Hassan's Stories - Page 5

  • First Man / First Man : Le Premier Homme sur la Lune

    Le programme Apollo qui permit l'envoi sur la Lune de plusieurs équipes d'astronautes est probablement le plus célèbre des programmes d'exploration spatiale. Apollo 11 est sûrement la mission la plus connue puisqu'elle fut le premier alunissage réussit, Neil Armstrong étant le premier homme à marcher sur la Lune. Si on pose la question, il est probable que la mission Apollo 13 soit aussi citée avec d'autres catastrophes de l'aventure spatiale. Ce film se veut un biopic à la fois fidèle, respectueux et intimiste autour de la personne de Neil Armstrong entre son dernier vol en X-15 et sa rentrée sur Terre après son alunissage. La réalisation essaie de montrer le fonctionnement du programme lunaire de la NASA depuis les tests technologiques des Gemini jusqu'aux missions Apollo. On nous fait aussi rentrer dans l'intimité d'un homme montrée comme stoïque, incapable d'exprimer ses émotions et très professionnel.

    SPOILERS

    Que l'on soit clair, ce film est une ode à l'aventure spatiale américaine. Les réussites communistes sont mentionnées, comme des échecs pour les USA ce qui est en accord avec le contexte de l'époque. La réalisation aurait pu se perdre et ne pas parler des mises en causes ni des contraintes placées sur le projet de la NASA. Ce n'est pas le cas, on nous montre que tout le monde ne pense pas que l'argent soit utile dans le contexte de guerre et de pauvreté des USA. On nous montre aussi les échecs du programme, parfois dangereux. L'explosion d'Apollo 1 est particulièrement rempli d'émotions. Ce sont surtout les enterrements qui se succèdent qui montrent le danger que représente ce programme. La manière dont les fusées sont filmées est aussi particulièrement impressionnant. L'écran, les décors, vibrent avec un son presque assourdissant. On pourrait presque ressentir ce qu'implique le fait de partir dans l'espace dans le nez d'une gigantesque bombe chargée de carburant. On se demande surtout comment ces machines ont pu rester en une seule pièce et comment des personnes ont pu accepter d'entrer à l'intérieur.

    Étant un biopic, le film se concentre sur Neil Armstrong et Janet Elizabeth Shearon, les deux sont mariés. Je ne sais pas si la manière de représenter Neil Armstrong est réaliste. On nous montre un homme profondément affecté par la mort de sa fille. Mais surtout un homme incapable de parler à ses amis, à sa femme et encore moins à ses enfants. Cette incapacité à exprimer ses sentiments conduit à une scène durant laquelle Armstrong fait ses bagages frénétiquement pendant que Janet Elizabeth Shearon lui demande de s'arrêter afin de parler à ses enfants, de les préparer à la possibilité de sa mort. En effet, Neil Armstrong est dépeint de manière respectueuse comme une personne très professionnelle. Un travailleur incapable de s'arrêter qui ne pense qu'à ses missions et refuse presque de s'amuser. Les conséquences du programme sont visibles à travers Janet Elizabeth Shearon qui observe les dégâts de la mort des astronautes sur leurs familles. Bien que je ne sache pas la vérité concernant cette famille, cette peinture de son fonctionnement me semble trop respectueuse et pas assez critique. Je me demande ce que voulait faire la réalisation.

    *
    **
    ***
    **** Un film qui respecte énormément son personnage et la conquête spatiale. Ce respect est presque trop important et parfois on a presque l'impression que certaines étapes ne sont qu'anecdotiques.
    *****

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  • Midnighter 2. Hard par Steve Orlando, Aco, Hugo Petrus, Davis Messina et Romulo Fajardo Jr,

    Titre : Midnighter 2. Hard
    Auteurs : Steve Orlando, Aco, Hugo Petrus, Davis Messina et Romulo Fajardo Jr,
    Éditeur : DC 25 octobre 2016
    Pages : 168

    Ce second volume contient Midnighter 8-12 ainsi que deux numéros classiques. Dans le volume précèdent Midnighter et Apollo se quittaient à cause des méthodes de Midnighter. En effet, ce dernier a tendance à considérer que la seule solution est de faire du mal, voire de tuer, les personnes qui font du mal aux innocent-e-s. Le fait qu'il ait été programmé pour tuer n'excuse pas ses activités en ce qui concerne Apollo. Ce changement a conduit Midnighter à s'ouvrir à d'autres personnes et à se lier romantiquement avec un homme qui utilise ses sentiments pour lui faire du mal. Après avoir survécu Midnighter est recruté par Spyral afin de retrouver une arme volée par la Suicide Squad. Cette recherche permet à Midnighter de comprendre qu'Amanda Waller essaie de recréer ce qui a permis à Midnighter d'exister et il ne veut pas la laisser faire.

    SPOILER

    Le premier volume était très intéressant. Derrière la brutalité du personnage principal on voyait un homme tenter de se lier à d'autres hommes que ce soit pour des relations courtes ou plus longues. La série n'hésitait pas à montrer l'identité de Midnighter ni ses matinées avec d'autres hommes. Cela donnait une certaine cohérence à la série qui essaie de montrer qui est Midnighter et pourquoi il agit comme il le fait. Il est certes brutal mais seulement envers les personnes qu'il considère mériter sa brutalité.

    Ce second volume est moins cohérent. Le scénariste essaie de lier son intrigue au monde plus large de l'univers DC en ajoutant à la fois Spyral et la Suicide Squad. Le problème c'est que je n'apprécie pas la Suicide Squad alors que Spyral ne fait sens qu'autours de Grayson, du moins selon moi. Bien que le scénariste essaie de montrer le danger d'user d'armes de plus en plus puissantes ou la nécessité de les utiliser en vue de créer de la sécurité cet aspect est minimisé par des scènes de combats qui empêchent une véritable réflexion. Ce second volume échoue donc largement à créer une intrigue intéressante mais il permet au moins de remettre en place le couple de Midnighter et d'Apollo.

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    *** Un second volume beaucoup moins intéressant que le premier car les auteurs essaient de relier leur intrigue à l'univers DC sans que cela ne soit véritablement utile.
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    Image : Éditeur

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  • Noumenon Infinity par Marina J. Lostetter

    Titre : Noumenon Infinity
    Autrice : Marina J. Lostetter
    Éditeur : Harper Voyager 14 août 2018
    Pages : 576

    Il y a près de 2000 ans, l'humanité a envoyé 12 convois dans l'espace chargés d'étudier des points intéressants de l'espace. Seul Noumenon est revenu sur une terre bien différente avec des informations concernant une mégastructure dans le système Lq Pyx. Malgré les réticences des autorités terriennes, une seconde mission est décidée afin de compléter la super structure et de comprendre l'espèce qui semble l'avoir construite, ou qui semble avoir tenté de continuer sa construction. Là encore, le temps impliqué sera énorme. De plus, une seconde mission pourrait bien donner des informations importantes sur Lq Pyx. Car le convoi 12 qui a étrangement disparu n'est pas perdu.

    SPOILERS

    Noumenon Infinity est la suite directe de Noumenon. Bien que le premier chapitre se déroule bien avant l'envoi des convois, alors que le convoi 12 est réaffecté sous la direction de Vahni Kapoor, titulaire d'un doctorat sur le mode de propulsion utilisé par les convois. Tout comme dans Noumenon, on suit plusieurs points de vue dans des chapitres consacrés après un temps plus ou moins long. Mais cette fois nous avons la perspective du convoi 12 et celle du convoi 7. Alors que ce dernier permet de mettre en avant les changements sociologiques dû à la construction de la mégastructure et de la division de la flotte afin de comprendre les aliens le convoi 12 s'intéresse au mystère de leur arrivée dans une région et un temps inconnu. Ces deux points de vue fonctionnent très bien tout en se mêlant afin de donner de nombreuses réponses à l'intrigue générale.

    Le premier tome se concentrait sur les voyages et les changements culturels et sociologiques, avec le choc du retour sur Terre comme problème majeur de la seconde partie. Ce second tome s'intéresse toujours autant à ces changements mais l'autrice, Marina J Lostetter, s'amuse avec des temporalités bien plus importantes et plusieurs convois. Comme dans le premier tome, ces changements sont logiques et basés sur un fonctionnement antérieur. Mais le convoi 7 s'intéresse bien plus à la construction de la mégastructure et à l'effet que celle-ci a sur l'équipage. Pendant la lecture, on passe d'une attente à la construction puis à la fin de celle-ci pour mieux continuer sur l'impression d'une erreur destructrice et enfin une impression de merveilleux. Lors de toutes ces étapes, ce qui compte n'est pas la division mais la mise en place d'une société unie en direction d'un but commun, que celui-ci soit la survie, une œuvre ou la recherche scientifique. L'autrice nous donne un point de vue optimiste sur l'humanité, certes imparfaite mais capable de tout si on lui donne un but futur.

    Enfin, je suis dans l'obligation de mentionner la diversité mise en place par l'autrice. Cette question est particulièrement importante alors que les communautés concernées demandent une véritable diversité et non une annonce externe sans que rien ne puisse permettre de le deviner au sein de l’œuvre, une annonce dont J.K. Rowling est malheureusement devenue une experte à la tristesse de nombreuses personnes. Premièrement, les personnages sont de cultures et de provenance diverses, ce qui était le cas aussi du premier roman. Mais les personnages du convoi 12 ne sont pas clonés selon leur potentiel génétique, une décision remise en cause dans ce roman, mais selon leurs capacités et les besoins du convoi en termes scientifiques. Illes ne sont pas élevés dans un monde conçu pour les préparer mais proviennent de cultures différentes. De plus, l'autrice n'hésite pas à user de personnages à la sexualité et à l'identité de genre différents. Le premier tome donnait le point de vue d'une lesbienne. Ce tome nous offre une asexuelle en relation polyromantique et une femme transgenre. Ces caractéristiques ne sont pas mises en question mais sont décrites comme une part de l'humanité. Ainsi, l'autrice ne justifie pas leur existence, ces personnages sont ce qu'illes sont. Bien que j'apprécie cet effort, je ne me permettrais pas de juger de la réussite ou de l'échec de l'autrice à bien représenter ces identités. Je terminerais sur l'impression que certaines scènes n'auraient probablement pas pu être écrites par un homme.

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    ***** Le premier tome a été l'une de mes meilleures surprises en SF de l'année. Je me suis immédiatement procuré le second tome qui, selon moi, est meilleur que le premier. J'espère que Marina J. Lostetter écrira encore beaucoup de romans.

    Image : Éditeur

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  • Den skyldige / The Guilty

    Asger Holm est un policier du Danemark actuellement affecté à la centrale téléphonique, le 112. Son travail implique de recevoir les appels d'urgence de la population, récolter un maximum d'informations sur les circonstances et la localisation des personnes et transférer ces informations aux patrouilles de police afin de les envoyer sur les lieux en besoins d'aide. C'est un travail monotone, difficile et ennuyeux. Mais tout change lorsque Asger reçoit l'appel d'une jeune femme inconnue qu'il ne peut localiser avec précision. Rapidement, il comprend que celle-ci a été enlevée et mime une conversation avec sa fille. Alors qu'Asger envoie la police tenter de retrouver cette femme dont il ne connait que peu de choses il essaie de l'aider et de réunir le plus d'informations possibles sur son identité, son kidnappeur et sa famille.

    SPOILERS (des gros spoilers)

    Ce film se déroule entièrement dans deux salles d'une centrale d'appel. L'image est sombre avec seulement la lumière des écrans et du bureau. L'ambiance est donc très froide. On ne voit rien de l'extérieur et toutes les informations nous sont communiqués, ainsi qu'à Asger, au travers des appels téléphoniques. Au film du temps, on ressent la frustration croissante d'Asger qui essaie de comprendre ce qui se déroule tout en ne pouvant pas chercher lui-même les indices dont il a besoin car ce n'est pas son travail. Ce n'est souvent qu'après-coup que l'on apprend ce qui se déroule et donc que l'on apprend l'étendue réelle du problème.

