28/07/2011

la globalisation de la surveillance: aux origines de l'ordre sécuritaire par Armand Mattelart

Titre: la globalisation de la surveillance: aux origines de l'ordre sécuritaire9782707156259.gif
Auteur: Armand Mattelart
Éditeur: La Découverte 2007
Pages: 259

Je suis souvent surpris du manque actuel de débat sur la surveillance croissante des citoyens. Je suis encore plus surpris que les seuls débats qui réussissent à prendre place ne sont pas sur le thème de la surveillance et des problèmes que cela pose à la démocratie mais sur le nombre de mesures sécuritaires qu'il faut prendre pour ne rien risquer. C'est ainsi que nous avons perdu notre droit à l'anonymat derrière facebook, google +, les scanners corporels, les caméras de surveillance et les passeports biométriques avec puces RFID. Tout ceci au nom de la sécurité et de la facilité. Tout ceci aussi sans aucun réel débats sur le processus de surveillance et de contrôle du citoyen de plus en plus poussé qui se déroule sous nos yeux.

C'est pour pouvoir m'informer et informer mon entourage que j'ai commencé à lire ce qu'a écrit Armand Mattelart. J'avais déjà fait quelque petits pas dans ce types de recherches mais je n'avais pas encore consulté un livre aussi complet. En effet, l'auteur y fait la généalogie de la société de surveillance actuelle. Il remonte au XIXe siècle durant lequel l'anthropométrie et les premières utilisations des données biométriques et des fichiers biométriques ont été théorisé et créé. Il continue avec une présentation des théories des foules alors que les élites bourgeoises de l'époque craignaient ces même foules. Ce qui permet à l'auteur de passer du contrôle des populations par la police et la justice au même contrôle par les dispositifs d'exceptions, autrement dit la fin de certains droits au nom d'un moment dangereux pour l'état, et la propagande. L'auteur nous offre aussi un panorama des pratiques de tortures en nous offrant des informations sur des écoles soutenues, si ce n'est crées, par les USA.

Mais, quand on s'intéresse aux derniers développement, c'est la dernière partie du livre d'Armand Mattelart qu'il nous faut parcourir. Lors de ces derniers chapitres l'auteur nous montre que la peur de l'étranger, du terrorisme et la consommation/publicité ont permis aux législateurs de créer des états d'exceptions via des lois du type Patriot Act. Ces lois ont pour effet de surveiller de plus en plus précisément le citoyen et ses activités au nom de la sécurité de l'état et des citoyens face à une menace externe et interne (on connait l'importance de définir des ennemis intérieurs mais aussi extérieurs). Mais les états ne sont pas les seuls qui surveillent les citoyens. Les compagnies capitalistes sont aussi dans ce cas au nom de la croissance. En effet, tracer ce que les personnes achètent ou utilisent permet de cibler les campagnes promotionnelles à moindre coûts. Au final, c'est un maillage de plus en plus étroit qui est appliqué sur les citoyens qui ne peuvent qu'être transparent face à l'état et aux compagnies. Ceci se fait au prix des droits démocratiques qui deviennent de plus en plus minces.

En tant que lecteur j'ai été très impressionné par ce livre. Je trouve qu'il a le grand mérite d'historiciser des pratiques actuelles. Ce qui nous permet de mieux comprendre la manière dont elles sont appliquées et pourquoi elles le sont d'une telle manière. Mais plus qu'une recherche exemplaire c'est un livre qui permet d'ouvrir le débat sur les pratiques de surveillance. En effet, je suis convaincu qu'il est nécessaire de se demander quel type de société on souhaite. Une société qui est basée sur la confiance et le droit à vivre différemment? Ou alors une société de plus en plus proche de 1984? Ce n'est pas qu'une question philosophique ou une question de gauche. C'est un débat sur lequel nous devrions tous réfléchir quel que soient nos opinions politiques. Car dans le cadre d'une démocratie le débat est plus qu'un droit c'est une nécessité. D'autant plus lorsque la démocratie elle-même peut être remise en question par les réponses données.

