27/02/2013

A song of ice and fire: A dance with dragons par George R.R. Martin

Titre : A song of ice and fire: A dance with dragons012952-FC222.jpg
Directeur : George R.R. Martin
Éditeur : Harper Voyager 2012 (2011)
Pages : 1184

ENFIN! J'ai réussi à terminer le dernier tome de Game of Thrones actuellement écrit! Et celui-ci était vraiment gros. J'ai rarement lu un livre qui soit aussi long. Le tome 4 nous donnait les événements qui se déroulaient autours de Cersei et de Sansa ainsi que les îles de fer. Dans celui-ci on retourne dans le passé vers le début du tome 4. George Martin nous offre ce qui se déroule au Mur et au-delà de l'océan. Nous apprenons donc ce qui est arrivé à Tyrion et ce qu'il compte faire à l'avenir. Une chose est sûre: il y a peu de chance que les Lannisters apprécient les envies de Tyrion. Pendant ce temps Stannis tente de prendre pied dans le nord et porte Jon Snow à prendre des décisions difficiles qui pourraient bien impliquer un futur difficile pour la Garde de la Nuit. Mais c'est Daenerys vers qui se tournent tous les regards. Les chuchotements commencent à s'étendre et de plus en plus on entend parler d'une princesse Targaryen et de ses trois dragons. La guerre est loin d'être finie et l'hiver arrive.

J'avoue je trouve que l'idée de Martin de diviser ses intrigues de manière géographique est bizarre. Il m'a fallu un petit effort pour me souvenir que les événements du tome 5 prennent place parallèlement à ceux du tome 4. Certaines mentions me sont parfois à peine revenue en tête. Je trouve aussi que certaines décisions de Martin, dans ce tome, sont un peu facile. Comme si l'auteur ne savait pas trop comment s'en sortir et décidait de jouer à dieu. Bon, c'est son droit mais je ne suis pas forcément convaincu. Ce tome se déroule encore dans ce que je considère comme une sorte d'entre-deux guerres. Les intrigues semblent devenir de plus en plus tendues et des plans commencent à se dévoiler. Bien que les intrigues de Martin sont assez lentes il est probable que le prochain tome signe de nombreuses morts. La fin de ce 5ème tome augure de bien sombres jours pour Westeros.

Image: Éditeur

31/12/2012

A song of Ice and Fire: A clash of Kings par George R.R. Martin

Titre : A song of Ice and Fire: A clash of Kings024948-FC222.jpg
Auteur : George R.R. Martin
Éditeur : Harper Voyager 2012
Pages : 911

Le roi dans le Nord venait d'être proclamé dans le tome précédent. Mais la guerre n'avait pas encore commencé. Au début de ce second tome un signe est observé dans le ciel. Une comète rouge traverse les cieux et chacun interprète ceci en sa faveurs. Une seule chose est sûre. Cette comète rouge apporte la guerre. Le sang et les larmes n'auront pas fini d'être versée dans les 7 royaumes car 4 rois se disputent les terres. Mais ces affaires de rois sont plus compliquées qu'elles ne paraissent. En effet, derrière ces querelles de successions se cache aussi un nouveau joueur, ou plutôt une joueuse, une secte tente d'entrer dans les 7 royaumes. Dans leur envie de se combattre les 4 rois risquent aussi d'oublier deux joueurs. Et surtout ils risquent d'oublier que l'hiver arrive...

Cette fresque me passionne toujours autant. Je considérais le premier tome comme un simple prologue et je pense avoir raison. Ce second tome lance la véritable intrigue en commençant par une guerre entre plusieurs rois. Mais outre l'intrigue le génie de l'auteur se trouve dans la manière de faire parler les personnages et dans la complexité des rapports sociaux qu'il crée entre eux. Ce n'est pas un simple roman c'est une véritable description d'un royaume qui entre dans une période sombre de son histoire. L'auteur ne tombe pas non plus dans le piège du simple bien et mal. Les différents camps qu'il décrit ont des arguments et des revendications différentes oui. Mais cela implique-t-il que l'un des camps soit véritablement bon et l'autre mauvais? Au contraire, Martin décrit une guerre avec toutes ses atrocités et celles-ci sont nombreuses et initiées par les deux camps. L'auteur lance aussi plusieurs indices sur des points qui pourraient prendre de l'importance à l'instar de la magie. Je ne peux que continuer à conseiller de lire cette œuvre.

Image: Éditeur

15/12/2012

Les rois des sables par George R. R. Martin

Titre : Les rois des sables51IwOZRMxqL._SL500_AA300_.jpg
Auteur : George R. R. Martin
Éditeur : j'ai lu 2007 (1979 original)
Pages : 220

J'ai déjà parlé à deux reprises de George R. R. Martin dans son blog. Les deux fois pour parler de Game Of Thrones que ce soit la série ou le livre. Mais Martin n'est pas qu'un auteur de fantastique. C'est aussi un auteur de science-fiction. Ce livre que je viens de terminer est un recueil de six nouvelles prenant place dans ce qui semble être un univers commun. Malheureusement je ne connais pas encore assez bien les œuvres de l'auteur pour en juger de manière précise. Les deux premières nouvelles semblent avoir pris comme thème le mensonge. Comment peut-on trouver et mettre à jours le mensonge? Celui-ci n'est pas nécessaire pour vivre dans l'espoir? Ces questions philosophiques reçoivent une réponse intéressant de la part de Martin. La nouvelle qui suit, Vifs-amis, parle du rêve d'un homme. Le rêve de parcourir les étoiles libre. Les trois dernières nouvelles sont celles qui semblent les plus proches d'un univers cohérent. Les références à une construction plus vaste de la part de l'auteur sont nombreuses. On y trouve à la fois de l'espoir mais aussi une grande noirceur. La Dame des Étoiles, par exemple, commence dans le pessimisme et ne finit pas bien. Mais je vous en laisse juge.

Il est difficile de présenter des nouvelles. J'ai toujours peur de trop écrire ou de ne pas assez écrire. Mais il y a une chose simple à exprimer après la lecture de ce livre. George R. R. Martin est vraiment un bon écrivain. Il réussit à décrire un univers cohérent en peu de mots et et univers prend vie dans l'imagination du lecteur. Martin peut emmener son lecteur dans de nombreux personnages à la psychologie différente et pourtant attachants. Mieux encore, il donne envie d'en savoir plus sur les mondes qu'il nous montre. Comment fonctionnent-ils? Quelles sont leurs légendes? On se sent rapidement transporté dans ces écrits. Après Martin l'auteur d'une œuvre gigantesque c'est avec plaisir que j'ai découvert Martin le nouvelliste.

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L'invention du naturel. Les sciences et la fabrication du féminin et du masculin sous la direction de Delphine Gardey et Ilana Löwy

Titre : L'invention du naturel. Les sciences et la fabrication du féminin et du masculin41QSYEXJM4L._SL500_AA300_.jpg
Directrices : Delphine Gardey et Ilana Löwy
Éditeur : Editions des archives contemporaines 2000
Pages : 227

Quand on lit les journaux ou quand on écoute les émissions de TV on entendu souvent parler du naturel. La nature n'a pas prévu ceci ou cela et des études le montrent. La question du caractère construit de ces études est rarement posé. Et la caractéristique genrée est quasiment invisible. Le but de ce petit livre, fruit de deux journées d'études au Centre de Recherche en Histoire des Sciences et des Techniques, est d'examiner le caractère, si il existe, genré des sciences que celles-ci soient des sociales ou "dures".

Le livre et les contributions sont divisées en trois parties. La première concerne les possibilités de recherches offertes par la perspective du genre en histoire des sciences. Ces perspectives sont résumées par quatre contributions. Celles-ci permettent de poser des questions sur le caractère naturel du corps et de la recherche. Cette dernière est-elle véritablement un moyen de comprendre et d'illustrer la nature ou est-ce une construction de la nature? Le corps est-il naturel ou plus ou moins construit selon les contextes scientifiques et culturels? Comment les différentes sciences ont-elles été construite en dehors d'un investissement des femmes à l'intérieur de celles-ci? Ces questions permettent de mettre en question la construction des recherches et l'idée que celles-ci réussissent à décrire la réalité. La science est une construction qui dépend d'un contexte aussi bien scientifique qui linguistique et politique.

La seconde partie concerne plus spécifiquement les sciences humaines et sociales. Elle est aussi formée de quatre contributions. Ces dernières permettent de mettre en question la naturalisation des catégories sexuées dans différentes sciences sociales. Nicole-Claude Mathieu, par exemple, développe une étude de l'ethnologie et de l'oubli de la construction des genres dans les autres sociétés pour mieux expliquer un éternel féminin universel. Les deux dernières contributions, Anne-Marie Devreux et Ilana Löwy, étudient le célèbre livre de Bourdieu, La domination masculine, et ses effets. Elles considèrent que Bourdieu recrée une invisibilisation du rapport social de domination entre les sexes pour créer des femmes éternellement dépourvues en capitaux. Les femmes, chez Bourdieu, ne servent qu'à légitimer et augmenter les capitaux symboliques des hommes. Mais quid de la domination physique?