    Ce film est aussi l'histoire de deux personnes. La première est Asger qui est provisoirement assigné à la centrale d'appel après avoir tué un homme, en légitime défense selon lui. On ne sait que peu de choses sur les circonstances sauf que le procès a lieu le lendemain et qu'un partenaire est son témoin. Ce n'est qu'à la fin du film que l'on apprend ce qui s'est réellement déroulé, donnant tout son sens au titre du film. En parallèle, la police poursuit un homme qu'elle pense être coupable de kidnapping et de meurtre. Tout semble l'accuser, il a été condamné pour violences, il a perdu la garde de ses enfants lors de son divorce et sa fille parle d'une dispute entre lui et son ex-femme après une visite dans la chambre d'un des enfants, encore bébé. Ces indices ne sont donnés que petits à petits afin de faire monter la tension. Nous avons donc ceux hommes. Un est coupable mais le cache. Tandis que l'autre est présumé coupable mais il est encore poursuivi. Ce sont deux hommes violents dont on ne connait pas les circonstances. Ce n'est que tardivement que toutes les explications nous sont données, changeant complétement la perspective du film.

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    ***** Un très bon huis-clos dont la tension monte rapidement

    Image : Site officiel

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  • 52. 4 par Geoff Johns, Grant Morisson, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen

    Titre : 52. 4
    Auteurs : Geoff Johns, Grant Morisson, Greg Rucka, Mark Waid et Keith Giffen
    Éditeur : Urban comics 28 septembre 2018
    Pages : 344

    Ce tome 4 contient 52 40-52, The origin of Black Adam de 52 16 et The Origin of Steel de 52 15. Les événements de l'année sans Superman, Batman et Wonder Woman commencent à se relier entre-eux. Alors que des personnes plus secondaires ont pris les devants de la scène le monde criminel en a profité pour essayer de prendre le contrôle. Luthor est enfin démasqué ainsi que son programme qui permet à tout le monde de posséder des pouvoirs. La secte du crime continue de lancer son ambitieux programme tout en essayant de tuer Batwoman. Mais personne n'avait pris en compte Black Adam qui, après avoir perdu sa famille, se venge en détruisant un pays entier puis en attaquant la Chine. Sera-t-il possible de l'arrêter à temps ?

    SPOILERS

    Il y a un sentiment d'urgence dans ces derniers numéros. En effet, on nous promet une intrigue sur un an avec des conséquences importantes et des plans reliés entre-eux. Mais il y a de nombreux points d'intrigues et tous les relier n'est pas facile. Ainsi, la chute de Luthor est-elle très, trop, rapide tandis que le combat de Black Adam contre la Chine ne dure qu'un épisode. Cela est un peu court pour ce qui est décrit comme une troisième guerre mondiale. Je déplore aussi que le personnage soit ramené au point de départ, tout son développement étant annulé.

    Les autres intrigues, scientifiques, la secte du crime et intergang, sont reliées au sein d'un complot de la secte du crime qui contrôle aussi bien intergang que les scientifiques enlevés. Ce complot d'une grande ampleur devient beaucoup moins ambitieux alors que leur seul acte est de tenter de tuer Batwoman. Heureusement, cette intrigue permet de revoir quelques pages de Batwoman, bien qu'elle n'y soit pas à son avantage. Finalement, on peut se demander s'il n'aurait pas été nécessaire de donner plus de temps à ce nombre impressionnant de scénaristes aux styles si différents.

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    *** Une conclusion abrupte pour une longue série.
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    *****

    Image : Éditeur

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  • Johnny English Strikes Again

    Le MI7 est la victime d'une attaque d'ampleur inégalée. Un pirate a trouvé le moyen d'entrer dans la base de données des renseignements britanniques et de rendre public l'identité des agent-e-s du MI7. Cette catastrophe a des conséquences incalculables alors que le Royaume Uni s'apprête à organiser une rencontre entre les pays les plus riches de la planète. Personne ne peut enquêter car il n'y a plus aucun agent-e-s. La Première ministre ordonne de faire revenir les membres du MI7 qui se trouvent à la retraite. Cela implique Johnny English, actuellement enseignant de géographie dans une petite école privée. Lorsqu'on lui demande de revenir il s'exécute avec le plus grand plaisir.

    SPOILER

    Ce troisième film s'intéresse à un thème très actuel : la place de la gouvernance par l'informatique dans nos vies. Bien que l'intrigue débute par une série s'attaque informatique contre les infrastructures britanniques et européennes, on comprend rapidement que le but du méchant est de prendre le contrôle des informations créées par les états et leur population. Selon son argumentation, ces données permettent de créer des algorithmes capables d'éviter les plus gros problèmes actuels : des bouchons aux problèmes de santé. Bien entendu, il n'explique pas immédiatement que cela implique une destruction de la démocratie telle qu'on la connait et un gouvernement par une élite capable de comprendre les algorithmes. Cette démission des élites politiques traditionnelles s'explique par leur incapacité à comprendre les enjeux de l'informatique. Ce point est incarné par la Première ministre qui se contente de signer tout ce qu'elle trouve si cela lui permet de gagner quelques points grâce à la proximité du jeune et beau méchant.

    Ce film pourrait donc être assez intéressant. À travers l'humour il pourrait dénoncer la fascination ignorante envers les nouvelles technologies et les miracles que celles-ci pourraient permettre pour notre société, sans jamais penser aux conséquences. La réalisation s'amuse du décalage entre le jeune, beau et intelligent méchant qui use de tout ce qui est neuf, comme les imprimantes 3D, et Johnny English incapable d'utiliser un IPad, de comprendre la réalité virtuelle et qui décide de rouler dans une vieille voiture plutôt qu'une hybride remplie d'aides à la conduite. À certains moments, Johnny English incarne même le passé en se retrouvant dans un costume traditionnel ou en armure. Malheureusement, l'humour me semble très forcé. Plutôt que de laisser les situations parler par elles-mêmes la réalisation explicite toujours, au travers des dialogues, ce qui va se dérouler. Pire encore, l'humour ressemble plus à une série de sketch collés artificiellement ensemble pour construire un film d'une longueur acceptable. Ce qui aurait pu devenir un film intéressant échoue donc largement.

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    *** Parfois c'est drôle
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    Image : IMDB

    Site officiel

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  • The good place 1

    Il existe un certain nombre de séries qui prennent une position humoristique sur la mort. On peut penser à Dead Like Me qui profite de la mort pour parler de la vie ou encore Pushing Daisies au style si coloré. The Good Place, qui m'a été conseillé, se déroule après la mort. Lorsque l'on meurt les activités que l'on a eu sur Terre sont dénombrées selon qu'elles soient positives ou négatives. Le résultat permet de classer les personnes soit dans le Mauvais Endroit soit dans le Bon Endroit. Ce dernier est un lieu très exclusif réservé aux meilleures personnes ayant été vivantes. Eleanor Shellstrop vient tout juste de mourir. Elle se réveille dans une salle d'attente dans laquelle on lui annonce qu'elle est acceptée dans le Bon Endroit. Le problème c'est qu'Elenaor est loin d'être une bonne personne.

    SPOILER

    Les séries humoristiques qui fonctionnent réellement sont rares. Même s'il existe de nombreuses productions dans ce genre leur humour est souvent fainéant, mal écrit et peut rapidement devenir une honte secrète pour les personnes qui les regardent. Je compte sur les doigts d'une seule main les séries qui restent drôles après plusieurs années et sur de nombreuses saisons, malgré quelques longueurs de temps en temps. Leurs points communs sont de prendre au sérieux l'humour et les cibles des blagues. On rit avec les personnages et non pas des personnes. Lorsque ces personnages se comportement mal l'écriture permet de comprendre que c'est le cas. The Good Place est dans cette veine. Les situations dans lesquelles se trouvent Eleanor sont drôle parce que son comportement est déplacé, ce qui est montré et jugé comme tel.

    Ce qui rend cette série particulièrement bien écrite concerne aussi son message. Au lieu de se contenter de parler de la mort par le rire la production décide de parler de philosophie. Pour cela, outre Janet et Michael qui sont des êtres éternels, on nous offre 4 personnages. Tahani est une membre de la haute société anglo-saxonne qui a lancé de nombreuses organisations de charité tout en accomplissant un haut degré d'éducation. Chidi est un chercheur spécialisé en philosophie de l'éthique. Jason est un DJ trafiquant de drogue. Et Eleanor est une personne égocentrique incapable du moindre acte de gentillesse. Le personnage de Chidi permet à la production de nous parler d'éthique par les grands philosophes, résumés rapidement. Ensuite, Eleanor se retrouve dans une situation qui implique l'usage de ce qu'elle a appris ou de ce que Chidi explique. Je me souviens particulièrement bien d'un dilemme éthique qui concerne la possibilité de tuer une personne si cela permet de sauver la vie d'une autre personne. La série ne nous offre pas de réponse mais complexifie la question en offrant de nouvelles informations au fur et à mesure de l'épisode. Ce type de scène me permet de considérer que cette série est probablement l'une des mieux écrites du moment et qu'elle mérite d'être largement connue.

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    ***** Probablement l'une des meilleures séries actuellement en cours. Ne me lisez pas, regardez la série.

    Image : Site officiel

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  • The expanse 1

    L'humanité, un futur proche, a réussi à créer un moteur qui donne la possibilité de coloniser le système solaire. Depuis, la Terre s'est unie autours des Nations Unis et a colonisé la Lune. Des dômes ont été montés sur Mars qui est devenu une nation militariste indépendante qui n'a qu'un seul but : créer un monde habitable. Les deux planètes vivent dans une paix militaire relative et prennent le contrôle de la ceinture d'astéroïde, habitée par les Belters depuis plusieurs générations. Celleux-ci ce sont liés au sein d'une confédération qualifiée de terroriste aussi bien par la Terre que par Mars. Tout fonctionne dans un équilibre instable qui pourrait bien être mis à mal alors que deux vaisseaux disparaissent soudainement. La réponse à leur destruction est-elle aussi simple qu'elle parait ?

    SPOILERS

    Depuis Battlestar Galactica je n'ai pas trouvé de série SF ayant lieu principalement dans l'espace qui prenne au sérieux son univers. Battlestar Galactica créait une technologie et un univers politique pour ensuite montrer de quelle manière les humain-e-s interagissent à l'intérieur. Cette série prend très au sérieux son univers et en particulier sa technologie. Tout y est à la fois familier et très avancé. Ainsi, le fonctionnement de cet univers est compréhensible tout en ne jouant pas sur la magie de la science pour expliquer les réussites ou les échecs des personnages. Lorsque la gravité disparait les personnages utilisent des bottes magnétiques. Les vaisseaux doivent être réparés à la main, ce qui est sale. La défense passe par des balles physiques et non des boucliers énergétiques.

    Cette première saison doit aussi nous permettre de comprendre le statu quo politique de cet univers grâce au point de vue de plusieurs personnages. Ainsi, on comprend que Mars est une grande puissance militaire et une société créée en vue d'atteindre un but spécifique. La Ceinture est contrôlée par les deux planètes mais elle est aussi déstabilisée par une alliance syndicale qui pourrait se transformer en mouvement nationaliste. Ce point de vue nous est fourni par Miller, enquêteur au profit d'une corporation sur un astéroïde contrôlé par la Terre. Enfin, le point de vue de la Terre est offert par une membre importante de son administration. Elle est décrite comme une personne sans pitié connaissant parfaitement le jeu politique et l'état stratégique du système solaire. Cet équilibre est brisé par un joueur inconnu dont l'identité n'est que très progressivement dévoilé par un équipage naufragé et ses tentatives de survivre. Bien entendu, ceci n'est qu'un résumé très rapide d'une série riche aussi bien au point de vue de l'écriture que de l'image, qui est magnifique. Je ne regrette pas d'avoir essayé de la regarder et je vais faire mon possible pour rattraper mon retard.

