Hassan's Stories - Page 4

  • Avatar the last airbender: The promise par Bryan Konietzko, Michael Dante DiMartino, Gene luen Yang et Gurihiru

    Titre : Avatar the last airbender : The promise
    Auteurs : Bryan Konietzko, Michael Dante DiMartino, Gene luen Yang et Gurihiru
    Éditeur : Dark horse 20 février 2013
    Pages : 240

    Ce volume contient The Promise 1-3. La guerre est terminée. Le Seigneur du Feu Ozai a été vaincu. Son fils, Zuko, règne à sa place. Le roi de la Terre a été remis sur son trône. La flotte de la nation de l'Eau s'est retirée. Mais la paix n'existe pas encore. Afin de garantir l'harmonie entre les peuples le Seigneur du Feu, le roi de la Terre et l'Avatar Aang se réunissent et acceptent un plan : le mouvement de restauration de l'harmonie. Celui-ci implique de détruire les colonies de la nation du Feu afin de rendre au royaume de la Terre ses possessions. Mais est-il vraiment possible d'effacer ainsi 100 ans de coexistences et d’occupation ?

    SPOILERS

    La série Avatar n'hésitait pas à s'intéresser à des sujets difficiles tout en essayant de parler à des enfants. Ce comics continue cette tradition. En effet, les différents personnages doivent se confronter aux problèmes de la colonisation. Dans cet univers, la nation du Feu a colonisé des villes du royaume de la Terre. Ceci met à mal la division entre quatre nations qui nous est montrée et il est logique d'essayer d'y revenir. Mais le comics montre parfaitement bien que les décisions les plus logiques peuvent s'attaquer à la vie de personnes concrètes. En nous montrant l'exemple de la ville de Yu Dao les auteurs nous montrent de quelle manière une ancienne colonie se fonde sur une forme de mixité culturelle. Des maitre-sse-s de la Terre y sont considérés comme des citoyen-ne-s de la nation du Feu. Les familles se sont mêlées et ont commencé à travailler ensemble afin de créer une culture différente. Cependant, les colonisateurs sont tout de même dominant-e-s économiquement parlant. En peu de pages, les auteurs nous montrent des problèmes très concrets tout en refusant la colonisation.

    Ce volume parle aussi de la difficulté de diriger une nation. Aussi bien Zulo et que le roi de la Terre doivent prouver à leur peuple qu'ils sont capables de prendre des décisions en leur faveurs. Le roi de la Terre doit briser son image de faiblesse qui l'a forcé à fuir après avoir été trahi. Zuko, lui, doit reprendre en charge une nation guerrière dont l'ancien Seigneur est toujours en vie. Alors qu'il commence en essayant de suivre ses idées, il est rapidement obligé de demander les conseils de son père car il doute de plus en plus de la justesse de ses actes. Bien entendu, on comprend que c'est ce doute qui permet à Zuko de devenir un meilleur dirigeant. C'est aussi son envie de protéger la population qui lui permet d'être différent de son père même si cela implique de prendre des décisions qui risquent de le rapproche d'Ozai.

    Enfin, nous avons Aang. Là aussi, nous revenons vers lui immédiatement après la fin de la série. Sa relation avec Katar, à laquelle je ne crois toujours pas, est accélérée puisque les deux sont officiellement en couple. Bien que ce ne soit que rarement mis en avant, les auteurs montrent les difficultés d'un jeune couple constitué de deux personnes qui entrent tout juste dans l'adolescence. Les auteurs s'intéressent bien plus à ce que signifie, pour Aang, le titre de dernier maitre de l'air. Pour en parler ils introduisent un fan club constitué de deux chapitres. Le premier ressemble fortement à des fan clubs existants tandis que le second est constitué de personnes qui étudient la culture des nomades de l'air. Ce point permet de parler d'appropriation culturelle.

    Ce premier vrai volume des comics d'Avatar le dernier maitre de l'air me semble être une réussite. En peu de pages, les auteurs introduisent des questions complexes tout en construisant sur ce que la série avait mise en place. La fin de ce volume annonce aussi l'intrigue du prochain qui semble être beaucoup plus intimiste.

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    **** Un bon premier volume, je suis curieux de lire la suite

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  • Avatar the last aribender: the lost adventures

    Titre : Avatar the last aribender : the lost adventures
    Auteur-e-s : 21 personnes collaborent
    Éditeur : Dark horse 15 juin 2011
    Pages : 240

    Cette BD contient 28 comics différents. Ceux-ci proviennent de différents magazines mais aussi des DVDs avec quelques histoire inédites. Avatar The last airbender est l'une de mes séries animées préférées, avec sa suite The legend of Korra. Étant donné que j'ai bien apprécié le premier comics qui continue les aventures de Korra j'ai voulu lire celles qui suivent les aventures de Aang. Cette première lecture se déroule durant la série. Il est divisé selon les trois saisons avec de petites aventures qui ont eu lieu entre deux épisodes. Certaines de ces aventures permettent de combler quelques trous scénaristiques, mais aucune n'est nécessaire pour comprendre la série.

    SPOILERS

    Cette petit BD me semble exister avant tout pour les fans de la série. Elle ne fait que rééditer une bonne partie des petites histoires déjà connues sans créer de nouveautés. Si l'on apprécie la série, on va aimer retrouver l'équipe entre les épisodes tenter de se reposer, de combattre et de trouver à manger. J'ai particulièrement aimé retrouver certaines mentions qui sont faites durant la série, comme les aventures d'Aang avec son ami de la nation du feu 100 ans auparavant.

    Cependant, je déplore des histoires souvent peu intéressantes. Sans être mauvaises, les aventures dépeintes sont trop courtes pour donner vraiment l'impression d'être face à une intrigue. Souvent, on se trouve face à un problème résolu en quelques cases par l'usage d'une maitrise. Les relations entre les personnages ne sont pas non plus développées, on doit accepter ce que l'on connait déjà de la série. Tout cela n'est pas la faute de cette édition, ces problèmes dépendent du format magazine de ces aventures qui impliquent peu de pages et donc des résolutions rapides.

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    *** Quelques idées sympathiques mais des histoires trop courtes

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  • A new Dawn par John Jackson Miller

    Titre : A new dawn
    Auteur : John Jackson Miller
    Éditeur : Penguin 23 avril 2015
    Pages : 416

    Il y a longtemps, les Jedis ont été trahis. Les forces de la République se sont retournées contre elleux alors que l'Empire prenait rapidement sa place. Mais un jedi a eu le temps de lancer un avertissement. Celui-ci a été reçu par l'un des derniers rescapés. Il décida de changer de nom et de vivre au sein des mondes les plus inhospitalier possibles sous le nom de Kanan. Il n'a pas d'ami-e-s, il n'a pas d'attachements et il se contente de travailler puis de boire et de recommencer sur une autre planète lorsqu'il le souhaite. Mais il est rattrapé par une jeune rebelle qui souhaite observer le fonctionnement de l'Empire et tombe sur une idée qui pourrait tuer des millions de personnes. Kanan va devoir redevenir un héros.

    SPOILERS

    Comme les autres romans que j'ai actuellement lu celui-ci a un lien direct avec le quatrième film. En effet, ces romans mettent en avant le projet de l'Etoile Noir et surtout son effet sur l'économique de l'Empire. Ici, on observe des mineur-e-s devoir suivre des quotas de plus en plus importants pour un matériel spécifique. Bien que personne ne mentionne le projet, les personnes qui lisent savent très bien ce qui est en train de se dérouler. Cet aspect est vu par les yeux de l'adversaire du roman : Vidian. Un cyborg qui ressemble à une fusion entre Emmanuel Macron et Castaner. Il est sans pité. Sa seule envie est de créer des entreprises productives même si cela implique la mort. Les refus sont reçus par la force des armes et personne ne peut le faire changer d'avis car il considère avoir raison sur tout.

    Ce roman permet aussi de mettre en place un prélude à la série Star Wars Rebels. Dans celle-ci on croisait Hera et Kanan travaillant ensemble avec une équipe. Mais on ne savait pas comment Kanan avait survécu ni comment ces deux personnes se sont rencontrées. L'intrigue de ce livre permet de connaitre ces deux points. Les débuts des chapitres donnent, parfois, quelques indices sur le passé de Kanan tandis que les événements permettent de relier les deux personnages et de préparer leur relation future.

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    *** Une aventure sympathique qui tient en grande partie sur Hera et Kanan et l'envie de les revoir

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  • Les abolitions de l'esclavage par Marcel Dorigny

    Titre : Les abolitions de l'esclavage
    Auteur : Marcel Dorigny
    Éditeur : PUF avril 2018
    Pages : 128

    Je ne connais que peu de choses sur l'histoire de l'esclavage. J'en connais tout aussi peu sur l'histoire de l'abolition. Ce petit que-sais-je me permet de combler un manque dans mes connaissances en histoire et des conséquences de l'esclavage et des choix qui ont mené à l'abolition. Ce livre est suivi d'une chronologie qui se termine en 2001 et d'une bibliographie thématique. Ce petit livre est divisé en 7 chapitres.

    Les trois premiers chapitres permettent de situer le thème et d'expliciter ce que veut faire le livre. Bien entendu, l'auteur doit nous montrer de quelle manière fonctionnent les sociétés esclavagistes occidentales. Le but de ce livre n'est pas d'en faire l'analyse mais de parler des abolitions, ce qui explique le peu de pages qui s'intéressent aux pratiques. L'auteur essaie d'abord d'expliquer quelles sont les résistances à l'esclavage. Il démontre que les révoltes furent pratiquement immédiates, ce qui mène à une certaine peur des colons face à une population importante. Dans un troisième chapitre, il explique ce sont que les anti-esclavagistes et les abolitionnistes. Les deux ne sont pas identiques et surtout les moyens changent. Ainsi, il est rare qu'une personne pense que l'esclavage pourra disparaitre par une loi, les européens abolitionnistes préfèrent tenter une disparation par étape, presque "naturelle". L'abolitionnisme n'est pas non plus forcément basé sur la morale, ce sont souvent des questions économiques qui sont mobilisées. L'esclavagisme est vu comme une pratique ancienne économiquement peu fiable.

    Les chapitres 4 et 5 s’intéressent aux tentatives d'abolitions de l'esclavage et de la traite. Les premières abolitions se mettent en place par la France après la Révolution. Mais celle-ci dépend des insurrections locales, en particulier à Saint-Domingue, et non d'une décision de Paris. Ce n'est qu'après des tentatives de répressions que les envoyés de Paris décident unilatéralement, et illégalement, de supprimer l'esclavage. Mais cette première abolition échoue à cause de Napoléon qui rétablit la pratique. Le chapitre 5, en revanche, permet de comprendre de quelle manière le XIXème siècle a permis l'abolition. L'auteur commence par expliciter les décisions du Congrès de Vienne et de l'Angleterre avant de présenter les décisions de plusieurs pays. Il montre que, dans tous les cas, les décisions sont critiquées voire refusées par les colons.

    Les deux derniers chapitres s'intéressent aux suites de l'abolition. Le chapitre 6 pose la question de l’indemnisation des colons. Celle-ci dépend de la manière dont on pense l'humanité mise en esclavage : est-ce que ce sont des humain-e-s avec des droits naturels ou des possessions protégés par les droits de propriété. Malgré certains discours véhéments, les colons sont progressivement indemnisés par les états (sauf aux Etats-Unis). Enfin, le dernier chapitre essaie de comprendre de quelle manière les sociétés se sont développées après les abolitions. L'auteur montre que l'esclavagisme et son abolition ont eu des conséquences importantes sur les sociétés. Même égaux, les anciens esclaves ne sont pas toujours libres de leurs mouvements ou dans leur choix de travail. De plus, le racisme est toujours présent.

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  • Thrawn par Timothy Zahn

    Titre : Thrawn
    Auteur : Timothy Zahn
    Éditeur : Penguin 14 décembre 2017
    Pages : 496

    Lorsqu'un vaisseau impérial croise l'existence d'un alien inconnu certaines procédures sont nécessaires. Celle-ci dépendent du passé républicain de la Galaxie et impliquent d'étudier et de contacter les espèces rencontrées. Mais les indices découverts par le vaisseau impérial impliquent une seule personne. Celle-ci se nomme Thrawn. Il provient d'une espèce mythique que peu de personnes connaissent. Selon ses propres mots, il a été exilé à cause de ses activités militaires. L'Empereur décide donc de l'envoyer à l'académie des officiers et d'observer de prêt sa carrière.

