23/02/2018

The shape of water / La forme de l'eau

TW : Meurtres, tortures, sexe (nudité)

Elisa vit dans un appartement au-dessus d'un cinéma. Elle a un voisin artiste qui dessine des publicités pour une firme. Tous les jours, elle suit la même suite d'actions. Elle se réveille, se prépare un bain, cuit des œufs, prépare le déjeuner de son voisin, observe les nouvelles chaussures et part au travail dans une ligne de bus. Elisa est une concierge. Elle est chargée de nettoyer une base militaire américaine travaillant sur la conquête de l'espace. Elle peut entrer partout et elle voit et entendu tout sans que personne ne lui parle, d'autant qu'elle est muette. Lorsqu'une nouvelle expérience arrive dans la base, suivi par un nouveau chef de la sécurité, elle comprendre vite que cette expérience est un être vivant, capable de dialogue.

SPOILERS

Ce film entre dans le cadre des films d'espionnages. On nous place aux États-Unis dans une base secrète. Celle-ci est le théâtre d'un espionnage par les soviétiques. Le but est d'éviter que l'un des camps ne puisse développer une technologie supérieure capable de changer le cours de la guerre froide. Il y a donc une certaine familiarité des thèmes, de la musique et des personnages. Le scientifique espion russe, le général décoré qui ne mâche pas ses mots et l'espion États-uniens, joué par Michael Shannon, qui est comme un fils pour ce dernier tout en étant un vrai homme. Ce n'est pas un hasard si les personnages suivent ce que j'identifie comme un schéma connu. Ainsi, les soviétiques se rencontrent au milieu de nulle part, échangent des mots codes et parlent ouvertement dans l'arrière salle d'un restaurant. L'espion États-uniens vit dans un pavillon de banlieue, possède une superbe voiture américaine, il est courtois, viril (avec un outil de torture à sa mesure), parfaitement entrainé et parle toujours de ce qui fait un vrai mâle. Il est nécessaire de garder cela en tête.

Car, au milieu de tout cela, apparaissent des noirs - Octavia Spencer déjà rencontrée dans de nombreux films y joue la collègue d'Elisa - dont des protestataires, une femme latino muette, jouée par Sally Hawkins, un vieil homosexuel artiste et un monstre marin. Ce dernier pourrait faire tâche dans un film qui pourrait rester très terre à terre. Mais il est nécessaire. Il permet d'identifier un monstre extérieur pour mieux parler de la véritable monstruosité. Elisa et son voisin, Giles, sont des personnes marginales. Elles sont toutes les deux victimes de solitudes. Elisa est une femme racisée et muette. Giles est un vieil homme homosexuel, au chômage, qui se rend toujours à la même tapisserie, aux tartes immondes, afin de pouvoir parler au beau jeune homme qui tient le comptoir. Dès qu'il est identifié il est expulsé. En parallèle, on observe le racisme de l'époque et les luttes pour les droits civiques, même si Giles annonce rapidement, dans une ligne révélatrice, qu'il ne veut pas voir cela. Ce qui ne l'empêche pas de pointer du doigt le racisme de certaines personnes au lieu de se taire. Les femmes, racisées, sont fortement mises en avant et surtout leur vie de subalternes. Comme le personnage d'Octavia Spencer le dit, elle doit faire le ménage au travail mais aussi chez elle car son mari ne fait rien pour l'aider.

Face à cette galerie de personnages d'autres incarnent une forme de "normalité" auto-proclamée. Il faut mentionner le vendeur de tarte et le général mais la véritable incarnation de cette "normalité" est Richard Strickland joué par Michael Shannon. Comme mentionnée auparavant, il a une famille, une voiture, un pavillon en banlieue et un bon travail bien viril. Strickland, sous couvert de "normalité", incarne l’entièreté de la masculinité toxique et du racisme occidental. Très rapidement, ce personnage est montré comme ce qu'il est : une personne raciste. Les dialogues durant lesquels ce point de vue apparait sont nombreux. Ils sont écrits de manière à démontrer que le racisme ce n'est pas simplement de la violence mais aussi et surtout une manière de penser intégrée qui apparait au détour d'une phrase. Cet homme est aussi l'incarnation de la masculinité toxique. Lors d'une scène précise durant laquelle il convoque Elisa il tente presque de la violer, n'étant arrêté que par les vitres du bureau et la fuite d'Elisa. Cette scène est une illustration de la vulnérabilité des femmes travaillent dans des positions subordonnées face à un patron qui harcèle voir viole. Mais cette masculinité n'est qu'une façade qui dépend d'un travail important pour effacer ses émotions et suivre une norme impossible. Durant le film, la virilité de Strickland se fissure et disparait alors que les personnages marginaux gagnent en pouvoir et capacités d'actions, Elisa se permettant même d'insulter Strickland tout en le regardant dans les yeux. Alors que tout le film tente de faire de Strickland et de sa famille l'incarnation de la modernité, j'ai l'impression que le film nous montre que ce modèle est non seulement toxique mais aussi en voie de disparition.

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***** Guillermo del Toro prouve, encore une fois, à quel point il maitrise la photographie de ses films mais aussi l'entrée du fantastique dans la réalité. Un film beau, bien écrit et superbement joué par des actrices et acteurs à la perfection.

Image : Allociné

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09:16 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the shape of water, la forme de l'eau | | | |  Facebook

22/01/2018

Darkest Hour / Les heures sombres

L’Allemagne, sous la conduite d'hitler, a lancé une guerre rapide et totale en Europe. Il a déjà pris le contrôle de l'Europe de l'est et se prépare à envahir la Belgique ainsi que la France. Alors que ses chars écrasent tout sur leur passage le monde politique britannique est en pleine ébullition. L'opposition ne peut plus accepter un premier ministre dont la politique, selon eux, a mené le royaume au désastre. Neville Chamberlain doit partir. Cependant, l'opposition annonce qu'elle acceptera un premier ministre adversaire dans un esprit de coopération en temps de guerre. Mais quelle personne pourrait prendre le poste dans ce contexte si dangereux ? Bien que personne ne semble le souhaiter, le choix se porte sur un homme que l'on croit incapable : Winston Churchill. Et ce dernier, dans ses discours, annonce une politique claire : la victoire à tous prix, la lutte jusqu'à la fin. Mais pourra-t-il imposer ses idées dans un gouvernement divisé par une tendance pacifiste ?

SPOILERS

Commençons par les bons points. La réalisation est particulièrement bonne. L'image est tout simplement magnifique. Les costumes sont flamboyants (du moins autant qu'un costume masculin puisse l'être) tandis que les décors donnent une impression d'authenticité. On est transporté dans le monde londonien de la guerre. Au milieu des palais on nous offre les personnes qui vivent dans la ville lors de scènes fugaces ou lors d'un passage dans le métro. Le seul point faible pourrait être ces quelques scènes prises en hauteurs dont je n'ai pas compris l'intérêt exact. Mais il est possible de passer outre. Tout ceci ne serait rien si les acteurs et les actrices n'étaient pas tout aussi parfait-e-s. Garry Oldman est en pleine forme mais il est aidé par le reste du casting (j'apprécie particulièrement le roi joué comme une personne à la fois consciente de son rôle et un peu mal à l'aise). Les dialogues sont tout aussi bien écrits, bien que l'écriture ait probablement beaucoup emprunté au personnage réel. D'un point de vue purement académique, il n'y a rien à redire. C'est du classique, sans surprises, mais c'est beau.

Mais le film pose un problème important : il est vide. Ce film me proposait de raconter de quelle manière Winston Churchill a réussi à imposer sa politique face à un gouvernement et un parlement réfractaire. Malheureusement, le film ne fait rien de tout cela. Il se contente de faire ce que tous les biopics font, et ce qu'aucun biopics ne devrait faire : montrer pourquoi son personnage principal est un génie destiné à la grandeur. La réalisation nous montre qu'il existe une confrontation entre Churchill, Chamberlain et Halifax. Mais cette confrontation n'est jamais développée. On ne sait pas qui sont ces personnes, quel est le contexte politique, de quelle manière Halifax et Chamberlain veulent reprendre le siège de premier ministre. On ne sait rien des complexités politiques de l'époque. On a simplement l'impression que deux personnes nient le caractère historique, grandiose, d'une personne dont on sait déjà qu'elle a vaincu. À la sortie du film on ne peut qu'être confus. On ne comprend pas comment fonctionne le parlement, qui est qui ni ce que sont ces partis dont Churchill parle si souvent. Le film échoue majestueusement à traiter son propre sujet !

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*** Si vous souhaitez voir un film de costume Darkest Hour est fait pour vous. Si vous souhaitez comprendre les complexités politiques de l'époque passez votre chemin.
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Image : Allociné

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09:19 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : darkest hour, les heures sombres | | | |  Facebook

21/01/2018

Wonder

TW : validisme, harcèlement scolaire

Wonder est l'histoire, adaptée d'un roman, de August Pullman. Cet enfant a une malformation physique qu'il cache derrière des masques. Il n'a jamais été à l'école, sa mère prenant en charge son éducation. Mais, à la rentrée, ses parents décident qu'il est temps de l’emmener dans une école privée avec un programme de science de haut niveau, ce malgré leurs craintes en ce qui concerne sa capacité à s'intégrer. August lui-même a peur de ce qui va lui arriver. Il ne sait rien de l'école ni des règles tacites qui font fonctionner les relations entre les élèves. Son entrée est très difficile. Personne ne lui parle et tout le monde le dévisage. Une rumeur se répand, il serait contagieux. Mais August persévère et, petit à petit, devient de plus en plus apprécié à la fois des élèves et des professeureuses.

SPOILERS

J'avais beaucoup de craintes en ce qui concerne ce film. Je craignais une nouvelle histoire sur une personne en situation de handicap, différente, qui reste forte malgré tout. Un film qui ne remet pas en cause le fonctionnement de la société mais permet à nous, personnes valides, de nous émerveiller devant "la force de ces personnes différentes." Une belle histoire faites pour pleurer mais qui ne critique rien. D'une certaine manière, mes craintes étaient fondées. La dernière scène est l'occasion de récompenser ce petit garçon et sa force intérieure, lançant le message éculé de la beauté intérieure bien plus importante que la beauté extérieure. Il y a tout de même de beaux moments. J'ai apprécié avoir le point de vue d'autres personnages ayant leurs propres problèmes. Mais cela pourrait donner l'impression que les difficultés rencontrées par Auguste ne sont pas différentes de celles d'une personne valide. Il y a aussi cette scène durant laquelle plusieurs garçons décident de fraterniser, d'accepter leurs émotions comme une composante de leur identité et non une source de honte (bien qu'il soit possible que je surinterprète cette scène). Mais le plus gros problème concerne à la fois l'histoire et le casting. Le film est une adaptation d'un roman écrit par une personne valide suite à une rencontre vécue dans un magasin de glace. Le casting est constitué d'Auguste est offert à un jeune garçon valide. Il n'y a donc aucune place aux personnes concernées. On parle à leur place, on leur explique comment se comporter et de quelle manière accepter que la société les considère toujours comme différentes. Même avec toute la bonne volonté du monde, les acteurs et actrices ne pourront jamais vraiment comprendre ce que vivent les personnes concernées. Et écrire un film sur elles pour ne pas les intégrer au processus créatif n'est pas qu’une erreur, c'est un acte d'invisibilisation qui ne devrait plus exister.

Ce film met aussi en avant des scènes de harcèlement contre Auguste. Selon moi, la réalisation échoue largement à comprendre la problématique du harcèlement scolaire. Le harcèlement contre Auguste est montré de temps en temps. Il consiste principalement en des regards, des refus d'amitiés, quelques paroles mais surtout un ou deux billets insultants. Ce n'est que tardivement que l'on montre la teneur de ces billets et leur nombre. Les propos sont très graves et le nombre très élevé. Mais le film échoue à montrer cela. On ne voit jamais que le harcèlement ce ne sont pas quelques billets et propos isolés, ou un comportement peu poli. C'est à la fois une forme de bannissement et des actes constants. Le film échoue à montrer que la fuite est impossible parce que la victime est enfermée dans un lieu précis pendant 8 heures avec les personnes qui harcèlent, sans aide et ce pendant une grande partie de l'année. Le harcèlement implique aussi l’aveuglement, voulu ou non, de la part des adultes (quand les professereuses ne sont pas elleux-même des personnes qui harcèlent). Là aussi, le film ne dit que peu de choses. Seule une scène montre un directeur et une famille ne pas se comprendre autours de la gravité des actes. Là où le directeur souhaite une expulsion de deux jours, plutôt léger, les parents défendent à tout prix leur fils et retournent l'accusation contre la victime. L'idée que le harcèlement scolaire est anodin, un jeu, est malheureusement encore prégnant dans la société et seuls les cas graves donne l'occasion d'une remise en question bien faible. Enfin, la réalisation échoue à prendre en compte le numérique. Auguste et ses camarades se trouvent sur l'Internet, y jouent, y parlent et y travaillent. Le numérique n'est donc pas absent du harcèlement scolaire et l'aggrave de manière significative puisque la maison et les vacances ne sont plus des temps et des lieux de tranquillité. Mais jamais Auguste ne vit cela. L'Internet n'est qu'un moyen de jouer à Minecraft.

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** Le film aurait pu réussir si la réalisation avait souhaité s'attaquer frontalement aux sujets difficiles. Au lieu de cela, un message classique et gentillet est préféré.
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Image : Allociné

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12:31 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wonder | | | |  Facebook

Batman: The killing joke

TW : sexisme, possible viol (ni montré ni mentionné mais sous-entendu par l'histoire)

Batman n'est pas seul dans sa lutte. Non seulement il fonctionne en partenariat avec James Gordon, commissaire de police, mais il a aussi des allié-e-s à l'instar de Nightwing. Une alliée particulière est Batgirl, Barbara Gordon. Dans Batgirl année Un on apprend de quelle manière Batgirl est née et surtout qu'elle a décidé de combattre le crime malgré son père et Batman. Mais la relation avec Batman est difficile. Il est exigeant, manipulateur et ne parle jamais. Leur relation ne risque pas d'être meilleure lorsque le Batman demande à James Gordon un accès à Arkham, afin de visiter le Joker. Mais ce dernier s'est échappé. Tous les lieux et toutes les personnes qu'il fréquente après une évasion sont fouillés et interrogées par le Batman. Mais personne n'a vu le Joker. Est-ce que cela implique qu'il va rester calme ou prépare-t-il quelque chose de pire que d’habitude ?

