11/10/2018

Johnny English Strikes Again

Le MI7 est la victime d'une attaque d'ampleur inégalée. Un pirate a trouvé le moyen d'entrer dans la base de données des renseignements britanniques et de rendre public l'identité des agent-e-s du MI7. Cette catastrophe a des conséquences incalculables alors que le Royaume Uni s'apprête à organiser une rencontre entre les pays les plus riches de la planète. Personne ne peut enquêter car il n'y a plus aucun agent-e-s. La Première ministre ordonne de faire revenir les membres du MI7 qui se trouvent à la retraite. Cela implique Johnny English, actuellement enseignant de géographie dans une petite école privée. Lorsqu'on lui demande de revenir il s'exécute avec le plus grand plaisir.

SPOILER

Ce troisième film s'intéresse à un thème très actuel : la place de la gouvernance par l'informatique dans nos vies. Bien que l'intrigue débute par une série s'attaque informatique contre les infrastructures britanniques et européennes, on comprend rapidement que le but du méchant est de prendre le contrôle des informations créées par les états et leur population. Selon son argumentation, ces données permettent de créer des algorithmes capables d'éviter les plus gros problèmes actuels : des bouchons aux problèmes de santé. Bien entendu, il n'explique pas immédiatement que cela implique une destruction de la démocratie telle qu'on la connait et un gouvernement par une élite capable de comprendre les algorithmes. Cette démission des élites politiques traditionnelles s'explique par leur incapacité à comprendre les enjeux de l'informatique. Ce point est incarné par la Première ministre qui se contente de signer tout ce qu'elle trouve si cela lui permet de gagner quelques points grâce à la proximité du jeune et beau méchant.

Ce film pourrait donc être assez intéressant. À travers l'humour il pourrait dénoncer la fascination ignorante envers les nouvelles technologies et les miracles que celles-ci pourraient permettre pour notre société, sans jamais penser aux conséquences. La réalisation s'amuse du décalage entre le jeune, beau et intelligent méchant qui use de tout ce qui est neuf, comme les imprimantes 3D, et Johnny English incapable d'utiliser un IPad, de comprendre la réalité virtuelle et qui décide de rouler dans une vieille voiture plutôt qu'une hybride remplie d'aides à la conduite. À certains moments, Johnny English incarne même le passé en se retrouvant dans un costume traditionnel ou en armure. Malheureusement, l'humour me semble très forcé. Plutôt que de laisser les situations parler par elles-mêmes la réalisation explicite toujours, au travers des dialogues, ce qui va se dérouler. Pire encore, l'humour ressemble plus à une série de sketch collés artificiellement ensemble pour construire un film d'une longueur acceptable. Ce qui aurait pu devenir un film intéressant échoue donc largement.

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*** Parfois c'est drôle
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Image : IMDB

Site officiel

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10:23 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : johnny english strikes again | | | |  Facebook

08/10/2018

The good place 1

Il existe un certain nombre de séries qui prennent une position humoristique sur la mort. On peut penser à Dead Like Me qui profite de la mort pour parler de la vie ou encore Pushing Daisies au style si coloré. The Good Place, qui m'a été conseillé, se déroule après la mort. Lorsque l'on meurt les activités que l'on a eu sur Terre sont dénombrées selon qu'elles soient positives ou négatives. Le résultat permet de classer les personnes soit dans le Mauvais Endroit soit dans le Bon Endroit. Ce dernier est un lieu très exclusif réservé aux meilleures personnes ayant été vivantes. Eleanor Shellstrop vient tout juste de mourir. Elle se réveille dans une salle d'attente dans laquelle on lui annonce qu'elle est acceptée dans le Bon Endroit. Le problème c'est qu'Elenaor est loin d'être une bonne personne.

SPOILER

Les séries humoristiques qui fonctionnent réellement sont rares. Même s'il existe de nombreuses productions dans ce genre leur humour est souvent fainéant, mal écrit et peut rapidement devenir une honte secrète pour les personnes qui les regardent. Je compte sur les doigts d'une seule main les séries qui restent drôles après plusieurs années et sur de nombreuses saisons, malgré quelques longueurs de temps en temps. Leurs points communs sont de prendre au sérieux l'humour et les cibles des blagues. On rit avec les personnages et non pas des personnes. Lorsque ces personnages se comportement mal l'écriture permet de comprendre que c'est le cas. The Good Place est dans cette veine. Les situations dans lesquelles se trouvent Eleanor sont drôle parce que son comportement est déplacé, ce qui est montré et jugé comme tel.

Ce qui rend cette série particulièrement bien écrite concerne aussi son message. Au lieu de se contenter de parler de la mort par le rire la production décide de parler de philosophie. Pour cela, outre Janet et Michael qui sont des êtres éternels, on nous offre 4 personnages. Tahani est une membre de la haute société anglo-saxonne qui a lancé de nombreuses organisations de charité tout en accomplissant un haut degré d'éducation. Chidi est un chercheur spécialisé en philosophie de l'éthique. Jason est un DJ trafiquant de drogue. Et Eleanor est une personne égocentrique incapable du moindre acte de gentillesse. Le personnage de Chidi permet à la production de nous parler d'éthique par les grands philosophes, résumés rapidement. Ensuite, Eleanor se retrouve dans une situation qui implique l'usage de ce qu'elle a appris ou de ce que Chidi explique. Je me souviens particulièrement bien d'un dilemme éthique qui concerne la possibilité de tuer une personne si cela permet de sauver la vie d'une autre personne. La série ne nous offre pas de réponse mais complexifie la question en offrant de nouvelles informations au fur et à mesure de l'épisode. Ce type de scène me permet de considérer que cette série est probablement l'une des mieux écrites du moment et qu'elle mérite d'être largement connue.

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***** Probablement l'une des meilleures séries actuellement en cours. Ne me lisez pas, regardez la série.

Image : Site officiel

the good place

14:29 Écrit par Hassan dans série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the good place | | | |  Facebook

06/10/2018

The expanse 1

L'humanité, un futur proche, a réussi à créer un moteur qui donne la possibilité de coloniser le système solaire. Depuis, la Terre s'est unie autours des Nations Unis et a colonisé la Lune. Des dômes ont été montés sur Mars qui est devenu une nation militariste indépendante qui n'a qu'un seul but : créer un monde habitable. Les deux planètes vivent dans une paix militaire relative et prennent le contrôle de la ceinture d'astéroïde, habitée par les Belters depuis plusieurs générations. Celleux-ci ce sont liés au sein d'une confédération qualifiée de terroriste aussi bien par la Terre que par Mars. Tout fonctionne dans un équilibre instable qui pourrait bien être mis à mal alors que deux vaisseaux disparaissent soudainement. La réponse à leur destruction est-elle aussi simple qu'elle parait ?

SPOILERS

Depuis Battlestar Galactica je n'ai pas trouvé de série SF ayant lieu principalement dans l'espace qui prenne au sérieux son univers. Battlestar Galactica créait une technologie et un univers politique pour ensuite montrer de quelle manière les humain-e-s interagissent à l'intérieur. Cette série prend très au sérieux son univers et en particulier sa technologie. Tout y est à la fois familier et très avancé. Ainsi, le fonctionnement de cet univers est compréhensible tout en ne jouant pas sur la magie de la science pour expliquer les réussites ou les échecs des personnages. Lorsque la gravité disparait les personnages utilisent des bottes magnétiques. Les vaisseaux doivent être réparés à la main, ce qui est sale. La défense passe par des balles physiques et non des boucliers énergétiques.

Cette première saison doit aussi nous permettre de comprendre le statu quo politique de cet univers grâce au point de vue de plusieurs personnages. Ainsi, on comprend que Mars est une grande puissance militaire et une société créée en vue d'atteindre un but spécifique. La Ceinture est contrôlée par les deux planètes mais elle est aussi déstabilisée par une alliance syndicale qui pourrait se transformer en mouvement nationaliste. Ce point de vue nous est fourni par Miller, enquêteur au profit d'une corporation sur un astéroïde contrôlé par la Terre. Enfin, le point de vue de la Terre est offert par une membre importante de son administration. Elle est décrite comme une personne sans pitié connaissant parfaitement le jeu politique et l'état stratégique du système solaire. Cet équilibre est brisé par un joueur inconnu dont l'identité n'est que très progressivement dévoilé par un équipage naufragé et ses tentatives de survivre. Bien entendu, ceci n'est qu'un résumé très rapide d'une série riche aussi bien au point de vue de l'écriture que de l'image, qui est magnifique. Je ne regrette pas d'avoir essayé de la regarder et je vais faire mon possible pour rattraper mon retard.

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***** Une première saison qui démarre très fort. Elle utilise à son avantage les dix épisodes qui lui sont offerts pour débuter une intrigue et un univers complexe.

Image : Site officiel

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18:10 Écrit par Hassan dans science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the expanse, syfy | | | |  Facebook

Supergirl 3

Supergirl a vaincu les terroristes de Cadmus. Mais elle a été obligée d'accepter leur aide afin d'empêcher l'invasion des Daxamites, le peuple de Mon-El. Malheureusement, la seule manière de vaincre durablement les Daxamites a été de polluer l'atmosphère terrestre au plomb, empêchant Mon-El de continuer à vivre sur Terre. Depuis, Kara Danvers met en cause l'existence de son alter-ego humaine. Au lieu de souffrir des pertes difficiles et de devoir travailler dans le cadre civil ne serait-il pas plus logique de devenir Supergirl à plein temps ? D'oublier son identité humaine et de devenir l'un des êtres les plus puissants de la Terre sans prendre le temps de connaitre les gens et de se lier à d'autres personnes ? Cela pourrait-il lui permettre de survivre à la nouvelle menace qui se réveille sur Terre ?

SPOILERS

La première saison de Supergirl était moyenne mais résolument positive. Dès la seconde saison, la CW prend la série en main et décide d'en faire une série anti-trump. L'intrigue concernait la migration et la nécessité d’accueillir les personnes dans le besoin afin de les aider à vivre et à offrir leurs richesses au monde. La CW allait jusqu'à créer une femme présidente issue de l'immigration alien qui débute son arrivée sur les écrans en légalisant toutes les personnes migrantes qui vivaient auparavant en cachette. Cette troisième saison continue sur cette lancée en créant un personnage masculin : Morgan Edge. Cet homme est décrit comme un être puissant, riche, blanc, qui veut prendre le contrôle de la ville à la suite des destructions de l'invasion daxamite. Il déteste Léna Luthor ainsi que Supergirl et fait tout ce qu'il peut pour les détruire ou les enfermer. La réalisation de la série va jusqu'à créer une manifestation, contrôlée par Edge, qui chante "lock her up" devant les locaux de Luthor. Le parallèle ne pourrait pas être plus clair.

Malheureusement, cet homme disparait assez rapidement pour laisser la place au véritable propos de cette saison. Quelle est la différence entre la divinité et l'humanité. Kara, en tant que Supergirl, approche la divinité avec un nombre restreint de points faibles. Tandis que Kara humaine souffre régulièrement de la perte d'ami-e-s et d'amants. Pendant la première partie de la saison, elle choisit de donner plus d'importance à son côté divin, Supergirl, avant de comprendre que son humanité lui donne bien plus de chance de gagner. En effet, Supergirl, lorsqu'elle combat des êtres de sa puissance, est montrée comme froide et détachée. C'est son humanité qui lui donne l'occasion de ressentir de la compassion et de l'amour. Cette dichotomie est incarnée par les Tueuses de mondes qui sont des êtres artificiels créés par Kryptons. Leur humanité est combattue voire abandonnée afin de laisser place à une grande puissance mais aussi à l'absence total d'empathie. La fin de la saison donne aussi la possibilité d'une confrontation entre Kara et Lena Luthor. Bien que le développement de leur relation soit logique j’espère que nous n'aurons pas un développement débouchant sur un combat entre les deux femmes.