    SPOILERS

    Ce roman se déroule avant les événements de la série Rebels et se termine juste avant l'apparition de Thrawn dans celle-ci. Il y a longtemps, j'avais lu la série de livres autours de Thrawn dans ce qui est actuellement l'univers légendes, une série considérée comme particulièrement bien écrite. Le retour de Thrawn dans l'univers canon fut donc fortement attendu. Personnellement, je l'ai retrouvé dans la série Rebels dans laquelle il m'a un peu déçu. Ce roman permet de remettre en place le personnage, d'expliquer ses capacités et surtout de décrire son ascension au sein d'une force militaire raciste. Le personnage est très bien décrit et suit ce que l'on connaissait déjà de lui.

    Le roman s'intéresse aussi à un second personnage apparu dans Rebels : Arihnda Pryce. Celle-ci gouverne Lothal, planète sur laquelle la série Rebels prend place. Elle apparait tardivement mais elle est montrée comme sans compassion. L'auteur montre de quelle manière cette femme passe de simple minière à gouverneur grâce à des actes d'espionnages et de trahisons. Il nous décrit une femme sans scrupules capable de tout si cela implique de gagner un peu de pouvoir politique. Alors que ses débuts pourraient être innocents, la fin de ses actes dans ce livre sont particulièrement violents. Elle est donc elle aussi particulièrement bien décrite.

    Ce qui rend ce roman intéressant est la mise en place progressive des deux carrières. On observe les deux personnages tenter de se faire une place et devoir accepter un fonctionnement raciste au sein de l'administration. Les deux doivent se défendre contre des personnes qui ne veulent pas le bien commun mais augmenter leur pouvoir personnel. Mais les deux s'intéressent à des parties différentes de l'Empire et donc ne se rencontrent que tardivement et rarement avant que l'auteur ne décide de mettre en place une relation d'aide mutuelle. L'auteur use aussi d'un ennemi intelligent mais qu'il laisse largement dans l'ombre afin de nous montrer les difficultés d'un Empire de plus en plus contesté par des groupes de rebelles, augmentant les tensions de cet univers.

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    **** Un roman plutôt intéressant

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  • Histoire mondiale des féminismes par Florence Rochefort

    Titre : Histoire mondiale des féminismes
    Autrice : Florence Rochefort
    Éditeur : PUF mars 2019
    Pages : 128

    Bien que j'aie suivi quelques cours et lu quelques livres je n'ai pas une connaissance importante de l'histoire du féminisme, en particulier dans une perspective internationale. Pour cette raison, je me suis procuré ce petit livre avec beaucoup de curiosité. L'autrice se défie de réussir une histoire globale des féminismes depuis 1789 jusqu'à aujourd'hui. Bien entendu, la collection dans laquelle cette histoire est oubliée implique de rester synthétique. Des informations plus importantes sont disponibles dans la bibliographie. Pour réussir son paris l'autrice met en place 3 chapitres.

    Le premier s'intéresse à la période de 1789-1860. Florence Rochefort débute par les révolutions françaises et américaines. Elle explicite les demandes d'égalité que ces révolutions, et l'idée de droits humains, implique. Mais elle démontre aussi la difficulté d'atteindre cette égalité puisque les différents parlements refusent celles-ci et interdisent certaines formes de militantismes féminins. La seconde période implique aussi les débuts du socialisme et son lien avec le féminisme, du moins au début. Ces liens sont d'abord importants avant de devenir plus distendus, en particulier sous l'influence de Proudhon.

    La seconde période est celle de 1860 à 1945. L'autrice commence son chapitre en parlant du passage d'organisations nationales à l'internationale. En lien, et contre, les internationales socialistes certaines féministes essaient de créer des organisations internationales chargées de fédérer des mouvements nationaux. Ce sont en particulier les droits politiques qui y sont défendus, parfois avec une position colonialiste qui est aujourd'hui critiquée. Bien entendu, la Société des Nations et l'ONU donnent un nouvel élan à cette forme d'internationalisation des féminismes. La période permet aussi un renouveau de la lutte en faveurs du suffrage féminin, parfois de manière violente comme en Angleterre. Cette lutte se termine plus ou moins après la Deuxième Guerre Mondiale en occident. En effet, certains pays n'ont toujours pas l'égalité politique tandis que les colonies sont laissées de côté.

    Enfin, le troisième chapitre s'intéresse à la période 1945-2000. C'est une période de continuité et de renouveau. Les féminismes réformistes sont toujours existants et commencent à s'intéresser au droit à la contraception. Mais les années 60 impliquent une nouvelle génération et de nouvelles demandes, même si certaines existaient déjà au XVIIIème siècle. Le féminisme des années 60 est radical mais entre en déclin dans les années 80. Ensuite, les mouvements s’institutionnalisent afin de défendre certaines idées précises tandis que les féminismes sont critiqués et développés dans une direction antiraciste et de compréhension des sexualités. Le livre se termine sur les apports de ces féminismes sur les sociétés actuelles.

    Ce petit livre est très dense. L'autrice, à mon avis, réussit parfaitement à résumer 200 ans d'histoire. Elle montre de quelle manière les idées sont développées et défendues au fil du temps mais aussi les changements importants. Mieux encore, elle réussit à mettre en avant une perspective internationale en mentionnant les mouvements de pays africains ou asiatiques et leurs créatrices. Cependant, la taille du livre implique de ne pas pouvoir les examiner de manière précise même si l'autrice fait attention à démontrer les tensions avec les féminismes occidentaux.

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  • Tarkin par James Luceno

    Titre : Tarkin
    Auteur : James Luceno
    Éditeur : Penguin 2 juillet 2015
    Pages : 352

    L'Empire est en place depuis quelques années mais sa puissance militaire est énorme. Une grande partie de ses troupes et de ses armes sont basées sur l'armée de la République, bien que les clones et les armes soient en train d'être remplacés. Il est difficile pour la galaxie de se révolter contre une telle puissance, d'autant que les planètes anciennement séparatistes ont été durement traitées par l'Empire. Mais certaines personnes ont l'espoir de réussir à créer un mouvement de révolte. Ces personnes vont se trouver face à Tarkin. Il est l'héritier d'une ancienne famille, son éducation fut difficile, il est l'un des héros de la guerre des clones et, aujourd'hui, il est chargé de vérifier la construction de la future étoile noire. Il ne laissera rien ni personne mettre en danger l'Empire et l'ordre que celui-ci a créé.

    SPOILERS

    Ce roman est meilleur que celui-ci que j'ai terminé récemment, mais le récit est malheureusement moins intéressant que les thèmes traités. Meilleur car l'auteur s'intéresse de manière précise au fonctionnement de l'Empire. Au lieu de ne faire que décrire quelques soldats et gradés Luceno nous explique le fonctionnement administratif précis de l'appareil militaire de l'Empire. Celui-ci est compliqué mais sa description donne une impression de réalisme. Les procédures sont aussi décrites ce qui permet de mieux comprendre certains actes. On apprend, par exemple, que l'Empereur a tendance à rester caché, préférant préparer ses plans concernant la Force. On apprend aussi que l'Empereur aime laisser les hauts-gradés lutter les uns contre les autres, suivant en cela le fonctionnement de certaines dictatures. Ces luttes permettent, bien entendu, de mieux contrôler les ambitions de personnes qui possèdent des pouvoirs importants. Jusqu'à maintenant, je n'ai jamais eu autant l'impression de voir l'Empire comme un système administratif en fonction. Pour cette réussite, j'apprécie ce roman.

    Ce roman s'intéresse aussi spécifiquement à un personnage : Tarkin. Il est connu pour être le commandant de la première étoile noir. Il semble avoir assez d'autorité pour empêcher Vader de faire ce qu'il veut. Et il est dépeint comme extrêmement intelligent et impitoyable. Il est aussi l'un des plus hauts-gradés de l'Empire. Ces caractéristiques sont mises en avant dans ce roman qui permet de montrer l'importance de Tarkin, décrit comme la troisième personne la plus importante de la galaxie. Grâce à des flash-backs, l'auteur nous explique comment Tarkin est devenu ce personnage. Bien que provenant d'une famille riche, il est éduqué comme un soldat en pays ennemis qui doit survivre et gagner uniquement par ses propres forces, au risque de mourir. Il est aussi rapidement lié à un groupe autours du futur Empereur, montrant par-là que les plans de Palpatine se sont mis en place grâce à un groupe de personnes qui pensaient comme lui. Là encore, cette caractéristique donne plus de réalisme à l'univers Star Wars. Malheureusement, l'auteur est aussi obligé de décrire Tarkin comme incapable de comprendre ce qui se joue réellement derrière la Guerre des clones. Au vu de sa description j'ai du mal à croire qu'il n'ait pas eu certaines connaissances.

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    *** Il est dommage que ce personnage n'ait pas eu une intrigue à sa hauteur.

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  • Lords of the Sith par Paul S. Kemp

    Titre : Lords of the Sith
    Auteur : Paul S. Kemp
    Éditeur : Penguin 26 janvier 2016
    Pages : 368

    TW : Grossophobie

    L'Empire est de plus en plus puissant. Mais cette puissance est défiée par de petits mouvements de révoltes sur plusieurs planètes. L'un de ces mouvements est plus préparé que les autres car il se base sur une organisation de résistance construite durant la guerre des clones. Son leader, Syndulla, refusait aussi bien la République que les Séparatistes et continuer de lutter contre l'Empire. Palpatine, afin d'éviter des actes de plus grande envergure, décide de se rendre sur Ryloth afin de s'attaquer personnellement à cette organisation. Mais son voyage est aussi une opportunité. Serait-il possible de tuer l'Empereur et Vader par un unique attentat ?

    SPOILERS

    Ce roman débute mal. Il commence après un attentat manqué contre Vader. On apprend immédiatement que l'un des plus hauts gradés de l'Empire, Delkor, sur Ryloth travaille avec les rebelles, pour ses propres besoins. Il agit ainsi car il veut prendre la place de la Moff actuelle : Delian Mors. Jusque-là tout va bien mais cela ne va pas durer. Car l'envie de Delkor de faire tomber Mors est basé sur son incapacité à gérer Ryloth au profit d'une vie hédoniste. Delkor fait tout le travail. Malheureusement, l'auteur décide de montrer à quel point Mors est incapable en se basant non seulement sur l'idée qu'elle est fainéante, droguée et qu'elle aime manger mais sur son poids. Toute une page décrit le dégout de Delkor face à elle en décrivant son corps et le lien avec ses manques intellectuels et psychologiques. Ce n'est pas acceptable et cette description a marqué ma lecture jusqu'au bout.

    De plus, on aurait pu espérer une description du fonctionnement administratif de l'Empire. De quelle manière la hiérarchie fonctionne et permet, ou non, une rébellion. On aurait pu espérer aussi plus d'informations sur Ryloth. En l'état, c'est à peine si l'auteur parle du racisme de l'Empire et du lien avec l'exploitation sexuelle des habitant-e-s de la planète. Nous sommes coincés dans une suite d'événements que l'Empereur persiste à considérer être sous son contrôle sans que jamais celui-ci n'explique de quelle manière. On doit accepter son omnipotence et l'existence d'un plan qui n'est explicité qu'à la fin du roman. Et même si on peut l'accepter je me demande si les bases de ce récit supportent vraiment autant de pertes et de danger pour l'Empire. C'est à peine si ce roman se justifie par les pensées de Vader et l'idée qu'il perd définitivement ses liens avec son passé durant ce roman.

    * Évitez ce roman

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    Image : Éditeur

  • Ahsoka par E.K. Johnston

    Titre : Ahsoka
    Autrice : E.K. Johnston
    Éditeur : Disney press 11 octobre 2016
    Pages : 400

    Il y a un que l'Empire est né. Il y a un an que Ahsoka fut témoin de l'ordre 66 et du massacre commis par des clones contrôlés par une puce. Depuis, Ahsoka se cache car l'Empire devient plus puissant chaque jour qui passe. Son existence même est un danger pour les personnes qui la côtoie. Elle essaie donc de se rendre sur les planètes les plus éloignées du centre de la Galaxie. Malheureusement, l'Empire est toujours présent et fait preuve de sa force. Elle décide de se cacher sur une Lune qui ne possède rien d'autre que de champs. Pendant un temps, elle est tranquille. Mais là encore l'Empire vient. De l'extérieur, elle observe un mouvement de rébellion se mettre en place. Peut-elle aider ? Et ceci lui permettrait-elle de retrouver sa place au sein de la Galaxie ?

