13/05/2017

Letter 44 4. Le temps des sauveurs par Charles Soule, Alberto Jiménez Alburquerque et Dan Jackson

Titre : Letter 44 4. Le temps des sauveurs
Auteurs : Charles Soule, Alberto Jiménez Alburquerque et Dan Jackson
Éditeur : Glénat 26 octobre 2016
Pages : 160

Ce tome contient les numéros 22-27. Le président des États-Unis, Stephen Blades, a révélé l'existence des aliens et de leur construction. Par la même occasion, il a révélé le nouvel arsenal technologique du pays. Malheureusement, le monde n'a pas réagi comme prévu. Une partie des anciens alliés du pays s'est retourné contre les États-Unis dans le cadre d'une alliance spécifiquement prévue pour détruire l'arrogance guerrière des États-Unis. Sa technologie volée, son arsenal détruit Stephen Blades n'avait pas d'autres choix que de demander l'armistice. Mais il y a pire, un astéroïde allait s'écraser et détruire le monde. Sauf que, au dernier moment, l'astéroïde change de course et s'arrête juste devant la Maison Blanche. Il en sort l'un des membres de la mission chargée d'espionner les aliens. Et cet homme explique au président que seuls 666 personnes vont être sauvées.

Depuis le début de la série les auteurs nous placent face à une énigme. Le président Blades apprend en même temps que nous l'existence des aliens. L'équipage du Clarke arrive près de la structure alors que nous commençons à lire. Tout est fait pour que les révélations fonctionnent à la fois pour les personnages et pour les personnes qui lisent. Ce tome permet de répondre à quelques questions. Bien que l'on ne sache presque rien sur les aliens on sait enfin pour quelle raison ils sont venus dans le système solaire. Letter 44 est aussi un comics de nature politique. Le président ne doit pas seulement gérer une menace lointaine mais aussi les guerres et les problèmes économiques mis en place par son prédécesseur. Mais, depuis le dernier tome, cet aspect est éclipsé par la connaissance de la présence des aliens. Dans le tome 3, seule la guerre mondiale comptait. Dans ce tome, toutes les décisions dépendent de la mort prochaine de l'humanité. De ce point de vue, je trouve la réaction de Stephen Blades intéressante. Il ne dit rien au monde mais il décide de tout faire pour rendre la vie de l'humanité meilleur pour le peu de temps qui reste. On sent qu'il ne reste que peu de numéros avant la fin qui pourrait résoudre une bonne partie des questions.

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**** Une idée toujours aussi intéressante, des auteurs qui réussissent à adapter leur histoire selon ce qui est nécessaire. Je suis curieux de lire la suite.
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Image : Éditeur

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07/05/2017

Guardians of the galaxy volume II / Les gardiens de la galaxie volume II

Nous avons enfin la suite des Gardiens de la galaxie. Enfin, des questions fondamentales comme le nom du père de Peter ou la vie de Groot dans l'équipage reçoivent une réponse. Les gardiens, depuis les évènements du premier film, sont maintenant connu largement dans toutes la galaxie comme une petite bande que l'on peut payer pour résoudre des problèmes. Illes voyagent sur plusieurs planètes selon les contrats signés ou les problèmes en cours. Mais leur dernier contrat ne tourne pas exactement comme prévu et le groupe se retrouve coursé par une armée entière. Cependant, le père de Peter les sauve. Ce dernier souhaite inviter Peter sur sa planète et lui explique le mystère de ses origines. Mais la fête pourrait bien tourner cours alors que plusieurs armées se rendent sur la même planète afin de tuer les gardiens.

Les films Marvel sont des films Marvel. Ils suivent un but, divertir, et une recette simple et efficace. Il est donc difficile de voir des nouveautés puisque tout est fait pour fonctionner sans prendre de vrais risques. Donc, le premier film marchait sur quelque chose de simple. Un groupe de personnes plus ou moins marginales, voir criminelles, qui décident de travailler ensemble pour vaincre un gros méchant qui est méchant parce que... on ne sait pas il l'est donc il faut le vaincre. Le second film reprend cet humour de base qui fonctionne assez bien. Les personnages se lancent des pics toutes les deux minutes et ça fonctionne assez bien. Cependant, il y a tout de même, parfois, un humour assez limite qui provient, là aussi, du premier film. Le thème du film est aussi assez basique : la famille. Plus exactement, qu'est-ce que la famille et que faire pour en faire partie ? Il y a, d'un côté, la famille que l'on choisit et, de l'autre, celle du sang. Ce thème est au centre des décisions du grand méchant dont je vous laisse découvrir la forme et les raisons par vous-même.

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*** ça fait le job
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Image : Site officiel

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Usages de la violence en politique par Carole Villiger

Titre : Usages de la violence en politique
Autrice : Carole Villiger
Éditeur : Antipodes 2017
Pages : 296

Après la deuxième guerre mondiale et les années 68 l'Europe a connu les années de plomb. L’Italie et l'Allemagne ont été le terrain de plusieurs attentats de la gauche radicale. Dans le même temps, la nouvelle droite se constituait. Enfin, plusieurs conflits se mettaient en place au niveau international. En Suisse même, les luttes entre les séparatistes du Jura et les antis séparatistes donnaient lieu à plusieurs attentats. Cependant, dans l'idée communément admise, la Suisse est vue comme un pays neutre qui n'a pas connu de grande violence. Il ne se serait pratiquement rien passé alors que le système politique Suisse a permis d'accepter des militant-e-s et des sujets dans l’arène parlementaire. Le pays serait immunisé contre l'usage de la violence en politique. Ce livre examine l'histoire de la Suisse afin de mettre en avant les moments de violence mais aussi les réponses politiques et policières.

Pour cela, l'autrice examine cinq thèmes en autant de chapitres dont deux prennent en compte les liens internationaux. Le premier chapitre examine l'histoire du Jura et la lutte en faveurs de l'indépendance. L'autrice démontre que les milieux indépendantistes et leurs adversaires se sont heurtés surtout après que les tentatives politiques aient échoués. Les indépendantistes ont eu l'impression que seule la violence permettait de défendre leurs idées tandis que leurs adversaires étaient, secrètement, soutenus par la police et le gouvernement bernois. Ce n'est qu'après que le Jura ne soit né que les actions violentes se firent moins importantes bien que la question jurassienne soit encore tendue de temps en temps.

Les deuxième et troisième chapitres se concentrent sur les gauches et les droites radicales. En ce qui concerne les gauches radicales, l'autrice s'intéresse à certains hauts lieux de militantisme comme Zurich. Elle montre que la gauche radicale est vue comme dangereuse car elle met en question le fonctionnement même de l'État. De plus, on ne peut pas passer outre le contexte de la Guerre froide qui permet de dépeindre les milieux radicaux comme téléguidés par l'ennemi extérieur communiste. Ainsi, la répression est très forte même contre des personnes et actions peu voire non violentes (comme, par exemple, le refus de prêcher pour éviter une enquête pour apologie du refus de servir dans l'armée ce qui fut classifié sous terrorisme). Cependant, il faut noter que le militantisme de gauche ne pose pas de problèmes quand les thèmes choisis sont très spécifiques et vu favorablement par la population. Le cas de la lutte contre le nucléaire est ici intéressant. En ce qui concerne la droite radicale l'autrice explique avoir eu plus de mal à parler à des militant-e-s. Le chapitre est, d'ailleurs, bien plus court. Mais elle met en avant les liens internationaux des milieux de droite radicale suisse. Elle explique aussi de quelle manière les anciens défendent des milieux bien plus violentes comme les skinheads. La répression, selon l'autrice, est bien moins importante car le militantisme n'est, ici, pas vu comme dangereux pour l'État. Mais la pression de l'opinion publique a permis de mieux prendre en compte leur violence. De plus, il y a peu d'usages d'armes à feu ou d'explosifs.

Enfin, les deux derniers chapitres prennent en compte les réseaux internationaux. Pour le quatrième, l'autrice s'intéresse à des mouvements qui ne sont pas soutenus par les pays d'origine des militant-e-s. Elle montre que les autorités suisses s'intéressent fortement aux liens entre l'extérieur et l'intérieur, en particulier en ce qui concerne la gauche. Les enquêtes sont importantes et permettent de décrire des groupes comme armés et dangereux avec une capacité stratégique importante alors que, parfois, ce ne sont que des groupes isolés ou du militantisme en soutien à des prisonniers qualifiés de politiques. La justice est implacable même pour des cas anciens. En ce qui concerne la droite, la justice est bien moins prompte. Le danger est vu comme beaucoup moins important. Cependant, dans les deux cas, les militant-e-s sont décrit-e-s comme liés ou pilotés par l'extérieur ou venu de l'extérieur. Dans le dernier chapitre, l'autrice s'intéresse à du militantisme soutenu par des pays. Elle s'intéresse à plusieurs attentats ayant eu lieu après des arrestations. En particulier, elle s'intéresse aux liens avec les luttes liées à la guerre d’Algérie. En effet, la Suisse fut un espace de gestion d'argent mais aussi d'assassinats politiques perpétrés, probablement, par les services secrets français. Mais le pays a été capable de garder le contrôle. En ce qui concerne les luttes en faveurs de la Palestine ou de arméniens, la Suisse s'est retrouvée dans l'incapacité de prendre en compte la perspective diplomatique dans des enquêtes pour terrorisme. La conséquence fut un certain nombre d'attentats incompris par la population et les autorités.

Pour terminer, ce livre examine une époque durant laquelle de nombreux milieux de militantismes se sont créés ou ont mutés. Que ce soit à droite ou à gauche de nombreux groupes sont apparus pour défendre des causes parfois très spécifiques. Face à cela, les autorités ont agi bien plus fortement sur la gauche vue comme un danger militaire et pour le fonctionnement de l’État. Ainsi, les enquêtes de police sur les milieux de gauche sont presque toujours classifiées comme terrorisme. L'autrice montre aussi de quelle manière il est possible de répondre à de la violence politique et les raisons de leur usage. Enfin, ce livre permet de casser une image pacifiée du pays qui serait une exception à l'intérieur de l'Europe.

Image : Éditeur

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30/04/2017

Wintersmith (Discworld 35, Tiffany Aching 3) par Terry Pratchett

Titre : Wintersmith (Discworld 35, Tiffany Aching 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 2010
Pages : 373

Tiffany Aching a 13 ans. Elle est une sorcière de plus en plus talentueuse. Mais elle n'est pas encore prête à rentrer chez elle. Elle continue son entrainement mais chez une autre sorcière. Cette dernière est l'une des plus étrange de la sororité. À tel point que la plupart des jeunes sorcières ne restent chez elle que quelques jours au plus. Mais Tiffany est restée 3 mois et elle compte bien ne pas se laisser faire. Car sa nouvelle professeuse, Miss Treason, est aveugle et sourde. Étant une sorcière, elle emprunte les yeux et les oreilles d'autres animaux à proximité dont, de temps en temps, les yeux et les oreilles de Tiffany. Miss Treason est aussi crainte. Des histoires atroces circulent à son sujet. Mais Tiffany ne se laisse pas avoir et essaie de comprendre d'où proviennent ces histoires. De plus, Tiffany décide de danser lors d'un évènement très particulier. Depuis, l'esprit de l'hiver est tombé amoureux d'elle et essaie de la charmer. Ce pourrait être mignon si ses efforts n'étaient pas un désastre pour tout le monde et s'il n'était pas bien plus âgé qu'elle.

Je l'ai déjà dit et répété, et d'autres aussi, l'un des thèmes majeurs de Pratchett est l'importance des histoires. Plusieurs livres utilisent ce thème de manière sous-jacente alors que d'autres s'y attaquent centralement. Plusieurs personnages en ont conscience et s'en sortent bien mieux car illes savent comment l'histoire est censée continuer. Par exemple, Rincewind sait qu'il sera toujours impliqué dans des évènements dangereux dont il se retrouvera le centre d'attraction. Mais il me semble que le cycle de Tiffany Aching met ce thème au centre entier des livres qui le forme.

