12/06/2017

Wonder Woman

De nos jours, Diana vit à Paris et travaille au Louvre. Mais ce ne fut pas toujours le cas. Une photo, en particulier, prouve que Wonder Woman s'est impliquée dans la Première Guerre Mondiale. Mais quelle est l'histoire derrière cette image ? Il y a longtemps, Wonder Woman fut entrainée par les plus grandes guerrières de son île. Elle devait devenir la meilleure de toutes afin de suivre la mission des Amazones : protéger le monde de la guerre. Après des années d'entrainement, un avion s'écrase sur l'île. L'événement est sans précèdent. Plus surprenant encore, le pilot est un mâle. Ce dernier, Steve Trevor, explique que le monde extérieur est entrainé dans une guerre sans fin. Les armes les plus destructrices sont utilisées. Hommes, femmes, enfants ne sont pas à l'abri. Pour Diana sa mission est claire. Une telle guerre ne peut qu'être l’œuvre d'Arès. Elle doit se rendre dans le monde des hommes et détruire Arès.

Attention ça va spoiler.

Après le critiqué Man of steel, le bancale Batman V Superman et l’horreur que fut Suicide squad Wonder Woman est l'espoir pour l'univers DC. Alors que la plupart des annonces donnent l'impression que DC ne sait pas comment lancer ses films Wonder Woman a réussi à incarner la possibilité de réussir à faire un film. Oui, nous en sommes au point de se demander si DC est capable de créer des films. Wonder Woman est une réussite. Une réussite classique qui ne prend pas les risques de Batman V Superman mais une réussite.

Il y a plusieurs aspects que j'ai apprécié dans ce film. Les chorégraphies des Amazones sont magnifiques. La scène du No Man's Land est épique et les dialogues sont souvent savoureux. Mais un point que j'ai particulièrement apprécié est l'effort de contraste entre le monde des Amazones et le monde des Humain-e-s. Les Amazones vivent sur une île qualifiée de paradis. On nous montre un peuple cultivé qui semble vivre en harmonie avec la nature, les divinités et l'humanité. Tout est vert ou chaud. L'entrainement des Amazones est guerrier mais pour se préparer et non pour lancer une guerre. Le monde des hommes s'incarne par Londres. La ville est grise, polluée. Cet aspect continue dans les tranchées. Les humain-e-s vivent en guerre contre elleux-même et contre le monde. C'est ainsi que d'une île en harmonie, qui ne semble pas connaitre une forte pudeur ni une division en classe sociale importante. On passe à une ville divisée entre classes, entre nations et entre hommes et femmes, visible dans les vêtements et le comportement masculine face à Diana.

Le film met aussi en contraste la guerre et l'amour. La guerre, pour Diana, est d'abord une histoire. Une fable belle emplie de bravoure. Un combat pour ce qui est juste. Cela me rappelle un peu les écrivains qui faisaient l'apologie de la guerre avant d'être impliqué dans les tranchées. Diana est fascinée mais elle ne connait pas réellement la véritable guerre. Elle est naïve à cause de cela. Ce film est un moyen de casse cette naïveté en la confrontant à une guerre dans laquelle il n'y a pas de bons ou de mauvais côtés mais seulement des personnes qui meurent. Ce qui mène au climax vers la fin du film lorsqu'elle croit avoir enfin détruit Arès mais que la guerre continue. Diana réalise soudainement que le mal ne s'incarne pas simplement dans un être mais existe partout. Que, peut-être, personne ne mérite la compassion et l'amour. Cependant, ces deux émotions sont nécessaires. Il n'est donc pas surprenant, et même logique, que Diana ne puisse vaincre qu'en usant de son amour et de sa compassion pour les humain-e-s. Bien que l'amour avec Steve Trevor soit un peu difficile à croire - on a l'impression que Diana ne l'aime que parce que c'est le premier homme qu'elle voit tandis que Steve aime Diana parce qu'elle est belle - la compassion est utilisée à plusieurs reprises pour expliquer les actions de Diana. La scène du No Man's Land existe à cause de la compassion de Diana.

Il est malheureusement dommage que la fin soit, selon moi, ratée. Durant tout le film Diana est convaincue qu'un général allemand, Ludendorff. Ce dernier est montré comme un jusqu’au boutiste qui ne souhaite que la guerre même si des innocent-e-s en souffriront. Lors d'une scène il n'hésite pas à bombarder un village civil afin de tester une nouvelle arme. Je craignais que les allemands soient, encore une fois, utilisés comme vilains génériques alors que la Première guerre mondiale n'est pas aussi simple. Heureusement, le film retourne la situation en révélant que Arès n'est pas un général allemand mais un lord anglais, moustachu et en costume. La confrontation entre Arès et Diana est très réussie lors de cette partie. Arès ne se bat pas, il parle. Arès ne peut pas être confronté, il est une ombre. Arès ne fait pas la guerre il murmure, influence, et laisse l'humanité décider. À mon avis, cet aspect est fondamental. Arès ne veut pas détruire, il veut prouver que l'humanité est maléfique en la laissant se détruire seule. Lorsque Arès enfile une armure et décide de se battre tout ceci disparait pour une scène générique en CGI. Ce qui fonctionnait parfaitement quelques minutes auparavant, un petit homme gris moustachu parfaitement poli, devient ridicule (en particulier la moustache sous l'armure). Les scènes de combat qui terminent le film ne sont qu'une salade d'effets spéciaux, longues et sans intérêts. Cette fin illustre un problème récurrent dans les block buster : privilégier le spectaculaire, l'image épique, à l'écriture dans une intrigue logique et pensée. Le final enlève toute sa force à Arès et j'aurais préféré le voir lentement disparaitre dans l'ombre, annonçant par-là que la guerre ne peut être tuée mais seulement temporairement arrêtée (et, en plus, cela aurait pu lancer une quête des origines et des divinités pour Diana).

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**** Le meilleur film DC dans l'univers qu'illes souhaitent lancer. Certes, ce n'est pas compliqué et Wonder Woman reste classique.
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Image : Site officiel

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08:57 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wonder woman, dc | | | |  Facebook

10/06/2017

Die Götliche Ordnung / L'ordre divin

Nora est une femme heureuse. Elle vit dans un petit village avec son mari, Hans, et ses deux enfants. Leur famille vit mieux que la moyenne tandis que Hans est assez apprécié pour recevoir une promotion. Le frère de Hans a repris la ferme familiale, sous l’œil critique du père de famille, avec sa femme Theresa et leur fille. Tout semble parfait dans ce petit village d'Appenzell. Mais les deux familles sont troublées. En effet, nous sommes en pleines années 70 et la jeune adolescente ne fait qu'écouter de la musique dans sa chambre et sortir avec des garçons au grand désespoir des parents qui craignent pour leur réputation. De plus, d'ici février le pays mâle va voter afin de décider si oui ou non les femmes peuvent voter et être élues. Dans le petit village la question semble déjà résolue. Aucune des femmes y habitant n'a jamais souhaité voter. Du moins, c'est ce que tout le monde croit.

Nombreuses sont les personnes qui connaissent les mouvements militants des années 70 dans les grandes villes. Petra Volpe aurait pu décider de s'intéresser, elle aussi, à la ville. C'est une période passionnante avec beaucoup de nouveautés. Cependant, Petra Volpe choisit de parler de la Suisse et d'un petit village alémanique. Ainsi, la réalisatrice doit à la fois parler de la lutte pour les droits civils et de la révolution sexuelle. De plus, elle doit décrire un milieu très particulier. Un milieu qui n'est pas fermé mais traditionnel, basé sur le respect de l'autorité et de l'ordre dans un cadre très restreint. Personnellement, je pense que c'est une très bonne idée. Utiliser le cadre d'un petit village permet de montrer les difficultés des luttes pour les droits des femmes. Malheureusement, cela implique aussi d'oublier une grande partie de la diversité des luttes des années 70 étant donné le contexte dans lequel s'inscrit le film, un village dans lequel le contrôle social est très fort. Seul le racisme contre les italiens nous est montré et de manière très furtive.

Le film met très bien en scène la pression sociale. Les hommes, dans le cadre de leur travail, sont encouragés par leur patronne à donner de l'argent afin de soutenir la propagande contre le droit de vote. Ne pas offrir de l'argent c'est risquer sa place aussi bien dans l'entreprise que face à ses collègues qui, rapidement, nient la masculinité des hommes dont les femmes militent. Cette pression sociale est tout aussi forte dans les clubs de "mères." Lors d'une scène on observe toutes les femmes donner de l'argent contre le droit de vote, publiquement, alors même qu'une majorité est en faveurs. Il est nécessaire de ne pas se singulariser. Cette pression sociale illustre la nécessité de groupement de personnes concernées qui peuvent discuter des problèmes rencontrés sans interférences. Le moment durant lequel les femmes du village décident de faire grève est un moment très fort de sororité et d'aide mutuelle sur des sujets divers. Ce moment du film a des répercussions bien après la fin de l'intrigue par une entraide mutuelle. La pression sociale est aussi illustrée par le sort de l'adolescente de la famille qui, après avoir fui avec son copain, est envoyé en prison par décision du "chef de famille."

Cet envoi en prison illustre l'importance du privé comme lieu politique. En effet, la décision est prise par un seul homme sans écouter sa partenaire pour punir le comportement d'une femme. Dans le cadre civique, seul les hommes ont de l'importance et les femmes n'ont rien. Cet aspect est illustré par plusieurs femmes qui ont des rêves différents. Nora souhaite travailler mais elle ne peut pas accepter de poste sans l'accord de son mari. Graziella ouvre un restaurant mais doit travailler seule. Vroni a travaillé toute sa vie dans ce même restaurant qui appartenait à son mari. Mais ce dernier était alcoolique et il a placé sa famille dans les dettes avant de mourir. Vroni n'ayant aucun contrôle sur les finances se retrouve à l'aide sociale malgré son dur travail durant des années. La fille de Vroni a été obligée d'abandonner ses études de droit pour ne pas froisser son docteur de mari. Mis à part ces rêves individuels toutes les femmes du village fonctionne de la même manière. Toute la journée elle nettoient, lavent, cousent et cuisinent devant des hommes qui ne lèvent pas le petit doigt (le Grand-Père soulève à peine les pieds pour laisser passer l'aspirateur). Il n'y a strictement aucun partage des tâches et il faut une grève des femmes pour que les hommes se rendent enfin compte du travail à accomplir dans une maison. Hans, le mari de Nora, est particulièrement mis en avant ainsi que ses fils et le grand-père que Nora force à changer (comme elle le dit, si tu es capable de construire une maquette de train électrique tu es capable de faire la vaisselle). Le privé est montré comme lieu politique car son fonctionnement impacte les possibilités, pour les femmes, d'agir, de travailler, de se rencontrer.

Que l'on soit clair, les hommes de ce film sont tous problématiques, mais certains le sont plus que d'autres. Le Grand-Père est l'image du vieux patriarche qui critique tout le monde et refuse le changement. Les hommes du village font tout ce qui est possible pour empêcher les femmes de parler en s'exprimant à leur place. Que ce soit lors de la soirée d'information ou lors de la grève des femmes des hommes décident d'empêcher des femmes de parler, souvent de manière violente. Les fils de Nora sont l'exemple de la continuation du patriarcat. D'une part ils refusent de changer face aux exigences de leur mère, d'autre part ils sont soumis à la pression de leurs camarades qui se moquent d'eux et de leur mère. Le beau-frère de Nora est violent et refuse les critiques. Hans, le mari de Nora, est différent. Il est montré comme compréhensif. À plusieurs reprises il essaie de comprendre ce que souhaite Nora et de s'adapter. Il n'hésite pas à enfiler un tablier et à apprendre à cuisiner pour le bien de sa famille. Mais, d'un autre côté, lorsque Nora refuse ses arguments il revient immédiatement à sa position juridique de chef de famille et menace Nora. Sa position est ambivalente et montre la facilité, pour les hommes dont moi, à revenir à une position dominante sans même y penser.

En conclusion, j'ai beaucoup apprécié ce film que je trouve très riche. Il est à la fois drôle et triste. Il dose bien les émotions et réussit à dépeindre une période et une situation sociale. Les nombreux personnages ne sont pas tous et toutes mis en avant. Mais les personnages mis en avant me semblent intéressants et assez bien écrit. Outre un changement juridique la réalisatrice met en scène des changements de costumes, de lumière, qui accompagnent les réflexions et les réussites ou échecs. Bien que la fin me semble trop triomphante, et même classique, la scène du vote est très bien mise en scène. Les hommes se trouvent face aux femmes, jugés et mis en garde, alors qu'ils décident pour elles. J'espère sincèrement que le film aura du succès et, si possible, s'exportera.

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**** Drôle, triste, triomphant... Un film qui n'est pas parfait mais qui réussit à accomplir ce que souhaitait la réalisatrice.
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Image : Cineman.ch

Site officiel

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10:11 Écrit par Hassan dans Film, Histoire, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : die götliche ordnung, l'ordre divin | | | |  Facebook

03/06/2017

Teen Titans: The Judas contract

Les Teen Titans sont une famille. Des enfants et des jeunes qui ont tout perdu ou qui ont besoin d'un lieu dans lequel vivre en sécurité. Dernièrement, l'équipe a accepté l'entrée de Terra. Une jeune femme capable de manipuler la terre et la roche. L'équipe est toujours aussi compétente et s'intéresse grandement à une église dont les activités semblent plus proche du terrorisme que de la religion, HIVE. Dans cette guerre plusieurs bases de HIVE sont détruites. Il n'en faut pas beaucoup plus pour persuader son dirigeant, brother Blood, d'engager Slade Wilson. Mais le but n'est pas simplement de s'attaquer aux Titans. Slade et Blood ont un plan bien plus élaboré qui pourrait détruire les Titans.

