27/05/2017

Pirates of the Caribbeans: Dead men tell no tales / Pirates des Caraïbes: La vengeance de Salazar

Un jeune enfant fuit sa chambre emplie de posters de pirates recherchés. Il part en mer avec une petite barque et plonge dans l'eau pour rejoindre le Hollandais Volant. Ce jeune garçon est Henry Turner et il veut retrouver son père. Mais la malédiction de ce dernier est bien trop forte pour lui permettre de revenir à terre. 9 ans plus tard, Henri est marin dans la flotte britannique. Il connait toutes les légendes des mers. Il est aussi le seul survivant de son navire après une poursuite dans un lieu maudit dans lequel se trouve le navire fantôme d'Armando Salazar. Ce dernier lui donne un message : Jack Sparrow va mourir. Mais Jack n'est déjà plus que l'ombre de lui-même. Une quête afin de trouver un objet capable de briser toutes les malédictions de la mer sera-t-elle suffisante pour restaurer Jack à son rang de Capitaine ?

Pirate des Caraïbes est la franchise qui devient de pire en pire au fur et à mesure. Le premier était drôle et sympathique. Le second trop lié au troisième qui était très décevant tandis que le quatrième... on ne parle pas du quatrième ! Je me suis donc demandé s'il était possible de renouveler la série et surtout si Johhny Depp peut jouer à nouveau. Alors, je vais immédiatement le dire, je trouve intéressant de créer un lien entre les films avec l'arrivée de Henry Turner. Je me suis souvent demandé ce qu'il était advenu de cette famille et pour quelle raison on ne savait rien. En faire un érudit en ce qui concerne les pirates et les malédictions est une très bonne idée. Après tout, il a grandi avec l'histoire de sa mère et de son père combattant sur les mers des créatures de légende.

Les effets spéciaux sont assez réussis et j'aime bien le style des fantômes. Plutôt que de créer un navire fonctionnel il est logique que les navires fantômes soient brisés tandis que les fantômes sont les restes de ce qui était organique. Il est tout aussi logique que les fantômes marchent sur l'eau. Parfois, ces effets sont un peu étranges et on se demande quels sont les règles de cette malédiction. Pourquoi le navire peut-il se soulever ainsi ? Pourquoi les animaux morts reviennent-ils aussi en fantômes alors qu'il semble que ce soit la colère qui crée la malédiction. Et surtout, pourquoi cette fin ? De plus, l'intrigue est déjà mise en scène dans le premier film. On retrouve un équipage maudit qui a besoin du compas de Jack pour retrouver son humanité tandis que tout le monde se rend sur une île introuvable sur les cartes normales. Il y a un manque d'imagination important.

Si l'on s'intéresse aux personnages les choses ne s'améliorent pas. Johhny Depp est fatigué et son Jack Sparrow n'a pas la flamboyance qu'il possédait avant. Bien entendu, cela est lié à l'intrigue mais on reste sur notre faim face à un alcoolique fade et sans intérêt. Henry lui-même, aurait mérité plus de construction puisque sa seule identité est la recherche de son père. Salazar n'est qu'un simple boucher qui se croit en mission. Pourquoi ne pas mieux caractériser sa haine des pirates ? Les anglais sont, comme d'habitudes, des êtres horribles qui veulent contrôler les mers à tout prix ce qui était déjà le cas dans les films précédents. Je noterais simplement l'apparition de Bruce Spence (connu pour avoir joué dans Mad Max II mais aussi pour son rôle de Zeddicus Zu’l Zorander dans Legend of the seeker dans lequel il est très drôle) qui aurait pu sauver le film à lui tout seul si on lui avait donné la possibilité (oui, j'aime beaucoup cet acteur). Cette nouvelle déclinaison, encore une fois, ne donne pas de place aux femmes. Il n'y en a qu'une seule qui parle et trois de nommées. Carina Smyth aurait pu être intéressante. C'est une scientifique accusée de sorcellerie. Il aurait été possible de parler de sexisme et de patriarcat à l'aide de son personnage mais la réalisation a préféré rire du gouffre entre elle et les hommes sans jamais réellement questionner le sexisme. De plus, malgré qu'elle se soit construite seule elle est entièrement définie par son père dont elle pense continuer le travail et qu'elle recherche. Tout ce qu'elle accomplit est en l'honneur de son père et non pour elle-même. Jusqu'à la fin lors de laquelle elle décide même d'oublier son identité pour reprendre celle de son père. Bref, ce personnage est une opportunité manquée de donner un peu de profondeur critique au film d'autant qu'elle est l'unique personnage féminin majeur du film face 4 hommes. En conclusion, un film qui n'est pas raté mais clairement médiocre avec des opportunités manquées et un Johhny Depp qu'il vaudrait mieux oublier définitivement.

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** Médiocre
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Image : Site officiel

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21/05/2017

Young justice Invasion / La ligue des justiciers nouvelle génération saison 2

Il y a longtemps, j'avais pu me procurer la première saison de cette série annulée en 2013. Alors qu'une troisième saison est annoncée pour 2018 j'ai enfin pu regarder la seconde saison. Young Justice s'intéresse aux sidekicks des héro-ïne-s que nous connaissons. La première saison utilisait un petit groupe qui enquête sur les agissements d'une organisation mystérieuse. La série nous laissait avec de nombreuses questions à la fin du dernier épisode de la saison. Cette seconde saison débute avec une ellipse temporelle. 5 ans se sont déroulés et beaucoup de choses ont changé. Des couples se sont brisés et d'autres se sont formés tandis que des identités ont changé. Le plus important est la retraite d'Artemis et de Kid Flash qui préfèrent vivre ensemble en harmonie. Plus important encore, Aqualad a trahi le groupe et accepte d'être le bras droit de son père : Black Manta. Les activités de la Justice League sont fortement mises en question alors que ses membres les plus célèbres sont emprisonnés sur une planète éloignée et qu'une race alien décide de contacter la Terre. Immédiatement, la Justice League enquête et se demande si cette arrivée n'a pas un lien avec les évènements d'il y a 5 ans.

Ce qui rend la première saison sympathique est l'impression de famille dégagée par le groupe. Il y a un petit nombre de personnages dont une moitié se connait depuis des années. Les relations sont complexes et changent durant le déroulement de l'intrigue. Ainsi, on connait très bien l'histoire de chacun-e-s. Dans cette seconde saison, le groupe est beaucoup plus vaste. Il y a de nombreuses équipes formées de nombreux nouveaux personnages dont on ne connait pas immédiatement l'histoire. Fatalement, certains personnages sont laissés de côté tandis que d'autres sont un peu plus construit. Mais, pour pallier à cela, la réalisation place l'intrigue 5 ans plus tard. On essaie dont tout autant de comprendre ce qui est arrivé aux héro-ïne-s que l'on connaissait et qui ont changé. Pour moi, le changement le plus important est celui de Miss Martian qui passe d’une jeune adolescente un peu naïve a une jeune femme sûre d'elle-même et extrêmement puissante.

Ce qui fait le charme de la première saison est aussi l'intrigue. On suit une enquête sur le long terme dont on ne connait pas immédiatement les tenants et aboutissements. Lors de cette seconde saison, on sait qui sont les coupables mais on ne connait toujours pas leur but. C'est donc une bonne idée de la part des scénaristes de construire sur la première saison pour expliquer la seconde. On apprend que la Terre est maintenant au centre de l'attention de l'univers ce qui attire plusieurs races aliens dont les buts ne sont pas pacifiques. Bien que l'intrigue soit parfois un peu précipitées, j'ai apprécié son déroulement. On éloigne la Justice League, on crée un contact désastreux avec une race pour, ensuite, introduire une autre qui, elle, prend contact pacifiquement en suivant les canaux diplomatiques. Mieux encore, l'intrigue joue sur les secrets de la Justice League, tout comme elle jouait sur les secrets lors de la première saison, pour expliciter la perte de confiance du public envers ses héro-ïne-s. À mon avis, la seconde saison est un peu plus faible que la première mais reste une réussite et je me réjouis de découvrir la troisième.

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**** Une seconde saison dans la continuité de la première et qui ose créer de nombreux changements parfois risqués.
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Image : Allociné

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20/05/2017

Ms. Marvel 5. Guerre civile par Gwendolyn Willow Wilson, Takeshi Miyazawa et Adrian Alphona

Titre : Ms. Marvel 5. Guerre civile
Auteur-e-s : Gwendolyn Willow Wilson, Takeshi Miyazawa et Adrian Alphona
Éditeur : Panini 5 avril 2017
Pages : 136

Ce tome 5 contient Ms. Marvel (2016) 7-12. Lors du tome précédent on observait une forme de tension entre les deux mentors de Kamala Khan. Aussi bien Iron Man que Captain Marvel semblent ne pas apprécier d'être l'un en face de l'autre. Mais ce n'est que dans ce tome que la rupture est consommée après l'apparition d'un Inhumain capable de calculer l'avenir et, donc, d'éviter les crimes et catastrophes futurs. Et Kamala se trouve en plein milieux. Elle ne se bat pas sur le front mais elle est chargée, par Captain Marvel, de gérer la justice prédictive au New Jersey. Kamala croit en Captain Marvel et ne pose aucune question. Mais ses ami-e-s et sa famille n'apprécient pas ce qui est en train de se dérouler sous leurs yeux. Lorsque la poussière retombera il se pourrait que Kamala Khan ait perdu plus qu'elle ne le pense.

Je n'ai pas lu Civil War II et les retours ne sont pas très bons. Avec l'apparition d'Ulysse Marvel a créé deux camps. L'un des camps pense que les prédictions peuvent permettre d'arrêter les personnes avant le crime et, donc, sauver des vies. Le second considère qu'une personne qui n'a pas commis de crime ne devrait pas se trouver en prison. Derrière cette idée on comprend aisément que l'on parle de justice prédictive. Pourquoi ne pas utiliser toutes les ressources à disposition pour éviter des problèmes ? Ce que ce tome montre bien c'est que la justice prédictive ne fonctionne pas. En effet, elle se base sur des interprétations humaines qui peuvent suivre des préjugés. Pire encore, la prison n'est pas forcément une réponse à tout. Dans certains cas, et le tome le montre, il suffit d'être attentif et de communiquer. Ce tome montre Kamala Khan naviguer de l'un à l'autre camp sans réellement savoir que faire ni quelle est la bonne solution.

Les auteur-e-s ont la bonne idée de créer de véritables conséquences pour Kamala Khan. Au lieu de s'attaquer à des inconnus son groupe de justice prédictive impacte directement la vie de Kamala Khan. Ce ne sont pas des vilain-e-s qui sont inquiétés mais de simples citoyen-ne-s emprisonné-e-s illégalement. Il n'est donc pas étonnant que Kamala Khan se retrouve isolée, sans ami-e-s et que sa famille se pose des questions. Au final, Kamala Khan perd tout simplement son identité et cela permet aux auteur-e-s d'écrire un dernier numéro qui permet un retour aux sources.

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***** Sans juge de l'évènement, ce tome 5 de Ms Marvel est réussi et fonctionne bien.

Image : Éditeur

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19/05/2017

Ms. Marvel 4.Super célébre par Gwendolyn Willow Wilson, Takeshi Miyazawa et Nico Leon

Titre : Ms. Marvel 4. Super célèbre
Auteur-e-s : Gwendolyn Willow Wilson, Takeshi Miyazawa et Nico Leon
Éditeur : Panini 14 septembre 2016
Pages : 144

Ce tome contient Ms Marvel (2016) 1-6. Lors du tome précèdent la fin du monde a eu lieu. Maintenant ça va mieux. Il s'est passé six mois depuis les évènements de Last Days et la reconstruction de l'univers Marvel après l'évènement d'Hickman. Le monde a continué de tourner et Ms Marvel avec. Après avoir beaucoup travaillé, et la permission de sa mère, elle a été acceptée au sein des Avengers. Depuis, elle jongle entre son équipe, sa ville, l'école, ses ami-e-s et sa famille. Elle pense pouvoir tout mener sans problèmes mais lorsque son image est utilisée pour défendre la reconstruction de la ville elle comprend qu'elle a laissé trop de choses de côté. Pire encore, l'homme qu'elle aime est en couple !

