13/04/2018

Isle of Dogs / L'île aux chiens

Dans quelques années une épidémie touchera la population canine du monde. Le nombre élevé de chiens et leur proximité avec les humain-e-s pose un énorme problème aux autorités du monde alors que la maladie modifie le comportement des chien-ne-s. Les Provinces Unies, sous la mairie de Kobayashi, prend une décision rude et populaire. La population canine entière est déportée sur une ile de déchets afin de protéger l'humanité. Plusieurs mois se déroulent sans encombre alors que les services de la fourrière sont de plus en plus développés. Mais, un jour, un jeune enfant vole un avion et se rend sur l'ile. Son but est simple : il veut retrouver son chien Spots. Mais l'ile est grande et le maire veut garder le secret sur la réalité de l'ile.

SPOILERS

L'histoire de départ de ce film est assez simple. C'est la quête d'un enfant pour retrouver quelque chose qu'il a perdu. Comme dans toutes les quêtes de ce type, l'enfant doit surmonter des obstacles qui sont aussi bien dû à l'humanité qu'à la nature ou encore à lui-même. Il est secondé par un groupe de chiens qui connaissent les lieux ainsi que les personnes capables d'aider l'enfant. Enfin, cette quête permet de rapprocher deux êtres pourtant dissemblables et opposés. L'histoire est simple mais cela ne veut pas dire qu'elle n'est pas efficace et j'ai beaucoup aimé regarder les aventures de ce petit groupe isolé.

L'intrigue principale est doublée d'une seconde intrigue, plus compliquée. En effet, alors que l'enfant et ses chiens cherchent Spots le film nous explique comment fonctionne la mairie Kobayashi. Ici, Wes Anderson s'attaque à un problème difficile à mettre en scène : l'autoritarisme dans une démocratie. Pour cela, il utilise plusieurs personnages qui incarnent des rôles précis. Nous avons la figure autoritaire, le maire Kobayashi, qui incarne le politicien démagogue qui manipule les foules afin de s'enrichir et d'imposer ses idées. Il est contré par un opposant du parti de la science. Celui-ci est un scientifique dont le but est de trouver un remède à la maladie des chiens. Il ne viole jamais les règles ce qui en fait une victime toute désignée face à l'autoritarisme du maire. Enfin, Wes Anderson nous présente des opposants politiques sous la forme à la fois d'un hacker et d'une rédaction d'un journal. Il faut noter un point intéressant, lorsque la jeune journaliste fait part de ses soupçons la réaction du rédacteur en chef est immédiatement de demander des preuves. Le journalisme n'est donc pas dépeint comme un moyen d'écrire une histoire mais un travail qui implique de trouver des sources capables de prouver ses thèses (en est témoigne le classeur qu'elle porte avec elle). Sous un abord assez simpliste, le film propose donc une intrigue bien plus riche.

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*** Un roman qui se lit assez bien sans être ni particulièrement bon ni mauvais.
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Image : Allociné

Site officiel

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09/04/2018

Doctor Who. The shining man par Cavan Scott

Titre :  Doctor Who. The shining man
Auteur : Cavan Scott
Éditeur : BBC books 20 avril 2017
Pages : 256

Les problèmes ont commencé simplement. Un jour, quelqu'un a fait une vidéo d'un être aux yeux lumineux. Cette vidéo est devenue de plus en plus partagée et, bientôt, d'autres vidéos et photos sont apparues en ligne. Puis, des personnes ordinaires se sont déguisées pour faire peur tandis que les magasins ont commencé à vendre des objets dérivés. En quelques semaines le monde entier a entendu parler des Shining Men alors que tout a commencé avec une seule personne. La police ne prend pas les choses aux sérieux mais arrête les personnes qui se déguisent, avant que celles-ci ne soient accusées de kidnapping. Car même si les Shining Men ne peuvent pas exister des personnes disparaissent après les voir vu. C'est un travail parfait pour le Docteur et Bill Potts.

SPOILERS

La saison 10 de Doctor Who est l'une de mes favorites et l'apparition de l'actrice Pearl Mackie dans la série l'explique en partie. Je ne pouvais qu'être heureux à l'idée de la rencontrer à nouveau sur papier en tant que Bill Potts. Ce personnage donne un vent de fraicheur en étant "normal", à la différence d'Amy Pond et de Clara Oswald. Mieux encore, elle a une connaissance étendue de la SF ce qui permet enfin d'avoir une humaine capable de comprendre les intrigues aussi bien que le Docteur !

Ce livre fait partie de trois tomes sortis en même temps et qui s’insèrent dans la saison 10. Que l'on soit clair, les romans n'ont jamais été particulièrement bons mais ils sont acceptables, d'autant plus si vous aimez la série. Ce tome joue des ennemis qui ont déjà été rencontrés dans Torchwood. Mais là où Torchwood échoue le Docteur trouve un moyen de gagner. Réutilise ce type d'ennemis, même de manière peu imaginative, permet de leur donner un peu plus de profondeur. Le roman s'est aussi, selon moi, fortement inspiré du phénomène de la psychose des clowns : vidéos, hystérie et rumeurs basée sur un phénomène précis et unique. C'est un bon moyen de débuter une intrigue sans avoir à donner trop d'informations sur ce qui est en train de se dérouler.

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*** Un roman qui se lit assez bien sans être ni particulièrement bon ni mauvais.
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Image : Éditeur

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07/04/2018

Introduction à l'histoire de notre temps 2. Le XIXe Siècle. 1815-1914 par René Rémond

Titre :  Introduction à l'histoire de notre temps 2. Le XIXe Siècle. 1815-1914
Auteur : René Rémond
Éditeur : Seuil 1974
Pages : 248

Ce tome est le second dans une série de trois intitulés Introduction à l'histoire de notre temps. Ces livres sont adaptés d'un cours de première année donné par l'auteur à l'Institut d'études politiques. Le premier tome s'intéressait à l'Ancien Régime et à la Révolution de 1789. Celui-ci prend comme décors le XIXème siècle avec comme bornes les années 1815 et 1914, deux dates particulièrement importantes pour l'histoire de l'Europe. Le tome précédent nous permettait de comprendre de quelle manière la Révolution française de 1789 impacte l'Europe. Ce tome débute lors d'une période de retour au passé, défendu par le Congrès de Vienne. Cependant, ce tome n'est pas véritablement historique et s'intéresse plutôt à des concepts, inscrit dans un contexte historique.

Ainsi, l'auteur s'intéresse à plusieurs changements et mouvements qui ont lieu durant le XIXème siècle, que ce soit le libéralisme, la démocratie, l'urbanisation, les mouvements des nations et, bien entendu, le socialiste et le syndicalisme. René Rémond s'intéresse à chacun, et plus, de ces concepts afin de nous permettre de comprendre leur importante dans le fonctionnement du XIXème siècle et de nos jours. Systématiquement, il s'intéresse aux principaux mouvements mais aussi aux idéologies. Celui lui permet de montrer une forme de changement. Ainsi, on peut difficilement comprendre son propos sur la démocratie sans s'intéresser à ses explications sur le monde rural.

Cependant, ces concepts sont centrés sur l'Europe, voire la France, alors que l'auteur annonce une histoire de notre temps qui prenne en compte ce qui est extérieur à l'Europe. Dans ce second tome, l'auteur débute une analyse du colonialisme. Il montre, tout d'abord, l'importance des Empires mais aussi, et surtout, la course à la conquête des puissances européennes. Il montre que ces colonies sont défendues par le souhait d'exporter la culture européenne, mais n'oublie pas de parler des inégalités centrales à ce type de relations. Il explicite aussi le fonctionnement de certains pays qui sont moins conquis que progressivement démantelés, comme la Chine ou l'Empire Ottoman. Bien que le propos soit intéressant, il me semble tout de même très daté avec une vision peu critique du colonialisme. Par exemple, il ne fait que mentionner le Congo sans parler des atrocités qui y ont été commises. Encore une fois, le livre est décevant si vous cherchez à en savoir plus sur le monde non-européen. En revanche, il permet d'expliciter plusieurs mouvements qui gardent une importance de nos jours.

Image : Amazon

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06/04/2018

Red Sparrow

TW : viols et violences sexuelles, tortures, meurtres

Dominika Egorova est une femme talentueuse. Elle est l'une des meilleures danseuses du Bolchoï, considérée comme un espoir pour le pays. Elle est aussi une fille qui s'occupe de sa mère en besoin de soin. Heureusement, la compagnie paie ces soins ainsi que leur appartement à Moscou. Mais Dominika Egorova est aussi la nièce du second des services secrets russes. Sa vie se déroule sans problèmes, elle s'occupe de sa mère, elle s'entraine puis elle se met en scène. Mais, un soir, un accident la blesse durablement et elle perd la capacité de danser ainsi que son avenir. Son oncle lui propose de l'aider en échange d'un service : attirer quelqu'un dans une chambre pour lui soutirer des informations. À la suite de cette opération, elle sera formée et utilisée afin de retrouver un agent double de la CIA au sein des services secrets russes. Bien qu'elle soit talentueuse, on lui fait vite comprendre que sa vie n'a aucune valeur.

SPOILERS

Lorsque j'ai vu la bande annonce je m'attendais à un film d'action sur fond d'intrigue d'espionnage, une sorte de Black Widow. Le style du film m'a complétement pris au dépourvu. Nous avons une intrigue qui se déroule principalement en Russie avec des personnages très froids et ne possédant que peu d'émotions incontrôlées. Ces personnes sont mises en scène par des acteurs et actrices qui les incarnent plutôt bien. Mais je me demande à quel point il était nécessaire de montrer les américains comme émotionnels et les russes de manière très froide voire comme des personnes cruelles. À mon avis, l'intrigue est plutôt bien écrite. Sans qu'il y ait forcément de grandes surprises pour le genre, on nous ballade assez facilement dans l'intrigue tout en plaçant les éléments nécessaires pour la fin du film.

On peut se demander si la réalisation ne se complait pas dans une violence physique et morale. En effet, plusieurs scènes montrent des actes de tortures soit sur des personnages secondaires soit sur l'héroïne elle-même. Pire encore, les femmes du film sont traitées comme des objets, dont les corps servent l'intérêt de l'état. Les femmes sont utilisées et humiliées à plusieurs reprises lorsqu'on leu ordonne d'accomplir des actes sexuels, soit sans leur consentement. Dominika Egorova est particulièrement mise en avant puisque son entrainement débute par un viol et continue par des humiliations publiques. À plusieurs reprises, on lui explique qu'elle n'a pas le choix. Elle doit obéir pour que sa mère soit soignée mais aussi pour qu'elle-même ne soit pas tuée. Il y a donc une contrainte extrêmement forte sur elle. Mais on peut se demander si le film n'essaie pas de lui rendre ce choix en lui permettant de punir son oncle, et donc de se trouver dans un cadre un peu moins horrible. Mais je laisse la question ouverte, d'autant plus après les nombreuses scènes subies par le personnage.

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*** Je ne suis pas un adepte des films d'espionnage mais celui-ci me semble assez bien écrit. En revanche je déplore l'usage immodéré de la torture et du viol et met en garde les personnes qui souhaitent le voir.
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Image : Site officiel

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09:12 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : red sparrow | | | |  Facebook

05/04/2018

Batman Detective comics vol. 4: Deus ex machina par James Tynion IV, Alvaro Martinez, Raúl Fernández et Brad Anderson

Titre : Batman Detective comics vol. 4: Deus ex machina
Auteurs : James Tynion IV, Alvaro Martinez, Raúl Fernández et Brad Anderson
Éditeur : DC 26 décembre 2017
Pages : 144
TW : Meurtres, violences physiques

Ce volume contient Detective comics 957-962. Batman et son équipe ont réussi à vaincre la League of shadow, avec l'aide la Ligue des assassins. Mais il est clair pour tout le monde que quelque chose de plus important se prépare. D'autant plus que l'univers DC est mis à mal par des êtres inconnus. Batman, face à son incompréhension, décide d'enquêter dans une direction qu'il ne connait pratiquement pas. Il souhaite demander l'aide de Zatanna. Car elle est la gardienne d'un artefact capable de donner toutes les réponses. Dans le même temps, le passé de Jean-Paul Valey le rattrape alors qu'une nouvelle version de lui-même, purement machine, s'attaque aux personnes considérées comme pécheresses.

