03/07/2016

Guibord s'en va-t-en guerre

Steve Guibord est un député indépendant d'une petite province canadienne constituée en grande partie de trois villes, une mine, de camions qui passent, de la pépinière de sa femme et d'une réserve d'amérindiens. Son local se trouve dans un petit immeuble à l'arrière-boutique d'un magasin de lingerie fine. Récemment, un jeune stagiaire est venu tout droit d'Haïti afin de le seconder : Souverain Pascal. Ce dernier est une encyclopédie vivante de philosophie politique. Bien qu'il ne connaisse pas encore le terrain il sait tout des grand-e-s philosophes. Son stage va lui permettre voir un politicien faire de la politique. Guibord, lui, n'a pas de vrais pouvoirs. Il est un indépendant en dehors de tous les partis et ne peut parler qu'un ou deux fois par années. Son quotidien est régulé par les visites entre des villes distantes de millier de kilomètres, la rencontre des maires, les problèmes de barrages routiers et les relations avec les Algonquins. Mais tout changer alors qu'un débat national s'ouvre sur l'opportunité d'entrer en guerre. Le Premier Ministre souhaite recevoir l'aval du parlement. Mais il y a un problème, l'opposition est unie contre cette décision et le parti majoritaire perd une députée qui va s'abstenir. Il ne reste que Guibord qui peut faire basculer le pays dans la guerre ou garder la paix. Ce petit député local est soudainement devenu l'homme politique le plus important du pays et tout le monde veut savoir ce qu'il va faire.

Le réalisateur de ce film avait déjà offert l'excellent Starbuck (qui eut une adaptation française désastreuse qu'il faut fuir à tous prix). Cette fois il décide de faire un film de comédie politique sur la politique. L'intrigue est particulièrement réussie, les dialogues sont savoureux et les acteurs et actrices superbes. Mais, pour en venir à la substance, on peut mettre en avant deux aspects principaux.

Premièrement, il est clair que le réalisateur considère la politique comme une forme de théâtre dont les figurant-e-s se connaissent mutuellement. C'est simple, Guibord est capable de saluer amis comme ennemis par leurs prénoms et de leur laisser des messages discrets face à la caméra. Personne n'est dupe et tout le monde sait que tout est construit. Que ce soit la journaliste, le syndicaliste, le maire ou d'autres personnes chacun-e-s sait comment l'autre (ré)agit et tout le monde est capable de se contacter en cas de besoin. Ce thème est particulièrement mis en avant lors du débat alors que les pacifistes débarquent dans une magnifique représentation parfaitement contrôlée et montrant la preuve d'une grande préparation. De plus, Souverain lui-même y participe en créant des séances Skype sous forme de conférences pour sa famille et son public à Haïti qui observent le drame politique sous un œil à la fois intéressé et surpris.

En second lieu, le film nous montre, à mon avis, que toute politique est locale et dépend du peuple. Je ne dis pas ça seulement parce que Guibord tente de créer une forme de démocratie directe mais aussi parce que la population s'empare du thème et en transforme la signification. D'une question philosophique sur la nécessité d'une guerre déclarée juste on passe à la question des effets de celle-ci pour la prospérité locale. Ainsi, le film montre particulièrement bien non seulement la difficulté de créer des discussions démocratiques lorsque la population manque d'informations ou ne souhaite pas discuter du thème choisi mais aussi l'importance de la vie quotidienne pour les décisions du peuple. Prendre une décision au niveau de la nation, voir du monde, a bel et bien des effets. Certains sont positifs tandis que d'autres sont négatifs. La question est moins philosophique que pratique.

En conclusion, j'avais beaucoup aimé Starbuck qui offrait un magnifique moment d'humour et de légèreté. J'aime tout autant, et je conseille, ce film qui sous ses abords humoristiques envoie un message important sur ce qu'est la politique et sur la manière dont le spectacle est mis en scène par les professionnel-le-s du monde politique.

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***** Un film drôle et bien écrit. Une réussite.

Image : Allociné

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09:24 Écrit par Hassan dans Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guibord s'en va-t-en guerre | | | |  Facebook

02/07/2016

Superman / Batman 2 par Jeph Loeb, Ed McGuinness et Carlos Pacheco

Titre : Superman / Batman 2superman-batman-tome-2-270x406.jpg
Auteurs : Jeph Loeb, Ed McGuinness et Carlos Pacheco
Éditeur : Urban comics 4 mars 2016
Pages : 336

Ce tome contient les numéros 14-26 publiés dans Superman/Batman vol. 2. Superman et Batman font partie des trois héros les plus puissants et les plus apprécié des USA. Avec Wonder Woman ils protègent le monde des menaces humaines, méta humaines et aliens. Bien entendu, illes ne sont pas seul-e-s. Illes sont aidé-e-s par plusieurs groupes. Ce qui définit Batman et Superman provient de leur enfance. Mais que se passerait-il si, d'une part, les deux amis se retrouveraient seuls et si, d'autre part, leur enfance était modifiée ? La réponse à cette question se trouve dans ce tome. En effet, du jour au lendemain le monde change. La Ligue de Justice n'a jamais existé. Les héro-ïne-s sont pourchassés. Batman et Superman sont les maitres du monde. L'humanité n'a que deux choix : obéir ou mourir.

Le tome précèdent, bien que loin d'être bon, partait sur de bonnes bases. Ce second tome est un échec monumental. Le problème n'est pas l'intrigue. Celle-ci aurait pu permettre une réflexion intéressante sur le destin et les conséquences des voyages dans le temps (ce ne serait pas inédit mais ça peut toujours être bien). Le problème est son traitement. En effet, le scénariste a décidé de passer très rapidement sur le monde alternatif des dictateurs Batman et Superman pour passer dans plusieurs mondes alternatifs. L'effet, durant la lecture, est un fouillis improbable de personnages et d'intrigues. Cela n'est pas aidé par la seconde partie du tome qui introduit un nouveau groupe dans un nouveau monde parallèle. Bien qu'il soit difficile de ne pas y comprendre une petite moquerie entre concurrents là aussi le traitement est défaillant. On ne comprendre pas grand-chose et, en fait, on se lasse très rapidement. Seuls les deux derniers numéros sont intéressants. Leur point commun est de s'attacher à un thème fort et de coudre autours. Dommage que le reste du tome soit si médiocre.

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** Non, juste non...
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Image : Éditeur

Superman / Batman 1 par Jeph Loeb, Ed McGuinness et Michael Turner

Titre : Superman / Batman 1superman-batman-tome-1-270x416.jpg
Auteurs : Jeph Loeb, Ed McGuinness et Michael Turner
Éditeur : Urban comics 9 janvier 2016
Pages : 336

Ce premier tome contient les numéros 1-13 ainsi que Superma/Batman secret files 1 publiés dans Superman/Batman vol. 1. Superman et Batman sont très différent. Alors que l'un incarne le jour, la justice et l'espoir l'autre est la nuit, la peur et la vengeance. Pourtant, ces deux personnages si différents sont amis. Les deux savent qu’un jour il pourrait être possible qu'ils se combattent. Et alors que l'un se prépare l'autre accepte et fait confiance. Dans ce tome les deux amis se trouvent mêlés à deux intrigues. Dans la première moitié du tome Lex Luthor est le président des USA. Durant son mandat il apprend qu'un astéroïde s'approche de la Terre et risque de détruire toute vie. Il décide donc d'arrêter Superman. Mais ce dernier n'est pas d'accord. Dans la seconde moitié du tome on en apprend plus sur l'astéroïde. En effet, une jeune fille y était cachée. Celle-ci déclare être la cousine de Superman. Alors que Superman est heureux de ne plus être seule Batman se demande si cela ne cache pas autre chose.