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    ***** Une première saison qui démarre très fort. Elle utilise à son avantage les dix épisodes qui lui sont offerts pour débuter une intrigue et un univers complexe.

    Image : Site officiel

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  • Supergirl 3

    Supergirl a vaincu les terroristes de Cadmus. Mais elle a été obligée d'accepter leur aide afin d'empêcher l'invasion des Daxamites, le peuple de Mon-El. Malheureusement, la seule manière de vaincre durablement les Daxamites a été de polluer l'atmosphère terrestre au plomb, empêchant Mon-El de continuer à vivre sur Terre. Depuis, Kara Danvers met en cause l'existence de son alter-ego humaine. Au lieu de souffrir des pertes difficiles et de devoir travailler dans le cadre civil ne serait-il pas plus logique de devenir Supergirl à plein temps ? D'oublier son identité humaine et de devenir l'un des êtres les plus puissants de la Terre sans prendre le temps de connaitre les gens et de se lier à d'autres personnes ? Cela pourrait-il lui permettre de survivre à la nouvelle menace qui se réveille sur Terre ?

    SPOILERS

    La première saison de Supergirl était moyenne mais résolument positive. Dès la seconde saison, la CW prend la série en main et décide d'en faire une série anti-trump. L'intrigue concernait la migration et la nécessité d’accueillir les personnes dans le besoin afin de les aider à vivre et à offrir leurs richesses au monde. La CW allait jusqu'à créer une femme présidente issue de l'immigration alien qui débute son arrivée sur les écrans en légalisant toutes les personnes migrantes qui vivaient auparavant en cachette. Cette troisième saison continue sur cette lancée en créant un personnage masculin : Morgan Edge. Cet homme est décrit comme un être puissant, riche, blanc, qui veut prendre le contrôle de la ville à la suite des destructions de l'invasion daxamite. Il déteste Léna Luthor ainsi que Supergirl et fait tout ce qu'il peut pour les détruire ou les enfermer. La réalisation de la série va jusqu'à créer une manifestation, contrôlée par Edge, qui chante "lock her up" devant les locaux de Luthor. Le parallèle ne pourrait pas être plus clair.

    Malheureusement, cet homme disparait assez rapidement pour laisser la place au véritable propos de cette saison. Quelle est la différence entre la divinité et l'humanité. Kara, en tant que Supergirl, approche la divinité avec un nombre restreint de points faibles. Tandis que Kara humaine souffre régulièrement de la perte d'ami-e-s et d'amants. Pendant la première partie de la saison, elle choisit de donner plus d'importance à son côté divin, Supergirl, avant de comprendre que son humanité lui donne bien plus de chance de gagner. En effet, Supergirl, lorsqu'elle combat des êtres de sa puissance, est montrée comme froide et détachée. C'est son humanité qui lui donne l'occasion de ressentir de la compassion et de l'amour. Cette dichotomie est incarnée par les Tueuses de mondes qui sont des êtres artificiels créés par Kryptons. Leur humanité est combattue voire abandonnée afin de laisser place à une grande puissance mais aussi à l'absence total d'empathie. La fin de la saison donne aussi la possibilité d'une confrontation entre Kara et Lena Luthor. Bien que le développement de leur relation soit logique j’espère que nous n'aurons pas un développement débouchant sur un combat entre les deux femmes.

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    *** J'ai un peu moins apprécié cette saison, plus intimiste et moins politique, mais je garde mon intérêt pour les personnages et les intrigues.
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    Image : IMDB

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  • L'ile aux cannibales. 1933, une déportation-abandon en Sibérie par Nicolas Werth

    Titre : L'ile aux cannibales. 1933, une déportation-abandon en Sibérie
    Auteur : Nicolas Werth
    Éditeur : Perrin 2006
    Pages : 204

    Nicolas Werth est connu pour être un spécialiste de l'URSS et l'un des auteurs du Livre noir du communisme (que je n'ai pas lu). Dans ce petit ouvrage il s'intéresse à l'ile de Nazino, en Sibérie. Selon des témoignages oraux, la petite ile inhospitalière fut le théâtre d'actes inhumains suivi de la mort de nombreuses personnes au point qu'une commission d'enquête fut mise en place peu de temps après les événements. Mais moins que cette petite histoire c'est le processus global de déportation que souhaite comprendre l'auteur en partant de l’arrivée : l'ile de Nazino.

    L'auteur divise son travail en 5 chapitres qui permettent de mieux comprendre la raison des déportations. Le premier chapitre dévoile le plan derrière ces déportations. Loin d'être de simples actes de destruction le but est double. Premièrement, il semble nécessaire aux autorités communistes de vider la campagne et les villes d'éléments considérés comme dangereux, en particulier les Koulaks mais aussi les anciens membres de l'état tsaristes. En second lieu, cette déportation doit être un moyen de prendre le contrôle de territoire peu habités et d'en faire des lieux productifs par le travail des déportés.

    Cependant, le troisième chapitre montre les difficultés de la mise en place de ce plan. En effet, une population importante est destinée à la déportation. Mais comment les déporter, qui déporter et surtout qu'en faire à l’arrivée ? L'auteur démontre que les autorités policières suivent les ordres de la manière la plus large possible. Les personnes déportées peuvent aussi bien être des criminel-le-s que de simples passants qui allaient au marché sans leur passeport ou encore des membres éminents du partis. Les décisions sont rapides, sans recours et les déporté-e-s ne sont pas écouté-e-s. Pire encore, les villes et villages chargés d’accueillir cette population ne sont pas préparés. Les autorités ne savent pas forcément quel type de population va arriver, leur nombre et ne possède pas les ressources en hommes nécessaires pour la surveillance. L'auteur montre aussi les difficultés d'approvisionnement pour vêtir et nourrir les déporté-e-s.

    Ceci débouche sur l'échec total de la déportation à Nazino. L'auteur nous explique que les autorités locales ne savent pas combien de personnes vont arriver ni leur profil. Au lieu de paysans endurcis capables de travailler la terre ce sont des citadins. Celleux-ci ont été largement dépouillé par les éléments criminels de la déportation et peuvent arriver peu vêtu-e-s, voire nu-e-s, affamé si ce n'est déjà mort. Alors que les infrastructures de transit sont remplies il est difficile de transférer la population, par manque de bateaux. Les populations qui se retrouvent en Sibérie ne savent pas construire de logements ni cultiver. Rapidement, la famine s'installe et des actes de cannibalisme ont lieu. Ce contexte n'est pas aidé par des gardes qui n'hésitent pas à profiter de la situation pour devenir un peu plus riche ou qui font actes de cruauté contre les personnes déportées.

    Partant d'une histoire précise, qui a donné lieu à une enquête officielle, l'auteur essaie de nous faire comprendre le fonctionnement des déportations : de la décision policière à la mise en place des infrastructures. Ce qu'il nous montre est un acte administratif qui ne prend pas en compte la situation réelle et qui est rapidement dépassée par les décisions personnelles des autorités locales et de la police. Par cet exemple, l'auteur essaie de nous faire comprendre le fonctionnement global d'une politique qui débouche sur des centaines de milliers de morts dans un contexte de famine pour les populations paysannes de l'URSS. Sans pouvoir juger de la place de ce livre dans l'historiographie, n'étant pas un spécialiste de l'URSS, je peux tout de même considérer ce livre comme intéressant pour comprendre le fonctionnement de l'état communiste en Russie sous Staline.

    Image : Éditeur

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  • Noumenon par Marina J. Lostetter

    Titre : Noumenon
    Autrice : Marina J. Lostetter
    Éditeur : Harper Collins 8 janvier 2017
    Pages : 432

    2088, un astrophysicien du nom de Reggie Straifer découvre une anomalie autours d'une lointaine étoile. Il a de la chance car, pour la première fois, la Terre est à la fois en paix, unie et capable d'envoyer des vaisseaux pour des voyages interstellaires. Le monde décide de créer plusieurs groupes de vaisseaux pour des missions qui prendraient 200 ans pour l'équipage mais près de 2000 ans en ce qui concerne la Terre. Tout doit être minutieusement préparé tout en permettant assez de souplesse pour s'adapter aux problèmes inattendus. La mission mise en place par Straifer est la seule à offrir la possibilité de découvrir une intelligence extraterrestre, même si celle-ci est minime. L'équipage est constitué en conséquence et la mission prend le nom de Noumenon.

    SPOILERS

    Il y a longtemps que je n'avais pas ressenti autant de plaisir face à un livre de SF. L'intrigue est simple : il y a un objet étrange quelque part dans l'espace pourquoi ne pas envoyer une équipe l'étudier. C'est le début de beaucoup de livres de SF prenant place dans l'espace. Ce livre prend le soin de s'intéresser largement au fonctionnement de la mission et à la manière dont les vaisseaux et l'équipage sont conçus afin de survivre pour plusieurs siècles. L'autrice offre aussi un sens du merveilleux. Elle donne l'espoir d'observer, à travers ses pages, l'humanité choisir de partir dans l'espace pour la simple envie de mieux comprendre l'univers. Au fur et à mesure que le vaisseau se rapproche de sa destination je me suis pris à ressentir l'anticipation, les craintes et les souhaits de l'équipage. J'ai eu l'impression de vivre leur étonnement car l'autrice a pris soin de rendre les personnages uniques malgré la construction du roman en plusieurs fenêtres lors d'épisodes précis du voyage.

    J'apprécie aussi énormément l'intérêt premier de l'autrice. Elle n'essaie pas de trop expliquer le fonctionnement du vaisseau ni de l'objet, ce n'est pas un roman de Hard Science. Elle s'intéresse bien plus aux individus mais aussi à la société dans son ensemble. Chacune des fenêtres prend le point de vue d'une personne précise qui possède un rôle précis, dépendant de son héritage génétique en vue de créer une société stable. Le fonctionnement de cette société est explicité par les impressions de ces personnages qui commentent les changements nécessaires ou souhaités mais aussi les problèmes. Petit à petit, l'autrice nous montre une société changer, s'adapter, selon les besoins du moment. Lostetter n'oublie pas la Terre qui disparait rapidement pour ne réapparaitre que tardivement. Les changements sont un choc aussi bien pour la personne qui lit le roman que pour les membres de l'équipage. Un choc à la mesure du temps passé et des changements économiques, sociologiques, politiques mais aussi technologiques. Les idées de l'autrice sont à la fois intéressantes, logique dans le cadre de son roman et profondément déprimantes.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** L'un des meilleurs romans de SF lu cette année. Je me réjouis de lire sa suite, déjà sortie sous le titre de Noumenon Infinity.

    Image : Éditeur

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  • L'Opposition à l'avortement : du lobby au commando par Fiammetta Venner

    Titre : L'Opposition à l'avortement : du lobby au commando
    Autrice : Fiammetta Venner
    Éditeur : Berg International 1 janvier 1995
    Pages : 197

    Le droit à l'avortement est récent et encore difficile à atteindre dans certains pays occidentaux. Il est régulièrement remis en question par des groupes religieux traditionalistes. L'autrice de ce livre a décidé d'étudier l'étendue et le fonctionnement de ces groupes. Elle le fait dans quatre chapitres tout en ajoutant un appendice particulièrement important. Ce dernier, qui n'est pas à jours, regroupe les noms des associations, les actions commandos et les actions en justice jusqu'à l'année 1995.

