26/01/2018

Black Sails 1-4

TW : viols, meurtres, esclavage, tortures

Les Bahamas, Nassau, le XVIIIème siècle : Le monde connait ce que l'on nomme l'âge d'or de la piraterie. Alors que deux Empires se combattent afin de prendre le contrôle de ce que l'on nomme encore les Indes Occidentales plusieurs petites îles échappent au contrôle des britanniques ou des espagnoles. Ces ports permettent à des personnes peu recommandables de prendre la mer afin d'attaquer des navires, vendre les biens pillés et repartir après un ravitaillement. Bien que l'on aime dépeindre ces lieux comme anarchiques, Nassau est loin d'être en dehors d'une forme de gouvernement. Une femme, Eleanor Guthrie, filles du gouverneur, a pris la tête du commerce local qu'elle contrôle fermement. Mais elle est rêve de légitimité et de grandeur pour sa ville. Face à elle, de nombreux grands noms de la piraterie combattent pour le contrôle du port, Barbe Noir, Rakham, Charles Vane, Anne Bonny, ... Mais aucune de ces personnes ne sont aussi crainte que le capitaine Flint. Car Flint possède une vision et il ne reculera devant rien, ni la mort de son équipage ni la destruction de Nassau, pour rendre ses souhaits réels.

SPOILERS

Il est très difficile de ne pas donner de spoilers sur une série à la fois ambitieuse et très restreinte. Bien que les personnages semblent nombreux on connait rapidement les plus importants. Même si une partie de l'intrigue a lieu en mer une grande partie se déroule autour de Nassau. Et même si le thème est très vaste il se concentre sur un ou deux personnages et leur relation avec celui-ci. De plus, la réalisation porte sur une histoire connue, souvent romantisée, la piraterie. Nous avons tous au moins entendu parler de Pirates des Caraïbes et certains noms de pirates célèbres sont encore connu assez largement. Cette série ne s'attache pas aux évènements. Une grande partie des morts n'ont lieu ni à l'époque ni à la manière dont on les connait. Le Capitaine Flint est une invention de Stevenson. Cependant, il me semble, du moins selon les connaissances que j'ai de l'époque, que le fonctionnement d'un navire et d'une bataille navale sont bien mis en scène. Même si elles sont rares, les batailles sont très prenantes et l'on est rapidement inquiet pour le bien être des personnages. Mieux encore, la série n'hésite pas à prendre en compte l'importance de l'esclavage, et les problèmes posé pour les personnages. Il n'est pas rare de rencontrer des esclaves et, en particulier durant les saisons 3 et 4, ce sont des personnes qui ont fui leur condition qui prennent une part importante dans le déroulement de l'intrigue. Ainsi, il n'est pas rare de côtoyer d'anciens esclaves dans des positions de pouvoir tandis que des hommes libres sont forcés à donner leur vie pour l'Empire britannique. Dans ce cadre, la série considère que leur condition, qui n'est pas identique, peut permettre un rapprochement des luttes en direction d'un idéal de liberté.

Cependant, la question principale de la série ne concerne ni l'histoire ni les personnages mais la relation que nous avons avec la civilisation. On nous montre une ville considérée comme en dehors de la civilisation. Mais celle-ci fonctionne plus ou moins bien selon les personnes en charge. Au début de la série, la personne en charge est Eleanor Guthrie. Elle est décrite comme la fille du gouverneur qui, afin de s'enrichir, a accepté la piraterie. Bien qu'elle soit fragilisée parce qu'une femme elle réussit à prendre le contrôle du commerce et donc des pirates, qu'elle n'hésite pas à confronter. Sous son auspice, la violence est au plus bas car elle est défavorable au commerce et dont à l'enrichissement de tout le monde. Cependant, elle souhaite mettre en place une forme de légitimité que celle-ci soit sous l'égide de l'un des Empires ou d'une manière autonome. Cette légitimité est un moyen pour elle de garantir le commerce mais aussi le bien être des personnes qui vivent à Nassau, et qui sont loin d'être toutes des pirates. Au fil de la série, elle sera de moins en moins violente pour se rapprocher d'un idéal lorsqu'elle se marie au nouveau gouverneur. Mais cela n'enlève rien à ses capacités de décisions. Elle est "secondée" par Max, une ancienne esclave qui se prostitue et amante d'Eleanor. Max débute avec comme seul but de se libérer afin d'éviter toute servitude. Mais, rapidement, elle deviendra la seconde personne la plus puissante de Nassau et aide aux efforts de stabilité, là aussi pour aider le commerce. Ainsi, les personnages féminins de la série ont des capacités fortes de décisions et sont très intelligentes. Plus encore, elles sont les catalyseurs de la mise en place d'un ordre voire d'un retour de ce que l'on nomme civilisation. Il est révélateur que les intrigues se concluent, lors de la saison 4, par une entente entre plusieurs femmes qui possèdent le réel pouvoir derrière leurs maris.

Face aux femmes, il y a les hommes. Et en particulier le Capitaine Flint et Woodes Roger. Bien entendu, ces deux hommes sont secondés par un grand nombre d'autres personnages, en particulier Flint qui doit lutter contre Silver et Billy Bones. Mais ce sont Flint et Roger qui tiennent la seconde partie de l'intrigue entre leurs mains. Les deux ont connu un scandale qui les a changés. Ce sont les deux des personnes en hausse dans la société militaire britannique. Flint perd son poste après avoir soutenu la mise en place de pardons pour les pirates et avoir été mêlé à un scandale sexuel. Roger est en disgrâce après une bataille navale, ruiné mais célèbre. Les deux personnages sont très proches car leurs idéaux, leurs capacités tactiques et leurs volontés sont presque identique. L'un défend une forme d'anarchie tandis que le second défend la civilisation. Dès la saison 4, mais cela est mentionné lors de la saison 3, on apprend que Roger a des tendances violentes et que sa défense de la civilisation britannique peut passer par des actes de cruauté extrême voir de rébellions contre la couronne. Flint, lui, est d'abord dépeint comme un romantique qui souhaite la mise en place d'une nation de pirates, autonomes, capable de résister aux deux Empires. Mais il atteint un point de non-retour dès la saison 3, après la mort de la dernière personne à le relier à son passé. De plus en plus, sa guerre n'est plus montrée ni défendue comme une défense contre un pays tortionnaire et autocrate mais une vengeance. Flint a perdu toutes les personnes qu'il aime et son combat est un moyen pour lui de faire payer à l'Angleterre la manière dont il a été traité. Alors qu'il souhaite une guerre totale les autres personnages qui le suivent préfèrent un retour à une forme de normalité, ce qui inclut des concessions. Flint est donc montré comme une personne endommagée, de plus en plus violente, incapable de faire son deuil. Heureusement, la série réussit à éviter sa mort et lui offre une fin bien plus intéressante. Au final, les hommes de la série sont des facteurs de guerre et de destruction tandis que les femmes sont montrées comme les personnes qui possèdent véritablement le pouvoir, que ce soit en cachette ou non.

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**** Si vous souhaitez en apprendre plus sur l'histoire de la piraterie cette série n'est pas très adéquate, malgré une bonne mise en scène du fonctionnement d'un navire selon mes connaissances. Mais si vous voulez une série qui parle de pouvoir et de civilisation sans cacher les problèmes que cela implique elle est adaptée à vos envies.
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Image : Site officiel

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09:19 Écrit par Hassan dans Histoire, moderne, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : black sails, starz | | | |  Facebook

22/01/2018

Darkest Hour / Les heures sombres

L’Allemagne, sous la conduite d'hitler, a lancé une guerre rapide et totale en Europe. Il a déjà pris le contrôle de l'Europe de l'est et se prépare à envahir la Belgique ainsi que la France. Alors que ses chars écrasent tout sur leur passage le monde politique britannique est en pleine ébullition. L'opposition ne peut plus accepter un premier ministre dont la politique, selon eux, a mené le royaume au désastre. Neville Chamberlain doit partir. Cependant, l'opposition annonce qu'elle acceptera un premier ministre adversaire dans un esprit de coopération en temps de guerre. Mais quelle personne pourrait prendre le poste dans ce contexte si dangereux ? Bien que personne ne semble le souhaiter, le choix se porte sur un homme que l'on croit incapable : Winston Churchill. Et ce dernier, dans ses discours, annonce une politique claire : la victoire à tous prix, la lutte jusqu'à la fin. Mais pourra-t-il imposer ses idées dans un gouvernement divisé par une tendance pacifiste ?

SPOILERS

Commençons par les bons points. La réalisation est particulièrement bonne. L'image est tout simplement magnifique. Les costumes sont flamboyants (du moins autant qu'un costume masculin puisse l'être) tandis que les décors donnent une impression d'authenticité. On est transporté dans le monde londonien de la guerre. Au milieu des palais on nous offre les personnes qui vivent dans la ville lors de scènes fugaces ou lors d'un passage dans le métro. Le seul point faible pourrait être ces quelques scènes prises en hauteurs dont je n'ai pas compris l'intérêt exact. Mais il est possible de passer outre. Tout ceci ne serait rien si les acteurs et les actrices n'étaient pas tout aussi parfait-e-s. Garry Oldman est en pleine forme mais il est aidé par le reste du casting (j'apprécie particulièrement le roi joué comme une personne à la fois consciente de son rôle et un peu mal à l'aise). Les dialogues sont tout aussi bien écrits, bien que l'écriture ait probablement beaucoup emprunté au personnage réel. D'un point de vue purement académique, il n'y a rien à redire. C'est du classique, sans surprises, mais c'est beau.

Mais le film pose un problème important : il est vide. Ce film me proposait de raconter de quelle manière Winston Churchill a réussi à imposer sa politique face à un gouvernement et un parlement réfractaire. Malheureusement, le film ne fait rien de tout cela. Il se contente de faire ce que tous les biopics font, et ce qu'aucun biopics ne devrait faire : montrer pourquoi son personnage principal est un génie destiné à la grandeur. La réalisation nous montre qu'il existe une confrontation entre Churchill, Chamberlain et Halifax. Mais cette confrontation n'est jamais développée. On ne sait pas qui sont ces personnes, quel est le contexte politique, de quelle manière Halifax et Chamberlain veulent reprendre le siège de premier ministre. On ne sait rien des complexités politiques de l'époque. On a simplement l'impression que deux personnes nient le caractère historique, grandiose, d'une personne dont on sait déjà qu'elle a vaincu. À la sortie du film on ne peut qu'être confus. On ne comprend pas comment fonctionne le parlement, qui est qui ni ce que sont ces partis dont Churchill parle si souvent. Le film échoue majestueusement à traiter son propre sujet !

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*** Si vous souhaitez voir un film de costume Darkest Hour est fait pour vous. Si vous souhaitez comprendre les complexités politiques de l'époque passez votre chemin.
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Image : Allociné

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09:19 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : darkest hour, les heures sombres | | | |  Facebook

21/01/2018

Wonder

TW : validisme, harcèlement scolaire

Wonder est l'histoire, adaptée d'un roman, de August Pullman. Cet enfant a une malformation physique qu'il cache derrière des masques. Il n'a jamais été à l'école, sa mère prenant en charge son éducation. Mais, à la rentrée, ses parents décident qu'il est temps de l’emmener dans une école privée avec un programme de science de haut niveau, ce malgré leurs craintes en ce qui concerne sa capacité à s'intégrer. August lui-même a peur de ce qui va lui arriver. Il ne sait rien de l'école ni des règles tacites qui font fonctionner les relations entre les élèves. Son entrée est très difficile. Personne ne lui parle et tout le monde le dévisage. Une rumeur se répand, il serait contagieux. Mais August persévère et, petit à petit, devient de plus en plus apprécié à la fois des élèves et des professeureuses.

SPOILERS

J'avais beaucoup de craintes en ce qui concerne ce film. Je craignais une nouvelle histoire sur une personne en situation de handicap, différente, qui reste forte malgré tout. Un film qui ne remet pas en cause le fonctionnement de la société mais permet à nous, personnes valides, de nous émerveiller devant "la force de ces personnes différentes." Une belle histoire faites pour pleurer mais qui ne critique rien. D'une certaine manière, mes craintes étaient fondées. La dernière scène est l'occasion de récompenser ce petit garçon et sa force intérieure, lançant le message éculé de la beauté intérieure bien plus importante que la beauté extérieure. Il y a tout de même de beaux moments. J'ai apprécié avoir le point de vue d'autres personnages ayant leurs propres problèmes. Mais cela pourrait donner l'impression que les difficultés rencontrées par Auguste ne sont pas différentes de celles d'une personne valide. Il y a aussi cette scène durant laquelle plusieurs garçons décident de fraterniser, d'accepter leurs émotions comme une composante de leur identité et non une source de honte (bien qu'il soit possible que je surinterprète cette scène). Mais le plus gros problème concerne à la fois l'histoire et le casting. Le film est une adaptation d'un roman écrit par une personne valide suite à une rencontre vécue dans un magasin de glace. Le casting est constitué d'Auguste est offert à un jeune garçon valide. Il n'y a donc aucune place aux personnes concernées. On parle à leur place, on leur explique comment se comporter et de quelle manière accepter que la société les considère toujours comme différentes. Même avec toute la bonne volonté du monde, les acteurs et actrices ne pourront jamais vraiment comprendre ce que vivent les personnes concernées. Et écrire un film sur elles pour ne pas les intégrer au processus créatif n'est pas qu’une erreur, c'est un acte d'invisibilisation qui ne devrait plus exister.

Ce film met aussi en avant des scènes de harcèlement contre Auguste. Selon moi, la réalisation échoue largement à comprendre la problématique du harcèlement scolaire. Le harcèlement contre Auguste est montré de temps en temps. Il consiste principalement en des regards, des refus d'amitiés, quelques paroles mais surtout un ou deux billets insultants. Ce n'est que tardivement que l'on montre la teneur de ces billets et leur nombre. Les propos sont très graves et le nombre très élevé. Mais le film échoue à montrer cela. On ne voit jamais que le harcèlement ce ne sont pas quelques billets et propos isolés, ou un comportement peu poli. C'est à la fois une forme de bannissement et des actes constants. Le film échoue à montrer que la fuite est impossible parce que la victime est enfermée dans un lieu précis pendant 8 heures avec les personnes qui harcèlent, sans aide et ce pendant une grande partie de l'année. Le harcèlement implique aussi l’aveuglement, voulu ou non, de la part des adultes (quand les professereuses ne sont pas elleux-même des personnes qui harcèlent). Là aussi, le film ne dit que peu de choses. Seule une scène montre un directeur et une famille ne pas se comprendre autours de la gravité des actes. Là où le directeur souhaite une expulsion de deux jours, plutôt léger, les parents défendent à tout prix leur fils et retournent l'accusation contre la victime. L'idée que le harcèlement scolaire est anodin, un jeu, est malheureusement encore prégnant dans la société et seuls les cas graves donne l'occasion d'une remise en question bien faible. Enfin, la réalisation échoue à prendre en compte le numérique. Auguste et ses camarades se trouvent sur l'Internet, y jouent, y parlent et y travaillent. Le numérique n'est donc pas absent du harcèlement scolaire et l'aggrave de manière significative puisque la maison et les vacances ne sont plus des temps et des lieux de tranquillité. Mais jamais Auguste ne vit cela. L'Internet n'est qu'un moyen de jouer à Minecraft.

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** Le film aurait pu réussir si la réalisation avait souhaité s'attaquer frontalement aux sujets difficiles. Au lieu de cela, un message classique et gentillet est préféré.
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Image : Allociné

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12:31 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wonder | | | |  Facebook

Batman: The killing joke

TW : sexisme, possible viol (ni montré ni mentionné mais sous-entendu par l'histoire)

Batman n'est pas seul dans sa lutte. Non seulement il fonctionne en partenariat avec James Gordon, commissaire de police, mais il a aussi des allié-e-s à l'instar de Nightwing. Une alliée particulière est Batgirl, Barbara Gordon. Dans Batgirl année Un on apprend de quelle manière Batgirl est née et surtout qu'elle a décidé de combattre le crime malgré son père et Batman. Mais la relation avec Batman est difficile. Il est exigeant, manipulateur et ne parle jamais. Leur relation ne risque pas d'être meilleure lorsque le Batman demande à James Gordon un accès à Arkham, afin de visiter le Joker. Mais ce dernier s'est échappé. Tous les lieux et toutes les personnes qu'il fréquente après une évasion sont fouillés et interrogées par le Batman. Mais personne n'a vu le Joker. Est-ce que cela implique qu'il va rester calme ou prépare-t-il quelque chose de pire que d’habitude ?