Les deux intrigues de ce tome ont été adaptées en film d'animation. Je connaissais donc déjà l'histoire. Cependant, les comics sont un peu différents. On en apprend plus sur ce que fait vraiment Luthor. Kara Zor'el, elle, a un rôle beaucoup moins important. Une bonne partie de ce qu'elle fait dans le film est abandonné ce qui lui laisse un rôle beaucoup plus passif face à un Superman protecteur. Et, à mon avis, c'est dommage. Enfin, les deux parties de l'histoire sont mieux reliées que dans les adaptations. Et il semble que cela va continuer. Les dessins sont assez plaisants même si je me pose des questions en ce qui concerne certains costumes et certaines poses des personnages féminins. En bref, j'apprécie l'histoire mais il n'y a pas de surprise ni rien de particulièrement transcendant. Seulement, on nous offre deux héros très différents et j'aime bien voir de quelle manière chacun d'eux voit le monde et les actions entreprises.

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*** Ni mauvais, ni bon mais sympathique.
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Image : Éditeur

29/06/2016

The Superior Spider-Man 6. La nation bouffon par Dan Slott, Christos Cage et Giuseppe Camuncoli

Titre: The Superior Spider-Man 5. Les heures sombres
Auteur-e-s : Dan Slott, Christos Cage, Humberto Ramos et Javier Rodriguez
Éditeur : Panini comics 2 mars 2016
Pages : 168

Ce tome contient les numéros 27-31 de Superior Spider-Man ainsi que le numéro 2 de Superior Spider-Man. Un mois a passé depuis le dernier tome. Otto Octavius a réussi. La ville n'a plus de crime organisé et le maire et la police sont dans sa poche. Du moins c'est ce qu'il croit car au même moment la ville brule. Alors qu'il manipulait le monde et se souciait de son entreprise et de son doctorat Norman Osborn prenait le contrôle du crime et des infrastructures de la ville. Il est maintenant prêt et il propose un choix à Otto Octavius: le rejoindre en tant que second ou la destruction de tout ce qu'il est. Ni la ville, ni Otto ni Spiderman ne s'en sortiront indemne.

Il était clair depuis le début que ce changement de personnage serait temporaire. Durant 5 tomes on a vu Otto se déclarer supérieur et modifier les méthodes non seulement de Peter mais aussi de Spider-Man. Ceci a mené à la perte de nombreux ami-e-s mais aussi à un lien avec les intrigues qui se déroulent en 2099 par la mise en place d'Alchemax. Ce tome ne se contente pas de placer Otto face au Bouffon. Il détruit tout ce que pensait avoir créé Otto Octavius ce qui lui permet de terminer par une action réellement héroïque. Je ne sais pas comment la suite est écrite mais je pense m'y intéresser prochainement.

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**** Un dernier tome bon, spectaculaire et une série qui rend hommage non seulement à Otto Octavius mais aussi à Spider-Man.
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Image : Éditeur

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The Superior Spider-Man 5. Les heures sombres par Dan Slott, Christos Cage, Humberto Ramos et Javier Rodriguez

Titre: The Superior Spider-Man 5. Les heures sombres
Auteur-e-s : Dan Slott, Christos Cage, Humberto Ramos et Javier Rodriguez
Éditeur : Panini comics 2 décembre 2015
Pages : 160

Ce tome contient les numéros 22-26 de Superior Spider-Man ainsi que le numéro 1 de Superior Spider-Man Annual. Peter Parker, alias Spider-Man alias Otto Octavius, commence une nouvelle vie. Après que son employeur, le laboratoire Horizon, ait été racheté par Alchemax il reçoit son doctorat. Il décide immédiatement de construire sa propre entreprise : les Entreprises Parker. Peter souhaite révolutionner le monde tout en créant de nouveaux gadgets pour son alter-ego. Spider-Man, lui, possède Spider-Island et son armée humaine et robotique. Mais tout ceci pourrait bien être mis en danger alors que Venom revient en ville. Ce dernier n'est autre que Flash Tompson mais le Spider-Man supérieur n'en a pas le souvenir depuis que les souvenirs de Parker ont été effacés. Et, dans l'ombre, une menace plane.

Depuis 4 tomes on observe les agissements d'un personnage différent : un Spider-Man contrôlé par Otto Octavius. Le seul but d'Octavius est de prouver sa supériorité. Mais, ce faisant, il a agi de manière à rendre être suspect. Pire, il a mis en place une armée privée et une surveillance de tous les instants. Ce tome, l'avant-dernier, est le début de la fin. En effet, pendant un temps les scénaristes nous montrent un personnage mieux apprécié. Mais cela n'est qu'un moyen pour mieux faire tomber Otto Octavius dans le danger de sa propre arrogance. Ce tome permet de montrer que les agissements d'Otto commencent à sa retourner contre lui. Aussi bien la mairie, la police que la population et ses ami-e-s commencent à se révolter. Plus important, Venom est un moyen de créer un combat contre les Avengers et donc de risquer de briser son secret. Bien que la fin approche il est facile de comprendre que de nombreuses choses vont changer pour ce personnage.

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**** Un avant-dernier tome tout aussi bon que les autres. C'est toujours l'une de mes séries préférées.
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Image : Éditeur

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27/06/2016

Le monde de Dory

Il y a un an (du moins dans l'univers de Nemo), le jeune poisson Nemo s'est perdu et a été kidnappé par un bateau. Son père, Marin, n'a pu le retrouver que grâce à l'aide de Dory. Cette poisson est brave mais elle a aussi une maladie : un trouble de la mémoire immédiate. Bien qu'elle ne se souvienne que de peu de choses elle sait qu'elle a des parents et qu'elle cherche quelque chose. Depuis un an elle vit plus ou moins avec Marin et Nemo dans leur petit coin de l'océan. Mais, d'un seul coup, des flashs de souvenirs lui reviennent. Ceux-ci semblent lui permettre de retrouver ses parents. Sur un coup de tête elle décide de voyager de l'autre côté de l'océan afin de terminer, enfin, sa quête !

N'en déplaise à certain-e-s gardien-ne-s de la culture légitime il m'arrive d'aller voir des films d'animation destiné, en premier lieu, à des enfants et leurs familles. Lorsque les scénaristes sont bon-ne-s ces films ont souvent plusieurs niveaux de lecture qui permettent à tout le monde de les apprécier (et c'est un exercice difficile d'écrire ainsi). J'avais vu, il y a longtemps, Nemo. Dory n'était qu'une sorte de clown qui servait de contre-point à la nature prudente de Marin. Bien qu'elle soit brave et elle est aussi inconsciente puisqu'elle ne se rend pas compte de ce qu'elle fait (un peu comme certains politiciens). Je trouvais donc intéressant qu'un film se concentre sur elle afin de lui donner un peu plus de profondeur. Je dois dire que c'est très réussi. Nemo et Marin et les autres personnages n'évoluent que peu. Dory, par contre, devient à la fois un personnage de courage et d'optimisme et le personnage ayant l'histoire la plus triste de bien des histoires. Les scénaristes ont réussi non seulement à montrer comment, progressivement, tout s'efface pour Dory mais aussi à montrer que la perte de ses souvenirs n'efface pas son besoin de retrouver ce qu'elle a perdu. J'ai été particulièrement frappé par l'une des dernières scènes qui montre comment Dory s'enfonce dans le désespoir et l'oubli durant une crise de panique. La peur, la tristesse et le désespoir ont rarement été si bien montré dans ce genre de film. Bref, encore une réussite pour Pixar.

