période médiévale et cette fois je me suis intéressé à la chevalerie. Nous avons tous connu, dans notre enfance, les contes de chevaliers et de princesses. Les hauts faits de héros en armures, la table ronde, la chanson de Roland et Tristant et Yseut. Les chevaliers nous fascinent car ils sont un ordre se conformant a des valeurs tel que le courage et le protection des innocents. Mais tout cela n'est pas forcément la réalité historique. Jean Flori a donc écrit un livre nous permettant de nous faire une idée générale de la chevalerie. Pour cela il nous conduit en trois parties: la politique, la guerre et l'idéologie. La première nous parle de l'origine et des conditions, de ce que sont les chevaliers, la seconde des guerriers chevaliers et de la réalité, ou non, de leur idéal éthique (par exemple nous apprenons que leur soif d'honneur les conduit, parfois, à mettre en péril la victoire) et enfin la troisième partie examine les liens de la chevalerie avec l'église. Cette dernière ayant tenté de contrôler les chevaliers, entre autres, par l'idée du chevalier protecteur des Chrétiens.

En ce qui concerne l'écriture Jean Flori est très agréable à lire et j'ai beaucoup aimé parcourir ces pages. J'ai l'impression d'avoir véritablement pu me faire une idée générale de cette chevalerie et j'ai bien envie d'aller un peu plus loin. Heureusement Flori nous a mis en place une bibliographie bien fournie si on prend en compte les notes de bas de pages. C'est un livre que je considère bon et que je conseille aux personnes souhaitant en savoir plus sur la réalité historique des hommes en armures.

09:59 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre, moyen âge | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : chevalerie, chevalier, jean flori | | | |  Facebook

18/12/2008

les Vikings

Titre: Les Vikingsles vikings.jpg
Auteur: Régis Boyer
Éditeur: Perrin 2004 (2002 première)
Collection: Tempus
Pages: 442

Comme je l'ai dit précédemment j'ai commencé à m'intéresser à la période médiévale. Il est donc naturel que j'aie voulu en savoir plus sur les Vikings. Ce peuple ayant été fortement marqué dans l'imaginaire collectif comme des guerriers sanguinaires invincibles. J'ai donc trouvé ce livre dont l'auteur explique tout de suite le but: donner les véritables identités des Vikings. Ces identités étant perverties et, parfois, inconnues des gens.

Ici aussi l'auteur a commencé par une partie évènementiel mais les premier chapitre nous explique comment nous connaissons les Vikings, leur histoire ancienne et surtout pourquoi ils déferlèrent sur l'Europe. C'est ensuite que nous avons un récit, par peuple, de l'histoire Viking. La seconde partie du livre nous parle de la civilisation Viking: sa façon de penser, d'agir, ce qu'ils recherchent, l'art pour finir par une explication de leur disparition.

J'avoue que j'ai eu du mal à comprendre tous ce que dit Régis Boyer. Mais cela est certainement du à ma connaissance très faible. D'ailleurs Boyer nous donne toutes les clefs d'explications. Que ce soit la prononciation des mots ou les concepts clefs mais surtout il nous explique lorsque nous ne devons pas faire de conclusions trop hâtives. Par exemple les Vikings d'Islande n'ont pas créé une démocratie et rien ne nous permet encore de confirmer de façon sure que les Vikings aient découvert l'Amérique. Les objets auraient très bien pu y être amené par des échanges successifs. En lisant ce livre nous découvrons, non pas une civilisation guerrière, mais un peuple profondément aimant de la vie, des marchands, des administrateurs de haute qualité et un art unique. Ce livre est un bon moyen de se faire une véritable idée de ce peuple et de sa culture unique et fascinante.

09:52 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre, moyen âge | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : vikings, régis boyer, tempus, perrin | | | |  Facebook