SPOILERS

The Killing Joke est une œuvre controversée, à raison. L'auteur, Alan Moore, s'est distancié en critiquant son œuvre ainsi que le processus créatif qui a permis d'accepter ce qui arrive à Batgirl. Une adaptation ne pouvait que créer un retour de ces controverses, malgré le souhait d'ajouter plus de substance au personnage de Barbara Gordon. Nous reviendrons à ce sujet plus bas. Personnellement, il m'a fallu beaucoup de temps pour me décider à voir l'adaptation et je doute fortement vouloir acheter le comics un jour. Suite à mon visionnage, il me semble que The Killing Joke est avant tout l'histoire de Batman et du Joker, le reste n'est qu’accessoire. Cette relation est souvent mise en avant. Les deux personnages semblent former un couple uni dans la haine l'un de l'autre et une forme de compréhension mutuelle. Dans le film, le principal problème de Batman est d'essayer d'éviter une fin qu'il pense inévitable : la mort de l'un des deux. Le Joker, lui, souhaite prouver quelque chose au Batman. Il souhaite lui prouver que tout le monde peut devenir comme lui dans des circonstances particulières. D'une certaine manière, le Joker montre ici qu'il comprend le Batman et ce qui le pousse puisque, selon le film, la folie provient de l'incapacité à accepter des événements destructeurs. On connait l'origine du Batman, le film nous ajoute des flashbacks pour connaitre celle du Joker, une origine basée sur une très mauvaise journée. La fin est intéressante dans cette optique puisqu'on peut se demander si la dernière blague ne concerne pas les deux personnages et leur relation particulière à leur santé d'esprit.

Cette adaptation se base sur un comics durant lequel Barbara Gordon reçoit une balle à bout portant par le Joker, suite à cela elle se retrouve paralysée et devient Oracle. Cependant, son attaque, dans le comics, n'est qu'un moyen de lancer l'intrigue et de forcer le Batman à chercher le Joker et la commissaire. Pire, le corps de Barbara Gordon, dénudé, est utilisé pour aider à rendre fou James Gordon. Bref, Barbara n'est pas un personnage mais un objet utilisé pour lancer une intrigue. La réalisation de l'adaptation a tenté de passer outre ce problème majeur en ajoutant une demi-heure d'écran à Barbara. Un temps d'écran dont le but, je pense, était de la montrer comme active et capable de prendre ses propres décisions. Malheureusement, ce choix est dénaturé par la manière dont elle est mise en scène. Loin d'être active elle est montrée comme dépendante du Batman. Pire, lors d'une scène elle devient l'amante de Batman. Dès que ce dernier ne lui parle plus elle décide d'abandonner son rôle d'héroïne. Le message est donc que Barbara est devenue Batgirl afin de se rapproche d'un homme dont elle est amoureuse. Ce choix scénaristique lui enlève toutes ses capacités et n'en fait qu'un être sexuel au profit d'un homme distant. Loin de lui donner l'histoire qu'elle mérite cela détruit encore un peu son personnage au sein d'une œuvre déjà dure envers elle.

* L'intrigue original a très mal vieilli, et c'est une bonne chose. Cette adaptation était un très mauvais choix de la part de DC.
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Image : Allociné

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11:40 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : batman, the killing joke, dc | | | |  Facebook

20/01/2018

Three billboards outside Ebbing Missouri / 3 Billboards, les panneaux de la vengeance

TW : mention de viol, harcèlement policier, violences policières, suicide, mention de violences conjugales

Ebbing, une petite ville du Missouri. Elle possède tout ce que ce genre d'endroits doit avoir pour mériter d'y vivre. Il y a une école, un bar, des commerces locaux ainsi qu'une TV locale et une station de police. Il y a aussi un commerce de souvenirs dont l'une des employées est Mildred Hayes. Cette ville possède aussi un mystère. Il y a six mois, la fille de Mildred sortait de chez elle à pied quand elle a été assassinée par des personnes inconnues. Depuis, la police est incapable de trouver la personne coupable. Il n'y a plus de nouvelles et Mildred a l'impression que plus personne ne s'intéresse à résoudre le meurtre de sa fille. Elle décide donc, sur un coup de tête, de louer trois panneaux publicitaires sur lesquels elle s'adresse à la police et, plus précisément, à son chef. Mais son attaque n'est pas appréciée par tout le monde. La ville se divise et, rapidement, la police commence à s'intéresser fortement à Mildred, sa famille et ses ami-e-s.

SPOILERS

Je suis un peu ennuyé par ce film. D'une part, je ne peux qu'apprécier non seulement le jeu des acteurs et actrices et les dialogues écrit pour elleux mais, d'autre part, je pense que le film échoue en ce qui concerne son message. La réalisation a réussi à s'attacher plusieurs personnes que j'ai déjà remarqué ailleurs et qui, ici, réussissent à incarner des personnages complexes. L'écriture est sans excuses, il n'y a pas d'hésitation à utiliser des jurons ou la colère pour mieux faire comprendre son point de vue. Mais elle est aussi utilisée pour mieux faire comprendre le fonctionnement de cette petite ville presque entièrement montrée comme blanche.

Si je le précise c'est parce que le principal problème du film, à mon avis, concerne le traitement des violences policières. Celui-ci existe à deux niveaux. Le premier concerne le chef de la police local, Bill Willoughby. Celui-ci est montré comme une personne ayant de l'expérience. L'incapacité à trouver une personne suspecte ne dépend pas de lui mais des circonstances et il souhaite vraiment offrir justice à Mildred. Cependant, il est aussi aveugle au problème posé par ses hommes, vu qu'il n'y a pas de policières dans ce poste. Selon lui, il est peu utile de lutter contre le racisme policier puisque tous les membres de son poste sont racistes. Il laisse donc faire et accepte une forme de harcèlement raciste. Pire encore, il ne lui faut pas beaucoup de temps pour tenter de faire pression sur Mildred afin qu'elle subisse les conséquences des panneaux qu'elle a loué. Conséquences qui pourraient mener à la prison. Il protège aussi Jason Dixon.

Ce dernier, selon ce qui nous est dit, a torturé un homme noir dans les locaux du poste de police. Mais l'absence de preuves, bien que personne ne doute de ses actes, n'ont pas permis de s'en débarrasser. En fait, il apparait rapidement que Bill fait tout pour le garder pour une raison qui me pose problème. Jason Dixon est montré comme enfantin, il vit toujours chez sa mère et cela donne l'occasion de moqueries, bête, il a redoublé l'académie de police et ne comprend pas les jeux de mots, et violent. Il n'hésite pas à menacer d'arrêter un homme noir qui ne fait que travailler, il revendique ses actes racistes et surtout, vers la moitié du film, on le voit défenestrer un homme pour se défouler puis le tabasser dans la rue. Enfin, il n'hésite pas à une seconde à harceler Mildred de toutes les manières possibles. Au lieu de condamner ces actes le film essaie d'offrir une forme de rédemption à Jason Dixon. Celle-ci prend la forme d'une épreuve d'humiliation, il est publiquement licencié, suivie d'une épreuve physique durant laquelle il est tabassé après avoir été brulé gravement lors d'un incendie. Ces épreuves permettent deux choses : premièrement il découvre enfin une personne suspecte, ensuite il se rapproche de Mildred ce qui permet à l'audience de le voir positivement malgré ses actes de violence couvert par les autorités. La raison de cette rédemption prend son origine dans la pensée de Bill, exprimée à plusieurs reprises. Jason Dixon est, en fait, une personne qui a un bon fond. Sa violence et son racisme ne sont que l'expression d'une douleur interne suite à la mort de son père. Bref, ses actes doivent non seulement être pardonnés mais il faut aussi tenter de le comprendre plutôt que de le condamner. Je ne peux, personnellement, pas souscrire à un tel message, en particulier si l'on prend en compte le contexte des États-Unis en ce qui concerne les violences policières racistes (ce qui ne veut pas dire qu'il n'existe pas de violences en Suisse mais le film ne s'y déroule pas).

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** Bien que la réalisation soit très bonne je ne peux pas accepter le message délivré par cette œuvre.
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Image : Allociné

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14/01/2018

Batman and Harley Quinn

TW : sexisme, harcèlement sexuel

Un soir à Gotham, Poison Ivy et Jason Woodrue cambriolent ensemble pour rapidement partir sans n'avoir rien pris. Mais le Batman comprend rapidement que leur but n'était pas matériel mais de trouver une information. Celle-ci est potentiellement très dangereuse. En effet, Poison Ivy et Jason Woodrue essaient de comprendre ce qui a pu donner vie à Swamp Thing. Pire encore, illes ont kidnappés un expert en armes biologiques. Batman et Nightwing décident de tout faire pour retrouver les deux complices. Mais il est difficile de les suivre. C'est la raison pour laquelle ils décident de chercher Harley Quinn. En effet, sa relation avec Poison Ivy pourrait permettre de mieux la comprendre et de la retrouver. Peut-être même pourrait-elle convaincre son amie de ne pas détruire le monde ? Mais est-il possible de faire confiance en l'ancienne complice du Joker ? Même si elle n'a pas accompli de crimes depuis sa sortie d’Arkham ?

SPOILERS

Ce film est un hommage assumé envers la série Batman des années 90. Une série que je regardais quand j'étais enfant, le matin en week-end. De plus, le titre et le film semblaient vouloir rendre hommage à Harley Quinn, un personnage qui provient de la série susmentionnée. Il m'était difficile de résister à l'envie de revenir en enfance et de revoir un personnage que j'apprécie, et donc la vie est loin d'être sympathique. J'ai rapidement été déçu. Si nous prenons d'abord en compte le "scénario" on comprend vite qu'il est presque inexistant. Ce que l'on nous offre est une forme de road movie avec deux justiciers et Harley. Le format est simple, le trio discute dans la voiture, Harley fait une demande refusée puis Batman accepte et doit gérer Harley. Pire encore, il n'y a pas de fin. Le film se termine abruptement après l'arrivée d'un Swamp Thing qui... ne sert à rien et repart tout aussi rapidement. Les scénaristes nous laissent en plan sans rien savoir, comme s'ils avaient été pris d'une fainéantise intense. J'ai l'impression que l'absence de scénario est aussi basé sur l'envie de faire de l'humour via Harley Quinn. Malheureusement, les "blagues" sont très mauvaises voir de mauvais goût. Ainsi, le film échoue à créer une histoire intéressante et à nous faire rire. Pourtant, il aurait été possible de développer au moins deux thèmes. Premièrement, Poison Ivi et Jason Woodrue peuvent porter une intrigue écologiste forte. Ensuite, il aurait été possible de parler de la difficulté de la sortie de prison et du retour dans une vie active. En effet, Harley Quinn est serveuse dans un bar peu engageant malgré son doctorat. Elle explique dans une scène que ses lettres de candidatures sont toutes refusées à cause de son passé. Mais les scénaristes ont soit refusé soit eu peur de ces deux pistes.

Mais il y a pire. Il y a la manière dont Harley, et les femmes de manière générale, sont utilisées. Comme je l'ai dit, Harley est une serveuse dans un bar. Il faut comprendre que celui-ci est un bar dont le thème est les héroïnes. Les serveuses sont donc en costume, modifiés pour être bien plus révélateurs (même si les costumes classiques sont déjà bien révélateurs). Il nous est rapidement montré que les hommes n'hésitent pas à toucher ces serveuses et à les observer sans leur consentement. Même si l'un des clients est puni par Harley pour son comportement il n'est pas montré comme fondamentalement en tort. Puis, dans le reste du film, il n'y a jamais d'hésitation à montrer Harley dans des postures "sexy" ou peu vêtue. Bref, j'ai du mal à comprendre qu'un tel traitement ait été accepté durant la production puis la sortie. Heureusement, les bonus contiennent deux épisodes de la série animée Batman sur Harley Quinn. Ceux-ci mettent bien plus en valeur le personnage tout en mentionnant le comportement horrible du Joker envers elle.

* Fuyez
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Image : Site officiel

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06/01/2018

Le grand jeu / Molly's Game

TW: Violences

SPOILERS

Molly Bloom est membre d'une famille à l'intérieur de laquelle l'excellence académique et sportive est une règle. Elle est l'une des meilleures skieuses au monde. Mais une chute, qui réveille une ancienne blessure, l'empêche d'être qualifiée pour le JO. Suite à cela, elle décide de prendre une année sabbatique avant son entrée en école de droit. Lors de cette année elle vit de petits boulots de serveuse jusqu'à ce qu'un client la remarque et lui offre un travail d'assistante. Rapidement, elle est aussi chargée d'organiser des soirées poker aux enjeux importants. Petit à petit, elle prend une importance de plus en plus importante dans le monde du poker et organiser des soirées durant lesquelles des millions sont échangés en quelques heures. Mais son nom apparait dans les fichiers du FBI en lien avec des membres de la mafia russe.

Il faut le dire immédiatement, je ne connais rien au poker et je ne connaissais pas le cas Molly Bloom. Ce film est basé sur une autobiographie écrite après une arrestation par le FBI. Je ne sais pas à quel point le film est en accord avec la réalité et ce qui a été plus ou moins romancé. Je ne vais donc pas tenter d'examiner cela mais je vais essayer de mettre en avant quelques petites choses que l'on peut comprendre en regardant ce film. Quasiment immédiatement, la réalisation montre que Molly Bloom ne connait rien au poker. Mais elle apprend rapidement comme le jeu fonctionne et surtout la raison des soirées poker. En effet, le film ne semble pas défendre une forme de jeu de hasard mais un moment de relations sociales. Elles sont de plusieurs formes. Soit des joueurs, je ne crois pas avoir remarqué de joueuses, viennent pour rencontrer des légendes et des stars. Soit le but n'est pas de gagner mais de créer des relations. Ainsi, on observe des personnages qui parlent finances et politiques et donc s'échangent des informatisations qui peuvent permettre de choisir dans quel secteur investir. Mieux encore, certains personnages, je pense en particulier à Bad Brat, usent de ces soirées afin de créer des relations d'investissement. Comme le dit l'actrice, Bad Brat perd tout lors des soirées de jeux mais il en sort avec des millions d'investissement. Le poker n'y est donc pas un simple jeu mais un moyen de rencontres entre des personnes d'une certaine classe sociale.

Le personnage qui crève l'écran, grâce à la prestation de l'actrice Jessica Chastain, est Molly Bloom. Elle est au centre de tout, elle explicite l'intrigue par ses remarques. Elle est décrite comme une femme extrêmement talentueuse et intelligente, avec un entourage féminin du même acabit. Son envie de réussite est en partie expliqué par le film par son éducation, qui serait voué à l'excellence parfois au prix d'une santé physique et mentale (à plusieurs reprises l'actrice nous explique que son personnage est en dépression et dépendante aux drogues pour simplement continuer son travail). Molly Bloom, selon ce film, est la personne la plus intelligente dans un monde d'hommes médiocres ou cruels. Ce qui m'a frappé ce sont les scènes durant lesquelles certains hommes tentent de draguer Molly Bloom et sa réaction de pitié exaspérée. Comme elle l'explique, elle a créé un rêve pour ces hommes mais ce n'est qu'un rêve. Elle n'est pas disponible, ni ses employées. Ce qui est un passe-temps social pour les hommes qui jouent est un travail rémunérateur pour les femmes impliquées. Personnellement, j'aurais tendance à rapproche ce comportement masculin de celui que l'on peut observer dans le cadre de métier de service qui implique une forme de disponibilité féminine, souvent considéré à tort par ces mêmes hommes comme une disponibilité romantique voir sexuelle.