Ce nouvel animé prend part dans la continuité actuelle des films d'animation DC. On retrouve donc plusieurs personnages déjà connu et leurs relations ne sont pas une surprise. Damian est toujours aussi drôle et j'aime ses répliques face à Dick Grayson. On en sait un peu plus sur Beast Boy et Beetle mais encore trop peu pour vraiment s'y intéresser. Par contre, la relation entre Starfire et Dick Grayson est précisée. Là aussi, on retrouve plusieurs dialogues assez drôles et je commence à douter de la "naïveté" de Starfire. Les scènes d'actions sont réussies. Le film ne perd pas de temps et on entre rapidement dans les combats et l'intrigue.

Malheureusement, il est dommage que le film mette en scène une relation très toxique entre Terra et Slade Wilson voir avec Beast Boy. Ce dernier, dans une scène, enserre Terra et tente de la forcer à donner un baiser, ce qui est clairement un abus lié à l'usage de la force physique. C'est très problématique et il aurait été de bon ton de mettre en question ce comportement encore trop souvent accepté de nos jours. Mais le pire est Slade Wilson. Lors d'une scène on nous montre Terra en nuisette et maquillée qui drague ouvertement Slade. Le problème n'est pas Terra mais Slade. Selon le film, il existe une relation sexuelle entre les deux personnages (même si celle-ci n'est jamais montrée). Mais Terra est une jeune adolescente, orpheline, tandis que Slade est un adulte qui contrôle la vie de Terra depuis qu'il l'a recueillie. Il est très problématique de considérer comme normale une relation entre un adulte, qui fait figure de parent, et une jeune femme encore adolescente. Jamais le film ne remet en question cette relation. Au contraire, les scénaristes insistent à plusieurs reprises sur son existence. Je ne sais pas si les scénaristes n'ont pas compris ce qu'ils ont écrit ou non mais j'ai peu apprécié ces scènes qui, je pense, n'auraient pas dû exister.

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** Bien que le film ne soit pas mauvais et même plaisant il est amoindri par une scène d'abus et la mise en place d'une relation toxique entre deux personnages, sans aucune remise en cause.
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Image : Site officiel

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27/05/2017

Pirates of the Caribbeans: Dead men tell no tales / Pirates des Caraïbes: La vengeance de Salazar

Un jeune enfant fuit sa chambre emplie de posters de pirates recherchés. Il part en mer avec une petite barque et plonge dans l'eau pour rejoindre le Hollandais Volant. Ce jeune garçon est Henry Turner et il veut retrouver son père. Mais la malédiction de ce dernier est bien trop forte pour lui permettre de revenir à terre. 9 ans plus tard, Henri est marin dans la flotte britannique. Il connait toutes les légendes des mers. Il est aussi le seul survivant de son navire après une poursuite dans un lieu maudit dans lequel se trouve le navire fantôme d'Armando Salazar. Ce dernier lui donne un message : Jack Sparrow va mourir. Mais Jack n'est déjà plus que l'ombre de lui-même. Une quête afin de trouver un objet capable de briser toutes les malédictions de la mer sera-t-elle suffisante pour restaurer Jack à son rang de Capitaine ?

Pirate des Caraïbes est la franchise qui devient de pire en pire au fur et à mesure. Le premier était drôle et sympathique. Le second trop lié au troisième qui était très décevant tandis que le quatrième... on ne parle pas du quatrième ! Je me suis donc demandé s'il était possible de renouveler la série et surtout si Johhny Depp peut jouer à nouveau. Alors, je vais immédiatement le dire, je trouve intéressant de créer un lien entre les films avec l'arrivée de Henry Turner. Je me suis souvent demandé ce qu'il était advenu de cette famille et pour quelle raison on ne savait rien. En faire un érudit en ce qui concerne les pirates et les malédictions est une très bonne idée. Après tout, il a grandi avec l'histoire de sa mère et de son père combattant sur les mers des créatures de légende.

Les effets spéciaux sont assez réussis et j'aime bien le style des fantômes. Plutôt que de créer un navire fonctionnel il est logique que les navires fantômes soient brisés tandis que les fantômes sont les restes de ce qui était organique. Il est tout aussi logique que les fantômes marchent sur l'eau. Parfois, ces effets sont un peu étranges et on se demande quels sont les règles de cette malédiction. Pourquoi le navire peut-il se soulever ainsi ? Pourquoi les animaux morts reviennent-ils aussi en fantômes alors qu'il semble que ce soit la colère qui crée la malédiction. Et surtout, pourquoi cette fin ? De plus, l'intrigue est déjà mise en scène dans le premier film. On retrouve un équipage maudit qui a besoin du compas de Jack pour retrouver son humanité tandis que tout le monde se rend sur une île introuvable sur les cartes normales. Il y a un manque d'imagination important.

Si l'on s'intéresse aux personnages les choses ne s'améliorent pas. Johhny Depp est fatigué et son Jack Sparrow n'a pas la flamboyance qu'il possédait avant. Bien entendu, cela est lié à l'intrigue mais on reste sur notre faim face à un alcoolique fade et sans intérêt. Henry lui-même, aurait mérité plus de construction puisque sa seule identité est la recherche de son père. Salazar n'est qu'un simple boucher qui se croit en mission. Pourquoi ne pas mieux caractériser sa haine des pirates ? Les anglais sont, comme d'habitudes, des êtres horribles qui veulent contrôler les mers à tout prix ce qui était déjà le cas dans les films précédents. Je noterais simplement l'apparition de Bruce Spence (connu pour avoir joué dans Mad Max II mais aussi pour son rôle de Zeddicus Zu’l Zorander dans Legend of the seeker dans lequel il est très drôle) qui aurait pu sauver le film à lui tout seul si on lui avait donné la possibilité (oui, j'aime beaucoup cet acteur). Cette nouvelle déclinaison, encore une fois, ne donne pas de place aux femmes. Il n'y en a qu'une seule qui parle et trois de nommées. Carina Smyth aurait pu être intéressante. C'est une scientifique accusée de sorcellerie. Il aurait été possible de parler de sexisme et de patriarcat à l'aide de son personnage mais la réalisation a préféré rire du gouffre entre elle et les hommes sans jamais réellement questionner le sexisme. De plus, malgré qu'elle se soit construite seule elle est entièrement définie par son père dont elle pense continuer le travail et qu'elle recherche. Tout ce qu'elle accomplit est en l'honneur de son père et non pour elle-même. Jusqu'à la fin lors de laquelle elle décide même d'oublier son identité pour reprendre celle de son père. Bref, ce personnage est une opportunité manquée de donner un peu de profondeur critique au film d'autant qu'elle est l'unique personnage féminin majeur du film face 4 hommes. En conclusion, un film qui n'est pas raté mais clairement médiocre avec des opportunités manquées et un Johhny Depp qu'il vaudrait mieux oublier définitivement.

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** Médiocre
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Image : Site officiel

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16/05/2017

Justice League Dark

Le Hall de la Justice est mis en fonction. La Justice League fonctionne parfaitement et s'est un peu agrandie avec quelques membres en plus voir des remplaçants. Individuellement, les différents héro-ïne-s qui la compose sont tous et toutes en pleine possession de leurs moyens et agissent avec la justice pour soutenir la loi et s'attaquer aux criminel-le-s ou simplement aider. Mais, depuis peu de temps, de simples citoyen-ne-s qui, normalement, ne violent pas la loi se mettent à agir de manière étrange. Des meurtres sont commis, des suicides ont lieu et personne ne comprend ce qui arrive. Mais tout le monde dit la même chose : des monstres les ont attaqués et illes n'ont fait que se défendre. La Ligue pense que la magie pourrait être à l'œuvre mais Batman n'y croit pas. Cependant, il se retrouve embarqué dans une quête pour trouver un maitre de la magie : John Constantine. Petit à petit, il va l'aider à résoudre les attaques et découvrir un mal qui date de plusieurs siècles.

Jusqu'à maintenant, j'ai plutôt apprécié les films animés de l'univers partagé malgré beaucoup de simplisme. Mais ça fonctionne bien et c'est assez plaisant. Malheureusement, je n'ai pas du tout aimé ce film. Le premier problème est Batman. Le film précèdent, on l'observe aux prises avec un démon. Dans ce film, il nie toute existence de la magie. Ce n'est tout simplement pas logique. Mais, surtout, il est totalement inutile. Il se contente de suivre et de sortir un gadget de temps en temps. Il aurait très bien pu ne pas être présent. Il aurait été bien plus intéressant de réunir plusieurs mages de l'univers DC en dehors du groupe de la Justice League. En l'occurrence, cette Justice League Dark n'est qu'un ersatz sans intérêts.

Le problème tient aussi en l'intrigue. J'ai, personnellement, un problème avec la magie dans les œuvres de fiction. Trop souvent, c'est un moyen simpliste de résoudre un problème compliqué. La magie, son fonctionnement et ses limites, ne sont pas forcément explicitées et cela crée une résolution à la Deus ex Machina. Une résolution que l'on retrouve ici puisque le grand méchant passe de quasi dieu sur Terre à un mortel qui peut être vaincu par Constantine. Pourquoi n'y a t'il aucuns couts ? Ou se trouvent les règles ? De plus, l'intrigue n'existe tout simplement pas. On suit un petit groupe de personnages dont la moitié disparaissent rapidement ou ne sont pas assez présentés pour que l'on s'intéresse. Le film est une suite de combats de magie sans intérêts et l'on se demande pour quelle raison on parle d'une enquête... Je n'ai donc pas du tout aimé ce film.

* Sans intérêt.
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Image : Site officiel

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08:49 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : justice league dark, dc | | | |  Facebook

14/05/2017

Justice League VS Teen Titans

Damian Wayne est de retour en tant que Robin. Il accompagne Batman à l'inauguration du Hall de Justice. Mais, un groupe qui se nomme lui-même la Legion of Doom décide de perturber les festivités. La Justice League fonctionne bien et s'occupe sans trop de problèmes des vilain-e-s. Damian, lui, est chargé de prendre soin des civil-e-s. Mais il n'apprécie pas trop ce rôle et décide de se lancer dans la bataille avec des conséquences désastreuses. Il est clair que Damian ne sait pas agir en équipe et la Justice League n'est pas appropriée pour les enfants. Il est donc envoyé dans une autre équipe qui permet de donner une maison à des personnes qui en ont besoin : les Teen Titans sous la direction de Starfire. Le contact est loin d'être facile avec un Damian qui n'est pas très sociable et particulièrement arrogant. De plus, Damian est très intrigué par Raven et ses secrets. Des secrets qui pourraient expliquer pourquoi la Justice League agit si bizarrement.

J'ai toujours des craintes avec les histoires de combats entre héros. Souvent, ce sont simplement des personnages qui refusent de discuter lorsque l'opportunité se présente. Heureusement, parfois l'intrigue est un peu plus subtile (mais pas trop, il ne faudrait pas exagérer). Dans le cas présent, l'intrigue est avant tout un moyen de présenter des personnages et de créer une relation entre-elleux. Ainsi, le groupe majeur de ce film est formé des membres des Teen Titans. Je trouve intéressant que, contrairement à la Justice League, ce groupe permet à ses membres d'apprendre et de s'améliorer mutuellement. Les personnages se construisent encore. C'est aussi un refuge pour les personnes qui en ont besoin. J'ai plutôt apprécié Raven et Damian, j'ai moins aimé Blue Beetle et Beast Boy (qui fonctionne bien plus comme le créateur de blagues qu'autre chose).

Bien que le film soit plaisant à regarder il possède quelques problèmes et ces problèmes peuvent être résumé en un seul mot : Starfire. Cette dernière est une alien qui provient d'une planète bien moins prude. Malheureusement, plutôt que d'utiliser ceci pour mettre en question nos catégories et nos normes elle fut souvent écrite comme un fantasme masculin. Une femme très peu vêtue possédant une sexualité très ouverte (ce qui n'est pas mal en soi, le problème c'est que celle-ci est construite pour faire fantasmer des hommes et non comme un choix de la part de Starfire). Ce film possède plusieurs scènes qui fonctionnent de cette manière. À plusieurs reprises, elle est montrée dans des poses suggestives avec la caméra pointant sur des parties très précises de son anatomie. À une autre reprise, la caméra nous donne une vision précise des fesses de Starfire. La réalisation a donc fait le choix de fortement sexualiser un personnage censé être présent pour ses capacités en tant que dirigeante dans un film considéré acceptable dès 12 ans. Pire encore, il est très rare que l'on observe Starfire diriger, elle est mise au second plan par Damian qui prend immédiatement ce rôle sans se poser de questions ni réactions de la part des Teen Titans. N'aurait-il pas été possible, et souhaitable, d'écrire ce personnage et cette intrigue différemment ? J'en suis, personnellement, persuadé.

