17/03/2018

Dragon Age 1. The stolen throne par David Gaider

Titre : Dragon Age 1. The stolen throne
Auteur : David Gaider
Éditeur : Tor Books 28 aout 2012
Pages : 464

J'ai beaucoup aimé Dragon Age. Le jeu est d'une grande richesse, malgré un second opus moins bon. Comme souvent, j'apprécie particulièrement le décor historique que j'aime apprendre à connaitre. Ce roman était donc l'occasion d'entrer un peu plus dans ces légendes. Celui-ci se déroule bien avant le premier jeu. Le royaume de Ferelden n'est plus libre. Il est gouverné par un roi mis en place par l'Empereur d'Orlais. Cependant, la famille royale d'origine est toujours vivante et a réussi à constituer une armée capable de faire vivre la rébellion. Du moins jusqu'à ce que des nobles tuent la reine. Le seul survivant est le jeune prince Maric. Mais il est seul, il est pourchassé et la rébellion est sur le point d'être écrasée. Personne ne croit que Maric puisse réellement libérer Ferelden.

SPOILERS

Ce livre est mauvais. En fait, il est difficile de trouver quelque chose de positif, mis à part de mieux connaitre une part de la légende de Dragon Age et de retrouver un univers familier. Mais ce n'est pas assez pour sauver un roman. Le premier problème concerne les personnages. On nous on présente quatre principaux que l'on suit régulièrement. Maric est l'archétype du jeune prince un peu balourd mais dont la destinée lui permet de devenir adoré par ses troupes. Loghain est le cynique réaliste et... il n'est que ça. Rowan, elle, est l'amoureuse qui croit au devoir et aux serments tout en étant une guerrière. Enfin, nous avons Katriel. Elle est une espionne chargée de piéger Maric mais, après l'avoir rencontré, elle tombe amoureuse de lui à cause de son charme et de sa gentillesse. Les personnages ne sont que des caricatures qui agissent non selon une certaine logique, une éducation, mais parce qu'illes ont des rôles précis. Ainsi, Loghain est chargé de défendre des décisions difficiles tandis que Rowan défend l'honneur. Maric choisissant selon ce qui est le plus gentil.

Les choses sont pires encore lorsque l'auteur décide de créer un triangle, puis un carré, amoureux. Certes, l'un des points forts du jeu concerne les relations que l'on peut mettre en place entre différents personnages. Mais ce type de relation est particulièrement cliché dans un roman. Ainsi, on comprend rapidement que Loghain est amoureux de Rowan qui est amoureux de Maric qui ne s'en rend pas compte et tombe amoureux de Katriel. Tout cela débouche sur des chapitres et des dialogues horribles qui empêchent l'intrigue de continuer.

L'intrigue elle-même est problématique. En effet, l'auteur donne l'impression de vouloir mentionner pratiquement tout ce qui est connu dans le jeu. Ainsi, on rencontre quelques personnages connus mais surtout des lieux mis en scène dans le jeu. Tout un chapitre ne concerne qu'un dialogue autours du feu afin de trouver une route sûre, que les personnes ayant joué aux jeux connaissent déjà. Là encore, les chapitres sont trop lents et les dialogues peu utiles. De plus, certains point clés ne sont que mentionnés ou simplement passé sous silence. On ne connait rien de la politique locale, mis à part que la noblesse d'Orlais et le roi sont très méchants, et les batailles sont mises en place bien trop rapidement. Pire encore, la fin n'existe pas. On quitte Maric pour immédiatement lire un épilogue placé des années plus tard. Cette manière de faire est particulièrement frustrante.

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** À ne surtout pas lire !
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Image : Éditeur

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13:15 Écrit par Hassan dans Fantasy | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dragon age, the stolen throne, bioware, tor books | | | |  Facebook

Faith 3. Superstar et Faith 4 The Faithless par Jody Houser, Louise Simonson, Meghan Hetrick, Joe Eisma, Colleen Doran, Kate Niemczyk et Marguerite Sauvage

Titre : Faith 3. Superstar et Faith 4 The Faithless
Auteur-e-s : Jody Houser, Louise Simonson, Meghan Hetrick, Joe Eisma, Colleen Doran, Kate Niemczyk et Marguerite Sauvage
Éditeur : Valiant 10 mai 2017 et 2 aout 2017
Pages : 128 et 112

Le volume 3 contient Faith 5-8 et le volume 4 Faith 9-12. Faith a une vie qui fonctionne bien. Un bon job avec des ami-e-s qui la supportent. Un appartement rempli de ce qu'elle préfère. Un petit ami un peu lointain mais qui accepte d'apprendre ce qu'elle aime. Et une ville qui apprécie son travail. Mais il est difficile de vivre à Los Angeles sans entrer dans des drames. L'un de ces drames concerne une jeune actrice attaquée par tout le monde. Depuis peu elle semble être capable de s'attaquer aux autres êtres humains et ses capacités ont attiré l'attention d'un groupe que Faith n'apprécie pas. Pourra-t-elle éviter de perdre ?

SPOILERS

Ces deux tomes se déroulent avant Faith and the future force et me permettent de mieux comprendre les événements mentionnés. Il faut noter aussi deux numéros particuliers. Le premier se concentre sur l'élection à la présidence des États-Unis et supporte le droit de vote, ainsi que la présidence Hillary Clinton. Le second s'intéresse aux ami-e-s de Faith et à leur manière de l'aider ou de se penser comme membres de son groupe. Ce numéro est plutôt sympathique et bien écrit.

Mais ces deux volumes permettent surtout de créer un groupe antagoniste. Le dernier membre est un... chat. Les autres sont des visages déjà observé dans les volumes précédents. Avec Chris Chriswell comme chef. Leur attaque contre Faith permet de mettre à mal sa réputation dans la ville. Mais c'est surtout la relation de l'héroïne avec chacun des membres du groupe qui est intéressant, avec quelques pages dédiées à chacun-e. L'un, en particulier, pourrait bien devenir un allié plus tard. Je ne sais pas si la série va continuer mais je l'apprécie toujours autant et je m'y replongerais avec plaisir.

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**** Les différents volumes se rejoignent dans un dernier combat qui prend en compte tout ce qui a été écrit sur le personnage. C'est plutôt une bonne lecture
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Image : Éditeur

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16/03/2018

Faith and the future force par Jody Houser, Stephen Segovia, Barry Kitson, Diego Bernard et Cary Nord

Titre : Faith and the future force
Auteur-e-s : Jody Houser, Stephen Segovia, Barry Kitson, Diego Bernard et Cary Nord
Éditeur : Valiant 6 décembre 2017
Pages : 112

Ce volume contient Faith and the future force 1-4. Faith Herbert a quitté son groupe héro-ïne-s pour s'établir à Los Angeles dans un petit boulot pour un site web, très loin du journalisme. Mais elle continue à parcourir les rues de sa ville dans son costume. Du moins jusqu'à ce qu'un super vilain ne décide de l'attaquer. Actuellement, elle est forcée de se cacher en espérant ne pas être reconnue. Mais son plus grand rêve va devenir réalité. Une voyageuse du temps entre dans son bureau et lui demande de la suivre pour une aventure à travers différentes époques. Car quelqu'un est en train de détruire l'histoire de l'humanité et Faith et la seule personne capable d'arrêter cette catastrophe.

SPOILERS

Malheureusement je ne sais pas exactement où se situe cette aventure selon la série actuelle. Dans le doute, j'ai décidé de le lire et on se rend compte assez facilement que certains événements n'ont pas encore eu lieu. Donc, attention aux spoilers si vous ne connaissez pas encore la série principale. Personnellement, j'ai retrouvé tout ce qui me fait apprécier ce personnage. Une femme qui adore la pop culture et qui fait des références à toutes les pages. Au vu de l'intrigue, il est évident que Doctor Who va être mentionné à plusieurs reprises. Faith est aussi une personne qui essaie, de toutes ses forces, d'être la meilleure version possible d'elle-même afin de ne pas abandonner les personnes qu'elle apprécie ou qu'elle veut sauver. À mon avis, ce personnage est très rafraichissant.

L'intrigue, en revanche, peut sembler répétitive. En effet, les différents numéros débutent tous de la même manière et se termine aussi de manière identique. On peut ne pas apprécier cela mais je pense que ce fonctionnement est logique si l'on prend en compte le fonctionnement du voyage temporel. En effet, la voyageuse du temps reçoit un message d'échec, recrute Faith, plus plusieurs autres personnes, et échoue. Parfois, faire preuve d'héroïsme n'est pas la solution. Et j'apprécie beaucoup la scénariste d'avoir pensé à utiliser un de ses personnages, un super vilain, pour finalement vaincre la menace ! J'ai beaucoup apprécié les pages durant lesquelles les deux vilains dialoguent pour finalement trouver une solution ! Bref, une minisérie qui n'est pas de la grande écriture mais que j'ai appréciée pour son humour et son intrigue.

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**** Une impression totalement subjective que j'assume totalement !
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Image : Éditeur

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15/03/2018

Luke Cage saison 1

Luke Cage est un ancien membre des forces de l'ordre, après un passage dans l'armée américaine. À la suite d’un problème il est incarcéré. Actuellement, il est en dehors de la prison et il souhaite reconstruire sa vie en oubliant son passé. Il se rend à New York ville dans laquelle il rencontre Jessica Jones. Plus tard, après le procès du Punisher, Luke Cage vit à Harlem. Il travaille dans une boite de nuit le soir et chez un barbier la journée. Personne ne fait attention à lui. Mais la criminalité qui gangrène le quartier le force à prendre position. Soudainement, il devient célèbre et la police commence à s'intéresser à lui. Mais Luke Cage ne veut que vivre tranquille, il ne souhaite ni devenir une célébrité ni devenir un héros.

SPOILERS

J'apprécie beaucoup les génériques des séries Marvel sur Netflix. Chacun nous donne une histoire en elle-même. Pour Daredevil, j'ai l'impression que la ville n'est qu'abstraction avec un usage détaché de certains symboles. En ce qui concerne Jessica Jones, elle observe la vie des gens sans y entrer et son logo est brisé. Pour Iron Fist, on se concentre sur le héros (ce qui montre bien le ton de la série). En ce qui concerne Luke Cage les noms des rues de son quartier sont projetés sur son corps. Autrement dit, Luke Cage fonctionne dans une communauté membre d'un quartier précis auquel il est intégré. De plus, à l'instar de Jessica Jones, Luke Cage est un héros qui ne veut pas en devenir un. Pendant une grande partie de la saison l se contente de réagir tout en refusant de prendre des responsabilités. Ce n'est que tardivement qu'il incarne une identité héroïsée, alors que la ville se divise sur son cas.

Selon moi, la première partie de la saison est très réussie. On nous offre deux antagonistes particulièrement intéressants, membres de la même famille. Ces deux personnes se sont divisé le pouvoir afin de mieux se soutenir. Le cousin prend le contrôle du crime local tandis que la cousine est une politicienne connue. Se soutenant mutuellement, illes ne peuvent que devenir plus important. De plus, illes incarnent une certaine vision de la communauté noire de Harlem. Vision contre laquelle se porte Luke Cage. Bien que l'on puisse difficilement les soutenir, on se demande régulièrement si Luke Cage n'est pas plus proche d'elleux qu'on ne le croit.

Malheureusement, la seconde partie de la saison me semble moins réussie. Celle-ci débute alors que le demi-frère de Luke arrive en ville. Premièrement, ce frère apporte des armes capables de mettre à mal les pouvoirs de Luke. Ce qui force ce dernier à prendre une position bien plus offensive plutôt que d'éviter d'attaquer (ce qu'il n'a pas besoin de faire au vu de ses pouvoirs). Mais surtout, les scénaristes ont décidé de le placer afin de créer une intrigue autours du passé de Luke Cage. La série change de style pour ne plus parler de communauté mais de jalousie et de vengeance entre deux demi-frères. Selon moi, cette intrigue est bien moins intéressante et gâche cette première saison qui, sinon, est réussie.

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**** Nous nous trouvons dans le même cas que Daredevil. Une très bonne intrigue durant une partie de la saison puis une intrigue moins intéressante la remplace.
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Site officiel

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14:52 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, Marvel, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : luke cage, marvel, netflix | | | |  Facebook

13/03/2018

Daredevil saison 2

TW : Tortures

Wilson Fisk n'est plus une ombre dans la pègre de New York. La ville entière connait son nom ainsi que les actes qu'il a commis. Il est neutralisé, en prison. Le Daredevil, lui, continue son travail clandestin dans les rues de Hell's Kitchen. Bien que la presse ne parle pas de lui et que la police ne soit pas en sa faveurs, la population semble l'avoir adopté. Même le cabinet Nelson and Murdock est prospère. Cependant, Matt Murdock, Foggy Nelson et Karen Page tombent sur une affaire qui remet en cause leur partenariat. En effet, il y a un nouveau justicier dans les rues. Mais celui-ci ne se contente pas de frapper des criminels. Il s'attaque aux différentes mafias en tuant tous leurs membres. Hell's Kitchen est devenu une zone de guerre.