Ms Marvel est toujours aussi sympathique. Depuis le début, j'ai beaucoup aimé ce personnage de jeune lycéenne musulmane d'une famille migrante. Elle est drôle, bien écrite et le personnage adore la pop culture et les jeux-vidéos ! Ce tome permet même de faire une référence à Dune (ce qui suffit à le conseiller à tout le monde). Les tomes précédents permettaient de répondre à la recherche d'identité de Kamala Khan. D'où viennent ses pouvoirs ? Qui est-elle et quelle est sa place dans le monde ? Ce nouveau tome donne l'impression que cette quête est terminée. Il donne donc plus de temps à parler de la gestion de son temps par Kamala Khan. Quelles sont ses priorités et ce qu'elle accepte de sacrifier afin de devenir Avengers ? Les premiers numéros parlent aussi de gentrification avec un changement important pour la ville de Ms Marvel. Les auteur-e-s montrent que cette mutation s'accompagne d'une perte d'identité locale, d'emplois mais aussi de loyers élevés et surtout d'une forme de ghettoïsation des riches qui contrôlent les personnes ayant l'accès au quartier à l'aide de vigiles citoyen-ne-s. Pour mieux nous le faire comprendre, l'une des premières victimes est une femme voilée de couleur. Heureusement, le tome célèbre aussi les différentes cultures et le fait grâce à un mariage. Bref, j'apprécie toujours le personnage et les intrigues.

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***** Ms Marvel est toujours aussi bien écrit et sympathique. Je recommande.

Image : Éditeur

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17/05/2017

Making Money (Discworld 36, Moist Von Lipwig 2) par Terry Pratchett

Titre : Making Money (Discworld 36, Moist Von Lipwig 2)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 480

Pour la première fois depuis des années la poste d'Ankh-Morpork fonctionne à la perfection. Non seulement elle est rapide et efficiente mais elle a à cœur les besoins des client-e-s ainsi que la sécurité des colis et des lettres. Même le bâtiment a retrouvé sa gloire d'antan alors que les employé-e-s sont en nombre de plus en plus important. Moist Von Lipwig peut être fier de son œuvre. Mais il s'ennuie. Et il trompe son ennui en revenant à de vieilles habitudes dangereuses. Mais la poste crée un problème. Elle fonctionne tellement bien que les banques ont perdu la confiance que les citoyen-ne-s avaient en elles au profit des timbres, devenus la monnaie non-officielle de la ville. Vetinari a donc une idée. Pourquoi ne pas faire nommer Moist Von Lipwig à la tête de l'une des plus grandes banques privées de la ville ? Piégé, Moist n'a pas le choix. Et, rapidement, il comprend que devenir banquier peut être mortel... mais pas à cause des chiffres... à cause de la possibilité d'une mort rapide.

Ce tome 36 pose une question importante : qu'est-ce que l’argent ? Comment peut-on croire en l’argent ? L'argent, pour Pratchett et beaucoup de personnes, est un mensonge. Un mensonge auquel tout le monde croit ce qui lui permet de fonctionner. Ainsi, dans ce livre Moist essaie d'écrire une nouvelle histoire. Au lieu de la valeur d'un "simple accident géologique" Moist Von Lipwig essaie de placer la valeur de l'argent sur la ville même. Dit comme cela on pourrait croire que l'histoire est un peu naïve. Après tout, il y a une raison derrière l'usage de l'or comme référence (même si on l'a abandonné). Mais l'histoire est un peu plus subtile. En effet, derrière ce changement de paradigme Pratchett essaie de penser l'économie. Selon lui, si je l'ai bien compris, ce qui compte pour donner de la valeur à de l'argent est la force de travail que le montant garanti. Ainsi, derrière l'idée de garantir la monnaie par la ville se cache l'idée de garantir la monnaie derrière la capacité de travail de la ville entière. D'une certaine manière, on pourrait parler d'une économie réelle, basée sur les industries et services ainsi que les personnes qui travaillent.

De manière obligatoire, ce livre nous parle aussi de capitalisme. En effet, derrière la création de monnaie il y a tout un système économique qui fonctionne plus ou moins bien (durant l'un des chapitres un économiste un peu fou explique pourquoi un événement particulier peut avoir des conséquences catastrophiques pour la ville). Il y a une logique, en effet, depuis le début de la série, Ankh-Mopork s'est beaucoup développée. Elle a un nombre de plus en plus important de citoyen-ne-s et de services. Les organismes de l’État sont eux-mêmes de plus en plus importants (comme la poste ou la garde). De plus, Vetinari a des projets ambitieux. Il y a un besoin d'argent. Il y a donc besoin d'une économie qui fonctionne et de banques en pleine santé. La réforme mise en place par Lipwig s'inscrit donc dans le développement de la série qui, elle-même, montre une ville en développement dans le cadre d'une économie libre. Pratchett nous montre donc de quelle manière fonctionne une société de capitalisme à la fois libre et fermée, par l'existence de guildes qui contrôlent fortement les activités des professions. Sans aller dans les détails, Pratchett décrit aussi les conséquences de l'argent sur une famille. Celle-ci possède une origine de piraterie et de vols mais s'est convertie dans la banque (une autre forme de piraterie). Mais les membres de la famille ne sont plus capables de gérer leur banque ni de prendre des risques. Ils sont décrits comme arrogants, prétentieux et surtout intéressés uniquement par leur propre richesse. Ce n'est pas un hasard si, à quelques reprises, les membres de cette famille regrettent les anciens temps de la garde lorsqu'elle était corrompue. Pratchett nous montre une famille qui est toujours aussi riche mais qui a perdu en pouvoir au fur et à mesure du développement de la puissance de l’État. Pour cette famille, la loi leur appartient et il est exclu que l’État s'intéresse à la gestion des banques au prix d'une perte plus importante encore de leur pouvoir.

Encore une fois, Pratchett est ambitieux. En un seul livre il essaie d'analyser le fonctionnement de l'économie et de la monnaie tout en nous faisant rire. Il est dommage que ce livre démarre un peu laborieusement. Le début du livre n'est pas très bon mais, heureusement, cela s'améliore au fil des pages. Cependant, Pratchett réutilise un bon nombre de ficelles utilisées auparavant. Ainsi, Moist Von Lipwig est mis en danger de mort après une nomination volontaire qu'il ne peut refuser, il doit réformer une institution qui ne fonctionne plus et, pour cela, se heurte à des personnes riches qui ne souhaitent pas le voir réussir pour éviter que leur corruption ne soit connue de tout le monde. Heureusement, l'intrigue fonctionne assez bien et les personnages sont toujours aussi savoureux. J'aime beaucoup Moist Von Lipwig ainsi qu'Adora Belle Dearheart. Mr. Bent, à l'histoire tragique, donne une atmosphère étrangement légère.  C'est aussi un livre très sombre. En particulier pour un personnage qui perd de plus en plus au fur et à mesure du développement de l'intrigue. Son histoire et le dénouement sont tragiques.

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**** Un peu laborieux mais, au final, ça fonctionne très bien.
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Image : Site officiel

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16/05/2017

Justice League Dark

Le Hall de la Justice est mis en fonction. La Justice League fonctionne parfaitement et s'est un peu agrandie avec quelques membres en plus voir des remplaçants. Individuellement, les différents héro-ïne-s qui la compose sont tous et toutes en pleine possession de leurs moyens et agissent avec la justice pour soutenir la loi et s'attaquer aux criminel-le-s ou simplement aider. Mais, depuis peu de temps, de simples citoyen-ne-s qui, normalement, ne violent pas la loi se mettent à agir de manière étrange. Des meurtres sont commis, des suicides ont lieu et personne ne comprend ce qui arrive. Mais tout le monde dit la même chose : des monstres les ont attaqués et illes n'ont fait que se défendre. La Ligue pense que la magie pourrait être à l'œuvre mais Batman n'y croit pas. Cependant, il se retrouve embarqué dans une quête pour trouver un maitre de la magie : John Constantine. Petit à petit, il va l'aider à résoudre les attaques et découvrir un mal qui date de plusieurs siècles.

Jusqu'à maintenant, j'ai plutôt apprécié les films animés de l'univers partagé malgré beaucoup de simplisme. Mais ça fonctionne bien et c'est assez plaisant. Malheureusement, je n'ai pas du tout aimé ce film. Le premier problème est Batman. Le film précèdent, on l'observe aux prises avec un démon. Dans ce film, il nie toute existence de la magie. Ce n'est tout simplement pas logique. Mais, surtout, il est totalement inutile. Il se contente de suivre et de sortir un gadget de temps en temps. Il aurait très bien pu ne pas être présent. Il aurait été bien plus intéressant de réunir plusieurs mages de l'univers DC en dehors du groupe de la Justice League. En l'occurrence, cette Justice League Dark n'est qu'un ersatz sans intérêts.

Le problème tient aussi en l'intrigue. J'ai, personnellement, un problème avec la magie dans les œuvres de fiction. Trop souvent, c'est un moyen simpliste de résoudre un problème compliqué. La magie, son fonctionnement et ses limites, ne sont pas forcément explicitées et cela crée une résolution à la Deus ex Machina. Une résolution que l'on retrouve ici puisque le grand méchant passe de quasi dieu sur Terre à un mortel qui peut être vaincu par Constantine. Pourquoi n'y a t'il aucuns couts ? Ou se trouvent les règles ? De plus, l'intrigue n'existe tout simplement pas. On suit un petit groupe de personnages dont la moitié disparaissent rapidement ou ne sont pas assez présentés pour que l'on s'intéresse. Le film est une suite de combats de magie sans intérêts et l'on se demande pour quelle raison on parle d'une enquête... Je n'ai donc pas du tout aimé ce film.

* Sans intérêt.
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Image : Site officiel

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08:49 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : justice league dark, dc | | | |  Facebook

14/05/2017

Justice League VS Teen Titans

Damian Wayne est de retour en tant que Robin. Il accompagne Batman à l'inauguration du Hall de Justice. Mais, un groupe qui se nomme lui-même la Legion of Doom décide de perturber les festivités. La Justice League fonctionne bien et s'occupe sans trop de problèmes des vilain-e-s. Damian, lui, est chargé de prendre soin des civil-e-s. Mais il n'apprécie pas trop ce rôle et décide de se lancer dans la bataille avec des conséquences désastreuses. Il est clair que Damian ne sait pas agir en équipe et la Justice League n'est pas appropriée pour les enfants. Il est donc envoyé dans une autre équipe qui permet de donner une maison à des personnes qui en ont besoin : les Teen Titans sous la direction de Starfire. Le contact est loin d'être facile avec un Damian qui n'est pas très sociable et particulièrement arrogant. De plus, Damian est très intrigué par Raven et ses secrets. Des secrets qui pourraient expliquer pourquoi la Justice League agit si bizarrement.

J'ai toujours des craintes avec les histoires de combats entre héros. Souvent, ce sont simplement des personnages qui refusent de discuter lorsque l'opportunité se présente. Heureusement, parfois l'intrigue est un peu plus subtile (mais pas trop, il ne faudrait pas exagérer). Dans le cas présent, l'intrigue est avant tout un moyen de présenter des personnages et de créer une relation entre-elleux. Ainsi, le groupe majeur de ce film est formé des membres des Teen Titans. Je trouve intéressant que, contrairement à la Justice League, ce groupe permet à ses membres d'apprendre et de s'améliorer mutuellement. Les personnages se construisent encore. C'est aussi un refuge pour les personnes qui en ont besoin. J'ai plutôt apprécié Raven et Damian, j'ai moins aimé Blue Beetle et Beast Boy (qui fonctionne bien plus comme le créateur de blagues qu'autre chose).

Bien que le film soit plaisant à regarder il possède quelques problèmes et ces problèmes peuvent être résumé en un seul mot : Starfire. Cette dernière est une alien qui provient d'une planète bien moins prude. Malheureusement, plutôt que d'utiliser ceci pour mettre en question nos catégories et nos normes elle fut souvent écrite comme un fantasme masculin. Une femme très peu vêtue possédant une sexualité très ouverte (ce qui n'est pas mal en soi, le problème c'est que celle-ci est construite pour faire fantasmer des hommes et non comme un choix de la part de Starfire). Ce film possède plusieurs scènes qui fonctionnent de cette manière. À plusieurs reprises, elle est montrée dans des poses suggestives avec la caméra pointant sur des parties très précises de son anatomie. À une autre reprise, la caméra nous donne une vision précise des fesses de Starfire. La réalisation a donc fait le choix de fortement sexualiser un personnage censé être présent pour ses capacités en tant que dirigeante dans un film considéré acceptable dès 12 ans. Pire encore, il est très rare que l'on observe Starfire diriger, elle est mise au second plan par Damian qui prend immédiatement ce rôle sans se poser de questions ni réactions de la part des Teen Titans. N'aurait-il pas été possible, et souhaitable, d'écrire ce personnage et cette intrigue différemment ? J'en suis, personnellement, persuadé.

