Hassan's Stories - Page 2

  • Descender 6. The machine war par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

    Titre : Descender 6. The machine war
    Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
    Éditeur : Image Comics 19 septembre 2018
    Pages : 120

    Ce volume 6 contient Descender 27-32. Il semble que l'univers entier soit en guerre. Alors que le CGU envoie sa flotte contre la résistance robotique celle-ci débute son assaut sur les mondes organiques. En parallèle, Gnish se prépare à envoyer l'espace du CGU afin de détruire ce qui reste des machines. Les différentes personnes importantes combattent au-dessus d'un monde aquatique. Ce dernier est la maison d'un ancien robot ayant un lien direct avec les Moissonneurs et il souhaite parler avec Tim 21. Chacun des groupes a son propre but et seul Tim 21 pourrait décider qui va gagner. Dans l'ombre, les Moissonneurs se préparent aussi.

    SPOILERS

    Descender est une série que j'apprécie. Elle est très proche de Mass Effect, tout en étant suffisamment différente pour rester intéressante. Ce qui compte est moins une menace que la relation entre robots et humains. Les deux groupes se détestent mais certaines exceptions essaient de travailler ensembles. Il est donc normal que ce tome permettre de relier, enfin, Tim 21 et Andy. Ce dernier décide d'aider Tim 21 ce qui pourrait permettre une pacification de l'univers. De plus, ce tome 6 permet enfin de mieux comprendre ce que sont les Moissonneurs et leurs buts, tout en gardant une grande part de mystère. Là aussi, l'intrigue est logique et suit ce qui a été montré depuis le début.

    Mais ce tome 6 est aussi la fin de la série Descender. Bien que celle-ci soit acceptable, les intrigues principales sont résolues et les questions reçoivent des réponses, on est tout de même frustré. J'ai l'impression que les auteurs se sont dépêchés de terminer leur histoire. Cependant, ils ajoutent aussi des indices concernant la suite, qui se nomme Ascender. La magie prend plus de place tout en restant encore peu connue. Les machines disparaissent. La civilisation organique est détruite avec un grand nombre de morts. Je souhaite donc rapidement pouvoir connaitre la suite dans cette prochaine série.

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    **** Une fin réussie mais aussi particulièrement frustrante
    *****

    Image : Éditeur

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  • L'Auge au XXe siècle. Du bas-quartier à la vieille ville de Fribourg par Serge Gumy

    Titre : L'Auge au XXe siècle. Du bas-quartier à la vieille ville de Fribourg
    Auteur : Serge Gumy
    Éditeur : Aux sources du temps présent 1997
    Pages : 235

    Nous avons, en Suisse, un certain nombre de travaux qui s'occupent de sujets très locaux. Ce livre fait partie de ses études puisque l'auteur se concentre sur l'histoire d'un quartier de la ville de Fribourg. Il est tiré d'un travail de licence en histoire contemporaine. Ce livre nous permet de comprendre la vie mais aussi les modifications sociales d'un quartier qui, comme l'annonce le titre, passe d'un lieu de pauvreté à un lieu d'histoire et de mémoire. Afin de présenter ce quartier, l'auteur se concentre sur trois périodes donnant autant de parties générales.

    La première partie se concentre sur le XIXème siècle. L'auteur explique le fonctionnement du quartier et son lien avec le reste de la ville en deux chapitres. Il y explique tout d'abord les différences sociales et géographiques du quartier. En effet, celui-ci contient surtout des familles pauvres qui vivent dans des appartements modestes, avec peu de conforts. Le quartier, lui, est séparé du reste de la ville du fait de sa position géographique. Les milieux politiques ne s'y intéressent que peu, sauf en cas de craintes de mouvements sociaux ou pour déplorer la criminalité et l'immoralité des pauvres. Il ressort de ces deux chapitres l'impression d’un lieu coupé du monde et oublié par les politiciens.

    La seconde partie s'intéresse à la période des deux guerres. L'auteur dépeint une période difficile pour une population de plus en plus pauvre et laissée de côté. Les bâtiments sont des taudis dans lesquels s'entassent de nombreuses personnes, avec un confort spartiate et de larges problèmes d'hygiènes. Le quartier ne possède ni écoles ni lieux de loisirs et les enfants vivent dans les rues, afin d'échapper aux appartements. Cette période de pauvreté force la main aux autorités fribourgeoises qui commencent, à reculons, à créer des lois sur l'assistance publique capable d'aider une population qui souffre d'une période de chômage. Cependant, nous restons dans le cadre d'une peur d'un soulèvement, en partie porté par les socialistes, et l'aide sociale est aussi un moyen de tenir le quartier en l'encadrant par l'église et le parti conservateur.

    La troisième, et dernière, partie s'attache à la période des années 60 et 70. L'auteur s'y attache à deux points particuliers. Premièrement, il montre la mutation du quartier qui passe d'un lieu mal famé à un lieu de mémoire. Celui-ci est protégé par des organisations citoyennes en faveurs d'une sauvegarde de l'architecture dites médiévale. Mais les habitant-e-s montrent aussi leur fierté de leurs traditions en portant un carnaval et en soutenant l'équipe Gottéron. Mais l'auteur démontre aussi les changements dans la typologie des habitant-e-s, qui pousse à des améliorations du cadre de vie et à de nombreuses rénovations. Celles-ci augmentent fortement les prix des loyers et, petit à petit, les anciennes familles quittent le quartier au profit d'une population plus aisée. Ce livre, dont la lecture est parfois difficile, n'est pas simplement la peinture de la vie d'un quartier d'une ville suisse. C'est aussi une bonne étude de l'effet de décisions politiques et urbanistiques sur le fonctionnement d'un quartier et la vie de ses habitant-e-s.

    Image : Éditeur

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  • La noblesse en Occident (Ve-XVe siècle) par Martin Aurell

    Titre : La noblesse en Occident (Ve-XVe siècle)
    Auteur : Martin Aurell
    Éditeur : Armand Colin 2002
    Pages : 193

    L'histoire médiévale, et la noblesse, sont souvent compris d'une manière stéréotypée. Soit l'on pense à une époque sombre qui oublie la science et le droit au profit des luttes religieuses et guerrières. Soit l'on imagine cette époque comme le milieu de l'amour courtois mais aussi de la chevalerie valeureuse et noble. Heureusement, il existe un grand nombre d'ouvrages de synthèse écrits par des expert-e-s. Ce livre est un manuel de synthèse qui résume de nombreuses années de recherches en histoire. Il est constitué de 4 parties chronologiques qui marquent autant d'étapes dans le fonctionnement de la noblesse.

    L'ouvrage débute tout simplement en examinant la relation entre les peuples barbares et les aristocrates romains. Ces derniers se sont éloignés de leurs devoirs civiques et urbains à cause des coûts que cela implique pour leurs familles. En effet, l'élection et les devoirs civiques sont payant. Parallèlement, les peuples barbares sont inclus à l'espace romain afin de protéger l'Empire aux frontières. La perte de puissance de l'Empereur d'occident, les demandes des chefs barbares et la retraite des nobles romains dans leurs villas font tomber l'état romain central. Mais le lien entre barbares et romains, au niveau local, permet de constituer des petits royaumes qui profitent du savoir-faire juridique et administratif romain.

    La création de l'Empire carolingien permet le retour à une forme d'état central capable d'imposer idéologie et paix sur un vaste territoire. Pour fonctionner, l'Empereur se repose sur des seigneurs locaux qui sont envoyés sur des territoires à gérer, en échange de terres permettant une certaine richesse. Le but est de lier à l'Empereur les seigneurs locaux, qui eux-mêmes se lient à d'autres seigneurs plus modestes. Malheureusement, cela implique aussi une tendance à l'autonomie, favorisée par des liens forts entre seigneurs dont le roi ne devient que l'un des membres. A la chute de l'Empire, le monde occidental est rempli de seigneuries plus ou moins puissantes reliées dans un réseau de vassalité. L'effet est à la fois une prise de contrôle de la justice au niveau local mais aussi des guerres privées, que l'église tente de supprimer par la création de la Paix de dieu et la croisade.

    Le lien de vassalité, la guerre mais aussi la recréation, longue, d'un état avec le roi au centre permet de mettre en avant la création à la fois d'une classe mais aussi d'une idéologie. La noblesse implique de ne pas travailler la terre mais d'user ses revenus afin de financer des activités guerrières. Petit à petit, la noblesse devient une classe de professionnels de la guerre à l'armement aussi impressionnant que couteux. Ce milieu se pense de plus en plus comme particulier avec des devoirs et des droits qui dépendent de leur place dans la société. La fin de l'époque médiévale est aussi une période de révolte et de perte de statuts. Être noble est cher et le contexte difficile : l'économie est en berne, la peste revient régulièrement et le monde occidental est souvent en guerre. Les familles nobles peuvent facilement disparaitre et sont obligées d'accepter un rôle différent au sein de l'appareil d'état. Rejoignant des roturiers spécialisés et de plus en plus anoblis.

    L'auteur n'est pas partisan des explications par les catastrophes au court terme. Il préfère expliquer les changements sociaux par le long terme. Ni la noblesse ni l'Empire romain ne se sont effondrés soudainement, ils ont disparus ou mutés selon le contexte. Ce livre met tout de même en avant un point précis : la relation entre la noblesse et l'état. Celle-ci est fortement antagoniste. La classe noble s'est constituée contre l'état en faveurs de leurs droits personnels, souvent illégaux. L'état, et les rois, tentent de reprendre le contrôle de la justice et de la fiscalité face à une noblesse non seulement puissante mais qui possède aussi des lieux fortifiés, permettant des révoltes. Bien entendu, l'auteur s'intéresse aussi aux modes de vies et en particulier au fonctionnement de la famille. En effet, on ne peut pas comprendre la création de la noblesse sans prendre en compte l'idéologie qui entoure le fonctionnement de la famille. Jusqu'à la fin de l'époque médiévale, la noblesse dépend de ses ancêtres dont une partie est souvent mythique. Ce livre nous offre donc une base pour comprendre un peu mieux le fonctionnement de l'époque médiévale et de sa noblesse.

    Image : Éditeur

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  • Aquaman

    Arthur Curry a combattu aux côtés d'autres héros et héroïnes pour sauver la terre. Mais il est encore peu connu. Lorsqu'il ne sauve pas des navires de pirates ou de tempêtes, il boit de la bière avec son père dans le bar local. Arthur Curry a toujours été étrange mais il a aussi toujours vécu plus ou moins seul, refusant de se rendre en Atlantide depuis qu'on lui a expliqué que sa mère a été sacrifiée pour l'avoir conçu avec un humain. Son frère s'occupe du royaume. Ce dernier est fatigué des atteintes humaines contre les royaumes marins. Il décide de parlementer avec d'autres rois et reines afin de devenir le dirigeant d'une force armée commune chargée de combattre les humains de la surface. Mais ni Mera ni Vulko, sa future femme et son conseiller, ne sont en accord avec cette politique. Illes décident de se rendre à la surface afin de trouver Arthur et de l'envoyer en quête du trident du premier roi de l'Atlantide. Sa possession en ferait le roi à la place de son frère et permettrait de rester en paix.

    SPOILERS

    Les adaptations DC ont une mauvaise réputation depuis quelques années, à raison. Bien que tout ne soit pas aussi catastrophique que l'horrible Suicide Squad, aucun film n'a réussi à convaincre largement. Sauf si l'on prend en compte les avis négatifs. Ce nouveau film doit prouver qu'il est possible d'adapter un personnage peu connu et foncièrement ridicule. De plus, la réalisation doit être capable de filmer sou l'eau de manière convaincante.

    De ce point de vue, il faut avouer que les effets spéciaux me semblent réussis. La réalisation semble avoir lissé les visages et modifié les voix pour donner une impression différente de la vie en pleine air. Outre cela, les paysages marins sont magnifiques et on rêve devant des décors qui semblent aliens et proches de nous à la fois. Les ruines antiques sont mises au même niveau que les bâtiments de science-fiction, donnant l'impression d'une société qui s'est reconstruite sur le passé. Bien que la musique soit intéressante et tente d'accompagner notre impression d'étrangeté, elle n'est pas toujours bien choisie. Parfois, je suis sorti du film à cause d'une bande son inadaptée.