    SPOILERS

    Ahsoka est l'une de mes personnages préférés de l'univers Star Wars. Selon moi, elle est la raison première de la capacité d'Anakin Skywalker à éviter ses instincts les plus sombres. Sa disparation après l'avant-dernière saison de Clone Wars marquait un changement important et nous ne savions pas ce qui allait lui arriver. Ce roman y répond sans s'attarder. Nous savons seulement qu'elle luttait contre Maul lorsque l'ordre 66 eut lieu. Le roman s'intéresse bien plus à ce qui peut arriver à Ahsoka maintenant qu'elle n'est pas membre des jedis. Bien entendu, les personnes qui ont vu Star Wars Rebels savent exactement ce qu'elle devient. Mais son passage de la fuite à la mise en place d'un plan n'en est pas moins sympathique à lire.

    Tout comme Rebels, mais bien avant, ce roman marque aussi les débuts d’une rébellion ainsi que les débuts de l'Empire. Ce dernier est montré comme implacable. Il est basé sur le fonctionnement de la République durant la guerre. Les personnes qui étudient l'histoire savent que les dictatures sont souvent basées sur des fonctionnements antérieurs mis en place de manière légale. Mais l'Empire est aussi jeune et ses soldats ne sont pas encore parfaitement entrainés. La rébellion, elle, n'existe pas encore. Il n'y a que des actions symboliques ou des révoltes locales mais peu organisées. Seule l'existence d'Ahsoka dans ce roman permet de donner une chance aux paysan-ne-s qui se révoltent contre l'Empire. Ainsi, ce roman permet de faire le lien entre les films et la série Rebels.

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    **** Un nouveau roman star wars que j'apprécie. Il faut dire qu'Ahsoka est l'un des meilleurs personnages de cet univers

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    Image : Éditeur

  • Dark Disciple par Christie Golden

    Titre : Dark Disciple
    Autrice : Christie Golden
    Éditeur : Penguin 7 juillet 2015
    Pages : 336

    Nous sommes en plein milieu de la guerre des clones. Celle-ci est meurtrière. Dooku ne cache pas son amour des massacres. Lorsque des vaisseaux de sauvetage envoyés pour éviter un génocide sont détruits le Conseil des Jedis décide de prendre une action jamais envisagée auparavant : l'assassinat de Dooku et la fin de la guerre. Mais quel est le jedi qui pourrait accepter une telle mission ? Quel serait l'effet d'un assassinat sur l’ordre ? Et surtout, qui pourrait aider les jedis à détruire Dooku ? Obywan a une idée. Mais la personne qu'il a en tête fut un ennemi longtemps craint.

    SPOILERS

    Ce roman est constitué d'idées pour une dernière saison de la série Clone Wars. Il est donc basé sur des scripts qui n'ont jamais été tournés. Ayant apprécié cette série, je ne peux qu'aimer me retrouver dans ce même univers. Les personnages ressemblent d'ailleurs à ce qu'illes sont dans la série. Ce roman s'intéresse surtout à Quinlan Vos et Asajj Ventress. Le premier n'a été vu que peu dans la série. Mais Asajj est un personnage qui a eu de nombreux changements. Elle passe d'ennemi à assassine puis chasseuse de prime. Ce roman est donc l'occasion parfaite de terminer son intrigue et je pense que celle-ci est plutôt réussie. La fin du roman est particulièrement belle puisque Asajj entre enfin du côté bénéfique de la force

    Mais ce que j'apprécie dans ce roman est la manière dont il montre les effets de la guerre sur les Jedis. Dès le début, on observe qu'une grande partie du Conseil des Jedis est prêt à user d'outils peu orthodoxes pour terminer cette guerre. À plusieurs reprises, celleux-ci prennent des décisions absolues plutôt que de faire attention à leur capacité de pardon. Les effets sur les jedis sont surtout mis en scène sur Quinlan Vos. Ce dernier est petit à petit séduit par le côté sombre alors qu'il essaie de trouver un moyen d'assassiner Dooku de sang-froid. Le roman nous montre donc un jedi essayer de vaincre dans une guerre qui change sa manière de penser et d'être au prix de sa capacité de compassion et d'amour.

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    **** Un roman que j'ai beaucoup apprécié pour son thème mais aussi ses personnages.

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    Image : Éditeur

  • Le monde romain par Martin Colas

    Titre : Le monde romain
    Auteur : Martin Colas
    Éditeur : Armand Colin 12 juin 2019
    Pages : 276

    Ce n'est pas le premier ouvrage de synthèse que je lis sur l'histoire de la Rome antique. Ce n'est pas non plus mon premier ouvrage de la collection Cursus. Pour les personnes qui ne le savent pas, cette collection offre des synthèses sur de nombreux sujets. Celles-ci sont plutôt destinées aux étudiants universitaires mais les personnes intéressées peuvent parfaitement les lire. Ce livre s'intéresse à l'histoire romaine de sa fondation à la chute de l'Empire romain d'occident. Pour synthétiser cette longue histoire Martin Colas met en place quatre chapitres.

    Le premier chapitre examine les origines les plus anciennes de la ville. C'est une histoire que je ne connais que peu. L'auteur commence par examiner les récits des origines, connus principalement par des textes largement antérieurs aux événements. Il a aussi la bonne idée d'offrir une interprétation qui permet de mieux comprendre ce qui peut être réel dans la légende. Ensuite, il examine l'histoire royale de Rome, en particulier sous les étrusques dont les influences sont importantes sur le fonctionnement de la ville. Enfin, il replace la cité au sein d'un réseau de villes et de civilisations méditerranéennes, étrusques et grecques en particulier.

    Un second chapitre examine l'histoire romain de la République à la fin de l'Empire romain d'occident. C'est une longue histoire et ce livre doit forcément choisir les événements les plus importants. L'auteur nous permet de mieux comprendre le fonctionnement de la vie politique romaine. En particulier, il met en avant la création longue de la République qui ne peut pas être considérée comme une démocratie. Les différents organes ne sont ni divisés selon nos trois pouvoirs ni un moyen de rendre les citoyens égaux. Il explicite aussi les problèmes connus par la République lorsque les Imperator prennent une importance grandissante. Des problèmes qui mèneront à de nombreuses guerres civiles jusqu'à la prise de pouvoir d'Auguste. Le fonctionnement du pouvoir de ce dernier, ainsi que la suite du Principat, sont expliqués. L'auteur nous permet de comprendre de quelle manière Auguste prend le pouvoir tout en évitant d'être qualifié de roi. Enfin, le chapitre se terminer sur les changements du bas-empire.

    Un troisième chapitre s'intéresse à l'armée romain et à l'extension de son territoire. Là aussi la réussite de Rome n'est pas considérée comme inévitable. L'auteur considère que cette expansion dépend de choix précis lors d'événements ponctuels. Ces choix ont permis, progressivement, de prendre le contrôle du Latium, de l'Italie puis de devenir une puissance méditerranéenne. Mais Rome aurait pu perdre face à Carthage dont la puissance sur mer était importante. Les réussites militaires ont permis de recevoir des richesses mais aussi de changer l'idée de conquête. De défenses celles-ci deviennent des moyens d'enrichir certaines personnes précises et donc de gagner en pouvoir. Martin Colas nous explique aussi de quelle manière l'Empire est géré, dans le cadre des provinces.

    Le dernier chapitre s'intéresse à la civilisation romaine. Sous ce terme Martin Colas nous présente la société, l'économie et la religion. Ce sont de vastes sujets qu'il arrive à bien synthétiser tout en fournissant des références si l'on souhaite aller plus loin. La description de la société permet de comprendre la hiérarchie très importante en son sein ainsi que l'idéal du citoyen : l'agriculteur soldat. L'économie est plus difficile à examiner. Les statistiques n'existent pas et de nombreuses connaissances sont des extrapolations. Martin Colas prend beaucoup de temps à expliciter la place de la religion au sein de la société romaine. Celle-ci est fondamentalement liée au politique et tout le monde doit suivre certains rituels. Le père, en particulier, est chargé du culte familial. L'auteur s'attache aussi à la religion juive et à la religion chrétienne. Cette dernière devient rapidement sujet à des vexations car elle est accusée de mettre à mal le fonctionnement de la vie civique. Ce n'est que lorsque les empereurs se christianisent qu'elle est mieux acceptée au sein des élites.

    Ce livre est une bonne synthèse de la société romaine. L'auteur ajoute une courte bibliographie thématique qui permet d'avoir connaissance de recherches précises. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié le glossaire qui permet de vérifier ses connaissances de certains termes importants pour comprendre cette époque. J'ai aussi apprécié les encadrés que je trouve très clairs. Ils permettent d'illustrer des points difficiles à comprendre, par exemples les fonctionnements des différentes magistratures.

    Image : Éditeur

  • Queen's Shadow par E. K. Johnston

    Titre : Queen's Shadow
    Autrice : E. K. Johnston
    Éditeur : Disney 5 mars 2019
    Pages : 400

    Ce roman, le premier que je lis dans l'univers canon de star wars, se déroule peu de temps après l'épisode 1 alors que la conclusion prend place à la fin de l'épisode 3. Nous suivons Padmé Amidala alors que son rôle de reine prend fin. Malgré certaines demandes, elle refuse d'amender la constitution de Naboo afin de continuer son rôle de reine. Mais cela ne l'empêche pas de souhaiter continuer à servir sa planète, la démocratie et la République. La question qu'elle se pose concerne la forme que prendra son nouveau rôle. Rapidement, la nouvelle reine lui demande de devenir la sénatrice de Naboo au sein du sénat. Passer de reine à sénatrice n'est pas simple et Padmé pourrait bien perdre ses illusions au sein d'un système qui fonctionne avec difficulté et dont certains membres se préparent à ce qui deviendra la guerre des clones.

    SPOILERS

    Il y a une chose que j'ai beaucoup apprécié dans ce roman : Padmé et ses compagnes. Dans les films celles-ci ne sont que des ombres à peine décrites et montrées. Padmé elle-même n'est pas explicité dans son rôle de reine puis de sénatrice. Le roman élabore ces rôles. Les compagnes ne sont pas de simples atours mais des gardes et des politiciennes entrainées capables de combattre, de soutenir et surtout de prendre la place de Padmé en cas de besoin. La garde-robe elle-même a une grande importance dans ce roman. Outre les aspects d'images et de fonctions celle-ci permet de se préparer à tous les imprévus en cachant des outils et des moyens de défenses importants.

    J'ai aussi apprécié l'ambition de parler moins de combats spatiaux et plus de politique. Ce roman prend place dans un moment charnière entre la fin de la République et le début de l'Empire. Un moment durant lequel, selon les films, la démocratie fonctionne de moins en moins bien. Malheureusement, il me semble que ce roman échoue à vraiment traiter son sujet. Bien qu'il soit intéressant de montrer le passage de reine à sénatrice le travail politique est assez peu décrit et peu présent. Ce n'est que vers les dernières pages que l'on voit Padmé véritablement agir au lieu de suivre, ce qui joue négativement sur mon avis.

    *

    ** Il manque un aspect politique plus assumé pour faire de ce roman une réussite malgré l'amour porté à Padmé par l'autrice.

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    Image : Éditeur

  • Westworld saison 2

    Lors du dernier épisode de la saison 1 le créateur de Westworld, Ford, était tué par Dolores, une hôtesse. Alors que les invité-e-s se remettaient de leur surprise on pouvait voir, dans la forêt, les hôtes s'avancer vers les invité-e-s tandis que William se mettait à sourire. Cette seconde saison reprend immédiatement après la fin de la saison 1. Le soulèvement des hôtes a débuté par le massacre des invité-e-s qui ne sont plus considérés comme des personnes qu'il ne faut pas tuer. Les secours tardent à arriver car Delos, la compagnie derrière Westworld, souhaite quelque chose de précis avant de risquer son argent dans une opération de sauvetage. Car Westworld n'est pas ce qu'il semble être. Il y a un but différent du simple jeu derrière cet énorme endroit.

