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  • Géographie de la nudité. Être nu quelque part par Francine Barthe-Deloizy

    Titre: Géographie de la nudité. Être nu quelque part51KFMAJCJML._SL500_AA300_.jpg
    Auteur: Francine Barthe-Deloizy
    Éditeur: Bréal 2003 collectiond'autre part
    Pages: 239

    La nudité est fréquemment évoquée dans les médias. Que ce soit par des nouvelles intrigantes et drôles, par la publicité ou par des débats. Il est, en tout cas, clair que nous ne pouvons pas passer à coté de la nudité dans nos société occidentales. C'est pourquoi de nombreux travaux ce sont portés sur son histoire et sur sa signification dans différentes sociétés en plus de la notre. Ce livre reprend ces questions mais essaie d'en parler d'un point de vue géographique. Autrement dit, l'auteure se pose la question de la nudité selon les lieux où elle se pratique. Ce qui l'a mène tout d'abord à définir ce qu'est la nudité. Elle découvre que de nombreux peuples ont eu des visions différentes de celles-ci. Ces corps nus tatoués ne sont, justement, pas nus. Mais l'homme occidental, lui, connaît une vision de la nudité comme un moyen de circoncire les civilisés des sauvages. Les nus sont encore à l'état de nature, naïf ou animal, alors que l'homme civilisé est vêtu convenablement.

    Dans un second temps l'auteure va poser, dans deux parties, la question du nu dans l'espace privé et dans l'espace public. L'espace privé est, actuellement, le lieu privilégié de la nudité solitaire. Mais cela ne fut pas toujours le cas et, au moyen âge, la chambre se vivait en commun alors que tout le monde allaient aux bains publics dans le plus simple appareil. Ce n'est que progressivement que le "rhabillage" se fit suivi d'un retour à l’hygiène des bains mais dans un cadre fermé et privé. Par contre, l'espace public est fondamentalement fermé à la nudité et celle-ci est fondamentalement transgressive. Que ce soit sous forme de fêtes avec les processions ou les streakers ou sous forme de manifestations. Ces dernières se multiplient et les campagnes de PETA en sont un exemple connus. La raison en est simple, les médias sont friands de ce genre d'actions et ne manquent pas d'en parler.

    Une quatrième partie pose la question du naturisme et du nudisme. D'où ces doctrines sont originaires et quels sont les idéologies qui les sous-tendent. Mais, surtout, l'auteure analyse les endroits dans lesquels ces pratiques se font. On observe que ces lieux sont fermés au public, difficile d’accès et protégés. La spatialité forme, elle-même, un collectif qui rend le contrôle encore plus fort alors que les grands centres de tourismes naturismes montrent une individualisation croissante de la pratique.

    Enfin, l'auteure se pose la question de la publicité. Elle observe que la forme du message peut avoir plusieurs composantes et se modifie selon le public visé et selon le but de la communication. Mais surtout, la publicité rend le nu visible dans la sphère publique alors que le nu est réprimé dans ce même espace public. Plus important encore, lorsqu'on observe ces publicités on y trouve une vision de la société. Loin d'être innocente la nudité publicitaire offre une idéologie du corps et des pratiques corporelles ainsi qu'une différence de genre. Les hommes sont "virils" et combatifs alors que les femmes sont apprêtées à la séduction.

    Il reste à savoir si ce livre est intéressant. Indéniablement il l'est. Il est aussi très facile à lire et le propos est souvent plaisant. Durant sa lecture on se pose des questions sur les normes qui entourent la nudité et que nous avons incorporées. De plus, l'analyse sur le plan du territoire permet de développer un discours différent du discours historique ou sociologique. Néanmoins, j'ai souvent eu l'impression frustrante que l'auteure aurait pu aller plus loin sur de nombreux points. L'histoire est souvent tracée à grands traits généraux et la signification sociale des pratiques est très peu développées. Mis à part ces critiques l'ouvrage reste stimulant.