    Si la forme semble réussie, ce qui est un minimum pour un blockbuster, on peut se demander si le scénario est convaincant. Celui-ci est à la fois simpliste et très dense. Simpliste car l'on se trouve face à un roi en exil qui doit prouver sa valeur face à une société traditionaliste. Cette preuve passe par un artefact capable de prouver la royauté d'un individu, dont on ne peut s'emparer qu'après une dangereuse quête. Cette quête est transparente et la réalisation nous bombarde de son message : les personnes humbles qui veulent le pouvoir par nécessité plutôt que par droit font de meilleures dirigeantes. Avec cela, la réalisation crée toute une mythologie qui complexifie le fonctionnement de l'Atlantide. On découvre de nombreux royaumes et leurs propres histoires, sans toujours en savoir beaucoup sur leurs fonctionnements parfois caricatural (les philosophes, les brutes, etc.…). Je ne suis probablement pas le seul à y voir l'influence de Geoff Johns.

    Le film nous offre aussi deux personnages féminins : Atlana et Mera. Les deux sont membres de la royauté et capables de se battre, tout en ayant une connaissance importante de l'histoire et de la politique atlante. Les deux sont aussi destinées à accepter des mariages arrangés. Atlana disparait rapidement, après avoir combattu des soldats, mais elle revient vers la fin du film. Mera est décrite comme une combattante féroce capable de se défendre contre des soldats spécialement entrainés grâce à sa maitrise des arts martiaux et à son intelligence. Elle est un ajout d'intelligence à côté d'un Aquaman peu subtil. Bien que cela doit être confirmé, je ne suis pas certain de mes souvenirs, je crois que jamais Aquaman ne sauve Mera. Soit elle se débrouille seule soit elle est sauvée par une autre femme, quand elle n'est pas la personne qui sauve Aquaman.

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    *** Très loin de la catastrophe que je craignais. Mais tout aussi loin d'être un bon film.
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    Image : Site officiel

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  • On the basis of sex

    Ruth Bader Ginsburg est l'une des premières, et rares, femmes à entrer dans la faculté de droit d'Harvard, en 1956. Elle se trouve presque seule face à 500 hommes, le corps professoral et un doyen dont la première question concerne la raison pour laquelle ces femmes décident de prendre la place d'un homme. Elle mène ses études, soigne son maris, l'aide dans ses propres études et élève sa fille. Malgré ces nombreux devoirs, elle réussit à devenir la meilleure des étudiantes en droit d'Harvard. Mais alors qu'elle pense pouvoir suivre son rêve de devenir une avocate, toutes les portes se ferment devant elle. Elle devient une professeure en droit à New York mais elle garde son rêve d'être une avocate. Quand soudain elle découvre un cas qui pourrait lui permettre de mettre à bas toutes les lois qui créent une différence entre les hommes et les femmes.

    SPOILERS

    Je ne connais pas la véritable Ruth Bader Ginsburg. Je ne pourrais donc pas juger de ses réussites professionnelles et personnelles. Cependant, le film veut nous montrer une femme parfaite secondée par une famille parfaite, ayant ses propres problèmes. Ainsi, Ruth Bader Ginsburg est montrée comme une étudiante talentueuse capable de suivre deux années de cours en même temps. Elle s'occupe du ménage, bien que sa cuisine ne semble pas parfaite. Elle s'occupe aussi de son mari lorsque son cancer est diagnostiqué. Ce dernier est montré comme un brillant avocat en droit fiscal, un père aimant et attentif mais aussi un homme qui accepte sa part du ménage, en particulier la cuisine. Enfin, il y a leur fille. Celle-ci est décrite comme militante, intelligente et coincée entre son amour pour sa mère et sa frustration. Leur fils n'est que peu décrit, étant un peu jeune lors des faits du film. Si cette famille est décrite ainsi je pense que ce n'est pas un accident. Ruth Bader Ginsburg est montrée se heurtant au système patriarcal qui l'empêche de devenir une avocate. Si une femme aussi parfaite qu'elle ne peut pas y arriver, alors qu'elle a tous les mérites, qui le peut ? Bien entendu, on peut se demander si une personne ordinaire n'aurait pas les mêmes droits ? Pourquoi faut-il que Ruth Bader Ginsburg soit parfaite ?

    Le film s'intéresse aussi, forcément, à l'importance du système légal. Après tout, une grande majorité des personnages sont des avocat-e-s, parfois célèbres. Mais le film pose aussi la question du lien entre la société et la loi. En effet, la période durant laquelle ont lieu les événements et un moment de remises en cause du fonctionnement de la société. Féminisme et antiracisme mais aussi luttes politiques contre la guerre ont lieu sur les campus et dans les lieux publics. Le militantisme est aussi bien public que privé. La société est donc en train de changer. Mais est-il possible de modifier le fonctionnement de la société lorsque les lois protègent un ordre qualifié de traditionnel ? Ou vaut-il mieux changer les lois avant de changer la société ? Ce qui permettrait de valider et défendre ces changements. Selon ce film, il existe une relation difficile entre le système légal et la société. Loin de se diriger l'une l'autre elles s'accompagnent plus qu'elles ne se confrontent. Ainsi, selon Ruth Bader Ginsburg, paraphrasant l'un de ses anciens professeurs, la justice doit interpréter la loi à la lumière du fonctionnement du monde contemporain.

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    *** Un film biographique intéressant qui défend avec brio une avocate talentueuse, Ruth Bader Ginsburg, mais il manque un petit quelque chose.
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  • Les partis politiques. Acteurs de l'histoire suisse par Olivier Meuwly

    Titre : Les partis politiques. Acteurs de l'histoire suisse
    Auteur : Olivier Meuwly
    Éditeur : Presses polytechniques et universitaires romandes 2018
    Pages : 175

    Olivier Meuwly est connu pour ses fréquentes apparitions dans les médias lorsqu'il y a besoin d'un expert en histoire politique suisse afin de commenter l'actualité. L'auteur est, en effet, connu pour ses livres d'histoire concentrés sur le fonctionnement de la politique et de certains partis. Ainsi, il est l'auteur d'un petit ouvrage sur la politique vaudoise. Dans ce petit livre, l'auteur souhaite synthétiser une longue histoire des partis politiques. Ce qui permet d'une part de mieux comprendre l'impact de certains choix, comme la proportionnelle et l'arrivée des droits populaires, mais aussi d'expliciter l'arrivée des partis comme groupements chargés de défendre certaines visions.

    Le livre est construit en suivant une suite chronologique que les personnes qui connaissent l'histoire suisse savent classique, mais utile. Ainsi, après les troubles de la guerre civile l'auteur passe sur la Belle époque. Ceci pour mieux continuer sur les problèmes des années 30 et la consolidation de l'état suisse lors des trente glorieuses. Enfin, l'auteur s'attache à montrer les changements ayant eu lieu après les années 70 et surtout dans les années 90 lors de la montée importante de l'UDC. La première édition ayant eu lieu en 2010, les années 2000 ne sont que peu présentes dans ce livre.

    On pourrait résumer ce livre en expliquant qu'il décrit la chute des radicaux. Ceux-ci, au XIXème siècle, sont plus un groupe d'intérêt qu'un parti dont le but est de consolider l'état helvétique dans un sens plus centralisateur. Ce groupe incluait de nombreuses tendances aussi bien de droite et que de gauche, avant que cette division n'ait un véritable sens. Cependant, il apparait rapidement qu'il est difficile de relier autant de tendances différentes au sein d'un seul groupe et d'autres associations, qui deviendront des partis, commencent à se détacher. Malgré cela, les radicaux réussissent à garder la main sur la politique fédérale et le gouvernement, en partie à cause de l'absence de proportionnelle. Ce n'est que lors de l'arrivée du système proportionnel, puis de l'accès d'autres partis au Conseil fédéral, que l'hégémonie radical se fissure. Finalement, les trente glorieuses permettent de consolider ce qui a été nommé la Formule magique, et donc de relier au sein du gouvernement plusieurs tendances partisanes qui tentent de travailler ensemble.

    Bien que cet ouvrage soit court il n'échappe pas à la question concernant d'une part l'intérêt des partis et d'autre part l'utilité de la division gauche droite. L'histoire suisse n'est pas avare de mouvements qui se constituent en dehors des partis traditionnels et qui se veulent ni de gauche ni de droite. Ainsi, l'Alliance des indépendants de Duttweiler, le Parti des automobilistes ou encore le MCG et ses tentatives en dehors du territoire genevois pour ne prendre que trois exemples. Ces mouvements qui se veulent soit des réactions, le Parti des automobilistes fut résolument anti-écologiste, ou des alliances d'intérêts libéraux n'échappent pas à la division entre gauche et droite, même si celle-ci est complexifiée dans la pensée actuelle. Selon l'auteur, on ne peut pas échapper à cette division ni à l'importance des partis. En effet, Olivier Meuwly considère que les partis sont avant tout un moyen de défendre des idées et des buts politiques. Plus encore, les partis construisent une cohérence dans ces mêmes idées.

    Image : Éditeur

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  • Spider-Man: Into the Spider-Verse

    Depuis plusieurs années, Spider-Man est l'unique héros de New-York. Il aide toutes les personnes qu'il peut et il est l'une des personnes les plus populaires de la ville, ce qui implique aussi de nombreux ennemis. Récemment, une suite de tremblement de terre a secoué la ville. En enquêtant, Spider-Man tombe sur Miles Morales. Il comprend vite que Miles est comme lui, il possède les mêmes pouvoirs. Mais Miles Morales est encore très jeune et il ne sait ni comment se contrôler ni que faire de pouvoirs qu'il vient tout juste de découvrir. Heureusement, Spider-Man lui propose de l'aider. Et rapidement, les deux hommes comprennent qu'ils sont loin d'être les seules personnes aux pouvoirs identiques.

    SPOILERS

    Ce film d'animation est une véritable réussite. Il n'était pourtant pas facile de redonner l'envie de découvrir un Spider-Man après les films de Sam Raimi, les catastrophes que furent The amazing Spider-Man et la réussite de l'entrée de Peter Parker dans le MCU. Mais ce film réussit à réunir tous les ingrédients d'un bon Spider-Man. Les personnages sont attachants, drôles et touchants tout en donnant une diversité nécessaire. Ainsi, je salue l'idée de créer un film basé sur le point de vue de Miles Morales avec Gwen comme second rôle important. Peter Parker, ici, n'est qu'un mentor ce qui le rend important mais qui ne fait pas de lui le personnage principal du film, sauf par son impact sur la ville. L'intrigue est servie par une animation magnifique qui permet à la fois de créer une vie de tous les jours réussie et des séquences de combats superbes. Et, bien entendu, la bande originale est magnifiquement choisie.

    De plus, la réalisation a parfaitement compris que les ingrédients d'un bon Spider-Man doivent permettre au film d'être à la fois drôle et sérieux. Nous ne sommes pas dans le dark and gritty de DC. Ce film est lumineux. Les personnages savent plaisanter et montrent leur bonheur d'être des héros et héroïnes mais aussi de tout simplement être vivants, avoir des ami-e-s et être capable d'aider les gens. Mais il ne faut pas oublier que Spider-Man est aussi défini selon ses pertes. Tous les personnages ont en connu et Miles Morales et le dernier à comprendre cela. La réalisation utilise cet aspect mais crée aussi un soutien de la part des autres Spiders qui n'amoindrissent pas les pertes ressenties mais montrent qu'il est possible de les surmonter, même si cela implique de garder des cicatrices ou des problèmes. L'intrigue elle-même se base sur la perte ressentie par l'antagoniste principale. Celui-ci accuse Spider-Man d'être la raison derrière la fuite de sa femme et de son fils, et leur mort dans un accident. Au lieu d'accepter sa perte et sa responsabilité, comme les Spiders le font, il essaie de les retrouver même si cela implique de combattre la ville entière et de la mettre en danger. Ce film est donc une parfaite réussite qui se suffit à lui-même tout en ouvrant la possibilité d'une suite.

