science-fiction - Page 2

  • Ascender 1. The haunted galaxy par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

    Titre : Ascender 1. The haunted galaxy
    Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
    Éditeur : Image Comics 23 octobre 2019
    Pages : 136

    Ce volume 1 contient les épisodes 1-5. L'univers a définitivement changé. Après une dernière confrontation entre l'UGC, Gnish et la résistance robotique les Moissonneurs sont revenus afin de passer leur jugement. Alors que leur première attaque n'était qu'une prévention celle-ci vise à détruire définitivement toutes capacités de résistances par les intelligences organiques. Mais leur attaque a aussi permis l'organisation d'une nouvelle puissance au sein de la Galaxie. Les planètes ne sont plus libres, elles sont sous le contrôle d'une magicienne nommée Mère. Celle-ci interdit toute technologie et combat toutes personnes qui pourraient se rebeller.

    SPOILERS

    Descender fut l'une des séries que j'ai le plus apprécié. Les auteurs créaient une situation et donnaient, petit à petit, les éléments pour la comprendre et essayer de deviner ce qui allait se dérouler. J'avais aussi beaucoup aimé la technique artistique utilisée par Nguyen. Ascender est dessin exactement de la même manière et, encore une fois, c'est beau. C'est un véritable régal d'observer les paysages et les différents personnages.

    Tout comme Descender, il me semble qu'Ascender sera une série qui va utiliser la simplicité pour mieux peindre son univers. Il n'y a donc pas une intrigue remplie de mystères mais un statu quo qu'il nous faut comprendre. Celui-ci est brisé par l'apparition d'un changement qui implique un danger pour Mère. On ne sait pas pourquoi mais une machine est revenue vers les humain-e-s. Je ne serais pas étonné si la série prend la forme d'une quête pour la fille d'Andy, quête qui pourrait lui permettre de retrouver Tim 21 ?

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    ***** Toujours aussi beau, toujours autant envie de connaitre la suite.

    Image : Éditeur

  • Harbinger Wars 2 par Matt Kindt, Eric Heisserer, Tomás Giorello, Raúl Allén, Patricia Martín, Adam Plooina, Renato Guedes et Diego Rodriguez

    Titre : Harbinger Wars 2
    Auteur-e-s : Matt Kindt, Eric Heisserer, Tomás Giorello, Raúl Allén, Patricia Martín, Adam Plooina, Renato Guedes et Diego Rodriguez
    Éditeur : Valiant 7 novembre 2018
    Pages : 160

    Ce volume contient Harbinger Wars 2: Prelude 1, Harbinger Wars 2: 1-4 et Harbinger Wars 2: Aftermath 1. Livewire est une alliée des États-Unis. Elle travaille pour ce pays depuis qu'elle trahi Toyo Harada. Sa trahison a débuté lorsqu'elle l'a vu user de ses pouvoirs afin d'être certain de n'avoir aucuns opposants. Depuis, elle démantèle ce qui reste des outils d'Harada sur les États-Unis. Cet effort lui a permis de découvrir des psiotiques qui ont été mis de côté par Harada, car peu utiles. Elle décide de les aider. Dans le même temps, les forces de police massacrent des enfants psiotiques dans une petite ville. Livewire décide de refuser de tels actes et détruit le réseau électrique des Etats-Unis. Une guerre a commencé.

    SPOILERS

    Il m'a fallu un certain temps avant de me décider à lire ce comics. Le premier événement du nom était maitrisé et entrait dans une construction plus vaste. Ce second événement promet la même chose. Malheureusement, je ne sais pas à quel point il est relié aux autres ouvrages, ne les ayant pas lus. En revanche, cet événement me semble surtout un bon moyen de relier différents personnages sur quelques pages au nom du spectaculaire. Celui-ci n'a pas lieu et certains groupes sont montrés sans jamais préciser la raison de leur présence ni leur donner l'occasion de combattre. Cela n'est pas possible car le nombre de numéros ne permet pas de créer un enjeu véritablement important avec des personnes qui réfléchissent à leur place au sein de ce combat. Tout est donc assez artificiel.

    Cependant, je tiens à mentionner un point positif. Dans les comics les combat ont souvent lieu alors que les personnages principaux ne communiquent pas. Dans ce comics il y a, enfin, une véritable tentative de communication. Ce sont, particulier, Livewire et Aric qui essaient de se comprendre mutuellement et de créer les bases d'une nouvelle manière de collaborer. La fin de la guerre est due à leur capacité à communiquer malgré leurs différends. C'est tout l'intérêt du numéro Aftermath. Il est tout de même dommage que ce sujet ne soit pas mieux mis en avant par les auteur-e-s.

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    *** Un événement qui offrait beaucoup de promesses mais qui n'en concrétise que peu.

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    Image : Éditeur

  • Sorry we missed you

    TW : actes de maltraitances

    J'avais adoré "I, Daniel Blake" malgré sa capacité à créer de la tristesse. Ken Loach avait réussi à montrer l'absurdité d'un système de chômage tout en montrant les effets de celui-ci, et de la pauvreté, sur les gens. Je ne pouvais pas passer à côté d'un nouveau film de Ken Loach, bien que cette fois je sois prévenu de l'effet de ses films. Dans ce nouveau film nous suivons la vie d'une famille victime d'une crise économique. Lors de leur mariage, le jeune couple pensait pouvoir devenir propriétaire et s'occuper de leur famille. Mais Ricky Turner perd son emploi et sa femme, Abbie, travaille comme aide à domicile avec un contrat 0 heures. Leur fils ne s'intéresse plus à l'école et leur fille est un peu laissée seule. Tout pourrait changer lorsque Ricky pense trouver une opportunité. Il pourrait devenir livreur pour une société de livraison. Mais cela implique des investissements importants car il n'est pas employé mais un prestataire de service. Petit à petit, la famille s'enfonce dans la crise.

    SPOILERS (des gros)

    Ce film est particulièrement éprouvant à regarder. Je vais revenir sur plus aspects ensuite pour d'abord me concentrer sur la famille Turner. Les deux parents sont montrés comme de plus en plus fatigués, incapables de sortir des dettes. Pour permettre à Ricky de travailler Abbie a vendu sa voiture, ce qui implique qu'elle doive prendre le bus pour travailler et donc rentrer tard. Leur fils, Seb, est en train de sortir du système scolaire et de refuser, de plus en plus, les décisions de son père. Leur fille, Lisa Jane, semble encore s'en sortir à l'école mais elle souffre du stress et des disputes entre ses parents et avec son frère. Le travail précaire a donc ici un effet précis : la famille perd en cohésion.

    Ce que montre le film concerne aussi Uber et les contrats précaires, en particulier les contrats 0 heures. Ces contrats impliquent que la personne employée ne sait pas si elle sera envoyée au travail ni combien elle sera payée. Le statut est particulièrement insécure mais il n'est pas possible de chercher un nouvel emploi vu que la personne est déjà employée. Dans ce film, cela implique aussi un travail de soin, mais pour des personnes qualifiées de clientes avec lesquelles la fraternisation est interdite, et un temps de travail précis. Abbie ne doit pas s'occuper des personnes qu'elle a en charge trop longtemps et les heures supplémentaires ne sont pas payées. Bien entendu, pour le soin à la personne une telle attitude est impossible et cela implique, au minimum, de ne pas traiter de manière adéquate des êtres humains.

    En ce qui concerne Ricky il est attiré par la possibilité d'être son propre patron. Mais le système dans lequel il entre implique de nombreux investissements de sa part pour un retour peu important. Il doit acheter un camion, prendre une assurance et gérer lui-même son temps de travail tandis que l’entreprise ne lui fournit que les paquets, les adresses et un scanner portable. En cas d'incapacité de travail, il reçoit une amende et les colis et matériels défectueux sont mis à charge. Étant un prestataire de service il n'a donc aucuns droits, il n'est pas protégé, tandis que l'entreprise a toutes les garanties. Pourtant, il est fortement soumis aux demandes et au contrôle de l'entreprise qui vérifie ses capacités mais aussi ses pauses et les plaintes envers lui.

    Cela me conduit à la dernière partie du film. Lors de celle-ci le couple est à la dérive. Les deux enfants sont fortement mis à mal par le contexte économique des parents bien que Seb se rapproche de son père après que celui-ci a été attaqué et doive rembourser près de 1600 livres à l'entreprise, dont une amende journalière pour son incapacité de travail à la suite de son hospitalisation. Le lendemain, Ricky essaie d'aller au travail après avoir écrit un mot sur la table. Selon moi, on peut interpréter cette dernière partie comme un brun out. Ricky ne peut pas imaginer ne pas aller au travail et créer des dettes supplémentaires. Mais il ne peut plus aller travailler sans souffrance. La fin réelle du film n'est pas claire. On peut imaginer un accident de la route, ou pire.

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    ***** Un très bon film, mais éprouvant, qui permet de voir les effets des contrats précaires, type Uber, sur les personnes.

    Image : IMDB

  • Terminator: Dark fate

    Sarah Connor a gagné. Son fils est sauvé et l'apocalypse n'a pas eu lieu à l'heure prévue. Mais d'autres Terminators ont été envoyé dans le passé et ils ont une nouvelle cible. Celle-ci est Dani Ramos. Une ouvrière mexicaine qui prend en charge son frère, qui rêve de célébrité, et son père, qui semble être incapable de cuisiner ou de prendre des rendez-vous. En quelques minutes sont futur est bouleversé lorsqu'elle est sauvée par une femme qui prétend venir du futur afin de la protéger des attaques des machines. Leur poursuivant est pratiquement indestructible et il leur faudra l'aide d'une Sarah Connor surarmée pour réussir à survivre au présent et penser au futur.

    SPOILERS

    Apparemment, ce film est la suite directe de Terminator 2. Tout ce qui a été construit ensuite est donc annulé. Disons-le tout de suite, John Connor meurt pratiquement immédiatement. On a donc deux changements importants. D'une part la fin des temps n'a pas eu lieu et Skynet n'a pas existé. D'autre part le chef de la Résistance humaine n'existe plus. Pourtant le film existe. Car celui-ci prend le parti de considérer le futur à la fois comme mouvant et comme une fatalité. Même si une version de Skynet est détruite il y aura toujours une nouvelle version. Même si le chef de la Résistance est tué l'humanité va toujours combattre. Ce destin mouvant mais inéluctable est toutefois mieux incarné par les individus qui peuvent réellement modifier le futur. En particulier, c'est le Terminator qui a tué John Connor qui change le plus. Sans ordres du futur et après avoir terminé sa mission il réussit à défendre ses propres choix, des choix qui dépendent d'un but que souhaite atteindre le Terminator.