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  • La civilisation des moeurs par Norbert Elias

    Titre: La civilisation des mœurs41Z8GQVH8SL._SL500_AA300_.jpg
    Titre original: Über den prozess der zivilisation
    Auteur: Norbert Elias
    Éditeur: Calman-Lévy 1973 collection Pocket (1969 seconde édition originale)
    Pages: 509

    Difficile pour un simple étudiant de s'attaquer à l'une des œuvres de sociologie les plus connues et les plus appréciées. Difficile de parler d'un sociologue parmi les plus apprécié. En effet, bien que la reconnaissance fut tardive, l'apport de la pensée d'Elias à la sociologie a été plus d'une fois souligné. Et l'objet principal de cet apport fut le livre La civilisation des mœurs. Dans ce livre Norbert Elias essaie de comprendre comment l'occident fut pris dans un processus continu de civilisation. Comment l'occident put se considérer comme civilisé au terme d'un processus séculaire qui mena les hommes et femmes occidentaux à considérer être le summum de la civilisation à cause d'objets et de formes particulières. Tout d'abord le sociologue va définir le concept de civilisation et le confronter au concept de culture. Ceci en posant l'a priori que la culture est plus importante pour les allemands que la civilisation. Cette dernière étant plus importante pour les français et les anglais.

    Ceci fait nous entrons dans la partie la plus intéressante du livre. Une partie surprenante car Elias prend de petits objets de la vie quotidienne, des rituels connus, et essaie de comprendre comment leur utilisation et leur forme a évolué durant le temps ainsi que pourquoi. Donc, Elias s'interroge tout autant sur l'usage du mouchoir et de la fourchette que sur la manière de se baigner, de manger, dormir et sur la sexualité. Au fil du texte Elias nous démontre que la renaissance et la période moderne sont une période charnière entre une civilisation "naïve" médiévale très ouverte et peu formelle et une civilisation beaucoup plus taboue et formelle. Par exemple, alors que l'on pouvait dormir à plusieurs dans le même lit au moyen âge la chambre devient un lieux privé et fermé aux étrangers.

    Ce livre n'est pas seulement surprenant à cause des objets analysés par Elias mais aussi plutôt plaisant à lire surtout lorsqu'on a passé la première partie qui est beaucoup plus théorique. Elias nous donne de nombreux exemples de textes de bienséances ce qui nous permet de nous rendre compte par nous-même des changements temporels. C'est après ces textes que nous pouvons trouver les analyses d'Elias. Les conclusions de ce dernier semblent logiques et très éclairantes. Grâce à lui nous comprenons mieux comment notre civilisation occidentale a évolué et s'est développée. Néanmoins, il serait intéressant de connaître les critiques qui ont été faites contre Elias. Je pense, par exemple, que le livre Norbert Elias et la théorie de la civilisation. Lectures et critiques dirigé par Yves Bonny pourrait nous y aider.

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  • Robin des Bois

    J'ai été voir, ce dimanche, le film Robin des Bois. Je ne m'attendais pas à autre chose qu'un film d'action ce qui peut expliquer que je n'aie pas été déçu. Au contraire j'ai apprécié ce film dans lequel je me suis facilement plongé. L'histoire prend place au XIIIe siècle alors que le roi Richard Cœur de Lion rentre chez lui après sa Croisade tout en dévastant quelque châteaux français. Mais le roi meurt prématurément lors d'une bataille et celui qui deviendra Robin des Bois fuit pour retrouver son pays. Très rapidement il devra mentir et voler pour pouvoir traverser la Manche après avoir promis à un chevalier de ramener son épée à son père. Alors qu'il se retrouve dans les terres de ce chevalier il acceptera encore d'aider cette famille. Mais, dans le même temps, le nouveau roi, Jean, se fait manipuler et risque de perdre ses barons en même temps que son royaume.