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*** J'ai un peu moins apprécié cette saison, plus intimiste et moins politique, mais je garde mon intérêt pour les personnages et les intrigues.
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Image : IMDB

supergirl,cw

09:25 Écrit par Hassan dans science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : supergirl, cw | | | |  Facebook

L'ile aux cannibales. 1933, une déportation-abandon en Sibérie par Nicolas Werth

Titre : L'ile aux cannibales. 1933, une déportation-abandon en Sibérie
Auteur : Nicolas Werth
Éditeur : Perrin 2006
Pages : 204

Nicolas Werth est connu pour être un spécialiste de l'URSS et l'un des auteurs du Livre noir du communisme (que je n'ai pas lu). Dans ce petit ouvrage il s'intéresse à l'ile de Nazino, en Sibérie. Selon des témoignages oraux, la petite ile inhospitalière fut le théâtre d'actes inhumains suivi de la mort de nombreuses personnes au point qu'une commission d'enquête fut mise en place peu de temps après les événements. Mais moins que cette petite histoire c'est le processus global de déportation que souhaite comprendre l'auteur en partant de l’arrivée : l'ile de Nazino.

L'auteur divise son travail en 5 chapitres qui permettent de mieux comprendre la raison des déportations. Le premier chapitre dévoile le plan derrière ces déportations. Loin d'être de simples actes de destruction le but est double. Premièrement, il semble nécessaire aux autorités communistes de vider la campagne et les villes d'éléments considérés comme dangereux, en particulier les Koulaks mais aussi les anciens membres de l'état tsaristes. En second lieu, cette déportation doit être un moyen de prendre le contrôle de territoire peu habités et d'en faire des lieux productifs par le travail des déportés.

Cependant, le troisième chapitre montre les difficultés de la mise en place de ce plan. En effet, une population importante est destinée à la déportation. Mais comment les déporter, qui déporter et surtout qu'en faire à l’arrivée ? L'auteur démontre que les autorités policières suivent les ordres de la manière la plus large possible. Les personnes déportées peuvent aussi bien être des criminel-le-s que de simples passants qui allaient au marché sans leur passeport ou encore des membres éminents du partis. Les décisions sont rapides, sans recours et les déporté-e-s ne sont pas écouté-e-s. Pire encore, les villes et villages chargés d’accueillir cette population ne sont pas préparés. Les autorités ne savent pas forcément quel type de population va arriver, leur nombre et ne possède pas les ressources en hommes nécessaires pour la surveillance. L'auteur montre aussi les difficultés d'approvisionnement pour vêtir et nourrir les déporté-e-s.

Ceci débouche sur l'échec total de la déportation à Nazino. L'auteur nous explique que les autorités locales ne savent pas combien de personnes vont arriver ni leur profil. Au lieu de paysans endurcis capables de travailler la terre ce sont des citadins. Celleux-ci ont été largement dépouillé par les éléments criminels de la déportation et peuvent arriver peu vêtu-e-s, voire nu-e-s, affamé si ce n'est déjà mort. Alors que les infrastructures de transit sont remplies il est difficile de transférer la population, par manque de bateaux. Les populations qui se retrouvent en Sibérie ne savent pas construire de logements ni cultiver. Rapidement, la famine s'installe et des actes de cannibalisme ont lieu. Ce contexte n'est pas aidé par des gardes qui n'hésitent pas à profiter de la situation pour devenir un peu plus riche ou qui font actes de cruauté contre les personnes déportées.

Partant d'une histoire précise, qui a donné lieu à une enquête officielle, l'auteur essaie de nous faire comprendre le fonctionnement des déportations : de la décision policière à la mise en place des infrastructures. Ce qu'il nous montre est un acte administratif qui ne prend pas en compte la situation réelle et qui est rapidement dépassée par les décisions personnelles des autorités locales et de la police. Par cet exemple, l'auteur essaie de nous faire comprendre le fonctionnement global d'une politique qui débouche sur des centaines de milliers de morts dans un contexte de famine pour les populations paysannes de l'URSS. Sans pouvoir juger de la place de ce livre dans l'historiographie, n'étant pas un spécialiste de l'URSS, je peux tout de même considérer ce livre comme intéressant pour comprendre le fonctionnement de l'état communiste en Russie sous Staline.

Image : Éditeur

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30/09/2018

Noumenon par Marina J. Lostetter

Titre : Noumenon
Autrice : Marina J. Lostetter
Éditeur : Harper Collins 8 janvier 2017
Pages : 432

2088, un astrophysicien du nom de Reggie Straifer découvre une anomalie autours d'une lointaine étoile. Il a de la chance car, pour la première fois, la Terre est à la fois en paix, unie et capable d'envoyer des vaisseaux pour des voyages interstellaires. Le monde décide de créer plusieurs groupes de vaisseaux pour des missions qui prendraient 200 ans pour l'équipage mais près de 2000 ans en ce qui concerne la Terre. Tout doit être minutieusement préparé tout en permettant assez de souplesse pour s'adapter aux problèmes inattendus. La mission mise en place par Straifer est la seule à offrir la possibilité de découvrir une intelligence extraterrestre, même si celle-ci est minime. L'équipage est constitué en conséquence et la mission prend le nom de Noumenon.

SPOILERS

Il y a longtemps que je n'avais pas ressenti autant de plaisir face à un livre de SF. L'intrigue est simple : il y a un objet étrange quelque part dans l'espace pourquoi ne pas envoyer une équipe l'étudier. C'est le début de beaucoup de livres de SF prenant place dans l'espace. Ce livre prend le soin de s'intéresser largement au fonctionnement de la mission et à la manière dont les vaisseaux et l'équipage sont conçus afin de survivre pour plusieurs siècles. L'autrice offre aussi un sens du merveilleux. Elle donne l'espoir d'observer, à travers ses pages, l'humanité choisir de partir dans l'espace pour la simple envie de mieux comprendre l'univers. Au fur et à mesure que le vaisseau se rapproche de sa destination je me suis pris à ressentir l'anticipation, les craintes et les souhaits de l'équipage. J'ai eu l'impression de vivre leur étonnement car l'autrice a pris soin de rendre les personnages uniques malgré la construction du roman en plusieurs fenêtres lors d'épisodes précis du voyage.

J'apprécie aussi énormément l'intérêt premier de l'autrice. Elle n'essaie pas de trop expliquer le fonctionnement du vaisseau ni de l'objet, ce n'est pas un roman de Hard Science. Elle s'intéresse bien plus aux individus mais aussi à la société dans son ensemble. Chacune des fenêtres prend le point de vue d'une personne précise qui possède un rôle précis, dépendant de son héritage génétique en vue de créer une société stable. Le fonctionnement de cette société est explicité par les impressions de ces personnages qui commentent les changements nécessaires ou souhaités mais aussi les problèmes. Petit à petit, l'autrice nous montre une société changer, s'adapter, selon les besoins du moment. Lostetter n'oublie pas la Terre qui disparait rapidement pour ne réapparaitre que tardivement. Les changements sont un choc aussi bien pour la personne qui lit le roman que pour les membres de l'équipage. Un choc à la mesure du temps passé et des changements économiques, sociologiques, politiques mais aussi technologiques. Les idées de l'autrice sont à la fois intéressantes, logique dans le cadre de son roman et profondément déprimantes.

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***** L'un des meilleurs romans de SF lu cette année. Je me réjouis de lire sa suite, déjà sortie sous le titre de Noumenon Infinity.

Image : Éditeur

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29/09/2018

L'Opposition à l'avortement : du lobby au commando par Fiammetta Venner

Titre : L'Opposition à l'avortement : du lobby au commando
Autrice : Fiammetta Venner
Éditeur : Berg International 1 janvier 1995
Pages : 197

Le droit à l'avortement est récent et encore difficile à atteindre dans certains pays occidentaux. Il est régulièrement remis en question par des groupes religieux traditionalistes. L'autrice de ce livre a décidé d'étudier l'étendue et le fonctionnement de ces groupes. Elle le fait dans quatre chapitres tout en ajoutant un appendice particulièrement important. Ce dernier, qui n'est pas à jours, regroupe les noms des associations, les actions commandos et les actions en justice jusqu'à l'année 1995.

Le premier chapitre permet à l'autrice de faire un historique de l'accès au droit à l'avortement, et aux luttes contre, pour la France du XXème siècle. Ce sont des informations connues et l'autrice ne s'y attarde pas trop, bien qu'il soit dommage qu'elle ne se soit pas intéressée à une autre histoire que celle de la France ce qui aurait pu être intéressant pour mieux comprendre les liens internationaux mis en place contre le droit à l'avortement.

Le second chapitre entre dans le sujet en examinant le fonctionnement des associations qui luttent contre le droit à l'avortement. L'autrice démontre qu'il existe trois formes d'actions précises par des associations différentes. Cependant, elle explique que les personnes peuvent être membres de plusieurs associations et que plusieurs types d'actions peuvent fonctionnement ensemble. La première action concerne le lobbyisme. Les militant-e-s contactent médecins et politicien-ne-s afin de soumettre des informations sur l'avortement et pousser à refuser ces actes et la continuité de leur légalité. Bien que l'action de lobbyisme ait permis de créer des groupes politiques et médicaux en accord avec les personnes contre l'avortement celles-ci peuvent être vues comme frustrantes par des militant-e-s. Un second type d'action peut être utilisé afin de s'attaquer directement aux femmes qui souhaitent avorter. L'action peut consister soit en une information avec des pressions soit en un harcèlement à l'aide d'insultes et de lecture des dossiers médicaux. Un troisième type d'action sont les commandos qui consistent en la destruction de biens matériels afin d'empêcher tout acte médical d'avortement.

Le troisième chapitre s'intéresse à l'idéologie et identifie trois sources. La première est le fondamentalisme religieux basé sur une lecture traditionnelle de la bible et de la société. Dans cette optique, la place des femmes est à la maison afin de s'occuper du ménage et de créer des enfants à la chaine. Les hommes ont un rôle extérieur, au travail. En ce qui concerne le contrôle du corps, celui-ci est pensé comme fondamentalement anti-chrétien car il implique de "voler" à la divinité sa propriété. Ainsi, toutes les recherches et actes médicaux sont refusés au nom de la religion. Une seconde source est la relativisation du génocide des Juifs. En effet, les avortements sont considérés comme un génocide en cours avec bien plus de victimes. Pire encore, les Juifs, comme groupe, sont considérés comme les coupables de cet acte et donc auraient exagérés leurs souffrances. Enfin, il existe des groupes féministes dit de droites qui militent en faveurs du retour aux valeurs féminines : la maternité. Elles considèrent qu'il existe une complémentarité des sexes basées sur une différence fondamentale entre hommes et femmes.

Enfin, le quatrième chapitre s'intéresse aux soutiens. L'autrice démontre que les antiavortements français bénéficient de milieux provenant des États-Unis qui fournissent des informations, des enseignants, des méthodes mais aussi des films et articles vendus directement traduits en français. Ces milieux sont aussi largement soutenus par l'église catholique, jusqu'à la papauté. Les évêques n'hésitent pas à soutenir des actions non-violentes comme violentes tout en fournissant matériel et lieux de réunions. Enfin, les milieux d'extrême-droite soutiennent aussi ces militant-e-s. Ici, l'autrice examine la France, la Belgique et l'Allemagne et essaie de démontrer les liens avec des groupes parfois très proche du nazisme.

Ce livre est ancien, 1995. Il a été écrit alors que le droit à l'avortement était encore pénalisé en Suisse (celui-ci a été dépénalisé en 2002 par la solution des délais). Il s'intéresse spécifiquement à la France et débute une analyse du fonctionnement de ces groupes sur le minitel. De nombreuses informations, liste des groupes et d'actions en justice, devraient être remises à jours tandis que l'Internet est totalement absent de l'analyse de l'autrice, celui-ci n'étant pas aussi important qu'aujourd'hui. Cependant, l'autrice nous donne de nombreuses informations intéressantes. Le fonctionnement des actions des antiavortements, par exemple, me paraît être toujours d'actualité et pourrait permettre une action politique dans le but de protéger les femmes victimes de leur harcèlement ainsi que le personnel hospitalier.