    SPOILER

    La première saison posait la question de la conscience. À partir de quel moment passe-t-on de simples automates à un individu capable de se penser, de construire sa place au sein du monde. Cette question n'était pas posée à l'aide des humain-e-s mais des hôtes qui, durant la saison, luttent pour accéder à cette conscience et se réveiller. Cependant, avoir conscience de son existence n'implique pas être libre de faire des choix. Ce qui permet à cette seconde saison de poser la question de la liberté et, plus précisément, le libre arbitre.

    Pour mettre en avant ce thème il me semble que la série joue sur deux points. Premièrement, à travers un scénariste, se pose la question de la réalité des sentiments et souvenirs des hôtes. Ces souvenirs ont été écris pour eux afin de suivre une histoire précise. Que se passe-t-il quand cette histoire continue sur sa lancée sans obstacle ni véritable fin ? Plus important, nos souvenirs ne sont-ils pas tous des histoires que l'on se raconte. Même si ceux-ci sont faux, leur existence et leurs effets ne sont-ils pas suffisants pour devenir réels ? Un second point concerne les humain-e-s. En effet, si les humain-e-s nient la conscience aux hôtes c'est à cause de leur nature artificielle, construite. Mais les humain-e-s sont-illes pour autant complètement libres ? Ne sommes-nous pas dépendant de nos souvenirs, construits et reconstruits au fil du temps, et de moments précis de nos histoires qui marquent notre identité ?

    Parler du libre arbitre et son existence dans une série est difficile. Une série se doit d'être dynamique. Au contraire d'une réflexion sur la conscience, dont je pense qu'elle peut être facilement mise en scène, une réflexion sur le libre arbitre me semple plus compliquée. Comment mettre en scène la capacité de choisir ? Je me demande donc si cette seconde saison ne m'a pas semblé plus vide que la première tout simplement parce que le thème que j'ai l'impression d'y voir est difficile à traiter sur un écran. Ce qui m'a donné l'impression de suivre des événements un peu mécaniques camouflés par une chronologie voulue confuse.

    *

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    *** Je ne sais pas vraiment quoi penser de cette seconde saison. Une réussite ou un camouflage ?

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    Image : IMDB

    Site officiel

  • The consuming fire (The Interdependency 2) par John Scalzi

    Titre : The consuming fire (The Interdependency 2)
    Auteur : John Scalzi
    Éditeur : Pan Macmillan 18 octobre 2018
    Pages : 336

    L'impératrice Grayland II a annoncé au public la fin du système naturel qui permet les communications et le commerce entre les planètes qui constituent l'Interdépendance. Les effets furent mitigés. Personne ne la croit vraiment et le statu quo reste établi. Grayland décide donc d'agir sur un second levier à sa disposition : elle prend le titre de prophétesse et annonce des visions. Cela n'est jamais vu depuis la création de l'Interdépendance. Face à ces visions le monde politique entier est secoué. Rapidement, plusieurs mouvements différents se mettent d’accord : il est nécessaire de déposer cette impératrice qui souhaite absolument détruire leur pouvoir.

    SPOILER

    Ce second tome reprend immédiatement après le premier. Grayland II annonçait préparer un mensonge afin de permettre d'aider à la transition entre l'Interdépendance et le futur. Dans ce contexte il n'était pas forcément utile de continuer la description de cet univers. Celui-ci étant déjà établi. Pourtant, l'auteur a décidé de nous offrir quelques informations plus importantes sur le passé et le fonctionnement physique de ce qui permet les voyages et commerces entre systèmes. Sans nous donner trop d’éléments, on comprend mieux de quelle manière l'Interdépendance et la Terre se sont trouvés séparés et qui en est responsable.

    Tout comme le premier tome, ce second volume est en premier lieu politique. Les combats spatiaux sont très rares mais assez intéressants. En effet, la question principale concerne la réaction des personnes les plus puissantes face à la volonté de l'Impératrice de changer les choses afin de se préparer à la chute de la civilisation. Là où elle souhaite des changements majeurs ses ennemis souhaitent le statu quo. L'auteur nous montre que cela ne découle pas d'un refus de mettre en question la réalité de ce qui approche mais du souhaite de garder le contrôle et les richesses le plus longtemps possibles. Il est difficile de ne pas faire le lien avec notre monde actuel. Alors que le changement climatique est un fait scientifiquement avéré les décisions pour s'y préparer sont lentes, souvent soumises aux besoins de l'économie et donc d'un système stable le plus longtemps possibles, au prix de l'avenir.

    Image : Éditeur

  • Un quotidien sous contrainte De l’internement à la libération. Commission indépendante d'expert-e-s internements administratifs 8 par Loretta Seglias, Kevin Heiniger,Vanessa Bignasca, Mirjam Häsler Kristmann, Alix Heiniger, Deborah Morat et Noemi Dissler

    Titre : Un quotidien sous contrainte De l’internement à la libération. Commission indépendante d'expert-e-s internements administratifs 8
    Auteur-e-s : Loretta Seglias, Kevin Heiniger, Vanessa Bignasca, Mirjam Häsler Kristmann, Alix Heiniger, Deborah Morat et Noemi Dissler
    Éditeur : Alphil 2019
    Pages : 767

    Après plusieurs volumes consacrés aux différents aspects de l'internement administratif ce dernier volume de recherche - le prochain est une édition de sources commentées tandis que le dernier est le rapport destiné aux autorités fédérales - s'intéresse spécifiquement aux différents établissements qui ont acceptés des interné-e-s sous le régime administratif. Les auteur-e-s prennent l'exemple de 5 établissements dans les cantons de Fribourg, Berne, Zurich et le Tessin. Ce gros livre est divisé en un grand nombre de chapitres, suivis d'annexes, mais on peut le diviser en deux grosses parties, que nous allons présenter sans pour autant prétendre à l'exhaustivité.

    La première partie concerne la création des établissements. Elle est constituée d'un historique qui permet de comprendre les buts initiaux des autorités lors de la construction des différentes prisons. Bellechasse, par exemple, devait permettre la mise en valeur d'un large terrain agricole. Les auteur-e-s y examinent non seulement les idées derrière la construction mais aussi l'architecture précise. Cela permet de mettre en avant certaines caractéristiques, par exemple le fait d'être proche d'autres établissements ou de fabriques.

    Une seconde partie s'intéresse plus précisément aux conditions de vies à l'intérieur des établissements. Il faut noter que les auteur-e-s s'intéressent aussi aux gardien-ne-s. Même si les directeurs vivent assez bien les gardien-ne-s doivent longtemps accepter des conditions de vie proche de l'armée et du quotidien des personnes internées. La nourriture est de basse qualité, le travail est difficile sans vacances et la vie de famille presque impossible puisque les employé-e-s doivent vivre à l'intérieur des prisons, en tout cas en ce qui concerne Bellechasse. Ce n'est qu'après la Deuxième guerre mondiale que les conditions de travail s'améliorent quelque peu.

    Mais le gros du volume concerne les conditions connues par les personnes internées. Les auteur-e-s prennent en compte aussi bien le travail, la santé, la sexualité ou encore les violences subies. Pour ce dernier point, le volume permet de mettre en avant des actes de violences physiques qui confinent à la torture. Ces actes ont pour seuls buts de soumettre les personnes internées, sans avoir commis de crimes, à l'autorité des gardien-ne-s. Les auteur-e-s essaient d'expliquer ces actes de violences par le manque de formation concernant la gestion d'une population enfermée et l'exemple de personnes plus élevées en termes de grades.

    La nourriture est longuement examinée. C'est une revendication importante des gardien-ne-s et des interné-e-s. Elle est modeste, constituée souvent de la production interne lorsque l'établissement possède des champs. Ce sont les invendus ou les déchets. Les médecins et autorités ne considèrent pas cette nourriture comme mauvaise bien qu'elle ne soit pas adéquate pour un travail important. Cependant, ces mêmes médecins notent que les interné-e-s n'hésitent pas, parfois, à manger des animaux trouvés dans les champs. Loin de remettre en cause les portions de nourritures ces actes sont mis sur le compte de problèmes psychologiques personnels. Tandis que les portions peu ragoutantes permettent de suivre l'idée que les personnes emprisonnées doivent vivre moins bien que les personnes libres les plus pauvres.

    Le travail est aussi largement examiné puisque celui-ci est vu comme un moyen de réadaptation, de preuve de la réussite de l'internement et de préparation à la sortie. Le travail est souvent monotone car ce sont des emplois peu rémunérés et peu formateurs qui sont proposés. La rémunération n'est d'ailleurs pas un salaire mas un pécule qui permet d'éduquer à la prévoyance et qui ne donne pas forcément des droits à l'AVS. Le travail est au centre de la vie interne puisqu'une personne qui accepte de travailler est vue plus favorablement et pourrait sortir plus facilement, suivant en cela l'idée du travail comme moyen de rééducation à la vie dites normales en dehors de l'établissement. Mais celui-ci est aussi un moyen d'éviter des coûts importants pour les cantons. En effet, les directeurs utilisent les interné-e-s afin de créer des biens et de les vendre à l'extérieur, quand la production n'est pas directement utilisée à l'interne. Bien entendu, se pose la question de la concurrence avec des producteurs qui utilisent des employé-e-s libres. En effet, les personnes interné-e-s n'ont pas de véritables salaires, ne sont pas soumis aux cotisations sociales et ne sont pas protégées par le droit du travail. Cependant, cette question n'est jamais examinée sérieusement par les directeurs.

    Je n'ai fait que mettre en avant quelques aspects. Ce volume est le plus gros de ceux actuellement édités. L'examen de la vie quotidienne est très complet et permet de mieux comprendre les conditions de vie et leurs effets sur les personnes qui ont été internées et leur vie en dehors des prisons. Il faut noter le pouvoir important de la direction sur les possibilités de sortie, puisque les personnes internées sous régime administratif ne le sont pas toujours avec une date de sortie précise mais peuvent dépendre du choix des autorités.

    Image : Éditeur

  • The collapsing empire par John Scalzi

    Titre : The collapsing empire
    Auteur : John Scalzi
    Éditeur : Pan Macmillan 23 mars 2017
    Pages : 336

    L'Interdépendance est une union de plusieurs dizaines de systèmes planétaires connectés par ce que l'on nomme le flux, un espace incompris de l'univers. Ces systèmes sont unis par une personne, l'Emperox, qui contrôle l'équilibre du pouvoir entre l'Église officielle, le parlement et les guildes marchandes chargées de contrôler le commerce de plusieurs familles. L'Empire est à un point de changement. Le vieil emperox est mourant et son héritière n'était pas censée prendre le pouvoir. Mais Cardenia n'a pas le choix. Elle va devoir prendre le pouvoir et naviguer entre les demandes de plusieurs nobles et grandes familles. Dès son entrée au pouvoir elle apprend que le flux menace de s'effondrer détruisant l'Empire et impliquant la fin de l'humanité sur de nombreuses planètes.

    SPOILERS

    Je ne connais pas très bien John Scalzi mais j'entends parler de lui de temps en temps. À ma connaissance, ce roman est le premier de sa part que je lis. Si l'on se tient à la quatrième de couverture, nous avons là un roman de space-opera classique et sans surprises. D'une certaine manière c'est vrai. Le système politique n'est pas inattendu ni les problèmes de révoltes sur une planète reculée. Cependant, j'ai bien mieux apprécié ce roman que la plupart des space-opera classiques. L'une des raisons est la peinture du pouvoir comme d'un spectacle. Dès que Cardenia devient l'Impératrice elle comprend que tout ce qu'elle fait à des impacts sur son entourage et le monde. Elle comprend qu'elle doit créer un rôle et le suivre. Cet aspect est rendu plus fort encore par son accès à ses ancêtres qui lui permet de comprendre pourquoi l'Interdépendance a été mis en place.