SPOILERS

J'avais beaucoup aimé la saison 1 de cette série. Son fonctionnement est très réaliste. Mieux encore, la réalisation a réussi à créer un vilain très intéressant, qui ressemble bien plus à Matt Murdock que ce dernier ne le pense. Enfin, la série déconsidérait le travail de Daredevil pour mieux mettre en avant la manière dont user des lois peut permettre de gagner. Cette seconde saison part sur de très bonnes bases pour mieux étendre la mythologie du personnage, d'autant que d'autres séries ont eu lieu ou ont été annoncée dans le même univers. Là encore, la saison 2 débute avec un thème central au genre mais rarement bien écrit : qu'est-ce que la justice. Pour le développer la réalisation décide d'introduire une version radicalisée des justiciers : le Punisher. Celui-ci considère que le système ne fonctionne pas et qu'il est nécessaire de tuer les criminels. Daredevil considère le système comme imparfait et donc offre une correction. Tandis que la police et Foggy Nelson croient au système. La confrontation permet de réaliser un épisode superbe durant lequel Daredevil et le Punisher discutent sur un toit de leurs méthodes. Malheureusement, ce bon côté ne fonctionne pas durant l'entier de la série.

En effet, lors de l'arrivée de la moitié de la saison, un nouveau personnage apparait : Elektra. Celle-ci arrive alors que le Punisher est soumis à un procès. Le problème d'Elektra n'est pas son existence mais que son histoire parasite le thème principal de la seconde saison pour développer ce qui se termine dans The Defenders (après un passage par Iron Fist). Ainsi, la série oublie le thème de la justice pour mettre en avant une forme de mysticisme. Daredevil oublie son rôle d'avocat et enquête sur un groupe de ninjas provenant de temps immémoriaux. Cette partie de la saison est bien moins intéressante d'autant qu'elle ne fonctionne pas avec le thème plus terre à terre mis en place avec l'arrivée du Punisher. La série, donc, change de style en plein milieu de la saison sans véritablement le justifier.

Heureusement, il existe Karen Page. Ce personnage, introduit dès le premier épisode de la saison 1, est probablement celui qui a le mieux changé durant la série. Elle débute comme une victime ayant besoin d'être sauvée pour continuer comme une victime qui décide d'aider ses avocats par gratitudes. Vers la fin de la saison 1 la série met en avant ses talents de documentalistes. Cette seconde saison continue sur cette lancée. Mieux encore, elle libère le personnage en lui donnant ses propres motivations, des choix qui ne dépendent pas de Matt Murdock et surtout en lui offrant un rôle différent de celui de secrétaire. Bien que la transition puisse paraitre abrupte, son passage à un rôle de journaliste d'investigation est très intéressant et j'espère que la réalisation saura user de ce personnage.

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*** La saison commence très bien, puis s'effondre lors de la seconde partie de la saison et de son récit de conspiration ninja sans intérêt.
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08:44 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, Marvel, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : daredevil, netflix, marvel | | | |  Facebook

11/03/2018

Les femmes et le sexe dans la Rome antique par Virginie Girod

Titre : Les femmes et le sexe dans la Rome antique
Autrice : Virginie Girod
Éditeur : Tallandier 2017
Pages : 383
TW : Mentions de viols, mentions de prostitutions forcées

Récemment, j'ai souhaité en savoir plus sur le fonctionnement de la Rome antique, en particulier durant l'époque Julio-Claudienne. La lecture des manuels que j'ai mentionnés ici fait partie de cette envie. Mais un manuel n'est pas aussi précis qu'une recherche spécifique. Il manquait, en particulier, beaucoup d'informations sur la place des femmes dans cette société. Je me suis donc intéressé à ce livre, tiré d'une thèse, de Virginie Girod. L'autrice pose la question de la place des femmes dans une société d'ordre et masculine. Pour cela, elle s'intéresse aussi bien aux mythes qu'aux sources littéraires et aux graffitis. Pour son travail, Virginie Girod met en place trois parties spécifiques.

La première est une analyse de la morale imposée aux femmes dans la société romaine antique. Pour mettre en avant ses découvertes, elle se base sur les mythes et les cultes. Un premier chapitre examine plusieurs mythes fondateurs de l'époque romaine, partant aussi loin que la mère des fondateurs de Rome. L'autrice montre que ses mythes ne sont pas de simples histoires mais aussi, et surtout, des moyens de défendre une forme de moralité des femmes. Ainsi, les souillures, en particulier les viols, ne peuvent être réparés que par la mort du criminel et de la victime. Dans un second chapitre, elle s'intéresse aux différents cultes qui permettent de mettre en avant plusieurs "ordres féminins" basés sur la fécondité et la disponibilité sexuelle. Enfin, elle s'intéresse aux interdits tel que l'inceste. Ainsi, ces premiers chapitres permettent de comprendre de quelle manière la société romaine pensait la place des femmes.

Une seconde partie s'intéresse plus spécifiquement aux corps féminins. Dans un premier temps, Virginie Girod met en avant la fonction reproductrice des femmes. Elle démontre que cette fonction est au centre de la vie des jeunes filles dès la naissance, alors que leur corps est modelé à la fois pour suivre une norme de beauté et rendre plus facile l'enfantement. Dans un second chapitre, elle s'intéresse à l'apparat. Son analyse passe aussi bien par l'examen de la beauté féminine, telle qu'elle est pensée par les romain-e-s, que par l'examen de la manière de se préparer. Elle démontre que la beauté féminine est basée sur une vision de la place des femmes. Celles-ci sont censées vivre à l'intérieur et donc doivent être blanches. Alors que les hommes peuvent subir le soleil. Cependant, il est nécessaire de s'apprêter par un maquillage compliqué, et parfois dangereux, mais aussi une coiffure, les cheveux étant un attribut particulièrement érotique pour les romains. Enfin, elle examine les pratiques sexuelles ainsi que leur acceptation.

Enfin, une dernière partie s'intéresse à la division des femmes en "classes". Les premières sont les matrones. Elles portent des habits spécifiques et sont porteuse de la mission de l'enfantement des citoyens. L'autrice s'intéresse de près à la stratégie matrimoniale des julio-claudiens, et en particulier d'Auguste. Ce dernier essaie d'utiliser sa fille comme moyen de se créer une descendance capable de lui succéder mais aussi pour créer des alliances politiques. Les femmes de la dynastie ont pu, d'ailleurs, mettre en avant des hommes qui devinrent des empereurs. Dans un second chapitre, elle s'intéresse à la prostitution. Elle démontre qu'il existe une prostitution pauvre mais aussi une riche. La première est très dépendante de leurs maigres ressources tandis que les secondes peuvent devenir très riches. Enfin, l'autrice pose la question des concubines et des adultères. La seconde est un danger car son acte corrompt le sang familial. Tandis que ls concubines sont des femmes qui ne peuvent pas être épousées, mais les relations des hommes avec elles sont possibles dans une certaine mesure.

En conclusion, ce livre permet de réparer un manque important de mes connaissances sur les femmes du monde romain antique. Les propos de l'autrice sont convaincants et son écriture est très plaisante. J'ai beaucoup appris sur des sujets variés mais qui permettent tous de mettre en avant un fonctionnement patriarcal de la société romaine avec une division des femmes en différents statuts selon leur rôle : enfanter ou offrir une sexualité.

Image : Éditeur

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06/03/2018

Disonored. The corroded man par Adam Christopher

Titre : Disonored. The corroded man
Auteur : Adam Christopher
Éditeur : Titan Books 27 septembre 2016
Pages : 384
TW : Tortures, Meurtres

Il y a 15 ans, la régence tyrannique du meurtrier de l'impératrice est tombée. Depuis, son héritière, Emily Kaldwin règne sur l'Empire. Mais elle n'est pas seule. Outre de nombreuses personnes, elle est conseillée par son garde du corps, et chef du réseau d'espionnage, Corvo Attano. Bien que peu de personnes le sachent, Celui-ci est la raison principale du retour au pouvoir de la famille Kaldwin. Pire encore, il use de la magie, une pratique interdite dans l'empire. Mais sa protection semble permettre à l'Empire et à l'impératrice d'être en sécurité, d'autant qu'il a entrainé cette dernière aux arts de l'assassinat. Alors qu'Emily Kaldwin met à profit cet entrainement pour visiter sa ville de nuit, elle tombe sur des pilleurs de tombe. Elle ne sait pas encore que ces voleurs cachent une conspiration bien plus importante qui pourrait détruire sa vie et son Empire.

SPOILERS

Dishonored est d'abord un jeu vidéo, en deux volumes sans compter les contenus payants, qui offre une immersion dans un environnement steam punk en plein chaos. Outre une conspiration contre la couronne et le personnage principal, le jeu offre une grande liberté d'action avec des conséquences pour la suite de l'histoire selon les décisions prises (dont une forme de punition en cas d'usages immodérés des meurtres en plein jour). C'est un jeu que j'ai particulièrement apprécié pour la liberté qu'il laisse et les nombreux choix possibles pour atteindre un objectif singulier, malgré un fonctionnement par niveau au lieu d'un monde ouvert (comme quoi un monde ouvert n'est pas toujours une bonne chose). J'ai beaucoup aimé l'intrigue principale qui mêle désir de vengeance à politique. J'étais donc curieux de savoir ce que cela donnerait en roman.

Au moins, le roman prend place largement après le premier jeu. En fait, il donne l'impression de mettre en place les éléments pour le second, afin de justifier certaines décisions prises dans l'intrigue. De cette manière, on n'est pas surpris par les capacités de l'Impératrice en matière de meurtres. Cependant, le roman n'essaie pas assez de se détacher du jeu. On retrouve, presque sans changements, le gameplay sous forme de mots. Que ce soit les élixirs de restaurations, les conséquences des choix ou la manière de décider de ses mouvements dans un environnement donné face à des ennemis pas toujours visibles. Bien que cela prouve une connaissance de cet univers par l'auteur, j'avais l'impression de voir ce dernier me commenter sa manière de jouer en direct. Si on ajoute à cela une intrigue peu intéressante avec un vilain de seconde zone, on ne peut qu'être déçu. En effet, l'intrigue est très lente sans mériter autant développement. Là aussi, j'ai l'impression que l'auteur a voulu inclure des éléments du jeu sans réfléchir à leur réelle utilité. Le vilain, lui, est simplement Corvo Attano sous une autre forme. Un héros déchu et trahi qui souhaite se venger.

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** Bien que j'apprécie cet univers, le roman n'a que peu d'intérêts en dehors de préparer le second jeu.
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Image : Éditeur

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04/03/2018

I, Tonya

TW : abus sur enfant et adulte

Tonya Harding est une prodige. Dès son plus jeune âge elle a surpris tout le monde avec ses capacités en patinage artistique. Petit à petit, elle devient de plus en plus connue dans les compétitions locales, nationales puis internationales. Elle détient plusieurs records, que personne avant elle n'avait tenté d'accomplir. Et elle est l'un des espoirs pour les jeux olympiques d'hiver. Cependant, elle n'est pas appréciée par les membres de la fédération de patinage. Elle n'a pas une famille aimante qui la soutient. Son mari est un abuseur. Et surtout, elle se retrouve mêlée à l’agression de sa principale rivale : Nancy Kerrigan. La question que tout le monde se pose est simple. De quelle manière cette compétition a-t-elle dégénéré pour qu'une patineuse soit agressée et que savait Tonya Harding ?

SPOILERS

Je ne suis pas le genre de personnes qui regardent le sport à la télévision ou en direct. Je ne connais presque rien aux différents sports mis en scènes dans les jeux olympiques. Mais je suis toujours intéressé à mieux connaitre la manière dont un scandale peut être mis en scène, tout en ayant conscience des limites d'une adaptation. Le film s'annonce comme une tentative de mettre en scène le point de vue de différentes personnes sans choisir qui dit la vérité. Mais on peut légitimement se demander si cela est vrai.