Ce point me permet de passer sur un dernier sujet qui me semble important en ce qui concerne ce film, et qui m'a beaucoup déçu : l'explication du comportement de Molly Bloom. Encore une fois, je ne prétends pas connaitre l'affaire et encore moins la personne. J'essaie de mettre en avant ce que dit le film. Molly Bloom se trouve dans un monde d'homme en tant que femme. Elle est dépeinte au contrôle de ce monde mais dépendant du bon vouloir des hommes, malgré de nombreuses alliées tout aussi talentueuses. Il est révélateur que ces femmes doivent jouer sur leur féminité corporelle pour attirer des hommes, là encore comme travail de "rabattage" et non comme disponibilité en vue d'une relation. À deux reprises, le film montre son personnage principal détruit par des hommes : l'un est une personne pratiquement en faillite et loin d'être sympathique tandis que le second avoue aimer détruire des vies. Ce dernier décide d'attaquer Molly Bloom lorsqu'elle refuse d'accepter son comportement de tricheur et parce qu'elle ne lui parle, selon lui il a droit aux mêmes attentions de la part de Molly Bloom que les autres hommes. Toute l'intrigue du film autours de cette femme se conclut en deux parties. Premièrement, à la fin du film Molly Bloom accepte le jugement et le pouvoir d'un homme sur elle en plaidant coupable. En second lieu, son père apparait et lui explique que son comportement est dû à sa relation conflictuelle avec lui et son besoin de contrôler les hommes. Bref, et malgré ce que souhaite le personnage dans le film, Molly Bloom passe d'une femme extrêmement intelligente à une femme esclave de son besoin de confrontation avec les hommes dû à une forme de relation dysfonctionnelle avec son père, une thèse probablement basée sur Freud. Au lieu d'être actrice Molly Bloom devient victime d'elle-même et en besoin de se réconcilier avec les hommes. Selon moi, le réalisateur montre ici une vision défavorable des femmes qui réussissent et des féministes. Comme une scène de conversation lors d'un repas le montre, la critique féministe de théories psychologiques devient, dans le film en tout cas, un irrespect envers les hommes et, en particulier, la figure du père. Je ne peux qu'être déçu de cette trahison du personnage et, par extension, de Molly Bloom.

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**** J'ai personnellement apprécié le film et sa mise en scène. J'ai aussi aimé la manière de penser Molly Bloom jusqu'à la fin du film lorsque le réalisateur décide d'expliquer son comportement, et sa réussite, par une relation dysfonctionnelle avec son père.
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Image : Site officiel

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11:34 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le grand jeu, molly's game | | | |  Facebook

21/12/2017

Star Wars 8. The last Jedi

SPOILERS

Le premier ordre, sous le leadership de Snoke, du général Hux et de Kylo Ren, a connu une grande perte. La Starbase est détruite et la Résistance sait sur quel monde se trouve Luke Skywalker. Ceci les pousse à agir rapidement. Immédiatement, le Premier Ordre envoie sa flotte détruire la dernière base de la Résistance. Car celle-ci est isolée maintenant que la jeune Nouvelle République a été détruite. Heureusement, la base est évacuée à temps. Mais les pertes sont très importantes et l'Empire fait tout pour détruire les derniers vaisseaux de guerre qui leur font face. Malgré l'héroïsme des soldats de la Résistance l'espoir est bien mince de voir le retour d'une démocratie dans la galaxie. Seul Luke pourrait permettre de gagner une bataille et, qui sait, la guerre. Mais il est nécessaire de la convaincre et de comprendre pour quelle raison il s'est exilé pendant si longtemps.

L'épisode 7 était clairement un hommage à l'épisode 4. Le film reprenait la trame principale de A new Hope tout en l'adaptant en ce qui concerne l'intrigue mais aussi les effets spéciaux et les personnages. On retrouvait donc une planète désertique, une base perdue, la destruction de mondes importants et une machine aussi puissante qu'impressionnantes avec une bataille de la dernière chance. Bien que l'on puisse déplorer un manque de prise de risque de la part de la réalisation j'ai choisi de considérer ce film à la fois comme un hommage et un moyen de faire entrer de nouvelles personnes dans son univers. En effet, il était nécessaire d'attirer les fans de la première et de la seconde trilogie tout en parlant à des personnes qui n'étaient pas forcément nées durant celles-ci. La prise de risque aurait été admirable mais pas forcément une bonne idée pour créer une nouvelle trilogie.

Cet épisode 8 est différent car la réalisation décide de détruire le mythe. En effet, depuis le premier film l'univers Star Wars a été décliné sur de nombreux supports qui l'a largement étendu. Même si la reprise par Disney a annulé une bonne partie de l'univers étendu celui-ci reste tout de même assez important. Il existe 6 films, 2 séries, beaucoup de jeux vidéo et 63 livres (si je ne me trompe pas). Il est difficile de naviguer à l'intérieur d'un tel univers et, souvent, on en sort avec deux points précis : les jedis sont des héro-ïne-s parfait-e-s et les combats de chasseurs sont superbes. Cet épisode 8 s'attaque à ces deux points. Bien que les Jedis aient une part importante dans l'univers de Star Wars illes ne sont pas exempts de critiques. La série The Clone Wars, par exemple, met en avant une partie des dissensions internes et des problèmes que pose la guerre mais aussi les échecs. Tandis que les combats de chasseurs sont spectaculaires mais ne sont qu'une partie d'une guerre. À plusieurs reprises, ces deux points sont remis en cause soit par Luke Skywalker soit par des leader femmes face à des têtes brulées masculines. L'héroïsme et la mythologie de Star Wars sont fondamentalement remis en cause et même, parfois, tournés en ridicule (le premier dialogue entre Finn et Rose est particulièrement savoureux si on l'examine ainsi).

Cependant, la réalisation n'organise pas seulement une destruction de la mythologie. Elle tente de mettre en place une nouvelle forme de mythologie basée non sur le passé, les anciens films, mais sur de nouveaux films et donc des personnages neufs. Une partie prend une importance de plus en plus importante face à d'autres qui refusent de s'impliquer. Lorsque Luke apparait enfin face à la Résistance il ne le fait pas pour gagner une bataille mais pour créer une nouvelle légende. Et celle-ci est ensuite montrée lors des dernières images du film lorsque les personnes les plus humbles de la galaxie se racontent son exploit et l'histoire de la Résistance face à un Empire à la puissance sans mesures. À la fin de ce film, on peut considérer qu'un nouveau mythe est né et que les personnages mis en avant dans le 7 peuvent enfin suivre leur propre voie plutôt que de devoir être des ersatz de ce que l'on connait déjà. Il ne reste plus qu'à voir ce que l'épisode 9 fait de ce qui lui est offert.

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***** J'ai du mal à me décider. Je n'ai pas vu le temps passer, j'ai beaucoup aimé le film, la musique et l'image. Les personnages sont à la fois surprenants et pourtant parfaitement logiques, selon moi. Sans oublier un humour qui n'est pas forcé mais qui nourrit le film. Il y a sûrement des points négatifs mais j'ai du mal à en trouver à la sortie de la salle.

Image : Site officiel

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17:38 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : star wars, the last jedi | | | |  Facebook

16/12/2017

12 jours

TW : hospitalisations psychiatriques, suicides

Ce documentaire s'intéresse au fonctionnement d'une loi française sur l'hospitalisation psychiatrique sous contrainte. Selon la loi, la justice doit vérifier la procédure dans les 12 jours, avec un avocat pour la personne concernée, puis tous les 6 mois. La loi est une chose est l'application en est une autre. Ce documentaire suit de très près les moments lors desquels individus et juges se rencontrent dans un cadre très formel qui permet uniquement de vérifier la procédure et donc de donner le droit aux médecins de continuer l'hospitalisation sous contrainte. La caméra filme plusieurs de ces moments avec des personnes différentes qui essaient d'expliquer, de contester et de demander la parole face au pouvoir médical et judiciaire.

Le documentaire est très sobre et essaie non pas de nous imposer un point de vue mais de présenter des personnes dans leurs rapports avec la justice, et le pouvoir médical par extension. On peut se demander si cette absence du commentaire implique une neutralité face à une procédure qui met en question les droits des personnes, qui doit donc impliquer une surveillance judiciaire étendue. L'image est rarement mouvante. On reste souvent dans une pièce qu'il est difficile de situer, constituée d'un mobilier minimaliste. On sent que tout est mis en place pour créer une atmosphère de formalité. Les cas passent rapidement devant les juges qui donnent leurs décisions immédiatement sauf une fois. Entre deux personnes, la caméra film l'hôpital là aussi sans faire de commentaires. Il est rare que des personnes apparaissent et l'on a l'impression d'un lieu vide, presque mort. Il faut noter une citation de Michel Foucault au début du commentaire, seul commentaire de la réalisation.

Bien qu'il n'y ait pas de commentaires, il me semble que ce documentaire met en évidence la compréhension entre les individus, la justice et le médical. On nous montre plusieurs personnages qui connaissent le système. Leurs propos sont clairs et s’intègrent parfaitement dans le fonctionnement de la procédure, donnant l'impression d'observer un rituel qui débouche toujours sur le même résultat (l'une des juges dit, une fois, qu'elle ne sert à rien en riant. Moment aussi fugace qu'éclairé sur son rôle qui consiste presque uniquement à enregistrer une décision médicale ?). Face à ces personnes qui se disent agir pour le bien des individus entendu-e-s, on a des femmes, des hommes, des jeunes, deux vieux, ... Le point commun est leur incompréhension du fonctionnement de la procédure. Même en acceptant la nécessité d'un traitement ces personnes remettent souvent en cause ce qui leur arrive, voir la contention. Au lieu d'utiliser la procédure, illes peuvent menacer de faire appel au niveau ministériel ou jurer de bien se conduire et de travailler. Comme si ce n'est pas la santé mentale qui importait réellement mais plutôt l'intégration dans un système capitaliste. Ces personnes ont-elles vraiment mal compris la procédure ou savent-elles que ce qui compte est leur normalisation par l'entrée dans un système de production ? J'ai l'impression que les juges ne sont pas dupes, les questions se concentrent aussi bien sur l'état médical que sur les souhaits émotionnels et professionnels.

Je tiens aussi à noter un petit malaise personnel. De nombreuses personnes nous sont montrées dans ce film et, si l'on en croit la réalisation, les lieux et les noms ont été anonymisés. Cependant, ces personnes nous permettent tout de même d'en savoir beaucoup sur elles. On connait une partie de leur passé, de leurs problèmes et leurs espoirs. On les observe tenter de s'exprimer et de se faire entendre dans un cadre qui ne leur est pas destiné, d'où l'accompagnant-e avocat-e. De temps en temps, face aux tentatives d'expressions et de justifications, une partie de la salle s'est mise à rire. Je me demande ce que cela indique de nous lorsque nous rions d'une personne neuro-atypique qui se trouve dans un cadre qu'elle ne maitrise pas, tentant de retrouver une partie de ses capacités de décider librement de ses mouvements.

Image : Allociné

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15:54 Écrit par Hassan dans Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 12 jours | | | |  Facebook

The Snowman

TW : Féminicide, violences masculines

SPOILERS

Oslo, un homme d'âge moyen laisse tomber une bouteille sur le sol. Il est ivre et décide de rentrer chez lui en fumant. Peu de temps après, il se rend à son travail. Son patron lui reproche son absence mais décide de le couvrir. Cet homme n'est pas un simple alcoolique. Il est l'un des enquêteurs les plus célèbres du pays. Ses enquêtes sont étudiées en cours pour former les futurs membres des forces de police. Mais il y a longtemps qu'il n'a pas eu de véritables enquêtes et il vit plus ou moins bien alors que son ex sort avec un médecin. Cela ne l'empêche pas de rester proche d'elle et du fils qu'elle a eu d'un père inconnu. Son univers est bouleversé lorsqu'une jeune policière commence à tenter de comprendre pourquoi plusieurs femmes disparaissent sans raisons apparentes. Il fait le lien entre une lettre qui lui est envoyée et des bonhommes de neige construit sur les lieux des disparitions. Petit à petit, les deux collègues commencent à penser que Oslo est victime d'un tueur en série.

Bien que le film m'ait plu, en particulier pour son ambiance glaciale due à l'hiver, il faut tout de même avoir conscience d'un problème important : la confusion. Certaines personnes, selon ce que j'ai lu, critiquent les nombreux voyages en voitures ou en train. Personnellement, j'ai apprécié ces moments qui permettent, à mon avis, de montrer qu'une enquête peut dépendre du temps nécessaire pour simplement se déplacer. En ce qui me concerne, j'ai eu bien plus de mal à comprendre la temporalité du film. On passe, parfois d'une scène à l'autre, sur des événements passés puis présents sans que l'on comprenne très bien le lien entre les deux périodes. Ce n'est qu'après la moitié du film que la raison devient apparente. Pire encore, la réalisation met en avant de nombreuses intrigues mais la majorité ne sont pas résolues. Ainsi, un médecin semble être présenté comme un souteneur travaillant pour un magnat local de l'industrie, membre d'un mouvement en faveurs des valeurs traditionnelles, mais la question n'est pas résolue. Ce qui implique des scènes étranges qui ne semblent pas forcément avoir leur place dans ce film puisque ce dernier s'en désintéresse. Nous avons donc un film un peu confus qui semble presque ne pas être véritablement terminé.

Cela dit, il me semble que le film ne parle pas simplement de meurtres avec un policier génial mais socialement incapable qui poursuit une personne dans une relation de fascination mutuelle. Selon moi, et je peux l'avoir mal compris, le film met en scène la masculinité toxique et ses conséquences pour les relations e famille. Il n'y a que peu d'hommes qui soient sauvables dans ce film, en faut il n'y en a probablement qu'un seul et encore. Les trois policiers les plus importants sont des alcooliques, et l'un d'eux est violent physiquement avec la femme avec qui il a une relation. Les autres, si j'ai bien compris, considèrent que les femmes avec qui ils ont construit une relation leurs appartiennent et peuvent être violents si cela est refusé. Je place dans ce groupe le magnat de l'industrie qui photographie les femmes comme si elles étaient un trophée à afficher sur un mur virtuel. Ces hommes ont tendance à accuser les femmes d'être responsables de leur comportement. Et notre tueur s'inscrit dans cette excuse. Au lieu de s'attaquer à la personne réellement responsable il est en colère contre sa mère pour son sentiment d'abandon. Il reporte cette colère sur les femmes qui quittent leurs maris ou tentent de vivre seules avec leurs enfants. Selon moi, ce que ce film met en scène est un homme qui haït les femmes dans une société qui normalise les relations problématiques entre hommes et femmes.

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*** Je ne suis pas aussi sévère que d'autres. Le film est confus et semble inachevé mais j'ai été pris par l'intrigue et par la photographie.
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Image : Site officiel

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15:26 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the snowman | | | |  Facebook

08/12/2017

Suburbicon

TW : Racisme, meurtres, sexisme

Aux États-Unis, dans les années 50, de nombreuses petites villes sont construites afin d'atteindre la vision d'une société pacifiée en train de suivre le rêve américain de prospérité et de consommation. L'une de ces villes se nomme Suburbicon. Elle possède sa police, ses pompiers, son hôpital, son école et, bien entendu, une église. C'est une petite ville qui permet de faire vivre près de 60 000 habitant-e-s. Les enfants sont bien élevés et jouent au baseball, les femmes s'occupent de leur ménage et des courses à la perfection, tandis que les hommes suivent leur rôle de père de famille grâce aux nombreuses places de travail à disposition et les facteurs connaissent tout le monde par leur nom. C'est une petite ville parfaite d'une époque de prospérité sans grands changements sociaux. Mais deux choses bouleversent la communauté. Alors que la première famille afro-américaine emménage, les Mayers, un cambriolage, suivi d'un meurtre, secoue la petite ville et la famille Lodge. L'enquête piétine et tout le monde est d'accord sur plusieurs faits : c'est un drame atroce, la ville n'a jamais connu ce genre d'actes, plus précisément la ville n'a pas connu de meurtre avant que les Mayers ne soient présents.