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**** Un second film encore plus réussi que le premier.
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Image : Allociné

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08:08 Écrit par Hassan dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le monde de dory | | | |  Facebook

24/06/2016

Vikings saison 3

Après un long temps d'attente (et alors que la moitié de la saison 4 est passée) j'ai enfin regardé la troisième saison de Vikings. Spoiler alert pour les personnes qui n'ont pas vu la saison 2. On quittait Ragnar alors qu'il assassinait le roi Horik qui, lui-même, essayait de tuer Ragnar et sa famille. Grâce à cette série on apprend à quel point l'amitié est une belle chose... Bien que Ragnar ait perdu un allié Lagertha, elle, le soutient toujours. Et les deux anciens amant-e-s décident de retourner au Wessex afin de parlementer avec le roi et de s'enquérir de la situation des mercenaires vikings utilisés en Mercia. Les deux peuples semblent s'entendre. Mais Ragnar a un nouveau rêve. En effet, il entend parler d'une ville magnifique mais difficile à vaincre : Paris. Et si les Vikings se lançaient dans une entreprise jamais tentée auparavant ?

Oui, je sais, la série n'a presque pas de logique historique. Des évènements et des personnages séparés par des années se retrouvent dans une même intrigue en moins d'un an ! Mais j'avais beaucoup apprécié les deux premières saisons je voulais donc regarder la troisième. J'avoue que je suis fasciné par ce peuple. Cette saison se divise en deux : une intrigue au Wessex suivie du siège de Paris. Bien que l'on apprenne ce qui se déroule au Wessex durant la seconde partie de la saison je me demande ce que les scénaristes vont faire de tout cela et de certains personnages. En ce qui concerne les mauvaises nouvelles j'ai l'impression que la série se lance dans du sexe et du sang facile sans se poser la question de l'utilité pour l'intrigue. C'est un peu dommage. Par contre, j'apprécie que les scénaristes essaient de poser la question du dialogue entre plusieurs cultures et surtout l'effet du christianisme. Certains personnages commencent à ne pas apprécier ce nouveau dieu et on commence à voir comment les chrétiens tentent d'influence les païens. J'espère que la série va continuer dans ces deux directions et il me semble que la fin de la saison pourrait être un bon départ pour cela.

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**** Une série que j'apprécie toujours autant. J'espère que la saison 4 reste dans la même veine.
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Image : Site officiel

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16:22 Écrit par Hassan dans Histoire, moyen âge | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vikings | | | |  Facebook

23/06/2016

der Staat gegen Fritz Bauer

L'Allemagne, les années 50, est divisée entre l'URSS et les alliés. L'Allemagne de l'ouest, à la sortie de la guerre, a engagé plusieurs procureurs afin de poursuivre les crimes commis durant et avant la guerre par le régime précédent et les individus qui le constituait. La personne à la tête de ce groupe est Fritz Bauer : un ancien militant socialiste et juif qui a dû s'exiler durant la période nazie. Bien qu'il essaie de retrouver les anciens nazis il est stoppé par de nombreuses forces. Celles-ci ont pied aussi bien dans son administration que dans l'État au sens large. En effet, les personnes qui étaient nommées durant la période nazie peuvent toujours se trouver en position de pouvoir et leur intérêt n'est pas de se retrouver devant les tribunaux ni d'abandonner leurs amis. De plus, ni l'Allemagne ni les USA n'ont intérêt envers un procès. Mais lorsque Fritz Bauer reçoit une piste pour Eichmann il ne peut pas abandonner malgré tous les obstacles qu'il rencontre.

Ce film allemand a décidé de ne pas parler des crimes en soi ni de parler de la guerre. Son réalisateur a souhaité examiner la société de l'après-guerre alors que l'occident entre dans une prospérité jamais connue. Dans ce contexte d'optimisme retourner sur le passé de l'Allemagne n'est pas une position appréciée. Et le réalisateur montre bien cette envie d'oublier et d'aller de l'avant, de retrouver des marques de fierté. Alors qu'une partie encore large de la population reste en faveurs de l'ancien régime, qu'une minorité est toujours loyale et qu'une autre large partie souhaite seulement oublier et avancer il n'est pas facile de demander des comptes. Le film montre très bien cet aspect. Il possède une atmosphère à la fois sobre et intense. Fritz Bauer n'est pas forcément un homme sympathique et on l'observe lutter alors qu'il semble malade. Il semble attendre tous les sacrifices de ses employés. Mais on l'observe aussi se demander si les personnes qu'il rencontre sont avec lui ou non. Qui est digne de confiance et qui ne l'est pas ? Bref, un très bon film qui mérite d'être regardé.

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**** Un film sobre qui traite un sujet sans émotions inutiles.
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Image : Allociné

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18/06/2016

Quantum and Woody 1. Les pires super-héros du monde par James Asmus, Tom Fowler et Jordie Bellaire

Titre : Quantum and Woody 1. Les pires super-héros du monde
Auteur-e-s : James Asmus, Tom Fowler et Jordie Bellaire
Éditeur : Bliss comics 27 mai 2016
Pages : 128

Ce premier tome contient les numéros 1-4. Mis à part Marvel et DC le marché américain connait un certain nombre d'éditeurs indépendants. L'un de ces éditeurs a choisi de mettre en place son propre univers partagé: Valiant. Jusqu'à maintenant il était difficile de lire ces comics en français puisque panini avait renoncé. Mais un nouvel éditeur s'est lancé : Bliss comics. Pour l'instant seuls trois comics ont été édité mais leur accueil fut très bon. Quantum and Woody est le troisième. Les auteur-e-s nous font découvrir deux frères dont le père vient de mourir. Alors que le premier est un soldat de l'armée américaine bien intégré dans la société le second est un looser, voleur et menteur. Oh, et ils ne se supportent pas ! Lorsqu'un accident de laboratoire leur donne des pouvoir les deux frères décident d'enquêter sur la mort de leur père. Du moins ils essaient car ils font plus de dégâts que de bien.

Être un super-héros est censé impliquer d'incarner la droiture, la justice et surtout la compétence face à un monde de chaos. Ce sont des symboles vers lesquels on se tourne en des temps difficiles (ou que l'on critique parce qu'illes s'arrogent le droit d'enquêter, juger et punir sans avoir à rendre compte de leurs actions). Mais, certains personnages sont tout sauf cela. C'est ainsi que DC possède Harley Quinn tandis que marvel joue avec Deadpool. Chez Valiant ce sont Quantum and Woody. Ce n'est donc pas du tout étonnant de retrouver le même type d'humour. Ici nous avons deux paumés qui essaient de survivre tout en se détestant. Plus qu'une enquête c'est une relation entre deux personnes qui se connaissent depuis l'enfance et qui ont des problèmes relationnels avec leur père. C'est à la fois drôle et parfois émouvant. Je me suis bien amusé sans que je puisse considérer le comics comme parfait. J'ai, en tout cas, envie de continuer.