La dernière partie examine la biologie. En effet, la biologie est probablement la science qui tente le plus de trouver la nature dans l'humanité. Les trois contributions classées sous cette partie examinent donc comment le sexe et la sexualité ont été construite dans l'histoire de la biologie. La première contribution est malheureusement trop courte et ne fait qu'effleurer la construction de l'homosexualité et de sa naturalité. La seconde et la dernière sont plus développées. Elles permettent de mettre en question la manière dont la science du biologique construit le naturel et réintroduisant une histoire. On y apprend que la question des sexes dans l'hérédité n'est pas simple qu'on ne le croit. Cynthia Kraus, dans la dernière contribution, nous démontre que la construction en deux catégories des sexes humains n'est pas si naturelle que cela. En effet, la biologie montre qu'il est plus compliqué qu'on ne le croit de diviser les humains dans ces deux catégories. Les différentes manières de créer cette division ne sont pas forcément pertinentes et ne se regroupent pas toujours. L'humanité serait donc plus compliquée que cela.

Je le dis tout de suite, ce livre n'est pas le plus passionnant à lire. Certaines contributions sont particulièrement ardue et il m'est arrivé de m'assoupir de temps en temps. Cependant, je ne veux pas dire que les propos développés ne sont pas intéressants. Au contraire, les questions soulevées m'ont permis de me poser de nouvelles questions et de mettre en doutes certaines conceptions que je tirais de mes années d'école. La lecture de ces contributions m'a aussi permis de commencer une réflexion sur le caractère socialement construit du corps. C'est un point qui sera probablement largement combattu car il est difficile d'imaginer que le corps puisse être construit. pourtant, notre rapport à notre corps et à la manière de vivre à l'intérieur de celui-ci change selon e contexte historique et culturel. Cela peut-il aller plus loin?

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12/12/2012

A song of ice and fire: A game of thrones par George R. R. Martin

Titre : A song of ice and fire: A game of thrones?source=9780553381689&height=250&maxwidth=170
Auteur : George R. R. Martin
Éditeur : Bantam books 2011 (1996)
Pages : 835

Faut-il vraiment encore présenter la magnifique saga de George R. R. Martin? Il est vrai que les critiques littéraires francophones sont plus que frileux face aux genre fantasy et SF (je sais… ça ne se limite pas à ces termes mais s'il fallait faire une présentation argumentée on y serait encore demain). Une saga adaptée avec brio à la télévision par HBO. Une histoire qui est déjà culte pour de nombreuses personnes. Je ne pouvais naturellement pas oublier d'en parler longtemps (d'autant plus que j'ai déjà présenté la saison 1 de la série). Bref, il est temps pour moi de vous invitez à entrer dans les 7 royaumes. Au cas ou vous n'auriez jamais le voyage.

Les 7 royaumes... Une terre ancienne regroupée sous une seule domination par un ancien roi dragon. Une Terre qui s'étend sur un royaume entier du sud au nord. Du moins, pour ce qui concerne le nord, jusqu'au Mur. Celui-ci défend les royaumes contre les incursions de créatures et d'humains vivant dans des contrées en dehors de toute civilisation. Les Starks connaissent bien le Mur. C'est la Grand Maison qui vit le plus au nord. Eddard Stark pensait continuer à vivre pour protéger le nord et élever ses enfants en paix. Mais lorsque un message l'informe à la fois de la mort de la Main du roi et du voyage du roi vers son château il comprend que les vacances sont terminées. Eddard devra plonger dans les affaires du royaume. Les machinations y succèdent aux machinations et la loyauté n'est qu'un vain mot. Eddard devra apprendre que quand on joue au jeu du trône c'est pour gagner.

Un gros "rhaaaaaaa c'est trop bon" a probablement échappé de mes lèvres à la fin de ce livre. Il fut rapidement suivi par le désespoir de devoir attendre la livraison des suites. C'est un gros livre, 800 pages, et les suites sont tout aussi conséquentes. Mais je ne me suis jamais senti lassé. Au contraire, même en ayant vu la série j'avais envie de continuer ma lecture (ceci bien qu'il soit trois heures du matin). Attention ami lecteur cette série possède un fort potentiel d'addiction. Mais qu'est-ce que j'ai pu apprécier? Tout d'abord, l’atmosphère du livre est particulièrement réussie. Nous nous trouvons dans un monde ancien. Les ruines et les légendes d'âges oubliés sont abondantes et on ne peut faire un pas sans trébucher sur l'ancien. Un monde ancien qui a connu et perdu la magie. La tension est aussi grandissante. Comme le disent les Starks l'hiver arrive. Ce mantra rythme la lecture. Les indices de l'hiver sont en nombre important et se multiplient au fil de la lecture. Mais c'est aussi un manuel du gouvernant. Je l'ai déjà dit pour la série. Nous nous trouvons en face de Machiavel mais dans un roman. Comme doit-on gouverner? Quelles sont les raisons de gouverner? C'est ceci le jeu du trône. Vous qui n'avez jamais lu Game of Thrones je vous invite à entrer dans ce superbe livre.

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23/11/2012

De l'horrible danger de la lecture par Voltaire

Titre : De l'horrible danger de la lecturearton221.jpg
Auteur : Voltaire
Éditeur : Éditions de Londres
Pages : 16

Voici un très court texte écrit par Voltaire en 1765. Il décrit une décision d'un fonctionnaire de l'Empire Ottoman suite à la découverte de l'imprimerie. Les décisions sont radicales. L’imprimerie est fortement condamnée à cause de sa capacité à faire circuler et à diffuser des idées qui pourraient ne pas être en accord avec les théories officielles. Comme toujours, quand un auteur du XVIIIe parle de l'Empire Ottoman il veut parler de la France.

Mais ce qui est intéressant, mis à part le texte lui-même, c'est la raison pour laquelle les Éditions de Londres ont édité, et fournissent gratuitement, un si petit texte? Cette maison d'édition publie seulement des livres numériques. Il y a de nombreux débats sur ce mode de lecture. Certains ont peur pour la culture. D'autres ont peur pour les auteurs. Et enfin on peut avoir un certain scepticisme face à ce changement de support. Le papier n'est-il pas beaucoup plus agréable? Ces critiques mènent à dénier tout caractère de lecture au support numérique quand on décide d'atteindre la plus extrême des pensées.

Mais ce que le livre numérique offre, et les Éditions de Londres le disent aussi, c'est la possibilité de diffuser de manière large et rapide des ouvrages et des idées. La connaissance peut atteindre des individus qui ne sont pas les cibles habituelles des éditeurs. C'est, d'ailleurs, aussi l'un des arguments de Doctorow.

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13:48 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, moderne, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lecture, diffusion | | | |  Facebook

17/11/2012

Power Punctuation par Cory Doctorow

Titre : Power punctuation
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur

Nous sommes quelques années après notre époque. Un jeune homme travaille dans une grande compagnie responsable de la gestion des déchets papiers de nombreuses entreprises. Elle doit en disposer avec sureté et confidentialité. Ce jeune homme, Jap, est un employé consciencieux. Il est l'un des meilleurs et reçoit de nombreux avis positifs sur son travail. Mais un jour il surprend son collègue en train de lire un document. Est-ce un espion? Il a tout de suite la certitude. Mais c'est pire. Cet homme est le fondateur de l'entreprise dont il garde la charge. Et après avoir vu le travail de Jap il décide de le prendre sous son aile et de lui offrir une promotion. Mais pourquoi?

Cette nouvelle est bien plus intéressante que la précédente. Elle offre de nombreux thèmes à une analyse possible. Je me contenterais de les présenter. Le premier thème est Big Brother. Jap vit dans une entreprise qui contrôle sa vie du début à la fin. Il possède une montre qui lui offre des feedbacks sur son comportement au travail et dans sa vie personnelle. Cette montre contrôle donc tous les aspects de sa vie en lui ordonnant quoi faire à quel moment. Ce contrôle s'inscrit dans le comportement de Jap qui cherche l'approbation de cette machine. Accepterait-on si facilement un tel envahissement de notre espace privé? Je pense qu'il ne faudrait pas longtemps pour que cela soit le cas. Pour que l'on perde le contrôle de la technologie et qu'elle nous contrôle. Le second thème concerne le pouvoir. Dans cette histoire certains hommes ont énormément de pouvoir. Ils peuvent tout savoir sur vos activités et votre histoire intime. Ils peuvent influer sur vos salaires et bonus ainsi que votre carrière. Que cela fait-il de se trouver avec autant de pouvoir dans les mains? Une sensation de puissance probablement. Mais quand vos décisions peuvent tuer est-ce si facile d'avoir ce pouvoir? C'est une question intéressante que développe Doctorow ici.

