13/04/2018

Isle of Dogs / L'île aux chiens

Dans quelques années une épidémie touchera la population canine du monde. Le nombre élevé de chiens et leur proximité avec les humain-e-s pose un énorme problème aux autorités du monde alors que la maladie modifie le comportement des chien-ne-s. Les Provinces Unies, sous la mairie de Kobayashi, prend une décision rude et populaire. La population canine entière est déportée sur une ile de déchets afin de protéger l'humanité. Plusieurs mois se déroulent sans encombre alors que les services de la fourrière sont de plus en plus développés. Mais, un jour, un jeune enfant vole un avion et se rend sur l'ile. Son but est simple : il veut retrouver son chien Spots. Mais l'ile est grande et le maire veut garder le secret sur la réalité de l'ile.

SPOILERS

L'histoire de départ de ce film est assez simple. C'est la quête d'un enfant pour retrouver quelque chose qu'il a perdu. Comme dans toutes les quêtes de ce type, l'enfant doit surmonter des obstacles qui sont aussi bien dû à l'humanité qu'à la nature ou encore à lui-même. Il est secondé par un groupe de chiens qui connaissent les lieux ainsi que les personnes capables d'aider l'enfant. Enfin, cette quête permet de rapprocher deux êtres pourtant dissemblables et opposés. L'histoire est simple mais cela ne veut pas dire qu'elle n'est pas efficace et j'ai beaucoup aimé regarder les aventures de ce petit groupe isolé.

L'intrigue principale est doublée d'une seconde intrigue, plus compliquée. En effet, alors que l'enfant et ses chiens cherchent Spots le film nous explique comment fonctionne la mairie Kobayashi. Ici, Wes Anderson s'attaque à un problème difficile à mettre en scène : l'autoritarisme dans une démocratie. Pour cela, il utilise plusieurs personnages qui incarnent des rôles précis. Nous avons la figure autoritaire, le maire Kobayashi, qui incarne le politicien démagogue qui manipule les foules afin de s'enrichir et d'imposer ses idées. Il est contré par un opposant du parti de la science. Celui-ci est un scientifique dont le but est de trouver un remède à la maladie des chiens. Il ne viole jamais les règles ce qui en fait une victime toute désignée face à l'autoritarisme du maire. Enfin, Wes Anderson nous présente des opposants politiques sous la forme à la fois d'un hacker et d'une rédaction d'un journal. Il faut noter un point intéressant, lorsque la jeune journaliste fait part de ses soupçons la réaction du rédacteur en chef est immédiatement de demander des preuves. Le journalisme n'est donc pas dépeint comme un moyen d'écrire une histoire mais un travail qui implique de trouver des sources capables de prouver ses thèses (en est témoigne le classeur qu'elle porte avec elle). Sous un abord assez simpliste, le film propose donc une intrigue bien plus riche.

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*** Un roman qui se lit assez bien sans être ni particulièrement bon ni mauvais.
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Image : Allociné

Site officiel

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08:49 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : isel of dogs, l'île aux chiens | | | |  Facebook

06/04/2018

Red Sparrow

TW : viols et violences sexuelles, tortures, meurtres

Dominika Egorova est une femme talentueuse. Elle est l'une des meilleures danseuses du Bolchoï, considérée comme un espoir pour le pays. Elle est aussi une fille qui s'occupe de sa mère en besoin de soin. Heureusement, la compagnie paie ces soins ainsi que leur appartement à Moscou. Mais Dominika Egorova est aussi la nièce du second des services secrets russes. Sa vie se déroule sans problèmes, elle s'occupe de sa mère, elle s'entraine puis elle se met en scène. Mais, un soir, un accident la blesse durablement et elle perd la capacité de danser ainsi que son avenir. Son oncle lui propose de l'aider en échange d'un service : attirer quelqu'un dans une chambre pour lui soutirer des informations. À la suite de cette opération, elle sera formée et utilisée afin de retrouver un agent double de la CIA au sein des services secrets russes. Bien qu'elle soit talentueuse, on lui fait vite comprendre que sa vie n'a aucune valeur.

SPOILERS

Lorsque j'ai vu la bande annonce je m'attendais à un film d'action sur fond d'intrigue d'espionnage, une sorte de Black Widow. Le style du film m'a complétement pris au dépourvu. Nous avons une intrigue qui se déroule principalement en Russie avec des personnages très froids et ne possédant que peu d'émotions incontrôlées. Ces personnes sont mises en scène par des acteurs et actrices qui les incarnent plutôt bien. Mais je me demande à quel point il était nécessaire de montrer les américains comme émotionnels et les russes de manière très froide voire comme des personnes cruelles. À mon avis, l'intrigue est plutôt bien écrite. Sans qu'il y ait forcément de grandes surprises pour le genre, on nous ballade assez facilement dans l'intrigue tout en plaçant les éléments nécessaires pour la fin du film.

On peut se demander si la réalisation ne se complait pas dans une violence physique et morale. En effet, plusieurs scènes montrent des actes de tortures soit sur des personnages secondaires soit sur l'héroïne elle-même. Pire encore, les femmes du film sont traitées comme des objets, dont les corps servent l'intérêt de l'état. Les femmes sont utilisées et humiliées à plusieurs reprises lorsqu'on leu ordonne d'accomplir des actes sexuels, soit sans leur consentement. Dominika Egorova est particulièrement mise en avant puisque son entrainement débute par un viol et continue par des humiliations publiques. À plusieurs reprises, on lui explique qu'elle n'a pas le choix. Elle doit obéir pour que sa mère soit soignée mais aussi pour qu'elle-même ne soit pas tuée. Il y a donc une contrainte extrêmement forte sur elle. Mais on peut se demander si le film n'essaie pas de lui rendre ce choix en lui permettant de punir son oncle, et donc de se trouver dans un cadre un peu moins horrible. Mais je laisse la question ouverte, d'autant plus après les nombreuses scènes subies par le personnage.

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*** Je ne suis pas un adepte des films d'espionnage mais celui-ci me semble assez bien écrit. En revanche je déplore l'usage immodéré de la torture et du viol et met en garde les personnes qui souhaitent le voir.
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Image : Site officiel

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09:12 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : red sparrow | | | |  Facebook

31/03/2018

La mort de Staline / The death of Staline

TW : meurtres, mentions de viols

1953, URSS, le pays est sous une terreur sans nom. Staline, régulièrement, met à jour une liste des ennemis de l'état. Ces ennemis sont déportés ou tués selon les souhaits du Parti. C'est un soir normal. La liste est mise à jour alors que les grands chefs du Parti mangent et font des blagues ensembles avant de regarder un western. Le seul problème est le souhait de Staline de recevoir la copie d'un concert diffusé en direct à la radio. Mais, le matin, Staline est trouvé sur le sol et, bientôt, il meurt. Immédiatement, les intrigues commencent. Quelle sera la personne la plus rusée qui prendra la place de Staline ? De nombreux prétendants sont sur la ligne de départ et tout le monde est prêt à tricher. Du moins les personnes qui savent ce qui est en train de se dérouler.

SPOILERS

La réalisation aurait pu choisir de mettre en scène une intrigue politique très dense capable de montrer les luttes de pouvoir au sein du parti à la suite de la mort de Staline. Mais il a été choisi de créer une intrigue absurde autours de la vacance du pouvoir et de l'empressement de tout le monde de se placer comme successeur. Ainsi, ce que le film montre véritablement est l'importance du symbole pour être vu comme le prochain dirigeant. Dans le même temps, la plupart des personnages craignent ce qui peut leur arriver si leurs propos ne plaisent pas à d'autres membres du parti. Il faut avouer que cela permet de donner un grand nombre de situations absurdes et le film en regorge. Que ce soit la nécessité d'être la première voiture derrière le cercueil, la course pour atteindre la fille de Staline ou encore la nécessité de ne pas contredire le parti tout en essayant d'éviter les écueils futurs qui peuvent contredire ce que pensait le parti dans le passé.

Malheureusement, le film échoue. Pour être clair, le film n'est pas mauvais. Il y a de nombreuses scènes particulièrement drôles alors que d'autres permettent de montrer la terreur qui a existé à l'époque. Le jeu des acteurs et actrices est aussi plutôt bien mené tandis que les différents plans sont expliqués dans des cadres toujours décalés. Mais, il manque quelque chose. Le film donne l'impression de ne pas oser aller jusqu'au bout de son idée, d'éviter certaines situations. Peut-être cela est-il dû à l'existence de scènes qui montrent une véritable sauvagerie de certains personnages, basés sur du réel, qu'il est inadéquat de rendre drôle ? Je ne peux pas répondre à la question. En l'état, le film est un bon divertissement qui ne souhaite pas nous apprendre quelque chose sur la période. Mais on l'oublie très rapidement.

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*** Pas mauvais, mais il manque un petit quelque chose pour que le film soit réussi.
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Image : Allociné

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Ready Player One

Nous sommes en 2045. Après des années durant lesquelles l'humanité a tenté de réparer les problèmes causés par elle-même, tout a été abandonné. Les humain-e-s ne font que vivre jour après jour, sans grand espoir. Dans ce marasme ambiant, un homme est connu de tout le monde : James Halliday. Il est le créateur d'un monde virtuel sans limite qui permet aussi bien de se battre que de danser ou encore de faire des courses. Cet univers est nommé l'Oasis et tout y est possible, en y mettant le prix. Mais sa création a dépassé les buts fixés par Halliday puisque l'Oasis est devenue bien plus qu'un jeu en étant le symbole d'un refuge. James Halliday est mort il y a plusieurs années. Dans son testament, il annonce avoir caché trois clés dans le jeu. Ces clés permettent à la personne qui les trouve de prendre le contrôle de l'Oasis et de la société qui en a la charge. Mais personne n'a jamais trouvé une seule clé.

SPOILERS

Je n'attendais absolument rien de ce film dont je n'ai pas apprécié la promotion ni les images des bandes annonces. Ce qui nous était montré était un patchwork de références à la pop culture dans un semblant de nostalgie. Je n'ai rien contre la nostalgie des années 80 et de très bonnes œuvres jouent là-dessus. Malheureusement, je pense que Ready Player One montre les limites de la nostalgie. En effet, le film est rempli de références à des œuvres connues. Celles-ci ne sont pas là comme un simple clin d’œil, elles sont intégrées à l'intrigue et il me semble que l'intrigue souffre de devoir laisser trop de placer aux références. Les héro-ïne-s sont des personnes qui connaissent particulièrement bien la pop culture. Ce que le film semble valoriser est une connaissance encyclopédique de la pop culture, mais jamais on ne nous donne l'impression d'un véritable amour pour une œuvre. Au contraire, j'ai l'impression que les références permettent souvent, dans le film, de placer la limite entre les véritables fans et les autres. Loin d'être une célébration cela donne l'impression de créer une division basée sur des connaissances culturelles.

Les personnages ne sont pas non plus particulièrement réussis. Nous avons le grand méchant du film qui est méchant parce qu'il veut faire de l'argent. Je suis prêt à accepter cette prémisse mais il est nécessaire de prendre le temps de mieux nous présenter les raisons pour lesquelles il serait nécessaire de lutter contre cet homme. En l'état, il ne semble que vouloir agir comme un capitaliste en suivant les règles légales. On nous présente aussi assez rapidement deux personnes asiatiques et une femme noire, dont l'avatar est un homme. Mais leur rôle est avant tout d'aider le personnage principal, blanc, et de ne pas être sur son chemin. Jamais le film ne met en avant leur place dans la société et la raison pour laquelle certain-e-s cachent leur véritable identité. Enfin, nous avons Wade et Samantha. Les deux sont des connaisseurs mais Samantha est placée non comme un personnage autonome mais un prix, voire même une personne à sauver alors qu'elle est au moins aussi talentueuse que Wade. Jamais le film ne lui donne réellement l'occasion de montrer ses véritables capacités, alors qu'elle a clairement la volonté, les connaissances et une vision du monde spécifique qui auraient permis de créer un personnage très intéressant. Car le film est occupé à nous montrer que le véritable héros est Wade. Pourquoi ? Parce qu'il est Wade, un homme blanc hétéro qui gagne contre les méchants et gagne l'amour de la fille qu'il courtise.

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** Le film n'est pas une horreur visuelle. Mais il ne devrait pas exister à notre époque et ne montre aucun véritable amour pour son thème, se contentant, me semble-t-il, à en user comme moyen de faire de l'argent.
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Image : Site officiel

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09:51 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ready player one | | | |  Facebook

26/03/2018

Pacific Rim Uprising

Il y a 10 ans, les pilotes de Jaegers furent capables de contre-attaquer et de détruire la faille qui permet aux monstres, nommés, Kaijus, de traverser. La guerre était terminée après de longues années de luttes et de destruction. L'humanité a passé ce temps à reconstruire le monde, bien qu'une partie non négligeable des pays côtiers soient laissés à l'anarchie. Outre une reconstruction, l'humanité s'est préparée à un potentiel retour. Les pilotes sont de plus en plus entrainés et les Jaegers de plus en plus puissants. Mais, pour l'instant, ces robots ne font que chercher des pilotes non-assermentés. De plus, leur méthode pourrait bien disparaitre alors qu'un nouveau programme est mis en place : une défense globale par des drones capables d'être déployés instantanément et ne nécessitant qu'un seul pilote au lieu de deux.

SPOILERS

Alors que je sortais de la salle je ne pouvais pas faire autrement que de penser à Independance Day et sa suite. En effet, Pacific Rim, premier du nom, fut, tout comme Independance Day, un gros block buster d'été qui fonctionnait particulièrement bien car il est écrit d'une manière très simple mais aussi très efficacement. Les suites me semblent proches. Dans les deux cas, l'humanité a eu du temps pour se préparer, on trouve une nouvelle génération, les méchants sont plus gros et même la fin est quasiment identique lorsqu'on propose de placer la guerre directement chez l'ennemi alien. Cependant, Pacific Rim Uprising réussit là où la suite d'Independance Day échoue lamentablement. Si ce film réussit c'est surtout parce qu'il prend le temps de créer une nouvelle crise, avec le petit luxe d'offrir une petite recherche sur l'identité de la véritable menace. Celle-ci n'apparait pas immédiatement et fonctionne à la suite du premier film, ce qui permet de mettre en avant les conséquences de certaines actions. De plus, la menace ne commence pas par détruire la moitié du monde mais s'attaque directement aux personnages que l'on a appris à connaitre pendant une bonne partie du film. Ceci rend les événements bien plus intenses puisque l'on souhaite voir les personnages réussir.