SPOILERS

The Killing Joke est une œuvre controversée, à raison. L'auteur, Alan Moore, s'est distancié en critiquant son œuvre ainsi que le processus créatif qui a permis d'accepter ce qui arrive à Batgirl. Une adaptation ne pouvait que créer un retour de ces controverses, malgré le souhait d'ajouter plus de substance au personnage de Barbara Gordon. Nous reviendrons à ce sujet plus bas. Personnellement, il m'a fallu beaucoup de temps pour me décider à voir l'adaptation et je doute fortement vouloir acheter le comics un jour. Suite à mon visionnage, il me semble que The Killing Joke est avant tout l'histoire de Batman et du Joker, le reste n'est qu’accessoire. Cette relation est souvent mise en avant. Les deux personnages semblent former un couple uni dans la haine l'un de l'autre et une forme de compréhension mutuelle. Dans le film, le principal problème de Batman est d'essayer d'éviter une fin qu'il pense inévitable : la mort de l'un des deux. Le Joker, lui, souhaite prouver quelque chose au Batman. Il souhaite lui prouver que tout le monde peut devenir comme lui dans des circonstances particulières. D'une certaine manière, le Joker montre ici qu'il comprend le Batman et ce qui le pousse puisque, selon le film, la folie provient de l'incapacité à accepter des événements destructeurs. On connait l'origine du Batman, le film nous ajoute des flashbacks pour connaitre celle du Joker, une origine basée sur une très mauvaise journée. La fin est intéressante dans cette optique puisqu'on peut se demander si la dernière blague ne concerne pas les deux personnages et leur relation particulière à leur santé d'esprit.

Cette adaptation se base sur un comics durant lequel Barbara Gordon reçoit une balle à bout portant par le Joker, suite à cela elle se retrouve paralysée et devient Oracle. Cependant, son attaque, dans le comics, n'est qu'un moyen de lancer l'intrigue et de forcer le Batman à chercher le Joker et la commissaire. Pire, le corps de Barbara Gordon, dénudé, est utilisé pour aider à rendre fou James Gordon. Bref, Barbara n'est pas un personnage mais un objet utilisé pour lancer une intrigue. La réalisation de l'adaptation a tenté de passer outre ce problème majeur en ajoutant une demi-heure d'écran à Barbara. Un temps d'écran dont le but, je pense, était de la montrer comme active et capable de prendre ses propres décisions. Malheureusement, ce choix est dénaturé par la manière dont elle est mise en scène. Loin d'être active elle est montrée comme dépendante du Batman. Pire, lors d'une scène elle devient l'amante de Batman. Dès que ce dernier ne lui parle plus elle décide d'abandonner son rôle d'héroïne. Le message est donc que Barbara est devenue Batgirl afin de se rapproche d'un homme dont elle est amoureuse. Ce choix scénaristique lui enlève toutes ses capacités et n'en fait qu'un être sexuel au profit d'un homme distant. Loin de lui donner l'histoire qu'elle mérite cela détruit encore un peu son personnage au sein d'une œuvre déjà dure envers elle.

* L'intrigue original a très mal vieilli, et c'est une bonne chose. Cette adaptation était un très mauvais choix de la part de DC.
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Image : Allociné

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11:40 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : batman, the killing joke, dc | | | |  Facebook

20/01/2018

The Hunger Games 2. Catching fire par Suzanne Collins

Titre : The Hunger games 2. Catching fire
Autrice : Suzanne Colins
Éditeur : Scholastic 1 juillet 2010
Pages : 384
TW : Violences d'état, mention de torture, violences policières

Katniss et Peeta ont créé l'histoire. Illes ont réussi à faire croire au Capitol que leur amour est véritable, Avec cette arme dans leur main illes ont réussi à forcer les jeux à accepter une double victoire, pour la première fois depuis l'institution des Hunger Games. Mais le président Snow est inquiet. Les districts n'acceptent plus les décisions du Capitole et les petites révoltes individuelles commencent à se transformer en ce qui pourrait bien devenir une révolution. Snow décide que seule une personne peut empêcher les districts de se révolter. Cette personne est Katniss. Elle doit convaincre tout le monde que son geste dépendait de son amour pour Peeta et non d'un calcul pour humilier le Capitol. De sa réussite ne dépend pas seulement la paix mais aussi la survie de sa famille, de celle de Peeta et celle de Gale.

SPOILERS

Les personnes, nombreuses, qui ont vu le film savent que l'un des thèmes majeurs de cette trilogie concerne l'importance des médias. Le livre ne déroge pas à ce thème. Le premier montrait Katniss tenter de comprendre comment user des médias, et échouer. Ce second tome donne une importance plus grande encore car Katniss est un double symbole. En ce qui concerne le Capitole, et ses habitant-e-s, elle est une femme amoureuse. C'est l'image qui doit être créée et distribuée par les médias contrôlés par l’État. Ainsi, Katniss, Peeta et Snow font tout en leur pouvoir pour construire ce symbole afin d'éviter une révolte. Car Katniss est aussi un symbole de révolution. Cette partie n'est que peu montrée, étant donné les communications difficiles entre les districts dans cet univers. Mais on apprend, petit à petit, quelles sont les conséquences des gestes de Katniss. Ses paroles et ses costumes deviennent des symboles de ralliement contre un ennemi commun. On le voit lors d'une scène dans un district mais aussi dans la forêt, lorsqu'elle rencontre des personnes qui ont fui pour rejoindre le mythique district 13.

Cependant, ce livre pose aussi le problème de la révolte. Surtout, il tente de montrer de quelle manière il est possible de se révolter face à un état dictatorial. Le district 12 est montré comme peu contrôlé, face à d'autres ou les règles sont bien plus strictes. Mais l'autrice à la bonne idée de montrer un changement de direction. Celle-ci passe par le remplacement des personnes qui étaient chargées de la répression, afin de mettre en place non seulement un commandement plus dur mais aussi des soldat-e-s qui n'ont pas de liens avec la population. La répression passe aussi par les couvre-feux et la remise en ordre d'un système architectural et économique de contrôle. Il est intéressant qu'il soit mentionné qu'un tel changement ait déjà eu lieu auparavant. Mieux encore, l'autrice continue à utiliser son univers pour ne pas trop nous en dire. Ainsi, on ne sait que peu de choses sur les autres districts. Mais cela n'empêche pas les personnages de parler et de nous faire comprendre que plusieurs ont connu des révoltes qui ont eu un impact sur l'économie globale du pays. Cet aspect permet de mettre en avant l'importance des communications, et de leur contrôle, si on souhaite une révolution ou en empêcher une. Bref, un second tome à la fois proche et plus développé que le premier, ce qui permet de construire un peu plus son univers tout en laissant de côté les Hunger Games proprement dit.

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**** Avoir vu les films m'empêche de ressentir des surprises face aux intrigues, mais j'apprécie de voir comment l'autrice a construit son livre et surtout ce qu'elle a mis en place sans que le film ne le reprenne
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Image : Éditeur

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Three billboards outside Ebbing Missouri / 3 Billboards, les panneaux de la vengeance

TW : mention de viol, harcèlement policier, violences policières, suicide, mention de violences conjugales

Ebbing, une petite ville du Missouri. Elle possède tout ce que ce genre d'endroits doit avoir pour mériter d'y vivre. Il y a une école, un bar, des commerces locaux ainsi qu'une TV locale et une station de police. Il y a aussi un commerce de souvenirs dont l'une des employées est Mildred Hayes. Cette ville possède aussi un mystère. Il y a six mois, la fille de Mildred sortait de chez elle à pied quand elle a été assassinée par des personnes inconnues. Depuis, la police est incapable de trouver la personne coupable. Il n'y a plus de nouvelles et Mildred a l'impression que plus personne ne s'intéresse à résoudre le meurtre de sa fille. Elle décide donc, sur un coup de tête, de louer trois panneaux publicitaires sur lesquels elle s'adresse à la police et, plus précisément, à son chef. Mais son attaque n'est pas appréciée par tout le monde. La ville se divise et, rapidement, la police commence à s'intéresser fortement à Mildred, sa famille et ses ami-e-s.

SPOILERS

Je suis un peu ennuyé par ce film. D'une part, je ne peux qu'apprécier non seulement le jeu des acteurs et actrices et les dialogues écrit pour elleux mais, d'autre part, je pense que le film échoue en ce qui concerne son message. La réalisation a réussi à s'attacher plusieurs personnes que j'ai déjà remarqué ailleurs et qui, ici, réussissent à incarner des personnages complexes. L'écriture est sans excuses, il n'y a pas d'hésitation à utiliser des jurons ou la colère pour mieux faire comprendre son point de vue. Mais elle est aussi utilisée pour mieux faire comprendre le fonctionnement de cette petite ville presque entièrement montrée comme blanche.

Si je le précise c'est parce que le principal problème du film, à mon avis, concerne le traitement des violences policières. Celui-ci existe à deux niveaux. Le premier concerne le chef de la police local, Bill Willoughby. Celui-ci est montré comme une personne ayant de l'expérience. L'incapacité à trouver une personne suspecte ne dépend pas de lui mais des circonstances et il souhaite vraiment offrir justice à Mildred. Cependant, il est aussi aveugle au problème posé par ses hommes, vu qu'il n'y a pas de policières dans ce poste. Selon lui, il est peu utile de lutter contre le racisme policier puisque tous les membres de son poste sont racistes. Il laisse donc faire et accepte une forme de harcèlement raciste. Pire encore, il ne lui faut pas beaucoup de temps pour tenter de faire pression sur Mildred afin qu'elle subisse les conséquences des panneaux qu'elle a loué. Conséquences qui pourraient mener à la prison. Il protège aussi Jason Dixon.

Ce dernier, selon ce qui nous est dit, a torturé un homme noir dans les locaux du poste de police. Mais l'absence de preuves, bien que personne ne doute de ses actes, n'ont pas permis de s'en débarrasser. En fait, il apparait rapidement que Bill fait tout pour le garder pour une raison qui me pose problème. Jason Dixon est montré comme enfantin, il vit toujours chez sa mère et cela donne l'occasion de moqueries, bête, il a redoublé l'académie de police et ne comprend pas les jeux de mots, et violent. Il n'hésite pas à menacer d'arrêter un homme noir qui ne fait que travailler, il revendique ses actes racistes et surtout, vers la moitié du film, on le voit défenestrer un homme pour se défouler puis le tabasser dans la rue. Enfin, il n'hésite pas à une seconde à harceler Mildred de toutes les manières possibles. Au lieu de condamner ces actes le film essaie d'offrir une forme de rédemption à Jason Dixon. Celle-ci prend la forme d'une épreuve d'humiliation, il est publiquement licencié, suivie d'une épreuve physique durant laquelle il est tabassé après avoir été brulé gravement lors d'un incendie. Ces épreuves permettent deux choses : premièrement il découvre enfin une personne suspecte, ensuite il se rapproche de Mildred ce qui permet à l'audience de le voir positivement malgré ses actes de violence couvert par les autorités. La raison de cette rédemption prend son origine dans la pensée de Bill, exprimée à plusieurs reprises. Jason Dixon est, en fait, une personne qui a un bon fond. Sa violence et son racisme ne sont que l'expression d'une douleur interne suite à la mort de son père. Bref, ses actes doivent non seulement être pardonnés mais il faut aussi tenter de le comprendre plutôt que de le condamner. Je ne peux, personnellement, pas souscrire à un tel message, en particulier si l'on prend en compte le contexte des États-Unis en ce qui concerne les violences policières racistes (ce qui ne veut pas dire qu'il n'existe pas de violences en Suisse mais le film ne s'y déroule pas).

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** Bien que la réalisation soit très bonne je ne peux pas accepter le message délivré par cette œuvre.
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Image : Allociné

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15/01/2018

L'inquisition. Enquête historique. France, XIIIe-XVe siècle par Didier le Fur

Titre : L'inquisition. Enquête historique. France, XIIIe-XVe siècle
Autrice : Didier le Fur
Éditeur : Livre de poche 14 janvier 2015
Pages : 183

L'inquisition est une institution que l'on connait par de nombreuses adaptations sur l'époque médiévale. Elle est montrée comme un milieu sans pitié, ses membres seraient des adorateurs de la torture et des mises à mort. L'inquisition aurait mis en place un climat de terreur que seul l'arrivée des Lumières a permis de stopper. En somme, c'est l'un des aspects de la légende noir du Moyen-Âge. Ce petit livre propose de condenser les informations que l'on sur le fonctionnement de l'Inquisition afin de mieux comprendre de quelle manière elle a été mise en place, les raisons de son existence et surtout d'éviter les mythes pour mieux se rapprocher d'une réalité scientifique. Cet exercice de Didier le Fur prend moins de 200 pages et 3 parties. À cela il faut ajouter une introduction qui revient en partie sur l'historiographie ainsi que des annexes dans lesquelles on trouve une chronologie ainsi que les interrogatoires proposés par Bernard Gui.

La première partie se concentre sur la mise en place de l'Inquisition. L'auteur y explique que le royaume de France, sur lequel il porte son attention, est considéré comme envahi par les hérésies. En effet, plusieurs groupements se constituent et critiques le fonctionnement de l’Église de Rome. L'auteur étudie les vaudois, il explique que ce groupe essaie de mettre en place une règle de vie mais son chef refuse les ordres du Pape ce qui conduit à une lutte contre ses fidèles. Ce qui pose problème est la possibilité des femmes et des laïcs de prêcher. Le second groupe est celui des Cathares. Il semble bien plus critique que les vaudois puisque le monde et l’Église sont qualifiés de création d'un dieu mauvais, suivant en cela une forme de manichéisme. Dans les deux cas, il a été nécessaire de mettre en place une procédure afin de lutter contre ces hérésies, bien que parfois certaines raisons politiques puissent expliquer les poursuites.

Le fonctionnement de l'Inquisition est examiné dans la seconde partie. Didier le Fur est très clair et divise la procédure en différentes étapes, tout en explicitant en quoi l'Inquisition ne fonctionne pas selon les règles du droit de l'époque. En effet, la défense et les témoins ainsi que les preuves sont acceptées tant que l'inquisiteur les considère utiles. Didier le Fur explicite aussi le fonctionnement de la torture. Loin d'être utilisée largement elle doit suivre une procédure spécifique puisque les membres du clergé n'ont pas le droit de verser le sang. Ainsi, il est nécessaire de présenter les instruments, de commencer par le moins douloureux et surtout de s'arrêter dès qu'un aveu est obtenu. L'auteur explique que le seul but de la procédure est de recevoir cet aveu qui, dans les cas de torture, peut être récusé après 24 heures. Ce qui crée des problèmes pour les personnalités de l'époque qui hésitent entre recommencer la torture ou considérer la personne comme parjure. Suite à l'aveu, il est possible de lancer le jugement et de choisir une peine, celle-ci étant double : une peine ecclésiastique qui permet la repentance et une peine laïque.

La troisième partie s'intéresse au lien entre inquisition et sorcellerie. En effet, l'auteur montre que l'Inquisition s'intéresse en grande partie aux hérésies, la sorcellerie n'est pas considérée comme un danger aussi sérieux. Cependant, le Pape Jean XXII au XIVème siècle ouvre la voie à une répression des personnes soupçonnées de sorcellerie. Le problème est lié à l'hérésie étant donné que la sorcellerie est conçue comme un pouvoir obtenu non pas de dieu mais du diable, en échange d'une adoration de ce dernier. Sans s'y intéresser d'une manière précise, l'auteur explicite les rapports entre la chrétienté et le diable. Il nous parle aussi de la mise en place du sabbat comme rituel spécifique aux sorcières. Mais il nous montre surtout de quelle manière la procédure est adaptée afin de prendre en compte cette nouvelle cible.