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*** Sympathique et assez réussi. Mais il y a des scènes sexistes problématiques.
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Image : Allociné

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Batman bad blood / batman mauvais sang

Batman a disparu. Les journalistes se ruent à Gotham pour cet événement et pour le sommet de la technologie mis en place par l'entreprise Wayne. Mais Batman disparu, le crime atteint des sommets inégalés dans les rues. Bien que la police tente de garder le contrôle il semble que jamais le chaos ne fut plus important. La disparition de Batman est assez importante pour faire revenir Damian Wayne de sa retraite dans un sanctuaire. Elle force Nightwing à prendre le costume de Batman et à s'allier à deux nouvelles personnes : Batwoman et Batwing. Les allié-e-s ont fort à faire car il semble que tous les secrets du Batman sont éventés. Mais qui a pu le faire disparaitre et découvrir ces secrets ? Pour quelle raison s'intéressent-illes autant à la technologie Wayne ?

L'univers DC se porte très mal au cinéma (si, du moins, il a commencé à exister...) et un peu mieux en série (malgré un manque de qualité flagrant). Mais, DC a décidé, depuis quelques années, de lancer un univers partagé en film d'animation disponible immédiatement en DVD. Il existe un bon nombre de ces films et certains sont moins bons que d'autre. Il est intéressant de voir que les différents films gèrent bien mieux les relations entre personnages et épisodes que leurs contreparties cinématographiques. Cet animé s'insère dans une trilogie autours de Batman. Le premier nous faisait découvrir Damian et le second jouait sur la tension entre Batman et Damian. Dans les deux cas, la Ligue des assassins joue un grand rôle même sans apparaitre.

Ce dernier film conclut à la fois l'arc de la Ligue et celui concernant la relation entre Batman et Damian. Personnellement, je trouve qu'il réussit à atteindre son but de manière plutôt efficace. Faire disparaitre Batman était une bonne idée. Cela permet de donner plus de place à d'autres personnages tel que Nightwing et Alfred. Mais je suis bien plus heureux de voir arriver Batwoman (qui mérite ses propres films, vraiment). Elle est efficace et drôle. Ses dialogues fonctionnent très bien tout en brisant un tout petit peu le quatrième mur. Batwing est moins intéressant et aurait pu ne pas être présent. Bien que l'idée soit peu développée, le plan de la Ligue n'est pas si mauvais et aurait mérité un peu plus d'attention de la part des scénaristes pour donner quelque chose de vraiment intéressant. Je déplore quelques petites choses qui m'ont agacé. Par exemple, je n'aime pas la justification de Talia. Je n'apprécie pas du tout la version adaptée de l'origine de Batwoman. La version originale, en comics, est bien plus intéressante que ce qui nous a été montré. Mais, globalement, c'est plutôt sympathique.

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*** Une bonne conclusion, ça fonctionne bien mais ça reste très classique.
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Image : Allociné

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10:16 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : batman, bad blood, mauvais sang, dc | | | |  Facebook

29/04/2017

Denial / Le procés du siècle

Au début des années 90, l'historienne Deborah Lipstadt écrit un livre. Ce dernier est édité dans plusieurs pays. La professeure doit donner des conférences et répondre à la presse. Ce livre parle du négationnisme et des raisons qui se cachent derrière. En particulier, elle s'attaque à david irving. Celui-ci est un historien militaire britannique dont la réputation a fortement souffert de sa croyance au négationnisme. david irving décide donc d'attaquer Deboarah Lipstadt en justice devant les cours anglaises. Ceci lui permet d'obliger à cette dernière de devoir prouver que ce qu'elle dit est vrai. L'historienne se trouve donc dans la position peu confortable de devoir prouver l'existence du génocide mis en place par les nazis et de devoir prouver que david irving a menti pour défendre un point de vue raciste et antisémite. Le procès est, bien entendu, fortement suivi par la presse.

Je suis un peu emprunté pour présenter ce film. Le synopsis est simple. Est-il vraiment nécessaire de le développer ? Un négationniste attaque en justice une historienne juive. Le film suit, selon plusieurs articles que j'ai lus, très fidèlement les événements devant la cour et l'on peut lire ceux-ci puisque les procès-verbaux sont disponibles sur internet. Est-il vraiment nécessaire de mettre en scène ce procès qui a déjà donner trop de place à un négationniste ? Peut-il vraiment ajouter quelque chose alors que des journalistes ont écrit sur le sujet et que des universitaires, dont Deborah Lipstadt, ont publié des livres sur ce procès ? Personnellement, je pense qu'il est possible de faire un film intéressant sur un sujet connu. Car un film n'est pas un livre. Un film permet de mettre en avant des regards, des postures qu'un livre ne peut pas aussi bien montrer. Selon moi, les deux peuvent fonctionner ensemble et même être complémentaires. Mais je suis aussi ennuyé par mes propres méconnaissances. La Shoah est un sujet difficile qui demande d'user de mots et de concepts précis. C'est aussi le cas du négationnisme qui se porte sur des points extrêmement précis pour justifier l'idée que le génocide n'a jamais eu lieu. Je vais donc plutôt me porter sur la mise en scène.

La réalisation réussit à mettre en place plusieurs personnages, dont la très grande majorité est masculine, face à un seul homme. Il nous est expliqué que c'est voulu. Face à un irving arrogant au petit sourire sympathique ils placent des professionnel-le-s qui décortiquent toutes les preuves et tout le travail d'irving. Ce dernier est montré comme un manipulateur qui use de stratagèmes théâtraux pour imposer son point de vue. Sa première arrivée dans le film est, d'ailleurs, particulièrement intéressante. Avant de proposer de l'argent aux personnes capables de lui donner une preuve il utilise deux arguments d'autorités coup sur coup sans jamais parler du fond. C'est aussi le cas lors du procès puisqu'il utilise ses connaissances pour écraser ses adversaires. Cette caractéristique, cette fierté de ses capacités, est d'ailleurs utilisée comme un piège par l'équipe de Deborah. Il est bien montré que le but de cette dernière est de se porter sur le travail d'irving. La question principale qui leur est posée est celle de la preuve. Comment les historien-ne-s prouvent ce qu'illes savent ? Quelles sont les sources ? Sont-elles de nature différente ? Sont-elles bien traduites ? Qu'elle est la place des survivant-e-s? Peut-on, devrait-on, leur donner une voix dans ce procès ? Existe-t-il un contexte qui doit être connu pour les comprendre ? C'est dans ce cadre que plusieurs personnages masculins font du mansplaining envers Deborah Lipstadt en lui expliquant ce qu'elle sait parfaitement, elle a écrit un livre à ce sujet... Au final, c'est un film réussi qui traite d'un sujet difficile. Il aurait été facile d'échouer et je serais très curieux de lire le point de vue de Deborah Lipstadt elle-même ainsi que d'expert-e-s.

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***** Sobre, précis, intéressant. Une réussite.

Image : Site officiel

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11:07 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : denial, le procés du siècle | | | |  Facebook

28/04/2017

Django

Cette semaines deux films portant sur la deuxième guerre mondiale sont sortis dans les salles obscures. Le premier, le procès du siècle, parle du négationnisme et je vais le voir prochainement. Le deuxième est un biopic qui parle de Django Reinhardt. Ce dernier est un musicien célèbre de Paris. Il remplit les salles aussi aisément qu'un rockeur quelques années plus tard. Il est aussi un très bon compositeur. Le problème, c'est qu'il crée une musique dans le style du swing en pleine France occupée et en plein milieu de la guerre. Bien que la ville de Paris soit loin des fronts cela ne l'empêche pas de subir des alertes. De plus, des rumeurs lui parviennent. De vieilles familles auraient disparu, seraient assassinées, des camps seraient dressés. Bien qu'il pense être en sécurité ne serait-il pas plus prudent de fuir ? Surtout que les allemands commencent à s'intéresser à lui et veulent le produire en Allemagne même, voir à Berlin.

Je ne sais pas trop quoi dire de ce film. Premièrement parce que ma culture musicale est proche du néant. Je ne connaissais pas ce Django Reinhardt ni sa renommée de musicien. Bien que je connaisse l'ambiance du Paris entre les deux guerres, et donc que j'ai entendu parler du swing, je ne connais presque rien sur le vocabulaire musical. Et, bien entendu, la musique à une grande importance dans ce biopic. Elle est présente du début à la fin. Le film s'ouvre et se termine sur un concert. La musique est, selon plusieurs personnages, la seule chose qui protège Django des allemands. Mais c'est un bouclier bien mince qui dépend d'autres personnes qui pourraient ne plus être en faveurs.

Ce que ce film montre c'est aussi l'effort de survie des parisien-ne-s face aux occupants. Tout le monde ne peut pas résister et, parfois, on essaie seulement de nourrir sa famille. C'est tout ce que souhaite Django et il en faut beaucoup pour le convaincre de fuir. Bien que la réalisation soit classique, voire un peu molle, on nous offre de très belles scènes avec des contextes glaçant. La scène durant laquelle Django est convoqué par la police pourrait ne pas être essentielle à l'histoire. Mais elle est nécessaire au contexte. Un homme est examiné par des médecins qui essaient de prouver qu'il est le fruit d'une dégénérescence raciale. Pour cela, toutes les mesures sont bonnes et Django devient une suite de chiffres permettant de le cataloguer. Personnellement, je trouve que la meilleure scène est la dernière. Elle est très poignante et n'a besoin de presque aucune explication. La première est tout aussi bonne mais bien plus glaçante et montre immédiatement que les Tsiganes, pour reprendre le terme du film, sont en dangers et sont exterminés. On oublie souvent que le racisme contre les populations Tsiganes est une réalité et a débouché sur des meurtres et des enlèvements (la Suisse est championne des enlèvements d'enfants Tsigane, je vous renvoie au livre de Regula Ludi et Thomas Huonker Roms, Sintis et Yéniches – La 'politique tsigane' suisse à l'époque du national-socialisme).

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**** Un premier film qui n'est pas mauvais mais trop classique dans sa réalisation, trop prudent dans son propos.
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Image : Allociné

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08:24 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : django | | | |  Facebook

22/04/2017

Life / Life origine inconnue

Dans un futur proche l'ISS est toujours dans l'espace. La station est de plus en plus importante et elle est toujours financée. Régulièrement, des modules sont ajoutés afin de la rendre plus efficiente. Récemment, les autorités terriennes ont décidé de mettre en place un nouveau module dédié à une seule et unique expérience dont les ramifications sont énormes pour l'humanité. Car, il y a près d'un an, une sonde envoyée sur Mars a trouvé des traces de vie. La sonde est maintenant de retour. 6 personnes sont envoyées dans l'espace afin d'étudier les échantillons et de comprendre cette nouvelle forme de vie. Les réponses, et les questions, que l'étude implique justifie un financement exorbitant mais aussi, et surtout, la mise en place de défenses jamais vue. Quoi de mieux que l'espace pour empêcher une contamination ? Mais l'étude ne se déroule pas comme prévu.

Il est impossible de voir Life est de ne pas penser à d'autres films. La première référence qui nous vient en tête est, bien entendu, Gravity. En effet, Life se déroule dans le même environnement. Une partie importante de l'image est comparable aussi bien au début du film qu'à la fin. Personnellement, je trouve que cette iconographie est très efficace. Elle me permet de ressentir le danger de l'espace et le cocon très mince qui protège les personnages d'une mort certaine (et particulièrement horrible, je vous laisse googler l'effet du vide spatial sur le corps humain). Le problème, c'est que Life se déroule après Gravity et, donc, donne l'impression d'avoir volé des images sans penser à se créer une identité propre. Ce n'est pas le seul film auquel on pense. Alien vient immédiatement en tête. Un être venu d'une autre planète qui se balade dans un vaisseau confiné, des humain-e-s qui essaient de savoir où se trouve l'alien et comment s'en débarrasser, l'impression que le danger est partout... Nous avons déjà vu ça depuis le premier film de la saga Alien. Bien que le martien créé pour le film soit différent et semble bien fonctionner dans le cadre particulier de l'ISS il n'est pas non plus parfait. Bien que cela semble voulu, il est trop identifiable pour créer la même impression d'étrangeté ressenti dans Arrival. Enfin, et c'est le plus gros problème à mon avis, on ne s'intéresse pas aux personnages. On connait extrêmement peu de chose de leur vie, de leur passé, de leurs émotions. Étant donné que l'on n'arrive pas à s'identifier il est très difficile de s'attacher à elleux et de ressentir des craintes et des émotions lors des problèmes rencontrés. Bref, le plus gros problème de ce film est de n'avoir aucune identité propre et de se retrouver en concurrence directe avec des œuvres bien meilleures.