SPOILERS

Ce nouveau volume, un peu moins intéressant que le troisième, part dans deux directions qui ne se rejoignent que difficilement. La première concerne Jean-Paul Valey, Azrael. Ce personnage a été créé par une secte dans le but de se lier à une IA afin de défendre le message de dieu sur Terre, faisant de lui un assassin parfait (il y a beaucoup d'assassins parfaits qui se baladent à Gotham ces temps). Selon le comics, il est nécessaire d'avoir une interface avec un être humain, ce qui permet de relier cette série à Batman et Robin Eternal grâce au passé de Jean-Paul Valey. Son adversaire est purement machine. Ainsi, contrairement à Jean-Paul Valey, la machine ne met pas en doute sa mission et l'accomplit sans avoir besoin d'être modelé. Cette intrigue permet de développer un peu plus Azrael tout en lui fournissant une seconde IA sous la forme d'un Batman informatisé.

Ce volume essaie aussi de construire la suite, d'une manière à la fois subtile et lourde. Pendant plusieurs pages Bruce Wayne et Zatanna discutent de l'opportunité d'user de l'artefact et du danger impliqué. Ces pages permettent de mettre en place une intrigue plus longue autours de la Ligue des assassins et d'un commanditaire encore peu connu. Elles permettent aussi de lancer l'événement Metal sans trop en dire. Mais, surtout, elles jouent sur l'un des points majeurs de l'identité de Batman : la peur de perdre l'un des Robins. Ceci est arrivé trois fois, à moins que je ne me trompe, avec des conséquences importantes pour le personnage. Il est logique d'utiliser cet événement pour envoyer Batman sur une route dangereuse tout en lui offrant l'information de la survie de Tim Drake, ce qui ne peut qu'avoir un impact encore plus important sur la suite de la série.

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**** Ce volume s'intéresse un peu trop à mettre en place des événements plus larges qu'à une intrigue interne, ce qui le rend un peu moins intéressant. Mais il reste dans mes coups de cœurs actuels chez DC.
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Image : Éditeur

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04/04/2018

Batman Detective comics vol. 3: League of shadows par James Tynion IV, Marcio Takara et Christian Duce

Titre : Batman Detective comics vol. 3: League of shadows
Auteurs : James Tynion IV, Marcio Takara et Christian Duce
Éditeur : DC 10 octobre 2017
Pages : 184
TW : Meurtres, violences physiques, abus sur enfants

Ce volume contient Detective comics 950-956. Depuis quelque temps Batman se prépare à une guerre. Personne ne sait ni contre qui ni pourquoi. Mais il s'implique simultanément dans des milieux particulièrement dangereux et méconnu. Sa dernière idée est de créer une équipe. Celle-ci est chargée de faire ce que Batman est incapable de faire. Officiellement, c'est un moyen de contrer la Colonie commandée par le colonel Jacob Kane, père de Batwoman. Mais l'équipe a aussi eu ses pertes. Tim Drake est mort tandis que Spoiler a préféré quitter Batman et a annoncé vouloir le contrer à tous prix. C'est dans ce moment difficile qu'une légende décide d'attaquer Gotham. Il semblerait bien que la League of Shadows est une réalité.

SPOILERS

Ce run sur Detective comics est une réussite, du moins pour l'instant. Le problème principal que l'on peut noter concerne les antagonistes qui sont, nécessairement, des groupes capables de mettre à mal une équipe entrainée par Batman et Batwoman. Ainsi, les auteurs ont créé la Colonie, une branche renégate de l'armée des Etats-Unis, et le Syndicat des victimes. Ce sont deux bonnes idées et il est dommage que le syndicat semble ne plus exister.

Pour ce troisième volume les auteurs débutent de la même manière que pour la cours des hiboux. Batman est confronté à un groupe qui n'est qu'une légende à laquelle il refuse de croire. Puis, subitement, une attaque est menée contre la ville en commençant par une autorité politique. Les similitudes pourraient faire craindre une intrigue proche de celle de Scott Snyder, mais en moins bien. Heureusement, les auteurs en profitent pour construire un peu plus l'histoire de l'un des personnages les moins connus, actuellement, de l’équipe : Cassandra Cain dites Orphan. J'ai beaucoup aimé ses interactions avec les autres membres de l'équipe. Mais ce que j'ai préféré ce sont ses craintes et la manière dont celles-ci permettent de placer Cassandra au centre de l'intrigue. En effet, selon moi, le but de ce volume n'est pas de confronter l'équipe à un ennemi imbattable mais de confronter Cassandra à ce qu'elle pourrait être, et lui permettre de choisir une autre voie.

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**** Le combat entre le groupe et l'ennemi n'est pas des plus intéressants. Mais ce que l'on en tirer pour Cassandra Caine sauve largement l'intrigue et le volume !
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Image : Éditeur

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02/04/2018

American Gods par Neil Gaiman

Titre : American Gods
Auteur : Neil Gaiman
Éditeur : Harper Collins 28 mars 2017
Pages : 576
TW : Meurtres, violences physiques, mentions de suicides

Shadow est en prison depuis 3 ans. La semaine qui vient il pourra enfin sortir et retourner vivre avec sa femme, Laura. Mais il est libéré en avance. En effet, Laura est morte dans un accident de voiture et les autorités acceptent de lui permettre de voir son enterrement. Pire, Laura est morte en trompant son mari. Ce n'est donc pas une bonne semaine pour Shadow. Alors qu'il se trouve dans l'avion il rencontre un homme qui dit se nommer Wednesday et qui semble en savoir bien plus qu'il ne devrait. Wednesday souhaite engager Shadow comme chauffeur et garde du corps. Lorsqu'il accepte, Shadow ne se rend pas compte qu'il entre dans un monde différent de ce qu'il connait, un monde de divinités anciennes et nouvelles luttant pour survivre sur une terre qui ne les accepte pas.

SPOILERS

J'avais vu la série, mais je n'avais pas réussi à l'apprécier. Je souhaitais lire le livre puisque l'expérience est différente. C'est aussi le premier roman de Neil Gaiman que je lis, je ne compte pas Good Omens qui est écrit à deux. Le roman est magistral. Il est très bien écrit et les nombreuses intrigues sont plutôt intéressantes. Je me suis particulièrement intéressé à Lakeside et aux disparitions que la ville connait. De plus, il est clair que l'auteur a fait de nombreuses recherches historiques, géographiques et mythologiques pour écrire son livre. J'ai beaucoup aimé ces informations et la recréation des divinités dans un contexte contemporain. Malheureusement, pour une raison que je ne comprends pas, le livre ne m'a pas parlé.

Pourtant, mis à part la thématique mythologique, le livre devrait me parler. À l'aide des divinités, le roman parle de l'identité et, en particulier, de l'identité des États-Unis. Le pays est décrit comme un lieu dans lequel les divinités ne peuvent pas survivre. Car les habitant-e-s changent régulièrement de mode de vie suivant en cela une forme de modernité. Les nouvelles divinités sont l'incarnation de ces difficultés puisqu'illes ne s'incarnent pas forcément ou ne sont pas des entités précises mais souvent des abstractions. Que ce soit la technologie, le marché ou encore la mondialisation. De plus, l'auteur s'attache à décrire non les villes qui réussissent mais les villes qui sont en souffrances. On ne semble observer que chômage et récession. Les villes sont abandonnées, les habitant-e-s n'ont pas grand-chose à faire et vivent dans de petites communautés avec, parfois, le rêve des grandes villes. Gaiman semble vouloir nous montrer un pays en perte de vitesse dont la véritable identité ne dépend ni des églises ni des monuments mais de petits lieux touristiques en bordure de routes. Ainsi, les personnages de ce livre sont souvent un peu tristes dans un contexte difficile, le glorieux passé n'étant qu'un lointain souvenirs.

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**** Objectivement American Gods est un très bon roman. Pour une raison que je ne comprends pas je n'ai pas réussi à l'apprécier et j'ai l'impression d'être passé à côté d'une expérience.
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Image : Éditeur

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10:29 Écrit par Hassan dans Fantasy | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : american gods, neil gaiman, harper collins | | | |  Facebook

31/03/2018

La mort de Staline / The death of Staline

TW : meurtres, mentions de viols

1953, URSS, le pays est sous une terreur sans nom. Staline, régulièrement, met à jour une liste des ennemis de l'état. Ces ennemis sont déportés ou tués selon les souhaits du Parti. C'est un soir normal. La liste est mise à jour alors que les grands chefs du Parti mangent et font des blagues ensembles avant de regarder un western. Le seul problème est le souhait de Staline de recevoir la copie d'un concert diffusé en direct à la radio. Mais, le matin, Staline est trouvé sur le sol et, bientôt, il meurt. Immédiatement, les intrigues commencent. Quelle sera la personne la plus rusée qui prendra la place de Staline ? De nombreux prétendants sont sur la ligne de départ et tout le monde est prêt à tricher. Du moins les personnes qui savent ce qui est en train de se dérouler.

SPOILERS

La réalisation aurait pu choisir de mettre en scène une intrigue politique très dense capable de montrer les luttes de pouvoir au sein du parti à la suite de la mort de Staline. Mais il a été choisi de créer une intrigue absurde autours de la vacance du pouvoir et de l'empressement de tout le monde de se placer comme successeur. Ainsi, ce que le film montre véritablement est l'importance du symbole pour être vu comme le prochain dirigeant. Dans le même temps, la plupart des personnages craignent ce qui peut leur arriver si leurs propos ne plaisent pas à d'autres membres du parti. Il faut avouer que cela permet de donner un grand nombre de situations absurdes et le film en regorge. Que ce soit la nécessité d'être la première voiture derrière le cercueil, la course pour atteindre la fille de Staline ou encore la nécessité de ne pas contredire le parti tout en essayant d'éviter les écueils futurs qui peuvent contredire ce que pensait le parti dans le passé.

Malheureusement, le film échoue. Pour être clair, le film n'est pas mauvais. Il y a de nombreuses scènes particulièrement drôles alors que d'autres permettent de montrer la terreur qui a existé à l'époque. Le jeu des acteurs et actrices est aussi plutôt bien mené tandis que les différents plans sont expliqués dans des cadres toujours décalés. Mais, il manque quelque chose. Le film donne l'impression de ne pas oser aller jusqu'au bout de son idée, d'éviter certaines situations. Peut-être cela est-il dû à l'existence de scènes qui montrent une véritable sauvagerie de certains personnages, basés sur du réel, qu'il est inadéquat de rendre drôle ? Je ne peux pas répondre à la question. En l'état, le film est un bon divertissement qui ne souhaite pas nous apprendre quelque chose sur la période. Mais on l'oublie très rapidement.

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*** Pas mauvais, mais il manque un petit quelque chose pour que le film soit réussi.
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Image : Allociné

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Ready Player One

Nous sommes en 2045. Après des années durant lesquelles l'humanité a tenté de réparer les problèmes causés par elle-même, tout a été abandonné. Les humain-e-s ne font que vivre jour après jour, sans grand espoir. Dans ce marasme ambiant, un homme est connu de tout le monde : James Halliday. Il est le créateur d'un monde virtuel sans limite qui permet aussi bien de se battre que de danser ou encore de faire des courses. Cet univers est nommé l'Oasis et tout y est possible, en y mettant le prix. Mais sa création a dépassé les buts fixés par Halliday puisque l'Oasis est devenue bien plus qu'un jeu en étant le symbole d'un refuge. James Halliday est mort il y a plusieurs années. Dans son testament, il annonce avoir caché trois clés dans le jeu. Ces clés permettent à la personne qui les trouve de prendre le contrôle de l'Oasis et de la société qui en a la charge. Mais personne n'a jamais trouvé une seule clé.