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    ***** Une véritable pépite. J'ai passé un très bon moment !

    Image : Site officiel

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  • Mortal Engines

    1000 se sont passés depuis ce qui est nommé la guerre de 60 minutes. En une heure, le monde a changé. Des bombes ont détruit non seulement les grandes villes mais aussi la technologie et l'écorce terrestre. Au début, les petites communautés se sont repliées en elles-mêmes afin de récolter et de défendre les ressources nécessaires à la survie. Mais, petit à petit, une nouvelle forme d'habitat fut créée. Des villes devinrent mobiles et s'attaquèrent aux autres communautés qu'elles absorbent pour être capable de survivre et de continuer la chasse. Mais un homme souhaite changer ce système.

    SPOILERS

    Le film commence parfaitement bien. On est pris dans l'urgence d'une petite communauté minière qui tente de fuir face à l'arrivée de la ville de Londres. Alors que les londonien-ne-s applaudissent la chasse, le film met en scène une poursuite que j'imagine basée sur les combats navals. Ce début est magnifique et augurait du bon. J'adorais l'idée de la poursuite, d'une forme de piratage entre villes. D'une manière générale, ce film est beau. L'image, les décors et les costumes sont magnifiques et l'on sent une histoire derrière chaque décor. Le mur est aussi particulièrement bien réussi et tente de nous faire probablement penser à la Grande Muraille. Malheureusement, le film perd rapidement de son intérêt pour deux raisons.

    Premièrement, le world building est insuffisant. On ne comprend ni les motivations des personnages ni leur place dans cet univers. On comprend qu'il existe des factions mais on ne connait ni leurs idéologies ni leurs chef-fe-s. Bien qu'il ne soit pas forcément utile de refaire toute l'histoire, il aurait fallu au moins expliciter les enjeux. Ainsi, on ne sait pas pourquoi deux personnages travaillent ensemble au sein de Londres, pour ne plus vraiment apparaitre. On ne sait pas pourquoi il y a un mur ni pour quelle raison Londres devrait l'attaquer. Tout se passe comme si la réalisation nous demande simplement de suivre les événements en donnant la promesse qu'il existe une raison derrière les décisions des personnages, mais sans jamais nous l'expliciter.

    Ensuite, les personnages ne sont pas intéressants (c'est à peine si je me souviens des noms). Hester Shaw aurait pu être sympathique. Mais elle devient simplement une survivante un peu bourrue qui tombe amoureux d'un homme après l'avoir connu à peine trois secondes. Celui-ci aurait pu être intéressant, mais il est simplement quelqu'un d'incapable de survivre sans aides et on se demande fréquemment pour quelle raison il est accepté. Il y en a d'autres qui ont le potentiel de devenir cultures, mais qui ne sont pas assez construits. Même le grand antagoniste n'est qu'un simple homme avide de pouvoir. De plus, il y a le problème de Shrike. Il apparait sans explication, et prend du temps d'écran via des flash-back sans ajouter une once d'information utile à l'intrigue. D'ailleurs, il disparait aussi soudainement qu'il est apparu. Ce film aurait pu être bon, si la réalisation avait décidé de s'intéresser à plus que la photographie.

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    ** Une grande déception

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  • Astérix: Le secret de la potion magique

    Tout se passe bien dans le petit village qui abrite les irréductibles gaulois. La journée commence par un bon rythme connu de tout le monde. Rien ne pourrait mettre à mal la bonne humeur d'un village qui sait ne pas être menacé par les romains. Mais c'est sans compter Panoramix qui, après un faux mouvement, tombe d'un arbre et se casse une jambe. Après réflexion, il en conclut qu'il est temps pour lui de découvrir un successeur à qui donner la recette de la potion magique. Mais personne ne sait qui pourrait bien être assez talentueux pour être accepté par Panoramix. Pour trouver cette perle rare, il est nécessaire de voyager dans toute la Gaule alors que Jules César commence à se douter qu'il se passe quelque chose qui pourrait devenir une rare opportunité de finalement conquérir toute la Gaule.

    SPOILERS

    Bien que, comme tout le monde, je connaisse un minimum Astérix je ne suis pas non plus particulièrement impliqué dans cet univers. Un grand nombre d'adaptation m'ont laissé sceptique sauf une. Mais lorsque Astier se lance dans l'exercice on peut se dire qu'il pourrait réussir quelque chose. Une bonne idée de sa part est de partir sur une histoire originale en créant un nouveau personnage : Pectine. Pectine est une jeune fille intelligente qui aime inventer et qui écoute attentivement les conseils de Panoramix. L'audience sait immédiatement qu'elle est destinée à remplacer Panoramix puisqu'elle possède toutes les qualités requises. Je suis donc surpris que le film ne se termine pas sur cette idée après avoir largement parlé de l'importance de la transmission. En effet, le film se pose la question de la manière dont les connaissances peuvent être défendues et transmises à de nouvelles générations. Pour cela, il faut à la fois être capable de respecter certaines règles et pouvoir trouver de nouvelles idées pas toujours utiles.

    Je me pose aussi beaucoup de questions sur les Gaulois. Premièrement, on laisse le village en arrière pendant une partie du film puis celui-ci réapparait pendant une seconde partie, laissant le village aux femmes et enfants. Bien que cela permette de montrer que les femmes du village n'ont pas du tout besoin des hommes, on se demande pour quelle raison partir. Ensuite, Panoramix annonce qu'il doit donner la recette à quelqu'un d'extérieur. Il défend sa décision en expliquant qu'un druide extérieur reste, culturellement, un gaulois. Dans le même temps, les villageois s’inquiètent et tentent d'empêcher l'entrée d'un étranger dans le village. Finalement, c'est Pectine qui apprend la recette alors que la personne choisie n'en reçoit qu'une partie.

    Je dois tout de même dire que j'ai passé un bon moment. J'ai ri de bon cœur à la plupart des blagues, dont une grande partie sont visuelles. Je trouve que leur écriture est plutôt réussie, malgré un scénario qui semble ne pas fonctionner entièrement. Je suis donc mitigé mais je me demande si mon incompréhension de certains choix n'est pas dû à un manque de connaissance de ce qui entoure Astérix, ce que semble mieux connaitre le youtubeur MrMeeea.

    Image : IMDB

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  • La Suisse et les puissances européennes. Aux sources de l'indépendance (1813-1857) par Cédric Humair

    Titre : La Suisse et les puissances européennes. Aux sources de l'indépendance (1813-1857)
    Auteur : Cédric Humair
    Éditeur : Alphil 2018
    Pages : 140

    Cédric Humair est un historien reconnu spécialisé en histoire suisse, et particulièrement l'histoire économique et les relations étrangères. J'ai déjà lu son livre sur l'année 1848, ce qui a mené à la guerre et la manière de résoudre les tensions impliquées. Ce petit livre de la collection Focus revient sur cette époque mais prend une perspective différente puisque l'auteur s'y intéresse aux relations entre la Suisse et les 5 puissances européennes conservatrices du XIXème siècle : la France, l'Autriche, la Prusse, la Russie et la Grande-Bretagne. Ce petit livre est divisé en quatre parties qui permettent d'analyser le pays sous protection française, selon les volontés des puissances conservatrices, la réforme et enfin les tensions dues à la création de la constitution de 1848.

    C'est connu, mais souvent oublié, la Suisse n'existe pas depuis 1291. Cette date est en grande partie mythique et ne concerne que quelques cantons sur ceux existant actuellement. Ce n'est que progressivement que le territoire s'est constitué, tout en restant membre du Saint Empire romain germanique (Neuchâtel étant possession prussienne jusqu'à la moitié du XIXème siècle). Plus intéressant encore, pendant longtemps la confédération n'est qu'une faible alliance entre des états souverains jaloux de leurs prérogatives. Ce n'est que sous la protection de la France que la Suisse fut constituée en République unie, mais ce régime fut aussi particulièrement instable.

    Lorsque la France de Napoléon fut vaincue, une conférence fut réunie pour reconstituer l'Europe selon une logique conservatrice. Dans ce cadre, la question helvétique eut une certaine importance. Au point de vue interne, la confédération fut restaurée tout en supprimant les bailliages, acceptant la création de nouveaux cantons. Au point de vue externe la question concerne l'équilibre européen. Aucune des grandes puissances ne souhaite que la Confédération ne soit intégrée dans un autre pays. Dans ce contexte, les 5 puissances proposent de faire de la Suisse un état souverain mais surtout neutre. Un état qui doit rester conservateur. Les 5 puissances se considèrent comme les garantes du Pacte de 1815 qui réglemente le pays, et que les suisses ne doivent pas modifier sans leur accord. Cependant, des réfugiés libéraux se rendent en Suisse tandis qu'une partie des citoyens helvétiques souhaitent des réformes libérales et démocratiques, créant des tensions avec le reste de l'Europe.

    C'est à ce point que l'on peut parler de la perspective de l'auteur qui rend son livre des plus intéressants. Au lieu de se baser sur une histoire interne Cédric Humair décide de s'intéresse aux sources britanniques sur la Confédération helvétique. Cette perspective permet de mettre en lumière les idées et l'impact de la diplomatie britannique sur la Confédération helvétique. Bien entendu, cela implique d'oublier d'autres pays ainsi que les points de vue interne, mais cela implique aussi de mieux comprendre de quelle manière le pays devint souverain et resta neutre. L'auteur met en avant une activité diplomatique considérable dans le but de garder un équilibre. Les britanniques fonctionnent comme des facilitateurs pour la Suisse via des pressions aussi bien sur les autorités helvétiques que sur les autorités des autres grandes puissances. Ainsi, les anglais ont un intérêt à garder une Suisse stable et indépendante. Ce qui implique de lutter contre les menaces d'attaques militaires, par exemple de la Prusse lorsque le canton de Neuchâtel devint officiellement et uniquement Suisse. Cette perspective rend ce livre particulièrement intéressant et donnant des informations différentes sur la construction de la Suisse moderne. Je le conseille aux personnes qui souhaitent mieux connaitre l'histoire de la Confédération.

    Image : Éditeur

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  • Une histoire politique de la démocratie directe en Suisse par Olivier Meuwly

    Titre : Une histoire politique de la démocratie directe en Suisse
    Auteur : Olivier Meuwly
    Éditeur : Alphil 2018
    Pages : 132

    Discuter de la démocratie directe est un exercice périlleux, en particulier en Suisse. Nombreuses sont les personnes qui s'inquiètent d'une force trop importante des mécanismes de démocratie directe, qui pourraient mettre en question des droits fondamentaux. Tout aussi nombreuses sont les personnes qui s'inquiètent d'un irrespect des décisions du peuple. Mais nous ne connaissons que peu les processus qui ont mené aux instruments que sont le référendum et l'initiative utilisés actuellement. Olivier Meuwly essaie, dans cet essai historique, de résumer les idées philosophiques et les changements qui ont présidés à la mise en place de la démocratie directe suisse.

    Avec raison, l'auteur explicite le lien important de la démocratie directe avec l'ancien régime et, en particulier, la landsgemeinde. Cet outil, encore utilisé dans certains lieux, fonctionne dans le cadre d'une pensée médiévale mais n'est pas l'expression du peuple tel qu'on la conçoit aujourd'hui. La landsgemeinde, comme beaucoup d'auteur-e-s l'ont montré, est soumis au pouvoir de certaines familles. Elle est aussi critiquée lors de la Révolution française, et de la mise en place de la République helvétique, car contraire à l'idée de rationalité, tout comme l'usage du sort pour choisir les dirigeants.

    Ce n'est qu'après la restauration puis la guerre du Sonderbund que la démocratie directe a commencé à véritablement ressembler à ce que l'on connait aujourd'hui. Mais ce n'est que progressivement que ces instruments furent imaginés et acceptés par un pouvoir radical puissant. En particulier, ce sont les oppositions face à des politiques de création de lignes de train qui commence à permettre de défendre une volonté populaire face à une centralisation et une homogénéisation du droit en Suisse. Bien que ces droits populaires ne fussent pas encore beaucoup utilisés, ils ont permis d'obliger la confédération à accepter certaines idées. Mais l'essor n'a lieu que bien plus tard.