Le second plus gros problème est le scénario. Celui-ci est très efficace. Nous commençons l'histoire par la passion scientifique. Quelque chose d'énorme est arrivé et tout le monde, dans la station et dans le monde, souhaite en faire partie et aider à comprendre ce que cette découverte implique. Diffuser en directe, sur Times Square, un événement scientifique est tout de même magnifique ! Les scientifiques de la station ont tout autant de passion et observent avec attention la beauté d'un organisme inconnu qui grandit. Seule une scientifique a des craintes. Ainsi, le ton du film est d'abord celui du triomphe de la science et de la beauté de la recherche. Dans un second temps, le ton change complètement et devient celui d'un thriller spatial. D'un seul coup, l'organisme lui-même change de forme et devient plus menaçant tandis que les événements se précipitent. On passe de la beauté d'une découverte à la lutte contre un prédateur qui tente de survivre dans un environnement hostile. Le problème, c'est que le scénario est rempli de plot holes. Ainsi, on nous explique que les cellules de l'organisme sont indifférenciées et possèdent des caractéristiques musculaires, neurales et d'observation. Pourtant, l'organisme montré plus tard donne l'impression d'un corps différencié avec des organes de mouvement, des organes de force musculaire et, surtout une tête. On passe de la digestion par un cocon à la digestion par l'ingestion. Bref, il me semble que les scénaristes ne savaient pas vraiment quoi faire de l'organisme. Le problème concerne aussi les solutions et les activités de l'équipage. Pourquoi tenter de vider d'oxygène la station alors que l'alien est montré dans l'espace en train de survivre ? Pourquoi ne pas envoyer une des capsules sur Terre avec un message enregistré ? Et surtout, pourquoi l'alien s'attaque immédiatement aux communications Terre-ISS qui sont immédiatement coupées alors que l'on nous explique que la station fonctionne sur le principe de redondance ? Bref, il y a de gros problèmes d'écritures malgré un scénario efficace.

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**** Le film est clairement rempli de problèmes, dont le manque d'identité propre. Cependant, il a bien fonctionné sur moi malgré de nombreuses incohérences.
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Image : Site officiel

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10:34 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : life, origine inconnue | | | |  Facebook

21/04/2017

Gold

Kenny Wells est le dernier membre d'une famille de prospecteurs. Son grand-père a trouvé une colline e il a creusé. Son père a créé une entreprise qui gère plusieurs propriétés ainsi que les droits de prospections. Mais tout cela se déroulait dans le passé. Car, dans les années 80, Kenny Wells est pratiquement ruiné. Il a perdu ses bureaux, il a perdu sa maison et son équipe, de plus en plus mince, travaille dans un bar. Sa femme, Kay Wells, croit toujours en lui mais ne croit pas au retour de l'entreprise. Kenny ne survit plus que par la fumée et l'alcool. Mais, un soir, il fait un rêve. Il rêve d'une gigantesque mine en Indonésie. Une mine tellement vaste qu'elle ferait de lui l'homme le plus riche du monde. Le digne héritier de sa famille. Il se lance dans cette quête et rencontre un géologue, Michael Acosta. Ce dernier a trouvé la plus grande mine de cuivre au monde est pense que de l'or se trouve en Indonésie. Mais ce rêve est-il trop beau pour être vrai ?

Ce film est le quatrième que je vois au cinéma cette année. Oui, j'ai eu un ralentissement qui n'est pas dû à ma volonté. Mais j'aime toujours autant me rendre dans les salles obscures. Cette semaine, je n'avais pas vraiment de coups de cœurs mais j'étais intrigué. Gold fait partie des films qui m'intriguent et que je vais voir pour me faire une idée. Il fait aussi partie de ces films qui s'attaquent aux scandales financiers. Ces films, venus des États-Unis, commencent souvent par un homme (et c'est à dessein que je ne parle pas des femmes qui sont, dans ces films, des bijoux qui permettent d'illustrer la descente ou la montée dans l'échelle sociale), seul face à tout le monde, qui rêve de réussir. Cet homme sait qu'il a raison et que le système a tort. Mais il ne peut pas facilement le prouver. Heureusement pour lui, d'autres hommes décident de le croire. Coup de chance, c'est une réussite et le croyant se retrouve dans les hautes sphères de la richesse et des finances et doit survivre à ce monde décrit de manière peu sympathique voir décadente. Cet homme, dans ce film, est Kenny Wells. Personnellement, j'ai détesté ce personnage. Ce n'est pas le seul personnage que l'on peut ne pas aimer et d'autres sont pires. Ces hommes incarnent le rêve américain de grandeur et de richesse. Michael Acosta, lui, incarne l'homme qui a les pieds sur terre mais il cache autre chose. Seule Kay est sympathique. Et son rôle est de défendre la classe moyenne travailleuse face aux riches qui ne connaissent pas la vraie vie. Ces pauvres sont décidément des gens qui savent vivre ! Bref, déjà là le film me pose un problème.

Mon second problème avec ce film concerne le ton. J'ai déjà vu des films qui traitent de la finance et des scandales en prenant le parti de personnes antipathiques ou en considérant que personne n'est responsable. Parfois, c'est justifié. Margin Call, par exemple, montre des personnages essayant de sauver la peau de leur entreprise en trahissant leurs clients. Personne n'est directement responsable du problème mais les personnages travaillent activement à détruire des vies et leurs actes se terminent sur des faillites et des licenciements. The big short reprenait le même thème mais avec le point de vue des gagnants, des personnes qui ont parié sur la destruction de nombreuses vies qui ne souhaitaient qu'accomplir leurs rêves. Ces films montrent que les responsabilités sont plus diffuses et dépendent moins des personnes que d'un système entier. Cependant, ces deux films échouent à mettre en avant les responsabilités qui ne dépendent pas du système mais des choix possibles fait à l'intérieur de celui-ci. Qui a décidé de ne pas vérifier ? Qui a décidé de détruire des vies ? Et, pour Gold, qui a mis en place l’arnaque ? car Gold ne répond pas à cela. Il se termine sur l'idée que personne n'est réellement responsable. Tout le monde était de bonne foi. Pourtant, il y a bien une personne responsable du début de l'arnaque, même si d'autres personnes ont échoué à surveiller le fonctionnement de la mine.

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*** Je suis mitigé, ce n'est pas un mauvais film, il me semble assez bien écrit mais il échoue à aller au bout de son thème.
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Image : Site officiel

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09:43 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gold | | | |  Facebook

19/04/2017

Inception

7 ans après tout le monde il est temps pour moi de réparer un manque flagrant dans ma culture cinématographique des blockbusters venus des États-Unis : Inception. En effet, je n'avais pas eu l'occasion de le voir et ce n'est que hier soir que j'ai décidé d'emprunter le film à ma bibliothèque local (on peut faire ça) pour me faire une idée. Inception est un film de Christopher Nolan après deux Batman et Le Prestige (que je n'ai pas vu non plus mais il se trouve dans ma liste). Le film débute lors d'une fête. Plusieurs personnages dialoguent. Certains de ces personnages sont des braqueurs qui souhaitent ouvrir un coffre caché dans un bureau. On pourrait croire à une scène classique. Mais il y a une différence. Les personnages ne sont pas dans la réalité mais dans un rêve commun qui permet d'entrer dans la partie la plus intime d'une personne. C'est un boulot dangereux et difficile. Mais la personne que l'on suit, Cobb, est l'un des plus talentueux du monde. Ses capacités seront mises à rude épreuve quand on l'engage non pas pour voler une idée mais pour en implanter une.

Inception est un film compliqué. Il ne l'est pas parce que l'intrigue est compliquée. Il ne l'est pas non plus parce que les personnages sont compliqués ni parce que l'univers est fouillé. Les personnages sont, pour la majorité, peu développé. Ce sont des rôles dans une équipe. Il y a le commanditaire et plusieurs spécialistes : l'architecte, l'imitateur, le chimiste et l'enquêteur. Les personnages sont principalement définis par leurs rôles dans l'équipe de Cobb. Ce dernier, joué par Leonardo di Caprio, est le plus développé. En effet, durant le film nous en apprenons plus sur son histoire et l'intérêt pour lui de réussir cette mission. On peut ajouter sa femme, Mal. Mais cette dernière a encore moins de substance que le reste de l'équipe et ne sert qu'à faire avancer le personnage principal. L'univers, lui, existe mais n'est pas décrit. Nous savons que Nolan décrit un monde qui permet d'envahir les rêves grâce à une technologie militaire. Nous savons aussi que certaines personnes se droguent pour rêver tandis que d'autres se préparent aux possibles invasions. Mais rien de tout cela ne nous est montré on doit créer nous-même le contexte. Pire encore, il est expliqué que l'esprit humain réagit à une invasion mais cela n'est jamais bien expliqué.

Au final, moins que les personnages, l'intrigue ou l'univers ce qui importe dans ce film est le thème. Qu'est-ce que la réalité ? Comment peut-on différencier le rêve du réel ? Au fur et à mesure, les personnages s'enfoncent dans des rêves élaborés pour cacher leur nature. Bien que rien ne soit réel tout semble être vrai. Il peut donc devenir difficile de revenir au monde alors que l'on risque de tout perdre. Ce thème est implanté dans le personnage de Cobb et lié à un thème bien plus intime : le deuil. En effet, Cobb a perdu sa femme mais ne peut pas la laisser partir. Elle est encore présente dans tous ses rêves et il lui est impossible de la laisser partir. En conclusion, nous avons un film qui utilise une intrigue simple avec des images spectaculaires mais que nous avons, en grande partie, déjà rencontrée pour mettre en place un film à plusieurs niveaux et nous faire questionner sur la nature même de la réalité.

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**** Un beau film. Ce n'est pas un chef d’œuvre mais c'est, assurément, un bon film dont la photographie est maitrisée afin de donner des scènes impressionnantes.
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Image : Allociné

Site officiel

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08:41 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inception | | | |  Facebook

27/12/2016

Vaiana, la Légende du bout du monde / Moana

Il y a très longtemps le monde fut créé. Puis, une déesse ayant le pouvoir de créer la vie remplit les océans et les îles de créatures. Mais son pouvoir était convoité par de nombreux êtres. Il y a très longtemps un demi-dieu vivait sur Terre : Maui. Ce dernier avait une force surhumaine et la capacité de se changer en tous les êtres vivant. Il a utilisé ses dons afin de voler à la déesse ce qui lui permet de créer la vie. Mais, ce faisant, il déclencha un chaos sans mesure. Près de 1000 ans ont passé et les océans sont devenus dangereux. Les humain-e-s se sont repliés sur les îles. Sur l'une d'elles vit une jeune fille, Moana, choisie par l'océan. Lorsqu'elle sera prête elle voguera sur les océans, elle cherchera Maui et le forcera à rendre à la déesse ce qu'il lui a volé. Mais le voyage sera difficile et dangereux !

Ah Disney... C'est souvent un plaisir que d'aller voir un nouveau animé Disney. Cette fois, l'histoire est un peu différente. En effet, nous sommes tous et toutes habitué-e-s aux histoires de princesses, avec des animaux, dont le seul but est de trouver un prince ? Il semble que ceci commence enfin à changer (mais j'attendrais encore un peu avant de crier victoire).

Moana n'est pas une princesse. Du moins, elle ne l'est pas au sens occidental du terme. Ce n'est pas une jeune femme contrôlée par son père en attendant qu'elle marie un héritier qui dirigera le royaume. Moana est la fille d'un chef. À ce titre elle est éduquée à diriger son peuple et à la conseiller. Plusieurs scènes permettent de montrer Moana prendre des décisions pour le bien commun sans l'aide de personne. Ainsi, bien qu'il existe une tension entre ses envies et ce qu'elle doit faire, Moana est tout d'abord une personne de devoir. Face à elle l'intrigue place Maui. Je ne vais pas commencer par critiquer le lien avec les mythes originaux car je ne les connais pas (malheureusement). Maui, contrairement à Moana, est seul. C'est un guerrier et un héros. Bien qu'il ait souvent aidé les humain-e-s il ne le fait pas par devoir ni pour le bien commune mais afin d'être honoré. Ainsi, nous avons deux personnages intéressants. L'une pense à ses devoirs mais agit "égoïstement" en partant sur les océans. L'autre agit pour le bien commun mais pour des raisons égoïstes.

J'ai beaucoup aimé ces deux personnages. Mais j'ai aussi beaucoup apprécié le film en soi. L'histoire est portée par des scènes superbes. Je pense particulièrement à l'océan qui non seulement a l'air conscient mais qui est tout simplement beau. Il semble que beaucoup d'efforts aient été porté sur l'eau. J'apprécie aussi les chansons et surtout la fin du film. L'intrigue, elle, est une quête d'apprentissage. Mais aussi, et surtout, une défense de la nécessité d'explorer et de quitter sa famille pour mieux y revenir plus tard. Bref, un film que j'ai beaucoup aimé.

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***** Un beau film avec des personnages que j'apprécie.

Image : Allociné

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10:20 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vaiana, la légende au bout du monde, moana | | | |  Facebook

20/12/2016

Rogue One: A Star Wars Story

L'Empire a vaincu. La République est morte sous les coups de botte de l'armée, de l'Empereur et de Vador. La résistance est inutile face à la puissance militaire des flottes de l'Empire. Mais, une nouvelle arme est en train d'être conçue. Une arme dont l'origine date d'avant même la guerre des clones. Une arme qui permettrait de créer une paix éternelle par la terreur absolue. Une arme capable de détruire une planète entière. Cependant, son développement a pris du retard. Les autorités s'impatientent et le Directeur Orson Krennic, chargé de la conception de l’Étoile Noir, décide de traquer un génie afin de terminer l'arme. Mais, en faisant cela, il lui permet de contacter l'Alliance Rebelle. Une course contre la montre débute afin de trouver un moyen d'éviter le lancement de la super-arme.

Il y a au moins une chose de certaine, ce premier film chargé de montrer ce qui n'est que mentionné dans les trilogies originales est fortement lié à l'univers starwars aussi bien cinématographique que télévisé. Bien entendu, je n'ai pas aperçu toutes les références. La plupart du temps elles sont assez discrètes pour ne pas casser l'intrigue (une exception est l'arrivée de C3PO et R2D2 qui réussit à casser une scène entière). Les références sont de deux natures. Premièrement, il y a celles qui parlent aux personnes qui connaissent assez l'univers pour les remarquer. C'est, par exemple, réussir à apercevoir le Ghost ou encore les deux mercenaires qui apparaissent dans A new Hope. Le second type permet de faire un lien direct avec la suite de l'histoire. Ces références permettent de développer l'intrigue en direction de l'histoire que l'on connait afin de rester dans une continuité.