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*** Sympathique et assez réussi. Mais il y a des scènes sexistes problématiques.
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Image : Allociné

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Batman bad blood / batman mauvais sang

Batman a disparu. Les journalistes se ruent à Gotham pour cet événement et pour le sommet de la technologie mis en place par l'entreprise Wayne. Mais Batman disparu, le crime atteint des sommets inégalés dans les rues. Bien que la police tente de garder le contrôle il semble que jamais le chaos ne fut plus important. La disparition de Batman est assez importante pour faire revenir Damian Wayne de sa retraite dans un sanctuaire. Elle force Nightwing à prendre le costume de Batman et à s'allier à deux nouvelles personnes : Batwoman et Batwing. Les allié-e-s ont fort à faire car il semble que tous les secrets du Batman sont éventés. Mais qui a pu le faire disparaitre et découvrir ces secrets ? Pour quelle raison s'intéressent-illes autant à la technologie Wayne ?

L'univers DC se porte très mal au cinéma (si, du moins, il a commencé à exister...) et un peu mieux en série (malgré un manque de qualité flagrant). Mais, DC a décidé, depuis quelques années, de lancer un univers partagé en film d'animation disponible immédiatement en DVD. Il existe un bon nombre de ces films et certains sont moins bons que d'autre. Il est intéressant de voir que les différents films gèrent bien mieux les relations entre personnages et épisodes que leurs contreparties cinématographiques. Cet animé s'insère dans une trilogie autours de Batman. Le premier nous faisait découvrir Damian et le second jouait sur la tension entre Batman et Damian. Dans les deux cas, la Ligue des assassins joue un grand rôle même sans apparaitre.

Ce dernier film conclut à la fois l'arc de la Ligue et celui concernant la relation entre Batman et Damian. Personnellement, je trouve qu'il réussit à atteindre son but de manière plutôt efficace. Faire disparaitre Batman était une bonne idée. Cela permet de donner plus de place à d'autres personnages tel que Nightwing et Alfred. Mais je suis bien plus heureux de voir arriver Batwoman (qui mérite ses propres films, vraiment). Elle est efficace et drôle. Ses dialogues fonctionnent très bien tout en brisant un tout petit peu le quatrième mur. Batwing est moins intéressant et aurait pu ne pas être présent. Bien que l'idée soit peu développée, le plan de la Ligue n'est pas si mauvais et aurait mérité un peu plus d'attention de la part des scénaristes pour donner quelque chose de vraiment intéressant. Je déplore quelques petites choses qui m'ont agacé. Par exemple, je n'aime pas la justification de Talia. Je n'apprécie pas du tout la version adaptée de l'origine de Batwoman. La version originale, en comics, est bien plus intéressante que ce qui nous a été montré. Mais, globalement, c'est plutôt sympathique.

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*** Une bonne conclusion, ça fonctionne bien mais ça reste très classique.
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Image : Allociné

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10:16 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : batman, bad blood, mauvais sang, dc | | | |  Facebook

13/05/2017

Low 3. Les rivages de l'espérance par Rick Remender, Greg Tocchini et Dave McCaig

Titre : Low 3. Les rivages de l'espérance
Auteurs : Rick Remender, Greg Tocchini et Dave McCaig
Éditeur : Urban 17 mars 2017
Pages : 144

Ce tome 3 contient Low 11-15 publiés dans Low col. 3: Shore of the dying light. Il y a dix ans, une famille était détruite lors d'une attaque pirate. Il y a des milliers d'années, l'humanité s'est réfugiée sous les eaux face à un soleil en expansion. Il ne reste plus que trois cités humaines. La mort est proche et l'espoir presque éteint. Mais une sonde est arrivée d'une autre planète. Il est possible que la vie soit possible. Depuis, Stel Caine a décidé de retrouver cette sonde, d'en faire le but de sa vie, de sauver ce qui reste de l'humanité. Par la même occasion, elle retrouve ses filles qui lui ont été volée il y a longtemps. Et aujourd'hui, Stel Cain a enfin atteint la surface et y trouve une vie nouvelle et différente de tout ce qu'elle a connu. Ses filles, elles, suivent de près. Mais sont-elles identiques aux souvenirs qu'en a Stel ?

Rick Remender écrit ce comics afin de parler d'espoir. Il met en place plusieurs cités et plusieurs personnages qui se trouvent toujours sur le spectre de l'espoir. Salis est une démocratie condamnée, Paloma une civilisation pirate qui interdit le savoir et Volden une dictature qui tue toutes personnes accusées d'espoir. Stel est l'incarnation de l'espoir tandis que l'une de ses filles croit en l'idéologie de Volden. Avec ces différents personnages et cités Rick Remender nous demande de nos situer nous-même : sommes-nous des optimistes invétérés ou plutôt des pessimistes ?

De plus, Remender crée des intrigues difficiles pour tous les personnages. Quel que soit le personnage elle se retrouve mêlé à des dangers, à des trahisons et des difficultés extrêmes. Stel garde l'espoir mais elle doit d'abord remonter la pente après la perte de sa famille. Ce changement s'est mis en place durant le second tome face à une cité assombrie peuplée de cannibales. Les autres personnages doivent aussi revenir sur leur passé et réussir à accepter leurs erreurs, voir leurs crimes, pour continuer leur quête. L'intrigue est servie par un art que j'apprécie beaucoup. On sent que les dessinateurs se sont amusés à créer des espèces et des lieux flamboyants.

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**** Une intrigue global mêlée à quelque chose de plus intime dans un cadre toujours aussi beau.
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Image : Éditeur

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Letter 44 4. Le temps des sauveurs par Charles Soule, Alberto Jiménez Alburquerque et Dan Jackson

Titre : Letter 44 4. Le temps des sauveurs
Auteurs : Charles Soule, Alberto Jiménez Alburquerque et Dan Jackson
Éditeur : Glénat 26 octobre 2016
Pages : 160

Ce tome contient les numéros 22-27. Le président des États-Unis, Stephen Blades, a révélé l'existence des aliens et de leur construction. Par la même occasion, il a révélé le nouvel arsenal technologique du pays. Malheureusement, le monde n'a pas réagi comme prévu. Une partie des anciens alliés du pays s'est retourné contre les États-Unis dans le cadre d'une alliance spécifiquement prévue pour détruire l'arrogance guerrière des États-Unis. Sa technologie volée, son arsenal détruit Stephen Blades n'avait pas d'autres choix que de demander l'armistice. Mais il y a pire, un astéroïde allait s'écraser et détruire le monde. Sauf que, au dernier moment, l'astéroïde change de course et s'arrête juste devant la Maison Blanche. Il en sort l'un des membres de la mission chargée d'espionner les aliens. Et cet homme explique au président que seuls 666 personnes vont être sauvées.

Depuis le début de la série les auteurs nous placent face à une énigme. Le président Blades apprend en même temps que nous l'existence des aliens. L'équipage du Clarke arrive près de la structure alors que nous commençons à lire. Tout est fait pour que les révélations fonctionnent à la fois pour les personnages et pour les personnes qui lisent. Ce tome permet de répondre à quelques questions. Bien que l'on ne sache presque rien sur les aliens on sait enfin pour quelle raison ils sont venus dans le système solaire. Letter 44 est aussi un comics de nature politique. Le président ne doit pas seulement gérer une menace lointaine mais aussi les guerres et les problèmes économiques mis en place par son prédécesseur. Mais, depuis le dernier tome, cet aspect est éclipsé par la connaissance de la présence des aliens. Dans le tome 3, seule la guerre mondiale comptait. Dans ce tome, toutes les décisions dépendent de la mort prochaine de l'humanité. De ce point de vue, je trouve la réaction de Stephen Blades intéressante. Il ne dit rien au monde mais il décide de tout faire pour rendre la vie de l'humanité meilleur pour le peu de temps qui reste. On sent qu'il ne reste que peu de numéros avant la fin qui pourrait résoudre une bonne partie des questions.

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**** Une idée toujours aussi intéressante, des auteurs qui réussissent à adapter leur histoire selon ce qui est nécessaire. Je suis curieux de lire la suite.
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Image : Éditeur

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07/05/2017

Guardians of the galaxy volume II / Les gardiens de la galaxie volume II

Nous avons enfin la suite des Gardiens de la galaxie. Enfin, des questions fondamentales comme le nom du père de Peter ou la vie de Groot dans l'équipage reçoivent une réponse. Les gardiens, depuis les évènements du premier film, sont maintenant connu largement dans toutes la galaxie comme une petite bande que l'on peut payer pour résoudre des problèmes. Illes voyagent sur plusieurs planètes selon les contrats signés ou les problèmes en cours. Mais leur dernier contrat ne tourne pas exactement comme prévu et le groupe se retrouve coursé par une armée entière. Cependant, le père de Peter les sauve. Ce dernier souhaite inviter Peter sur sa planète et lui explique le mystère de ses origines. Mais la fête pourrait bien tourner cours alors que plusieurs armées se rendent sur la même planète afin de tuer les gardiens.

Les films Marvel sont des films Marvel. Ils suivent un but, divertir, et une recette simple et efficace. Il est donc difficile de voir des nouveautés puisque tout est fait pour fonctionner sans prendre de vrais risques. Donc, le premier film marchait sur quelque chose de simple. Un groupe de personnes plus ou moins marginales, voir criminelles, qui décident de travailler ensemble pour vaincre un gros méchant qui est méchant parce que... on ne sait pas il l'est donc il faut le vaincre. Le second film reprend cet humour de base qui fonctionne assez bien. Les personnages se lancent des pics toutes les deux minutes et ça fonctionne assez bien. Cependant, il y a tout de même, parfois, un humour assez limite qui provient, là aussi, du premier film. Le thème du film est aussi assez basique : la famille. Plus exactement, qu'est-ce que la famille et que faire pour en faire partie ? Il y a, d'un côté, la famille que l'on choisit et, de l'autre, celle du sang. Ce thème est au centre des décisions du grand méchant dont je vous laisse découvrir la forme et les raisons par vous-même.

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*** ça fait le job
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Image : Site officiel

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Usages de la violence en politique par Carole Villiger

Titre : Usages de la violence en politique
Autrice : Carole Villiger
Éditeur : Antipodes 2017
Pages : 296

Après la deuxième guerre mondiale et les années 68 l'Europe a connu les années de plomb. L’Italie et l'Allemagne ont été le terrain de plusieurs attentats de la gauche radicale. Dans le même temps, la nouvelle droite se constituait. Enfin, plusieurs conflits se mettaient en place au niveau international. En Suisse même, les luttes entre les séparatistes du Jura et les antis séparatistes donnaient lieu à plusieurs attentats. Cependant, dans l'idée communément admise, la Suisse est vue comme un pays neutre qui n'a pas connu de grande violence. Il ne se serait pratiquement rien passé alors que le système politique Suisse a permis d'accepter des militant-e-s et des sujets dans l’arène parlementaire. Le pays serait immunisé contre l'usage de la violence en politique. Ce livre examine l'histoire de la Suisse afin de mettre en avant les moments de violence mais aussi les réponses politiques et policières.

Pour cela, l'autrice examine cinq thèmes en autant de chapitres dont deux prennent en compte les liens internationaux. Le premier chapitre examine l'histoire du Jura et la lutte en faveurs de l'indépendance. L'autrice démontre que les milieux indépendantistes et leurs adversaires se sont heurtés surtout après que les tentatives politiques aient échoués. Les indépendantistes ont eu l'impression que seule la violence permettait de défendre leurs idées tandis que leurs adversaires étaient, secrètement, soutenus par la police et le gouvernement bernois. Ce n'est qu'après que le Jura ne soit né que les actions violentes se firent moins importantes bien que la question jurassienne soit encore tendue de temps en temps.