SPOILERS

Je ne suis pas certain que ce film soit raté, mais je ne sais pas s'il est réussi. La production a clairement souhaité mettre en question le privilège blanc. Suburbicon est qualifiée de ville parfaite. Mais c'est une ville entièrement blanche. Il n'y a pas une seule famille qui ne soit pas chrétienne ou d'une autre origine. L'arrivée des Mayers est l'occasion de mettre deux choses en avant. Premièrement, les petites familles parfaites commencent à discuter de la possibilité d’accueillir des personnes d'origine afro-américaine dans leur communauté. Ce débat se fait aussi bien à la radio qu'à la TV ou encore dans les communautés politiques locales. Ce débat est très policé, très civilisé et calme. Il pose la question de la capacité de cette nouvelle famille d'être elle-même capable d'être civilisée. Mais ce débat n'est pas détaché de la réalité. Dans le même temps, des décisions sont prises pour que les Mayers ne soient pas accueillis ni même visibles. On construit une palissade autours de leur maison, on leur refuse des services et surtout on organise un ralliement jours et nuit devant leur maison, sous la protection de la police car cela est considéré comme un droit d'expression. Petit à petit, ceci se transformera d'actes de violences subtiles en une violence meurtrière, utilisant des cocktails Molotov et des drapeaux confédérés. Tout donne à penser que la production voulait mettre en avant qu'un débat raciste, aussi policé et calme soit-il, ne peut que permettre de justifier des actes de discrimination et de violences pouvant culminer à l'émeute potentiellement meurtrière, sans que personne, dans le film, ne se retrouve en prison pour cela.

De ce point de vue je trouve intéressant de mettre cette intrigue, peu développée mais en sous-texte constant, en parallèle de l'intrigue principale du film : le cambriolage et le meurtre de la famille Lodge. Seule une personne meurt et l'on observe les autres membres de la famille tenter de se reconstruire alors que l'enquête piétine. Mais, rapidement, on comprend que les choses ne sont pas aussi simples qu'elles ne le semblent. La relation entre Gardner et Margaret semble normale mais elle devient de plus en plus étrange et dérangeante. Tandis que le fils, Nicky, commence à craindre son entourage. Alors qu'une foule se déchaine contre les Mayers, une famille innocente, une autre famille, les Lodge, mettent en place tranquillement des meurtres et se retrouvent impliqués dans des morts de plus en plus violentes (utilisant des objets de tous les jours que toute maison se doit de posséder), sans que personne ne se doute de rien ou, plus vraisemblablement, ne veuillent savoir. À la fin, Gardner essaie même de placer la culpabilité sur la famille Mayers dans un discours à son fils autour du thème de la responsabilité et de comment devenir adulte. Les Lodge n'ont pu tuer que parce qu'illes sont considéré-e-s comme des personnes modèles, religieuses et travailleuses. Alors qu'illes sont tout le contraire. Est-ce que le film réussi à faire passer son message ? Peut-être, il réussit aussi à rendre absurde ce qui se déroule chez les Lodge comme si la nature se devait de les punir lorsque les humain-e-s ne le font pas. Mais je ne suis pas certain que le film soit réussi.

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*** Un choix difficile, j'ai aimé l'absurde de la conclusion. J'ai compris le parallèle entre les deux familles. Mais je ne suis pas certain d'avoir apprécié le film.
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Image : Allociné

Site officiel

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09:26 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suburbicon | | | |  Facebook

01/12/2017

Coco

Un Pixar qui sort au cinéma c'est toujours un petit événement. Le studio nous a habitué à des histoires aussi drôles que tristes, souvent bien écrites et réalisées. Il est rare que je sois déçu d'un Pixar et, souvent, une scène particulière me reste en mémoire des années après avoir vu le film (je pense à toi Up et ses premières minutes !). Coco est l'histoire d'un jeune garçon de 12 ans, Miguel. Ce dernier est membre d'une famille à la longue tradition dans la conception de chaussures. Celle-ci a commencé plusieurs générations auparavant alors que la première fabricante était abandonnée par son mari, ce dernier souhaitant suivre son rêve de devenir un musicien. Miguel, selon sa famille, doit reprendre l'industrie familiale afin de continuer la tradition. Mais il rêve de marcher sur les pas de son idole : Ernesto de la Cruz le plus grand musicien du monde. Il répudie sa famille et tente de suivre son rêve attirant l'attention de ses ancêtres.

Encore une fois Pixar nous offre une histoire aussi drôle que triste, aussi belle que mélancolique, même si son intrigue est facilement compréhensible. Mais ce n'est pas un problème car la question n'est pas dans l'intrigue mais dans l'histoire. Ce ne sera pas une surprise, je pense que l'un des thèmes majeurs de ce film est la famille. Elle est omniprésente dans le film. Elle suit les moindres pas de Miguel. Là où le jeune adolescent se sent contraint, sa famille essaie de le guider vers ce qu'elle pense être important (ce qui n'exclut pas de faire des erreurs). Dans ce film, la famille est un moyen de soutenir des personnes afin soit de leur offrir un avenir soit de prendre soin de ses membres à la fin de leurs vies.

Cela me permet de faire la transition avec le second thème, celui qui m'a le plus touché : le deuil et la mort. Bien que le film débute sur une présentation de l'histoire de la famille de Miguel on atteint rapidement le jour des morts (une tradition que je ne connais que peu). Lors de cette fête, il est nécessaire de guider les ancêtres de la famille du cimetière à un autel avec les photos des ancêtres. Ceci permet de se souvenir des ancêtres de la famille et de perpétuer leur existence par la réunion des membres vivant-e-s. Cet idée est mise en scène magistralement dans le pays des morts. Bref, Pixar fait encore du très bon.

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***** Allez voir ce film, vite.

Image : Allociné

Site officiel

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11:17 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : coco, pixar, disney | | | |  Facebook

26/11/2017

Happy Birthdead / Happy Death Day

Tree est une jeune étudiante à l'université. Comme tout ce que les films des États-Unis nous montrent sur le sujet, elle n'est pas une très bonne étudiante puisqu'elle préfère en profiter pour faire la fête, trouver des mecs, boire et créer une relation peu éthique avec un professeur marié. Ce lundi, premier jour de la semaine, elle se réveille dans le dortoir du campus dans le lit d'un garçon qu'elle ne connait pas. Elle se rend rapidement au siège de sa sororité auprès de sa colocataire qui lui souhaite un joyeux anniversaire. Alors qu'elle se rend à une fête, le soir même, elle est tuée sur le chemin par une personne habillée de noir et d'un masque. Mais ce n'est que le début de l'histoire car elle se réveille à nouveau, le matin même. Encore et encore et encore elle meurt, se réveille, revit la journée et meure à nouveau. Cependant, cette boucle crée deux opportunités : elle peut réparer sa vie et surtout trouver la personne qui n'arrête pas de la tuer.

SPOILER

Commençons par dire que ce film est plutôt réussi. La plupart du temps, il est assez drôle et réussit à mettre plusieurs indices et événements récurrents pour que nous puissions avoir des idées sur ce qui se déroule. Outre cela, ce film met en place une boucle temporelle typique. Une personne se retrouve coincée dans la même journée et, pour s'échapper, doit comprendre la raison de cette boucle et trouver un moyen de réparer le problème. Beaucoup de films et de séries mettent en place ce type d'intrigue, en particulier dans la SF. Ainsi, on observe l'héroïne enquêter, apprendre ce qui se déroule autour d'elle, être frustrée (parfaitement normal lorsqu'on se réveille avec la même chanson pendant plusieurs jours) et surtout tenter de prendre de nouvelles décisions parfois en sachant que celles-ci n'auront aucunes conséquences. Les boucles ne sont pas qu'un moyen simple de créer une intrigue qui implique du fantastique dans la vie d'une personne, c'est aussi un moyen d'examiner les choix disponibles pour une personne sur une période de temps précise. Souhaite-t-on faire exactement ce que l'on a déjà fait ou préfère-t-on changer un peu les choses, parfois pour tenter de trouver un meilleur choix. Dans ce cadre, le film ne crée rien ni ne révolutionne rien, mais il use d'une manière plutôt maitrisée des possibilités.

Ce film est aussi un teen movie typique. Vous savez, ces films qui mettent en scène des jeunes hommes et femmes vers la fin de l'adolescence et le début de l'âge adulte. Des étudiant-e-s qui essaient de vivre leurs études, leur vie et de trouver qui illes sont et seront. Dans ces films la responsabilité, la sexualité et la vie sont des thèmes majeurs. On les retrouve ici puisque l’héroïne a un passé difficile qu'elle essaie de fuir, fuyant du même coup son père. Elle est aussi membre d'une sororité qui n'est pas très sympathique, elle-même n'étant pas la personne la plus gentille au monde. Le film permet à l'héroïne de prendre conscience de son identité mais aussi de tenter de modifier son comportement avec la possibilité de mieux connaitre et comprendre les personnes qu'elle côtoie, lui permettant de passer d'une vie adolescente délurée à une vie un peu plus adulte (malheureusement mise en scène avec l'entrée dans une relation stable de longue durée, on peut vivre des relations instables et de courte durée et être adulte).

Bien que ce film ne révolutionne pas le genre, il est même assez rapidement oublié à la sortie des salles, je pense qu'il est réussi. En effet, à mon avis, la production maitrise bien l’écriture et l'usage d'un procédé scénaristique ainsi que d'un genre. Sans être entièrement dans l'horreur et l'humour un teen movie de ce genre a besoin de bien doser les ingrédients. Selon moi, ce film le réussit parfaitement, mêlant des scènes humoristiques à des épisodes plus effrayant tout en variant les morts de l'héroïne selon ses choix, utilisant assez bien la boucle temporelle pour les mettre en scène. Au final, il est plaisant à voir et on passe un bon moment, mais le film ne restera pas dans les mémoires.

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**** On ne peut pas parler d'une révolution. Mais on a, selon moi, une bonne maitrise du scénario et de ses conséquences. Oubliable mais sympathique pour passer une bonne soirée avec des ami-e-s lors d'une sortie.
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Image : Site officiel

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09:37 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : happy birthdead, happy death day | | | |  Facebook

18/11/2017

Justice League

Superman est mort. Il a sauvé le monde de l'attaque de Doomsday tandis que l'instigateur de celle-ci passe le reste de sa vie en prison. Mais en perdant Superman la Terre a perdu plus qu'un homme, elle a perdu un phare d'optimisme et son principal gardien. Il ne faudra pas longtemps à l'univers pour avoir connaissance de la mort de l'être le plus puissant de la Terre. Et, lorsque ce sera le cas, il faudra être prêt à la guerre. C'est pourquoi Batman s'est allié à Wonder Woman. Ensemble, illes cherchent des êtres d'une grande puissance capable de se battre pour les innocent-e-s. Mais ces êtres ont tendance à se cacher. De plus, il se pourrait qu'il soit déjà trop tard. Un vieil ennemi s'est réveillé et compte bien se venger des armées de la Terre qui l'ont vaincu autrefois.

Par un tour de force auquel je ne m'attendais pas ce film a réussi à me décevoir alors que je n'en attendais rien. Certes, j'ai beaucoup apprécié Wonder Woman malgré quelques problèmes. Cependant, Suicide Squad m'a vacciné de toutes attentes envers les films du DCEU, envers lesquels je n'ai que peu confiance au vu de la communication chaotique qui est faites autours de ces films. Cependant, on peut toujours être surpris.

Soyons honnête, le début du film est une réussite. Bien que cela soit construit sur un manque, jamais Superman n'a pu remplir ce rôle en deux films, Justice League débute sur un monde en deuil après la mort de son plus grand héros, et du seul connu avec Batman. Ce deuil est partagé par Batman et Wonder Woman qui continuent à se battre pour sauver des personnes. Malheureusement, très rapidement, le film devient très moche. Il y a trop d'effets spéciaux manqués sur des personnages dont j'ai détesté le design. Je parle aussi bien du grand méchant sans intérêt que de Cyborg ou encore de Flash dont je n'aime pas le costume. Pire encore, les dialogues me semblent forcés. À plusieurs reprises, des phrases sont censées être drôles mais j'ai eu l'impression que l'on tentait trop de me faire rire et, donc, ça n'a pas fonctionné (en fait je riais du film plus qu'avec le film).

Un autre problème concerne les personnages et les acteurs. Bien que la plupart d'entrelleux soient bons ils ne semblent pas à leur place, comme s'il manquait une véritable vision, un esprit d'équipe, une envie d'être présent. Mais c'est aussi leur caractérisation qui peut être trop rapide, le film doit en introduire un certain nombre avant de réellement démarrer. L'acteur qui joue Cyborg, par exemple, n'a presque pas la possibilité de jouer puisque son corps est presque intégralement en effets spéciaux. Flash est censé être intelligent mais il est écrit comme un idiot inutile. Le jeu pour Batman et celui pour Superman sont tout aussi problématique puisqu'ils donnent l'impression de ne pas vouloir se trouver là. À mon avis, seul Gal Gadot aurait pu permettre de donner une consistance au groupe si la réalisation lui avait donné un rôle de leadership. Malheureusement, elle est presque toujours au second plan alors que Superman est bien trop présent.

Au final, j'ai l'impression d'un gros gâchis. On a tous les ingrédients qui pourraient permettre de faire un film intéressant mais ça ne fonctionne pas. On ne se prend pas d'affection pour les personnages. On ne comprend pas le déroulement de l'intrigue entre Batman V Superman et Justice League. Le méchant n'a aucune consistance. Les combats sont mous, mis à part un flashback bien réussi. Et surtout on n'a pas l'impression qu'il y ait construction d'un véritable danger. Bien que ce film ne soit pas le pire qui ait été produit dans cet univers il est tout de même très décevant.

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*** Le film n'est pas mauvais, il est sans intérêt. Médiocre malgré des personnages et des idées intéressantes mais qui ne sont pas bien mises en scènes ni bien écrites.
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Image : Site officiel

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20:52 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justice league, dc, dceu | | | |  Facebook

12/11/2017

Seven Sisters / What happened to Monday?

TW : Meurtres

Dans quelques années la surpopulation et le réchauffement climatique auront ravagé le monde. Des famines jusqu'alors inconnues tueront tout le monde. Mais le monde occidental à la solution : les aliments transgéniques capables de survivre dans des conditions extrêmes. Malheureusement, cette même solution augmente dramatiquement la fertilité, les jumeaux ainsi que les mutations génétiques. En Europe, une solution est trouvée pour baisser drastiquement la population humaine dans le but d'éviter d'étouffer la planète. Toutes les familles n'ont droit qu'à un seul et unique enfant. Les sœurs et frères sont cryogénisé-e-s afin d'être réveillé-e-s dans un futur meilleur. Mais un homme décide de passer outre. Il décide d'élever 7 sœurs et de leur permettre de se défendre et de vivre dans un monde qui les considère comme des criminelles. Tout se passe bien, mais un jour l'une d'entre-elles disparaît.