En effet, le film fonctionne par la reconstitution de scènes d'époques et d'interviews des personnages. Les costumes et les scènes sont plutôt réussis. Mais il me semble que la réalisation fait un choix concernant cette histoire. Celui-ci est de se moquer de toutes les personnes présentes. Les premières victimes sont, bien entendu, le mari de Tonya et son complice présentés comme des imbéciles incapables de comprendre ce qu'ils font. La mère de Tonya est aussi moquée et jamais son comportement n'est vraiment mis en cause, quel que soit la vérité à ce sujet. Enfin, Tonya est moquée comme une jeune femme qui ne comprend pas vraiment ce qui se déroule et refuse de remettre en cause ses choix.

Justement, ce dernier point me semble particulièrement problématique si l'on prend en compte la manière dont Tonya Harding est dépeinte. Son histoire est montrée comme une succession d'abus. Tout d'abord, sa mère est montrée comme possessive mais surtout violente envers elle. La forçant à s'entrainer sans pauses, à porter des habits inadaptés pour l'école en vue de sa carrière. Ceci se termine sur un couteau lancé contre sa fille. Les abus continuent avec son mari qui, selon le film, lui fait du mal régulièrement jusqu'à utiliser une arme à feux. La mise en scène semble dire que ces violences sont dû à Tonya qui les accepte et est elle-même violente. Ce ne serait qu'une manière de fonctionner et non des relations problématiques. Ce film me semble donc poser des problèmes importants aussi bien en ce qui concerne le respect de certains protagonistes que de la manière dont la vie de Tonya Harding est dépeinte.

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*** Margot Robbie est joue très bien et les costumes sont superbes mais je me pose beaucoup de questions en ce qui concerne le point de vue du film.
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Image : Site officiel

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09:48 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : i tonya, moi tonya | | | |  Facebook

03/03/2018

Ladybird

Sacramento, Christine, qui a choisi le nom de Lady Bird, vit avec sa famille dans un milieu modeste de la ville. Sa mère est une infirmière psychiatrique qui est obligée de faire des heures supplémentaires tout en s'occupant de la maison. Son père risque de perdre son travail. Son frère et sa compagne vivent dans la même maison tout en travaillant dans le magasin du quartier. Lady Bird, elle, est encore une adolescente au lycée. Elle souhaite faire de l'art mais elle ne sait pas si elle est douée. Elle veut rester avec sa meilleure amie mais elle voudrait être plus populaire. Elle veut ressembler aux femmes de magazines tout en espérant que sa mère la trouve belle. Mais son véritable rêve est de quitter Sacramento afin d'étudier dans une université de la côte est, New York si possible. Mais ses résultats ne sont pas en faveurs d'un tel choix et sa mère elle-même n'est pas certaine de l'accepter.

SPOILERS

J'ai beaucoup aimé ce film, mais je ne sais pas exactement pour quelle raison. En revanche, je sais que ce film se situe dans un genre connu, et souvent mis en scène, le passage de l'enfance à la vie adulte lors de l'adolescence. Lady Bird n'est pas montrée comme une jeune femme égoïste, du moins je ne le comprends pas ainsi, mais comme une adolescente qui tente d'atteindre ses rêves et qui est frustrée par le milieu dont elle provient. A de nombreuses reprises, le film nous montre de quelle manière Lady Bird réagit lorsqu'elle est confrontée à un problème. Ceci est montré dès le début du film. Lady Bird et sa mère sont dans leur voiture après avoir fait une tournée des universités. Elles écoutent, silencieuses, une adaptation d'un roman classique. Les deux réagissent exactement de la même manière. Mais dès que la cassette s'arrête elles commencent à se disputer, l'une sur le besoin de devenir adulte et l'autre sur le souhait de rêver. La dispute se termine lorsque Lady Bird préfère sauter de la voiture en marche au lieu d'écouter sa mère. À mon avis, l'essence du film est parfaitement résumée lors de cette scène, une des premières. La relation entre l'adolescente et sa mère sont compréhensibles en quelques minutes. Le reste du film continue sur la même voie en dépeignant le passage par plusieurs moments qui pourraient marquer l'entrée dans la vie adulte.

Ce que j'apprécie dans ce film ne concerne pas seulement sa mise en scène ou son thème. J'ai aussi beaucoup aimé le jeu des acteurs et actrices ainsi que l'écriture des dialogues. Il m'arrive souvent d'avoir une impression d'étrangeté face aux dialogues. Ils ne me semblent pas toujours être ce qu'une personne dirait réellement. Ce problème est particulièrement important dans les films qui mettent en scène des enfants (je parle de toi Harry Potter). Bien entendu, écrire un film implique de créer des dialogues afin d'atteindre un certain but. Mais il ne faut pas oublier la nécessité de toucher des personnes réelles, non en se moquant mais en se rapprochant par la dialogue. Dans ce film, les interactions entre les personnages et leurs propos me semblent "réels." J'ai l'impression d'avoir des personnes qui parlent librement en face de moi, qui réagissent normalement face à des situations particulières. Honnêtement, c'est une bouffée de fraicheur.

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***** Dès la bande annonce j'ai voulu voir ce film, avec quelques craintes. Je ne regrette pas du tout mon choix et il est probable qu'il reste l'un de mes préférés de l'année 2018.

Image : Allociné

Site officiel

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10:33 Écrit par Hassan dans féminisme/gender/queer, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ladybird | | | |  Facebook

02/03/2018

East of West. 7 Leçons pour les soumis par Jonathan Hickman, Nick Dragotta et Frank Martin

Titre : East of West. 7 Leçons pour les soumis
Auteurs : Jonathan Hickman, Nick Dragotta et Frank Martin
Éditeur : Urban comics 27 octobre 2017
Pages : 136
TW : Tortures, Meurtres

Ce tome contient East of West 30-34. La dernière rencontre des élu-e-s a eu lieu et s'est mal terminé. Le prophète a combattu Loup tout en promettant la destruction de la Nation Infinie. Les autres personnes élues ont pu s'enfuir mais pas sans combattre l'armée des pèlerins de la fin des temps. Et les cavaliers de l'apocalypse ne sont observés par personne. La guerre de la fin des temps entre dans une nouvelle phase. Des nations vont tomber, plus vite que d'autres, tandis que certains vont révéler leur véritable force. Et, au milieu, il n'y a que de simples humain-e-s.

SPOILERS

Ce tome 7 est bien meilleure que le précèdent. Tout d'abord, il nous offre quelques informations sur certains événements passés, parfois proches. On en sait beaucoup plus sur les personnages et les raisons de leur absence ou présence. Ces petites touches de flash backs ne sont pas très développés mais réussissent tout de même à donner une nouvelle profondeur à l'histoire tout en ne dénaturant pas ce que l'on savait déjà.

Mieux encore, les auteurs développent l'un des personnages les plus intéressant de la série, à défaut d'être sympathique. On pourrait craindre que les révélations n'en fassent qu'un surhomme capable de tout mais elles s'inscrivent bien dans ce que l'on sait de ce personnage. Peu importe l'arme, il est sans pitié et la maitrise à la perfection. Ce développement permet de donner un peu plus d'enjeux à une série qui semblait se concentrer sur des personnages moins intéressants. Ainsi, après un tome 6 un peu mot celui-ci n'hésite pas à détruire et tuer tout en suivant l'intrigue mise en place par les auteurs.

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***** Après un tome 6 que j'ai trouvé laborieux je retrouve tout ce qui m'a fait aimer cette série, et ça me plait.

Image : Éditeur

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East of west. 6 Psaumes pour les déchus par Jonathan Hickman, Nick Dragotta et Frank Martin

Titre : East of west. 6 Psaumes pour les déchus
Auteurs : Jonathan Hickman, Nick Dragotta et Frank Martin
Éditeur : Urban comics 17 mars 2017
Pages : 144
TW : Tortures, Meurtres

Ce tome contient East of West 25-29. La guerre a commencé. Outre la République du Texas l'une des victimes et le lieu neutre d'Armistice. Les différentes nations se sont préparées et certaines ont lancé des attaques secrètes contre d'autres. Mais avant que tout n'explose il reste une dernière chose à faire. Les personnes élues, ainsi que les cavaliers, sont convié-e-s par Orion le prophète. Bien que les invitations soient toutes acceptées réunir dans un même lieu autant de personnes méfiantes et qui se détestent risque d'être explosif. D'autant qu'Orion a aussi invité des pèlerins. Pendant ce temps Mort continue à chercher son fils. Sa quête doit se terminer le plus rapidement possible car des assassins ont été envoyé pour tuer l'enfant.

SPOILERS

Hickman est un scénariste que j'apprécie. J'aime observer ses intrigues se développer sur le long terme, autours de la réaction de ses personnages face à la destruction d'un ouvrage important pour le fonctionnement de l'univers. Dans cette série, Hickamn nous demande ce qui se déroulerait si l'un des cavaliers de l'apocalypse refusait de détruire le monde. Pendant 5 tomes, les auteurs nous dépeignaient un monde en perdition, tenu par une secte élitiste. Ceci en nous promettant une guerre et la destruction du monde.

Dans cette intrigue ce tome 6 semble presque être un moment de calme entre deux tempêtes. Une partie des personnages importants n'apparaissent pas tandis que la majorité des autres discutent tranquillement autours d'une table du destin du monde et de leur personne. Bien entendu, cela permet de placer une nouvelle intrigue et de préparer la suite de l'histoire mais il ne se passe presque rien en beaucoup de numéros. Les auteurs permettent aussi à Mort de retrouver son fils. Là aussi la fin de cette intrigue me semble un peu précipitée. Après plusieurs tomes de recherches difficiles Mort semble tomber sur son fils au détour du chemin. J'espère que la suite permet de continuer l'intrigue plutôt que e faire une pause.

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*** Un tome qui semble faire une pause dans l'intrigue et que j'ai moins apprécié
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Image : Éditeur

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28/02/2018

L'imaginaire du sabbat. Edition critique des textes les plus anciens (1430 c. - 1440 c.) par Martine Ostorero, Agostino Paravicini Bagliani, Kathrin Utz Tremp et Catherine Chène

Titre : L'imaginaire du sabbat. Edition critique des textes les plus anciens (1430 c. - 1440 c.)
Auteur-e-s : Martine Ostorero, Agostino Paravicini Bagliani, Kathrin Utz Tremp et Catherine Chène
Éditeur : Cahiers Lausannois d'histoire médiévale 26 (1999)
Pages : 571

Lorsque l'on s'intéresse à l'histoire de la chasse aux sorcières on nous mentionne un certain nombre de textes qui ont permis de fonder celle-ci d'un point de vue idéologique. Mais, bien entendu, ces textes sont souvent en latin et ne sont pas toujours édités. Sachant cela, les auteur-e-s de ce volume 26 des cahiers Lausannois d'histoire médiévale ont souhaité éditer 5 textes médiévaux qui, selon elleux, fondent l'idée de sabbat. La lecture et la compréhension de ces textes doit permettre de comprendre de quelle manière le sabbat fut constitué, comme groupe sectaire d'adorateurs du diable, et quels sont les composantes de cette rencontre. On devrait donc observer une évolution et l'apparition de certaines idées.

Chacun de 5 textes sont travaillés de la même manière. Tout d'abord, l'un des auteur-e-s organisent une introduction qui lui permet de situer le texte et d'expliquer la tradition du manuscrit. Cette introduction permet aussi d'expliciter les choix éditoriaux concernant aussi bien le texte latin que sa traduction. Celle-ci suit avec, en vis-à-vis, le texte latin et sa traduction. Les deux sont soumis à une critique sous forme de notes de bas de page. Il n'y a que le dernier texte qui ne soit pas traduit, les auteur-e-s ayant gardé la forme en vieux français. Ensuite, l'un des auteur-e-s est chargé de mettre en place un commentaire du texte qui permet de le placer dans un contexte plus large mais aussi de mettre en avant son influence et les sources que l'on y trouve. Les historien-ne-s essaient aussi de valider les informations en retrouvant les auteurs des textes et les personnes mentionnées. Enfin, il peut arriver que des annexes soient ajoutées, que ce soit sous forme de textes ou d'images.

Il existe un grand nombre de travaux sur la chasse aux sorcières. L'université de Lausanne, dont les auteur-e-s sont ou furent membres, est l'un des points d'expertise du sujet puisque le territoire de ce qui est maintenant la Suisse a connu l'un des chasses les plus importantes. En tant qu'habitant, j'ai été très intéressé par les informations que ce livre m'a offertes. Cependant, sa lecture est assez particulière. En effet, c'est avant tout une édition de sources commentées. Les essais des auteur-e-s portent sur des textes précis qui découpent le livre en 5 parties. La lecture de ces sources n'est pas forcément aisée et les commentaires et introductions sont parfois très arides, même si cela est nécessaire pour un travail de ce type. En résumé, ce livre est intéressant mais la lecture est loin d'être aisée.