Le premier film ne se prenait pas au sérieux. La réalisation savait ce qu'elle faisait : un film avec de gros robots qui tapent sur de gros monstres. On aurait pu craindre que la suite se prenne bien plus au sérieux, oubliant son identité. Heureusement, ce n'est pas le cas. À plusieurs reprises, des scènes font directement références au premier film. Mais au lieu d'essayer de les recréer à l'identique elles sont, parfois, "ratées." Cette caractéristique permet aux dialogues de casser allégrement le quatrième mur à plusieurs reprises. Bien que cela puisse agacer, j'ai plutôt apprécié. Cependant, cette suite est tout de même moins réussie. Bien entendu, la surprise est passée. Mais ce sont surtout les personnages qui sont moins intéressant. De nombreux points d'intrigues ne sont pas résolus dans l'histoire personnelle des personnages. De plus, on sent que la réalisation a souhaité créer des remplacements. Malheureusement, tous les choix ne sont pas aussi intéressants. Je déplore, par exemple, de ne pas avoir observé plus de scènes avec Mako, alors que sa remplaçante, Amara, échoue à reprendre le trône puisqu'elle est placée comme élève et non comme égale du personnage masculin principal.

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*** Moins bon que le premier, mais j'ai plutôt apprécié.
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Image : Site officiel

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14:06 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pacific rim, uprising | | | |  Facebook

25/03/2018

Tomb Raider

Tomb Raider, Lara Croft, est une icône des jeux vidéo que l'on n'a pas besoin de présenter. Je n'ai personnellement jamais joué aux premiers jeux, mais j'ai apprécié les nouveaux, développés par Square Enix. Tomb Raider avait déjà été adapté dans deux films dont je ne me souviens que très vaguement. L'annonce d'une nouvelle adaptation ne m'avait pas donné de grandes envies. Mais, parfois, il est sympathique d'aller voir un film douteux avec des ami-e-s pour s'amuser un peu.

Lara Croft aime le combat dans un ring. Elle est aussi une livreuse à vélo. Lara Croft est non seulement peu fortunée mais elle n'a pas non plus accompli d'études. Car, il y a 7 ans, son père a disparu et elle refuse de croire en sa mort. Après une petite enquête, Lara Croft comprend que son père cachait une passion : la recherche d'antiquités afin de prouver l'existence du surnaturel. Sa dernière recherche l'a conduit au Japon sur les traces de la reine Himiko.

SPOILERS

Je n'ai pas détesté ce film. Je ne l'ai pas du tout apprécié mais, au vu de mes attentes, cela ne m'a pas surpris. Ce film me semble plutôt mal écrit. Il est fortement inspiré du jeu de 2013, à qui il emprunte une grande partie de l'intrigue. Lara Croft est construite comme physiquement au mieux de sa forme, et on montre ses muscles. Mais elle n'est pas archéologue et ses capacités proviennent surtout de la logique face à des puzzles (honnêtement, j'ai eu l'impression de me retrouver dans une adaptation d’une escape game). Le film semble suivre un scénario calqué sur un jeu vidéo et j'ai parfois eu l'impression de voir des scènes de sauvegarde avant le prochain chapitre.

De plus, le film est rempli de scènes inutiles. Il y a de nombreux flashbacks dont le rôle n'est pas de faire avancer l'histoire mais de nous faire bien comprendre l'importance du père de Lara Croft dans sa vie. Celui-ci l'aime et elle l'aime en retour. On insiste fortement sur ces scènes, peu utiles. Mais l'une des pires scènes est celle qui débute le film. On entend le père de Lara Croft expliquer la mythologie d'Himiko dans ce film, pour l'oublier complètement pendant plusieurs dizaines de minutes. Lorsqu'on y revient, le père recommence sa narration à l’identique ! Personnellement, je considère soit que la réalisation était fainéante soit qu'elle a pris les spectateurs et spectatrices pour des idiots. Dans les deux cas, c'est une erreur importante. Le film est donc loin d'être intéressant et ne réussit même pas à amuser.

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** Un film médiocre, mal écrit et qui ne m'a même pas permis de m'amuser.
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Image : Site officiel

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10:37 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tomb raider | | | |  Facebook

04/03/2018

I, Tonya

TW : abus sur enfant et adulte

Tonya Harding est une prodige. Dès son plus jeune âge elle a surpris tout le monde avec ses capacités en patinage artistique. Petit à petit, elle devient de plus en plus connue dans les compétitions locales, nationales puis internationales. Elle détient plusieurs records, que personne avant elle n'avait tenté d'accomplir. Et elle est l'un des espoirs pour les jeux olympiques d'hiver. Cependant, elle n'est pas appréciée par les membres de la fédération de patinage. Elle n'a pas une famille aimante qui la soutient. Son mari est un abuseur. Et surtout, elle se retrouve mêlée à l’agression de sa principale rivale : Nancy Kerrigan. La question que tout le monde se pose est simple. De quelle manière cette compétition a-t-elle dégénéré pour qu'une patineuse soit agressée et que savait Tonya Harding ?

SPOILERS

Je ne suis pas le genre de personnes qui regardent le sport à la télévision ou en direct. Je ne connais presque rien aux différents sports mis en scènes dans les jeux olympiques. Mais je suis toujours intéressé à mieux connaitre la manière dont un scandale peut être mis en scène, tout en ayant conscience des limites d'une adaptation. Le film s'annonce comme une tentative de mettre en scène le point de vue de différentes personnes sans choisir qui dit la vérité. Mais on peut légitimement se demander si cela est vrai.

En effet, le film fonctionne par la reconstitution de scènes d'époques et d'interviews des personnages. Les costumes et les scènes sont plutôt réussis. Mais il me semble que la réalisation fait un choix concernant cette histoire. Celui-ci est de se moquer de toutes les personnes présentes. Les premières victimes sont, bien entendu, le mari de Tonya et son complice présentés comme des imbéciles incapables de comprendre ce qu'ils font. La mère de Tonya est aussi moquée et jamais son comportement n'est vraiment mis en cause, quel que soit la vérité à ce sujet. Enfin, Tonya est moquée comme une jeune femme qui ne comprend pas vraiment ce qui se déroule et refuse de remettre en cause ses choix.

Justement, ce dernier point me semble particulièrement problématique si l'on prend en compte la manière dont Tonya Harding est dépeinte. Son histoire est montrée comme une succession d'abus. Tout d'abord, sa mère est montrée comme possessive mais surtout violente envers elle. La forçant à s'entrainer sans pauses, à porter des habits inadaptés pour l'école en vue de sa carrière. Ceci se termine sur un couteau lancé contre sa fille. Les abus continuent avec son mari qui, selon le film, lui fait du mal régulièrement jusqu'à utiliser une arme à feux. La mise en scène semble dire que ces violences sont dû à Tonya qui les accepte et est elle-même violente. Ce ne serait qu'une manière de fonctionner et non des relations problématiques. Ce film me semble donc poser des problèmes importants aussi bien en ce qui concerne le respect de certains protagonistes que de la manière dont la vie de Tonya Harding est dépeinte.

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*** Margot Robbie est joue très bien et les costumes sont superbes mais je me pose beaucoup de questions en ce qui concerne le point de vue du film.
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Image : Site officiel

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09:48 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : i tonya, moi tonya | | | |  Facebook

03/03/2018

Ladybird

Sacramento, Christine, qui a choisi le nom de Lady Bird, vit avec sa famille dans un milieu modeste de la ville. Sa mère est une infirmière psychiatrique qui est obligée de faire des heures supplémentaires tout en s'occupant de la maison. Son père risque de perdre son travail. Son frère et sa compagne vivent dans la même maison tout en travaillant dans le magasin du quartier. Lady Bird, elle, est encore une adolescente au lycée. Elle souhaite faire de l'art mais elle ne sait pas si elle est douée. Elle veut rester avec sa meilleure amie mais elle voudrait être plus populaire. Elle veut ressembler aux femmes de magazines tout en espérant que sa mère la trouve belle. Mais son véritable rêve est de quitter Sacramento afin d'étudier dans une université de la côte est, New York si possible. Mais ses résultats ne sont pas en faveurs d'un tel choix et sa mère elle-même n'est pas certaine de l'accepter.

SPOILERS

J'ai beaucoup aimé ce film, mais je ne sais pas exactement pour quelle raison. En revanche, je sais que ce film se situe dans un genre connu, et souvent mis en scène, le passage de l'enfance à la vie adulte lors de l'adolescence. Lady Bird n'est pas montrée comme une jeune femme égoïste, du moins je ne le comprends pas ainsi, mais comme une adolescente qui tente d'atteindre ses rêves et qui est frustrée par le milieu dont elle provient. A de nombreuses reprises, le film nous montre de quelle manière Lady Bird réagit lorsqu'elle est confrontée à un problème. Ceci est montré dès le début du film. Lady Bird et sa mère sont dans leur voiture après avoir fait une tournée des universités. Elles écoutent, silencieuses, une adaptation d'un roman classique. Les deux réagissent exactement de la même manière. Mais dès que la cassette s'arrête elles commencent à se disputer, l'une sur le besoin de devenir adulte et l'autre sur le souhait de rêver. La dispute se termine lorsque Lady Bird préfère sauter de la voiture en marche au lieu d'écouter sa mère. À mon avis, l'essence du film est parfaitement résumée lors de cette scène, une des premières. La relation entre l'adolescente et sa mère sont compréhensibles en quelques minutes. Le reste du film continue sur la même voie en dépeignant le passage par plusieurs moments qui pourraient marquer l'entrée dans la vie adulte.

Ce que j'apprécie dans ce film ne concerne pas seulement sa mise en scène ou son thème. J'ai aussi beaucoup aimé le jeu des acteurs et actrices ainsi que l'écriture des dialogues. Il m'arrive souvent d'avoir une impression d'étrangeté face aux dialogues. Ils ne me semblent pas toujours être ce qu'une personne dirait réellement. Ce problème est particulièrement important dans les films qui mettent en scène des enfants (je parle de toi Harry Potter). Bien entendu, écrire un film implique de créer des dialogues afin d'atteindre un certain but. Mais il ne faut pas oublier la nécessité de toucher des personnes réelles, non en se moquant mais en se rapprochant par la dialogue. Dans ce film, les interactions entre les personnages et leurs propos me semblent "réels." J'ai l'impression d'avoir des personnes qui parlent librement en face de moi, qui réagissent normalement face à des situations particulières. Honnêtement, c'est une bouffée de fraicheur.

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***** Dès la bande annonce j'ai voulu voir ce film, avec quelques craintes. Je ne regrette pas du tout mon choix et il est probable qu'il reste l'un de mes préférés de l'année 2018.

Image : Allociné

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10:33 Écrit par Hassan dans féminisme/gender/queer, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ladybird | | | |  Facebook

23/02/2018

The shape of water / La forme de l'eau

TW : Meurtres, tortures, sexe (nudité)

Elisa vit dans un appartement au-dessus d'un cinéma. Elle a un voisin artiste qui dessine des publicités pour une firme. Tous les jours, elle suit la même suite d'actions. Elle se réveille, se prépare un bain, cuit des œufs, prépare le déjeuner de son voisin, observe les nouvelles chaussures et part au travail dans une ligne de bus. Elisa est une concierge. Elle est chargée de nettoyer une base militaire américaine travaillant sur la conquête de l'espace. Elle peut entrer partout et elle voit et entendu tout sans que personne ne lui parle, d'autant qu'elle est muette. Lorsqu'une nouvelle expérience arrive dans la base, suivi par un nouveau chef de la sécurité, elle comprendre vite que cette expérience est un être vivant, capable de dialogue.

SPOILERS

Ce film entre dans le cadre des films d'espionnages. On nous place aux États-Unis dans une base secrète. Celle-ci est le théâtre d'un espionnage par les soviétiques. Le but est d'éviter que l'un des camps ne puisse développer une technologie supérieure capable de changer le cours de la guerre froide. Il y a donc une certaine familiarité des thèmes, de la musique et des personnages. Le scientifique espion russe, le général décoré qui ne mâche pas ses mots et l'espion États-uniens, joué par Michael Shannon, qui est comme un fils pour ce dernier tout en étant un vrai homme. Ce n'est pas un hasard si les personnages suivent ce que j'identifie comme un schéma connu. Ainsi, les soviétiques se rencontrent au milieu de nulle part, échangent des mots codes et parlent ouvertement dans l'arrière salle d'un restaurant. L'espion États-uniens vit dans un pavillon de banlieue, possède une superbe voiture américaine, il est courtois, viril (avec un outil de torture à sa mesure), parfaitement entrainé et parle toujours de ce qui fait un vrai mâle. Il est nécessaire de garder cela en tête.

Car, au milieu de tout cela, apparaissent des noirs - Octavia Spencer déjà rencontrée dans de nombreux films y joue la collègue d'Elisa - dont des protestataires, une femme latino muette, jouée par Sally Hawkins, un vieil homosexuel artiste et un monstre marin. Ce dernier pourrait faire tâche dans un film qui pourrait rester très terre à terre. Mais il est nécessaire. Il permet d'identifier un monstre extérieur pour mieux parler de la véritable monstruosité. Elisa et son voisin, Giles, sont des personnes marginales. Elles sont toutes les deux victimes de solitudes. Elisa est une femme racisée et muette. Giles est un vieil homme homosexuel, au chômage, qui se rend toujours à la même tapisserie, aux tartes immondes, afin de pouvoir parler au beau jeune homme qui tient le comptoir. Dès qu'il est identifié il est expulsé. En parallèle, on observe le racisme de l'époque et les luttes pour les droits civiques, même si Giles annonce rapidement, dans une ligne révélatrice, qu'il ne veut pas voir cela. Ce qui ne l'empêche pas de pointer du doigt le racisme de certaines personnes au lieu de se taire. Les femmes, racisées, sont fortement mises en avant et surtout leur vie de subalternes. Comme le personnage d'Octavia Spencer le dit, elle doit faire le ménage au travail mais aussi chez elle car son mari ne fait rien pour l'aider.