Les deuxième et troisième chapitres se concentrent sur les gauches et les droites radicales. En ce qui concerne les gauches radicales, l'autrice s'intéresse à certains hauts lieux de militantisme comme Zurich. Elle montre que la gauche radicale est vue comme dangereuse car elle met en question le fonctionnement même de l'État. De plus, on ne peut pas passer outre le contexte de la Guerre froide qui permet de dépeindre les milieux radicaux comme téléguidés par l'ennemi extérieur communiste. Ainsi, la répression est très forte même contre des personnes et actions peu voire non violentes (comme, par exemple, le refus de prêcher pour éviter une enquête pour apologie du refus de servir dans l'armée ce qui fut classifié sous terrorisme). Cependant, il faut noter que le militantisme de gauche ne pose pas de problèmes quand les thèmes choisis sont très spécifiques et vu favorablement par la population. Le cas de la lutte contre le nucléaire est ici intéressant. En ce qui concerne la droite radicale l'autrice explique avoir eu plus de mal à parler à des militant-e-s. Le chapitre est, d'ailleurs, bien plus court. Mais elle met en avant les liens internationaux des milieux de droite radicale suisse. Elle explique aussi de quelle manière les anciens défendent des milieux bien plus violentes comme les skinheads. La répression, selon l'autrice, est bien moins importante car le militantisme n'est, ici, pas vu comme dangereux pour l'État. Mais la pression de l'opinion publique a permis de mieux prendre en compte leur violence. De plus, il y a peu d'usages d'armes à feu ou d'explosifs.

Enfin, les deux derniers chapitres prennent en compte les réseaux internationaux. Pour le quatrième, l'autrice s'intéresse à des mouvements qui ne sont pas soutenus par les pays d'origine des militant-e-s. Elle montre que les autorités suisses s'intéressent fortement aux liens entre l'extérieur et l'intérieur, en particulier en ce qui concerne la gauche. Les enquêtes sont importantes et permettent de décrire des groupes comme armés et dangereux avec une capacité stratégique importante alors que, parfois, ce ne sont que des groupes isolés ou du militantisme en soutien à des prisonniers qualifiés de politiques. La justice est implacable même pour des cas anciens. En ce qui concerne la droite, la justice est bien moins prompte. Le danger est vu comme beaucoup moins important. Cependant, dans les deux cas, les militant-e-s sont décrit-e-s comme liés ou pilotés par l'extérieur ou venu de l'extérieur. Dans le dernier chapitre, l'autrice s'intéresse à du militantisme soutenu par des pays. Elle s'intéresse à plusieurs attentats ayant eu lieu après des arrestations. En particulier, elle s'intéresse aux liens avec les luttes liées à la guerre d’Algérie. En effet, la Suisse fut un espace de gestion d'argent mais aussi d'assassinats politiques perpétrés, probablement, par les services secrets français. Mais le pays a été capable de garder le contrôle. En ce qui concerne les luttes en faveurs de la Palestine ou de arméniens, la Suisse s'est retrouvée dans l'incapacité de prendre en compte la perspective diplomatique dans des enquêtes pour terrorisme. La conséquence fut un certain nombre d'attentats incompris par la population et les autorités.

Pour terminer, ce livre examine une époque durant laquelle de nombreux milieux de militantismes se sont créés ou ont mutés. Que ce soit à droite ou à gauche de nombreux groupes sont apparus pour défendre des causes parfois très spécifiques. Face à cela, les autorités ont agi bien plus fortement sur la gauche vue comme un danger militaire et pour le fonctionnement de l’État. Ainsi, les enquêtes de police sur les milieux de gauche sont presque toujours classifiées comme terrorisme. L'autrice montre aussi de quelle manière il est possible de répondre à de la violence politique et les raisons de leur usage. Enfin, ce livre permet de casser une image pacifiée du pays qui serait une exception à l'intérieur de l'Europe.

Image : Éditeur

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30/04/2017

Wintersmith (Discworld 35, Tiffany Aching 3) par Terry Pratchett

Titre : Wintersmith (Discworld 35, Tiffany Aching 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 2010
Pages : 373

Tiffany Aching a 13 ans. Elle est une sorcière de plus en plus talentueuse. Mais elle n'est pas encore prête à rentrer chez elle. Elle continue son entrainement mais chez une autre sorcière. Cette dernière est l'une des plus étrange de la sororité. À tel point que la plupart des jeunes sorcières ne restent chez elle que quelques jours au plus. Mais Tiffany est restée 3 mois et elle compte bien ne pas se laisser faire. Car sa nouvelle professeuse, Miss Treason, est aveugle et sourde. Étant une sorcière, elle emprunte les yeux et les oreilles d'autres animaux à proximité dont, de temps en temps, les yeux et les oreilles de Tiffany. Miss Treason est aussi crainte. Des histoires atroces circulent à son sujet. Mais Tiffany ne se laisse pas avoir et essaie de comprendre d'où proviennent ces histoires. De plus, Tiffany décide de danser lors d'un évènement très particulier. Depuis, l'esprit de l'hiver est tombé amoureux d'elle et essaie de la charmer. Ce pourrait être mignon si ses efforts n'étaient pas un désastre pour tout le monde et s'il n'était pas bien plus âgé qu'elle.

Je l'ai déjà dit et répété, et d'autres aussi, l'un des thèmes majeurs de Pratchett est l'importance des histoires. Plusieurs livres utilisent ce thème de manière sous-jacente alors que d'autres s'y attaquent centralement. Plusieurs personnages en ont conscience et s'en sortent bien mieux car illes savent comment l'histoire est censée continuer. Par exemple, Rincewind sait qu'il sera toujours impliqué dans des évènements dangereux dont il se retrouvera le centre d'attraction. Mais il me semble que le cycle de Tiffany Aching met ce thème au centre entier des livres qui le forme.

Ce thème est présent dans plusieurs intrigues du livre. Pour la plus importance, celle du Wintersmith, on observe Tiffany passer de témoin d'une histoire à part intégrale de celle-ci. Depuis, elle doit trouver un moyen de s'en sortir dans le cadre d'une intrigue déjà ancienne : une divinité amoureuse d'une mortelle. Cette histoire ne peut se conclure que de certaines manières. Il est révélateur, à mon avis, que plusieurs personnages sont mentionnés ou montrés en train d'observer Tiffany sans toujours agir sur l'histoire. Le thème est aussi présent dans l'intrigue secondaire de Miss Treason. Celle-ci est décrite comme une sorcière qui crée des histoires et qui les utilisent pour gagner en pouvoir sur les personnes dont elle a la charge. Après son départ, c'est la sorcière qui la suit qui doit apprendre l'importance des histoires. Plus généralement, le livre semble nous dire qu'être humain-e implique de raconter des histoires à soi-même et aux autres. C'est ainsi que l'on sait qui on est mais aussi que l'on sait comment se comporter dans des situations précises. Et une bonne histoire va rapidement se répandre dans le monde entier.

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***** Bien que Pratchett continue à traiter du même thème il le fait toujours aussi bien.

Image : Site officiel

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The birth of a nation

Il y a un certain nombre de films historiques cette semaine. J'ai déjà parlé de deux d'entre eux que j'ai vu au cinéma. Hier soir, je suis allé voir The birth of a nation. Nat Turner est un esclave. Il travaille dans les champs de coton. Il doit obéissance envers son maitre. Il lui est interdit de quitter la propriété sans un laisser-passer de son maitre. Sa vie ne lui appartient pas. Elle appartient à un autre homme qui se l'est appropriée depuis l'enfance. Mais Nat Turner est aussi un esclave lettré. Il sait lire et écrire. Il a appris de lui-même puis une femme de la famille de son maitre a décidé de lui apprendre à mieux lire. Seul un livre fut utilisé : la bible. Nat Turner est un esclave lettré et croyant. Le dimanche, il prêche devant les siens et leur explique que dieu a créé un ordre naturel. C'est une atteinte contre dieu de lutter contre. Lorsque ses prêches commencent à être connu il est loué par d'autres maitres pour parler à d'autres esclaves et éviter une révolte. Mais Nat Turner est témoin d'atrocité et décide de lire d'autres passages. Des passages plus violents et défavorables envers les blancs.

L'intérêt de ce film est de bien montrer ce qu'était la vie des esclaves au XIXe siècle. Une lutte pour la survie face à des personnes qui avaient énormément de pouvoir. Mais aussi un grand nombre de personnes face à un petit nombre de blancs. Les blancs, mâles, qui possèdent des esclaves ont donc une certaine importance dans ce film car leur comportement a un impact fort sur la population de couleur, mise en esclavage. Ainsi, une bonne partie du film présente ces "humains" dont le comportement est plus ou moins atroce (je garde en tête un moment horrible que je préfère ne pas décrire, horrible pas seulement à cause de la douleur que j'imaginais mais surtout à cause de l'aspect très détaché du blanc qui agissait). Le plus important est Samuel Turner. Pendant la première partie du film, il est décrit comme quelqu'un de pas mauvais. C'est un frère et un fils aimant qui écoute ses esclaves et leur donne plusieurs libertés quand celles-ci sont demandées. Mais sa caractéristique principale est la lâcheté. Il n'est pas meilleur que d'autres il est seulement un lâche. Il ferme les yeux devant les atrocités qu'il aide à couvrir. Son histoire est celle d'un homme qui trahit la confiance de quelqu'un d'autre durant une scène très particulière (que l'on peut déplorer, les hommes sont montrés comme se vengeant à partir du moment ou des femmes se font violer). Il y a donc un voyage du "bon maitre" à l'ennemi.

Mais ce qui me semble le plus important dans ce film est la culture et les ancêtres. Dès les premières images, Nat Turner est inscrit dans un contexte culturel précis. Il fait partie d'une histoire dont il est la continuation. À plusieurs reprises, sa grand-mère lui parle de son mari qui était un guerrier en Afrique. Nat Turner, dans ce film, est inscrit dans l'histoire de sa famille et de son peuple. Culture et histoire sont héritées de personnes à personnes. Ainsi, l'une des scènes montre un jeune garçon observer Nat Turner pour, ensuite, retrouver ce même garçon en pleine guerre de sécession. Les différents combats font partie du même mouvement de révolte et de guerre contre l'inhumain. Tout aussi important, le film parle de l'histoire des États-Unis. Celle-ci est décrite comme fondée sur le sang et l'esclavage. Pour cela, le réalisateur utilise des images très symboliques, le coton ou le maïs qui baignent dans le sang mais aussi l'exécution de Nat Tuner sur fond de drapeaux des États-Unis. Le réalisateur veut nous marteler que l'histoire des États-Unis, en particulier, ne peut pas se comprendre sans prendre en compte le sang versé en son nom.

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**** Un film dont le rythme est maitrisé mais qui peut être difficile à regarder.
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Image : Allociné

Site officiel

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09:23 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the birth of a nation | | | |  Facebook

29/04/2017

Lazarus 5. Génocide programmé par Greg Rucka et Michael Lark

Titre : Lazarus 5. Génocide programmé
Auteurs : Greg Rucka et Michael Lark
Éditeur : Glénat comics 19 avril 2017
Pages : 144

Ce tome contient Lazarus 22-26. Dans le tome précèdent les familles du monde étaient en guerre. Les Carlyle mènent une alliance entre plusieurs familles pour s'attaquer aux Hock. Mais la famille Carlyle est en train de perdre. Car celle-ci a perdu son plus grand atout : le père de la famille. Il avait un plan mais il est mourant. Et ses enfants, filles comme garçons, ne sont pas certain-e-s de pouvoir le suivre ni de gagner la guerre. Heureusement, la famille a un autre atout : son Lazare du nom de Forever. Elle est le fruit d'une histoire secrète. Mais cette histoire est maintenant connue. Forever sait qui elle est. Pire encore, les autres familles savent qui elle est. Les Carlyle seront-illes capable de retrouver la loyauté de leur Lazare ? quel sera l'effet de ces révélations ? Le monde pourra-t-il survivre une nouvelle vague de destruction ?

Depuis le premier tome j'apprécie cette série. Elle nous envoie dans un monde proche sans trop en dire. Bien que la technologie soit plus avancée que la nôtre elle reste proche. On ne nous dit rien sur les événements qui ont mené le monde à être gouverné par moins d'une vingtaine de familles mais on sait que cela dure depuis moins d'un siècle. On sait aussi que des guerres et des épidémies ont précipité ce que l'on voit dans cette série. De plus, les auteurs ont eu la bonne idée d'avancer lentement. Les premiers tomes s'intéressent d'abord aux Carlyle puis aux relations économiques proches. Ensuite, on apprend comment fonctionnent les relations politiques. Et, enfin, on observe la guerre. Derrière ce premier drame, la mise en place d'un plan qui débouche sur une guerre qui détruit bon nombre de familles, il y a le drame de Forever. Celui-ci est bien plus intime. Forever pense être de la famille mais elle apprend n'être qu'une expérience soumise à un contrôle strict. Alors elle se demande, faut-il rester loyale envers la famille ? Dans ce contexte, le personnage de Johanna est très intéressant. On pense d'abord qu'elle ne veut que manipuler tout le monde pour son propre bien. Mais je me demande, après ce tome, si ses souhaits ne sont pas différents ?