Ce petit livre est intéressant pour les personnes qui s'intéressent aux hérésies et à l'Inquisition durant l'époque médiévale. Il est complet et permet de mieux comprendre le fonctionnement d'une institution qui donne souvent lieu à des fantasmes, bien qu'il ne faille pas laisser de côté une forme d'érotisme aux dépens des femmes. Court et synthétique il s'y ajoute une bibliographie qui permet de se lancer dans des aspects plus précis.

Image : Éditeur

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14/01/2018

Batman and Harley Quinn

TW : sexisme, harcèlement sexuel

Un soir à Gotham, Poison Ivy et Jason Woodrue cambriolent ensemble pour rapidement partir sans n'avoir rien pris. Mais le Batman comprend rapidement que leur but n'était pas matériel mais de trouver une information. Celle-ci est potentiellement très dangereuse. En effet, Poison Ivy et Jason Woodrue essaient de comprendre ce qui a pu donner vie à Swamp Thing. Pire encore, illes ont kidnappés un expert en armes biologiques. Batman et Nightwing décident de tout faire pour retrouver les deux complices. Mais il est difficile de les suivre. C'est la raison pour laquelle ils décident de chercher Harley Quinn. En effet, sa relation avec Poison Ivy pourrait permettre de mieux la comprendre et de la retrouver. Peut-être même pourrait-elle convaincre son amie de ne pas détruire le monde ? Mais est-il possible de faire confiance en l'ancienne complice du Joker ? Même si elle n'a pas accompli de crimes depuis sa sortie d’Arkham ?

SPOILERS

Ce film est un hommage assumé envers la série Batman des années 90. Une série que je regardais quand j'étais enfant, le matin en week-end. De plus, le titre et le film semblaient vouloir rendre hommage à Harley Quinn, un personnage qui provient de la série susmentionnée. Il m'était difficile de résister à l'envie de revenir en enfance et de revoir un personnage que j'apprécie, et donc la vie est loin d'être sympathique. J'ai rapidement été déçu. Si nous prenons d'abord en compte le "scénario" on comprend vite qu'il est presque inexistant. Ce que l'on nous offre est une forme de road movie avec deux justiciers et Harley. Le format est simple, le trio discute dans la voiture, Harley fait une demande refusée puis Batman accepte et doit gérer Harley. Pire encore, il n'y a pas de fin. Le film se termine abruptement après l'arrivée d'un Swamp Thing qui... ne sert à rien et repart tout aussi rapidement. Les scénaristes nous laissent en plan sans rien savoir, comme s'ils avaient été pris d'une fainéantise intense. J'ai l'impression que l'absence de scénario est aussi basé sur l'envie de faire de l'humour via Harley Quinn. Malheureusement, les "blagues" sont très mauvaises voir de mauvais goût. Ainsi, le film échoue à créer une histoire intéressante et à nous faire rire. Pourtant, il aurait été possible de développer au moins deux thèmes. Premièrement, Poison Ivi et Jason Woodrue peuvent porter une intrigue écologiste forte. Ensuite, il aurait été possible de parler de la difficulté de la sortie de prison et du retour dans une vie active. En effet, Harley Quinn est serveuse dans un bar peu engageant malgré son doctorat. Elle explique dans une scène que ses lettres de candidatures sont toutes refusées à cause de son passé. Mais les scénaristes ont soit refusé soit eu peur de ces deux pistes.

Mais il y a pire. Il y a la manière dont Harley, et les femmes de manière générale, sont utilisées. Comme je l'ai dit, Harley est une serveuse dans un bar. Il faut comprendre que celui-ci est un bar dont le thème est les héroïnes. Les serveuses sont donc en costume, modifiés pour être bien plus révélateurs (même si les costumes classiques sont déjà bien révélateurs). Il nous est rapidement montré que les hommes n'hésitent pas à toucher ces serveuses et à les observer sans leur consentement. Même si l'un des clients est puni par Harley pour son comportement il n'est pas montré comme fondamentalement en tort. Puis, dans le reste du film, il n'y a jamais d'hésitation à montrer Harley dans des postures "sexy" ou peu vêtue. Bref, j'ai du mal à comprendre qu'un tel traitement ait été accepté durant la production puis la sortie. Heureusement, les bonus contiennent deux épisodes de la série animée Batman sur Harley Quinn. Ceux-ci mettent bien plus en valeur le personnage tout en mentionnant le comportement horrible du Joker envers elle.

* Fuyez
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Image : Site officiel

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13/01/2018

The Hunger games 1 par Suzanne Colins

Titre : The Hunger games 1
Autrice : Suzanne Colins
Éditeur : Scholastic 1 juillet 2010
Pages : 384
TW : Violences d'état, torture, violences médicales

10 ans après tout le monde, et 4 films adaptés de la trilogie, je me suis enfin décidé à lire The Hunger Games. Les livres se trouvaient dans ma pile à lire depuis un bon moment mais, pour une raison ou une autre, je n'avais jamais pris le temps de m'y intéresser. Étant donné que je les ai lus après avoir vu les adaptations cinématographiques il m'est difficile de ne pas prendre les films en compte dans mon ressenti face à ce premier roman. Hunger Games se déroule dans un futur non spécifié. Il pourrait aussi bien être proche que très lointain. Tout ce que l'on sait c'est que l'intrigue se déroule sur le territoire de ce qui fut les Etats-Unis, dans 12 districts coupés les uns des autres et le Capitole. Suite à une guerre civile, 74 ans auparavant, il a été décidé que les tous les ans 2 enfants de chaque district seraient sacrifiés dans des jeux. Seule une personne peut survivre et devenir riche. Cette année, ce sont Peeta Malark et Katniss Everdeen qui sont choisis.

SPOILERS

Comme je l'ai dit, je suis nécessairement influencé par les films. Bien entendu, les romans et les films diffèrent sur plusieurs points, pour mieux expliquer l'univers. Ainsi, dans le roman le point de vue de Katniss et le seul et elle explicite ce que l'on a besoin de savoir. Dans les films les informations sont offertes par les commentateurs qui observent les jeux. De plus, il va de soi que les romans sont meilleurs, tout simplement parce que l'intrigue est construite dans le cadre d'un livre et qu'une adaptation en scénario implique nécessairement une perte de substance. Mais je vais tout de même me concentrer sur deux points majeurs sur lesquels les romans sont bien meilleurs et les films échouent à montrer, du moins selon moi.

Le premier point est l'impact psychologique. Celui-ci est peu montré dans le premier film. On ne l'observe que dans le second et le troisième, alors que Katness fait des cauchemars récurrents. Dans les romans, l'impact est immédiat. Bien entendu, on apprend que Katness est avant tout une survivante. Elle ne s’embarrasse pas des lois et des limites si cela lui permet de mettre sa famille, et sa sœur, en sécurité. Ce que les romans montrent est que, justement, cette composante de survie est la première chose qui fait fonctionner Katness. Si son personnage n'est pas amoureux de Peeta dès le début ce n'est pas par un calcul stratégique mais parce que Katness veut d'abord survivre, et l'amour ne peut que rendre cette survie plus difficile. Le roman nous montre de quelle manière ce besoin et les souhaits et incompréhensions de Katness jouent et lui permettent d'avancer ou de reculer selon les circonstances. Ils permettent aussi de montrer l'impact des tueries, et des jeux, bien avant le second roman.

Le second point qui m'a fait une impression concerne le rapport à son propre corps. On sait, dans les films, que la famille de Katness n'est pas riche et à risquer de mourir de faim. On observe aussi les efforts du Capitol pour remodeler le corps de Katness. Ces deux sujets sont bien plus mis en avant dans le livre, je pense même que c'est l'un des points les plus importants. La nécessité de se nourrir est toujours au centre des préoccupations du personnage. Quel que soit le moment, un repas ne peut pas être gâché et il est nécessaire de faire attention au futur, en tenant en compte les capacités pour se procurer de quoi manger. Il est intéressant de montrer qu'elle-même, ainsi que le district 11, sont capables de vivre sur la terre sans avoir besoin de dons.

De plus, le roman insiste sur l'usage des corps par les personnages et le Capitol. Bien entendu, les descriptions de douleurs et de blessures ne sont pas rares. Mais je parle de la manière dont le Capitole fait sien le corps des jeunes qui lui sont envoyés. Dès le début, illes sont dénudé-e-s, traité-e-s et maquillé-e-s puis des citoyen-ne-s du Capitol choisissent les habits qui seront portés. Le corps des tributs ne sont plus les leurs mais appartiennent au Capitol qui essaie d'en faire des peintures, au nom de leur propre bien être. À la fin du roman, il est révélateur que Katness se trouve enfermée et attachée à un lit d’hôpital qui permet au Capitol, et aux médecins, de traiter son corps voir de le modifier (on apprend que l'un des buts était de faire une augmentation mammaire). Il y a donc contraintes et une absence totale de consentement de la part des personnes concernées. Il est tout de même intéressant de mettre en avant que le styliste de Katness semble être une personne de confiance dont le but n'est pas de mettre en avant une idée sur le district ou lui-même mais de mettre en avant Katness (du moins je l'ai compris ainsi et je peux me tromper). Les descriptions corporelles, des efforts mis en place pour le changer dans le but de le rendre conforme aux standards du Capitol, sont donc particulièrement important et le film oublie d'en parler, mis à part dans une seule scène, très sage comparé au roman.

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**** Il m'a fallu du temps avant de finalement commencer cette trilogie. Je ne regrette pas de m'être lancé et je suis curieux d'observer les autres différences entre les romans et les films. Pour l'instant, il me semble claire, et normal, que les romans sont meilleurs que leurs adaptations.
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Image : Éditeur

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06/01/2018

Batman and Robin Eternal 2 par Scott Snyder, James Tynion IV, Jackson Lanzing, Colin Kelly et Tim Seeley

Titre : Batman and Robin Eternal 2
Auteurs : Scott Snyder, James Tynion IV, Jackson Lanzing, Colin Kelly et Tim Seeley
Éditeur : Urban comics 14 novembre 2016
Pages : 336

Ce second tome contient Batman And Robin Eternal 13-26. Il y a 5 ans Batman et Robin, Dick Grayson, poursuivaient le docteur Crane en Europe afin de l'empêcher de répandre une toxine de terreur. Mais derrière cette affaire se cachait une autre, plus dangereuse. En effet, Batman avait mis au jours l'existence d'une organisation sous le contrôle d'une personne se faisant nommer Maman. Celle-ci a proposé à Batman de lui offrir un meilleur Robin, un enfant capable de le suivre et d'accepter ses ordres dans sa guerre contre le crime. Le tome 1 se terminait alors que Batman portait une arme dans une ruelle sombre. Dans le présent, les robins ainsi qu'Harper Row luttent contre Maman qui tue ses enfants et prépare la prise de contrôle de plusieurs villes. Elle a eu des années pour préparer ses plans et l'empêcher de vaincre pourrait bien s'avérer impossible.

SPOILERS

J'avais, il y a longtemps, expliqué que Batman Eternal m'avait déçu. En particulier, l'intrigue était trop brouillonne et les numéros trop nombreux. Batman et Robin Eternal, par contre, m'a beaucoup plu. Bien que l'intrigue s'attache à un plan de vilain de comics, prendre le contrôle des enfants afin de tuer les adultes, elle cache quelque chose d'autre. Ce que cette série propose est une définition de Robin et de sa relation avec Batman. Maman pense que les enfants, pour survivre dans un monde difficile, doivent devenir des soldats capables de tuer. Pour cela, il est nécessaire de créer un traumatisme. Maman est donc très proche de Batman puisque les deux ont subi un traumatisme et souhaitent éviter ce destin à d'autres enfants, mais de la même manière. En effet, Batman ne souhaite pas créer des soldats. Comme le disent les auteurs, le but de Robin n'est pas de suivre les ordres mais d'apprendre, faire des erreurs et devenir capable d'être meilleur que Batman. Que ce soit en ce qui concerne la stratégie, la capacité de prendre des choix difficiles ou encore la capacité à faire confiance à autrui. De plus, j'apprécie que l'un des personnages, Harper Row, prend une place plus importante encore dans la famille tout en gardant une possibilité de faire un choix différent. D'une certaine manière, ce titre permet de terminer son histoire tout en donnant la possibilité de lui donner une suite.

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**** Un second tome que je trouve réussit car il s'intéresse plus à une idée qu'à une intrigue trop abracadabrantesque.
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Image : Site officiel

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Le grand jeu / Molly's Game

TW: Violences

SPOILERS

Molly Bloom est membre d'une famille à l'intérieur de laquelle l'excellence académique et sportive est une règle. Elle est l'une des meilleures skieuses au monde. Mais une chute, qui réveille une ancienne blessure, l'empêche d'être qualifiée pour le JO. Suite à cela, elle décide de prendre une année sabbatique avant son entrée en école de droit. Lors de cette année elle vit de petits boulots de serveuse jusqu'à ce qu'un client la remarque et lui offre un travail d'assistante. Rapidement, elle est aussi chargée d'organiser des soirées poker aux enjeux importants. Petit à petit, elle prend une importance de plus en plus importante dans le monde du poker et organiser des soirées durant lesquelles des millions sont échangés en quelques heures. Mais son nom apparait dans les fichiers du FBI en lien avec des membres de la mafia russe.

Il faut le dire immédiatement, je ne connais rien au poker et je ne connaissais pas le cas Molly Bloom. Ce film est basé sur une autobiographie écrite après une arrestation par le FBI. Je ne sais pas à quel point le film est en accord avec la réalité et ce qui a été plus ou moins romancé. Je ne vais donc pas tenter d'examiner cela mais je vais essayer de mettre en avant quelques petites choses que l'on peut comprendre en regardant ce film. Quasiment immédiatement, la réalisation montre que Molly Bloom ne connait rien au poker. Mais elle apprend rapidement comme le jeu fonctionne et surtout la raison des soirées poker. En effet, le film ne semble pas défendre une forme de jeu de hasard mais un moment de relations sociales. Elles sont de plusieurs formes. Soit des joueurs, je ne crois pas avoir remarqué de joueuses, viennent pour rencontrer des légendes et des stars. Soit le but n'est pas de gagner mais de créer des relations. Ainsi, on observe des personnages qui parlent finances et politiques et donc s'échangent des informatisations qui peuvent permettre de choisir dans quel secteur investir. Mieux encore, certains personnages, je pense en particulier à Bad Brat, usent de ces soirées afin de créer des relations d'investissement. Comme le dit l'actrice, Bad Brat perd tout lors des soirées de jeux mais il en sort avec des millions d'investissement. Le poker n'y est donc pas un simple jeu mais un moyen de rencontres entre des personnes d'une certaine classe sociale.

Le personnage qui crève l'écran, grâce à la prestation de l'actrice Jessica Chastain, est Molly Bloom. Elle est au centre de tout, elle explicite l'intrigue par ses remarques. Elle est décrite comme une femme extrêmement talentueuse et intelligente, avec un entourage féminin du même acabit. Son envie de réussite est en partie expliqué par le film par son éducation, qui serait voué à l'excellence parfois au prix d'une santé physique et mentale (à plusieurs reprises l'actrice nous explique que son personnage est en dépression et dépendante aux drogues pour simplement continuer son travail). Molly Bloom, selon ce film, est la personne la plus intelligente dans un monde d'hommes médiocres ou cruels. Ce qui m'a frappé ce sont les scènes durant lesquelles certains hommes tentent de draguer Molly Bloom et sa réaction de pitié exaspérée. Comme elle l'explique, elle a créé un rêve pour ces hommes mais ce n'est qu'un rêve. Elle n'est pas disponible, ni ses employées. Ce qui est un passe-temps social pour les hommes qui jouent est un travail rémunérateur pour les femmes impliquées. Personnellement, j'aurais tendance à rapproche ce comportement masculin de celui que l'on peut observer dans le cadre de métier de service qui implique une forme de disponibilité féminine, souvent considéré à tort par ces mêmes hommes comme une disponibilité romantique voir sexuelle.