SPOILERS

Je n'attendais absolument rien de ce film dont je n'ai pas apprécié la promotion ni les images des bandes annonces. Ce qui nous était montré était un patchwork de références à la pop culture dans un semblant de nostalgie. Je n'ai rien contre la nostalgie des années 80 et de très bonnes œuvres jouent là-dessus. Malheureusement, je pense que Ready Player One montre les limites de la nostalgie. En effet, le film est rempli de références à des œuvres connues. Celles-ci ne sont pas là comme un simple clin d’œil, elles sont intégrées à l'intrigue et il me semble que l'intrigue souffre de devoir laisser trop de placer aux références. Les héro-ïne-s sont des personnes qui connaissent particulièrement bien la pop culture. Ce que le film semble valoriser est une connaissance encyclopédique de la pop culture, mais jamais on ne nous donne l'impression d'un véritable amour pour une œuvre. Au contraire, j'ai l'impression que les références permettent souvent, dans le film, de placer la limite entre les véritables fans et les autres. Loin d'être une célébration cela donne l'impression de créer une division basée sur des connaissances culturelles.

Les personnages ne sont pas non plus particulièrement réussis. Nous avons le grand méchant du film qui est méchant parce qu'il veut faire de l'argent. Je suis prêt à accepter cette prémisse mais il est nécessaire de prendre le temps de mieux nous présenter les raisons pour lesquelles il serait nécessaire de lutter contre cet homme. En l'état, il ne semble que vouloir agir comme un capitaliste en suivant les règles légales. On nous présente aussi assez rapidement deux personnes asiatiques et une femme noire, dont l'avatar est un homme. Mais leur rôle est avant tout d'aider le personnage principal, blanc, et de ne pas être sur son chemin. Jamais le film ne met en avant leur place dans la société et la raison pour laquelle certain-e-s cachent leur véritable identité. Enfin, nous avons Wade et Samantha. Les deux sont des connaisseurs mais Samantha est placée non comme un personnage autonome mais un prix, voire même une personne à sauver alors qu'elle est au moins aussi talentueuse que Wade. Jamais le film ne lui donne réellement l'occasion de montrer ses véritables capacités, alors qu'elle a clairement la volonté, les connaissances et une vision du monde spécifique qui auraient permis de créer un personnage très intéressant. Car le film est occupé à nous montrer que le véritable héros est Wade. Pourquoi ? Parce qu'il est Wade, un homme blanc hétéro qui gagne contre les méchants et gagne l'amour de la fille qu'il courtise.

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** Le film n'est pas une horreur visuelle. Mais il ne devrait pas exister à notre époque et ne montre aucun véritable amour pour son thème, se contentant, me semble-t-il, à en user comme moyen de faire de l'argent.
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Image : Site officiel

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09:51 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ready player one | | | |  Facebook

26/03/2018

Pacific Rim Uprising

Il y a 10 ans, les pilotes de Jaegers furent capables de contre-attaquer et de détruire la faille qui permet aux monstres, nommés, Kaijus, de traverser. La guerre était terminée après de longues années de luttes et de destruction. L'humanité a passé ce temps à reconstruire le monde, bien qu'une partie non négligeable des pays côtiers soient laissés à l'anarchie. Outre une reconstruction, l'humanité s'est préparée à un potentiel retour. Les pilotes sont de plus en plus entrainés et les Jaegers de plus en plus puissants. Mais, pour l'instant, ces robots ne font que chercher des pilotes non-assermentés. De plus, leur méthode pourrait bien disparaitre alors qu'un nouveau programme est mis en place : une défense globale par des drones capables d'être déployés instantanément et ne nécessitant qu'un seul pilote au lieu de deux.

SPOILERS

Alors que je sortais de la salle je ne pouvais pas faire autrement que de penser à Independance Day et sa suite. En effet, Pacific Rim, premier du nom, fut, tout comme Independance Day, un gros block buster d'été qui fonctionnait particulièrement bien car il est écrit d'une manière très simple mais aussi très efficacement. Les suites me semblent proches. Dans les deux cas, l'humanité a eu du temps pour se préparer, on trouve une nouvelle génération, les méchants sont plus gros et même la fin est quasiment identique lorsqu'on propose de placer la guerre directement chez l'ennemi alien. Cependant, Pacific Rim Uprising réussit là où la suite d'Independance Day échoue lamentablement. Si ce film réussit c'est surtout parce qu'il prend le temps de créer une nouvelle crise, avec le petit luxe d'offrir une petite recherche sur l'identité de la véritable menace. Celle-ci n'apparait pas immédiatement et fonctionne à la suite du premier film, ce qui permet de mettre en avant les conséquences de certaines actions. De plus, la menace ne commence pas par détruire la moitié du monde mais s'attaque directement aux personnages que l'on a appris à connaitre pendant une bonne partie du film. Ceci rend les événements bien plus intenses puisque l'on souhaite voir les personnages réussir.

Le premier film ne se prenait pas au sérieux. La réalisation savait ce qu'elle faisait : un film avec de gros robots qui tapent sur de gros monstres. On aurait pu craindre que la suite se prenne bien plus au sérieux, oubliant son identité. Heureusement, ce n'est pas le cas. À plusieurs reprises, des scènes font directement références au premier film. Mais au lieu d'essayer de les recréer à l'identique elles sont, parfois, "ratées." Cette caractéristique permet aux dialogues de casser allégrement le quatrième mur à plusieurs reprises. Bien que cela puisse agacer, j'ai plutôt apprécié. Cependant, cette suite est tout de même moins réussie. Bien entendu, la surprise est passée. Mais ce sont surtout les personnages qui sont moins intéressant. De nombreux points d'intrigues ne sont pas résolus dans l'histoire personnelle des personnages. De plus, on sent que la réalisation a souhaité créer des remplacements. Malheureusement, tous les choix ne sont pas aussi intéressants. Je déplore, par exemple, de ne pas avoir observé plus de scènes avec Mako, alors que sa remplaçante, Amara, échoue à reprendre le trône puisqu'elle est placée comme élève et non comme égale du personnage masculin principal.

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*** Moins bon que le premier, mais j'ai plutôt apprécié.
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Image : Site officiel

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14:06 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pacific rim, uprising | | | |  Facebook

25/03/2018

Batman detective comics 1. La colonie et 2. Le syndicat des victimes par James Tynion IV, Eddy Barrows, Alvaro Martinez et Marguerite Bennett

Titres : Batman detective comics 1. La colonie et 2. Le syndicat des victimes
Auteur-e-s : James Tynion IV, Eddy Barrows, Alvaro Martinez et Marguerite Bennett
Éditeur : Urban comics 7 juillet 2017 et 12 janvier 2018
Pages : 176 et 168

Ces deux tomes contiennent Detective comics 934-940, publiés dans Detective comics vol.1 : rise of the Batmen, et Detective comics 943-949, publiés dans Detective comics vol. 2 : The victime syndicate. J'avoue que je suis un peu sceptique face au label rebirth et j'essaie de faire attention à ce que je lis. Mais il y avait tant de bonnes critiques sur ce titre que j'ai souhaité me faire ma propre idée. Batman n'est pas l'unique personne portant une cape dans Gotham. Certaines personnes qui suivent son exemple font partie de son groupe, tandis que d'autres sont bien plus lointaines. Mais Batman travaille souvent seul. Or, il existe une potentielle menace qui implique la nécessité de travailler en groupe. Batman décide donc de créer une équipe dont il donne la direction à Batwoman. La première mission est d'entrainer ces individus pour en faire une équipe capable de réussir là où Batman ne peut pas gagner. Et l'équipe aura fort à faire lorsque Batman, justement, est vaincu.

SPOILERS

Ces deux tomes sont constitués de deux histoires individuelles mais qui fonctionnent en tandem. Les deux intrigues mettent en question Batman et ses méthodes. La première considère que Batman ne va pas assez lui. Il se contente de réagir aux menaces apparentes. Le but des protagonistes de ce premier tome est non seulement d’imiter Batman mais aussi, et surtout, d'être bien plus efficace. Ce groupe de protagonistes est plutôt intéressants, et permet de mieux comprendre certains points du titre Batwoman. Mieux encore, il creuse un peu plus l'histoire de Batwoman et surtout celle de sa famille. Les auteur-e-s mettent en place une forte tension entre les Kane et les Wayne qui sera, je l'espère, continuée. De plus, le tome pose la question des limites que s'impose Batman dans sa lutte. La question est de savoir si ces limites peuvent impliquer de perdre.

Le second tome s'intéresse aux conséquences de la lutte de Batman. En effet, et c'est commun dans le genre, les combats des comics ont souvent des effets sur les villes et les habitant-e-s. Mais il est rare que l'on s'y intéresse. Les auteur-e-s décident donc de créer un groupe qui souhaite arrêter Batman afin d'éviter de nouvelles victimes, ce qui ressemble à l'une des intrigues de Nightwing lors du New 52. Ce qui est intéressant n'est pas le groupe de protagonistes. Mais l'effet sur le groupe de Batman. En effet, cette intrigue a un impact important à cause de la fin du premier tome. Les membres de l'équipe se pose tous et toutes la question de la légitimité de leur fonctionnement. J'apprécie particulièrement que l'une des membres soit fortement impactée et remet en cause tout ce qu'a fait Batman dans sa vie. Ce moment m'a permis de mieux apprécier ce personnage qui y gagne fortement en caractérisation. Bref, ce sont deux bons tomes et je suis curieux de lire la suite.

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**** J'étais sceptique mais ce sont deux très bons tomes. De plus, Batwoman est fortement présente et cela ne peut qu'être positif !
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Image : Éditeur

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Tomb Raider

Tomb Raider, Lara Croft, est une icône des jeux vidéo que l'on n'a pas besoin de présenter. Je n'ai personnellement jamais joué aux premiers jeux, mais j'ai apprécié les nouveaux, développés par Square Enix. Tomb Raider avait déjà été adapté dans deux films dont je ne me souviens que très vaguement. L'annonce d'une nouvelle adaptation ne m'avait pas donné de grandes envies. Mais, parfois, il est sympathique d'aller voir un film douteux avec des ami-e-s pour s'amuser un peu.

Lara Croft aime le combat dans un ring. Elle est aussi une livreuse à vélo. Lara Croft est non seulement peu fortunée mais elle n'a pas non plus accompli d'études. Car, il y a 7 ans, son père a disparu et elle refuse de croire en sa mort. Après une petite enquête, Lara Croft comprend que son père cachait une passion : la recherche d'antiquités afin de prouver l'existence du surnaturel. Sa dernière recherche l'a conduit au Japon sur les traces de la reine Himiko.

SPOILERS

Je n'ai pas détesté ce film. Je ne l'ai pas du tout apprécié mais, au vu de mes attentes, cela ne m'a pas surpris. Ce film me semble plutôt mal écrit. Il est fortement inspiré du jeu de 2013, à qui il emprunte une grande partie de l'intrigue. Lara Croft est construite comme physiquement au mieux de sa forme, et on montre ses muscles. Mais elle n'est pas archéologue et ses capacités proviennent surtout de la logique face à des puzzles (honnêtement, j'ai eu l'impression de me retrouver dans une adaptation d’une escape game). Le film semble suivre un scénario calqué sur un jeu vidéo et j'ai parfois eu l'impression de voir des scènes de sauvegarde avant le prochain chapitre.