Ce film est particulièrement bien servi par ses actrices. Mis à part quelques dialogues un peu redondant le jeu est presque parfait, et me rappelle Tatiana Maslany dans Orphan Black pour des raisons évidentes. La photo et les décors sont aussi très réussi. Un mélange de futuriste, de moderne et de décrépi avec des rues à la fois familières et étranges. J'ai particulièrement apprécié les affiches dans les rues. Comme toute bonne SF, le film est résolument inscrit dans notre présent. Nos peurs actuelles et nos craintes pour le futur y sont décrites et considérées comme déjà en cours. La lutte contre le réchauffement climatique a échoué et ses conséquences sont dramatiques, non seulement écologiquement mais aussi pour la société.

L'un des aspects les plus spectaculaires de ce danger et de ce changement et le contrôle militaire et policier intense qui nous est montré. Les rues sont constellées de militaires en armes prêt-e-s à tirer. Les purges ne sont pas rares et même quotidiennes au nom de la loi. Les routes sont divisées par des checkpoints et tout le monde doit porter un bracelet d'identification. Ce contrôle me rappelle La Zone du Dehors d'Alain Damasio. Là aussi, l'auteur décrit une division spatiale de la ville qui permet un contrôle accru et facilité des populations. La possibilité de bouger librement est réduite au nom d'une sécurité, dans le film elle est réduite au nom du contrôle de la légalité des personnes. Bien que cela soit dit, il est dommage que le film ne montre pas de manière plus importante les conséquences sur les personnes les plus pauvres qui sont probablement aussi les plus criminalisées par le système.

Malheureusement, le film souffre d'exister après plus de 50 ans d'histoire de la SF post-guerre, que ce soit au cinéma ou dans les livres. Toutes personnes qui a une culture un peu étendue de la SF et des uchronies, que ce soient les plus anciennes ou les plus récentes, sait immédiatement que ce que l'on nous présente cache quelque chose de sinistre (que je ne décrirais pas). Il est dommage d'avoir fait ce choix. De nombreuses autres pistes étaient possibles. Il aurait été mieux de complexifier non seulement les personnages mais aussi l'intrigue. Pourquoi ne pas avoir décrit une propagande intense qui aurait rendu les fratries non seulement illégales mais aussi haïe ? Pourquoi est-il nécessaire de créer un secret horrible alors qu'il aurait été possible de montrer 7 sœurs luttant contre un système "juste", des personnes illégales en danger d'être arrêtées à tous moments ? Mais surtout, pourquoi les humain-e-s de ce film ont fait ce choix, d'autres possibilités de baisser la population existent et seraient probablement plus efficaces.

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*** Le film contient de nombreux problèmes et incohérences et ne prend pas le temps de développer ses personnages ni son environnement. Mais il est servi par des décors magnifiques et une actrice, Noomi Rapace, en pleine forme.
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Image : Allociné

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15/10/2017

Blade Runner 2049

Blade Runner est un film culte qui adapte, très librement, une histoire de Philip K. Dick (dont les créations sont souvent adaptées au cinéma bien qu'il soit mort avant de connaitre cela). Le premier film date de 1982 et on pourrait craindre que sa suite casse le mythe. J'ai craint ce film, je ne savais pas ce qu'il allait donner et son réalisateur s'est attaqué à un monument. Cependant, depuis quelques films j'apprécie de plus en plus Denis Villeneuve, dont la photographie me semble toujours très travaillée ainsi que le choix musical. J'ai donc décidé de donner sa chance à cette suite puisque le réalisateur semblait être capable d'imposer un véritable choix artistique plutôt que de simplement suivre les envies des studios.

Comme son titre l'annonce, le film se déroule en 2049. Suite aux évènements du dernier film les industries Tyrell ont fait faillite et sont rachetées par les industries Wallace, spécialisées dans la création de nourriture synthétique. Suite à ce rachat, les Réplicants sont construits à nouveau mais ils ont été rendus beaucoup plus dociles et faciles à identifier. Cependant, la chasse aux anciens modèles continue dans le cadre d'une unité de police spécialisée. K est un Réplicant qui fait partie de cette unité. Lorsqu'il chasse et abat un ancien modèle il découvre quelque chose qui n'aurait jamais dû être possible. Ce qui le pousse à creuser dans le passé et retrouver Duckard.

Que l'on soit clair, je ne sais pas exactement que penser de ce film. Selon moi, on a une œuvre dense. Les scènes prennent le temps de se mettre en place. Les dialogues sont nombreux et calmes, avec peu de scènes d'action. Il y a surtout énormément d'informations qui nous sont envoyées, dont une partie de référence au premier film, sans véritables explications. Ainsi, on ne sait pas grand-chose de la période entre le premier et le second film alors qu'il semble que celle-ci connait des événements très importants. De plus, le film laisse ouvert un certain nombre d'intrigues qui pourraient permettre une nouvelle suite sans, pour autant, la rendre nécessaire.

C'est aussi un beau film. Bien que l'image soit très sale, parfois bouchée. J'ai énormément apprécié la photographie. Là aussi, nous avons un certain nombre de références au premier film. Mais aussi la création d'un univers urbain sale, empli de personnes, de pollutions et de publicités. On a véritablement l'impression que des personnes vivent et habitent. L'un des autres décors les plus impressionnant, à mon avis, est celui du lieu de vie de Duckard. Un milieu presque sans vie, qui ne bouge plus et qui ne fait aucun bruit au contraire de Los Angeles. Les scènes sont constellées de buildings mais aussi d'énormes statues dont on aperçoit que des parties. Les décors sont à la fois futuristes et basés sur le futur mis en place dans le premier film (ce qui permet d'observer des publicités de productions industrielles de l'URSS, une petite référence que j'ai beaucoup appréciée). Par contre, j'ai moins aimé la musique que je trouve moins intéressantes. Presque trop déconnectée du film, en dehors d'une scène superbe dans un théâtre.

Il faut aussi mentionner la place des personnages féminins. Que l'on soit clair, le film ne passe pas le Bechdel. En fait, la plupart des femmes de ce film sont des objets plutôt que des êtres. Il y en a quatre qui sont développées. La première est la cheffe de la police dont on ne connait presque rien. La seconde est l'assistante de Wallace, une personne capable de violence sur ordre. Enfin, nous avons une réplicante prostituée et une IA. Bien que le film se déroule dans le futur les femmes sont donc majoritairement en positions subalternes, voir de services envers les besoins des hommes. Ainsi, la réplicante s’intègre parfaitement dans une société qui considère qu'une partie du monde est subalterne, et qui n'hésite pas à utiliser des femmes, artificielle ou non, pour ses besoins sexuels. L'IA s'intègre dans le même système. Son but est de remplacer une femme réelle pour des hommes. Ceci non seulement par des services, cuisine par exemple, mais aussi et surtout par la vue. À plusieurs reprises, l'IA essaie de plaire à la personne qui la possède, mot que je choisis à dessein. Blade Runner non seulement se place en miroir de notre société patriarcale mais annonce ce que la création des IA et la robotique peut impliquer en termes de sexualité masculine : prostitution robotique et IA maternelle de remplacement.

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**** Beau, moins compliqué que je le craignais mais je ne suis pas certain de l'avoir apprécié malgré ce que je considère comme des qualités.
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18:42 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blade runner | | | |  Facebook

12/10/2017

Kingsman: the golden circle / Kingsman: le cercle d'or

Le monde fut sauvé par un jeune des banlieues londoniennes. Il n'était qu’un voyou sur la route de la petite délinquance mais un homme l'a observé. Cet homme a décidé de le recruter au sein d'une agence de renseignement privée : les Kingsman. Celle-ci est chargée de garder la paix dans le monde en dehors des considérations politiques. Son recrutement a permis le sauvetage de millions de personnes. Depuis, un an a passé et le jeune Eggsy est toujours membre des Kingsman tandis qu'il est le petit ami d'une princesse. Tout va très bien. Mais l'agence est attaquée. Une ancienne recrue tente de le tuer. Bien qu'Eggsy s'en sorte il essaie de comprendre qui pourrait se cacher derrière l'attaque. Mais seuls deux mots lancent l’enquête : Golden Circle.

Lorsque j'étais revenu du premier volet j'étais très dubitatif. Bien que les scènes d'actions soient très réussies et que l'idée est intéressante j'avais du mal avec l'omniprésence de la sexualité dans le film. En particulier, j'avais détesté la fin qui impliquait que le sexe est une récompense pour les activités des hommes. Ce second volet reste dans la même veine. Il va même plus loin puisque l'un des gadgets n'est pas assez sophistiqué pour ne pas impliquer de relations sexuelles. C'était peu utile. Cependant, en matière de bons points, il faut dire que le film est maitrisé. Bien que l'on puisse se poser des questions sur la nécessité de certaines scènes il apparait que le film utilise tout ce qu'il met en place. Je n'ai pas eu l'impression que les personnages ont oublié quelque chose qu'on leur a dit qui aurait pu les aider. C'est plutôt agréable. De plus, le parallèle entre Kingsman et Statesman, agences cousines, est facile mais assez drôle et logique.

Le thème choisi pour ce second volet est plutôt osé. On peut, en effet, se poser la question de la logique de la guerre contre la drogue et des réactions politiques des États-Unis face à celle-ci. Cependant, il est dommage que le film passe totalement à côté d'un minimum de réflexion sur le sujet. En dehors de l'idée que la drogue peut être utilisée de manière récréative mais qu'elle reste dangereuse la réalisation ne met pas en question le coût de la guerre contre les drogues et les conséquences sociales de celle-ci. En fait, je pense que la réalisation voulait simplement attirer en parlant de drogue mais ne pas risquer de controverses en construisant une réflexion, même simplifiée.

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*** Le film n'est pas mauvais techniquement. Mais il est assez peu intéressant comme suite, problématique sur certains sujets et je l'oublierais immédiatement.
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Image : Site officiel

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29/09/2017

American Made / Barry Seal: American Traffic

Barry Seal est un conducteur de bus. Certes, ces bus sont d'énormes engins capables de voler sur des centaines de Km avec une puissance sans égal. Cependant, ça reste un bu avec des procédures longues et fastidieuses ainsi qu'un manque total de surprises. Mais Barry Seal est aussi un trafiquant. Il fait venir des cigares cubains aux USA. Malheureusement pour lui, il est observé et la CIA décide de lui mettre un peu la pression. Le but est de lui proposer de construire sa propre entreprise de transport en avion. Celle-ci fonctionnerait légalement mais, en sous-main, il prendrait des photos de groupes de combattants communistes. Petit à petit, Barry Seal est impliqué dans un trafic de plus en plus important impliquant aussi bien des armes, des personnes que de la drogue.

Il faut le dire tout de suite, ce film me semble très romancé. Bien entendu, la réalisation annonce s'être inspirée de faits réels et, donc, il est fortement possible que certaines choses aient été lissées afin de donner une bonne scène. Par exemple, la scène de démission de Barry Seal n'est pas en adéquation avec son licenciement pour trafic d'explosif lors d'un faux congé maladie. En fait, il me semble que tout a été fait pour que Barry Seal ressemble à un héros américain. Ce n'est pas un tueur. Son crime est d'être une personne capable d'exploits que d'autres pilotes ne peuvent pas égaler et d'offrir ses talents à tout le monde. Barry Seal, tel qu'il a été écrit, me semble être l'incarnation du self made man américain. La CIA lui offre des choses mais il est uniquement responsable de ce qu'il en fait et devient l'homme le plus riche de sa région, ce qui lui permet d'aider un peu ses compatriotes.

Cette romance se retrouve dans le cadre de l'agent de la CIA tel qu'il est dépeint. De l'extérieur, il nous donne l'impression d'un doux dingue qui adore monter des opérations compliquées (tout en dansant devant des avions). J'ai tendance à y mettre une forme de romance des années de la Guerre Froide. Oui il y avait des risques et des problèmes. Mais les USA savaient être le plus grand pays du monde, celui qui défendait la liberté. Ses actions ne peuvent qu'être légitimes. On se trouve aussi avant les grands scandales concernant les activités de la CIA en matière de soutien à es groupes armés mais aussi de trafics d'armes et de drogues. Cependant, ce même agent est aussi dépeint comme particulièrement intelligent et faisant partie d'une agence au fonctionnement sans failles. Dès que Barry est abandonné tout est détruit et rien ne permet plus de lier les deux.

Bref, ce film est agréable, assez drôle et fonctionne assez bien. L'idée de le découper comme si on suivait le récit filmé de Barry sur cassettes vidéo est bien trouvé. Mais c'est aussi un film fasciné par son personnage qu'il ne peut pas dépeindre en nuance de gris. Barry Seal est nécessairement un héros et sa vie doit être reconstruire pour le montrer. On ne peut pas non plus trop critiquer les activités des USA. Un communiste est un criminel et il faut le montrer, même s'il semble que ces preuves soient moins convaincantes que le film ne le laisse croire. Bref, c'est un film qui défend un point de vue sur son héros : un homme exceptionnel pris dans des évènements exceptionnels.

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**** Une fin que j'accepte pour une série qui promet beaucoup, tout en ne donnant que peu de réponses.
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Image : Allociné

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28/09/2017

Le jeune Karl Marx

Le XIXème siècle, une troupe de policiers se massent devant un bâtiment à l'aspect peu amène. À l'intérieur on trouve plusieurs intellectuels allemands qui éditent, et écrivent, une revue maintenant interdite. Ils vont être arrêté, parmi eux se trouve Karl Marx. En Angleterre, une usine de filature est sabotée. Le patron décide de licencier les meneuses ainsi que les personnes qui ne souhaitent pas travailler, à la grande colère des ouvrières. Son fils est présent, un certain Friedrich Engels. Une bonne partie de l'Europe sépare ces deux personnages, ainsi que d'autres grands théoriciens de la lutte ouvrière. Mais ces personnes se lisent mutuellement, se critiquent et, parfois se rencontrent et tentent d'organiser la lutte ouvrière. La rencontre entre Karl Marx et Friedrich Engels est explosive, elle débouche sur une action sans fin ainsi que la création d'un texte fondateur : le manifeste du parti communiste.

Adapter la vie de Karl Marx, ou ses écrits, est difficile. Marx lui-même n'est pas facile à lire. La réalisation a eu la bonne idée de ne pas adapter sa vie ou ses écrits, mais de mettre en scène une époque. Une époque durant laquelle Karl Marx rencontre de nombreuses personnes et écrit beaucoup, mais n'est pas lu par tout le monde. La réalisation nous montre une personne en colère qui essaie d'écrire afin d'offrir non des concepts mais une théorie pratique qui devrait permettre de fonder un programme, une lutte. Ce que l'on nous montre, d'une certaine manière, c'est le début de la pensée du Capitale, alors que Marx est pauvre, expulsé et souvent seul car il se fâche avec beaucoup de monde.

Cependant, j'ai un problème avec ce film. Ce n'est ni les acteurs ni la réalisation. J'ai bien apprécié les différents personnages et la manière dont illes sont joué-e-s. Bien qu'il soit dommage que les différences entre les droits des femmes et des hommes ne soient pas explicitées. J'ai aussi apprécié l'aspect très "sale" mis en place. On se croirait à l'époque, alors que les villes grouillent de personnes pauvres, enfermées dans ce que l'on nomme les bas-fonds. J'ai apprécié que l'on insiste sur la répression exercée contre ces penseurs. Et surtout, tout aussi important, le problème posé par la propagande en faveurs de la lutte ouvrière alors que l'on est, soi-même, un bourgeois voir un fabriquant qui gagne sa richesse sur le travail d'ouvriers et d'ouvrières sous payé-e-s.