Ce thème est présent dans plusieurs intrigues du livre. Pour la plus importance, celle du Wintersmith, on observe Tiffany passer de témoin d'une histoire à part intégrale de celle-ci. Depuis, elle doit trouver un moyen de s'en sortir dans le cadre d'une intrigue déjà ancienne : une divinité amoureuse d'une mortelle. Cette histoire ne peut se conclure que de certaines manières. Il est révélateur, à mon avis, que plusieurs personnages sont mentionnés ou montrés en train d'observer Tiffany sans toujours agir sur l'histoire. Le thème est aussi présent dans l'intrigue secondaire de Miss Treason. Celle-ci est décrite comme une sorcière qui crée des histoires et qui les utilisent pour gagner en pouvoir sur les personnes dont elle a la charge. Après son départ, c'est la sorcière qui la suit qui doit apprendre l'importance des histoires. Plus généralement, le livre semble nous dire qu'être humain-e implique de raconter des histoires à soi-même et aux autres. C'est ainsi que l'on sait qui on est mais aussi que l'on sait comment se comporter dans des situations précises. Et une bonne histoire va rapidement se répandre dans le monde entier.

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***** Bien que Pratchett continue à traiter du même thème il le fait toujours aussi bien.

Image : Site officiel

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The birth of a nation

Il y a un certain nombre de films historiques cette semaine. J'ai déjà parlé de deux d'entre eux que j'ai vu au cinéma. Hier soir, je suis allé voir The birth of a nation. Nat Turner est un esclave. Il travaille dans les champs de coton. Il doit obéissance envers son maitre. Il lui est interdit de quitter la propriété sans un laisser-passer de son maitre. Sa vie ne lui appartient pas. Elle appartient à un autre homme qui se l'est appropriée depuis l'enfance. Mais Nat Turner est aussi un esclave lettré. Il sait lire et écrire. Il a appris de lui-même puis une femme de la famille de son maitre a décidé de lui apprendre à mieux lire. Seul un livre fut utilisé : la bible. Nat Turner est un esclave lettré et croyant. Le dimanche, il prêche devant les siens et leur explique que dieu a créé un ordre naturel. C'est une atteinte contre dieu de lutter contre. Lorsque ses prêches commencent à être connu il est loué par d'autres maitres pour parler à d'autres esclaves et éviter une révolte. Mais Nat Turner est témoin d'atrocité et décide de lire d'autres passages. Des passages plus violents et défavorables envers les blancs.

L'intérêt de ce film est de bien montrer ce qu'était la vie des esclaves au XIXe siècle. Une lutte pour la survie face à des personnes qui avaient énormément de pouvoir. Mais aussi un grand nombre de personnes face à un petit nombre de blancs. Les blancs, mâles, qui possèdent des esclaves ont donc une certaine importance dans ce film car leur comportement a un impact fort sur la population de couleur, mise en esclavage. Ainsi, une bonne partie du film présente ces "humains" dont le comportement est plus ou moins atroce (je garde en tête un moment horrible que je préfère ne pas décrire, horrible pas seulement à cause de la douleur que j'imaginais mais surtout à cause de l'aspect très détaché du blanc qui agissait). Le plus important est Samuel Turner. Pendant la première partie du film, il est décrit comme quelqu'un de pas mauvais. C'est un frère et un fils aimant qui écoute ses esclaves et leur donne plusieurs libertés quand celles-ci sont demandées. Mais sa caractéristique principale est la lâcheté. Il n'est pas meilleur que d'autres il est seulement un lâche. Il ferme les yeux devant les atrocités qu'il aide à couvrir. Son histoire est celle d'un homme qui trahit la confiance de quelqu'un d'autre durant une scène très particulière (que l'on peut déplorer, les hommes sont montrés comme se vengeant à partir du moment ou des femmes se font violer). Il y a donc un voyage du "bon maitre" à l'ennemi.

Mais ce qui me semble le plus important dans ce film est la culture et les ancêtres. Dès les premières images, Nat Turner est inscrit dans un contexte culturel précis. Il fait partie d'une histoire dont il est la continuation. À plusieurs reprises, sa grand-mère lui parle de son mari qui était un guerrier en Afrique. Nat Turner, dans ce film, est inscrit dans l'histoire de sa famille et de son peuple. Culture et histoire sont héritées de personnes à personnes. Ainsi, l'une des scènes montre un jeune garçon observer Nat Turner pour, ensuite, retrouver ce même garçon en pleine guerre de sécession. Les différents combats font partie du même mouvement de révolte et de guerre contre l'inhumain. Tout aussi important, le film parle de l'histoire des États-Unis. Celle-ci est décrite comme fondée sur le sang et l'esclavage. Pour cela, le réalisateur utilise des images très symboliques, le coton ou le maïs qui baignent dans le sang mais aussi l'exécution de Nat Tuner sur fond de drapeaux des États-Unis. Le réalisateur veut nous marteler que l'histoire des États-Unis, en particulier, ne peut pas se comprendre sans prendre en compte le sang versé en son nom.

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**** Un film dont le rythme est maitrisé mais qui peut être difficile à regarder.
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Image : Allociné

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09:23 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the birth of a nation | | | |  Facebook

29/04/2017

Lazarus 5. Génocide programmé par Greg Rucka et Michael Lark

Titre : Lazarus 5. Génocide programmé
Auteurs : Greg Rucka et Michael Lark
Éditeur : Glénat comics 19 avril 2017
Pages : 144

Ce tome contient Lazarus 22-26. Dans le tome précèdent les familles du monde étaient en guerre. Les Carlyle mènent une alliance entre plusieurs familles pour s'attaquer aux Hock. Mais la famille Carlyle est en train de perdre. Car celle-ci a perdu son plus grand atout : le père de la famille. Il avait un plan mais il est mourant. Et ses enfants, filles comme garçons, ne sont pas certain-e-s de pouvoir le suivre ni de gagner la guerre. Heureusement, la famille a un autre atout : son Lazare du nom de Forever. Elle est le fruit d'une histoire secrète. Mais cette histoire est maintenant connue. Forever sait qui elle est. Pire encore, les autres familles savent qui elle est. Les Carlyle seront-illes capable de retrouver la loyauté de leur Lazare ? quel sera l'effet de ces révélations ? Le monde pourra-t-il survivre une nouvelle vague de destruction ?

Depuis le premier tome j'apprécie cette série. Elle nous envoie dans un monde proche sans trop en dire. Bien que la technologie soit plus avancée que la nôtre elle reste proche. On ne nous dit rien sur les événements qui ont mené le monde à être gouverné par moins d'une vingtaine de familles mais on sait que cela dure depuis moins d'un siècle. On sait aussi que des guerres et des épidémies ont précipité ce que l'on voit dans cette série. De plus, les auteurs ont eu la bonne idée d'avancer lentement. Les premiers tomes s'intéressent d'abord aux Carlyle puis aux relations économiques proches. Ensuite, on apprend comment fonctionnent les relations politiques. Et, enfin, on observe la guerre. Derrière ce premier drame, la mise en place d'un plan qui débouche sur une guerre qui détruit bon nombre de familles, il y a le drame de Forever. Celui-ci est bien plus intime. Forever pense être de la famille mais elle apprend n'être qu'une expérience soumise à un contrôle strict. Alors elle se demande, faut-il rester loyale envers la famille ? Dans ce contexte, le personnage de Johanna est très intéressant. On pense d'abord qu'elle ne veut que manipuler tout le monde pour son propre bien. Mais je me demande, après ce tome, si ses souhaits ne sont pas différents ?

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***** Encore un très bon tome !

Image : Éditeur

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Denial / Le procés du siècle

Au début des années 90, l'historienne Deborah Lipstadt écrit un livre. Ce dernier est édité dans plusieurs pays. La professeure doit donner des conférences et répondre à la presse. Ce livre parle du négationnisme et des raisons qui se cachent derrière. En particulier, elle s'attaque à david irving. Celui-ci est un historien militaire britannique dont la réputation a fortement souffert de sa croyance au négationnisme. david irving décide donc d'attaquer Deboarah Lipstadt en justice devant les cours anglaises. Ceci lui permet d'obliger à cette dernière de devoir prouver que ce qu'elle dit est vrai. L'historienne se trouve donc dans la position peu confortable de devoir prouver l'existence du génocide mis en place par les nazis et de devoir prouver que david irving a menti pour défendre un point de vue raciste et antisémite. Le procès est, bien entendu, fortement suivi par la presse.

Je suis un peu emprunté pour présenter ce film. Le synopsis est simple. Est-il vraiment nécessaire de le développer ? Un négationniste attaque en justice une historienne juive. Le film suit, selon plusieurs articles que j'ai lus, très fidèlement les événements devant la cour et l'on peut lire ceux-ci puisque les procès-verbaux sont disponibles sur internet. Est-il vraiment nécessaire de mettre en scène ce procès qui a déjà donner trop de place à un négationniste ? Peut-il vraiment ajouter quelque chose alors que des journalistes ont écrit sur le sujet et que des universitaires, dont Deborah Lipstadt, ont publié des livres sur ce procès ? Personnellement, je pense qu'il est possible de faire un film intéressant sur un sujet connu. Car un film n'est pas un livre. Un film permet de mettre en avant des regards, des postures qu'un livre ne peut pas aussi bien montrer. Selon moi, les deux peuvent fonctionner ensemble et même être complémentaires. Mais je suis aussi ennuyé par mes propres méconnaissances. La Shoah est un sujet difficile qui demande d'user de mots et de concepts précis. C'est aussi le cas du négationnisme qui se porte sur des points extrêmement précis pour justifier l'idée que le génocide n'a jamais eu lieu. Je vais donc plutôt me porter sur la mise en scène.

La réalisation réussit à mettre en place plusieurs personnages, dont la très grande majorité est masculine, face à un seul homme. Il nous est expliqué que c'est voulu. Face à un irving arrogant au petit sourire sympathique ils placent des professionnel-le-s qui décortiquent toutes les preuves et tout le travail d'irving. Ce dernier est montré comme un manipulateur qui use de stratagèmes théâtraux pour imposer son point de vue. Sa première arrivée dans le film est, d'ailleurs, particulièrement intéressante. Avant de proposer de l'argent aux personnes capables de lui donner une preuve il utilise deux arguments d'autorités coup sur coup sans jamais parler du fond. C'est aussi le cas lors du procès puisqu'il utilise ses connaissances pour écraser ses adversaires. Cette caractéristique, cette fierté de ses capacités, est d'ailleurs utilisée comme un piège par l'équipe de Deborah. Il est bien montré que le but de cette dernière est de se porter sur le travail d'irving. La question principale qui leur est posée est celle de la preuve. Comment les historien-ne-s prouvent ce qu'illes savent ? Quelles sont les sources ? Sont-elles de nature différente ? Sont-elles bien traduites ? Qu'elle est la place des survivant-e-s? Peut-on, devrait-on, leur donner une voix dans ce procès ? Existe-t-il un contexte qui doit être connu pour les comprendre ? C'est dans ce cadre que plusieurs personnages masculins font du mansplaining envers Deborah Lipstadt en lui expliquant ce qu'elle sait parfaitement, elle a écrit un livre à ce sujet... Au final, c'est un film réussi qui traite d'un sujet difficile. Il aurait été facile d'échouer et je serais très curieux de lire le point de vue de Deborah Lipstadt elle-même ainsi que d'expert-e-s.

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***** Sobre, précis, intéressant. Une réussite.

Image : Site officiel

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11:07 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : denial, le procés du siècle | | | |  Facebook

28/04/2017

Django

Cette semaines deux films portant sur la deuxième guerre mondiale sont sortis dans les salles obscures. Le premier, le procès du siècle, parle du négationnisme et je vais le voir prochainement. Le deuxième est un biopic qui parle de Django Reinhardt. Ce dernier est un musicien célèbre de Paris. Il remplit les salles aussi aisément qu'un rockeur quelques années plus tard. Il est aussi un très bon compositeur. Le problème, c'est qu'il crée une musique dans le style du swing en pleine France occupée et en plein milieu de la guerre. Bien que la ville de Paris soit loin des fronts cela ne l'empêche pas de subir des alertes. De plus, des rumeurs lui parviennent. De vieilles familles auraient disparu, seraient assassinées, des camps seraient dressés. Bien qu'il pense être en sécurité ne serait-il pas plus prudent de fuir ? Surtout que les allemands commencent à s'intéresser à lui et veulent le produire en Allemagne même, voir à Berlin.