De plus, le film est rempli de scènes inutiles. Il y a de nombreux flashbacks dont le rôle n'est pas de faire avancer l'histoire mais de nous faire bien comprendre l'importance du père de Lara Croft dans sa vie. Celui-ci l'aime et elle l'aime en retour. On insiste fortement sur ces scènes, peu utiles. Mais l'une des pires scènes est celle qui débute le film. On entend le père de Lara Croft expliquer la mythologie d'Himiko dans ce film, pour l'oublier complètement pendant plusieurs dizaines de minutes. Lorsqu'on y revient, le père recommence sa narration à l’identique ! Personnellement, je considère soit que la réalisation était fainéante soit qu'elle a pris les spectateurs et spectatrices pour des idiots. Dans les deux cas, c'est une erreur importante. Le film est donc loin d'être intéressant et ne réussit même pas à amuser.

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** Un film médiocre, mal écrit et qui ne m'a même pas permis de m'amuser.
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Image : Site officiel

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10:37 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tomb raider | | | |  Facebook

23/03/2018

Constantine saison 1

Nous avons connaissance des menaces physiques. Outre la police et l'armée des héros peuvent s'en occuper. Mais il existe aussi des menaces spirituelles. Et lorsque vous êtes sans aucun espoir il existe un nom. Il n'est que murmuré car personne n'apprécie vraiment cet homme. Ce nom est celui de John Constantine. Récemment, John Constantine s'est fait interné après un acte magique qui n'a pas réussi. Le coût fut très important non seulement humainement mais aussi moralement. Mais il est temps pour lui de retourner dans le monde extérieur. En effet, une menace importante est visible à l'horizon et la guerre qui s'annonce rend l'intervention de Constantine nécessaire.

SPOILERS

Cette série n'a duré qu'une saison, malgré l'entrée du personnage dans l'univers de la CW. Malgré son annulation elle avait du potentiel. La magie n'est pas montrée comme foncièrement utile ou facile mais comme possédant un coût, parfois important. La série se pose aussi et surtout la question du mal. Bien qu'il y ait une intrigue globale, dont la conclusion n'existe pas. Les épisodes fonctionnent seuls avec, à chaque fois, un ennemi spécifique. Il y a autant des personnes réellement mauvaises que d'autres qui veulent faire le bien, mais d'une mauvaise manière. Personne n'est réellement innocent mais il y a une capacité de payer pour ses péchés. La série semble vouloir montrer non pas un mal spirituel, au-delà de l'humanité, mais surtout un mal ordinaire rendu plus important par l'élément spirituel. De ce point de vue, le potentiel était présent.

De plus, on nous montre des personnages qui ont des histoires personnelles intéressantes, et qui ne seront pas explorées. Constantine n'est pas forcément celui qui m'intéresse le plus. C'est un anti-héros arrogant, mais qui le mérite. Il a tendance à ne pas être apprécié mais il le souhaite, car il perd beaucoup de monde lors de ses voyages. Il est secondé par Chas. Celui-ci ne possède pas de magie mais il se sent responsable de ne pas avoir réussi à sauver les spectateurs d'un concert. Enfin, nous avons Zed. Elle est voyante, provenant d'un culte. Chacun de ces personnages aurait pu permettre une nouvelle intrigue principale intéressante ou une intrigue secondaire utile au récit. Zed, en particulier, semble avoir été choisie et écrite pour permettre aux scénaristes d'écrire de nouvelles saisons voir de placer Constantine face à ses responsabilités, à mon avis sa tumeur aurait pu être "volée" par Constantine ce qui aurait lancé une nouvelle intrigue tirée des comics. Cette petite série est donc sympathique mais malheureusement conclue trop rapidement.

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*** Moyenne si l'on ne prend en compte que la première saison, pourtant de plus en plus intéressante, cette série avait clairement du potentiel.
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Image : Site officiel

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14:33 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nbc, constantine, dc | | | |  Facebook

Introduction à l'histoire de notre temps 1. L'ancien régime et la Révolution 1750-1815 par René Rémond

Titre : Introduction à l'histoire de notre temps 1. L'ancien régime et la Révolution 1750-1815
Auteur : René Rémond
Éditeur : Seuil 1974
Pages : 215

Lorsqu'on s'intéresse à l'histoire on manque souvent de manuels ou de récits généraux sur une histoire large, voire mondiale. Il se trouve que René Rémond était chargé de cours à l'Institut d’études politique de Paris, ce qui implique d'offrir des informations générales et des concepts précis permettant une compréhension minimale d'une histoire récente. Ainsi, ce premier tome est une édition de ce cours, sans notes ni bibliographie. Le but de René Rémond n'est donc pas d'être exhaustif.

Dans ce premier tome l'auteur s'intéresse aux années 1750-1815, soit des années qui précèdent et suivent le moment de la Révolution de 1789 en France. Son but est d'expliquer ce moment et d'essayer de montrer son importance, en particulier pour le monde occidental. L'auteur débute par l'explication du monde l'ancien régime. Pour cela il s'intéresse aussi bien à la géographie qu'à la démographie. Il explique que le monde est assez peu connu et surtout que les connaissances des événements ne voyagent que lentement. Ensuite, il met en avant le fonctionnement social et politique. Ici, l'auteur crée une division entre les différents types de sociétés et de formes politiques. Cela lui permet d'expliciter les raisons des changements politiques mais surtout de conceptualiser certains termes importantes (comme la monarchie absolue).

Dans un second temps, il s'intéresse à la Révolution proprement dites. L'étude de celle-ci le conduit à mettre en avant la rupture organisée entre l'Ancien Régime et un "nouveau régime." Outre une égalité devant la loi, la Révolution permet de constituer un état fort centralisé qui peut survivre à des menaces internes comme externes. De plus, l'auteur montre l'importance du moment révolutionnaire pour le monde. En premier lieu, les pays européens sont forcés de se placer face à ce changement, ce qui conduit à des guerres qui durent jusqu'à l'époque Napoléonienne. Ensuite, les mouvements politiques européens ont un impact dans les autres continents, colonisés. Ceux-ci commencent à connaitre des mouvements de libérations plus ou moins réussis, mais qui sont surtout le fait d'hommes blancs qui veulent atteindre un certain pouvoir.

Ce premier volume est plutôt intéressant. Il réussit à synthétiser plusieurs évènements mais surtout il permet d'avoir une meilleure compréhension de certains concepts et du fonctionnement de l'histoire. Bien que l'auteur essaie de mettre en avant une histoire mondiale, on peut déplorer que le propos soit surtout européen et même francocentré. D'une certaine manière, ceci est compréhensible puisque le livre étudie un mouvement qui début en France et qui a eu un impact important en Europe. Mais on aurait souhaité un peu plus d'informations sur des pays plus nombreux. Les Amériques sont étudiées, mais de manière très superficielle.

Image : Éditeur

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The unstoppable Wasp 2. Agents of G.I.R.L par Jeremy Whitley, Elsa Charretier, Veronica Fish, Ro Stein, Ted Brandt et Megan Wilson

Titre : The unstoppable Wasp 2. Agents of G.I.R.L
Auteur-e-s : Jeremy Whitley, Elsa Charretier, Veronica Fish, Ro Stein, Ted Brandt et Megan Wilson
Éditeur : Marvel 13 mars 2018
Pages : 120

Ce second volume contient les numéros 5-8 ainsi que Tales to astonish 44. Avant que Marvel ne décide de suivre les plaintes des pleureurs du comicsgate l'éditeur avait décidé de mettre en avant une certaine diversité dans ses titres. Plusieurs personnages ont été créé ou ont changé d'identités. L'un de ces personnages est Wasp. On la connait comme la femme, Janet Van Dyn, d'Hank Pym, un héros mais aussi un homme qui bat Janet Van Dyn. Mais Hank Pym a eu un premier amour. Avec elle, il a eu un enfant. Malheureusement, le bébé a été enlevé par un groupe secret dont le but est de créer des assassins. Ce bébé est Nadia. Elle a réussi à s'enfuir et essaie de trouver les femmes les plus intelligentes de l'univers Marvel. Leur première mission est d'éviter qu'une femme ne meurt à cause d'une bombe implantée dans son crâne.

SPOILERS

J'ai beaucoup aimé cette série. Elle commence très bien par un personnage jeune et totalement positif. Nadia ne veut que comprendre qui est son père et aider le monde. Ce n'est qu'un peu plus tard que l'idée de retrouver les femmes les plus intelligentes de l'univers Marvel est mis en avant. Ceci permet de créer d'autres personnages hauts en couleurs (que l'on ne voit malheureusement pas assez). Mieux encore, le comics met en avant quelqu'un qui ne souhaite pas se battre mais changer les choses avant tout. Cependant, cela n'empêche pas de lui créer des situations difficiles, par exemple la connaissance de la véritable identité d'Hank Pym.

Malheureusement, ce second volume contient aussi la fin de la série qui ne contient que 8 numéros. J'avais un peu peur de ne pas avoir une véritable fin ou pire encore, que l'intrigue soit totalement détruite afin de permettre de l'ignorer à l'avenir. L'un des numéros semblait confirmer mes craintes alors que tout ce qu'a fait Nadia était remis en question. Heureusement, les deux derniers numéros permettent de faire mieux encore. Nadia n'est qu'une jeune femme, encore adolescente. Il est normal qu'elle ne sache pas toujours comment réagir face à un plan qui échoue. Mais elle est secondée par Barbara Morse et surtout Janet Van Dyne. Les derniers épisodes permettent à Janet, la Wasp originale, d'user de toutes ses connaissances et ses relations afin de recréer les idées de Nadia, mais en plus solide. Loin d'infantiliser Nadia, j'ai l'impression que ces numéros permettent surtout de montrer la nécessité d'être secondé-e et de demander de l'aide en cas de besoin. Ce comics entre donc dans une catégorie que j'apprécie de plus en plus, et souvent écrit par des femmes. Ceux qui mettent en avant la manière d'offrir un support émotionnel aux personnes qui ont en besoin et qui ne doivent pas avoir honte de le demander. Il est dommage que la série ne continue pas mais j'espère que ce qui a été construit pourra être utilisé plus tard.

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**** Tout serait parfait, si la série n'avait pas été annulée.
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Image : Site officiel

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20/03/2018

Class saison 1

Coall Hill a une longue histoire étrange. Elle débute dans les années 60 alors que deux professeur-e-s et une élève disparaissent. Elle continue au XXIème siècle, de nombreux phénomènes ont lieu et plusieurs personnes meurent, dont deux professeur-e-s. À la suite de cela, un groupe a décidé de rénover l'école pour en faire une académie d'élite. Les nouveaux élèves sont maintenant plus âgés et sont destinés à la réussite avec des enseignant-e-s d'exception. Mais le destin de Coal Hill continue à faire des siennes lorsque des aliens tentent d'envahir la Terre depuis l'école. Seules quelques personnes pourraient être capables de stopper l'invasion, sous l'égide du Docteur.

SPOILERS

Doctor Who a connu un certain nombre de spin-off. Sarah Jane Adventures, annulée après la mort d'Elisabeth Sladen, était écrite en direction des plus jeunes avec des adolescents plus proches de l'enfance que de l'âge adulte. Torchwood, annulée après une quatrième saison, était destiné à des personnes adultes. Le ton était bien plus dépressif, les héro-ïne-s ayant tendance à perdre ou à mourir. Class souhaitait s'adresser à une population jeune mais plutôt mature. Ainsi, le casting a été diversifié et les scénarios n'hésitent pas à parler de morts, de sexualité ou encore de pertes. Malheureusement, la série a rapidement été annulée avant d'atteindre sa vitesse de croisière.

Le problème principal de Class, à mon avis, est que la série s'inscrit dans un genre qui possède déjà de nombreuses productions, parfois de très bonne qualité. On observe un petit groupe d'adolescent-e-s qui essaient de survivre à l'école tout en entrant dans l'âge adulte. Ce qui implique de poser des questions concernant la mort mais aussi le travail ou encore la création de relations amoureuses entre personnes. Bien entendu, les personnages perdent leur innocente face au fonctionnement du monde. De plus, ce petit groupe est confronté à des phénomènes extraordinaires qu'illes tentent de réparer. Nous avons déjà souvent vu ça et la série souffre de la comparaison avec, par exemple, Buffy qui reprend exactement les mêmes thèmes et les mêmes procédés.