    Ce qui donne à ce roman le petit plus qui permet de le faire sortir de la masse est son thème. Un thème qui, d'ailleurs, n'est encore que survolé puisqu'il existe une suite. On se trouve dans un univers qui fonctionne grâce à quelque chose que peu comprennent. Et cette chose, le flux, risque de ne plus fonctionner. Le roman montre ce que cela implique en ce qui concerne l'humanité et le commerce. La civilisation va chuter et tout le monde va mourir. Ce premier roman montre aussi que plusieurs scientifiques ne sont pas forcément d'accord sur leurs conclusions. Une scientifique pense que le flux va se reformer, poussant une grande maison à tenter de se placer au-dessus des autres. Un autre scientifique pense que le flux va tout simplement disparaitre et qu'il est nécessaire de se préparer immédiatement à la fin de l'Empire. Dans les deux cas, il existe des indices mais qui ne sont pas encore pris au sérieux. Le roman explique aussi à quel point il est important de valider les résultats par le peer review mais aussi ce que cela implique en termes de temps. On aura tous compris, le roman parle de notre époque et du changement climatique. De la nécessité de comprendre les changements et d'agir en conséquence mais aussi de l'inertie du monde politique, économique et scientifique qui empêche des décisions radicales et rapides.

    *

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    **** Un premier tome très prometteur qui tente de décrire la fin d'une civilisation. J'espère que la suite continue sur la même voie.

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    Image : Éditeur

  • Thor 1. God of thunder reborn par Jason Aaron, Mike Del Mundo et Christian ward

    Titre : Thor 1. God of thunder reborn
    Auteurs : Jason Aaron, Mike Del Mundo et Christian ward
    Éditeur : Marvel 31 décembre 2018
    Pages : 136

    Ce premier volume contient Thor (2018) 1-6. Thor la déesse du tonnerre est tombée. Thor le dieu du tonnerre reprend le titre et le combat contre Malekith. Car ce dernier ne s'est pas arrêté lorsque Jane Foster est morte. Sa guerre a continué à ensanglanter les différents royaumes. Mais il y a pire, le dernier combat de Jane Foster a détruit à la fois Mjolnir et Asgardia. Les divinités se réfugient sur la Terre tandis qu'Odin essaie de reconstruire Asgard et le pont arc-en-ciel. En attendant, aucun royaume n'est sous la protection des divinités. Thor, lui, essaie de remplacer Mjolnir mais les marteaux aussi puissants que Mjolnir sont difficiles à créer.

    SPOILER

    Jason Aaron continue son effort pour mettre à mal Thor et son univers. Bien que ce dernier ait retrouvé son nom il n'est toujours pas digne de Mjolnir, qui de toute manière a été lancé dans le soleil... Cette destruction va plus loin puisque Asgardia est détruite. Et Thor n'a toujours pas de marteau acceptable puisqu'il les détruit tous dès les premières pages. Aaron n'a donc pas envie de relancer Thor dans toute sa puissance dès les premières pages. Au contraire, il le laisse risquer sa vie et devoir se battre avec difficulté pour redevenir ce qu'il était auparavant.

    Aaron continue aussi à placer les différents personnages pour son grand événement : War of the realms. Cette fois, il s'intéresse plus précisément à Hell dont il reforme le fonctionnement. Il pose la question des dangers que pose une armée des morts et de la place des héros du Walhalla. Sans avancer énormément l'intrigue les pages sont plutôt belles avec quelques bonnes idées ainsi que le retour de Loki.

    *

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    **** Un premier volume qui replace Thor au centre de l'intrigue. À voir comment la suite sera écrite avant l'événement qu'Aaron prépare depuis longtemps.

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    Image : Amazon

    Éditeur

  • Ordre, morale et contrainte Internements administratifs et pratique des autorités. CIE internement administratif 7 par Rahel Bühler, Sara Galle, Flavia Grossmann, Matthieu Lavoyer, Michael Mülli, Emmanuel Neuhaus et Nadja Ramsauer

    Titre : Ordre, morale et contrainte Internements administratifs et pratique des autorités. Commission Indépendante d'Expert-e-s internement administratif 7
    Auteur-e-s : Rahel Bühler, Sara Galle, Flavia Grossmann, Matthieu Lavoyer, Michael Mülli, Emmanuel Neuhaus et Nadja Ramsauer
    Éditeur : Alphil 2019
    Pages : 591

    Après plusieurs tomes consacrés aux témoins, au quantitatif et aux égo-documents ce volume 7 s'intéresse au fonctionnement précis des procédures qui permettent d'interner administrativement une personne. Les auteur-e-s ne s'intéressent donc pas spécifiquement à la création des lois, déjà examinée, mais aux procédures et à l'usage plus ou moins légal de celles-ci. Cela conduit les auteur-e-s à se demander si les processus des différents cantons impliquent des procédures plus respectueuses, ou non, des droits fondamentaux des personnes. Pour répondre à cette question plusieurs exemples cantonaux sont analysés : Zurich, Schwitz, Fribourg et Vaud.

    Les exemples permettent de mettre en avant plusieurs types de cantons (langues et urbanisation) ce qui permet de faire une analyse comparative entre eux. La lecture du volume permet de comprendre qu'il existe une différence importante dans la pratique. Les cantons plus pauvres, comme Fribourg, ont tendant à user d'agents peu nombreux. Fribourg, par exemple, donne les pouvoirs d'enquête et de décision aux préfets. Bien que cela soit défendu par la connaissance du terrain et la nécessité d'éviter une attente trop longue au sein de la justice normale, ces procédures sont régulièrement dénoncées. Il ne faut pas oublier la place qu'avait la préfecture au sein de la République chrétienne. Les préfets reçoivent leur poste en remerciement de leur soutien au parti majoritaire et sont donc soumis au Conseil d'état. En ce qui concerne Zurich et Vaud les deux cantons utilisent des procédures plus professionnelles. Vaud, en particulier, offre le seul exemple de commissions annexes chargées de statuer sur les cas. Cependant, il ne faut pas sous-estimer les liens avec le pouvoir politique ni surestimer la volonté de contrôle du Conseil d'état, parfois instance de recours.

    Cependant, ces différences ne sont pas suffisantes pour impacter la capacité de défense de la part des personnes internées. Certes, Zurich et Vaud ont des procédures de défense. Contrairement à Fribourg et Schwitz. Mais les recours sont très compliqués. Les gouvernements cantonaux jouent de la différence entre procédures judiciaires et administratives afin de bloquer l'accès aux moyens de défenses. Ainsi, les personnes internées ne sont pas forcément mises au courant de leurs droits de recours. Si elles tentent un recours, les dossiers constitués sur elleux ne sont pas forcément communiqués, ou communiqués seulement en partie. Un exemple précis, sur Vaud, montre que les tentatives de recours et d'usage du droit sont utilisés par les experts psychiatriques pour justifier les besoins de soins de la personne. Étrange procédure dans laquelle demander l'accès à ses droits fondamentaux et jugés comme une maladie à soigner !

    Ce volume est très riche, en grande partie écrit en allemand ce qui a joué sur ma compréhension de certains faits. Malgré sa densité je ne peux que le conseiller aux personnes qui souhaitent comprendre le fonctionnement d'une procédure très particulière. En effet, les auteur-e-s ont réussis à présenter de manière fine le fonctionnement des processus de décisions et l'impact des personnes chargées de prendre ces décisions. Par les exemples mis en avant, les auteur-e-s démontrent aussi l'aspect classiste de cette procédure qui s'attaquent en premier lieu aux personnes les plus marginales. L'examen très précis de ces processus nous permet de mieux comprendre à quel point l'internement administratif fut scandaleux puisque les droits fondamentaux furent déniés à un grand nombre de personnes.

    Image : Éditeur

  • Spider-Man: Far from home

    Lors du dernier Avengers les personnes détruites par Thanos étaient revenues à la vie. Leur retour fut difficile pour le monde (un véritable cauchemar administratif à mon avis) et changea de nom pour devenir "l'éclipse." Outre des personnes sans histoire ce sont aussi des héro-ïne-s qui sont revenu-e-s. Spider-man est l'une de ces personnes. Depuis, il essaie de suivre l'exemple de Tony Stark. Il aide sa tante à trouver de l'argent pour les victimes de l'éclipse. Il s'occupe de son quartier. Il est un élève sans histoire dans son lycée. Lorsque sa classe a la chance de pouvoir faire un tour en Europe il pense que cela pourrait être l'occasion de se rapprocher de MJ. Malheureusement, Nick Fury a d'autres plans. Lui et un nouveau héros essaient d'éviter la destruction de la terre par des êtres qualifiés d’élémentaux.

    SPOILERS

    Le méchant de ce film est du même acabit que le méchant du premier Spider-Man. Ce dernier était basé sur le premier Avengers. Après avoir perdu son travail il volait la technologie alien récupérée par Tony Stark pour en faire des armes. Le vilain de ce film fait presque la même chose mais au lieu de lutter contre le chômage et pour sa famille il lutte pour lui et ses collègues des industries Stark. Lui, comme d'autres, sont d'anciennes personnes employées par Stark mais qu'il a humilié ou qu'il a licencié. Lors de la mort de Tony Stark, ces personnes ont décidé de mettre en commun leurs connaissances afin de créer un nouveau héros qui puisse leur permettre de valider leurs idées et de devenir riches. Au moins, leur réaction est logique.

    Ce film est aussi un passage de témoin. Durant les deux heures que dure ce Spider-Man il est régulièrement demandé à Peter Parker ce que deviennent les Avengers et s'il est le successeur de Tony Stark. Peter, bien entendu, ne se pense pas capable de sauver le monde. Il essaie simplement de s'occuper de son quartier. Ce passage de témoin est symbolisé par le contrôle de la technologie Stark. Un contrôle qui implique des drones capables d'opérer des frappes dans le monde entier... D'ailleurs, enfin une scène met en question cette technologie et ses capacités. Malheureusement elle ne se trouve que lors mid-credits. Mais cela manquait dans ces films qui questionnent peu, voire pas du tout, la technologie militaire des Avengers.

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    **** Un Spider-Man un peu plus faible que le premier mais qui reste sympathique à voir si vous aimez le genre.

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    Image : Site officiel

  • Yesterday

    Jack Malik est un auteur compositeur britannique. Il a abandonné une carrière d'enseignant de musique pour tenter de vivre de ses créations, ce qui implique un temps partiel dans un grand magasin. Sa manager est une ancienne collègue, enseignante en math. Ces deux personnes sont amies depuis longtemps lorsque tout le monde était certain que la carrière de Jack serait un succès grandissant. Mais celle-ci n'est qu'une suite de déception et personne ne semble aimer ses créations. Après un échec dans un festival local Jack décide d'abandonner la musique tout en rentrant chez lui. Un bus lui fonce dessus et, lorsqu'il se réveille, il se rend compte que tout le monde a oublié les Beatles. Ce groupe n'a même jamais existé. Il y a une opportunité à prendre mais Jack la saisira-t-elle ?

    SPOILERS

    Il est évident que ce film a été écrit par des personnes qui aiment profondément les Beatles et leur musique. Les chansons sont nombreuses et les références encore plus (je ne suis pas capable de toutes les trouver). Le film envoie même Jack dans la ville d'origine du groupe afin de revenir sur les influences des Beatles, passant par là un certain message sur la création sur lequel je reviendrais plus tard. Au premier regard, l'intrigue du film semble être Jack et sa vie amoureuse. Ellie, sa manager, est amoureuse de lui mais jamais il ne s'en est aperçu. Tout le film sera une succession de scène qui pousseront Jack à choisir entre la richesse et la célébrité et Ellie (malheureusement je ne suis pas très heureux de la scène finale lorsqu'il se déclare enfin son amour pour Ellie).

    Mais quand on regarde de plus près on se rend compte que le film s'intéresse à deux autres choses. Premièrement, la réalisation tente de parler de l'industrie de la musique. Le premier CD de Jack est enregistré dans un petit studio près d'une gare avec des idées très artisanales mais qui fonctionnent bien. Dès qu'il est remarqué, il est embrigadé dans une industrie gigantesque qui ne fonctionne que sur la nouveauté, le marketing et l'argent. On oublie l'artisanat et on ne fait que ce qui fonctionne directement. Les choix de Jack sont mis de côté lors d'une séance de marketing lors de laquelle les employé-e-s semblent ne faire qu'applaudir. Seul l'argent et la forme ont une importance, le fond n'est là que pour permettre d'être plus riche. Cette perspective est mise en avant par Debra parfaitement jouée par Kate McKinnon.