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***** Encore un très bon tome !

Image : Éditeur

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Denial / Le procés du siècle

Au début des années 90, l'historienne Deborah Lipstadt écrit un livre. Ce dernier est édité dans plusieurs pays. La professeure doit donner des conférences et répondre à la presse. Ce livre parle du négationnisme et des raisons qui se cachent derrière. En particulier, elle s'attaque à david irving. Celui-ci est un historien militaire britannique dont la réputation a fortement souffert de sa croyance au négationnisme. david irving décide donc d'attaquer Deboarah Lipstadt en justice devant les cours anglaises. Ceci lui permet d'obliger à cette dernière de devoir prouver que ce qu'elle dit est vrai. L'historienne se trouve donc dans la position peu confortable de devoir prouver l'existence du génocide mis en place par les nazis et de devoir prouver que david irving a menti pour défendre un point de vue raciste et antisémite. Le procès est, bien entendu, fortement suivi par la presse.

Je suis un peu emprunté pour présenter ce film. Le synopsis est simple. Est-il vraiment nécessaire de le développer ? Un négationniste attaque en justice une historienne juive. Le film suit, selon plusieurs articles que j'ai lus, très fidèlement les événements devant la cour et l'on peut lire ceux-ci puisque les procès-verbaux sont disponibles sur internet. Est-il vraiment nécessaire de mettre en scène ce procès qui a déjà donner trop de place à un négationniste ? Peut-il vraiment ajouter quelque chose alors que des journalistes ont écrit sur le sujet et que des universitaires, dont Deborah Lipstadt, ont publié des livres sur ce procès ? Personnellement, je pense qu'il est possible de faire un film intéressant sur un sujet connu. Car un film n'est pas un livre. Un film permet de mettre en avant des regards, des postures qu'un livre ne peut pas aussi bien montrer. Selon moi, les deux peuvent fonctionner ensemble et même être complémentaires. Mais je suis aussi ennuyé par mes propres méconnaissances. La Shoah est un sujet difficile qui demande d'user de mots et de concepts précis. C'est aussi le cas du négationnisme qui se porte sur des points extrêmement précis pour justifier l'idée que le génocide n'a jamais eu lieu. Je vais donc plutôt me porter sur la mise en scène.

La réalisation réussit à mettre en place plusieurs personnages, dont la très grande majorité est masculine, face à un seul homme. Il nous est expliqué que c'est voulu. Face à un irving arrogant au petit sourire sympathique ils placent des professionnel-le-s qui décortiquent toutes les preuves et tout le travail d'irving. Ce dernier est montré comme un manipulateur qui use de stratagèmes théâtraux pour imposer son point de vue. Sa première arrivée dans le film est, d'ailleurs, particulièrement intéressante. Avant de proposer de l'argent aux personnes capables de lui donner une preuve il utilise deux arguments d'autorités coup sur coup sans jamais parler du fond. C'est aussi le cas lors du procès puisqu'il utilise ses connaissances pour écraser ses adversaires. Cette caractéristique, cette fierté de ses capacités, est d'ailleurs utilisée comme un piège par l'équipe de Deborah. Il est bien montré que le but de cette dernière est de se porter sur le travail d'irving. La question principale qui leur est posée est celle de la preuve. Comment les historien-ne-s prouvent ce qu'illes savent ? Quelles sont les sources ? Sont-elles de nature différente ? Sont-elles bien traduites ? Qu'elle est la place des survivant-e-s? Peut-on, devrait-on, leur donner une voix dans ce procès ? Existe-t-il un contexte qui doit être connu pour les comprendre ? C'est dans ce cadre que plusieurs personnages masculins font du mansplaining envers Deborah Lipstadt en lui expliquant ce qu'elle sait parfaitement, elle a écrit un livre à ce sujet... Au final, c'est un film réussi qui traite d'un sujet difficile. Il aurait été facile d'échouer et je serais très curieux de lire le point de vue de Deborah Lipstadt elle-même ainsi que d'expert-e-s.

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***** Sobre, précis, intéressant. Une réussite.

Image : Site officiel

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11:07 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : denial, le procés du siècle | | | |  Facebook

28/04/2017

Django

Cette semaines deux films portant sur la deuxième guerre mondiale sont sortis dans les salles obscures. Le premier, le procès du siècle, parle du négationnisme et je vais le voir prochainement. Le deuxième est un biopic qui parle de Django Reinhardt. Ce dernier est un musicien célèbre de Paris. Il remplit les salles aussi aisément qu'un rockeur quelques années plus tard. Il est aussi un très bon compositeur. Le problème, c'est qu'il crée une musique dans le style du swing en pleine France occupée et en plein milieu de la guerre. Bien que la ville de Paris soit loin des fronts cela ne l'empêche pas de subir des alertes. De plus, des rumeurs lui parviennent. De vieilles familles auraient disparu, seraient assassinées, des camps seraient dressés. Bien qu'il pense être en sécurité ne serait-il pas plus prudent de fuir ? Surtout que les allemands commencent à s'intéresser à lui et veulent le produire en Allemagne même, voir à Berlin.

Je ne sais pas trop quoi dire de ce film. Premièrement parce que ma culture musicale est proche du néant. Je ne connaissais pas ce Django Reinhardt ni sa renommée de musicien. Bien que je connaisse l'ambiance du Paris entre les deux guerres, et donc que j'ai entendu parler du swing, je ne connais presque rien sur le vocabulaire musical. Et, bien entendu, la musique à une grande importance dans ce biopic. Elle est présente du début à la fin. Le film s'ouvre et se termine sur un concert. La musique est, selon plusieurs personnages, la seule chose qui protège Django des allemands. Mais c'est un bouclier bien mince qui dépend d'autres personnes qui pourraient ne plus être en faveurs.

Ce que ce film montre c'est aussi l'effort de survie des parisien-ne-s face aux occupants. Tout le monde ne peut pas résister et, parfois, on essaie seulement de nourrir sa famille. C'est tout ce que souhaite Django et il en faut beaucoup pour le convaincre de fuir. Bien que la réalisation soit classique, voire un peu molle, on nous offre de très belles scènes avec des contextes glaçant. La scène durant laquelle Django est convoqué par la police pourrait ne pas être essentielle à l'histoire. Mais elle est nécessaire au contexte. Un homme est examiné par des médecins qui essaient de prouver qu'il est le fruit d'une dégénérescence raciale. Pour cela, toutes les mesures sont bonnes et Django devient une suite de chiffres permettant de le cataloguer. Personnellement, je trouve que la meilleure scène est la dernière. Elle est très poignante et n'a besoin de presque aucune explication. La première est tout aussi bonne mais bien plus glaçante et montre immédiatement que les Tsiganes, pour reprendre le terme du film, sont en dangers et sont exterminés. On oublie souvent que le racisme contre les populations Tsiganes est une réalité et a débouché sur des meurtres et des enlèvements (la Suisse est championne des enlèvements d'enfants Tsigane, je vous renvoie au livre de Regula Ludi et Thomas Huonker Roms, Sintis et Yéniches – La 'politique tsigane' suisse à l'époque du national-socialisme).

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**** Un premier film qui n'est pas mauvais mais trop classique dans sa réalisation, trop prudent dans son propos.
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Image : Allociné

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08:24 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : django | | | |  Facebook

27/04/2017

Injustice gods among us: year five volume 1 par Brian Buccellato, Mike S. Miller, Bruno Redondo et Tom Derenick

Titre : Injustice gods among us: year five volume 1
Auteurs : Buccellato, Mike S. Miller, Bruno Redondo et Tom Derenick
Éditeur : DC 22 février 2017
Pages : 176

Ce tome contient Injustice gods among us: year 5 1-7. La quatrième année était désastreuse du point de vue de l'écriture. Les événements n'avançaient pas, les personnages n'était pas intéressants et les dieux ne servaient à rien sans oublier le gâchis qu'est Wonder Woman. J'avais donc des craintes pour cette années 5. Superman est maintenant l'autorité incontestée sur Terre. Il a vaincu tout le monde et toutes les forces les plus puissantes de l'univers. À la fin de la quatrième année, il a forcé les personnes élues à abandonner leur pouvoir en sa faveurs. Le régime est définitivement en place. Mais, la prison du régime a été brisée. Les prisonniers de droit commun et les prisonniers politiques se sont enfuis. C'est à la fois un danger et une opportunité. Un danger car il faut éviter que le régime échoue dans sa volonté de sécurité absolue. Une opportunité car certaines personnes pourraient être recrutées par le régime. Batman pense exactement la même chose et décide de s'allier à des criminels dont le code interdit de tuer. Et la résistance a bien besoin de quelques troupes.

Depuis que Buccellato a pris les rênes de la série Injustice celle-ci a perdu en qualité. La fin de la troisième année était laborieuse et la quatrième un désastre. Ce début de la cinquième année, la dernière, redonne un peu d'espoir. Il semble que Buccellato sait un peu mieux ce qu'il souhaite faire. Il crée plus de situations et de questions sur le régime de Superman. Cependant, le plus gros problème n'est toujours pas résolu : il semble que personne ne sache comment terminer l'intrigue et faire le lien avec le jeu vidéo. De plus, les personnages sont toujours aussi difficilement caractérisés. Il semble que les auteurs aient du mal à penser que les héro-ïne-s que l'on connait sont devenus des vilain-e-s. Leur identité n'est pas modifiée en conséquence. Wonder Woman continue de chercher la paix, Cyborg ne pose aucune question, Hal Jordan agit toujours en Green Lantern et Flash attend toujours que Superman se sente mieux. Personne ne semble avoir pris conscience de ce qu'illes sont devenu-e-s. Pire encore, les auteurs manquent une fantastique opportunité d'ajouter un peu de réflexion. Superman souhaite créer un monde complètement sûr. Mais que faire de la liberté ? De la démocratie ? Des résistances ? Ainsi, les parents de Superman disparaissent et le passage de pouvoir se fait en dehors de l'intrigue sans jamais tenter de l'expliquer ou de le rendre réaliste. Bref, il y a de trop nombreuses idées qui auraient pu rendre la série bien plus intéressante.

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**** Un petit mieux, mais pas de beaucoup.
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Image : Éditeur

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24/04/2017

Marvel's Jessica Jones

Jessica Jones est une jeune femme. Elle vit à New York dans un immeuble de bas standing mais pas trop mauvais. Bien qu'elle n'ait jamais réussi à tenir un travail elle est une bonne détective privée. Son boulot ne lui plait pas vraiment et elle en ressort une vision assez pessimiste de la nature humaine. Mais, les rares fois où cela est possible, elle apprécie aider les personnes innocentes. Car Jessica Jones n'est pas une simple humaine. Elle a pensé, pendant un court moment, à devenir une super héroïne. Jessica Jones possède des pouvoirs et elle n'hésite pas à en user pour réussir son métier. Mais elle ne fait pas de publicité non plus. Elle se contente de vivre et personne ne fait réellement attention à elle ni à ses capacités. C'est une période qui n'est pas vraiment bonne mais elle n'est pas mauvaise non plus. Jessica Jones survit. Tout change lorsque des parents décident de l'engager pour retrouver leur fille : Hope. Celle-ci a été kidnappée par une figure du passé proche de Jessica Jones. Et Jessica ne peut plus l'ignorer ni fuir : elle doit attaquer.

Jessica Jones est la seconde série Netflix se déroulant dans l'univers Marvel. La première est Daredevil, très appréciée, la troisième est Luke Cage que j'ai bien aimé et la dernière Iron Fist (je préfère ne pas en parler). Actuellement, ces séries ne sont pas encore fortement reliées entre elles mis à part par quelques personnages et, surtout, les lieux. Les séries Marvel de Netflix, selon moi, ont l'intérêt de posséder une identité visuelle et thématique forte. Daredevil parle de la justice non comme pratique mais comme concept désincarné et son générique est constitué de symbole placé en dehors de leur contexte. Luke Cage parle de communauté et, justement, son générique inscrit l'espace dans lequel joue la série sur le corps même du personnage principal. Jessica Jones est une série qui parle de survie en s'inspirant directement, et fortement, du comics de Brian M. Bendis. Son générique, justement, montre Jessica observant le monde sans en faire partie et se termine sur son nom brisé.