Les personnages auraient pu permettre à la série d'être sauvée et gagner une qualité qui, je pense, aurait pu être acceptable. Il est dommage que tous les personnages n'aient pas eu le temps d'être développés de manière identique. On en sait bien plus sur April, par exemple, qui incarne la naïveté et la gentillesse mais qui, en fait, est ainsi afin de devenir plus forte. J'apprécie aussi Ram. Bien que ce soit le personnage le plus malchanceux du groupe, sa relation avec son père est particulièrement intéressante et montre une complicité et une confiance mutuelle que j'apprécie. Mais mon personnage favori est Miss Quill. C'est l'un des deux aliens du groupe cependant elle est adulte. Tout en elle me semble réussi. Ses dialogues sont savoureux, son histoire est très intéressante et je pense que nous aurions eu un anti-héros particulièrement intéressant si la série avait duré plus longtemps. Malheureusement, la série s'est conclue sur un double cliffhanger, ce qui est particulièrement frustrant, et nous n'aurons jamais de suites. En attendant, je serais toujours heureux de retrouver Miss Quill.

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*** Une série imparfaite qui a surtout manqué de temps pour atteindre son identité et sa vitesse de croisière.
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Image : Site officiel

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14:58 Écrit par Hassan dans Doctor Who, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : class, bbc, doctor who | | | |  Facebook

17/03/2018

Dragon Age 1. The stolen throne par David Gaider

Titre : Dragon Age 1. The stolen throne
Auteur : David Gaider
Éditeur : Tor Books 28 aout 2012
Pages : 464

J'ai beaucoup aimé Dragon Age. Le jeu est d'une grande richesse, malgré un second opus moins bon. Comme souvent, j'apprécie particulièrement le décor historique que j'aime apprendre à connaitre. Ce roman était donc l'occasion d'entrer un peu plus dans ces légendes. Celui-ci se déroule bien avant le premier jeu. Le royaume de Ferelden n'est plus libre. Il est gouverné par un roi mis en place par l'Empereur d'Orlais. Cependant, la famille royale d'origine est toujours vivante et a réussi à constituer une armée capable de faire vivre la rébellion. Du moins jusqu'à ce que des nobles tuent la reine. Le seul survivant est le jeune prince Maric. Mais il est seul, il est pourchassé et la rébellion est sur le point d'être écrasée. Personne ne croit que Maric puisse réellement libérer Ferelden.

SPOILERS

Ce livre est mauvais. En fait, il est difficile de trouver quelque chose de positif, mis à part de mieux connaitre une part de la légende de Dragon Age et de retrouver un univers familier. Mais ce n'est pas assez pour sauver un roman. Le premier problème concerne les personnages. On nous on présente quatre principaux que l'on suit régulièrement. Maric est l'archétype du jeune prince un peu balourd mais dont la destinée lui permet de devenir adoré par ses troupes. Loghain est le cynique réaliste et... il n'est que ça. Rowan, elle, est l'amoureuse qui croit au devoir et aux serments tout en étant une guerrière. Enfin, nous avons Katriel. Elle est une espionne chargée de piéger Maric mais, après l'avoir rencontré, elle tombe amoureuse de lui à cause de son charme et de sa gentillesse. Les personnages ne sont que des caricatures qui agissent non selon une certaine logique, une éducation, mais parce qu'illes ont des rôles précis. Ainsi, Loghain est chargé de défendre des décisions difficiles tandis que Rowan défend l'honneur. Maric choisissant selon ce qui est le plus gentil.

Les choses sont pires encore lorsque l'auteur décide de créer un triangle, puis un carré, amoureux. Certes, l'un des points forts du jeu concerne les relations que l'on peut mettre en place entre différents personnages. Mais ce type de relation est particulièrement cliché dans un roman. Ainsi, on comprend rapidement que Loghain est amoureux de Rowan qui est amoureux de Maric qui ne s'en rend pas compte et tombe amoureux de Katriel. Tout cela débouche sur des chapitres et des dialogues horribles qui empêchent l'intrigue de continuer.

L'intrigue elle-même est problématique. En effet, l'auteur donne l'impression de vouloir mentionner pratiquement tout ce qui est connu dans le jeu. Ainsi, on rencontre quelques personnages connus mais surtout des lieux mis en scène dans le jeu. Tout un chapitre ne concerne qu'un dialogue autours du feu afin de trouver une route sûre, que les personnes ayant joué aux jeux connaissent déjà. Là encore, les chapitres sont trop lents et les dialogues peu utiles. De plus, certains point clés ne sont que mentionnés ou simplement passé sous silence. On ne connait rien de la politique locale, mis à part que la noblesse d'Orlais et le roi sont très méchants, et les batailles sont mises en place bien trop rapidement. Pire encore, la fin n'existe pas. On quitte Maric pour immédiatement lire un épilogue placé des années plus tard. Cette manière de faire est particulièrement frustrante.

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** À ne surtout pas lire !
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Image : Éditeur

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13:15 Écrit par Hassan dans Fantasy | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dragon age, the stolen throne, bioware, tor books | | | |  Facebook

Faith 3. Superstar et Faith 4 The Faithless par Jody Houser, Louise Simonson, Meghan Hetrick, Joe Eisma, Colleen Doran, Kate Niemczyk et Marguerite Sauvage

Titre : Faith 3. Superstar et Faith 4 The Faithless
Auteur-e-s : Jody Houser, Louise Simonson, Meghan Hetrick, Joe Eisma, Colleen Doran, Kate Niemczyk et Marguerite Sauvage
Éditeur : Valiant 10 mai 2017 et 2 aout 2017
Pages : 128 et 112

Le volume 3 contient Faith 5-8 et le volume 4 Faith 9-12. Faith a une vie qui fonctionne bien. Un bon job avec des ami-e-s qui la supportent. Un appartement rempli de ce qu'elle préfère. Un petit ami un peu lointain mais qui accepte d'apprendre ce qu'elle aime. Et une ville qui apprécie son travail. Mais il est difficile de vivre à Los Angeles sans entrer dans des drames. L'un de ces drames concerne une jeune actrice attaquée par tout le monde. Depuis peu elle semble être capable de s'attaquer aux autres êtres humains et ses capacités ont attiré l'attention d'un groupe que Faith n'apprécie pas. Pourra-t-elle éviter de perdre ?

SPOILERS

Ces deux tomes se déroulent avant Faith and the future force et me permettent de mieux comprendre les événements mentionnés. Il faut noter aussi deux numéros particuliers. Le premier se concentre sur l'élection à la présidence des États-Unis et supporte le droit de vote, ainsi que la présidence Hillary Clinton. Le second s'intéresse aux ami-e-s de Faith et à leur manière de l'aider ou de se penser comme membres de son groupe. Ce numéro est plutôt sympathique et bien écrit.

Mais ces deux volumes permettent surtout de créer un groupe antagoniste. Le dernier membre est un... chat. Les autres sont des visages déjà observé dans les volumes précédents. Avec Chris Chriswell comme chef. Leur attaque contre Faith permet de mettre à mal sa réputation dans la ville. Mais c'est surtout la relation de l'héroïne avec chacun des membres du groupe qui est intéressant, avec quelques pages dédiées à chacun-e. L'un, en particulier, pourrait bien devenir un allié plus tard. Je ne sais pas si la série va continuer mais je l'apprécie toujours autant et je m'y replongerais avec plaisir.

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**** Les différents volumes se rejoignent dans un dernier combat qui prend en compte tout ce qui a été écrit sur le personnage. C'est plutôt une bonne lecture
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Image : Éditeur

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16/03/2018

Faith and the future force par Jody Houser, Stephen Segovia, Barry Kitson, Diego Bernard et Cary Nord

Titre : Faith and the future force
Auteur-e-s : Jody Houser, Stephen Segovia, Barry Kitson, Diego Bernard et Cary Nord
Éditeur : Valiant 6 décembre 2017
Pages : 112

Ce volume contient Faith and the future force 1-4. Faith Herbert a quitté son groupe héro-ïne-s pour s'établir à Los Angeles dans un petit boulot pour un site web, très loin du journalisme. Mais elle continue à parcourir les rues de sa ville dans son costume. Du moins jusqu'à ce qu'un super vilain ne décide de l'attaquer. Actuellement, elle est forcée de se cacher en espérant ne pas être reconnue. Mais son plus grand rêve va devenir réalité. Une voyageuse du temps entre dans son bureau et lui demande de la suivre pour une aventure à travers différentes époques. Car quelqu'un est en train de détruire l'histoire de l'humanité et Faith et la seule personne capable d'arrêter cette catastrophe.

SPOILERS

Malheureusement je ne sais pas exactement où se situe cette aventure selon la série actuelle. Dans le doute, j'ai décidé de le lire et on se rend compte assez facilement que certains événements n'ont pas encore eu lieu. Donc, attention aux spoilers si vous ne connaissez pas encore la série principale. Personnellement, j'ai retrouvé tout ce qui me fait apprécier ce personnage. Une femme qui adore la pop culture et qui fait des références à toutes les pages. Au vu de l'intrigue, il est évident que Doctor Who va être mentionné à plusieurs reprises. Faith est aussi une personne qui essaie, de toutes ses forces, d'être la meilleure version possible d'elle-même afin de ne pas abandonner les personnes qu'elle apprécie ou qu'elle veut sauver. À mon avis, ce personnage est très rafraichissant.

L'intrigue, en revanche, peut sembler répétitive. En effet, les différents numéros débutent tous de la même manière et se termine aussi de manière identique. On peut ne pas apprécier cela mais je pense que ce fonctionnement est logique si l'on prend en compte le fonctionnement du voyage temporel. En effet, la voyageuse du temps reçoit un message d'échec, recrute Faith, plus plusieurs autres personnes, et échoue. Parfois, faire preuve d'héroïsme n'est pas la solution. Et j'apprécie beaucoup la scénariste d'avoir pensé à utiliser un de ses personnages, un super vilain, pour finalement vaincre la menace ! J'ai beaucoup apprécié les pages durant lesquelles les deux vilains dialoguent pour finalement trouver une solution ! Bref, une minisérie qui n'est pas de la grande écriture mais que j'ai appréciée pour son humour et son intrigue.

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**** Une impression totalement subjective que j'assume totalement !
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Image : Éditeur

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15/03/2018

Luke Cage saison 1

Luke Cage est un ancien membre des forces de l'ordre, après un passage dans l'armée américaine. À la suite d’un problème il est incarcéré. Actuellement, il est en dehors de la prison et il souhaite reconstruire sa vie en oubliant son passé. Il se rend à New York ville dans laquelle il rencontre Jessica Jones. Plus tard, après le procès du Punisher, Luke Cage vit à Harlem. Il travaille dans une boite de nuit le soir et chez un barbier la journée. Personne ne fait attention à lui. Mais la criminalité qui gangrène le quartier le force à prendre position. Soudainement, il devient célèbre et la police commence à s'intéresser à lui. Mais Luke Cage ne veut que vivre tranquille, il ne souhaite ni devenir une célébrité ni devenir un héros.

SPOILERS

J'apprécie beaucoup les génériques des séries Marvel sur Netflix. Chacun nous donne une histoire en elle-même. Pour Daredevil, j'ai l'impression que la ville n'est qu'abstraction avec un usage détaché de certains symboles. En ce qui concerne Jessica Jones, elle observe la vie des gens sans y entrer et son logo est brisé. Pour Iron Fist, on se concentre sur le héros (ce qui montre bien le ton de la série). En ce qui concerne Luke Cage les noms des rues de son quartier sont projetés sur son corps. Autrement dit, Luke Cage fonctionne dans une communauté membre d'un quartier précis auquel il est intégré. De plus, à l'instar de Jessica Jones, Luke Cage est un héros qui ne veut pas en devenir un. Pendant une grande partie de la saison l se contente de réagir tout en refusant de prendre des responsabilités. Ce n'est que tardivement qu'il incarne une identité héroïsée, alors que la ville se divise sur son cas.