11/11/2012

Human readable par Cory Doctorow

Titre : Human readable
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur

Deux amoureux dans une voiture. Le trafic se fait dense et aucun des deux ne sait ou se diriger alors que toute la famille attend de l'autre coté de la ville. Ça ressemble à une histoire vécue non? La différence c'est que nous nous trouvons près de 20 ans dans le futur. L'industrie qui se basait sur le copyright est morte. Le réseau internet est devenu bien plus étendu depuis qu'une nouvelle forme de code est mise en place. Mais le monde commence à connaître des pertes de réseau catastrophiques. Car dans un monde ou le réseau se trouve partout et sur lequel nous avons appris à nous appuyer son absence ne peut que mener à des morts. Il est donc nécessaire de le réformer pour que l'humanité puisse comprendre comment fonctionne le réseau.

Cette nouvelle pose une question importante. Comment créer un réseau efficace tout en réussissant à le rendre compréhensible pour l'être humain dans un but démocratique. C'est un problème difficile à répondre. D'un coté nous avons la demande d'un réseau automatique capable de se gérer seul et de créer des informations sans activités humaines. De l'autre nous avons les normes que la démocratie est censée posséder. Le droit pour chacun de savoir qu'il possède un usage égale du réseau pour ses activités. Qu'il n'est pas volontairement censuré dans l'usage des outils de communications. Et que chaque individus a le droit à avoir un intervenant humain en face de lui en cas de poursuites judiciaires plutôt qu'une intervention informatique automatique. Cette nouvelle tente de relier les deux positions en dépeignant une bataille juridique entre deux lobbyistes devant le système politique américain.

10/11/2012

Scroogled par Cory Doctorow

Titre : Scroogled
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur

Un homme rentre de vacances. Comme tout le monde il attend de passer les tests de sécurité à l'aéroport. Mais ceux-ci prennent plus de temps que d'habitude. Que se passe-t-il? Il semblerait, si les personnes qui se trouvent devant lui ont raison, que les procédures de sécurité aient changé. Maintenant les employés lisent très attentivement les profils google des voyageurs pour trouver des anomalies ou des suspects. Le profil de Greg n'était pas très clair il est envoyé dans une salle d’interrogation et apprend qu'il est maintenant devenu une personne d'intérêt surveillée et fichée de manière permanente. Mais que s'est-il passé?

Je l'ai déjà dit, Doctorow est très bon quand il faut parler des problèmes de surveillance. Ici il a décidé de s'intéresser plus spécifiquement à Google. Vous avez tous entendu de google. Mais il est rare que l'on se rende compte à quel point cette entreprise est puissante. Google se trouve partout. L'entreprise peut analyser vos mails, analyser vos recherches, suivre vos activités sociales, ... Même facebook est moins présent que google sur internet (je vous conseille d'utiliser ghostery c'est impressionnant google est vraiment partout). Google reçoit et analyse une masse énorme d'informations. Mais alors que se passerait-il si l'entreprise abandonnait sa volonté de ne rien faire de mal et décidait de se mettre à surveiller les personnes et à offrir les analyses au monde entier? C'est ce que Doctorow tente de montrer dans cette nouvelle.

La première chose à en sortir c'est que google ne le ferait pas sans que cela implique une quantité considérable d'argent. Et c'est bien le problème puisque la surveillance est un secteur de plus en plus florissant. Le second point important de ce texte c'est la manière dont google pourrait surveiller les individus. Doctorow montre bien que celle-ci se ferait selon une déviation face à une norme statistique. Et cette déviation permettrait ensuite de vérifier de manière plus scrupuleuse des personnes directement ciblées. Doctorow montre ensuite que cette surveillance par google permettrait aussi, et surtout, de montrer que nous sommes tous des criminels. Chacun de nous avons un lien avec des activités illégales ou qui frôlent avec les limites de la légalité. Peut-être parce que nous sommes proches de personnes qui agissent illégalement? Peut-être aussi parce que les lois ont changé? Simplement une plaisanterie qui peut être mal interprétée? Bref, nous pouvons tous être considéré comme des criminels si une institution décide de s'intéresser plus particulièrement à nous. Enfin, Doctorow montre aussi que cette surveillance permanente et désincarnée impliquera un sentiment de malaise et de faiblesse. Comment se défendre? Essayer d'argumenter contre le système ne pourrait que valider un profil de contestataire qui, ensuite, nous suivrait notre vie entière. Comment se sentir bien quand on a quelqu'un qui observe ce que l'on fait à longueur de temps? Le stress pourrait bien donner des envies de suicides. Mais aussi comment une démocratie pourrait fonctionner si n'importe quel politicien peut voir sa carrière détruite par une entreprise aussi puissante que google? Ce sont des questions extrêmement importantes pour notre futur. Je suis convaincu que nous entrons dans un croisement des chemins. Nous avons le choix d'entrer ou non dans un monde de surveillance massive et de normalisation des personnes. Malheureusement les voix critiques sont rares et le processus est déjà engagé.

L'anarchisme et l'église par Elisée Reclus

Titre : L'anarchisme et l'église
Auteur : Elisée Reclus
Éditeur : Éditions de Londres
Pages : 24

Je continue à liure Elisée Reclus pour encore un petit moment. Dans ce petit texte Reclus examine les besoins de la lutte contre l'église. Attention, Reclus commence par dire que même si il souhaite une lutte contre l'influence de l'église et qu'il considère qu'un système anarchiste ne peut exister avec une religion il n'appelle ni à la destruction des biens de l'église ni à la haine face aux croyants. Non, il demande deux choses. Tout d'abord, il est nécessaire de baisser drastiquement l'influence de la religion dans la vie des citoyens. Car la religion produit le principe d'autorité. Mais aussi parce que la religion amasse des sommes considérables d'argent qui pourraient être rendus au bien commun. Reclus demande aussi d'éduquer les personnes dans une forme d'esprit critique. Il ne faut pas mettre en place une société construite par une minorité face à une majorité. Au contraire, l'anarchisme implique que tous suivent le mouvement de manière égalitaire. Mais pourquoi est-il nécessaire de supprimer la religion? Selon Reclus celle-ci, est en particulier l’église catholique, seraient enfermés dans une logique de négation du progrès humain. Les églises ne pourraient que demander un retour en arrière vers un système politique déchu. L'église serait incapable de construction.

Les anarchistes classiques ont souvent une réputation d'anti-cléricalisme extrême. Il est vrai que l'anarchisme ne fonctionne pas vraiment bien avec l'idée de religion. Car la religion a tendance à mettre en place un ordre du monde particulier basé sur des considérations morales construitent durant l'histoire. Cependant, cela ne veut pas dire qu'être anarchiste implique de haïr les hommes d'église. Reclus montre bien qu'il est contre tout idée de haine et de vengeance. Il souhaite une éducation. Et l'effet est très différent. Reclus n'est donc pas l'un de ces anarchistes fondamentalement opposés à toute idée de croyance. Ce qui ne l'empêche pas de pointer du doigt les inadéquations de l'église officielle et son manque de capacités à se réformer et à accepter les changements de la société. Reclus aurait presque pu écrire un essai sur la décadence inévitable de la croyance. Mais aurait-il eu raison? Croire est-il véritablement mauvais?

Image: Éditeur

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Other People's money par Cory Doctorow

Titre : Other People's money
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur

Que se passe-t-il quand des investisseurs n'arrivent pas à donner leur argent à de petits entrepreneurs qui n'ont en pas besoin? 2027 un homme tente de convaincre une femme de recevoir son argent pour augmenter son entreprise. Cette femme refuse et tente d'expliquer pourquoi. Pour cela elle doit résumer sa vie. En effet, Gretl connaît bien les investisseurs. Elle a souvent dû leur vendre des projets novateurs sans pour autant être écoutée. Et, avec le temps, elle a compris quelque chose. En expliquant son refus c'est ce qu'elle a compris qu'elle tente de transférer au jeune investisseur.

Cory Doctorow parle un peu de la même chose dont il a parlé dans Makers. Mais dans cette histoire nous n'avons pas besoin de lire 400 pages peu intéressantes. Il semble que Doctorow considère qu'il y a un problème avec les investissements importants. Commencer une entreprise, pour l'auteur, est facile. Mais les investisseurs offrent des sommes d'argent considérables qui sont difficilement convertibles en gros bénéfices pour plusieurs raisons. L'une d'elles c'est le problème de la bureaucratie. Alors qu'il est beaucoup plus simplement de multiplier de petites sommes. Dans cette histoire Gretl possède une entreprise florissante. Pourtant elle refuse de faire de la pub et d'augmenter sa taille. Outre la raison précédente l'explication tient aussi au coût très modique de sa matière première. Elle n'a tout simplement pas besoin d'autant d'argent. Il est intéressant de savoir que cette nouvelle a été publiée dans Forbes.