    Le premier chapitre permet à l'autrice de faire un historique de l'accès au droit à l'avortement, et aux luttes contre, pour la France du XXème siècle. Ce sont des informations connues et l'autrice ne s'y attarde pas trop, bien qu'il soit dommage qu'elle ne se soit pas intéressée à une autre histoire que celle de la France ce qui aurait pu être intéressant pour mieux comprendre les liens internationaux mis en place contre le droit à l'avortement.

    Le second chapitre entre dans le sujet en examinant le fonctionnement des associations qui luttent contre le droit à l'avortement. L'autrice démontre qu'il existe trois formes d'actions précises par des associations différentes. Cependant, elle explique que les personnes peuvent être membres de plusieurs associations et que plusieurs types d'actions peuvent fonctionnement ensemble. La première action concerne le lobbyisme. Les militant-e-s contactent médecins et politicien-ne-s afin de soumettre des informations sur l'avortement et pousser à refuser ces actes et la continuité de leur légalité. Bien que l'action de lobbyisme ait permis de créer des groupes politiques et médicaux en accord avec les personnes contre l'avortement celles-ci peuvent être vues comme frustrantes par des militant-e-s. Un second type d'action peut être utilisé afin de s'attaquer directement aux femmes qui souhaitent avorter. L'action peut consister soit en une information avec des pressions soit en un harcèlement à l'aide d'insultes et de lecture des dossiers médicaux. Un troisième type d'action sont les commandos qui consistent en la destruction de biens matériels afin d'empêcher tout acte médical d'avortement.

    Le troisième chapitre s'intéresse à l'idéologie et identifie trois sources. La première est le fondamentalisme religieux basé sur une lecture traditionnelle de la bible et de la société. Dans cette optique, la place des femmes est à la maison afin de s'occuper du ménage et de créer des enfants à la chaine. Les hommes ont un rôle extérieur, au travail. En ce qui concerne le contrôle du corps, celui-ci est pensé comme fondamentalement anti-chrétien car il implique de "voler" à la divinité sa propriété. Ainsi, toutes les recherches et actes médicaux sont refusés au nom de la religion. Une seconde source est la relativisation du génocide des Juifs. En effet, les avortements sont considérés comme un génocide en cours avec bien plus de victimes. Pire encore, les Juifs, comme groupe, sont considérés comme les coupables de cet acte et donc auraient exagérés leurs souffrances. Enfin, il existe des groupes féministes dit de droites qui militent en faveurs du retour aux valeurs féminines : la maternité. Elles considèrent qu'il existe une complémentarité des sexes basées sur une différence fondamentale entre hommes et femmes.

    Enfin, le quatrième chapitre s'intéresse aux soutiens. L'autrice démontre que les antiavortements français bénéficient de milieux provenant des États-Unis qui fournissent des informations, des enseignants, des méthodes mais aussi des films et articles vendus directement traduits en français. Ces milieux sont aussi largement soutenus par l'église catholique, jusqu'à la papauté. Les évêques n'hésitent pas à soutenir des actions non-violentes comme violentes tout en fournissant matériel et lieux de réunions. Enfin, les milieux d'extrême-droite soutiennent aussi ces militant-e-s. Ici, l'autrice examine la France, la Belgique et l'Allemagne et essaie de démontrer les liens avec des groupes parfois très proche du nazisme.

    Ce livre est ancien, 1995. Il a été écrit alors que le droit à l'avortement était encore pénalisé en Suisse (celui-ci a été dépénalisé en 2002 par la solution des délais). Il s'intéresse spécifiquement à la France et débute une analyse du fonctionnement de ces groupes sur le minitel. De nombreuses informations, liste des groupes et d'actions en justice, devraient être remises à jours tandis que l'Internet est totalement absent de l'analyse de l'autrice, celui-ci n'étant pas aussi important qu'aujourd'hui. Cependant, l'autrice nous donne de nombreuses informations intéressantes. Le fonctionnement des actions des antiavortements, par exemple, me paraît être toujours d'actualité et pourrait permettre une action politique dans le but de protéger les femmes victimes de leur harcèlement ainsi que le personnel hospitalier.

    Image : Amazon

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  • Prez 1. Corndog-in-chief par Mark Russell, Ben Caldwell et Mark Morales

    Titre : Prez 1. Corndog-in-chief
    Auteurs : Mark Russell, Ben Caldwell et Mark Morales
    Éditeur : DC 9 février 2016
    Pages : 144

    Ce volume contient Prez 1-6 et DC sneak peek : Prez 1. Prez est une jeune femme de 19 ans. Elle vit aux États-Unis en 2036. Le monde a beaucoup changé. Les ressources naturelles sont de moins en moins nombreuses. Plusieurs pays ont disparu à cause du réchauffement climatique. Mais les États-Unis restent la grande puissance qui fait la guerre dans plusieurs pays afin de sauvegarder ses intérêts. Cependant, la présidence est organisée par des corporations aux richesses de plus en plus importantes. Dans ce contexte les candidats officiels ne sont pas élus à la présidence. Mais Prez devient la présidente après avoir été filmée lors d'un accident dans un fast-food.

    SPOILERS

    Je suis honnêtement surpris que ce comics ait été édité par DC. Il est en dehors de leur ligne éditoriale habituelle. Il n'y a pas de super-héros qui usent de leurs pouvoirs pour défendre la loi. Il n'y a qu'une jeune femme pauvre qui se retrouve impliquée dans d'énormes problèmes sans y être préparée mais qui essaie de faire au mieux avec le peu d'aide qu'elle reçoit. Malheureusement, la série a été annulée avant d'atteindre sa conclusion et nous ne connaitrons jamais la fin de l'intrigue bien qu'elle me semble plutôt intéressante.

    Ce comics est très riche. Il s'attaque frontalement aux problèmes de la politique des États-Unis de 2016. Le pays attaque d'autres nations au travers de robots pilotés par des jeunes se croyant dans des deux vidéos. La candidature est décidée selon un système de vote par les réseaux sociaux et non selon les propositions. Mais ce qui rend ce comics si pertinent c'est sa capacité à se moquer tout en dénonçant et ceci aussi bien en écrivant précisément ce qui se déroule ou simplement par le dessin. Ainsi, en parcourant les pages de ce volume on apprend que l'aide alimentaire n'est proposée que si les personnes qui en ont besoin acceptent d'être utilisés comme support de publicités. Les réfugié-e-s climatiques sont parqués dans des zoos humains. Et les débats ne sont pas de confrontations d'idées mais l'occasion de noyer l'adversaire sous des arguments fallacieux afin de gagner le support du public pour des lois dangereuses.

    *
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    ****
    ***** un OVNI qui n'hésite pas à s'attaquer frontalement à notre époque et aux politicien-ne-s.

    Image : Éditeur

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  • La Prophétie de l'horloge / The house with a clock

    Lewis, 10 ans, a récemment perdu ses deux parents. Il rejoint sa seule famille : son oncle Jonathan. Celui-ci vit dans une petite ville dans un immense manoir rempli de livres et d'horloges. Il organise fréquemment des soirées poker avec sa voisine, Florence. Bien que les deux adultes s'insultent mutuellement illes s'apprécient beaucoup et aiment passer du temps ensemble. Selon Jonathan, il n'y a aucune règle dans cette maison. Lewis essaie de passer outre la mort de ses parents tout en cherchant l'amitié dans sa nouvelle école. Être un peu étrange n'aide pas. Vivre dans la maison hantée de la ville rend la chose encore plus difficile. Bien que Lewis rie de l'idée que son manoir soit hanté il se rend rapidement compte qu'il s'y passe des choses étranges. Les meubles bougent, les peintures se modifient et le bruit d'une horloge résonne à travers les murs tandis que son oncle parcoure les couloirs du manoir la nuit tombée.

    SPOILERS

    Une chose au moins est réussie dans ce film : le sens du merveilleux face à la découverte de la magie par un jeune enfant de 10 ans. Dès que Lewis rencontre son oncle on comprend que cet enfant est surpris. Il est intimidé par le manoir. Il a peur des petits bruits durant la nuit, des craquements du plancher. Et il est émerveillé par la magie même s’il ne la comprend pas. Il est naturel que Lewis ne souhaite qu'une chose : apprendre à devenir magicien. Un souhait qui implique de longues études mais qui ne nécessite pas de dons (coucou l'élitisme d'Harry Potter). Ce merveilleux est aidé par une maison mise en scène comme un lieu étrange, dangereux mais aussi beau. La maison est un personnage à part entière avec ses bons côtés mais aussi sa part d'ombre. Elle aide les habitant-e-s mais elle peut aussi combattre si nécessaire ou si l'ordre lui est donné par son possesseur original.

    Bien que la mise en scène soit réussie, les effets spéciaux sont plutôt convaincants, et que l'intrigue soit simpliste mai efficace le film n'est pas aidé par l'humour de Jack Black. Même si j'ai apprécié les piques que se lancent Jonathan et Florence, celle-ci est montrée comme une sorcière bien plus compétente que Jonathan, le reste de l'humour n'est pas très élaboré. À plusieurs reprises, le lion de la maison est montré faisant ses besoins en dehors de sa litière. Une bonne partie des scènes de fin est passée à combattre du vomi de courges. Et je ne parle pas du bébé Jonathan dont le seul acte est de se faire pipi dessus. J'aurais apprécié quelque chose d'un peu plus construit.

    *
    **
    *** De jolies images mais un humour douteux.
    ****
    *****

    Image : Allociné

    Site officiel

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  • Midnighter 1. Out par Steve Orlando, Aco, Stephen Mooney, Alec Morgan et Romulo Fajardo JR

    Titre : Midnighter 1. Out
    Auteurs : Steve Orlando, Aco, Stephen Mooney, Alec Morgan et Romulo Fajardo JR
    Éditeur : DC 23 février 2016
    Pages : 144

    Ce volume 1 contient Midnighter 1-7. Le Midnighter n'a pas de passé. Il ne sait pas d'où il provient ni qu'elle est son histoire. Il ne sait que peu de choses. Il est amoureux d'Appolo. Il aime se battre. Il a été construit pour vaincre par la Jardinière. Son plaisir le plus important provient de ses combats contre des brutes qui s'attaquent aux personnes innocentes. Mais sa vie va devenir bien plus compliquée lorsqu'il apprend que la Jardinière a été cambriolée par une personne capable de la vaincre ainsi que les défenses de son domaine. Des technologies dangereuses sont maintenant à la disposition de tout le monde. Il n'en faut pas plus pour que le Midnighter décide d'user de ses poings.

    SPOILERS

    J'avais entendu parler du personnage et je voulais mieux le connaitre en lisant Midnighter and Appolo. Ce fut une histoire que j'ai appréciée mais elle est la suite de deux volumes de la série Midnighter. J'ai donc décidé de les lire. Celle-ci commence alors que le couple s'est brisé par l'incapacité de Midnighter de savoir comment ne pas se battre et la colère d'Appolo face aux horreurs subies par Midnighter. Les numéros sont divisés entre les combats et les rendez-vous avec des hommes. Le scénariste est très clair, ce sont en grande partie des coups d'un soir, sauf un seul personnage. Le scénariste n'hésite pas non plus à montrer la sexualité de Midnighter, que ce soit par des préservatifs ou en entrant dans la chambre de son personnage. La série refuse de s'excuser de parler d'un personnage gay et c'est une très bonne chose.