Il y a deux thèmes forts dans ce film, et je ne suis de loin pas le seul à les avoir compris. Ce sont l'espoir et le sacrifice. Dans la seconde trilogie, on observait la fin de la République. La première trilogie montrait la fin des Siths. Mais rien, outre l'univers étendu, ne permettait de comprendre de quelle manière on passait d'un point à un autre. Rogue One permet d'expliquer comment l'Alliance fonctionne. Les Rebelles ne sont pas seulement une flotte avec des chasseurs. Ce sont aussi des espions, des assassins et des saboteurs. Et ce film s'intéresse à eux et à leur sacrifice. En effet, de nombreux personnages se sacrifient dans ce film. Ce sacrifice n'est pas seulement celui de la vie mais aussi d'une moralité, d'une humanité, en faveurs d'une cause que l'on pense supérieure. Et ces sacrifices sont liés à une autre émotion : l'espoir. Face à un ennemi d'une puissance inimaginable seul l'espoir permet d'accepter le sacrifice qu'implique la lutte. Et tous les personnages possèdent cette émotion malgré le ton particulièrement sombre du film.

Enfin, Rogue One est servi par des scènes magnifiques. On sent que la réalisation n'a pas voulu seulement créer un film de SF avec de l'action. Elle souhaitait offrir une expérience visuelle qui permet d'insérer le film dans un univers précis. Comme dans l'épisode 7, on observe des décors qui permettent de relier le présent au passé à l'aide de ruines majestueuses. Plusieurs scènes sont conçues pour fournir une émotion. Je pense, par exemple, à l'ombre écrasante du destroyer au-dessus de la ville de Jedha. Il n'y a plus qu'à espérer que les autres films suivent en qualité.

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*****Je suis sorti de la salle les yeux plein d'étoiles.

Image : Éditeur

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10:51 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rogue one, star wars | | | |  Facebook

11/12/2016

Arrival / Premier contact

Le monde vit comme à son habitude. Les tensions internationales continuent, les gens travaillent ou étudient, les chaines d'infos font du direct plutôt que de l'analyse. Bref, tout va bien et une professeure, Louise Banks, se prépare à parler de linguistiques à ses étudiant-e-s. Mais il y a un problème, il n'y a personne dans la salle. Le problème c'est que, depuis moins d'une heure, douze vaisseaux sont apparus sur Terre sur divers points du globe. L'humanité prend peur, les humain-e-s ne comprennent pas ce qui se déroule et, rapidement, c'est la fuite. Louise Banks, elle, est contactée par les militaires. Il y a un problème à résoudre : comment communiquer avec une espèce qui n'a aucuns points communs avec l’humanité ? Et Louise doit trouver la réponse.

Ce film est un film que je n'attendais pas du tout. Je ne connaissais même pas son existence. Et, il y a quelques temps, j'ai soudain vu qu'il sortait en Suisse. Intrigué, j'ai regardé le synopsis puis la bande annonce. Encore plus intrigué, je me suis dit que je ne pouvais pas rater une séance. Puis, j'ai lu ce qu'a fait le réalisateur. Entre autres, il a réalisé Sicario qui reste l'une de mes meilleures expériences au cinéma. Mais Arrival en vaut-il la peine ?

Je ne suis sûrement pas le seul à penser qu'il existe deux messages particuliers dans un film qui parle de deux histoires. La première c'est, bien entendu, l'arrivée des aliens sur Terre. La seconde est bien plus intime. Mais, les deux intrigues sont liées aussi bien thématiquement que "chronologiquement". Dans les deux cas, on parle de communication. En effet, comment l'espèce humaine peut-elle espérer comprendre, et se faire comprendre, par une race alien qui n'a aucuns points communs avec la Terre ? Comment établir une discussion entre deux peuples potentiellement tellement différents que la compréhension mutuelle pourrait être impossible ? Dans le même temps, se pose la question de la communication entre les humain-e-s. En effet, les militaires prennent les choses en main (un classique) et le secret devient une nécessité. Mais n'est-il pas nécessaire de collaborer ? Quels sont les choix fait par les autres nations et comment les comprendre ? Plus intimement, comment communiquer entre deux personnes ? Ainsi, la communication est au centre du film et la réalisation réussit parfaitement bien à mettre en scène tous ses efforts (outre une séquence au milieu du film)

La réalisation semble aussi souhaiter envoyer un message d'espoir. Un message particulièrement difficile à faire entendre dans le contexte actuel de tensions et de craintes. L'armée prend le contrôle, certes, mais il est aussi décider de prendre des mesures scientifiques et de communiquer avec les autres sites en temps réel. Ce film fait l'éloge de la capacité humaine de travailler ensemble en direction d'un but commun malgré les différences. Il annonce aussi que ce travail en commun est nécessaire pour l'avenir de l'espèce tout en étant inévitable. Là encore, plus intimement, le message s'incarne dans l'histoire de Louise Banks qui, durant le film, décide d'accepter son avenir avec ses joies et ses mauvais moments.

Quand on pense film de Science-Fiction on pense souvent à des explosions, des guerres et des termes techniques impossibles à comprendre. Le cinéma crée beaucoup de ces films mais ne prend pas vraiment le sujet au sérieux. Arrival, lui, prend son sujet au sérieux. La réalisation met en place un prémisse et tente de montrer de quelle manière on peut le résoudre. Le film est aidé par des acteurs et actrices dont j'ai trouvé le jeu particulièrement proche d'une possible réalité. La photo est aussi très bien maitrisée. La première vision du vaisseau est superbe. L'architecture intérieure est à la fois inquiétante et étrange aidé en cela par une musique bien conçue. J'apprécie aussi particulièrement les aliens qui sont aussi beaux qu'étranges. En ce qui me concerne, ce film est une réussie à tous les niveaux. Je ne m'attendais pas à la sortie d'Arrival et je suis très heureux qu'elle ait eu lieu.

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*****L'un des films qui fait partie de mon top personnel de l'année.

Image : Allociné

Site officiel

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08:36 Écrit par Hassan dans Film, Politique, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arrival, premier contact | | | |  Facebook

03/12/2016

I, Daniel Blake / Moi, Daniel Blake

Daniel Blake est un ouvrier de 59 ans qui vit à Newcastle. Il a toujours travaillé. Il s'est occupé seul de sa femme, malade. Il a payé ce qu'il devait payer et a toujours évité de demander des aides. Il est l'incarnation de la dignité ouvrière. Alors qu'il se trouve sur un chantier il tombe soudain d'un échafaudage. Les médecins lui expliquent qu'il a fait une crise cardiaque et qu'il faudra un certain temps avant de pouvoir retourner au travail. Durant son incapacité, il reçoit des aides d'invalidité afin de pouvoir continuer à vivre dans son appartement. Cependant, il lui est soudain demandé de remplir un questionnaire pour qu'un décisionnaire examine son éventuelle incapacité au travail. Et le couperet tombe, il est considéré comme capable de travailler et les aides lui sont coupées. Daniel Blake ne comprend pas cette décision et essaie de trouver une porte de sortie. Mais est-ce possible ?

Je ne connais pas particulièrement bien l'état des débats politiques sur les aides sociales an Grande-Bretagne. Mais j'en sais assez pour savoir que, comme ici et ailleurs, elles sont considérées comme couteuses et symptomatique d’une soi-disant culture de l'assistance par des personnes qui fraudent. Récemment, la Grande-Bretagne a lancé un vaste programme de privatisation de l'aide sociale et de "rationalisation" de celle-ci. Les travailleurs/euses sont maintenant en concurrence et doivent être capable de productivité (est-ce seulement possible dans l'aide sociale ?). Alors que les personnes bénéficiaires doivent justifier de leur incapacité. Ce film s'inscrit dans ce contexte.

L'histoire de Daniel Blake et de Katie Morgan est l'histoire de deux personnes qui se heurtent à une administration incompréhensible. Tout au long du film, on nous montre une administration qui suit des normes de rationalisation. On numérise les documents nécessaires, on met en ligne les formulaires et les offres et demandes d'emploi, on "normalise" les compétences dont celles de créer un CV. Le but est de contrôler les personnes et de les punir si besoin est. On observe deux personnages se heurter à ces règles si précises qu'elles en deviennent inhumaines. Durant le film, on a l'impression d'observer une administration absurde face à une aide sociale privée, dans le sens d'organisée par des personnes privées et non au sens d'une privatisation, qui fonctionne humainement au cas par cas. Mais est-ce vraiment absurde ? N'est-ce pas le fonctionnement logique et normal d'une administration conçue pour analyser, contrôler et punir ? En cela, le film se rapproche des études sociologiques de Jean-Marc Weller et de Vincent Dubois (que je lirais un jours).

Je vois un second thème dans ce film. En effet, la réalisation nous présente deux personnes. La première est Daniel Blake, un ouvrier de 59 ans. La seconde est Katie Morgan une jeune ancienne londonienne. Pourquoi le film s'intéresse-t-il à ces deux personnages ? Ne pourrait-il pas mettre en scène qu'une seule personne ? Ce serait, en effet, possible. Aussi bien Katie Morgan que Daniel Blake se heurtent à une administration incompréhensible et à un manque de protection de la part du droit. Honnêtement, le personnage de Katie Morgan pourrait créer un film avec bien plus de Pathos qui se rapproche de la vie de femmes du passé mais aussi d'aujourd'hui. À mon avis, la différence est celle des capacités de la classe ouvrière face à la précarité. Daniel Blake a vécu dans ce monde. Il a de nombreuses connaissances qui n'hésitent pas à l'aider en cas de besoin tout comme il les aide si possible. Il privilégie la rencontre en face à face franche et honnête ce qui est montré par sa recherche d'emploi qui se porte vers les personnes qui habitent et travaillent dans le milieu. Il connait parfaitement les associations capables de fournir de l'aide et, surtout, il a une connaissance des techniques qui permettent de pallier aux manques de tous les jours et aux petits travaux nécessaires dans une maison ou un appartement. Face à lui nous avons une femme, seule avec deux enfants. Katie Morgan est isolée dans tous les sens du terme. Elle a quitté, sans que cela ne soit son choix, son milieu de vie et donc son réseau. Elle ne connait personne ni aucune association ou institution. Elle est, dans tous les sens du terme, démunie. Le film présente un transfert de ces connaissances. Petit à petit, Daniel Blake montre à Katie Morgan comment survivre tout en l'aidant sans rien attendre. D'une certaine manière, j'y ai retrouvé une partie de ce qu'écrit Richard Hoggart dans La culture du pauvre (un livre que je conseille)

Ainsi, nous avons un très bon film qui, sans trop de pathos, essaie simplement de présenter la vie de personnes qui essaient simplement de survivre alors qu'elles sont contrôlées et punies par une administration conçue pour atteindre une "rentabilité" et donc diminuer le nombre de personnes qui peuvent recourir à l'aide sociale. Alors que la rhétorique des fraudeurs et de la "culture de l'assistance" est prégnante dans les médias et le monde politique il est salutaire qu'un film décide d'en prendre le contre-pied pour mieux voir les conséquences de ces discours.

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***** Des acteurs et actrices parfait-e-s, un thème difficile mais maitrisé. Un film que je conseille.

Image : Allociné

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20/11/2016

Les animaux fantastiques / Fantastic beasts and where to find them

J.K. Rowling a écrit un certain nombre de textes annexes à sa saga Harry Potter. L'un d'eux est un dictionnaire censé faire partie des livres de cours de l'école Poudlard. Il est écrit par Newt Scamander. Et pourquoi ne pas en faire un film ? Ou, du moins, écrire une histoire autours de la constitution de ce livre ? Les années 20, l'Europe magique vit dans la peur d'un mage noir nommé Grindelwald. Celui-ci attaque les moldus sans prendre en compte le danger d'exposition que cela implique pour le reste de la communauté. Et soudain, il disparait. De l'autre côté de l'Atlantique New York est la proie de nombreux événements inexpliqués. Ils sont tellement nombreux que la découverte de la communauté magique est imminente tandis que des groupes de haines commencent à se constituer contre les mages. C'est dans ce contexte que Newt débarque avec une valise remplie de créatures mythiques. Malheureusement, ces dernières s'échappent.

Il y a du bon, du moins bon et des opportunités manquées. En ce qui concerne le bon, le film a la bonne idée de nous placer dans un contexte différent. Ce n'est ni la même époque, ni le même lieu ni les mêmes personnages que dans Harry Potter. Bien entendu, on a déjà rencontré Grindelwald mais de manière très indirecte. De plus, le contexte d'un mage noir qui s'attaque aux moldus est connu. Mais il est intéressant de passer d'une école aux rues de New York et d'un enfant à un jeune homme. Les personnages sont assez intéressants. Newt est montré comme jeune et avec assez peu de capacités sociales. Mais ce sont surtout les deux sœurs, Tina et Queenie Goldstein, qui sortent de l'écran. Elles sont drôles, intéressantes et plus que capables. L'image est magnifique. Que ce soient les rues ou les objets magiques voir même les créatures il semble qu'il y ait eu une réelle envie de rendre tout cela réel. J'ai particulièrement aimé l'horloge qui marque le danger que la communauté magique soit découverte. Cependant, on reste dans du classique avec des explosions et une lutte entre le bien et le mal au milieu d'une immense destruction avec une solution magique parce que c'est magique.