L'anarchie par Elisée Reclus

Titre : L'anarchiearton79-f005e.jpg
Auteur : Elisée Reclus
Éditeur : Éditions de Londres
Pages : 25

Après l'énorme déception que fut Proudhon j’espérais apprécier Elisée Reclus. Ce dernier est un anarchiste français du XIXe siècle mort en 1905. Il voyagea énormément et participa à la Commune. La préface des éditions de Londres nous apprend que ce discours a été prononcé en 1984 devant la loge maçonnique de Bruxelles. Reclus y développe son idée de la mission de l'anarchisme. La première chose que dit Reclus c'est que l'idée d'anarchisme est ancienne. Elle n'est théorisée que depuis peu mais des groupes et des sociétés plus ou moins anarchistes se sont constitués depuis toujours. Même dans la société industrielle de l'époque de Reclus il existait des groupes plus ou moins bien constitué en fonctionnement anarchiste. Mais quel est le but de cette doctrine? Réussir à trouver la liberté pour l'être humain. Reclus accepte et comprend que ce but n'est pas uniquement dans l'anarchisme. De nombreux autres groupes politiques ou non tentent d'offrir la liberté à l'être humain. Quelle est donc la différence? Elle est simple, l'anarchisme cherche la liberté par l'absence d'une autorité alors que ces autres groupes tentent de mettre en place une autre autorité. Voici, en peu de mots, un résumé de ce discours.

Bon, nous ne sommes pas en face du même type de discours (Proudhon avait écrit un livre très austère et Reclus fait ici un discours) mais j'ai bien plus apprécié de texte que Qu'est-ce que la propriété. Car ce dernier était surtout une critique économiste sous forme négative. Reclus a écrit un texte oral qui tente de montrer le but fondamental et l'histoire de l'anarchisme. Il tente aussi de montrer sa faisabilité qui, aujourd'hui aussi, est mis en doute. Moi même je doute de la mise en place concrète d'une société anarchiste. Je ne suis pas fortement convaincu par Reclus. Mais il permet au moins de lancer des débuts de réponses pour mettre en place un anarchisme fonctionnel. Il permet aussi de comprendre la différence entre cette doctrine politique et les autres. C'est donc un texte intéressant pour entrer dans les idées anarchistes.

Image: Éditeur

The right book par Cory Doctorow

Titre : The things that make me weak and strange get engineered away
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur

L'avantage et l'inconvénient des nouvelles c'est qu'elles se lisent très rapidement. Celle-ci parle des librairies. La nouvelle se trouve quelque peu dans notre futur. La plupart des petites librairies ont disparu depuis longtemps et il ne reste que de gros magasins. Le héros a ouvert une boutique et refuse de vendre des livres car ce n'est en tout cas pas un business qui permet de vivre. Mais il se met à vendre des livres publiés sur mesure. Ceux-ci sont différents. Car ils sont les avatars physiques d'une histoire en train de se construire en ligne à l'aide de milliers de contributeurs différents. Chaque livre est différent et prend en compte une part différente de l'histoire.

L'inconvénient des nouvelles c'est aussi qu'elles peuvent être difficiles à commenter. Parfois le texte est si court et le corps de l'histoire si peu développé qu'il est difficile de trouver beaucoup à dire. Bien que celle-ci m'ait moins plus que la précédente je ne la trouve de loin pas inintéressante. La question qui se pose est simple. Comment les prochaines générations vont-elles pouvoir tomber amoureux de la lecture si les lieux d'apprentissage et de découverte disparaissent? Peut-être que Doctorow tient une partie de la solution?

05/10/2012

the super man and bugout par Cory Doctorow

Titre : The super man and bugout
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur
Pages : 47

Hershie est un alien qui a grandi sur Terre dans une famille normale. Quand il a connu ses capacités il s'est mis à aider les gens. Il s'est même engagé dans l'armée pour combattre le terrorisme. A cette époque Hershie, ou super man, avait un but. Protéger les citoyens et les servir. Mais son existence a volé en éclat le jour ou d'autres aliens sont venus sur Terre et ont proposé de supprimer la criminalité et la guerre. Que peut bien faire un héros dans une société pareille? Hershie ne le sait pas mais il croit avoir une idée. Il décide donc de s'inscrire dans la lutte contre un armement devenu inutile et dangereux. Mais cette décision se heurte à ses problèmes pour vivre normalement dans un monde qui voit en lui une relique inutile.

Je crois que Doctorow aime bien imaginer des événements dans une société qui a passé le premier contact. Ici il tente de décrire comment un super-héros du genre de superman pourrait survivre. Le but d'un héros n'est pas la paix mais la lutte pour la paix. Ce but est mis à mal quand une société réussit à supprimer la criminalité et la guerre. Mais, à mon avis, ce n'est pas le vrai message du livre. Ce message se trouve dans l'intrigue même. Est-il légitime de préparer la guerre au nom du maintien de la paix? Les pays, dans cette histoire, sont en paix de manière durable. Pourtant ces même pays tentent de justifier la poursuite de l'armement au nom de la paix. Mais préparer la guerre n'est-ce pas parier sur la possibilité de celle-ci? N'est-ce pas se préparer à des meurtres de masse? Cette histoire pourrait sûrement plaire au GSSA. Personnellement, sans la trouver particulièrement bonne, je l'ai appréciée.

10:38 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : super man, aliens, paix | | | |  Facebook

04/10/2012

Génération enragée par Jiminy Panoz

Titre : Génération enragée
Auteur : Jiminy Panoz
Éditeur : Walrus
Pages : 38

Nous avons tous entendu parler du livre "Indignez-vous" mais qui a entendu parler du livre de Jiminy Panoz? Ce n'était pas mon cas mais la couverture et le prix du livre m'ont convaincu que je pourrais essayer. Jiminy Panoz est un jeune auteur français qui tente d'écrire des livres utilisant les nombreuses nouvelles possibilités des tablettes. Ce n'est pas simple puisque nous ne savons pas encore qu'elles sont ces possibilités et les éditeurs ont tendance à être un peu frileux avec les nouveautés. Ce petit livre n'est pas un roman mais une sorte d'essai. Panoz tente d'y décrire l'état de toute une génération face au monde actuel. Une génération principalement d'origine française mais qui pourrait être mis en parallèle avec d'autres pays. C'est un cri. Panoz hurle la frustration d'une génération entière face au monde actuel. Tout y passe. Aussi bien l'économie que la culture ou encore le système scolaire. Ce que Panoz dénonce c'est un système qui brise les espérances et laisse sur le carreau des hordes de jeunes en vertu de leur prétendue incapacité à travailler ou de leur manque d'expérience. Une forme d’hypocrisie massive du chômage et des stages non-rémunérés dans un contexte économique difficile face à des entreprises qui font du profit en licenciant. C'est un cri de colère.

Faut-il conseiller la lecture de ce livre? Je connais beaucoup de personnes qui pourraient se retrouver dans les descriptions de Panoz. Bien qu'il ait le mérite de mettre le doigt ou ça fait mal il manque tout de même quelque chose à ce livre pour en faire un essai réussi. Que je me fasse comprendre. J'ai parfaitement conscience que le but de Panoz n'est pas décrire un essai scientifique des causes et effets  de la perte de confiance envers leur avenir des jeunes mais de dénoncer. Cependant, quand je lis un livre qui dénonce le système politico-économique je demande un peu plus qu'un simple cri de révolte aussi justifié soit-il. Panoz manque le coche en n'offrant pas de réflexions sur de possibles solutions. Personne ne demande à un auteur critique de donner l'idée parfaite qui lui offrira le prix nobel de la paix. Cependant, je pense qu'il est normal, quand on est critique, d'essayer de trouver une piste de solution. Je ne pense pas cela simplement pour disqualifier, comme si cette simple critique suffisait, le texte de Panoz mais parce que des pistes existent et pourraient donner un regain d'espoir.

Image: Éditeur

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08:07 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : generation y | | | |  Facebook

03/10/2012

Shadow of the Mothaship par Cory Doctorow

Titre : Shadow of the Mothaship
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur
Pages : 52


Je viens de terminer cette petite histoire de Doctorow. Encore une fois, ce n'est malheureusement pas une histoire que j'ai aimé lire. Encore une fois, le style de Doctorow ne me plait pas vraiment pour une raison que je n'arrive pas à identifier. Encore et toujours, je n'apprécie vraiment pas les personnages de Doctorow. Mais qu'en est-il de l'histoire? Nous sommes sur Terre à Toronto. Le héros est le fils de deux envoyés en direction d'un groupement de races sentientes aliens. Mais durant leur observation de la Terre les humains tentent d'éviter d'être jugé négativement. En effet, ce jugement aboutirait probablement à l'extinction de l'espèce. Les parents du héros fondent donc une nouvelle forme de vie qui se base sur la poursuite de la joie de vivre. Mais celle-ci est imposée par les autorités dans le but d'éviter la mort. Le monde a changé. Nous sommes dans une époque ou ne pas être heureux et ne pas être socialement adapté conduit à l'exclusion du groupe. Les voisins et les enfants même dénoncent ceux qui ne suivent pas la nouvelle doctrine. Mais que pourrait-il se passer quand les aliens disparaissent?