Image : Amazon

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28/09/2018

Prez 1. Corndog-in-chief par Mark Russell, Ben Caldwell et Mark Morales

Titre : Prez 1. Corndog-in-chief
Auteurs : Mark Russell, Ben Caldwell et Mark Morales
Éditeur : DC 9 février 2016
Pages : 144

Ce volume contient Prez 1-6 et DC sneak peek : Prez 1. Prez est une jeune femme de 19 ans. Elle vit aux États-Unis en 2036. Le monde a beaucoup changé. Les ressources naturelles sont de moins en moins nombreuses. Plusieurs pays ont disparu à cause du réchauffement climatique. Mais les États-Unis restent la grande puissance qui fait la guerre dans plusieurs pays afin de sauvegarder ses intérêts. Cependant, la présidence est organisée par des corporations aux richesses de plus en plus importantes. Dans ce contexte les candidats officiels ne sont pas élus à la présidence. Mais Prez devient la présidente après avoir été filmée lors d'un accident dans un fast-food.

SPOILERS

Je suis honnêtement surpris que ce comics ait été édité par DC. Il est en dehors de leur ligne éditoriale habituelle. Il n'y a pas de super-héros qui usent de leurs pouvoirs pour défendre la loi. Il n'y a qu'une jeune femme pauvre qui se retrouve impliquée dans d'énormes problèmes sans y être préparée mais qui essaie de faire au mieux avec le peu d'aide qu'elle reçoit. Malheureusement, la série a été annulée avant d'atteindre sa conclusion et nous ne connaitrons jamais la fin de l'intrigue bien qu'elle me semble plutôt intéressante.

Ce comics est très riche. Il s'attaque frontalement aux problèmes de la politique des États-Unis de 2016. Le pays attaque d'autres nations au travers de robots pilotés par des jeunes se croyant dans des deux vidéos. La candidature est décidée selon un système de vote par les réseaux sociaux et non selon les propositions. Mais ce qui rend ce comics si pertinent c'est sa capacité à se moquer tout en dénonçant et ceci aussi bien en écrivant précisément ce qui se déroule ou simplement par le dessin. Ainsi, en parcourant les pages de ce volume on apprend que l'aide alimentaire n'est proposée que si les personnes qui en ont besoin acceptent d'être utilisés comme support de publicités. Les réfugié-e-s climatiques sont parqués dans des zoos humains. Et les débats ne sont pas de confrontations d'idées mais l'occasion de noyer l'adversaire sous des arguments fallacieux afin de gagner le support du public pour des lois dangereuses.

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***** un OVNI qui n'hésite pas à s'attaquer frontalement à notre époque et aux politicien-ne-s.

Image : Éditeur

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La Prophétie de l'horloge / The house with a clock

Lewis, 10 ans, a récemment perdu ses deux parents. Il rejoint sa seule famille : son oncle Jonathan. Celui-ci vit dans une petite ville dans un immense manoir rempli de livres et d'horloges. Il organise fréquemment des soirées poker avec sa voisine, Florence. Bien que les deux adultes s'insultent mutuellement illes s'apprécient beaucoup et aiment passer du temps ensemble. Selon Jonathan, il n'y a aucune règle dans cette maison. Lewis essaie de passer outre la mort de ses parents tout en cherchant l'amitié dans sa nouvelle école. Être un peu étrange n'aide pas. Vivre dans la maison hantée de la ville rend la chose encore plus difficile. Bien que Lewis rie de l'idée que son manoir soit hanté il se rend rapidement compte qu'il s'y passe des choses étranges. Les meubles bougent, les peintures se modifient et le bruit d'une horloge résonne à travers les murs tandis que son oncle parcoure les couloirs du manoir la nuit tombée.

SPOILERS

Une chose au moins est réussie dans ce film : le sens du merveilleux face à la découverte de la magie par un jeune enfant de 10 ans. Dès que Lewis rencontre son oncle on comprend que cet enfant est surpris. Il est intimidé par le manoir. Il a peur des petits bruits durant la nuit, des craquements du plancher. Et il est émerveillé par la magie même s’il ne la comprend pas. Il est naturel que Lewis ne souhaite qu'une chose : apprendre à devenir magicien. Un souhait qui implique de longues études mais qui ne nécessite pas de dons (coucou l'élitisme d'Harry Potter). Ce merveilleux est aidé par une maison mise en scène comme un lieu étrange, dangereux mais aussi beau. La maison est un personnage à part entière avec ses bons côtés mais aussi sa part d'ombre. Elle aide les habitant-e-s mais elle peut aussi combattre si nécessaire ou si l'ordre lui est donné par son possesseur original.

Bien que la mise en scène soit réussie, les effets spéciaux sont plutôt convaincants, et que l'intrigue soit simpliste mai efficace le film n'est pas aidé par l'humour de Jack Black. Même si j'ai apprécié les piques que se lancent Jonathan et Florence, celle-ci est montrée comme une sorcière bien plus compétente que Jonathan, le reste de l'humour n'est pas très élaboré. À plusieurs reprises, le lion de la maison est montré faisant ses besoins en dehors de sa litière. Une bonne partie des scènes de fin est passée à combattre du vomi de courges. Et je ne parle pas du bébé Jonathan dont le seul acte est de se faire pipi dessus. J'aurais apprécié quelque chose d'un peu plus construit.

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*** De jolies images mais un humour douteux.
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Image : Allociné

Site officiel

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27/09/2018

Midnighter 1. Out par Steve Orlando, Aco, Stephen Mooney, Alec Morgan et Romulo Fajardo JR

Titre : Midnighter 1. Out
Auteurs : Steve Orlando, Aco, Stephen Mooney, Alec Morgan et Romulo Fajardo JR
Éditeur : DC 23 février 2016
Pages : 144

Ce volume 1 contient Midnighter 1-7. Le Midnighter n'a pas de passé. Il ne sait pas d'où il provient ni qu'elle est son histoire. Il ne sait que peu de choses. Il est amoureux d'Appolo. Il aime se battre. Il a été construit pour vaincre par la Jardinière. Son plaisir le plus important provient de ses combats contre des brutes qui s'attaquent aux personnes innocentes. Mais sa vie va devenir bien plus compliquée lorsqu'il apprend que la Jardinière a été cambriolée par une personne capable de la vaincre ainsi que les défenses de son domaine. Des technologies dangereuses sont maintenant à la disposition de tout le monde. Il n'en faut pas plus pour que le Midnighter décide d'user de ses poings.

SPOILERS

J'avais entendu parler du personnage et je voulais mieux le connaitre en lisant Midnighter and Appolo. Ce fut une histoire que j'ai appréciée mais elle est la suite de deux volumes de la série Midnighter. J'ai donc décidé de les lire. Celle-ci commence alors que le couple s'est brisé par l'incapacité de Midnighter de savoir comment ne pas se battre et la colère d'Appolo face aux horreurs subies par Midnighter. Les numéros sont divisés entre les combats et les rendez-vous avec des hommes. Le scénariste est très clair, ce sont en grande partie des coups d'un soir, sauf un seul personnage. Le scénariste n'hésite pas non plus à montrer la sexualité de Midnighter, que ce soit par des préservatifs ou en entrant dans la chambre de son personnage. La série refuse de s'excuser de parler d'un personnage gay et c'est une très bonne chose.

Bien que l'intrigue principale concerne le vol de technologie par quelqu'un d'inconnu et l'enquête menée par Midnighter cela ne me semble pas être le plus important dans cette série, même si cette intrigue permet de créer des pages plutôt violentes en accord avec le fonctionnement du personnage. La question principale, j'ai l'impression, concerne la possibilité pour Midnighter de vivre une vie de couple plus ou moins normale sans connaitre son passé et tout en luttant contre des criminel-le-s. Que les scènes de combats soient coupées par des scènes prenant place dans sa vie de couple et quelques scènes du passé doit probablement être voulu, afin de montrer ses problèmes mais aussi de quelle manière il tente de résoudre sa vie.

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**** Violent, montre clairement que son personnage a une sexualité, je ne mettrais pas ce comics dans toutes les mains mais il est suffisamment différent de la ligne éditoriale classique de DC pour être intéressant.
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Image : Éditeur

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26/09/2018

Qui a peur de la mort (Who fears death) par Nnedi Okorafor

Titre : Qui a peur de la mort (Who fears death)
Autrice : Nnedi Okorafor
Éditeur : Actu SF octobre 2017
Pages : 552
CW : Viols, esclavage, excision, génocide

Qui a peur de la mort, de l'autrice Nnedi Okorafor, commence à être de plus en plus connu. Le roman est un succès, des lecteurs et lectrices en parlent de plus en plus et l'histoire pourrait être adaptée sur HBO, sous l'égide de George R. R. Martin. J'ai découvert ce roman à la suite de ce large intérêt et j'avoue que j'en attendais beaucoup à la suite des critiques très positives que j'ai lu.

Qui a peur de la mort est le nom de l'héroïne du roman, Onyesonwu. Onysonwu est une jeune fille née dans le désert après que sa mère ait fui les horreurs de la guerre et de son passé. Onyesonwu est une fille du viol entre sa mère, une Okeke à la peau noire, et un homme Nuru, un homme à la peau claire. Ceci fait d'Onyesonwu une Ewu soit une paria dans les deux peuples car on les considère comme maléfiques. Mais Onyesonwu n'est pas une simple jeune femme. Elle est capable de sorcellerie et elle souhaite être entrainée à tous prix afin de se défende contre les maléfices de son père génétique. Cependant, la tradition interdit d'enseigner la sorcellerie aux femmes.

SPOILERS

Ce roman est sombre. Il n'hésite pas à s'intéresser à des horreurs et à les décrire précisément tout en explicitant leur but. Ainsi, c'est la première fois que je lis une scène d'excision, la signification du rituel dans ce roman mais aussi son but : protéger les jeunes femmes en empêchant la sexualité. Bien entendu, l'autrice dénonce ce but en demandant pour quelle raison ce sont les jeunes femmes qui doivent faire un effort et non les hommes. L'autrice décrit aussi très précisément, dès la page 30, le viol dont Najeeba, la mère d'Onyesonwu, fut victime. Là aussi, l'autrice utilise cet acte pour parler du viol comme arme de guerre. Elle explique que les hommes Nurus usent du viol afin de détruire les Okekes par le sang. Une destruction qui atteint aussi la société puisque les enfants de ces actes sont des parias car considérés comme maléfiques.

Ce roman est sombre dans un autre contexte : la mort y est omniprésente. Dès la première page, le père adoptif d'Onyesonwu meurt malgré les efforts de sa fille. Ce n'est que la première perte qu'elle subit. Le roman est rempli de ces pertes qui construisent la vie d'Onyesonwu, elle-même sait exactement de quelle manière elle va mourir. Ce rythme de morts donne l'impression que l'autrice considère que la vie est formée de celles-ci. Nous partons avec des ami-e-s, de la famille, et celleux-ci disparaissent petit à petit. Cependant, Onyesonwu est une femme qui refuse la mort. Son but est de survivre puis de trouver un moyen de vivre comme toutes les autres personnes. Ce n'est pas selon sa volonté qu'elle devient une sorcière puissante et crainte mais parce que ses actes sont nécessaires pour permettre au monde de changer, si possible dans une direction plus favorable.

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**** L'une de mes meilleures lectures cette année. L'écriture est très fluide mais les événements peuvent être difficiles à lire.
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Image : Éditeur

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21/09/2018

Runaways 1. Find your way home par Rainbow Rowell, Kris Anka et Matthew Wilson

Titre : Runaways 1. Find your way home
Auteur-e-s : Rainbow Rowell, Kris Anka et Matthew Wilson
Éditeur : Marvel comics 1 mai 2018
Pages : 136

Ce volume 1 contient Runaways (2017) 1-6. Les Runaways sont quelques adolescent-e-s dont les parents sont des criminels. Après l'avoir appris illes ont décidé de fuir puis de combattre leurs parents et de réparer le mal fait à la ville de Los Angeles. Avec le temps, ils ont connu plusieurs pertes mais aussi des ajouts, le fils d'Ultron par exemple. Du point de vue des éditions la série a connu son heure de gloire sous Brian K. Vaughan, avant de perdre en qualité par suite de la volonté de lier ce groupe aux événements Civil War et Secret Invasion. Pour se terminer sous un nouveau scénariste considéré largement comme ayant détruit la série pour de bon. Cette nouvelle série se déroule quelques années plus tard. Chacun des membres des Runaways est parti faire son chemin. Mais Chase a décidé de retourner dans le passé afin de tenter de sauver Gert en la ramenant dans le présent, une époque dans laquelle Nico pourrait sauver son ancienne amie.