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**** assez drôle et plutôt réussi.
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Image : Amazon

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17/06/2016

Paul Dini présente Batman 3. Les rues de Gotham par Paul Dini et Dustin Nguyen

Titre : Paul Dini présente Batman 3. Les rues de Gothampaul-dini-presente-batman-tome-3-270x418.jpg
Auteurs : Paul Dini et Dustin Nguyen
Éditeur : Urban comics 5 février 2016
Pages : 344

Ce tome contient les numéros 1-4, 7, 10-14 et 16-21 de Batman : Streets of Gotham. Batman a changé. Suite au combat contre Darkseid une nouvelle personne porte le manteau de la chauve-souris. Aussi bien la police que les criminelles se sont rendus compte de ce changement. Ceci permet quelques opportunités. C'est ainsi que le passé de Gotham refait surface. Et certains des ennemis les plus féroces du Batman décident de sortir de l'ombre afin de se servir. Mais la ville n'est pas isolée pour autant. De nombreux héro-ine-s étaient allié-e-s au Batman et pourraient avoir leur mot à dire.

Ce troisième, et dernier, tome contient deux grosses intrigues. Mais seule une me semble intéressante. Nous avons aussi deux Batman qui se succèdent. La première intrigue place le Batman sur les traces d'un assassin d'enfant disparus. Cette histoire permet de donner un peu de profondeur à Damian tout en présentant un nouveau personnage. La seconde intrigue concerne Silence. Elle est bien plus longue et s'inscrit véritablement dans le tome. En effet, durant tous les épisodes la menace de Silence est palpable. Ce dernier a un plan afin d'accomplir, enfin, son but. Paul Dini utilise ce personnage afin de relier plusieurs fils tendus depuis longtemps tout en approfondissant fortement l'histoire des familles Wayne et Elliot en les liant à la mafia de Gotham. On observe les conséquences de vieilles querelles. Bien que ce tome soit encore très bon il est tout de même dommage que plusieurs événements ne soient pas plus approfondis. Le retour de Bruce Wayne se trouve dans une autre collection mais j'aurais aimé qu'il soit moins abrupt. De plus, un vilain des derniers épisodes est laissé à l'abandon au profit du Silence. J'ai donc beaucoup aimé ces trois tomes que je conseille.

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***** Un très bon tome 3 malgré quelques défauts.

Image : Éditeur

14/06/2016

Nova 3. La route vers nulle part par Gerry Duggan, Paco Medina et David Baldeon

Titre : Nova 3. La route vers nulle
Auteurs : Gerry Duggan, Paco Medina et David Baldeon
Éditeur : Panini comics 2 mars 2016
Pages : 152

Ce tome contient les numéros 10-16 de Nova 2013. Depuis que Sam Alexander a hérité du casque il essaie d'être un héros. Il a prévenu le monde de l'arrivée du Phénix et il apprend à prendre en compte ses responsabilités plutôt que de chercher le combat à tous prix. Cependant, il ne pense pas trop au reste du corps des Nova. Les morts sont parsemées dans la galaxie est l'un des signaux pourrait provenir de son père. Sam décide de suivre chacun de ses signaux et de comprendre la raison de la mort des Nova. Chemin faisant, il aide un criminel recherché par Beta Ray Bill. Ce dernier n'est pas particulièrement heureux de voir un Nova aider son ennemi. En plus, Sam doit suivre les cours à l'école.

Que penser de ce troisième tome ? Celui-ci introduit une troisième équipe créative dans la série. Si j'ai bien compris, celle-ci devrait être présente à long terme. Elle construit sur les deux tomes précédents en envoyant Nova là où il devrait être : l'espace. J'ai plutôt aimé suivre Sam dans l'espace et faire ce que feraient tous les ados de 14 ans : s’éclater ! Par contre, je n'ai pas trouvé l'intrigue particulièrement réussie. J'aurais aimé quelque chose un peu plus sous la forme d'une quête des origines (et du père) que des combats qui montrent à Sam à quel point il est inexpérimenté. Je trouve l'intrigue terrestre mieux réussie. Sam n'en a que peu conscience et, donc, nous n'en savons que peu. Mais, non seulement Sam doit jongler avec l'école mais sa mère doit aussi porter la famille. Cela crée de nombreux problème qu'un jeune garçon ne voit pas. Il est cependant dommage que ces deux intrigues ne soient pas mieux reliées.

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*** Pas trop mal mais loin d'être génial.
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Image : Éditeur

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03/06/2016

The New Avengers 4. Un monde parfait par Jonathan Hickman, Valerio Schiti et Kev Walker

Titre : The New Avengers 4. Un monde parfait
Auteurs : Jonathan Hickman, Valerio Schiti et Kev Walker
Éditeur : Panini comics 6 avril 2016
Pages : 144

Ce quatrième, et dernier, tome contient les numéros 18-23 de New Avengers (2013). À la fin du dernier tome Hickman nous mettait en présence d'une équipe de la Terre 4 290 001. Cette équipe se nomme la Grande Société et leur moralité est bien plus grande que celle des Illuminatis (et surtout ce sont des références envers la justice League de DC). Entre deux équipes qui ne veulent que le bien et qui souhaitent éviter toute effusion de sang les choses ne peuvent que bien se passer. Mais c'est oublier que les actions de chacun des Illuminatis a entaché leur âme. Peut-on encore leur faire confiance ? Sont-ils capables d'aller jusqu'à la destruction d'un monde avec toutes les personnes qui s'y trouvent ? La moralité est-elle possible face à une telle échelle de destruction et à la possibilité de perdre deux univers entiers ?

Depuis le début, New Avengers se veut un exercice autour du thème de l'éthique et de la moralité. On met ensemble plusieurs personnages. Ce sont des êtres très intelligents. Ils souhaitent se rencontrer afin de préparer, en secret, des réponses à des évènements destructeurs. Face à eux on crée la fin de tout et la possibilité de l'éviter. Mais cette possibilité implique l'immoralité. Que vont faire ces différents personnages ? Hickman réussit à nous montrer comment diverses personnes réagissent face au pouvoir de vie et de mort qui leur est confié. Alors que certains se préparent d'autres redoutent. Certains personnages perdent leur identité héroïque tandis que d'autres deviennent des vilains. Bref, chacun agit selon sa caractérisation. Ce dernier tome, annoncé depuis le début, est probablement le meilleur de la série et sa fin est particulièrement poignante. Hickman réussit à créer un récit particulièrement sombre avec des conséquences importantes.