Le problème n'est pas là, ce qui m'a ennuyé dans ce film c'est qu'il ne nous donne presque aucune idée de la raison des différences théoriques et des souhaits de Marx et Engels. À plusieurs reprises, on rencontre d'autres penseurs qui sont souvent critiqués derrière leur dos. Mais pour quelles raisons ces critiques existent-elles ? Pourquoi Marx et Engels sont-ils contre telle ou telle personne ? Le film ne nous donne aucune réponse car il ne prend pas le risque d'exprimer la pensée de Marx et Engels. Pire encore, il semble que le film essaie de nous montrer les deux jeunes hommes tenter une prise de contrôle. Mais, là encore, rien ne nous est expliqué. On se contente de ridiculiser l'adversaire sans expliquer les raisons du désaccord. Le film n’approfondit pas assez et cela nous empêche de comprendre ce que l'on regarde.

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*** Bien que l'un des points de l'intrigue soit résolu celle-ci ne m'a pas convaincu. Cependant, j'apprécie tout de même encore les personnages et leur développement.
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08:59 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le jeune karl marx | | | |  Facebook

14/08/2017

The dark tower / La tour sombre

L'univers n'est pas tel qu'on le croit. Outre notre monde, la Terre, il existe une multitude de terres plus ou moins différentes. Ces terres sont protégées par une tour qui empêche le chaos extérieur d'atteindre les êtres vivants. Mais la tour est attaquée. Sur monde différent du nôtre une guerre a lieu entre un homme en noir qui utilise des enfants afin de détruire la tour et le dernier pistolero dont le devoir sacré est de la défendre. Mais cette guerre est aussi devenue une histoire de revanche entre deux êtres que la mort rejoint. Sur notre terre, à New York, un enfant voit ces évènements lors de son sommeil. Bien que nous n'en ayons pas conscience il fait partie des rares êtres qui possèdent un don, le sien est tellement fort qu'il pourrait bien détruire la tour à lui tout seul.

Je vais d'abord parler des bons points. Les acteurs et actrices sont convaincantes. Les rôles semblent avoir été bien distribués et on apprécie beaucoup les relations entre les différents personnages, en particulier entre l'homme en noir et le pistolero. L'univers de Stephen King me semble bien mis en scène. Le passage d'un monde à l'autre est réussi et permet avec brio de donner une impression de familiarité étrange. Mieux encore, le fonctionnement d'une société alternative à la nôtre me semble réussi.

Malheureusement, le film a un gros problème : son univers. Celui-ci n'est pratiquement pas expliqué. Bien que certaines références pourraient donner l'impression que l'on ouvre la voie à des suites, ce qui serait possible, j'ai eu l'impression de manquer d'informations pour réellement comprendre les enjeux de l'intrigue. Le fonctionnement de cet univers n'est presque pas expliqué et l'on ne comprend pas pourquoi la tour est si importance ni pour quelle raison certaines personnes souhaitent la détruire. Pire encore, on ne comprend pas les pouvoirs de Jack Chambers. Dès le début, on nous explique que ces pouvoirs sont importants et parmi les plus puissants ce cet univers. Mais jamais ceux-ci ne sont expliqués ni montrés. Ce qui rend la fin du film un peu difficile à accepter puisque jamais on ne nous montre ces pouvoirs et leurs limites.

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*** Il me manque beaucoup d'informations sur le contexte de l'intrigue pour pouvoir réellement juger de l'adaptation.
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Image : Site officiel

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30/07/2017

Valerian et Laureline et la cité des 1000 planètes / Valerian and Laureline and the city of a thousand planets

Durant le XXème siècle une rencontre eu lieu entre un vaisseau américain et un vaisseau soviétique, en apesanteur deux hommes de pays ennemis se sont serrés la main. Le film commence sur ce symbole et le continue alors que de nombreux pays entrent dans la course à l'espace et joignent leurs efforts en liant leur vaisseau à une station spatiale en construction. La technologie avance et l'humanité s'unir petit à petit. Mais, un jour, le vaisseau n'est pas humain mais alien. Pour la première fois dans l'histoire humaine une poignée de main a lieu entre notre espèce et une autre. La station continue à grandir alors que de nombreuses espèces s'y joignent. Nommées Alpha elle est le symbole de la paix et de la recherche du savoir entre toutes les espèces de l'univers. Mais il existe une menace au centre de la station. Deux agents sont chargé-e-s d’investiguer : Laureline et Valerian.

Je suis très ennuyé pour parler de ce film. Premièrement, il est beau. Les effets spéciaux sont convaincants, Luc Besson s'est lâché et essaie de mettre en place une grande diversité dans les espèces et les décors (même si certains ne sont vu que brièvement). Il est difficile de ne pas être happé par cet univers qui commence d'une manière très optimiste, un lien pacifique entre plusieurs peuples et espèces, et termine par la nécessité de suivre une certaine morale. J'ai beaucoup apprécié que les contacts aient lieu de manière pacifique. Trop souvent, à mon gout, un contact est vu comme l'occasion d'une guerre et non d'un essai de vivre ensemble. Alpha est, en fait, le symbole du multiculturalisme malgré la centralité des hommes blancs (et je dis hommes car les femmes sont presque inexistantes). J'ai aussi apprécié l'intrigue principale qui permet de lever le voile sur un secret. Bien entendu, on devine assez rapidement que tout n'est pas aussi simple qu'on nous le présente mais ça reste intéressant.

Par contre, j'ai détesté une chose précise du film. Cette chose est Valerian. J'ai bien aimé Laureline qui est efficace est professionnelle. Valerian, par contre, est lourd. Dès le début du film il ne fait que tenter d'expliquer encore et encore pour quelle raison Laureline devrait accepter de se marier avec lui. Pourquoi est-il si important de répéter une question à laquelle une réponse a déjà été donnée sous la forme d'un catégorique non ? De plus, je ne crois pas en leur couple. Il n'y a aucune chaleur entre les deux et la confiance que porte Valerian en Laureline ne lui sert qu'à prouver qu'il serait un nice guy... On ne croit donc ni à la réalité de leur relation ni à la sincérité de Valerian et cela implique qu'il est difficile de s'y intéresser alors que ce gros lourd de Valerian tente de draguer.

Je suis donc très mitigé. D'une part j'ai apprécié l'intrigue et le spectacle d'une station intégrant une grande diversité, ce qui se rapproche d'un mass effect. De l'autre, je n'ai pas été convaincu par le couple formé par Valerian et Laureline et j'ai l'impression que beaucoup d'aspects ont été réglés un peu trop rapidement. La réalisation, Luc Besson, aurait pu mieux développer l'aspect moral, la diversité et le respect des cultures de l'univers et du monde.

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*** Choix par défaut car je ne sais trop quoi en penser.
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Image : Site officiel

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21/07/2017

Dunkirk / Dunkerque

Comme beaucoup de monde, j'ai commencé à m'intéresser à ce film lorsque la bande annonce est sortie. J'apprécie Nolan et ses œuvres que je trouve plutôt, en règle générale, maitrisées. Je me demandais ce que ferait Nolan face à un événement tel que l'évacuation de Dunkerque lors de la Seconde guerre mondiale. Le film commence dans les rues de la ville. On suit un jeune soldat qui ne fait que chercher à aller aux toilettes et à fumer. Mais Dunkerque est pratiquement complétement sous le contrôle des forces allemandes. Sur la plage, près de 400 000 soldats attentent l'évacuation des troupes. Mais les navires sont peu nombreux, les quais encore moins présents et la Royal air force presque invisible. Pendant ce temps, l'aviation allemande et l’artillerie pilonnent la plage tandis que des u-boat patrouillent. L'évacuation semble impossible.

Ce dont je vais parler peut être considéré comme un point faible, mais je ne suis pas d'accord. Le film ne crée pas de héros flamboyant dont on suit les aventures. La réalisation, à la place, a décidé de suivre plusieurs personnages dont on connait à peine les noms. Ces différentes personnes permettent de parler aussi bien de la place, de la mer que de l'air en suivant, sur une chronologie commune, leurs aventures pour évacuer Dunkerque. Il n'y a pas une seule personne, il y a une multitude de personnes qui essaient simplement de survivre. Les combats, face à face, sont très rares et, la plupart du temps, l'ennemi ainsi que l'ami ne sont que des anonymes que l'on rencontre au hasard de la journée. D'ailleurs, jamais on ne voit un seul visage allemand. Ce sont soit des tirs, soit de l’artillerie soit des avions de chasse ou des bombardiers. Cette dépersonnalisation permet de peindre une guerre loin d'être glorieuse. Une guerre durant laquelle la vie n'a que peu de valeurs. En suivant les différents personnages anonymes ont ne peut que penser aux nombreux autres soldats morts, sans que jamais l'on ne connaisse leurs noms. Tout le monde est en danger.

Autant le film ne crée pas de héros autant il ne parle pas d'héroïsme au sens classique des films de guerre. Une dernière charge glorieuse durant laquelle les ennemis tombent sous les balles n'existe pas. Au contraire, le seul héroïsme, dans ce film, est celui qui consiste à sauver d'autres personnes. Alors que les militaires sont pratiquement inactifs, passant leur temps à attendre ou boire du thé. La RAF est montrée comme une force qui tente de protéger le plus de personnes en abattant les chasseurs et bombardiers allemands. Mieux encore, ce sont les civils qui sont les plus héroïques. Ces nombreux bateaux qui se sont rendus à Dunkerque afin d'aider l'évacuation des soldats. Ainsi, le film semble nous expliquer que tuer n'est pas héroïque, sauver au prix possible de sa vie, par contre, est la quintessence de l'héroïsme.

Le film est beau, la musique est parfaite et accompagne les évènements au lieu de les forcer, la réalisation est maitrisée. Mais les critiques français-e-s et des historien-ne-s de la guerre ont mis en avant deux manques importants. Premièrement, on ne comprend rien à l'évènement. On ne sait pas pour quelle raison l'évacuation a lieu ne la raison pour laquelle les forces allemandes n'attaquent que peu. On peut expliquer cela par la nécessité de rester au niveau des simples soldats qui ne savent pas pour quelles raisons les batailles se déroulent, devant faire confiance aux officiers. Un manque plus important concerne les français. On ne les voit pratiquement jamais sauf lors d'une barricade et un jeune soldat qui essaie de fuir. Bien que l'évacuation, selon mes lectures de novice en ce qui concerne l'histoire de la guerre, ait été rendue possible par la résistance acharnée des français, ceux-ci ne sont jamais présent. Tout se passe comme si les anglais sont les seuls à sa battre. Ce manquement est probablement le plus gros problème du film puisque l'effacement de la résistance française, et de leur destin tragique puisque ces troupes seront emprisonnées et maltraitées, efface une grande partie de l'histoire de la bataille et de sa complexité ainsi que des conséquences.

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**** Un film maitrisé, une image et une musique qui fonctionnent parfaitement, de très bonnes idées. Il est dommage de n'avoir pris en compte que les troupes britanniques.
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08:46 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dunkerque, dunkirk, nolan | | | |  Facebook

14/07/2017

Spider-Man Homecoming

Spider-Man est encore rebooté. Mais cette fois Sony n'est pas seul et laisser Disney, et marvel, utiliser son jouet et l'impliquer dans le MCU, ce que l'on a vu dès Captain America Civil War (aka Avengers 2.5). On connait tous les origines de Spider-Man donc, cette fois, nous n'aurons pas d'origin story, et c'est un soulagement. À la place, on nous donne un jeune héros, encore peu expérimenté, qui agit surtout dans son quartier. C'est un enfant de 15 ans qui, fasciné par les Avengers, décide de faire de même. Ainsi, il aide les personnes de son quartier, il arrête de petits crimes et donne des indications aux personnes perdues. Mais Peter Parker est certain d'être destiné à de grandes choses. Son impression est renforcée quand il arrête un cambriolage commis avec des armes d'une technologie de pointe. Il décide d'enquêter et d'arrêter les trafiquants seul malgré les mises e garde de Tony Stark.

Durant de nombreuses années je me suis demandé, regardant le MCU, mais qu'en est-il des conséquences ? Jamais, ou rarement, les réalisations nous parlent des implications de la création des Avengers et du comportement des différents membres. Les Avengers peuvent raser trois villes, Captain America et Black Widow peuvent détruire le quartier général d'une agence de renseignement, Thor peut détruire Londres mais les conséquences ne sont presque jamais montrées. Captain America Civil War était une tentative modeste qui a largement échoué à poser des questions importantes pour le MCU mais aussi pour nous (le rôle des drones, le rôle des armées privées, la relation avec le droit international). Dans ce film, enfin, on observe des conséquences. Les destructions causées par les différents personnages que l'on connait sont montrées et la manière de les traiter est expliquée. Il est parfaitement logique que des équipes de démolitions et de nettoyages soient envoyés dans les lieux qui ont connu des batailles. Tout comme il est logique que le gouvernement s'arroge des droits sur les technologies que l'on y trouve. Mieux encore, les débris sont utilisés afin de créer de nouvelles armes, sous le manteau. Ce film est lié intimement au reste du MCU non par les personnages mais par les décors et l'intrigue qui dépendent des autres films.

L'une des conséquences est le vilain du film. Andrian Toomes est d'abord un travailler qui essaie de faire vivre sa famille. Son envie d'éviter la pauvreté le conduit à prendre le contrat de nettoyage offert par la ville, qui lui est volé par le gouvernement (et Tony Stark). Toomes décide donc de garder ce qu'il possède déjà, d'en faire des armes et de voler la technologie récupérée par le gouvernement pour la vendre sous le manteau. Toomes n'est donc un vilain parce qu'il veut détruire le monde ou par jalousie, il l'est pour des raisons pragmatiques. Des personnes puissantes lui ont volé son gagne-pain et, pour survivre, il est obligé d'entrer dans la criminalité. Son but est compréhensible, ses justifications sont argumentées et l'on peut facilement se projeter dans son personnage (très bien joué par Michael Keaton). De plus, le "Vautour" est clairement meilleur que Peter Parker et ne tombe dans les clichés du vilain que pour mieux piéger son nouvel ennemi. Ainsi, le travail commun entre Sony et Disney a donné un film bien écrit, plaisant, drôle et aux personnages plutôt intéressants qui me semblent réel car leur comportement est logique, s'inscrit dans la manière dont chacun de nous réagirait dans des circonstances analogues.

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**** J'avais beaucoup de craintes face à ce nouveau reboot. Mais la réalisation réussit à éviter les écueils de Amazing Spider-Man tout en ne recréant par le personnage de Sam Raimi.
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07/07/2017

Moi, moche et méchant 3 / Despicable me 3

Après le second film Gru a enfin trouvé sa vocation. Il adorait être un vilain, mais il ne l'a jamais vraiment été. Maintenant, il adore être un agent de l'AVL. Il a des gadgets, il peut combattre des vilain-e-s et surtout il possède un salaire qui lui permet de prendre soin de ses trois filles. Enfin, il peut travailler aux côtés de Lucy. Cette dernière se fait, petit à petit, à son rôle de mère pour petites filles. Bien que Gru adore son travaille il échoue régulièrement à appréhender un vilain venu tout droit des années 80, souhaitant se venger de l'annulation de sa série. Suite à cet échec, la famille se rend chez le frère jumeau de Gru ce qui permet à ce dernier de retrouver un peu de ses origines.