    En effet, après les deux guerres, et l'usage des pleins pouvoirs par les autorités de la confédération, la Suisse est devenue plus social avec la création de l'AVS. Mais les années 60 sont l'occasion de comprendre que de nombreuses parties de la population ont des idées que ne sont pas défendues par les partis traditionnels. Dans ce cadre, l'initiative et le référendum permettent d'imposer des débats sur des sujets de plus en plus nombreux, marquant un accroissement important des votations. Ceci implique une critique des décisions du peuple et le souhait de réformes, mais qui n'ont jamais pu être mises en œuvre par peur de briser une mécanique délicate.

    Ce petit livre donne un grand nombre d'informations qui permettent de mieux comprendre le fonctionnement politique de la Suisse. L'auteur n'hésite pas à questionner les débats et les idées philosophiques et idéologiques derrière certains souhaits de réformes. Le dernier chapitre est particulièrement délicat de ce point de vue puisque Oliver Meuwly discute initiatives récentes dont l'application fut délicate, si ce n'est abandonnée. Bien qu'il parle des réformes proposées, je trouve frustrant que le message de l'auteur soit d'éviter tout changements. Ceci me donne l'impression de mettre sur un piédestal des instruments certes nécessaires mais dont les réformes devraient pouvoir être discutées afin de défendre certains droits fondamentaux ou de s'adapter à la période.

    Image : Éditeur

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  • Arrow 6

    CW : Tortures

    Oliver Queen possède plusieurs identités. Le jour il est le maire élu de Star City. Son rôle est de protéger ses citoyen-ne-s et d'aider la ville à se remettre de plusieurs années d'attaques terroristes qui ont détruit son infrastructure, son économie et l'espoir. Il est aussi le père de Williams, qu'il a promis de prendre avec lui lors de la mort de sa mère. Mais être père et maire d'une ville rend les choses compliquées. D'autant plus que William ne connait pratiquement pas Oliver Queen. Les seules interactions qu'il a eu avec son père se sont déroulés lors de ses enlèvement par des ennemis de Green Arrow. Et enfin, Oliver Queen est le Green Arrow. Lorsque la nuit tombe il parcourt les rues de la ville afin de sauver, aider et combattre la criminalité. Alors qu'il se croit enfin débarrassé de tous les dangers Oliver Queen commence à reconstruire sa vie et sa ville. Mais une cabale commence à se constituer dans l'ombre. Leur seul et unique but est de s'attaquer à Oliver Queen, par tous les moyens possibles.

    SPOILERS

    Arrow est une série qui est passée par de nombreux problèmes. La première saison fut suivie d'une excellente seconde saison. Puis, soudain, la production s'est perdue à la fois dans la nécessité de trouver des ennemis d'ampleur pour Green Arrow et une entrée dans le spirituel. Cette décision m'a toujours paru étrange puisque Arrow est censé se dérouler dans un milieu urbain, avec une légère conscience politique. Le but d'Oliver Queen est de se battre pour que les personnes puissantes, riches, ne soient pas au-delà de la justice. Heureusement, la cinquième saison repartait sur de bonnes bases avec un ennemi provenant du passé d'Oliver Queen. Cette sixième saison continue sur cette lancée en créant Ricardo Diaz. Un homme qui a connu la pauvreté et qui tente de prendre le contrôle de la ville afin d'étendre son empire criminel.

    La série prend enfin le temps d'enquêter sérieusement sur les activités d'Oliver Queen. Ce dernier a été publiquement accusé à plusieurs reprises, pour toujours s'en sortir. Ce que l'on peut lier à une tendance étrange des citoyen-ne-s de la ville à oublier ces accusations et les meurtres commis par Oliver Queen. Cette fois la série prend au sérieux les accusations et permet même l'enfermement d'Oliver Queen. Cependant, il est dommage que les arguments contre le vigilantisme ne soient pas assez développés. Pire encore, les différentes personnes qui se trouvent dans l'équipe d'Oliver Queen sont finalement utilisées pour aider le FBI à reprendre le contrôle. Le discours sur la nécessité de suivre les lois et procédures pour une justice équitable en est diminué. On semble nous dire que certaines circonstances impliquent que l'état puisse passer outre la loi, ce que je récuse. Cette saison montre aussi la fin de l'équipe constituée lors de la cinquième. Il semblerait donc que la série puisse se diriger vers sa fin lors de la septième saison, ce qui serait probablement une bonne chose.

    Site officiel

    Image : IMDB

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  • Unity intégrale par Matt Kindt, Doug Braithwaite, Cafu, Stephen Segovia et Pere Pérez

    Titre : Unity intégrale
    Auteurs : Matt Kindt, Doug Braithwaite, Cafu, Stephen Segovia et Pere Pérez
    Éditeur : Bliss comics 9 novembre 2018
    Pages : 768

    Cette intégrale contient Unity 0-25 et Harbinger: Faith 0. Aric, équipé d'une armure alien, a pris le contrôle de la Roumanie et s'en est déclaré le roi. Son but est de trouver une terre de paix pour son peuple après des décennies de tortures aux mains d'une civilisation alien. Mais sa décision a des conséquences. À la suite de sa prise de contrôle la Russie menace d'utiliser une bombe nucléaire. Toyo Harada refuse cette éventualité et décide, à la suite d’un accord secret, d'envoyer une équipe. Celle-ci est vaincue en moins d'une minute. Cet échec le pousse à créer une équipe formée de personnes qu'il ne contrôle pas : Unity.

    SPOILERS

    Il est facile de comprendre pour quelle raison Valiant a créé cette équipe. DC a la Justice League. Marvel possède les Avengers. Valiant a créé Unity pour créer des histoires concernant des menaces importantes avec des personnages déjà connus. La composition est donc assez logique : un homme sombre et sans pouvoirs, un guerrier immortel, une femme capable de contrôler la technologie et, finalement, un humain dont les pouvoirs le rendent pratiquement impossible à vaincre. Les pages de cette intégrale sont écrites pour être spectaculaires tout en offrant quelques numéros d'introspection pour chacun des membres. Ce sont d'ailleurs ceux que j'ai préféré.

    Bien que Valiant n'invente rien, comme souvent, cela ne veut pas dire que l'écriture n'est pas intelligente. Avec Harbinger et Imperium les effets politiques des décisions d'un groupe qui se considère comme guide de l'humanité étaient mis en avant. Il n'y a pas autant de conséquences géopolitiques ici mais au lieu de créer un groupe externe au monde les auteurs intègrent Unity dans le fonctionnement militaire des États-Unis, sous la forme d'une alliance avec le MI-6. Ce n'est que plus tard, que les auteurs décident de mettre en avant la nécessité de communiquer avec le public, suivi immédiatement par la création d'une équipe concurrente sous l'égide d'autres pays. Bien que cela n'aille pas très loin, les auteurs ont donc conscience des effets de la création d'un tel groupe, contrairement à DC et Marvel qui semblent penser que les Avengers et la Justice League pourraient se rendre partout dans le monde sans conséquences politiques majeures.

    *
    **
    *** Probablement l'intégrale la plus faible que je me suis procuré. Entre quelques pépites on nous montre surtout du spectaculaire.
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    *****

    Image : Éditeur

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  • Saga 9 par Fiona Staples et Brian K. Vaughan

    Titre : Saga 9
    Auteur-e-s : Fiona Staples et Brian K. Vaughan
    Éditeur : Image Comics 26 septembre 2018
    Pages : 152

    Ce volume 9 contient Saga 49-54. À moins que je ne me trompe, ce volume est le dernier avant un an. La petite famille de Marko et Alana continue leur périple dans l'univers. Illes ont enfin réunis le Robot Prince IV et son fils Ecuyer. Par la même occasion illes ont accepté Ghüs comme baby-sitter et deux journalistes. Bien que personne ne soit en faveurs de raconter leur histoire aux journalistes ces deux hommes ont besoin de protection et de revenir chez eux. Durant le voyage, ils proposent à Marko et Alana d'écrire leur histoire et. En échange, de leur offrir nouvelles identités et nouveaux corps afin de vivre finalement en paix. La proposition est alléchante si elle est possible. Le petit groupe décide donc de se reposer un peu sur une ile en réfléchissant.

    SPOILERS

    Saga est à la fois très commun et magnifiquement écrit et mis en scène. Tout semble très lent et ne concerner que la vie de tous les jours et pourtant on ne sait jamais ce qui va arriver à la prochaine page. Ce tome de Saga, comme d'autres, est pacifique. Le groupe atterrit sur une planète et en profite pour ses ressourcer et permettre à chacun de choisir de partir ou de rester. Et pourtant, en quelques pages les deux auteur-e-s nous font beaucoup de mal !

    Saga volume 9 se termine par la réunion de trois hommes. Le Prince Robot IV, Marko et Le Testament. Ce dernier a besoin de redevenir un indépendant et souhaite venger la mort de son amie. Il a toujours vécu dans la violence et ne comprend pas la possibilité de la paix. Le Prince Robot IV est un soldat aristocratique qui méprise les personnes qu'il considère inférieure. Cependant, il n'a pas hésité à sacrifier sa position pour sauver son fils, et la fille de Marko. C'est un homme en reconstruction qui essaie de se créer une nouvelle vie, se rapprochant de Petrichor comme potentielle compagne. Et enfin nous avons Marko. Il est aussi soldat mais il est en faveurs des solutions pacifiques quand cela est possible. Il ne tue que par nécessité et jamais par colère, par peur de ses propres réactions. Ce n'est pas un positon facile et le personnage est très souvent mis en face de décisions difficiles. La confrontation de ces trois personnages est magnifiquement écrite et prend en compte les caractéristiques de tout le monde. Mais c'est aussi une fin très difficile, d'autant plus lorsqu'on sait que la suite ne sera pas disponible avant longtemps.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Ce volume fait très mal.

    Image : Éditeur

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  • Runaways 2. Best friends forever par Rainbow Rowell, Kris Anka, Craig Yeung, Matthew Wilson et Triona Farrell

    Titre : Runaways 2- Best friends forever
    Auteur-e-s : Rainbow Rowell, Kris Anka, Craig Yeung, Matthew Wilson et Triona Farrell
    Éditeur : Marvel 30 octobre 2018
    Pages : 136

    Ce second tome contient Runaways (2017) 7-12. Depuis peu, Gert est revenue à la vie à cause de son ancien petit ami. Mais elle n'apprécie pas vraiment ce nouveau monde dans lequel elle a toujours 16 ans. Le groupe s'est séparé. De nombreuses catastrophes ont eu lieu. Et surtout une partie des mineures se sont retrouvées en famille d’accueil. La première mission de Gert est donc de retrouver Molly et de revenir dans leur maison. Mais bien que Molly soit heureuse de retrouver ses ami-e-s elle ne souhaite pas disparaitre pour autant, elle veut rester à l'école. Nico et Chase sont dans le même cas puisque les deux tentent de trouver un travail.

    SPOILERS

    Cette nouvelle série n'est pas tout à fait comme la précédente. Le danger des parents criminels qui contrôlent la ville n'est plus présente. Le groupe se trouve réunis surtout par nostalgie mais illes ont grandis depuis leur dernière rencontre et illes doivent accepter le passé de tout le monde. On sait, par exemple, qu'une partie a été Avengers tandis que d'autres préfèrent ne pas dire ce qui leur est arrivé.

    Ce second volume possède un thème fort : est-il nécessaire de grandir ? Cette question est posée à Molly qui reçoit la possibilité d'avoir 13 ans pour l'éternité (quelle horreur !). Bien entendu, la question est plus difficile que simplement vivre pour toujours. Elle implique de comprendre la place de Molly et de comprendre ce qu'implique devenir adulte. Ainsi, la scénariste nous montre ce qu'apprécie Molly actuellement. Mais elle montre aussi les difficultés que ressentent les membres du groupe face à leur vie. Trouver un travail, construire une relation romantique stable et adulte, accepter certaines responsabilités malgré ses craintes, ... La scénariste nous présente cela d'une manière simple et efficace, permettant de se souvenir de sa préadolescence tout en étant très heureux que cela soit terminé !