    Ce film profite aussi de son existence pour moderniser la saga. Dani n'est pas la mère du sauveur mais la cheffe de la résistance. Au lieu de plusieurs hommes qui défendent une femme ce sont plusieurs femmes qui se défendent seules. Dani est d'ailleurs montrée comme quelqu'un qui subit les événements et qui, dès qu'elle est capable de réfléchir un peu, prend des décisions nécessaires pour vaincre. Sarah Connor est aussi montrée comme une combattante particulièrement impressionnante capable d'échapper non seulement aux machines mais aussi aux différentes polices. Ce changement est, là aussi, particulièrement incarné par le Terminator qui a prend le nom de Carl. Au lieu d'être une machine à tuer il devient un père capable de s'occuper d'enfants, de faire la vaisselle et de soutenir sa compagne. En d'autres termes, il est dépeint comme un égal de sa femme qui prend en charge les besoins communs du couple. Bien entendu, le choix est voulu afin de créer un choc. La machine de guerre est capable d'être un véritable compagnon !

    En ce qui concerne les combats je pense que le film est réussi. Il nous donne l'impression d'une course contre la montre face à un ennemi implacable et indestructible. Cependant, certains moments me semblent trop artificiels comme la destruction de l'arme qui devait permettre de combattre ce Terminator. Je déplore aussi qu'il n'y ait aucunes règles qui permettent de comprendre la manière de fonctionner des machines. Celle-ci peut tout faire et rien ne semble permettre de la vaincre. On se demande donc pourquoi elle met si longtemps à réussir sa mission. Malheureusement, ce film n'est pas une réussite. Il y a des idées intéressantes mais elles ne sont pas bien amenées.

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    *** Bien que le film soit meilleur que Genesys il ne réussit pas à me convaincre.

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    Image : IMDB

    Site officiel

  • Last Shot par Daniel José Older

    Titre : Last Shot
    Auteur : Daniel José Older
    Éditeur : Penguin 30 octobre 2018
    Pages : 432

    Nous sommes deux ans après la fin de l'Empire lors de la bataille de Jakuu. Depuis, la Galaxie est en paix au sein de la Nouvelle République. Celle-ci construit, petit à petit, un système démocratique accepté dans le cadre de planètes de plus en plus nombreuses. La Nouvelle République, considérant cela comme une nécessité si la paix doit durer, a fortement abaissé son arsenal militaire tandis que d'autres technologies sont développées. Han Solo et Leia vivent ensemble sur la capitale de la Nouvelle République avec leur fils, Ben. Mais Han ne saut absolument pas comment être un père et encore moins un mari. Bien qu'il essaie de toutes ses forces il est assez honnête envers lui-même pour savoir que son attitude d'homme-enfant n'est pas adapté à un rôle de père de famille et de compagnon d'une sénatrice et héroïne de la République. Il a besoin de temps pour réfléchir et comprendre. Justement, Lando Calrissian vient lui proposer une quête.

    SPOILERS

    Il y a une chose qui m'a frappé dans ce roman : la place prise par les habits. L'auteur adore parler des habits et de qu'ils impliquent concernant leur porteur. On commence immédiatement avec une description très précise des choix de Lando qui impliquent une envie de créer un effet particulier. Tandis que Han choisit ses habits pour se sentir confortable non seulement habillé mais surtout dans un rôle précis.

    Une seconde chose est la place des relations matures. Que ce soit Han ou Lando nous avons deux personnages qui ont du mal à créer des relations mutuelles adultes. Les deux sont des bandits qui aiment utiliser leurs charmes afin de gagner un trésor. Même si Han est marié il craint de ne pas être capable d'être un mari et un père adéquat. Lando, en revanche, ne sait pas s'il est même capable d'être quelqu'un de stable, ce qui repousse immédiatement toutes personnes qui souhaiteraient tenter de créer une relation adulte avec lui.

    On apprécie tout Han et Lando, même si Leia est bien plus intéressante. Un livre qui lie les deux au sein d'une aventure qui prend ses racines dans le passé et qui implique de réfléchir à la place des droïdes dans l'univers de star wars devrait me plaire. Malheureusement, je n'ai pas du tout aimé ce roman. L'intrigue semble intéressante mais elle est divisée en trop de petites intrigues secondaires qui ne font sens que largement plus tard et que les personnages ne comprennent que très tardivement. Le méchant principal est une caricature de ce qui aurait pu être un personnage particulièrement malsain. Enfin, on ne peut que pousser de nombreux soupirs face aux difficultés de Han et Lando de comprendre leurs émotions...

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    ** Han et Lando sont présents, c'est tout.

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    Image : Éditeur

  • The aftermath trilogy 2. Life debt par Chuck Wendig

    Titre : The aftermath trilogy 2. Life debt
    Auteur : Chuck Wendig
    Éditeur : Penguin 28 mars 2017
    Pages : 512

    L'amirale Rae Sloane s'est échappée. Depuis, l'Empire est diminué. L'amirale est capable de tenir une partie de la galaxie mais une grande partie appartient à la République tandis que des pirates se constituent leurs propres royaumes et que des restes de l'Empire agissent en dehors de l'autorité impériale. Rae Sloane elle-même est en fait soumise à une figure qui préfère rester dans l'ombre. Norra Wexley et son groupe naviguent dans cet univers et s'attaquent à certains impériaux que la République souhaite juger pour leurs crimes. Mais illes se séparent de la République lorsque Leia leur donne une mission précise : retrouve Han, capturé alors qu'il essayait de libérer Kashyyk.

    SPOILERS

    Ce roman est la suite directe du premier tome. Il reprend aussi son but qui est d'expliquer ce qui est arrivé au sein de l'univers Star Wars avant le film 7. Le premier tome était médiocre. Ce second tome relève un peu le niveau. On connait déjà les personnages et le contexte. On comprend un peu mieux comment les choses interagissent. J'ai aussi eu l'impression que le roman possède une direction, même si celle-ci n'est pas toujours claire et donne l'impression que l'auteur voulait parler de trop de choses en même temps. Enfin, les batailles sont bien plus vivantes que dans le premier roman qui restait un peu mou.

    De plus, ce roman nous offre beaucoup plus de conséquences. Le premier se contentait de nous expliquer les conséquences de la guerre sur la Galaxie. Ce roman nous explique les conséquences ce qui est réellement en train de se dérouler. Ainsi, ce qui se déroule au sein de l'Empire modifie la République et ses relations avec les autres planètes. D'ailleurs, ce roman semble se diriger vers un état politique proche de celui que j'imagine après le film 8 : un agrégat de plusieurs groupes politiques plus ou moins stables au lieu d'un gouvernement centralisateur. Le roman se concentre aussi sur les modifications que subit la Nouvelle République. Au lieu d'agir seule face à des menaces non stratégiques dans le but de démontrer sa supériorité morale elle doit accepter débats et considérations au long terme. L'exemple parfait étant Kashyyk : une planète occupée dont la population est réduite non seulement à l'état d'esclavage mais animalisée. Au lieu d'agir de manière bénéfique la Nouvelle République préfère utiliser ses ressources pour des batailles, politiques et militaires, plus importantes au long terme.

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    *** Un second roman meilleur que le premier mais qui reste un peu décousu, trop long avec trop de pistes explorées.

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    Image : Éditeur

  • The aftermath trilogy 1. Aftermath par Chuck Wendig

    Titre : The aftermath trilogy 1. Aftermath
    Auteur : Chuck Wendig
    Éditeur : Penguin 29 mars 2016
    Pages : 379

    La seconde Étoile Noire est détruite. L'Empereur et Dark Vader sont morts lors de sa destruction ainsi qu'une partie importante de la flotte impériale ce qui inclut officiers et soldats. Il ne reste plus que des lambeaux tandis que les personnes les moins talentueuses doivent remplir le vide laissé par les morts. Alors que l'Empire essaie de se réorganiser et qu'une partie importante de son administration abandonne l'Alliance rebelle, elle, modifie son fonctionnement afin de constituer une Nouvelle République dont les débuts sont imminents. Face au retour de la démocratie l'Empire peut jouer une dernière carte. Mais pour cela il est nécessaire de trouver un moyen de s'unir. L’Amiral Rae Sloane décide de réunir plusieurs personnes afin de constituer un comité chargé de décider du futur de l'Empire. Mais sera-t-elle capable de créer une union alors que la menace de la Nouvelle République se fait pressante ?

    SPOILERS

    J'ai toujours été intrigué par le film 6, Le retour du Jedi, qui semble décrire la fin totale de l'Empire et la victoire des rebelles. Cela est trop simple. Ce livre permet de comprendre comment l'Empire et la Nouvelle République se sont stabilisés après la mort de l'Empereur. Loin d'être terminée, la guerre continue même si l'Empire a perdu une grande partie de sa puissance. La flotte rebelle n'est plus une simple épine dans le pied de l'Empereur mais une puissance grandissante recevant le soutien ouvert de nombreuses planètes. Ces aspects sont mis en avant par des interludes qui se déroulent sur plusieurs planètes. L'auteur y décrit les conséquences de la guerre que ce soit au sein de familles déchirées, près d'Académies impériales dans lesquelles vivent des enfants ou sur des planètes qui essaient de recréer les conditions de la démocratie.

    Ce dernier point est particulièrement mis en avant dans le dernier interlude. L’Empire est décrit, régulièrement, comme un moyen de préserver l'ordre après l'incapacité de la République de s'intéresser aux besoins des planètes les plus lointaines et les plus pauvres. Mais l'Empire se lie à de nombreuses organisations criminelles et organise une répression plutôt qu'un ordre. Plusieurs interludes, dont le dernier, et certains chapitres illustrent ce point. La Nouvelle République n'y pas présentée comme la perfection. La démocratie y est décrite comme un chaos qui implique des erreurs. Mais ces erreurs peuvent être surmontées d'autant plus facilement qu'il existe un droit à la parole et aux revendications, mais aussi un traitement respectueux des ennemis et des opposant-e-s.

    Malheureusement, ces deux thèmes ne sont pas portés par une intrigue intéressante. Celle-ci multiplie les points de vue, ce qui n'est pas forcément négatif, mais on ne comprend pas toujours pourquoi l'auteur s'y intéresse. L'intrigue avance doucement comme si l'auteur essayait de mettre en place quelque chose mais ne savait pas réellement comment s'y prendre. Ainsi, l'idée d'une rencontre pour régler le futur de l'Empire est bonne. Mais son traitement ne permet pas de comprendre ce qui peut arriver. Pour finir, ce livre donne l'impression d'une introduction, d'un moyen de placer des personnages et des pistes d'intrigues.

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    *** De nombreuses bonnes idées mais j'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser aux personnages et à l'intrigue. Dommage.