Je ne sais pas trop quoi dire de ce film. Premièrement parce que ma culture musicale est proche du néant. Je ne connaissais pas ce Django Reinhardt ni sa renommée de musicien. Bien que je connaisse l'ambiance du Paris entre les deux guerres, et donc que j'ai entendu parler du swing, je ne connais presque rien sur le vocabulaire musical. Et, bien entendu, la musique à une grande importance dans ce biopic. Elle est présente du début à la fin. Le film s'ouvre et se termine sur un concert. La musique est, selon plusieurs personnages, la seule chose qui protège Django des allemands. Mais c'est un bouclier bien mince qui dépend d'autres personnes qui pourraient ne plus être en faveurs.

Ce que ce film montre c'est aussi l'effort de survie des parisien-ne-s face aux occupants. Tout le monde ne peut pas résister et, parfois, on essaie seulement de nourrir sa famille. C'est tout ce que souhaite Django et il en faut beaucoup pour le convaincre de fuir. Bien que la réalisation soit classique, voire un peu molle, on nous offre de très belles scènes avec des contextes glaçant. La scène durant laquelle Django est convoqué par la police pourrait ne pas être essentielle à l'histoire. Mais elle est nécessaire au contexte. Un homme est examiné par des médecins qui essaient de prouver qu'il est le fruit d'une dégénérescence raciale. Pour cela, toutes les mesures sont bonnes et Django devient une suite de chiffres permettant de le cataloguer. Personnellement, je trouve que la meilleure scène est la dernière. Elle est très poignante et n'a besoin de presque aucune explication. La première est tout aussi bonne mais bien plus glaçante et montre immédiatement que les Tsiganes, pour reprendre le terme du film, sont en dangers et sont exterminés. On oublie souvent que le racisme contre les populations Tsiganes est une réalité et a débouché sur des meurtres et des enlèvements (la Suisse est championne des enlèvements d'enfants Tsigane, je vous renvoie au livre de Regula Ludi et Thomas Huonker Roms, Sintis et Yéniches – La 'politique tsigane' suisse à l'époque du national-socialisme).

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**** Un premier film qui n'est pas mauvais mais trop classique dans sa réalisation, trop prudent dans son propos.
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Image : Allociné

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08:24 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : django | | | |  Facebook

27/04/2017

Injustice gods among us: year five volume 1 par Brian Buccellato, Mike S. Miller, Bruno Redondo et Tom Derenick

Titre : Injustice gods among us: year five volume 1
Auteurs : Buccellato, Mike S. Miller, Bruno Redondo et Tom Derenick
Éditeur : DC 22 février 2017
Pages : 176

Ce tome contient Injustice gods among us: year 5 1-7. La quatrième année était désastreuse du point de vue de l'écriture. Les événements n'avançaient pas, les personnages n'était pas intéressants et les dieux ne servaient à rien sans oublier le gâchis qu'est Wonder Woman. J'avais donc des craintes pour cette années 5. Superman est maintenant l'autorité incontestée sur Terre. Il a vaincu tout le monde et toutes les forces les plus puissantes de l'univers. À la fin de la quatrième année, il a forcé les personnes élues à abandonner leur pouvoir en sa faveurs. Le régime est définitivement en place. Mais, la prison du régime a été brisée. Les prisonniers de droit commun et les prisonniers politiques se sont enfuis. C'est à la fois un danger et une opportunité. Un danger car il faut éviter que le régime échoue dans sa volonté de sécurité absolue. Une opportunité car certaines personnes pourraient être recrutées par le régime. Batman pense exactement la même chose et décide de s'allier à des criminels dont le code interdit de tuer. Et la résistance a bien besoin de quelques troupes.

Depuis que Buccellato a pris les rênes de la série Injustice celle-ci a perdu en qualité. La fin de la troisième année était laborieuse et la quatrième un désastre. Ce début de la cinquième année, la dernière, redonne un peu d'espoir. Il semble que Buccellato sait un peu mieux ce qu'il souhaite faire. Il crée plus de situations et de questions sur le régime de Superman. Cependant, le plus gros problème n'est toujours pas résolu : il semble que personne ne sache comment terminer l'intrigue et faire le lien avec le jeu vidéo. De plus, les personnages sont toujours aussi difficilement caractérisés. Il semble que les auteurs aient du mal à penser que les héro-ïne-s que l'on connait sont devenus des vilain-e-s. Leur identité n'est pas modifiée en conséquence. Wonder Woman continue de chercher la paix, Cyborg ne pose aucune question, Hal Jordan agit toujours en Green Lantern et Flash attend toujours que Superman se sente mieux. Personne ne semble avoir pris conscience de ce qu'illes sont devenu-e-s. Pire encore, les auteurs manquent une fantastique opportunité d'ajouter un peu de réflexion. Superman souhaite créer un monde complètement sûr. Mais que faire de la liberté ? De la démocratie ? Des résistances ? Ainsi, les parents de Superman disparaissent et le passage de pouvoir se fait en dehors de l'intrigue sans jamais tenter de l'expliquer ou de le rendre réaliste. Bref, il y a de trop nombreuses idées qui auraient pu rendre la série bien plus intéressante.

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**** Un petit mieux, mais pas de beaucoup.
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Image : Éditeur

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24/04/2017

Marvel's Jessica Jones

Jessica Jones est une jeune femme. Elle vit à New York dans un immeuble de bas standing mais pas trop mauvais. Bien qu'elle n'ait jamais réussi à tenir un travail elle est une bonne détective privée. Son boulot ne lui plait pas vraiment et elle en ressort une vision assez pessimiste de la nature humaine. Mais, les rares fois où cela est possible, elle apprécie aider les personnes innocentes. Car Jessica Jones n'est pas une simple humaine. Elle a pensé, pendant un court moment, à devenir une super héroïne. Jessica Jones possède des pouvoirs et elle n'hésite pas à en user pour réussir son métier. Mais elle ne fait pas de publicité non plus. Elle se contente de vivre et personne ne fait réellement attention à elle ni à ses capacités. C'est une période qui n'est pas vraiment bonne mais elle n'est pas mauvaise non plus. Jessica Jones survit. Tout change lorsque des parents décident de l'engager pour retrouver leur fille : Hope. Celle-ci a été kidnappée par une figure du passé proche de Jessica Jones. Et Jessica ne peut plus l'ignorer ni fuir : elle doit attaquer.

Jessica Jones est la seconde série Netflix se déroulant dans l'univers Marvel. La première est Daredevil, très appréciée, la troisième est Luke Cage que j'ai bien aimé et la dernière Iron Fist (je préfère ne pas en parler). Actuellement, ces séries ne sont pas encore fortement reliées entre elles mis à part par quelques personnages et, surtout, les lieux. Les séries Marvel de Netflix, selon moi, ont l'intérêt de posséder une identité visuelle et thématique forte. Daredevil parle de la justice non comme pratique mais comme concept désincarné et son générique est constitué de symbole placé en dehors de leur contexte. Luke Cage parle de communauté et, justement, son générique inscrit l'espace dans lequel joue la série sur le corps même du personnage principal. Jessica Jones est une série qui parle de survie en s'inspirant directement, et fortement, du comics de Brian M. Bendis. Son générique, justement, montre Jessica observant le monde sans en faire partie et se termine sur son nom brisé.

Car Jessica a vécu des événements qui l'ont traumatisée. Dès le début, on nous explique qu'elle est en état e stress post-traumatique qui a nécessité l'aide d'une thérapie. À plusieurs reprises, on observe Jessica Jones être envahie par la panique et suivre ce qu'on lui a appris pour gérer ses émotions. De plus, son histoire elle-même est tragique et crée une impression d'elle-même très négative. Jessica Jones ne s'aime pas, refuse de se lier à des personnes car elle se pense toxique mais souhaite tout faire pour aider les personnes qu'elle aime et les personnes qu'elle pense innocente. Toute la série, à mon avis, est une mise en scène d'un effort de survie après un viol et je doute qu'elle puisse être regardée dans un état émotionnel difficile.

Au lieu de continuer sur un thème qui ne me concerne pas je vais parler de l'autre versant de la série : les hommes. Et, plus précisément, ce que je qualifierais de masculinité toxique. Afin d'être clair et direct je vais immédiatement annoncer qu'il n'y a aucuns hommes dignes de de confiance dans Jessica Jones. Même les plus proches, les alliés pourrait-on dire, trahissent ou font du mal au personnage principal à un moment donné. Ainsi, Luke Cage ne croit pas Jessica Jones puis la blâme. L’officier Simpsons est bien pire. Il commence par s'excuser, explique à quel point il est gentil puis essaie d'expliquer à Jessica Jones ce qu'elle sait mieux que lui, tente de lui voler son leadership puis attaque physiquement Jessica Jones et sa sœur, Trish Walker. L'un échoue comme personne de confiance le second est un homme dangereux caché derrière une façade de nice guy.

Cependant, rien ne vaut Killgrave. Ce dernier est l'incarnation de la masculinité toxique. C'est un homme blanc d'âge moyen qui semble assez riche. Son pouvoir est de manipuler les personnes afin de les obliger à agir d'une certaine manière. Ainsi, et c'est exprimé dans la série, tout le monde est dangereux pour Jessica Jones. Absolument tout le monde pourrait souhaiter lui faire du mal. Mais ce qui rend Killgrave particulièrement horrible c'est sa morale. Il est incapable de comprendre qu'on puisse lui résister. Ainsi, il s'entoure de femmes trophées qu'il habille et coiffe comme de beaux objets. En ce qui concerne Jessica Jones, il la harcèle durant plusieurs jours. Il entre chez elle, il l'espionne, la force à faire des photos après lui demander de sourire, achète sa maison et tout cela n'est que le prélude d'une déclaration d'amour dans une scène absurde au possible. Killgrave ne pense pas être quelqu'un de bien mais ne comprend pas pourquoi Jessica Jones ne pourrait pas l'aimer. L'épisode qui suit, le 8, montre un Killgrave qui refuse toutes responsabilités en matière de viol, organise un chantage affectif et déclare Jessica Jones complice de ce qui lui est arrivé. Bref, Killgrave est l'incarnation de la masculinité toxique et, donc, défend la culture du viol et le patriarcat.

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***** Une très bonne série à l'identité forte. Elle traite particulièrement bien d'un thème difficile et compliqué. À mon avis, la meilleure série Marvel à l'heure actuelle.

Image : Allociné

Site officiel

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23/04/2017

La différence invisible par Mademoiselle Caroline et Julie Dachez

Titre : La différence invisible
Auteures : Mademoiselle Caroline et Julie Dachez
Éditeur : Delcourt 31 août 2016
Pages : 196

Il y a quelques mois je suis tombé sur ce roman graphique chez Delcourt. Je me suis posé beaucoup de questions et, après pas mal de temps, j'ai souhaité lire cette BD. La différence invisible est l'histoire d'une jeune femme de 27 ans, Marguerite. Elle est en couple, elle a un appartement, elle a un chien et deux chats et un boulot pour lequel elle est très appréciée. Mais Marguerite se sent mal dans le cadre de relations sociales qu'elle doit accepter et gérer tous les jours. Personne ne semble comprendre pourquoi elle ne s’intègre pas à des activités que tout le monde semble apprécier et accepter. Et, elle-même, ne comprend pas l'intérêt de ces activités qui l'épuisent. Après quelques temps, elle comprend qu'elle pourrait être différente et avoir besoin de modifier son cadre de vie.

Je le dis tout de suite, je ne suis pas un concerné. Je ne suis pas diagnostiqué asperger et, donc, je ne peux pas parler pour les personnes qui le sont. Les autrices de cette BD sont, elles, en partie concernée puisque l'histoire qui y est racontée et l'histoire de l'une d'elles, basée sur deux blogs. J'ai apprécié cette histoire. Elle est bien récitée. Le développement de la compréhension de Marguerite est particulièrement intéressant. Tout comme, et c'est bien plus important, la manière dont elle gère les interactions sociales au jour le jour. Le graphisme est tout aussi intéressant. Il commence en noir et blanc avec des nuances de rose et de rouge. Celles-ci permettent de mettre en avant les moments et les objets de stress. Au fur et à mesure du livre, les couleurs sont plus nombreuses alors que la gestion de la journée et de ses émotions devient plus facile et maitrisée. C'est une BD intéressante, qui explique bien les choses et dont les ressources, à la fin du livre, permettent de se rendre plus loin si on le souhaite.