Selon moi, la première partie de la saison est très réussie. On nous offre deux antagonistes particulièrement intéressants, membres de la même famille. Ces deux personnes se sont divisé le pouvoir afin de mieux se soutenir. Le cousin prend le contrôle du crime local tandis que la cousine est une politicienne connue. Se soutenant mutuellement, illes ne peuvent que devenir plus important. De plus, illes incarnent une certaine vision de la communauté noire de Harlem. Vision contre laquelle se porte Luke Cage. Bien que l'on puisse difficilement les soutenir, on se demande régulièrement si Luke Cage n'est pas plus proche d'elleux qu'on ne le croit.

Malheureusement, la seconde partie de la saison me semble moins réussie. Celle-ci débute alors que le demi-frère de Luke arrive en ville. Premièrement, ce frère apporte des armes capables de mettre à mal les pouvoirs de Luke. Ce qui force ce dernier à prendre une position bien plus offensive plutôt que d'éviter d'attaquer (ce qu'il n'a pas besoin de faire au vu de ses pouvoirs). Mais surtout, les scénaristes ont décidé de le placer afin de créer une intrigue autours du passé de Luke Cage. La série change de style pour ne plus parler de communauté mais de jalousie et de vengeance entre deux demi-frères. Selon moi, cette intrigue est bien moins intéressante et gâche cette première saison qui, sinon, est réussie.

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**** Nous nous trouvons dans le même cas que Daredevil. Une très bonne intrigue durant une partie de la saison puis une intrigue moins intéressante la remplace.
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Site officiel

Image : Allociné

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14:52 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, Marvel, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : luke cage, marvel, netflix | | | |  Facebook

13/03/2018

Daredevil saison 2

TW : Tortures

Wilson Fisk n'est plus une ombre dans la pègre de New York. La ville entière connait son nom ainsi que les actes qu'il a commis. Il est neutralisé, en prison. Le Daredevil, lui, continue son travail clandestin dans les rues de Hell's Kitchen. Bien que la presse ne parle pas de lui et que la police ne soit pas en sa faveurs, la population semble l'avoir adopté. Même le cabinet Nelson and Murdock est prospère. Cependant, Matt Murdock, Foggy Nelson et Karen Page tombent sur une affaire qui remet en cause leur partenariat. En effet, il y a un nouveau justicier dans les rues. Mais celui-ci ne se contente pas de frapper des criminels. Il s'attaque aux différentes mafias en tuant tous leurs membres. Hell's Kitchen est devenu une zone de guerre.

SPOILERS

J'avais beaucoup aimé la saison 1 de cette série. Son fonctionnement est très réaliste. Mieux encore, la réalisation a réussi à créer un vilain très intéressant, qui ressemble bien plus à Matt Murdock que ce dernier ne le pense. Enfin, la série déconsidérait le travail de Daredevil pour mieux mettre en avant la manière dont user des lois peut permettre de gagner. Cette seconde saison part sur de très bonnes bases pour mieux étendre la mythologie du personnage, d'autant que d'autres séries ont eu lieu ou ont été annoncée dans le même univers. Là encore, la saison 2 débute avec un thème central au genre mais rarement bien écrit : qu'est-ce que la justice. Pour le développer la réalisation décide d'introduire une version radicalisée des justiciers : le Punisher. Celui-ci considère que le système ne fonctionne pas et qu'il est nécessaire de tuer les criminels. Daredevil considère le système comme imparfait et donc offre une correction. Tandis que la police et Foggy Nelson croient au système. La confrontation permet de réaliser un épisode superbe durant lequel Daredevil et le Punisher discutent sur un toit de leurs méthodes. Malheureusement, ce bon côté ne fonctionne pas durant l'entier de la série.

En effet, lors de l'arrivée de la moitié de la saison, un nouveau personnage apparait : Elektra. Celle-ci arrive alors que le Punisher est soumis à un procès. Le problème d'Elektra n'est pas son existence mais que son histoire parasite le thème principal de la seconde saison pour développer ce qui se termine dans The Defenders (après un passage par Iron Fist). Ainsi, la série oublie le thème de la justice pour mettre en avant une forme de mysticisme. Daredevil oublie son rôle d'avocat et enquête sur un groupe de ninjas provenant de temps immémoriaux. Cette partie de la saison est bien moins intéressante d'autant qu'elle ne fonctionne pas avec le thème plus terre à terre mis en place avec l'arrivée du Punisher. La série, donc, change de style en plein milieu de la saison sans véritablement le justifier.

Heureusement, il existe Karen Page. Ce personnage, introduit dès le premier épisode de la saison 1, est probablement celui qui a le mieux changé durant la série. Elle débute comme une victime ayant besoin d'être sauvée pour continuer comme une victime qui décide d'aider ses avocats par gratitudes. Vers la fin de la saison 1 la série met en avant ses talents de documentalistes. Cette seconde saison continue sur cette lancée. Mieux encore, elle libère le personnage en lui donnant ses propres motivations, des choix qui ne dépendent pas de Matt Murdock et surtout en lui offrant un rôle différent de celui de secrétaire. Bien que la transition puisse paraitre abrupte, son passage à un rôle de journaliste d'investigation est très intéressant et j'espère que la réalisation saura user de ce personnage.

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*** La saison commence très bien, puis s'effondre lors de la seconde partie de la saison et de son récit de conspiration ninja sans intérêt.
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Site officiel

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08:44 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, Marvel, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : daredevil, netflix, marvel | | | |  Facebook

11/03/2018

Les femmes et le sexe dans la Rome antique par Virginie Girod

Titre : Les femmes et le sexe dans la Rome antique
Autrice : Virginie Girod
Éditeur : Tallandier 2017
Pages : 383
TW : Mentions de viols, mentions de prostitutions forcées

Récemment, j'ai souhaité en savoir plus sur le fonctionnement de la Rome antique, en particulier durant l'époque Julio-Claudienne. La lecture des manuels que j'ai mentionnés ici fait partie de cette envie. Mais un manuel n'est pas aussi précis qu'une recherche spécifique. Il manquait, en particulier, beaucoup d'informations sur la place des femmes dans cette société. Je me suis donc intéressé à ce livre, tiré d'une thèse, de Virginie Girod. L'autrice pose la question de la place des femmes dans une société d'ordre et masculine. Pour cela, elle s'intéresse aussi bien aux mythes qu'aux sources littéraires et aux graffitis. Pour son travail, Virginie Girod met en place trois parties spécifiques.

La première est une analyse de la morale imposée aux femmes dans la société romaine antique. Pour mettre en avant ses découvertes, elle se base sur les mythes et les cultes. Un premier chapitre examine plusieurs mythes fondateurs de l'époque romaine, partant aussi loin que la mère des fondateurs de Rome. L'autrice montre que ses mythes ne sont pas de simples histoires mais aussi, et surtout, des moyens de défendre une forme de moralité des femmes. Ainsi, les souillures, en particulier les viols, ne peuvent être réparés que par la mort du criminel et de la victime. Dans un second chapitre, elle s'intéresse aux différents cultes qui permettent de mettre en avant plusieurs "ordres féminins" basés sur la fécondité et la disponibilité sexuelle. Enfin, elle s'intéresse aux interdits tel que l'inceste. Ainsi, ces premiers chapitres permettent de comprendre de quelle manière la société romaine pensait la place des femmes.

Une seconde partie s'intéresse plus spécifiquement aux corps féminins. Dans un premier temps, Virginie Girod met en avant la fonction reproductrice des femmes. Elle démontre que cette fonction est au centre de la vie des jeunes filles dès la naissance, alors que leur corps est modelé à la fois pour suivre une norme de beauté et rendre plus facile l'enfantement. Dans un second chapitre, elle s'intéresse à l'apparat. Son analyse passe aussi bien par l'examen de la beauté féminine, telle qu'elle est pensée par les romain-e-s, que par l'examen de la manière de se préparer. Elle démontre que la beauté féminine est basée sur une vision de la place des femmes. Celles-ci sont censées vivre à l'intérieur et donc doivent être blanches. Alors que les hommes peuvent subir le soleil. Cependant, il est nécessaire de s'apprêter par un maquillage compliqué, et parfois dangereux, mais aussi une coiffure, les cheveux étant un attribut particulièrement érotique pour les romains. Enfin, elle examine les pratiques sexuelles ainsi que leur acceptation.

Enfin, une dernière partie s'intéresse à la division des femmes en "classes". Les premières sont les matrones. Elles portent des habits spécifiques et sont porteuse de la mission de l'enfantement des citoyens. L'autrice s'intéresse de près à la stratégie matrimoniale des julio-claudiens, et en particulier d'Auguste. Ce dernier essaie d'utiliser sa fille comme moyen de se créer une descendance capable de lui succéder mais aussi pour créer des alliances politiques. Les femmes de la dynastie ont pu, d'ailleurs, mettre en avant des hommes qui devinrent des empereurs. Dans un second chapitre, elle s'intéresse à la prostitution. Elle démontre qu'il existe une prostitution pauvre mais aussi une riche. La première est très dépendante de leurs maigres ressources tandis que les secondes peuvent devenir très riches. Enfin, l'autrice pose la question des concubines et des adultères. La seconde est un danger car son acte corrompt le sang familial. Tandis que ls concubines sont des femmes qui ne peuvent pas être épousées, mais les relations des hommes avec elles sont possibles dans une certaine mesure.

En conclusion, ce livre permet de réparer un manque important de mes connaissances sur les femmes du monde romain antique. Les propos de l'autrice sont convaincants et son écriture est très plaisante. J'ai beaucoup appris sur des sujets variés mais qui permettent tous de mettre en avant un fonctionnement patriarcal de la société romaine avec une division des femmes en différents statuts selon leur rôle : enfanter ou offrir une sexualité.

Image : Éditeur

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06/03/2018

Disonored. The corroded man par Adam Christopher

Titre : Disonored. The corroded man
Auteur : Adam Christopher
Éditeur : Titan Books 27 septembre 2016
Pages : 384
TW : Tortures, Meurtres

Il y a 15 ans, la régence tyrannique du meurtrier de l'impératrice est tombée. Depuis, son héritière, Emily Kaldwin règne sur l'Empire. Mais elle n'est pas seule. Outre de nombreuses personnes, elle est conseillée par son garde du corps, et chef du réseau d'espionnage, Corvo Attano. Bien que peu de personnes le sachent, Celui-ci est la raison principale du retour au pouvoir de la famille Kaldwin. Pire encore, il use de la magie, une pratique interdite dans l'empire. Mais sa protection semble permettre à l'Empire et à l'impératrice d'être en sécurité, d'autant qu'il a entrainé cette dernière aux arts de l'assassinat. Alors qu'Emily Kaldwin met à profit cet entrainement pour visiter sa ville de nuit, elle tombe sur des pilleurs de tombe. Elle ne sait pas encore que ces voleurs cachent une conspiration bien plus importante qui pourrait détruire sa vie et son Empire.

SPOILERS

Dishonored est d'abord un jeu vidéo, en deux volumes sans compter les contenus payants, qui offre une immersion dans un environnement steam punk en plein chaos. Outre une conspiration contre la couronne et le personnage principal, le jeu offre une grande liberté d'action avec des conséquences pour la suite de l'histoire selon les décisions prises (dont une forme de punition en cas d'usages immodérés des meurtres en plein jour). C'est un jeu que j'ai particulièrement apprécié pour la liberté qu'il laisse et les nombreux choix possibles pour atteindre un objectif singulier, malgré un fonctionnement par niveau au lieu d'un monde ouvert (comme quoi un monde ouvert n'est pas toujours une bonne chose). J'ai beaucoup aimé l'intrigue principale qui mêle désir de vengeance à politique. J'étais donc curieux de savoir ce que cela donnerait en roman.