De quoi parle cette histoire? Outre un premier contact avec une civilisation alien très avancée on se trouve en face d'une société sans déviances possibles. Les individus qui échappent à la normalisation sont rapidement catalogué et évacué. Dans cette société la norme est gardée par les autres. Mais alors qu'est-ce qui semble si différent de notre société? Nous agissons dans les normes que l'on nous a apprises à respecter et selon le regard des autres (voisins, amis, etc). Peut-être que Doctorow tente de décrire un environnement religieux mais je pense qu'il décrit le fonctionnent d'une société. Être déviant est difficile. Pour être déviant il faut accepter d'être catalogué, surveillé voir interné en vue d'une normalisation. De nombreux exemples historiques et actuels démontrent ce point. Mais que penser de cette nouvelle? Je l'ai annoncé en introduction je ne l'ai pas appréciée et j'avoue ne pas avoir envie de passer trop de temps à en parler. L’intrigue m'a parue bizarre et j'ai mis un certain temps à comprendre de quoi parlait le héros. Je pense que Doctorow ne donne pas assez de contexte pour que l'on puisse s'attacher à l'histoire. Avec le peu d'informations qu'il nous donne on navigue difficilement dans les propos d'un homme qui parle de ce que l'on ne connait pas. C'est dommage car l'idée de base est très intéressante. Comme l'humanité réagirait-elle en passant en jugement devant une autre espèce?

L'utopie de Thomas More

Titre : L'utopie
Auteur : Thomas More
Éditeur : Feedbooks
Pages : 126

Je connais surtout Thomas More de la série "Les Tudors". Je l'ai aussi rencontré dans quelques cours d'histoire mais ce personnage et cette époque ne sont pas mes préférées. Ce qui ne veut pas dire que je ne souhaitais pas lire l'Utopie. Ce livre est le premier du genre. Une fiction qui décrit le fonctionnement d'un monde pensé comme idéal. Mais ce n'est pas le seul propos de cette œuvre qui aurait été écrite selon les souvenirs d'une conversation avec un grand voyageur.

Le livre est divisé en deux parties et la première partie ne concerne pas l’île d'Utopie mais le gouvernement. La question que pose More est simple: un philosophe, un humaniste, a-t-il intérêt à entrer au service d'un prince pour le conseiller sur la bonne tenue de son gouvernement? Les arguments en faveurs d'un service public de l'humaniste sont nombreux. Ses conseils permettront au prince de s'élever au-dessus de ses semblables et de bien gouverner ses sujets dans une direction harmonieuse et juste. Mais les arguments contraires sont tout aussi intéressant. Ce qui est encore plus intéressant c'est que ces arguments sont exprimés par le voyageur et non par More. Pourquoi l'humaniste doit-il éviter d'entrer au service d'un Prince? Il y a l'idée que le pouvoir à tendance à corrompre même le cœur le plus pur. Mais ce n'est pas le seul point. L'argument le plus fort concerne le Prince et ses conseillers. Selon cette œuvre les Princes ne veulent qu'une chose: l'argent. Pour cela ils sont prêts à détruire leurs sujets et à faire de nombreuses guerres en dépit des désavantages. Les conseillers, dans cette optique, ne sont que des sycophantes qui annoncent au Prince ce qu'il veut entendre et non ce qu'il devrait faire. Dans cette configuration la voix de l'humaniste serait vite poussée au silence.

La seconde partie du livre concerne enfin l’île d'Utopie. C'est un long récit du marin philosophe qui tente de décrire dans ses moindres détails le fonctionnement de cette société. Que peut-on en sortir? Je trouve éclairant d'y trouver des conceptions que certains groupes politiques revendiquent à notre époque. Par exemple, les utopiens travaillent juste assez pour offrir à l’île les ressources de nourriture nécessaire. Le temps libre est consacré à l'étude et à l'élevation personnelle. On trouve aussi un début de démocratie puisque les principaux magistrats sont élus et élisent ensuite le Prince. Mais surtout More y décrit une société qui se méfie de l'argent. En fait on pourrait dire que More décrit une société en partie communiste. Chacun possède ce dont il a besoin et peut étudier ce qu'il souhaite. Le superflus est envoyé dans d'autres pays. Dans ce système non seulement tout le monde travaille selon les besoins mais tous possèdent selon leurs besoins. L'argent devient donc inutile. Cependant, More décrit aussi une société profondément religieuse pénétrée des mœurs qu'il considérait favorables. Il n'existe pas de jeux de hasard, pas de relations en dehors du mariage et le père de famille est maître. Les prêtres sont écoutés avec révérences et gardent l'ordre moral du pays.

Quand on sort de ce livre on a donc une impression à la fois de modernité et de conservatisme religieux. Ce dernier point doit être compris non pas au sens d'un retour à la religion mais d'une place prégnante de la morale chrétienne dans la société idéale de More. Mais l'humaniste nous offre aussi une critique acerbe de la noblesse et de l'argent. Une critique que l'on peut retrouver dans des termes semblables chez Marx ou les anarchistes. Les solutions qu'il propose au problème de l'inégalité due à l'argent sont aussi préconisées par les auteurs que je viens de citer. Il n'y a pas besoin d'être particulièrement intéressé par le sujet pour se rendre compte que l'Utopie est une critique acerbe des sociétés européennes et des Princes de l'époque.

09:13 Écrit par Hassan dans Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : utopie, gouvernement, conseils | | | |  Facebook

29/09/2012

Return to pleasure island par Cory Doctorow. Le fun jusqu'au bout!

Titre : Return to pleasure island
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur
Pages : 42

Cette nouvelle fait partie de celles, nombreuses, que je ne comprends ni n'apprécie vraiment. Doctorow nous décrit une famille qui vit sur une île qui semble être un énorme parc d'attraction. Cette famille n'est pas comme les autres. En effet, ses membres sont constitués de terre. Ce sont des golems. Le parc d'attraction n'est pas non plus comme les autres. Son but est d'offrir tout ce que ses clients souhaitent mais quand cela arrive ces derniers deviennent des singes. Doctorow nous montre la vie des trois frères qui chacun ont un caractère différent mais qui tiennent à leur vie de famille. Ils vivent en harmonie les uns avec les autres mais leurs désirs ne risquent-ils pas de détruire celle-ci?

Peut-être que c'est ça la question principale de cette nouvelle. L'harmonie de la famille et la nécessité de penser aux autres avant de réaliser ses rêves égoïstes? Les singes qui étaient des humains seraient une forme de punition de l'égoïsme de ces personnes qui ont tout fait pour avoir du plaisir mais qui n'ont pas pensé aux autres. Et le sort de la famille de golem pourrait bien abonder dans le sens de cette explication. Leur séparation à des effets négatifs très forts sur leur équilibre. Peut-être que Doctorow parle des sacrifices nécessaires de ses désirs dans une vie en communauté? Peut-être que non et je n'aurais donc rien compris. Je ne tenterais pas d'aller plus avant.

11:23 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Fantasy, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow, famille | | | |  Facebook

27/09/2012

Le Prince par Nicolas Machiavel

Titre : Le Prince
Auteur : Nicolas Machiavel
Éditeur : Ebooks libres et gratuits
Pages : 116

Nous avons tous entendu parler de Machiavel. Son nom est devenu intemporel fixé dans l'adjectif machiavélique. On a tellement mal compris l’œuvre de Machiavel que cet adjectif est devenu la manière de décrire des personnes ou des actes particulièrement rusées et déloyales voir même perfide. Ce sont des termes plutôt négatif pour une œuvre bien plus riche. Le Prince n'est pas un traité qui décrit comment garder le pouvoir de manière "machiavélique". C'est un livre qui a été écrit dans le but d'analyser comment on doit prendre le pouvoir et l'exercer. Au contraire des Miroirs des Princes Machiavel ne décrit donc pas le gouvernement idéal mais un gouvernement nécessaire. Pour nous en faire la démonstration Machiavel utilise des exemples historiques et contemporains. Ceux-ci permettent d'illustrer les erreurs et réussites de chacun. Au final, ce n'est pas un livre de perfidie que l'on lit mais l'un des premier vrai traité qui analyse le pouvoir politique et son exercice.

Ce livre est injustement méconnu. Il est aussi injustement incompris. Machiavel a donné son nom à l'un des mots les plus défavorables de la langue française pour avoir écrit ce qu'il observait. Et pourtant ce qu'il écrit, bien que ce soit daté, est encore en partie valable. Certaines théories politiques trouvent leurs fondements dans ce traité qui parle aussi bien des relations internationales que du gouvernement interne au pays. Sa lecture permet donc de mieux comprendre certaines décisions prisent par certains gouvernements. Cependant, ce livre a été écrit en direction d'un prince et non d'une démocratie. Il ne faut donc pas oublier cette limitation bien que Machiavel parle aussi du cas démocratique de manière moins développée. En conclusion je conseille la lecture de ce traité qui est non seulement intéressant mais qui est aussi disponible gratuitement sur le site de l'éditeur (et sans DRM le livre vous appartient donc vraiment!).