    Une autre perspective est celle de Jack. Il est auteur-compositeur. Durant le film, il essaie, avec difficulté, de retrouver les mélodies et les paroles de grandes chansons des Beatles. Loin d'être facile, on l'observe avoir beaucoup de mal à retrouver ces informations. Il travaille de longues heures pour recréer les chansons et vérifier ce qu'il pense être juste. Parfois, il se trompe pendant plusieurs jours et recommence dès le début. La création est donc montrée comme un processus, un travail, qui demande des efforts importants. Mais c'est aussi un processus qui dépend du vécu. À plusieurs reprises, on demande à Jack quelles sont les influences, les histoires, derrière ses chansons. N'ayant pas vécu la vie des Beatles il est difficile pour lui de répondre. D'où sa visite dans leur ville d'origine pour retrouver leur vécu et essayer de comprendre ce qui se cache derrière leurs chansons.

    *

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    ****

    ***** Un film qui permet de se sentir bien. Malgré une impression de simplicité il est plus riche qu'on peut ne le penser.

    Image : IMDB

    Site officiel

  • The unstoppable wasp: Unlimited 1. Fix everything par Jeremy Whitley et Gurihiru

    Titre : The unstoppable wasp: Unlimited 1. Fix everything
    Auteurs : Jeremy Whitley et Gurihiru
    Éditeur : Marvel 24 avril 2019
    Pages : 120

    CW : dépression

    Ce volume 1 contient Unstoppable Wasp (2018) 1-5. Nadia Van Dyne a tout ce qui lui est nécessaire pour être heureuse. GIRL est enfin sur les rails avec comme but de recruter les jeunes femmes les plus intelligentes du pays. Deux de ses amies sont en couple et heureuses. Elle-même est non seulement libre mais aussi membre des Champions. Elle a beaucoup de travail et peu de temps mais elle semble apprécier sa vie. Tout du moins, jusqu'à ce que l'AIM se mette à attaquer de laboratoires scientifiques en parlant d'une menace posée par Hank Pym, le père disparu de Nadia.

    SPOILER

    J'avais adoré les deux premiers volumes des aventures de Nadia, il ne fallait pas longtemps pour que je me lance dans la suite (malheureusement encore une fois annulée). Pendant une bonne moitié du volume il semble que la menace principale soit AIM. Étant donné qu'AIM est tenu par ce qui semble être des scientifiques et d'anciennes héroïnes il y a probablement quelque chose derrière qui sera résolu dans le prochain volume. Car dès la fin de l'attaque d'AIM on se rend compte que la véritable question est Nadia Van Dyne

    Nadia, dans la première série, est montrée comme une combattante compétente. Une scientifique de génie. Et une adolescente pleine d'énergie capable de tout voir sous un jour positif. C'est d'ailleurs cette dernière caractéristique qui me plait le plus dans ce personnage. Cette nouvelle série construit son intrigue sur ce qu'est Nadia. Les pages nous montrent que Nadia est de plus en plus débordée. Qu'elle n'a plus de bonnes idées mais qu'elle ne réussit pas à en parler, par peur de décevoir ses amies et Janet Van Dyne. Mais juste après l'attaque on comprend à quel point elle va mal. Le comics prend un tour qui, en ce qui me concerne, était inattendu puisque les auteurs décident de parler de la bipolarité de Nadia. Après sa période de perte d'énergie s'ensuit une période maniaque puis une période de dépression intense. Les auteurs ont la bonne idée de montrer que Nadia ne comprend pas ce qui lui arrive et réagit mal à ce qui est dépeint comme des tentatives d'aides de la part de ses amies. Ces pages mènent, selon moi, à l'un des moments les mieux écrits. Nadia seule en dépression suivie de l'une de ses amies qui tente de la sortir de son épisode dépressif.

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    ***** Une suite encore meilleure que la première série.

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    Éditeur

  • The legend of Korra: Turf Wars par Bryan Konietzko, Michael Dante DiMartino, Irene Koh et Vivian Ng

    Titre :  The legend of Korra : Turf Wars
    Auteur-e-s : Bryan Konietzko, Michael Dante DiMartino, Irene Koh et Vivian Ng
    Éditeur : Dark Horse 13 mars 2019
    Pages : 240

    Cette édition librairie contient Turf Wars parties 1-3. Après de nombreuses recommandations j'ai décidé d'entrer à nouveau dans l'univers de Korra. Pour rappel, Korra est la nouvel Avatar, après Aang dont on suit les événements dans Avatar The last airbender. Ce statut fait de Korra un guide spirituel chargé de garder l'équilibre dans le monde. Lors des événements de la série, le monde a passé le cap de la révolution industrielle et l'équilibre est menacé par de nouvelles idées et personnes, la dernière étant Kuvira. Après un combat difficile qui a ouvert un nouveau passage entre le monde des humain-e-s et celui des esprits Korra et Asami décident de prendre un congé bien mérité. Mais lors de leur retour elles se rendent compte que les problèmes sont nombreux à Republic City.

    SPOILERS

    Comme toujours, dans cet univers, il existe à la fois une menace personnelle envers Korra et une menace plus politique. Ainsi, la menace personnelle est le nouveau chef d'une des triades de Republic City. Après un combat autours du portail ce chef est attaqué par un esprit ce qui modifie le corps de celui-ci. La question de cette bataille concerne le statut du portail. Est-ce un lieu sacré qui doit être préservé et protégé en harmonie avec les esprits ou faut-il en faire un lien d'entrée dans le monde des esprits pour les touristes dans un but marchand ? Autours de cette question se greffe les idées politiques de Raiko. Ce dernier n'a jamais eu beaucoup de chance dans la série. Il est presque uniquement une personne qui refuse de suivre Korra. Dans ce livre, il essaie de se faire réélire après avoir capitulé face à Kuvira. Pour Raiko, seules les décisions qui peuvent permettre une réélection sont dignes d'être examinées. Le reste n'est qu'accessoire. Bien entendu, cette manière de penser conduit la ville à une nouvelle crise...

    Cette suite sous forme de comics est aussi attendue à cause de la fin de la série. Lors de celle-ci Korra et Asami se rendait dans le monde des esprits en se tenant les mains, devenant un couple officiel. Dans ce comics, on les retrouve immédiatement après ce moment, en train d'apprendre à vivre en couple. Très rapidement, Korra décide d'en parler à ses parents. Cet événement, qui n'a pas lieu comme espéré, permet aux auteur-e-s d'expliquer de quelle manière est pensé l'homosexualité dans cet univers. J'étais d'ailleurs surpris, en bien, que le récit soit porté par Kya, fille de Aang (qui permet de savoir que l'avatar Kyoshi était bisexuelle). Il me semble que ce couple ne soit pas montré comme parfait. Leur relation est en construction et tout le monde ne sera pas forcément heureux de celle-ci.

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    ***** J'apprécie beaucoup l'univers d'Avatar et de Korra. J'ai beaucoup aimé y entrer à nouveau et je pense que je lirais la suite.

    Image : Amazon

    Éditeur

  • The Dispossessed (Hainish Cycle #6) par Ursula K Le Guin

    Titre :  The Dispossessed (Hainish Cycle #6)
    Autrice : Ursula K Le Guin
    Éditeur : Harper 1 janvier 1970
    Pages : 387

    Autours de l'étoile de Tau Ceti les humain-e-s vivent sur deux planètes. L'une se nomme Ursa. Elle est formée de plusieurs nations. A-Io est un état de type démocratique fonctionnant selon la forme capitaliste. C'est l'une des grandes puissances de la planète. Thu est une nation que l'on ne voit que peu mais qui semble fonctionner selon la doctrine communiste, un état central et une bureaucratie importante. Le reste de la planète est constitué de petits états soumis à ces deux grandes puissances. La seconde planète est Annares. Il y a plusieurs centaines d'années, elle fut donnée à des révolutionnaire anarchistes afin d'y vivre. Depuis, Annares fonctionne plus ou moins en essayant de suivre les idées de sa fondatrice. Le héros du roman provient de cette planète. Il se nomme Shevek.

    SPOILERS

    Autant j'ai apprécié La main gauche de la nuit, autant je n'ai aimé ce roman. Je l'ai trouvé très lent et long. L'autrice me semble donner trop d'importance aux idées mathématiques de son personnage principal et pas assez à un examen plus anthropologique et sociologique des deux sociétés qu'elle présente. Il faut tout de même se rendre compte que La main gauche de la nuit introduit quelqu'un d'extérieur tandis que The Dispossessed suit quelqu'un qui connait et vit dans sa propre société. Que je n’aie pas apprécié ce roman ne lui enlève en rien ses qualités. Et surtout l'examen que Le Guin fait de l'anarchisme et de la démocratie libérale.

    Au vu de la structure du livre - le premier chapitre ouvre l'intrigue qui commence depuis le départ en direction d'Ursas jusqu'à sa fuite tandis que le chapitre 2 débute depuis l'enfance de Shevek jusqu'à l'idée du départ - on commence par apercevoir la nation d'A-Io qui sera présentée petit à petit. Celle-ci fonctionne sur l'idée de démocratie, de nation et de libéralisme économique. Le Guin nous montre une économie prospère basée sur la consommation. Mais c'est aussi un système profondément inégal. En suivant Shevek, on apprend que chaque personne a une place précise et doit faire attention à comprendre qui sont ses supérieurs. Les femmes, en particulier, sont considérées comme inférieures par nature et Sevek n'en rencontre que peu sur Ursas. Alors qu'une grande partie du livre nous montre le fonctionnement des personnes les plus riches, ce n'est que tardivement que l'on comprend que cette économie si prospère est problématique. Une grande partie de la population est soumise à des conditions de vie très précaires ainsi qu'à un contrôle policier et militaire important. Se définissant sur la liberté politique et économique ce système est en fait rempli d'interdictions et d'institutions chargées d'éviter les débordements.

    Mais Le Guin a aussi souhaité examiner le fonctionnement d'une société anarchiste. Anares suit les doctrines d'une fondatrice mythique, morte sur Ursas, et des premières personnes à avoir décidé de se rendre sur la planète. Celle-ci est un désert qui rend la vie des plus difficiles. Dès le début, la société d'Anares a supprimé les titres, les lois et la police. Il ne subsiste qu'une garde chargée du spatioport. Cette société fonctionne en syndicats créé librement par les personnes qui le souhaitent. Ces syndicats sont locaux et gèrent la production et les besoins, tout en se liant au monde plus large de la planète. Afin de gérer le travail, un système informatique peut envoyer et proposer des places aux personnes qui le souhaitent. La famille est bien plus aisée à créer. Il suffit de trouver une personne qui souhaite créer un couple, qui subsiste tant que possible. Tout le monde vit en commun soit dans de petites chambres soit dans des dortoirs. Bien que Le Guin ne lésine pas sur les problèmes économiques d'une telle société, une partie importante du roman se déroule durant une famine, elle essaie de montrer qu'une société anarchiste est possible. Cependant, elle démontre aussi les problèmes qui peuvent apparaitre et briser cette société. Vers la moitié et la fin du roman, on comprend que les personnes qui vivent sur Anares sont libres et pourtant personne n'ose remettre en question les décisions qui sont prises. D'autant que ces décisions sont prises de manière décentralisées sans que l'on sache vraiment qui en est l'auteur. De plus, les différentes crises poussent la société anarchiste à créer des bureaucraties de plus en plus importantes et difficiles à briser. Ainsi, l'autrice montre une utopie imparfaite qui, selon les mots du personnage principal, ne peut fonctionner que si elle se trouve en état de révolution permanente.

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    *** Bien que très intéressant je n’ai pas réussi à apprécier ce roman

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    Image : Éditeur

  • The White Crow

    Rudolf Nureyev est danseur de Ballet en URSS. En 1961, il est envoyé à Paris avec sa troupe afin de danser lors d'une tournée européenne. À Partir de ce moment la réalisation essaie de nous expliquer qui est cet homme et pourquoi il a décidé de quitter sa patrie pour devenir un réfugié politique en France. Pour cela, le film nous emmène dans le passé et le présent de Nureyev. On l'observe enfant aux alentours des années 40 et 50. On l'observe plus âgé alors qu'il intègre une prestigieuse école de ballet. Et on l'observe à Paris, en train de faire connaissance avec des parisien-ne-s et des musées. Tout ceci nous mènera à la scène de défection directement à l'aéroport.