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**** Une BD maitrisée, bien écrite et bien mise en scène. Une bonne lecture en cas d'intérêts en ce qui concerne le sujet.
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Image : Site officiel

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22/04/2017

Life / Life origine inconnue

Dans un futur proche l'ISS est toujours dans l'espace. La station est de plus en plus importante et elle est toujours financée. Régulièrement, des modules sont ajoutés afin de la rendre plus efficiente. Récemment, les autorités terriennes ont décidé de mettre en place un nouveau module dédié à une seule et unique expérience dont les ramifications sont énormes pour l'humanité. Car, il y a près d'un an, une sonde envoyée sur Mars a trouvé des traces de vie. La sonde est maintenant de retour. 6 personnes sont envoyées dans l'espace afin d'étudier les échantillons et de comprendre cette nouvelle forme de vie. Les réponses, et les questions, que l'étude implique justifie un financement exorbitant mais aussi, et surtout, la mise en place de défenses jamais vue. Quoi de mieux que l'espace pour empêcher une contamination ? Mais l'étude ne se déroule pas comme prévu.

Il est impossible de voir Life est de ne pas penser à d'autres films. La première référence qui nous vient en tête est, bien entendu, Gravity. En effet, Life se déroule dans le même environnement. Une partie importante de l'image est comparable aussi bien au début du film qu'à la fin. Personnellement, je trouve que cette iconographie est très efficace. Elle me permet de ressentir le danger de l'espace et le cocon très mince qui protège les personnages d'une mort certaine (et particulièrement horrible, je vous laisse googler l'effet du vide spatial sur le corps humain). Le problème, c'est que Life se déroule après Gravity et, donc, donne l'impression d'avoir volé des images sans penser à se créer une identité propre. Ce n'est pas le seul film auquel on pense. Alien vient immédiatement en tête. Un être venu d'une autre planète qui se balade dans un vaisseau confiné, des humain-e-s qui essaient de savoir où se trouve l'alien et comment s'en débarrasser, l'impression que le danger est partout... Nous avons déjà vu ça depuis le premier film de la saga Alien. Bien que le martien créé pour le film soit différent et semble bien fonctionner dans le cadre particulier de l'ISS il n'est pas non plus parfait. Bien que cela semble voulu, il est trop identifiable pour créer la même impression d'étrangeté ressenti dans Arrival. Enfin, et c'est le plus gros problème à mon avis, on ne s'intéresse pas aux personnages. On connait extrêmement peu de chose de leur vie, de leur passé, de leurs émotions. Étant donné que l'on n'arrive pas à s'identifier il est très difficile de s'attacher à elleux et de ressentir des craintes et des émotions lors des problèmes rencontrés. Bref, le plus gros problème de ce film est de n'avoir aucune identité propre et de se retrouver en concurrence directe avec des œuvres bien meilleures.

Le second plus gros problème est le scénario. Celui-ci est très efficace. Nous commençons l'histoire par la passion scientifique. Quelque chose d'énorme est arrivé et tout le monde, dans la station et dans le monde, souhaite en faire partie et aider à comprendre ce que cette découverte implique. Diffuser en directe, sur Times Square, un événement scientifique est tout de même magnifique ! Les scientifiques de la station ont tout autant de passion et observent avec attention la beauté d'un organisme inconnu qui grandit. Seule une scientifique a des craintes. Ainsi, le ton du film est d'abord celui du triomphe de la science et de la beauté de la recherche. Dans un second temps, le ton change complètement et devient celui d'un thriller spatial. D'un seul coup, l'organisme lui-même change de forme et devient plus menaçant tandis que les événements se précipitent. On passe de la beauté d'une découverte à la lutte contre un prédateur qui tente de survivre dans un environnement hostile. Le problème, c'est que le scénario est rempli de plot holes. Ainsi, on nous explique que les cellules de l'organisme sont indifférenciées et possèdent des caractéristiques musculaires, neurales et d'observation. Pourtant, l'organisme montré plus tard donne l'impression d'un corps différencié avec des organes de mouvement, des organes de force musculaire et, surtout une tête. On passe de la digestion par un cocon à la digestion par l'ingestion. Bref, il me semble que les scénaristes ne savaient pas vraiment quoi faire de l'organisme. Le problème concerne aussi les solutions et les activités de l'équipage. Pourquoi tenter de vider d'oxygène la station alors que l'alien est montré dans l'espace en train de survivre ? Pourquoi ne pas envoyer une des capsules sur Terre avec un message enregistré ? Et surtout, pourquoi l'alien s'attaque immédiatement aux communications Terre-ISS qui sont immédiatement coupées alors que l'on nous explique que la station fonctionne sur le principe de redondance ? Bref, il y a de gros problèmes d'écritures malgré un scénario efficace.

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**** Le film est clairement rempli de problèmes, dont le manque d'identité propre. Cependant, il a bien fonctionné sur moi malgré de nombreuses incohérences.
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Image : Site officiel

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10:34 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : life, origine inconnue | | | |  Facebook

21/04/2017

Gold

Kenny Wells est le dernier membre d'une famille de prospecteurs. Son grand-père a trouvé une colline e il a creusé. Son père a créé une entreprise qui gère plusieurs propriétés ainsi que les droits de prospections. Mais tout cela se déroulait dans le passé. Car, dans les années 80, Kenny Wells est pratiquement ruiné. Il a perdu ses bureaux, il a perdu sa maison et son équipe, de plus en plus mince, travaille dans un bar. Sa femme, Kay Wells, croit toujours en lui mais ne croit pas au retour de l'entreprise. Kenny ne survit plus que par la fumée et l'alcool. Mais, un soir, il fait un rêve. Il rêve d'une gigantesque mine en Indonésie. Une mine tellement vaste qu'elle ferait de lui l'homme le plus riche du monde. Le digne héritier de sa famille. Il se lance dans cette quête et rencontre un géologue, Michael Acosta. Ce dernier a trouvé la plus grande mine de cuivre au monde est pense que de l'or se trouve en Indonésie. Mais ce rêve est-il trop beau pour être vrai ?

Ce film est le quatrième que je vois au cinéma cette année. Oui, j'ai eu un ralentissement qui n'est pas dû à ma volonté. Mais j'aime toujours autant me rendre dans les salles obscures. Cette semaine, je n'avais pas vraiment de coups de cœurs mais j'étais intrigué. Gold fait partie des films qui m'intriguent et que je vais voir pour me faire une idée. Il fait aussi partie de ces films qui s'attaquent aux scandales financiers. Ces films, venus des États-Unis, commencent souvent par un homme (et c'est à dessein que je ne parle pas des femmes qui sont, dans ces films, des bijoux qui permettent d'illustrer la descente ou la montée dans l'échelle sociale), seul face à tout le monde, qui rêve de réussir. Cet homme sait qu'il a raison et que le système a tort. Mais il ne peut pas facilement le prouver. Heureusement pour lui, d'autres hommes décident de le croire. Coup de chance, c'est une réussite et le croyant se retrouve dans les hautes sphères de la richesse et des finances et doit survivre à ce monde décrit de manière peu sympathique voir décadente. Cet homme, dans ce film, est Kenny Wells. Personnellement, j'ai détesté ce personnage. Ce n'est pas le seul personnage que l'on peut ne pas aimer et d'autres sont pires. Ces hommes incarnent le rêve américain de grandeur et de richesse. Michael Acosta, lui, incarne l'homme qui a les pieds sur terre mais il cache autre chose. Seule Kay est sympathique. Et son rôle est de défendre la classe moyenne travailleuse face aux riches qui ne connaissent pas la vraie vie. Ces pauvres sont décidément des gens qui savent vivre ! Bref, déjà là le film me pose un problème.

Mon second problème avec ce film concerne le ton. J'ai déjà vu des films qui traitent de la finance et des scandales en prenant le parti de personnes antipathiques ou en considérant que personne n'est responsable. Parfois, c'est justifié. Margin Call, par exemple, montre des personnages essayant de sauver la peau de leur entreprise en trahissant leurs clients. Personne n'est directement responsable du problème mais les personnages travaillent activement à détruire des vies et leurs actes se terminent sur des faillites et des licenciements. The big short reprenait le même thème mais avec le point de vue des gagnants, des personnes qui ont parié sur la destruction de nombreuses vies qui ne souhaitaient qu'accomplir leurs rêves. Ces films montrent que les responsabilités sont plus diffuses et dépendent moins des personnes que d'un système entier. Cependant, ces deux films échouent à mettre en avant les responsabilités qui ne dépendent pas du système mais des choix possibles fait à l'intérieur de celui-ci. Qui a décidé de ne pas vérifier ? Qui a décidé de détruire des vies ? Et, pour Gold, qui a mis en place l’arnaque ? car Gold ne répond pas à cela. Il se termine sur l'idée que personne n'est réellement responsable. Tout le monde était de bonne foi. Pourtant, il y a bien une personne responsable du début de l'arnaque, même si d'autres personnes ont échoué à surveiller le fonctionnement de la mine.

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*** Je suis mitigé, ce n'est pas un mauvais film, il me semble assez bien écrit mais il échoue à aller au bout de son thème.
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Image : Site officiel

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09:43 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gold | | | |  Facebook

19/04/2017

Inception

7 ans après tout le monde il est temps pour moi de réparer un manque flagrant dans ma culture cinématographique des blockbusters venus des États-Unis : Inception. En effet, je n'avais pas eu l'occasion de le voir et ce n'est que hier soir que j'ai décidé d'emprunter le film à ma bibliothèque local (on peut faire ça) pour me faire une idée. Inception est un film de Christopher Nolan après deux Batman et Le Prestige (que je n'ai pas vu non plus mais il se trouve dans ma liste). Le film débute lors d'une fête. Plusieurs personnages dialoguent. Certains de ces personnages sont des braqueurs qui souhaitent ouvrir un coffre caché dans un bureau. On pourrait croire à une scène classique. Mais il y a une différence. Les personnages ne sont pas dans la réalité mais dans un rêve commun qui permet d'entrer dans la partie la plus intime d'une personne. C'est un boulot dangereux et difficile. Mais la personne que l'on suit, Cobb, est l'un des plus talentueux du monde. Ses capacités seront mises à rude épreuve quand on l'engage non pas pour voler une idée mais pour en implanter une.

Inception est un film compliqué. Il ne l'est pas parce que l'intrigue est compliquée. Il ne l'est pas non plus parce que les personnages sont compliqués ni parce que l'univers est fouillé. Les personnages sont, pour la majorité, peu développé. Ce sont des rôles dans une équipe. Il y a le commanditaire et plusieurs spécialistes : l'architecte, l'imitateur, le chimiste et l'enquêteur. Les personnages sont principalement définis par leurs rôles dans l'équipe de Cobb. Ce dernier, joué par Leonardo di Caprio, est le plus développé. En effet, durant le film nous en apprenons plus sur son histoire et l'intérêt pour lui de réussir cette mission. On peut ajouter sa femme, Mal. Mais cette dernière a encore moins de substance que le reste de l'équipe et ne sert qu'à faire avancer le personnage principal. L'univers, lui, existe mais n'est pas décrit. Nous savons que Nolan décrit un monde qui permet d'envahir les rêves grâce à une technologie militaire. Nous savons aussi que certaines personnes se droguent pour rêver tandis que d'autres se préparent aux possibles invasions. Mais rien de tout cela ne nous est montré on doit créer nous-même le contexte. Pire encore, il est expliqué que l'esprit humain réagit à une invasion mais cela n'est jamais bien expliqué.

Au final, moins que les personnages, l'intrigue ou l'univers ce qui importe dans ce film est le thème. Qu'est-ce que la réalité ? Comment peut-on différencier le rêve du réel ? Au fur et à mesure, les personnages s'enfoncent dans des rêves élaborés pour cacher leur nature. Bien que rien ne soit réel tout semble être vrai. Il peut donc devenir difficile de revenir au monde alors que l'on risque de tout perdre. Ce thème est implanté dans le personnage de Cobb et lié à un thème bien plus intime : le deuil. En effet, Cobb a perdu sa femme mais ne peut pas la laisser partir. Elle est encore présente dans tous ses rêves et il lui est impossible de la laisser partir. En conclusion, nous avons un film qui utilise une intrigue simple avec des images spectaculaires mais que nous avons, en grande partie, déjà rencontrée pour mettre en place un film à plusieurs niveaux et nous faire questionner sur la nature même de la réalité.