Car Jessica a vécu des événements qui l'ont traumatisée. Dès le début, on nous explique qu'elle est en état e stress post-traumatique qui a nécessité l'aide d'une thérapie. À plusieurs reprises, on observe Jessica Jones être envahie par la panique et suivre ce qu'on lui a appris pour gérer ses émotions. De plus, son histoire elle-même est tragique et crée une impression d'elle-même très négative. Jessica Jones ne s'aime pas, refuse de se lier à des personnes car elle se pense toxique mais souhaite tout faire pour aider les personnes qu'elle aime et les personnes qu'elle pense innocente. Toute la série, à mon avis, est une mise en scène d'un effort de survie après un viol et je doute qu'elle puisse être regardée dans un état émotionnel difficile.

Au lieu de continuer sur un thème qui ne me concerne pas je vais parler de l'autre versant de la série : les hommes. Et, plus précisément, ce que je qualifierais de masculinité toxique. Afin d'être clair et direct je vais immédiatement annoncer qu'il n'y a aucuns hommes dignes de de confiance dans Jessica Jones. Même les plus proches, les alliés pourrait-on dire, trahissent ou font du mal au personnage principal à un moment donné. Ainsi, Luke Cage ne croit pas Jessica Jones puis la blâme. L’officier Simpsons est bien pire. Il commence par s'excuser, explique à quel point il est gentil puis essaie d'expliquer à Jessica Jones ce qu'elle sait mieux que lui, tente de lui voler son leadership puis attaque physiquement Jessica Jones et sa sœur, Trish Walker. L'un échoue comme personne de confiance le second est un homme dangereux caché derrière une façade de nice guy.

Cependant, rien ne vaut Killgrave. Ce dernier est l'incarnation de la masculinité toxique. C'est un homme blanc d'âge moyen qui semble assez riche. Son pouvoir est de manipuler les personnes afin de les obliger à agir d'une certaine manière. Ainsi, et c'est exprimé dans la série, tout le monde est dangereux pour Jessica Jones. Absolument tout le monde pourrait souhaiter lui faire du mal. Mais ce qui rend Killgrave particulièrement horrible c'est sa morale. Il est incapable de comprendre qu'on puisse lui résister. Ainsi, il s'entoure de femmes trophées qu'il habille et coiffe comme de beaux objets. En ce qui concerne Jessica Jones, il la harcèle durant plusieurs jours. Il entre chez elle, il l'espionne, la force à faire des photos après lui demander de sourire, achète sa maison et tout cela n'est que le prélude d'une déclaration d'amour dans une scène absurde au possible. Killgrave ne pense pas être quelqu'un de bien mais ne comprend pas pourquoi Jessica Jones ne pourrait pas l'aimer. L'épisode qui suit, le 8, montre un Killgrave qui refuse toutes responsabilités en matière de viol, organise un chantage affectif et déclare Jessica Jones complice de ce qui lui est arrivé. Bref, Killgrave est l'incarnation de la masculinité toxique et, donc, défend la culture du viol et le patriarcat.

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***** Une très bonne série à l'identité forte. Elle traite particulièrement bien d'un thème difficile et compliqué. À mon avis, la meilleure série Marvel à l'heure actuelle.

Image : Allociné

Site officiel

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23/04/2017

La différence invisible par Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Titre : La différence invisible
Auteures : Mademoiselle Caroline et Julie Dachez
Éditeur : Delcourt 31 août 2016
Pages : 196

Il y a quelques mois je suis tombé sur ce roman graphique chez Delcourt. Je me suis posé beaucoup de questions et, après pas mal de temps, j'ai souhaité lire cette BD. La différence invisible est l'histoire d'une jeune femme de 27 ans, Marguerite. Elle est en couple, elle a un appartement, elle a un chien et deux chats et un boulot pour lequel elle est très appréciée. Mais Marguerite se sent mal dans le cadre de relations sociales qu'elle doit accepter et gérer tous les jours. Personne ne semble comprendre pourquoi elle ne s’intègre pas à des activités que tout le monde semble apprécier et accepter. Et, elle-même, ne comprend pas l'intérêt de ces activités qui l'épuisent. Après quelques temps, elle comprend qu'elle pourrait être différente et avoir besoin de modifier son cadre de vie.

Je le dis tout de suite, je ne suis pas un concerné. Je ne suis pas diagnostiqué asperger et, donc, je ne peux pas parler pour les personnes qui le sont. Les autrices de cette BD sont, elles, en partie concernée puisque l'histoire qui y est racontée et l'histoire de l'une d'elles, basée sur deux blogs. J'ai apprécié cette histoire. Elle est bien récitée. Le développement de la compréhension de Marguerite est particulièrement intéressant. Tout comme, et c'est bien plus important, la manière dont elle gère les interactions sociales au jour le jour. Le graphisme est tout aussi intéressant. Il commence en noir et blanc avec des nuances de rose et de rouge. Celles-ci permettent de mettre en avant les moments et les objets de stress. Au fur et à mesure du livre, les couleurs sont plus nombreuses alors que la gestion de la journée et de ses émotions devient plus facile et maitrisée. C'est une BD intéressante, qui explique bien les choses et dont les ressources, à la fin du livre, permettent de se rendre plus loin si on le souhaite.

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**** Une BD maitrisée, bien écrite et bien mise en scène. Une bonne lecture en cas d'intérêts en ce qui concerne le sujet.
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Image : Site officiel

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22/04/2017

Life / Life origine inconnue

Dans un futur proche l'ISS est toujours dans l'espace. La station est de plus en plus importante et elle est toujours financée. Régulièrement, des modules sont ajoutés afin de la rendre plus efficiente. Récemment, les autorités terriennes ont décidé de mettre en place un nouveau module dédié à une seule et unique expérience dont les ramifications sont énormes pour l'humanité. Car, il y a près d'un an, une sonde envoyée sur Mars a trouvé des traces de vie. La sonde est maintenant de retour. 6 personnes sont envoyées dans l'espace afin d'étudier les échantillons et de comprendre cette nouvelle forme de vie. Les réponses, et les questions, que l'étude implique justifie un financement exorbitant mais aussi, et surtout, la mise en place de défenses jamais vue. Quoi de mieux que l'espace pour empêcher une contamination ? Mais l'étude ne se déroule pas comme prévu.

Il est impossible de voir Life est de ne pas penser à d'autres films. La première référence qui nous vient en tête est, bien entendu, Gravity. En effet, Life se déroule dans le même environnement. Une partie importante de l'image est comparable aussi bien au début du film qu'à la fin. Personnellement, je trouve que cette iconographie est très efficace. Elle me permet de ressentir le danger de l'espace et le cocon très mince qui protège les personnages d'une mort certaine (et particulièrement horrible, je vous laisse googler l'effet du vide spatial sur le corps humain). Le problème, c'est que Life se déroule après Gravity et, donc, donne l'impression d'avoir volé des images sans penser à se créer une identité propre. Ce n'est pas le seul film auquel on pense. Alien vient immédiatement en tête. Un être venu d'une autre planète qui se balade dans un vaisseau confiné, des humain-e-s qui essaient de savoir où se trouve l'alien et comment s'en débarrasser, l'impression que le danger est partout... Nous avons déjà vu ça depuis le premier film de la saga Alien. Bien que le martien créé pour le film soit différent et semble bien fonctionner dans le cadre particulier de l'ISS il n'est pas non plus parfait. Bien que cela semble voulu, il est trop identifiable pour créer la même impression d'étrangeté ressenti dans Arrival. Enfin, et c'est le plus gros problème à mon avis, on ne s'intéresse pas aux personnages. On connait extrêmement peu de chose de leur vie, de leur passé, de leurs émotions. Étant donné que l'on n'arrive pas à s'identifier il est très difficile de s'attacher à elleux et de ressentir des craintes et des émotions lors des problèmes rencontrés. Bref, le plus gros problème de ce film est de n'avoir aucune identité propre et de se retrouver en concurrence directe avec des œuvres bien meilleures.

Le second plus gros problème est le scénario. Celui-ci est très efficace. Nous commençons l'histoire par la passion scientifique. Quelque chose d'énorme est arrivé et tout le monde, dans la station et dans le monde, souhaite en faire partie et aider à comprendre ce que cette découverte implique. Diffuser en directe, sur Times Square, un événement scientifique est tout de même magnifique ! Les scientifiques de la station ont tout autant de passion et observent avec attention la beauté d'un organisme inconnu qui grandit. Seule une scientifique a des craintes. Ainsi, le ton du film est d'abord celui du triomphe de la science et de la beauté de la recherche. Dans un second temps, le ton change complètement et devient celui d'un thriller spatial. D'un seul coup, l'organisme lui-même change de forme et devient plus menaçant tandis que les événements se précipitent. On passe de la beauté d'une découverte à la lutte contre un prédateur qui tente de survivre dans un environnement hostile. Le problème, c'est que le scénario est rempli de plot holes. Ainsi, on nous explique que les cellules de l'organisme sont indifférenciées et possèdent des caractéristiques musculaires, neurales et d'observation. Pourtant, l'organisme montré plus tard donne l'impression d'un corps différencié avec des organes de mouvement, des organes de force musculaire et, surtout une tête. On passe de la digestion par un cocon à la digestion par l'ingestion. Bref, il me semble que les scénaristes ne savaient pas vraiment quoi faire de l'organisme. Le problème concerne aussi les solutions et les activités de l'équipage. Pourquoi tenter de vider d'oxygène la station alors que l'alien est montré dans l'espace en train de survivre ? Pourquoi ne pas envoyer une des capsules sur Terre avec un message enregistré ? Et surtout, pourquoi l'alien s'attaque immédiatement aux communications Terre-ISS qui sont immédiatement coupées alors que l'on nous explique que la station fonctionne sur le principe de redondance ? Bref, il y a de gros problèmes d'écritures malgré un scénario efficace.

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**** Le film est clairement rempli de problèmes, dont le manque d'identité propre. Cependant, il a bien fonctionné sur moi malgré de nombreuses incohérences.
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Image : Site officiel

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10:34 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : life, origine inconnue | | | |  Facebook

21/04/2017

Gold

Kenny Wells est le dernier membre d'une famille de prospecteurs. Son grand-père a trouvé une colline e il a creusé. Son père a créé une entreprise qui gère plusieurs propriétés ainsi que les droits de prospections. Mais tout cela se déroulait dans le passé. Car, dans les années 80, Kenny Wells est pratiquement ruiné. Il a perdu ses bureaux, il a perdu sa maison et son équipe, de plus en plus mince, travaille dans un bar. Sa femme, Kay Wells, croit toujours en lui mais ne croit pas au retour de l'entreprise. Kenny ne survit plus que par la fumée et l'alcool. Mais, un soir, il fait un rêve. Il rêve d'une gigantesque mine en Indonésie. Une mine tellement vaste qu'elle ferait de lui l'homme le plus riche du monde. Le digne héritier de sa famille. Il se lance dans cette quête et rencontre un géologue, Michael Acosta. Ce dernier a trouvé la plus grande mine de cuivre au monde est pense que de l'or se trouve en Indonésie. Mais ce rêve est-il trop beau pour être vrai ?

Ce film est le quatrième que je vois au cinéma cette année. Oui, j'ai eu un ralentissement qui n'est pas dû à ma volonté. Mais j'aime toujours autant me rendre dans les salles obscures. Cette semaine, je n'avais pas vraiment de coups de cœurs mais j'étais intrigué. Gold fait partie des films qui m'intriguent et que je vais voir pour me faire une idée. Il fait aussi partie de ces films qui s'attaquent aux scandales financiers. Ces films, venus des États-Unis, commencent souvent par un homme (et c'est à dessein que je ne parle pas des femmes qui sont, dans ces films, des bijoux qui permettent d'illustrer la descente ou la montée dans l'échelle sociale), seul face à tout le monde, qui rêve de réussir. Cet homme sait qu'il a raison et que le système a tort. Mais il ne peut pas facilement le prouver. Heureusement pour lui, d'autres hommes décident de le croire. Coup de chance, c'est une réussite et le croyant se retrouve dans les hautes sphères de la richesse et des finances et doit survivre à ce monde décrit de manière peu sympathique voir décadente. Cet homme, dans ce film, est Kenny Wells. Personnellement, j'ai détesté ce personnage. Ce n'est pas le seul personnage que l'on peut ne pas aimer et d'autres sont pires. Ces hommes incarnent le rêve américain de grandeur et de richesse. Michael Acosta, lui, incarne l'homme qui a les pieds sur terre mais il cache autre chose. Seule Kay est sympathique. Et son rôle est de défendre la classe moyenne travailleuse face aux riches qui ne connaissent pas la vraie vie. Ces pauvres sont décidément des gens qui savent vivre ! Bref, déjà là le film me pose un problème.