Ce point me permet de passer sur un dernier sujet qui me semble important en ce qui concerne ce film, et qui m'a beaucoup déçu : l'explication du comportement de Molly Bloom. Encore une fois, je ne prétends pas connaitre l'affaire et encore moins la personne. J'essaie de mettre en avant ce que dit le film. Molly Bloom se trouve dans un monde d'homme en tant que femme. Elle est dépeinte au contrôle de ce monde mais dépendant du bon vouloir des hommes, malgré de nombreuses alliées tout aussi talentueuses. Il est révélateur que ces femmes doivent jouer sur leur féminité corporelle pour attirer des hommes, là encore comme travail de "rabattage" et non comme disponibilité en vue d'une relation. À deux reprises, le film montre son personnage principal détruit par des hommes : l'un est une personne pratiquement en faillite et loin d'être sympathique tandis que le second avoue aimer détruire des vies. Ce dernier décide d'attaquer Molly Bloom lorsqu'elle refuse d'accepter son comportement de tricheur et parce qu'elle ne lui parle, selon lui il a droit aux mêmes attentions de la part de Molly Bloom que les autres hommes. Toute l'intrigue du film autours de cette femme se conclut en deux parties. Premièrement, à la fin du film Molly Bloom accepte le jugement et le pouvoir d'un homme sur elle en plaidant coupable. En second lieu, son père apparait et lui explique que son comportement est dû à sa relation conflictuelle avec lui et son besoin de contrôler les hommes. Bref, et malgré ce que souhaite le personnage dans le film, Molly Bloom passe d'une femme extrêmement intelligente à une femme esclave de son besoin de confrontation avec les hommes dû à une forme de relation dysfonctionnelle avec son père, une thèse probablement basée sur Freud. Au lieu d'être actrice Molly Bloom devient victime d'elle-même et en besoin de se réconcilier avec les hommes. Selon moi, le réalisateur montre ici une vision défavorable des femmes qui réussissent et des féministes. Comme une scène de conversation lors d'un repas le montre, la critique féministe de théories psychologiques devient, dans le film en tout cas, un irrespect envers les hommes et, en particulier, la figure du père. Je ne peux qu'être déçu de cette trahison du personnage et, par extension, de Molly Bloom.

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**** J'ai personnellement apprécié le film et sa mise en scène. J'ai aussi aimé la manière de penser Molly Bloom jusqu'à la fin du film lorsque le réalisateur décide d'expliquer son comportement, et sa réussite, par une relation dysfonctionnelle avec son père.
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Image : Site officiel

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11:34 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le grand jeu, molly's game | | | |  Facebook

05/01/2018

Battlestar Galactica 4. Unity par Steven Harper

Titre : Battlestar Galactica 4. Unity
Auteur : Steven Harper
Éditeur : Tor Books 3 avril 2007
Pages : 320
TW : Violences policières et médicales, torture

Ce quatrième, et dernier à ma connaissance, tome se déroule durant la saison 2 avant l'arrivée du Pegasus. Depuis plusieurs mois la flotte subit les attaques répétées des Cylons. Pire encore, une mésentente entre les civils et les militaires a mené à un coup d'état suivi d'une scission de la flotte. Heureusement, les tensions se sont calmées depuis que la Présidente a trouvé la route de la Terre et que Adama a accepté de la suivre. Mais ce n'est que l'un des nombreux problèmes. La flotte subit une épidémie alors qu'elle est en manque de médicaments. Les réserves de nourriture sont aussi inquiétantes. La flotte n'a pas eu d'autres choix que de s'arrêter au-dessus d'une planète sur laquelle on trouve des algues capables aussi bien de nourrir que d'être transformées en médicaments. Mais les Cylons retrouvent rapidement les humain-e-s et, après une brève bataille, laissent un module de survie derrière elleux. À l'intérieur on trouve une 8 ainsi que le chanteur Peter Atis. Soin arrivée est un bon moyen de donner un peu d'espoir à la flotte mais ne cache-t-elle pas autre chose ?

SPOILERS

Ce roman s'intéresse à deux points fondamentaux de la série : la dichotomie entre science et religion. En effet, la série s'intéresse à un certain nombre de personnages. Certains, comme la présidente, croient en des divinités dont l'existence est révélée par des textes sacrés. D'autres sont des sceptiques qui doutent face aux miracles, comme le commandant Adama. Et enfin, nous avons des scientifiques purement rationnels montré par Gaius Baltar. La série est plutôt négative face à la science et met en place une intrigue de conversion du scientifique en direction de la foi. Ce roman ne déroge pas à cette règle. Nous avons des croyant-e-s, des sceptiques et des scientifiques. Ce qui est intéressant, aussi bien dans la série que le roman, est l'absence de frontière importante entre science et religion. Ce qui, pour certaines personnes, est divin sera explicable scientifiquement pour d'autres. L'intrigue qui est développée dans ce quatrième tome joue avec cette frontière puisque ce que certain-e-s définissent comme une maladie est considéré par d'autres comme un miracle, basé sur un texte sacré considéré comme apocryphe. Cela permet de montrer une part des difficultés religieuses de la flotte mais aussi de démontrer comment réagit une population face à l'imminence de la mort, sans capacités de choix. En effet, seules une minorité de personnes sont agissantes, les autres doivent attendre dans une atmosphère de plus en plus morose. La conversion massive à la foi de Peter Atis n'est donc pas étrange mais une simple réaction face à une possibilité d'espoir. Malheureusement, cet aspect n'est que peu examiné dans la série puisqu'elle se concentre sur des militaires qui peuvent agir.

En ce qui concerne l'écriture, ce quatrième roman est probablement le meilleur (je mets de côté la novélisation du pilote que je n'ai pas lu). Le tome 2 était inintéressant, mal écrit et contredisait la série sur plusieurs points. Le tome 3 était intéressant mais se perdait en intrigues secondaires sans intérêts. Ce tome se construit entièrement sur une intrigue précise mise en place sur une bonne moitié du livre. En effet, ce n'est que tardivement que la maladie est observée puis comprise comme dangereuse. Ce qui donne le temps d'y lier l'intrigue religieuse sans donner l'impression d'un patchwork décousu. De plus, les personnages ressemblent bien plus à ceux de la série. Les cylons sont sans pitiés. Le commandant Adama est montré comme compétent mais fatigué et stressé, en particulier en ce qui concerne son fils. La présidente est décrite comme une personne qui ne cherche pas le pouvoir mais s'y accroche en cas de besoin, mais aussi comme une femme en fin de vie qui essaie de survivre autant que possible. Enfin, nous avons Starbuck dont les actions ne sont ni condamnées ni décrites comme honteuses. A la rigueur, il y a une explication par son passé familial. Mais on nous montre une femme qui décide de prendre du bon temps quand elle en a envie parce qu'elle en a envie, malgré la jalousie et le jugement de Lee Adama. Ainsi, ce roman réussit là où le précèdent échouait.

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*** Enfin un roman pas trop mauvais dans cet univers. Il est même très réussi si on le compare aux autres.
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Image : Amazon

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02/01/2018

Batman and Robin 7. Le retour de Robin par Peter J. Tomasi, Patrick Gleason et Andy Kubert

Titre : Batman and Robin 7. Le retour de Robin
Auteurs : Peter J. Tomasi, Patrick Gleason et Andy Kubert
Éditeur : Urban Comics 24 février 2017
Pages : 248

Ce tome contient Batman and Robin 35-40, Robin Rises: Alpha 1, Batman and Robin Annual 3 et Secret Origins 4 publiés dans Batman and Robin vol. 7: Robin rises. Robin est mort. Après cette perte Bruce Wayne s'est perdu dans le déni et son alter égo. Il est allé trop loin pour beaucoup de personnes qu'il a fait souffrir intentionnellement dans sa quête d'un remède à la mort. Puis, il a accepté la mort de son fils. Mais quelqu'un a volé le corps de Damian Wayne ce qui a poussé Bruce à la recherche dans le monde entier, pour voir le corps de son fils emmené par l'un des habitants d'Apokolips, la planète de Darkseid. Tout le monde déconseille à Bruce de se rendre sur cette planète infernale. Mais ce dernier n'a qu'un seul but : retrouver le corps de son fils. D'autant qu'il se pourrait bien que Bruce Wayne ait trouvé le moyen de redonner vie à son fils.

SPOILERS

J'ai bien apprécié le run de Tomasi sur Batman and Robin. L'auteur mettait en place moins une série sur Batman qu'une série sur la relation entre un père et un fils. Les deux sont montré comme très différents mais aussi proches sur certains points. La mort de Robin, qui n'y est pas mise en scène, était très bien traitée par Tomasi qui montrait, à l'aide des relations avec d'autres personnages, ce que la mort de son fils fait à Bruce mais aussi Alfred. J'avais aussi apprécié le tome 6 qui montrait Batman lutter pour retrouver le corps volé de son fils.

Ce tome permet de conclure la série de Tomasi. Pour cela, il est nécessaire de reprendre enfin le corps de Damian et de lui redonner vie. Bien que l'on puisse se demander si un simple humain peut réellement combattre sur Apokolips, les pages sont plutôt intéressantes et bien écrites. En particulier, j'apprécie que la famille de Batman soit utilisée et réunie dans le but de retrouver l'un des leurs. Malheureusement, j'ai moins apprécié la seconde partie qui s'intéresse aux conséquences des pouvoirs de Robin. Ceux-ci ne sont pas vraiment expliqué mais surtout il me semble que le scénario repart dans des directions déjà examinées bien avant. Batman n'a pas confiance envers Robin, ce dernier essaie de vivre en dehors de l'ombre de son père, ils se heurtent mais on termine avec l'idée que les deux ont encore plus confiance l'un envers l'autre. Pire encore, Tomasi n'a pas le temps de vraiment examiner les conséquences des pouvoirs de Robin que ceux-ci disparaissent, alors que la série doit se terminer. Ce dernier tome termine de manière mitigée une série que j'ai beaucoup apprécié.

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*** Une bonne première partie suivie d'une seconde partie trop vite expédiée et un peu fainéante en ce qui concerne le scénario.
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Image : Éditeur

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Histoire de la Suisse 4. La création de la Suisse moderne (1830-1930) par François Walter

Titre : Histoire de la Suisse 4. La création de la Suisse moderne (1830-1930)
Auteur : François Walter
Éditeur : Alphil et Presses universitaires suisses 2016
Pages : 158

L'avant dernier tome des histoires de la Suisse de François Walter s'occupe de ce qu'il nomme "la création de la suisse moderne." Sous ces termes il examine les années 1830 à 1930 soit une période qui est entourée par deux moments de changements importants, révolutionnaires en ce qui concerne certains pays. C'est aussi la période durant laquelle le pays que nous connaissons se constitue réellement. Comme je le pensais, l'auteur débute son examen par les tensions entre les cantons centralisateurs et les cantons décentralisateurs. Ces tensions se portent sur plusieurs thèmes, dont l'accès des jésuites en Suisse, mais permet surtout la constitution d'une aile politique dites radicales. Celle-ci souhaite un changement majeur du fonctionnement du pays, malgré les volontés des princes étrangers. Suite à la guerre civile du Sonderbund, et l'incapacité des princes étrangers d'agir à cause des révoltes et révolutions de 1848, la Suisse devient une fédération, avec les institutions que l'on connait. Cependant, le pays reste sous le contrôle des radicaux qui construisent le système politique pour être majoritaires.

Suite à la création politique des années 1848 il est nécessaire de constituer une nation composée de plusieurs langues et religions. L'auteur examine de quelle manière l'identité suisse est constituée par l'usage de mythes historiques, parfois validés par des historiens de l'époque. C'est à cette époque, le XIXème siècle, que se pose la question de la fête nationale et surtout de la date qu'elle commémore. Il est nécessaire choisir une date qui ne rappelle pas les divisions politiques mais qui, au contraire, donne l'impression d'une identité basée sur la lutte commune contre des oppresseurs. C'est ainsi qu'un vieux papier que l'on date de 1291 est ressorti des cartons afin de donner une date mais aussi un lieu symbolique de l'unité de la nation Suisse, le Grütli prenant une grande importance. L'identité national est aussi défendue par un programme artistique et la mise en place d'expositions nationales. On défend de plus en plus l'idée d'une identité mythique paysanne, montagnarde, alors que le pays s'urbanise et s'unit grâce aux chemins de fer.

L'auteur examine aussi la période de 1914-1918 et ses suites. En effet, le début de la guerre est tendu pour le pays qui peut craindre une invasion. Mais aussi bien l'Allemagne que la France préfèrent avoir un pays neutre armés pour tenir les frontières. Cependant, les volontés germanophiles de l’État-major, autours du général Wille, posent problème en ce qui concerne la diplomatie. L'auteur montre bien que cette germanophilie crée des tensions au niveau civil et militaire mais aussi au niveau international, une partie des belligérants se sentant floué par certaines décisions. La diplomatie Suisse semble bien naïve lorsqu'elle tente d’accueillir la conférence de paix alors que le pays est considéré comme un foyer de dissensions révolutionnaires. Cependant, elle réussit tout de même à accueillir la SDN.

Au final, ce livre permet de replacer la constitution de la nation helvétique à sa véritable époque. L'auteur examine aussi la manière dont a été constitué le système politique ainsi que les changements sociaux et industriels du XIXème siècle. Le livre donne l'impression d'un pays qui se croit plus important qu'il ne l'est mais qui réussit tout de même à éviter une guerre mondiale, alors que les tensions politiques entre la gauche et la droite sont de plus en plus importantes au fil des années 1914-1918, débouchant sur une grève générale. Cette suite de 5 livres est intéressante pour toutes personnes qui souhaitent en savoir plus sur l'histoire Suisse et remettre en cause mythes et clichés.

Image : Éditeur

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31/12/2017

Histoire de la Suisse 3. Le temps des révolutions (1750-1830) par François Walter

Titre : Histoire de la Suisse 3. Le temps des révolutions (1750-1830)
Auteur : François Walter
Éditeur : Alphil et Presses universitaires suisses 2015
Pages : 155

Pendant longtemps la Suisse fonctionne sous ce que l'on nomme l'Ancien Régime. Cette période est examinée dans le tome précédent. L'auteur montrait de quelle manière les charges politiques et militaires étaient prises en charge par une minorité qualifiée de patricienne. La bourgeoisie est le moyen par lequel les familles qui se pensent nobles réussissent à garder le pouvoir face aux dissensions. Cependant, la période du XVIIIème siècle est aussi celle de changements importants qui éclatèrent lors de la Révolution française de 1789. La question posée par ce tome concerne l'impact de ce changement sur le fonctionnement du pays ainsi que les tentatives de restaurations.

Une partie importante du tome s'intéresse à une période courte, quelques décennies. L'une de ces périodes est celle de la République helvétique. En effet, sous la pression de la France, ainsi que son occupation armée, la Suisse se voit imposer une constitution basée sur celle de la Révolution. Le pays ne possède plus des cantons avec des pays sujets mais une organisation centralisée basée sur le Directoire. Cependant, le régime est très instable et de nombreux changements de gouvernement ont lieu durant la brève période de l'Helvétique. Finalement, le régime tome lorsque les troupes françaises de Napoléon quittent le territoire, ce qui permet à ce dernier de convoquer les représentants des cantons afin de remodeler le fonctionnement politique et territorial du pays.

La période qui suit voit la restauration des cantons dans leurs prérogatives avec la mise en place d'une Diète fédérale. Cependant, les pays sujets ne sont pas recréés tandis que le pays doit accepter une forme de démocratie. L'auteur montre que la Suisse est soumise à la France, à qui elle fournit des troupes "volontaires." De plus, les familles dites patriciennes gardent la main mise sur le pouvoir politique. Ce qui permet, lors de la chute de Napoléon, aux cantons de restaurer les anciennes formes politiques. Mais les princes étrangers, comme le montre l'auteur, souhaitent stabiliser le territoire et imposent une nouvelle forme de gouvernement qui devrait être capable de fonctionner pour plus longtemps, tout en offrant des compensations territoriales comme, par exemple, le Jura à Berne qui a perdu le territoire vaudois. Bien que les rédacteurs du projet aient imaginé que celui-ci puisse ne pas être remis en cause avant longtemps, les exemples des Etats-Unis ainsi que les troubles en France créent des tensions entre les villes et les territoires ruraux, tandis que des milieux Libéraux commencent à diffuser leurs idées. Ceci aboutira sur un changement majeur qui sera probablement étudié dans le prochain tome.