10:10 Écrit par Hassan dans Livre, moderne, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : machiavel, le prince, traité politique | | | |  Facebook

23/09/2012

Home again, Home again par Doctorow

Titre : Home again, Home again
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Voir le site de l'auteur
Pages : 56

Je suis très emprunté. J'avais beaucoup aimé le livre précédent et je souhaitais vraiment dire à nouveau quelque chose de positif sur Doctorow. Malheureusement je sors de cette nouvelle avec une grosse déception. Et pourtant l'histoire est loin d'être inintéressante. Nous sommes sur Terre. Nous avons eu la visite d'une société alien globale qui importe ses technologies et ses concepts. L'un de ces concepts se concrétise pas la création d'un immeuble dans lequel les fous sont parqués et soignés. Notre héros vivant dans cet immeuble. À travers ses yeux nous apprenons ce qu'était la vie à l'intérieur et comment il en est venu à son travail actuel.

Mais que vais-je pouvoir dire de cette nouvelle? Comment vais-je pouvoir parler d'une histoire qui ne m'a pas du tout intéressé? C'est un grand sentiment de déception qui m'a pris à la fin de l'histoire. Je ne m'attendais pas du tout à cette intrigue peu intéressante. En fait, j'aurais préféré que Doctorow y insère une réflexion plus importante sur la folie et la normalité. En effet, les humains sont parqués au nom d'une certaine conception de la folie. Mais quelle est cette conception et comment la mesure-t-on? Ne serait-on pas tous, d'une certaine manière, un peu fous? Enfermer des personnes en raison de leur anormalité est-elle vraiment la solution ou n'est qu'une manière d'éviter de regarder les définitions de plus prés? Ce thème aurait pu être traité d'une tout autre manière par l'écrivain talentueux qu'est Doctorow. Malheureusement ce n'est pas le cas.

17:51 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow | | | |  Facebook

21/09/2012

Little Brother par Cory Doctorow. Nous sommes tous des terroristes

Titre : Little Brother
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Voir le site de l'auteur
Pages : 306

Wow qu'est-ce que ce livre est bon! Oui je sais je commence fort et il est même très rare que je sois si positif. Mais après avoir lu des histoires que je trouvais moyennes se retrouver dans ce livre que j'ai vraiment apprécié est magnifique. Little Brother est écrit en 2008 par Cory Doctorow. On y retrouve ses thèmes de prédilection: sécurité, informatique et liberté. Nous sommes à Los-Angeles et nous suivons les aventures de Marcus jeune ado de 17 ans. Comme tous les ados il lui arrive de ne pas suivre les cours pour jouer ou sortir avec des amis. Ce jours là Marcus souhaite continuer un jeu de rôle et d'énigmes qui prend place à l'intérieur de la ville même. Mais, après avoir rassemblé ses amis, quelque chose d'horrible se passe. La ville est sous attaque terroristes et plusieurs bombes explosent. Alors que les quatre amis cherchent la sécurité ils se font repérer et arrêter par le Département de la Sécurité Intérieure. Les quatre adolescents sont maintenant suspects de terrorisme et il faudra toute l'ingéniosité technologique de Marcus pour réussir à crier la vérité et à reconquérir la liberté

Que se passerait-il si l'arsenal technologique mis en place pour notre sécurité - comme ils disent - serait détourné pour nous contrôler? La liberté existerait-elle encore? Cet arsenal technologique est-il véritablement utile ou ne fait-il que punir les mauvaises personnes? Ce sont les questions que pose Doctorow dans une Uchronie qui pourrait bien être plus réalistes qu'on ne le souhaite. En effet, Doctorow tente de se baser sur des technologies existantes ou prochainement réalisable (je viens de lire, par exemple, que la reconnaissance des mouvements de marche est en cours de mise au point). Beaucoup de personnes pensent que ces technologies ne sont pas dangereuses et qu'ils peuvent laisser les technocrates, les industriels et les politiciens s'en occuper. D'un certain coté ils n'ont pas tort. La technologie n'est pas dangereuse ou mauvaise en soit mais c'est son usage qui peut être dangereux (c'est d'ailleurs un sujet de dissertation classique au gymnase...).

Doctorow nous décrit une ville sous occupations. Les caméras de surveillance sont partout, la police est plus que présente et agit de manière illégale, les citoyens sont surveillés via les puces RFID et les écoles installent des dispositifs de vidéosurveillance dans les salles de cours et animent des leçons de propagandes. Quels sont les points communs? Ce sont la peur et l'étouffement de l'esprit critique. Derrière l'argument classique "les innocents n'ont rien à cacher" on justifie et on se justifie la perte de toute vie privée et de toutes possibilités de critiques. Car comment peut-on critiquer un système destiné à notre sécurité si on ne veut pas aider l'ennemi? Comme je l'ai déjà dit, les technologies existent déjà. Les puces RFID sont partout de la carte d'étudiant à la carte de fidélité. Les caméras sont installées de plus en plus souvent pour un coût énorme sans preuve de leur véritable utilité. Internet peut être surveillé et contrôlé de plus en plus étroitement. Mais ce que montre ce livre c'est aussi que ces technologies de surveillance peuvent être très facilement contournées avec des techniques simples que l'on peut trouver sur google. La question reste: pourquoi payer autant pour des technologies déficientes? Pour le fantôme de sécurité qu'elles nous offrent? Si cette réflexion, nécessaire, de Doctorow sur la surveillance ne suffisait pas il ajoute aussi une histoire à rebondissement avec des personnages que, pour une fois, j'ai apprécié. Je ne peux dire qu'une chose: si vous vous intéressez à la surveillance ou à Doctorow lisez ce livre incontournable puis réfléchissez aux implications.

17/09/2012

Le droit à la paresse par Paul Lafargue

Titre : Le droit à la paresse
Auteur : Paul Lafargue
Éditeur : les éditions de Londres
Pages : 49

Souvent, dans les journaux, on lit de nouvelles mesures du gouvernement contre le chômage. On lit des syndicalistes qui conspuent le patronat qui viole le droit au travail de leurs ouvriers. Nous suivons des essayistes qui expliquent pourquoi le travail permet d'augmenter la moralité de la société. Nous lisons des articles sur les « parasites » qui vivent de l'aide sociale et refusent de travailler. Ceci n'est qu'un résumé très simplifié mais il montre que l'un des points essentiels de notre civilisation capitaliste concerne le droit au travail et sa force en tant que vertu. Même les marxistes sont en faveurs du travail.

Et si toutes ces personnes se trompaient? Et si ce n'était pas le droit au travail qu'il faudrait défendre mais le droit à la paresse? C'est la question que pose Paul Lafargue dans ce petit livre. C'est une question que l'on pourrait presque qualifier de provocation. N'est-ce pas le travail qui a permis la croissance et le développement de nos contrées? Sans ce travail ne serions-nous pas encore au temps des cavernes et des chasseurs-cueilleurs? Mais refuser ce livre avec des arguments aussi simples serait une erreur. Que dit Paul Lafargue. En substance il ne dit pas grand-chose de plus que les marxistes classiques. Le travail est une forme d'esclavage. L'ouvrier et l'ouvrière vendent leur corps en échange d'un salaire. Cette force de production est utilisée pour produire de plus en plus ce qui mène la société dans une crise de surproduction. L'un des moyens d'éviter cette crise est d'écouler la production à l'extérieur de l'Europe donc, pour l'époque, les colonies. L'autre moyen serait de surconsommer et seuls les classes aisées en sont capables. Mais Lafargue annonce aussi que le travail, en tant que vertu, est une invention récente. Selon l'auteur les philosophes antiques et les civilisations dites archaïques ou barbares auraient le travail en horreur. Celui-ci serait réservé aux couches les plus basses de la société et les citoyens pouvaient passer leur temps à paresser, boire, manger et créer les œuvres de l'esprit. Le travail ne serait donc qu'un cancer qui détruit l'esprit et le corps. Et notre époque de machines et de productions de plus en plus importante pourrait éviter ces heures longues de travail en le remplaçant par la machinerie et en baissant la production.

J'invite les deux camps qui se constitueront après cette lecture à arrêter de rire ou à ne pas être naïf. Bien entendu cette œuvre est datée et pose des problèmes conceptuels mais cela n’enlève rien à l'intérêt d'une réflexion plus poussée sur le travail. Avons-nous vraiment besoin de travailler autant que nous le faisons? Avons-nous vraiment besoin de produire autant qu'actuellement? Ce sont des questions fondamentales qui méritent plus que d'être évacuées au nom du sacro-saint capitalisme. Cependant, on ne peut pas non plus appliquer les recettes de Lafargue telle quelle. L'auteur est né au XIXe siècle et ne pouvait pas imaginer la société actuelle. Oui nous avons de plus en plus de machines capables d'accomplir des travaux dangereux et pénibles. Mais la mise en place de ces machines implique aussi de nouvelles formes de travail. Lafargue considère aussi que la paresse permet de consommer plus tout en produisant plus par le plein emploi imposé. Mais la consommation à outrance est-elle bénéfique? De nombreuses personnes en doutes et d'autres, tout aussi nombreuses, n'en doutent pas. Par quoi remplacer le travail non-accompli? Lafargue pense à la consommation, à la jouissance de la vie mais aussi à la création intellectuelle. Mais celle-ci n'est pas aussi une forme de travail difficile. Proust n'a pas écrit A la recherche du temps perdu en 30 minutes dans son jardin. Ce livre a probablement demandé un grand effort d'écriture. En conclusion je ne peux que dire que Lafargue ne convainc pas. Cependant il pose des questions importantes qui demanderaient une analyse contemporaine sérieuse. Au lieu de le jeter aux orties avec un petit rire il vaudrait mieux mettre à l'épreuve ces idées et tenter d'observer les conséquences probables que celles-ci soient bénéfiques ou non.