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    Image : Éditeur

  • The weapon of a jedi: A Luke Skywalker Adventure. Journey to Star Wars: The Force Awakens par Jason Fry

    Titre : The weapon of a Jedi: A Luke Skywalker Adventure. Journey to Star Wars : The Force Awakens
    Auteur : Jason Fry
    Éditeur : Disney 4 septembre 2015
    Pages : 192

    Luke Skywalker est un héros. Il a détruit l'Etoile Noire. Mais son escadron est quasiment annihilé. Seul Wedge Antilles a survécu. De plus, sa capture serait une victoire pour l'Empire alors que ses voyages sont positifs pour l'Alliance rebelle. Luke devient donc un outil diplomatique aussi bien qu'un soldat chargé de missions spécifiques. Sa dernière mission est justement diplomatique. Mais celle-ci se déroule mal et Luke est obligé de se poser afin de faire réparer son vaisseau. Bien qu'il souhaite rester discret un lieu semble l'appeler. Il se pourrait que ce lieu renferme des moyens de s'entrainer à user de la Force.

    SPOILERS

    Ce roman est avant tout une petite histoire conçue pour accompagner le temps avant la sortir de l'épisode 7. D'autres courts romans permettent de suivre certains personnages précis et leurs actions entre les différents films. Celui-ci se déroule lors de la première trilogie alors que Luke ne connait pas encore parfaitement ses capacités.

    Ainsi, le second personnage important de ce roman est la Force, matérialisée par la capacité d'user de l'objet qui met en évidence le fait d'être un Jedi : le sabre laser. Durant une grande partie de l'intrigue, Luke essaie de s'entrainer à user de la Force et de son arme afin de se préparer à ses combats futurs. On sent ici l'influence de l'univers Légende et de la première trilogie dans le fonctionnement des entrainements. Mais ce roman peut être lu de manière indépendante, sans avoir une connaissance importante de l'univers Star Wars.

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    *** Un petit roman qui fait son travail d'accompagnement avant la sortir du septième film.

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    Image : Éditeur

  • Heir to the Jedi par Kevin Hearne

    Titre : Heir to the Jedi
    Auteur : Kevin Hearne
    Éditeur : Del Rey 3 mars 2015
    Pages : 304

    Ce livre se déroule peu de temps après la bataille de Yavin. L'étoile noir fut détruite par un jeune fermier qui redécouvre le fonctionnement de la Force, seul. Depuis, Luke Skywalker est un héros de la Résistance. Mais il y a une différence entre la propagande et la réalité. Le héros de Yavin essaie à peine de comprendre de quelle manière il peut user de la Force pour devenir un Jedi. Bien qu'il soit capable de méditer il ne sait pas encore user de son sabre laser, ni en construire un neuf, et il ne connait presque rien sur les doctrines Jedi. Heureusement pour lui, une mission d'extraction lui donnera quelques occasions d'apprendre à être un peu meilleur.

    SPOILERS

    Ce roman part d'une idée intéressante : de quelle manière Luke Skywalker est-il passé de débutant à capable d'user de la Force dans "L'Empire contre-attaque." Mais le roman est loin d'être parfait. Premièrement, il subit une identité un peu étrange. D'une part il est intégré dans ce qui est canon mais il était destiné à faire partie d'une trilogie au sein de l'univers maintenant Légende. Ceci impacte plusieurs éléments à l'intérieur du roman, des éléments qui se basent sur une construction maintenant abandonnée. Mais il est aussi très rigide. On a l'impression que le roman se base uniquement sur un schéma précis : mission, préparation et achats, début de la mission, problèmes durant celle-ci et fin de mission. Cette écriture a un impact négatif sur les personnages et le contexte général qui ne semblent être que des décors pour l'action.

    Cependant, cela n'enlève pas l'intérêt d'observer Luke Skywalker tenter de mieux comprendre ce qu'est un Jedi et son lien avec la Force. Luke n'est pas présenté comme un génie capable de tout apprendre et de réussir tout ce qu'il souhaite. Il est décrit comme jeune et en apprentissage. N'ayant personne pour le guider il se trompe régulièrement et échoue encore plus souvent. Mais il apprend de ses échecs et devient progressivement plus familier avec ses capacités, même si au lieu d'acrobaties il se contente de faire léviter une fourchette.

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    *** Un roman qui part d'une bonne idée mais qui ne réussit pas à me convaincre

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    Image : Éditeur

  • Guardians of the Whills par Greg Rucka

    Titre: Guardians of the Whills
    Auteur: Greg Rucka
    Éditeur: Disney press 2 mai 2017
    Pages: 240

    Sous la République Jedha fut une planète sainte. La Ville Sainte était un lieu de foi pour plusieurs sectes et croyances diverses. Des pèlerins de toute la galaxie y voyageaient ou refusaient leur vie au sein de cette petite communauté au milieu du désert. Ce qui rend cet endroit si important est l'existence de mines de cristaux spécifiques, importants pour les jedis et la croyance en la Force : les Kyber. Ceux-ci permettent la création des Lightsaber et sont uniques pour chacun des jedis. Mais lorsque la République est tombée l'Empire est arrivé. Les différents temples ont été fermés et les sectes rendues illégales. Depuis, les mines ne sont jamais fermées et Jedha peut à peine survivre. Dans ce contexte, l'arrivée du rebelle Saw Gerrera pourrait aussi bien permettre de sauver la cité que la détruire.

    SPOILERS

    Ce court roman s'intéresse à deux personnes, que je persiste à penser en couple : Baze et Chirrut. Ces deux personnages étaient introduits dans le film Rogue One comme des résistants et d'anciens membres d'une secte fonctionnant autours de la Force. Chirrut, bien que n'étant pas un jedi, était décrit comme particulièrement proche de la Force. Dans ce livre, on suit leurs aventures quelques mois avant les événements de Rogue One. L'auteur y explicite les coûts de la Résistance pour les personnes qui vivent sur Jedha. En effet, chaque acte de résistance est suivi par un acte de contrôle plus important qui ouvre la voie à un acte de résistance plus important encore. Les deux camps ne font que devenir plus radicaux et les personnes innocentes en souffrent de plus en plus. Cette souffrance est concrétisée par le nombre élevé d'orphelins et la difficulté de les aider.

    Ce roman serait intéressant si cet aspect était concrétisé par une intrigue réussie. Malheureusement, il ne me semble pas que Greg Rucka réussisse à donner un véritable intérêt à ses idées. Celles-ci sont bonnes, elles donnent de la substance à cette planète et aux deux personnages qu'il a choisi. Mais ce qui les entoure me semble trop simpliste. Tout s'emboite de manière mécanique sans jamais être véritablement discuté. Ainsi, on doit simplement accepter l'arrivée de Saw Gerrera et sa capacité à comprendre une situation. On doit aussi accepter sa trahison envers Jedha alors que celle-ci n'était pas préparée au sein des chapitres précédents. Ces manques nuisent fortement aux propos de l'auteur concernant les coûts de la guerre, tels que je pense les avoir compris.

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    *** Malheureusement trop simpliste

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    Image : Éditeur

  • Thrawn: Treason par Timothy Zahn

    Titre : Thrawn : Treason
    Auteur : Timothy Zahn
    Éditeur : Penguin 23 juillet 2019
    Pages : 352

    Le Grand Amiral Thrawn est de retour au sein de l'Empire. Il souhaite continuer son attaque contre les rebelles de Lothal, et particulièrement après avoir réussi à capturer leur membre le plus important : Syndulla. Mais il est convoqué à une rencontre entre le Grand Amiral Savit, le Grand Moff Tarkin et le Directeur Krennic. Cette réunion doit non seulement parler des problèmes posés par la construction de l'Etoile Noir mais aussi décider si le projet personnel de Thrawn doit en souffrir. Il en ressort un pari : si Thrawn est capable de résoudre un problème précis pour l'Etoile Noir il gardera son financement. Mais l'Empire est loin d'être un univers dans lequel on joue en suivant les règles. Thrawn pourrait bien en pâtir.

    SPOILERS

    Ce troisième roman s'inscrit dans la continuité des deux précédents. L'auteur nous donne bien plus d'informations sur les Chiss et la menace dont parle toujours Thrawn. Celle-ci est sous la forme d'aliens capables de contrôler des empires entiers avec peu de troupes, préférant rester en retrait. Leur menace est ici bien plus forte puisqu'ils se trouvent au sein de l'Empire, poursuivis par un navire Chiss. Ainsi, ce roman démontre l'incapacité de l'Empire de contrôler un vaste espace malgré sa puissance militaire.

    Mais le roman s'inscrit aussi dans la continuité des séries et des films. Thrawn s'est toujours intéressé à l’Etoile Noire, tout en argumentant contre sa construction. Ce roman continue sur cette lancée en expliquant en quoi une station aussi importante est non seulement inutile mais dangereuse. Premièrement, son coût est bien trop important. Tout ce qui est offert à la construction de la station met à mal le fonctionnement d'autres parties de l'armement militaire de l'Empire. En second lieu, il est toujours possible qu'un ennemi capture la station ou la détruise, faisant tomber une partie importante du complexe militaire de l'Empire.

    Ces deux points sont brodés autours d'un personnage intriguant, Thrawn, qui montre encore son génie tactique. On pourrait croire que cela rendrait les batailles peu intéressantes, mais l'attention de l'auteur envers les choix des commandant-e-s et les raisons qui poussent à ces décisions permet d'intégrer l'importance du moment et des dangers encourus. Ce troisième roman, après un second très faible, est plus que bienvenu.

    Image : Éditeur

  • Thrawn: Alliances par Timothy Zahn

    Titre : Thrawn : Alliances
    Auteur : Timothy Zahn
    Éditeur : Penguin 26 février 2019
    Pages : 496

    Thrawn n'est pas un humain. Il n'est même pas un véritable habitant de l'Empire. Pourtant, il a réussi à devenir un Grand Amiral au sein de la flotte impériale. Ses tactiques et son commandement sont efficients et personne ne remet en cause ses capacités. Du moins jusqu'à son échec face aux rebelles dans des circonstances qui ne sont pas totalement de son contrôle. Sa loyauté et ses capacités sont mis en question par l'une des personnes les plus puissantes de l’Empire : Vader. L'Empereur décide justement de vérifier ces deux points en envoyant Vader et Thrawn dans les régions inconnues enquêter sur une perturbation au sein de la Force. Au même endroit de la rencontre entre Thrawn et le jedi Anakin Skywalker.

    SPOILERS

    Ce second tome autours de Thrawn discute sa loyauté envers l'Empire. Dès le début, on avait compris que l'Amiral est loyal à la fois envers l'Empereur et son propre peuple. Son but est de préparer l'Empire afin de combattre des menaces dans les régions inconnues de la Galaxie. Ce tome nous place à la frontière de ces régions. On comprend mieux pour quelles raisons elles sont si peu connues et qui s'y trouve. Mais surtout, l'intrigue place Thrawn entre son peuple et son serment, observé de près par Vader.