SPOILERS

J'attendais beaucoup de cette nouvelle série, tout en était surpris de son retour. Ma première lecture de Runaways reste un très bon souvenir. Derrière une intrigue plutôt simple se cache une écriture efficace avec des choix pertinents, par exemple celui du traitre inattendu et logique à la fois. J'étais déçu du choix éditorial consistant à lier le groupe aux événements plus larges de Marvel. Selon moi, cette série ne fonctionnait pas assez bien dans ce contexte puisque les jeunes Runaways ne s'intéressent pas à ce que font les adultes de l'univers Marvel. Heureusement, les derniers numéros de Vaughan restent intéressants tout en ouvrant quelques idées.

J'avoue que je n'ai pas lu les épisodes écrits par le successeur de Vaughan, et je ne planifie pas de le faire. Il me manque donc quelques éléments et je craignais que la scénariste fasse de nombreuses références. Heureusement, elle nous donne les éléments manquants au fil du temps tout en expliquant pour quelle raison le retour de Gert est une nécessité, elle serait la clé du fonctionnement du groupe et son départ équivaut aux débuts des problèmes du groupe. Il est donc assez facile d'entrer dans ce premier volume

L'intrigue est assez simple, connue même. Les jeunes adultes, mis à part Gert et Molly, tentent de se réunir tout en essayant de passer outre les changements connus après leur séparation. Après avoir appris que l'un de leurs parents est dangereux, illes essaient de sauver leur amie et de survivre malgré leur amateurisme. Cependant, cette intrigue permet surtout de relier à nouveau les différents personnages. La scénariste ne prétend pas qu'il est simple de revenir vers des ami-e-s que l'on a perdu de vue. Ce n'est que difficilement que chacun-e décide à recommencer à s'entre-aider et se faire confiance à nouveau.

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*** Un premier volume qui repose les bases du groupe et de leur relation
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Image : Amazon

Éditeur

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20/09/2018

Saga 8 par Fiona Staples et Brian K. Vaughan

Titre : Saga 8
Auteur-e-s : Fiona Staples et Brian K. Vaughan
Éditeur : Urban comics 23 février 2018
Pages : 152

Ce tome 8 contient Saga 43-48. Alana, Marko, Hazel ainsi que le Prince Robot IV et Petrichor ont réussi à fuir la comète Phang. Mais illes ont eu le temps d'observer ce petit monde être dévoré par l'un des êtres les plus puissants de l'univers, et donc de connaitre la mort horrible subie par les rares habitant-e-s qui restaient encore à sa surface. À la suite de cette aventure, Alana perd son fœtus. Bien qu'il ne soit pas possible de le sauver, sa mort donne quelques pouvoirs à Alana et, surtout, la met en danger si une procédure n'est pas accomplie afin de retirer le fœtus de son corps. Seule une planète est assez discrète pour que cette procédure soit accomplie sans publicité.

SPOILERS

Encore une fois, il ne se passe pas grand-chose dans ce tome 9 de Saga. Mais, encore une fois, les épisodes sont si bien écrits que l'on ne voit pas le temps passer. Derrière la visite sur une planète que permet de procédures d'avortement les auteur-e-s posent des questions sur le contrôle des corps mais aussi sur les possibilités données par l'arrivée potentielle d'un bébé, sans jamais donner de réponses. Alors qu'Alana se prépare, ses nouveaux pouvoirs créent son bébé dans quelques années. Loin d'être un moyen de faire lui faire peur, je pense que les auteur-e-s essaient de montrer ce qu'avait imaginé Alana, ce qu'aurait pu être la vie de sa famille avec ce nouvel enfant. Mais celui-ci n'existe pas.

En ce qui concerne l'intrigue générale, les effets de la famille d'Alana et Marko sur la guerre, elle reste en suspens tant que les problèmes familiaux ne sont pas réglés. Cependant, les auteur-e-s réunissent enfin le Prince Robot IV avec son fils tandis que les journalistes vont rencontrer la famille, pour la première fois. Mais le personnage qui va probablement faire avancer l'intrigue est probablement Le Testament, actuellement torturé par une proche de l'une de ses victimes. Il n'y a plus qu'à attendre le tome 9

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**** Un tome 8 toujours aussi bien écrit.
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Image : Éditeur

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19/09/2018

L'hérésie des pauvres. Vie et rayonnement de Pierre Valdo par Bernard Félix

Titre : L'hérésie des pauvres. Vie et rayonnement de Pierre Valdo
Auteur : Bernard Félix
Éditeur : Labor et Fides 15 mai 2002
Pages : 240

Lorsqu'on parle des hérésies médiévales, aux alentours du XI-XIIème siècle, on parle souvent des Cathares. Mais il existe d'autres hérésies et mouvements durant cette période. Ce livre s'intéresse à un mouvement des pauvres, les personnes qui ont suivis Pierre Valdo. Ce dernier serait un lyonnais, un marchand plutôt aisé, qui a abandonné tous ses biens afin de suivre la voie que Jésus aurait montré aux humain-e-s: une vie de pauvreté basée sur les dons par autrui.

L'auteur examine cette vie selon deux points d’études : Pierre Valdo et l’Église médiévale et les effets de son mouvement sur la Réforme. Selon l'auteur, le mouvement de Valdo, dit des pauvres vaudois, a pu prendre forme à cause des pratiques immorales de l’Église de l'époque. Celle-ci était riche, les ecclésiastiques n'étaient pas toujours bien éduqués et, parfois, mariés. Pire encore, et ce fut une critique des Réformés, les ecclésiastiques vendaient des indulgences ayant le pouvoir de permettre l'entrée au paradis par l'intercession de l’Église. Face à ces pratiques, Pierre Valdo défendrait une pratique de la lecture de la Bible et d'une vie modeste sans hiérarchie. Mais il brise aussi l'ordre social en prêchant et en permettant aux femmes de prêcher. Selon l'auteur, ces critiques peuvent être décrites comme un avant-goût de la Réforme. Il considère que les Vaudois ont pu se protéger, en se cachant, des persécutions puis ont rejoint les mouvements réformés.

Mieux comprendre la vie de Pierre Valdo m'attirait. Je me posais beaucoup de questions sur sa vie mais surtout sur le contexte dans lequel les vaudois ont commencé à exister. Malheureusement, il ne me semble pas que ce livre puisse véritablement répondre à mes questions. À mon avis, ce n'est pas un livre d'histoire mais un essai de théologie. L'auteur fait souvent des bonds en avant à notre époque, considère comme réel des miracles et cite abondamment la Bible. Mais en termes d'histoire le livre est très médiocre. La bibliographie est très succincte, soit, mais le problème concerne le contenu. À de nombreuses reprises, l'auteur se contente de marquer son désaccord avec des historiens sans jamais les citer ni expliquer les raisons de son refus de suivre leurs thèses, qui peut être légitime. L'auteur ne cite jamais les sources d'époque. Mais le pire concerne les hypothèses mises en avant dans le livre. Étant donné que jamais Bernard Félix ne cite d'historien-e-s ni de sources, je me demande de quelle manière il construit ses hypothèses. Le livre est donc rempli de jugements sans jamais que l'auteur ne prenne la peine de les justifier. Selon moi, il vaut mieux laisser cet essai à sa place et chercher un véritable livre d'histoire.

Image : Éditeur

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15/09/2018

The Founders Trilogy 1. Foundryside par Robert Jackson Bennett

Titre : The Founders Trilogy 1. Foundryside
Auteur : Robert Jackson Bennett
Éditeur : Crown 21 août 2018
Pages : 512
TW : Menaces de viols, abus physiques, esclavage

Sancia est une voleuse. Elle est l'une des meilleurs de sa profession dans une ville contrôlée par des Maisons marchandes plus riches les unes que les autres. Bien que le vol, en dehors des lieux appartenant aux Maisons, ne soit pas sujet à des rapports de police cela reste une activité dangereuse. Mais cette mission pourrait permettre à Sancia de quitter son quartier pour vivre à l'extérieur de la ville la plus riche du monde, Tevane. Ce que Sancia ne sait pas c'est que l'objet qu'elle doit voler n'est pas une simple clé. C'est un artefact provenant d'une civilisation si ancienne qu'elle en est devenue mythique mais dont les connaissances permettent le fonctionnement de la civilisation actuelle, sous le contrôle ferme de Tevane. Ces connaissances ont permis de modifier la réalité et de créer une ville qui fonctionne grâce à la magie. Les artefacts anciens pourraient remettre en cause ce fonctionnement et Sancia devient, en une nuit, la personne la plus recherchée de la ville.

SPOILERS

Il ne suffit que de peu de pages pour comprendre que le système de magie mis en place par l'auteur est l'un des mieux pensés que je connaisse. Dans Harry Potter, la magie existe mais son fonctionnement n'est jamais expliqué. C'est le cas d'autres oeuvres qui se contentent d'en faire un moyen facile de donner de l'importance à leurs héros et héroïnes. Dans ce livre, la magie est un moyen de modifier la réalité. Pour cela, il faut convaincre les objets qu'ils vivent une réalité différente. Ceci fonctionne grâce à un alphabet inscrit sur l'objet et des "dictionnaires" centraux qui renferment les définitions nécessaires. Pour ne prendre qu'un exemple, une roue roulera seule à plat parce qu'elle croit être en pente. Ce système est aussi simple qu'il est compliqué. En effet, on ne peut pas simplement inscrire ce que l'on veut, il faut imaginer les définitions et les inscrire dans les "dictionnaires". Il y a donc un effort, un apprentissage et surtout un coût. Pour finir, ce système fonctionne un peu comme l'informatique.

L'auteur s'attache aussi à décrire son univers de manière assez convaincante. On ne sait que peu de choses sur sa mythologie, en dehors du fait que les Anciens étaient particulièrement puissants et qu'illes ont entièrement disparus pour une raison inconnue. La ville de Tevane est décrite, mais pas son empire, comme un empire commercial sous le contrôle de quelques maisons marchandes puissantes en argent comme en force militaire. Il n'y a pas de véritables lois ni de forces de police. Les quartiers sous contrôles d’une maison sont organisés et surveillés tandis que les quartiers pauvres sont laissés à eux-mêmes. Il y a donc une grande richesse avec, sous les murs des personnes riches, une pauvreté importante et une absence d'avenir et de santé.

Cependant, ce n'est que petit à petit que l'horreur de cet empire nous est dévoilée. Au début, on sait que la ville est divisée selon le statut économique et social mais rien de plus. Petit à petit, on apprend que Tevane est responsable de nombreuses guerres avec des armes dévastatrices. Puis, on apprend que la nourriture et les matières premières ne sont abondantes que grâce à un système d'esclavage laissé en place car économiquement peu couteux. Et enfin, on apprend que certain-e-s humain-e-s ont subis des tentatives d'inscrire de la magie en elleux. Sancia est l'une de ces personnes. Il faut bien comprendre que le système de magie change la réalité. Altérer une personne humaine n'en fait pas quelqu'un de plus puissant mais un outil dans les mains d'une autre personne. Lorsque l'on comprend cela, on comprend mieux pour quelles raisons la méchante de l'histoire agit ainsi. Elle considère avoir un droit, un droit à un statut mais aussi un droit de possession sur les personnes qu'elle considère inférieure. Soudainement, l'intrigue passe d'une quête pour empêcher la fin d'un monde à un manifeste en faveurs de la liberté, le fait que l'un des personnages termine son intrigue sur ce qui semble être la création d'une fabrique en copropriété avec des ouvriers et ouvrières me semble révélateur.