Face à cette galerie de personnages d'autres incarnent une forme de "normalité" auto-proclamée. Il faut mentionner le vendeur de tarte et le général mais la véritable incarnation de cette "normalité" est Richard Strickland joué par Michael Shannon. Comme mentionnée auparavant, il a une famille, une voiture, un pavillon en banlieue et un bon travail bien viril. Strickland, sous couvert de "normalité", incarne l’entièreté de la masculinité toxique et du racisme occidental. Très rapidement, ce personnage est montré comme ce qu'il est : une personne raciste. Les dialogues durant lesquels ce point de vue apparait sont nombreux. Ils sont écrits de manière à démontrer que le racisme ce n'est pas simplement de la violence mais aussi et surtout une manière de penser intégrée qui apparait au détour d'une phrase. Cet homme est aussi l'incarnation de la masculinité toxique. Lors d'une scène précise durant laquelle il convoque Elisa il tente presque de la violer, n'étant arrêté que par les vitres du bureau et la fuite d'Elisa. Cette scène est une illustration de la vulnérabilité des femmes travaillent dans des positions subordonnées face à un patron qui harcèle voir viole. Mais cette masculinité n'est qu'une façade qui dépend d'un travail important pour effacer ses émotions et suivre une norme impossible. Durant le film, la virilité de Strickland se fissure et disparait alors que les personnages marginaux gagnent en pouvoir et capacités d'actions, Elisa se permettant même d'insulter Strickland tout en le regardant dans les yeux. Alors que tout le film tente de faire de Strickland et de sa famille l'incarnation de la modernité, j'ai l'impression que le film nous montre que ce modèle est non seulement toxique mais aussi en voie de disparition.

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***** Guillermo del Toro prouve, encore une fois, à quel point il maitrise la photographie de ses films mais aussi l'entrée du fantastique dans la réalité. Un film beau, bien écrit et superbement joué par des actrices et acteurs à la perfection.

Image : Allociné

Site officiel

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09:16 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the shape of water, la forme de l'eau | | | |  Facebook

22/01/2018

Darkest Hour / Les heures sombres

L’Allemagne, sous la conduite d'hitler, a lancé une guerre rapide et totale en Europe. Il a déjà pris le contrôle de l'Europe de l'est et se prépare à envahir la Belgique ainsi que la France. Alors que ses chars écrasent tout sur leur passage le monde politique britannique est en pleine ébullition. L'opposition ne peut plus accepter un premier ministre dont la politique, selon eux, a mené le royaume au désastre. Neville Chamberlain doit partir. Cependant, l'opposition annonce qu'elle acceptera un premier ministre adversaire dans un esprit de coopération en temps de guerre. Mais quelle personne pourrait prendre le poste dans ce contexte si dangereux ? Bien que personne ne semble le souhaiter, le choix se porte sur un homme que l'on croit incapable : Winston Churchill. Et ce dernier, dans ses discours, annonce une politique claire : la victoire à tous prix, la lutte jusqu'à la fin. Mais pourra-t-il imposer ses idées dans un gouvernement divisé par une tendance pacifiste ?

SPOILERS

Commençons par les bons points. La réalisation est particulièrement bonne. L'image est tout simplement magnifique. Les costumes sont flamboyants (du moins autant qu'un costume masculin puisse l'être) tandis que les décors donnent une impression d'authenticité. On est transporté dans le monde londonien de la guerre. Au milieu des palais on nous offre les personnes qui vivent dans la ville lors de scènes fugaces ou lors d'un passage dans le métro. Le seul point faible pourrait être ces quelques scènes prises en hauteurs dont je n'ai pas compris l'intérêt exact. Mais il est possible de passer outre. Tout ceci ne serait rien si les acteurs et les actrices n'étaient pas tout aussi parfait-e-s. Garry Oldman est en pleine forme mais il est aidé par le reste du casting (j'apprécie particulièrement le roi joué comme une personne à la fois consciente de son rôle et un peu mal à l'aise). Les dialogues sont tout aussi bien écrits, bien que l'écriture ait probablement beaucoup emprunté au personnage réel. D'un point de vue purement académique, il n'y a rien à redire. C'est du classique, sans surprises, mais c'est beau.

Mais le film pose un problème important : il est vide. Ce film me proposait de raconter de quelle manière Winston Churchill a réussi à imposer sa politique face à un gouvernement et un parlement réfractaire. Malheureusement, le film ne fait rien de tout cela. Il se contente de faire ce que tous les biopics font, et ce qu'aucun biopics ne devrait faire : montrer pourquoi son personnage principal est un génie destiné à la grandeur. La réalisation nous montre qu'il existe une confrontation entre Churchill, Chamberlain et Halifax. Mais cette confrontation n'est jamais développée. On ne sait pas qui sont ces personnes, quel est le contexte politique, de quelle manière Halifax et Chamberlain veulent reprendre le siège de premier ministre. On ne sait rien des complexités politiques de l'époque. On a simplement l'impression que deux personnes nient le caractère historique, grandiose, d'une personne dont on sait déjà qu'elle a vaincu. À la sortie du film on ne peut qu'être confus. On ne comprend pas comment fonctionne le parlement, qui est qui ni ce que sont ces partis dont Churchill parle si souvent. Le film échoue majestueusement à traiter son propre sujet !

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*** Si vous souhaitez voir un film de costume Darkest Hour est fait pour vous. Si vous souhaitez comprendre les complexités politiques de l'époque passez votre chemin.
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09:19 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : darkest hour, les heures sombres | | | |  Facebook

21/01/2018

Wonder

TW : validisme, harcèlement scolaire

Wonder est l'histoire, adaptée d'un roman, de August Pullman. Cet enfant a une malformation physique qu'il cache derrière des masques. Il n'a jamais été à l'école, sa mère prenant en charge son éducation. Mais, à la rentrée, ses parents décident qu'il est temps de l’emmener dans une école privée avec un programme de science de haut niveau, ce malgré leurs craintes en ce qui concerne sa capacité à s'intégrer. August lui-même a peur de ce qui va lui arriver. Il ne sait rien de l'école ni des règles tacites qui font fonctionner les relations entre les élèves. Son entrée est très difficile. Personne ne lui parle et tout le monde le dévisage. Une rumeur se répand, il serait contagieux. Mais August persévère et, petit à petit, devient de plus en plus apprécié à la fois des élèves et des professeureuses.

SPOILERS

J'avais beaucoup de craintes en ce qui concerne ce film. Je craignais une nouvelle histoire sur une personne en situation de handicap, différente, qui reste forte malgré tout. Un film qui ne remet pas en cause le fonctionnement de la société mais permet à nous, personnes valides, de nous émerveiller devant "la force de ces personnes différentes." Une belle histoire faites pour pleurer mais qui ne critique rien. D'une certaine manière, mes craintes étaient fondées. La dernière scène est l'occasion de récompenser ce petit garçon et sa force intérieure, lançant le message éculé de la beauté intérieure bien plus importante que la beauté extérieure. Il y a tout de même de beaux moments. J'ai apprécié avoir le point de vue d'autres personnages ayant leurs propres problèmes. Mais cela pourrait donner l'impression que les difficultés rencontrées par Auguste ne sont pas différentes de celles d'une personne valide. Il y a aussi cette scène durant laquelle plusieurs garçons décident de fraterniser, d'accepter leurs émotions comme une composante de leur identité et non une source de honte (bien qu'il soit possible que je surinterprète cette scène). Mais le plus gros problème concerne à la fois l'histoire et le casting. Le film est une adaptation d'un roman écrit par une personne valide suite à une rencontre vécue dans un magasin de glace. Le casting est constitué d'Auguste est offert à un jeune garçon valide. Il n'y a donc aucune place aux personnes concernées. On parle à leur place, on leur explique comment se comporter et de quelle manière accepter que la société les considère toujours comme différentes. Même avec toute la bonne volonté du monde, les acteurs et actrices ne pourront jamais vraiment comprendre ce que vivent les personnes concernées. Et écrire un film sur elles pour ne pas les intégrer au processus créatif n'est pas qu’une erreur, c'est un acte d'invisibilisation qui ne devrait plus exister.

Ce film met aussi en avant des scènes de harcèlement contre Auguste. Selon moi, la réalisation échoue largement à comprendre la problématique du harcèlement scolaire. Le harcèlement contre Auguste est montré de temps en temps. Il consiste principalement en des regards, des refus d'amitiés, quelques paroles mais surtout un ou deux billets insultants. Ce n'est que tardivement que l'on montre la teneur de ces billets et leur nombre. Les propos sont très graves et le nombre très élevé. Mais le film échoue à montrer cela. On ne voit jamais que le harcèlement ce ne sont pas quelques billets et propos isolés, ou un comportement peu poli. C'est à la fois une forme de bannissement et des actes constants. Le film échoue à montrer que la fuite est impossible parce que la victime est enfermée dans un lieu précis pendant 8 heures avec les personnes qui harcèlent, sans aide et ce pendant une grande partie de l'année. Le harcèlement implique aussi l’aveuglement, voulu ou non, de la part des adultes (quand les professereuses ne sont pas elleux-même des personnes qui harcèlent). Là aussi, le film ne dit que peu de choses. Seule une scène montre un directeur et une famille ne pas se comprendre autours de la gravité des actes. Là où le directeur souhaite une expulsion de deux jours, plutôt léger, les parents défendent à tout prix leur fils et retournent l'accusation contre la victime. L'idée que le harcèlement scolaire est anodin, un jeu, est malheureusement encore prégnant dans la société et seuls les cas graves donne l'occasion d'une remise en question bien faible. Enfin, la réalisation échoue à prendre en compte le numérique. Auguste et ses camarades se trouvent sur l'Internet, y jouent, y parlent et y travaillent. Le numérique n'est donc pas absent du harcèlement scolaire et l'aggrave de manière significative puisque la maison et les vacances ne sont plus des temps et des lieux de tranquillité. Mais jamais Auguste ne vit cela. L'Internet n'est qu'un moyen de jouer à Minecraft.

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** Le film aurait pu réussir si la réalisation avait souhaité s'attaquer frontalement aux sujets difficiles. Au lieu de cela, un message classique et gentillet est préféré.
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12:31 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wonder | | | |  Facebook

Batman: The killing joke

TW : sexisme, possible viol (ni montré ni mentionné mais sous-entendu par l'histoire)

Batman n'est pas seul dans sa lutte. Non seulement il fonctionne en partenariat avec James Gordon, commissaire de police, mais il a aussi des allié-e-s à l'instar de Nightwing. Une alliée particulière est Batgirl, Barbara Gordon. Dans Batgirl année Un on apprend de quelle manière Batgirl est née et surtout qu'elle a décidé de combattre le crime malgré son père et Batman. Mais la relation avec Batman est difficile. Il est exigeant, manipulateur et ne parle jamais. Leur relation ne risque pas d'être meilleure lorsque le Batman demande à James Gordon un accès à Arkham, afin de visiter le Joker. Mais ce dernier s'est échappé. Tous les lieux et toutes les personnes qu'il fréquente après une évasion sont fouillés et interrogées par le Batman. Mais personne n'a vu le Joker. Est-ce que cela implique qu'il va rester calme ou prépare-t-il quelque chose de pire que d’habitude ?

SPOILERS

The Killing Joke est une œuvre controversée, à raison. L'auteur, Alan Moore, s'est distancié en critiquant son œuvre ainsi que le processus créatif qui a permis d'accepter ce qui arrive à Batgirl. Une adaptation ne pouvait que créer un retour de ces controverses, malgré le souhait d'ajouter plus de substance au personnage de Barbara Gordon. Nous reviendrons à ce sujet plus bas. Personnellement, il m'a fallu beaucoup de temps pour me décider à voir l'adaptation et je doute fortement vouloir acheter le comics un jour. Suite à mon visionnage, il me semble que The Killing Joke est avant tout l'histoire de Batman et du Joker, le reste n'est qu’accessoire. Cette relation est souvent mise en avant. Les deux personnages semblent former un couple uni dans la haine l'un de l'autre et une forme de compréhension mutuelle. Dans le film, le principal problème de Batman est d'essayer d'éviter une fin qu'il pense inévitable : la mort de l'un des deux. Le Joker, lui, souhaite prouver quelque chose au Batman. Il souhaite lui prouver que tout le monde peut devenir comme lui dans des circonstances particulières. D'une certaine manière, le Joker montre ici qu'il comprend le Batman et ce qui le pousse puisque, selon le film, la folie provient de l'incapacité à accepter des événements destructeurs. On connait l'origine du Batman, le film nous ajoute des flashbacks pour connaitre celle du Joker, une origine basée sur une très mauvaise journée. La fin est intéressante dans cette optique puisqu'on peut se demander si la dernière blague ne concerne pas les deux personnages et leur relation particulière à leur santé d'esprit.

Cette adaptation se base sur un comics durant lequel Barbara Gordon reçoit une balle à bout portant par le Joker, suite à cela elle se retrouve paralysée et devient Oracle. Cependant, son attaque, dans le comics, n'est qu'un moyen de lancer l'intrigue et de forcer le Batman à chercher le Joker et la commissaire. Pire, le corps de Barbara Gordon, dénudé, est utilisé pour aider à rendre fou James Gordon. Bref, Barbara n'est pas un personnage mais un objet utilisé pour lancer une intrigue. La réalisation de l'adaptation a tenté de passer outre ce problème majeur en ajoutant une demi-heure d'écran à Barbara. Un temps d'écran dont le but, je pense, était de la montrer comme active et capable de prendre ses propres décisions. Malheureusement, ce choix est dénaturé par la manière dont elle est mise en scène. Loin d'être active elle est montrée comme dépendante du Batman. Pire, lors d'une scène elle devient l'amante de Batman. Dès que ce dernier ne lui parle plus elle décide d'abandonner son rôle d'héroïne. Le message est donc que Barbara est devenue Batgirl afin de se rapproche d'un homme dont elle est amoureuse. Ce choix scénaristique lui enlève toutes ses capacités et n'en fait qu'un être sexuel au profit d'un homme distant. Loin de lui donner l'histoire qu'elle mérite cela détruit encore un peu son personnage au sein d'une œuvre déjà dure envers elle.