    L'histoire n'est pas celle de Robin des Bois qui n'apparaîtra en tant que tel qu'à la fin du film. C'est celle de sa genèse. Comment un homme ordinaire commence-t-il à lutter en faveur de la liberté et de droits pour le peuple (enfin, surtout les nobles mais bon...). Le thème principal du film est bien celui-la: le droit pour tous de pouvoir vivre par son propre travail ou sa propre terre. Un droit que le souverain se doit se reconnaître si il souhaite garder la confiance, la loyauté et le respect de ses citoyens. Les connaisseurs en histoire médiévale feront rapidement le lien avec la Magna Carta bien que cette dernière, selon mes souvenirs, ne devrait pas être vue comme une protection des citoyens mais de certains privilégiées.

    D'ailleurs, j'ai personnellement apprécié l'atmosphère du film. Loin du moyen âge romancé ou de la légende noire de l'époque médiévale j'ai eu l'impression de retrouver, dans les images, une époque médiévale telle qu'elle devait être. Bien entendu, je me base sur mes propres impressions puisque je ne possède pas assez de connaissances pour savoir si l'époque médiévale a été réellement dépeinte de manière plus ou moins véridique. Néanmoins, je pense que j'apprécie tout de même plus le Robin des Bois qui existait dans le film de 1991 (Robin des bois: Prince des Voleurs) plus léger et plus proche d'un Robin des Bois espiègle.

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  • La légende de Sigurd et Gudrún par J.R.R. Tolkien

    Titre: La légende de Sigurd et Gudrún par J.R.R. Tolkien61OtCKYwkkL._SL500_AA300_.jpg
    Titre original: The legend of Sigurd and Gudrún
    Auteur: J.R.R. Tolkien
    Traducteur: Christine Laferrière
    Éditeur: Christian Bourgeois 2010, The Tolkien trust 2009
    Pages: 295

    Ce livre est dans la même optique que Les monstres et les critiques et autres essais, c'est un livre qui ne souhaite pas nous donner les écrits de fictions de Tolkien mais montrer la pensée de l'auteur. Christopher Tolkien nous offre donc une synthèse de quelques conférences de Tolkien concernant les légendes du nord et, particulièrement, celle auquel le titre du livre est emprunté. Mais ce n'est pas la seule chose que nous découvrons dans ce livre. Christopher Tolkien nous donne aussi une publication d'une réécriture de cette légende par Tolkien lui-même. Dans cette édition nous pouvons, d'ailleurs, lire le poème en français et en anglais. Cette révision ne nous permet pas de comprendre les légendes nordiques sans l'aide des commentaires mais nous pouvons très facilement observer en quoi Tolkien fut influencé.

    En effet, la lecture du poème montre des parentés évidentes entre les événements de la légende nordique et certaines fictions que Tolkien a écrite. Je pense, particulièrement, à l'histoire de Turin Turambar. En effet, nous retrouvons beaucoup de thèmes communs non seulement en ce qui concerne le dragon mais aussi l'or et même le heaume. Ce livre a, donc, deux points forts. Premièrement, grâce à lui on peut mieux comprendre ce qui attirait Tolkien et comment il l'inséra dans sa propre mythologie. Secondement, nous pouvons découvrir, mais non dans sa pureté, l'une des légendes nordiques. Ces légendes qui, aujourd'hui encore, peuvent fasciner les lecteurs ou les auditeurs.

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  • Héros et merveilles du moyen âge par Jacques Le Goff

    Titre: Héros et merveilles du moyen âge41pueX9-NrL._SL500_AA240_.jpg
    Auteurs: Jacques Le Goff
    Éditeur: Seuil 2005 et 2008
    Pages: 312

    Depuis l'année passée le moyen âge me fascine. C'était une époque fondamentalement différente et pourtant créatrice de notre civilisation. Un monde que l'on a vu noir et chaotique alors qu'elle créa de magnifiques œuvres et une philosophie unique. Une époque non de transition mais de création alors qu'elle se pensait comme précédant la fin des temps et déclinante. Lorsqu'on veut s'instruire sur cette période magnifique on touche, forcément, a quelques grands médiévistes dont Jacques Le Goff fait partie.