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**** Un quatrième tome qui tient ses promesses !
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Image : Amazon

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The New Avengers 3. D'autres mondes par Jonathan Hickman, Simone Bianchi et Rags Morales

Titre : The New Avengers 3. D'autres mondes
Auteur-e-s : Jonathan Hickman, Simone Bianchi et Rags Morales
Éditeur : Panini comics 3 février 2016
Pages : 120

Ce troisième tome contient les numéros 13-17. Dans le tome précèdent les Avengers et les Illuminatis devaient combattre une race Alien destructrice et Thanos alors que les univers se détruisent les uns les autres. Les humain-e-s ont vaincu mais les mondes continuent d'apparaître et de se détruire. Afin de mieux comprendre ce à quoi ils ont affaire les Illuminatis décident de créer un moyen d'observer les incursions lorsqu'elles ont lieu. Ils voient d'autres mondes combattre et mourir alors que des versions d'eux-mêmes essaient de survivre. Mais ils observent aussi le passé et le futur. Dans le même temps, le Docteur Stephen Strange décide d'user de la Bible de Sang afin d'acquérir un pouvoir capable de faire de lui un dieu. Mais le coût est énorme.

Le premier tome mettait en place le problème. Le second tome n'y était que peu lié car l'évènement Infinity avait lieu. Ce troisième tome est à mi-chemin. En effet, l'intrigue n'avance que peu. On en apprend plus sur les ennemis que les Illuminatis peuvent rencontrer ainsi que sur les Swans. De plus, on voit Strange faire un choix difficile mais sans en dire trop. Ce tome préfère nous présenter des personnages d'autres Terres faisant face aux mêmes problèmes mais dans des versions différentes. On peut se lasser de retrouver les mêmes évènements avec quelques minimes différences. Heureusement, il semble que ce tome lance aussi ce qui va arriver ensuite. Je reste tout de même un peu déçu.

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*** Une déception.
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Image : Éditeur

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31/05/2016

The World's end / Le dernier pub avant la fin du monde

En 1990 cinq amis terminent la dernière année d'école de leur vie. Afin de fêter dignement cet événement tant attendu ils décident de faire la tournée des pubs de leur ville. Il y a 12 pubs et il faut au minimum prendre une pinte dans chacun ! Mais la soirée se termine sans être un succès. Vingt ans plus tard les cinq amis sont tous à l'extérieur de la ville. Tout le monde a sa propre vie et sa propre réussite professionnelle et familiale. Ce sont des individus normaux intégrés à la société. Tous sauf Gary qui, à 40 ans, restent libre et sauvage et sans responsabilités. Malgré la destruction de leur amitié Gary réussit à convaincre ses anciens amis de tenter à nouveau la légendaire tournée des bars. Mais tout ne se passe pas comme prévu et le groupe dévoile une invasion durement préparée.

Enfin ! Enfin j'ai regardé le dernier film de la trilogie cornetto ! Et il est tout aussi bon que les autres avec les même acteurs et actrices (c'est un fait connu que la Grande Bretagne ne possède que 10 acteurs et 10 actrices qui créent la nouvelle génération). Ce film ne parle ni d'action, ni de zombie mais de SF. Et nous en avons tous les ingrédients : des personnages pris dans des événements impossibles et incompréhensibles, des robots, de la lumière et une invasion. Tout cela se pose sur fonds de bière et de pubs. Cependant, le véritable thème du film est la jeunesse. Alors que quatre personnages, mâles, montrent ce qu'est la vie adulte : responsabilité, famille et échecs. Gary King est l'exemple parfait du personnage qui refuse de grandir. Alors qu'il était un leader durant l'adolescence la vie adulte est un gigantesque échec pour lui. La quête des bars n'est qu'un dernier moyen de terminer un rêve de jeune. En fait, son personnage montre que ce film est avant tout une tragédie. Bien que le personnage soit drôle et exubérant cela ne fait que cacher sa dépression. Ce dernier film est donc une réussite et je regrette de ne pas l'avoir vu au cinéma.

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***** Une réussite et un plaisir !

Image : Allociné

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27/05/2016

Dangerous citizens. The greek left and the terror of the state par Neni Panourgiá

Titre : Dangerous citizens. The Greek left and the terror of the state9780823229673_47.jpg
Auteure : Neni Panourgiá
Éditeur : Fordham university press septembre 2009
Pages : 302

De quelle manière un état, qu'il soit démocratique ou non, crée-t-il une catégorie d'individus désignés comme dangereux pour son existence ? Cette question est la problématique principale du livre de Neni Panourgiá. L'auteure, pour y répondre, décide d'examiner la difficile et turbulente histoire de la Grèce contemporaine des années 30 à actuellement. Elle fait cet exercice en 8 chapitres qui sont autant de parties de la guerre civile connue par la Grèce. Le premier chapitre est plutôt méthodologique et pose quelques questions sur la manière de traiter un tel sujet. C'est aussi le cas du dernier chapitre qui permet d'examiner de quelle manière la mémoire des dictatures a été utilisée et écrite tout en démontrant que le passage de la Junta des colonels à la démocratie s'est fait en "oubliant" le passé violent aussi bien en ce qui concerne la gauche que les tortures pratiquées contre les citoyen-ne-s grec-ques.

D'une certaine manière, on peut diviser le livre en trois parties principales. La première partie examine la dictature de Metaxas. L'auteure explique que, selon elle, c'est dans ce cadre que la mise en place d'une division entre les citoyen-ne-s légitimes et les autres s'est faites. Elle démontre que cette division se base sur une loi du XIXe siècle dont la philosophie considère que la criminalité se répand dans "l'ADN" - je reprends son terme - de la famille. Ainsi, c'est toute une famille qui est suspecte et non seulement une personne. C'est aussi cette époque qui permet d'observer la mise en place des camps de prisonniers chargés de rééduquer les communistes qualifiés d'ennemis de la nation par le gouvernement.

Une seconde partie pourrait prendre en compte les années de la deuxième guerre mondiale jusqu'à la fin des années 50. Celles-ci commencent par une lutte contre les envahisseurs italiens et allemands. La résistance est un point commun. En effet, dans la première partie de la période de nombreux groupes politiques se constituent et résistent ou collaborent avec les envahisseurs alors que les allemands perpètrent des atrocités et que la famine menace. La seconde partie de la période permet de montrer de quelle manière les autorités anglaises, puis américaines, se retournent contre les résistants communistes en mettant au pouvoir d'anciens collaborateurs. Les anglais et les USA ont peur d'une prise de contrôle par les communistes et donc soutiennent un régime qui use de la torture et des camps d'internements dans lesquels sont exilés les communistes supposés ou non.

Enfin, la troisième partie s'intéresse aux années 50 à la fin des années 70. Bien qu'elle commence dans un semblant de normalisation la période connait une forme d'instabilité politique. En effet, non seulement le roi mais les différents gouvernements ne prennent pas en compte la loi. La période change radicalement alors que quelques colonels décident de prendre le pouvoir et, en pleine nuit, arrêtent des milliers de personnes accusées d'être de gauche qui peuvent ne posséder qu'une sensibilité démocratique et dont l'âge moyen s'étend de 50 à 80 ans. Bien que les résistances existent elles sont écrasées par la police et l'armée -en particulier lors de l'épisode de Polytechnique - et la torture et les camps sont à nouveau utilisés aussi bien contre les gauchistes que les royalistes.