Au moins, le roman prend place largement après le premier jeu. En fait, il donne l'impression de mettre en place les éléments pour le second, afin de justifier certaines décisions prises dans l'intrigue. De cette manière, on n'est pas surpris par les capacités de l'Impératrice en matière de meurtres. Cependant, le roman n'essaie pas assez de se détacher du jeu. On retrouve, presque sans changements, le gameplay sous forme de mots. Que ce soit les élixirs de restaurations, les conséquences des choix ou la manière de décider de ses mouvements dans un environnement donné face à des ennemis pas toujours visibles. Bien que cela prouve une connaissance de cet univers par l'auteur, j'avais l'impression de voir ce dernier me commenter sa manière de jouer en direct. Si on ajoute à cela une intrigue peu intéressante avec un vilain de seconde zone, on ne peut qu'être déçu. En effet, l'intrigue est très lente sans mériter autant développement. Là aussi, j'ai l'impression que l'auteur a voulu inclure des éléments du jeu sans réfléchir à leur réelle utilité. Le vilain, lui, est simplement Corvo Attano sous une autre forme. Un héros déchu et trahi qui souhaite se venger.

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** Bien que j'apprécie cet univers, le roman n'a que peu d'intérêts en dehors de préparer le second jeu.
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Image : Éditeur

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04/03/2018

I, Tonya

TW : abus sur enfant et adulte

Tonya Harding est une prodige. Dès son plus jeune âge elle a surpris tout le monde avec ses capacités en patinage artistique. Petit à petit, elle devient de plus en plus connue dans les compétitions locales, nationales puis internationales. Elle détient plusieurs records, que personne avant elle n'avait tenté d'accomplir. Et elle est l'un des espoirs pour les jeux olympiques d'hiver. Cependant, elle n'est pas appréciée par les membres de la fédération de patinage. Elle n'a pas une famille aimante qui la soutient. Son mari est un abuseur. Et surtout, elle se retrouve mêlée à l’agression de sa principale rivale : Nancy Kerrigan. La question que tout le monde se pose est simple. De quelle manière cette compétition a-t-elle dégénéré pour qu'une patineuse soit agressée et que savait Tonya Harding ?

SPOILERS

Je ne suis pas le genre de personnes qui regardent le sport à la télévision ou en direct. Je ne connais presque rien aux différents sports mis en scènes dans les jeux olympiques. Mais je suis toujours intéressé à mieux connaitre la manière dont un scandale peut être mis en scène, tout en ayant conscience des limites d'une adaptation. Le film s'annonce comme une tentative de mettre en scène le point de vue de différentes personnes sans choisir qui dit la vérité. Mais on peut légitimement se demander si cela est vrai.

En effet, le film fonctionne par la reconstitution de scènes d'époques et d'interviews des personnages. Les costumes et les scènes sont plutôt réussis. Mais il me semble que la réalisation fait un choix concernant cette histoire. Celui-ci est de se moquer de toutes les personnes présentes. Les premières victimes sont, bien entendu, le mari de Tonya et son complice présentés comme des imbéciles incapables de comprendre ce qu'ils font. La mère de Tonya est aussi moquée et jamais son comportement n'est vraiment mis en cause, quel que soit la vérité à ce sujet. Enfin, Tonya est moquée comme une jeune femme qui ne comprend pas vraiment ce qui se déroule et refuse de remettre en cause ses choix.

Justement, ce dernier point me semble particulièrement problématique si l'on prend en compte la manière dont Tonya Harding est dépeinte. Son histoire est montrée comme une succession d'abus. Tout d'abord, sa mère est montrée comme possessive mais surtout violente envers elle. La forçant à s'entrainer sans pauses, à porter des habits inadaptés pour l'école en vue de sa carrière. Ceci se termine sur un couteau lancé contre sa fille. Les abus continuent avec son mari qui, selon le film, lui fait du mal régulièrement jusqu'à utiliser une arme à feux. La mise en scène semble dire que ces violences sont dû à Tonya qui les accepte et est elle-même violente. Ce ne serait qu'une manière de fonctionner et non des relations problématiques. Ce film me semble donc poser des problèmes importants aussi bien en ce qui concerne le respect de certains protagonistes que de la manière dont la vie de Tonya Harding est dépeinte.

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*** Margot Robbie est joue très bien et les costumes sont superbes mais je me pose beaucoup de questions en ce qui concerne le point de vue du film.
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Image : Site officiel

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09:48 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : i tonya, moi tonya | | | |  Facebook

03/03/2018

Ladybird

Sacramento, Christine, qui a choisi le nom de Lady Bird, vit avec sa famille dans un milieu modeste de la ville. Sa mère est une infirmière psychiatrique qui est obligée de faire des heures supplémentaires tout en s'occupant de la maison. Son père risque de perdre son travail. Son frère et sa compagne vivent dans la même maison tout en travaillant dans le magasin du quartier. Lady Bird, elle, est encore une adolescente au lycée. Elle souhaite faire de l'art mais elle ne sait pas si elle est douée. Elle veut rester avec sa meilleure amie mais elle voudrait être plus populaire. Elle veut ressembler aux femmes de magazines tout en espérant que sa mère la trouve belle. Mais son véritable rêve est de quitter Sacramento afin d'étudier dans une université de la côte est, New York si possible. Mais ses résultats ne sont pas en faveurs d'un tel choix et sa mère elle-même n'est pas certaine de l'accepter.

SPOILERS

J'ai beaucoup aimé ce film, mais je ne sais pas exactement pour quelle raison. En revanche, je sais que ce film se situe dans un genre connu, et souvent mis en scène, le passage de l'enfance à la vie adulte lors de l'adolescence. Lady Bird n'est pas montrée comme une jeune femme égoïste, du moins je ne le comprends pas ainsi, mais comme une adolescente qui tente d'atteindre ses rêves et qui est frustrée par le milieu dont elle provient. A de nombreuses reprises, le film nous montre de quelle manière Lady Bird réagit lorsqu'elle est confrontée à un problème. Ceci est montré dès le début du film. Lady Bird et sa mère sont dans leur voiture après avoir fait une tournée des universités. Elles écoutent, silencieuses, une adaptation d'un roman classique. Les deux réagissent exactement de la même manière. Mais dès que la cassette s'arrête elles commencent à se disputer, l'une sur le besoin de devenir adulte et l'autre sur le souhait de rêver. La dispute se termine lorsque Lady Bird préfère sauter de la voiture en marche au lieu d'écouter sa mère. À mon avis, l'essence du film est parfaitement résumée lors de cette scène, une des premières. La relation entre l'adolescente et sa mère sont compréhensibles en quelques minutes. Le reste du film continue sur la même voie en dépeignant le passage par plusieurs moments qui pourraient marquer l'entrée dans la vie adulte.

Ce que j'apprécie dans ce film ne concerne pas seulement sa mise en scène ou son thème. J'ai aussi beaucoup aimé le jeu des acteurs et actrices ainsi que l'écriture des dialogues. Il m'arrive souvent d'avoir une impression d'étrangeté face aux dialogues. Ils ne me semblent pas toujours être ce qu'une personne dirait réellement. Ce problème est particulièrement important dans les films qui mettent en scène des enfants (je parle de toi Harry Potter). Bien entendu, écrire un film implique de créer des dialogues afin d'atteindre un certain but. Mais il ne faut pas oublier la nécessité de toucher des personnes réelles, non en se moquant mais en se rapprochant par la dialogue. Dans ce film, les interactions entre les personnages et leurs propos me semblent "réels." J'ai l'impression d'avoir des personnes qui parlent librement en face de moi, qui réagissent normalement face à des situations particulières. Honnêtement, c'est une bouffée de fraicheur.

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***** Dès la bande annonce j'ai voulu voir ce film, avec quelques craintes. Je ne regrette pas du tout mon choix et il est probable qu'il reste l'un de mes préférés de l'année 2018.

Image : Allociné

Site officiel

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10:33 Écrit par Hassan dans féminisme/gender/queer, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ladybird | | | |  Facebook

02/03/2018

East of West. 7 Leçons pour les soumis par Jonathan Hickman, Nick Dragotta et Frank Martin

Titre : East of West. 7 Leçons pour les soumis
Auteurs : Jonathan Hickman, Nick Dragotta et Frank Martin
Éditeur : Urban comics 27 octobre 2017
Pages : 136
TW : Tortures, Meurtres

Ce tome contient East of West 30-34. La dernière rencontre des élu-e-s a eu lieu et s'est mal terminé. Le prophète a combattu Loup tout en promettant la destruction de la Nation Infinie. Les autres personnes élues ont pu s'enfuir mais pas sans combattre l'armée des pèlerins de la fin des temps. Et les cavaliers de l'apocalypse ne sont observés par personne. La guerre de la fin des temps entre dans une nouvelle phase. Des nations vont tomber, plus vite que d'autres, tandis que certains vont révéler leur véritable force. Et, au milieu, il n'y a que de simples humain-e-s.

SPOILERS

Ce tome 7 est bien meilleure que le précèdent. Tout d'abord, il nous offre quelques informations sur certains événements passés, parfois proches. On en sait beaucoup plus sur les personnages et les raisons de leur absence ou présence. Ces petites touches de flash backs ne sont pas très développés mais réussissent tout de même à donner une nouvelle profondeur à l'histoire tout en ne dénaturant pas ce que l'on savait déjà.

Mieux encore, les auteurs développent l'un des personnages les plus intéressant de la série, à défaut d'être sympathique. On pourrait craindre que les révélations n'en fassent qu'un surhomme capable de tout mais elles s'inscrivent bien dans ce que l'on sait de ce personnage. Peu importe l'arme, il est sans pitié et la maitrise à la perfection. Ce développement permet de donner un peu plus d'enjeux à une série qui semblait se concentrer sur des personnages moins intéressants. Ainsi, après un tome 6 un peu mot celui-ci n'hésite pas à détruire et tuer tout en suivant l'intrigue mise en place par les auteurs.

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***** Après un tome 6 que j'ai trouvé laborieux je retrouve tout ce qui m'a fait aimer cette série, et ça me plait.

Image : Éditeur

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East of west. 6 Psaumes pour les déchus par Jonathan Hickman, Nick Dragotta et Frank Martin

Titre : East of west. 6 Psaumes pour les déchus
Auteurs : Jonathan Hickman, Nick Dragotta et Frank Martin
Éditeur : Urban comics 17 mars 2017
Pages : 144
TW : Tortures, Meurtres

Ce tome contient East of West 25-29. La guerre a commencé. Outre la République du Texas l'une des victimes et le lieu neutre d'Armistice. Les différentes nations se sont préparées et certaines ont lancé des attaques secrètes contre d'autres. Mais avant que tout n'explose il reste une dernière chose à faire. Les personnes élues, ainsi que les cavaliers, sont convié-e-s par Orion le prophète. Bien que les invitations soient toutes acceptées réunir dans un même lieu autant de personnes méfiantes et qui se détestent risque d'être explosif. D'autant qu'Orion a aussi invité des pèlerins. Pendant ce temps Mort continue à chercher son fils. Sa quête doit se terminer le plus rapidement possible car des assassins ont été envoyé pour tuer l'enfant.

SPOILERS

Hickman est un scénariste que j'apprécie. J'aime observer ses intrigues se développer sur le long terme, autours de la réaction de ses personnages face à la destruction d'un ouvrage important pour le fonctionnement de l'univers. Dans cette série, Hickamn nous demande ce qui se déroulerait si l'un des cavaliers de l'apocalypse refusait de détruire le monde. Pendant 5 tomes, les auteurs nous dépeignaient un monde en perdition, tenu par une secte élitiste. Ceci en nous promettant une guerre et la destruction du monde.