    Ce livre en poche est écrit pour parler d'une forme d'histoire particulière: l'histoire de l'imaginaire. A l'intérieur du texte Jacques Le Goff nous parle de rois, de chevaliers, de femmes et d'objets symboliques du moyen âge et qui ont, parfois, gardé toute leur force jusqu'à nos jours jusqu'à, parfois, incarner une partie de ce que l'on pense être la période médiévale. C'est ainsi que Le Goff nous offre des informations autant sur Charlemagne et Arthur que sur le cloître et les cathédrales en passant pas des métiers comme celui des jongleurs. Mais Le Goff ne se contente pas de nous donner la signification et l'origine médiévale de ces symboles. Il nous offre leurs changements et perpétuations tout au long de l'histoire jusqu'à nous.

    Néanmoins, pour celui qui souhaitait un essai, ce sera une déception. Ce livre, en fait, n'est pas fait pour être construit en poche. C'est un livre court et synthétique dans le but d'entourer de belles images en couleurs alors que ce livre en poche nous les montre en noir et blanc. Si on souhaite vraiment jouir de ce livre il faudra dont prendre son alter ego en grand format que, malheureusement, je n'ai pas entre les mains. L'édition en poche ne peut pas donner autant de plaisir même si il donne des informations intéressantes.

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  • L'invention de la culture hétérosexuelle par Louis-Georges Tin

    Titre: L'invention de la culture hétérosexuelle612ExdOT8JL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Louis-Georges Tin
    Éditeur: Les éditions Autrement 2008
    Pages: 201

    Voila un petit livre qui pourrait choquer certaines personnes car ce livre a un but: prouver que l'hétérosexualité n'est pas originaire de la nature mais d'un programme culturel. Pour cela l'auteur s'est consacré à trois thèmes précis: la culture des chevaliers, celle de l'église et celle de la médecine. Ceci depuis le moyen âge jusqu'à maintenant. En lisant ce livre on découvre que la culture hétérosexuelle comment à exister depuis le XII ème siècle. Auparavant, l'homosocialité règne avec son culte de l'amitié virile et son mépris de la femme. Mais il ne faudrait pas croire que la femme soit mieux traitée après l'arrivée des troubadours. Elle reste un objet.

    On découvre une résistance sur deux points. Les chevaliers résistent car la virtus de l'homme est en danger de molitia à cause de l'amour. L'église résiste car l'attirance pour la femme crée un problème de sexe. Les deux essaient de bloquer cette nouvelle hétérosexualité et traitent avec elle (par traiter j'entends bien sur un dynamisme culturel et social inconscient). L'église, par exemple, essaie de substituer le culte de la femme par le culte de la Vierge, mère de Dieu et donc possible receveuse de l'amour destiné à Dieu. On trouve aussi l'idée médicale selon laquelle l'amour est une maladie qu'il faut traiter. Cette idée restera longtemps.

    Néanmoins, le champs médical deviendra bientôt un ami des hétérosexuels en créant un individu vraiment malade: l'homosexuel. Ce dernier regroupe les tares de l'amour. Il est molitia, efféminé, et est fauteur de péché sexuel. C'est donc le bouc émissaire tout désigné de la nouvelle culture. Cette dernière étant, au XX ème siècle, victorieuse. Tellement victorieuse que l'existence d'anciens artistes ou grands hommes probablement coupables d'homosocialité ou d'homosexualité créent un problème: comment les faire découvrir aux enfants tout en leur évitant de voir leurs tendances? C'est ici que j'ai eu ma plus grosse surprise. J'ai découvert que certains livres offerts durant le cursus scolaire sont expurgés de leur contenu et même modifiés.

    C'est donc un livre très intéressant que nous offre Louis-George Tin. Néanmoins, c'est un livre inachevé. Il réussit à prouver la création de la culture hétérosexuelle mais il passe trop rapidement sur des points importants. Cependant, l'auteur a l'honnêteté intellectuelle de reconnaitre ce manque. Il considère son livre non comme une synthèse mais comme une ouverture pour des recherches futures. Espérant qu'elles existeront.