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**** Un beau film. Ce n'est pas un chef d’œuvre mais c'est, assurément, un bon film dont la photographie est maitrisée afin de donner des scènes impressionnantes.
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Image : Allociné

Site officiel

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08:41 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inception | | | |  Facebook

16/04/2017

Jessica Jones: Alias 2. Pourpre par Brian M. Bendis et Michael Gaydos

Titre : Jessica Jones: Alias 2. Pourpre
Auteurs : Brian M. Bendis et Michael Gaydos
Éditeur : Panini comics 4 mai 2016
Pages : 336

Ce second tome contient les épisodes 16-28 d'Alias ainsi que What if Jessica Jones had joined the Avengers 1. Jessica Jones est une détective privée de New York. Elle a eu une courte carrière d'héroïne. Celle-ci s'est brusquement terminée du jour au lendemain. Depuis, Jessica Jones a troqué le costume clinquant avec une veste en cuir et des bottes. Elle s'occupe des petits problèmes du petit monde de la ville sans faire trop de vagues malgré quelques ennuis qu'elle peut avoir de temps en temps. Elle se rapproche aussi bien de Luke Cage, l'homme fourmi ou encore Matt Murdock dont elle est la garde du corps. Cependant, Jessica Jones est de plus en plus connue. Ainsi, on la contacte de plus en plus concernant des affaires étranges. Et, pire encore, alors qu'elle rentre chez elle une jeune femme habillée comme Spider-Man lui demande de l'aide avant de fuir.

L'épisode What If mis à part, ce tome est constitué de trois parties. La première concerne l'enquête sur Spider Woman, la second est l'origine de Jessica Jones et la dernière concerne Killgrave et son lien avec Jessica Jones. Ce second tome continue sur la lancée du premier en étant réaliste. Jessica Jones agit comme une femme réelle et non comme un personnage de comics. Elle jure, elle engueule, elle se bat quand c'est nécessaire mais en détestant cela. Lorsqu'elle se trouve avec un homme les deux adultes sont nus. Bref, c'est un comics qui ne censure pas.

Ce refus de censurer se retrouve dans les intrigues qui sont toutes particulièrement violentes non seulement physiquement mais aussi psychologiquement. Ce second tome est rempli d'abus. Ceux-ci sont aussi bien psychologiques que physiques allant jusqu'aux viols. Donc, si vous souhaitez lire ce comics préparez-vous. Le thème commun des intrigues concerne donc les abus. Et, pour cela, les auteurs (dont aucun n'est de genre féminin) utilisent des personnages masculins abuseurs. Que ce soit des dealers qui utilisent les corps des femmes ou Killgrave qui peut utiliser tout le monde contre leur gré. Ainsi, l'histoire de Jessica Jones est fortement impactée par sa rencontre avec celui-ci. L'écriture de leur histoire commune est particulièrement glaçante.

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***** Tout aussi bon que le premier tome, des intrigues horribles

Image : Site de l'éditeur

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15/04/2017

Injustice les dieux sont parmi nous 7. Année 4 - 2ème partie par Brian Buccellato, Tom Taylor, Bruno Redondo et Mike S. Miller

Titre : Injustice les dieux sont parmi nous 7. Année 4 - 2ème partie
Auteurs : Brian Buccellato, Tom Taylor, Bruno Redondo et Mike S. Miller
Éditeur : Urban comics 7 avril 2017
Pages : 168

Ce tome contient Injustice: Gods among us year four 8-12. Le combat contre les divinités continue. Sur les marches du Hall de la Justice les humain-e-s et les anciennes divinités se sont battues. Le fils de Zeus est mort au combat. Ce qui force Zeus à agir. Il supprime les pouvoirs de Shazam, exile Superman et pose un ultimatum au monde : vénérez les dieux de la Grèce et oubliez vos fausses divinités. Mais le monde n'est pas en accord. Les personnes croyantes refusent de suivre l'ultimatum tandis que la Ligue de Justice se cache en Atlantide. L'humanité, elle, se demande si elle n'a pas perdu un tyran pour en retrouver un autre. Dans le même temps, Plastique Man trouve enfin la prison secrète de Superman.

Cette série entre dans des eaux troubles. Depuis quelques temps, il me semble que le scénariste oublie l'histoire qu'il doit conter et essaie de faire d'autres choses. Batman n'est presque plus rien. Son personnage est à peine un fantôme manipulé par les événements et les autres personnages. Superman n'est qu'une brute assoiffée de sang qui ne prend même pas la peine de parler à ses alliés. Tout se passe comme si les auteurs n'arrivaient pas à imaginer faire se battre Batman et Superman. Alors des situations qui imposent une alliance sont créées en oubliant totalement la mise en place du régime de Superman. Ainsi, la fin du tome tombe comme un cheveu sur la soupe. L'Annual, scénarisé par Tom Taylor, est, par contre, de bien meilleure qualité et réussit à remettre en place l'ambiance des premiers tomes tout en se concentrant sur un personnage un peu ridicule et qui, pourtant, fait peur à Superman. On retrouve, enfin, l'impression de tyrannie que crée le personnage de Superman dans cette histoire.

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*** Une qualité en baisse à peine sauvé par un annual très sympathique sur lequel on retrouve l'ancien scénariste.
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Image : Site officiel

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14/04/2017

Injustice les dieux sont parmi nous 7. Année 4 - 1ère partie par Brian Buccellato, Bruno Redondo, Mike S. Miller et Juan Albarran

Titre : Injustice les dieux sont parmi nous 6. Année 4 - 1ère partie
Auteurs : Brian Buccellato, Bruno Redondo, Mike S. Miller et Juan Albarran
Éditeur : Urban comics 17 février 2017
Pages : 168

Ce tome contient Injustice: Gods among us year four 1-7. Lors de l'année 3 Batman a été manipulé par Constantine dans le but d'éliminer Trigon. Loin de s'excuser, Constantine annonçait à Bruce Wayne qu'il existait d'autres moyens de vaincre Superman. Depuis, la résistance se cache sur Terre. Personne ne peut la trouver et elle n'agit plus. La résistance est moribonde alors que Superman est plus puissant que jamais. Bien que presque plus personne ne peut le contester il s'apprête à mener un nouveau combat. Les dieux et déesses de la mythologie grecque décident d'armer les Amazones et de se lancer dans la guerre contre Superman afin de reprendre le contrôle de la terre et de l'humanité. Superman est-il assez puissant pour vaincre une divinité ? Et que fera Wonder Woman face à son peuple ?

Tous les défauts du tome précédent se retrouvent ici. Il n'y a que des scènes sans logiques qui se suivent pour donner un "beau combat" de jeu vidéo sans penser à l'intrigue. Batman se morfond et ne dit rien. Alors oui, il est intéressant de montrer un Batman qui se remet en question. Mais cela n'implique pas de ne rien faire... Pire encore, quand Batman revient personne ne réagit. Renee est totalement gâchée sans aucune raison. Les personnages partent mais reviennent sans même prendre le temps de réfléchir alors qu'une remise en cause des méthodes et du leadership de Batman aurait pu être très intéressant. Pire encore, Wonder Woman réagit comme une idiote sans se rendre compte du piège dans lequel elle se lance. Enfin, la guerre menée par les divinités est simpliste. Les personnages ne font rien puis passent à l'attaque puis attendent à nouveau sans raisons... Ce tome est un gros gâchis scénaristique.

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*** Brian Buccellato n'a aucune idée de comment utiliser les personnages et ne sait pas quelle histoire raconter. Il se contente de remplir des pages automatiquement.
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Image : Site officiel

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Thud! (Discworld 34, City Watch 7) par Terry Pratchett

Titre : Thud ! (Discworld 34, City Watch 7)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 464

Ankh-Morpork est une cité multiculturelle. Le cauchemar de certain-e-s politicien-ne-s de notre monde. Mais la cité fonctionne malgré les complots pour déposer Vetinari et revenir à "Avant". Cependant, tout n'est pas parfait. En effet, depuis quelques temps des nain-e-s traditionalistes parlent à leurs compatriotes. Illes leurs expliquent que les Nain-e-s sont supérieur-e-s au reste du monde. Que seule la vie dans la terre vaille la peine, la surface n'est qu'un rêve. Mais surtout, il leur est expliqué que les trolls sont des ennemis naturels qu'il faut exterminer. Les problèmes posés par ces paroles sont si importants que même la garde en souffre. Mais rien ne saurait la préparer au meurtre de l'un de ces nain-e-s traditionaliste. Les trolls sont accusés alors que la fête de la bataille de Koom Valey approche. Vimes a beaucoup à accomplir alors que trois trônes vacillent face à la perspective d'une guerre qui pourrait tout engloutir.

Comme souvent, dans le cadre du cycle de la garde, l'intrigue parle des ethnies et des problèmes qui peuvent exister. Depuis le début du Disque-Monde, Pratchett a transformé Ankh-Morpork pour en faire une ville sûre - plus ou moins en tout cas - avec une population non-humaine de plus en plus importante et qui, malgré les humain-e-s, s’intègre assez bien. Dans le même temps, le fonctionnement politique des nain-e-s a été fortement développé tandis que les trolls ne sont plus des brutes sans cervelles même si leur histoire n'est pas très développée. Ce tome ajoute une couche en donnant plus de substance à l'histoire des trolls mais aussi en développant la faction traditionaliste des nain-e-s. Par la même occasion, Pratchett égratigne les politicien-ne-s qui préfèrent créer des divisions plutôt que de relier des populations différentes. Pratchett se base aussi sur l'histoire d'une ancienne bataille. Il montre de quelle manière l'histoire peut être utilisée par des politicien-ne-s pour défendre une certaine position. Il montre aussi comment on réagit lorsque ce que l'on croit vrai est, en fait, une invention.

Mais Pratchett ne serait pas Pratchett s'il ne prenait pas le temps de se moquer de notre époque. Ce tome est l'occasion de s'en prendre à The da Vinci code. Les personnages de ce tome découvrent une histoire cachée que seule un trésor permet de comprendre. Pour cacher cette vérité un groupe se constitue afin de détruire toutes les traces qui en restent. Mais cette vérité, le secret de la Koom Valey, est cachée dans une peinture d'un artiste fou ! Vimes essaie de comprendre et suit des indices disséminés par plusieurs gouvernements. Si ce n'est pas une histoire qui vous rappelle quelque chose vous avez beaucoup de chance ! Ce petit plus, cette petite gentille moquerie, donne une saveur de plus à un tome déjà très bon et bien assez riche.

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***** Terry Pratchett a atteint sa vitesse de croisière et le Disque-Monde sa maturité.

Image : Site officiel

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12/04/2017

Injustice les dieux sont parmi nous 6. Année 3 - 2ème partie par Tom Taylor, Brian Buccellato, Bruno Redondo et Mike S. Miller

Titre : Injustice les dieux sont parmi nous 6. Année 3 - 2ème partie
Auteurs : Tom Taylor, Brian Buccellato, Bruno Redondo et Mike S. Miller
Éditeur : Urban 8 juillet 2016
Pages : 184

Ce tome 6 contient Injustice: Gods among us year three 7-12 et annual 1. Lors de cette troisième année Batman s'allie à John Constantine afin de vaincre Superman. Pour cela, il accepte de kidnapper Raven et d'accomplir un pacte avec un démon. Malheureusement, d'autres forces magiques sont en accord avec Superman. La créature du marais par exemple mais aussi, et c'est une surprise, le Spectre dont la puissance est presque inégalée. Mais Batman a réussi à placer Superman dans un sommeil magique et son règne en est fragilisé. Le combat n'est pas terminé et l'une des prédictions de Madame Xanadu est accomplie : Wonder Woman est de retour et elle fera tout son possible pour sauver Superman et châtier ses ennemis !