Mon second problème avec ce film concerne le ton. J'ai déjà vu des films qui traitent de la finance et des scandales en prenant le parti de personnes antipathiques ou en considérant que personne n'est responsable. Parfois, c'est justifié. Margin Call, par exemple, montre des personnages essayant de sauver la peau de leur entreprise en trahissant leurs clients. Personne n'est directement responsable du problème mais les personnages travaillent activement à détruire des vies et leurs actes se terminent sur des faillites et des licenciements. The big short reprenait le même thème mais avec le point de vue des gagnants, des personnes qui ont parié sur la destruction de nombreuses vies qui ne souhaitaient qu'accomplir leurs rêves. Ces films montrent que les responsabilités sont plus diffuses et dépendent moins des personnes que d'un système entier. Cependant, ces deux films échouent à mettre en avant les responsabilités qui ne dépendent pas du système mais des choix possibles fait à l'intérieur de celui-ci. Qui a décidé de ne pas vérifier ? Qui a décidé de détruire des vies ? Et, pour Gold, qui a mis en place l’arnaque ? car Gold ne répond pas à cela. Il se termine sur l'idée que personne n'est réellement responsable. Tout le monde était de bonne foi. Pourtant, il y a bien une personne responsable du début de l'arnaque, même si d'autres personnes ont échoué à surveiller le fonctionnement de la mine.

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*** Je suis mitigé, ce n'est pas un mauvais film, il me semble assez bien écrit mais il échoue à aller au bout de son thème.
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Image : Site officiel

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09:43 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gold | | | |  Facebook

19/04/2017

Inception

7 ans après tout le monde il est temps pour moi de réparer un manque flagrant dans ma culture cinématographique des blockbusters venus des États-Unis : Inception. En effet, je n'avais pas eu l'occasion de le voir et ce n'est que hier soir que j'ai décidé d'emprunter le film à ma bibliothèque local (on peut faire ça) pour me faire une idée. Inception est un film de Christopher Nolan après deux Batman et Le Prestige (que je n'ai pas vu non plus mais il se trouve dans ma liste). Le film débute lors d'une fête. Plusieurs personnages dialoguent. Certains de ces personnages sont des braqueurs qui souhaitent ouvrir un coffre caché dans un bureau. On pourrait croire à une scène classique. Mais il y a une différence. Les personnages ne sont pas dans la réalité mais dans un rêve commun qui permet d'entrer dans la partie la plus intime d'une personne. C'est un boulot dangereux et difficile. Mais la personne que l'on suit, Cobb, est l'un des plus talentueux du monde. Ses capacités seront mises à rude épreuve quand on l'engage non pas pour voler une idée mais pour en implanter une.

Inception est un film compliqué. Il ne l'est pas parce que l'intrigue est compliquée. Il ne l'est pas non plus parce que les personnages sont compliqués ni parce que l'univers est fouillé. Les personnages sont, pour la majorité, peu développé. Ce sont des rôles dans une équipe. Il y a le commanditaire et plusieurs spécialistes : l'architecte, l'imitateur, le chimiste et l'enquêteur. Les personnages sont principalement définis par leurs rôles dans l'équipe de Cobb. Ce dernier, joué par Leonardo di Caprio, est le plus développé. En effet, durant le film nous en apprenons plus sur son histoire et l'intérêt pour lui de réussir cette mission. On peut ajouter sa femme, Mal. Mais cette dernière a encore moins de substance que le reste de l'équipe et ne sert qu'à faire avancer le personnage principal. L'univers, lui, existe mais n'est pas décrit. Nous savons que Nolan décrit un monde qui permet d'envahir les rêves grâce à une technologie militaire. Nous savons aussi que certaines personnes se droguent pour rêver tandis que d'autres se préparent aux possibles invasions. Mais rien de tout cela ne nous est montré on doit créer nous-même le contexte. Pire encore, il est expliqué que l'esprit humain réagit à une invasion mais cela n'est jamais bien expliqué.

Au final, moins que les personnages, l'intrigue ou l'univers ce qui importe dans ce film est le thème. Qu'est-ce que la réalité ? Comment peut-on différencier le rêve du réel ? Au fur et à mesure, les personnages s'enfoncent dans des rêves élaborés pour cacher leur nature. Bien que rien ne soit réel tout semble être vrai. Il peut donc devenir difficile de revenir au monde alors que l'on risque de tout perdre. Ce thème est implanté dans le personnage de Cobb et lié à un thème bien plus intime : le deuil. En effet, Cobb a perdu sa femme mais ne peut pas la laisser partir. Elle est encore présente dans tous ses rêves et il lui est impossible de la laisser partir. En conclusion, nous avons un film qui utilise une intrigue simple avec des images spectaculaires mais que nous avons, en grande partie, déjà rencontrée pour mettre en place un film à plusieurs niveaux et nous faire questionner sur la nature même de la réalité.

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**** Un beau film. Ce n'est pas un chef d’œuvre mais c'est, assurément, un bon film dont la photographie est maitrisée afin de donner des scènes impressionnantes.
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Image : Allociné

Site officiel

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08:41 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inception | | | |  Facebook

16/04/2017

Jessica Jones: Alias 2. Pourpre par Brian M. Bendis et Michael Gaydos

Titre : Jessica Jones: Alias 2. Pourpre
Auteurs : Brian M. Bendis et Michael Gaydos
Éditeur : Panini comics 4 mai 2016
Pages : 336

Ce second tome contient les épisodes 16-28 d'Alias ainsi que What if Jessica Jones had joined the Avengers 1. Jessica Jones est une détective privée de New York. Elle a eu une courte carrière d'héroïne. Celle-ci s'est brusquement terminée du jour au lendemain. Depuis, Jessica Jones a troqué le costume clinquant avec une veste en cuir et des bottes. Elle s'occupe des petits problèmes du petit monde de la ville sans faire trop de vagues malgré quelques ennuis qu'elle peut avoir de temps en temps. Elle se rapproche aussi bien de Luke Cage, l'homme fourmi ou encore Matt Murdock dont elle est la garde du corps. Cependant, Jessica Jones est de plus en plus connue. Ainsi, on la contacte de plus en plus concernant des affaires étranges. Et, pire encore, alors qu'elle rentre chez elle une jeune femme habillée comme Spider-Man lui demande de l'aide avant de fuir.

L'épisode What If mis à part, ce tome est constitué de trois parties. La première concerne l'enquête sur Spider Woman, la second est l'origine de Jessica Jones et la dernière concerne Killgrave et son lien avec Jessica Jones. Ce second tome continue sur la lancée du premier en étant réaliste. Jessica Jones agit comme une femme réelle et non comme un personnage de comics. Elle jure, elle engueule, elle se bat quand c'est nécessaire mais en détestant cela. Lorsqu'elle se trouve avec un homme les deux adultes sont nus. Bref, c'est un comics qui ne censure pas.

Ce refus de censurer se retrouve dans les intrigues qui sont toutes particulièrement violentes non seulement physiquement mais aussi psychologiquement. Ce second tome est rempli d'abus. Ceux-ci sont aussi bien psychologiques que physiques allant jusqu'aux viols. Donc, si vous souhaitez lire ce comics préparez-vous. Le thème commun des intrigues concerne donc les abus. Et, pour cela, les auteurs (dont aucun n'est de genre féminin) utilisent des personnages masculins abuseurs. Que ce soit des dealers qui utilisent les corps des femmes ou Killgrave qui peut utiliser tout le monde contre leur gré. Ainsi, l'histoire de Jessica Jones est fortement impactée par sa rencontre avec celui-ci. L'écriture de leur histoire commune est particulièrement glaçante.

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***** Tout aussi bon que le premier tome, des intrigues horribles

Image : Site de l'éditeur

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15/04/2017

Injustice les dieux sont parmi nous 7. Année 4 - 2ème partie par Brian Buccellato, Tom Taylor, Bruno Redondo et Mike S. Miller

Titre : Injustice les dieux sont parmi nous 7. Année 4 - 2ème partie
Auteurs : Brian Buccellato, Tom Taylor, Bruno Redondo et Mike S. Miller
Éditeur : Urban comics 7 avril 2017
Pages : 168

Ce tome contient Injustice: Gods among us year four 8-12. Le combat contre les divinités continue. Sur les marches du Hall de la Justice les humain-e-s et les anciennes divinités se sont battues. Le fils de Zeus est mort au combat. Ce qui force Zeus à agir. Il supprime les pouvoirs de Shazam, exile Superman et pose un ultimatum au monde : vénérez les dieux de la Grèce et oubliez vos fausses divinités. Mais le monde n'est pas en accord. Les personnes croyantes refusent de suivre l'ultimatum tandis que la Ligue de Justice se cache en Atlantide. L'humanité, elle, se demande si elle n'a pas perdu un tyran pour en retrouver un autre. Dans le même temps, Plastique Man trouve enfin la prison secrète de Superman.

Cette série entre dans des eaux troubles. Depuis quelques temps, il me semble que le scénariste oublie l'histoire qu'il doit conter et essaie de faire d'autres choses. Batman n'est presque plus rien. Son personnage est à peine un fantôme manipulé par les événements et les autres personnages. Superman n'est qu'une brute assoiffée de sang qui ne prend même pas la peine de parler à ses alliés. Tout se passe comme si les auteurs n'arrivaient pas à imaginer faire se battre Batman et Superman. Alors des situations qui imposent une alliance sont créées en oubliant totalement la mise en place du régime de Superman. Ainsi, la fin du tome tombe comme un cheveu sur la soupe. L'Annual, scénarisé par Tom Taylor, est, par contre, de bien meilleure qualité et réussit à remettre en place l'ambiance des premiers tomes tout en se concentrant sur un personnage un peu ridicule et qui, pourtant, fait peur à Superman. On retrouve, enfin, l'impression de tyrannie que crée le personnage de Superman dans cette histoire.

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*** Une qualité en baisse à peine sauvé par un annual très sympathique sur lequel on retrouve l'ancien scénariste.
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Image : Site officiel

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14/04/2017

Injustice les dieux sont parmi nous 7. Année 4 - 1ère partie par Brian Buccellato, Bruno Redondo, Mike S. Miller et Juan Albarran

Titre : Injustice les dieux sont parmi nous 6. Année 4 - 1ère partie
Auteurs : Brian Buccellato, Bruno Redondo, Mike S. Miller et Juan Albarran
Éditeur : Urban comics 17 février 2017
Pages : 168

Ce tome contient Injustice: Gods among us year four 1-7. Lors de l'année 3 Batman a été manipulé par Constantine dans le but d'éliminer Trigon. Loin de s'excuser, Constantine annonçait à Bruce Wayne qu'il existait d'autres moyens de vaincre Superman. Depuis, la résistance se cache sur Terre. Personne ne peut la trouver et elle n'agit plus. La résistance est moribonde alors que Superman est plus puissant que jamais. Bien que presque plus personne ne peut le contester il s'apprête à mener un nouveau combat. Les dieux et déesses de la mythologie grecque décident d'armer les Amazones et de se lancer dans la guerre contre Superman afin de reprendre le contrôle de la terre et de l'humanité. Superman est-il assez puissant pour vaincre une divinité ? Et que fera Wonder Woman face à son peuple ?

Tous les défauts du tome précédent se retrouvent ici. Il n'y a que des scènes sans logiques qui se suivent pour donner un "beau combat" de jeu vidéo sans penser à l'intrigue. Batman se morfond et ne dit rien. Alors oui, il est intéressant de montrer un Batman qui se remet en question. Mais cela n'implique pas de ne rien faire... Pire encore, quand Batman revient personne ne réagit. Renee est totalement gâchée sans aucune raison. Les personnages partent mais reviennent sans même prendre le temps de réfléchir alors qu'une remise en cause des méthodes et du leadership de Batman aurait pu être très intéressant. Pire encore, Wonder Woman réagit comme une idiote sans se rendre compte du piège dans lequel elle se lance. Enfin, la guerre menée par les divinités est simpliste. Les personnages ne font rien puis passent à l'attaque puis attendent à nouveau sans raisons... Ce tome est un gros gâchis scénaristique.