Moi, moche et méchant a commencé comme l'origine d'un homme qui devient gentil afin de rendre ses filles heureuses. L'histoire a continué dans la même direction. Il devait à la fois trouver un nouveau but et vaincre sa peur d'être rejeté par les personnes qu'il aime (en l’occurrence une femme et, bien entendu, ses filles). Il semble que, en ce qui concerne ce troisième volet, l'intrigue paternel de Gru soit terminée. On le voit agir systématiquement en faveurs de ses enfants, comme un père accompli. À la place, c'est Lucy qui doit trouver son rôle de mère. Au contraire d'une vision un peu romantique de la parenté, Lucy est montrée comme une femme qui n'arriver pas à trouver la bonne mesure. Elle ne sait pas quand être sévère ni quand être généreuse et se trompe souvent. Le contraste avec Bru est intéressant, d'autant qu'on l'a vu s'améliorer lors de deux films. Gru, lui, se trouve encore une fois dans une quête pour savoir qui il est et ce qu'il veut faire. Après trois films on aurait pu penser qu'il aurait enfin trouvé un but.

Malgré quelques bons moments, drôles et beaux, le film reste moyen. On reprend les mêmes éléments de deux films précédents. Les mêmes blagues et on continue sur la même lancée. Les Mignons sont toujours aussi présents et leurs scènes sont bien réussies, surtout parce que nous n'avons pas un film entier autours d'eux. Les licornes sont toujours importantes. Enfin, la réalisation semble bien aimer créer des situations dans lesquelles mettre Gru. Personnellement, j'ai apprécié le vilain du film. Qu'il soit resté dans une époque, dont il utilise les codes pour ses crimes, et qu'il devienne un vilain à cause de l'annulation du film sont deux idées qui me parlent (ainsi qu'aux personnes fans de Sense8 pour la seconde).

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*** On a une recette, on l'applique, on fait chauffer 90 minutes et on a un Moi, moche et méchant 3. On passe un bon moment, rien de plus.
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08:23 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : moi moche et méchant, despicable me | | | |  Facebook

06/07/2017

Le dernier Vice-Roi des Indes

Mars 1947, après des siècles de colonialisme et de luttes le Royaume-Uni a enfin pris la décision, une promesse faites il y a longtemps, de rendre son Indépendance aux Indes et de donner le pouvoir aux leaders de l'opposition. Pour mettre en place une Indépendance fonctionnelle une chronologie est décidée et un dernier Vice-Roi est nommé. Son seul devoir est de permettre aux Indes de vivre en liberté. Son but est de créer la transition la plus pacifique possible en prenant en compte les problèmes créés par le Royaume-Uni durant son occupation du pays. Mais la réalité de l'Indépendance implique aussi des tensions entre les différentes religions dont les musulmans minoritaires. Alors que certaines personnes souhaitent une Inde unie d'autres, sous le leadership de Jinnah, souhaitent la création d'un nouvel état : le Pakistan.

Je suis ennuyé. Bien que j’aie aimé les personnages et les situations je suis ressorti du film avec l'impression d'avoir vu quelque chose d'inachevé, un film bien trop gentil pour parler d'une période de tourment qui conclut une colonisation meurtrière et des luttes sanglantes. J'ai aussi, au début, eu du mal à comprendre l'intérêt de l'histoire d'amour mais j'ai rapidement changé d'avis, au contraire j'ai l'impression que la réalisatrice y réussit quelque chose de plutôt intéressant. Je vais tenter de m'expliquer.

Le début du film est très frappant. On commence à suivre les personnages qui nettoient le palais du Vice-Roi. On suit ce même Vice-Roi dans l'avion, s'entrainant pour son apparence en public. Tous les personnages semblent être empli d'un grand optimisme, d'une joie difficile à contenir. Durant une bonne moitié du film cet optimisme est validé par le fonctionnement de la famille du Vice-Roi qui décide d'accomplir sa mission en tentant de comprendre les Indes et sa population. Ce qui implique de se mêler aux personnalités locales et de se débarrasser du personnel anglo-saxon le plus raciste. Vers le milieu de l'intrigue le film réussit à opérer une transition vers la nécessité de trouver une solution rapide, brisant la chronologie initiale, après des violences de plus en plus importantes. Petit à petit, est mis en scène la nécessité d'une partition qui part des cartes pour se terminer par l’absurde lorsque les biens du palais sont arbitrairement divisés. Une scène, qui m'a frappée, se déroule dans la bibliothèque. On y observe des bibliothécaires tenter de diviser une encyclopédie en deux pour que les deux pays possèdent leur dû.

Cette division mise en scène en même temps que les violences et les réfugiés impacte aussi le personnel du palais. Celui-ci débute le film uni, avec quelques blagues innocentes. Au film du film, les tensions se font de plus en plus importantes avec, parfois, des actes de violences (dont une scène durant laquelle les gardes refusent les ordres d'un Anglais après une bagarre entre les domestiques). La division est mise en scène alors que des ancien-ne-s ami-e-s comprennent qu'illes ne vont pas donner leur allégeance au même pays. Et surtout dans le cadre de l'histoire d'amour qui, ajoutant problème religieux, doit prendre en compte la division entre deux nations.

Ce sont, à mon avis, les bons points de ce film. Si l'on ne prenait que cela en compte on pourrait dire que la réalisatrice réussit à atteindre son but. Mais j'ai été très dérangé par la construction de la famille du Vice-Roi et, par extension, des anglais. Dès le début du film, les anglais se trouvent au centre de la question de la décolonisation. Le Vice-Roi ne fait que recevoir les visiteurs pour être conseillé et leur fournir son avis. Ce dernier est dépeint très positivement, ainsi que sa famille. Je ne sais pas comment elle fonctionnait en réalité mais on les montre comme des aristocrates anglais un peu plus conscient que les autres de leur chance. Ce qui ne les empêche pas d'incarner l'idée qu'en tant que blanc, occidentaux, illes ont l'obligation d'offrir la civilisation au reste du monde, c'est en particulier le cas d'Edwina Mountbatten. L'importance des intérêts stratégiques, qui poussent le gouvernement anglais à accepter le Pakistan, est à peine effleuré. Face à cela, les intérêts des Indiens sont mis en scène par une domesticité qui se contente d'écouter aux portes des "grands" sans ne pouvoir jamais agir. Ainsi, la lutte pour l'Indépendance est à peine mentionnée mais on parle beaucoup de la gentillesse des anglais qui acceptent gracieusement de partir et de gérer la décolonisation.

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*** Je ne peux pas dire que c'est un mauvais film. Il y a de bonnes idées avec une mise en scène, bien que parfois un peu fade, qui ne souffre pas la comparaison avec de grandes productions des États-Unis. Mais je suis très sceptique face au propos général. En fait, je suis incapable de réellement dire ce que je pense du film.
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Image : Allociné

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12/06/2017

Wonder Woman

De nos jours, Diana vit à Paris et travaille au Louvre. Mais ce ne fut pas toujours le cas. Une photo, en particulier, prouve que Wonder Woman s'est impliquée dans la Première Guerre Mondiale. Mais quelle est l'histoire derrière cette image ? Il y a longtemps, Wonder Woman fut entrainée par les plus grandes guerrières de son île. Elle devait devenir la meilleure de toutes afin de suivre la mission des Amazones : protéger le monde de la guerre. Après des années d'entrainement, un avion s'écrase sur l'île. L'événement est sans précèdent. Plus surprenant encore, le pilot est un mâle. Ce dernier, Steve Trevor, explique que le monde extérieur est entrainé dans une guerre sans fin. Les armes les plus destructrices sont utilisées. Hommes, femmes, enfants ne sont pas à l'abri. Pour Diana sa mission est claire. Une telle guerre ne peut qu'être l’œuvre d'Arès. Elle doit se rendre dans le monde des hommes et détruire Arès.

Attention ça va spoiler.

Après le critiqué Man of steel, le bancale Batman V Superman et l’horreur que fut Suicide squad Wonder Woman est l'espoir pour l'univers DC. Alors que la plupart des annonces donnent l'impression que DC ne sait pas comment lancer ses films Wonder Woman a réussi à incarner la possibilité de réussir à faire un film. Oui, nous en sommes au point de se demander si DC est capable de créer des films. Wonder Woman est une réussite. Une réussite classique qui ne prend pas les risques de Batman V Superman mais une réussite.

Il y a plusieurs aspects que j'ai apprécié dans ce film. Les chorégraphies des Amazones sont magnifiques. La scène du No Man's Land est épique et les dialogues sont souvent savoureux. Mais un point que j'ai particulièrement apprécié est l'effort de contraste entre le monde des Amazones et le monde des Humain-e-s. Les Amazones vivent sur une île qualifiée de paradis. On nous montre un peuple cultivé qui semble vivre en harmonie avec la nature, les divinités et l'humanité. Tout est vert ou chaud. L'entrainement des Amazones est guerrier mais pour se préparer et non pour lancer une guerre. Le monde des hommes s'incarne par Londres. La ville est grise, polluée. Cet aspect continue dans les tranchées. Les humain-e-s vivent en guerre contre elleux-même et contre le monde. C'est ainsi que d'une île en harmonie, qui ne semble pas connaitre une forte pudeur ni une division en classe sociale importante. On passe à une ville divisée entre classes, entre nations et entre hommes et femmes, visible dans les vêtements et le comportement masculine face à Diana.

Le film met aussi en contraste la guerre et l'amour. La guerre, pour Diana, est d'abord une histoire. Une fable belle emplie de bravoure. Un combat pour ce qui est juste. Cela me rappelle un peu les écrivains qui faisaient l'apologie de la guerre avant d'être impliqué dans les tranchées. Diana est fascinée mais elle ne connait pas réellement la véritable guerre. Elle est naïve à cause de cela. Ce film est un moyen de casse cette naïveté en la confrontant à une guerre dans laquelle il n'y a pas de bons ou de mauvais côtés mais seulement des personnes qui meurent. Ce qui mène au climax vers la fin du film lorsqu'elle croit avoir enfin détruit Arès mais que la guerre continue. Diana réalise soudainement que le mal ne s'incarne pas simplement dans un être mais existe partout. Que, peut-être, personne ne mérite la compassion et l'amour. Cependant, ces deux émotions sont nécessaires. Il n'est donc pas surprenant, et même logique, que Diana ne puisse vaincre qu'en usant de son amour et de sa compassion pour les humain-e-s. Bien que l'amour avec Steve Trevor soit un peu difficile à croire - on a l'impression que Diana ne l'aime que parce que c'est le premier homme qu'elle voit tandis que Steve aime Diana parce qu'elle est belle - la compassion est utilisée à plusieurs reprises pour expliquer les actions de Diana. La scène du No Man's Land existe à cause de la compassion de Diana.

Il est malheureusement dommage que la fin soit, selon moi, ratée. Durant tout le film Diana est convaincue qu'un général allemand, Ludendorff. Ce dernier est montré comme un jusqu’au boutiste qui ne souhaite que la guerre même si des innocent-e-s en souffriront. Lors d'une scène il n'hésite pas à bombarder un village civil afin de tester une nouvelle arme. Je craignais que les allemands soient, encore une fois, utilisés comme vilains génériques alors que la Première guerre mondiale n'est pas aussi simple. Heureusement, le film retourne la situation en révélant que Arès n'est pas un général allemand mais un lord anglais, moustachu et en costume. La confrontation entre Arès et Diana est très réussie lors de cette partie. Arès ne se bat pas, il parle. Arès ne peut pas être confronté, il est une ombre. Arès ne fait pas la guerre il murmure, influence, et laisse l'humanité décider. À mon avis, cet aspect est fondamental. Arès ne veut pas détruire, il veut prouver que l'humanité est maléfique en la laissant se détruire seule. Lorsque Arès enfile une armure et décide de se battre tout ceci disparait pour une scène générique en CGI. Ce qui fonctionnait parfaitement quelques minutes auparavant, un petit homme gris moustachu parfaitement poli, devient ridicule (en particulier la moustache sous l'armure). Les scènes de combat qui terminent le film ne sont qu'une salade d'effets spéciaux, longues et sans intérêts. Cette fin illustre un problème récurrent dans les block buster : privilégier le spectaculaire, l'image épique, à l'écriture dans une intrigue logique et pensée. Le final enlève toute sa force à Arès et j'aurais préféré le voir lentement disparaitre dans l'ombre, annonçant par-là que la guerre ne peut être tuée mais seulement temporairement arrêtée (et, en plus, cela aurait pu lancer une quête des origines et des divinités pour Diana).

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**** Le meilleur film DC dans l'univers qu'illes souhaitent lancer. Certes, ce n'est pas compliqué et Wonder Woman reste classique.
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Image : Site officiel

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08:57 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wonder woman, dc | | | |  Facebook

10/06/2017

Die Götliche Ordnung / L'ordre divin

Nora est une femme heureuse. Elle vit dans un petit village avec son mari, Hans, et ses deux enfants. Leur famille vit mieux que la moyenne tandis que Hans est assez apprécié pour recevoir une promotion. Le frère de Hans a repris la ferme familiale, sous l’œil critique du père de famille, avec sa femme Theresa et leur fille. Tout semble parfait dans ce petit village d'Appenzell. Mais les deux familles sont troublées. En effet, nous sommes en pleines années 70 et la jeune adolescente ne fait qu'écouter de la musique dans sa chambre et sortir avec des garçons au grand désespoir des parents qui craignent pour leur réputation. De plus, d'ici février le pays mâle va voter afin de décider si oui ou non les femmes peuvent voter et être élues. Dans le petit village la question semble déjà résolue. Aucune des femmes y habitant n'a jamais souhaité voter. Du moins, c'est ce que tout le monde croit.

Nombreuses sont les personnes qui connaissent les mouvements militants des années 70 dans les grandes villes. Petra Volpe aurait pu décider de s'intéresser, elle aussi, à la ville. C'est une période passionnante avec beaucoup de nouveautés. Cependant, Petra Volpe choisit de parler de la Suisse et d'un petit village alémanique. Ainsi, la réalisatrice doit à la fois parler de la lutte pour les droits civils et de la révolution sexuelle. De plus, elle doit décrire un milieu très particulier. Un milieu qui n'est pas fermé mais traditionnel, basé sur le respect de l'autorité et de l'ordre dans un cadre très restreint. Personnellement, je pense que c'est une très bonne idée. Utiliser le cadre d'un petit village permet de montrer les difficultés des luttes pour les droits des femmes. Malheureusement, cela implique aussi d'oublier une grande partie de la diversité des luttes des années 70 étant donné le contexte dans lequel s'inscrit le film, un village dans lequel le contrôle social est très fort. Seul le racisme contre les italiens nous est montré et de manière très furtive.