    *
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    ***
    **** Un second volume qui me donne envie de continuer une série prometteuse, malgré un cliffhanger que je n'apprécie pas beaucoup.
    *****

    Image : Goodreads

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  • Raven daughter of darkness 1 par Marv Wolfman, Pop Mhan et Lovern Kindzierki

    Titre : Raven daughter of darkness 1
    Auteurs : Marv wolfman, Pop Mhan et Lovern Kindzierki
    Éditeur : DC 23 octobre 2018
    Pages : 152

    Ce premier volume contient Raven daughter of darkness 1-6. Raven est une adolescente élevée dans une autre dimension. Elle est aussi une magicienne membre des Teen Titans. Il y a peu, elle a décidé de vivre avec la famille de sa tante afin de le connaitre et de comprendre comment les gens vivent sur Terre. Son souhait d'éviter les problèmes a échoué lorsqu'elle a dû combattre une menace mystérieuse. Cet acte a permis au monde d'apprendre ou elle se trouvait. Alors qu'elle continue de vivre avec sa tante une armée et des personnes sans visages semblent combattre afin de prendre le contrôle de son destin. Mais pourquoi souhaite-t-on sa mort ?

    SPOILERS

    La première série Raven était aussi simple qu'efficace sans être extrêmement réussie non plus. Je l'avais surtout parce que j'apprécie le personnage. Cette seconde série continue sur la même lancée, avec le même scénariste. Raven se trouve au lycée, elle a une famille et elle doit attaquer des menaces magiques. Ce sont des ingrédients simples mais souvent utilisés : place un être exceptionnel face à des problèmes de tous les jours. En ce qui concerne Raven, il faut ajouter les difficultés pour elle de s'intégrer et de comprendre qui elle est et ce qu'elle souhaite devenir. L'idée qu'elle est aussi bonne que mauvaise est souvent mise en avant dans la série, elle est un équilibre.

    Ce premier volume ajoute quelques personnages mais surtout offre une nouvelle famille à Raven. En effet, une partie des adversaires du tome sont en fait ses sœurs qui essaient de vaincre leur père, le diable nommé Trigon. On nous explique de quelle manière ce diable fait pour avoir des enfants : il cherche des femmes assez fortes pour porter ses filles dans le but de se créer une armée. Leur naissance est forcée et il semble que la relation des femmes avec Trigon l'est aussi. La lutte des sœurs de Raven est donc autant une prise d'autonomie qu'une revanche face à un père qui ne veut qu'user d'elles et non leur offrir une vie.

    *
    **
    *** Pas exceptionnel mais dans la continuité de la série précédente.
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • Harbinger l'intégrale par Joshua Dysart, Khari Evans, Barry Kitson, Clayton Henry et Rafa Sandoval

    Titre : Harbinger l'intégrale

    Auteurs : Joshua Dysart, Khari Evans, Barry Kitson, Clayton Henry et Rafa Sandoval

    Éditeur : Bliss comics 26 octobre 2018

    Pages : 928

    CW : Viol

    Cette intégrale contient Harbinger 0-25, Bleeding Monk 0, Harbinger Wars 1-4, Harbinger : Omegas 1-3 et Harbinger : Faith 0. Bliss comics publie un certain nombre d'intégrale depuis le début de leur existence. Une partie est d'ailleurs disponible en format PDF. Ces intégrales permettent de lire des récits complets sans avoir à chercher toutes ses parties. Harbinger se déroule alors que le monde ne connait pas la vérité sur Toyo Harada. Pour les journalistes et les politicien-ne-s, Toyo Harada est un capitaliste qui utilise ses ressources pour aider le monde. Mais quelques personnes savent que Toyo Harada dirige une fondation qui se bat secrètement contre une entreprise sous contrôle de l'état des États-Unis afin de créer des êtres humains dotés de pouvoirs. Cette lutte en coulisse prend un tournant lorsque Toyo Harada recrute un jeune homme qui pourrait bien être aussi puissant que lui : Peter Stanchek. Mais ces deux personnes se soutiendront-elles ou se combattront-elles ?

    SPOILERS

    Cette série nous permet de connaitre plusieurs personnes et leurs idéologies différentes. D'un côté, il y a le projet Rising Spirit. Ce projet considère les humain-e-s comme des propriétés qu'il convient d'utiliser même si cela met des vies innocentes en danger. De l'autre, nous avons Toyo Harada et sa fondation Harbinger. Il se considère comme le futur sauver de l'humanité et crée un culte de la personnalité autours de lui. Enfin, nous avons Peter Stanchek qui est impliqué sans comprendre ce qui lui arrive. Peter Stanchek et Toyo Harada sont aussi puissants l'un que l'autre mais aussi très différent. Peter est sans domicile, se drogue et ne se lie à presque personne. Toyo Harada, bien que d'origine modeste, est l'une des personnes les plus riches du monde. Il est aussi convaincu de sa supériorité et de son droit à diriger l'humanité. Ils sont secondés par différents personnages plus ou moins intéressants. J'ai un faible pour Faith dont j'adore l'aspect optimiste.

    Cette intégrale s'intéresse donc fortement à Toyo Harada et à sa lutte contre Peter Stanchek. C'est un personnage que je connais depuis Imperium, qui se déroule après Harbinger, et que l'on rencontre aussi dans Unity. Bien que ses actes puissent être qualifiés de terroriste dans Imperium, je n'ai pas tout à fait compris pour quelle raison il est considéré comme un vilain. Cette intégrale répare ce problème en montrant Toyo Harada dans toute son arrogance. Il n'hésite pas à sacrifier des vies pour se sauver. Il manipule tout le monde sans se poser de questions. Il met d'autres personnes en danger parce qu'il pense être plus intelligent. Le personnage est très intéressant et on peut accepter ses buts. Mais il est clair qu'il n'est pas sympathique et ce tome explicite pourquoi des personnes ayant connaissance de ses actes le suivent. C'est moins une question d'idéologie que de foi, de loyauté et surtout un moyen d'éviter que Toyo Harada ne commence à se considérer comme une divinité. Face à son envie d'agir, Peter Stanchek incarne le souhait de ne pas s'impliquer, d'abord pas paresse puis, à la fin du récit, par nécessité face à l'étendue de ses pouvoirs.

    *

    **

    ***

    **** Une très longue intégrale pour une intrigue très intéressante.

    *****

    Image : Éditeur

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  • Batman Detective Comics 7. Batmen Eternal par James Tynion IV, Javier Fernandez, Eddy Barrows et Alvaro Martinez

    Titre : Batman Detective Comics 7. Batmen Eternal
    Auteurs : James Tynion IV, Javier Fernandez, Eddy Barrows et Alvaro Martinez
    Éditeur : DC 11 septembre 2018
    Pages : 176

    Ce volume 7 contient Detective Comics 975-981. Si j'ai bien compris, ce tome est le dernier écrit par James Tynion IV. Batman, Tim Drake et Batwoman ont décidé de créer une force militaire autours du Batman afin de vaincre les criminels et les menaces importantes pour la ville de Gotham. Le but est de créer la paix pour les habitant-e-s. Mais cette force de maintien de la paix a inquiété la population et les pouvoirs publics, surtout lorsque l'un des membres, Clayface, a perdu le contrôle et a commencé à mettre la ville en danger. Cela a poussé Batwoman à tuer Clayface pour éviter d'autres morts. Mais sa décision est-elle adéquate ? Peut-on tuer lorsqu'on prétend être membre de l'équipe de Batman ?

    SPOILER

    Lorsque j'ai lu la fin du dernier volume et commencé celui-ci je m'attendais à des numéros centrés sur les conséquences des actes de Batwoman. Je pensais que les différents personnages prendraient un camp ou l'autre selon qu'illes pensent que parfois il n'y a pas d'autre choix que la létalité. Ce n'est pas la direction prise par les auteurs. Le procès de Batwoman est assez court et pose moins la question de ses actes que des actes de Batman et de Tim Drake. Lorsque Batman a recruté Batwoman souhaitait-il aider Tim Drake ou éviter que Batwoman ne soit recruté par la colonie ? Ce procès est donc relativement court mais il reste tout de même surprenant.

    Le centre de ce volume, et de la série, est plutôt Tim Drake. L'équipe qu'il met en place devait permettre de créer une force Batman capable de survivre à Bruce Wayne et à l'absence de Tim Drake en tant que Robin. Ce dernier souhaitant étudier afin d'aider le monde différemment. La légitimité d'agir comme héros a souvent été mise en question dans la série, Spoiler décidant de ne plus agir ainsi. Au centre de l'intrigue est aussi la question de l'avenir potentiel de Tim Drake. La série nous montre un Tim Drake adulte obligé de prendre en main le manteau de Batman après la mort de ses ami-e-s et l'échec d'autre personne. Mais moins qu'une Gotham pacifiée on nous présente une ville soumise à la terreur par un Batman qui ne respecte ni les lois ni la vie privée. La fin de cette série essaie de montrer deux choses. Premièrement, on nous explique comme ce futur a pu avoir lieu. En second lieu, l'intrigue essaie d'éviter que Tim Drake ne devienne comme son futur. Pour cela, il doit renoncer à l'idée que Batman est indispensable et qu'il est le seul à pouvoir l'aider. Bien que la fin de la série soit un peu rapide, j'aurais apprécié une dernière confrontation idéologique entre Batwoman et la Colonie contre Batman, elle est efficace et permet de conclure les différentes intrigues.

    *
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    ***
    **** Une fin efficace avant qu'une nouvelle équipe ne prenne cette série en main.
    *****

    Image : Éditeur

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  • Batman White Knight par Sean Murphy et Matt Hollingsworth

    Titre : Batman White Knight
    Auteurs : Sean Murphy et Matt Hollingsworth
    Éditeur : DC 9 octobre 2018
    Pages : 232
    CW : Violences policières, violences médicales

    Ce tome contient Batman: White knight 1-8. Après l'échec, annoncé, de DC You et la destruction de la branche Vertigo DC a créé un nouveau label : Black Label. Encore jeune, cette branche doit se spécialiser dans des récits en dehors de la continuité dans une direction qualifiée de plus adulte. White Knight débute comme dans toute bonne histoire entre le Joker et le Batman. La batmobile se gare près d'Arkham. Mais la personne qui en sort n'est pas Batman. C'est Jack Napier, alias le Joker. Il y a un an, le Joker a été guéri après une dernière course-poursuite entre lui et Batman. Enfin débarrassé de l'identité du Joker, Napier décider de s'attaquer au plus grand vilain de Gotham. Un être qui sème la terreur sans jamais être mis en cause : Batman.

    SPOILERS

    Je n'aime pas le Joker. C'est un personnage qui m'insupporte et je déteste que l'on écrive encore sur sa relation avec Harley Quinn. Cependant, je comprends que les scénaristes aiment placer le Joker avec Batman. Ce sont deux faces d'une même pièce et l'idée qu'ils se soient créés mutuellement et qu'ils se comprennent mieux que personne n’a été récemment mise en avant par Scott Snyder. White Knight suit exactement la même logique. Jack Napier est décrit comme une personne qui essaie simplement de créer un spectacle. Le Batman est la meilleure personne pour l'aider. Mais Napier, sous son identité de Joker, est aussi fasciné par le Batman.

    Ce qui change est la manière d'écrire cette histoire. Au lieu de se placer du côté de Batman, un mal nécessaire dans une ville en danger permanent. Les scénaristes posent la question des méthodes et du message que l'existence même du Batman implique. Selon les scénaristes, l'existence du Batman est l'incarnation de la corruption d'une ville. D'une part, les dégâts créés par ses activités sont payés par le contribuable. Mais surtout, Batman ne répond devant personne. Il n'écoute pas la police, il n'agit pas en accord avec elle. Cela permet de mettre en scène des pages qui montrent Batman attaquant une manifestation pacifique, mettant en danger des civils et détruisant des bâtiments de la ville.