Image : Payot

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25/02/2018

Deux Ex: Icarus Effect par James Swallow

Titre : Deux Ex : Icarus Effect
Auteur : James Swallow
Éditeur : Random House 22 février 2011
Pages : 352
TW : Tortures, Meurtres, Attentats

Le futur proche, le monde est ravagé par les guerres de ressources et la pollution. L'économie a ressenti brutalement l'entrée en scène des robots. Les sociétés de sécurités privées et de guerres sont de plus en plus privatisées et puissantes. Dans ce contexte une nouvelle technologie entre en scène : les augmentations. N'importe qui peut, grâce à cette technologie, devenir bien plus qu'une simple personne humaine, que ce soit pour être plus productif ou pour devenir une machine de guerre presque impossible à stopper. Mais un groupe de personnes souhaitent bannir cette technologie, ce qui pourrait être en faveurs d'un groupe secret : les Illuminatis. Deux personnes se retrouvent impliquées dans cette guerre pour l'avenir de l'humanité.

SPOILERS

Deus Ex est une franchise bien connue. Elle dépeint un monde peu agréable mis à mal par une technologie omniprésente utilisée pour contrôler le fonctionnement du monde et de ses habitant-e-s. La franchise pose de nombreuses questions sur l'usage des technologies et, en particulier, sur le transhumanisme. En créant les augmentations, des moyens de modifier son corps pour devenir "meilleur", Deux Ex pouvait très bien se baser sur des idées défendues par des personnes bien réelles. Malheureusement, j'ai toujours une impression de manque. Il me semble que la série des jeux, bien qu'intéressante, n'arrive pas toujours à bien parler de son sujet. Je souhaitais que ce livre offre une perspective différente, un peu plus développée.

Malheureusement, le roman est très peu intéressant. Les questions posées par l'intrigue ne sont jamais développées. Dès le début, on nous explique que les antagonistes essaient de faire tourner l'ONU contre la technologie des augmentations. Immédiatement, les "gentils" décident de faire en sorte que l'ONU soit en faveurs. Jamais il n'est posé de questions difficiles sur cette technologie, ce que cela implique pour l'humanité et le danger posé par des personnes devenues des armes vivantes impossibles à arrêter. L'auteur préfère tenter d'adapter le jeu en nous offrant de nombreuses scènes de combats selon la perspective des personnages. On se trouve donc dans la position de suivre les personnes qui nous présentées comme héroïques sans savoir pourquoi elles sont défendues comme telles. Pire encore, de nombreux groupes nous sont présentés sans jamais expliciter leur histoire. À mon avis, seules les personnes qui connaissent la franchise peuvent comprendre l'intrigue. Cette adaptation est donc un très mauvais roman, presque sans intérêts.

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** Une suite de scènes d'actions sans intérêts, pas de réflexions autours d'un enjeux pourtant présentés comme central. Un roman qui n'a pas d'intérêts.
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Image : Éditeur

9780345523594

23/02/2018

The shape of water / La forme de l'eau

TW : Meurtres, tortures, sexe (nudité)

Elisa vit dans un appartement au-dessus d'un cinéma. Elle a un voisin artiste qui dessine des publicités pour une firme. Tous les jours, elle suit la même suite d'actions. Elle se réveille, se prépare un bain, cuit des œufs, prépare le déjeuner de son voisin, observe les nouvelles chaussures et part au travail dans une ligne de bus. Elisa est une concierge. Elle est chargée de nettoyer une base militaire américaine travaillant sur la conquête de l'espace. Elle peut entrer partout et elle voit et entendu tout sans que personne ne lui parle, d'autant qu'elle est muette. Lorsqu'une nouvelle expérience arrive dans la base, suivi par un nouveau chef de la sécurité, elle comprendre vite que cette expérience est un être vivant, capable de dialogue.

SPOILERS

Ce film entre dans le cadre des films d'espionnages. On nous place aux États-Unis dans une base secrète. Celle-ci est le théâtre d'un espionnage par les soviétiques. Le but est d'éviter que l'un des camps ne puisse développer une technologie supérieure capable de changer le cours de la guerre froide. Il y a donc une certaine familiarité des thèmes, de la musique et des personnages. Le scientifique espion russe, le général décoré qui ne mâche pas ses mots et l'espion États-uniens, joué par Michael Shannon, qui est comme un fils pour ce dernier tout en étant un vrai homme. Ce n'est pas un hasard si les personnages suivent ce que j'identifie comme un schéma connu. Ainsi, les soviétiques se rencontrent au milieu de nulle part, échangent des mots codes et parlent ouvertement dans l'arrière salle d'un restaurant. L'espion États-uniens vit dans un pavillon de banlieue, possède une superbe voiture américaine, il est courtois, viril (avec un outil de torture à sa mesure), parfaitement entrainé et parle toujours de ce qui fait un vrai mâle. Il est nécessaire de garder cela en tête.

Car, au milieu de tout cela, apparaissent des noirs - Octavia Spencer déjà rencontrée dans de nombreux films y joue la collègue d'Elisa - dont des protestataires, une femme latino muette, jouée par Sally Hawkins, un vieil homosexuel artiste et un monstre marin. Ce dernier pourrait faire tâche dans un film qui pourrait rester très terre à terre. Mais il est nécessaire. Il permet d'identifier un monstre extérieur pour mieux parler de la véritable monstruosité. Elisa et son voisin, Giles, sont des personnes marginales. Elles sont toutes les deux victimes de solitudes. Elisa est une femme racisée et muette. Giles est un vieil homme homosexuel, au chômage, qui se rend toujours à la même tapisserie, aux tartes immondes, afin de pouvoir parler au beau jeune homme qui tient le comptoir. Dès qu'il est identifié il est expulsé. En parallèle, on observe le racisme de l'époque et les luttes pour les droits civiques, même si Giles annonce rapidement, dans une ligne révélatrice, qu'il ne veut pas voir cela. Ce qui ne l'empêche pas de pointer du doigt le racisme de certaines personnes au lieu de se taire. Les femmes, racisées, sont fortement mises en avant et surtout leur vie de subalternes. Comme le personnage d'Octavia Spencer le dit, elle doit faire le ménage au travail mais aussi chez elle car son mari ne fait rien pour l'aider.

Face à cette galerie de personnages d'autres incarnent une forme de "normalité" auto-proclamée. Il faut mentionner le vendeur de tarte et le général mais la véritable incarnation de cette "normalité" est Richard Strickland joué par Michael Shannon. Comme mentionnée auparavant, il a une famille, une voiture, un pavillon en banlieue et un bon travail bien viril. Strickland, sous couvert de "normalité", incarne l’entièreté de la masculinité toxique et du racisme occidental. Très rapidement, ce personnage est montré comme ce qu'il est : une personne raciste. Les dialogues durant lesquels ce point de vue apparait sont nombreux. Ils sont écrits de manière à démontrer que le racisme ce n'est pas simplement de la violence mais aussi et surtout une manière de penser intégrée qui apparait au détour d'une phrase. Cet homme est aussi l'incarnation de la masculinité toxique. Lors d'une scène précise durant laquelle il convoque Elisa il tente presque de la violer, n'étant arrêté que par les vitres du bureau et la fuite d'Elisa. Cette scène est une illustration de la vulnérabilité des femmes travaillent dans des positions subordonnées face à un patron qui harcèle voir viole. Mais cette masculinité n'est qu'une façade qui dépend d'un travail important pour effacer ses émotions et suivre une norme impossible. Durant le film, la virilité de Strickland se fissure et disparait alors que les personnages marginaux gagnent en pouvoir et capacités d'actions, Elisa se permettant même d'insulter Strickland tout en le regardant dans les yeux. Alors que tout le film tente de faire de Strickland et de sa famille l'incarnation de la modernité, j'ai l'impression que le film nous montre que ce modèle est non seulement toxique mais aussi en voie de disparition.

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***** Guillermo del Toro prouve, encore une fois, à quel point il maitrise la photographie de ses films mais aussi l'entrée du fantastique dans la réalité. Un film beau, bien écrit et superbement joué par des actrices et acteurs à la perfection.

Image : Allociné

Site officiel

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09:16 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the shape of water, la forme de l'eau | | | |  Facebook

52.2 par Geoff Johns, Grant Morisson, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen

Titre : 52. 2
Auteurs : Geoff Johns, Grant Morisson, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen
Éditeur : Urban comics 23 février 2018
Pages : 320
TW : Tortures, harcèlement sexuel

Ce tome 2 contient52 14-26 et 41. Batman, Superman et Wonder Woman se sont absenté-e-s. La Ligue de Justice n'existe plus. Lex Luthor est lavé de tout reproches. Les héro-ïne-s les moins connu-e-s prennent donc la première place afin de protéger le monde. Mais illes doivent faire face à de nombreux problèmes. Premièrement, Lex Luthor met en place sa propre équipe avec des pouvoirs qu'il conçoit lui-même. Cependant, n'est-il pas étrange que Luthor agisse ainsi ? De plus, Black Adam parcoure le monde afin de créer un traité qui permette d'interdire les activités héroïques dans certains pays. Ce traité relie d'anciens ennemies contre les héro-ïne-s des États-Unis et pourrait bien changer l'équilibre du monde. Mais que faire lorsque la menace se cache dans de nombreux pays?

SPOILERS

J'apprécie l'idée de base de cette série. On laisse passer un an sans Ligue de Justice ni les plus héro-ïne-s les plus connu-e-s. Tout se passe à l'aide de personnages peu connus, souvent en retrait. Cela permet de redonner un intérêt à certains personnages, mais d'autres pourraient très bien disparaitre sans poser aucuns problèmes. Il y a donc beaucoup de personnages dont les relations ne sont pas toujours faciles à retrouver. On peut passer plusieurs pages sur un problème pour ensuite repartir à l'autre bout du monde avec un nouveau problème. Cela rend difficile de se souvenir de tout ce qui se déroule et de la raison de l'événement.

En fait, tout ceci pose une question : existe-t-il un plan d’ensemble ? J'ai parfois l'impression que les nombreux scénaristes ne savent pas vraiment dans quelle direction ils se rendent ni pourquoi ils écrivent une histoire précise. On a une histoire de complot, une histoire policière, un mystère, une quête mystique et du space opera. Toutes ces intrigues ne me semblent pas former un tout mais me donnent l'impression d'être placées les uns à côté des autres avec l'espoir que cela fera sens un jour. Pire encore, j'ai l'impression que certaines histoires utilisent des personnages qui ne sont pas adaptés. Bien entendu, cela peut être voulu afin de créer une surprise ou un intérêt. Mais je me demande si c'est une bonne idée.

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*** J'apprécie toujours cette longue série mais je doute fortement de sa qualité scénaristique. Placer trop de scénaristes sur une même histoire est un risque.
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Image : Éditeur

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21/02/2018

Descender 5. Rise of the robots par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 5. Rise of the robots
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Image comics 10 janvier 2018
Pages : 120

Ce volume 5 contient Descender 22-26. Le programme, le CGU et les Gnishiens se préparent à la guerre dans un univers de plus en plus instable. Mais personne ne sait à quel point le programme s'est préparé à celle-ci. En secret, des milliers de robots de guerre ont été construit au sein de leur base. Andy, poursuivant Tim 21, tombe sur eux sans le vouloir et risque bien de ne pas s'en sortir. Le CGU, lui, décide d'envoyer une grande partie de sa flotte s'occuper de qui est considéré comme un mouvement terroriste. Pendant ce temps, Telsa et Quon sont à la recherche de l'ancien professeur de ce dernier, ainsi que du robot découvert par les deux anciens amis. Mais illes ne savent pas que le petit robot qui les accompagne n'est pas Tim 21 mais Tim 22.

SPOILERS

Ce volume est considéré comme le premier événement de la série. Celui-ci était l'annonce du soulèvement des machines après 10 ans de destructions. Ce moment est bien mis en scène et la surprise des organiques est totale. D'autant que la flotte de la CGU est détruite par les auteurs. Cependant, les auteurs ne se concentrent pas assez sur ce soulèvement. On ne sait pratiquement rien de celui-ci, si ce n'est quelques images. Pire encore, on ne suit personne qui puisse être un témoin privilégié. On est donc obligé de croire sur parole les personnages lorsqu'illes nous annoncent le danger de ce soulèvement et son caractère global.