Que penser de ce nouveau tome et de son changement de scénariste ? Personnellement, j'ai beaucoup moins apprécié. Injustice pose la question du pouvoir absolu, de la tyrannie, de la nécessité d'agir en commun et de la résistance. Pour cela, Superman avait été posé comme l'homme bon qui tombe et Batman l'homme mauvais mais moral. Ça fonctionne assez bien malgré l'impression que les tomes enchainent les combats sans vraiment avance. Un problème rendu plus important encore par le fait que l'on connait la fin. On sait que Superman gagne et que seul l'intrigue du jeu vidéo permet à Batman de finalement le vaincre. Le comics est censé nous montrer un processus et non une suite de combats. Malgré tout, ça fonctionnait encore assez bien.

Malheureusement, ce nouveau tome oublie le processus pour ne créer que des situations arbitraires dont la résolution est mal écrite. L'exemple parfait est le secret derrière le comportement du Spectre. Pire encore, ce tome donne l'impression de ne créer que des combats sans aucune substances comme si le jeu était figé. Mais le pire, à mon avis, est Wonder Woman. Depuis le début je me suis demandé pour quelle raison une femme qui incarne une guerrière chargée de défendre la paix se range dans le camp de Superman. Ce tome nous donne la réponse et elle pose de nombreux problèmes. Non seulement, à mon avis, la raison de Wonder Woman est mauvaise. Mais, en plus, elle détruit tout possibilité d'exister pour elle-même. Il aurait été bien plus intéressant de laisser Superman dormir et de donner à Wonder Woman le leadership. Enfin, l'évolution d'Harley Quinn est effacée. Durant les tomes précédents elle expliquait ne plus vouloir vivre une relation abusive. Ce tome la voit tomber amoureuse d'un homme après qu'il l'ait frappée au combat... Ce tome me donne l'impression d'un gâchis.

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*** Tout se passe comme si les personnes en charge ne savent pas quoi faire de l'intrigue ni des personnages.
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Image : Site officiel

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11/04/2017

Game of thrones 6

Westeros existe toujours, malgré les batailles et les humain-e-s qui tentent de tout détruire. Le mur tient encore, les grandes maisons sont loin d'être mises à mal et la religion officielle est encore plus forte qu'auparavant sous la direction d'un fanatique aux pieds nus. La fin de la saison 5 était emplie de cliffhanger. Plusieurs personnages était mis en danger alors que de nombreux événements avaient lieu en même temps. La saison 6 reprend immédiatement. Cersei est mise à mal, John Snow est mort et Daenarys a disparu. Il semble que Westeros soit pacifié malgré quelques lieux de résistances. Mais les impressions sont trompeuses. Le nord se prépare à l'invasion et à la guerre tandis que Petyr Baelish a pris le contrôle de la maison Aryn. Cette fausse impression de sécurité cache une instabilité profonde. Et les Lannister ne sont plus la maison qu'ils étaient sous Tywin. De l'autre côté de la mer, Tyrion s'habitue à gouverner au nom de Daenerys. Mais ses efforts pourraient bien être un échec.

La saison 5 est la moins bonne de la série. Plusieurs raisons peuvent être avancées pour l’expliquer : il fallait préparer la transition entre l'absence de livres et la série, des facilités scénaristiques, trop de personnages et de lieux en même temps... Je pense que le pire épisode est le 509 qui voit Stannis décider de brûler sa fille, Shireen, au mépris de toute la construction de son personnage. C'était un épisode écrit par des fainéants qui se sont contentés de choquer pour choquer sans prendre en compte une once de logique. On pouvait donc craindre pour la suite de la série alors que les scénaristes devaient oublier la béquille que sont les livres. Heureusement, il me semble que cette saison 6 repart sur de bonnes bases. Elle commence à terminer une bonne partie des intrigues qui ont pu être oubliées auparavant. Les scènes violentes sont toujours présentes mais elles sont moins inutiles que l'exemple que j'ai donné. Au contraire, il me semble qu'elles servent à montrer l'horreur de ce que vivent les personnages plutôt que de choquer gratuitement (mais il est possible de ne pas être d'accord avec moi).

À mon avis, l'exemple le plus frappant est Sansa Stark. Ce personnage, durant les premières saisons, est impliqué dans des événements et avec des personnes sans y avoir été préparée. Elle tente, avec difficultés, de survivre. Lors de la saison 4, elle s'enfuit de la capitale pour se retrouver en relative sécurité. Durant plusieurs saisons, on nous a dépeint un personnage qui apprend pour survivre et, finalement, on lui permet de vivre. Mais la saison 5 utilise Sansa dans l'une des scènes les plus controversées et mal écrites de la série (les scènes les plus controversées sont toutes du même genre et les scénaristes n'ont jamais compris le problème...). Cette scène est non seulement mauvaise mais elle ne rend pas non plus justice à Sansa. Heureusement, la saison 6, elle, nous permet de retrouver une Sansa mature qui lutte contre son frère pour prouver ses capacités et n'hésite pas à le contredire ou à agir sans lui. Sans y est dépeinte comme bien plus capable que son frère encore un peu naïf. Bref, Sans est enfin actrice de son destin.

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**** Une saison qui pose de bonnes bases pour le début de la fin et une bouffée d'oxygène après une mauvaise saison 5.
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Image : Site officiel

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09:34 Écrit par Hassan dans Fantasy, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : game of thrones | | | |  Facebook

05/04/2017

Loki Agent of Asgard 1. Trust me par Al Ewing et Lee Garbett

Titre : Loki Agent of Asgard 1. Trust me
Auteurs : Al Ewing et Lee Garbett
Éditeur : Marvel 2 septembre 2014
Pages : 120

Ce premier volume contient Loki : Agent of Asgard 1-5 ainsi que All-New Marvel Now ! Point One 1. Loki est Loki. Un dieu asgardien de la discorde et de la ruse. Dans le cadre de Marvel, il est aussi l'ennemi de Thor et donc, par extension, des Avengers et de la Terre. Mais Loki veut s'échapper de cette histoire. Il souhaite créer une nouvelle réalité pour ce qu'il est. Il souhaite effacer le passé et créer un nouveau Loki toujours aussi rusé mais qui n'est pas le dieu du mal tel qu'il est décrit par tout le monde. Pour retrouver une virginité il accepte de travailler pour la mère de tout : Freyja. Loki est maintenant un agent d'Asgard. Sa mission est simple : retrouver et capturer les dieux asgardiens afin de les ramener à leur place : Asgard. Mais le comportement de Freyja est étrange. Pourquoi souhaite-t-elle, soudainement, ramener les dieux chez elleux ? Que cache-t-elle dans ses cachots ? Et Loki est-il réellement un dieu changé ?

Loki est, dans le Marvel Cinematic Universe, le seul vilain intéressant (en dehors des séries Netflix). Il n'est donc pas étonnant que je l'apprécie. Il est rusé, il aime créer des énigmes, il est capable de se métamorphoser et de changer de sexe. En plus, j'apprécie particulièrement l'histoire des Vikings et la mythologie nordique bien que sa traduction en comics soit peu fidèle. L'idée de faire de Loki un agent chargé des missions en faveurs d'Asgard m’intriguait. Cette identité me semble plus proche du Loki original que du simple vilain dieu du mal que nous voyons dans les autres histoires. Dans le cadre de ce premier volume, Loki est aussi rajeuni, rendu plus "beau" et plus drôle et sympathique.

Bien qu'il ne soit pas forcément utile de chercher trop loin, il me semble que l'histoire parle d'identité. Ayant lu un certain nombre de livres de Pratchett dernièrement il n'est pas surprenant que ce thème me reste en tête. Loki, dans ce volume, essaie d'échapper au destin des dieux asgardiens et surtout à son destin. Il veut oublier son identité passée et se créer une nouvelle identité. Pour cela il accepte un pacte : une bonne action efface un crime passé. Car, selon Loki, les anciennes histoires ont du poids et cela pourrait le faire retomber dans son identité passée. Un thème assez pratchettien en quelque sorte. Sans être flamboyante, l'intrigue est bien menée, drôle et plaisante à lire. J'ai particulièrement apprécie le second épisode qui se déroule en plein milieu d'un speed dating !

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**** Pas de grandes réflexions mais une intrigue plutôt bien menée pour un personnage que j'apprécie.
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Image : Éditeur

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04/04/2017

Captain America Sam Wilson 1. Not my Captain America par Nick Spencer, Daniel Acuña, Paul Renaud et Joe Bennett

Titre : Captain America Sam Wilson 1. Not my Captain America
Auteurs : Nick Spencer, Daniel Acuña, Paul Renaud et Joe Bennett
Éditeur : Marvel 3 mai 2016
Pages : 136

Ce premier volume contient les numéros 1-6 de Captain America, Sam Wilson. Suite à une aventure que je n'ai pas lue le Captain America n'est plus le même. Steve Rogers, après des années de service et un bon moment passé au froid, est vieux. Il est trop vieux pour prendre le bouclier et défendre les valeurs des États-Unis. Il décide donc de nommer un successeur. Celui-ci n'est autre que l'un de ses amis les plus proches : Sam Wilson alias le Faucon. Sam Wilson change le style de Captain America. IL peut voler, il utilise des oiseaux et surtout il décide de quitter le gouvernement et le SHIELD afin d'aider les personnes qu'il pense pouvoir aider au lieu de suivre des ordres qu'il n'accepte pas toujours. Ce choix l'amène à prendre des positions qui ne sont pas populaires et, rapidement, la question Captain America devient brulante au niveau politique. Sam Wilson serait un traitre et il est de moins en moins apprécié.

Captain America, et particulièrement Steve Rogers, n'est pas le personnage qui m'intéresse le plus. Il est l'étendard des valeurs des États-Unis et, en tant que tel, est plus un symbole lointain plutôt qu'un personnage réel. Pour moi, le Captain America a autant d'intérêt que Superman en tant que symbole : pas grand-chose. Bien entendu, il y a eu des histoires intéressantes avec Steve Rogers. Mais ce run avec un Captain tenu par un nouveau personnage me semble bien plus intéressant. En effet, dès le début Sam Wilson, et donc les auteurs, explique qu'il souhaite s'impliquer de manière bien plus importante en politique. Cela conduit Sam Wilson à dénoncer des politicien-ne-s ainsi qu'à s'attaquer directement au SHIELD. La rupture est mise en scène lors d'une confrontation avec un-e whistleblower qui dévoile des secrets militaires (hello Snowden).

Mais ce qui change rend ce volume vraiment intéressant est la manière dont l'intrigue est menée. Il est dommage que celle-ci soit coupée par la transformation de Captain en loup mais ce n'est qu'un détail. Les auteurs ont décidé de s'attaquer directement aux discours politiques actuels aux USA et l'ombre de Donald Trump est très proche. Ainsi, le premier groupe de vilain-e-s est une milice citoyenne qui patrouille sur la frontière entre les USA et le Mexique. Captain est confronté à un groupe raciste, qualifié d'imbéciles par Steve Rogers, qui prétend défendre le pays face à la criminalité et la maladie. On trouve bel et bien l'idée que "l'étranger" est responsable de tous les malheurs depuis le chômage jusqu'à la nécessité de choisir sa langue lorsqu'on contacte l'administration. Les auteurs vont encore plus loin, en effet, ils décident de confronter le Captain à un groupe industriel qui finance et utilise les milices citoyennes dans le but de faire de l'argent. Ici, Sam Wilson se retrouve au centre de la bourse de New York et ses combats sont entrecoupés par des prédictions sur l'effet qu'ont les actions de Sam Wilson sur la bourse.

Au final, ce premier volume consacre un nouveau Captain aux buts bien plus proches des problèmes actuels. Tellement proche que seule le contexte Trump peut expliquer l'intrigue dépeinte par les auteurs. Ceux-ci, à mon avis, réussissent leur pari mais cela n'a pas dû plaire à tout le monde. Les dessins, eux, sont plutôt à mon goût dans un style que j’apprécie particulièrement pour les 3 premier épisodes. Je suis curieux de voir la suite.