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  • Yggdrasil. La religion des anciens scandinaves par Régis Boyer

    Titre: Yggdrasil. La religion des anciens scandinaves51Sc-zEhV3L._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Régis Boyer
    Éditeur: Payot 1981
    Pages: 249

    C'est par hasard, dans un autre livre de Régis Boyer, que j'ai rencontré les Vikings. J'ai découvert une civilisation fascinante. Une civilisation basée sur la vitalité, l'ordre et la fatalité acceptée. Alors que je connaissais les Vikings par les préconçus: des brutes sanguinaires quasiment invincibles. J'ai découvert une civilisation qui a permis à un peuple de survivre dans un environnement dangereux. Une civilisation non pas de guerriers mais de navigateurs commerçants qui savent que, parfois, menacer d'une arme est plus efficace que négocier. C'est pourquoi j'ai souhaité mieux les connaitre en lisant cet autre livre de Régis Boyer.

    Le livre, comme Boyer semble souvent le faire, nous donne la façon dont l'auteur a travaillé, ses hypothèses et son découpage chronologique. Je vois rarement ce genre de chapitres qui doivent être pensés comme peu intéressants. Au contraire, ils permettent de mieux comprendre le propos du livre et sa structure. L'auteur, ensuite, se base sur la structure qu'il nous a présenté pour présenter la religion scandinave dans un ordre chronologique. Ce qui nous permet de sentir, en partie, le changement temporel qui affecte toutes choses humaines. L'auteur termine par deux synthèses cosmogoniques: l'une est horizontale et parle de l'histoire mythique, la seconde nous parle de la verticalité d'Yggdrasil. En conclusion, Boyer tente d'expliquer pourquoi les scandinaves se sont convertis au Christianisme si facilement.

    Bien que très intéressant ce livre est tout de même assez compliqué. Bien entendu il faut s'attendre a ce qu'un livre sur les scandinaves comprenne des termes de scandinaves. Mais cela ne gêne pas trop la lecture. régis Boyer nous permet d'avoir une bonne connaissance de ce qu'est la religion viking avec ses changements successifs et ses caractéristiques. Néanmoins, on peut se demander si la vieillesse du livre implique que celui-ci soit dépassé? Pour répondre à cette question il serait nécessaire connaitre les propos des autres chercheurs. En attendant, je pense que cette synthèse est tout a fait valable et intéressante.


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  • A la recherche du moyen âge par Jacques le Goff

    Titre: A la recherche du moyen age510BTXRKPNL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Jacques le Goff
    Éditeur: Louis Audibert 2003
    Pages: 176

    C'est un petit livre pour une grande histoire: celle du moyen âge. Cependant, ce n'est pas que l'histoire du moyen âge c'est aussi l'histoire de Jacques le Goff par lui-même. La substance du livre est formée par une série d'entretiens menés par Jean-Maurice de Montremy et les réponses de Le Goff. Durant ces entretiens nous découvrons, non seulement, la vision que Le Goff a de l'époque médiévale mais aussi l'histoire de sa vie. Comment en est-il venu à étudier l'histoire et cette époque en particulier? Quels ont été ses maitres à penser et comment en est-il venu à étudier des sujets particuliers tels que les banquiers et les intellectuels?

    Les réponses remaniée par leur propre auteur, nous découvrons un livre pensé en cinq chapitres. Ceux ci brossent un portrait large de l'époque médiévale selon Le Goff. Nous passons du moyen âge constamment renaissant et à la recherche d'une ancienne perfection qu'il pense avoir perdu au moyen âge des banquiers puis des intellectuels. Ensuite Le Goff se pose la question du caractère de civilisation de l'Europe médiévale, un caractère qui ne va pas de sois mais qui permet de se poser des questions sur la féodalité (qui n'est pas ce que l'on croit) et il finit par l'aspect religieux. Bien entendu, le dernier chapitre est un peu artificiel puisque la religion est par intégrante du moyen âge dans tous ses aspects. La premier chapitre est plus spécifiquement biographique puisqu'il permet à Jacques le Goff de dire comment il est devenu médiéviste et quels sont les notions contre lesquelles un médiéviste doit se battre. Par exemple, la pensée largement partagée d'un "âge noir" de terreur et de barbarie.