En effet, les auteurs ont préféré se concentrer sur Tim 21 et sa relation avec les moissonneurs. Ces gigantesques robots sont toujours aussi mystérieux et nous ne savons toujours presque rien sur eux. On ne sait rien non plus sur la relation entre Tim 21 et elles, mis à part qu'elle a un lien avec un monde virtuel capable, peut-être, de sauvegarder tous les robots. Le prochain volume est annoncé comme le dernier et j'espère que l'on en saura enfin un peu plus sur cette intrigue !

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**** Un événement un peu décevant mais les auteurs continuent à capitaliser sur ce qui fonctionne : Tim 21 et son lien avec les Moissonneurs.
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Image : Éditeur

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20/02/2018

L'Empire romain d'Auguste à Domitien par Claude Briand-Ponsart et Frédéric Hurlet

Titre : L'Empire romain d'Auguste à Domitien
Auteurs : Claude Briand-Ponsart et Frédéric Hurlet
Éditeur : Armand Colin 18 mai 2016
Pages : 287

Nous avons beaucoup d'histoire de l'Antiquité romaine, certaines prennent en compte seulement la République, d'autres l'Empire, certaines tentent de comprendre la fin de l'Empire romain d'occident. Le nombre de travaux est bien trop important pour tout connaitre. Heureusement, il existe quelques manuels synthétiques qui permettent d'en savoir plus soit sur l'histoire de Rome dans sa globalité soit sur certains aspects particuliers. Ce manuel s'attache à faire la synthèse du premier siècle du Principat, forme de gouvernement institué par Auguste. Ainsi, on nous présente non seulement la création de l'Empire mais aussi sa continuité et le passage à une nouvelle dynastie, sous les flaviens.

Ce livre est constitué de 7 chapitres. Les trois premiers sont les plus chronologiques puisqu'ils s'intéressent à la mise en place du Principat, aux héritiers d'Auguste et enfin aux Flaviens après l'année des 4 Empereurs. Ces chapitres permettent d'une part de mieux comprendre de quelle manière la mise en place d'un régime "monarchique" est justifiée dans le cadre d'une société qui déteste la royauté mais aussi comment Auguste réussit à mettre en place une dynastie, malgré ses problèmes familiaux. Dans un second temps, les auteurs nous expliquent de quelle manière le pouvoir impérial est consolidé sous différents empereurs, malgré quelques noms peu appréciés. À ce sujet, les auteurs tentent de casser certaines idées reçues, provenant des écrits en faveurs des sénateurs. Enfin, les auteurs expliquent de quelle manière les Flaviens réussissent à justifier leur prise de pouvoir, en se basant sur l'idée d'une restauration augustéenne.

Les 4 autres chapitres se concentrent sur des questions de société. Durant deux chapitres, les auteurs nous expliquent le fonctionnement administratif de l'Empire. En premier lieu ils s'intéressent aux provinces et à leur gestion aussi bien civile que militaire. Dans un second temps, ils expliquent de quelle manière les villes fonctionnement, en débutant par un examen de Rome puis par les différents types de cités existantes sous l'Empire. Les deux derniers chapitres se concentrent sur l'économie et la religion. On y apprend que l'économie se base avant tout sur la possession de la terre, dans un but d'autosubsistance, avec des différences sociales importantes entre les grands possesseurs et les petits domaines. En ce qui concerne la religion, les auteurs nous parlent de la restauration mise en place par Auguste mais aussi de la création d'un culte impérial. De plus, ils explicitent l'existence de cultes orientaux, dont l'entrée ne fut pas toujours facile. Bien entendu, les auteurs s'intéressent à la religion juive dont les membres sont mis de côté par la société romaine et dont les populations se révoltent lors de l'époque examinée. La chrétienté est moins examinée tout simplement parce qu'elle débute à peine au premier siècle.

Ce manuel est donc un bon moyen de mieux connaitre le premier siècle de l'Empire et la création du Principat par Auguste. Les auteurs synthétisent de nombreux aspects et permettent aussi bien d'en savoir plus sur les événements politiques que sur le fonctionnement socio-économique de l'Empire. Il faut noter de nombreuses annexes. Les premières sont des sources publiées et commentées, permettant un usage lors des études. Les auteurs ajoutent aussi des cartes, une chronologie et surtout un glossaire. La bibliographie est organisée thématiquement, permettant de chercher des livres parlant des sujets qui intéressent le plus les personnes intéressées.

Image : Éditeur

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19/02/2018

Black Panther

T'Chaka, roi du Wakanda, est mort. Il a été assassiné lors de l'attentat mis en scène durant Captain America : Civil War. Le Wakanda ne peut pas exister sans un dirigeant. Car, selon toutes nos connaissances, c'est un pays pauvre, qui ne reçoit aucune aide internationale. Heureusement, un héritier existe en la personne de T'Challa. Et ce dernier commence par accepter l'intérêt du secret derrière le Wakanda. Loin d'un pays sans ressources T'Challa va devenir le roi d'un pays extrêmement riche non seulement en matière de ressources, de technologies ou encore démographiquement mais aussi culturellement. Car le Wakanda ne possède pas seulement une technologie fortement en avance sur son temps, il fonctionne aussi sur des traditions millénaires. Le but du secret est de protéger le pays face aux destructions causées par l'occident. Cependant, il se pourrait que cette protection ait échoué lorsqu'un trafiquant d'arme international réussit à voler une partie du vibranium possédé par le Wakanda.

SPOILERS

Dire que ce film est attendu n'est pas nécessaire. Je ne suis pas légitime pour en parler mais nous avons là le premier film de l'univers Marvel qui s'attache exclusivement à des personnages noirs, provenant d'Afrique. Même si le pays est fictif, cela n’enlève pas le souhait d'un grand nombre de personnes que celui-ci soit bien mis en scène. Malheureusement, je ne connais pratiquement rien sur l'histoire du continent africain. C'est un manque que je souhaite réparer. Sans pouvoir en juge par moi-même, je vous renvoie à des personnes directement concernées, le film me semble réussit en ce qui concerne la mise en scène du Wakanda. Il me semble qu'une recherche a été mise en place. Ainsi, les Dora Milaje sont probablement basées sur les Dahomey, une classe de guerrière d'élite chargée de la protection de leur roi. Les costumes sont aussi particulièrement réussis, on possède une bonne vision de la richesse culturelle de ce pays fictif avec des habits qui mettent en valeurs les personnes qui les portent. Ce blockbuster se permet même de mentionner les appropriations culturelles ayant eu lieu durant les colonisations ! Ne voulant pas dire de bêtises, je préfère ne pas trop en parler et vous laisser chercher des personnes capables de vraiment en parler.

Un autre point qui rend ce film intéressant est sa thématique. Les films de super-héros montrent souvent un homme aux prises avec un ennemi. On va rarement plus loin et l'intrigue n'est qu'un prétexte pour un combat entre deux personnes. Ce film pose la question de la responsabilité d'un pays face au reste du monde. Faut-il rester caché et n'agir qu'en secret ou est-il nécessaire d'agir et de montrer sa puissance au reste du monde. De plus, comment faut-il agir ? Avec une force militaire ou par une aide multilatérale ? Les différents personnages de ce film et leurs combats ne sont que des prétextes pour mieux mettre en avant ces différents choix, et leurs conséquences. Plus encore, l'impact de ces choix implique le pays entier. Ainsi, T'Challa n'est pas seul à combattre, on nous montre une véritable guerre civile autours de ce que devrait être le fonctionnement du Wakanda au niveau international. Il est difficile de ne pas y voir une critique acerbe du fonctionnement des démocraties occidentales, le Wakanda essayant une forme pacifiée d'aide communautaire et non une prise de contrôle armée.

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***** Non seulement ce blockbuster est réussi, mais il est aussi nécessaire et j'espère qu'il aura un impact permettant de continuer sur cette même lancée non seulement dans le cadre des adaptations Marvel mais plus largement.

Image : Site officiel

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10:28 Écrit par Hassan dans Comics, Marvel, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marvel, black panther | | | |  Facebook

17/02/2018

Descender 4. Mise en orbite par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 4. Mise en orbite
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Urban comics 17 novembre 2017
Pages : 128

Ce tome 4 contient Descender 17-21 publiés dans Descender vol. 4: Orbital Mechanics. Telsa, Quon et Tim 21 sont sur la lune mécanique, repère de la résistance robotique. Bien que les robots se présentent comme pacifistes Telsa et Quon ne les croient pas, car la résistance possède de nombreux secrets qui pourraient se révéler dangereux pour la vie organique. Tim 21, lui, apprend à connaitre son frère Tim 22. Mais les retrouvailles ne sont pas faciles puisque Tim 22 essaie de détruire Tim 21. La seule solution est la fuite, et le début d'une guerre entre les machines et les organiques. Telsa, elle, souhaite en savoir plus sur le professeur qui a tout appris à Quon. Mais encore faut-il le retrouver.

SPOILERS

Encore une fois, comme on en a l'habitude, il ne se passe pas grand-chose dans ce tome même si l'intrigue avance en direction d'une guerre. Les relations entre les différentes factions continuent à se diriger vers une guerre totale, annonçant le prochain arc du comics. Les personnages ne se rencontrent pas encore mais se rapprochent, en particulier en ce qui concerne Andy et Tim 21. Mais, l'intrigue principale n'avance que peu. On ne sait toujours rien des Moissonneurs ni de leur but. Cependant, la série est toujours aussi belle et je suis toujours accroché aux aventures écrites par Lemire.

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**** L'intrigue principale avance sans avancer, mais j'aime toujours.
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Image : Éditeur

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16/02/2018

Descender 3. Singularités par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 3. Singularités par
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Urban comics 2 juin 2017
Pages : 120

Ce tome contient Descender 12-16 publiés dans Descender vol. 3: Singularities. Il y a plus de 10 ans, le cosmos fut attaqué par des machines de la taille d'une planète, les Moissonneurs. Depuis, les mondes civilisés sont dans la tourmente alors que les relations diplomatiques entre les empires sont chaotiques. Cette attaque a aussi lancé un pogrom contre les robots, il s'ensuivit naturellement un mouvement de résistance. Le docteur Quon, Tilsa et le petit robot Tim 21 pourraient être sur la voie permettant de comprendre qui sont les Moissonneurs. Mais illes sont capturés par la résistance robotique, une résistance qui possède un dangereux secret.

SPOILERS

Il n'y a pas grand chose à dire sur ce tome 3. En effet, les numéros inclus font une pause avec l'intrigue principale afin de nous présenter les différents protagonistes entre l'attaque et le présent. Dans chacun des cas, on commence il y a 10 ans pour continuer quelques années plus tard et finalement comprendre ce qui a mené les personnages au point actuel. Cela permet de mieux connaitre certains personnages peu développés dans le cadre de l'intrigue principale, à l'instar d'Andy par exemple, mais aussi de mettre en scène le chaos qui a suivi l'attaque des Moissonneurs. Les personnages choisis sont loin d'être inintéressants. J'ai particulièrement apprécié mieux connaitre Andy mais c'est Moissonneur qui m'a le plus intéressé. En effet, depuis le début il se présente comme un tueur sans que jamais cela ne nous soit expliqué. Son numéro donne enfin la réponse, et la raison derrière ses actes.

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*** Une petite pause dans l'intrigue principale, elle n'est pas inintéressante mais pas forcément inoubliable.
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Image : Éditeur

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14/02/2018

Bioshock: Rapture par John Shirley

Titre : Bioshock : Rapture
Auteur : John Shirley
Éditeur : Bragelonne 17 février 2016
Pages : 408
TW : Violences, violences médicales

Avant les partisan-e-s de No Billag, avant Elon Musk et même avant les transhumanistes il y avait Andrew Ryan. Ce dernier est un visionnaire et un industriel. Il a fui la Russie en pleine révolution avec son père pour se rendre aux Etats-Unis, pays de la liberté. Mais la président de la deuxième guerre mondiale et le new deal ont eu un impact sur Andrew Ryan. Il comprend que les Etats-Unis ne sont pas marxistes que les Bolchéviques. L'état veut aussi son argent, qu'il a récolté par son propre travail. Andrew Ryan ne veut surtout pas permettre aux personnes qu'il qualifie de parasites de vivre sur son travail. Il a donc une vision. Celle d'une cité protégée des socialistes, de la morale et des religions. Une société complètement libre dont la seule règle est la compétition naturelle dans le cadre du marché. Les personnes qui le suivrait auraient toutes l'opportunité de réussie, si la volonté suit. Pour rendre sa vision réelle Andrew Ryan décide de construire sa ville en secret, au fond de l'océan atlantique. Le nouvel eldorado se nomme Rapture.