* L'intrigue original a très mal vieilli, et c'est une bonne chose. Cette adaptation était un très mauvais choix de la part de DC.
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11:40 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : batman, the killing joke, dc | | | |  Facebook

20/01/2018

Three billboards outside Ebbing Missouri / 3 Billboards, les panneaux de la vengeance

TW : mention de viol, harcèlement policier, violences policières, suicide, mention de violences conjugales

Ebbing, une petite ville du Missouri. Elle possède tout ce que ce genre d'endroits doit avoir pour mériter d'y vivre. Il y a une école, un bar, des commerces locaux ainsi qu'une TV locale et une station de police. Il y a aussi un commerce de souvenirs dont l'une des employées est Mildred Hayes. Cette ville possède aussi un mystère. Il y a six mois, la fille de Mildred sortait de chez elle à pied quand elle a été assassinée par des personnes inconnues. Depuis, la police est incapable de trouver la personne coupable. Il n'y a plus de nouvelles et Mildred a l'impression que plus personne ne s'intéresse à résoudre le meurtre de sa fille. Elle décide donc, sur un coup de tête, de louer trois panneaux publicitaires sur lesquels elle s'adresse à la police et, plus précisément, à son chef. Mais son attaque n'est pas appréciée par tout le monde. La ville se divise et, rapidement, la police commence à s'intéresser fortement à Mildred, sa famille et ses ami-e-s.

SPOILERS

Je suis un peu ennuyé par ce film. D'une part, je ne peux qu'apprécier non seulement le jeu des acteurs et actrices et les dialogues écrit pour elleux mais, d'autre part, je pense que le film échoue en ce qui concerne son message. La réalisation a réussi à s'attacher plusieurs personnes que j'ai déjà remarqué ailleurs et qui, ici, réussissent à incarner des personnages complexes. L'écriture est sans excuses, il n'y a pas d'hésitation à utiliser des jurons ou la colère pour mieux faire comprendre son point de vue. Mais elle est aussi utilisée pour mieux faire comprendre le fonctionnement de cette petite ville presque entièrement montrée comme blanche.

Si je le précise c'est parce que le principal problème du film, à mon avis, concerne le traitement des violences policières. Celui-ci existe à deux niveaux. Le premier concerne le chef de la police local, Bill Willoughby. Celui-ci est montré comme une personne ayant de l'expérience. L'incapacité à trouver une personne suspecte ne dépend pas de lui mais des circonstances et il souhaite vraiment offrir justice à Mildred. Cependant, il est aussi aveugle au problème posé par ses hommes, vu qu'il n'y a pas de policières dans ce poste. Selon lui, il est peu utile de lutter contre le racisme policier puisque tous les membres de son poste sont racistes. Il laisse donc faire et accepte une forme de harcèlement raciste. Pire encore, il ne lui faut pas beaucoup de temps pour tenter de faire pression sur Mildred afin qu'elle subisse les conséquences des panneaux qu'elle a loué. Conséquences qui pourraient mener à la prison. Il protège aussi Jason Dixon.

Ce dernier, selon ce qui nous est dit, a torturé un homme noir dans les locaux du poste de police. Mais l'absence de preuves, bien que personne ne doute de ses actes, n'ont pas permis de s'en débarrasser. En fait, il apparait rapidement que Bill fait tout pour le garder pour une raison qui me pose problème. Jason Dixon est montré comme enfantin, il vit toujours chez sa mère et cela donne l'occasion de moqueries, bête, il a redoublé l'académie de police et ne comprend pas les jeux de mots, et violent. Il n'hésite pas à menacer d'arrêter un homme noir qui ne fait que travailler, il revendique ses actes racistes et surtout, vers la moitié du film, on le voit défenestrer un homme pour se défouler puis le tabasser dans la rue. Enfin, il n'hésite pas à une seconde à harceler Mildred de toutes les manières possibles. Au lieu de condamner ces actes le film essaie d'offrir une forme de rédemption à Jason Dixon. Celle-ci prend la forme d'une épreuve d'humiliation, il est publiquement licencié, suivie d'une épreuve physique durant laquelle il est tabassé après avoir été brulé gravement lors d'un incendie. Ces épreuves permettent deux choses : premièrement il découvre enfin une personne suspecte, ensuite il se rapproche de Mildred ce qui permet à l'audience de le voir positivement malgré ses actes de violence couvert par les autorités. La raison de cette rédemption prend son origine dans la pensée de Bill, exprimée à plusieurs reprises. Jason Dixon est, en fait, une personne qui a un bon fond. Sa violence et son racisme ne sont que l'expression d'une douleur interne suite à la mort de son père. Bref, ses actes doivent non seulement être pardonnés mais il faut aussi tenter de le comprendre plutôt que de le condamner. Je ne peux, personnellement, pas souscrire à un tel message, en particulier si l'on prend en compte le contexte des États-Unis en ce qui concerne les violences policières racistes (ce qui ne veut pas dire qu'il n'existe pas de violences en Suisse mais le film ne s'y déroule pas).

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** Bien que la réalisation soit très bonne je ne peux pas accepter le message délivré par cette œuvre.
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14/01/2018

Batman and Harley Quinn

TW : sexisme, harcèlement sexuel

Un soir à Gotham, Poison Ivy et Jason Woodrue cambriolent ensemble pour rapidement partir sans n'avoir rien pris. Mais le Batman comprend rapidement que leur but n'était pas matériel mais de trouver une information. Celle-ci est potentiellement très dangereuse. En effet, Poison Ivy et Jason Woodrue essaient de comprendre ce qui a pu donner vie à Swamp Thing. Pire encore, illes ont kidnappés un expert en armes biologiques. Batman et Nightwing décident de tout faire pour retrouver les deux complices. Mais il est difficile de les suivre. C'est la raison pour laquelle ils décident de chercher Harley Quinn. En effet, sa relation avec Poison Ivy pourrait permettre de mieux la comprendre et de la retrouver. Peut-être même pourrait-elle convaincre son amie de ne pas détruire le monde ? Mais est-il possible de faire confiance en l'ancienne complice du Joker ? Même si elle n'a pas accompli de crimes depuis sa sortie d’Arkham ?

SPOILERS

Ce film est un hommage assumé envers la série Batman des années 90. Une série que je regardais quand j'étais enfant, le matin en week-end. De plus, le titre et le film semblaient vouloir rendre hommage à Harley Quinn, un personnage qui provient de la série susmentionnée. Il m'était difficile de résister à l'envie de revenir en enfance et de revoir un personnage que j'apprécie, et donc la vie est loin d'être sympathique. J'ai rapidement été déçu. Si nous prenons d'abord en compte le "scénario" on comprend vite qu'il est presque inexistant. Ce que l'on nous offre est une forme de road movie avec deux justiciers et Harley. Le format est simple, le trio discute dans la voiture, Harley fait une demande refusée puis Batman accepte et doit gérer Harley. Pire encore, il n'y a pas de fin. Le film se termine abruptement après l'arrivée d'un Swamp Thing qui... ne sert à rien et repart tout aussi rapidement. Les scénaristes nous laissent en plan sans rien savoir, comme s'ils avaient été pris d'une fainéantise intense. J'ai l'impression que l'absence de scénario est aussi basé sur l'envie de faire de l'humour via Harley Quinn. Malheureusement, les "blagues" sont très mauvaises voir de mauvais goût. Ainsi, le film échoue à créer une histoire intéressante et à nous faire rire. Pourtant, il aurait été possible de développer au moins deux thèmes. Premièrement, Poison Ivi et Jason Woodrue peuvent porter une intrigue écologiste forte. Ensuite, il aurait été possible de parler de la difficulté de la sortie de prison et du retour dans une vie active. En effet, Harley Quinn est serveuse dans un bar peu engageant malgré son doctorat. Elle explique dans une scène que ses lettres de candidatures sont toutes refusées à cause de son passé. Mais les scénaristes ont soit refusé soit eu peur de ces deux pistes.

Mais il y a pire. Il y a la manière dont Harley, et les femmes de manière générale, sont utilisées. Comme je l'ai dit, Harley est une serveuse dans un bar. Il faut comprendre que celui-ci est un bar dont le thème est les héroïnes. Les serveuses sont donc en costume, modifiés pour être bien plus révélateurs (même si les costumes classiques sont déjà bien révélateurs). Il nous est rapidement montré que les hommes n'hésitent pas à toucher ces serveuses et à les observer sans leur consentement. Même si l'un des clients est puni par Harley pour son comportement il n'est pas montré comme fondamentalement en tort. Puis, dans le reste du film, il n'y a jamais d'hésitation à montrer Harley dans des postures "sexy" ou peu vêtue. Bref, j'ai du mal à comprendre qu'un tel traitement ait été accepté durant la production puis la sortie. Heureusement, les bonus contiennent deux épisodes de la série animée Batman sur Harley Quinn. Ceux-ci mettent bien plus en valeur le personnage tout en mentionnant le comportement horrible du Joker envers elle.

* Fuyez
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06/01/2018

Le grand jeu / Molly's Game

TW: Violences

SPOILERS

Molly Bloom est membre d'une famille à l'intérieur de laquelle l'excellence académique et sportive est une règle. Elle est l'une des meilleures skieuses au monde. Mais une chute, qui réveille une ancienne blessure, l'empêche d'être qualifiée pour le JO. Suite à cela, elle décide de prendre une année sabbatique avant son entrée en école de droit. Lors de cette année elle vit de petits boulots de serveuse jusqu'à ce qu'un client la remarque et lui offre un travail d'assistante. Rapidement, elle est aussi chargée d'organiser des soirées poker aux enjeux importants. Petit à petit, elle prend une importance de plus en plus importante dans le monde du poker et organiser des soirées durant lesquelles des millions sont échangés en quelques heures. Mais son nom apparait dans les fichiers du FBI en lien avec des membres de la mafia russe.

Il faut le dire immédiatement, je ne connais rien au poker et je ne connaissais pas le cas Molly Bloom. Ce film est basé sur une autobiographie écrite après une arrestation par le FBI. Je ne sais pas à quel point le film est en accord avec la réalité et ce qui a été plus ou moins romancé. Je ne vais donc pas tenter d'examiner cela mais je vais essayer de mettre en avant quelques petites choses que l'on peut comprendre en regardant ce film. Quasiment immédiatement, la réalisation montre que Molly Bloom ne connait rien au poker. Mais elle apprend rapidement comme le jeu fonctionne et surtout la raison des soirées poker. En effet, le film ne semble pas défendre une forme de jeu de hasard mais un moment de relations sociales. Elles sont de plusieurs formes. Soit des joueurs, je ne crois pas avoir remarqué de joueuses, viennent pour rencontrer des légendes et des stars. Soit le but n'est pas de gagner mais de créer des relations. Ainsi, on observe des personnages qui parlent finances et politiques et donc s'échangent des informatisations qui peuvent permettre de choisir dans quel secteur investir. Mieux encore, certains personnages, je pense en particulier à Bad Brat, usent de ces soirées afin de créer des relations d'investissement. Comme le dit l'actrice, Bad Brat perd tout lors des soirées de jeux mais il en sort avec des millions d'investissement. Le poker n'y est donc pas un simple jeu mais un moyen de rencontres entre des personnes d'une certaine classe sociale.

Le personnage qui crève l'écran, grâce à la prestation de l'actrice Jessica Chastain, est Molly Bloom. Elle est au centre de tout, elle explicite l'intrigue par ses remarques. Elle est décrite comme une femme extrêmement talentueuse et intelligente, avec un entourage féminin du même acabit. Son envie de réussite est en partie expliqué par le film par son éducation, qui serait voué à l'excellence parfois au prix d'une santé physique et mentale (à plusieurs reprises l'actrice nous explique que son personnage est en dépression et dépendante aux drogues pour simplement continuer son travail). Molly Bloom, selon ce film, est la personne la plus intelligente dans un monde d'hommes médiocres ou cruels. Ce qui m'a frappé ce sont les scènes durant lesquelles certains hommes tentent de draguer Molly Bloom et sa réaction de pitié exaspérée. Comme elle l'explique, elle a créé un rêve pour ces hommes mais ce n'est qu'un rêve. Elle n'est pas disponible, ni ses employées. Ce qui est un passe-temps social pour les hommes qui jouent est un travail rémunérateur pour les femmes impliquées. Personnellement, j'aurais tendance à rapproche ce comportement masculin de celui que l'on peut observer dans le cadre de métier de service qui implique une forme de disponibilité féminine, souvent considéré à tort par ces mêmes hommes comme une disponibilité romantique voir sexuelle.

Ce point me permet de passer sur un dernier sujet qui me semble important en ce qui concerne ce film, et qui m'a beaucoup déçu : l'explication du comportement de Molly Bloom. Encore une fois, je ne prétends pas connaitre l'affaire et encore moins la personne. J'essaie de mettre en avant ce que dit le film. Molly Bloom se trouve dans un monde d'homme en tant que femme. Elle est dépeinte au contrôle de ce monde mais dépendant du bon vouloir des hommes, malgré de nombreuses alliées tout aussi talentueuses. Il est révélateur que ces femmes doivent jouer sur leur féminité corporelle pour attirer des hommes, là encore comme travail de "rabattage" et non comme disponibilité en vue d'une relation. À deux reprises, le film montre son personnage principal détruit par des hommes : l'un est une personne pratiquement en faillite et loin d'être sympathique tandis que le second avoue aimer détruire des vies. Ce dernier décide d'attaquer Molly Bloom lorsqu'elle refuse d'accepter son comportement de tricheur et parce qu'elle ne lui parle, selon lui il a droit aux mêmes attentions de la part de Molly Bloom que les autres hommes. Toute l'intrigue du film autours de cette femme se conclut en deux parties. Premièrement, à la fin du film Molly Bloom accepte le jugement et le pouvoir d'un homme sur elle en plaidant coupable. En second lieu, son père apparait et lui explique que son comportement est dû à sa relation conflictuelle avec lui et son besoin de contrôler les hommes. Bref, et malgré ce que souhaite le personnage dans le film, Molly Bloom passe d'une femme extrêmement intelligente à une femme esclave de son besoin de confrontation avec les hommes dû à une forme de relation dysfonctionnelle avec son père, une thèse probablement basée sur Freud. Au lieu d'être actrice Molly Bloom devient victime d'elle-même et en besoin de se réconcilier avec les hommes. Selon moi, le réalisateur montre ici une vision défavorable des femmes qui réussissent et des féministes. Comme une scène de conversation lors d'un repas le montre, la critique féministe de théories psychologiques devient, dans le film en tout cas, un irrespect envers les hommes et, en particulier, la figure du père. Je ne peux qu'être déçu de cette trahison du personnage et, par extension, de Molly Bloom.