Dans cette intrigue ce tome 6 semble presque être un moment de calme entre deux tempêtes. Une partie des personnages importants n'apparaissent pas tandis que la majorité des autres discutent tranquillement autours d'une table du destin du monde et de leur personne. Bien entendu, cela permet de placer une nouvelle intrigue et de préparer la suite de l'histoire mais il ne se passe presque rien en beaucoup de numéros. Les auteurs permettent aussi à Mort de retrouver son fils. Là aussi la fin de cette intrigue me semble un peu précipitée. Après plusieurs tomes de recherches difficiles Mort semble tomber sur son fils au détour du chemin. J'espère que la suite permet de continuer l'intrigue plutôt que e faire une pause.

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*** Un tome qui semble faire une pause dans l'intrigue et que j'ai moins apprécié
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Image : Éditeur

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28/02/2018

L'imaginaire du sabbat. Edition critique des textes les plus anciens (1430 c. - 1440 c.) par Martine Ostorero, Agostino Paravicini Bagliani, Kathrin Utz Tremp et Catherine Chène

Titre : L'imaginaire du sabbat. Edition critique des textes les plus anciens (1430 c. - 1440 c.)
Auteur-e-s : Martine Ostorero, Agostino Paravicini Bagliani, Kathrin Utz Tremp et Catherine Chène
Éditeur : Cahiers Lausannois d'histoire médiévale 26 (1999)
Pages : 571

Lorsque l'on s'intéresse à l'histoire de la chasse aux sorcières on nous mentionne un certain nombre de textes qui ont permis de fonder celle-ci d'un point de vue idéologique. Mais, bien entendu, ces textes sont souvent en latin et ne sont pas toujours édités. Sachant cela, les auteur-e-s de ce volume 26 des cahiers Lausannois d'histoire médiévale ont souhaité éditer 5 textes médiévaux qui, selon elleux, fondent l'idée de sabbat. La lecture et la compréhension de ces textes doit permettre de comprendre de quelle manière le sabbat fut constitué, comme groupe sectaire d'adorateurs du diable, et quels sont les composantes de cette rencontre. On devrait donc observer une évolution et l'apparition de certaines idées.

Chacun de 5 textes sont travaillés de la même manière. Tout d'abord, l'un des auteur-e-s organisent une introduction qui lui permet de situer le texte et d'expliquer la tradition du manuscrit. Cette introduction permet aussi d'expliciter les choix éditoriaux concernant aussi bien le texte latin que sa traduction. Celle-ci suit avec, en vis-à-vis, le texte latin et sa traduction. Les deux sont soumis à une critique sous forme de notes de bas de page. Il n'y a que le dernier texte qui ne soit pas traduit, les auteur-e-s ayant gardé la forme en vieux français. Ensuite, l'un des auteur-e-s est chargé de mettre en place un commentaire du texte qui permet de le placer dans un contexte plus large mais aussi de mettre en avant son influence et les sources que l'on y trouve. Les historien-ne-s essaient aussi de valider les informations en retrouvant les auteurs des textes et les personnes mentionnées. Enfin, il peut arriver que des annexes soient ajoutées, que ce soit sous forme de textes ou d'images.

Il existe un grand nombre de travaux sur la chasse aux sorcières. L'université de Lausanne, dont les auteur-e-s sont ou furent membres, est l'un des points d'expertise du sujet puisque le territoire de ce qui est maintenant la Suisse a connu l'un des chasses les plus importantes. En tant qu'habitant, j'ai été très intéressé par les informations que ce livre m'a offertes. Cependant, sa lecture est assez particulière. En effet, c'est avant tout une édition de sources commentées. Les essais des auteur-e-s portent sur des textes précis qui découpent le livre en 5 parties. La lecture de ces sources n'est pas forcément aisée et les commentaires et introductions sont parfois très arides, même si cela est nécessaire pour un travail de ce type. En résumé, ce livre est intéressant mais la lecture est loin d'être aisée.

Image : Payot

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25/02/2018

Deux Ex: Icarus Effect par James Swallow

Titre : Deux Ex : Icarus Effect
Auteur : James Swallow
Éditeur : Random House 22 février 2011
Pages : 352
TW : Tortures, Meurtres, Attentats

Le futur proche, le monde est ravagé par les guerres de ressources et la pollution. L'économie a ressenti brutalement l'entrée en scène des robots. Les sociétés de sécurités privées et de guerres sont de plus en plus privatisées et puissantes. Dans ce contexte une nouvelle technologie entre en scène : les augmentations. N'importe qui peut, grâce à cette technologie, devenir bien plus qu'une simple personne humaine, que ce soit pour être plus productif ou pour devenir une machine de guerre presque impossible à stopper. Mais un groupe de personnes souhaitent bannir cette technologie, ce qui pourrait être en faveurs d'un groupe secret : les Illuminatis. Deux personnes se retrouvent impliquées dans cette guerre pour l'avenir de l'humanité.

SPOILERS

Deus Ex est une franchise bien connue. Elle dépeint un monde peu agréable mis à mal par une technologie omniprésente utilisée pour contrôler le fonctionnement du monde et de ses habitant-e-s. La franchise pose de nombreuses questions sur l'usage des technologies et, en particulier, sur le transhumanisme. En créant les augmentations, des moyens de modifier son corps pour devenir "meilleur", Deux Ex pouvait très bien se baser sur des idées défendues par des personnes bien réelles. Malheureusement, j'ai toujours une impression de manque. Il me semble que la série des jeux, bien qu'intéressante, n'arrive pas toujours à bien parler de son sujet. Je souhaitais que ce livre offre une perspective différente, un peu plus développée.

Malheureusement, le roman est très peu intéressant. Les questions posées par l'intrigue ne sont jamais développées. Dès le début, on nous explique que les antagonistes essaient de faire tourner l'ONU contre la technologie des augmentations. Immédiatement, les "gentils" décident de faire en sorte que l'ONU soit en faveurs. Jamais il n'est posé de questions difficiles sur cette technologie, ce que cela implique pour l'humanité et le danger posé par des personnes devenues des armes vivantes impossibles à arrêter. L'auteur préfère tenter d'adapter le jeu en nous offrant de nombreuses scènes de combats selon la perspective des personnages. On se trouve donc dans la position de suivre les personnes qui nous présentées comme héroïques sans savoir pourquoi elles sont défendues comme telles. Pire encore, de nombreux groupes nous sont présentés sans jamais expliciter leur histoire. À mon avis, seules les personnes qui connaissent la franchise peuvent comprendre l'intrigue. Cette adaptation est donc un très mauvais roman, presque sans intérêts.

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** Une suite de scènes d'actions sans intérêts, pas de réflexions autours d'un enjeux pourtant présentés comme central. Un roman qui n'a pas d'intérêts.
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Image : Éditeur

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23/02/2018

The shape of water / La forme de l'eau

TW : Meurtres, tortures, sexe (nudité)

Elisa vit dans un appartement au-dessus d'un cinéma. Elle a un voisin artiste qui dessine des publicités pour une firme. Tous les jours, elle suit la même suite d'actions. Elle se réveille, se prépare un bain, cuit des œufs, prépare le déjeuner de son voisin, observe les nouvelles chaussures et part au travail dans une ligne de bus. Elisa est une concierge. Elle est chargée de nettoyer une base militaire américaine travaillant sur la conquête de l'espace. Elle peut entrer partout et elle voit et entendu tout sans que personne ne lui parle, d'autant qu'elle est muette. Lorsqu'une nouvelle expérience arrive dans la base, suivi par un nouveau chef de la sécurité, elle comprendre vite que cette expérience est un être vivant, capable de dialogue.

SPOILERS

Ce film entre dans le cadre des films d'espionnages. On nous place aux États-Unis dans une base secrète. Celle-ci est le théâtre d'un espionnage par les soviétiques. Le but est d'éviter que l'un des camps ne puisse développer une technologie supérieure capable de changer le cours de la guerre froide. Il y a donc une certaine familiarité des thèmes, de la musique et des personnages. Le scientifique espion russe, le général décoré qui ne mâche pas ses mots et l'espion États-uniens, joué par Michael Shannon, qui est comme un fils pour ce dernier tout en étant un vrai homme. Ce n'est pas un hasard si les personnages suivent ce que j'identifie comme un schéma connu. Ainsi, les soviétiques se rencontrent au milieu de nulle part, échangent des mots codes et parlent ouvertement dans l'arrière salle d'un restaurant. L'espion États-uniens vit dans un pavillon de banlieue, possède une superbe voiture américaine, il est courtois, viril (avec un outil de torture à sa mesure), parfaitement entrainé et parle toujours de ce qui fait un vrai mâle. Il est nécessaire de garder cela en tête.

Car, au milieu de tout cela, apparaissent des noirs - Octavia Spencer déjà rencontrée dans de nombreux films y joue la collègue d'Elisa - dont des protestataires, une femme latino muette, jouée par Sally Hawkins, un vieil homosexuel artiste et un monstre marin. Ce dernier pourrait faire tâche dans un film qui pourrait rester très terre à terre. Mais il est nécessaire. Il permet d'identifier un monstre extérieur pour mieux parler de la véritable monstruosité. Elisa et son voisin, Giles, sont des personnes marginales. Elles sont toutes les deux victimes de solitudes. Elisa est une femme racisée et muette. Giles est un vieil homme homosexuel, au chômage, qui se rend toujours à la même tapisserie, aux tartes immondes, afin de pouvoir parler au beau jeune homme qui tient le comptoir. Dès qu'il est identifié il est expulsé. En parallèle, on observe le racisme de l'époque et les luttes pour les droits civiques, même si Giles annonce rapidement, dans une ligne révélatrice, qu'il ne veut pas voir cela. Ce qui ne l'empêche pas de pointer du doigt le racisme de certaines personnes au lieu de se taire. Les femmes, racisées, sont fortement mises en avant et surtout leur vie de subalternes. Comme le personnage d'Octavia Spencer le dit, elle doit faire le ménage au travail mais aussi chez elle car son mari ne fait rien pour l'aider.

Face à cette galerie de personnages d'autres incarnent une forme de "normalité" auto-proclamée. Il faut mentionner le vendeur de tarte et le général mais la véritable incarnation de cette "normalité" est Richard Strickland joué par Michael Shannon. Comme mentionnée auparavant, il a une famille, une voiture, un pavillon en banlieue et un bon travail bien viril. Strickland, sous couvert de "normalité", incarne l’entièreté de la masculinité toxique et du racisme occidental. Très rapidement, ce personnage est montré comme ce qu'il est : une personne raciste. Les dialogues durant lesquels ce point de vue apparait sont nombreux. Ils sont écrits de manière à démontrer que le racisme ce n'est pas simplement de la violence mais aussi et surtout une manière de penser intégrée qui apparait au détour d'une phrase. Cet homme est aussi l'incarnation de la masculinité toxique. Lors d'une scène précise durant laquelle il convoque Elisa il tente presque de la violer, n'étant arrêté que par les vitres du bureau et la fuite d'Elisa. Cette scène est une illustration de la vulnérabilité des femmes travaillent dans des positions subordonnées face à un patron qui harcèle voir viole. Mais cette masculinité n'est qu'une façade qui dépend d'un travail important pour effacer ses émotions et suivre une norme impossible. Durant le film, la virilité de Strickland se fissure et disparait alors que les personnages marginaux gagnent en pouvoir et capacités d'actions, Elisa se permettant même d'insulter Strickland tout en le regardant dans les yeux. Alors que tout le film tente de faire de Strickland et de sa famille l'incarnation de la modernité, j'ai l'impression que le film nous montre que ce modèle est non seulement toxique mais aussi en voie de disparition.

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***** Guillermo del Toro prouve, encore une fois, à quel point il maitrise la photographie de ses films mais aussi l'entrée du fantastique dans la réalité. Un film beau, bien écrit et superbement joué par des actrices et acteurs à la perfection.

Image : Allociné

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09:16 Écrit par Hassan dans Fantasy, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the shape of water, la forme de l'eau | | | |  Facebook