Image: éditeur

20/09/2010

Cleveland VS Wall-Street

Je n'avais pas pu voir la soirée avant-première de ce film. Après une bonne semaine j'ai tout de même pu assister à une séance de ce nouveau film suisse de Jean-Stéphane Bron. Pour ceux qui ne le savent pas, Mr Bron est aussi le réalisateur de Maïs im Bundehuss qui avait même été projeté dans la salle du parlement. Ce film, bien que Mr Bron n'aime pas trop ce style selon ce que je sais, est un docu-fiction. Ce n'est pas que les événements ont été recréés mais créé. On nous y montre un procès qui n'a pas eu lieu et qui n'aura, probablement, jamais lieu avec des avocats, témoins juges et jurés qui ne sont pas des acteurs. Ce procès se déroule à Cleveland après la crise financière. La ville ne s'en est pas remise et les expulsions, dans les quartiers défavorisés, se multiplient. Cette dévastation demande un coupable. La ville décide donc de porter plainte contre 21 banques de Wall-Street. Mais le procès n'a pas encore eu lieu. Jean-Stéphane Bron a donc préparé un faux procès dans lequel les avocats amènent des témoins devant un juge et des jurés pour trouver qui est le responsable et qui doit payer.

Il faut le dire tout de suite. Le film ne nous donne pas un coupable immédiatement bien que le titre puisse faire croire à un a priori. Le film ne nous explique pas vraiment, non plus, comment la crise a pu prendre une telle ampleur. Le film, par contre, nous montre les victimes de cette crise et quelque protagonistes de celle-ci. Durant tout le procès la question se pose: qui est responsable? Est-ce que sont les individus qui souhaitaient payer leur maison en multipliant les crédits? Les créditeurs qui pouvaient pousser les individus à prendre des crédits voir, même, faire de la fraude pour gagner plus d'argent (en effet les créditeurs recevaient une commission relative au montant du taux d'intérêt)? Où alors les banques qui acceptèrent l'existence de ces crédits à risque envers des personnes non-solvables sans même vérifier les donnés fournies par les agences de crédits? Tout le film nous montre cette bataille des responsabilité. Entre l'avocat de l'accusation qui essaie de montrer les conséquences et l'avocat de la défense qui essaie de rejeter la responsabilité sur d'autres personnes et institutions la bataille est rude. Durant ce film nous assistons à un véritable spectacle d'arguments opposés et de tentatives d'attaquer les dépositions des divers témoins. Je retiendrais, par exemple, la magnifique prestation de l'une des avocates de l'accusation face à un tenant pur et dur du libéralisme Peter Wallison.

Comme je l'ai déjà dit, et malgré une forme d’à-priori que le titre peut créer, ce film ne donne pas vraiment de coupables ni d'explications. Néanmoins cela n'implique pas que l'on en sorte sans en avoir rien tiré. Au contraire, les témoignages des différentes personnes appelées à la barre est précieuse pour comprendre un système voué à s’autodétruire. On y découvre des particuliers obligés de prendre des crédits pour vivre à cause du chômage ou de remboursements trop haut (les subprimes avaient des taux d'intérêts double de la normale). Côtoyé par des agences de crédits dont les profits dépendent du taux d'intérêt des crédits concédés et qui, donc, ont nécessairement intérêt à vendre le plus de subprimes possibles. Suivi par des banques et des courtiers aveuglés par les profits tirés de ces subprimes et oubliant que tout ceci est bâti sur des personnes qui n'ont, en définitive, pas les moyens de payer. Au final, il m'est venu l'impression que la culpabilité est multiple. Tous ont suivi leurs intérêts sans réfléchir aux conséquences. Attendant des profits rapides sans observer que la structure était plus que fragiles. Au final il m'est venu l'impression, probablement partagée, que le système était pourri à la base et qu'il ne pouvait qu'aboutir à la catastrophe. Ce système étant un capitalisme dé-régulé.