Au final, ce tome s'attaque à une période méconnue et surtout peu appréciée. En effet, j'entends régulièrement que la République helvétique est le régime le plus détesté de l'histoire Suisse. Mais celui-ci est suivi d'une période mieux appréciée, bien que pensée comme une forme de décadence. L'auteur tente de passer outre ces préconceptions pour mieux mettre en avant les conséquences. En effet, la République a permis de débuter la constitution d'une pensée de la nation suisse, mais aussi de défendre des concepts révolutionnaires comme la liberté et l'égalité, dans un sens large. L'auteur montre aussi à quel point le territoire est soumis aux besoins et souhaits des princes étrangers. Au lieu d'un pays unit qui se soulève dans son intérêt le territoire dépend des accords avec d'autres pays tandis que la neutralité est imposée de l'extérieur. Pire encore, les armées ont régulièrement envahi le pays alors que la Suisse se voit obligée de fournir des contingents à plusieurs groupes, parfois antagonistes. L'auteur montre aussi de quelle manière les mythes commencent à être mobilisés pour justifier les révoltes mais aussi constitution une identité partagée dans un territoire qui n'est pas encore une nation.

Image : Éditeur

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Arrow saison 5

TW: Torture, meurtres

Il y a plusieurs mois, Oliver Queen était confronté à Damien Dark. Ce dernier souhaitait protéger une petite partie de l'humanité tout en détruisant la Terre grâce à un objet capable de prendre le contrôle de toutes les ogives nucléaires du monde. Heureusement, son plan a échoué mais avec la perte d'une ville entière. Finalement, l'équipe Arrow a réussi à confronter Dark, avec l'aide de la population, et à le tuer supprimant définitivement sa menace. Mais cet épisode a créé des tensions dans l'équipe. Laurel Lance, aka Black Canary, est morte, Thea décide de ranger son costume tandis que Diggle recherche à nouveau un sens à sa vie en retournant dans l'armée. En ce qui concerne Oliver, il est nommé maire par intérim. Plusieurs mois plus tard, il est toujours maire mais sa popularité est extrêmement basse. En effet, il s'occupe non seulement de son poste mais aussi de son rôle de Green Arrow, seul. Tout le monde est d'accord, il est temps de réunir une nouvelle équipe capable de seconder Oliver Queen aussi bien sur le terrain qu'à la mairie.

SPOILERS

Arrow est une série de la CW avec une qualité en dent de scie. La première saison plaçait l'intrigue et devenait meilleure au fil du temps. La seconde saison était très réussie car elle prenait en compte les deux parties de la série, passé et présent, pour expliciter l'intrigue. Les deux saisons suivantes sont bien moins intéressantes, sans être véritablement ratées. La série passait outre l'identité des personnages principaux, des héro-ïne-s dans un milieu urbain confronté à des problèmes socio-économiques, pour s'intéresser à la magie et au mysticisme. Cette saison 5 revient à l'identité de base d'Oliver Queen en le plaçant non seulement face aux conséquences de son passé mais aussi dans la chaise du maire. Malheureusement, ses actions de maire ne sont pas très bien mises en scène. On ne voit que rarement Oliver Queen tenter de sauver sa ville par des actions à grande échelle, de temps en temps il parle à des milieux privés pour recevoir des dons en faveurs d'une aide sociale quelconque. La série semble penser que le rôle de l’État n'est pas d'agir mais de réguler les actions privées. L'absence de véritable propos politique rend cet aspect moins intéressant et, parfois, crée des épisodes entièrement ratés. C'est le cas, par exemple, de l'épisode qui pose la question du droit à porter des armes dans le but de se défendre. Il y a un refus de prendre position qui se traduit par la création d'une loi capable de lier les souhaits des camps pro et anti armes à feu. Mais jamais cet éclair de génie n'est explicité ! En ne souhaitant pas s'aliéner une partie de son audimat en s'intéressant à des sujets importants la série échoue à les traiter d'une manière adéquate. Mais c'est un problème récurrent dans les séries des États-Unis (pensez à l'avortement qui est rarement discuté comme choix possible par les personnages des séries provenant des États-Unis).

Heureusement, la série contrebalance cet échec en réussissant sur la seconde partie de l'intrigue. En effet, outre recréer une équipe Oliver Queen doit s'occuper d'un nouveau vilain nommé Prometheus. On pourrait penser que ce n'est qu'un nouveau personnage lambda mais son intérêt est d'être inscrit dans le passé d'Oliver Queen et de remettre en question les actes commis par son alter ego. En effet, lors de la première saison on nous montrait un homme capable de tuer et de torturer. Ceci était confirmé par les flash-back qui construisent un homme de plus en plus dangereux et capable d'horreur, parfois sous l'instigation d'autres personnes. Mais ces actes ne sont que rarement condamnés. Pire, ils sont parfois justifiés sous l'idée de justice ou de nécessité en faveurs du bien commun et de la sécurité. C'est un aspect dérangeant de la série qui peut poser de gros problèmes, même si ce n'est pas la seule ayant justifié des actes de torture au nom de la sécurité. Prometheus est créé par Oliver Queen lors de l'un de ses meurtres. Le personnage a ensuite tout fait pour connaitre Oliver Queen dans tous ses aspects. Son but n'est pas simplement de tuer ou de détruire mais de révéler à tout le monde qu'Oliver Queen n'est rien d'autre qu'un monstre. Les flash-backs nourrissent cette intrigue en montrant un Oliver Queen qui crée son alter ego afin de pouvoir tuer et torturer sans se sentir coupable, ce qui est promptement dénoncé comme impossible par l'un de ses amis de la mafia russe. Bref, ce qui rend cette saison meilleure que les deux précédentes est non seulement son inscription dans le passé d'Oliver Queen mais aussi de créer des conséquences pour ses actes passés qui sont un peu rapidement balayés sous le tapis dès la seconde saison.

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**** Une saison mieux construite et plus intéressante que les deux précédentes qui a la bonne idée de juger les actes de son personnage, ce que j'attendais depuis longtemps.
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Image : Allociné

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10:45 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arrow, dc | | | |  Facebook

28/12/2017

Battlestar Galactica 3. Sagittarius Is Bleeding par Peter David

Titre : Battlestar Galactica 3. Sagittarius Is Bleeding
Auteur : Peter David
Éditeur : Tor Books 3 octobre 2006
Pages : 352
TW : Torture

L'humanité est détruite. Ses mondes ne sont que ruines. Seule une partie infime de la civilisation a survécu. Mais celle-ci fuit à bord de vaisseaux spatiaux sans véritable espoir de trouver un jour une terre sur laquelle recommencer à vivre. Heureusement, la présidente Roslin n'est pas seulement la dirigeante mais aussi, selon plusieurs prophéties, le lien entre les Colonies et la mythique Terre. Ce qui lui a permis de se rendre au berceau mythique de l'humanité afin de trouver des indices sur les moyens d'atteindre la Terre. Mais avoir une destination en tête ne suffit pas. Il faut aussi survivre aux attaques de Cylons et aux dissensions internes. L'effort devient particulièrement difficile lorsque trois changements ont lieu : Laura Roslin a des visions des colonies en sang, les Cylons ont trouvé un moyen d'espionner les humain-e-s et un groupe religieux minoritaire demande une reconnaissance politique officielle.

SPOILERS

Le premier roman était très mauvais et sans intérêt. Celui-ci est un peu mieux sans être pour autant indispensable. Il permet de développer certains aspects tout en restant inscrit dans l'univers original, et sans remettre en question la série. Bien que la chronologie ne soit pas précisée il est rapidement clair que le roman prend place dans la seconde saison, après l'arrivée du Pegasus et peu de temps avant l'idée de montrer une expédition de secours vers les colonies. Le roman reprend les thèmes principaux de la série est l'un de ces thèmes est la religion.

En effet, la religion est centrale dans la série. Elle n'est pas seulement un décor un peu exotique afin de donner une légère impression de dépaysement. De nombreux personnages sont profondément croyants tandis que l'athéisme est vu comme de moins en moins rationnel face aux nombreux miracles et aux prophéties. Outre la religion officielle des Colonies, gréco-romain pourrait-on dire, il y a la religion des Cylons, monothéiste, qui prend une importance de plus en plus grande lors de la saison 4. Ce roman profite de ses 352 pages pour ajouter un nouveau panthéon sous la forme d'un groupe minoritaire régulièrement attaqué par le passé, selon ce que l'on nous dit. Ce sont les Midgardiens qui, comme leur nom l'annonce, se base sur un livre et un panthéon nordique. Par contre cette religion est décrite comme profondément apocalyptique. Le propos d'une partie importante du roman concerne la possibilité d'accepter une nouvelle religion dans le cadre d'une société et d'une constitution qui se définit dans une tradition religieuse précise. On a ici un problème que l'on connait dans nos propres sociétés. Il est toutefois dommage que l'auteur ne se concentre pas sur ce point, ce qui l'empêche de développer le propos de manière adéquate et le force à transformer une intrigue politique en intrigue militaire, après la transformation d'une garde à vue en prise d'otage ce qui ne m'a pas du tout convaincu.

Le second thème du roman concerne la surveillance en vue de la sécurité. Battlestar Galactica a été qualifiée de série post 11 septembre 2001. En effet, dans une atmosphère de sécurité et de paix les colonies humaines sont brutalement attaquées sans réussir à se défendre. Pire encore, l'ennemi n'est pas identifiable. Il a pris notre forme et n'importe qui peut être un agent. Ce roman se déroule alors que les humain-e-s ont une prisonnière Cylonne. La légalité de son enfermement est questionnée, ainsi que ses droits en tant qu'agent ennemi qualifié d'inhumain. Est-il possible, par exemple, d'agir sur son corps afin de la faire avorter ? Peut-on la considérer comme un objet ou faut-il lui concéder des droits ? Toutes ces questions sont posées dans la série et le roman s'y inscrit. Il est dommage que les militaires acceptent la torture alors que Adama est décrit dans la série comme quelqu'un qui refuse d'user d'actes précis, même envers des ennemis. Tout aussi importante est la réaction face à un espionnage par les Cylons qui leur permet d'organiser un piège. Face à ce problème la réaction du haut commandement est d'organiser une surveillance totale des officiers. Cette surveillance est strictement militaire, en dehors des procédures, sans contrôle civil ou judiciaire et, selon Laura Roslin, illégale. La question posée est simple : jusqu’où peut-on aller dans la surveillance afin de permettre une sécurité accrue de la population. Malgré l'illégalité du procédé, les instances les plus importantes des Colonies acceptent l'idée au nom de la sécurité mais dans un but strictement défini : trouver des Cylons. Il n'y a donc pas de possibilités de condamner des actes illégaux découvert par la surveillance. Plus important encore, celle-ci est montrée comme peu efficace. En effet, Tigh prend un temps important pour écouter les bandes et ne découvre presque rien d'important et en tout cas pas d'agents Cylons. Tout ce qu'il découvre ce sont des humain-e-s dévoués à leur travail malgré les questionnements qu'illes peuvent avoir, on est loin d'un danger intense. La surveillance de masse est donc montrée, dans ce roman, comme dangereuse et inutile en ce qui concerne la sécurité.

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*** Meilleur que le tome 2 mais tout de même très anecdotique.
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Image : Amazon

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23/12/2017

Histoire de la Suisse 2. L'âge classique (1600-1750) par François Walter

Titre : Histoire de la Suisse 2. L'âge classique (1600-1750)
Auteur : François Walter
Éditeur : Alphil et Presses universitaires suisses 2015
Pages : 131

Après avoir étudié les premiers moments d'existence de la Suisse, et mis fin à plusieurs mythes pourtant encore souvent utilisé dans les milieux politiques, l'auteur se lance dans une seconde période qu'il nomme l'âge classique, 1600-1750. Ce second tome est lié au prochain. En effet, l'auteur nous prévient qu'il étend un peu la chronologie dans certains cas tandis que des événements révolutionnaires seront mieux décrits dans le prochain. Ce tome est donc surtout un moyen de connaitre la Suisse de l'Ancien régime en ce qui concerne son fonctionnement politique comme économique.

En effet, de nombreux chapitres s'intéressent à l'économie du territoire suisse. L'auteur y explicite plusieurs thèmes. Il s'intéresse en particulier au mercenariat. Selon l'auteur, le service à l'étranger est de plus en plus critiqué. Cependant, il existe toujours et permet à des fils de grandes familles d'accomplir une forme d'apprentissage des responsabilités à l'étranger, tout en permettant une ascension sociale. Les soldats sont souvent originaires de parties précises du pays, selon une forme de nécessité économique et de devoirs au seigneur. Cependant, l'argent provenant du service à l'étranger est de moins en moins important face à d'autres activités économiques. Car l'auteur essaie aussi de comprendre de quelle manière le territoire fonctionnement dans le cadre d'un marché qu'il divise en trois "zones". Premièrement, il existe un marché local transparent qui permet la subsistance des villages, ensuite il existe un marché régional et enfin un marché international. L'analyse de ces trois marchés permet à l'auteur de mettre en question l'idée que le monde rural se trouve en dehors des échanges continentaux. Au contraire, de nombreux marchands itinérants permettent de faire circuler des biens et des idées, parfois des livres interdits.

L'auteur s'intéresse aussi au fonctionnement politique. Dans le tome précèdent il expliquait que les cantons ont tenté de recevoir des privilèges dans le cadre de l'Empire. La question de l'appartenance à l'Empire est aussi examinée ici. En effet, les cantons sont toujours soumis aux tribunaux impériaux et aux privilèges offerts par l'Empereur, bien que cela n'empêche pas des alliances avec des ennemis de l'Empire. Ce n'est que tardivement, vers la moitié du XVIème siècle, que la confédération est considérée comme souveraine, bien que cela me donne l'impression d'une incompréhension du terme sous l'instigation des français. Cependant, ce n'est qu'au XIXème siècle que l'indépendance du pays existe vraiment, avec Neuchâtel comme cas particulier puisque le canton appartient à la Prusse dès 1814.

L'auteur s'intéresse aussi au fonctionnement politique intérieur du pays. Il montre que celui-ci fonctionne toujours sous la forme d'une Diète à l'intérieur de laquelle les représentants des cantons ne peuvent que suivre les ordres écrits qui leur ont été donné, créant une rigidité importante. À l'interne, le pays est divisé entre des tentatives de centralisation, en particulier pour des nécessités de défense du territoire lors de la guerre de 30 ans, et des campagnes militaires internes dues à des tensions confessionnelles entre cantons réformés et catholiques. Plus important encore, les villes se ferment à tout ce qui est étranger, donc ne provenant pas de la commune. Les bourgeoisies sont de plus en plus réglementées et seule une minorité gouverne formant plusieurs républiques aristocratiques. Fonctionnant sous une idée seigneuriale, les personnes les plus importantes possèdent des privilèges tout en acceptant la nécessité culturelle de simplicité, qui disparait petit à petit. Ainsi, ce second tome permet de mieux comprendre de quelle manière la Suisse commence à se constituer en territoire indépendant, bien qu'elle s'enorgueillisse de l'appartenance à l'Empire jusqu'au XIXème siècle, mais aussi les tensions qui existent et qui mettent à mal l'idée d'un territoire pacifié dans une Europe en guerre.