SPOILERS

Ce roman est une adaptation de la série de jeux vidéo Bioshock, en particulier les deux premiers. Les jeux nous envoient dans la ville sous-marine de Rapture, alors qu'elle n'est que ruines et violences. Petit à petit, on apprend ce qui est arrivé et quels sont les acteurs de la chute de la cité. Ce roman se déroule en trois actes avant les intrigues des jeux. L'auteur nous permet de comprendre de quelle manière la cité a été créée et a fonctionné à ses débuts flamboyants. De ce point de vue, la première partie est la plus difficile à lire. L'intrigue est peu intéressante car l'auteur met en place des problèmes que l'on sait inexistants plus tard. La lutte secrète contre l’État des États-Unis ne donne lieu à aucun enjeu et cette partie aurait très bien pu ne pas être écrite. La suite du roman est bien plus intéressante puisque l'on observe pourquoi et comment le fonctionnement de la cité commence à dysfonctionner.

En effet, le jeu et le livre sont très critiques face à une posture idéologique jamais nommée : l’hyper libéralisme libertarien. Le marché est considéré comme un fait qui agit de manière naturelle. Dans ce contexte, toutes tentatives de régulations ou de moralisation est un danger ou pire une trahison de l'humanité. Le fonctionnement de la société est basé sur la compétition et la volonté avec l'idée que les plus grandes réussites ont sortiront. Toutes formes d'altruismes, d'aides sociales, est proscrites puisque cela crée une forme de parasitisme. Cependant, cette économie totalement libre implique aussi d'énormes inégalités qui sont d'abord modestes, mis à part en ce qui concerne Andrew Ryan, puis de plus en plus importantes. Avec les inégalités ce sont les revendications qui arrivent. Ainsi, les jeux comme le livre semblent dire qu'une société sans régulations ni morales crée des choses qui n'existeraient pas dans un autre cadre mais doit aussi échouer par les tensions sociales impliquées. C'est ainsi que l'auteur met en parallèle la ruine architecturale de la cité avec une société de plus en plus fragmentée et pauvre, avec une petite minorité extrêmement riche. Au final, l'effet ne peut qu'être une guerre et, pour défendre les puissant-e-s, la création d'une société militaire.

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*** Un roman sympathique, qui intéressera surtout les personnes qui connaissent les jeux.
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Image : Éditeur

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18:33 Écrit par Hassan dans science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biochock, rapture, john shirley, bragelonne | | | |  Facebook

11/02/2018

Checkmate 2. La chute du mur par Greg Rucka, eric Trautmann, Bruce Jones, Joe Nennett et Manuel Garcia

Titre : Checkmate 2. La chute du mur
Auteurs : Greg Rucka, eric Trautmann, Bruce Jones, Joe Nennett et Manuel Garcia
Éditeur : Urban comics 24 février 2017
Pages : 396

Ce tome contient Checkmate 16 à 31. Checkmate fut une agence de renseignement des Etats-Unis. Mais, après la crise des OMAC, elle fut rachetée, réorganisée et mise sous le contrôle de l'ONU qui définit ses missions et les membres de l'équipe dirigeante. Cette équipe est constituée aussi bien de méta humain-e-s que d'humain-e-s. Les menaces sont nombreuses, aussi bien des pays qui violent les lois internationales que des groupes terroristes. Et alors que l'un de ces groupes se prépare à agir afin de créer un chaos jamais vu une autre menace existe. Celle-ci se nomme Amanda Waller, la reine blanche. Pour réussir à résister à toutes ces attaques Checkmate n'a pas d'autres choix que de demander de l'aide aux groupes de héro-ine-s qui existent.

SPOILERS

Ce second tome est constitué de deux actes qui continuent et terminent les intrigues mises en place par Greg Rucka. Un troisième acte est mis en place par un nouveau scénariste. La première intrigue concerne Amanda Waller. Depuis le début de la série Greg Rucka la place comme l'une des principales antagonistes, en secret. Son but est d'utiliser Checkmate pour défendre les intérêts des Etats-Unis malgré la charte de l'agence. Greg Rucka la place en position de force car elle n'a pratiquement pas d'ennemis politiques à sa mesure, sans oublier son intelligence. Malheureusement, sa défaite me semble un peu précipitée et j'aurais apprécié la voir plus longtemps après son éjection. De plus, il est dommage que la mise en place de sa remplaçante n'ait pas été montrée. Greg Rucka nous présente un nouveau personnage, avec des tensions politiques potentielles, mais il ne fait rien de plus.

Le second acte concerne le groupe religieux terroriste infiltré par Checkmate : le culte du cobra. Greg Rucka nous avait laissé dans l'attente d'une suite alors que la mise en place d'un agent au sein du culte avait pris une partie importante du premier tome. Après la chute de Waller, le scénariste n'attend pas pour relancer l'intrigue sur deux points : une menace globale et une menace pour l'agent infiltré. Bien que j'aie apprécié l'entrée en scène de Superman, elle me semble un peu hors de propos pour l'intrigue générale de la série : l'espionnage. Heureusement, la série garde son identité tout en ne trahissant pas Superman. Avec la fin de ses numéros Greg Rucka termine ce qu'il a lancé sans avoir besoin de continuer la série.

Malheureusement, les numéros 26 à 31 sont tenus par un nouveau scénariste. Celui-ci ne donne pas autant d'ampleur à la série, peut être par manque de numéros, et décide de créer immédiatement une intrigue de fin du monde qui implique l'usage d’un soldat capable de changer de formes. Il est l'unique personnage capable de vaincre les monstres qui détruisent la Terre. De plus, le nouveau scénariste change la manière de fonctionnent de l'un des personnages. Bien que celui-ci soit questionné il n'y a pas assez de temps pour examiner ses choix comme Greg Rucka aurait pu le faire. La fin est donc largement décevante et l'on se demande à quoi sert Checkmate, outre comme décors.

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*** Greg Rucka termine ses intrigues, avec quelques problèmes mais rien de bien important. Mais la fin de la série par un nouveau scénariste me semble complétement ratée et sans intérêt.
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Image : Éditeur

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10/02/2018

Batwoman volume 1. The many arms of death par Marguerite Bennett, James Tynion IV, Sterve Epting, Sephanie Hans, Renato Arlem et Jeromy Cox

Titre : Batwoman volume 1. The many arms of death
Auteur-e-s : Marguerite Bennett, James Tynion IV, Sterve Epting, Sephanie Hans, Renato Arlem et Jeromy Cox
Éditeur : DC 21 novembre 2017
Pages : 168

TW : Mention d'une possible tentative de suicide

Ce volume 1 contient Batwoman rebirth et Batwoman 1-6. Batwoman a eu une histoire mouvementée. Après un très bon run la série fut reprise par une nouvelle équipe créative, lorsque la précèdent est partie suite à un désaccord avec DC qui ne souhaitait pas permettre le mariage de Batwoman, Kate Kane, avec Maggie Sawyer. Cette nouvelle direction fut, selon toutes les critiques que j'ai lues, très mauvaises avec une direction difficilement défendable. J'avais beaucoup apprécié la première partie du run et j'étais déçu de ne pas avoir de suite à la hauteur. Lorsque j'ai appris que Batwoman allait revenir sous le label rebirth j'avais donc un certain nombre d'attentes. L'intrigue débute alors que Kate Kane et Julia Penyworth travaillent ensemble afin d'identifier la personne qui a créé et distribué un sérum capable de tuer un grand nombre de personnes. Selon Batman, ce sérum serait en vente afin d'organiser une attaque terroriste. La recherche mène les deux femmes sur une île peu connue : Coryana. Jusqu'à récemment, l'île n'était qu'un repaire de pirates mais elle est entrée sous le giron d'une société qui la vend à des personnes fortunées. Mais, avant cela, ce fut aussi la résidence de Kate Kane après son naufrage.

SPOILERS

Je préfère ne pas trop parler du numéro Rebirth. En effet, celui-ci permet surtout de mettre en place l'intrigue principale, de mettre à niveau les personnes qui entrent dans l'histoire du personnage et à mettre en place un futur possible. Ce numéro permet d'éviter la nécessité de connaitre toute l'histoire de Batwoman avant de commencer cette nouvelle série. Ces 6 premiers numéros m'ont beaucoup plut. En effet, on retrouve une Batwoman qui, avant d'être une héroïne, est une soldate entrainée par l'armée américaine. Elle prend des décisions que Batman ne prendrait pas. L'intrigue elle-même me semble construite autour de cela. Kate Kane n'est pas envoyée contre une menace pour Gotham ou face à des monstres. Elle est envoyée pour stopper une organisation terroriste qui utilise une entreprise comme moyen d'infiltration.

De plus, les numéros construisent un peu plus la mythologie de Batwoman en se concentrant sur une année perdue. On ne sait pas comment Kate Kane s'est retrouvée dans l'eau, mais il est mentionné que ce pourrait être une tentative de suicide après son expulsion de l'armée américaine pour homosexualité. On l'observe se reconstruire petit à petit. Mais, la scénariste en profite surtout pour débuter une histoire d'amour entre Kate Kane et Safiyah. La dernière planche du numéro 5 est particulièrement réussie pour expliciter le retour à la vie de Kate Kane. Cette intrigue semble être destinée à prendre une plus grande importance plus tard. Je laisse de côté le dernier numéro qui se déroule dans un futur indéterminé car je ne comprends pas sa place dans ce volume ni ce qui s'y déroule. Je ne sais pas si c'est voulu ou si l'intrigue est développée ailleurs.

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**** J'ai bien aimé ce premier volume qui semble prendre une direction que j'apprécie. Je suis curieux de connaitre la suite. PS : je préfère éviter la comparaison avec le run précèdent de Rucka, difficile à atteindre aussi bien en ce qui concerne l'écriture que les dessins.
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Image : Éditeur

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Pentagon Papers / The post

Les années de la présidence Nixon, les États-Unis sont en pleine guerre au Vietnam alors que les opposants intérieurs sont pourchassés par cointelpro. La guerre ne semble pas aller mieux malgré les discours positifs de tous les membres de l'administration. Mais un homme connait la vérité. Il est expert auprès de la Rand corporation et l'un des auteurs d'un rapport sur la guerre. Celui-ci est explosif et met en cause toutes les administrations précédentes. Après des mois d'effort, il réussit à copier toutes les pages du rapport afin de l'apporter au New York Times. Mais lorsque le journal tente de publier le rapport il est mis en demeure par la justice des États-Unis. Mais un autre journal possède les mêmes documents. Et la personne à sa tête, Katharine Graham, doit prendre une décision alors que son entreprise vient tout juste d'entrer en bourse.

SPOILERS

Je suis mitigé face à ce film. J'ai l'impression que Spielberg essaie de faire fonctionner deux histoires en même temps sans vraiment y réussir. On peut dire que la première histoire concerne les Pentagon Papers, un rapport classé secret défense sur les mensonges et les manipulations politiques en faveurs de la guerre au Vietnam. Bien que ces informations soient au centre du film, celui-ci n'explicite que peu ce qu'on peut y trouver. On ne sait que quelques petites choses ainsi que la raison de la constitution du rapport. Pire encore, on ne sait pas de quelle manière le gouvernement Nixon essaie d'argumenter contre la liberté de la presse dans ce cas particulier. On ne sait qu'une seule chose : la presse gagne et Nixon est un président qui abuse de son pouvoir. Le film tente aussi de se placer en faveurs du journalisme d'investigation, une posture que j'apprécie. Cependant, la manière dont les journalistes travaillent pour comprendre et analyser leur source n'est pas montrée, sauf lors d'une scène. Pire encore, l'éthique du journalisme est simplement annoncée, elle n'est pas discutée. Sauf, là encore, lors d'une scène. Enfin, le film met en scène les liens entre les médias et le monde politique mais, là encore, ne discute du sujet que lors d'une seule et unique scène après l'avoir mentionné à plusieurs reprises. En fait, ce film aurait pu être un moyen d'argumenter sur la nécessité du journalisme dans une démocratie face à un gouvernement hostile mais Spielberg semble avoir renoncé.