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**** J'ai personnellement apprécié le film et sa mise en scène. J'ai aussi aimé la manière de penser Molly Bloom jusqu'à la fin du film lorsque le réalisateur décide d'expliquer son comportement, et sa réussite, par une relation dysfonctionnelle avec son père.
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11:34 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le grand jeu, molly's game | | | |  Facebook

21/12/2017

Star Wars 8. The last Jedi

SPOILERS

Le premier ordre, sous le leadership de Snoke, du général Hux et de Kylo Ren, a connu une grande perte. La Starbase est détruite et la Résistance sait sur quel monde se trouve Luke Skywalker. Ceci les pousse à agir rapidement. Immédiatement, le Premier Ordre envoie sa flotte détruire la dernière base de la Résistance. Car celle-ci est isolée maintenant que la jeune Nouvelle République a été détruite. Heureusement, la base est évacuée à temps. Mais les pertes sont très importantes et l'Empire fait tout pour détruire les derniers vaisseaux de guerre qui leur font face. Malgré l'héroïsme des soldats de la Résistance l'espoir est bien mince de voir le retour d'une démocratie dans la galaxie. Seul Luke pourrait permettre de gagner une bataille et, qui sait, la guerre. Mais il est nécessaire de la convaincre et de comprendre pour quelle raison il s'est exilé pendant si longtemps.

L'épisode 7 était clairement un hommage à l'épisode 4. Le film reprenait la trame principale de A new Hope tout en l'adaptant en ce qui concerne l'intrigue mais aussi les effets spéciaux et les personnages. On retrouvait donc une planète désertique, une base perdue, la destruction de mondes importants et une machine aussi puissante qu'impressionnantes avec une bataille de la dernière chance. Bien que l'on puisse déplorer un manque de prise de risque de la part de la réalisation j'ai choisi de considérer ce film à la fois comme un hommage et un moyen de faire entrer de nouvelles personnes dans son univers. En effet, il était nécessaire d'attirer les fans de la première et de la seconde trilogie tout en parlant à des personnes qui n'étaient pas forcément nées durant celles-ci. La prise de risque aurait été admirable mais pas forcément une bonne idée pour créer une nouvelle trilogie.

Cet épisode 8 est différent car la réalisation décide de détruire le mythe. En effet, depuis le premier film l'univers Star Wars a été décliné sur de nombreux supports qui l'a largement étendu. Même si la reprise par Disney a annulé une bonne partie de l'univers étendu celui-ci reste tout de même assez important. Il existe 6 films, 2 séries, beaucoup de jeux vidéo et 63 livres (si je ne me trompe pas). Il est difficile de naviguer à l'intérieur d'un tel univers et, souvent, on en sort avec deux points précis : les jedis sont des héro-ïne-s parfait-e-s et les combats de chasseurs sont superbes. Cet épisode 8 s'attaque à ces deux points. Bien que les Jedis aient une part importante dans l'univers de Star Wars illes ne sont pas exempts de critiques. La série The Clone Wars, par exemple, met en avant une partie des dissensions internes et des problèmes que pose la guerre mais aussi les échecs. Tandis que les combats de chasseurs sont spectaculaires mais ne sont qu'une partie d'une guerre. À plusieurs reprises, ces deux points sont remis en cause soit par Luke Skywalker soit par des leader femmes face à des têtes brulées masculines. L'héroïsme et la mythologie de Star Wars sont fondamentalement remis en cause et même, parfois, tournés en ridicule (le premier dialogue entre Finn et Rose est particulièrement savoureux si on l'examine ainsi).

Cependant, la réalisation n'organise pas seulement une destruction de la mythologie. Elle tente de mettre en place une nouvelle forme de mythologie basée non sur le passé, les anciens films, mais sur de nouveaux films et donc des personnages neufs. Une partie prend une importance de plus en plus importante face à d'autres qui refusent de s'impliquer. Lorsque Luke apparait enfin face à la Résistance il ne le fait pas pour gagner une bataille mais pour créer une nouvelle légende. Et celle-ci est ensuite montrée lors des dernières images du film lorsque les personnes les plus humbles de la galaxie se racontent son exploit et l'histoire de la Résistance face à un Empire à la puissance sans mesures. À la fin de ce film, on peut considérer qu'un nouveau mythe est né et que les personnages mis en avant dans le 7 peuvent enfin suivre leur propre voie plutôt que de devoir être des ersatz de ce que l'on connait déjà. Il ne reste plus qu'à voir ce que l'épisode 9 fait de ce qui lui est offert.

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***** J'ai du mal à me décider. Je n'ai pas vu le temps passer, j'ai beaucoup aimé le film, la musique et l'image. Les personnages sont à la fois surprenants et pourtant parfaitement logiques, selon moi. Sans oublier un humour qui n'est pas forcé mais qui nourrit le film. Il y a sûrement des points négatifs mais j'ai du mal à en trouver à la sortie de la salle.

Image : Site officiel

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17:38 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : star wars, the last jedi | | | |  Facebook

16/12/2017

12 jours

TW : hospitalisations psychiatriques, suicides

Ce documentaire s'intéresse au fonctionnement d'une loi française sur l'hospitalisation psychiatrique sous contrainte. Selon la loi, la justice doit vérifier la procédure dans les 12 jours, avec un avocat pour la personne concernée, puis tous les 6 mois. La loi est une chose est l'application en est une autre. Ce documentaire suit de très près les moments lors desquels individus et juges se rencontrent dans un cadre très formel qui permet uniquement de vérifier la procédure et donc de donner le droit aux médecins de continuer l'hospitalisation sous contrainte. La caméra filme plusieurs de ces moments avec des personnes différentes qui essaient d'expliquer, de contester et de demander la parole face au pouvoir médical et judiciaire.

Le documentaire est très sobre et essaie non pas de nous imposer un point de vue mais de présenter des personnes dans leurs rapports avec la justice, et le pouvoir médical par extension. On peut se demander si cette absence du commentaire implique une neutralité face à une procédure qui met en question les droits des personnes, qui doit donc impliquer une surveillance judiciaire étendue. L'image est rarement mouvante. On reste souvent dans une pièce qu'il est difficile de situer, constituée d'un mobilier minimaliste. On sent que tout est mis en place pour créer une atmosphère de formalité. Les cas passent rapidement devant les juges qui donnent leurs décisions immédiatement sauf une fois. Entre deux personnes, la caméra film l'hôpital là aussi sans faire de commentaires. Il est rare que des personnes apparaissent et l'on a l'impression d'un lieu vide, presque mort. Il faut noter une citation de Michel Foucault au début du commentaire, seul commentaire de la réalisation.

Bien qu'il n'y ait pas de commentaires, il me semble que ce documentaire met en évidence la compréhension entre les individus, la justice et le médical. On nous montre plusieurs personnages qui connaissent le système. Leurs propos sont clairs et s’intègrent parfaitement dans le fonctionnement de la procédure, donnant l'impression d'observer un rituel qui débouche toujours sur le même résultat (l'une des juges dit, une fois, qu'elle ne sert à rien en riant. Moment aussi fugace qu'éclairé sur son rôle qui consiste presque uniquement à enregistrer une décision médicale ?). Face à ces personnes qui se disent agir pour le bien des individus entendu-e-s, on a des femmes, des hommes, des jeunes, deux vieux, ... Le point commun est leur incompréhension du fonctionnement de la procédure. Même en acceptant la nécessité d'un traitement ces personnes remettent souvent en cause ce qui leur arrive, voir la contention. Au lieu d'utiliser la procédure, illes peuvent menacer de faire appel au niveau ministériel ou jurer de bien se conduire et de travailler. Comme si ce n'est pas la santé mentale qui importait réellement mais plutôt l'intégration dans un système capitaliste. Ces personnes ont-elles vraiment mal compris la procédure ou savent-elles que ce qui compte est leur normalisation par l'entrée dans un système de production ? J'ai l'impression que les juges ne sont pas dupes, les questions se concentrent aussi bien sur l'état médical que sur les souhaits émotionnels et professionnels.

Je tiens aussi à noter un petit malaise personnel. De nombreuses personnes nous sont montrées dans ce film et, si l'on en croit la réalisation, les lieux et les noms ont été anonymisés. Cependant, ces personnes nous permettent tout de même d'en savoir beaucoup sur elles. On connait une partie de leur passé, de leurs problèmes et leurs espoirs. On les observe tenter de s'exprimer et de se faire entendre dans un cadre qui ne leur est pas destiné, d'où l'accompagnant-e avocat-e. De temps en temps, face aux tentatives d'expressions et de justifications, une partie de la salle s'est mise à rire. Je me demande ce que cela indique de nous lorsque nous rions d'une personne neuro-atypique qui se trouve dans un cadre qu'elle ne maitrise pas, tentant de retrouver une partie de ses capacités de décider librement de ses mouvements.

Image : Allociné

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15:54 Écrit par Hassan dans Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 12 jours | | | |  Facebook

The Snowman

TW : Féminicide, violences masculines

SPOILERS

Oslo, un homme d'âge moyen laisse tomber une bouteille sur le sol. Il est ivre et décide de rentrer chez lui en fumant. Peu de temps après, il se rend à son travail. Son patron lui reproche son absence mais décide de le couvrir. Cet homme n'est pas un simple alcoolique. Il est l'un des enquêteurs les plus célèbres du pays. Ses enquêtes sont étudiées en cours pour former les futurs membres des forces de police. Mais il y a longtemps qu'il n'a pas eu de véritables enquêtes et il vit plus ou moins bien alors que son ex sort avec un médecin. Cela ne l'empêche pas de rester proche d'elle et du fils qu'elle a eu d'un père inconnu. Son univers est bouleversé lorsqu'une jeune policière commence à tenter de comprendre pourquoi plusieurs femmes disparaissent sans raisons apparentes. Il fait le lien entre une lettre qui lui est envoyée et des bonhommes de neige construit sur les lieux des disparitions. Petit à petit, les deux collègues commencent à penser que Oslo est victime d'un tueur en série.

Bien que le film m'ait plu, en particulier pour son ambiance glaciale due à l'hiver, il faut tout de même avoir conscience d'un problème important : la confusion. Certaines personnes, selon ce que j'ai lu, critiquent les nombreux voyages en voitures ou en train. Personnellement, j'ai apprécié ces moments qui permettent, à mon avis, de montrer qu'une enquête peut dépendre du temps nécessaire pour simplement se déplacer. En ce qui me concerne, j'ai eu bien plus de mal à comprendre la temporalité du film. On passe, parfois d'une scène à l'autre, sur des événements passés puis présents sans que l'on comprenne très bien le lien entre les deux périodes. Ce n'est qu'après la moitié du film que la raison devient apparente. Pire encore, la réalisation met en avant de nombreuses intrigues mais la majorité ne sont pas résolues. Ainsi, un médecin semble être présenté comme un souteneur travaillant pour un magnat local de l'industrie, membre d'un mouvement en faveurs des valeurs traditionnelles, mais la question n'est pas résolue. Ce qui implique des scènes étranges qui ne semblent pas forcément avoir leur place dans ce film puisque ce dernier s'en désintéresse. Nous avons donc un film un peu confus qui semble presque ne pas être véritablement terminé.

Cela dit, il me semble que le film ne parle pas simplement de meurtres avec un policier génial mais socialement incapable qui poursuit une personne dans une relation de fascination mutuelle. Selon moi, et je peux l'avoir mal compris, le film met en scène la masculinité toxique et ses conséquences pour les relations e famille. Il n'y a que peu d'hommes qui soient sauvables dans ce film, en faut il n'y en a probablement qu'un seul et encore. Les trois policiers les plus importants sont des alcooliques, et l'un d'eux est violent physiquement avec la femme avec qui il a une relation. Les autres, si j'ai bien compris, considèrent que les femmes avec qui ils ont construit une relation leurs appartiennent et peuvent être violents si cela est refusé. Je place dans ce groupe le magnat de l'industrie qui photographie les femmes comme si elles étaient un trophée à afficher sur un mur virtuel. Ces hommes ont tendance à accuser les femmes d'être responsables de leur comportement. Et notre tueur s'inscrit dans cette excuse. Au lieu de s'attaquer à la personne réellement responsable il est en colère contre sa mère pour son sentiment d'abandon. Il reporte cette colère sur les femmes qui quittent leurs maris ou tentent de vivre seules avec leurs enfants. Selon moi, ce que ce film met en scène est un homme qui haït les femmes dans une société qui normalise les relations problématiques entre hommes et femmes.

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*** Je ne suis pas aussi sévère que d'autres. Le film est confus et semble inachevé mais j'ai été pris par l'intrigue et par la photographie.
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Image : Site officiel

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15:26 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the snowman | | | |  Facebook

08/12/2017

Suburbicon

TW : Racisme, meurtres, sexisme

Aux États-Unis, dans les années 50, de nombreuses petites villes sont construites afin d'atteindre la vision d'une société pacifiée en train de suivre le rêve américain de prospérité et de consommation. L'une de ces villes se nomme Suburbicon. Elle possède sa police, ses pompiers, son hôpital, son école et, bien entendu, une église. C'est une petite ville qui permet de faire vivre près de 60 000 habitant-e-s. Les enfants sont bien élevés et jouent au baseball, les femmes s'occupent de leur ménage et des courses à la perfection, tandis que les hommes suivent leur rôle de père de famille grâce aux nombreuses places de travail à disposition et les facteurs connaissent tout le monde par leur nom. C'est une petite ville parfaite d'une époque de prospérité sans grands changements sociaux. Mais deux choses bouleversent la communauté. Alors que la première famille afro-américaine emménage, les Mayers, un cambriolage, suivi d'un meurtre, secoue la petite ville et la famille Lodge. L'enquête piétine et tout le monde est d'accord sur plusieurs faits : c'est un drame atroce, la ville n'a jamais connu ce genre d'actes, plus précisément la ville n'a pas connu de meurtre avant que les Mayers ne soient présents.