    Cette histoire est aussi fortement contemporaine. Les scénaristes essaient d'éviter de trop donner leur point de vue. Des positions opposées, mais en dialogue, sont donc mises en scène par deux journalistes : un homme conservateur qui utilise des termes très connotés comme SJW et une femme qui semble être de gauche. Je me demande si cette manière de faire est adéquate dans le contexte actuel. Le terme Social Justice Warrior est utilisé comme un moyen d'attaquer la pertinence de réflexions de gauche et donc de les étouffer dans l’œuf. Heureusement, ces dialogues sont coupés par des scènes qui montrent les obligations de la police et des politiques face aux actions dangereuses du Batman. L'œuvre s'inscrit aussi dans un contexte racial très particulier : les émeutes et les tueries d'hommes noirs par une police raciste. Pour mettre cela en avant les auteurs expliquent que Gotham a connu des émeutes avant le nettoyage de la police par Gordon. Mais on nous montre aussi que les quartiers pauvres, habités par des personnes racisées, sont abandonnés par les pouvoirs publics. Poussant ces quartiers à se gérer seuls et, dans ce comics, à pousser à l'élection de Jack Napier à un poste politique. Les auteurs vont jusqu'à redessiner des scènes prises en photos par des journalistes contemporains !

    J'apprécie aussi que la relation entre le Joker et Harley Quinn soit enfin décrite pour ce qu'elle est : une relation toxique avec un homme abusif. Les auteurs expliquent qu'une première Harley Quinn s'est enfuie, alors que le Joker menaçait de tuer un Robin, et qu'elle fut remplacée par une seconde Harley Quinn. Une partie importante de ce livre s'intéresse à la relation du Joker avec Harley. L'une est l'incarnation d'une relation mutuellement consentie qui rend les deux membres meilleurs. Tandis que la seconde incarne une relation toxique basée sur les abus physiques et psychiques. Bien que cela arrive tardivement, il est intéressant de décrire Harley Quinn comme une force positive dans la vie du Joker, ce qui permet de donner la grande révélation sur l'identité d'Harley et ses actes dans Gotham.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Non cette histoire n'est pas parfaite et j'aurais aimé plus de numéros pour les auteurs. Mais c'est probablement le meilleur comics autours de Batman, de la batfamily et du Joker que je connaisse.

    Image : Éditeur

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  • The infinite loop 2. Nothing but the truth par Pierrick Colinet, Elsa Charretier et Daniele Di Nicuolo

    Titre : The infinite loop 2. Nothing but the truth
    Auteur-e-s : Pierrick Colinet, Elsa Charretier et Daniele Di Nicuolo
    Éditeur : IDW mai 2018
    Pages : 128

    Ce volume 2 contient les numéros 1-4. Le premier Infinite Loop fut une très bonne surprise. J'avais beaucoup aimé l'histoire qui jouait à la fois sur les voyages dans le temps, une relation entre deux femmes et les exclusions dans une société qui se dit tolérante et pacifiée. En peu de numéros, les auteur-e-s critiquaient fortement le racisme, le sexisme et l'homophobie d'une société tout en mettant en scène des hommes à la masculinité toxique et un nice guy qui ne devient utile que lorsqu'il laisse les femmes agir, se contentant de les aider sans les guider. Ce second volume est la suite directe, les anomalies sont acceptées mais une grande partie est envoyée dans des camps de réfugiés. Teddy est à la recherche d'une anomalie qui a disparu. Elle tombe sur une ville qui n'accepte plus la réalité et ne souhaite que vivre dans des faits alternatifs, fournis par un homme qui se prétend docteur et qui prétend savoir mieux que personne ce dont la population a besoin.

    SPOILERS

    Tout comme le premier volume, le principal défaut est le nombre restreint de numéros. Seulement 4 pour parler de vérité, de capitalisme, de démocratie et de politique. Uniquement 4 pour à la fois suivre Teddy en aventure dans la ville du mensonge et Ano qui essaie d'arracher une loi en tant que députée au congrès des États-Unis. Tout va très vite et on espère plus d'informations sur certains points. En particulier, l'intrigue autours d'Ano est très frustrante puisqu'on ne sait pratiquement rien sur son travail de députée. On apprend à peine qu'elle et Teddy se sont séparées, pour mieux se voir en secret.

    Ce second volume est fortement lié au contexte politique actuel, aux États-Unis comme ailleurs en occident. Les politicien-ne-s et les citoyen-ne-s vivent avec une technologie qui permet de créer une version alternative de la réalité, plus acceptable et plus proche de leurs envies. Ces mensonges sont vendus par un personnage qui prend le nom de Docteur. Il aurait été facile de s’engouffrer dans une brèche et de critiquer vertement la population pour son acceptation des mensonges. Les scénaristes prennent une autre direction. Illes expliquent que les mensonges sont bien plus faciles à vendre lorsque la réalité n'offre plus aucun rêve, plus aucun espoir. Ainsi, la ville du mensonge est-elle une ancienne ville riche qui a perdu tous ses emplois après le départ des industries. Les politicien-ne-s sont décrits de manière bien plus critique. Ce sont des personnes qui refusent d'agir sur la réalité, préférant défendre un idéal qui n'a jamais existé afin de garder leur pouvoir. Dès qu'Ano démontre leurs mensonges elle est expulsée par la force et considérée comme une traitresse.

    *
    **
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    **** Un second volume intéressant mais bien trop court !
    *****

    Image : Éditeur

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  • Wakfu saison 3

    La confrérie du Tofu a sauvé le monde a plusieurs reprises. Illes ont commencé par combattre Nox qui, pour atteindre ses enfants, menaçait de détruire un peuple entier. Illes ont continué avec Quilby qui voulait s'enfuir du monde en le détruisant tout en préparant une invasion de démons. Enfin, illes se sont confrontés à l'une des légendes de leur monde, découvrant par la même occasion que l'un des leurs est une divinité. Depuis, les membres de la confrérie se reposent chacun de leur côté. Pinpin et Evangeline s'occupent de leur famille. Amalia suit ses devoirs de princesses et futures reines de son peuple. Yugo, lui, cherche son frère, Adamaï, après leur dispute sur l'usage de leurs pouvoirs. Après plusieurs années, Adamaï réapparait. Mais au lieu de la retrouvaille attendue il s'attaque à Pinpin et Evangeline afin de leur voler leurs enfants.

    SPOILERS

    Chacune des saisons de Wakfu posait une question particulière autours d'un vilain précis. Le premier ne voulait que réparer ses erreurs et retrouver sa famille. Le second ne souhaitait qu'éviter la solitude et l'ennui. Le troisième posait la question de l'usage de pouvoirs divins (mais ce fut le moins bien écrit puisque le thème ne durait que trois épisodes). Cette troisième saison pose la question des divinités et de leur rôle. La réalisation met en place une nouvelle confrérie qui accuse les divinités de ne pas se soucier des personnes qui les adorent. Elles resteraient entre-elles sans agir face aux malheurs. Les membres de cette confrérie sont tous et toutes des enfants de divinités, qui possèdent un certain nombre de pouvoirs. Mais illes ont été abandonnés par leurs parents avant même leur naissance. Il y a donc deux questions : le rôle des divinités dans le monde et la responsabilité parentale. Il est dommage que la série ne s'y intéresse pas autant qu'au plan du vilain de la saison qui consiste en la destruction des divinités et leur remplacement par d'autres.

    Bien que j'apprécie Wakfu je sais que la série possède un certain nombre de problèmes, ainsi que cette saison en particulier. La saison 3 a lieu presque entièrement dans une tour que l'on monte petit à petit afin d'atteindre le dernier méchant et sauver la princesse. Ceci implique un manque criant de diversité dans les décors. Au contraire des deux premières saisons qui utilisaient les voyages pour cela. On perd aussi le lien avec la population du monde que la confrérie du Tofu aidait régulièrement. Mais cette saison étend aussi les problèmes des deux premières. Premièrement, je déplore que Pinpin retrouve un bras au lieu de continuer à se battre en usant de son propre corps. Il y a aussi un énorme problème de sexisme. Celui-ci existait déjà, par exemple l'épisode des "princesses moches", mais il est démultiplié ici. Evangeline n'est qu'une mère défendue par ses enfants et son mari. Amalia est décrite comme une princesse dont le seul intérêt de la saison est sa relation avec Yugo. Pire encore, certains épisodes sont particulièrement dérangeants. L'un des premiers est une suite de fessées donnée par un homme adulte à une petite fille qui essaie simplement de se défendre, ainsi que sa famille. Un autre se déroule chez un fétichiste qui ne souhaite qu'une chose : arracher les sous-vêtements de la confrérie même sans leur accord si nécessaire. Je ne peux que me demander pour quelle raison ces personnages et ces épisodes ont été écrits ainsi et ce que pensaient les personnes chargées de les valider.

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    ** Bien moins intéressante que les deux premières saisons elle étend les problèmes de sexisme de la série
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    Site officiel

    Image : IMDB

    wakfu

  • The unbelievable Gwenpool 4. Beyond the fourth wall et 5. Lost in the plot par Christopher Hastings, Gurihuru, Irene Strychalski et Rachelle Rosenberg

    Titres : The unbelievable Gwenpool 4. Beyond the fourth wall et 5. Lost in the plot
    Auteur-e-s : Christopher Hastings, Gurihuru, Irene Strychalski et Rachelle Rosenberg
    Éditeur : Marvel 2 janvier 2018 et 24 avril 2018
    Pages : 112 et 112

    Ces deux volumes contiennent The unbelievable Gwenpool 16-20 et 21-25. Gwen Pool se trouve dans l'univers Marvel depuis un certain temps. Mais elle n'a appris qu'il y a peu que certains personnages sont des duplicatas de personnes réelles. Bien entendu, elle décide d'aller trouver sa famille et découvre son frère qui essaie de la faire revenir dans le monde réel. Mais est-ce réellement un retour ? Ou alors Gwen Pool se trouve-t-elle toujours dans l'univers Marvel ? Et pourquoi deviendrait-elle une menace d'importance pour les personnages de cet univers ?

    SPOILERS

    Le quatrième volume s'intéresse aux raisons qui ont poussé Gwen Pool à entrer dans l'univers Marvel. On découvre une personne aux nombreux talents mais qui d'une part n'ose pas les utiliser et qui a peur de l'état du monde. L'imagination est donc un bon moyen de survivre. Ce volume permet aussi de questionner le destin de Gwen Pool. Son premier numéro la présentait comme une femme qui ne fait pas attention aux conséquences si cela lui permet de s'amuser. Mais elle souhaite devenir une héroïne. Malheureusement, ses souhaits se confrontent à la manière dont elle écrite. Faut-il suivre ce qu'on souhaite pour elle ou suivre ce qu'elle veut devenir ?

    Le dernier volume met en place la fin de cette série. Gwen Pool étant capable de voir sa fin approcher à, bien entendu, peur et essaie de forcer sa série à continuer. On observe donc un personnage qui essaie de créer des aventures afin de ne plus être annulé. Mais on nous montre aussi quelqu'un qui essaie de réparer les dégâts commis lors de son arrivée. Il y a donc une progression entre le premier volume et son désintérêt pour les habitant-e-s de l'univers Marvel et le dernier alors qu'elle essaie d'aider tout le monde. Bien entendu, le scénariste nous explique que Gwen Pool ne va pas vraiment disparaitre puisqu'elle pourra entrer dans d'autres séries.

    Ce sont deux volumes bien plus posés. Qui s'intéressent moins à rire qu'à comprendre ce qui arrive à Gwen Pool et à la manière dont elle réagit. Ces deux derniers tomes sont aussi ceux qui jouent le plus avec l'idée de vivre dans un comics puisque Gwen Pool est capable d'entrer et de sortir à volonté mais aussi de naviguer dans sa série selon ses besoins.