    Bien que l'intrigue principale concerne le vol de technologie par quelqu'un d'inconnu et l'enquête menée par Midnighter cela ne me semble pas être le plus important dans cette série, même si cette intrigue permet de créer des pages plutôt violentes en accord avec le fonctionnement du personnage. La question principale, j'ai l'impression, concerne la possibilité pour Midnighter de vivre une vie de couple plus ou moins normale sans connaitre son passé et tout en luttant contre des criminel-le-s. Que les scènes de combats soient coupées par des scènes prenant place dans sa vie de couple et quelques scènes du passé doit probablement être voulu, afin de montrer ses problèmes mais aussi de quelle manière il tente de résoudre sa vie.

    *
    **
    ***
    **** Violent, montre clairement que son personnage a une sexualité, je ne mettrais pas ce comics dans toutes les mains mais il est suffisamment différent de la ligne éditoriale classique de DC pour être intéressant.
    *****

    Image : Éditeur

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  • Qui a peur de la mort (Who fears death) par Nnedi Okorafor

    Titre : Qui a peur de la mort (Who fears death)
    Autrice : Nnedi Okorafor
    Éditeur : Actu SF octobre 2017
    Pages : 552
    CW : Viols, esclavage, excision, génocide

    Qui a peur de la mort, de l'autrice Nnedi Okorafor, commence à être de plus en plus connu. Le roman est un succès, des lecteurs et lectrices en parlent de plus en plus et l'histoire pourrait être adaptée sur HBO, sous l'égide de George R. R. Martin. J'ai découvert ce roman à la suite de ce large intérêt et j'avoue que j'en attendais beaucoup à la suite des critiques très positives que j'ai lu.

    Qui a peur de la mort est le nom de l'héroïne du roman, Onyesonwu. Onysonwu est une jeune fille née dans le désert après que sa mère ait fui les horreurs de la guerre et de son passé. Onyesonwu est une fille du viol entre sa mère, une Okeke à la peau noire, et un homme Nuru, un homme à la peau claire. Ceci fait d'Onyesonwu une Ewu soit une paria dans les deux peuples car on les considère comme maléfiques. Mais Onyesonwu n'est pas une simple jeune femme. Elle est capable de sorcellerie et elle souhaite être entrainée à tous prix afin de se défende contre les maléfices de son père génétique. Cependant, la tradition interdit d'enseigner la sorcellerie aux femmes.

    SPOILERS

    Ce roman est sombre. Il n'hésite pas à s'intéresser à des horreurs et à les décrire précisément tout en explicitant leur but. Ainsi, c'est la première fois que je lis une scène d'excision, la signification du rituel dans ce roman mais aussi son but : protéger les jeunes femmes en empêchant la sexualité. Bien entendu, l'autrice dénonce ce but en demandant pour quelle raison ce sont les jeunes femmes qui doivent faire un effort et non les hommes. L'autrice décrit aussi très précisément, dès la page 30, le viol dont Najeeba, la mère d'Onyesonwu, fut victime. Là aussi, l'autrice utilise cet acte pour parler du viol comme arme de guerre. Elle explique que les hommes Nurus usent du viol afin de détruire les Okekes par le sang. Une destruction qui atteint aussi la société puisque les enfants de ces actes sont des parias car considérés comme maléfiques.

    Ce roman est sombre dans un autre contexte : la mort y est omniprésente. Dès la première page, le père adoptif d'Onyesonwu meurt malgré les efforts de sa fille. Ce n'est que la première perte qu'elle subit. Le roman est rempli de ces pertes qui construisent la vie d'Onyesonwu, elle-même sait exactement de quelle manière elle va mourir. Ce rythme de morts donne l'impression que l'autrice considère que la vie est formée de celles-ci. Nous partons avec des ami-e-s, de la famille, et celleux-ci disparaissent petit à petit. Cependant, Onyesonwu est une femme qui refuse la mort. Son but est de survivre puis de trouver un moyen de vivre comme toutes les autres personnes. Ce n'est pas selon sa volonté qu'elle devient une sorcière puissante et crainte mais parce que ses actes sont nécessaires pour permettre au monde de changer, si possible dans une direction plus favorable.

    *
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    ***
    **** L'une de mes meilleures lectures cette année. L'écriture est très fluide mais les événements peuvent être difficiles à lire.
    *****

    Image : Éditeur

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  • Runaways 1. Find your way home par Rainbow Rowell, Kris Anka et Matthew Wilson

    Titre : Runaways 1. Find your way home
    Auteur-e-s : Rainbow Rowell, Kris Anka et Matthew Wilson
    Éditeur : Marvel comics 1 mai 2018
    Pages : 136

    Ce volume 1 contient Runaways (2017) 1-6. Les Runaways sont quelques adolescent-e-s dont les parents sont des criminels. Après l'avoir appris illes ont décidé de fuir puis de combattre leurs parents et de réparer le mal fait à la ville de Los Angeles. Avec le temps, ils ont connu plusieurs pertes mais aussi des ajouts, le fils d'Ultron par exemple. Du point de vue des éditions la série a connu son heure de gloire sous Brian K. Vaughan, avant de perdre en qualité par suite de la volonté de lier ce groupe aux événements Civil War et Secret Invasion. Pour se terminer sous un nouveau scénariste considéré largement comme ayant détruit la série pour de bon. Cette nouvelle série se déroule quelques années plus tard. Chacun des membres des Runaways est parti faire son chemin. Mais Chase a décidé de retourner dans le passé afin de tenter de sauver Gert en la ramenant dans le présent, une époque dans laquelle Nico pourrait sauver son ancienne amie.

    SPOILERS

    J'attendais beaucoup de cette nouvelle série, tout en était surpris de son retour. Ma première lecture de Runaways reste un très bon souvenir. Derrière une intrigue plutôt simple se cache une écriture efficace avec des choix pertinents, par exemple celui du traitre inattendu et logique à la fois. J'étais déçu du choix éditorial consistant à lier le groupe aux événements plus larges de Marvel. Selon moi, cette série ne fonctionnait pas assez bien dans ce contexte puisque les jeunes Runaways ne s'intéressent pas à ce que font les adultes de l'univers Marvel. Heureusement, les derniers numéros de Vaughan restent intéressants tout en ouvrant quelques idées.

    J'avoue que je n'ai pas lu les épisodes écrits par le successeur de Vaughan, et je ne planifie pas de le faire. Il me manque donc quelques éléments et je craignais que la scénariste fasse de nombreuses références. Heureusement, elle nous donne les éléments manquants au fil du temps tout en expliquant pour quelle raison le retour de Gert est une nécessité, elle serait la clé du fonctionnement du groupe et son départ équivaut aux débuts des problèmes du groupe. Il est donc assez facile d'entrer dans ce premier volume

    L'intrigue est assez simple, connue même. Les jeunes adultes, mis à part Gert et Molly, tentent de se réunir tout en essayant de passer outre les changements connus après leur séparation. Après avoir appris que l'un de leurs parents est dangereux, illes essaient de sauver leur amie et de survivre malgré leur amateurisme. Cependant, cette intrigue permet surtout de relier à nouveau les différents personnages. La scénariste ne prétend pas qu'il est simple de revenir vers des ami-e-s que l'on a perdu de vue. Ce n'est que difficilement que chacun-e décide à recommencer à s'entre-aider et se faire confiance à nouveau.

    *
    **
    *** Un premier volume qui repose les bases du groupe et de leur relation
    ****
    *****

    Image : Amazon

    Éditeur

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  • Saga 8 par Fiona Staples et Brian K. Vaughan

    Titre : Saga 8
    Auteur-e-s : Fiona Staples et Brian K. Vaughan
    Éditeur : Urban comics 23 février 2018
    Pages : 152

    Ce tome 8 contient Saga 43-48. Alana, Marko, Hazel ainsi que le Prince Robot IV et Petrichor ont réussi à fuir la comète Phang. Mais illes ont eu le temps d'observer ce petit monde être dévoré par l'un des êtres les plus puissants de l'univers, et donc de connaitre la mort horrible subie par les rares habitant-e-s qui restaient encore à sa surface. À la suite de cette aventure, Alana perd son fœtus. Bien qu'il ne soit pas possible de le sauver, sa mort donne quelques pouvoirs à Alana et, surtout, la met en danger si une procédure n'est pas accomplie afin de retirer le fœtus de son corps. Seule une planète est assez discrète pour que cette procédure soit accomplie sans publicité.

    SPOILERS

    Encore une fois, il ne se passe pas grand-chose dans ce tome 9 de Saga. Mais, encore une fois, les épisodes sont si bien écrits que l'on ne voit pas le temps passer. Derrière la visite sur une planète que permet de procédures d'avortement les auteur-e-s posent des questions sur le contrôle des corps mais aussi sur les possibilités données par l'arrivée potentielle d'un bébé, sans jamais donner de réponses. Alors qu'Alana se prépare, ses nouveaux pouvoirs créent son bébé dans quelques années. Loin d'être un moyen de faire lui faire peur, je pense que les auteur-e-s essaient de montrer ce qu'avait imaginé Alana, ce qu'aurait pu être la vie de sa famille avec ce nouvel enfant. Mais celui-ci n'existe pas.

    En ce qui concerne l'intrigue générale, les effets de la famille d'Alana et Marko sur la guerre, elle reste en suspens tant que les problèmes familiaux ne sont pas réglés. Cependant, les auteur-e-s réunissent enfin le Prince Robot IV avec son fils tandis que les journalistes vont rencontrer la famille, pour la première fois. Mais le personnage qui va probablement faire avancer l'intrigue est probablement Le Testament, actuellement torturé par une proche de l'une de ses victimes. Il n'y a plus qu'à attendre le tome 9

    *
    **
    ***
    **** Un tome 8 toujours aussi bien écrit.
    *****

    Image : Éditeur

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  • L'hérésie des pauvres. Vie et rayonnement de Pierre Valdo par Bernard Félix

    Titre : L'hérésie des pauvres. Vie et rayonnement de Pierre Valdo
    Auteur : Bernard Félix
    Éditeur : Labor et Fides 15 mai 2002
    Pages : 240

    Lorsqu'on parle des hérésies médiévales, aux alentours du XI-XIIème siècle, on parle souvent des Cathares. Mais il existe d'autres hérésies et mouvements durant cette période. Ce livre s'intéresse à un mouvement des pauvres, les personnes qui ont suivis Pierre Valdo. Ce dernier serait un lyonnais, un marchand plutôt aisé, qui a abandonné tous ses biens afin de suivre la voie que Jésus aurait montré aux humain-e-s: une vie de pauvreté basée sur les dons par autrui.

    L'auteur examine cette vie selon deux points d’études : Pierre Valdo et l’Église médiévale et les effets de son mouvement sur la Réforme. Selon l'auteur, le mouvement de Valdo, dit des pauvres vaudois, a pu prendre forme à cause des pratiques immorales de l’Église de l'époque. Celle-ci était riche, les ecclésiastiques n'étaient pas toujours bien éduqués et, parfois, mariés. Pire encore, et ce fut une critique des Réformés, les ecclésiastiques vendaient des indulgences ayant le pouvoir de permettre l'entrée au paradis par l'intercession de l’Église. Face à ces pratiques, Pierre Valdo défendrait une pratique de la lecture de la Bible et d'une vie modeste sans hiérarchie. Mais il brise aussi l'ordre social en prêchant et en permettant aux femmes de prêcher. Selon l'auteur, ces critiques peuvent être décrites comme un avant-goût de la Réforme. Il considère que les Vaudois ont pu se protéger, en se cachant, des persécutions puis ont rejoint les mouvements réformés.