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**** Un début laborieux qui cache un développement très efficace. Une bonne surprise dont j'attendrais la suite !
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Image : Site de l'auteur

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08/09/2018

Nightwing 5. Raptor's revenge par Tim Seeley, Javier Fernandez, Miguel Mendonça et Diana Egea

Titre : Nightwing 5. Raptor's revenge
Auteur-e-s : Tim Seeley, Javier Fernandez, Miguel Mendonça et Diana Egea
Éditeur : DC 1 mai 2018
Pages : 128

Ce volume 5 contient Nightwing 30-34. Dick Grayson a rompu avec Shawn Tsang et s'est immédiatement mis en couple avec son ancienne partenaire, Helena Bertinelli. Leur relation est bien plus tendue que la précédente. En effet, Helena va jusqu'au bout pour atteindre sa revanche contre les mafias. Tandis que Dick n'hésite pas à se lier à des criminels si ceux-ci possèdent un code. Car, encore une fois, Dick décide de faire confiance à Blockbuster. Ce dernier décide d'aider son adversaire puisque la ville subit l'attaque de Raptor, l'ancien partenaire de Dick Grayson.

SPOILERS

Tim Seeley s'occupe de Dick Grayson depuis la série Grayson et termine avec le numéro 34. Il n'est pas forcément facile de bien terminer son rôle sur une série alors qu'il ne reste que quelques numéros. Souvent, je lis des épisodes sans grand intérêts qui ne servent qu'à remplir des pages avant l'arrivée d'un-e scénariste. Heureusement, Tim Seeley réussit non seulement à terminer ses intrigues mais il met aussi en place un nouveau statu quo qui permet de rebondir. Pour terminer son passage sur Nightwing il décide de revenir au début en confrontant à nouveau Dick Grayson a Raptor. Raptor essaie toujours de voler aux riches mais il n'aide plus les pauvres. Dick Grayson n'est plus aussi naïf face aux propos de Raptor. Mieux encore, il reconstruit l'histoire de Raptor plutôt que de le croire sur parole. Ceci permet de construire une fin efficace mais il n'y a pas de surprises.

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**** Un meilleur volume que le précédent avec des idées intéressantes.
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Image : Éditeur

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Nightwing 4. Blockbuster par Tim Seeley, Javier Fernandez, Miguel Mendonça et Chris Sotomayor

Titre : Nightwing 4. Blockbuster
Auteurs : Tim Seeley, Javier Fernandez, Miguel Mendonça et Chris Sotomayor
Éditeur : DC 23 janvier 2018
Pages : 176

Ce volume 4 contient Nightwing 22-28. Nightwing a réussi à sauver sa petite-amie et son frère, Damian. Il n'est pas trop mal vu par la police de Blüdhaven mais il n'est pas non plus apprécié, tout va bien tant qu'il reste dans l'ombre. Dernièrement, la ville a été la cible d'une nouvelle forme d’importation : les armes illégales. Des armes qui sont conçues pour abattre des super-héros. Certaines d'entre-elles se sont retrouvées dans la rue. Alors qu'il enquête sur le sujet Nightwing est abordé par un ancien ennemi qui lui propose une alliance pour éviter que ces armes ne tombent dans les mains de gangs. Mais est-il possible de lui faire confiance ?

SPOILERS

Le volume précédent revenait sur la relation entre Dick Grayson et Damian Wayne. Dans ce volume Tim Seeley décide de revoir ce qu'il a lui-même créé : la vie de Dick au sein de Spyral. Spyral est une agence d'espionnage dont le but était de trouver les moyens de tuer des super-héros. Mais elle avait été détournée par un vilain qui ne souhaitait que la continuation de la guerre. Bien que l'intrigue se soit terminé toutes les questions n'avaient pas reçus de réponses. Dans ce volume Tim Seeley décide donc d'offrir, enfin, l'identité de Mynos l'ancien chef de Spyral. Bien que cette identité ne soit pas particulièrement inventive elle me semble assez logique si l'on prend en compte la construction du personnage et ses capacités.

Le volume s'intéresse aussi aux conséquences de la vie de Dick Grayson. Étant un héros la nuit il ne possède pas de travail stable et donc ne pense pas à créer une relation à long terme normale. Il est logique que cela ait des conséquences sur sa relation avec Shawn Tsang. Mais il est dommage que celle-ci ait comme conséquence de faire revenir Shawn Tsang sur son passé de vilaine. Pire encore, je trouve dommage de replacer Dick Grayson immédiatement dans une relation romantique avec Helena Bertinelli. Ne serait-il pas possible de le laisser être célibataire ? Enfin, je déplore que le scénariste ne nous donne pas plus de scènes de jours dans le centre communautaire. C'est, à mon avis, une opportunité manquée.

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**** Un meilleur volume que le précédent avec des idées intéressantes.
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Image : Éditeur

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Star Wars Rebels 4

Après 4 saisons Star Wars Rebels nous dit adieu (tandis que Clone Wars revient pour une dernière saison et qu'une nouvelle série intégrée entre l'épisode VI et VII est annoncée). Nous sommes à la fin de l'aventure pour le petit équipage du Ghost. Après avoir débuté une rébellion sur Lothal l'équipage a dû fuir au sein de la flotte rebelle. À l'intérieur de celle-ci illes ont essayé de trouver un lieu capable d'abriter une base. Mais le Grand Amiral Thrawn les a finalement trouvés et a bien failli détruire la flotte et la base, ce qui aurait été catastrophique pour la rébellion. À la suite de ces événements, Ezra et Kanan se trouvent sur Mandalore. Ils aident Sabine et ses allié-e-s à vaincre l'Empire alors que la petite flotte s'est cachée sur une petite lune : Yavin 4. Mais Ezra souhaite surtout libérer Lothal, au nom de ses parents.

SPOILERS

Rapidement, on comprend que cette série permet de relier l'épisode III à l'épisode IV, avec l'aide de Rogue One et de l'oubliable Solo. Cette série permet de comprendre de quelle manière une galaxie sous contrôle étroit par l'Empire peut connaitre une révolte armée d'ampleur capable de mettre à mal un appareil militaire massif. Le partis pris de la réalisation a été de suivre un petit groupe qui commence avec des actions locales, rapides et modestes sur une planète éloignée. Puis, le petit groupe a été intégré à un début de flotte rebelle et aide à son agrandissement et la création d'une véritable base. Il n'est donc pas étonnant que la série se termine en reliant les derniers fils au quatrième film. Saw Gerrera est expulsé de l'Alliance rebelle, cette même alliance a enfin un commandement centralisé sur une base que l'on connait bien : Yavin IV. La fin de la série est donc très proche du film IV.

Contrairement à Clone Wars, cette série connait aussi une véritable fin. Clone Wars, sur décision de Disney, a été arrêtée avant de terminer l'histoire de la guerre alors que la série commençait à montrer le déséquilibre d'Anakin et les effets de la guerre sur la Galaxie et les Jedis. Comme beaucoup de monde, je me demandais de quelle manière Rebels allait se terminer alors que l'on n'entend pas parler de cette équipe dans la suite des événements. Certains indices ont été mis en place dans Rogue One alors que des personnages ont été créés pour ressemble à des acteurs que l'on voit dans les films. Mais est-il possible de laisser Kanan et Ezra vivre alors que Luke Skywalker est décrit comme le dernier Jedi à plusieurs reprises ? Ces deux personnages ne sont pas simplement sacrifiés. Ils deviennent des symboles de ce que les Jedis sont censés être : des personnes qui cherchent le moment durant lequel on aura le plus besoin d'elleux, même si cela implique un sacrifice.

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**** La fin de cette série est réussie et s'intègre très bien au reste de la mythologie.
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Image : IMDB

Site officiel

star wars,rebels,disney

10:49 Écrit par Hassan dans science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : star wars, rebels, disney | | | |  Facebook

Nightwing 3. Nightwing must die par Tim Seeley, Javier Fernandez et Chris Sotomayor

Titre : Nightwing 3. Nightwing must die
Auteurs : Tim Seeley, Javier Fernandez et Chris Sotomayor
Éditeur : DC 26 septembre 2017
Pages : 144

Ce volume contient Nightwing 16-21. Dick Grayson est heureux. Il peut enfin prendre un peu de temps pour lui et sa nouvelle compagne, Shawn Tsang. Alors qu'il s'occupe d'arrêter les criminels durant la nuit il travaille dans un centre communautaire le jours afin d'aider les personnes qui ont en besoin. Tout va si bien qu'il est même décrit comme le Batman de Blüdhaven ! Un tel titre ne peut que déplaire à Damian Wayne, qui se considère comme le véritable héritier de Batman. Damian décide donc de se rendre à Blüdhaven afin de donner son avis à Dick. Mais les deux frères doivent s'entendre lorsque Shawn Tsang est kidnappée par un certain Deathwing.

SPOILERS

Pendant un temps, Bruce Wayne est mort. À la suite de cet événement Dick Grayson a pris le costume de Batman avec Damian Wayne comme partenaire. Il y a eu plusieurs numéros autours des deux frères, dont une partie a été écrite par Grant Morisson. Ce volume trois de Nightwing semble vouloir retourner à cette époque. Bien que le costume ne soit pas identique, les deux personnages apprécient de se retrouver. À plusieurs reprises, ils expliquent l'un à l'autre à quel point leur duo leur avait manqué. Dick Grayson pense même qu'il aurait pu être plus adéquat de continuer à s'occuper de Damian plutôt que de laisser Bruce Wayne, et ses problèmes, reprendre son rôle paternel. La confrontation n'est donc qu'un prétexte pour réunir ses deux personnages qui travaillent bien ensemble et qui se respectent.

Ce volume se concentre aussi sur les peurs de Nightwing. La capture de Shawn et de Damin n'est donc qu'un prétexte pour qu'il comprenne ce qu'il peut devenir. À plusieurs reprises, ces dernières années, Dick Grayson a été défini comme un personnage qui refuse de laisser les drames le définir. Il préfère aller de l'avant, au risque de perdre ses ami-e-s. Mais que se passe-t-il lorsque Nightwing se laisse rattraper par les drames ? Deathwing est l'image de ce qu'il pourrait devenir : une personne brisée qui essaie d'échapper à sa souffrance en s'attaquant aux personnes qu'il juge responsable. Ce n'est qu'un reflet déformé de Dick, qui refuse de devenir cet homme et qui laisse Damian le sauver.

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**** Un meilleur volume que le précédent avec des idées intéressantes.
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Image : Éditeur

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07/09/2018

Nightwing 2. Back to Blüdhaven par Tim Seeley, Marcus To et Chris Sotomayor

Titre : Nightwing 2. Back to Blüdhaven
Auteurs : Tim Seeley, Marcus To et Chris Sotomayor
Éditeur : DC 20 juin 2017
Pages : 168

Ce volume contient Nightwing 9-15. Dick Grayson ne sait plus qui il est. Il fut un héros, le compagnon de Batman, un chef de groupe mais aussi un acrobate, un assassin en devenir et un espion. Récemment, il a cru pouvoir faire confiance à un homme qui lui ressemble beaucoup. Mais il a compris trop tard son erreur, ce qui a mis Bruce Wayne en danger de mort. À la suite du conseil du nouveau Superman, Dick Grayson décide de se rendre à Blüdhaven. Cette ville est devenue un lieu touristique mais les criminels sont toujours présents. Sous ces deux identités, il sera confronté à un groupe de vilain-e-s repentis dont les membres sont arrêtés par la police pour des meurtres qui'illes auraient commis. Mais Dick pense qu'illes sont innocent-e-s.

SPOILERS

La première partie de ce volume, la plus longue, concerne les relations de Nightwing avec les Repentis. Ce sont des personnages qui ont été arrêtés par Batman et ses allié-e-s lors d'aventures précédentes. Pour s'échapper de l'ambiance de Gotham illes ont choisis de vivre dans une ville qui ne connait pas de héros et de trouver un moyen de se repentir. Ce n'est pas la première fois que la batfamily est confrontée à un groupe qui essaie de leur échapper tout en les critiquant. Mais ces groupes étaient surtout constitués de civils tandis que nous avons ici des costumé-e-s. Je ne sais pas si Tim Seeley va beaucoup les utiliser mais les faire interagir aussi bien avec Nightwing que Dick Grayson pourrait être une bonne idée. Il serait possible d'en faire une réflexion sur les possibilités de changer après une entrée dans le milieu de la criminalité, avec les problèmes que cela implique.