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    **** Deux volumes qui concluent de manière satisfaisante la série
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    Image : Amazon et Amazon51Iqeo6hh1L._SX323_BO1,204,203,200_.jpg

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  • The unbelievable Gwenpool 3. Totally in continuity par Christopher Jastings, Myisha Haynes, Gurihiru, Alti Firmansyah et Rachelle Rosenberg

    Titre : The unbelievable Gwenpool 3. Totally in continuity
    Auteur-e-s : Christopher Jastings, Myisha Haynes, Gurihiru, Alti Firmansyah et Rachelle Rosenberg
    Éditeur : Marvel 29 août 2017
    Pages : 160

    Ce volume 3 contient Unbelievable Gwenpool 11-15 et Gwenpool holiday special: Merry mix-up 1. À la suite de son combat contre MODOK Gwenpool est devenue la cheffe d'une entreprise d'hommes de mains qui s'attaquent à certaines menaces en échange d'argent. Mais leur client n'a pas apprécié les actes de Gwen Pool et l'entreprise, ainsi que les employé-e-s, n'a pas résisté. Le petit groupe de mercenaire qui acceptait les ordres de Gwen Pool s'est séparé, chacun-e-s allant de son côté. Gwen en profite pour s'intéresser à plusieurs emplois jusqu'à ce qu'elle soit forcée de se réunir avec son ancien groupe dans ce qui ressemble fortement à un jeu vidéo.

    SPOILERS

    Les deux tomes précédents mettaient en place le personnage, son style ainsi qu'une galerie de personnes chargées de l'attaquer ou de l'aider. Il est donc presque normal que Gwen Pool se soit retrouvée à la tête d'une armée de soldat habillés comme elle. Ce troisième tome reste dans la veine des précédents. Les différentes situations sont plus ou moins difficiles selon que Gwen Pool se retrouve face à de simples figurant-e-s ou des personnages plus importants. Ce qui la pousse à chercher à se confronter à ces personnages importants.

    Ce troisième tome permet aussi de confronter Gwen Pool au reste de l'univers Marvel. Elle a déjà rencontré Thor et Miles Morales. Cette fois les auteur-e-s l'envoient rencontrer Kate Bishop ainsi que le nouveau Ghost Rider. Bien qu'elle connaisse tous leurs secrets on la montre encore essayer de ne pas trahir les secrets des personnages qu'elle appréciée. Cela permet de créer des rencontres assez sympathiques. Elle rencontre aussi Deadpool, qui est aussi un personnage ayant conscience d'exister dans une œuvre de fiction. Gwenpool fonctionne assez bien, mais surtout pour les personnes qui connaissent les œuvres en question.

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    *** Pas mauvais mais tout le monde ne va pas apprécier.
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    Image : Amazon

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  • The unbelievable Gwenpool 1. Believe it et 2. Head of M.O.D.O.C.K. par Christopher Hastings, Gurihiru, Danilo S. Beyruth, Tamra Bonvillain, Irene Strychlski et Rachelle Rosenberg

    Titres : The unbelievable Gwenpool 1. Believe it et 2. Head of M.O.D.O.C.K.
    Auteur-e-s : Christopher Hastings, Gurihiru, Danilo S. Beyruth, Tamra Bonvillain, Irene Strychlski et Rachelle Rosenberg
    Éditeur : Marvel 29 novembre 2016 et 28 mars 2017
    Pages : 152 et 136

    Ces deux volumes contiennent The unbelievable Gwenpool 0-4 et 5-10, Gwenpool Special 1. Howard le Canard, un personnage peu connu de l'univers Marvel, est obligé d'enquêter sur un vol commis contre Black Cat. Ce vol a été mis en place par une certaine Gwen Pool qui a ensuite vendu l'objet à Hydra. Selon Gwen Pool, elle a décidé de mettre un costume afin d'éviter de mourir en tant que simple figurante de l'univers Marvel. Mais alors qu'elle traite ce monde comme un jeu elle va devoir comprendre que pour ses habitant-e-s les conséquences sont réelles.

    SPOILERS

    Gwenpool n'aurait jamais dû fonctionner. Son personnage est celui d'une jeune femme fan de comics qui entre, soudainement, dans l'univers Marvel. Elle fait donc exactement ce que tout le monde ferait à sa place, elle traite cet univers comme un lieu imaginaire dans lequel elle est capable de tout faire sans risquer de mourir. Étant capable de comprendre les procédés scénaristiques ainsi que les secrets des personnages elle peut donc facilement s'en sortir sans trop de problèmes. Ainsi, ce personnage permet de rigoler du fonctionnement de l'univers Marvel en ne s'attachant pas aux personnages principaux mais à leurs némésis ou encore aux personnes ordinaires, comme les policiers. Pour l'instant, c'est assez drôle. Mais je ne sais pas si cette série fonctionnera sur le long terme.

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  • The Mighty Thor 3. The Asgard/Shi'Ar war et 4 The war Thor

    Titre : The Mighty Thor 3. The Asgard/Shi'Ar war et 4 The war Thor
    Auteurs : Jason Aaron, Steve Epting, Russel Dauterman, Valerio Schiti et Mahmud Asrar
    Éditeur : Marvel 19 juillet 2017 et 18 janvier 2018
    Pages : 156 et 136

    Ces deux volumes contiennent Mighty Thor volume 7 13-19 et 20-23 ainsi que Generations: The unworthy Thor and the Mighty Thor. Le Conseil des Royaumes est toujours paralysé par l'indécision et les machinations de Malekith. Pendant que les débats et les décisions sont bloquées les elfes s'enfuient en masse de leur Royaume et sont accueillis par les nains. Mais une partie des Royaumes n'accepte pas l'absence d'action. La Ligue des Royaumes est reconstituée afin de sauver la reine des elfes de l'emprise de Malekith. Mais cela sera-t-il suffisant alors que deux grandes menaces planes sur Asgardia ? Des menaces qui pourraient impliquer la création d'un nouveau Thor. Un Thor qui se veut dieu de la guerre.

    SPOILERS

    Dans ces deux nouveaux tomes Jason Aaron continue sur sa lancée mythologique tout en développant sa propre histoire. En effet, Aaron ajoute de nouveaux éléments à l'histoire de Thor, éléments qui semblent se trouver dans d'autres productions Marvel. Mais il continue aussi son intrigue de base. Celle-ci a commencé par une question simple : qu'est-ce qui rend une divinité digne d’adoration ? Ce thème continue alors que Thor, alias Jane Foster, est mise au défi par deux divinités qui se considèrent plus puissantes qu'elles. Alors que ces divinités tentent de gagner en lançant des épreuves meurtrières Thor refuse et essaie d'aider les personnes mises en danger. Pour Jason Aaron la réponse est simple, une divinité digne est une divinité qui fait attention au bien-être des habitant-e-s de l'univers.

    Aaron continue aussi à développer sa guerre des Royaumes. Loin de s'attacher à créer des combats majestueux entre des êtres surpuissants il préfère d'abord montrer la difficulté d'agir contre la guerre et surtout face à ses conséquences. Ainsi, il explique rapidement que la chute de l'un des Royaumes pourrait conduire à une famine générale tandis qu'il montre des réfugié-e-s qui essaient de survivre. Ces réfugié-e-s sont rapidement assassiné-e-s ce qui permet de lancer l'existence du War Thor, qui ne vit que pour la vengeance. Jason Aaron n'essaie donc pas de cacher les horreurs de la guerre. Des personnes meurent, pas seulement des adultes mais aussi des enfants. Et la vengeance n'est pas non plus une solution. Car l'autre camps est aussi constitué de personnes innocentes. Face au War Thor Jane Foster essaie d'expliquer que la guerre ne peut être stoppée que par une forme de compassion pour les personnes innocentes et non par la vengeance sur un peuple entier considéré comme coupable et inhumain.

    *
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    **** Il ne reste qu'un seul tome avant la fin de cette série. Il doit conclure beaucoup d'éléments tout en répondant aux promesses d'une guerre des Royaumes dévastatrices. J'espère qu'il sera dans la lignée de ces deux tomes.
    *****

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  • The Mighty Thor 1. Thunder in her veins et 2. Lords of Midgard par Jason Aaron, Russell Dauterman, Rafa Garres et Frazer Irving

    Titre : The Mighty Thor 1. Thunder in her veins et 2. Lords of Midgard
    Auteurs : Jason Aaron, Russell Dauterman, Rafa Garres et Frazer Irving
    Éditeur : Marvel 17 mai 2016 et 30 novembre 2016
    Pages : 136

    Ces deux volumes contiennent Mighty Thor volume 7 1-5 et 6-12. De grands changements ont eu lieu en Asgardia. Thor n'est plus, il est remplacé par l'Odinson. Car Thor Odinson, prince d'Asgard, n'est plus capable de soulever Mjolnir. À sa place une femme a réussi à le soulever et Odinson, reconnaissant ses capacités, a décidé de lui donner son nom. Mais Odinson a disparu. Freyja est enfermée dans les donjons pour s'être révoltée contre les actions d'Odin. Celui-ci règne mais sans sortir de son trône, se contentant d'espionner son royaume et de punir les personnes qui douteraient de lui. La guerre civile risque d'exploser en Asgardia alors que les Royaumes ont besoin d'aide. Car une alliance entre plusieurs entités a eu lieu qui débouche sur la guerre. Les premières victimes sont les elfes.

    SPOILERS

    Cette série débute immédiatement après la fin de la dernière alors que nous apprenions que Jane Foster est Thor après un combat contre Odin. Il est donc normal de retrouver Freyja en prison puisqu'elle a décidé de se battre contre son mari Odin. Ce dernier, dans cette série, incarne le "glorieux passé masculin". Il veut revenir à un temps durant lequel il agissait comme bon il lui semblait sans prendre en compte les besoins ni les souhaits de ses sujets et des Royaumes. Odin ne comprend pas pour quelle raison son statut pourrait être mis en cause que ce soit par de simples personnes ou des femmes comme Freyja ou la nouvelle Thor. Il agit donc en homme et décide de les punir pour souhaite l'égalité. L'écriture montre bien que la position d'Odin est non seulement arrogante mais qu'elle est aussi en dehors des réalités. Personne ne le soutient, sauf son frère.

    Mais cette série met aussi en place un événement longtemps annoncé par le scénariste : une guerre des Royaumes. Bien que celle-ci ait un aspect magique, les espèces impliquées sont des elfes, des nains et des géants qui utilisent de la magie, elle a aussi un aspect bien plus concret. En effet, la guerre débute à la fois par les attaques du roi des elfes noirs, aspect magique, et par les attaques de l'entreprise Roxxon. Celle-ci est décrite comme une entreprise prédatrice que son chef, Dario Agger, utilise pour récolter des richesses et détruire la Terre. Il ne s'intéresse pas aux conséquences de ses actes si celles-ci ne lui permettent pas de devenir un peu plus riche. Il est l'incarnation du capitalisme sans conscience et même s'il doit se confronter à Thor son véritable ennemi est Rosalid Solomon, une agente du SHIELD spécialisée dans l'environnement. Cette guerre est donc aussi une guerre pour le contrôle des ressources et l'extension du capitalisme.

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    **** Jason Aaron continue de nous proposer une Thor intéressante mêlée aussi bien à des affaires mythologiques que très terrestres.
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  • First Man / First Man : Le Premier Homme sur la Lune

    Le programme Apollo qui permit l'envoi sur la Lune de plusieurs équipes d'astronautes est probablement le plus célèbre des programmes d'exploration spatiale. Apollo 11 est sûrement la mission la plus connue puisqu'elle fut le premier alunissage réussit, Neil Armstrong étant le premier homme à marcher sur la Lune. Si on pose la question, il est probable que la mission Apollo 13 soit aussi citée avec d'autres catastrophes de l'aventure spatiale. Ce film se veut un biopic à la fois fidèle, respectueux et intimiste autour de la personne de Neil Armstrong entre son dernier vol en X-15 et sa rentrée sur Terre après son alunissage. La réalisation essaie de montrer le fonctionnement du programme lunaire de la NASA depuis les tests technologiques des Gemini jusqu'aux missions Apollo. On nous fait aussi rentrer dans l'intimité d'un homme montrée comme stoïque, incapable d'exprimer ses émotions et très professionnel.