    Malheureusement ce livre me semble peu intéressant. Malgré mon intérêt envers Thrawn, il n'y a que peu de choses que j'ai apprécié. Le livre fonctionne sur deux temps. Nous suivons l'Amiral et Vader enquêter sur une menace méconnue dans le présent. Dans le passé, nous observons la rencontre entre Thrawn et Anakin. Ce dernier veut retrouver Padmé et tombe sur une menace importante pour la République. C'est cette menace qui est censée connecter les deux époques. Mais le lien me semble très mal mis en place. Il intervient dans les dernières pages du roman et jamais l'auteur ne nous a donné des indices permettant de le comprendre. On ne doit que l'accepter.

    *

    **

    *** Peu intéressant

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    *****

    Image : Éditeur

  • Star Wars Rebels: Edge of the Galaxy par Jason Fry

    Titre : Star Wars Rebels : Edge of the Galaxy
    Auteur : Jason Fry
    Éditeur : Disney 21 octobre 2014
    Pages : 176

    Zare est le plus jeune d'une famille de quatre personnes. Ses parents sont deux inventeurs qui ont souffert non seulement de la République mais aussi des décisions capitalistes de la Fédération du commerce. Depuis, la famille est fortement pro-impériale. Et leur loyauté implique de se rendre sur Lothal. Leur fille, Dhara, reçoit l'honneur d'être admise au sein de l'Académie impériale locale tandis que Zare doit terminer son éducation avant de pouvoir demander son entrée. Mais cette année d'attente ne sera pas ce que Zare attendait. En un an, Lothal va changer et certaines personnes n'apprécient pas ce qui arrive.

    SPOILERS

    Ce roman est peu intéressant voire mauvais. Je comprends que celui-ci s'adresse à des enfants mais cela n'excuse pas le manque flagrant de contenu. Une grande partie du roman se déroule, logiquement au vu de la population ciblée, au sein d'une école. Nous suivons Zare alors qu'il entraine son équipe de sport vers le championnat. Ces moments sont très longs et ont lieu à plusieurs reprises durant le roman. Celui-ci était très court on a l'impression que l'auteur ne fait que remplir des pages comme il peut car il ne sait pas vraiment de quoi il veut parler ou alors il ne sait pas comment en parler.

    Car il y a tout de même un thème, commun à plusieurs romans prenant place durant l'Empire. Ce livre essaie de nous montrer le mépris de l'Empire envers la vie humaine et les choix individuels. Les personnes doivent accepter ce que veut l'Empire sans jamais le remettre en question. Cet aspect est montré au sein de l'école, alors que Zare se heurte à un bureaucrate local, sur la planète par des décisions illogiques et dans la famille de Zare dont le père est dépeint comme quelqu'un qui ne veut pas remettre le système en cause et apprécie que les manifestations d'incompréhensions soient réprimées. Face à cela, les conseils que l'on donne à Zare implique de croire en l'Empire et de le laisser faire. Ce n'est que petit à petit, durant le livre, que Zare comprend qu'il est parfois nécessaire d'agir au lieu d'attendre de se trouver en position d'impulser un changement.

    *

    ** le seul intérêt de ce roman est d'être lié à la série Star Wars Rebels

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    ****

    *****

    Image : Éditeur

  • Journey to Star Wars: The Force Awakens: Lost Stars par Claudia Gray

    Titre : Journey to Star Wars : The Force Awakens : Lost Stars
    Autrice : Claudia Gray
    Éditeur : Penguin 4 septembre 2015
    Pages : 551

    Ce roman est inclus dans une collection qui préparait au nouveau film Disney : The force awakens. Nous suivons deux jeunes enfants sur une planète récemment intégrée à l'Empire. Ce garçon, Thane, et cette fille, Cenia ne sont pas de la même classe sociale. Mais les deux rêvent de devenir des officiers impériaux et des pilotes. Ce souhait commun leur permet de créer une amitié alors qu'illes s'entrainent afin d'entrer au sein d'une Académie Impériale. Mais l'Empire n'est pas exactement comme illes le pensaient. Et alors que leurs carrières se mettent en place il est légitime de se demander si leur amitié et leur loyauté va survivre à la réalité.

    SPOILERS

    Ce livre est un moyen de résumer toute l'histoire de l'Empire jusqu’au septième film. Il commence alors que l'Empire est au plus haut de sa puissance et que les planètes les plus éloignées sont intégrées. Il suit les débuts de ce qui deviendra la Rébellion ainsi que les batailles les plus connues, via le point de vue de deux personnages. Les personnes familières avec les films n'auront donc pas l'impression d'une redite tandis que les autres sauront ce qui s'est déroulé. Enfin, le roman décrit ce qui est arrivée à l'Empire après la bataille d'Endor et, surtout, ou il en est juste avant le septième film. Ce résumé permet donc de mettre tout le monde à niveau tout en donnant quelques informations sur les événements qui ont eu lieu. Bien entendu, l'Empire n'est pas tombé et l'autrice décrit des tentatives de prises de pouvoirs par des hauts gradés après la mort de Palpatine.

    Ceci est dépeint à l'aide de deux personnages qui sont d'abord ami-e-s avant de devenir un couple écrasé par leurs choix. Thane est un jeune homme cynique tandis que Cenia pense que l'honneur et la loyauté sont des valeurs absolues. Sachant cela, il est facile de comprendre que l'un deviendra un rebelle tandis que l'autre restera au sein des forces impériales. Ce destin tragique aurait pu être envahi de clichés et inintéressant. Mais l'autrice réussit à donner suffisamment de substance à leurs envies, leurs pensées pour que l'on comprenne leurs choix et que l'on ressente la tristesse et la difficulté de leurs rencontres. Malgré des avis différents, illes s'aiment et de respectent profondément. On sait qu'il ne va rien leur arriver et pourtant on se prend à espérer qu'aucun des deux ne connaitra vraiment la mort de l'autre. Ce travail subtil mis en plus par l'autrice permet de faire de ce roman non un simple livre dans l'univers star wars mais une histoire qui se suffit à elle-même tout en s'insérant dans un contexte plus important.

    *

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    **** Je ne m'attendais pas à être autant impliqué dans cette histoire

    *****

    Image : Éditeur

  • A new Dawn par John Jackson Miller

    Titre : A new dawn
    Auteur : John Jackson Miller
    Éditeur : Penguin 23 avril 2015
    Pages : 416

    Il y a longtemps, les Jedis ont été trahis. Les forces de la République se sont retournées contre elleux alors que l'Empire prenait rapidement sa place. Mais un jedi a eu le temps de lancer un avertissement. Celui-ci a été reçu par l'un des derniers rescapés. Il décida de changer de nom et de vivre au sein des mondes les plus inhospitalier possibles sous le nom de Kanan. Il n'a pas d'ami-e-s, il n'a pas d'attachements et il se contente de travailler puis de boire et de recommencer sur une autre planète lorsqu'il le souhaite. Mais il est rattrapé par une jeune rebelle qui souhaite observer le fonctionnement de l'Empire et tombe sur une idée qui pourrait tuer des millions de personnes. Kanan va devoir redevenir un héros.

    SPOILERS

    Comme les autres romans que j'ai actuellement lu celui-ci a un lien direct avec le quatrième film. En effet, ces romans mettent en avant le projet de l'Etoile Noir et surtout son effet sur l'économique de l'Empire. Ici, on observe des mineur-e-s devoir suivre des quotas de plus en plus importants pour un matériel spécifique. Bien que personne ne mentionne le projet, les personnes qui lisent savent très bien ce qui est en train de se dérouler. Cet aspect est vu par les yeux de l'adversaire du roman : Vidian. Un cyborg qui ressemble à une fusion entre Emmanuel Macron et Castaner. Il est sans pité. Sa seule envie est de créer des entreprises productives même si cela implique la mort. Les refus sont reçus par la force des armes et personne ne peut le faire changer d'avis car il considère avoir raison sur tout.

    Ce roman permet aussi de mettre en place un prélude à la série Star Wars Rebels. Dans celle-ci on croisait Hera et Kanan travaillant ensemble avec une équipe. Mais on ne savait pas comment Kanan avait survécu ni comment ces deux personnes se sont rencontrées. L'intrigue de ce livre permet de connaitre ces deux points. Les débuts des chapitres donnent, parfois, quelques indices sur le passé de Kanan tandis que les événements permettent de relier les deux personnages et de préparer leur relation future.

    *

    **

    *** Une aventure sympathique qui tient en grande partie sur Hera et Kanan et l'envie de les revoir

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    *****

    Image : Éditeur

  • Thrawn par Timothy Zahn

    Titre : Thrawn
    Auteur : Timothy Zahn
    Éditeur : Penguin 14 décembre 2017
    Pages : 496

    Lorsqu'un vaisseau impérial croise l'existence d'un alien inconnu certaines procédures sont nécessaires. Celle-ci dépendent du passé républicain de la Galaxie et impliquent d'étudier et de contacter les espèces rencontrées. Mais les indices découverts par le vaisseau impérial impliquent une seule personne. Celle-ci se nomme Thrawn. Il provient d'une espèce mythique que peu de personnes connaissent. Selon ses propres mots, il a été exilé à cause de ses activités militaires. L'Empereur décide donc de l'envoyer à l'académie des officiers et d'observer de prêt sa carrière.

    SPOILERS

    Ce roman se déroule avant les événements de la série Rebels et se termine juste avant l'apparition de Thrawn dans celle-ci. Il y a longtemps, j'avais lu la série de livres autours de Thrawn dans ce qui est actuellement l'univers légendes, une série considérée comme particulièrement bien écrite. Le retour de Thrawn dans l'univers canon fut donc fortement attendu. Personnellement, je l'ai retrouvé dans la série Rebels dans laquelle il m'a un peu déçu. Ce roman permet de remettre en place le personnage, d'expliquer ses capacités et surtout de décrire son ascension au sein d'une force militaire raciste. Le personnage est très bien décrit et suit ce que l'on connaissait déjà de lui.

    Le roman s'intéresse aussi à un second personnage apparu dans Rebels : Arihnda Pryce. Celle-ci gouverne Lothal, planète sur laquelle la série Rebels prend place. Elle apparait tardivement mais elle est montrée comme sans compassion. L'auteur montre de quelle manière cette femme passe de simple minière à gouverneur grâce à des actes d'espionnages et de trahisons. Il nous décrit une femme sans scrupules capable de tout si cela implique de gagner un peu de pouvoir politique. Alors que ses débuts pourraient être innocents, la fin de ses actes dans ce livre sont particulièrement violents. Elle est donc elle aussi particulièrement bien décrite.

    Ce qui rend ce roman intéressant est la mise en place progressive des deux carrières. On observe les deux personnages tenter de se faire une place et devoir accepter un fonctionnement raciste au sein de l'administration. Les deux doivent se défendre contre des personnes qui ne veulent pas le bien commun mais augmenter leur pouvoir personnel. Mais les deux s'intéressent à des parties différentes de l'Empire et donc ne se rencontrent que tardivement et rarement avant que l'auteur ne décide de mettre en place une relation d'aide mutuelle. L'auteur use aussi d'un ennemi intelligent mais qu'il laisse largement dans l'ombre afin de nous montrer les difficultés d'un Empire de plus en plus contesté par des groupes de rebelles, augmentant les tensions de cet univers.