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*** Brian Buccellato n'a aucune idée de comment utiliser les personnages et ne sait pas quelle histoire raconter. Il se contente de remplir des pages automatiquement.
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Image : Site officiel

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Thud! (Discworld 34, City Watch 7) par Terry Pratchett

Titre : Thud ! (Discworld 34, City Watch 7)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 464

Ankh-Morpork est une cité multiculturelle. Le cauchemar de certain-e-s politicien-ne-s de notre monde. Mais la cité fonctionne malgré les complots pour déposer Vetinari et revenir à "Avant". Cependant, tout n'est pas parfait. En effet, depuis quelques temps des nain-e-s traditionalistes parlent à leurs compatriotes. Illes leurs expliquent que les Nain-e-s sont supérieur-e-s au reste du monde. Que seule la vie dans la terre vaille la peine, la surface n'est qu'un rêve. Mais surtout, il leur est expliqué que les trolls sont des ennemis naturels qu'il faut exterminer. Les problèmes posés par ces paroles sont si importants que même la garde en souffre. Mais rien ne saurait la préparer au meurtre de l'un de ces nain-e-s traditionaliste. Les trolls sont accusés alors que la fête de la bataille de Koom Valey approche. Vimes a beaucoup à accomplir alors que trois trônes vacillent face à la perspective d'une guerre qui pourrait tout engloutir.

Comme souvent, dans le cadre du cycle de la garde, l'intrigue parle des ethnies et des problèmes qui peuvent exister. Depuis le début du Disque-Monde, Pratchett a transformé Ankh-Morpork pour en faire une ville sûre - plus ou moins en tout cas - avec une population non-humaine de plus en plus importante et qui, malgré les humain-e-s, s’intègre assez bien. Dans le même temps, le fonctionnement politique des nain-e-s a été fortement développé tandis que les trolls ne sont plus des brutes sans cervelles même si leur histoire n'est pas très développée. Ce tome ajoute une couche en donnant plus de substance à l'histoire des trolls mais aussi en développant la faction traditionaliste des nain-e-s. Par la même occasion, Pratchett égratigne les politicien-ne-s qui préfèrent créer des divisions plutôt que de relier des populations différentes. Pratchett se base aussi sur l'histoire d'une ancienne bataille. Il montre de quelle manière l'histoire peut être utilisée par des politicien-ne-s pour défendre une certaine position. Il montre aussi comment on réagit lorsque ce que l'on croit vrai est, en fait, une invention.

Mais Pratchett ne serait pas Pratchett s'il ne prenait pas le temps de se moquer de notre époque. Ce tome est l'occasion de s'en prendre à The da Vinci code. Les personnages de ce tome découvrent une histoire cachée que seule un trésor permet de comprendre. Pour cacher cette vérité un groupe se constitue afin de détruire toutes les traces qui en restent. Mais cette vérité, le secret de la Koom Valey, est cachée dans une peinture d'un artiste fou ! Vimes essaie de comprendre et suit des indices disséminés par plusieurs gouvernements. Si ce n'est pas une histoire qui vous rappelle quelque chose vous avez beaucoup de chance ! Ce petit plus, cette petite gentille moquerie, donne une saveur de plus à un tome déjà très bon et bien assez riche.

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***** Terry Pratchett a atteint sa vitesse de croisière et le Disque-Monde sa maturité.

Image : Site officiel

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12/04/2017

Injustice les dieux sont parmi nous 6. Année 3 - 2ème partie par Tom Taylor, Brian Buccellato, Bruno Redondo et Mike S. Miller

Titre : Injustice les dieux sont parmi nous 6. Année 3 - 2ème partie
Auteurs : Tom Taylor, Brian Buccellato, Bruno Redondo et Mike S. Miller
Éditeur : Urban 8 juillet 2016
Pages : 184

Ce tome 6 contient Injustice: Gods among us year three 7-12 et annual 1. Lors de cette troisième année Batman s'allie à John Constantine afin de vaincre Superman. Pour cela, il accepte de kidnapper Raven et d'accomplir un pacte avec un démon. Malheureusement, d'autres forces magiques sont en accord avec Superman. La créature du marais par exemple mais aussi, et c'est une surprise, le Spectre dont la puissance est presque inégalée. Mais Batman a réussi à placer Superman dans un sommeil magique et son règne en est fragilisé. Le combat n'est pas terminé et l'une des prédictions de Madame Xanadu est accomplie : Wonder Woman est de retour et elle fera tout son possible pour sauver Superman et châtier ses ennemis !

Que penser de ce nouveau tome et de son changement de scénariste ? Personnellement, j'ai beaucoup moins apprécié. Injustice pose la question du pouvoir absolu, de la tyrannie, de la nécessité d'agir en commun et de la résistance. Pour cela, Superman avait été posé comme l'homme bon qui tombe et Batman l'homme mauvais mais moral. Ça fonctionne assez bien malgré l'impression que les tomes enchainent les combats sans vraiment avance. Un problème rendu plus important encore par le fait que l'on connait la fin. On sait que Superman gagne et que seul l'intrigue du jeu vidéo permet à Batman de finalement le vaincre. Le comics est censé nous montrer un processus et non une suite de combats. Malgré tout, ça fonctionnait encore assez bien.

Malheureusement, ce nouveau tome oublie le processus pour ne créer que des situations arbitraires dont la résolution est mal écrite. L'exemple parfait est le secret derrière le comportement du Spectre. Pire encore, ce tome donne l'impression de ne créer que des combats sans aucune substances comme si le jeu était figé. Mais le pire, à mon avis, est Wonder Woman. Depuis le début je me suis demandé pour quelle raison une femme qui incarne une guerrière chargée de défendre la paix se range dans le camp de Superman. Ce tome nous donne la réponse et elle pose de nombreux problèmes. Non seulement, à mon avis, la raison de Wonder Woman est mauvaise. Mais, en plus, elle détruit tout possibilité d'exister pour elle-même. Il aurait été bien plus intéressant de laisser Superman dormir et de donner à Wonder Woman le leadership. Enfin, l'évolution d'Harley Quinn est effacée. Durant les tomes précédents elle expliquait ne plus vouloir vivre une relation abusive. Ce tome la voit tomber amoureuse d'un homme après qu'il l'ait frappée au combat... Ce tome me donne l'impression d'un gâchis.

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*** Tout se passe comme si les personnes en charge ne savent pas quoi faire de l'intrigue ni des personnages.
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Image : Site officiel

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11/04/2017

Game of thrones 6

Westeros existe toujours, malgré les batailles et les humain-e-s qui tentent de tout détruire. Le mur tient encore, les grandes maisons sont loin d'être mises à mal et la religion officielle est encore plus forte qu'auparavant sous la direction d'un fanatique aux pieds nus. La fin de la saison 5 était emplie de cliffhanger. Plusieurs personnages était mis en danger alors que de nombreux événements avaient lieu en même temps. La saison 6 reprend immédiatement. Cersei est mise à mal, John Snow est mort et Daenarys a disparu. Il semble que Westeros soit pacifié malgré quelques lieux de résistances. Mais les impressions sont trompeuses. Le nord se prépare à l'invasion et à la guerre tandis que Petyr Baelish a pris le contrôle de la maison Aryn. Cette fausse impression de sécurité cache une instabilité profonde. Et les Lannister ne sont plus la maison qu'ils étaient sous Tywin. De l'autre côté de la mer, Tyrion s'habitue à gouverner au nom de Daenerys. Mais ses efforts pourraient bien être un échec.

La saison 5 est la moins bonne de la série. Plusieurs raisons peuvent être avancées pour l’expliquer : il fallait préparer la transition entre l'absence de livres et la série, des facilités scénaristiques, trop de personnages et de lieux en même temps... Je pense que le pire épisode est le 509 qui voit Stannis décider de brûler sa fille, Shireen, au mépris de toute la construction de son personnage. C'était un épisode écrit par des fainéants qui se sont contentés de choquer pour choquer sans prendre en compte une once de logique. On pouvait donc craindre pour la suite de la série alors que les scénaristes devaient oublier la béquille que sont les livres. Heureusement, il me semble que cette saison 6 repart sur de bonnes bases. Elle commence à terminer une bonne partie des intrigues qui ont pu être oubliées auparavant. Les scènes violentes sont toujours présentes mais elles sont moins inutiles que l'exemple que j'ai donné. Au contraire, il me semble qu'elles servent à montrer l'horreur de ce que vivent les personnages plutôt que de choquer gratuitement (mais il est possible de ne pas être d'accord avec moi).

À mon avis, l'exemple le plus frappant est Sansa Stark. Ce personnage, durant les premières saisons, est impliqué dans des événements et avec des personnes sans y avoir été préparée. Elle tente, avec difficultés, de survivre. Lors de la saison 4, elle s'enfuit de la capitale pour se retrouver en relative sécurité. Durant plusieurs saisons, on nous a dépeint un personnage qui apprend pour survivre et, finalement, on lui permet de vivre. Mais la saison 5 utilise Sansa dans l'une des scènes les plus controversées et mal écrites de la série (les scènes les plus controversées sont toutes du même genre et les scénaristes n'ont jamais compris le problème...). Cette scène est non seulement mauvaise mais elle ne rend pas non plus justice à Sansa. Heureusement, la saison 6, elle, nous permet de retrouver une Sansa mature qui lutte contre son frère pour prouver ses capacités et n'hésite pas à le contredire ou à agir sans lui. Sans y est dépeinte comme bien plus capable que son frère encore un peu naïf. Bref, Sans est enfin actrice de son destin.

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**** Une saison qui pose de bonnes bases pour le début de la fin et une bouffée d'oxygène après une mauvaise saison 5.
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Image : Site officiel

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09:34 Écrit par Hassan dans Fantasy, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : game of thrones | | | |  Facebook

05/04/2017

Loki Agent of Asgard 1. Trust me par Al Ewing et Lee Garbett

Titre : Loki Agent of Asgard 1. Trust me
Auteurs : Al Ewing et Lee Garbett
Éditeur : Marvel 2 septembre 2014
Pages : 120

Ce premier volume contient Loki : Agent of Asgard 1-5 ainsi que All-New Marvel Now ! Point One 1. Loki est Loki. Un dieu asgardien de la discorde et de la ruse. Dans le cadre de Marvel, il est aussi l'ennemi de Thor et donc, par extension, des Avengers et de la Terre. Mais Loki veut s'échapper de cette histoire. Il souhaite créer une nouvelle réalité pour ce qu'il est. Il souhaite effacer le passé et créer un nouveau Loki toujours aussi rusé mais qui n'est pas le dieu du mal tel qu'il est décrit par tout le monde. Pour retrouver une virginité il accepte de travailler pour la mère de tout : Freyja. Loki est maintenant un agent d'Asgard. Sa mission est simple : retrouver et capturer les dieux asgardiens afin de les ramener à leur place : Asgard. Mais le comportement de Freyja est étrange. Pourquoi souhaite-t-elle, soudainement, ramener les dieux chez elleux ? Que cache-t-elle dans ses cachots ? Et Loki est-il réellement un dieu changé ?

Loki est, dans le Marvel Cinematic Universe, le seul vilain intéressant (en dehors des séries Netflix). Il n'est donc pas étonnant que je l'apprécie. Il est rusé, il aime créer des énigmes, il est capable de se métamorphoser et de changer de sexe. En plus, j'apprécie particulièrement l'histoire des Vikings et la mythologie nordique bien que sa traduction en comics soit peu fidèle. L'idée de faire de Loki un agent chargé des missions en faveurs d'Asgard m’intriguait. Cette identité me semble plus proche du Loki original que du simple vilain dieu du mal que nous voyons dans les autres histoires. Dans le cadre de ce premier volume, Loki est aussi rajeuni, rendu plus "beau" et plus drôle et sympathique.

Bien qu'il ne soit pas forcément utile de chercher trop loin, il me semble que l'histoire parle d'identité. Ayant lu un certain nombre de livres de Pratchett dernièrement il n'est pas surprenant que ce thème me reste en tête. Loki, dans ce volume, essaie d'échapper au destin des dieux asgardiens et surtout à son destin. Il veut oublier son identité passée et se créer une nouvelle identité. Pour cela il accepte un pacte : une bonne action efface un crime passé. Car, selon Loki, les anciennes histoires ont du poids et cela pourrait le faire retomber dans son identité passée. Un thème assez pratchettien en quelque sorte. Sans être flamboyante, l'intrigue est bien menée, drôle et plaisante à lire. J'ai particulièrement apprécie le second épisode qui se déroule en plein milieu d'un speed dating !

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**** Pas de grandes réflexions mais une intrigue plutôt bien menée pour un personnage que j'apprécie.
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Image : Éditeur

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