Image : Éditeur

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The Cylon's secret. Battlestar Galactica 2 par Craig Shaw Gardner

Titre : The Cylon's secret. Battlestar Galactica 2
Auteur : Craig Shaw Gardner
Éditeur : Tor 22 aout 2006
Pages : 304

L'humanité avait colonisé plusieurs mondes. Mais les relations ne sont pas toujours parfaites malgré une économie et une technologie florissante. Alors, pour travailler et combattre à leur place, les humain-e-s ont créé des robots humanoïdes : les Cylons. Mais, un jour, tous les Cylons ont reçu un message, se sont arrêté pour écouter puis ont tenté de quitter les Colonies, parfois en tuant des humain-e-s qui tentaient de les en empêcher. Il en est résulté une guerre entre l'humanité et les machines. Celle-ci est maintenant du passé. Un armistice a été signée il y a 20 ans et, depuis, les Cylons n'ont pas été vu sur le territoire des Colonies. L'humanité décide donc de reprendre ce qu'elle possédait et d'explorer l'espace afin de retrouver technologies, connaissances et de reprendre contact avec des personnes coupées du reste de l'univers. L'un de ces lieux est la station de recherche Omega. Le problème c'est qu'elle est remplie de Cylons. La paix pourra-t-elle être maintenue ?

SPOILERS

Le premier tome est une adaptation du pilote de la série, j'ai donc préféré ne pas le lire. Ce roman est le second tome dans le cadre de l'univers de Battlestar Galactica. Cette série est la première que j'ai vraiment suivie. Elle est aussi l'une des meilleures séries de SF que je connaisse. Après avoir beaucoup hésité j'ai souhaité entrer plus avant grâce aux romans, qui ne sont pas nombreux. J'ai commencé par le second sur la liste. Mais celui-ci se déroule bien avant la chute des Colonies alors que Tigh et Adama ne sont pas encore aussi élevé dans la hiérarchie militaire.

Ce roman me pose de gros problèmes. Premièrement, les personnages ne sont pas intéressants. L'auteur a repris trois des caractères que l'on connait bien mais ils sont monodimensionnels et ce roman n'ajoute rien à ce que l'on sait d'eux. Pire, il crée de nouveaux personnages qui ne sont que des ersatz d'autres que l'on connait, comme Athéna qui est Kara Thrace. L'intrigue est loin d'être intéressante et même si le début du livre est sympathique, il décrit le début de la guerre, cela ne sauve pas le reste. On suit deux vaisseaux mais jamais on n'a l'impression d'un réel danger. L'écriture elle-même est plate, inintéressante.

Mais le plus gros problème, pour moi, est l'incohérence. En effet, la série commence 50 ans après la première guerre sans que jamais les Colonies n'aient vu un Cylon depuis l'armistice. Ce qui permet de créer une impression de surprise et d'impréparation de la part des personnages que l'on suit. Que fait ce roman ? Il place des Cylons face aux humain-e-s ce qui détruit l'un des points majeurs de l'univers de la série moderne ! Au lieu de résoudre ce problème l'auteur termine en deux lignes sur l'idée que toutes les personnes impliquées aient décidé de garder le secret... Tout aussi problématique est l''incohérence entre l'histoire d'Adama et de Tigh dans la série est celle qui existe dans le roman, les deux sont antagonistes. On a presque l'impression que l'auteur ou les créateurs de la série ne savaient pas ce que faisaient l'autre et donc continuent sur leur lancée. Bref, ce livre n'apporte strictement rien à l'univers de la série. Il vaut mieux l'oublier.

* Pourquoi ?
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Image : Éditeur

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21/12/2017

Star Wars 8. The last Jedi

SPOILERS

Le premier ordre, sous le leadership de Snoke, du général Hux et de Kylo Ren, a connu une grande perte. La Starbase est détruite et la Résistance sait sur quel monde se trouve Luke Skywalker. Ceci les pousse à agir rapidement. Immédiatement, le Premier Ordre envoie sa flotte détruire la dernière base de la Résistance. Car celle-ci est isolée maintenant que la jeune Nouvelle République a été détruite. Heureusement, la base est évacuée à temps. Mais les pertes sont très importantes et l'Empire fait tout pour détruire les derniers vaisseaux de guerre qui leur font face. Malgré l'héroïsme des soldats de la Résistance l'espoir est bien mince de voir le retour d'une démocratie dans la galaxie. Seul Luke pourrait permettre de gagner une bataille et, qui sait, la guerre. Mais il est nécessaire de la convaincre et de comprendre pour quelle raison il s'est exilé pendant si longtemps.

L'épisode 7 était clairement un hommage à l'épisode 4. Le film reprenait la trame principale de A new Hope tout en l'adaptant en ce qui concerne l'intrigue mais aussi les effets spéciaux et les personnages. On retrouvait donc une planète désertique, une base perdue, la destruction de mondes importants et une machine aussi puissante qu'impressionnantes avec une bataille de la dernière chance. Bien que l'on puisse déplorer un manque de prise de risque de la part de la réalisation j'ai choisi de considérer ce film à la fois comme un hommage et un moyen de faire entrer de nouvelles personnes dans son univers. En effet, il était nécessaire d'attirer les fans de la première et de la seconde trilogie tout en parlant à des personnes qui n'étaient pas forcément nées durant celles-ci. La prise de risque aurait été admirable mais pas forcément une bonne idée pour créer une nouvelle trilogie.

Cet épisode 8 est différent car la réalisation décide de détruire le mythe. En effet, depuis le premier film l'univers Star Wars a été décliné sur de nombreux supports qui l'a largement étendu. Même si la reprise par Disney a annulé une bonne partie de l'univers étendu celui-ci reste tout de même assez important. Il existe 6 films, 2 séries, beaucoup de jeux vidéo et 63 livres (si je ne me trompe pas). Il est difficile de naviguer à l'intérieur d'un tel univers et, souvent, on en sort avec deux points précis : les jedis sont des héro-ïne-s parfait-e-s et les combats de chasseurs sont superbes. Cet épisode 8 s'attaque à ces deux points. Bien que les Jedis aient une part importante dans l'univers de Star Wars illes ne sont pas exempts de critiques. La série The Clone Wars, par exemple, met en avant une partie des dissensions internes et des problèmes que pose la guerre mais aussi les échecs. Tandis que les combats de chasseurs sont spectaculaires mais ne sont qu'une partie d'une guerre. À plusieurs reprises, ces deux points sont remis en cause soit par Luke Skywalker soit par des leader femmes face à des têtes brulées masculines. L'héroïsme et la mythologie de Star Wars sont fondamentalement remis en cause et même, parfois, tournés en ridicule (le premier dialogue entre Finn et Rose est particulièrement savoureux si on l'examine ainsi).

Cependant, la réalisation n'organise pas seulement une destruction de la mythologie. Elle tente de mettre en place une nouvelle forme de mythologie basée non sur le passé, les anciens films, mais sur de nouveaux films et donc des personnages neufs. Une partie prend une importance de plus en plus importante face à d'autres qui refusent de s'impliquer. Lorsque Luke apparait enfin face à la Résistance il ne le fait pas pour gagner une bataille mais pour créer une nouvelle légende. Et celle-ci est ensuite montrée lors des dernières images du film lorsque les personnes les plus humbles de la galaxie se racontent son exploit et l'histoire de la Résistance face à un Empire à la puissance sans mesures. À la fin de ce film, on peut considérer qu'un nouveau mythe est né et que les personnages mis en avant dans le 7 peuvent enfin suivre leur propre voie plutôt que de devoir être des ersatz de ce que l'on connait déjà. Il ne reste plus qu'à voir ce que l'épisode 9 fait de ce qui lui est offert.

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***** J'ai du mal à me décider. Je n'ai pas vu le temps passer, j'ai beaucoup aimé le film, la musique et l'image. Les personnages sont à la fois surprenants et pourtant parfaitement logiques, selon moi. Sans oublier un humour qui n'est pas forcé mais qui nourrit le film. Il y a sûrement des points négatifs mais j'ai du mal à en trouver à la sortie de la salle.

Image : Site officiel

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17:38 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : star wars, the last jedi | | | |  Facebook

18/12/2017

Batman 9. La relève - 2e partie par Scott Snyder, James Tynion IV, Greg Capullo, Yanick Paquette et Riley Rossmo

Titre : Batman 9. La relève - 2e partie
Auteurs : Scott Snyder, James Tynion IV, Greg Capullo, Yanick Paquette et Riley Rossmo
Éditeur : Urban Comics 10 novembre 2016
Pages : 208

Ce tome contient Batman 46-52. Batman est mort, Bruce Wayne est amnésique. Il a perdu son entreprise ainsi que le manoir familial. Mais jamais il n'a été plus heureux. Il essaie d'aider les enfants de Gotham avec l'aide de sa fiancée tandis qu'Alfred se réjouit de voir l'homme qu'il a élevé prendre enfin soin de lui. Mais Gotham ne peut pas existe sans Batman. La famille Powers, qui a racheté les entreprises Wayne, lance donc un programme afin de créer un nouveau Batman. Celui-ci doit fonctionner au sein des forces de polices et non comme un possible adversaire. Et qui mieux que Jim Gordon pour être le Batman ? Mais la ville possède de nombreuses surprises. L'une de celles-ci est le dénommé Bloom. Ce dernier donne des pouvoirs à tous les habitant-e-s de Gotham, ce qui débouche sur une catastrophe. Bruce Wayne doit redevenir Batman même s'il doit tout sacrifier pour cela.

SPOILERS

J'ai l'impression que le run de Snyder s'est basé sur des thèmes principaux : Gotham et Batman. Durant son run la ville de Gotham est décrite de différentes manières par plusieurs groupes. Au lieu de la ville de Batman on apprend qu'un groupe s'y cache, et contrôle la politique et l'économie dans l'ombre. Pire encore, l'an zéro permet de briser la ville pour mieux la reconstruire. Gotham, dans le run de Snyder, est un personnage à part entière qui se modifie selon les besoins de l'intrigue. Elle n'est que trompeusement familière. Dès que Batman semble comprendre la ville elle mute en autre chose.

Mais si l'on se demande ce qu'est Gotham on doit se poser la question de l'identité de Batman. En donnant le rôle à Jim Gordon je pense que Snyder voulait mieux décrire ce qu'il pense. Il crée un personnage qui fonctionne avec la police. Qui utilise un robot géant avec de nombreuses options accessoires. Dont le logo est décliné en nombreuses marchandises. Mais Gordon n'est pas Batman. Selon Snyder, l'identité profonde de Batman fonctionne sur deux points. Premièrement, il est nécessaire de vivre une crise intense au point de briser la personne. Ensuite, le symbole doit être un moyen de rendre espoir aux habitant-e-s de la ville. Ce qui permet au scénariste d'écrire que jamais un super-héros ne pourrait réellement résoudre les problèmes d'une ville. Il peut s'attaquer au crime et aux super-vilains mais les problèmes systémiques sont au-delà de ses capacités. Batman est présent pour s'attaquer aux cauchemars, la réalité doit être résolue par des personnes vivantes

Il faut aussi noter que le scénariste termine son run sur deux numéros que j'ai beaucoup apprécié. Le premier a lieu lors d'une coupure de courant. Alors que la police et Batman cherchent la personne responsable et se préparent à une attaque il apparait rapidement que la ville continue à vivre normalement et que, parfois, personne ne tente de la détruire. La seconde explique pourquoi Bruce Wayne est devenu Batman. Il crée une liste des pas à prendre pour passer au-delà du deuil de la mort de ses parents et se termine sur une étape inscrite par Alfred. Ces deux numéros sont à la fois en dehors de l'intrigue précèdent et un bon moyen de terminer un run sur une dose d''optimisme.

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**** Ce tome est loin d'être parfait mais j'ai beaucoup apprécié les deux derniers numéros.
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Image : DC

Éditeur

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Histoire de la Suisse 1. L'invention d'une confédération (XVe-XVIe siècles) par François Walter

Titre : Histoire de la Suisse 1. L'invention d'une confédération (XVe-XVIe siècles)
Auteur : François Walter
Éditeur : Alphil et Presses universitaires suisses
Pages : 136

Qu'est-ce que la Suisse ? Quand est-ce que le pays est-il né ? Comment fonctionne-t-il durant l’histoire ? Dans ce petit livre, partie d'un tout de 5 tomes, François Walter essaie de comprendre de quelle manière une confédération s'est constituée autour de territoires alpins, tiraillés entre plusieurs influences dont celle de l'Empire germanique. Car la connaissance de l'histoire suisse est enveloppée de mythes, une partie ayant été mis en place au XIXème siècle. Il est donc nécessaire de revenir sur les connaissances scientifiques afin d'affirmer que si la Suisse n'est pas née en 1291, ni au XVème siècle, sa genèse en tant que nation provient de la mise en place progressive d'une forme d'identité commune.

Ce livre est divisé en plusieurs petits chapitres que l'auteur a souhaité concevoir comme autant de points d'entrées dans son livre, selon les intérêts des personnes qui le lisent. Bien que le titre du livre annonce une étude des XVème et XVIème siècle l'auteur débute par 4 chapitres qui résument l'histoire du pays depuis les Helvètes jusqu'à 1476. Ces chapitres permettent de casser le mythe de 1291, qui serait la date de fondation d'un pacte contre les envahisseurs étrangers. Au contraire, ce pacte est non seulement antidaté mais il s'inscrit dans un mouvement global qui permet de se placer sous l'autorité directe de l'Empereur, ce qui implique certains privilèges. La fondation mythique du pays n'est donc qu'un épisode parmi de nombreux autres.

Cependant, l'auteur montre que durant le XVème et XVIème siècle le territoire est distinct des autres. Bien qu'il soit toujours sous influence impériale les cantons et les pays alliés vendent leurs troupes à plusieurs forces étrangères, permettant de récolter une fortune. Selon les circonstances politiques, le soutien militaire du pays peut changer, moyennant finances de la part des diplomates extérieurs. Cependant, le territoire n'est pas uni. Les frictions sont nombreuses aussi bien envers le voisinage immédiat qu'à l'intérieur.

L'une des causes de frictions est, bien entendu, la réforme. En Suisse, le réformiste le plus important est tout d'abord Zwingli, dont les thèses ne sont pas compatibles avec celles de Luther. Il réussit à modifier la religion officielle du canton de Zurich qui prêche la réforme dans le reste du pays. Cependant, celle-ci se heurte à deux problèmes. Premièrement, le soutien extérieur peut influer sur le fonctionnement religieux des territoires sous contrôle de la Diète suisse. Ensuite, tous les cantons ne sont pas réformés mais une partie des territoires sont gérés à la fois par des cantons catholiques et des cantons réformés. Il y a donc une tension envers la politique religieuse dans ces territoires, celle-ci pouvant être modifiée selon les années et le canton en charge. Les nécessités de compromis sont donc nombreuses si la confédération ne veut pas entrer en guerre contre elle-même. De plus, François Walter n'oublie pas de mettre en avant les conséquences morales de la Réforme et de la Contre-Réforme qui aboutissent à un refus de plus en plus important de certains comportements non seulement de la part des membres du clergé mais aussi de la jeunesse et des femmes.

Selon moi, ce petit livre réussit son exercice. Il présente rapidement deux siècles dans leurs conséquences sociales et culturelles pour un pays qui n'existe pas encore. Ce qui deviendra la Suisse n'est, pour l'instant, qu'un réseau d'alliance dont l'origine est le souhait de conserver des privilèges garantis par l'Empereur et non de développer une défense contre l'extérieur. Cette thèse explique le titre du livre qui ne souhaite pas mettre en avant un mythe encore important actuellement, la date de 1291.

Image : Éditeur

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16/12/2017

12 jours

TW : hospitalisations psychiatriques, suicides

Ce documentaire s'intéresse au fonctionnement d'une loi française sur l'hospitalisation psychiatrique sous contrainte. Selon la loi, la justice doit vérifier la procédure dans les 12 jours, avec un avocat pour la personne concernée, puis tous les 6 mois. La loi est une chose est l'application en est une autre. Ce documentaire suit de très près les moments lors desquels individus et juges se rencontrent dans un cadre très formel qui permet uniquement de vérifier la procédure et donc de donner le droit aux médecins de continuer l'hospitalisation sous contrainte. La caméra filme plusieurs de ces moments avec des personnes différentes qui essaient d'expliquer, de contester et de demander la parole face au pouvoir médical et judiciaire.