Il m'est difficile d'apprécier ce livre. Dans les points négatifs je dois noter une discussion théorique qui me semble parfois un peu stérile et un système de notes assez étrange. Le livre est écrit par une ethnologue ce qui permet de comprendre pourquoi la méthode historique est assez peu développée. L'auteure préfère récolter des informations via des entretiens et ne nous offre pas des sources de l'époque (bien qu'une partie de ces documents aient été détruit il reste probablement suffisamment d'écrits). En fait, la lecture donne l'impression d'une grande histoire de famille. Tous les protagonistes semblent se connaitre tandis que l'auteure s'inscrit dans l'histoire en dévoilant ses pensées de l'époque ainsi que les endroits dans lesquels elle vivait. Ce n'est pas négatif en soi mais ça donne une impression un peu étrange de familiarité entre toutes les personnes. Cependant, le propos du livre est intéressant et nécessaire. Dans une époque dites de "guerre contre le terrorisme" qui voit des lois d'urgence se normaliser et des procédures extraordinaires devenir normales il faut se poser la question de la manière dont un état constitue une population comme dangereuse et donc moins qu'humaine. Ce processus permet de justifier des mesures qui, sinon, ne seraient pas acceptables dans un cadre démocratique. Pire, ce type de procédures, en se normalisant, a un effet négatif sur toute la population dont les membres individuels peuvent rapidement devenir suspect. L'auteure pose donc des questions nécessaires en montrant de quelle manière des lois peuvent rapidement être utilisées contre tout le monde.

Image : Éditeur

22/05/2016

Miss Marvel 3. Coup de foudre par Gwendolyn Willow Wilson, Takesh Miyazawa et Adrian Alphona

Titre : Miss Marvel 3. Coup de foudre
Auteur-e-s : Gwendolyn Willow Wilson, Takesh Miyazawa et Adrian Alphona
Éditeur : Panini comics 6 avril 2016
Pages : 176

Ce troisième tome contient les numéros 12-19. La super-héroïne préférée de tout le monde est de retour dans un troisième tome ! Lors du premier tome Kamala Khan apprenait à utiliser ses pouvoirs et découvrait l'existence de l'Inventeur. Le second tome lui permettait de comprendre qui elle est tout en affrontant les folies de l'Inventeur. Ce troisième tome commence sans trop de problèmes. Kamal maitrise ses pouvoirs et s'entraine régulièrement chez les Inhumains. Bien que ses relations souffrent un peu de sa double vie elle réussit assez bien à les concilier. Cependant, deux choses vont arriver. Premièrement, un dieu de la malice décide de venir au New Jersey pour la Saint-Valentin. Ensuite, elle apprend qu'une personne proche est aussi Inhumaine. L'amour est-il au rendez-vous ?

Le thème de ce troisième tome est clair : comment grandir, avoir sa propre vie tout en restant près des personnes que l'on aime. Depuis le début de la série Miss Marvel est une jeune héroïne résolument optimiste et qui ne souhaite qu'aider un maximum de personnes. Ce tome la place face à cette volonté alors que plusieurs de ses proches pourraient être en danger. Malgré des moments très sombres la scénariste arrive à rendre les épisodes tout aussi magique qu'au début. L'humour est omniprésent et on ne peut qu'aimer cette jeune héroïne dont j'attends toujours les suites avec impatience. Bref, foncez dessus c'est génial !

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***** Il y a des points négatifs ? Ah oui... il faut attendre la suite.

Image : Amazon

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X-Men: Apocalypse

C'est fait, j'ai vu le dernier X-Men. D'après ce que j'ai compris les critiques anglophones et francophones sont loin d'être bonnes. Je ne suis pas tout à fait d'accord tout en admettant qu'il y a d'énormes problèmes. Bref, le film débute - après une brève origine d'Apocalypse - dans les années 80. Les événements de Days of future past sont maintenant de l'histoire enseignée à tous les enfants tandis que Mystique est une héroïne. Les relations entre humain-e-s et mutant-e-s ne sont pas parfaites mais se déroulent assez bien tandis que Xavier à l'école qu'il souhaitait. Les X-Men ne sont plus et les menaces mutantes semblent ne plus exister. Bref, tout est au mieux dans le meilleur des mondes. Bien entendu, ce monde magnifique ne peut que cacher une réalité sombre et méconnue. Celle-ci pourrait éclater au grand jour alors que le plus puissant, et le plus ancien, des mutants revient à la vie. Son nom est Apocalypse et il le porte bien.

Que dire de ce film ? Je commencerais par le positif. Le film est plutôt beau. Bien que la musique ne soit pas toujours parfaite certaines scènes sont assez réussies. On sent que le réalisateur a tenté de créer du neuf tout en faisant référence avec l'ancien. Ce n'est pas toujours réussit et parfois ça donne une forte impression de recyclage mais pourquoi pas ? J'ai beaucoup aimé la transformation de Mystique en icône de la paix avec une nouvelle génération qui en a fait son idole. Malheureusement, les points négatifs sont beaucoup plus nombreux. Le premier problème est le personnage de Magneto. Ce personnage est censé être celui qui se prépare à la guerre pour des raisons parfaitement rationnelles. Magneto ne massacre pas sans raisons sauf sur le coup de la colère. Malheureusement, ce film en fait une coquille vide. Même l'acteur semble s'en être rendu compte. Son expression est un vide du début à la fin. Le second problème, plus global, concerne le ton du film. Le réalisateur donne l'impression d'osciller entre grand spectacle et contemplation. Alors qu'il crée des scènes d'action et d'effets spéciaux qu'il tente de rendre impressionnantes dans le même temps il essaie de créer quelque chose de plus intime et surtout de plus réfléchi. Mais il ne peut y réussir puisque les personnages doivent nécessairement prendre en compte les destructions massives qui se forment devant elleux. En fait, je pense que le film s'est trompé de thème. Au lieu d'un énorme super-vilain destructeur une autre partie du film aurait mérité plus de développement et surtout d'être l'histoire principale. Je parle de la quête de Mystique de sauver les mutant-e-s dans un monde pro-mutant-e mais qui, dans l'ombre, a toujours peur et les utilise. Ce monde aurait mérité son film. On aurait pu avoir une histoire qui place les différents personnages face à la réalité et permette de remettre en question leur méthodes et leurs croyances. En l'état, nous avons un film qui ne sait pas quel message offrir et qui se contente de répondre au cahier des charges tout en créant un statu quo vu et revu.

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*** Pas aussi mauvais que je le craignais. Mais le film est vide. Il oscille entre plusieurs idées tout en ne développant pas les aspects intéressants.
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Image : Site officiel

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09:24 Écrit par Hassan dans Comics, Film, Marvel, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : x-men, apocalypse | | | |  Facebook

21/05/2016

Luthor, Lex par Brian Azzarello et Lee Bermejo

Titre : Luthor, Lexluthor-270x407.jpg
Auteurs : Brian Azzarello et Lee Bermejo
Éditeur : Urban comics 11 mars 2016
Pages : 160

Ce comics contient les numéros 1-5 de Luthor : Man of steel. Depuis que Superman existe nous avons pris l'habitude de le considérer comme un héros. Un homme, à défaut d'être humain, capable de protéger le monde et l'humanité face aux dangers les plus grands de l'univers. Ses adversaires sont dépeints comme de dangereux criminels qui s'attaquent au plus grand des héros. Lex Luthor, lui, est décrit comme un businessman sans foi ni loi qui n'hésite pas à menacer pour atteindre ses buts. Il se lie aux pires criminels afin de faire tomber Superman. Et si ce n'était qu'une partie, fausse, de la vérité ? Et si Luthor n'était pas un vilain mais un humain qui tente de montrer ce qu'est vraiment Superman : une menace non seulement pour l'humanité mais aussi pour ses futures réalisations. Luthor serait-il le véritable héros ?