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**** Un premier volume que j'ai apprécié. Ce ne sera pas le cas de tout le monde.
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Image : Éditeur

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01/04/2017

Going postal (Discworld 33, Moist von Lipwig 1) par Terry Pratchett

Titre : Going postal (Discworld 33, Moist von Lipwig 1)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 496

Moist von Lipwig n'est qu'un nom. Un nom inconnu car son détenteur a utilisé de nombreux alias durant sa carrière d'escroc. Mais la justice du Patriciens, et la garde, l'ont rattrapé. Après plusieurs mois dans un cachot à creuser le mur avec une cuillère il est enfin soumis à la mort par pendaison pour ses nombreux crimes et les dégâts qu'il a commis. Mais, le Patricien a d'autres plans. Après avoir sauvé la vie de Moist von Lipwig il lui soumet un choix: prendre la tête de la poste d'Ankh-Morpork ou prendre la porte (suivie d'une chute fatale). Ce que Moist von Lipwig ne sait pas c'est que la poste n'est plus qu'une coquille vide. Le bâtiment est en déliquescence, ses biens ont été volés, il n'y a plus que deux employés ainsi qu'un chat et les couloirs sont remplis de lettres qui n'ont pas été acheminées! Relancer la poste est un travail qui pourrait bien ne se terminer qu'à la mort. De plus, les citoyen-ne-s de la ville font maintenant confiance aux Clacks pour acheminer leur message en vitesse et en sécurité bien que le réseau soit de plus en plus cher et de moins en moins fiable. Comment une poste qui peut mettre plusieurs mois à donner une lettre peut-elle concurrencer un service quasiment instantané?

Encore une fois, on retrouve le thème favori de Pratchett: les histoires et leur pouvoir. Deux personnages dans ce roman utilisent des histoires afin de gagner de l'argent et de l'influence sur les autres personnes. Ce sont Moist von Lipwig et Reacher Gilt. Les deux expliquent que leur réussite ne dépend pas de leur capacité mais de leur réussite à vendre une histoire. Ainsi, ce tome est, en quelque sorte, une confrontation entre deux histoires construites et mise en scène par deux escrocs. Cependant, à mon avis, le thème principal de ce tome, premier de son cycle mais que l'on pourrait relier à Industrial revolution, est le capitalisme. En effet, les clacks sont une invention d'un groupe de personnes qui essaient de nouvelles choses. Dans ce tome, il est expliqué que ces personnes ont été volées par un consortium de financiers qui ont manipulé les chiffres en grands maîtres. Les capitalistes sont dépeints comme des ignorants imbéciles qui ne comprennent pas le système qu'ils possèdent mais qui ne souhaitent que créer de l'argent. Ainsi, on peut voir dans la seconde privatisation des Clacks une forme de privatisation d'un bien public. Il y a un réseau qui demande de la maintenance et un service impeccable. À partir du moment où des privés achètent le tout, la maintenance est mise à l'arrêt tandis que le service devient de moins en moins bon au service d'un profit plus important. Ainsi, Pratchett décrit ce qui arrive quand on privatise un réseau.

Bien entendu, on ne peut pas ne pas voir une lutte entre l'internet et la poste. Bien que les Clacks ressemblent bien plus au télégraphe qu'à l'internet le fonctionnement est proche du WEB. Ainsi, l'un des groupes se nomme GNU. Pratchett serait-il linuxien? Ce même groupe aime pirater le système afin d'y implanter ses propres codes et d'en vérifier le fonctionnement. Les employé-e-s des Clacks sont elleux-même des passionné-e-s qui bricolent quand cela est possible. On pourrait même penser que le fonctionnement des codes des Clacks est proche du fonctionnement de l'Internet avec des messages clairs et accessibles et tout un univers sombre qui permet au web de fonctionner. La lutte avec la poste est aussi celle entre l'efficacité et la rapidité et l'univers plus charnel des lettres. Moist von Lipwig joue, bien entendu, avec les problèmes des Clacks mais il démontre aussi que les lettres ont des effets bien plus intenses qu'un message virtuel. Ainsi, les premières lettres délivrées dans le tome crée des drames qu'ils soient romantiques ou des émeutes! Au final, Pratchett signe ainsi une forme d'ode aux lettres tout en ne descendant par l'internet en flammes.

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***** Encore une fois, un tome qui s'inscrit dans un Disque-Monde mature qui permet de s'intéresser à son fonctionnement réel tout en faisant le lien avec notre propre monde.

Image: Site officiel

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29/03/2017

A hat full of sky (Discworld 32, Tiffany Aching 2) par Terry Pratchett

Titre : A hat full of sky (Discworld 32, Tiffany Aching 2)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Harper Collins septembre 2015
Pages : 400

Tiffany Aching a maintenant 11 ans. Il y a deux ans qu'elle a vaincu la reine des fées en combat singulier. Mais elle ne sait pas exactement comment elle a accompli cet exploit. Il y a exactement deux ans que Granny Weatherwax lui a signifié son respect et lui a offert un chapeau de sorcière invisible. Cette même journée, il avait été expliqué à Tiffany Aching que lorsqu'elle serait prête une sorcière viendrait la chercher pour l'emmener en apprentissage. Son territoire serait mis en observation pendant son départ en attendant son retour. Il est maintenant l'heure de partir. Bien que Tiffany ne sache pas vraiment ce qu'est la sorcellerie elle se rend rapidement compte que ce n'est pas du tout ce qu'elle pensait. Faire attention aux petits soucis du voisinage ne semble pas être un acte particulièrement magique. Alors elle essaie de petits tours. Mais ce qu'elle pense être parfaitement inoffensif pourrait bien mettre sur sa trace un prédateur aussi ancien que puissant.

Lors du premier tome du cycle de Tiffany Aching je concluais sur l'impression que le livre créait un personnage. Toutes les aventures de Tiffany n'étaient que des moyens pour elle de découvrir son identité de sorcière et son lien avec son territoire. Ce second tome s'inscrit dans cette même impression. Bien que Tiffany sache ce qu'elle est cela n'implique pas qu'elle sache qui elle est. Quoi de mieux, pour parler d'identité, que d'utiliser une jeune adolescente? Ainsi, ce tome permet à l'auteur de confronter Tiffany Aching à ses paires et aux identités imposées par un monstre venu des débuts des temps. Les sorcières sont, chez Pratchett, une sororité large et peu régulée. Il existe une ou deux institutions mais les personnages sont souvent seuls. Ainsi, la quête d'identité de Tiffany Aching lui permet de découvrir plusieurs styles de sorcellerie et de décider de celle qui lui convient. Ces styles se divisent en deux: la sorcellerie modeste mais toujours présente de Granny Weatherwax et de l'enseignante de Tiffany Aching et la sorcellerie qui utilise des objets et qui essaie d'avoir du style. D'une certaine manière, on trouve dans ces deux styles une tension entre ce qui est pensé archaïque et ce qui est vu comme moderne.

De plus, ce tome est probablement l'un de ceux qui parle le plus de la puissance des histoires. C'est un thème presque universel sur le cycle du Disque-Monde mais certains livres s'y attachent de manière plus importante que d'autres. À mon avis ce tome fait partie de ceux-ci. En effet, Granny Weatherwax y personnifie l'importance des histoires pour non seulement aider les autres mais aussi imposer le respect. Les histoires n'ont pas forcément besoin d'être racontées ni d'être la vérité il faut simplement qu'elles existent. Mais, si j'ai bien lu, les histoires sont aussi des moyens de se créer une identité. Il y a toute une scène, probablement la meilleure du livre à mon avis, qui explicite cette idée. En conclusion, Pratchett signe un second tome d'un cycle qui possède tout ce qui fonctionne dans le Disque-Monde mais qui est, ici, mature et non en construction.

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**** Un bon second tome pour un cycle encore jeune. Je me réjouis de lire la suite des aventures de Tiffany Aching.
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Image: Site officiel

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27/03/2017

Monstrous Regiment (Discworld 31, Industrial Revolution 3) par Terry Pratchett

Titre : Monstrous Regiment (Discworld 31, Industrial Revolution 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 480

Borogravia est en guerre. Borogravia est toujours en guerre. Le petit pays est soumis à une monarchie dont le rôle est d’intercéder auprès d'un dieu capable d'interdire la couleur bleu et le chocolat. Régulièrement, Borogravia déclare la guerre après qu'une partie de terrain change de main suite à un changement de lit de la part d'une rivière déclarée frontière naturelle. Mais cette guerre pourrait bien être perdue. En effet, la duchesse de Borogravia est probablement morte. Son héritier est le dirigeant de l'un des pays ennemis et il n'hésite pas à envahir sa voisine pour donner un peu plus de légitimité à ses ambitions. Pire encore, cette invasion est soutenue par les grandes puissances dont Ankh-Morpork qui envoie un corps expéditionnaire sous la direction de Vimes. Mais une petite troupe de recrue se lève entre les citoyen-ne-s de Borogravia est les ennemis. Ces recrues sont les dernières et les moins bien fournies mais elles ont l'immense avantage d'être toutes des femmes.

Ce tome est probablement le plus féministe des livres du Disque-Monde. Bien entendu, Pratchett avait déjà créé des personnages féminins et même parlé des choix possibles ou impossibles. Les naines en sont l'exemple puisque celles qui vivent à Ankh-Morpork rejettent la tradition et souhaitent avoir le choix de s'habiller comme elles le souhaitent. Mais ce livre décide de ne prendre que des femmes comme personnages principaux. Il y a des hommes, mais ils se trouvent soit en dehors de l'intrigue pour apparaître de temps en temps soit sont des imbéciles chanceux (ou des imbéciles tout court). Dans ce tome, on observe une petite troupe de recrues tenter de cacher leur identité de femmes dans le cadre d'un milieu très masculin. Pratchett aurait pu simplement en rire mais il utilise ce début d'intrigue pour mettre en question le partage des tâches ainsi que le fonctionnement genré de la société. Il va même très loin quand on connaît le dénouement de l'intrigue.

Pratchett utilise aussi ce tome pour parler de politique étrangère. Je l'ai déjà dit (je crois), Ankh-Morpork ressemble beaucoup aux USA. C'est une ville qui possède une grande puissance économique et une identité culturelle forte qui est exportée dans le monde entier. Par contre, la ville ne possède pas d'armée très importante. Vimes est ici l'incarnation de la puissance étrangère qui décide de se mêler des affaires d'autres pays pour des raisons monétaires. D'ailleurs, Vimes n'est jamais capable d'user de l'excuse officielle et éclate de rire avant de la terminer: libérer les peuples opprimés. Face à cette ingérence, Borogravia est l'exemple du petit pays qui n'est pas aussi avancé qu'Ankh-Morpork mais est fier de son histoire. Pour enrober tout cela, Pratchett ajoute un peu de réflexion sur la propagande, en particulier les journalistes de guerre. Après tout, ce n'est qu'une variante du grand thème de Pratchett: la puissance des histoires et de la croyance en elles.

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**** Un tome plutôt bon qui réussit à se détacher de personnages envahissants et bien intégré au Disque-Monde.
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Image: Site officiel

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24/03/2017

The wee Free Men (Discworld 30, Tiffany Aching 1) par Terry Pratchett

Titre : The wee Free Men (Discworld 30, Tiffany Aching 1)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 29 avril 2004
Pages : 279

L'une des personnages dont on me parle depuis un bon moment apparaît enfin: Tiffany Aching. Tiffany est une jeune fille de 9 ans. Elle vit dans une bergerie avec sa famille constituée de beaucoup de sœurs et de son petit frère, le seul enfant mâle de la famille. Ses journées sont divisées par les travaux qu'elle doit accomplir pour sa famille et faire attention à son frère qui ne souhaite de la vie que de recevoir des friandises. Mais la vie sympathique de Tiffany va changer. En effet, les fées souhaitent revenir dans le monde. Les monstres commencent à prendre forme dans les forêts et les rivières tandis que son petit frère est enlevé. Mais Tiffany n'est pas une simple petite fille de 9 ans. Elle est une sorcière de 9 ans (bien qu'elle ne soit pas entraînée). Et les sorcières n'apprécient pas lorsqu'on vole ce qui leur appartient.

Ce tome est un nouveau livre écrit à destination des enfants. Ainsi, Pratchett décide de parler des histoires et des contes de fées. Il utilise tout ce que l'on connaît et que les enfants connaissent et montre pourquoi ces histoires sont bêtes. Pendant qu'on y est... autant utiliser un personnage du même âge que le public cible. Mais l'intrigue n'est pas aussi simple. J'ai l'impression que, derrière l'aventure et la quête, Pratchett parle de deuil. Tiffany a perdu sa grand-mère récemment. Celle-ci est pourtant très présente dans le récit et dans la vie de Tiffany. À plusieurs reprises, l'intrigue s'arrête pour expliquer de quelle manière la Grand-Mère aurait réagi face à des événements précis qu'ils soient des injustices ou de simples soirées jusqu'au climax du livre.