Personnellement, je trouve que l'intrigue aurait pu être différente. J'ai l'impression que le film souhaite parler des créatures mais les oublie au profit d'autre chose sans, pour autant, vraiment en parler. J'aurais apprécié voir plus de créatures. Une intrigue qui se dirige vers la sauvegarde des espèces et de la nécessité de vivre avec elles. En fait, il aurait été possible de faire de ce film, et de ses futures suites, une sorte de road movie avec un arrière fond écologique bien pensé. Mais, malheureusement, ce choix semble ne pas avoir été pris en compte.

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*** Un peu de magie est toujours une bonne idée. Mais ça ne suffit pas.
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Image : Allociné

Site officiel

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07/11/2016

Doctor Strange

New-York, la ville des Avengers mais aussi la ville de l'un des neurochirurgiens les plus talentueux du monde. Son talent est aussi impressionnant que son ego et son arrogance. Oui, je parle du docteur Stephen Strange. Mais alors qu'il utilise son natel en conduisant une voiture de sport, dépassant la vitesse autorisée, afin de se rendre à une conférence il est responsable d'un accident. Apparemment, le génie n'implique pas d'être responsable en conduisant. Ses mains sont détruites et donc sa carrière est terminée en l'état. Rien ne semble pouvoir réparer les dégâts dont il est responsable. Strange pourrait bien sombrer dans la folie et le désespoir s'il n'avait pas entendu parler d'une guérison miraculeuse. Celle-ci le conduit à pourchasser une rumeur : Kamar-Taj.

Pour l'instant, le MCU est resté scientifique. Tous les humain-e-s (on attend toujours la première femme à posséder un film la concernant) ont des habilités qui requièrent une explication scientifique. Même Thor est présenté comme le représentant d'une civilisation scientifiquement avancée et non comme l'incarnation d'un mythe. De plus, le MCU a créé un style particulier, efficace, mais qui commence à fatiguer. Heureusement, marvel et disney ont réussi, de temps en temps, à nous surprendre que ce soit avec Guardian of the Galaxy ou Ant-Man. Ce film propose de mettre en avant le côté magique du MCU en se basant sur l'un des personnages les plus puissants de l'univers Marvel : Doctor Strange. Malheureusement, ce personnage est aussi très dangereux, narrativement parlant, du point de vue de l'appropriation culturelle. Et je pense, sans n’être concerné ni expert, que ce film entre entièrement dans le piège sans même le questionner. Je pense en particulier au whitewhasing du Ancient One joué par Tilda Swinton. Mais ce n'est pas le seul aspect et je préfère vous envoyer vers un article du site The Mary Sue qui en parle certainement mieux que je ne le pourrais jamais.

Est-ce que j'ai aimé le film ? Je dirais que oui. Je l'ai trouvé visuellement beau. Bien que cela ne soit pas révolutionnaire après un Inception (que je devrais regarder un jours). J'ai beaucoup aimé les acteurs et actrices. Tilda Swinton est des plus talentueuses comme d'habitude tandis que Cumberbatch (et son torse, et sa voix) est toujours aussi charismatique à l'écran. Les autres personnages sont bien choisis. Mordo est plutôt intéressant et j'espère qu'il sera plus développé à l'avenir. C'est aussi le cas pour le vilain du film dont les motivations sont compréhensibles mais pas assez bien décrites pour qu'on le comprenne réellement. Ce qui en fait un vilain Marvel générique au même titre que tous les autres. Le propos sur la nécessité des règles et la nécessité de savoir quand les briser n'est pas inintéressant mais manque de profondeur. J'ai tout de même été très positivement surpris par la volonté de Strange de ne pas tuer (même s'il échoue). Si je me souviens bien, c'est la première fois qu'un héros marvel l'énonce si clairement. Les autres films montrent des meurtres à foison dans une esthétique qui fait oublier ce que l'on regarde. Outre les scènes d'action, je pense aussi en particulier à l'usage des drones dans Civil War. J'espère que cet aspect sera concrétisé et plus important à l'avenir.

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**** Pas aussi bon que je ne le pensais mais plutôt beau. Et il y a Tilda Swinton. Et il y a Cumberbatch.
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Image : Site officiel

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09:10 Écrit par Hassan dans Comics, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doctor strange, marvel, mcu | | | |  Facebook

31/10/2016

Storks / Cigognes et Cie

Depuis des temps immémoriaux les cigognes ont livré les bébés à des parents en attente. Mais c'est un travail difficile aussi bien physiquement que moralement. Car les bébés sont des êtres fragiles. Lorsque l'une des cigognes perd pied il est décidé d'abandonner la livraison de bébé. À la place, les cigognes décident de livrer des paquets en partenariat avec Amazon ! Euh... non... c'est autre chose mais définitivement pas Amazon car ce serait probablement violer plusieurs lois. Bref, tout va bien. Les profits sont en hausses. Les humain-e-s sont ravie-s. Et l'une des cigognes, Junior, est particulièrement heureuse. Car c'est bientôt son tour de devenir le boss des livraisons. Mais il reste un obstacle : une humaine et le bébé qu'elle a créé.

Que penser de ce film ? Est-il d'un niveau capable de se faire apprécier aussi bien des parents, des adolescents et des enfants ? Est-ce une horreur du même type que les Minions (un film à oublier) ? Ou quelque chose qui se trouve entre les deux ? À mon avis, c'est plutôt un film moyen. Les blagues peuvent être assez drôles mais elles sont aussi souvent très exagérées ou utilisées trop souvent (l'exemple parfait étant les loups). Les différentes piques sur la vie de parents sont loin d'être mauvaises. J'ai plus de mal avec les personnages humain-e-s qui me semblent moins drôles et plus classique. On découvre un couple coincé dans le travail et un jeune enfant qui semble ne jamais se rendre à l'école. Je pense aussi que le film souffre de ne pas suivre un thème précis. Il est, souvent, très facile. Et, parfois, je me suis demandé quel est l'intérêt de celui-ci.

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** Mouais... bof.
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Image : Site officiel

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18:16 Écrit par Hassan dans Enfant, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : storks, cigognes et cie | | | |  Facebook

15/10/2016

Captain Fantastic

Dans les montagnes des États-Unis, au sein d'une magnifique forêt, un jeune homme se cache dans les buissons. Il se prépare à chasser. Ce jeune homme fait partie d'une famille de six enfants. Leur père et leur mère pensent que le monde extérieur est inadéquat. Illes ont donc décidé de vivre dans la nature et d'enseigner à leurs enfants. Le monde de cette famille est partagé entre la chasse, l'entrainement et l'apprentissage à l'aide de livres parfois très avancés. Ce qui importe n'est pas d'apprendre par cœur mais de forger une opinion argumentée. Mais ce petit monde vole en éclats lorsque leur mère se suicide après des mois de thérapie. Malgré le danger et l'étrangeté la famille décide de se rendre au Nouveau-Mexique pour l'enterrement. Ce départ est l'occasion de mettre en question ce qui semble connu et ce qui semble juste.

Je vois deux thèmes dans ce film. Le premier est celui de l'éducation. Les enfants sont éduqués librement dans une forêt. Leurs cours se divisent en plusieurs phases. Il y a tout d'abord les cours de survie. C'est l'occasion de savoir comment vivre dans la nature sans rien. D'être capable de se soigner et de chasser. Il y a des cours physiques qui permettent d'avoir un corps en pleine forme. Et des cours de cultures. Ceux-ci sont réglés par le père et permettent de s'intéresser à des thèmes parfois très avancés tel que la théorie M. Il est intéressant que la parole du père, et des livres, ne sont pas évangiles. Les enfants sont encouragés à poser des questions et à expliquer les thèmes avec leurs propres mots. Face à cela nous avons, dans une scène, des enfants qui connaissent l'école. Eux sont incapables de répondre aux questions et de penser seuls. J'ai tendance à y voir une tension entre une éducation qui prend en compte les capacités de réflexions des enfants et l'éducation scolaire, standardisée, qui tente d'inculquer une certaine somme de connaissances spécifiques et mesurable par des notes avant d'exercer la réflexion.

Un second thème pourrait être la parentalité. En effet, les deux parents essaient d'offrir ce qu'illes pensent adéquat pour leurs enfants. Pour cela plusieurs règles sont mises en place. Celles-ci concernent la manière de parler, de se comporter, d'obéir et d'aider. Ces règles concernent aussi l'attitude des parents. À plusieurs reprises, on observe le père répondre très franchement à ses enfants sur des questions difficiles. Certaines personnes pourraient penser que ces enfants ne sont pas capables de comprendre les concepts impliqués. D'autres pourraient penser que les thèmes sont inadéquats pour des enfants. Personnellement, je suis plutôt en faveurs de répondre franchement et précisément aux questions afin d'éviter qu'un sujet devienne tabou ou incompris. Mais c'est mon avis personnel. On observe aussi une personne qui pense prendre les bons choix les remettre en cause. Face à un monde différent ses méthodes semblent dangereuses voir abusives. Et nous commençons à nous demander si cet homme est si sympathique que cela. Il se pose cette même question et ses enfants aussi. La réalisation permet donc de se faire sa propre opinion face à des moments qui sont, parfois, dangereux.

Au final, Captain Fantastic est un beau film avec un Viggo Mortensen en forme. On nous offre une histoire triste mais qui réussit à relier des moments d'émotions à des moments d'humour. Personne ne nous dit ce qui est bien ou mal. La réalisation nous laisse décider seul ce que l'on pense tout en confrontant cette famille à d'autres familles et à la société. La fin est particulièrement belle et réussie. Personnellement, je le conseille.

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***** Viggo Mortensens possède une magnifique barbe !

Image : Site officiel

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10:57 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : captain fantastic | | | |  Facebook

08/10/2016

Hell or High Water / Comancheria

Les USA, le Texas, un matin. Il fait déjà chaud alors que le soleil se trouve bas sur l'horizon. La ville est silencieuse. Il n'y a personne dans les rues poussiéreuses. Les pipelines sont aussi nombreux que les avis de fermeture des entreprises et les avis de saisie des maisons. Une femme se rend à son travail dans une petite banque locale qui a l'air d'être construire en préfabriqué. Mais aujourd'hui n'est pas un matin comme les autres. Ce matin deux hommes l'attendent, armés, et lui demandent de vider les caisses. C'est le début d'une suite d'attaques de banques dans les petites villes du Texas. Les deux hommes qui en sont coupables savent ce qu'ils veulent, savent combien de temps il leur reste et ne cherchent pas à être plus intelligent que les banques. Ils ne prennent que ce qui est nécessaire. Pour les arrêter on leur envoie deux rangers aux trousses. L'un d'eux est presque à la retraite et c'est probablement sa dernière affaire.

Je ne savais pas trop ce que je souhaitais voir cette semaine. Je suis assez sceptique face au dernier Tim Burton (bien entendu je peux me tromper). Je n'avais pas envie d'aller voir le dernier film français non plus. Et soudain je suis tombé sur la bande annonce de Hell or High Water / Comancheria. On y voyait deux hommes attaquer des banques suivis par un ranger d'un certain âge. L'ambiance dégagée par la bande annonce m'a tout de suite attiré. Et celle-ci fonctionne aussi durant le film. On suit des hommes qui vivent dans un univers poussiéreux et délabré. Il y a de vieilles maisons, des villes mortes, des restaurants sans clients, ... Il y fait chaud et le désespoir est partout. Nous avons vraiment l'impression de tomber dans un monde sans avenir dans lequel la pauvreté et le désespoir sont une fatalité qu'il est impossible de vaincre.

Dans ce film on nous offre quatre personnes. Elles sont toutes différentes sans être forcément bien caractérisées. C'est, probablement, l'un des rares points faibles du film. Les personnages ne sont pas toujours bien écrits. Ces quatre personnes ont des envies et des buts légèrement différents. Le premier aime voler, il aime l'impression que lui donne le vol et la fuite. Le second est méthodique. Il sait ce qu'il veut et pourquoi. Son but n'est pas de continuer ad æternam mais d'atteindre un certain point pour un but précis. Face à eux il y a deux rangers. L'un est un jeune peu développé. Le second est un vieux ranger qui aime la chasse et qui incarne l'esprit du Texas. Et tout ce petit monde parle et joue dans un décor magnifique avec la crise économique en toile de fond. Ce qui donne l'impression que, sans excuser les vols, attaquer des banques est en partie justifié car celles-ci détruisent familles, avenir et villes dans leur envie de faire des bénéfices. Bref, un film que j'ai beaucoup apprécié. Un film qui dose très bien ses scènes. Il est lent mais sans tirer sur la longueur. Les scènes d'actions sont strictement nécessaires et ont de réelles conséquences. Un film que j'aurais tendance à conseiller.

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***** Une belle ambiance sans moralité inutile.