    Mieux comprendre la vie de Pierre Valdo m'attirait. Je me posais beaucoup de questions sur sa vie mais surtout sur le contexte dans lequel les vaudois ont commencé à exister. Malheureusement, il ne me semble pas que ce livre puisse véritablement répondre à mes questions. À mon avis, ce n'est pas un livre d'histoire mais un essai de théologie. L'auteur fait souvent des bonds en avant à notre époque, considère comme réel des miracles et cite abondamment la Bible. Mais en termes d'histoire le livre est très médiocre. La bibliographie est très succincte, soit, mais le problème concerne le contenu. À de nombreuses reprises, l'auteur se contente de marquer son désaccord avec des historiens sans jamais les citer ni expliquer les raisons de son refus de suivre leurs thèses, qui peut être légitime. L'auteur ne cite jamais les sources d'époque. Mais le pire concerne les hypothèses mises en avant dans le livre. Étant donné que jamais Bernard Félix ne cite d'historien-e-s ni de sources, je me demande de quelle manière il construit ses hypothèses. Le livre est donc rempli de jugements sans jamais que l'auteur ne prenne la peine de les justifier. Selon moi, il vaut mieux laisser cet essai à sa place et chercher un véritable livre d'histoire.

    Image : Éditeur

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  • The Founders Trilogy 1. Foundryside par Robert Jackson Bennett

    Titre : The Founders Trilogy 1. Foundryside
    Auteur : Robert Jackson Bennett
    Éditeur : Crown 21 août 2018
    Pages : 512
    TW : Menaces de viols, abus physiques, esclavage

    Sancia est une voleuse. Elle est l'une des meilleurs de sa profession dans une ville contrôlée par des Maisons marchandes plus riches les unes que les autres. Bien que le vol, en dehors des lieux appartenant aux Maisons, ne soit pas sujet à des rapports de police cela reste une activité dangereuse. Mais cette mission pourrait permettre à Sancia de quitter son quartier pour vivre à l'extérieur de la ville la plus riche du monde, Tevane. Ce que Sancia ne sait pas c'est que l'objet qu'elle doit voler n'est pas une simple clé. C'est un artefact provenant d'une civilisation si ancienne qu'elle en est devenue mythique mais dont les connaissances permettent le fonctionnement de la civilisation actuelle, sous le contrôle ferme de Tevane. Ces connaissances ont permis de modifier la réalité et de créer une ville qui fonctionne grâce à la magie. Les artefacts anciens pourraient remettre en cause ce fonctionnement et Sancia devient, en une nuit, la personne la plus recherchée de la ville.

    SPOILERS

    Il ne suffit que de peu de pages pour comprendre que le système de magie mis en place par l'auteur est l'un des mieux pensés que je connaisse. Dans Harry Potter, la magie existe mais son fonctionnement n'est jamais expliqué. C'est le cas d'autres oeuvres qui se contentent d'en faire un moyen facile de donner de l'importance à leurs héros et héroïnes. Dans ce livre, la magie est un moyen de modifier la réalité. Pour cela, il faut convaincre les objets qu'ils vivent une réalité différente. Ceci fonctionne grâce à un alphabet inscrit sur l'objet et des "dictionnaires" centraux qui renferment les définitions nécessaires. Pour ne prendre qu'un exemple, une roue roulera seule à plat parce qu'elle croit être en pente. Ce système est aussi simple qu'il est compliqué. En effet, on ne peut pas simplement inscrire ce que l'on veut, il faut imaginer les définitions et les inscrire dans les "dictionnaires". Il y a donc un effort, un apprentissage et surtout un coût. Pour finir, ce système fonctionne un peu comme l'informatique.

    L'auteur s'attache aussi à décrire son univers de manière assez convaincante. On ne sait que peu de choses sur sa mythologie, en dehors du fait que les Anciens étaient particulièrement puissants et qu'illes ont entièrement disparus pour une raison inconnue. La ville de Tevane est décrite, mais pas son empire, comme un empire commercial sous le contrôle de quelques maisons marchandes puissantes en argent comme en force militaire. Il n'y a pas de véritables lois ni de forces de police. Les quartiers sous contrôles d’une maison sont organisés et surveillés tandis que les quartiers pauvres sont laissés à eux-mêmes. Il y a donc une grande richesse avec, sous les murs des personnes riches, une pauvreté importante et une absence d'avenir et de santé.

    Cependant, ce n'est que petit à petit que l'horreur de cet empire nous est dévoilée. Au début, on sait que la ville est divisée selon le statut économique et social mais rien de plus. Petit à petit, on apprend que Tevane est responsable de nombreuses guerres avec des armes dévastatrices. Puis, on apprend que la nourriture et les matières premières ne sont abondantes que grâce à un système d'esclavage laissé en place car économiquement peu couteux. Et enfin, on apprend que certain-e-s humain-e-s ont subis des tentatives d'inscrire de la magie en elleux. Sancia est l'une de ces personnes. Il faut bien comprendre que le système de magie change la réalité. Altérer une personne humaine n'en fait pas quelqu'un de plus puissant mais un outil dans les mains d'une autre personne. Lorsque l'on comprend cela, on comprend mieux pour quelles raisons la méchante de l'histoire agit ainsi. Elle considère avoir un droit, un droit à un statut mais aussi un droit de possession sur les personnes qu'elle considère inférieure. Soudainement, l'intrigue passe d'une quête pour empêcher la fin d'un monde à un manifeste en faveurs de la liberté, le fait que l'un des personnages termine son intrigue sur ce qui semble être la création d'une fabrique en copropriété avec des ouvriers et ouvrières me semble révélateur.

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    **
    ***
    **** Un début laborieux qui cache un développement très efficace. Une bonne surprise dont j'attendrais la suite !
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    Image : Site de l'auteur

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  • Nightwing 5. Raptor's revenge par Tim Seeley, Javier Fernandez, Miguel Mendonça et Diana Egea

    Titre : Nightwing 5. Raptor's revenge
    Auteur-e-s : Tim Seeley, Javier Fernandez, Miguel Mendonça et Diana Egea
    Éditeur : DC 1 mai 2018
    Pages : 128

    Ce volume 5 contient Nightwing 30-34. Dick Grayson a rompu avec Shawn Tsang et s'est immédiatement mis en couple avec son ancienne partenaire, Helena Bertinelli. Leur relation est bien plus tendue que la précédente. En effet, Helena va jusqu'au bout pour atteindre sa revanche contre les mafias. Tandis que Dick n'hésite pas à se lier à des criminels si ceux-ci possèdent un code. Car, encore une fois, Dick décide de faire confiance à Blockbuster. Ce dernier décide d'aider son adversaire puisque la ville subit l'attaque de Raptor, l'ancien partenaire de Dick Grayson.

    SPOILERS

    Tim Seeley s'occupe de Dick Grayson depuis la série Grayson et termine avec le numéro 34. Il n'est pas forcément facile de bien terminer son rôle sur une série alors qu'il ne reste que quelques numéros. Souvent, je lis des épisodes sans grand intérêts qui ne servent qu'à remplir des pages avant l'arrivée d'un-e scénariste. Heureusement, Tim Seeley réussit non seulement à terminer ses intrigues mais il met aussi en place un nouveau statu quo qui permet de rebondir. Pour terminer son passage sur Nightwing il décide de revenir au début en confrontant à nouveau Dick Grayson a Raptor. Raptor essaie toujours de voler aux riches mais il n'aide plus les pauvres. Dick Grayson n'est plus aussi naïf face aux propos de Raptor. Mieux encore, il reconstruit l'histoire de Raptor plutôt que de le croire sur parole. Ceci permet de construire une fin efficace mais il n'y a pas de surprises.

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    **** Un meilleur volume que le précédent avec des idées intéressantes.
    *****

    Image : Éditeur

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  • Nightwing 4. Blockbuster par Tim Seeley, Javier Fernandez, Miguel Mendonça et Chris Sotomayor

    Titre : Nightwing 4. Blockbuster
    Auteurs : Tim Seeley, Javier Fernandez, Miguel Mendonça et Chris Sotomayor
    Éditeur : DC 23 janvier 2018
    Pages : 176

    Ce volume 4 contient Nightwing 22-28. Nightwing a réussi à sauver sa petite-amie et son frère, Damian. Il n'est pas trop mal vu par la police de Blüdhaven mais il n'est pas non plus apprécié, tout va bien tant qu'il reste dans l'ombre. Dernièrement, la ville a été la cible d'une nouvelle forme d’importation : les armes illégales. Des armes qui sont conçues pour abattre des super-héros. Certaines d'entre-elles se sont retrouvées dans la rue. Alors qu'il enquête sur le sujet Nightwing est abordé par un ancien ennemi qui lui propose une alliance pour éviter que ces armes ne tombent dans les mains de gangs. Mais est-il possible de lui faire confiance ?

    SPOILERS

    Le volume précédent revenait sur la relation entre Dick Grayson et Damian Wayne. Dans ce volume Tim Seeley décide de revoir ce qu'il a lui-même créé : la vie de Dick au sein de Spyral. Spyral est une agence d'espionnage dont le but était de trouver les moyens de tuer des super-héros. Mais elle avait été détournée par un vilain qui ne souhaitait que la continuation de la guerre. Bien que l'intrigue se soit terminé toutes les questions n'avaient pas reçus de réponses. Dans ce volume Tim Seeley décide donc d'offrir, enfin, l'identité de Mynos l'ancien chef de Spyral. Bien que cette identité ne soit pas particulièrement inventive elle me semble assez logique si l'on prend en compte la construction du personnage et ses capacités.

    Le volume s'intéresse aussi aux conséquences de la vie de Dick Grayson. Étant un héros la nuit il ne possède pas de travail stable et donc ne pense pas à créer une relation à long terme normale. Il est logique que cela ait des conséquences sur sa relation avec Shawn Tsang. Mais il est dommage que celle-ci ait comme conséquence de faire revenir Shawn Tsang sur son passé de vilaine. Pire encore, je trouve dommage de replacer Dick Grayson immédiatement dans une relation romantique avec Helena Bertinelli. Ne serait-il pas possible de le laisser être célibataire ? Enfin, je déplore que le scénariste ne nous donne pas plus de scènes de jours dans le centre communautaire. C'est, à mon avis, une opportunité manquée.

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    ***
    **** Un meilleur volume que le précédent avec des idées intéressantes.
    *****

    Image : Éditeur

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  • Star Wars Rebels 4

    Après 4 saisons Star Wars Rebels nous dit adieu (tandis que Clone Wars revient pour une dernière saison et qu'une nouvelle série intégrée entre l'épisode VI et VII est annoncée). Nous sommes à la fin de l'aventure pour le petit équipage du Ghost. Après avoir débuté une rébellion sur Lothal l'équipage a dû fuir au sein de la flotte rebelle. À l'intérieur de celle-ci illes ont essayé de trouver un lieu capable d'abriter une base. Mais le Grand Amiral Thrawn les a finalement trouvés et a bien failli détruire la flotte et la base, ce qui aurait été catastrophique pour la rébellion. À la suite de ces événements, Ezra et Kanan se trouvent sur Mandalore. Ils aident Sabine et ses allié-e-s à vaincre l'Empire alors que la petite flotte s'est cachée sur une petite lune : Yavin 4. Mais Ezra souhaite surtout libérer Lothal, au nom de ses parents.

    SPOILERS

    Rapidement, on comprend que cette série permet de relier l'épisode III à l'épisode IV, avec l'aide de Rogue One et de l'oubliable Solo. Cette série permet de comprendre de quelle manière une galaxie sous contrôle étroit par l'Empire peut connaitre une révolte armée d'ampleur capable de mettre à mal un appareil militaire massif. Le partis pris de la réalisation a été de suivre un petit groupe qui commence avec des actions locales, rapides et modestes sur une planète éloignée. Puis, le petit groupe a été intégré à un début de flotte rebelle et aide à son agrandissement et la création d'une véritable base. Il n'est donc pas étonnant que la série se termine en reliant les derniers fils au quatrième film. Saw Gerrera est expulsé de l'Alliance rebelle, cette même alliance a enfin un commandement centralisé sur une base que l'on connait bien : Yavin IV. La fin de la série est donc très proche du film IV.