    SPOILERS

    Bien que ce film m'ait semblé intéressant, de quelle manière un citoyen de l'URSS peut tenter de quitter son pays, je ne suis pas certain d'avoir été convaincu par la réalisation. En somme, je n'ai pas l'impression d'avoir compris ni les événements ni la personne sur laquelle ce film porte. La réalisation place Nureyev face à plusieurs mondes. Le premier est celui de son école de danse, dans laquelle il essaie d'être meilleur en se plaignant des enseignants. Mais aussi via laquelle il apprend à comprendre l'art. Le second monde est celui de Paris. Il y visite des musées pour ne voir qu'une seule œuvre par jours. Il y apprend aussi à connaitre des parisien-ne-s, en particulier des personnes liées aux hauts lieux du pouvoir. Tout cela est très contemplatif avec des dialogues sur la nécessité de l'art et la raison première de la danse.

    Ce qui rend ce film difficile à comprendre sont ses nombreux flash backs. Nous commençons alors que l'un des enseignants de Nureyev parle à ce qui semble être un inspecteur de l'URSS. Puis, nous partons à la naissance de Nureyev. Pour ensuite repartir à Paris, observer son enfant et son éducation à la danse. Bien que ces flash backs aient une logique il n'est pas toujours évident de comprendre la chronologie ni ce qui se déroule exactement lors de la scène. En particulier, une scène montre Nureyev attendant son père près d'un feu dans la forêt. Jamais il ne nous est expliqué ce qui se déroule après. La chronologie est donc particulièrement ardue et ne permet pas vraiment de comprendre comment Nureyev est devenu danseur.

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    *** Explique-t-il vraiment la défection de Nureyev ?

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    Image : Site officiel

  • Toy Story 4

    Comme beaucoup de monde j'ai connu Toy Story lors de mon enfance. Je n'ai jamais vu le 2 mais je me souviens très bien du 3. Toy Story réussit à capturer le lien avec les jouets mais aussi la nécessité de grandir et de changer lorsqu'on est enfant. Je pensais que le troisième était une bonne conclusion puisque l'on suivait Andy jusqu'à l'âge adulte et son entrée à l'université. Ce quatrième volet reprend immédiatement après la fin du troisième et quelques scènes pour que l'on se souvienne des autres films. Nous retrouvons donc Bonnie et les jouets. Tout se passe bien mais Woody est de moins en moins choisi. Il reste dans le placard. Woody reste fondamentalement loyal et suit Bonnie lors de son premier jour d'école. Durant cette journée Bonnie crée un jouet. Mais celui-ci ne sait pas qu'il est un jouet forçant Woodie à l'empêcher de fuir.

    SPOILERS

    Toy Story parle de la nécessité de grandir avec l'aide d'ami-e-s. Mais aussi de la nécessité de jouer afin de se créer un monde imaginaire permettant un développement personnel plus important et de vivre dans un sentiment de sécurité. Mais ce film me semble parler plus de Woody et de sa difficulté à accepter le changement. Woody est loyal. Son but est d'aider les enfants et en particulier les enfants avec lesquels il a été lié. Il est très difficile pour lui de changer d'enfants et d'être délaissé. Durant tout le film il essaie de faire uniquement ce qu'il connait alors qu'il n'est plus aussi utile qu'auparavant. Bien entendu, il nous parait clair en tant que spectateur qu'il est nécessaire pour Woody d'accepter le changement et de trouver un nouveau but dans sa vie. Ce but implique aussi de penser à lui-même et aux personnes vers qui il souhaite être.

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    **** Attention, les enfants sont capables de créer la vie !

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    Image : Site officiel

  • Brightburn

    CW : gore

    Brightburn est une petite ville des Etats-Unis. Dans cette ville un jeune couple rêve de fonder une famille mais n'y arrivent pas. Un soir, un vaisseau s'écrase dans la forêt voisine. À l'intérieur de ce vaisseau se trouve un bébé. Celui-ci est immédiatement adopté par le couple qui l’élève pendant 12 ans sans problèmes. À l'école, le jeune Brandon n'a pas beaucoup d'ami-e-s. Mais il est brillant et remarqué par ses enseignant-e-s. Cependant, tout change lors de ses 12 ans. Du jours au lendemain son attitude devient plus problématique. Petit à petit, ses humeurs inquiètent ses parents qui se demandent comment réagir de manière adéquate. Dans le même temps, Brandon développe des pouvoirs. Alors qu'il apprend à comprendre ses capacités et à tenter d'expliquer son origine plusieurs personnes disparaissent de la ville avec un simple symbole comme indice.

    SPOILERS

    L'idée du film est transparente. Que se passerait-il si Superman n'était pas bon mais mauvais ? Plusieurs comics ont déjà mis en avant une telle idée avec plus ou moins de réussites. Même dans la continuité des comics DC il existe des versions maléfiques de Superman. La base du film est donc relativement connue et sans véritable nouveauté. Le film joue beaucoup sur ce point en utilisant une mythologie et des images proches de ce que l'on connait de Superman. Brendan est un alien adopté. Ses pouvoirs sont les même que ceux de Superman. Il porte même une cape rouge, qu'il agrémente d'une cagoule.

    La question qui m'intéresse bien plus est le passage de "bon" à "mauvais". Brendan n'est pas maléfique dès l'origine. Il est d'abord un adolescent avec ses problèmes et ses questions. Je pensais que le film nous montrerait une progression. Un refus d'une frustration qui le mène à user de ses pouvoirs de manière de moins en moins éthique. Jusqu'à ce qu'il se rende compte que sa puissance implique qu'il peut faire tout ce qu'il souhaite sans que personne ne l'en empêche. Mais le film nous montre un passage instantané en direction de son côté maléfique. Je trouve cela simpliste et bien moins intéressant. D'où la question : Brandon devient-il mauvais où alors la réalisation souhaite-t-elle nous dire qu'il a toujours été mauvais ?

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    ** Un film trop gore à mon goût avec une intrigue moins intéressante que je ne le pensais

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    Image : IMDB

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  • La main gauche de la nuit par Ursula K Le Guin

    Titre :  La main gauche de la nuit
    Autrice : Ursula K Le Guin
    Éditeur : Laffont 1971 (1969)
    Pages : 330

    J'avais déjà tenté de lire des romans de Le Guin, Terremer, mais je n'avais pas du tout aimé. Après réflexions, j'ai décidé de tenter ce roman. Il a reçu le prix Hugo et il est très bien considéré. Ce roman prend place dans un cycle qui décrit un univers géré par une forme d'association reliant toute l'humanité, l'Ekumen. Mais cette association n'est pas toute puissante, elle ne fait que faciliter les contacts. Le héros, est un envoyé de l'Ekumen afin de proposer une alliance à une planète nouvellement découverte : Gethen. Celle-ci est très froide et inhospitalière mais cela n'a pas empêché l'humanité de créer et de survivre jusqu'à mettre en place plusieurs états. Mais la plus grande surprise est la biologie. Les Gethenien-ne-s ne sont ni femmes ni hommes. La majeure partie du temps ce sont des personnes sans genres ni sexes. Ce n'est que lors de périodes précises, sexuelles, que ces humain-e-s peuvent intégrer les caractéristiques de l'un ou de l'autre sexe biologique. L'Envoyé est donc une bizarrerie à plus d'un titre et cela pourrait jouer sur sa réussite.

    SPOILERS

    Ce roman place deux personnages précis face à des informations qui ne sont pas maitrisées. L'envoyé, Genry, provient de l'Ekumen et de la Terre. Il se rend sur une planète dont il ne comprend pas totalement le fonctionnement sociologique et politique. Le seconde, Estraven, est un premier ministre qui tente de comprendre les conséquences de l'entrée dans l'Ekumen pour son peuple. Ce point de départ permet de parler d'un grand nombre de thème qui démontrent une influence de la sociologie et de l'anthropologie sur Ursula K Le Guin. Non seulement l'autrice tente de faire de Genry un observateur du fonctionnement des sociétés de la planète Gethen mais elle essaie d'expliciter la création des états. Je ne pense pas être tout à fait d'accord avec elle mais elle tente d'expliquer que les états modernes, nations, se construisent sur un temps long avec une unification de plus en plus importante et une centralisation du pouvoir. Celle-ci se met en place à l'aide des voies de communications, aussi bien les routes que la radio. Deux états sont visités dans ce roman. Le premier est un lieu quasi féodal avec un roi tandis que le second est gouverné par des Commissaires qui se basent sur une administration importante et le contrôle des déplacements et de l'identité. Ce dernier exemple est inquiétant et Le Guin montre que les personnes marginalisées peuvent souffrir d'un tel contrôle.

    On ne peut pas non plus passer outre l'information la plus importante de ce livre. Ces humain-e-s, sur Gethen, ne sont ni des femmes ni des hommes. Illes n'ont ni genre ni sexe définis pendant une grande partie de leur vie, en dehors des périodes de sexualité ou de grossesse. Toutes personnes peuvent donc intégrer les caractéristiques biologiques du sexe féminin ou masculin lors de leur vie. Le héros, Genly, est biologiquement homme. Bien entendu, la société de Gethen est beaucoup moins divisée en termes de genre. Étant donné qu'il n'y a pas de pensée de dualité biologique il n'y a pas non plus de pensées sur les différences en termes de rôles de genre. Seul Genry pense ces différences et, à plusieurs reprises dans le roman, il tente de masculiniser ou de féminiser ses interlocuteurs en prenant en compte le contexte.

    Bien que ces tentatives via Genry soient très traditionnelles, la personne qui le loge est vue comme féminine tandis qu'Estraven est vu comme masculin dans un contexte politique, on peut se demande si cela n'est pas souhaité par l'autrice. En tentant de genrer cette société en prenant en compte le contexte de ses interactions avec ses interlocuteurs Genry permet de questionner la division duale de la société, basée sur la vision externe des sexes dits biologiques. Si Genry est incapable de genrer sans utiliser le contexte cela ne veut-il pas dire que les divisions de genre sont des constructions sociales et historiques ? Et donc que Genry, et nous par la même occasion, avons tort d'essayer de consolider des différences qui n'existent pas réellement ?

    Ce roman est ma seconde tentative de lire Le Guin. Alors que la première ne fut pas une réussite j'ai bien apprécié ce roman. Il n'est pas parfait mais il est très intéressant. Le contexte général existe mais n'est pas trop important afin de ne pas écraser l'intrigue précise du roman. L'histoire de Genry et d'Estraven permet de présenter des réflexions sur le genre et la construction de l'état. Cela est aidé par des ajouts de type mythologiques au sein du texte, nous permettant de mieux comprendre le fonctionnement de l'humanité de cette planète. Ayant apprécié ce roman je vais tenter un second tome dans ce même cycle.

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    **** Un roman qui subit son âge mais que j'ai beaucoup aimé.

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    Image : Éditeur

  • Parasite / Gisaengchung

    La famille de Ki-taek est au chômage. Les quatre membres, deux parents avec un fils et une fille, vivent dans un appartement en sous-sol. Illes ont à peine une vue sur la rue et les passants. Sans travail, la famille fait tout ce qu'elle peut pour survivre et recevoir un peu d'argent de temps en temps. Mais cela ne fonctionne pas très bien. Cependant, tout le monde a des plans pour le futur. Ki-woo, par exemple, souhaite entrer à l'université. L'un de ses amis étudiants lui propose justement un travail lié à son envie d'étudier. Après avoir falsifié un diplôme, Ki-woo est envoyé dans une famille riche afin d'enseigner à leur fille l'anglais. Tout se passe plutôt bien et Ki-woo comprend qu'il pourrait placer toute sa famille et récolter encore plus d'argent. Mais un tel plan pourrait s'effondrer plus vite que prévu.

    Spoiler

    Ce film est particulièrement bien construit. Tous les éléments du plan qui permettent d'arnaquer la famille sont mis en place petit à petit. On observe, inquiet, chaque membre de la famille Ki-taek s'insérer dans la vie de personnes inconnues afin d'avoir du travail mais aussi de l'argent. Petit à petit, illes deviennent indispensables sans jamais avoir été questionné-e-s. Mais leur chute est aussi inévitable. Celle-ci, bien entendu, se déroule lors d'une soirée d'orage qui détruit leur appartement et implique une confrontation avec l'ancienne gouvernante, des secrets et le danger d'être découvert. Il serait trop simple de terminer le film là-dessus et ce n'est que lorsque le calme semble être revenu que tout est véritablement perdu.