    On ne comprendra pas tout le moyen âge en lisant ce livre, il n'y a tout simplement pas la place. Néanmoins, ce livre permet d'avoir une idée générale assez claire de ce qu'est véritablement l'époque médiévale: une civilisation créatrice et vivante. Plus que ça, une civilisation qui a fondé la notre, dont nous venons que cela nous plaise ou non. Ce livre est aussi, et surtout, un moyen d'avoir une idée générale des idées de Le Goff. C'est une sorte de courte synthèse de ses travaux et, aussi, de l'auteur.


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  • Démons et Génies du terroir au moyen âge par Claude Lecouteux

    Titre: Démons et Génies du terroir au moyen âge51%2BPLxCHW0L._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA240_SH20_OU08_.jpg
    Auteur: Claude Lecouteux
    Éditeur: Imago 1995
    Pages: 218

    Lorsque j'ai du rendre mon premier travail universitaire, sur la mort au moyen âge, j'ai croisé quelques livres de Claude Lecouteux. Comme ils ne m'étaient, à l'époque, pas utile je les ai rapidement oublié après avoir noté leur existence. Aujourd'hui, j'ai décidé d'en lire un sur un sujet qui m'a interpelé. Un sujet d'un certains coté religieux mais que l'on nommerait plutôt folklorique. La question qui m'intéressait concernait les fées, lutin et autres génies du terroir et la signification de leur existence. Comment l'homme organise sa vie face à ses génies et quels sont les rituels qu'il met en place pour vivre en harmonie? Lecouteux essaie de répondre à ces questions dans ce livre mais il a aussi écrit d'autres recherches que cela soit sur les vampires, les monstres ou les esprits des morts.

    Ici, il a décidé de diviser sa recherche en trois parties. La première est une sorte de définition du sujet. Quels sont ces génies? ou les trouve-t-on? comment agissent-ils? Et surtout pourquoi sont-ils la? La seconde partie concerne l'humanisation et la protection de l'habitat des hommes. Autrement dit, les rites utilisés pour se protéger et vivre à un endroit qui, auparavant, appartenait aux génies. La troisième partie concerne les parties du monde ou les démons et génies vivent et leur possible retour dans un lieu anciennement, ou encore, habité.

    Lecouteux, pour sa démonstration, utilise beaucoup de textes dans des traditions germaniques. Il nous permet de voir la centralité du monde mystique ou religieux au moyen âge. Lorsqu'on lit ce livre on apprend que le monde était véritablement coupé en deux entre les humains et les forces plus ou moins religieuses. L'homme les voyait, les craignait, se battait contre et rencontrait les génies partout. D'où une grande importance des rites pour pouvoir s'établir en un lieux. D'où, aussi, le respect du aux différents endroits habités par ces anciens dieux: les forêts, montagnes et étendues d'eau. Comme Lecouteux le dit en conclusion, d'une certains façon l'existence de ces génies obligeait l'homme à respecter la nature, une nature sauvage qui pouvait contre.attaquer et reprendre ses droits en cas de viol ou de faute par l'homme. Justement, lorsque nous étudions ces rituels païens nous découvrons une lutte de la civilisation contre le sauvage, Ces rites sont un moyen de civiliser un lieu pour permettre à l'homme d'y habiter sans risques. Un moyen de pacifier les génies de l'endroit, de compenser sa perte. Néanmoins, après avoir fini ce livre un sentiment de déception s'est fait jours. Il n'est pas mauvais ni inintéressant mais j'avais une impression d'inachèvement. L'impression que Lecouteux n'est pas allé assez loin dans sa recherche et dans les significations des rituels. Peut être n'étais ce pas son but ou n'a-t-il pas pu le faire à cause du manque de sources?