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16:18 Écrit par Hassan dans contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : travail, marxisme, paresse | | | |  Facebook

Craphound par Cory Doctorow

Titre : Craphound
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité sur le site de l'auteur
Pages : 30

Le premier contact a eu lieu. Des millier d'aliens parcourent la Terre et partagent leur technologie en échange de terres ou d'objets. C'est donc une époque de remises en questions et d'opportunités. Mais pour notre héros le monde n'a pas vraiment changé sauf qu'il a un ami alien qui l'accompagne dans ses chasses au trésor lors des ventes locales. Les deux amis revendent leurs trouvailles aux enchères et peuvent gagner assez pour vivre. Mais il reste une question. Pourquoi ces aliens achètent-ils des objets sans aucune valeurs face aux technologies qu'ils donnent? Notre héros pourrait bien comprendre ce qui se déroule vraiment s'il reste attentif.

Cette nouvelle fait partie du recueil A Place So Foreign and Eight More. Bien que, comme d'habitude, l'auteur n'offre pas assez de contexte pour me contenter j'ai apprécié cette nouvelle. Je pense que l'un des talents de Doctorow est de créer des histoires avec des situations étranges dans un environnement réaliste et même banal. Qu'y a t'il de plus banal que des vides-greniers? Je ne sais pas… Mais ajoutez un alien et vous pouvez commencer à tisser une histoire autours qui permette de passer outre la banalité du début. Mais surtout Doctorow ne fonce pas dans les poncifs du premier contact. On n'a pas d'armée, ni de scientifiques et encore moins de diplomates. On a simplement deux amis qui cherchent des objets. Mais cette recherche cache quelque chose de plus important et, peut-être, de plus réaliste. Honnêtement, je pense que ce que Doctorow a écrit pourrait presque véritablement se dérouler.

11:52 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow, aliens | | | |  Facebook

15/09/2012

On ne peut pas améliorer les prisons par Kropotkine

Titre : On ne peut pas améliorer les prisons
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 28

Voici le dernier texte de Kropotkine que je possède dans ma liseuse. C'est une conférence donnée par l'auteur en 1887. On nous y parle d'un problème récurrent: les prisons. Comment fonctionnent les prisons et sont-elles vraiment le bon moyen d'éviter la criminalité? C'est une question qu'il est légitime de se poser et que Kropotkine n'est pas le seul à avoir étudiée. Mais, en ce moment, nous parlons de lui. Selon l'auteur, qui a passé du temps en prison, celles-ci ne fonctionnent pas. Ce serait des institutions inhumaines qui ne peuvent pas réussir à redonner l'envie de s'intégrer dans la société. Ceci pour plusieurs raisons. La première c'est que le travail qui y est proposé est mal payé. Les prisonniers y sont des employés au rabais qui pratiquent des travaux répétitifs pour un salaire médiocre. La seconde c'est qu'on ne peut pas imaginer une réhabilitation en créant une promiscuité avec d'autres prisonniers. Ceci ne peut que mener à un esprit de corps contre les gardiens et le monde extérieur (gardiens ayant aussi cet esprit de corps) et un apprentissage des méthodes de larcins et de crimes de manière générale. Peut-on réformer la prison? Kropotkine répond par la négative.

Je l'ai dit plus haut, la prison est un problème de réflexion récurrent. Michel Foucault y avait aussi réfléchit tout en étant membre d'un groupe de réflexion et d'étude des prisons françaises. Les prisons ne sont probablement pas la meilleure solution pour s'occuper de la petite criminalité comme un premier vol. Mais alors que faire? C'est la que le bât blesse. Kropotkine ne donne pas véritablement de propositions. Pourrait-on imaginer une extension des jours amendes? Non seulement cela permet de vider des prisons mais aussi d'éviter une forte condamnation pour des premiers condamnés. Cependant, comme nous l'avons vu ces dernières années, les jours-amendes sont à la fois inégalitaires et très peu adaptés à la récidive que, selon certains, elle encourage. Peut-être pourrait-on imaginer un usage plus important de l'assignation à résidence via les bracelets électroniques? Mais il y a des risques de rechigner sur le coût. Il y a aussi encore et toujours les individus particulièrement violents ou dangereux que l'on ne peut pas laisser libres de leurs mouvements. Qu'en faire si nous supprimons la prison? Bref, vous l'aurez compris, c'est un sujet que je considére très difficile et loin d'avoir la solution je ne fais que poser des questions. C'est la principale vertu du texte de Kropotkine que de commencer cette réflexion.

Image: Éditeur

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12:27 Écrit par Hassan dans anarchisme, contemporain, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prison, kropotkine, criminalité | | | |  Facebook

When sysadmins ruled the earth par Cory Doctorow

Titre : When sysadmins ruled the earth
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité sur le site de l'auteur
Pages : 36

Felix est un sysadmin. Ce nom barbare pour un métier implique que cet homme est responsable du fonctionnement des machines sur lesquels se trouve internet. Il est surtout de piquet. Et dans ce genre de cas les machines ont la désagréable habitude de ne plus fonctionner en pleine nuit et de ne pas vouloir être réparée depuis le domicile. Donc Felix abandonne sa femme et son fils nouveau né avec la promesse de vite revenir et de ne plus être astreint à ce type de service dorénavant. Mais les machines ont été attaquées de manière bizarre. Comme si quelqu’un tentait de détruire l’internet de manière inefficace. Nos sysadmins ne réfléchissent pas vraiment à cela et continuent leur travail sans savoir ce qui est train de se dérouler à l’extérieur. Felix est le premier mis au courant par sa femme. Le monde est en train de sombrer. Des attaques chimiques, bactériologiques et nucléaires ont touché tous les pays et détruit les gouvernements. Les villes sont tombées. Mais alors que faire de l’internet ?

Je le dis tout de suite : à mon humble avis cette nouvelle est actuellement la meilleure de Doctorow. Je ne sais pas ce que j’ai le plus apprécié. Est-ce que c’est l’ambiance entre les survivants qui ne savent pas quoi faire sinon leur travail ? Est-ce parce que Doctorow ne donne pas les responsables ? Ou peut-être parce que quelque chose est tout de même construit ? En tout cas j’ai beaucoup apprécié cette nouvelle qui décrit une petite société de geeks enfermés avec leurs machines en train de perdre leurs ressources petit à petit. Mais ces geeks décident de communiquer, de comprendre, d’essayer de construire quelque chose. Même si ce quelque chose, encore une fois à mon avis, n’avait aucune chance de fonctionner. On apprend à apprécier des personnages secrets, cachés, qui peuvent être difficile à côtoyer. Oui vraiment c’est une superbe nouvelle.

14/09/2012

Le salariat par Kropotkine

Titre : Le salariatarton310.jpg
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 33

Comme récompenser le travail offert à la société ? Plus important, comment peut-on calculer ce travail ? Ce sont les questions posées par Kropotkine face aux propositions collectivistes. Le salaire, comme offre du patron pour un travail donné par l’ouvrier, ne convainc personne. Le salaire ne rembourse par le travail réel de l’ouvrier et peut-être insuffisant pour une vie de base. De plus, l’échelle des salaires basées sur les diplômes ou la hiérarchie est, selon Kropotkine et l’éditeur, une injustice. Non seulement parce que l’école recrée des inégalités sociales précédentes mais aussi parce que, là encore, ce n’est pas l’utilité réelle qui est récompensée. Mais Kropotkine ne croit pas aux recettes des collectivistes qui consiste à régler le salaire sur une échelle du temps de travail pondérée par l’importance sociale de la tâche. Kropotkine met en doute la possibilité de calculer ce salaire. Comme il le dit, est-ce que le charbon qui est tiré de la mine est exclusivement dû au travail des mineurs ou alors de l’ingénieur ou faut-il prendre en compte les ouvriers qui ont construit les routes pour accéder à la mine ? Un salaire n’est donc qu’une mauvaise base de récompense.