Le dernier épisode est constitué d'une romance entre Dick et Defacer alias Shawn Tsang. Bien que le numéro soit plutôt bien écrit, il montre des problèmes normaux dans un couple, la romance ne m'a pas convaincue. Je suis assez sceptique sur l'intérêt de créer un couple entre deux personnages qui ne se sont rencontrés qu'il y a peu. Je suis tout aussi sceptique sur l'intérêt de cette romance pour la question posée par le volume, retrouver l'identité de Dick Grayson. Mais je trouve surtout qu'il est trop facile pour Shawn Tsang de comprendre l'identité de Dick Grayson. J'espère qu'au moins elle ne deviendra pas une princesse à sauver, ou pire...

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*** Un tome qui fonctionne mais sans plus. Je le conseille plutôt aux personnes qui apprécient le personnage.
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Image : Éditeur

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02/09/2018

On the run. Fugitive life in an American city par Alice Goffman

Titre : On the run. Fugitive life in an American city
Autrice : Alice Goffman
Éditeur : Chicago university press 2014
Pages : 288

Cette recherche a connu une certaine notoriété lors de sa sortie, aussi bien dans le grand public que dans le cadre universitaire. En effet, non seulement son sujet est particulièrement important pour le contexte policier mais son autrice est la fille d'Erving Goffman, un chercheur que tout le monde connait dans le monde des sciences sociales. Ce premier livre, issu d'une thèse et d'une longue recherche sous la forme d'une observation participante, a donc été particulièrement sujet à la critique et à l'observation. Les considérations des personnes qui l'on lut sont clivées passant de l'appel au génie de l'autrice à ses supposés mensonges et crimes commis lors de la recherche. Bien entendu, je ne peux pas vérifier la recherche d'Alice Goffman mais je peux me demander si le livre éclaire la mécanique policière et si son autrice a réussi à garder une posture à la fois éthique et objective.

Alice Goffman, à l'époque étudiante tentant de terminer ses crédits et d'entrer dans le milieu universitaire, s'est intéressé à ce sujet par étape. Comme elle l'explique dans son appendice méthodologique, elle s'est d'abord intéressée aux magasins de films, puis aux relations entre étudiant-e-s et travailleuses et travailleurs de la cafétéria de l'université pour ensuite s'intégrer comme tutrice dans une famille vivant sur la rue qu'elle va étudier ensuite, lorsqu'elle fait la connaissance de plusieurs jeunes hommes noirs pauvres du quartier ayant de nombreux problèmes avec la justice et la police. Elle va vivre avec ce groupe de jeune, couper ses liens avec ses ami-e-s et louer un appartement proche afin de mieux comprendre le fonctionnement de la société locale.

Son but est de comprendre de quelle manière l'arsenal policier utilisé pour s'attaquer au crime, selon la doctrine Tough on crime, impacte la vie des résident-e-s de la rue. Alice Goffman montre que ce quartier ni vit que selon le fonctionnement policier chargé de s'attaque au crime. Les jeunes hommes et femmes fuient dès qu'ils le peuvent, apprennent à reconnaitre la police et les moments et lieux qui peuvent attirer l'attention et remplissent leurs calendriers selon le fonctionnement de la justice. En particulier, l'autrice montre à quel point la police impacte les relations entre les personnes. En effet, les proches sont la cible de nombreuses pressions pour donner la location d'un jeune homme recherché. La vie des hommes, elle-même, est constellée d'entrée en prison, de sortie, de probation et de retour devant le tribunal avec un nombre difficile à comprendre d'actions légales dans leur vie. Le statut social dépend de l'intérêt de la justice. On peut être surveillé, informateur ou "propre." Ce dernier statut permet d'acheter et de signer des contrats sans trop de problèmes, tandis que les personnes qui sont recherchées ne peuvent pas avoir de permis, de carte d'identité voire même, selon l'autrice, entrer dans un hôpital en cas de besoin, par peur d'être arrêtés.

En ce qui concerne l'impact de la police et des arrestations de masse je ne sais pas si Alice Goffman ajoute grand-chose, mais elle permet en tout cas de mieux comprendre ce qui arrive aux personnes même grâce à un examen ethnographique. Cependant, je me pose beaucoup de questions concernant l'éthique de son travail. Ces questions sont en parties exprimées par l'autrice elle-même dans son appendice, dont je conseille la lecture. Alice Goffman, par exemple, se demande si elle aurait pu violer la loi et se faire arrêter pour mieux comprendre la vie de ses sujets d'études, qui avaient conscience de son travail et le corrigeaient parfois en direct. Bien qu'elle ait renoncé pour des raisons méthodologiques cela n'implique pas qu'elle n'ait pas violé des normes légales en cachant des fugitifs ou en aidant à cacher de la drogue.

On peut aussi se poser des questions sur la publication d'un tel travail. L'autrice explique de quelle manière ces jeunes hommes agissent pour éviter la police et réussir à vivre normalement malgré des problèmes légaux. Ne peut-on pas penser que mettre ces techniques en plein jours risque de créer des dangers pour ces personnes qui lui ont parlé et lui ont expliqué leurs méthodes ? Enfin, il y a la question de l'ethnie de l'autrice, une jeune femme blanche. Est-ce que son statut lui a permis d'être moins sujette au contrôle policier ou a-t-il créé de nouveaux dangers pour les jeunes hommes ? Mais surtout, est-elle légitime pour ce travail ? Ce sont des questions difficiles et d'autres personnes pourraient probablement bien mieux y répondre que moi.

Image : Éditeur

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01/09/2018

Paper Girls 4 par Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson

Titre : Paper Girls 4
Auteurs : Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson
Éditeur : Urban Comics 17 août 2018
Pages : 136

Ce tome 4 contient Paper Girls 16-20. Nos quatre jeunes héroïnes se sont retrouvées piégées dans un lointain passé. Mais ce voyage leur a permis de rencontrer l'inventrice du voyage dans le temps. Il n'en fait pas beaucoup plus pour comprendre que le fonctionnement du temps a été mis à mal, même si cela semble être surtout dans le cas de détails qui sinon ne sont pas dangereux. Mais il est temps de revenir dans le futur, cette fois les jeunes adolescentes se retrouvent le premier janvier de l'an 2000 lors de la première bataille entre les ancêtres et leurs descendants du futur. Comprendra-t-on enfin ce qui est en train de se dérouler ?

SPOILERS

Cette fois les héroïnes de Paper Girls commencent enfin à pouvoir véritablement agir sur leurs déplacements. Elles ne sont plus aussi impuissantes et commencent à pouvoir trouver des moyens de comprendre ce qui leur arrive. Erin est la première à comprendre comme utiliser son journal tandis qu'elles décident de prendre le contrôle d'une machine afin de retourner chez elles.

De plus, ce tome donne enfin des indices plus substantiels sur la raison de la guerre dans laquelle les quatre héroïnes sont plongées sans le vouloir. Les ancêtres sont la première génération à avoir connu le voyage dans le temps et ont décidé de fermer toutes possibilités de changer l'histoire et d'explorer. Certains de leurs descendants ont décidés que toutes les personnes vivantes méritent de vivre dans le meilleur des mondes possibles. Il y a donc une opposition idéologique forte entre le refus d'agir sur le passé et le souhait de le modifier, mais celle-ci n'est pas exprimée puisque les combattant-e-s ne se rencontrent pas. Au vu de la fin de ce tome 4, on pourra peut-être savoir si ce futur qui semble savoir ce qui est mieux pour le passé est vraiment aussi parfait que présenté.

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**** Ce tome donne enfin quelques clés pour comprendre le fonctionnement de l’intrigue !
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Image : Éditeur

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13:32 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |  Facebook

31/08/2018

Paper Girls 3 par Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson

Titre : Paper Girls 3
Auteurs : Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson
Éditeur : Urban Comics 6 octobre 2017
Pages : 136

Ce tome 3 contient Paper Girls 11-15. Un matin, le premier novembre 1988, une petite ville des États-Unis a connu des événements extraordinaires. Quatre jeunes filles tentent de comprendre ce qui arrive. Malgré les dangers elles survivent et se retrouvent en 2016. Leur arrivée dans le futur est une source de surprises pour elles, et la version adulte de l'une d'entre-elles. Ce 2016 connait lui aussi des événements extraordinaires alors que des monstres et un zeppelin apparaissent. Les quatre jeunes filles décident de fuir. Et elles se retrouvent dans un lieu paisible sans savoir quelle est l'époque. Il ne faut que peu de temps avant qu'elles ne soient attaquées par une femme et son bébé.

SPOILERS

Je ne sais pas comment fait Vaughan pour écrire des séries qui n'avancent pas leurs intrigues mais qui restent intéressantes. Cela fait déjà trois tomes que nous suivons quatre héroïnes sans comprendre ce qui se déroule et pourquoi le temps semble mis à mal, même si l'on ne sait pas vraiment si le temps est blessé. Tout ce que l'on sait, c'est que l'humanité a inventé le voyage dans le temps et décidé qu'il ne fallait rien modifier, même si des actions de réparations semblent possibles. De plus, il semble qu'une génération plus jeune ne soit pas d'accord et souhaite changer l'histoire.

Ce troisième tome reste dans la veine des précédents. Les quatre héroïnes subissent les événements et ne sont pas encore véritablement capable d'agir. Mais elles commencent à mieux savoir comme réussir à survivre et à accepter une certaine dose de changement. Ce troisième tome est surtout rempli de thématiques féminine, voire féministe. Les jeunes filles, encore préadolescentes, parlent de règles et de l'accès à une éducation sexuelle. La personne qu'elles rencontrent ne souhaite pas laisser son enfant sous le contrôle d'hommes qu'elle considère incapables. Et l'une d'elles pourraient bien être attirée par l'une de ses amies... Ce ne sont que de petites touches mais qui rendent ce tome intéressant.

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**** Ça n'avance pas et pourtant j'en redemande !
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Image : Éditeur

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29/08/2018

The Raven's Mark 1. Blackwing par Ed McDonald

Titre : The Raven's Mark 1. Blackwing
Auteur : Ed McDonald
Éditeur : Gollancz 27 juillet 2017
Pages : 384
TW : Torture

Galharrows est un homme qui connait la dureté du monde. Il vit dans la plus grande ville garnison de l'alliance, auprès de la Désolation. La Désolation est le nom donné à ce qui reste du territoire pris dans l'un des derniers actes de la dernière grande bataille contre les Rois souterrains. La magie a détruit la réalité et la vie, transformant ce territoire en un lieu particulièrement dangereux. La garnison protège l'arme qui a permis cet acte de destruction au cas où une armée reviendrait. Galharrows a sa place dans cette guerre. Son travail est double. Il est un mercenaire chargé de poursuivre les hérétiques afin de les punir selon la loi. Mais il est aussi un envoyé de Crowfoot, l'un des êtres les plus puissants du monde, au sein d'un ordre restreint chargé de garder le contrôle d'une population prompte à la corruption, dans tous les sens du terme. Il y a longtemps qu'aucune mission ne lui a été envoyé par son maitre. Mais ce dernier se manifeste soudainement et lui ordonne de protéger une noble à tous prix.

SPOILERS

Pendant longtemps, la fantasy n'hésitait pas à nous faire suivre les aventures d'un bel homme destiné à de grandes choses et suivi par des êtres puissants, fondamentalement bons et discrets. Face à ce grand homme se dressait le mal à l'état pur qu'il était nécessaire de détruire afin de lancer un âge d'or. Cette période est, heureusement, terminée. Ce roman fait partie des livres qui sont sombres non pas à cause d'une violence mais parce que l'univers est fondamentalement pessimiste. L'intrigue débute 80 ans après un cataclysme qui a permis une victoire mais pas la fin de la guerre. Le monde est un champ de bataille pour des êtres puissants mais il est parfois difficile de les différencier. Même si les Rois des profondeurs sont déclarés comme mauvais les Sans noms ne sont pas forcément bons pour autant. Illes n'hésitent pas à manipuler les événements au prix de nombreuses vies si cela permet une victoire et le narrateur du livre se demande de temps en temps qu'elle est la différence entre les esclaves marqués des Rois des profondeurs et lui, marqué par Crowfoot. L'univers de The Raven's Mark est gris et les humain-e-s ne sont que des pions dans une lutte bien plus importante.