Image: filmsdulosange

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15:36 Écrit par Hassan dans contemporain, Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : clevaland, waal-street, subprimes | | | |  Facebook

30/12/2009

L'invention de la culture hétérosexuelle par Louis-Georges Tin

Titre: L'invention de la culture hétérosexuelle612ExdOT8JL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Louis-Georges Tin
Éditeur: Les éditions Autrement 2008
Pages: 201

Voila un petit livre qui pourrait choquer certaines personnes car ce livre a un but: prouver que l'hétérosexualité n'est pas originaire de la nature mais d'un programme culturel. Pour cela l'auteur s'est consacré à trois thèmes précis: la culture des chevaliers, celle de l'église et celle de la médecine. Ceci depuis le moyen âge jusqu'à maintenant. En lisant ce livre on découvre que la culture hétérosexuelle comment à exister depuis le XII ème siècle. Auparavant, l'homosocialité règne avec son culte de l'amitié virile et son mépris de la femme. Mais il ne faudrait pas croire que la femme soit mieux traitée après l'arrivée des troubadours. Elle reste un objet.

On découvre une résistance sur deux points. Les chevaliers résistent car la virtus de l'homme est en danger de molitia à cause de l'amour. L'église résiste car l'attirance pour la femme crée un problème de sexe. Les deux essaient de bloquer cette nouvelle hétérosexualité et traitent avec elle (par traiter j'entends bien sur un dynamisme culturel et social inconscient). L'église, par exemple, essaie de substituer le culte de la femme par le culte de la Vierge, mère de Dieu et donc possible receveuse de l'amour destiné à Dieu. On trouve aussi l'idée médicale selon laquelle l'amour est une maladie qu'il faut traiter. Cette idée restera longtemps.

Néanmoins, le champs médical deviendra bientôt un ami des hétérosexuels en créant un individu vraiment malade: l'homosexuel. Ce dernier regroupe les tares de l'amour. Il est molitia, efféminé, et est fauteur de péché sexuel. C'est donc le bouc émissaire tout désigné de la nouvelle culture. Cette dernière étant, au XX ème siècle, victorieuse. Tellement victorieuse que l'existence d'anciens artistes ou grands hommes probablement coupables d'homosocialité ou d'homosexualité créent un problème: comment les faire découvrir aux enfants tout en leur évitant de voir leurs tendances? C'est ici que j'ai eu ma plus grosse surprise. J'ai découvert que certains livres offerts durant le cursus scolaire sont expurgés de leur contenu et même modifiés.

C'est donc un livre très intéressant que nous offre Louis-George Tin. Néanmoins, c'est un livre inachevé. Il réussit à prouver la création de la culture hétérosexuelle mais il passe trop rapidement sur des points importants. Cependant, l'auteur a l'honnêteté intellectuelle de reconnaitre ce manque. Il considère son livre non comme une synthèse mais comme une ouverture pour des recherches futures. Espérant qu'elles existeront.

Image: Amazon.fr

15/09/2009

La culture: un droit en danger

Depuis quelques années les assauts contre ceux qui violent les copyright, appelé couramment pirates, le problème est que ces assauts légaux (sic) et techniques sont de plus en plus menaçant pour nos libertés de consommateurs et de citoyens. Entre la destruction à distance des livres numériques, la surveillance des logiciels installés sur votre ordinateur, les protections sur les CDs contre le piratage nous perdons des droits de possessions important.

En tant que consommateur j'ai, en effet, le droit d'acheter un objet. Ce droit me permet de l'utiliser et de le copier dans le cadre privé. Actuellement, il est de plus en plus compliqué de copier ces CD et je doute que l'on puisse s'arrêter la. Quand est ce que nous ne pourrons plus prêter un DVD? Photocopier un livre? Des taxes anti-piratages vont elles se créer? C'est un avenir que je ne considère pas comme impossible.