Mais peut-on vraiment être convaincu par cette petite brochure tirée de la Conquête du Pain ? Personnellement je ne le suis pas et ceci pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Kropotkine critique mais ne propose rien. Ses critiques sont convaincantes et intéressantes à plusieurs titres mais son propos aurait gagné à être suivi d’une proposition. Celle-ci, même imparfaite, aurait permis un débat plus important en direction d’une autre solution que le collectivisme. Second point qui me pose problème : Kropotkine ne parle pas des femmes. Son texte est exclusivement consacré au travail des hommes. Presque jamais l’auteur ne s’interroge sur le travail dit féminin. Heureusement, nous avons modifié en partie notre fonctionnement depuis l’époque. Mais Kropotkine ne s’intéresse aux femmes que dans le cas de la maternité. Que faire de la lessive ? De la cuisine ? Du ménage ? Des Travaux qui sont traditionnellement considérés comme féminins et non-rémunérés alors qu'ils sont très largement utiles à la société ! Tout aussi important, pourquoi aucune mention de l’injustice du traitement différencié, encore d’actualité, des salaires entre femmes et hommes ? Je considère donc que ce texte, bien qu’il pose des questions intéressantes, est en grande partie incomplet et en souffre largement.

Image : Éditeur

16:27 Écrit par Hassan dans anarchisme, contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kropotkine, salariat | | | |  Facebook

07/09/2012

Someone comes to town, someone leaves town par Cory Doctorow

Titre : Someone comes to town, someone leaves town
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité sur le site de l'auteur
Pages : 384

Alan vient d'emménager. Il a restauré une maison entière pour un seul but : écrire une histoire. Mais avant cela il souhaite connaître ses voisins. Ceux-ci sont des voisins normaux. Du moins aussi normaux que des humains peuvent l'être. Mais Alan aime rencontrer des personnes qu'il ne connaissait pas et apprendre à les comprendre. Il apprend donc à connaître Kurt le punk anarchiste geek, Krishna le guitariste, Link en train de construire sa vie, Mimi qui se cache derrière ses rideaux, et Natalie qui finit ses études. En tentant de comprendre ses voisins Alan se prend dans leurs rêves et souvenirs. Il est intégré à l'idée un peu folle de Kurt d'offrir l'internet gratuit et, surtout, il apprend le secret de Mimi. Mais Alan aussi a des secrets. Car, voyez-vous, Alan et ses frères sont les enfants d'une montagne et d'une machine à laver.

Je suis plutôt ennuyé. Je ne sais pas vraiment quoi dire de ce livre. Non seulement je pense n'avoir rien compris mais, en plus, il est très étrange. Et quand je dis étrange je ne plaisante pas l'idée même de créer un personnage qui a une île pour frère, une montagne pour père et une machine à laver pour mère est folle. Mais, en plus, la chronologie du livre me semble confuse. On navigue très rapidement entre le présent, le passé et parfois les périodes sont floues. Du moins c'est ce qu'il m'a paru. Ce qui ne veut pas dire que ce livre est inintéressant. Simplement il est très bizarre et j'avoue ne pas avoir apprécié ce style. Comme vous le savez si vous m'avez lu j'ai un petit problème avec les personnages et les intrigues de Doctorow que je ne supporte que par les idées qu'il développe. Bien entendu, c'est un avis personnel. Mais, dans ce livre, je n'arrive vraiment pas à passer outre. Et vous ?

18:25 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow | | | |  Facebook

La loi et l'autorité par Kropotkine

Titre : La loi et l'autoritéarton176.jpg
Auteur : Kropotkine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 39

Quel est le but de la loi ? C'est une question importante dans une société de plus en plus gouvernée par des lois différentes qui règlent les liens entre individus et avec l'état. La loi serait la garantie que la société fonctionne sur des bases saines. Mais Kropotkine, vous le savez forcément déjà, n'est pas d'accord. Quel est le but de la loi selon Kropotkine? Asservir l'humanité.

Selon l'auteur les lois sont principalement mises en place pour protéger deux choses : la propriété privée et l'état. Et ces protections sont de plus en plus importantes et de plus en plus dangereuses pour les travailleurs. Car, selon Kropotkine, la propriété est du vol et le gouvernement n'est pas nécessaires. Les protéger implique donc de perdre une liberté essentielle. Mais la loi a aussi pour but de protéger les citoyens. N'est-ce pas louable ? Ici Kropotkine répond par une philosophie de l'humanité différente. Selon lui les humains ne sont pas mauvais par nature mais la forme de la société les rend mauvais. En changeant cette forme nous pouvons donc supprimer la majorité des crimes fait par envie. La protection de la personne devient donc inutile.

Mais Kropotkine n'est pas entièrement négatif face aux lois. Il identifie deux aspects. J'ai déjà montré le premier aspect mais je n'ai toujours pas parlé du second. En effet, les lois sont aussi une survivance d'une époque qui fonctionnait sur les règles orales. Ces coutumes permettaient de régler la vie en société sans, pour autant, imposer une hiérarchie inique.

Alors que tirer. Au final, de ce livre ? Je dois bien avouer que l'ai trouvé beaucoup moins convaincant que la plupart des autres textes que j'ai lu. L'explication développée par Kropotkine sur la coutume me semble être une vision un peu fantastique et optimiste de ses effets. Ne pourrais-t-on pas dire que la coutume a aussi mis en place des règles qui sont bien plus difficile à briser par l'absence de normalisations ? Je pense donc que les arguments de l'auteur, dans ce texte, ne convaincront pas grand monde. Ce qui ne devrait pas éviter la nécessité d'une réflexion de fond sur le lien entre les lois et une forme de société loin d'être juste.

Image : Éditeur

10:40 Écrit par Hassan dans anarchisme, contemporain, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kropotkine, loi | | | |  Facebook

04/09/2012

Printcrime par Cory Doctorow

Titre : Printcrime
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité par l'auteur
Pages : 9

Cette très courte nouvelle fut aussi publiée dans le recueil Overclocked. Elle a été écrite après une conversation avec l'un de ses amis sur le problème des imprimantes 3D et des droits d'auteurs et autres patentes. Nous restons donc dans le thème favori de Doctorow. Cette courte nouvelle de moins de dix pages nous montre une famille. Cette dernière vit sans problèmes dans un petit appartement dans une ville quelconque. Hors, un jour des policiers entrent et détruisent tout l'appartement. Pourquoi ? Qu'est-ce qui leur faire croire que le père est un membre du crime organisé ?

Que puis-je écrire sur cette très petite nouvelle ? Probablement la plus courte que je n'ai jamais lu. Beaucoup trop courte pour que l'on puisse parler des personnages ou de l'intrigue. Peut-être est-il plus simple de parler du thème ? Celui-ci, comme je l'ai déjà dit, concerne les droits des industries en comparaisons des droits des consommateurs. Peut-on reproduire un produit sous licence spécifique ? Quels sont les risques si on décide de reproduire ce type de produits ? On sait que l'industrie et les pays du monde occidental tentent de plus en plus de restreindre les droits des utilisateurs dans un contexte ou la copie devient de plus en plus simple. Je ne parle pas seulement des cd gravés ou du téléchargement dit illégal mais aussi de la lutte contre les médicaments génériques ou contre l'utilisation imprévue des appareils (sur ce point apple est champion toutes catégories). Ces restrictions sont de plus en plus importantes et la technologie utilisée empiète largement sur les droits des utilisateurs. Pouvez-vous, par exemple, créer des copies privées pour sauvegarder vos achats légaux ? Avez-vous le droit de passer outre les protections DRM pour lire vos produits sur les plate-formes que vous souhaitez ? Si on se place du coté des industries la réponse est non. Mais si on regarde comment les consommateurs agissent je pense que l'on sera de plus en plus nombreux à devenir hors-la-loi...

14:03 Écrit par Hassan dans contemporain, Cory Doctorow, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow | | | |  Facebook

03/09/2012

I, Row-Boat par Cory Doctorow

Titre : I, Row-Boat
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité sur le site de l'auteur
Pages : 36

Nous sommes en pleine mer. Un bateau attend paresseusement que les deux humains qui ont plongés reviennent. Mais ce bateau n'est pas un vaisseau ordinaire près d'un récif ordinaire. C'est un bateau conscient qui se trouve près d'un récif qui vient d’accéder à la conscience. Et ce dernier n'est pas vraiment heureux d'être réveillé. Après avoir mis en garde Robbie le bateau il tente de se débarrasser des poissons qui l'entourent. Le récif ne compte pas en terminer là dans sa lutte pour la conscience et Robbie devra peut-être faire quelque chose qu'il n'a jamais imaginé être capable de faire pour éviter la destruction.

Que dire de cette nouvelle ? Elle a aussi été publié dans Overclocked mais, au contraire de la précédente, je ne sais pas vraiment quoi en penser. J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire et elle garde un goût un peu étrange maintenant que je l'ai terminée. Ce n'est pas la première fois qu'une histoire tente de décrire un monde qui devient de plus en plus conscient. J'avais lu, il y a longtemps, un livre qui décrivait des chiens conscients. On pourrait dire que le but de ces histoires est de réfléchir sur l'intelligence et la conscience. Quel est leur but ? Si j'ai bien compris ce que Doctorow tente de dire il semble penser que le but de la conscience est d'avoir une fin vers laquelle se tourner dans sa vie. Dommage qu'il m'ait été si difficile d'entrer dans cette nouvelle qui, à mon avis, est celle que j'apprécie le moins chez cet auteur.

16:03 Écrit par Hassan dans Cory Doctorow, Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctorow, sentience, asimov | | | |  Facebook