Lex Luthor est un personnage que j'apprécie. J'ai cet avis en grande partie parce que je suis d'accord avec lui. Et j'attendais beaucoup du film Batman V Superman de ce point de vue. Malheureusement, on nous a servi un Luthor fade. Ce comics, un one shot, me permet d'avoir enfin accès au Luthor que l'on mérite. Un personnage qui allie cruauté, génie et business tout en justifiant ses actions par le bien commun. Un homme qui se trouve au-dessus de tout le monde mais qui pense être capable de comprendre celleux dont il dirige les destinées. Et, face à lui, un homme qui a été placé au-dessus de tout le monde et aux pouvoirs sans communes mesures avec les possibilités humaines. Un combat est inévitable. Ce comics dessine un Luthor tout en nuance mais dont le seul but est de protéger l'humanité même si cela implique qu'il perde tout. Bref, ce comics fait exactement ce que je souhaite pour un tel personnage.

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**** Un très bon oneshot qui écrit un Luthor nuancé et avec lequel on pourrait être d'accord.
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Image : Éditeur

Low 2. Optimisme de surface par Rick Remender et Greg Tocchini

Titre : Low 2. Optimisme de surfacelow-tome-2-270x412.jpg
Auteurs : Rick Remender et Greg Tocchini
Éditeur : Urban comics 22 avril 2016
Pages : 120

Ce second tome contient les numéros 7-10 publiés dans Low vol. 2 : Before the dawn burns us. Le tome précédent présentait les personnages, l'intrigue et plaçait plusieurs événements traumatisants. Ce tome continue sur la lancée de ces même événements. Alors que la scientifique Stel reçoit de plein fouet la douleur des pertes qu'elle a connue récemment et dans le passé son vaisseau continue à monter mais doit se ravitailler dans une ville abandonnée. Cette ville n'est, cependant, pas si déserte que cela. Les humain-e-s qui y vivaient ont changé pour le pire. Parallèlement, on en apprend plus sur ce qui est arrivé à sa seconde fille dans une ville qui criminalise l'espoir et l'art. La seule question importante concerne la capacité des trois personnages de se réunir.

Je le dis immédiatement, les graphismes sont toujours aussi beaux. J'aime beaucoup l'art de Tocchini et chaque page est un émerveillement alors que ses pinceaux me permettent de plonger sous les océans. L'intrigue, elle, reste plutôt basique. Elle est divisée en deux. La première partie concerne la seconde fille de Stel dont on suit le destin. On apprend qu'elle fait partie d'une force de police chargée de bannir l'art dès les premières pages. Encore une fois, le thème de l'espoir et de ses conséquences est au centre. Mais, cette fois, on nous présente une société militarisée et standardisée à l'extrême. La seconde partie concerne Stel. Remender a la bonne idée de lui faire perdre espoir puis d'essayer d'expliquer pour quelle raison le personnage réagit ainsi et comment s'en sortir. En effet, le personnage donne tout mais ne prend jamais le temps de penser à elle ce qui ne peut que lui faire du mal. Bien que l'intrigue me laisse perplexe j'ai tout de même envie de lire la suite.

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*** Je suis toujours mitigé mais ma curiosité est toujours présente.
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Image : Éditeur

20/05/2016

Low 1. L'ivresse de l'espoir par Rick Remender et Greg Tocchini

Titre : Low 1. L'ivresse de l'espoirlow-tome-1-39176-270x416.jpg
Auteurs : Rick Remender et Greg Tocchini
Éditeur : Urban comics 26 février 2016
Pages : 176

Ce tome contient les numéros 1-6 publiés dans Low Vol 1 : The delirium of hope. Dans ce comics Remender tente quelque chose de très personnel. D'une part, il parle d'un thème qui l'avait frappé étant enfant. D'autre part, il essaie de créer un personnage optimiste alors que lui-même est pessimiste. Low se déroule dans le futur très lointain. Le soleil se transforme en géante rouge et la Terre est mourante. L'humanité a réagi de deux manières : elle a envoyé des sondes pour tenter de trouver des planètes habitables et elle s'est réfugiée sous la surface des océans. Mais les sondes n'ont jamais donné de résultats concluants. L'humanité a progressivement perdu espoir et s'est réfugiée dans le cynisme et l'oubli alors que les dernières villes s'éteignent les unes après les autres. Mais une femme, une scientifique, a encore de l'espoir. Et elle lutte afin de récupérer les données d'une sonde qui vient de retourner à la surface.

Je suis mitigé. Ce comics me parle. J'aime beaucoup l'idée de Remender. Un monde caché, sous la surface, qui tente d'oublier sa future destruction dans un milieu futuristique qui permet une liberté de création importante. Les dessins de Greg Tocchini qui accompagnent l'histoire sont tout simplement magnifique et permettent d'intégrer cet univers sans résistances. J'ai plus de problèmes avec l'intrigue. On suit une femme scientifique, c'est déjà une bonne idée, mais elle semble toujours se retrouver face aux mêmes problèmes. Et je me demande si cela est nécessaire. De plus, le pouvoir de l'espoir me semble être un artifice un peu facilement utiliser par l'auteur. Il aurait pu mieux l'écrire et même le problématiser. Ce qui ne veut pas dire que les effets du désespoir ne soient pas intéressants. Remender réussit à décrire des sociétés qui sont perdues. Mais je me demande si l'intrigue se développera un peu plus ou non. Je verrais lors de ma lecture du second tome.

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*** Un avis mitigé mais j'espère un tome 2 qui me convaincra.
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Image : Éditeur

15/05/2016

Letter 44. 3 Matière négative par Charles Soule, Alberto Jiménez Alburquerque et Dan Jackson

Titre : Letter 44. 3 Matière négative9782344014769-L.jpg
Auteurs : Charles Soule, Alberto Jiménez Alburquerque et Dan Jackson
Éditeur : Glénat 13 avril 2016
Pages : 160

Ce tome contient les numéros 14-20. Il s'est déroulé 9 mois depuis le second tome. Durant ces 9 mois Le Clarke a été incapable de communiquer avec la Terre. Les membres de l'équipage ont réparé le vaisseau avec l'aide des aliens alors que ceux-ci ont sauvé le bébé. Dans le même temps, certains lieux sont ouverts à l'équipage. Mais il semble que certaines choses soient cachées. En effet, pendant ces 9 mois la Terre a connu une troisième guerre mondiale qui se déroule entre la Russie, l'Allemagne, l'Angleterre, la France et les États-Unis. Tous les pays possèdent une technologie similaire alors que le monde connait une crise économique et sociale extrêmement importante. L'humanité va-t-elle disparaitre ?

Ce troisième tome avance gentiment les deux intrigues. Dans l'espace on en apprend un tout petit plus sur les aliens. La relation avec les humaines est intéressantes et troublantes mais les auteurs ne donnent pas encore trop d'informations se contentant de souligner la supériorité technologique. Sur Terre, par contre, l'intrigue politique prend un bond en avant. Celle-ci concerne non seulement la guerre mais aussi la présidence américaine. En ce qui concerne la guerre j'avoue être surpris du choix de certains pays et de leur alliance que je ne trouve pas toujours très logique. Par contre, la présidence est toujours aussi intéressante et permet d'en savoir beaucoup plus sur les intrigues politiques qui entourent tout le monde. J'espère bientôt connaitre la suite.