    Contrairement à Clone Wars, cette série connait aussi une véritable fin. Clone Wars, sur décision de Disney, a été arrêtée avant de terminer l'histoire de la guerre alors que la série commençait à montrer le déséquilibre d'Anakin et les effets de la guerre sur la Galaxie et les Jedis. Comme beaucoup de monde, je me demandais de quelle manière Rebels allait se terminer alors que l'on n'entend pas parler de cette équipe dans la suite des événements. Certains indices ont été mis en place dans Rogue One alors que des personnages ont été créés pour ressemble à des acteurs que l'on voit dans les films. Mais est-il possible de laisser Kanan et Ezra vivre alors que Luke Skywalker est décrit comme le dernier Jedi à plusieurs reprises ? Ces deux personnages ne sont pas simplement sacrifiés. Ils deviennent des symboles de ce que les Jedis sont censés être : des personnes qui cherchent le moment durant lequel on aura le plus besoin d'elleux, même si cela implique un sacrifice.

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    **** La fin de cette série est réussie et s'intègre très bien au reste de la mythologie.
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    Image : IMDB

    Site officiel

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  • Nightwing 3. Nightwing must die par Tim Seeley, Javier Fernandez et Chris Sotomayor

    Titre : Nightwing 3. Nightwing must die
    Auteurs : Tim Seeley, Javier Fernandez et Chris Sotomayor
    Éditeur : DC 26 septembre 2017
    Pages : 144

    Ce volume contient Nightwing 16-21. Dick Grayson est heureux. Il peut enfin prendre un peu de temps pour lui et sa nouvelle compagne, Shawn Tsang. Alors qu'il s'occupe d'arrêter les criminels durant la nuit il travaille dans un centre communautaire le jours afin d'aider les personnes qui ont en besoin. Tout va si bien qu'il est même décrit comme le Batman de Blüdhaven ! Un tel titre ne peut que déplaire à Damian Wayne, qui se considère comme le véritable héritier de Batman. Damian décide donc de se rendre à Blüdhaven afin de donner son avis à Dick. Mais les deux frères doivent s'entendre lorsque Shawn Tsang est kidnappée par un certain Deathwing.

    SPOILERS

    Pendant un temps, Bruce Wayne est mort. À la suite de cet événement Dick Grayson a pris le costume de Batman avec Damian Wayne comme partenaire. Il y a eu plusieurs numéros autours des deux frères, dont une partie a été écrite par Grant Morisson. Ce volume trois de Nightwing semble vouloir retourner à cette époque. Bien que le costume ne soit pas identique, les deux personnages apprécient de se retrouver. À plusieurs reprises, ils expliquent l'un à l'autre à quel point leur duo leur avait manqué. Dick Grayson pense même qu'il aurait pu être plus adéquat de continuer à s'occuper de Damian plutôt que de laisser Bruce Wayne, et ses problèmes, reprendre son rôle paternel. La confrontation n'est donc qu'un prétexte pour réunir ses deux personnages qui travaillent bien ensemble et qui se respectent.

    Ce volume se concentre aussi sur les peurs de Nightwing. La capture de Shawn et de Damin n'est donc qu'un prétexte pour qu'il comprenne ce qu'il peut devenir. À plusieurs reprises, ces dernières années, Dick Grayson a été défini comme un personnage qui refuse de laisser les drames le définir. Il préfère aller de l'avant, au risque de perdre ses ami-e-s. Mais que se passe-t-il lorsque Nightwing se laisse rattraper par les drames ? Deathwing est l'image de ce qu'il pourrait devenir : une personne brisée qui essaie d'échapper à sa souffrance en s'attaquant aux personnes qu'il juge responsable. Ce n'est qu'un reflet déformé de Dick, qui refuse de devenir cet homme et qui laisse Damian le sauver.

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    ***
    **** Un meilleur volume que le précédent avec des idées intéressantes.
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    Image : Éditeur

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  • Nightwing 2. Back to Blüdhaven par Tim Seeley, Marcus To et Chris Sotomayor

    Titre : Nightwing 2. Back to Blüdhaven
    Auteurs : Tim Seeley, Marcus To et Chris Sotomayor
    Éditeur : DC 20 juin 2017
    Pages : 168

    Ce volume contient Nightwing 9-15. Dick Grayson ne sait plus qui il est. Il fut un héros, le compagnon de Batman, un chef de groupe mais aussi un acrobate, un assassin en devenir et un espion. Récemment, il a cru pouvoir faire confiance à un homme qui lui ressemble beaucoup. Mais il a compris trop tard son erreur, ce qui a mis Bruce Wayne en danger de mort. À la suite du conseil du nouveau Superman, Dick Grayson décide de se rendre à Blüdhaven. Cette ville est devenue un lieu touristique mais les criminels sont toujours présents. Sous ces deux identités, il sera confronté à un groupe de vilain-e-s repentis dont les membres sont arrêtés par la police pour des meurtres qui'illes auraient commis. Mais Dick pense qu'illes sont innocent-e-s.

    SPOILERS

    La première partie de ce volume, la plus longue, concerne les relations de Nightwing avec les Repentis. Ce sont des personnages qui ont été arrêtés par Batman et ses allié-e-s lors d'aventures précédentes. Pour s'échapper de l'ambiance de Gotham illes ont choisis de vivre dans une ville qui ne connait pas de héros et de trouver un moyen de se repentir. Ce n'est pas la première fois que la batfamily est confrontée à un groupe qui essaie de leur échapper tout en les critiquant. Mais ces groupes étaient surtout constitués de civils tandis que nous avons ici des costumé-e-s. Je ne sais pas si Tim Seeley va beaucoup les utiliser mais les faire interagir aussi bien avec Nightwing que Dick Grayson pourrait être une bonne idée. Il serait possible d'en faire une réflexion sur les possibilités de changer après une entrée dans le milieu de la criminalité, avec les problèmes que cela implique.

    Le dernier épisode est constitué d'une romance entre Dick et Defacer alias Shawn Tsang. Bien que le numéro soit plutôt bien écrit, il montre des problèmes normaux dans un couple, la romance ne m'a pas convaincue. Je suis assez sceptique sur l'intérêt de créer un couple entre deux personnages qui ne se sont rencontrés qu'il y a peu. Je suis tout aussi sceptique sur l'intérêt de cette romance pour la question posée par le volume, retrouver l'identité de Dick Grayson. Mais je trouve surtout qu'il est trop facile pour Shawn Tsang de comprendre l'identité de Dick Grayson. J'espère qu'au moins elle ne deviendra pas une princesse à sauver, ou pire...

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    **
    *** Un tome qui fonctionne mais sans plus. Je le conseille plutôt aux personnes qui apprécient le personnage.
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    Image : Éditeur

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  • On the run. Fugitive life in an American city par Alice Goffman

    Titre : On the run. Fugitive life in an American city
    Autrice : Alice Goffman
    Éditeur : Chicago university press 2014
    Pages : 288

    Cette recherche a connu une certaine notoriété lors de sa sortie, aussi bien dans le grand public que dans le cadre universitaire. En effet, non seulement son sujet est particulièrement important pour le contexte policier mais son autrice est la fille d'Erving Goffman, un chercheur que tout le monde connait dans le monde des sciences sociales. Ce premier livre, issu d'une thèse et d'une longue recherche sous la forme d'une observation participante, a donc été particulièrement sujet à la critique et à l'observation. Les considérations des personnes qui l'on lut sont clivées passant de l'appel au génie de l'autrice à ses supposés mensonges et crimes commis lors de la recherche. Bien entendu, je ne peux pas vérifier la recherche d'Alice Goffman mais je peux me demander si le livre éclaire la mécanique policière et si son autrice a réussi à garder une posture à la fois éthique et objective.

    Alice Goffman, à l'époque étudiante tentant de terminer ses crédits et d'entrer dans le milieu universitaire, s'est intéressé à ce sujet par étape. Comme elle l'explique dans son appendice méthodologique, elle s'est d'abord intéressée aux magasins de films, puis aux relations entre étudiant-e-s et travailleuses et travailleurs de la cafétéria de l'université pour ensuite s'intégrer comme tutrice dans une famille vivant sur la rue qu'elle va étudier ensuite, lorsqu'elle fait la connaissance de plusieurs jeunes hommes noirs pauvres du quartier ayant de nombreux problèmes avec la justice et la police. Elle va vivre avec ce groupe de jeune, couper ses liens avec ses ami-e-s et louer un appartement proche afin de mieux comprendre le fonctionnement de la société locale.

    Son but est de comprendre de quelle manière l'arsenal policier utilisé pour s'attaquer au crime, selon la doctrine Tough on crime, impacte la vie des résident-e-s de la rue. Alice Goffman montre que ce quartier ni vit que selon le fonctionnement policier chargé de s'attaque au crime. Les jeunes hommes et femmes fuient dès qu'ils le peuvent, apprennent à reconnaitre la police et les moments et lieux qui peuvent attirer l'attention et remplissent leurs calendriers selon le fonctionnement de la justice. En particulier, l'autrice montre à quel point la police impacte les relations entre les personnes. En effet, les proches sont la cible de nombreuses pressions pour donner la location d'un jeune homme recherché. La vie des hommes, elle-même, est constellée d'entrée en prison, de sortie, de probation et de retour devant le tribunal avec un nombre difficile à comprendre d'actions légales dans leur vie. Le statut social dépend de l'intérêt de la justice. On peut être surveillé, informateur ou "propre." Ce dernier statut permet d'acheter et de signer des contrats sans trop de problèmes, tandis que les personnes qui sont recherchées ne peuvent pas avoir de permis, de carte d'identité voire même, selon l'autrice, entrer dans un hôpital en cas de besoin, par peur d'être arrêtés.

    En ce qui concerne l'impact de la police et des arrestations de masse je ne sais pas si Alice Goffman ajoute grand-chose, mais elle permet en tout cas de mieux comprendre ce qui arrive aux personnes même grâce à un examen ethnographique. Cependant, je me pose beaucoup de questions concernant l'éthique de son travail. Ces questions sont en parties exprimées par l'autrice elle-même dans son appendice, dont je conseille la lecture. Alice Goffman, par exemple, se demande si elle aurait pu violer la loi et se faire arrêter pour mieux comprendre la vie de ses sujets d'études, qui avaient conscience de son travail et le corrigeaient parfois en direct. Bien qu'elle ait renoncé pour des raisons méthodologiques cela n'implique pas qu'elle n'ait pas violé des normes légales en cachant des fugitifs ou en aidant à cacher de la drogue.

    On peut aussi se poser des questions sur la publication d'un tel travail. L'autrice explique de quelle manière ces jeunes hommes agissent pour éviter la police et réussir à vivre normalement malgré des problèmes légaux. Ne peut-on pas penser que mettre ces techniques en plein jours risque de créer des dangers pour ces personnes qui lui ont parlé et lui ont expliqué leurs méthodes ? Enfin, il y a la question de l'ethnie de l'autrice, une jeune femme blanche. Est-ce que son statut lui a permis d'être moins sujette au contrôle policier ou a-t-il créé de nouveaux dangers pour les jeunes hommes ? Mais surtout, est-elle légitime pour ce travail ? Ce sont des questions difficiles et d'autres personnes pourraient probablement bien mieux y répondre que moi.