Le documentaire est très sobre et essaie non pas de nous imposer un point de vue mais de présenter des personnes dans leurs rapports avec la justice, et le pouvoir médical par extension. On peut se demander si cette absence du commentaire implique une neutralité face à une procédure qui met en question les droits des personnes, qui doit donc impliquer une surveillance judiciaire étendue. L'image est rarement mouvante. On reste souvent dans une pièce qu'il est difficile de situer, constituée d'un mobilier minimaliste. On sent que tout est mis en place pour créer une atmosphère de formalité. Les cas passent rapidement devant les juges qui donnent leurs décisions immédiatement sauf une fois. Entre deux personnes, la caméra film l'hôpital là aussi sans faire de commentaires. Il est rare que des personnes apparaissent et l'on a l'impression d'un lieu vide, presque mort. Il faut noter une citation de Michel Foucault au début du commentaire, seul commentaire de la réalisation.

Bien qu'il n'y ait pas de commentaires, il me semble que ce documentaire met en évidence la compréhension entre les individus, la justice et le médical. On nous montre plusieurs personnages qui connaissent le système. Leurs propos sont clairs et s’intègrent parfaitement dans le fonctionnement de la procédure, donnant l'impression d'observer un rituel qui débouche toujours sur le même résultat (l'une des juges dit, une fois, qu'elle ne sert à rien en riant. Moment aussi fugace qu'éclairé sur son rôle qui consiste presque uniquement à enregistrer une décision médicale ?). Face à ces personnes qui se disent agir pour le bien des individus entendu-e-s, on a des femmes, des hommes, des jeunes, deux vieux, ... Le point commun est leur incompréhension du fonctionnement de la procédure. Même en acceptant la nécessité d'un traitement ces personnes remettent souvent en cause ce qui leur arrive, voir la contention. Au lieu d'utiliser la procédure, illes peuvent menacer de faire appel au niveau ministériel ou jurer de bien se conduire et de travailler. Comme si ce n'est pas la santé mentale qui importait réellement mais plutôt l'intégration dans un système capitaliste. Ces personnes ont-elles vraiment mal compris la procédure ou savent-elles que ce qui compte est leur normalisation par l'entrée dans un système de production ? J'ai l'impression que les juges ne sont pas dupes, les questions se concentrent aussi bien sur l'état médical que sur les souhaits émotionnels et professionnels.

Je tiens aussi à noter un petit malaise personnel. De nombreuses personnes nous sont montrées dans ce film et, si l'on en croit la réalisation, les lieux et les noms ont été anonymisés. Cependant, ces personnes nous permettent tout de même d'en savoir beaucoup sur elles. On connait une partie de leur passé, de leurs problèmes et leurs espoirs. On les observe tenter de s'exprimer et de se faire entendre dans un cadre qui ne leur est pas destiné, d'où l'accompagnant-e avocat-e. De temps en temps, face aux tentatives d'expressions et de justifications, une partie de la salle s'est mise à rire. Je me demande ce que cela indique de nous lorsque nous rions d'une personne neuro-atypique qui se trouve dans un cadre qu'elle ne maitrise pas, tentant de retrouver une partie de ses capacités de décider librement de ses mouvements.

Image : Allociné

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15:54 Écrit par Hassan dans Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 12 jours | | | |  Facebook

The Snowman

TW : Féminicide, violences masculines

SPOILERS

Oslo, un homme d'âge moyen laisse tomber une bouteille sur le sol. Il est ivre et décide de rentrer chez lui en fumant. Peu de temps après, il se rend à son travail. Son patron lui reproche son absence mais décide de le couvrir. Cet homme n'est pas un simple alcoolique. Il est l'un des enquêteurs les plus célèbres du pays. Ses enquêtes sont étudiées en cours pour former les futurs membres des forces de police. Mais il y a longtemps qu'il n'a pas eu de véritables enquêtes et il vit plus ou moins bien alors que son ex sort avec un médecin. Cela ne l'empêche pas de rester proche d'elle et du fils qu'elle a eu d'un père inconnu. Son univers est bouleversé lorsqu'une jeune policière commence à tenter de comprendre pourquoi plusieurs femmes disparaissent sans raisons apparentes. Il fait le lien entre une lettre qui lui est envoyée et des bonhommes de neige construit sur les lieux des disparitions. Petit à petit, les deux collègues commencent à penser que Oslo est victime d'un tueur en série.

Bien que le film m'ait plu, en particulier pour son ambiance glaciale due à l'hiver, il faut tout de même avoir conscience d'un problème important : la confusion. Certaines personnes, selon ce que j'ai lu, critiquent les nombreux voyages en voitures ou en train. Personnellement, j'ai apprécié ces moments qui permettent, à mon avis, de montrer qu'une enquête peut dépendre du temps nécessaire pour simplement se déplacer. En ce qui me concerne, j'ai eu bien plus de mal à comprendre la temporalité du film. On passe, parfois d'une scène à l'autre, sur des événements passés puis présents sans que l'on comprenne très bien le lien entre les deux périodes. Ce n'est qu'après la moitié du film que la raison devient apparente. Pire encore, la réalisation met en avant de nombreuses intrigues mais la majorité ne sont pas résolues. Ainsi, un médecin semble être présenté comme un souteneur travaillant pour un magnat local de l'industrie, membre d'un mouvement en faveurs des valeurs traditionnelles, mais la question n'est pas résolue. Ce qui implique des scènes étranges qui ne semblent pas forcément avoir leur place dans ce film puisque ce dernier s'en désintéresse. Nous avons donc un film un peu confus qui semble presque ne pas être véritablement terminé.

Cela dit, il me semble que le film ne parle pas simplement de meurtres avec un policier génial mais socialement incapable qui poursuit une personne dans une relation de fascination mutuelle. Selon moi, et je peux l'avoir mal compris, le film met en scène la masculinité toxique et ses conséquences pour les relations e famille. Il n'y a que peu d'hommes qui soient sauvables dans ce film, en faut il n'y en a probablement qu'un seul et encore. Les trois policiers les plus importants sont des alcooliques, et l'un d'eux est violent physiquement avec la femme avec qui il a une relation. Les autres, si j'ai bien compris, considèrent que les femmes avec qui ils ont construit une relation leurs appartiennent et peuvent être violents si cela est refusé. Je place dans ce groupe le magnat de l'industrie qui photographie les femmes comme si elles étaient un trophée à afficher sur un mur virtuel. Ces hommes ont tendance à accuser les femmes d'être responsables de leur comportement. Et notre tueur s'inscrit dans cette excuse. Au lieu de s'attaquer à la personne réellement responsable il est en colère contre sa mère pour son sentiment d'abandon. Il reporte cette colère sur les femmes qui quittent leurs maris ou tentent de vivre seules avec leurs enfants. Selon moi, ce que ce film met en scène est un homme qui haït les femmes dans une société qui normalise les relations problématiques entre hommes et femmes.

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*** Je ne suis pas aussi sévère que d'autres. Le film est confus et semble inachevé mais j'ai été pris par l'intrigue et par la photographie.
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Image : Site officiel

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15:26 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the snowman | | | |  Facebook

10/12/2017

Batman: Arkham Knight - The Riddler’s Gambit par Alex Irvine

Titre : Batman: Arkham Knight - The Riddler’s Gambit
Auteur : Alex Irvine
Éditeur : Titan Books
Pages : 320

Depuis plusieurs années le Batman, alias Bruce Wayne, se bat contre le Joker. Leur lutte s'est déroulée aussi bien en ville que dans l'asile d'Arkham. Mais alors que Hugo Strange préparait son protocole 10 afin de détruire non seulement les criminels mais aussi les opposant-e-s politiques le Joker, lui, préparait une dernière lutte contre le Batman. Lors de celle-ci il expliqua être mourant et il fut bel et bien mort après la destruction d'Arkham City. Depuis, le monde criminel est resté calme tandis que Batman a évité de sortir, ayant lui-même besoin de repos. Mais un paquet est envoyé à la police de Gotham. L'expéditeur est le Joker. Rapidement, la police ainsi que Batman comprennent que Ed Nygma a décidé de créer un puzzle sans commune mesure afin de piéger tout le monde. Mais quel est ce puzzle et surtout comment y survivre ?

SPOILERS

Ce livre est mauvais. Ce n'est pas qu'il est particulièrement mal écrit ni que l'intrigue soit particulièrement mauvaise, elle est surtout sans intérêt. Il y a même une bonne idée. Entre deux chapitres l'auteur a décidé d'inclure des articles de journaux qui questionnent les évènements en cours ainsi que l'opportunité de laisser Batman à Gotham. Cependant, ses articles et les journalistes censé les avoir écrits sont très caricaturaux. Cependant, cela ne suffit pas à sauver le roman. Je ne m'attendais pas non plus à une intrigue flamboyante et je n'ai pas été surpris par un manque total d'enjeux. Je n'arrive tout simplement pas à croire en l'histoire ni aux personnages. L'un des problèmes est que l'auteur tente de créer un puzzle pratiquement impossible à réussir à résoudre pour Batman. Mais celui-ci découvre les solutions très rapidement, alors qu'il combat encore de nombreux vilains. Encore une fois, nous avons un complot massif qui inclut la nécessité de se battre contre une bonne partie des vilains les plus connus de Batman. Certes, cela se rapproche du jeu mais ce qui fonctionne dans un jeu ne fonctionne pas forcément dans un roman.

Et là se trouve le point le plus problématique du livre : l'écriture dans le cadre d'une histoire créée pour un jeu-vidéo. J'ai apprécié les jeux qui permettent de combattre de simples personnes comme des vilains plus impressionnants tout en suivant de nombreuses quêtes secondaires (et récolter des centaines d'objets pour vraiment le terminer). Le point important du livre sont les puzzles. Ceux-ci sont aussi présent dans les jeux. Mais les jeux usent de l'image pour permettre de résoudre les puzzles. Un livre ne peut pas en faire autant, du moins pas sans bien décrire celui-ci. Cela n'est pas fait et l'on se trouve face à des puzzles qui ne peuvent pas être résolu lors de la lecture car il est difficile de les visualiser. Ce qui implique que l'aspect le plus important de l'intrigue est mal écrite. Pire encore, au lieu d’être un prologue, comme cela est annoncé, ce roman ne met pas en place l’intrigue du dernier jeu. On en apprend un peu plus sur Nygma et ses puzzles et sur la psychologie de Batman. Mais ce ne sont que des allusions très discrètes, et donc inutiles.

* Tout simplement mauvais, passez votre chemin
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Image : Éditeur

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Westworld saison 1

TW: Meurtres, violences sexuelles

Dans un futur proche l'humanité a été capable de créer des androïdes extrêmement proches de nous. Illes sont capables de ressentir, de créer, de vivre et d'aimer. Mais illes suivent un programme conçu afin de mettre en place le plus grand parc d'attraction du monde. Dans ce parc, les humain-e-s sont libres de faire tous les choix imaginables. Il est possible aussi bien d'explorer, de suivre une trame narrative ou simplement de profiter du monde qui est offert car tout redeviendra comme avant le lendemain. Un parc de cet ampleur implique une main d'œuvre et une infrastructure importante ainsi que la nécessité de modifier et améliorer tous les aspects. Mais que se passe-t-il lorsque les androïdes commencent à penser seuls et à faire de choix qui ne sont pas prévus. Comment réagir face à un début de libre arbitre absolument imprévu ? Et comment réagir en tant qu'être humain ?

SPOILERS

Beaucoup a déjà été dit sur cette série et je ne suis pas certain de pouvoir ajouter grand-chose de pertinent. Toutes les personnes qui l'ont vue ont, à ma connaissance, noté l'esthétique de la série. Celle-ci est maitrisée dès le générique qui est un résumé en soi de l'intrigue. La musique est tout aussi belle et réussit parfaitement à nous faire entrer dans l'ambiance. Tandis que l'intrigue et les personnages sont très bien écrit et nous empêchent de quitter l'écran sans comprendre ce qui se déroule réellement. La série me semble aussi mettre en avant un aspect jeux-vidéos : comment agir dans un univers qui nous laisse tous les choix possibles mais sans souffrir aucune conséquence ? Si l'on en croit Westworld, l'humanité décide rapidement de tester les limites de sa propre civilisation en détruisant tout ce qui bouge, en usant d'une violence extrême. En effet, dans la vie réelle nos actes ont des conséquences. On peut être arrêté, on peut tuer mais on peut aussi mourir. Ces deux derniers points sont absents du parc : les personnages reviennent à la vie et la personne qui joue ne peut pas mourir.

Pourtant, la série prend un thème classique de la littérature SF : la vie artificielle et la conscience. Les robots et les androïdes se retrouvent souvent dans l'histoire littéraire de la SF bien avant Asimov, même si ce dernier me semble avoir marqué un avant et un après grâce à ses trois lois de la robotique et son cycle des Robots et de Fondation auquel il est lié. Asimov s'est posé la question de la conscience des robots et il n'est pas le seul. Pour prendre un exemple plus récent nous avons la série Battlestar Galactica qui place les humain-e-s contre leurs créations ayant pris conscience d'elles-mêmes. Westworld pose la question d'une manière moins violente, bien que cela puisse arrive, mais plus philosophique : qu'est-ce que la conscience et de quelle manière l’atteindre ? La réponse offerte s'inscrit dans l'idée qu'il est nécessaire de subir la vie afin de prendre conscience de son identité. Ce qui expliquer pourquoi les histoires personnelles des androïdes sont si tragiques. Mais la conscience dit aussi impliquer le libre-arbitre et donc la capacité de ne pas suivre des ordres inscrits dans notre manière d'être, une programmation. Il est donc parfaitement logique que l'écriture décide de faire débuter la conscience par des changements de comportement puis la capacité de modifier sa programmation, et donc de se libérer.

Je dois aussi noter que j'ai regardé cette série, pour la première fois, juste après la dernière saison de Game of Thrones. Ceci m'a permis de ressentir deux chocs qui pourraient permettre de qualifier Westworld d'anti Game of Thrones. Beaucoup de personnes l'ont noté, Game of Thrones est une série violente qui, récemment, est devenue violente de plus en plus gratuitement. Le sang n'est plus utilisé en faveurs d'une intrigue, d'une logique dans l'histoire, mais pour choquer et donc faire venir de l'audience. J'ai l'impression que la violence de Westworld, tout aussi importante aussi bien psychologiquement que physiquement ou sexuellement, reste au service de l'intrigue. Les actes de violence ne me semblent pas gratuits mais logique si l'on prend en compte le fonctionnement des personnages et leur place dans l'intrigue. Peut-on être autre chose qu'un meurtrier ou une meurtrière lorsqu'on a été conçu ainsi ? Le second choc concerne la gestion de la nudité, en particulier féminine. Celle-ci est de plus en plus présente dans les séries et Game of Thrones l'utilise d'une manière voyeuriste. La série n'est pas unique et de nombreuses autres, ainsi que des films, présentent la nudité comme avant tout sexuelle, et destinée aux hommes cis-hétéros. Bien que Westworld ne déroge pas à cette règle de la nudité féminine d'abord conçue pour le male gaze, elle me semble beaucoup moins sexualisée, en tout cas dans le cadre du bâtiment de construction et donc en dehors des trames narratives du parc. Les corps sont montrés mais ne sont pas conçus comme des supports de fantasmes. C'est une nudité de tous les jours, que nous expérimentons tous et toutes. Mieux encore, certains personnages gardent toute leur force lors de leurs scènes de nudité, celles-ci ne les diminuent pas. Bref, bien que je puisse me tromper, ce sont des points qui m'ont fait un choc. Et le fait que cela ait eu lieu juste après la dernière saison de Game of Thrones, de la même chaine, n'est pas à prendre à la légère. Nous avons ici deux séries qui gèrent violence et nudité d'une manière très différente et, selon moi, bien mieux en ce qui concerne Westworld.

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***** Il m'est difficile de trouver des points négatifs à cette série. Je me demande de quelle manière la suite sera conçue et j'espère que la chaîne saura la terminer.