C'est donc avec un sentiment d'inquiétude que j'ai lu et que je partage un lien vers un texte traduit de Richard Stallman. Un texte qui est, pour l'instant, encore de la science fiction. Mais cela ne durera pas car, déjà, la technologie est en place et la volonté se fait jours: Le droit de lire de Richard Stallman

22:16 Écrit par Hassan dans contemporain, Culture, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |  Facebook

08/10/2008

L'histoire parle de Picasso

Ce mois le magazine l'Histoire a décidé de faire un numéro spécial sur Picasso. Nous trouovons donc un dossier intéressant sur sa vie mais aussi sur ses oeuvres et ses liens avec le communisme. Mais ce n'est pas tout car nous pouvons y trouver un article sur Gilles de Rais et ses supposés crimes. Un autre sur les ressources alimentaires de la planète et les défis qui nous attendent. Mais aussi sur la vision du loup, Garialdi tout en faisant un bilan de la Présidence Bush. Comme d'habitude un bon dossier fouillé et de petits articles intéressant pouvant nous amener a faire des recherches sur des points particuliers.
Sommaire
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15:18 Écrit par Hassan dans Culture, Histoire, Loisirs, Médias, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, picasso | | | |  Facebook

03/09/2008

microsoft/google, trous noirs, Ariane 5 et l'expansion

Pour le mois de septembre Ciel et Espace ne fais pas rien puisqu'il nous livre un reportage exceptionnel et unique sur les coulisses du lancement d'Ariane 5. Une bonne idée pour nous permettre de voir que ces ingénieurs sont aussi humains. Le magazine a aussi mis en place un dossier sur l'expansion de l'univers et sur les logiciels d'astronomies de google et microsoft. Sans oublier un article sur les trous noirs primordiaux qui seraient nés dans des étoiles géantes, un autre sur une nouvelle sorte de télescope permettant de détecter des super terres et bien sur l'éphéméride.
Site de ciel et espace

15:18 Écrit par Hassan dans Astronomie, Culture, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ariane, esa, ciel et espace, trous noirs, afa | | | |  Facebook

22/07/2008

Ciel et Espace LHC, carte céleste et nuit des étoiles

Le magazine Ciel et Espace d'aout est donc sorti aujourd'hui. Celui-ci nous donner un superbe guide pour ceux qui voudraient participer à la nuit des étoiles en observant. Mais a coté de cela nous retrouvons une alternative à la théorie des cordes, un article sur la plus vieille carte céleste connue ainsi qu'un article sur les dangers imaginaires du LHC (Large Hadron Collider). C'est donc, encore une fois, une suite d'articles des plus intéressant pour ceux qui veulent en savoir plus.

19/07/2008

Jeux Olympique

Pour ces deux mois les Collections du magazine L'Histoire décide de plancher sur un sujet d'actualité: Les jeux olympique. Mais le magazine nous fait d'abord passer par l'antiquité grecque avant de nous parler des quelques évènements marquants des jeux modernes comme 1968 ou 1938 tout en passant devant l'accès, tardif et difficile, des femmes aux jeux. Un numéro très intéressant et qui donne une bonne vue d'ensemble de l'histoire des jeux de la Grèce antique a Pékin 2008
Sommaire

18/07/2008

Hubert Reeves chez Ciel et Espace

Pour ces quelques jours Ciel et Espace nous offre la vision d'Hubert Reeves sur sa vie et ses engagements.
Hubert Reeves 1
Hubert Reeves 2

11/07/2008

La revue l'Histoire met le Japon à l'honneur

J'ai terminé hier le numéro 333 de la revue l'Histoire. Comme chaque années a cette période la rédaction en profite pour créer un numéro spécial sur un thème particulier et cet été c'est le japon. Moi même ne connaissant pratiquement rien sur le Japon mis a part quelques histoires romancées comme les samouraïs j'attendais ce numéro avec impatience. Et je n'ai pas été déçu car celui-ci fait une bonne synthèse de l'Histoire du Japon, depuis ses débuts jusqu'à aujourd'hui. Donc pour tous les amoureux du Japon et tous les autres je pense que ce peut être un bon numéro a posséder.
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09:59 Écrit par Hassan dans Culture, Formation, Histoire, Loisirs, Médias, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, japon | | | |  Facebook