SPOILERS

Je ne suis pas certain que ce film soit raté, mais je ne sais pas s'il est réussi. La production a clairement souhaité mettre en question le privilège blanc. Suburbicon est qualifiée de ville parfaite. Mais c'est une ville entièrement blanche. Il n'y a pas une seule famille qui ne soit pas chrétienne ou d'une autre origine. L'arrivée des Mayers est l'occasion de mettre deux choses en avant. Premièrement, les petites familles parfaites commencent à discuter de la possibilité d’accueillir des personnes d'origine afro-américaine dans leur communauté. Ce débat se fait aussi bien à la radio qu'à la TV ou encore dans les communautés politiques locales. Ce débat est très policé, très civilisé et calme. Il pose la question de la capacité de cette nouvelle famille d'être elle-même capable d'être civilisée. Mais ce débat n'est pas détaché de la réalité. Dans le même temps, des décisions sont prises pour que les Mayers ne soient pas accueillis ni même visibles. On construit une palissade autours de leur maison, on leur refuse des services et surtout on organise un ralliement jours et nuit devant leur maison, sous la protection de la police car cela est considéré comme un droit d'expression. Petit à petit, ceci se transformera d'actes de violences subtiles en une violence meurtrière, utilisant des cocktails Molotov et des drapeaux confédérés. Tout donne à penser que la production voulait mettre en avant qu'un débat raciste, aussi policé et calme soit-il, ne peut que permettre de justifier des actes de discrimination et de violences pouvant culminer à l'émeute potentiellement meurtrière, sans que personne, dans le film, ne se retrouve en prison pour cela.

De ce point de vue je trouve intéressant de mettre cette intrigue, peu développée mais en sous-texte constant, en parallèle de l'intrigue principale du film : le cambriolage et le meurtre de la famille Lodge. Seule une personne meurt et l'on observe les autres membres de la famille tenter de se reconstruire alors que l'enquête piétine. Mais, rapidement, on comprend que les choses ne sont pas aussi simples qu'elles ne le semblent. La relation entre Gardner et Margaret semble normale mais elle devient de plus en plus étrange et dérangeante. Tandis que le fils, Nicky, commence à craindre son entourage. Alors qu'une foule se déchaine contre les Mayers, une famille innocente, une autre famille, les Lodge, mettent en place tranquillement des meurtres et se retrouvent impliqués dans des morts de plus en plus violentes (utilisant des objets de tous les jours que toute maison se doit de posséder), sans que personne ne se doute de rien ou, plus vraisemblablement, ne veuillent savoir. À la fin, Gardner essaie même de placer la culpabilité sur la famille Mayers dans un discours à son fils autour du thème de la responsabilité et de comment devenir adulte. Les Lodge n'ont pu tuer que parce qu'illes sont considéré-e-s comme des personnes modèles, religieuses et travailleuses. Alors qu'illes sont tout le contraire. Est-ce que le film réussi à faire passer son message ? Peut-être, il réussit aussi à rendre absurde ce qui se déroule chez les Lodge comme si la nature se devait de les punir lorsque les humain-e-s ne le font pas. Mais je ne suis pas certain que le film soit réussi.

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*** Un choix difficile, j'ai aimé l'absurde de la conclusion. J'ai compris le parallèle entre les deux familles. Mais je ne suis pas certain d'avoir apprécié le film.
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Image : Allociné

Site officiel

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09:26 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suburbicon | | | |  Facebook

01/12/2017

Coco

Un Pixar qui sort au cinéma c'est toujours un petit événement. Le studio nous a habitué à des histoires aussi drôles que tristes, souvent bien écrites et réalisées. Il est rare que je sois déçu d'un Pixar et, souvent, une scène particulière me reste en mémoire des années après avoir vu le film (je pense à toi Up et ses premières minutes !). Coco est l'histoire d'un jeune garçon de 12 ans, Miguel. Ce dernier est membre d'une famille à la longue tradition dans la conception de chaussures. Celle-ci a commencé plusieurs générations auparavant alors que la première fabricante était abandonnée par son mari, ce dernier souhaitant suivre son rêve de devenir un musicien. Miguel, selon sa famille, doit reprendre l'industrie familiale afin de continuer la tradition. Mais il rêve de marcher sur les pas de son idole : Ernesto de la Cruz le plus grand musicien du monde. Il répudie sa famille et tente de suivre son rêve attirant l'attention de ses ancêtres.

Encore une fois Pixar nous offre une histoire aussi drôle que triste, aussi belle que mélancolique, même si son intrigue est facilement compréhensible. Mais ce n'est pas un problème car la question n'est pas dans l'intrigue mais dans l'histoire. Ce ne sera pas une surprise, je pense que l'un des thèmes majeurs de ce film est la famille. Elle est omniprésente dans le film. Elle suit les moindres pas de Miguel. Là où le jeune adolescent se sent contraint, sa famille essaie de le guider vers ce qu'elle pense être important (ce qui n'exclut pas de faire des erreurs). Dans ce film, la famille est un moyen de soutenir des personnes afin soit de leur offrir un avenir soit de prendre soin de ses membres à la fin de leurs vies.

Cela me permet de faire la transition avec le second thème, celui qui m'a le plus touché : le deuil et la mort. Bien que le film débute sur une présentation de l'histoire de la famille de Miguel on atteint rapidement le jour des morts (une tradition que je ne connais que peu). Lors de cette fête, il est nécessaire de guider les ancêtres de la famille du cimetière à un autel avec les photos des ancêtres. Ceci permet de se souvenir des ancêtres de la famille et de perpétuer leur existence par la réunion des membres vivant-e-s. Cet idée est mise en scène magistralement dans le pays des morts. Bref, Pixar fait encore du très bon.

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***** Allez voir ce film, vite.

Image : Allociné

Site officiel

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11:17 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : coco, pixar, disney | | | |  Facebook

26/11/2017

Happy Birthdead / Happy Death Day

Tree est une jeune étudiante à l'université. Comme tout ce que les films des États-Unis nous montrent sur le sujet, elle n'est pas une très bonne étudiante puisqu'elle préfère en profiter pour faire la fête, trouver des mecs, boire et créer une relation peu éthique avec un professeur marié. Ce lundi, premier jour de la semaine, elle se réveille dans le dortoir du campus dans le lit d'un garçon qu'elle ne connait pas. Elle se rend rapidement au siège de sa sororité auprès de sa colocataire qui lui souhaite un joyeux anniversaire. Alors qu'elle se rend à une fête, le soir même, elle est tuée sur le chemin par une personne habillée de noir et d'un masque. Mais ce n'est que le début de l'histoire car elle se réveille à nouveau, le matin même. Encore et encore et encore elle meurt, se réveille, revit la journée et meure à nouveau. Cependant, cette boucle crée deux opportunités : elle peut réparer sa vie et surtout trouver la personne qui n'arrête pas de la tuer.

SPOILER

Commençons par dire que ce film est plutôt réussi. La plupart du temps, il est assez drôle et réussit à mettre plusieurs indices et événements récurrents pour que nous puissions avoir des idées sur ce qui se déroule. Outre cela, ce film met en place une boucle temporelle typique. Une personne se retrouve coincée dans la même journée et, pour s'échapper, doit comprendre la raison de cette boucle et trouver un moyen de réparer le problème. Beaucoup de films et de séries mettent en place ce type d'intrigue, en particulier dans la SF. Ainsi, on observe l'héroïne enquêter, apprendre ce qui se déroule autour d'elle, être frustrée (parfaitement normal lorsqu'on se réveille avec la même chanson pendant plusieurs jours) et surtout tenter de prendre de nouvelles décisions parfois en sachant que celles-ci n'auront aucunes conséquences. Les boucles ne sont pas qu'un moyen simple de créer une intrigue qui implique du fantastique dans la vie d'une personne, c'est aussi un moyen d'examiner les choix disponibles pour une personne sur une période de temps précise. Souhaite-t-on faire exactement ce que l'on a déjà fait ou préfère-t-on changer un peu les choses, parfois pour tenter de trouver un meilleur choix. Dans ce cadre, le film ne crée rien ni ne révolutionne rien, mais il use d'une manière plutôt maitrisée des possibilités.

Ce film est aussi un teen movie typique. Vous savez, ces films qui mettent en scène des jeunes hommes et femmes vers la fin de l'adolescence et le début de l'âge adulte. Des étudiant-e-s qui essaient de vivre leurs études, leur vie et de trouver qui illes sont et seront. Dans ces films la responsabilité, la sexualité et la vie sont des thèmes majeurs. On les retrouve ici puisque l’héroïne a un passé difficile qu'elle essaie de fuir, fuyant du même coup son père. Elle est aussi membre d'une sororité qui n'est pas très sympathique, elle-même n'étant pas la personne la plus gentille au monde. Le film permet à l'héroïne de prendre conscience de son identité mais aussi de tenter de modifier son comportement avec la possibilité de mieux connaitre et comprendre les personnes qu'elle côtoie, lui permettant de passer d'une vie adolescente délurée à une vie un peu plus adulte (malheureusement mise en scène avec l'entrée dans une relation stable de longue durée, on peut vivre des relations instables et de courte durée et être adulte).

Bien que ce film ne révolutionne pas le genre, il est même assez rapidement oublié à la sortie des salles, je pense qu'il est réussi. En effet, à mon avis, la production maitrise bien l’écriture et l'usage d'un procédé scénaristique ainsi que d'un genre. Sans être entièrement dans l'horreur et l'humour un teen movie de ce genre a besoin de bien doser les ingrédients. Selon moi, ce film le réussit parfaitement, mêlant des scènes humoristiques à des épisodes plus effrayant tout en variant les morts de l'héroïne selon ses choix, utilisant assez bien la boucle temporelle pour les mettre en scène. Au final, il est plaisant à voir et on passe un bon moment, mais le film ne restera pas dans les mémoires.

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**** On ne peut pas parler d'une révolution. Mais on a, selon moi, une bonne maitrise du scénario et de ses conséquences. Oubliable mais sympathique pour passer une bonne soirée avec des ami-e-s lors d'une sortie.
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Image : Site officiel

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09:37 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : happy birthdead, happy death day | | | |  Facebook

18/11/2017

Justice League

Superman est mort. Il a sauvé le monde de l'attaque de Doomsday tandis que l'instigateur de celle-ci passe le reste de sa vie en prison. Mais en perdant Superman la Terre a perdu plus qu'un homme, elle a perdu un phare d'optimisme et son principal gardien. Il ne faudra pas longtemps à l'univers pour avoir connaissance de la mort de l'être le plus puissant de la Terre. Et, lorsque ce sera le cas, il faudra être prêt à la guerre. C'est pourquoi Batman s'est allié à Wonder Woman. Ensemble, illes cherchent des êtres d'une grande puissance capable de se battre pour les innocent-e-s. Mais ces êtres ont tendance à se cacher. De plus, il se pourrait qu'il soit déjà trop tard. Un vieil ennemi s'est réveillé et compte bien se venger des armées de la Terre qui l'ont vaincu autrefois.

Par un tour de force auquel je ne m'attendais pas ce film a réussi à me décevoir alors que je n'en attendais rien. Certes, j'ai beaucoup apprécié Wonder Woman malgré quelques problèmes. Cependant, Suicide Squad m'a vacciné de toutes attentes envers les films du DCEU, envers lesquels je n'ai que peu confiance au vu de la communication chaotique qui est faites autours de ces films. Cependant, on peut toujours être surpris.

Soyons honnête, le début du film est une réussite. Bien que cela soit construit sur un manque, jamais Superman n'a pu remplir ce rôle en deux films, Justice League débute sur un monde en deuil après la mort de son plus grand héros, et du seul connu avec Batman. Ce deuil est partagé par Batman et Wonder Woman qui continuent à se battre pour sauver des personnes. Malheureusement, très rapidement, le film devient très moche. Il y a trop d'effets spéciaux manqués sur des personnages dont j'ai détesté le design. Je parle aussi bien du grand méchant sans intérêt que de Cyborg ou encore de Flash dont je n'aime pas le costume. Pire encore, les dialogues me semblent forcés. À plusieurs reprises, des phrases sont censées être drôles mais j'ai eu l'impression que l'on tentait trop de me faire rire et, donc, ça n'a pas fonctionné (en fait je riais du film plus qu'avec le film).

Un autre problème concerne les personnages et les acteurs. Bien que la plupart d'entrelleux soient bons ils ne semblent pas à leur place, comme s'il manquait une véritable vision, un esprit d'équipe, une envie d'être présent. Mais c'est aussi leur caractérisation qui peut être trop rapide, le film doit en introduire un certain nombre avant de réellement démarrer. L'acteur qui joue Cyborg, par exemple, n'a presque pas la possibilité de jouer puisque son corps est presque intégralement en effets spéciaux. Flash est censé être intelligent mais il est écrit comme un idiot inutile. Le jeu pour Batman et celui pour Superman sont tout aussi problématique puisqu'ils donnent l'impression de ne pas vouloir se trouver là. À mon avis, seul Gal Gadot aurait pu permettre de donner une consistance au groupe si la réalisation lui avait donné un rôle de leadership. Malheureusement, elle est presque toujours au second plan alors que Superman est bien trop présent.