    SPOILERS

    Que l'on soit clair, ce film est une ode à l'aventure spatiale américaine. Les réussites communistes sont mentionnées, comme des échecs pour les USA ce qui est en accord avec le contexte de l'époque. La réalisation aurait pu se perdre et ne pas parler des mises en causes ni des contraintes placées sur le projet de la NASA. Ce n'est pas le cas, on nous montre que tout le monde ne pense pas que l'argent soit utile dans le contexte de guerre et de pauvreté des USA. On nous montre aussi les échecs du programme, parfois dangereux. L'explosion d'Apollo 1 est particulièrement rempli d'émotions. Ce sont surtout les enterrements qui se succèdent qui montrent le danger que représente ce programme. La manière dont les fusées sont filmées est aussi particulièrement impressionnant. L'écran, les décors, vibrent avec un son presque assourdissant. On pourrait presque ressentir ce qu'implique le fait de partir dans l'espace dans le nez d'une gigantesque bombe chargée de carburant. On se demande surtout comment ces machines ont pu rester en une seule pièce et comment des personnes ont pu accepter d'entrer à l'intérieur.

    Étant un biopic, le film se concentre sur Neil Armstrong et Janet Elizabeth Shearon, les deux sont mariés. Je ne sais pas si la manière de représenter Neil Armstrong est réaliste. On nous montre un homme profondément affecté par la mort de sa fille. Mais surtout un homme incapable de parler à ses amis, à sa femme et encore moins à ses enfants. Cette incapacité à exprimer ses sentiments conduit à une scène durant laquelle Armstrong fait ses bagages frénétiquement pendant que Janet Elizabeth Shearon lui demande de s'arrêter afin de parler à ses enfants, de les préparer à la possibilité de sa mort. En effet, Neil Armstrong est dépeint de manière respectueuse comme une personne très professionnelle. Un travailleur incapable de s'arrêter qui ne pense qu'à ses missions et refuse presque de s'amuser. Les conséquences du programme sont visibles à travers Janet Elizabeth Shearon qui observe les dégâts de la mort des astronautes sur leurs familles. Bien que je ne sache pas la vérité concernant cette famille, cette peinture de son fonctionnement me semble trop respectueuse et pas assez critique. Je me demande ce que voulait faire la réalisation.

    *
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    **** Un film qui respecte énormément son personnage et la conquête spatiale. Ce respect est presque trop important et parfois on a presque l'impression que certaines étapes ne sont qu'anecdotiques.
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    Image : Site Officiel

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  • Midnighter 2. Hard par Steve Orlando, Aco, Hugo Petrus, Davis Messina et Romulo Fajardo Jr,

    Titre : Midnighter 2. Hard
    Auteurs : Steve Orlando, Aco, Hugo Petrus, Davis Messina et Romulo Fajardo Jr,
    Éditeur : DC 25 octobre 2016
    Pages : 168

    Ce second volume contient Midnighter 8-12 ainsi que deux numéros classiques. Dans le volume précèdent Midnighter et Apollo se quittaient à cause des méthodes de Midnighter. En effet, ce dernier a tendance à considérer que la seule solution est de faire du mal, voire de tuer, les personnes qui font du mal aux innocent-e-s. Le fait qu'il ait été programmé pour tuer n'excuse pas ses activités en ce qui concerne Apollo. Ce changement a conduit Midnighter à s'ouvrir à d'autres personnes et à se lier romantiquement avec un homme qui utilise ses sentiments pour lui faire du mal. Après avoir survécu Midnighter est recruté par Spyral afin de retrouver une arme volée par la Suicide Squad. Cette recherche permet à Midnighter de comprendre qu'Amanda Waller essaie de recréer ce qui a permis à Midnighter d'exister et il ne veut pas la laisser faire.

    SPOILER

    Le premier volume était très intéressant. Derrière la brutalité du personnage principal on voyait un homme tenter de se lier à d'autres hommes que ce soit pour des relations courtes ou plus longues. La série n'hésitait pas à montrer l'identité de Midnighter ni ses matinées avec d'autres hommes. Cela donnait une certaine cohérence à la série qui essaie de montrer qui est Midnighter et pourquoi il agit comme il le fait. Il est certes brutal mais seulement envers les personnes qu'il considère mériter sa brutalité.

    Ce second volume est moins cohérent. Le scénariste essaie de lier son intrigue au monde plus large de l'univers DC en ajoutant à la fois Spyral et la Suicide Squad. Le problème c'est que je n'apprécie pas la Suicide Squad alors que Spyral ne fait sens qu'autours de Grayson, du moins selon moi. Bien que le scénariste essaie de montrer le danger d'user d'armes de plus en plus puissantes ou la nécessité de les utiliser en vue de créer de la sécurité cet aspect est minimisé par des scènes de combats qui empêchent une véritable réflexion. Ce second volume échoue donc largement à créer une intrigue intéressante mais il permet au moins de remettre en place le couple de Midnighter et d'Apollo.

    *
    **
    *** Un second volume beaucoup moins intéressant que le premier car les auteurs essaient de relier leur intrigue à l'univers DC sans que cela ne soit véritablement utile.
    ****
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    Image : Éditeur

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  • Noumenon Infinity par Marina J. Lostetter

    Titre : Noumenon Infinity
    Autrice : Marina J. Lostetter
    Éditeur : Harper Voyager 14 août 2018
    Pages : 576

    Il y a près de 2000 ans, l'humanité a envoyé 12 convois dans l'espace chargés d'étudier des points intéressants de l'espace. Seul Noumenon est revenu sur une terre bien différente avec des informations concernant une mégastructure dans le système Lq Pyx. Malgré les réticences des autorités terriennes, une seconde mission est décidée afin de compléter la super structure et de comprendre l'espèce qui semble l'avoir construite, ou qui semble avoir tenté de continuer sa construction. Là encore, le temps impliqué sera énorme. De plus, une seconde mission pourrait bien donner des informations importantes sur Lq Pyx. Car le convoi 12 qui a étrangement disparu n'est pas perdu.

    SPOILERS

    Noumenon Infinity est la suite directe de Noumenon. Bien que le premier chapitre se déroule bien avant l'envoi des convois, alors que le convoi 12 est réaffecté sous la direction de Vahni Kapoor, titulaire d'un doctorat sur le mode de propulsion utilisé par les convois. Tout comme dans Noumenon, on suit plusieurs points de vue dans des chapitres consacrés après un temps plus ou moins long. Mais cette fois nous avons la perspective du convoi 12 et celle du convoi 7. Alors que ce dernier permet de mettre en avant les changements sociologiques dû à la construction de la mégastructure et de la division de la flotte afin de comprendre les aliens le convoi 12 s'intéresse au mystère de leur arrivée dans une région et un temps inconnu. Ces deux points de vue fonctionnent très bien tout en se mêlant afin de donner de nombreuses réponses à l'intrigue générale.

    Le premier tome se concentrait sur les voyages et les changements culturels et sociologiques, avec le choc du retour sur Terre comme problème majeur de la seconde partie. Ce second tome s'intéresse toujours autant à ces changements mais l'autrice, Marina J Lostetter, s'amuse avec des temporalités bien plus importantes et plusieurs convois. Comme dans le premier tome, ces changements sont logiques et basés sur un fonctionnement antérieur. Mais le convoi 7 s'intéresse bien plus à la construction de la mégastructure et à l'effet que celle-ci a sur l'équipage. Pendant la lecture, on passe d'une attente à la construction puis à la fin de celle-ci pour mieux continuer sur l'impression d'une erreur destructrice et enfin une impression de merveilleux. Lors de toutes ces étapes, ce qui compte n'est pas la division mais la mise en place d'une société unie en direction d'un but commun, que celui-ci soit la survie, une œuvre ou la recherche scientifique. L'autrice nous donne un point de vue optimiste sur l'humanité, certes imparfaite mais capable de tout si on lui donne un but futur.

    Enfin, je suis dans l'obligation de mentionner la diversité mise en place par l'autrice. Cette question est particulièrement importante alors que les communautés concernées demandent une véritable diversité et non une annonce externe sans que rien ne puisse permettre de le deviner au sein de l’œuvre, une annonce dont J.K. Rowling est malheureusement devenue une experte à la tristesse de nombreuses personnes. Premièrement, les personnages sont de cultures et de provenance diverses, ce qui était le cas aussi du premier roman. Mais les personnages du convoi 12 ne sont pas clonés selon leur potentiel génétique, une décision remise en cause dans ce roman, mais selon leurs capacités et les besoins du convoi en termes scientifiques. Illes ne sont pas élevés dans un monde conçu pour les préparer mais proviennent de cultures différentes. De plus, l'autrice n'hésite pas à user de personnages à la sexualité et à l'identité de genre différents. Le premier tome donnait le point de vue d'une lesbienne. Ce tome nous offre une asexuelle en relation polyromantique et une femme transgenre. Ces caractéristiques ne sont pas mises en question mais sont décrites comme une part de l'humanité. Ainsi, l'autrice ne justifie pas leur existence, ces personnages sont ce qu'illes sont. Bien que j'apprécie cet effort, je ne me permettrais pas de juger de la réussite ou de l'échec de l'autrice à bien représenter ces identités. Je terminerais sur l'impression que certaines scènes n'auraient probablement pas pu être écrites par un homme.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Le premier tome a été l'une de mes meilleures surprises en SF de l'année. Je me suis immédiatement procuré le second tome qui, selon moi, est meilleur que le premier. J'espère que Marina J. Lostetter écrira encore beaucoup de romans.

    Image : Éditeur

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  • Den skyldige / The Guilty

    Asger Holm est un policier du Danemark actuellement affecté à la centrale téléphonique, le 112. Son travail implique de recevoir les appels d'urgence de la population, récolter un maximum d'informations sur les circonstances et la localisation des personnes et transférer ces informations aux patrouilles de police afin de les envoyer sur les lieux en besoins d'aide. C'est un travail monotone, difficile et ennuyeux. Mais tout change lorsque Asger reçoit l'appel d'une jeune femme inconnue qu'il ne peut localiser avec précision. Rapidement, il comprend que celle-ci a été enlevée et mime une conversation avec sa fille. Alors qu'Asger envoie la police tenter de retrouver cette femme dont il ne connait que peu de choses il essaie de l'aider et de réunir le plus d'informations possibles sur son identité, son kidnappeur et sa famille.

    SPOILERS (des gros spoilers)

    Ce film se déroule entièrement dans deux salles d'une centrale d'appel. L'image est sombre avec seulement la lumière des écrans et du bureau. L'ambiance est donc très froide. On ne voit rien de l'extérieur et toutes les informations nous sont communiqués, ainsi qu'à Asger, au travers des appels téléphoniques. Au film du temps, on ressent la frustration croissante d'Asger qui essaie de comprendre ce qui se déroule tout en ne pouvant pas chercher lui-même les indices dont il a besoin car ce n'est pas son travail. Ce n'est souvent qu'après-coup que l'on apprend ce qui se déroule et donc que l'on apprend l'étendue réelle du problème.

    Ce film est aussi l'histoire de deux personnes. La première est Asger qui est provisoirement assigné à la centrale d'appel après avoir tué un homme, en légitime défense selon lui. On ne sait que peu de choses sur les circonstances sauf que le procès a lieu le lendemain et qu'un partenaire est son témoin. Ce n'est qu'à la fin du film que l'on apprend ce qui s'est réellement déroulé, donnant tout son sens au titre du film. En parallèle, la police poursuit un homme qu'elle pense être coupable de kidnapping et de meurtre. Tout semble l'accuser, il a été condamné pour violences, il a perdu la garde de ses enfants lors de son divorce et sa fille parle d'une dispute entre lui et son ex-femme après une visite dans la chambre d'un des enfants, encore bébé. Ces indices ne sont donnés que petits à petits afin de faire monter la tension. Nous avons donc ceux hommes. Un est coupable mais le cache. Tandis que l'autre est présumé coupable mais il est encore poursuivi. Ce sont deux hommes violents dont on ne connait pas les circonstances. Ce n'est que tardivement que toutes les explications nous sont données, changeant complétement la perspective du film.

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    ***
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    ***** Un très bon huis-clos dont la tension monte rapidement

    Image : Site officiel

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