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  • Paper Girls 4 par Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson

    Titre : Paper Girls 4
    Auteurs : Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson
    Éditeur : Urban Comics 17 août 2018
    Pages : 136

    Ce tome 4 contient Paper Girls 16-20. Nos quatre jeunes héroïnes se sont retrouvées piégées dans un lointain passé. Mais ce voyage leur a permis de rencontrer l'inventrice du voyage dans le temps. Il n'en fait pas beaucoup plus pour comprendre que le fonctionnement du temps a été mis à mal, même si cela semble être surtout dans le cas de détails qui sinon ne sont pas dangereux. Mais il est temps de revenir dans le futur, cette fois les jeunes adolescentes se retrouvent le premier janvier de l'an 2000 lors de la première bataille entre les ancêtres et leurs descendants du futur. Comprendra-t-on enfin ce qui est en train de se dérouler ?

    SPOILERS

    Cette fois les héroïnes de Paper Girls commencent enfin à pouvoir véritablement agir sur leurs déplacements. Elles ne sont plus aussi impuissantes et commencent à pouvoir trouver des moyens de comprendre ce qui leur arrive. Erin est la première à comprendre comme utiliser son journal tandis qu'elles décident de prendre le contrôle d'une machine afin de retourner chez elles.

    De plus, ce tome donne enfin des indices plus substantiels sur la raison de la guerre dans laquelle les quatre héroïnes sont plongées sans le vouloir. Les ancêtres sont la première génération à avoir connu le voyage dans le temps et ont décidé de fermer toutes possibilités de changer l'histoire et d'explorer. Certains de leurs descendants ont décidés que toutes les personnes vivantes méritent de vivre dans le meilleur des mondes possibles. Il y a donc une opposition idéologique forte entre le refus d'agir sur le passé et le souhait de le modifier, mais celle-ci n'est pas exprimée puisque les combattant-e-s ne se rencontrent pas. Au vu de la fin de ce tome 4, on pourra peut-être savoir si ce futur qui semble savoir ce qui est mieux pour le passé est vraiment aussi parfait que présenté.

    *
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    ***
    **** Ce tome donne enfin quelques clés pour comprendre le fonctionnement de l’intrigue !
    *****

    Image : Éditeur

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  • Paper Girls 3 par Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson

    Titre : Paper Girls 3
    Auteurs : Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson
    Éditeur : Urban Comics 6 octobre 2017
    Pages : 136

    Ce tome 3 contient Paper Girls 11-15. Un matin, le premier novembre 1988, une petite ville des États-Unis a connu des événements extraordinaires. Quatre jeunes filles tentent de comprendre ce qui arrive. Malgré les dangers elles survivent et se retrouvent en 2016. Leur arrivée dans le futur est une source de surprises pour elles, et la version adulte de l'une d'entre-elles. Ce 2016 connait lui aussi des événements extraordinaires alors que des monstres et un zeppelin apparaissent. Les quatre jeunes filles décident de fuir. Et elles se retrouvent dans un lieu paisible sans savoir quelle est l'époque. Il ne faut que peu de temps avant qu'elles ne soient attaquées par une femme et son bébé.

    SPOILERS

    Je ne sais pas comment fait Vaughan pour écrire des séries qui n'avancent pas leurs intrigues mais qui restent intéressantes. Cela fait déjà trois tomes que nous suivons quatre héroïnes sans comprendre ce qui se déroule et pourquoi le temps semble mis à mal, même si l'on ne sait pas vraiment si le temps est blessé. Tout ce que l'on sait, c'est que l'humanité a inventé le voyage dans le temps et décidé qu'il ne fallait rien modifier, même si des actions de réparations semblent possibles. De plus, il semble qu'une génération plus jeune ne soit pas d'accord et souhaite changer l'histoire.

    Ce troisième tome reste dans la veine des précédents. Les quatre héroïnes subissent les événements et ne sont pas encore véritablement capable d'agir. Mais elles commencent à mieux savoir comme réussir à survivre et à accepter une certaine dose de changement. Ce troisième tome est surtout rempli de thématiques féminine, voire féministe. Les jeunes filles, encore préadolescentes, parlent de règles et de l'accès à une éducation sexuelle. La personne qu'elles rencontrent ne souhaite pas laisser son enfant sous le contrôle d'hommes qu'elle considère incapables. Et l'une d'elles pourraient bien être attirée par l'une de ses amies... Ce ne sont que de petites touches mais qui rendent ce tome intéressant.

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    **** Ça n'avance pas et pourtant j'en redemande !
    *****

    Image : Éditeur

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  • The Raven's Mark 1. Blackwing par Ed McDonald

    Titre : The Raven's Mark 1. Blackwing
    Auteur : Ed McDonald
    Éditeur : Gollancz 27 juillet 2017
    Pages : 384
    TW : Torture

    Galharrows est un homme qui connait la dureté du monde. Il vit dans la plus grande ville garnison de l'alliance, auprès de la Désolation. La Désolation est le nom donné à ce qui reste du territoire pris dans l'un des derniers actes de la dernière grande bataille contre les Rois souterrains. La magie a détruit la réalité et la vie, transformant ce territoire en un lieu particulièrement dangereux. La garnison protège l'arme qui a permis cet acte de destruction au cas où une armée reviendrait. Galharrows a sa place dans cette guerre. Son travail est double. Il est un mercenaire chargé de poursuivre les hérétiques afin de les punir selon la loi. Mais il est aussi un envoyé de Crowfoot, l'un des êtres les plus puissants du monde, au sein d'un ordre restreint chargé de garder le contrôle d'une population prompte à la corruption, dans tous les sens du terme. Il y a longtemps qu'aucune mission ne lui a été envoyé par son maitre. Mais ce dernier se manifeste soudainement et lui ordonne de protéger une noble à tous prix.

    SPOILERS

    Pendant longtemps, la fantasy n'hésitait pas à nous faire suivre les aventures d'un bel homme destiné à de grandes choses et suivi par des êtres puissants, fondamentalement bons et discrets. Face à ce grand homme se dressait le mal à l'état pur qu'il était nécessaire de détruire afin de lancer un âge d'or. Cette période est, heureusement, terminée. Ce roman fait partie des livres qui sont sombres non pas à cause d'une violence mais parce que l'univers est fondamentalement pessimiste. L'intrigue débute 80 ans après un cataclysme qui a permis une victoire mais pas la fin de la guerre. Le monde est un champ de bataille pour des êtres puissants mais il est parfois difficile de les différencier. Même si les Rois des profondeurs sont déclarés comme mauvais les Sans noms ne sont pas forcément bons pour autant. Illes n'hésitent pas à manipuler les événements au prix de nombreuses vies si cela permet une victoire et le narrateur du livre se demande de temps en temps qu'elle est la différence entre les esclaves marqués des Rois des profondeurs et lui, marqué par Crowfoot. L'univers de The Raven's Mark est gris et les humain-e-s ne sont que des pions dans une lutte bien plus importante.

    Les personnages sont de la même veine. Il y a deux personnages principaux et moins d'une dizaine de personnes secondaires ayant une véritable importance. Galharrows possède un passé dans l'armée régulière, qui ne nous sera dévoilé que tardivement, mais il se décrit et se présente comme un mercenaire vétéran qui ne s'intéresse qu'à l'argent et à l'alcool. Il est décrit comme laid, vieux et lâche. Lâche non pas dans le sens de fuir et de trahir mais parce qu'il ne combat que payé et s'il est certain de gagner. Il n'y a donc pas cet honneur dont toute une littérature nous abreuve. Galharrows est logique et souhaite survivre même si sa vie est misérable. Il est secondé par une troupe de la même trempe dans le principal talent est le meurtre. L'élite dirigeante est décrite comme corrompue et incapable. Seule deux personnes sont vues favorablement, l'une ment et l'autre est une traitresse. Enfin, nous avons la noble Ezanda. Loin d'être une princesse, elle est une mage capable d'utiliser une puissance redoutable. Elle est aussi décrite comme intelligente mais entrant dans la folie que la magie semble toujours créer chez les personnes qui la manipule. Les personnages parfaits au destin déjà écrit n'existent pas dans ce roman. Ce ne sont que de simples humain-e-s qui essaient de survivre dans un contexte de guerre.

    *
    **
    *** Bien que la lecture ait été intéressant je ne crois pas que le lirais la suite de cette saga. D'ailleurs, ce roman se suffit a lui-même.
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • BlacKkKlansman

    TW : Racisme, antisémitisme, négationnisme, images d'attentats racistes entre 2016 et 2017

    Ron Stallworth vit dans une petite ville du Colorado. La police y est fréquemment accusée d'actes racistes mais les autorités politiques souhaitent changer l'image de ses forces de police. À la suite d’une campagne en faveurs des minorités Ron Stallworth y est inclus au service des archives. Après plusieurs semaines, on lui demande d'infiltrer une réunion du syndicat des étudiant-e-s noir-e-s. Cette mission lui permet d'être intégré à une unité d'enquête. Il décide de débuter une enquête sur le KKK local en contactant son chef local. C'est un succès. Avec l'aide d'un collègue il découvre des informations inquiétantes sur les activités et les membres du Clan, pourtant présenté comme de plus en plus pacifique.

    SPOILERS

    Ce film est résolument anti-raciste. Que ce soit le racisme contre les personnes de couleurs (pour inclure plus que les personnes noires) ou contre les juifs. La réalisation ne nous épargne pas les propos les plus extrêmes de personnes parfaitement ordinaires. Que ce soit david duke ou le chef du KKK du Colorado, ce sont deux hommes bien habillés qui parlent calmement. Sans appeler au meurtre, ils ne cachent pas leur racisme et leur envie de reconquête. Le film s'intéresse, évidemment, aux actions de la police. Ron Stallworth y est décrit comme le premier policier noir de sa ville et sa première mission est d'infiltrer un groupe d’activiste en faveurs du Black Power. Malheureusement, la réalisation ne s'intéresse pas beaucoup à ce groupe ni aux Black Panthers et encore moins aux activités antisubversives des polices, à l'aide du programme cointelpro. Bien que l'un des policiers soit décrit comme un raciste, le film ne s'intéresse pas à la manière dont les activités policières discriminantes sont permises par le système. Au contraire, la réalisation n'hésite pas à héroïser la police, les racistes devenant des exceptions. Je pense que le film manque ici un thème important qui touche non seulement les États-Unis mais aussi d'autres états occidentaux, dont la Suisse.

    Il est très difficile de ne pas voir que ce film est tout aussi contre le racisme qu'il est contre trump. Les différentes scènes sont constellées de références plus ou moins subtiles. Plusieurs personnages du KKK utilise des slogans mis en avant par trump, que ce soit le "make america great again" ou "america first." La réalisation cache encore moins sa posture politique à la fin du film lorsqu'elle diffuse des images d'attentats terroristes racistes avec la réaction de trump, plus que complaisante. Le plus intéressant est que ce film explicite les tactiques pour faire accepter le racisme. Ainsi, l'un des personnages mentionne les recherches "scientifiques" qui prouvent l'infériorité intellectuelle de certaines populations, des recherches largement discréditées et pourtant encore défendues par des chercheurs. La réalisation montre aussi que si david duke et d'autres essaient de se présenter comme propre sur eux c'est pour mieux faire accepter leurs propos dans la population et dans le milieu politique, avec comme but qu'un politicien puisse défendre leurs idées au plus haut niveau de l'état. On observe cette même tactique en Europe par exemple en ce qui concerne les migrations. Les personnes qui migrent, pour recevoir l'asile, ne sont plus qualifiées comme des personnes en besoin d'aides mais des dangers qui impliquent des mesures d'enfermement et d'expulsion même au prix de leur mort. Tandis que les personnes qui les aides ne sont plus des humanitaires mais des criminels qu'il faut arrêter.

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    **** Un bon film mais qui lisse le rôle de la police et de son héros. J'aimerais aussi savoir quels sont les événements écrits par la réalisation et quelle est la réalité.
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    Image : IMDB

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    blackkklansman