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  • La mort au moyen âge

    Titre: La mort au moyen âgela mort au moyen age.jpg
    Auteur: Danièle Alexandre-Bidon
    Éditeur: Hachette Littératures 1998
    Collection: Pluriel
    Pages: 333

    Voila un sujet un peu morbide pour un livre et pour un lecteur. Mais s'arrêter au morbide est négliger l'importance de la mort dans la vie d'un humain et donc dans les sciences dites humaines. La mort, que l'on en soit heureux ou non, est au centre de nos vies, on se dirige vers elle, on l'accepte ou non et on développe des rites face à elle. Ce livre a pour but de nous illustrer les rites médiévaux mais aussi tout ce qui entoure la mort d'un proche: les tombes, l'église, les métiers, le testament, etc à la période médiévale.

    Est ce réussis? Je pense pouvoir dire que oui. l'auteur nous permet d'avoir un aperçu de la pensée de la mort et de son évolution au moyen âge, pensées qui nous sont parfois surprenante. Il nous montre aussi une société ou le mort était partie intégrante de celle-ci et ou les familles et amis gardaient en face d'eux le mort jusqu'à ce que, petit à petit, l'église confisque ces moments d'intimités pour, ensuite, les perdre et oublier ce qu'est la mort. C'est un sujet morbide mais c'est aussi un moyen de comprendre la vie et les gens et Bidon pourrait avoir raison quand il déplore la perte de vision des morts dans notre société et l'abandon dont ils sont victimes. Devrions nous retourner au chevet du mourant jusqu'à éa fin et accompagner la préparation des rites? Peut être.

  • Chevaliers et chevalerie au Moyen Âge

    Titre: Chevaliers et chevalerie au Moyen Âgechevaliers et chevalerie au moyen age.jpg
    Auteur: Jean Flori
    Éditeur: Hachette Littératures 2008
    Collection: Pluriel
    Pages: 301

    Je continue mon petit tour d'horizon de la période médiévale et cette fois je me suis intéressé à la chevalerie. Nous avons tous connu, dans notre enfance, les contes de chevaliers et de princesses. Les hauts faits de héros en armures, la table ronde, la chanson de Roland et Tristant et Yseut. Les chevaliers nous fascinent car ils sont un ordre se conformant a des valeurs tel que le courage et le protection des innocents. Mais tout cela n'est pas forcément la réalité historique. Jean Flori a donc écrit un livre nous permettant de nous faire une idée générale de la chevalerie. Pour cela il nous conduit en trois parties: la politique, la guerre et l'idéologie. La première nous parle de l'origine et des conditions, de ce que sont les chevaliers, la seconde des guerriers chevaliers et de la réalité, ou non, de leur idéal éthique (par exemple nous apprenons que leur soif d'honneur les conduit, parfois, à mettre en péril la victoire) et enfin la troisième partie examine les liens de la chevalerie avec l'église. Cette dernière ayant tenté de contrôler les chevaliers, entre autres, par l'idée du chevalier protecteur des Chrétiens.

    En ce qui concerne l'écriture Jean Flori est très agréable à lire et j'ai beaucoup aimé parcourir ces pages. J'ai l'impression d'avoir véritablement pu me faire une idée générale de cette chevalerie et j'ai bien envie d'aller un peu plus loin. Heureusement Flori nous a mis en place une bibliographie bien fournie si on prend en compte les notes de bas de pages. C'est un livre que je considère bon et que je conseille aux personnes souhaitant en savoir plus sur la réalité historique des hommes en armures.