Les personnages sont de la même veine. Il y a deux personnages principaux et moins d'une dizaine de personnes secondaires ayant une véritable importance. Galharrows possède un passé dans l'armée régulière, qui ne nous sera dévoilé que tardivement, mais il se décrit et se présente comme un mercenaire vétéran qui ne s'intéresse qu'à l'argent et à l'alcool. Il est décrit comme laid, vieux et lâche. Lâche non pas dans le sens de fuir et de trahir mais parce qu'il ne combat que payé et s'il est certain de gagner. Il n'y a donc pas cet honneur dont toute une littérature nous abreuve. Galharrows est logique et souhaite survivre même si sa vie est misérable. Il est secondé par une troupe de la même trempe dans le principal talent est le meurtre. L'élite dirigeante est décrite comme corrompue et incapable. Seule deux personnes sont vues favorablement, l'une ment et l'autre est une traitresse. Enfin, nous avons la noble Ezanda. Loin d'être une princesse, elle est une mage capable d'utiliser une puissance redoutable. Elle est aussi décrite comme intelligente mais entrant dans la folie que la magie semble toujours créer chez les personnes qui la manipule. Les personnages parfaits au destin déjà écrit n'existent pas dans ce roman. Ce ne sont que de simples humain-e-s qui essaient de survivre dans un contexte de guerre.

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*** Bien que la lecture ait été intéressant je ne crois pas que le lirais la suite de cette saga. D'ailleurs, ce roman se suffit a lui-même.
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Image : Éditeur

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10:04 Écrit par Hassan dans Fantasy, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the raven's mark, blackwing, ed mcdonald | | | |  Facebook

27/08/2018

BlacKkKlansman

TW : Racisme, antisémitisme, négationnisme, images d'attentats racistes entre 2016 et 2017

Ron Stallworth vit dans une petite ville du Colorado. La police y est fréquemment accusée d'actes racistes mais les autorités politiques souhaitent changer l'image de ses forces de police. À la suite d’une campagne en faveurs des minorités Ron Stallworth y est inclus au service des archives. Après plusieurs semaines, on lui demande d'infiltrer une réunion du syndicat des étudiant-e-s noir-e-s. Cette mission lui permet d'être intégré à une unité d'enquête. Il décide de débuter une enquête sur le KKK local en contactant son chef local. C'est un succès. Avec l'aide d'un collègue il découvre des informations inquiétantes sur les activités et les membres du Clan, pourtant présenté comme de plus en plus pacifique.

SPOILERS

Ce film est résolument anti-raciste. Que ce soit le racisme contre les personnes de couleurs (pour inclure plus que les personnes noires) ou contre les juifs. La réalisation ne nous épargne pas les propos les plus extrêmes de personnes parfaitement ordinaires. Que ce soit david duke ou le chef du KKK du Colorado, ce sont deux hommes bien habillés qui parlent calmement. Sans appeler au meurtre, ils ne cachent pas leur racisme et leur envie de reconquête. Le film s'intéresse, évidemment, aux actions de la police. Ron Stallworth y est décrit comme le premier policier noir de sa ville et sa première mission est d'infiltrer un groupe d’activiste en faveurs du Black Power. Malheureusement, la réalisation ne s'intéresse pas beaucoup à ce groupe ni aux Black Panthers et encore moins aux activités antisubversives des polices, à l'aide du programme cointelpro. Bien que l'un des policiers soit décrit comme un raciste, le film ne s'intéresse pas à la manière dont les activités policières discriminantes sont permises par le système. Au contraire, la réalisation n'hésite pas à héroïser la police, les racistes devenant des exceptions. Je pense que le film manque ici un thème important qui touche non seulement les États-Unis mais aussi d'autres états occidentaux, dont la Suisse.

Il est très difficile de ne pas voir que ce film est tout aussi contre le racisme qu'il est contre trump. Les différentes scènes sont constellées de références plus ou moins subtiles. Plusieurs personnages du KKK utilise des slogans mis en avant par trump, que ce soit le "make america great again" ou "america first." La réalisation cache encore moins sa posture politique à la fin du film lorsqu'elle diffuse des images d'attentats terroristes racistes avec la réaction de trump, plus que complaisante. Le plus intéressant est que ce film explicite les tactiques pour faire accepter le racisme. Ainsi, l'un des personnages mentionne les recherches "scientifiques" qui prouvent l'infériorité intellectuelle de certaines populations, des recherches largement discréditées et pourtant encore défendues par des chercheurs. La réalisation montre aussi que si david duke et d'autres essaient de se présenter comme propre sur eux c'est pour mieux faire accepter leurs propos dans la population et dans le milieu politique, avec comme but qu'un politicien puisse défendre leurs idées au plus haut niveau de l'état. On observe cette même tactique en Europe par exemple en ce qui concerne les migrations. Les personnes qui migrent, pour recevoir l'asile, ne sont plus qualifiées comme des personnes en besoin d'aides mais des dangers qui impliquent des mesures d'enfermement et d'expulsion même au prix de leur mort. Tandis que les personnes qui les aides ne sont plus des humanitaires mais des criminels qu'il faut arrêter.

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**** Un bon film mais qui lisse le rôle de la police et de son héros. J'aimerais aussi savoir quels sont les événements écrits par la réalisation et quelle est la réalité.
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Image : IMDB

Site officiel

blackkklansman

10:53 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blackkklansman | | | |  Facebook

25/08/2018

The Dandelion Dynasty 1. The grace of kings par Ken Liu

Titre : The Dandelion Dynasty 1. The grace of kings
Auteur : Ken Liu
Éditeur : Saga Press 7 avril 2015
Pages : 640

Dara est composé de plusieurs îles avec, au centre, une grande île. L'espace est divisé entre plusieurs états ayant leurs propres spécialités. Les guerres sont nombreuses entre ces petits états et il est rare que la paix et les promesses entre les rois durent longtemps. Mais tout cela a changé lorsque le roi de Xana s'est mis à rêver. Il se demanda s'il ne serait pas mieux pour les peuples de Dara s'il n'existait qu'un seul et unique roi chargé d'unir tout le monde. Son rêve a pris forme après des années de guerre. Mais devint un cauchemar alors que son règne se transforme en tyrannie. Petit à petit, d'anciennes familles nobles et de simples personnes se mettent à rêver de rébellion. Le moment parfait arrive lorsque l'empereur meurt.

SPOILERS

Je n'ai pas apprécié ma lecture. Celle-ci fut très laborieuse. Je n'ai pas réussi à apprécier le style de l'auteur dans ce livre. J'ai eu encore plus de mal vers la moitié du roman lorsque Ken Liu décide d'utiliser la forme épistolaire, que je n'ai jamais appréciée. Mais il faut lui concéder une construction particulièrement réussie de son univers. Sans entrer dans les détails, l'auteur nous fait observer une île à un moment particulier de son histoire tout en n'oubliant pas de mettre en avant son passé et sa richesse. Les personnages naviguent dans un réseau dense de cultures et de traditions basées sur des écrits classiques. Il est rare que ces classiques ne soient pas mentionnés.

De plus, l'auteur met en avant le thème de l'humanité des dirigeants. Le roman est rempli de rois, de reines, de princes et princesses mais aussi de généraux. Ces personnages ont des points positifs mais aussi des points négatifs. Ceux-ci permettent à Ken Liu de montrer ce que le pouvoir fait aux personnes qui le reçoive. Régulièrement, des personnages modestes deviennent cruels et arrogants tandis que d'autres, moins nombreux, tentent de rester humbles. Souvent, la confiance en leurs conseillers devient de moins en moins importantes par peur des trahisons. Au fil du livre, ce sont surtout deux personnages qui montrent deux manières de diriger. Le premier, Mata Xindu, provient d'une vieille famille noble. Il veut gagner par l'honneur et par sa force et déteste la trahison et aime le passé qu'il anoblit de toutes les vertus. Gouverner ne l'intéresse par vraiment. Le second, Kuni Garu, aime gouverner et essaie d'aider le peuple à bien vivre mais il ne s'arrête pas aux trahisons et au déshonneur si cela lui permet de gagner. La lutte entre ces deux personnages est autant une lutte pour la couronne qu'une lutte idéologique.

Le roman est aussi empli de plusieurs personnages féminins qui auraient pu devenir intéressants. Certaines de ces femmes meurent rapidement après qu'on les ait rencontrées mais d'autres restent plus longuement. Malheureusement, la promesse de leur offrir une place équivalente aux personnages féminins est rapidement oubliées. Personnellement, j'aurais apprécié plus de pages du point de vue de Jia et Risana sans oublier Gin Mazoti, une stratégiste particulièrement douée.

* Malgré de nombreuses idées intéressantes je n'ai pas du tout aimé ce livre, à ma grande tristesse.
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Image : Site de l'auteur

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19/08/2018

Injustice II 3 par Tom Taylor, K. Perkins, Mike S. Miller, Bruno Redondo et Marco Santucci

Titre : injustice II 3
Auteurs : Tom Taylor, K. Perkins, Mike S. Miller, Bruno Redondo et Marco Santucci
Éditeur : DC 7 août 2018
Pages : 144

Ce volume contient Injustice II 13, 15-17 et Annual 1. Deux choses différentes sont arrivées à la fin du régime de Superman. Premièrement, les Amazones se sont retournées contre leur princesse, Diana. Celle-ci a perdu son titre de Wonder Woman et elle est enfermée dans un donjon sur l'Île du Paradis. Puis la cousine de Superman est arrivée dans la patrie de Black Adam. Depuis, il essaie de lui permettre de comprendre ses pouvoirs. Mais son but n'est pas simplement de la protéger ni de lui donner une version particulière de l'histoire de son cousin. Il souhaite l'utiliser afin de permettre l'évasion de Diana. Avec une personne comme elle le monde risque beaucoup.

SPOILERS

Ce troisième volume me semble être un moyen de placer plusieurs débuts d'intrigues. En effet, outre l'évasion de Wonder Woman rien ne semble particulièrement construit. Les auteurs essaient plutôt de mettre plusieurs références en route. Ainsi, on apprend l'existence des Red lanterns. En ce qui concerne la Ligue des assassins, celle-ci essaie une nouvelle arme contre une petite ville éloignée. Mais ce qui me semble le plus inquiétant est la création de Brother Eye, une entité connue par les lecteurs et lectrices de l'univers DC pour être particulièrement dangereuse.

La seule intrigue d'ampleur concerne Wonder Woman. Les auteurs nous offrent sont histoire sous la forme d'un flash-back. Celle-ci est connue, Steve Trevor s'échoue sur une île et rencontre Diana qui souhaite l'aider à stopper une guerre. Mais ici Tom Taylor fait de Diana une femme qui n'hésite pas à user de son pouvoir contre des personnes plus faibles et de Steve Trevor un espion du régime nazi. Il est dommage de rendre Diana aussi brutale à la suite de cette information, mais au moins on comprend un peu mieux les raisons derrière son soutien à Superman, qui n'étaient que liés à l'amour selon la première série. Cette intrigue permet aussi de montrer qu'une partie des Amazones est toujours fidèle à Diana ce qui répond à ma question concernant les restes du régime de Superman.

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*** Bien que l'intrigue du volume soit réussie j'aurais aimé une attention plus importante envers les besoins et les difficultés d'une reconstruction après un régime tyrannique.
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Image : Éditeur

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De la différence des sexes. Le genre en histoire sous la direction de Michèle Riot-Sarcey

Titre : De la différence des sexes. Le genre en histoire
Direction : Michèle Riot-Sarcey
Éditeur : Bibliothèque historique Larousse 2010
Pages : 287

L'usage du concept de genre est de plus en plus utilisé en sciences sociales et humaines malgré une tentative d'empêcher son usage. Mais la manière dont on use d'un concept moderne dans le cadre des études historiques pose question, que ce soit à cause du manque de sources ou de la nécessité de ne pas user de termes anachroniques. Dans ce livre, dirigé par Michèle Riot-Sarcey, plusieurs auteur-e-s essaient de montrer la capacité d'explication de ce concept en histoire occidentale de l'antiquité à nos jours.