Image : Allociné

Site officiel

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09:48 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : comancheria | | | |  Facebook

01/10/2016

Kubo and the two strings / Kubo et l'armure magique

Kubo et l'armure magique parle du jeune Kubo. Il vit avec sa mère dans une grotte. Son père est le grand Hanzo, un samouraï reconnu et héroïque. Durant la journée il récolte de l'argent en racontant des histoires à l'aide de ses origamis. Il est un très bon conteur mais ses histoires se terminent rarement au grand malheur des habitant-e-s du village. Mais la nuit il doit retourner dans sa grotte selon les vœux de sa mère. Car son grand-père et ses tantes maternelles font tout pour le retrouver. Illes ont tué son père et Kubo a perdu son œil à cause d'elleux. Sa famille maternelle souhaite lui prendre son second œil. Et justement, un soir il est retrouvé. Son seul espoir est de se mettre en quête de l'armure magique afin de pouvoir se défendre. Il est aidé par un singe et un scarabée tous deux chargés de sa protection.

J'ai énormément aimé ce film ! Il est beau, il est poétique, il est bien écrit et bien mis en scène avec une musique d'ambiance magnifique ! Bien entendu, nous avons les contenus classiques des quêtes : un ou plusieurs dangers que le jeune garçon doit vaincre, des compagnons et compagnes ainsi que de la magie. Cette dernière est superbement mise en scène et je me suis souvent pris à attendre quel serait le prochain tour de Kubo et de ses papiers. Bien entendu, certaines révélations sont en fait faciles à voir venir. Je ne dirais pas lesquelles ici pour ne pas gâcher la surprise.

Le film est aussi un mélange réussit entre l'horreur, l'humour et la tristesse. Dès le début on sent que l'on ne se trouve pas dans un film avec une fin parfaitement heureuse. De nombreux événements le confirment ensuite. C'est aussi un film avec plusieurs scènes particulièrement flippantes. L'une des plus réussies est la venue des tantes pour la première fois dans la vie de Kubo. Mais c'est aussi un film drôle et léger qui réussit souvent à faire rire sur des moments bêtes et pourtant normaux. Enfin, j'ai adoré la conclusion du film. Elle était inattendue mais, à mon avis, parfaitement adéquate. Bref, n'hésitez pas à aller voir ce petit bijou !

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***** Un film magnifique. L'un de mes préférés pour 2016

Image : Allociné

Site officiel

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10:37 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

24/09/2016

Juste la fin du monde

Louis a quitté sa famille il y a 12 ans. Il a maintenant 34 ans et il souhaite revoir tout le monde. Et cela tombe bien car un diner en famille est en voie de préparation. C'est l'occasion de revoir son frère devenu un ouvrier. Marié à une femme discrète mais apparemment gentille. Et surtout des enfants. C'est l'occasion de revoir sa mère qui a déménagé dans une nouvelle maison en abandonnant l'ancienne. Mais aussi c'est l'occasion de revoir sa sœur dont il n'a presque aucun souvenir. 12 ans sans ne donner presqu'aucune nouvelles et maintenant il vient pour tout un après-midi. Les relations ne sont pas au beau fixe. Et cela pourrait bien déraper. Car Louis a une annonce à faire. Il va partir, définitivement. Car Louis est mourant.

Le dernier Xavier Dolan a un thème clair et précis : le temps qui passe avant de mourir. Bien entendu, le personnage principal est mourant. Mais c'est surtout l'intrigue qui joue sur le thème. Quelqu'un revient après 12 ans. Donc les personnes, les lieux, etc. ont changé. C'est ainsi que le film joue beaucoup sur la nostalgie de Louis qui semble souhaiter revoir une dernière fois les lieux et personnes importantes de sa vie à la grande incompréhension de tout le monde. Le thème de la mort est tout aussi mis en scène. Que ce soit par les dialogues ou le décor. D'ailleurs, la dernière scène du film, en ce qui concerne ce thème, est sublime.

Il me semble que le film essaie aussi de créer une division. Celle-ci se forme entre un homme, gay, qui semble vivre dans une grande ville culturelle. C'est un homme de l'écrit connu partout. On ne nous donne pas beaucoup d'informations mais sa manière d'être et de parler semblent nous diriger vers un intellectuel. Face à lui il y a une famille qui semble plus populaire. Qui devait être très pauvre durant l'enfance de Louis. Bien que ce dernier ait changé d'identité ce n'est pas le cas de la famille. Il est calme alors qu'elle est bruyante et vulgaire. Il choisit ses mots et pas sa famille. Le contraste est au maximum avec son frère, Antoine, qui semble incapable de comprendre les mots de Louis.

Bien que le film soit plutôt maitrisé sur ces deux points j'ai tout de même ressenti quelques problèmes. Je ne reconnais pas cette famille qui semble tirée vers l'absurde au point de ne pas sembler réaliste. Je ne comprends pas les conflits qui semblent très forts. Mais surtout, certains dialogues semblent trop écrits, trop récités, pour donner l'impression d'une conversation durant un repas.

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**** À la fois beau, maitrisé et artificiel à causes de dialogues trop écrits.
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Image : Allociné

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14:19 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juste la fin du monde | | | |  Facebook

16/09/2016

Un juif pour l'exemple

En Suisse, en 1942, dans la ville de Payerne il y a eu un meurtre. Arthur Bloch fut tué par un petit groupe local pronazi lié à la Ligue Vaudoise. Le crime a ému la ville car il fut particulièrement atroce. Mais il fut aussi oublié. Du moins jusqu'à ce que, en 2009, l'écrivain Jacques Chessex creuse un peu et écrive un roman. Le roman fut suivi par l'enquête d'un journaliste. D'un seul coup, Payerne revenait au centre des médias suisses mais pas de la manière la plus appréciée. Pourquoi cet écrivain décide-t-il de révéler cette pénible affaire ? Le film est basé sur ce livre. Il nous montre de quelle manière les différents personnages se sont rencontrés jusqu'au moment du meurtre et de l'arrestation des coupables.

Je n'ai pas aimé. J'ai beaucoup de mal avec Chessex. Je n'aime pas son style. Je n'aime pas ses livres. Je n'aime pas l'adaptation de son roman pour plein de raisons. Oui, la réalisation a voulu en faire un message un peu plus proche de notre époque. On observe des requérants d'asiles refoulés. Les discours anti-migrants sont les même que ceux que l'on entend tous les soirs. Le film même est modernisé afin de donner cette impression d'être proche de nous. Mais je n'ai pas aimé. Je n'aime pas la manière de filmer. Une manière que je trouve parfois inutilement voyeuriste. Je n'aime pas que l'histoire soit constellé d'anachronismes qui brouillent la compréhension de l'époque. Pire encore, je n'aime pas la manière dont les coupables sont dépeints. Outre le commanditaire ancien homme d'église il y a le petit - dans tous les sens du terme - entrepreneur local qui veut juste se sentir homme, une brute et deux imbéciles. C'est une explication simpliste. Je n'aime pas.

* J'ai détesté. Le sujet aurait mérité autre chose.
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Image : Site officiel

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18:32 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : un juif pour l'exemple | | | |  Facebook

Eye in the sky

De nos jours, une organisation terroriste frappe des cibles civiles dans le monde entier et prend le contrôle du Kenya. Ils sont puissants, organisés et ils recrutent de tous les côtés dont des occidentaux et occidentales. L'une de ces recrues est une anglaise du nom de Caroline Danford. Elle est traquée par l'armée britannique depuis 5 ans. Un jour, elle est retrouvée. Plusieurs pays - le Kenya, les USA et l'Angleterre - préparent une opération afin de la capturer. Mais les événements ne se déroulent pas comme prévu et la mission doit changer si elle doit rester un succès au prix de centaine de vies. Rien ne semble pouvoir arrêter l'opération si ce n'est une petite fille et son cerceau.

Ce film est très bon. Il l'est à plusieurs niveaux. Les acteurs et actrices sont magnifiques. Illes réussissent à incarner parfaitement les personnages. La manière de filmer est tout aussi réussie. Dès le début, ou presque, on nous plonge dans une ambiance oppressante dont on ne sort qu'après le générique. Enfin, le film aurait pu faire des drones des jouets cools comme dans Captain America Civil War ou encore en faire un usage facile : soit condamner soit encourager leur usage. La réalisation a la bonne idée de placer son sujet à un niveau différent. Les personnes qui regardent le film ont la possibilité de se faire leur propre idée.

On pourrait penser que ce film place plusieurs thèmes en opposition. L'un de ceux-ci pourrait être la vie contre la mort. En effet, le lieu qui risque d'être attaqué est un lieu de vie. Des personnes marchent. Il y a un marché juste à côté. Des maisons abritent des familles et surtout un dont on observe la vie quotidienne. Face à cela une bonne partie des soldats et des décideurs se trouvent dans des lieux sans vies. Mis à part les agents kenyan-e-s les autres se trouvent dans des bunkers. Que ce soit la colonelle britannique qui vit dans un environnement gris ou les américains qui sont entourés d'écrans. Même les agents civils ne font qu'observer en buvant le thé. Ce sont donc des personnes qui sont en dehors de la vie qui décident de tuer, ou non, des personnes qui se trouvent en plus centre d'un lieu de vie.

Un second thème est celui de l'efficacité militaire contre les problèmes politiques. Les militaires, dans ce film, sont très efficaces. Une cible est identifiée, une frappe est préparée et une estimation des morts est établie. C'est à la fois impressionnant et apeurant. Les militaires sont prêts et illes exigent des décisions claires et rapides. Face à elleux nous avons les membres du monde civil : politiciens et juristes. Contrairement aux militaires ce sont des personnes qui cherchent à justifier une décision. Ainsi, illes se renvoient la balle, cherche des confirmations et tentent de se contacter mutuellement. Plusieurs scènes du film montrent des politiciens contactés aux pires moments possibles alors que leur avis est nécessaire pour prendre une décision.

Le film pose aussi, et surtout, la question de l'éthique dans les frappes par drones. Comment peut-on justifier une frappe à distance, en buvant du thé, qui pourrait tuer une petite fille innocente ? Quels sont les arguments qui pourraient permettre de justifier cette possibilité ? Alors que certaines personnes parlent de la valeur des personnes ciblées et des morts qui résulteraient du refus d'agir d'autres s'inquiètent des effets politiques et de la propagande. Comment le pays pourrait-il accepter le sacrifice d'une jeune fille pour tuer trois personnes ? Comment les terroristes pourraient utiliser cette frappe pour recruter encore plus de monde ? Bref, on ne se trouve pas face à une question facile. Les spectateurs et spectatrices doivent se faire leur propre idée face à plusieurs informations et une horloge qui tourne.

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***** Un très bon film. Très bien joué par des acteurs et actrices parfaites. Un sujet difficile et bien traité. Je le conseille.

Image : Site officiel

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09:37 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : eye in the sky | | | |  Facebook

24/08/2016

Star Trek Beyond / Star Trek Sans Limites

James T Kirk a réussi à devenir capitaine sur un défi puis il a vaincu Kahn. À présent, il vit son rôle comme une forme de routine incompréhensibles alors que sa mission de cinq ans est arrivée à sa troisième année. Son vaisseau fonctionne toujours aussi bien avec un très bon équipage alors que l'Entreprise essaie de créer des contacts diplomatiques et d'explorer un univers sans fins. Lors d'une brève escale sur la nouvelle base de la Fédération des Planètes Unies on lui confie la mission de retrouver et secourir un équipage d'un vaisseau écrasé sur une planète à l'intérieur d'une nébuleuse dont le territoire est inconnu. Mais ce qui devait être une mission de routine se transforme en catastrophe. Seul, sans vaisseau ni équipage, Kirk doit trouver le moyen d'alerter la Fédération qu'un ennemi est apparu.

Le premier film du reboot de Star Trek était peu intéressant (une manière polie de dire chiant à mourir). Le second film partait sur de bonnes idées mais n'osait pas aller jusqu'au bout de ce qui était promis. Heureusement, il avait un "méchant" magnifique incarné par Benedict Cumberbatch. Ce troisième film était donc attendu au tournant. Allait-il continuer vers la médiocrité ou créer un renouveau ? Alors que le second donnait l'impression de trahir la mission de Starfleet par une forme de militarisation ce dernier film reprend les bases : la mission est avant tout l'exploration pacifique et la diplomatie. Bien que cela aurait pu déboucher sur de nombreux objets inutiles la réalisation permet d'éviter cet écueil. Au contraire, tout, dans ce Star Trek, est utile. Même une vidéo dans le fond aura une conséquence sur l'intrigue. Ce qui donne l'impression d'une intrigue bien ficelée et sans accrocs.

Quel est le propos du film ? Comme son prédécesseur Star Trek Beyond décide de s'attaquer au fonctionnement de la Fédération même. Avec Kahn on avait un ennemi qui défendait son équipage contre un haut gradé meurtrier (spoiler alert). Dans ce film ce qui est remis en question c'est le fondement philosophique même de la Fédération. Celle-ci est constituée sur une idée forte : l'union pacifique et l'acceptation des différences est une force. Face à cette philosophie les scénaristes placent une personne qui pense que seul le combat, la lutte, permet aux différents êtres sentients de devenir forts. Nous avons donc deux philosophies opposées qui luttent à mort. Ainsi, Kirk, et la Fédération, travaille avec de nombreuses personnes envers lesquelles il est loyal. Son équipage est constitué de plusieurs races et nations et chacun-e peut choisir son comportement. Face à lui, nous avons une force de combat unique, monolithique constituée de nombreux vaisseaux mais sans réelle autonomie face aux décisions d'un chef. Ainsi, le film réussit à défendre son propos pacifiste et exploratoire face à un guerrier.