Au final, j'ai l'impression d'un gros gâchis. On a tous les ingrédients qui pourraient permettre de faire un film intéressant mais ça ne fonctionne pas. On ne se prend pas d'affection pour les personnages. On ne comprend pas le déroulement de l'intrigue entre Batman V Superman et Justice League. Le méchant n'a aucune consistance. Les combats sont mous, mis à part un flashback bien réussi. Et surtout on n'a pas l'impression qu'il y ait construction d'un véritable danger. Bien que ce film ne soit pas le pire qui ait été produit dans cet univers il est tout de même très décevant.

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*** Le film n'est pas mauvais, il est sans intérêt. Médiocre malgré des personnages et des idées intéressantes mais qui ne sont pas bien mises en scènes ni bien écrites.
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Image : Site officiel

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20:52 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justice league, dc, dceu | | | |  Facebook

12/11/2017

Seven Sisters / What happened to Monday?

TW : Meurtres

Dans quelques années la surpopulation et le réchauffement climatique auront ravagé le monde. Des famines jusqu'alors inconnues tueront tout le monde. Mais le monde occidental à la solution : les aliments transgéniques capables de survivre dans des conditions extrêmes. Malheureusement, cette même solution augmente dramatiquement la fertilité, les jumeaux ainsi que les mutations génétiques. En Europe, une solution est trouvée pour baisser drastiquement la population humaine dans le but d'éviter d'étouffer la planète. Toutes les familles n'ont droit qu'à un seul et unique enfant. Les sœurs et frères sont cryogénisé-e-s afin d'être réveillé-e-s dans un futur meilleur. Mais un homme décide de passer outre. Il décide d'élever 7 sœurs et de leur permettre de se défendre et de vivre dans un monde qui les considère comme des criminelles. Tout se passe bien, mais un jour l'une d'entre-elles disparaît.

Ce film est particulièrement bien servi par ses actrices. Mis à part quelques dialogues un peu redondant le jeu est presque parfait, et me rappelle Tatiana Maslany dans Orphan Black pour des raisons évidentes. La photo et les décors sont aussi très réussi. Un mélange de futuriste, de moderne et de décrépi avec des rues à la fois familières et étranges. J'ai particulièrement apprécié les affiches dans les rues. Comme toute bonne SF, le film est résolument inscrit dans notre présent. Nos peurs actuelles et nos craintes pour le futur y sont décrites et considérées comme déjà en cours. La lutte contre le réchauffement climatique a échoué et ses conséquences sont dramatiques, non seulement écologiquement mais aussi pour la société.

L'un des aspects les plus spectaculaires de ce danger et de ce changement et le contrôle militaire et policier intense qui nous est montré. Les rues sont constellées de militaires en armes prêt-e-s à tirer. Les purges ne sont pas rares et même quotidiennes au nom de la loi. Les routes sont divisées par des checkpoints et tout le monde doit porter un bracelet d'identification. Ce contrôle me rappelle La Zone du Dehors d'Alain Damasio. Là aussi, l'auteur décrit une division spatiale de la ville qui permet un contrôle accru et facilité des populations. La possibilité de bouger librement est réduite au nom d'une sécurité, dans le film elle est réduite au nom du contrôle de la légalité des personnes. Bien que cela soit dit, il est dommage que le film ne montre pas de manière plus importante les conséquences sur les personnes les plus pauvres qui sont probablement aussi les plus criminalisées par le système.

Malheureusement, le film souffre d'exister après plus de 50 ans d'histoire de la SF post-guerre, que ce soit au cinéma ou dans les livres. Toutes personnes qui a une culture un peu étendue de la SF et des uchronies, que ce soient les plus anciennes ou les plus récentes, sait immédiatement que ce que l'on nous présente cache quelque chose de sinistre (que je ne décrirais pas). Il est dommage d'avoir fait ce choix. De nombreuses autres pistes étaient possibles. Il aurait été mieux de complexifier non seulement les personnages mais aussi l'intrigue. Pourquoi ne pas avoir décrit une propagande intense qui aurait rendu les fratries non seulement illégales mais aussi haïe ? Pourquoi est-il nécessaire de créer un secret horrible alors qu'il aurait été possible de montrer 7 sœurs luttant contre un système "juste", des personnes illégales en danger d'être arrêtées à tous moments ? Mais surtout, pourquoi les humain-e-s de ce film ont fait ce choix, d'autres possibilités de baisser la population existent et seraient probablement plus efficaces.

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*** Le film contient de nombreux problèmes et incohérences et ne prend pas le temps de développer ses personnages ni son environnement. Mais il est servi par des décors magnifiques et une actrice, Noomi Rapace, en pleine forme.
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Image : Allociné

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15/10/2017

Blade Runner 2049

Blade Runner est un film culte qui adapte, très librement, une histoire de Philip K. Dick (dont les créations sont souvent adaptées au cinéma bien qu'il soit mort avant de connaitre cela). Le premier film date de 1982 et on pourrait craindre que sa suite casse le mythe. J'ai craint ce film, je ne savais pas ce qu'il allait donner et son réalisateur s'est attaqué à un monument. Cependant, depuis quelques films j'apprécie de plus en plus Denis Villeneuve, dont la photographie me semble toujours très travaillée ainsi que le choix musical. J'ai donc décidé de donner sa chance à cette suite puisque le réalisateur semblait être capable d'imposer un véritable choix artistique plutôt que de simplement suivre les envies des studios.

Comme son titre l'annonce, le film se déroule en 2049. Suite aux évènements du dernier film les industries Tyrell ont fait faillite et sont rachetées par les industries Wallace, spécialisées dans la création de nourriture synthétique. Suite à ce rachat, les Réplicants sont construits à nouveau mais ils ont été rendus beaucoup plus dociles et faciles à identifier. Cependant, la chasse aux anciens modèles continue dans le cadre d'une unité de police spécialisée. K est un Réplicant qui fait partie de cette unité. Lorsqu'il chasse et abat un ancien modèle il découvre quelque chose qui n'aurait jamais dû être possible. Ce qui le pousse à creuser dans le passé et retrouver Duckard.

Que l'on soit clair, je ne sais pas exactement que penser de ce film. Selon moi, on a une œuvre dense. Les scènes prennent le temps de se mettre en place. Les dialogues sont nombreux et calmes, avec peu de scènes d'action. Il y a surtout énormément d'informations qui nous sont envoyées, dont une partie de référence au premier film, sans véritables explications. Ainsi, on ne sait pas grand-chose de la période entre le premier et le second film alors qu'il semble que celle-ci connait des événements très importants. De plus, le film laisse ouvert un certain nombre d'intrigues qui pourraient permettre une nouvelle suite sans, pour autant, la rendre nécessaire.

C'est aussi un beau film. Bien que l'image soit très sale, parfois bouchée. J'ai énormément apprécié la photographie. Là aussi, nous avons un certain nombre de références au premier film. Mais aussi la création d'un univers urbain sale, empli de personnes, de pollutions et de publicités. On a véritablement l'impression que des personnes vivent et habitent. L'un des autres décors les plus impressionnant, à mon avis, est celui du lieu de vie de Duckard. Un milieu presque sans vie, qui ne bouge plus et qui ne fait aucun bruit au contraire de Los Angeles. Les scènes sont constellées de buildings mais aussi d'énormes statues dont on aperçoit que des parties. Les décors sont à la fois futuristes et basés sur le futur mis en place dans le premier film (ce qui permet d'observer des publicités de productions industrielles de l'URSS, une petite référence que j'ai beaucoup appréciée). Par contre, j'ai moins aimé la musique que je trouve moins intéressantes. Presque trop déconnectée du film, en dehors d'une scène superbe dans un théâtre.

Il faut aussi mentionner la place des personnages féminins. Que l'on soit clair, le film ne passe pas le Bechdel. En fait, la plupart des femmes de ce film sont des objets plutôt que des êtres. Il y en a quatre qui sont développées. La première est la cheffe de la police dont on ne connait presque rien. La seconde est l'assistante de Wallace, une personne capable de violence sur ordre. Enfin, nous avons une réplicante prostituée et une IA. Bien que le film se déroule dans le futur les femmes sont donc majoritairement en positions subalternes, voir de services envers les besoins des hommes. Ainsi, la réplicante s’intègre parfaitement dans une société qui considère qu'une partie du monde est subalterne, et qui n'hésite pas à utiliser des femmes, artificielle ou non, pour ses besoins sexuels. L'IA s'intègre dans le même système. Son but est de remplacer une femme réelle pour des hommes. Ceci non seulement par des services, cuisine par exemple, mais aussi et surtout par la vue. À plusieurs reprises, l'IA essaie de plaire à la personne qui la possède, mot que je choisis à dessein. Blade Runner non seulement se place en miroir de notre société patriarcale mais annonce ce que la création des IA et la robotique peut impliquer en termes de sexualité masculine : prostitution robotique et IA maternelle de remplacement.

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**** Beau, moins compliqué que je le craignais mais je ne suis pas certain de l'avoir apprécié malgré ce que je considère comme des qualités.
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Image : Allociné

Site officiel

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18:42 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blade runner | | | |  Facebook

12/10/2017

Kingsman: the golden circle / Kingsman: le cercle d'or

Le monde fut sauvé par un jeune des banlieues londoniennes. Il n'était qu’un voyou sur la route de la petite délinquance mais un homme l'a observé. Cet homme a décidé de le recruter au sein d'une agence de renseignement privée : les Kingsman. Celle-ci est chargée de garder la paix dans le monde en dehors des considérations politiques. Son recrutement a permis le sauvetage de millions de personnes. Depuis, un an a passé et le jeune Eggsy est toujours membre des Kingsman tandis qu'il est le petit ami d'une princesse. Tout va très bien. Mais l'agence est attaquée. Une ancienne recrue tente de le tuer. Bien qu'Eggsy s'en sorte il essaie de comprendre qui pourrait se cacher derrière l'attaque. Mais seuls deux mots lancent l’enquête : Golden Circle.

Lorsque j'étais revenu du premier volet j'étais très dubitatif. Bien que les scènes d'actions soient très réussies et que l'idée est intéressante j'avais du mal avec l'omniprésence de la sexualité dans le film. En particulier, j'avais détesté la fin qui impliquait que le sexe est une récompense pour les activités des hommes. Ce second volet reste dans la même veine. Il va même plus loin puisque l'un des gadgets n'est pas assez sophistiqué pour ne pas impliquer de relations sexuelles. C'était peu utile. Cependant, en matière de bons points, il faut dire que le film est maitrisé. Bien que l'on puisse se poser des questions sur la nécessité de certaines scènes il apparait que le film utilise tout ce qu'il met en place. Je n'ai pas eu l'impression que les personnages ont oublié quelque chose qu'on leur a dit qui aurait pu les aider. C'est plutôt agréable. De plus, le parallèle entre Kingsman et Statesman, agences cousines, est facile mais assez drôle et logique.

Le thème choisi pour ce second volet est plutôt osé. On peut, en effet, se poser la question de la logique de la guerre contre la drogue et des réactions politiques des États-Unis face à celle-ci. Cependant, il est dommage que le film passe totalement à côté d'un minimum de réflexion sur le sujet. En dehors de l'idée que la drogue peut être utilisée de manière récréative mais qu'elle reste dangereuse la réalisation ne met pas en question le coût de la guerre contre les drogues et les conséquences sociales de celle-ci. En fait, je pense que la réalisation voulait simplement attirer en parlant de drogue mais ne pas risquer de controverses en construisant une réflexion, même simplifiée.

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*** Le film n'est pas mauvais techniquement. Mais il est assez peu intéressant comme suite, problématique sur certains sujets et je l'oublierais immédiatement.
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Image : Site officiel

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29/09/2017

American Made / Barry Seal: American Traffic

Barry Seal est un conducteur de bus. Certes, ces bus sont d'énormes engins capables de voler sur des centaines de Km avec une puissance sans égal. Cependant, ça reste un bu avec des procédures longues et fastidieuses ainsi qu'un manque total de surprises. Mais Barry Seal est aussi un trafiquant. Il fait venir des cigares cubains aux USA. Malheureusement pour lui, il est observé et la CIA décide de lui mettre un peu la pression. Le but est de lui proposer de construire sa propre entreprise de transport en avion. Celle-ci fonctionnerait légalement mais, en sous-main, il prendrait des photos de groupes de combattants communistes. Petit à petit, Barry Seal est impliqué dans un trafic de plus en plus important impliquant aussi bien des armes, des personnes que de la drogue.

Il faut le dire tout de suite, ce film me semble très romancé. Bien entendu, la réalisation annonce s'être inspirée de faits réels et, donc, il est fortement possible que certaines choses aient été lissées afin de donner une bonne scène. Par exemple, la scène de démission de Barry Seal n'est pas en adéquation avec son licenciement pour trafic d'explosif lors d'un faux congé maladie. En fait, il me semble que tout a été fait pour que Barry Seal ressemble à un héros américain. Ce n'est pas un tueur. Son crime est d'être une personne capable d'exploits que d'autres pilotes ne peuvent pas égaler et d'offrir ses talents à tout le monde. Barry Seal, tel qu'il a été écrit, me semble être l'incarnation du self made man américain. La CIA lui offre des choses mais il est uniquement responsable de ce qu'il en fait et devient l'homme le plus riche de sa région, ce qui lui permet d'aider un peu ses compatriotes.

Cette romance se retrouve dans le cadre de l'agent de la CIA tel qu'il est dépeint. De l'extérieur, il nous donne l'impression d'un doux dingue qui adore monter des opérations compliquées (tout en dansant devant des avions). J'ai tendance à y mettre une forme de romance des années de la Guerre Froide. Oui il y avait des risques et des problèmes. Mais les USA savaient être le plus grand pays du monde, celui qui défendait la liberté. Ses actions ne peuvent qu'être légitimes. On se trouve aussi avant les grands scandales concernant les activités de la CIA en matière de soutien à es groupes armés mais aussi de trafics d'armes et de drogues. Cependant, ce même agent est aussi dépeint comme particulièrement intelligent et faisant partie d'une agence au fonctionnement sans failles. Dès que Barry est abandonné tout est détruit et rien ne permet plus de lier les deux.