Le livre est divisé en 9 chapitres. L'introduction et la conclusion sont écrits par la directrice du volume. En introduction, l'autrice pose la question de l'usage du concept en histoire. Comme je l'ai noté plus haut, l'une des questions concerne l'anachronisme. Mais elle met aussi en avant la capacité du concept à mettre en avant des questions qui n'existaient pas aux époques étudiées. Le genre permet donc de découvrir des relations de pouvoirs qui ne sont pas explicitées dans les sources. En conclusion, l'autrice mobilise les écrits de Michel Foucault afin d'expliquer en quoi les études genres sont utiles pour comprendre ces mêmes relations de pouvoirs en histoire. Elle s'étonne aussi de l'usage plus important de Foucault dans le contexte états-unien en comparaison avec la France. Les autres chapitres s'intéressent à des civilisations et périodes occidentales précises.

Les deux premiers chapitres concernent Athènes et Rome. Le premier auteur montre que les connaissances des sources anciennes athéniennes ne permettent pas de comprendre le fonctionnement de la société. En effet, nous avons accès à des écrits qui essaient de mettre en place un idéal dans lequel les femmes sont sous tutelles. Mais elles possèdent des capacités proches de celles des hommes. La véritable division se forme entre les personnes citoyennes et non-citoyennes, comme les esclaves. Rome, cependant, fonctionne selon l'idée que les femmes sont soumises aux hommes. Une partie des écrits de contemporains utilisés pour comprendre le Principat usent justement de la domination des femmes sur les hommes pour critiques les premiers empereurs, vus comme dévirilisés. Mais le chapitre montre que ces femmes ne font qui suivre leur rôle en haussant leur famille dans la hiérarchie sociale.

Les trois chapitres suivants concernent plutôt la période médiévale et l'Ancien Régime. Le livre commence avec un article sur Byzance, un empire que je ne connais pas bien. L'auteur tente de comprendre de quelle manière fonctionne la tri-sexualisation à Byzance. En effet, il existe des hommes et des femmes mais aussi des eunuques. Ceux-ci gagnent un pouvoir de plus en plus important dans la ville, jusqu'à être représentés dans les églises, car ils possèdent le rôle de pacifier la cité. Non seulement ils protègent l'empereur mais ils évitent aussi les coups d'états militaires qui pourraient déstabiliser l'empire. Un autre chapitre s'intéresse aux relations entre l’Église et les communautés monacales. Ces dernières se basent sur une interprétation de la Bible pour justifier l'entrée des femmes et la supériorité des personnes vierges. Mais leur interprétation met à mal la puissance ecclésiastique et la première période médiévale voit les princes et l’Église tenter de contrôler les communautés monacales afin d'éviter une concurrence de l'intercession envers la divinité. Enfin, le troisième chapitre s'intéresse à l'Ancien Régime. L'autrice tente de nous montrer que même s'il existe des différences de pouvoirs entre hommes et femmes ces dernières peuvent gagner en supériorité, celle-ci comprise comme masculine. En effet, la noblesse est conçue comme un donné du sang qui se traduit par des comportements masculins que des femmes nobles peuvent donc recevoir, devenant combattantes aussi bien que des hommes.

Les deux derniers chapitres s'intéressent bien plus à l'histoire contemporaine française. Le premier parle du XIXème siècle est des luttes en faveurs de l'égalité. L'autrice montre que des femmes essaient d’accéder à la citoyenneté mais que celle-ci est toujours refusée au nom du respect de l'ordre sociale. Les socialistes eux-mêmes ont peur de l'accès au travail des femmes, considérés comme dangereux pour les femmes et contraires à l'idéal de l'homme pourvoyeur et de la femme ménagère. Le dernier chapitre est une peinture des tentatives d'accès au droit de vote durant le XXème siècle. L'autrice explique que la France est une exception en Europe occidentale. Elle critique aussi l'accès au droit de votre comme récompense pour des actions de résistance lors de la Deuxième guerre mondiale. Enfin, l'autrice pose la question du passage du droit de vote à la parité. Elle montre la difficulté d'accepter l'idée dans une république qui se pense universelle et égalitaire mais aussi face à des partis qui préfèrent payer des amendes plutôt que de suivre la loi. Le chapitre se termine sur l'élection de Sarkozy face à Ségolène Royal qui a souffert de la misogynie de ses adversaires comme des membres de son propre parti.

Ce livre me semble intéressant car il essaie non pas de réfléchir de manière désincarnée sur l'usage d'un concept mais de montrer de quelle manière on peut l'utiliser afin de comprendre des thèmes précis. Le découpage, plus ou moins classique, permet d'avoir des exemples utiles pour les étudiant-e-s de France et d'Europe. Je déplore tout de même le manque d'exemples non-occidentaux, on reste sur des thèmes très européens. Cependant, ce livre permet de mettre en avant la fécondité du concept alors que celui-ci est attaqué par certains milieux.

Image : Éditeur

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Orphan Black 5

Orphan Black est probablement l'une de mes séries préférées, que j'ai découverte grâce à une amie. Dès le premier épisode la série m'a fasciné et j'ai été accroché par une galerie de personnages presque toujours bien écrits. Seule la saison 3 est un peu moins bonne que les autres. Cette saison 5 commence immédiatement après la 4 donc attentions aux spoilers. Sarah est traquée sur une île inconnue. Cosima est traitée par Delphine, que l'on croyait morte, dans un village sur une autre partie de l'île. Pendant ce temps, Rachel Duncan fait tout son possible afin de prendre le contrôle total du groupe néolutionniste qui contrôle aussi bien Dyad que Topside ainsi que les expérimentations autours des clones. Le Clone Club est en très mauvaise posture car, cette fois, leurs adversaires ne reculeront devant rien afin de garder le contrôle. Mais on va surtout enfin savoir qui est derrière toutes ces expérimentations : un homme qui prétend avoir plus de 100 ans et qui souhaite offrir le secret de sa longévité à l'humanité.

SPOILERS

Depuis le début de la série on nous donne de petits indices sur les raisons derrière le clonage humain. Les scénaristes ont la bonne idée de garder tout ce que l'on sait tout en simplifiant les données de cette dernière saison. Il n'y a plus plusieurs groupes et plusieurs idéologies mais une unique idéologie qui contrôle toutes les expérimentations. Celle-ci est constituée autour d'un mythe produit par un livre et une personne qui se prétend âgé de plus d'un siècle. Il y a un véritable effet de secte autours de cette personne et de ses idées, sans que jamais ses propos ne soient prouvés par la science. Plusieurs articles parlant de la série, que j'ai parcouru, font le lien avec la philosophie du transhumanisme. Celle-ci prétend, à moins que je ne me trompe, contrôler l'évolution humaine afin d'éviter la maladie et même la mort. Mais la question des conséquences sociales n'est que rarement posée et ses défenseurs semblent souvent être des personnes particulièrement puissantes. La série pose cette question puisque la raison cachée de toutes ces expérimentations et de trouver le moyen de repousser l'âge limite des humain-e-s tout en abaissant la population pauvre du monde. Il y a donc un but eugénique avec l'idée qu'une partie importante de la population ne mérite pas de vivre.

Cette série est aussi une série qui s'attaque frontalement aux questions du contrôle du corps. Les clones sont considéré-e-s non pas comme des humain-e-s indépendant-e-s mais comme des expérimentations qui appartiennent à des corporations privées. Ceci justifie l'usage de méthodes autrement illégale comme les enlèvements et les actes médicaux sans consentements. Dans cette saison, on apprend que les néolutionniste n'hésitent pas à user des corps pour les besoins sans prendre en compte de considérations éthiques. Mais elle va plus loin en plaçant ce groupe au centre d'un effort mondial pour prendre le contrôle des données génétiques de la population humaine, ceci dans un but eugénique. Les activités du Clone Club ne sont pas seulement un moyen de lutter contre une corporation mais aussi et surtout un souhait de garder le contrôle de leurs corps face à un monde médical et scientifique sans éthiques et qui considère que les corps féminins leurs appartiennent. Bien que l'on puisse penser à Kyra et Helena l'un des clones dont l'histoire est la plus tragique de ce point de vue est Rachel. Dès son enfance elle souhaite être libre mais elle apprend qu'elle est toujours contrôlée. Dans cette saison elle pense être enfin émancipée mais elle apprend que l'on contrôle son corps d'une manière encore plus invasive, ce qui mène à ses décisions lors de la fin de la série.

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***** Une série qui a réussi à garder une qualité importante en 5 saisons et dont la conclusion me semble parfaitement maitrisée. Sans parler des qualités d'actrice de Tatiana Maslany qui porte cette série depuis le premier épisode.

Image : Allociné

Site officiel

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11:04 Écrit par Hassan dans féminisme/gender/queer, LGBTIQ, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : orphan black | | | |  Facebook

injustice II 2 par Tom Taylor, Bruno Redondo, Daniel Sampere et Juan Albaran

Titre : injustice II 2
Auteurs : Tom Taylor, Bruno Redondo, Daniel Sampere et Juan Albaran
Éditeur : DC 1 mai 2018
Pages : 160

Ce volume 2 contient injustice II 7-12 et 14. Petit à petit, le monde et les États-Unis sont en train de retrouver un semblant de normalité après le régime de Superman. Un nouveau président a été élu et même s'il y a des points de friction Batman aka Bruce Wayne essaie de créer un lien entre ce président et un groupe de personnes capables de changer le monde. Mais le plan n'a pas eu le temps d'être mis en place qu'une partie des personnes les plus riches de la planète sont assassinées. Derrière cet attentat se cache le retour de la Ligue des assassins dont le chef souhaite prendre le contrôle du monde. Afin d'éviter d'être mis à mal par des héros il décide aussi de capturer leurs enfants et d'en faire des otages. Mais Batman n'est pas du genre à accepter ce genre de comportement.

SPOILERS

Cette nouvelle série débute tout simplement par une tentative de reconstruction. Le premier volume mettait en place une rencontre entre l'ancien président, le nouveau et un groupe constitué autour de Batman. Mais le scénariste essaie aussi de créer de nouvelles menaces dans un monde que l'on sait encore fragile. Malheureusement, cet aspect n'est pas assez mis en avant mais j'y reviendrais. Utiliser la ligue des assassins, dont le fils de Bruce et un nouveau Batman font parties, est une bonne idée. La ligue est capable de frapper fort tout en ayant un but précis en tête. Ce but est mis en avant dans ce second tome et permet de justifier le lien entre plusieurs personnages qui ne sont pas forcément proches. De ce point de vue ce second volume est réussi et n'hésite pas du tout à créer des drames

Malheureusement, l'auteur laisse de côté les intrigues politiques afin de se concentrer sur l'attaque contre la Ligue. On ne nous donne que peu d'informations sur le nouveau président et sa politique, on sait simplement qu'il ne fait pas attention à l'environnement. On ne voit rien du monde extérieur aux États-Unis alors que d'autres états ont souffert de Superman. Et surtout on ne sait rien des restes du régime de Superman. Ou sont, par exemple, les membres de sa milice ? Le scénariste a aussi la bonne idée de donner un but justifiable au chef de la Ligue, bien que ses moyens d'actions ne le soient pas. Pendant une page on pourrait même penser que lui et Batman pourraient dialoguer afin de créer un plan d'action commun et pacifique. Malheureusement, ce lien potentiel est immédiatement anéanti par le scénario, ce que je trouve dommage. Pour moi, ce second volume est donc en demi-teinte.

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*** Bien que l'intrigue du volume soit réussie j'aurais aimé une attention plus importante envers les besoins et les difficultés d'une reconstruction après un régime tyrannique.
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Image : Éditeur

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