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    **** Un roman plutôt intéressant

    *****

    Image : Éditeur

  • Tarkin par James Luceno

    Titre : Tarkin
    Auteur : James Luceno
    Éditeur : Penguin 2 juillet 2015
    Pages : 352

    L'Empire est en place depuis quelques années mais sa puissance militaire est énorme. Une grande partie de ses troupes et de ses armes sont basées sur l'armée de la République, bien que les clones et les armes soient en train d'être remplacés. Il est difficile pour la galaxie de se révolter contre une telle puissance, d'autant que les planètes anciennement séparatistes ont été durement traitées par l'Empire. Mais certaines personnes ont l'espoir de réussir à créer un mouvement de révolte. Ces personnes vont se trouver face à Tarkin. Il est l'héritier d'une ancienne famille, son éducation fut difficile, il est l'un des héros de la guerre des clones et, aujourd'hui, il est chargé de vérifier la construction de la future étoile noire. Il ne laissera rien ni personne mettre en danger l'Empire et l'ordre que celui-ci a créé.

    SPOILERS

    Ce roman est meilleur que celui-ci que j'ai terminé récemment, mais le récit est malheureusement moins intéressant que les thèmes traités. Meilleur car l'auteur s'intéresse de manière précise au fonctionnement de l'Empire. Au lieu de ne faire que décrire quelques soldats et gradés Luceno nous explique le fonctionnement administratif précis de l'appareil militaire de l'Empire. Celui-ci est compliqué mais sa description donne une impression de réalisme. Les procédures sont aussi décrites ce qui permet de mieux comprendre certains actes. On apprend, par exemple, que l'Empereur a tendance à rester caché, préférant préparer ses plans concernant la Force. On apprend aussi que l'Empereur aime laisser les hauts-gradés lutter les uns contre les autres, suivant en cela le fonctionnement de certaines dictatures. Ces luttes permettent, bien entendu, de mieux contrôler les ambitions de personnes qui possèdent des pouvoirs importants. Jusqu'à maintenant, je n'ai jamais eu autant l'impression de voir l'Empire comme un système administratif en fonction. Pour cette réussite, j'apprécie ce roman.

    Ce roman s'intéresse aussi spécifiquement à un personnage : Tarkin. Il est connu pour être le commandant de la première étoile noir. Il semble avoir assez d'autorité pour empêcher Vader de faire ce qu'il veut. Et il est dépeint comme extrêmement intelligent et impitoyable. Il est aussi l'un des plus hauts-gradés de l'Empire. Ces caractéristiques sont mises en avant dans ce roman qui permet de montrer l'importance de Tarkin, décrit comme la troisième personne la plus importante de la galaxie. Grâce à des flash-backs, l'auteur nous explique comment Tarkin est devenu ce personnage. Bien que provenant d'une famille riche, il est éduqué comme un soldat en pays ennemis qui doit survivre et gagner uniquement par ses propres forces, au risque de mourir. Il est aussi rapidement lié à un groupe autours du futur Empereur, montrant par-là que les plans de Palpatine se sont mis en place grâce à un groupe de personnes qui pensaient comme lui. Là encore, cette caractéristique donne plus de réalisme à l'univers Star Wars. Malheureusement, l'auteur est aussi obligé de décrire Tarkin comme incapable de comprendre ce qui se joue réellement derrière la Guerre des clones. Au vu de sa description j'ai du mal à croire qu'il n'ait pas eu certaines connaissances.

    *

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    *** Il est dommage que ce personnage n'ait pas eu une intrigue à sa hauteur.

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    *****

    Image : Éditeur

  • Lords of the Sith par Paul S. Kemp

    Titre : Lords of the Sith
    Auteur : Paul S. Kemp
    Éditeur : Penguin 26 janvier 2016
    Pages : 368

    TW : Grossophobie

    L'Empire est de plus en plus puissant. Mais cette puissance est défiée par de petits mouvements de révoltes sur plusieurs planètes. L'un de ces mouvements est plus préparé que les autres car il se base sur une organisation de résistance construite durant la guerre des clones. Son leader, Syndulla, refusait aussi bien la République que les Séparatistes et continuer de lutter contre l'Empire. Palpatine, afin d'éviter des actes de plus grande envergure, décide de se rendre sur Ryloth afin de s'attaquer personnellement à cette organisation. Mais son voyage est aussi une opportunité. Serait-il possible de tuer l'Empereur et Vader par un unique attentat ?

    SPOILERS

    Ce roman débute mal. Il commence après un attentat manqué contre Vader. On apprend immédiatement que l'un des plus hauts gradés de l'Empire, Delkor, sur Ryloth travaille avec les rebelles, pour ses propres besoins. Il agit ainsi car il veut prendre la place de la Moff actuelle : Delian Mors. Jusque-là tout va bien mais cela ne va pas durer. Car l'envie de Delkor de faire tomber Mors est basé sur son incapacité à gérer Ryloth au profit d'une vie hédoniste. Delkor fait tout le travail. Malheureusement, l'auteur décide de montrer à quel point Mors est incapable en se basant non seulement sur l'idée qu'elle est fainéante, droguée et qu'elle aime manger mais sur son poids. Toute une page décrit le dégout de Delkor face à elle en décrivant son corps et le lien avec ses manques intellectuels et psychologiques. Ce n'est pas acceptable et cette description a marqué ma lecture jusqu'au bout.

    De plus, on aurait pu espérer une description du fonctionnement administratif de l'Empire. De quelle manière la hiérarchie fonctionne et permet, ou non, une rébellion. On aurait pu espérer aussi plus d'informations sur Ryloth. En l'état, c'est à peine si l'auteur parle du racisme de l'Empire et du lien avec l'exploitation sexuelle des habitant-e-s de la planète. Nous sommes coincés dans une suite d'événements que l'Empereur persiste à considérer être sous son contrôle sans que jamais celui-ci n'explique de quelle manière. On doit accepter son omnipotence et l'existence d'un plan qui n'est explicité qu'à la fin du roman. Et même si on peut l'accepter je me demande si les bases de ce récit supportent vraiment autant de pertes et de danger pour l'Empire. C'est à peine si ce roman se justifie par les pensées de Vader et l'idée qu'il perd définitivement ses liens avec son passé durant ce roman.

    * Évitez ce roman

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    Image : Éditeur

  • Ahsoka par E.K. Johnston

    Titre : Ahsoka
    Autrice : E.K. Johnston
    Éditeur : Disney press 11 octobre 2016
    Pages : 400

    Il y a un que l'Empire est né. Il y a un an que Ahsoka fut témoin de l'ordre 66 et du massacre commis par des clones contrôlés par une puce. Depuis, Ahsoka se cache car l'Empire devient plus puissant chaque jour qui passe. Son existence même est un danger pour les personnes qui la côtoie. Elle essaie donc de se rendre sur les planètes les plus éloignées du centre de la Galaxie. Malheureusement, l'Empire est toujours présent et fait preuve de sa force. Elle décide de se cacher sur une Lune qui ne possède rien d'autre que de champs. Pendant un temps, elle est tranquille. Mais là encore l'Empire vient. De l'extérieur, elle observe un mouvement de rébellion se mettre en place. Peut-elle aider ? Et ceci lui permettrait-elle de retrouver sa place au sein de la Galaxie ?

    SPOILERS

    Ahsoka est l'une de mes personnages préférés de l'univers Star Wars. Selon moi, elle est la raison première de la capacité d'Anakin Skywalker à éviter ses instincts les plus sombres. Sa disparation après l'avant-dernière saison de Clone Wars marquait un changement important et nous ne savions pas ce qui allait lui arriver. Ce roman y répond sans s'attarder. Nous savons seulement qu'elle luttait contre Maul lorsque l'ordre 66 eut lieu. Le roman s'intéresse bien plus à ce qui peut arriver à Ahsoka maintenant qu'elle n'est pas membre des jedis. Bien entendu, les personnes qui ont vu Star Wars Rebels savent exactement ce qu'elle devient. Mais son passage de la fuite à la mise en place d'un plan n'en est pas moins sympathique à lire.

    Tout comme Rebels, mais bien avant, ce roman marque aussi les débuts d’une rébellion ainsi que les débuts de l'Empire. Ce dernier est montré comme implacable. Il est basé sur le fonctionnement de la République durant la guerre. Les personnes qui étudient l'histoire savent que les dictatures sont souvent basées sur des fonctionnements antérieurs mis en place de manière légale. Mais l'Empire est aussi jeune et ses soldats ne sont pas encore parfaitement entrainés. La rébellion, elle, n'existe pas encore. Il n'y a que des actions symboliques ou des révoltes locales mais peu organisées. Seule l'existence d'Ahsoka dans ce roman permet de donner une chance aux paysan-ne-s qui se révoltent contre l'Empire. Ainsi, ce roman permet de faire le lien entre les films et la série Rebels.

    *

    **

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    **** Un nouveau roman star wars que j'apprécie. Il faut dire qu'Ahsoka est l'un des meilleurs personnages de cet univers

    *****

    Image : Éditeur

  • Dark Disciple par Christie Golden

    Titre : Dark Disciple
    Autrice : Christie Golden
    Éditeur : Penguin 7 juillet 2015
    Pages : 336

    Nous sommes en plein milieu de la guerre des clones. Celle-ci est meurtrière. Dooku ne cache pas son amour des massacres. Lorsque des vaisseaux de sauvetage envoyés pour éviter un génocide sont détruits le Conseil des Jedis décide de prendre une action jamais envisagée auparavant : l'assassinat de Dooku et la fin de la guerre. Mais quel est le jedi qui pourrait accepter une telle mission ? Quel serait l'effet d'un assassinat sur l’ordre ? Et surtout, qui pourrait aider les jedis à détruire Dooku ? Obywan a une idée. Mais la personne qu'il a en tête fut un ennemi longtemps craint.

    SPOILERS

    Ce roman est constitué d'idées pour une dernière saison de la série Clone Wars. Il est donc basé sur des scripts qui n'ont jamais été tournés. Ayant apprécié cette série, je ne peux qu'aimer me retrouver dans ce même univers. Les personnages ressemblent d'ailleurs à ce qu'illes sont dans la série. Ce roman s'intéresse surtout à Quinlan Vos et Asajj Ventress. Le premier n'a été vu que peu dans la série. Mais Asajj est un personnage qui a eu de nombreux changements. Elle passe d'ennemi à assassine puis chasseuse de prime. Ce roman est donc l'occasion parfaite de terminer son intrigue et je pense que celle-ci est plutôt réussie. La fin du roman est particulièrement belle puisque Asajj entre enfin du côté bénéfique de la force

    Mais ce que j'apprécie dans ce roman est la manière dont il montre les effets de la guerre sur les Jedis. Dès le début, on observe qu'une grande partie du Conseil des Jedis est prêt à user d'outils peu orthodoxes pour terminer cette guerre. À plusieurs reprises, celleux-ci prennent des décisions absolues plutôt que de faire attention à leur capacité de pardon. Les effets sur les jedis sont surtout mis en scène sur Quinlan Vos. Ce dernier est petit à petit séduit par le côté sombre alors qu'il essaie de trouver un moyen d'assassiner Dooku de sang-froid. Le roman nous montre donc un jedi essayer de vaincre dans une guerre qui change sa manière de penser et d'être au prix de sa capacité de compassion et d'amour.