Bref, ce film est agréable, assez drôle et fonctionne assez bien. L'idée de le découper comme si on suivait le récit filmé de Barry sur cassettes vidéo est bien trouvé. Mais c'est aussi un film fasciné par son personnage qu'il ne peut pas dépeindre en nuance de gris. Barry Seal est nécessairement un héros et sa vie doit être reconstruire pour le montrer. On ne peut pas non plus trop critiquer les activités des USA. Un communiste est un criminel et il faut le montrer, même s'il semble que ces preuves soient moins convaincantes que le film ne le laisse croire. Bref, c'est un film qui défend un point de vue sur son héros : un homme exceptionnel pris dans des évènements exceptionnels.

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**** Une fin que j'accepte pour une série qui promet beaucoup, tout en ne donnant que peu de réponses.
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Image : Allociné

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28/09/2017

Le jeune Karl Marx

Le XIXème siècle, une troupe de policiers se massent devant un bâtiment à l'aspect peu amène. À l'intérieur on trouve plusieurs intellectuels allemands qui éditent, et écrivent, une revue maintenant interdite. Ils vont être arrêté, parmi eux se trouve Karl Marx. En Angleterre, une usine de filature est sabotée. Le patron décide de licencier les meneuses ainsi que les personnes qui ne souhaitent pas travailler, à la grande colère des ouvrières. Son fils est présent, un certain Friedrich Engels. Une bonne partie de l'Europe sépare ces deux personnages, ainsi que d'autres grands théoriciens de la lutte ouvrière. Mais ces personnes se lisent mutuellement, se critiquent et, parfois se rencontrent et tentent d'organiser la lutte ouvrière. La rencontre entre Karl Marx et Friedrich Engels est explosive, elle débouche sur une action sans fin ainsi que la création d'un texte fondateur : le manifeste du parti communiste.

Adapter la vie de Karl Marx, ou ses écrits, est difficile. Marx lui-même n'est pas facile à lire. La réalisation a eu la bonne idée de ne pas adapter sa vie ou ses écrits, mais de mettre en scène une époque. Une époque durant laquelle Karl Marx rencontre de nombreuses personnes et écrit beaucoup, mais n'est pas lu par tout le monde. La réalisation nous montre une personne en colère qui essaie d'écrire afin d'offrir non des concepts mais une théorie pratique qui devrait permettre de fonder un programme, une lutte. Ce que l'on nous montre, d'une certaine manière, c'est le début de la pensée du Capitale, alors que Marx est pauvre, expulsé et souvent seul car il se fâche avec beaucoup de monde.

Cependant, j'ai un problème avec ce film. Ce n'est ni les acteurs ni la réalisation. J'ai bien apprécié les différents personnages et la manière dont illes sont joué-e-s. Bien qu'il soit dommage que les différences entre les droits des femmes et des hommes ne soient pas explicitées. J'ai aussi apprécié l'aspect très "sale" mis en place. On se croirait à l'époque, alors que les villes grouillent de personnes pauvres, enfermées dans ce que l'on nomme les bas-fonds. J'ai apprécié que l'on insiste sur la répression exercée contre ces penseurs. Et surtout, tout aussi important, le problème posé par la propagande en faveurs de la lutte ouvrière alors que l'on est, soi-même, un bourgeois voir un fabriquant qui gagne sa richesse sur le travail d'ouvriers et d'ouvrières sous payé-e-s.

Le problème n'est pas là, ce qui m'a ennuyé dans ce film c'est qu'il ne nous donne presque aucune idée de la raison des différences théoriques et des souhaits de Marx et Engels. À plusieurs reprises, on rencontre d'autres penseurs qui sont souvent critiqués derrière leur dos. Mais pour quelles raisons ces critiques existent-elles ? Pourquoi Marx et Engels sont-ils contre telle ou telle personne ? Le film ne nous donne aucune réponse car il ne prend pas le risque d'exprimer la pensée de Marx et Engels. Pire encore, il semble que le film essaie de nous montrer les deux jeunes hommes tenter une prise de contrôle. Mais, là encore, rien ne nous est expliqué. On se contente de ridiculiser l'adversaire sans expliquer les raisons du désaccord. Le film n’approfondit pas assez et cela nous empêche de comprendre ce que l'on regarde.

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*** Bien que l'un des points de l'intrigue soit résolu celle-ci ne m'a pas convaincu. Cependant, j'apprécie tout de même encore les personnages et leur développement.
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Image : Site officiel

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08:59 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le jeune karl marx | | | |  Facebook

14/08/2017

The dark tower / La tour sombre

L'univers n'est pas tel qu'on le croit. Outre notre monde, la Terre, il existe une multitude de terres plus ou moins différentes. Ces terres sont protégées par une tour qui empêche le chaos extérieur d'atteindre les êtres vivants. Mais la tour est attaquée. Sur monde différent du nôtre une guerre a lieu entre un homme en noir qui utilise des enfants afin de détruire la tour et le dernier pistolero dont le devoir sacré est de la défendre. Mais cette guerre est aussi devenue une histoire de revanche entre deux êtres que la mort rejoint. Sur notre terre, à New York, un enfant voit ces évènements lors de son sommeil. Bien que nous n'en ayons pas conscience il fait partie des rares êtres qui possèdent un don, le sien est tellement fort qu'il pourrait bien détruire la tour à lui tout seul.

Je vais d'abord parler des bons points. Les acteurs et actrices sont convaincantes. Les rôles semblent avoir été bien distribués et on apprécie beaucoup les relations entre les différents personnages, en particulier entre l'homme en noir et le pistolero. L'univers de Stephen King me semble bien mis en scène. Le passage d'un monde à l'autre est réussi et permet avec brio de donner une impression de familiarité étrange. Mieux encore, le fonctionnement d'une société alternative à la nôtre me semble réussi.

Malheureusement, le film a un gros problème : son univers. Celui-ci n'est pratiquement pas expliqué. Bien que certaines références pourraient donner l'impression que l'on ouvre la voie à des suites, ce qui serait possible, j'ai eu l'impression de manquer d'informations pour réellement comprendre les enjeux de l'intrigue. Le fonctionnement de cet univers n'est presque pas expliqué et l'on ne comprend pas pourquoi la tour est si importance ni pour quelle raison certaines personnes souhaitent la détruire. Pire encore, on ne comprend pas les pouvoirs de Jack Chambers. Dès le début, on nous explique que ces pouvoirs sont importants et parmi les plus puissants ce cet univers. Mais jamais ceux-ci ne sont expliqués ni montrés. Ce qui rend la fin du film un peu difficile à accepter puisque jamais on ne nous montre ces pouvoirs et leurs limites.

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*** Il me manque beaucoup d'informations sur le contexte de l'intrigue pour pouvoir réellement juger de l'adaptation.
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Image : Site officiel

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30/07/2017

Valerian et Laureline et la cité des 1000 planètes / Valerian and Laureline and the city of a thousand planets

Durant le XXème siècle une rencontre eu lieu entre un vaisseau américain et un vaisseau soviétique, en apesanteur deux hommes de pays ennemis se sont serrés la main. Le film commence sur ce symbole et le continue alors que de nombreux pays entrent dans la course à l'espace et joignent leurs efforts en liant leur vaisseau à une station spatiale en construction. La technologie avance et l'humanité s'unir petit à petit. Mais, un jour, le vaisseau n'est pas humain mais alien. Pour la première fois dans l'histoire humaine une poignée de main a lieu entre notre espèce et une autre. La station continue à grandir alors que de nombreuses espèces s'y joignent. Nommées Alpha elle est le symbole de la paix et de la recherche du savoir entre toutes les espèces de l'univers. Mais il existe une menace au centre de la station. Deux agents sont chargé-e-s d’investiguer : Laureline et Valerian.

Je suis très ennuyé pour parler de ce film. Premièrement, il est beau. Les effets spéciaux sont convaincants, Luc Besson s'est lâché et essaie de mettre en place une grande diversité dans les espèces et les décors (même si certains ne sont vu que brièvement). Il est difficile de ne pas être happé par cet univers qui commence d'une manière très optimiste, un lien pacifique entre plusieurs peuples et espèces, et termine par la nécessité de suivre une certaine morale. J'ai beaucoup apprécié que les contacts aient lieu de manière pacifique. Trop souvent, à mon gout, un contact est vu comme l'occasion d'une guerre et non d'un essai de vivre ensemble. Alpha est, en fait, le symbole du multiculturalisme malgré la centralité des hommes blancs (et je dis hommes car les femmes sont presque inexistantes). J'ai aussi apprécié l'intrigue principale qui permet de lever le voile sur un secret. Bien entendu, on devine assez rapidement que tout n'est pas aussi simple qu'on nous le présente mais ça reste intéressant.

Par contre, j'ai détesté une chose précise du film. Cette chose est Valerian. J'ai bien aimé Laureline qui est efficace est professionnelle. Valerian, par contre, est lourd. Dès le début du film il ne fait que tenter d'expliquer encore et encore pour quelle raison Laureline devrait accepter de se marier avec lui. Pourquoi est-il si important de répéter une question à laquelle une réponse a déjà été donnée sous la forme d'un catégorique non ? De plus, je ne crois pas en leur couple. Il n'y a aucune chaleur entre les deux et la confiance que porte Valerian en Laureline ne lui sert qu'à prouver qu'il serait un nice guy... On ne croit donc ni à la réalité de leur relation ni à la sincérité de Valerian et cela implique qu'il est difficile de s'y intéresser alors que ce gros lourd de Valerian tente de draguer.

Je suis donc très mitigé. D'une part j'ai apprécié l'intrigue et le spectacle d'une station intégrant une grande diversité, ce qui se rapproche d'un mass effect. De l'autre, je n'ai pas été convaincu par le couple formé par Valerian et Laureline et j'ai l'impression que beaucoup d'aspects ont été réglés un peu trop rapidement. La réalisation, Luc Besson, aurait pu mieux développer l'aspect moral, la diversité et le respect des cultures de l'univers et du monde.

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*** Choix par défaut car je ne sais trop quoi en penser.
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Image : Site officiel

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21/07/2017

Dunkirk / Dunkerque

Comme beaucoup de monde, j'ai commencé à m'intéresser à ce film lorsque la bande annonce est sortie. J'apprécie Nolan et ses œuvres que je trouve plutôt, en règle générale, maitrisées. Je me demandais ce que ferait Nolan face à un événement tel que l'évacuation de Dunkerque lors de la Seconde guerre mondiale. Le film commence dans les rues de la ville. On suit un jeune soldat qui ne fait que chercher à aller aux toilettes et à fumer. Mais Dunkerque est pratiquement complétement sous le contrôle des forces allemandes. Sur la plage, près de 400 000 soldats attentent l'évacuation des troupes. Mais les navires sont peu nombreux, les quais encore moins présents et la Royal air force presque invisible. Pendant ce temps, l'aviation allemande et l’artillerie pilonnent la plage tandis que des u-boat patrouillent. L'évacuation semble impossible.

Ce dont je vais parler peut être considéré comme un point faible, mais je ne suis pas d'accord. Le film ne crée pas de héros flamboyant dont on suit les aventures. La réalisation, à la place, a décidé de suivre plusieurs personnages dont on connait à peine les noms. Ces différentes personnes permettent de parler aussi bien de la place, de la mer que de l'air en suivant, sur une chronologie commune, leurs aventures pour évacuer Dunkerque. Il n'y a pas une seule personne, il y a une multitude de personnes qui essaient simplement de survivre. Les combats, face à face, sont très rares et, la plupart du temps, l'ennemi ainsi que l'ami ne sont que des anonymes que l'on rencontre au hasard de la journée. D'ailleurs, jamais on ne voit un seul visage allemand. Ce sont soit des tirs, soit de l’artillerie soit des avions de chasse ou des bombardiers. Cette dépersonnalisation permet de peindre une guerre loin d'être glorieuse. Une guerre durant laquelle la vie n'a que peu de valeurs. En suivant les différents personnages anonymes ont ne peut que penser aux nombreux autres soldats morts, sans que jamais l'on ne connaisse leurs noms. Tout le monde est en danger.

Autant le film ne crée pas de héros autant il ne parle pas d'héroïsme au sens classique des films de guerre. Une dernière charge glorieuse durant laquelle les ennemis tombent sous les balles n'existe pas. Au contraire, le seul héroïsme, dans ce film, est celui qui consiste à sauver d'autres personnes. Alors que les militaires sont pratiquement inactifs, passant leur temps à attendre ou boire du thé. La RAF est montrée comme une force qui tente de protéger le plus de personnes en abattant les chasseurs et bombardiers allemands. Mieux encore, ce sont les civils qui sont les plus héroïques. Ces nombreux bateaux qui se sont rendus à Dunkerque afin d'aider l'évacuation des soldats. Ainsi, le film semble nous expliquer que tuer n'est pas héroïque, sauver au prix possible de sa vie, par contre, est la quintessence de l'héroïsme.

Le film est beau, la musique est parfaite et accompagne les évènements au lieu de les forcer, la réalisation est maitrisée. Mais les critiques français-e-s et des historien-ne-s de la guerre ont mis en avant deux manques importants. Premièrement, on ne comprend rien à l'évènement. On ne sait pas pour quelle raison l'évacuation a lieu ne la raison pour laquelle les forces allemandes n'attaquent que peu. On peut expliquer cela par la nécessité de rester au niveau des simples soldats qui ne savent pas pour quelles raisons les batailles se déroulent, devant faire confiance aux officiers. Un manque plus important concerne les français. On ne les voit pratiquement jamais sauf lors d'une barricade et un jeune soldat qui essaie de fuir. Bien que l'évacuation, selon mes lectures de novice en ce qui concerne l'histoire de la guerre, ait été rendue possible par la résistance acharnée des français, ceux-ci ne sont jamais présent. Tout se passe comme si les anglais sont les seuls à sa battre. Ce manquement est probablement le plus gros problème du film puisque l'effacement de la résistance française, et de leur destin tragique puisque ces troupes seront emprisonnées et maltraitées, efface une grande partie de l'histoire de la bataille et de sa complexité ainsi que des conséquences.

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**** Un film maitrisé, une image et une musique qui fonctionnent parfaitement, de très bonnes idées. Il est dommage de n'avoir pris en compte que les troupes britanniques.
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Image : Allociné

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08:46 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dunkerque, dunkirk, nolan | | | |  Facebook