Il y a une seconde intrigue dans ce film, elle concerne la société de Katharine ainsi que ses capacités en tant que dirigeante. Dans un grand nombre de scènes, on voit Katharine, jouée par Meryl Streep, au sein d'un monde d'hommes. Il y a des hommes dans son conseil d'administration, il y a des hommes comme principaux contributeurs et journalistes, ses collègues et concurrent sont des hommes... Bref, les femmes n'apparaissent presque pas à ses côtés. Loin d'être une mauvaise chose j'ai l'impression que cet aspect est voulu par la réalisation. En effet, des femmes apparaissent à plusieurs reprises. Que ce soit lors d'un diner qui les voit sortir lorsque les hommes commencent à parler politique ou encore la femme de Ben Bradley, jamais nommée dans le film à moins que je ne me trompe. Cette dernière permet d'expliciter la position de Katharine dans ce monde masculin. Elle dirige non parce que l'on valide ses capacités mais parce que son mari est mort, on ne l'écoute pas lors des réunions importantes, on parle comme si elle n'était pas présente. Bref, on agit sans la prendre en compte alors qu'elle est la patronne, car elle est une femme et ses conseillers sont des hommes qui "savent" être compétents. Le film se pose donc la question de la manière, pour une femme, d'entrer dans un monde masculin et de prendre des décisions difficiles qui sont constamment remises en cause. La réalisation n'hésite pas à tabler sur la fragilité et les doutes, non comme un défaut mais un acquis face aux nombreuses remises en cause que Katharine Graham subit durant sa vie. C'est la raison pour laquelle l'une des dernières scènes, en descendant les marches de la cour suprême, permet de montrer d'autres femmes, anonymes, se tourner en direction de Katharine Graham alors que les hommes observent un autre homme parler.

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*** Intéressant mais un peu en dessous en mes attentes. J'ai l'impression de ne pas mieux comprendre les Pentagone Papers ni le Washington Post, ce qui est un peu décevant.
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Image : Allociné

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09:50 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pentagon papers, the post | | | |  Facebook

08/02/2018

Black Science volume 6. Forbidden realms and hidden truths par Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio

Titre : Black Science volume 6. Forbidden realms and hidden truths
Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio
Éditeur : Image comics 19 juillet 2017
Pages : 128

Ce volume contient Black Science 26-30. Grant McKay est enfin rentré chez lui. Il a ramené sa fille, Pia, avec lui-même si elle aurait préféré se marier avec son divin fiancé. Mais le reste de l'équipe est toujours perdue dans différents univers. Grant ne peut pas les aider. Dans sa terre sa femme l'a quitté au profit de Kadir. Block utilise son invention pour prendre le contrôle du multivers. Et lui-même est considéré comme un meurtrier, enfermé dans un asile. Cependant, Grant ne pensait pas que son fils et son étudiant seraient capables de trouver un moyen de voyager sans aide. Dès que possible, ils rentrent chez eux mais ils ont une mission. En effet, lors de leurs voyages ils ont rencontré un groupe de super héros qui a décidé de suivre un but précis : Sauver le multivers de deux calamités. Les deux approchent de la Terre.

SPOILERS

Je ne sais pas exactement combien de numéros contiendra la série. Il me semble que l'on approche de la fin puisque plusieurs intrigues autours de Grant McKay commencent à se relier. En effet, on observe enfin les réelles conséquences du Pilier, que nous n'avions qu'aperçues, sur un monde. La terre de Grant est maintenant sous le contrôle économique d'une seule corporation qui n'hésite pas à utiliser des êtres vivants et univers comme monnaie d'échange. De plus, les différents personnages commencent enfin à se retrouver, ayant changé quelque peu, avec le but commun de sauver le multivers. En effet, les deux menaces que nous avons rencontrées dans les pages de Black Science sont plus puissantes qu'auparavant et les destructions imaginées par les dessinateurs sont impressionnantes. Enfin, plusieurs menaces commencent à être connues, je pense en particulier à la Sorcière qui aura probablement un rôle plus important que je ne le pensais. J'apprécie toujours autant l'intrigue ainsi que les personnages, qui en prennent pour leur grade, mais j'espère que les auteurs sauront terminer leur histoire.

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**** Ce volume s'amuse un peu plus que le précèdent tout en reliant plusieurs intrigues et menaces. L'équipe est proche d'être enfin réunie et de pouvoir agir pour suivre leur mission initiale.
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Image : Éditeur

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07/02/2018

Les murs du silence. Abus sexuels et maltraitances d'enfants placés à l'institut Marini par Anne-Françoise Praz, Pierre Avvanzino et Rebecca Crettaz

Titre : Les murs du silence. Abus sexuels et maltraitances d'enfants placés à l'institut Marini
Auteur-e-s : Anne-Françoise Praz, Pierre Avvanzino et Rebecca Crettaz
Éditeur : Alphil / Presses universitaires suisses 2017
Pages : 232
TW : Violences, humiliations, abus émotionnels, abus sexuels

Comme l'explique le préambule, en février 2015 l'évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Charles Morerod, confie un mandat de recherche à une petite équipe d'historien-ne-s afin de faire la lumière sur des allégations d'abus sexuelles au sein de l'institut pour orphelins Marini, dans lequel des garçons pauvres francophones et alémaniques furent placés par l'assistance sociale. Cet institut se trouvait sous le contrôle direct de l'évêché. Le rapport fut rendu lors d'une conférence de presse en présence des victimes, le 26 janvier 2016, attirant l'attention d'une partie importante des médias suisses. Suite à l'attention soutenue de la presse et du public les auteur-e-s ont décidé de publier le rapport, le livre que je viens de terminer.

Le livre est construit en 5 parties distinctes qui permettent de comprendre le fonctionnement de l'institut, les faits avérés mais aussi de mettre en lumière les raisons pour lesquelles les personnes coupables de maltraitances n'ont pas été inquiétées. Dans chaque chapitre, les témoignages oraux sont utilisés en parallèle des archives. Les deux premiers chapitres permettent de mieux comprendre comment on devient un enfant placé à Marini mais aussi le fonctionnement de l'institut. Ainsi, les auteur-e-s démontrent que les pensionnaires francophones sont placés sur une longue durée sans posséder de contacts soutenus avec leurs parents, quand des parents existent. Ces enfants ne connaissent que leur tuteur ou les assistants sociaux, qui ne passent pas régulièrement les voir. En face d'eux, des garçons germanophones sont placés un an afin de travailler tout en apprenant le français. Ceux-ci sont liés à une famille qui peut le soutenir en cas de besoin. La vie est rude et frugale. Les repas sont peu variés et servis dans de la vaisselle de fer. Outre le travail scolaire, les enfants doivent travailler dans les champs, afin de payer le coût de leur placement qui n'est pas entièrement pris en charge par la pension. Le travail est dur voir destiné à des adultes. Il existe même une catégorie d'enfants qui ne sont pas envoyés à l'école afin de travailler perpétuellement. Les punitions sont aussi monnaies courantes et les auteur-e-s décrivent une forme particulièrement humiliante et violente ayant lieu après la messe.

Les chapitres 3 et 4 se concentrent sur les abus sexuels commis à Marini par des ecclésiastiques. Les auteur-e-s montrent que des abus graves et répétés ont eu lieu durant la période d'étude. Abus dont les dénonciations n'ont pas permis de protéger les enfants. Les auteur-e-s construisent les chapitres en essayant d'éviter une posture de scandale ou voyeuriste afin de mettre en avant non pas les actes mais la manière dont les personnes qui ont accepté de témoigner ont perçu ces actes. L'étude montrer que les anciens enfants placés se sont trouvés piégés face à des hommes plus âgés qui possèdent un certain pouvoir et une autorité morale importante. De plus, le manque d'affection a rendu les personnes vulnérables face aux actions d'adultes abuseurs. Cependant, des dénonciations ont eu lieu. Il est donc nécessaire de comprendre pour quelles raisons les abuseurs sont restés en place et n'ont pas été déférés en justice, mis à part deux cas. Les auteur-e-s montrent que les autorités, l’Église et les médias, même de gauche, sont réticents à mettre en cause des prêtres dont le statut, au sein d'un canton fortement catholique, ne doit pas être mis à mal. De plus, les actes dénoncés sont systématiquement requalifiés soit en usant d'un qualificatif médical soit en niant la portée de ceux-ci, ce ne sont que des imprudences. Pire encore, lors du XIXème siècle l’Église catholique s'est fermée à la dénonciation publique. Les personnes ayant connaissances de cas d'abus ont l'obligation de silence, au prix d'une excommunication. L’Église règle les problèmes à l'interne par un déplacement de la personne accusée, parfois temporaire. Ce n'est que récemment que le Pape François a décidé de forcer la dénonciation aux autorités, faisant face à une résistance importante de personnes qui considèrent que les membres de l’Église ne devraient pas être soumis à une justice séculière.

Enfin, le livre se termine sur les effets des abus sur le parcours de vie des victimes. Les auteur-e-s, grâce aux témoignages consentis, montrent la difficulté de parler de cette période pour les personnes qui ont vécu ces abus. Outre les actes sexuels à proprement parler, ce sont aussi les manques affectifs et la violence qui ont pesé. Ces garçons ont été considéré comme peu importants et incapables de réussites et donc empêchés de suivre leurs capacités à tous les niveaux, bien que certaines rencontres aient été positives. Les abus ont aussi fortement péjoré le développement affectif. Il est devenu difficile de se considérer valable même avec une aide médicale. Cependant, il faut noter aussi une capacité de résilience, souvent liée à une rencontre avec une famille ou une personne, enseignante parfois, positive. Certains sont sortis avec un but spécifique pour construire leur vie tandis que d'autres ont réussis à reconstruire leur récit après avoir aidé des personnes à surmonter leurs propres problèmes. Mais c'est aussi le souhait par l’Église, via cette recherche, de demander pardon et d'accepter la vérité des faits qui peut avoir permis une reconstruction.

Enfin, le livre se terminer sur une synthèse et les souhaits des personnes qui ont témoigné. Les auteur-e-s ajoutent diverses annexes dont des versions complètes des témoignages, la méthodologie, le guide d'entretien ainsi qu'un historique de l'institut Marini. Ce livre se concentre sur un institut précis et la recherche autours de faits graves qui donnent lieu, actuellement, à des processus de réparations financières. Les questions plus larges du placement d'enfants sont mentionnées mais ne sont pas centrales, bien que les questions posées soient importantes. Les auteur-e-s mentionnent aussi les problèmes éthiques que posent une telle étude. Comment se situer face aux témoignages et comment ne pas les trahir. Mais aussi de quelle manière éviter le scandale pour mettre en avant les causes qui expliquent la survenue de tels actes et l'incapacité de les dénoncer. Les auteur-e-s placent aussi ce travail dans le cadre d'un effort au niveau international pour comprendre le traitement subis par une partie de la population mondiale au sein d'instituts de placement et face aux mesures d'assistances de différents pays. Plusieurs commissions d'enquêtes ont travaillé, voir travaillent encore, sur le sujet.

Image : Éditeur

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03/02/2018

Black Science 5. Le pacte de Circé par Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio

Titre : Black Science 5. Le pacte de Circé
Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio
Éditeur : Urban comics 14 avril 2017
Pages : 104

Ce tome contint Black Science 22-25 publiés chez Image Comics Black Science vol.5: True Atonement. Pendant trois ans Grant McKay s'est laissé tomber dans le désespoir après avoir perdu ses enfants et son équipe lors du dernier saut du Pilier. Tout le monde est dispersé mais Grant a réussi à reconstruire un vaisseau pilier afin de chercher tous les membres de son équipe, les ramener à domicile et réparer ses erreurs. Son premier voyage a concerné Rebecca dont il a puni la trahison. Maintenant, il est prêt à retrouver sa fille, Pia. Mais celle-ci n'est pas forcément très heureuse de retrouver son père. D'autant que ce dernier met à mal une construction très fragile qu'elle a mis trois ans à mettre en place : la paix entre des êtres divins. De plus, Grant McKay commence à se rendre compte des problèmes que pose le Pilier pour les réalités.

SPOILERS

Black Science est l'une des séries que j'ai mis le plus de temps à accepter de lire mais aussi l'une de celles que j'apprécie le plus. Ses personnages sont loin d'être sympathiques et le pire est probablement Grant. Car celui-ci cache ses problèmes derrière une idéologie justifiant ses échecs. Le dernier tome permet de faire grandir le personnage en le confrontant à son passé. Il est donc normal que ce tome 5 confronte ce nouveau Grant à l'une des personnes les plus critique envers lui : sa fille. La rencontre est parfaitement mise en scène et l'on comprend parfaitement pourquoi Pia n'apprécie pas beaucoup son père.