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    **** Un roman que j'ai beaucoup apprécié pour son thème mais aussi ses personnages.

    *****

    Image : Éditeur

  • Queen's Shadow par E. K. Johnston

    Titre : Queen's Shadow
    Autrice : E. K. Johnston
    Éditeur : Disney 5 mars 2019
    Pages : 400

    Ce roman, le premier que je lis dans l'univers canon de star wars, se déroule peu de temps après l'épisode 1 alors que la conclusion prend place à la fin de l'épisode 3. Nous suivons Padmé Amidala alors que son rôle de reine prend fin. Malgré certaines demandes, elle refuse d'amender la constitution de Naboo afin de continuer son rôle de reine. Mais cela ne l'empêche pas de souhaiter continuer à servir sa planète, la démocratie et la République. La question qu'elle se pose concerne la forme que prendra son nouveau rôle. Rapidement, la nouvelle reine lui demande de devenir la sénatrice de Naboo au sein du sénat. Passer de reine à sénatrice n'est pas simple et Padmé pourrait bien perdre ses illusions au sein d'un système qui fonctionne avec difficulté et dont certains membres se préparent à ce qui deviendra la guerre des clones.

    SPOILERS

    Il y a une chose que j'ai beaucoup apprécié dans ce roman : Padmé et ses compagnes. Dans les films celles-ci ne sont que des ombres à peine décrites et montrées. Padmé elle-même n'est pas explicité dans son rôle de reine puis de sénatrice. Le roman élabore ces rôles. Les compagnes ne sont pas de simples atours mais des gardes et des politiciennes entrainées capables de combattre, de soutenir et surtout de prendre la place de Padmé en cas de besoin. La garde-robe elle-même a une grande importance dans ce roman. Outre les aspects d'images et de fonctions celle-ci permet de se préparer à tous les imprévus en cachant des outils et des moyens de défenses importants.

    J'ai aussi apprécié l'ambition de parler moins de combats spatiaux et plus de politique. Ce roman prend place dans un moment charnière entre la fin de la République et le début de l'Empire. Un moment durant lequel, selon les films, la démocratie fonctionne de moins en moins bien. Malheureusement, il me semble que ce roman échoue à vraiment traiter son sujet. Bien qu'il soit intéressant de montrer le passage de reine à sénatrice le travail politique est assez peu décrit et peu présent. Ce n'est que vers les dernières pages que l'on voit Padmé véritablement agir au lieu de suivre, ce qui joue négativement sur mon avis.

    *

    ** Il manque un aspect politique plus assumé pour faire de ce roman une réussite malgré l'amour porté à Padmé par l'autrice.

    ***

    ****

    *****

    Image : Éditeur

  • Westworld saison 2

    Lors du dernier épisode de la saison 1 le créateur de Westworld, Ford, était tué par Dolores, une hôtesse. Alors que les invité-e-s se remettaient de leur surprise on pouvait voir, dans la forêt, les hôtes s'avancer vers les invité-e-s tandis que William se mettait à sourire. Cette seconde saison reprend immédiatement après la fin de la saison 1. Le soulèvement des hôtes a débuté par le massacre des invité-e-s qui ne sont plus considérés comme des personnes qu'il ne faut pas tuer. Les secours tardent à arriver car Delos, la compagnie derrière Westworld, souhaite quelque chose de précis avant de risquer son argent dans une opération de sauvetage. Car Westworld n'est pas ce qu'il semble être. Il y a un but différent du simple jeu derrière cet énorme endroit.

    SPOILER

    La première saison posait la question de la conscience. À partir de quel moment passe-t-on de simples automates à un individu capable de se penser, de construire sa place au sein du monde. Cette question n'était pas posée à l'aide des humain-e-s mais des hôtes qui, durant la saison, luttent pour accéder à cette conscience et se réveiller. Cependant, avoir conscience de son existence n'implique pas être libre de faire des choix. Ce qui permet à cette seconde saison de poser la question de la liberté et, plus précisément, le libre arbitre.

    Pour mettre en avant ce thème il me semble que la série joue sur deux points. Premièrement, à travers un scénariste, se pose la question de la réalité des sentiments et souvenirs des hôtes. Ces souvenirs ont été écris pour eux afin de suivre une histoire précise. Que se passe-t-il quand cette histoire continue sur sa lancée sans obstacle ni véritable fin ? Plus important, nos souvenirs ne sont-ils pas tous des histoires que l'on se raconte. Même si ceux-ci sont faux, leur existence et leurs effets ne sont-ils pas suffisants pour devenir réels ? Un second point concerne les humain-e-s. En effet, si les humain-e-s nient la conscience aux hôtes c'est à cause de leur nature artificielle, construite. Mais les humain-e-s sont-illes pour autant complètement libres ? Ne sommes-nous pas dépendant de nos souvenirs, construits et reconstruits au fil du temps, et de moments précis de nos histoires qui marquent notre identité ?

    Parler du libre arbitre et son existence dans une série est difficile. Une série se doit d'être dynamique. Au contraire d'une réflexion sur la conscience, dont je pense qu'elle peut être facilement mise en scène, une réflexion sur le libre arbitre me semple plus compliquée. Comment mettre en scène la capacité de choisir ? Je me demande donc si cette seconde saison ne m'a pas semblé plus vide que la première tout simplement parce que le thème que j'ai l'impression d'y voir est difficile à traiter sur un écran. Ce qui m'a donné l'impression de suivre des événements un peu mécaniques camouflés par une chronologie voulue confuse.

    *

    **

    *** Je ne sais pas vraiment quoi penser de cette seconde saison. Une réussite ou un camouflage ?

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    Image : IMDB

    Site officiel

  • The consuming fire (The Interdependency 2) par John Scalzi

    Titre : The consuming fire (The Interdependency 2)
    Auteur : John Scalzi
    Éditeur : Pan Macmillan 18 octobre 2018
    Pages : 336

    L'impératrice Grayland II a annoncé au public la fin du système naturel qui permet les communications et le commerce entre les planètes qui constituent l'Interdépendance. Les effets furent mitigés. Personne ne la croit vraiment et le statu quo reste établi. Grayland décide donc d'agir sur un second levier à sa disposition : elle prend le titre de prophétesse et annonce des visions. Cela n'est jamais vu depuis la création de l'Interdépendance. Face à ces visions le monde politique entier est secoué. Rapidement, plusieurs mouvements différents se mettent d’accord : il est nécessaire de déposer cette impératrice qui souhaite absolument détruire leur pouvoir.

    SPOILER

    Ce second tome reprend immédiatement après le premier. Grayland II annonçait préparer un mensonge afin de permettre d'aider à la transition entre l'Interdépendance et le futur. Dans ce contexte il n'était pas forcément utile de continuer la description de cet univers. Celui-ci étant déjà établi. Pourtant, l'auteur a décidé de nous offrir quelques informations plus importantes sur le passé et le fonctionnement physique de ce qui permet les voyages et commerces entre systèmes. Sans nous donner trop d’éléments, on comprend mieux de quelle manière l'Interdépendance et la Terre se sont trouvés séparés et qui en est responsable.

    Tout comme le premier tome, ce second volume est en premier lieu politique. Les combats spatiaux sont très rares mais assez intéressants. En effet, la question principale concerne la réaction des personnes les plus puissantes face à la volonté de l'Impératrice de changer les choses afin de se préparer à la chute de la civilisation. Là où elle souhaite des changements majeurs ses ennemis souhaitent le statu quo. L'auteur nous montre que cela ne découle pas d'un refus de mettre en question la réalité de ce qui approche mais du souhaite de garder le contrôle et les richesses le plus longtemps possibles. Il est difficile de ne pas faire le lien avec notre monde actuel. Alors que le changement climatique est un fait scientifiquement avéré les décisions pour s'y préparer sont lentes, souvent soumises aux besoins de l'économie et donc d'un système stable le plus longtemps possibles, au prix de l'avenir.

    Image : Éditeur

  • The collapsing empire par John Scalzi

    Titre : The collapsing empire
    Auteur : John Scalzi
    Éditeur : Pan Macmillan 23 mars 2017
    Pages : 336

    L'Interdépendance est une union de plusieurs dizaines de systèmes planétaires connectés par ce que l'on nomme le flux, un espace incompris de l'univers. Ces systèmes sont unis par une personne, l'Emperox, qui contrôle l'équilibre du pouvoir entre l'Église officielle, le parlement et les guildes marchandes chargées de contrôler le commerce de plusieurs familles. L'Empire est à un point de changement. Le vieil emperox est mourant et son héritière n'était pas censée prendre le pouvoir. Mais Cardenia n'a pas le choix. Elle va devoir prendre le pouvoir et naviguer entre les demandes de plusieurs nobles et grandes familles. Dès son entrée au pouvoir elle apprend que le flux menace de s'effondrer détruisant l'Empire et impliquant la fin de l'humanité sur de nombreuses planètes.

    SPOILERS

    Je ne connais pas très bien John Scalzi mais j'entends parler de lui de temps en temps. À ma connaissance, ce roman est le premier de sa part que je lis. Si l'on se tient à la quatrième de couverture, nous avons là un roman de space-opera classique et sans surprises. D'une certaine manière c'est vrai. Le système politique n'est pas inattendu ni les problèmes de révoltes sur une planète reculée. Cependant, j'ai bien mieux apprécié ce roman que la plupart des space-opera classiques. L'une des raisons est la peinture du pouvoir comme d'un spectacle. Dès que Cardenia devient l'Impératrice elle comprend que tout ce qu'elle fait à des impacts sur son entourage et le monde. Elle comprend qu'elle doit créer un rôle et le suivre. Cet aspect est rendu plus fort encore par son accès à ses ancêtres qui lui permet de comprendre pourquoi l'Interdépendance a été mis en place.