Image : Allociné

Site officiel

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12:04 Écrit par Hassan dans science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : westworld | | | |  Facebook

08/12/2017

Batgirl 3. Jeux d'esprit par Cameron Stewart, Brenden Fletcher et Babs Tarr

Titre : Batgirl 3. Jeux d'esprit
Auteur-e-s : Cameron Stewart, Brenden Fletcher et Babs Tarr
Éditeur : Urban comics
Pages : 184

Ce troisième, et dernier, tome contient Batgirl 46-52 publiés dans Batgirl vol. 3: Mindfields. Depuis qu'elle a déménagé à Burnside Barbara Gordon, alias Batgirl, a connu de nombreux changements. Elle apprend que son père est devenu un Batman sous contrôle d'une famille d'industriel-le-s. Elle comprend qu'elle possède un double maléfique qui tente de la détruire. Elle essaie d'écrire sa thèse dans le but de rendre la vie plus facile aux personnes. Et surtout elle apprend que Dick Grayson n'est pas mort le jour même d'un mariage. Mais ces changements ne sont que le début. Car elle décide de s'allier à d'autres héroïnes afin de lutter contre... elle-même ? En effet, Barbara commence à comprendre que ses souvenirs ne peuvent pas être sans risques. Elle perd la mémoire et donc une partie d'elle-même. Pour une femme qui a souvent compté sur sa mémoire sans faille cela ne peut qu'être perturbant.

Que penser de ce dernier tome ? Personnellement, j'ai beaucoup apprécié ce run qui tente d'être jeune et dynamique en essayant d'éviter les personnages masculins trop importants tout en utilisant ce qu'est Barbara d'une manière intelligente dans ce monde. En effet, les scénaristes utilisent sa mémoire et sa connaissance de la technologie pour la placer dans un monde qui utilise les réseaux sociaux et qui met en question l'identité. Ce thème est au centre de ce run puisque, dans le premier tome, elle lutte contre une version altérée, technologique et passée d'elle-même. Dans ce tome, son identité est remise en question par la destruction de ses souvenirs. De plus, elle se lie à d'autres personnages, pas toujours populaires mais que j'apprécie un peu. Malheureusement, ce tome est aussi le dernier et il me semble que cette fin est un peu précipitée. Tout se passe comme s'il était nécessaire de terminer le plus rapidement possible afin de mettre en place la suite et donc d'oublier une partie de ce qui s'est fait. Alors que Batgirl est restaurée et prend la tête d'une équipe et d'une entreprise elle part presque immédiatement sans nous donner la possibilité de souffler. C'est un peu dommage.

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**** J'ai, personnellement, apprécié ce run et ce personnage. Mais je suis un peu déçu que l'on n'ait pas eu un peu plus de temps pour s'y attacher et explorer les intrigues mises en place lors de ce run.
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Image : Éditeur

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Suburbicon

TW : Racisme, meurtres, sexisme

Aux États-Unis, dans les années 50, de nombreuses petites villes sont construites afin d'atteindre la vision d'une société pacifiée en train de suivre le rêve américain de prospérité et de consommation. L'une de ces villes se nomme Suburbicon. Elle possède sa police, ses pompiers, son hôpital, son école et, bien entendu, une église. C'est une petite ville qui permet de faire vivre près de 60 000 habitant-e-s. Les enfants sont bien élevés et jouent au baseball, les femmes s'occupent de leur ménage et des courses à la perfection, tandis que les hommes suivent leur rôle de père de famille grâce aux nombreuses places de travail à disposition et les facteurs connaissent tout le monde par leur nom. C'est une petite ville parfaite d'une époque de prospérité sans grands changements sociaux. Mais deux choses bouleversent la communauté. Alors que la première famille afro-américaine emménage, les Mayers, un cambriolage, suivi d'un meurtre, secoue la petite ville et la famille Lodge. L'enquête piétine et tout le monde est d'accord sur plusieurs faits : c'est un drame atroce, la ville n'a jamais connu ce genre d'actes, plus précisément la ville n'a pas connu de meurtre avant que les Mayers ne soient présents.

SPOILERS

Je ne suis pas certain que ce film soit raté, mais je ne sais pas s'il est réussi. La production a clairement souhaité mettre en question le privilège blanc. Suburbicon est qualifiée de ville parfaite. Mais c'est une ville entièrement blanche. Il n'y a pas une seule famille qui ne soit pas chrétienne ou d'une autre origine. L'arrivée des Mayers est l'occasion de mettre deux choses en avant. Premièrement, les petites familles parfaites commencent à discuter de la possibilité d’accueillir des personnes d'origine afro-américaine dans leur communauté. Ce débat se fait aussi bien à la radio qu'à la TV ou encore dans les communautés politiques locales. Ce débat est très policé, très civilisé et calme. Il pose la question de la capacité de cette nouvelle famille d'être elle-même capable d'être civilisée. Mais ce débat n'est pas détaché de la réalité. Dans le même temps, des décisions sont prises pour que les Mayers ne soient pas accueillis ni même visibles. On construit une palissade autours de leur maison, on leur refuse des services et surtout on organise un ralliement jours et nuit devant leur maison, sous la protection de la police car cela est considéré comme un droit d'expression. Petit à petit, ceci se transformera d'actes de violences subtiles en une violence meurtrière, utilisant des cocktails Molotov et des drapeaux confédérés. Tout donne à penser que la production voulait mettre en avant qu'un débat raciste, aussi policé et calme soit-il, ne peut que permettre de justifier des actes de discrimination et de violences pouvant culminer à l'émeute potentiellement meurtrière, sans que personne, dans le film, ne se retrouve en prison pour cela.

De ce point de vue je trouve intéressant de mettre cette intrigue, peu développée mais en sous-texte constant, en parallèle de l'intrigue principale du film : le cambriolage et le meurtre de la famille Lodge. Seule une personne meurt et l'on observe les autres membres de la famille tenter de se reconstruire alors que l'enquête piétine. Mais, rapidement, on comprend que les choses ne sont pas aussi simples qu'elles ne le semblent. La relation entre Gardner et Margaret semble normale mais elle devient de plus en plus étrange et dérangeante. Tandis que le fils, Nicky, commence à craindre son entourage. Alors qu'une foule se déchaine contre les Mayers, une famille innocente, une autre famille, les Lodge, mettent en place tranquillement des meurtres et se retrouvent impliqués dans des morts de plus en plus violentes (utilisant des objets de tous les jours que toute maison se doit de posséder), sans que personne ne se doute de rien ou, plus vraisemblablement, ne veuillent savoir. À la fin, Gardner essaie même de placer la culpabilité sur la famille Mayers dans un discours à son fils autour du thème de la responsabilité et de comment devenir adulte. Les Lodge n'ont pu tuer que parce qu'illes sont considéré-e-s comme des personnes modèles, religieuses et travailleuses. Alors qu'illes sont tout le contraire. Est-ce que le film réussi à faire passer son message ? Peut-être, il réussit aussi à rendre absurde ce qui se déroule chez les Lodge comme si la nature se devait de les punir lorsque les humain-e-s ne le font pas. Mais je ne suis pas certain que le film soit réussi.

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*** Un choix difficile, j'ai aimé l'absurde de la conclusion. J'ai compris le parallèle entre les deux familles. Mais je ne suis pas certain d'avoir apprécié le film.
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Image : Allociné

Site officiel

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09:26 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suburbicon | | | |  Facebook

03/12/2017

La politique fribourgeoise au 20e siècle par Jean-Pierre Dorand

Titre : La politique fribourgeoise au 20e siècle
Auteur : Jean-Pierre Dorand
Éditeur : Presses polytechniques et universitaires romandes 18 octobre 2017
Pages : 128

Fribourg est un canton un peu particulier. Entouré par des cantons protestants, échec lors du Sonderbund, industrialisation tardive, ... Le canton se pense comme une citadelle du catholicisme durant une bonne partie du vingtième siècle. Pour le défendre, un parti, un journal et l'Église se lient et combattent les personnes et organismes qui mettent en cause le fonctionnement du canton. Car les conservateurs se pensent comme les représentants de tous les fribourgeois. Et un fribourgeois est principalement un paysan catholique près à défendre la patrie. Pourtant, les dissensions et les mises en causes se multiplient et, progressivement, le parti conservateur perd de son importance et du contrôle sur l’État ainsi que sur les médias.

Afin de comprendre le fonctionnement politique du parti l'auteur construit 9 chapitres qui débutent en 1881 et se terminent en 2000. Cependant, le plus gros du livre s'intéresse au vingtième siècle et non à la période 1881-1914. Bien que l'intérêt soit d'abord politique, les forces des divers partis et le fonctionnement de la machine conservatrice sont décrites, on apprend beaucoup sur les changements socio-économiques parfois subits par les élites politiques fribourgeoises.

Ce que montre l'auteur est la force du catholicisme dans un canton fortement rural tardivement, l'industrialisation n'est acceptée qu'après la Deuxième guerre mondiale. Le lien entre ruralité et religion n'est pas anodin. Il permet de défendre une vision "naturelle" du fonctionnement politique. Vision qui s'attaque directement à la philosophie des Lumières et aux droits humains, considérés comme des dangers. Ainsi, le canton est fortement anti-communiste alors que celleux-ci n'existent pas au niveau local. Plus dangereux encore, certaines élites du canton n'hésitent pas à soutenir des personnalités fascistes voir nazie. Ces soutiens justifieront une surveillance policière alors que des criminels de guerre en profiteront pour s'échapper. Les personnalités impliquées pourront regretter de s'être allié à des personnalités nazies lorsque le grand public s'en émouvra, créant des scandales politiques importants.

Ce que le livre montre est aussi une perte de pouvoir. D'une certaine manière, on pourrait comparer le canton de Fribourg au canton de Vaud qui voit une perte d'influence des radicaux au fil du temps (voir Oliver Meuwly). Cependant, le canton de Fribourg se porte d'abord contre l'état fédéral, considéré comme un danger pour le fédéralisme. Ce qui implique des refus importants de la part de la population face à des objets fondamentaux pour la Suisse, tel que le code pénal fédéral de 1942. L'auteur montre que, au fil du temps, la politique du canton devient de moins en moins une exception et se rapproche de la moyenne fédérale. Ce qui n'empêche pas une défense d'intérêts spécifiques, comme l'agriculture. Ce livre est intéressant et permet de se faire une idée en peu de pages, tout en ouvrant sur de nombreux thèmes que je souhaiterais mieux connaitre.

Image : Éditeur

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The Handmaid's Tale par Margaret Atwood

Titre : The Handmaid's Tale
Autrice : Margaret Atwood
Éditeur : Penguin 18 avril 2017
Pages : 336
TW : viol, meurtre, esclavage

Les États-Unis sont un pays de grande liberté, combattant pour la démocratie dans le monde entier. Mais alors que la relation entre l'URSS et les États-Unis devient moins tendues un petit groupe de révolutionnaire agit dans l'ombre. Soudainement, le parlement est massacré tandis que le président est assassiné après une attaque contre la maison blanche. Après un moment sous état d'urgence et la suspension de la constitution une nouvelle république se forme : la République de Gilead. Mais celle-ci n'est pas basée sur la démocratie ou la liberté. Elle est basée sur la Bible et tout ce qui est contraire au texte doit être supprimé et oublié. La société est reconstituée afin de suivre les préceptes du livre et les femmes sont organisées en trois ordres : les femmes mariées, les servantes sous le nom de Martha et les servantes écarlate. Celles-ci sont chargée de porter les enfants des hommes les plus hauts placés, leur corps n'est plus le leur mais une ressource nationale et même leurs noms sont effacés, elles ne sont plus que des propriétés. Ce livre est l'histoire de l'une d'entre-elles.

SPOILERS

Ce livre est récemment adapté à la TV mais avant de terminer la série je voulais lire le roman, ce qui me permet de comprendre de quelle manière l'adaptation fonctionne. En effet, le livre parle souvent de souvenirs de "la vie d'avant". Du point de vue de l'écriture, ceux-ci sont intéressants non pas seulement par les indices qu'ils nous donnent sur la vie de l'héroïne, Offred, mais surtout de la manière dont ils sont écrits. En effet, Offred est interdite de manger et boire certaines substances accusées de mettre à mal la production de bébés. Mais elle peut toujours sentir, voir, entendre. Les sens, dans ce livre, ont une importance majeure car ils lancent les souvenirs, souvenirs de repas, de sensations. Mais ils permettent aussi de mettre en avant un manque. L'un des plus importants, répété pendant une bonne partie du livre, est le toucher. Offred est interdite, elle ne peut ni toucher ni être touchée en dehors d'un rituel précis. L'autrice décrit l'effet que cela a sur une personne de ne pas ressentir la présence d'une autre quand elle est souhaitée. Ainsi, les sens sont au centre de ce livre et de l'expérience de l'héroïne.

Mais ce livre est aussi une dystopie. Il décrit un régime autoritaire qui fonctionne sur un ordre hiérarchique précis et la force militaire. La surveillance est omniprésente, à la fois discrète et visible. Selon sa position hiérarchique seules certaines activités sont permises ou interdites, les femmes ayant l'interdiction de lire et écrire. Mais peu d'indices nous sont montrés sur la raison de la mise en place de ce régime. On apprend de quelle manière tout a commencé et les premières attaques sur la liberté, basées sur la nécessité de sécurité après une attaque terroriste. On comprend que, idéologiquement, le régime défend son existence par la nécessité de recréer une population caucasienne, les juifs et autres religions étant expulsées tandis qu'une politique raciste basée sur l'ethnicité est sous-entendue. Mais, rapidement, on ne possède que quelques indices. Ceci est, selon moi, une réussite. En effet, le coup d'état a été formé en secret et Offred ne pouvait pas comprendre ce qui se déroulait dans le passé. Dans le présent, elle est interdite de lecture et d'informations. Elle ne peut donc connaitre que des rumeurs ou ce qu'on lui dit. L'absence d'informations sur le fonctionnement et la mise en place du régime est logique quand on prend en compte le fonctionnement du roman. Ce qui n'empêche pas de deviner certaines choses et de faire des liens avec notre monde, la mise en place de Gilead semble avoir été à la fois rapide et facile en se basant sur des procédés légaux en place dans le cadre d'une démocratie.

Je souhaite prendre un peu de temps pour parler de la dernière partie du livre. Celle-ci suit directement la fin du roman, qui prend la forme d'un cliffhanger. Cette dernière partie change le fonctionnement du roman puisqu'il est qualifié de source historique récemment retrouvée et éditée par des experts, masculins, de la période décrite dans ce qui est un journal rédigé après les faits. Cette partie prend la forme d'un procès-verbal d'une conférence d'historien-ne-s spécialisé-e-s de la période. Ce qui est maintenant un document est discuté. Est-ce que celui-ci est réel ou est-ce une contrefaçon ? De quelle manière prouver sa réalité et retrouver les personnes impliquées. Cette partie est intéressante parce qu'en imitant la forme scientifique elle permet de remettre en question la construction de l'histoire. En histoire, il est nécessaire d'user de sources imprécises qui ne donnent pas toujours les informations que l'on souhaite, quand ces sources existent. Il faut aussi se poser la question de ce qui est décrit, de la raison de l'écriture et de l'identité de la personne derrière les mots. Mais ces informations ne sont pas toujours faciles à retrouver. De plus, et cela me semble particulièrement important ici, il faut rester en partie détaché lors de la lecture. Selon moi, il n'est pas anodin que l'historien qui analyse le roman soit un homme. Offred s'était vu dépouiller de son identité et tente de décrire sa vie dans un récrit qu'elle construit elle-même. Un homme se l'approprie et le critique selon des critères qu'il pense scientifiques. L'effet en est d'effacer à nouveau l'expérience d'Offred.

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**** Une écriture mélancolique, un roman dans lequel il ne se passe que peu de choses, une intrigue politique importante dans le contexte actuel. Cependant, la lecture n'est pas facile et il est nécessaire de s'accrocher.
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Image : Éditeur

9780525435006