Malheureusement, je n'ai pas exactement apprécié ce livre. Je l'ai trouvé trop facile. Comme si Tiffany ne pouvait pas échouer. Mais il est possible que ce soit voulu. Peut-être est-il plus intéressant de penser le personnage de Tiffany comme un personnage en construction durant l'intrigue. Au début du livre, Tiffany Aching ne sait rien ni ne comprend rien, elle agit selon ce qu'elle pense juste. Elle ne fait que suivre son instinct. L'intrigue lui permet de mettre en doute ce qu'elle pense savoir et de découvrir non seulement l'identité de sa famille mais aussi ce qui est réel, l'identité de son ennemi et surtout sa propre identité. À mon avis, le livre est un moyen facile de créer Tiffany. Mon problème est donc dû au fonctionnement même du tome. Ce qui explique pourquoi j'ai, d'un seul coup, énormément apprécié la fin du livre. Tiffany est enfin créée.

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*** D'un côté j'ai trouvé ce tome laborieux... de l'autre il crée un personnage qui pourrait donner un nouveau souffle au cycle des sorcières.
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Image: Site officiel

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23/03/2017

Night Watch (Discworld 29, City watch 6) par Terry Pratchett

Titre : Night Watch (Discworld 29, City watch 6)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 480

La garde est en alerte. Un tueur, Carcer, parcoure les rues de la cité. La garde est habituée aux assassin-e-s qui suivent un code et sont parfaitement à l'aise dans le cadre d'une soirée entre personnes civilisées. Mais un tueur c'est autre chose. Surtout que celui-ci tue des gardes. Il tue et en rit. Clairement, il est fou et sa disparition ne peut que rendre le monde un tout petit peu plus sûre pour toutes les autres personnes et surtout celles qui se trouvent à moins de 50Km de Carcer. Heureusement, Carcer est piégé aux alentours de l'Université Invisible. La nuit tombe et l'orage tonne alors que Vimes se lance à la poursuite après avoir laissé sa femme accoucher seule. Vimes, un tueur, de la magie et un orage? Cela n'augure rien de bon... Soudain, Vimes se réveille sur un lit à Ankh-Morpork plusieurs décennies dans le passé lors des heures les plus sombres de la ville.

Enfin! Enfin j'ai atteint le tome dont on me parle depuis le début! Le tome qui est censé montrer à quel point Pratchett peut être génial quand il écrit. Et ce tome est dense, très dense. Les livres faisant parties du cycle de la garde parlent souvent de gouvernement. Mais aucun, à mon avis, n'en a parlé aussi bien que celui-ci. Pratchett décide de placer Vimes dans une ville en proie à un Patricien devenu fou après une tentative de meurtre (je te vois Néron!). La ville est donc en proie à la peur devenue folie de son leader. Celle-ci est tellement importante que toutes personnes un peu en dehors de la loi deviennent suspectes de trahison et de rébellion. Bien entendu, une telle politique crée, automatiquement, des rebelles. Et là Pratchett décide de devenir très sombre. Il aurait été possible d'écrire un tome qui célèbre la beauté de la rébellion face à l'injustice. Certains personnages sont dans cette idée. Mais Vimes permet à Pratchett d'exprimer une pensée très cynique de la vie politique. Les rebelles sont simplement des personnes qui veulent survivre et qui se trouvent embarquées dans les évènements. Pire, les personnes à la tête des rébellions ne sont pas forcément, et même jamais, meilleurs que les tyrans. Bref, comme le dit Vimes, les rébellions ont tendance à rapidement recréer ce qu'elles critiquent. Pratchett crée même un personnage spécifiquement pour incarner cette idée!

Le cycle de la garde est aussi l'occasion de parler de la police et du fonctionnement de la justice. La garde, depuis le premier tome du cycle, est passée d'un corps corrompu et impuissant à une véritable force publique capable d'arrêter le Patricien sans même sourciller. Comme je l'ai déjà dit, Vimes est l'incarnation de ce changement puisqu'à chaque hausse de l'importance de la garde Vimes gagne en stature politique et publique. Là encore, ce tome traite ce thème à un point jamais atteint auparavant dans le cycle. Les idées de Pratchett sont tout simplement trop nombreuses pour réussit à toutes les résumer. Je pense que l'envoi de Vimes à une époque durant laquelle la garde est un ramassis de personnes corrompues est une très bonne idée. Après plusieurs tomes qui ont développé la garde voir ce qu'elle était permet de créer un choc à la personne qui lit et de mieux traiter le tome. De plus, Pratchett place une seconde garde face à la Night Watch: les Cable Street Particulars. Il faut lire avec attention ce qu'est ce groupe. Ce sont des policiers qui surveillent, vivent en secret et refusent de donner leurs identité. Leur rôle est de trouver les rebelles ou les personnes dangereuses et de les emprisonner puis de les écouter. Le fonctionnement de cette police secrète coupable de torture pourrait être utilisée par beaucoup de monde dont certain-e-s candidat-e-s à certaines hautes fonctions politiques. Je me suis particulièrement intéressé à leur chef qui personnifie Cesare Lombroso et sa thèse du criminel né. Un homme intelligent incapable de comprendre que ses idées n'ont aucune place dans le fonctionnement pratique du monde. Bref, lisez Night Watch c'est un très bon tome et l'un des plus riches.

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***** Probablement le meilleur tome à l'heure actuelle. Ce tome continue sur le tournant bien plus sombre que prend Discworld.

Image: Site officiel

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19/03/2017

The amazing Maurice and his educated rodents (discworld 28) par Terry Pratchett

Titre : The amazing Maurice and his educated rodents (discworld 28)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 26 mai 2011
Pages : 288

Nous connaissons tous et toutes l'histoire. Une ville est envahie par les rats. Les habitant-e-s et les autorités décident de faire appel à un être de légende: le joueur de flûte. Et celui-ci, après quelques aventures, s'occupe des rats. On apprend qu'il faut toujours payer la personne qui joue de la flûte. Mais ne pourrait-il pas y avoir un peu plus de substance à l'histoire? Et si, au lieu d'un homme si talentueux que sa flûte contrôle les rats, il y avait un homme qui suit les ordres des rats? Un homme qui se contente de jouer après que les rats aient fait croire à une invasion? On pourrait faire pas mal d'argent avec une idée de ce genre!

Au final, ce tome 28 continue dans la lignée du précédent: un livre destiné aux jeunes. Ici, Pratchett brode sur une histoire bien connue des personnes qui lisent les frères Grimm. Cet ajout est assez réussi et on se prend à trouver logique que le flûtiste soit membre d'une petite troupe de voleurs (même si celle-ci est constituée de rats et d'un chat). Pratchett utilise un thème qu'il apprécie: l'importance d'une bonne histoire. Si l'histoire est bien racontée avec une fin acceptable tout le monde va l'accepter. Deux personnages incarnent cette idée. Le premier est Maurice. Le chat, malgré son ironie, sait que la survie du groupe dépend du bon fonctionnement de l'histoire qui va être vendue aux villes et villages traversés. Malicia, elle, est une experte en histoires. Elle connait leur fonctionnement et elle s'attend à ce que certaines choses suivent un certain code narratif (et, de manière surprenante, c'est le cas). Au final, ce tome nous parle de l'importance d'une bonne histoire non seulement pour la vie de tous les jours mais aussi pour tenir une ville, ou un pays, face aux incertitudes de l'avenir. Jusqu'à ce que l'histoire devienne la réalité.

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*** Un tome sympathique mais vite oublié.
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Image: Site officiel

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18/03/2017

The last Hero (Discworld 27, Rincewind 7) par Terry Pratchett

Titre : The last Hero (Discworld 27, Rincewind 7)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Gollancz 13 septembre 2007
Pages : 176

Cohen le barbare s'ennuie. Il a réussi à prendre le contrôle d'un continent entier avec seulement quelques compagnons aussi âgé que lui. Son gouvernement est un souffle de liberté après les horreurs des anciens empereurs. Mais l'Empire envoie un message au Patricien. Ce dernier prévient le reste du monde en quelques heures. Cohen, le nouvel empereur, est parti après avoir kidnappé un barde. Il semble que Cohen ait décidé qu'une dernière chevauchée serait un bon moyen de réparer un vieux problème entre les divinités et les humain-e-s. Cohen compte rentre le feu, avec des intérêts. Et cela pourrait bien amener la fin du monde. Une dernière mission est mise en place pour arrêter l'homme le plus connu du Disque-Monde. Trois personnes sont choisies: Leonard de Quirm, Carrot et Rincewind qui préfère venir de son plein gré plutôt que de se retrouver mêlé aux événements par un hasard des plus suspects.

Ce tome 27 a été écrit pour des enfants et ça se voit. Ce n'est pas une question de taille mais d'intrigue. Contrairement à certains autres tomes, celui-ci laisse de côté une bonne partie de l'ironie à laquelle on était habitué. Le résultat est navrant en ce qui concerne les personnages. Leonard n'a jamais vraiment été développé mais Carrot est simplement un homme avec des muscles et une épée tandis que Rincewind perd tout ce qui fait son charme malgré la qualité bien moindre de la plupart des intrigues qui le mette en scène. Le Patricien reste un peu plus drôle que la moyenne avec une vision particulière du fonctionnement de l'Université Invisible. Bien entendu, on pourrait dire que ce tome parle de la Mémoire. Celle qui permet à des personnes de se lancer dans des idées ou des quêtes pour devenir immortel dans des sagas (et des livres d'histoire). Mais je trouve que cette idée est assez mal mise en place. On ne comprend que tardivement ce qui se déroule et il me semble que les évènements ne font que se suivre pour le plaisir d'exister sans s'insérer dans l'intrigue.

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** Il suffit de m'imaginer en train de bailler. Au moins il se lit rapidement.
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The thief of time (Discworld 26, Death 5) par Terry Pratchett

Titre : The thief of time (Discworld 26, Death 5)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 10 octobre 2013
Pages : 432

Les Auditeurs sont de retour. Illes ont échoué à mettre Mort à la retraite. Illes ont échoué à tuer le Père Porcher. Mais illes n'abandonnent pas! Cette fois leur problème est administratif. En effet, contrairement à un certain politicien français, les Auditeurs aiment l'administration. Illes adorent créer des fichiers, avoir des régulations et suivre les ordres et ce depuis la naissance de l'univers. Malheureusement, il existe une chose dans l'univers qui détruit tout sens de l'ordre. Une horreur qui se retrouve dans tous leurs cauchemars. Dans l'univers il y a de la vie. Et la vie a une tendance à être chaotique. Le pire ce sont ces humain-e-s qui sont, non seulement, l'incarnation du chaos mais aussi des créateurs de concepts incompréhensibles. Pour arrêter tout cela les Auditeurs décident de mettre fin au Temps. Mais les 5 cavaliers de l'apocalypse se soulèvent et leurs alliés sont un balayeur, son apprenti, Susan et une boite de chocolat.

Je suis triste. Je pensais que, enfin, j'aurais pu lire un Death que je puisse apprécier. Après tout, ce tome a tout pour plaire. Des moines qui en savent moins sur la sagesse ancestrale qu'un balayeur, un jeune homme à la destinée intéressante, du chocolat et surtout Susan Sto Hellit. En plus, Death n'est finalement pas central à l'histoire. Il est présent mais il se contente de lancer l'intrigue. Au moins on ne le retrouve pas en dehors de son rôle traditionnel comme la majorité du cycle. En parlant de Susan, son personnage continue à s'améliorer tout en gardant son identité majeure. Elle est logique, elle est éduquée et elle sait comment traiter les enfants. Ses scènes en tant que professeure d'une école sont très bien écrites et, à mon avis, la meilleure partie de ce roman. J'ai aussi bien aimé la description des Auditeurs et les conséquences de leur incarnation. Cependant, au final je n'ai pas grand-chose à dire. Je n'ai pas apprécié ce tome que je trouve à la fois lent et long et sans véritable ajout pour le Disque-Monde. Le cycle de Death continue à ne pas me plaire.

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** Je me suis ennuyé, malgré Susan et ses aventures dans une classe d'enfant.
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