    Ce qui donne à ce roman le petit plus qui permet de le faire sortir de la masse est son thème. Un thème qui, d'ailleurs, n'est encore que survolé puisqu'il existe une suite. On se trouve dans un univers qui fonctionne grâce à quelque chose que peu comprennent. Et cette chose, le flux, risque de ne plus fonctionner. Le roman montre ce que cela implique en ce qui concerne l'humanité et le commerce. La civilisation va chuter et tout le monde va mourir. Ce premier roman montre aussi que plusieurs scientifiques ne sont pas forcément d'accord sur leurs conclusions. Une scientifique pense que le flux va se reformer, poussant une grande maison à tenter de se placer au-dessus des autres. Un autre scientifique pense que le flux va tout simplement disparaitre et qu'il est nécessaire de se préparer immédiatement à la fin de l'Empire. Dans les deux cas, il existe des indices mais qui ne sont pas encore pris au sérieux. Le roman explique aussi à quel point il est important de valider les résultats par le peer review mais aussi ce que cela implique en termes de temps. On aura tous compris, le roman parle de notre époque et du changement climatique. De la nécessité de comprendre les changements et d'agir en conséquence mais aussi de l'inertie du monde politique, économique et scientifique qui empêche des décisions radicales et rapides.

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    **** Un premier tome très prometteur qui tente de décrire la fin d'une civilisation. J'espère que la suite continue sur la même voie.

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    Image : Éditeur

  • The legend of Korra: Turf Wars par Bryan Konietzko, Michael Dante DiMartino, Irene Koh et Vivian Ng

    Titre :  The legend of Korra : Turf Wars
    Auteur-e-s : Bryan Konietzko, Michael Dante DiMartino, Irene Koh et Vivian Ng
    Éditeur : Dark Horse 13 mars 2019
    Pages : 240

    Cette édition librairie contient Turf Wars parties 1-3. Après de nombreuses recommandations j'ai décidé d'entrer à nouveau dans l'univers de Korra. Pour rappel, Korra est la nouvel Avatar, après Aang dont on suit les événements dans Avatar The last airbender. Ce statut fait de Korra un guide spirituel chargé de garder l'équilibre dans le monde. Lors des événements de la série, le monde a passé le cap de la révolution industrielle et l'équilibre est menacé par de nouvelles idées et personnes, la dernière étant Kuvira. Après un combat difficile qui a ouvert un nouveau passage entre le monde des humain-e-s et celui des esprits Korra et Asami décident de prendre un congé bien mérité. Mais lors de leur retour elles se rendent compte que les problèmes sont nombreux à Republic City.

    SPOILERS

    Comme toujours, dans cet univers, il existe à la fois une menace personnelle envers Korra et une menace plus politique. Ainsi, la menace personnelle est le nouveau chef d'une des triades de Republic City. Après un combat autours du portail ce chef est attaqué par un esprit ce qui modifie le corps de celui-ci. La question de cette bataille concerne le statut du portail. Est-ce un lieu sacré qui doit être préservé et protégé en harmonie avec les esprits ou faut-il en faire un lien d'entrée dans le monde des esprits pour les touristes dans un but marchand ? Autours de cette question se greffe les idées politiques de Raiko. Ce dernier n'a jamais eu beaucoup de chance dans la série. Il est presque uniquement une personne qui refuse de suivre Korra. Dans ce livre, il essaie de se faire réélire après avoir capitulé face à Kuvira. Pour Raiko, seules les décisions qui peuvent permettre une réélection sont dignes d'être examinées. Le reste n'est qu'accessoire. Bien entendu, cette manière de penser conduit la ville à une nouvelle crise...

    Cette suite sous forme de comics est aussi attendue à cause de la fin de la série. Lors de celle-ci Korra et Asami se rendait dans le monde des esprits en se tenant les mains, devenant un couple officiel. Dans ce comics, on les retrouve immédiatement après ce moment, en train d'apprendre à vivre en couple. Très rapidement, Korra décide d'en parler à ses parents. Cet événement, qui n'a pas lieu comme espéré, permet aux auteur-e-s d'expliquer de quelle manière est pensé l'homosexualité dans cet univers. J'étais d'ailleurs surpris, en bien, que le récit soit porté par Kya, fille de Aang (qui permet de savoir que l'avatar Kyoshi était bisexuelle). Il me semble que ce couple ne soit pas montré comme parfait. Leur relation est en construction et tout le monde ne sera pas forcément heureux de celle-ci.

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    ***** J'apprécie beaucoup l'univers d'Avatar et de Korra. J'ai beaucoup aimé y entrer à nouveau et je pense que je lirais la suite.

    Image : Amazon

    Éditeur

  • The Dispossessed (Hainish Cycle #6) par Ursula K Le Guin

    Titre :  The Dispossessed (Hainish Cycle #6)
    Autrice : Ursula K Le Guin
    Éditeur : Harper 1 janvier 1970
    Pages : 387

    Autours de l'étoile de Tau Ceti les humain-e-s vivent sur deux planètes. L'une se nomme Ursa. Elle est formée de plusieurs nations. A-Io est un état de type démocratique fonctionnant selon la forme capitaliste. C'est l'une des grandes puissances de la planète. Thu est une nation que l'on ne voit que peu mais qui semble fonctionner selon la doctrine communiste, un état central et une bureaucratie importante. Le reste de la planète est constitué de petits états soumis à ces deux grandes puissances. La seconde planète est Annares. Il y a plusieurs centaines d'années, elle fut donnée à des révolutionnaire anarchistes afin d'y vivre. Depuis, Annares fonctionne plus ou moins en essayant de suivre les idées de sa fondatrice. Le héros du roman provient de cette planète. Il se nomme Shevek.

    SPOILERS

    Autant j'ai apprécié La main gauche de la nuit, autant je n'ai aimé ce roman. Je l'ai trouvé très lent et long. L'autrice me semble donner trop d'importance aux idées mathématiques de son personnage principal et pas assez à un examen plus anthropologique et sociologique des deux sociétés qu'elle présente. Il faut tout de même se rendre compte que La main gauche de la nuit introduit quelqu'un d'extérieur tandis que The Dispossessed suit quelqu'un qui connait et vit dans sa propre société. Que je n’aie pas apprécié ce roman ne lui enlève en rien ses qualités. Et surtout l'examen que Le Guin fait de l'anarchisme et de la démocratie libérale.

    Au vu de la structure du livre - le premier chapitre ouvre l'intrigue qui commence depuis le départ en direction d'Ursas jusqu'à sa fuite tandis que le chapitre 2 débute depuis l'enfance de Shevek jusqu'à l'idée du départ - on commence par apercevoir la nation d'A-Io qui sera présentée petit à petit. Celle-ci fonctionne sur l'idée de démocratie, de nation et de libéralisme économique. Le Guin nous montre une économie prospère basée sur la consommation. Mais c'est aussi un système profondément inégal. En suivant Shevek, on apprend que chaque personne a une place précise et doit faire attention à comprendre qui sont ses supérieurs. Les femmes, en particulier, sont considérées comme inférieures par nature et Sevek n'en rencontre que peu sur Ursas. Alors qu'une grande partie du livre nous montre le fonctionnement des personnes les plus riches, ce n'est que tardivement que l'on comprend que cette économie si prospère est problématique. Une grande partie de la population est soumise à des conditions de vie très précaires ainsi qu'à un contrôle policier et militaire important. Se définissant sur la liberté politique et économique ce système est en fait rempli d'interdictions et d'institutions chargées d'éviter les débordements.

    Mais Le Guin a aussi souhaité examiner le fonctionnement d'une société anarchiste. Anares suit les doctrines d'une fondatrice mythique, morte sur Ursas, et des premières personnes à avoir décidé de se rendre sur la planète. Celle-ci est un désert qui rend la vie des plus difficiles. Dès le début, la société d'Anares a supprimé les titres, les lois et la police. Il ne subsiste qu'une garde chargée du spatioport. Cette société fonctionne en syndicats créé librement par les personnes qui le souhaitent. Ces syndicats sont locaux et gèrent la production et les besoins, tout en se liant au monde plus large de la planète. Afin de gérer le travail, un système informatique peut envoyer et proposer des places aux personnes qui le souhaitent. La famille est bien plus aisée à créer. Il suffit de trouver une personne qui souhaite créer un couple, qui subsiste tant que possible. Tout le monde vit en commun soit dans de petites chambres soit dans des dortoirs. Bien que Le Guin ne lésine pas sur les problèmes économiques d'une telle société, une partie importante du roman se déroule durant une famine, elle essaie de montrer qu'une société anarchiste est possible. Cependant, elle démontre aussi les problèmes qui peuvent apparaitre et briser cette société. Vers la moitié et la fin du roman, on comprend que les personnes qui vivent sur Anares sont libres et pourtant personne n'ose remettre en question les décisions qui sont prises. D'autant que ces décisions sont prises de manière décentralisées sans que l'on sache vraiment qui en est l'auteur. De plus, les différentes crises poussent la société anarchiste à créer des bureaucraties de plus en plus importantes et difficiles à briser. Ainsi, l'autrice montre une utopie imparfaite qui, selon les mots du personnage principal, ne peut fonctionner que si elle se trouve en état de révolution permanente.

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    *** Bien que très intéressant je n’ai pas réussi à apprécier ce roman

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    Image : Éditeur

  • Brightburn

    CW : gore

    Brightburn est une petite ville des Etats-Unis. Dans cette ville un jeune couple rêve de fonder une famille mais n'y arrivent pas. Un soir, un vaisseau s'écrase dans la forêt voisine. À l'intérieur de ce vaisseau se trouve un bébé. Celui-ci est immédiatement adopté par le couple qui l’élève pendant 12 ans sans problèmes. À l'école, le jeune Brandon n'a pas beaucoup d'ami-e-s. Mais il est brillant et remarqué par ses enseignant-e-s. Cependant, tout change lors de ses 12 ans. Du jours au lendemain son attitude devient plus problématique. Petit à petit, ses humeurs inquiètent ses parents qui se demandent comment réagir de manière adéquate. Dans le même temps, Brandon développe des pouvoirs. Alors qu'il apprend à comprendre ses capacités et à tenter d'expliquer son origine plusieurs personnes disparaissent de la ville avec un simple symbole comme indice.

    SPOILERS

    L'idée du film est transparente. Que se passerait-il si Superman n'était pas bon mais mauvais ? Plusieurs comics ont déjà mis en avant une telle idée avec plus ou moins de réussites. Même dans la continuité des comics DC il existe des versions maléfiques de Superman. La base du film est donc relativement connue et sans véritable nouveauté. Le film joue beaucoup sur ce point en utilisant une mythologie et des images proches de ce que l'on connait de Superman. Brendan est un alien adopté. Ses pouvoirs sont les même que ceux de Superman. Il porte même une cape rouge, qu'il agrémente d'une cagoule.

    La question qui m'intéresse bien plus est le passage de "bon" à "mauvais". Brendan n'est pas maléfique dès l'origine. Il est d'abord un adolescent avec ses problèmes et ses questions. Je pensais que le film nous montrerait une progression. Un refus d'une frustration qui le mène à user de ses pouvoirs de manière de moins en moins éthique. Jusqu'à ce qu'il se rende compte que sa puissance implique qu'il peut faire tout ce qu'il souhaite sans que personne ne l'en empêche. Mais le film nous montre un passage instantané en direction de son côté maléfique. Je trouve cela simpliste et bien moins intéressant. D'où la question : Brandon devient-il mauvais où alors la réalisation souhaite-t-elle nous dire qu'il a toujours été mauvais ?