    Le film parle aussi des liens de classes entre différentes personnes. Les Ki-taek sont des personnes pauvres qui se déplacent en métro, utilisent des produits d'hygiène bon marché et donc possèdent une odeur particulière. Cette odeur est mise en avant lors de plusieurs parties clés du film qui montrent les différentes entre personnes riches et pauvres. Alors que la pauvreté implique de chercher sa place et la voir être déniée la richesse implique de toujours se trouver à sa place. Les personnes pauvres sont donc toujours identifiables malgré leurs tentatives de l'éviter. De plus, le film montre que la richesse est souvent mêlée à l'impression, inconsciente normalement, de toujours être secondés dans ses journées. Bien que les victimes de la famille Ki-taek se pensent et sont montrés comme des personnes généreuses et respectueuses illes agissent d'une manière qui marque une différence et qui agresse, à petite dose, les personnes qui les servent. Avec la mise en place de ces agressions il est facile de comprendre pourquoi le père Ki-taek attaque son patron.

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  • Tolkien

    John Ronald Reul Tolkien est connu pour être le créateur du Hobbit et du Seigneur des anneaux. Deux romans adaptés en films. Mais il est aussi le créateur d'un univers bien plus vaste et surtout des langues qui vivent à l'intérieur de ces légendes. Tolkien est un film biographique qui se concentre sur la première partie de la vie de l'auteur. Le film débute lors de la bataille de la Somme. Tolkien et un soldat suivent les tranchées lors de la bataille afin de retrouver un ami. Ce parcours, au milieu de séquence d'hallucination basée sur les légendes de Tolkien, sont mêlées au passé qu'a connu l'auteur. On l'observe lors de son enfance en Angleterre, après l'Afrique du Sud, lorsqu'il perd son père puis sa mère et qu'il doit accepter le soutien de l’église. Le film le montre aussi tenter de réussir ses études avant de découvrir son véritable amour : les langues.

    Parlons d'un point qui m'a ennuyé dès le début. La vie de Tolkien est rendue largement plus sympathique. C'est à peine si l'on annonce ses problèmes de pauvreté. Jamais le film n'explicite sa religion, différente de celle de ses amis et d'Edith, sa future femme. Jamais le film ne montre la véritable relation entre Tolkien et Edith, une relation amoureuse mais basée sur un Tolkien qui n'hésite pas à forcer sa femme à faire des choix douloureux. Jamais sa relation avec l'église n'est montrée dans ce que cela implique de contrôle et d'autorité aux choix de son tuteur. Bref, sa vie est rendue plus lisse. Elle est plus facile comme si, dès le début, Tolkien était un génie qui n'attendait que le bon moment pour être reconnu.

    Bien entendu, le film ne peut pas passer outre la relation de Tolkien avec les histoires et les langues. Malheureusement, il me semble que sa relation avec les langues n'est pas assez bien mise en scène. Je doute que cela soit facile mais j'aurais aimé plus d'attention aux langues plutôt qu'aux histoires. Celles-ci sont créées, comme le film le dit, pour donner de la substance aux langues et porter leur signification. En revanche, le film considère que Tolkien a été fortement influencé par la guerre et son expérience de jeunesse. À plusieurs reprises, les références envers ses romans sont montrées comme provenant de sa vie. On peut considérer qu'une expérience telle que la guerre ne peut qu'avoir une influence sur ses créations. Mais il ne faut pas oublier, bien que je ne sois pas d'accord, que ni Tolkien ni ses héritiers n'acceptent cette thèse. Peut-être aurait-il fallu un peu plus de complexité ?

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    *** pas très intéressant

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    Image : IMDB

    Site officiel

  • «… je vous fais une lettre» Retrouver dans les archives la parole et le vécu des personnes internées. Commission indépendante d'expert-e-s internement administratif4 par Anne-Françoise Praz, Lorraine Odier, Thomas Huonker, Laura Schneider et Marco Nardone

    Titre : « … je vous fais une lettre » Retrouver dans les archives la parole et le vécu des personnes internées. Commission indépendante d'expert-e-s internement administratif 4
    Auteur-e-s : Anne-Françoise Praz, Lorraine Odier, Thomas Huonker, Laura Schneider et Marco Nardone
    Éditeur : Alphil 2019
    Pages : 448

    Sur les 6 tomes actuellement disponibles (3 autres devraient être rendus publics en juillet puis le dernier tome en septembre) celui-ci est le quatrième. Son but est d'analyser les égo-documents, en particuliers les lettres, afin de comprendre la pratique et les effets de l'internement administratif sur la population visée. Pour cela, les auteur-e-s se sont intéressé-e-s aux archives de l'établissement fribourgeois de Bellechasse. En effet, de nombreux confédérés furent envoyés d'autres cantons dans cette grande prison agricole, aussi bien des prostituées que des alcooliques ou encore des jeunes enfants placés. Bien que cela ne soit pas au centre de ce volume, il est nécessaire de prendre en compte le but de l'établissement de Bellechasse : l'apprentissage par le travail agricole. Ce travail est aussi un moyen de baisser les coûts de fonctionnement par l'usage d'une main d’œuvre bon-marché : les prisonniers et internés. Enfin, les auteur-e-s expliquent que les lettres sont particulièrement nombreuses dans les archives de Bellechasse tout simplement à cause de la censure importante appliquée par les différents directeurs. Le volume est divisé en trois parties qui portent sur différentes époques de l'internement. De plus, les chapitres sont parfois suivis d'encarts sur des sujets précis.

    La première partie s'intéresse à l'enquête et à la décision d'internement prononcée par différentes autorités cantonales. Le premier chapitre compare deux cantons romands : Vaud et Valais. Le premier interne pour une période précise à la suite d’une procédure stricte qui permet une défense. Les auteur-e-s notent dans ce volume que la connaissance du temps d'internement et de ses capacités de défenses jouent fortement dans les capacités d'adaptation et de survie des personnes en prison. Le Valais, en revanche, permet l'internement sur demande des communes. Celles-ci n'ont pas besoin d'entendre la personne ni de lui donner sa décision. Quelqu'un peut simplement se retrouver embarqué par la police et envoyé en prison. Le temps d'internement n'est pas non plus défini et il est parfois nécessaire d'attendre plusieurs mois pour qu'une décision légale soit transmise à la direction de Bellechasse, créant de la colère chez les personnes internées.

    Les auteur-e-s démontrent dans cette partie que les personnes qui tentent de se défendre face à un internement essaient d'éviter les catégorisation négatives mises en place par les autorités, quand elles y ont accès. Ces personnes sont aussi parfois surprises de leur envoi en prison, en particulier lorsqu'elles n'ont pas été entendues ni prévenues en avance. Selon les auteur-e-s, le fonctionnement particulier de l'internement administratif en fait une cause de mal être. Les interné-e-s sont enfermé-e-s avec des personnes emprisonnées selon le système pénal. Ce qui implique procédure de défense et connaissance du jours de sortie. Les interné-e-s n'ont pas forcément accès à ces deux points précis mais sont soumis au même régime et le subissent de manière exacerbée puisque leur destin leur est inconnu.

    La seconde partie s'intéresse à l'expérience de l'internement, encore une fois en commun avec les personnes emprisonnées selon le droit pénal. Les auteur-e-s s'intéressent à plusieurs aspects particuliers. La santé est l'un des points importants. En effet, l'expérience d'internement implique une santé défaillante pour plusieurs raisons. Premièrement, le travail difficile peut impliquer des risques. Les auteur-e-s intègrent ce risque pour la santé dans l'idée que la prison doit être plus dure que la vie des personnes les plus pauvres. Donc le travail doit être particulièrement difficile voire dangereux. De plus, la santé n'est pas la préoccupation principale des autorités. Vérifier l'état corporel des personnes internées et les soigner implique un coût que ni les communes, ni les états et encore moins Bellechasse ne souhaite. Régulièrement, le directeur de Bellechasse nie les ennuis de santé, les transformant en des simulations afin de se rendre dans un lieu plus facile à vivre

    Le second point concerne le travail. Celui accompli en prison est souvent difficile et rarement utile à l'extérieur, encore moins professionnalisant. Ce sont des travaux d'agriculture pour les hommes et des soins de ménage pour les femmes (défendant ici un ordre genré du travail). Les hommes craignent de perdre leur savoir-faire professionnel tandis que les femmes se plaignent d'un travail difficile et peu ragoutant. Dans les deux cas, il est possible de changer d'affectation mais cela dépend de la direction, qui possède ici un pouvoir important sur les interné-e-s.

    Enfin, un dernier point concerne les liens familiaux et amoureux des personnes interné-e-s. Les recherches de la Commission ont permis de comprendre que la direction de Bellechasse, et les autorités des communes et cantons, s'arrogent le droit de juger des relations connues par les personnes interné-e-s. Ces jugements concernent aussi bien la famille que de possibles mariages. Par exemple, il est possible que la direction de Bellechasse fasse pression sur les femmes afin d'accepter un abandon volontaire de leurs enfants, permettant une adoption légale. Ces pressions, bien entendu, remettent en question à la fois le caractère volontaire et le caractère légal de ces adoptions. De plus, les demandes en mariage et les liens affectifs avec des personnes extérieures peuvent être détruites par une censure des lettres, acte souvent mis en place pour attaquer une relation considérée comme dangereuse. Ainsi, les autorités essaient de défendre leur vision de ce qu'est une famille. Les femmes internées sont censées se marier afin d'éviter des enfants en dehors du mariage mais aussi de vivre comme femmes d'intérieurs. Cela implique un mariage avec un homme capable de subvenir à ses besoins et à ceux d'une famille, donc qui possède un travail salarié et n'est pas alcoolique. Bien entendu, les femmes internées jouent avec cela, acceptant des demandes en mariage qui permettent leur libération puis refusant le mariage. Ce qui pousse les communes à demander un mariage en prison avant toute libération.

    La dernière partie s'attache à comprendre la fin des internements et la vie qui suit, là aussi à partir des lettres conservées dans les archives (les interviews de personnes anciennement internées sont utilisées dans un autre volume). L'expérience de la sortie de prison dépend beaucoup de la procédure cantonale impliquée. Vaud, par exemple, offre une date précise avec une procédure de sortie anticipée en cas de bon comportement. D'autres cantons internent pour un temps indéterminé. La sortie dépend donc de la direction de la prison, des autorités cantonales et des autorités communales. Ce qui pousse la personne internée à chercher des aides internes et externes. Les lettres sont un moyen de prouver leur conformité avec les demandes des autorités. Cependant, dans les cas d'internements pour des temps indéterminés. Ces mêmes lettres peuvent être utilisées afin de contester l'internement et sa légalité. Celles-ci permettent aussi d'appeler à la pitié, souvent par l'usage des liens familiaux. De plus, les auteur-e-s démontrent que l'expérience d'internement a un impact sur la vie ultérieur des personnes qui l'ont connue. Avoir vécu un internement implique la constitution d'un dossier administratif qui peut être réutilisé par justifier un nouvel internement. Ne pas suivre les normes et les ordres, donnés dans le cadre d'un patronage, peuvent aussi implique un nouvel internement, parfois plus long. Les anciennes personnes internées en conscience de ce danger et essaient d'éviter les autorités, par les refus des aides sociales ou en déménageant (certaines vont jusqu'à s'inscrire à la légion étrangère). Loin de permettre une réinsertion l'internement crée un danger pour les personnes qui le subissent de ne pas pouvoir s'échapper d'une logique étatique de contrôle et d'enfermement des personnes considérées comme marginales pour des raisons économiques (chômage) ou morales (l'alcoolisme n'étant pas traité de manière médicale pendant longtemps mais selon son danger pour la vie familiale).

    Après un volume trois qui s'intéresse spécifiquement à l'aspect légal ce quatrième volume permet de mieux comprendre l'internement selon les personnes impliquées. Comme le disent les expert-e-s, les lettres analysées ne sont pas forcément représentatives de toutes les personnes interné-e-s. En particulier, les expert-e-s ont en accès aux lettres censurées et ne savent pas toujours ce qui a conduit à garder ces lettres. Seule l'accès à des lettres délivrées pourrait permettre de mieux comprendre les raisons d'en censurer certaines. Mais cela n'implique pas que leur lecture permet de mieux comprendre la vie à l'intérieur de la prison de Bellechasse et les effets d'un internement administratif aussi bien du point de vue professionnel que sur la santé ou encore les liens sociaux et familiaux.

    Image : Éditeur