Le film met très bien en scène la pression sociale. Les hommes, dans le cadre de leur travail, sont encouragés par leur patronne à donner de l'argent afin de soutenir la propagande contre le droit de vote. Ne pas offrir de l'argent c'est risquer sa place aussi bien dans l'entreprise que face à ses collègues qui, rapidement, nient la masculinité des hommes dont les femmes militent. Cette pression sociale est tout aussi forte dans les clubs de "mères." Lors d'une scène on observe toutes les femmes donner de l'argent contre le droit de vote, publiquement, alors même qu'une majorité est en faveurs. Il est nécessaire de ne pas se singulariser. Cette pression sociale illustre la nécessité de groupement de personnes concernées qui peuvent discuter des problèmes rencontrés sans interférences. Le moment durant lequel les femmes du village décident de faire grève est un moment très fort de sororité et d'aide mutuelle sur des sujets divers. Ce moment du film a des répercussions bien après la fin de l'intrigue par une entraide mutuelle. La pression sociale est aussi illustrée par le sort de l'adolescente de la famille qui, après avoir fui avec son copain, est envoyé en prison par décision du "chef de famille."

Cet envoi en prison illustre l'importance du privé comme lieu politique. En effet, la décision est prise par un seul homme sans écouter sa partenaire pour punir le comportement d'une femme. Dans le cadre civique, seul les hommes ont de l'importance et les femmes n'ont rien. Cet aspect est illustré par plusieurs femmes qui ont des rêves différents. Nora souhaite travailler mais elle ne peut pas accepter de poste sans l'accord de son mari. Graziella ouvre un restaurant mais doit travailler seule. Vroni a travaillé toute sa vie dans ce même restaurant qui appartenait à son mari. Mais ce dernier était alcoolique et il a placé sa famille dans les dettes avant de mourir. Vroni n'ayant aucun contrôle sur les finances se retrouve à l'aide sociale malgré son dur travail durant des années. La fille de Vroni a été obligée d'abandonner ses études de droit pour ne pas froisser son docteur de mari. Mis à part ces rêves individuels toutes les femmes du village fonctionne de la même manière. Toute la journée elle nettoient, lavent, cousent et cuisinent devant des hommes qui ne lèvent pas le petit doigt (le Grand-Père soulève à peine les pieds pour laisser passer l'aspirateur). Il n'y a strictement aucun partage des tâches et il faut une grève des femmes pour que les hommes se rendent enfin compte du travail à accomplir dans une maison. Hans, le mari de Nora, est particulièrement mis en avant ainsi que ses fils et le grand-père que Nora force à changer (comme elle le dit, si tu es capable de construire une maquette de train électrique tu es capable de faire la vaisselle). Le privé est montré comme lieu politique car son fonctionnement impacte les possibilités, pour les femmes, d'agir, de travailler, de se rencontrer.

Que l'on soit clair, les hommes de ce film sont tous problématiques, mais certains le sont plus que d'autres. Le Grand-Père est l'image du vieux patriarche qui critique tout le monde et refuse le changement. Les hommes du village font tout ce qui est possible pour empêcher les femmes de parler en s'exprimant à leur place. Que ce soit lors de la soirée d'information ou lors de la grève des femmes des hommes décident d'empêcher des femmes de parler, souvent de manière violente. Les fils de Nora sont l'exemple de la continuation du patriarcat. D'une part ils refusent de changer face aux exigences de leur mère, d'autre part ils sont soumis à la pression de leurs camarades qui se moquent d'eux et de leur mère. Le beau-frère de Nora est violent et refuse les critiques. Hans, le mari de Nora, est différent. Il est montré comme compréhensif. À plusieurs reprises il essaie de comprendre ce que souhaite Nora et de s'adapter. Il n'hésite pas à enfiler un tablier et à apprendre à cuisiner pour le bien de sa famille. Mais, d'un autre côté, lorsque Nora refuse ses arguments il revient immédiatement à sa position juridique de chef de famille et menace Nora. Sa position est ambivalente et montre la facilité, pour les hommes dont moi, à revenir à une position dominante sans même y penser.

En conclusion, j'ai beaucoup apprécié ce film que je trouve très riche. Il est à la fois drôle et triste. Il dose bien les émotions et réussit à dépeindre une période et une situation sociale. Les nombreux personnages ne sont pas tous et toutes mis en avant. Mais les personnages mis en avant me semblent intéressants et assez bien écrit. Outre un changement juridique la réalisatrice met en scène des changements de costumes, de lumière, qui accompagnent les réflexions et les réussites ou échecs. Bien que la fin me semble trop triomphante, et même classique, la scène du vote est très bien mise en scène. Les hommes se trouvent face aux femmes, jugés et mis en garde, alors qu'ils décident pour elles. J'espère sincèrement que le film aura du succès et, si possible, s'exportera.

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**** Drôle, triste, triomphant... Un film qui n'est pas parfait mais qui réussit à accomplir ce que souhaitait la réalisatrice.
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Image : Cineman.ch

Site officiel

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10:11 Écrit par Hassan dans Film, Histoire, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : die götliche ordnung, l'ordre divin | | | |  Facebook

03/06/2017

Teen Titans: The Judas contract

Les Teen Titans sont une famille. Des enfants et des jeunes qui ont tout perdu ou qui ont besoin d'un lieu dans lequel vivre en sécurité. Dernièrement, l'équipe a accepté l'entrée de Terra. Une jeune femme capable de manipuler la terre et la roche. L'équipe est toujours aussi compétente et s'intéresse grandement à une église dont les activités semblent plus proche du terrorisme que de la religion, HIVE. Dans cette guerre plusieurs bases de HIVE sont détruites. Il n'en faut pas beaucoup plus pour persuader son dirigeant, brother Blood, d'engager Slade Wilson. Mais le but n'est pas simplement de s'attaquer aux Titans. Slade et Blood ont un plan bien plus élaboré qui pourrait détruire les Titans.

Ce nouvel animé prend part dans la continuité actuelle des films d'animation DC. On retrouve donc plusieurs personnages déjà connu et leurs relations ne sont pas une surprise. Damian est toujours aussi drôle et j'aime ses répliques face à Dick Grayson. On en sait un peu plus sur Beast Boy et Beetle mais encore trop peu pour vraiment s'y intéresser. Par contre, la relation entre Starfire et Dick Grayson est précisée. Là aussi, on retrouve plusieurs dialogues assez drôles et je commence à douter de la "naïveté" de Starfire. Les scènes d'actions sont réussies. Le film ne perd pas de temps et on entre rapidement dans les combats et l'intrigue.

Malheureusement, il est dommage que le film mette en scène une relation très toxique entre Terra et Slade Wilson voir avec Beast Boy. Ce dernier, dans une scène, enserre Terra et tente de la forcer à donner un baiser, ce qui est clairement un abus lié à l'usage de la force physique. C'est très problématique et il aurait été de bon ton de mettre en question ce comportement encore trop souvent accepté de nos jours. Mais le pire est Slade Wilson. Lors d'une scène on nous montre Terra en nuisette et maquillée qui drague ouvertement Slade. Le problème n'est pas Terra mais Slade. Selon le film, il existe une relation sexuelle entre les deux personnages (même si celle-ci n'est jamais montrée). Mais Terra est une jeune adolescente, orpheline, tandis que Slade est un adulte qui contrôle la vie de Terra depuis qu'il l'a recueillie. Il est très problématique de considérer comme normale une relation entre un adulte, qui fait figure de parent, et une jeune femme encore adolescente. Jamais le film ne remet en question cette relation. Au contraire, les scénaristes insistent à plusieurs reprises sur son existence. Je ne sais pas si les scénaristes n'ont pas compris ce qu'ils ont écrit ou non mais j'ai peu apprécié ces scènes qui, je pense, n'auraient pas dû exister.

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** Bien que le film ne soit pas mauvais et même plaisant il est amoindri par une scène d'abus et la mise en place d'une relation toxique entre deux personnages, sans aucune remise en cause.
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Image : Site officiel

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27/05/2017

Pirates of the Caribbeans: Dead men tell no tales / Pirates des Caraïbes: La vengeance de Salazar

Un jeune enfant fuit sa chambre emplie de posters de pirates recherchés. Il part en mer avec une petite barque et plonge dans l'eau pour rejoindre le Hollandais Volant. Ce jeune garçon est Henry Turner et il veut retrouver son père. Mais la malédiction de ce dernier est bien trop forte pour lui permettre de revenir à terre. 9 ans plus tard, Henri est marin dans la flotte britannique. Il connait toutes les légendes des mers. Il est aussi le seul survivant de son navire après une poursuite dans un lieu maudit dans lequel se trouve le navire fantôme d'Armando Salazar. Ce dernier lui donne un message : Jack Sparrow va mourir. Mais Jack n'est déjà plus que l'ombre de lui-même. Une quête afin de trouver un objet capable de briser toutes les malédictions de la mer sera-t-elle suffisante pour restaurer Jack à son rang de Capitaine ?

Pirate des Caraïbes est la franchise qui devient de pire en pire au fur et à mesure. Le premier était drôle et sympathique. Le second trop lié au troisième qui était très décevant tandis que le quatrième... on ne parle pas du quatrième ! Je me suis donc demandé s'il était possible de renouveler la série et surtout si Johhny Depp peut jouer à nouveau. Alors, je vais immédiatement le dire, je trouve intéressant de créer un lien entre les films avec l'arrivée de Henry Turner. Je me suis souvent demandé ce qu'il était advenu de cette famille et pour quelle raison on ne savait rien. En faire un érudit en ce qui concerne les pirates et les malédictions est une très bonne idée. Après tout, il a grandi avec l'histoire de sa mère et de son père combattant sur les mers des créatures de légende.

Les effets spéciaux sont assez réussis et j'aime bien le style des fantômes. Plutôt que de créer un navire fonctionnel il est logique que les navires fantômes soient brisés tandis que les fantômes sont les restes de ce qui était organique. Il est tout aussi logique que les fantômes marchent sur l'eau. Parfois, ces effets sont un peu étranges et on se demande quels sont les règles de cette malédiction. Pourquoi le navire peut-il se soulever ainsi ? Pourquoi les animaux morts reviennent-ils aussi en fantômes alors qu'il semble que ce soit la colère qui crée la malédiction. Et surtout, pourquoi cette fin ? De plus, l'intrigue est déjà mise en scène dans le premier film. On retrouve un équipage maudit qui a besoin du compas de Jack pour retrouver son humanité tandis que tout le monde se rend sur une île introuvable sur les cartes normales. Il y a un manque d'imagination important.

Si l'on s'intéresse aux personnages les choses ne s'améliorent pas. Johhny Depp est fatigué et son Jack Sparrow n'a pas la flamboyance qu'il possédait avant. Bien entendu, cela est lié à l'intrigue mais on reste sur notre faim face à un alcoolique fade et sans intérêt. Henry lui-même, aurait mérité plus de construction puisque sa seule identité est la recherche de son père. Salazar n'est qu'un simple boucher qui se croit en mission. Pourquoi ne pas mieux caractériser sa haine des pirates ? Les anglais sont, comme d'habitudes, des êtres horribles qui veulent contrôler les mers à tout prix ce qui était déjà le cas dans les films précédents. Je noterais simplement l'apparition de Bruce Spence (connu pour avoir joué dans Mad Max II mais aussi pour son rôle de Zeddicus Zu’l Zorander dans Legend of the seeker dans lequel il est très drôle) qui aurait pu sauver le film à lui tout seul si on lui avait donné la possibilité (oui, j'aime beaucoup cet acteur). Cette nouvelle déclinaison, encore une fois, ne donne pas de place aux femmes. Il n'y en a qu'une seule qui parle et trois de nommées. Carina Smyth aurait pu être intéressante. C'est une scientifique accusée de sorcellerie. Il aurait été possible de parler de sexisme et de patriarcat à l'aide de son personnage mais la réalisation a préféré rire du gouffre entre elle et les hommes sans jamais réellement questionner le sexisme. De plus, malgré qu'elle se soit construite seule elle est entièrement définie par son père dont elle pense continuer le travail et qu'elle recherche. Tout ce qu'elle accomplit est en l'honneur de son père et non pour elle-même. Jusqu'à la fin lors de laquelle elle décide même d'oublier son identité pour reprendre celle de son père. Bref, ce personnage est une opportunité manquée de donner un peu de profondeur critique au film d'autant qu'elle est l'unique personnage féminin majeur du film face 4 hommes. En conclusion, un film qui n'est pas raté mais clairement médiocre avec des opportunités manquées et un Johhny Depp qu'il vaudrait mieux oublier définitivement.

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** Médiocre
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Image : Site officiel

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16/05/2017

Justice League Dark

Le Hall de la Justice est mis en fonction. La Justice League fonctionne parfaitement et s'est un peu agrandie avec quelques membres en plus voir des remplaçants. Individuellement, les différents héro-ïne-s qui la compose sont tous et toutes en pleine possession de leurs moyens et agissent avec la justice pour soutenir la loi et s'attaquer aux criminel-le-s ou simplement aider. Mais, depuis peu de temps, de simples citoyen-ne-s qui, normalement, ne violent pas la loi se mettent à agir de manière étrange. Des meurtres sont commis, des suicides ont lieu et personne ne comprend ce qui arrive. Mais tout le monde dit la même chose : des monstres les ont attaqués et illes n'ont fait que se défendre. La Ligue pense que la magie pourrait être à l'œuvre mais Batman n'y croit pas. Cependant, il se retrouve embarqué dans une quête pour trouver un maitre de la magie : John Constantine. Petit à petit, il va l'aider à résoudre les attaques et découvrir un mal qui date de plusieurs siècles.

Jusqu'à maintenant, j'ai plutôt apprécié les films animés de l'univers partagé malgré beaucoup de simplisme. Mais ça fonctionne bien et c'est assez plaisant. Malheureusement, je n'ai pas du tout aimé ce film. Le premier problème est Batman. Le film précèdent, on l'observe aux prises avec un démon. Dans ce film, il nie toute existence de la magie. Ce n'est tout simplement pas logique. Mais, surtout, il est totalement inutile. Il se contente de suivre et de sortir un gadget de temps en temps. Il aurait très bien pu ne pas être présent. Il aurait été bien plus intéressant de réunir plusieurs mages de l'univers DC en dehors du groupe de la Justice League. En l'occurrence, cette Justice League Dark n'est qu'un ersatz sans intérêts.

Le problème tient aussi en l'intrigue. J'ai, personnellement, un problème avec la magie dans les œuvres de fiction. Trop souvent, c'est un moyen simpliste de résoudre un problème compliqué. La magie, son fonctionnement et ses limites, ne sont pas forcément explicitées et cela crée une résolution à la Deus ex Machina. Une résolution que l'on retrouve ici puisque le grand méchant passe de quasi dieu sur Terre à un mortel qui peut être vaincu par Constantine. Pourquoi n'y a t'il aucuns couts ? Ou se trouvent les règles ? De plus, l'intrigue n'existe tout simplement pas. On suit un petit groupe de personnages dont la moitié disparaissent rapidement ou ne sont pas assez présentés pour que l'on s'intéresse. Le film est une suite de combats de magie sans intérêts et l'on se demande pour quelle raison on parle d'une enquête... Je n'ai donc pas du tout aimé ce film.

* Sans intérêt.
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Image : Site officiel

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08:49 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : justice league dark, dc | | | |  Facebook