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    ** Un film trop gore à mon goût avec une intrigue moins intéressante que je ne le pensais

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    Image : IMDB

    Site officiel

  • La main gauche de la nuit par Ursula K Le Guin

    Titre :  La main gauche de la nuit
    Autrice : Ursula K Le Guin
    Éditeur : Laffont 1971 (1969)
    Pages : 330

    J'avais déjà tenté de lire des romans de Le Guin, Terremer, mais je n'avais pas du tout aimé. Après réflexions, j'ai décidé de tenter ce roman. Il a reçu le prix Hugo et il est très bien considéré. Ce roman prend place dans un cycle qui décrit un univers géré par une forme d'association reliant toute l'humanité, l'Ekumen. Mais cette association n'est pas toute puissante, elle ne fait que faciliter les contacts. Le héros, est un envoyé de l'Ekumen afin de proposer une alliance à une planète nouvellement découverte : Gethen. Celle-ci est très froide et inhospitalière mais cela n'a pas empêché l'humanité de créer et de survivre jusqu'à mettre en place plusieurs états. Mais la plus grande surprise est la biologie. Les Gethenien-ne-s ne sont ni femmes ni hommes. La majeure partie du temps ce sont des personnes sans genres ni sexes. Ce n'est que lors de périodes précises, sexuelles, que ces humain-e-s peuvent intégrer les caractéristiques de l'un ou de l'autre sexe biologique. L'Envoyé est donc une bizarrerie à plus d'un titre et cela pourrait jouer sur sa réussite.

    SPOILERS

    Ce roman place deux personnages précis face à des informations qui ne sont pas maitrisées. L'envoyé, Genry, provient de l'Ekumen et de la Terre. Il se rend sur une planète dont il ne comprend pas totalement le fonctionnement sociologique et politique. Le seconde, Estraven, est un premier ministre qui tente de comprendre les conséquences de l'entrée dans l'Ekumen pour son peuple. Ce point de départ permet de parler d'un grand nombre de thème qui démontrent une influence de la sociologie et de l'anthropologie sur Ursula K Le Guin. Non seulement l'autrice tente de faire de Genry un observateur du fonctionnement des sociétés de la planète Gethen mais elle essaie d'expliciter la création des états. Je ne pense pas être tout à fait d'accord avec elle mais elle tente d'expliquer que les états modernes, nations, se construisent sur un temps long avec une unification de plus en plus importante et une centralisation du pouvoir. Celle-ci se met en place à l'aide des voies de communications, aussi bien les routes que la radio. Deux états sont visités dans ce roman. Le premier est un lieu quasi féodal avec un roi tandis que le second est gouverné par des Commissaires qui se basent sur une administration importante et le contrôle des déplacements et de l'identité. Ce dernier exemple est inquiétant et Le Guin montre que les personnes marginalisées peuvent souffrir d'un tel contrôle.

    On ne peut pas non plus passer outre l'information la plus importante de ce livre. Ces humain-e-s, sur Gethen, ne sont ni des femmes ni des hommes. Illes n'ont ni genre ni sexe définis pendant une grande partie de leur vie, en dehors des périodes de sexualité ou de grossesse. Toutes personnes peuvent donc intégrer les caractéristiques biologiques du sexe féminin ou masculin lors de leur vie. Le héros, Genly, est biologiquement homme. Bien entendu, la société de Gethen est beaucoup moins divisée en termes de genre. Étant donné qu'il n'y a pas de pensée de dualité biologique il n'y a pas non plus de pensées sur les différences en termes de rôles de genre. Seul Genry pense ces différences et, à plusieurs reprises dans le roman, il tente de masculiniser ou de féminiser ses interlocuteurs en prenant en compte le contexte.

    Bien que ces tentatives via Genry soient très traditionnelles, la personne qui le loge est vue comme féminine tandis qu'Estraven est vu comme masculin dans un contexte politique, on peut se demande si cela n'est pas souhaité par l'autrice. En tentant de genrer cette société en prenant en compte le contexte de ses interactions avec ses interlocuteurs Genry permet de questionner la division duale de la société, basée sur la vision externe des sexes dits biologiques. Si Genry est incapable de genrer sans utiliser le contexte cela ne veut-il pas dire que les divisions de genre sont des constructions sociales et historiques ? Et donc que Genry, et nous par la même occasion, avons tort d'essayer de consolider des différences qui n'existent pas réellement ?

    Ce roman est ma seconde tentative de lire Le Guin. Alors que la première ne fut pas une réussite j'ai bien apprécié ce roman. Il n'est pas parfait mais il est très intéressant. Le contexte général existe mais n'est pas trop important afin de ne pas écraser l'intrigue précise du roman. L'histoire de Genry et d'Estraven permet de présenter des réflexions sur le genre et la construction de l'état. Cela est aidé par des ajouts de type mythologiques au sein du texte, nous permettant de mieux comprendre le fonctionnement de l'humanité de cette planète. Ayant apprécié ce roman je vais tenter un second tome dans ce même cycle.

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    **** Un roman qui subit son âge mais que j'ai beaucoup aimé.

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    Image : Éditeur

  • The Expanse 2

    L'équipage du Rocinante a assisté, horrifié, à l'attaque contre la colonie d'Éros. Illes comprennent enfin quels sont les enjeux liés à la protomolécule. Une colonie entière, tout une population, détruite simplement pour comprendre le fonctionnement d'une forme de vie qui pourrait ne pas provenir du système solaire. Que ce soit son capitaine, Holden, ou les autres membres de l'équipage, tout le monde est d’accord : les responsables doivent être châtiés. Vu que Éros est un astéroïde, l'OPA souhaite aussi trouver les responsables et les empêcher définitivement de nuire. Cependant, il faut aussi prendre en compte Mars et la Terre. Les relations entre les deux planètes sont de plus en plus tendues et il se pourrait bien que l'humanité assiste aux débuts de sa première guerre interplanétaire. Que fera l'OPA dans ce contexte ? Personne ne le sait vraiment...

    SPOILERS

    La découverte de The Expanse fut une révélation pour moi. Je ne crois pas avoir vu une série de SF prise aussi au sérieux depuis Battlestar Galactica. The Expanse, adapté d'un roman, met en place un monde politique compliqué en nous donnant seulement quelques bribes d'informations. La série comprend aussi l'importance des détails pour la création d'un monde. On peut ne pas les voir mais leur existence permet d'accepter que cet univers fonctionne selon des règles logiques et compréhensibles.

    Tout comme la saison 1, la saison 2 réorganise le système politique en prenant en compte les tensions de la guerre et l'arrivée d'une nouvelle technologie potentiellement illimitée. La série n'hésite pas à montrer que la guerre ne dépend pas uniquement de complots ou de la volonté des dirigeant-e-s. Elle peut aussi éclater simplement par une incompréhension mutuelle ou une envie de contrôler de prêt ce que l'adversaire est en train de faire. Ainsi, les quelques batailles de la série, spectaculaires et dévastatrices, ont rarement lieu auprès de Mars ou de la Terre. Seule la destruction de l'une des lunes de Mars pourrait être considérée différemment. Mieux encore, la série fait la différence entre éthique, droit et realpolitik. On nous apprend que plusieurs accords existent pour réglementer les guerres. Mais cela n'empêche pas de les briser. La protomolécule est utilisée et testée contre des personnes pauvres, isolées, qui meurent. Malgré ces expériences sur des humain-e-s tous gouvernements veulent cette molécule et acceptent les tests, parfois au prix de leurs propres citoyen-ne-s. Bref, la série nous explique que l'éthique existe mais que la realpolitik pend rapidement devenir plus importante et rendre les relations entre états et personnes plus difficiles et dangereuses.

    Pour rendre la série intéressante il faut aussi s'intéresser aux personnages. The Expanse a de nombreux personnages intéressants et cette nouvelle saison ajout une martienne patriote et va-t-en-guerre. Son existence permet de mettre en question certains actes du gouvernement martien. Mais ce qui me semble le plus intéressant est l'équipage du Rocinante, constitué de personnes provenant de différents lieux. Amos et Alex sont surtout présent comme suiveurs. Naomi est la boussole morale du groupe. Holden, en revanche, est quelqu'un qui essaie toujours de choisir la meilleure voie, pour être quelqu'un de bien. Cette saison le montre devant des décisions de plus en plus compliquées. Afin de suivre son but, détruire toutes traces de la protomolécule, il doit accepter de commettre des actes de guerre et de piratage qui placent le bien de l'humanité avant le bien des individus. Cela n'est pas spécifiquement immoral mais peut impliquer de faire du mal ou de refuser d'aider des personnes. La question de savoir quelle est la limite se pose donc de plus en plus pour ce personnage et ses actions. D'une certaine manière, Holden incarne la capacité pour une personne morale de perdre sa capacité à différencier le bien du mal à partir du moment où les problèmes des individus sont oubliés face aux problèmes de l'humanité. Ce qui permet de (se) justifier des actes que l'on refuserait d'accomplir dans d'autres contextes.

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    ***** Une saison 2 à la hauteur de la saison 1. La série est lente, certes, mais elle fait surtout attention aux détails et à la logique interne.

    Image : Site officiel

  • East of West 9 par Jonathan Hickman et Nick Dragotta

    Titre :  East of West 9
    Auteurs : Jonathan Hickman et Nick Dragotta
    Éditeur : Image Comics 22 mai 2019
    Pages : 136

    Ce volume contient East of West 39-42. Ce volume 9 est, si j'ai bien compris, l'avant-dernier. La fin des temps approche rapidement et tous les personnages sont progressivement placés à leur place par les auteurs. Ce neuvième volume est avant tout un moyen de comprendre le passé de ces personnages et de montrer quelques surprises. Bien que ce passé soit intéressant, il n'y a ici rien qui ne soit pas connu ou inattendu.

    Ce tome permet donc surtout de mettre en avant les raisons qui se cachent derrière la colère qui existe entre les 4 cavaliers de l'apocalypse. Enfin, on nous montre la bataille durant laquelle Mort s'est attaqué aux autres cavaliers. Et on sait que Mort et Guerre vont probablement se combattre à nouveau. On en sait aussi plus sur le fonctionnement de Chamberlain et du père du Prince John. Malheureusement, les auteurs ne nous donnent aucune information sur le fonctionnement et la raison de la fin des temps. Est-ce une véritable fin ou un recommencement ?

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    **** Bien que ce volume permette surtout de remplir les vides avant la fin de la série, et que les informations offertes sont connues, j'ai apprécié ma lecture ainsi que les dessins de Dragotta, toujours aussi réussis.

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    Image : Éditeur