Mieux encore, ce tome commence à ajouter de véritables menaces. Bien entendu, on a déjà rencontré une race parasite et une race adoratrice de la mort. Mais ce tome met en avant la menace du capitalisme sans limite dans la personne de Block. Ce dernier utilise le Pilier non pour la découverte ou aider l'humanité mais pour son propre bien sans prendre en compte les dégâts causés. Ce personnage est totalement aveugle au danger et ne voit qu'une fortune future pour lui-même. Pire encore, les dégâts des voyages sur les réalités sont de plus en plus apparents et il devient difficile de savoir de quelle manière il est possible de réparer ce qu'a fait Grant. Bref, ce tome permet de continuer sur la lancée du précédent en montrant à quel point Grant McKay s'est trompé et à quel point il est dangereux pour l'univers. Mais il permet aussi un début de réhabilitation pour ce personnage.

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***** Un tome 5 très court mais toujours aussi bon. Vivement la suite !

Image : Éditeur

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01/02/2018

La grande chasse aux sorcières en Europe aux débuts des temps modernes par Brian P. Levack

Titre : La grande chasse aux sorcières en Europe aux débuts des temps modernes
Auteur : Brian P. Levack
Éditeur : Champ Vallon 1991 (1987)
Pages : 281

Qu'est-ce qu'une chasse aux sorcières ? Le concept a été galvaudé par certaines personnalités qui s'estiment visées par une telle chasse, oubliant toujours les relations de pouvoir en défaveur de la victime que cela implique. Il est donc toujours une bonne idée de se lancer dans un ouvrage sérieux pour mieux comprendre de quoi on parle. Ce livre de Brian P. Levack est une traduction d'un ouvrage qui propose une synthèse de la chasse aux sorcières européenne entre le XVème et le XVIIIème siècle. Le but est donc de nous donner une somme minimum d'informations pour comprendre l'étendue mais aussi les raisons d'une telle panique face à des crimes que l'auteur qualifie d'imaginaires (se plaçant donc en contradicteurs des personnes qui pensent que sous le terme de sorcellerie il faut comprendre que d'anciens cultures de la fertilité persistaient). Pour cela, il met en place 8 chapitres dont un introductif et un conclusif, dans lequel il examine la survivance de la sorcellerie jusqu'à nos jours.

Les chapitres 2 à 5 sont autant de moyens pour l'auteur de nous expliquer pourquoi une chasse aux sorcières a eu lieu. Il y examine plusieurs causes qu'il relie sous le terme de "concept cumulatif de sorcellerie." Ces différentes causes sont nombreuses et, selon l'auteur, la perte de l'une aurait pu avoir un impact défavorable sur l'imminence d'une chasse. Comme d'autres personnes, il débute son étude sur les racines intellectuelles, soit la création de la sorcellerie comme danger social. En effet, la peur d'un tel crime ne peut pas se concevoir sans la mise en place d'une peur du diable, et du mal, dans la société. Les théologiens pensent le monde comme soumis aux assauts du diable, rendu plus puissant pour l'occasion. La sorcellerie n'est plus une simple tentative de lancer des sorts mais une preuve de l'existence d'une secte sataniste.

Bien entendu, la pensée intellectuelle est inopérante si des personnes n'agissent pas pour créer un crime. Ainsi, Brian P. Levack examine, dans un autre chapitre, la mise en place et le fonctionnement d'une nouvelle procédure judiciaire qui permet à l'état d'accuser sans avoir besoin de trouver des victimes. Même si cette procédure, inquisitoriale, permet d'attaquer plus de personnes et abaisse les droits de la défense, cela n'implique pas qu'il n'y ait pas de limites. Ainsi, la torture est possible mais elle suit des restrictions importantes. Le but ultime de la torture est de recevoir des aveux. Mais ceux-ci doivent être répétés le lendemain, de manière libre. Par contre, le jugement peur se baser sur l'impression de culpabilité et non sur des preuves importantes. Enfin, l'auteur examine le contexte social et démontre que celui-ci peut avoir un impact. En effet, la pauvreté et les épidémies inexpliquées ont une tendance à rendre les relations sociales plus difficiles. Il devient plus facile d'accuser une autre personne de ses malheurs ou de jalouser une personne qui ne souffre pas autant.

Le "concept cumulatif de sorcellerie" est ensuite mise à l'épreuve afin d'expliquer les dynamiques des chasses aux sorcières dans différentes régions d'Europe. L'auteur y examine aussi bien les pays anglo-saxons que la France, les pays nordiques, le sud de l'Europe et, bien entendu, les pays germaniques sous influence du Saint-Empire ce qui implique le territoire helvétique. L'auteur explicite pour quelles raisons certains territoires, en particulier le sud de l'Europe et une partie des pays Anglo-saxons n'ont pas connu une chasse aux importante (bien que la colonie anglaise de Salem soit une examinée aussi). Selon l'auteur, il faut prendre en compte le droit mais surtout l'envie des élites de s'attaque au crime de sorcellerie. Il démontre que les cours de justice centrales ont tendance à minimiser les casses tandis que les cours locales peuvent être très sévères. Ainsi, l'une des explications concerne la centralisation des pouvoirs et la possibilité de faire recours. Mais les chasses dépendent aussi des croyances des élites. Et celles-ci sont en mutation durant la période. Une nouvelle philosophie sceptique met en doute la véracité des aveux tandis que des médecins commencent à en parler non comme une preuve du diable mais comme une maladie qui doit être traitée. Bref, durant la période l'arsenal intellectuel commence à se briser face à des changements idéologiques au sein des élites, ce qui permet d'empêcher de nouvelles chasses.

Image : Éditeur

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31/01/2018

Black Canary 1. Kicking and screaming et Black Canary 2. New killer star par Brenden Fletcherm Annie Wue, Pia Guerra, Lee Loughridge et Sandy Jarrekk Moritat

Titre : Black Canary 1. Kicking and screaming et Black Canary 2. New killer star
Auteur-e-s : Brenden Fletcherm Annie Wue, Pia Guerra, Lee Loughridge et Sandy Jarrekk Moritat
Éditeur : DC 8 mars 2016 et 29 novembre 2016
Pages : 168 et 144

Le premier volume contient Black Canary 1-7 et Dc sneak peek: Black Canary 1. Le second volume contient Black Canary 8-12, Gotham Academy 17 et Batgirl and the Birds of prey: Rebirth 1. Black Canary, Dinah Drake, a tout perdu dans un incendie, à cause de Barbara Gordon. Bien qu'elle lui en ait voulu cela lui a aussi permis de recevoir une opportunité. Un groupe souhaite l'engager comme chanteuse pour une tournée, ce qui lui permettrait d'avoir assez d'argent pour reconstruire sa vie. Bien qu'elle ne soit pas à l'aise en chant ni sur la scène, son groupe attire rapidement l'attention. En effet, les concerts sont toujours suivis de combats durant lesquels Dinah Drake assomme quelques personnes pour de très bonnes raisons. Le groupe possède immédiatement une réputation de danger qui, pourtant, n'empêche pas les foules de se déplacer. Le danger pourrait bien être plus important que prévu. En effet, des aliens et le gouvernement, en la personne d'Amanda Waller, suivent de très près les trajets du groupe et s'intéressent à une personne particulière.

SPOILERS

Ces deux volumes font partie d'un effort, avorté, de DC de créer une certaine diversité dans leurs titres. Une grande partie des comics ont été annulé après 6 à 12 épisodes mais il y a beaucoup de bonnes idées. Ces deux volumes se basent sur les intrigues de Batgirl pour relancer le personnage de Black Canary en direction de ses propres aventures au lieu d'être une simple partenaire. Étant donné son pouvoir, sa voix, il est logique de la placer dans un groupe. Bien entendu, ce groupe sera témoin d'événements étranges liés au passé de Dinah et surtout à l'un des membres. Là aussi, l'intrigue est logique et s'insérer parfaitement dans l'idée que le son est important dans cette histoire et pour les personnages. Il est dommage que le second volume abandonne l'importance du son pour parler d'une secte de ninjas liés à la mère de Dinah. L'intrigue me semble beaucoup moins intéressante et je ne comprends pas ce qu'un groupe de musique peut bien y faire. Mis à part cela, on peut se demander si un comics est le bon média pour parler de musique. Les images peuvent créer une impression, montrer le fonctionnement d'une foule et d'une scène. Mais est-il vraiment possible de mettre en avant la musique ? De temps en temps, le dessin essaie quelque chose pour nous montrer la musique. Souvent, le dessin se contente de rendre visible le cri de Dinah. D'une certaine manière, il y a donc échec sur ce point, mais pas sans plusieurs tentatives plus ou moins heureuses.

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**** Un premier volume que j'ai bien apprécié malheureusement suivi d'un second volume bien plus anecdotique. J'ai tout de même apprécié de lire les aventures de star de Dinah Drake.
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Image : Éditeur

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27/01/2018

The Hunger Games 3. Mockingjay par Suzanne Collins

Titre : The Hunger games 3. Mockingjay
Autrice : Suzanne Collins
Éditeur : Scholastic 25 février 2014
Pages : 400
TW : Violences d'état, mentions de tortures, violences policières

Les 75èmes jeux, censés être un moyen de se débarrasser de Katniss et de ses semblables, se sont terminés sur la destruction de l’arène. La réaction du Capitole a été immédiate et sans pitié. Le district 12 a été rasé par des bombes incendiaires et seule une minorité a survécu. De l'arène, seule Katniss et Finnick ont été sauvé par les rebelles et le district 13. Peeta, Johanna et Annie sont capturés par les forces du Capitole. Les choix de Katniss, bien que rendus nécessaires par une conspiration dont elle ne savait rien, font d'elle le visage de la révolte contre la tyrannie du président Snow. Car les districts sont en révolte ouverte contre le Capitole. Mais la guerre est difficile, les blessés et les enfants ne sont pas à l'abris de la vengeance. Il sera nécessaire de lutter rues après rues afin de détruire le Capitole.

SPOILERS

L'écriture de cette trilogie ne donne que peu d'informations sur la première guerre. On ne sait que peu sur le fonctionnement militaire du Capitole. Ce que l'on nous dit, en particulier par la voix de Katniss et de Peeta, implique que l'humanité pourrait disparaitre en cas de guerre. On a l'impression que Panem est la dernière civilisation au monde et sa tyrannie est nécessaire pour éviter l'extinction. Le second livre nous montrait une Katniss tentant d'éviter une guerre à la fois pour éviter des morts innocentes mais surtout pour protéger sa famille. Ce dernier tome permet de débuter la guerre annoncée et de poser la question de ce que l'on peut et ne peut pas faire dans le cadre d'un conflit. Panem et Snow sont montrés comme sans pitiés. Les forces militaires n'hésitent pas à user de la torture et de l'esclavage afin de vaincre et d'empêcher toutes possibilités de considérer la révolte. Face à eux, le district 13 est-il vraiment meilleur? À plusieurs reprises, des personnages posent la question des limites et surtout de leur existence. Cette réflexion n'est pas qu'académique. Elle est mise en scène dans plusieurs parties du livre et permet aussi de se poser la question des débuts de Panem, lorsqu'il a été décidé de sacrifier des enfants afin d'éviter une prochaine guerre.

Mais ce tome prend aussi au cœur de parler d'un thème déjà présent lors du second tome, mais mis en sourdine face à la nécessité de protéger la famille de Katniss : le choc post-traumatique. Le premier tome ne parlait que de la mère de Katniss. Le second s'attache un peu plus aux réactions de Katniss et Peeta, sous la forme de cauchemars, et permet de créer une meilleure compréhension du comportement d'Haymitch pour ne prendre qu'un exemple. Mais le troisième va bien plus loin. Plusieurs personnages sont montrés brisés, à cause de Panem. Finnick a de la peine à garder sa santé d'esprit, Annie essaie à plusieurs reprises de s'échapper, Johanna a peur de l'eau après avoir été torturée. Peeta a subi un lavage de cerveau et tente d'y échapper sans savoir s'il peut croire ses souvenirs ou ses sentiments. Katniss, bien entendu, est plus proche de nous puisque le roman est écrit selon son point de vue. On observe le personnage essayer de s'en sortir mais surtout retomber dans le traumatisme a plusieurs reprises. Dans ce troisième tome, le choc post-traumatique est montré comme une composante importante de la psychologie de Katniss. Elle tente de mettre en place des moyens de continuer à vivre mais il n'est pas rare que des descriptions montrent à quel point cela est difficile pour elle, et à quel point les moyens de fuites peuvent être simples à suivre. C'est, à mon avis, le point le plus important de ce dernier tome, plus que la guerre elle-même.

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**** Une conclusion qui donne l'impression d'être dans la logique directe des deux derniers précédents tomes. Bien qu'il y ait un happy end il implique une lutte importante et l'autrice semble nous dire qu'il pourrait être mis en cause.
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Image : Site officiel

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