  • les Vikings

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    Auteur: Régis Boyer
    Éditeur: Perrin 2004 (2002 première)
    Collection: Tempus
    Pages: 442

    Comme je l'ai dit précédemment j'ai commencé à m'intéresser à la période médiévale. Il est donc naturel que j'aie voulu en savoir plus sur les Vikings. Ce peuple ayant été fortement marqué dans l'imaginaire collectif comme des guerriers sanguinaires invincibles. J'ai donc trouvé ce livre dont l'auteur explique tout de suite le but: donner les véritables identités des Vikings. Ces identités étant perverties et, parfois, inconnues des gens.

    Ici aussi l'auteur a commencé par une partie évènementiel mais les premier chapitre nous explique comment nous connaissons les Vikings, leur histoire ancienne et surtout pourquoi ils déferlèrent sur l'Europe. C'est ensuite que nous avons un récit, par peuple, de l'histoire Viking. La seconde partie du livre nous parle de la civilisation Viking: sa façon de penser, d'agir, ce qu'ils recherchent, l'art pour finir par une explication de leur disparition.

    J'avoue que j'ai eu du mal à comprendre tous ce que dit Régis Boyer. Mais cela est certainement du à ma connaissance très faible. D'ailleurs Boyer nous donne toutes les clefs d'explications. Que ce soit la prononciation des mots ou les concepts clefs mais surtout il nous explique lorsque nous ne devons pas faire de conclusions trop hâtives. Par exemple les Vikings d'Islande n'ont pas créé une démocratie et rien ne nous permet encore de confirmer de façon sure que les Vikings aient découvert l'Amérique. Les objets auraient très bien pu y être amené par des échanges successifs. En lisant ce livre nous découvrons, non pas une civilisation guerrière, mais un peuple profondément aimant de la vie, des marchands, des administrateurs de haute qualité et un art unique. Ce livre est un bon moyen de se faire une véritable idée de ce peuple et de sa culture unique et fascinante.

  • La Civilisation de l'Occident Médiéval

    Titre: La Civilisation de l'Occident MédiévalLa Civilisation de l'Occident Médiéval.jpg
    Auteur: Jacques le Goff
    Editeur: Flammarion 2008 (1982 première édition)
    Collection: Champs Histoire
    Pages: 366

    Il se trouve, paradoxalement, que malgré ma passion pour l'histoire qui me conduisit à l'étudier dans le cadre académique je ne me suis jamais beaucoup intéressé à ce que l'on appelle le moyen-âge. Je suis probablement une victime consentante des clichés parlant du moyen-âge comme étant une période inintéressante et sombre de l'histoire humaine: obscurantisme, recul des sciences, inquisition, etc. Mais, en tant qu'étudiant historien, je suis dans l'obligation de m'intéresser à la période médiévale. Voila pourquoi, en guise d'introduction, j'ai acheté ce livre en pensant que son prestigieux auteur - Jacques le Goff est un auteurs prolifique en ce qui concerne la civilisation médiévale - m'assurerait un livre intéressant et de bonne qualité.

    Celui-ci est divisé en deux parties. Premièrement nous trouvons une histoire évènementielle qui couvre la période classique du V ème au XV ème siècle. Celle-ci est intéressante mais nécessairement incomplète puisqu'elle tient sur moins de cent pages. Comme je l'ai dit j'ai pris ce livre comme une introduction. La seconde partie, que je considère presque comme étant plus intéressante, se préoccupe de la culture. Le Goff écrit sur les structures de l'espace et du temps, la vie, l'Église médiévale et la mentalité sans oublier les aspects matériels.

    Bien que ne m'étant jamais intéressé de prés à cette période je la connaissais un peu. J'ai néanmoins été surpris de sa diversité et des actions accomplies durant celle-ci. Je suis très heureux d'avoir fait l'effort de parcourir cet ouvrage et je le recommande comme un bon moyen de se faire une idée générale de ce que fut le moyen-âge. De plus, si une personne souhaiterait aller plus loin et plus précisément dans les analyses, nous trouvons une vaste bibliographie à la fin de ce livre. En tout cas, ce livre m'a fait découvrir une période bien plus dynamique que je ne le croyais et m'a conduit a m'y intéresser.