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**** Un film que j'ai apprécié et qui semble revenir aux idées du matériel original.
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Image : Allociné

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09:33 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : star trek, beyond, sans limites | | | |  Facebook

12/08/2016

Ghostbusters

Ghostbusters 2016 a libéré les passions. Lorsque certaines personnes ont appris que le cast serait entièrement féminin des hommes enragés se sont jetés toutes griffes dehors sur le film, le trailer, le cast afin de bien faire comprendre qu'ils n'étaient pas d'accord. Ghostbuster est probablement le film qui a été le plus haï avant même sa sortie en salle et ce pour une seule raison : un seul homme dans le casting et c'est un personnage secondaire stéréotypé. Au lieu d'un blockbuster d'été le film est devenu le représentant de la réussite, ou non, des histoires qui mettent en avant des personnages féminins. Un échec impliquerait la fin de ce genre de films pour longtemps. Donc Ghostbuster se doit d'être parfait à tous points de vue. Ce qu'il n'est clairement pas et ce qu'il ne devrait pas être.

Nous sommes en 2016. Une scientifique des particules, Erin, est sur le point d'être titularisée après des années de travail et de politique universitaire (ce qui implique de lécher les pompes de pas mal de monde ainsi qu'un CV parfait). Mais un ancien livre ressort de l'oubli dans lequel il devrait se trouver. Il y a longtemps, Erin a coécrit avec une collègue, Abby, un ouvrage qui théorise l'existence des fantômes. Alors qu'elle essaie de le faire retirer de la vente en parlant avec son ancienne amie elle est témoin de l'arrivée d'un fantôme et sa réaction se retrouve sur youtube. Sa carrière était détruite elle décide de relancer les idées d'études du paranormal qu'elle avait avec Abby. Les deux amies sont secondées par une brillante ingénieure, Jillian ainsi que Patty et leur secrétaire Kevin. Tandis que leur petite entreprise commence à se faire connaitre les apparitions se multiplient. Se pourrait-il qu'il se passe quelque chose d’important ?

Ghostbuster mérite-t-il la campagne haineuse qui l'a accompagné ainsi que son casting ? Clairement non ! À mon avis, c'est un film très réussi pour le but qu'il souhaite atteindre : faire rire. L'humour est omniprésent. Il est rare de ne pas avoir une scène sans deux voire trois situations humoristiques. Chris Hemsworth est particulièrement à l'aise dans son rôle. Les quatre actrices sont tout aussi bien jouées et on sent une magnifique alchimie entre elles. Tout le monde a dû bien s'amuser durant le tournage et avoir beaucoup apprécié celui-ci et ça se sent. Les acteurs et actrices s'apprécient et sont heureux/euses d'être là. L'intrigue est basique et se base sur les autres ghostbusters il n'y a donc pas beaucoup de surprises. Mais c'est efficace. Je déplore tout de même quelques scènes un peu longues ou découpées de manière étrange. On a parfois l'impression de louper quelque chose sans raisons. Globalement, c'est un film que j'ai beaucoup apprécié et qui m'a beaucoup fait rire.

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**** Parfait ? Non. Réussi ? Oui
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Image : Site officiel

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09:59 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ghostbusters | | | |  Facebook

07/08/2016

Suicide Squad

Suite à Man of Steel le monde a changé. Un héros s'était élevé afin de protéger l'humanité. Suite à Batman V Superman le monde a changé à nouveau car un héros est mort pour sauver l'humanité. Mais le monde continue et les métas-humain-e-s sont toujours présent-e-s dans le monde. Certain-e-s sont des allié-e-s mais que se passe-t-il si certain-e-s décident de se retourner contre l'humanité afin de l’asservir ? C'est la question importante que pose Amanda Waller au gouvernement américain. Elle propose de former une équipe secrète composée des pires personnages du monde. Illes se trouvent dans une prison secrète en plein milieu de la Floride (mais une prison annoncée par des panneaux de 3 mètres de large). Ce sont des assassins, des métas-humains particulièrement puissants ou encore des mutations. Et illes doivent être contrôlé-e-s rapidement car une menace apparait.

Je vais le dire immédiatement : je n'ai pas aimé ce film. Il est mauvais, mal monté, l'intrigue est mauvaise, les effets spéciaux sont risibles, les personnages sont mal écrits et ce n'est même pas drôle. La bande annonce nous promettait un film coloré et drôle qui tente de faire quelque chose de la même veine que Kickass ou encore Kingsman. Si j'ai bien compris, la première version du film était bien plus sombre en adéquation avec le travail du réalisateur. Mais les critiques contre Batman V Superman et les retours de la bande annonce de Suicide Squad ont effrayé les studios qui ont décidé de prendre des décisions drastiques. Ce film semble donc être un cas d'école des problèmes qui se posent lorsqu'un studio et un réalisateur ne sont pas d'accord mais que le réalisateur n'a pas la capacité de résister aux pressions. Je ne sais pas ce qui serait sorti dans le cas contraire mais cette panique de la Warner a contribué à créer un second gros échec après Batman V Superman. Ainsi, on se trouve face à un film que l'on a reconstruit artificiellement afin de recréer des moments humoristiques. Ces ajouts donnent l'impression de se trouver devant un film qui oscille entre humour et atmosphère sombre sans jamais choisir. L'effet est très mauvais.

Deux autres problèmes sont liés : les effets spéciaux et l'intrigue. L'intrigue est construite en étape et donne l'impression de se retrouver dans un jeu vidéo. On commence par l'introduction qui nous présente les personnages (les classes à choisir), on continue avec une mission pour apprendre à user des contrôles du jeu, on part ensuite dans un lieu construit précisément pour le jeu dans lequel nous devons contrôler des personnages afin d'atteindre des objectifs précis. Nous sommes accompagnés par des PNJs tout en subissant l'assaut de plusieurs vagues d'ennemis jusqu'à atteindre le demi-boss puis le boss de fin. Tout est construit comme un jeu. Les effets spéciaux n'aident pas. Ils sont assez mauvais et souvent ridicule. En ce qui concerne l'ennemi principal du film j'ai eu l'impression de me retrouver face à un démon du désir de la série Dragon Age.

Un dernier point négatif concerne la caractérisation des personnages. On ne connait bien que deux d'entre-elleux. Les autres sont là et réagissent parce que.... Eh bien on ne sait pas mais ils font des trucs pour des raisons liées à leur passé inconnu. Que ce soit Amanda Waller qui est brutale parce qu'elle... qu'elle peut ? Ou les méchant-e-s qui sont méchant-e-s parce qu'on a été méchant-e avec elleux ? En fait les personnages sont plus ou moins vides sauf pour deux : le papa qui veut trouver l'amour de sa fille et Harley Quinn. Et je suis furieux du traitement qu'elle a subi. Harley Quinn est inventée par Paul Dini pour la série animée Batman. C'est une psychiatre intelligente qui tombe amoureuse du Joker. Cette version est très mauvaise. Harley Quinn est très sexualisée par la réalisation. Que ce soient ses répliques, ses vêtements ou les plans tout est fait pour que l'on admire ses fesses le plus possible. En fait, il me semble même que ses vêtements raccourcissent au fil du film. Le pire est sa relation avec le Joker (extrêmement mal joué par Jared Leto). Depuis la série animée il est clair que c'est une relation abusive. Harley est amoureuse mais le Joker ne la voit que comme un prix, un jouet avec lequel il peut s'amuser puis maltraiter. Il existe de nombreuses façons de mettre en valeur cette relation tout en donnant un rôle important à Harley Quinn. Le film décide de jouer sur une simple relation romantique en oubliant totalement l'histoire des personnages. En fait, le seul point positif du film est d'ajouter de la profondeur au DC Universe en expliquant de nombreuses choses mais comme personne ne voudra se souvenir de Suicide Squad c'est un coup dans l'eau.

* Non, juste non !
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09:12 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suicide squad, dc | | | |  Facebook

30/07/2016

Now you see me 2 / Insaisissables 2

Il y a 18 mois les Horsemen (et une women) avaient, à chaque spectacle, dévalisé plusieurs institutions et personnes. Après leur dernier coup illes avaient rencontrés le représentant de l'Œil puis ont vécu cachés. Mais les Horsemen ont besoin d'être vu. Illes ne veulent pas se cacher. Illes veulent être au centre du spectacle. Et ça tombe bien car l'Œil a une mission pour elleux. Une corporation va lancer un nouveau produit. Mais celui-ci va servir à récolter puis vendre les informations personnelles de tout le monde. Le but des Horsemen est de piéger cette corporation à son propre jeu. Le problème c'est que ce spectacle est un piège. Mais qui pourrait vouloir s'attaque à elleux de cette manière ? Et surtout, comment survivre aux prochains jours ?

Les personnes qui ont vu le premier film le savent le but n'est pas de réfléchir à un sujet mais faire du grand spectacle. Le premier film nous montrait un groupe réussir des choses extraordinaires puis tenter d'expliquer comment cela a pu être possible. Derrière une histoire de robins des bois nous avions aussi une vengeance personnelle et les problèmes de continuités étaient résolus par magie. Ce second film est dans la même veine. Malgré un thème précis, la vie privée, on ne fait que nous montrer du spectacle. Même lorsque les événements semblent imprévus on nous montre des personnes très talentueuses capables de créer des spectacles en deux minutes. Bien que le thème ne soit jamais véritablement utilisé le film comble quelques trous dans l'intrigue du précèdent. On en apprend plus sur l'Œil, les personnages et ses ennemis. Ceux-ci ne sont pas trop mal joués mais je déplore des répliques parfois ridicules.

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*** Du spectacle, un peu moins bon que le premier film, et rien de plus.
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Image : Site officiel

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09:20 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : now you see me, insaisissable | | | |  Facebook

29/07/2016

Race / La couleur de la victoire

Cette semaine est sorti un biopic sur Jesse Owens. Le film débute alors que Jesse Owens est accepté à l'université de l'Ohio durant les années 30. Il est, semble-t-il, le premier étudiant de sa famille dans un contexte économique difficile. Bien qu'il soit heureux d'étudier il sait que son véritable but est de courir. Le coach de l'équipe de course de l'université, Larry Snyder, a entendu parler de lui et compte bien tester ses capacités mais aussi travailler à l'améliorer. Alors que Jesse Owens multiplie les victoires et les records le reste des USA se tend autours d'un débat difficile : Faut-il boycotter les JO de 1936 à Berlin ? Le comité olympique des USA envoie un observateur afin de vérifier les informations qui se propagent et permettre un vote sur la question.

Je suis toujours sceptique face aux biopics. Et ce film en exemplifie la raison. Le problème des biopics, et des biographies, est le risque de tomber dans la reconstitution d'un destin implacable. On oublie les problèmes, les choix, les rencontres et les incertitudes. Tout dans la vie d'une personne mène à un destin inoubliable, historique, impossible à éviter. Cet aspect problématique des biopics semble même revendiqué dans ce film qui, à plusieurs reprises, annonce que le destin de Jesse Owens est de courir, de gagner et d'être le meilleur athlète du monde. Face à ce "destin exceptionnel" plusieurs tentations et obstacles sont mis en avant. La plus importante des tentations est une femme. Alors qu'Owens est fiancé il sort avec cette autre femme ce qui lui pose un certain nombre de problèmes personnels. Le second obstacle est la ségrégation. Sa ville, son université, les stades, ... tout est envahi de racisme et Owens doit apprendre à faire abstraction afin de pouvoir se concentrer sur sa course.

Ce qui nous mène au troisième obstacle : La politique. Toutes personnes qui s'intéresse à l'actualité politique et à ses effets sur le sport sait que le CIO, ainsi que d'autres fédérations internationales, défendent l'idée que sport et politique sont deux sphères totalement séparées. Cette idée permet de défendre l'organisation d'événements sportifs dans des lieux ou des contextes troublés. Bien que l'on puisse être d'accord sur l'idée que le sport et la politique ne sont pas identiques on ne peut que déplorer que cela débouche sur l'impression, fausse, que le sport n'a aucun effet politique. Il faut garder cela à l'esprit quand on regarder ce film. En effet, il montre une tension entre d'une part des personnes qui défendent un idéal politique et des personnes qui refusent de penser politiquement. On sait qui a gagné et ceci a permis à l'Allemagne de 1936 d'organiser une propagande massive en faveurs du régime nazi.

On y trouve le point faible du film. La réalisation tente, apparemment, de faire le lien entre le racisme des USA et celui de l'Allemagne. Bien que les USA ne soit pas l'Allemagne hitlérienne il existe un racisme profondément ancré avec une ségrégation forte. Mais celle-ci est à peine montrée. On a l'impression que le racisme se traduit par une simple nécessité d'avoir des sièges, dortoirs et entrées séparées. Face à cela, l'Allemagne est montrée comme plus tolérante. Il est vrai que les diplomates allemands ont fait des efforts pour éviter de donner mauvaises impressions. Mais le film échoue à montrer de quelle manière la propagande allemande fonctionnait. Leni Riefenstahl est montrée comme une productrice qui veut simplement faire les meilleures images des jeux possibles. Mais son travail était bien plus important et bien plus intégré à la propagande. Bref, du point de vue politique le film échoue.

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**** Un bon film avec de bon-ne-s acteurs et actrices mais un sujet politique simplifié à l'extrême comme s'il fallait éviter de heurter des personnes.
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Image : Allociné

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