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**** Une série que j'apprécie toujours autant malgré quelques choix que je ne comprends pas.
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Image : Éditeur

Letter 44. 2 Décalage spectral par Charles Soule, Alberto Jiménez Alburquerque et Dan Jackson

Titre : Letter 44. 2 Décalage spectral9782344009376-L.jpg
Auteurs : Charles Soule, Alberto Jiménez Alburquerque et Dan Jackson
Éditeur : Glénat 18 novembre 2015
Pages : 160

Ce second tome contient les numéros 8-13 de Letter 44. Dans les épisodes précédents le nouveau président des États-Unis, le 44ème, apprenait par son prédécesseur qu'une forme de vie alien avait construit un artefact dans la ceinture d'astéroïde. Toutes ses actions avaient pour but de préparer le pays à une guerre qu'il juge inévitable. Blade, le nouveau président, a décidé qu'il était temps d'effacer les erreurs de son prédécesseur en utilisant les technologies les plus avancées pour gagner les guerres dans lesquelles les États-Unis sont empêtrés et réparer le tissu social du pays. Mais les tensions internationales sont à leur comble. Dans l'espace, les membres du Clarke subissent plusieurs pertes en tentant de comprendre les buts des aliens.

Ce second tome continue sur la lancée du premier avec deux intrigues complémentaires mais parallèles. D'une part, nous suivons ce que les membres d'équipage du Clarke font et de quelle manière illes tentent de survivre. Les auteurs ne nous donnent pas beaucoup d'informations sur les aliens ni sur leurs buts et je me demande ce que cela donnera. Sur Terre, par contre, l'intrigue politique se développe à vitesse grand V. Il est difficile d'en parler sans spoiler mais les décisions de Blade - dont l'identité n'est qu'un paravent au vu de certaines décisions - posent de nombreux problèmes au niveau aussi bien international que national. Les auteurs ont eu la bonne idée de placer les États-Unis sur un pied d'argile en montrant en quoi des décisions unilatérales peuvent avoir des conséquences dangereuses. L'intrigue prend un tour très intéressant pour le personnage de Blade et ses idées. Bien qu'une simple réflexion permette de savoir ce qui arrivera je me réjouis de lire le prochain tome.

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**** De la politique et de la SF ? Je suis toujours au rendez-vous !
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Image : Éditeur

Money Monster

Nous sommes dans une époque d'incertitudes économiques. Un présentateur star, Lee Gates, avait conseillé de prendre des actions d'une compagnie qui semblait ne pas pouvoir tomber. Mais un programme informatique a mal fonctionné et 800 millions de dollars sont perdus dans la nature. De nombreuses personnes ont perdu leur économique dans ce qui est considéré comme un simple bug. Lee Gates, lui, continue comme si de rien n'était et explique que l'entreprise ne peut que sortir du trou dans lequel elle se trouve actuellement. L'émission continue comme si de rien n'était avec les pitreries de Lee. Mais, dans l'arrière fond, un homme est présent alors qu'il n'en a pas le droit. En quelques minutes il prend la salle en otage et force la chaine à continuer la diffusion. Il ne veut pas d'argent mais des réponses : que s'est-il vraiment passé ?

Ce film est dirigé par Jodie Foster. L'intrigue mêle plusieurs thèmes. L'un des principaux est l'infotainment. Vous savez, cette tendance des chaines, publiques ou privées, à considérer ses spectateurs et spectatrices comme des imbéciles qui ne peuvent regarder un sujet sérieux que si le présentateur ou la présentatrice fait le pitre. Lee Gates, joué par Clooney, est l'un de ces pitres. On observe un homme donner des conseils sans arguments mais avec des effets censés être drôle. À plusieurs reprises, on comprend que son émission n'est pas considérée avec sérieux. Ainsi, comme le dit Julia Roberts au début : on ne fait pas de journalisme. Lee Gates fait partie de ses faux journalistes qui acceptent les explications sans jamais poser de questions qui fâchent. Ce thème est lié à celui de la société du spectacle. La prise d'otage est rapidement transformée en un phénomène médiatique disponible en directe sur internet et la population semble regarder sans avoir conscience de ce qui se déroule.

Le second thème important concerne l'économie de marché capitaliste. On sait comment ça marche : le marché est une entité naturelle qui fonctionne selon la demande et l'offre. Toutes tentatives de réguler le marché, selon les libéraux, ne peut que dénaturer celui-ci et détruire l'économie. Dans ce film nous avons une entreprise qui perd 800 millions et qui ne donne aucune explication. La seule excuse se concentre sur un bug dont personne ne comprend la provenance. Tout le propos du film est d'expliquer que même si on nous présente le système comme trop compliqué pour le comprendre cela peut cacher des manipulations qui n'ont rien de naturelles et qui peuvent être illégales. Ainsi, se pose la question de la moralité d'un marché laissé libre.

Bien que le film pose ces deux questions il faut tout de même noter qu'il échoue en partie. Le film est bien écrit et les acteurs et actrices sont très bonnes. Cependant, les questions que posent le film ne reçoivent ni le développement ni les réponses que cela mérite. Tout se passe comme si la réalisation s'est retrouvée empêtrée dans le spectacle et a oublié de prendre en compte l'intrigue. À mon avis, ce film aurait mérité une attention plus grande sur les mécanismes du marché et les dérives dont il est constitué.

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**** Bien écrit avec un très bon casting mais qui ne va pas assez loin dans le propos.
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Image : Site officiel

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10:26 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : money monster | | | |  Facebook

11/05/2016

Lazarus 4. Poison par Greg Rucka et Michael Lark

Titre : Lazarus 3. Conclave9782344015988-L.jpg
Auteurs : Greg Rucka et Michael Lark
Éditeur : Glénat 4 mai 2016
Pages : 160

Ce tome contient les numéros 16-21. Les problèmes sont plus que nombreux pour la famille Carlyle. Le patriarche de la famille a été empoisonné par le Docteur Hock suite au procès par combat engagé, et perdu, par ce dernier. La conclusion n'a donc pu être que la guerre entre les familles qui gouvernent le monde. Mais sans le patriarche la famille Carlyle est-elle capable de vaincre ses nombreux ennemi-e-s? Ses allié-e-s sont de moins en moins nombreux et de plus en plus inquiets. La guerre semble être en passe d'être perdue. Seule Forever pourrait modifier le cours de celle-ci en allant directement sur le terrain. Mais elle pourrait bien ne pas en revenir.

Bien que les scènes d'action soient nombreuses ce tome est, étrangement, une forme de répit dans l'intrigue. En effet, les questions posées dès le premier tome sont laissées de côté. Les explications sur ce monde dystopique sont aussi abandonnées. Ces manques se font au profit de la guerre et des liens que la famille Carlyle entretien avec ses allié-e-s. Alors que, d'une part, on nous montre que personne ne peut prendre le flambeau chez les enfants de l'autre on nous présente un petit groupe de soldat-e-s mené-e-s par Forever. D'une part nous avons une intrigue politique sommaire et de l'autre l'intrigue d'un film de guerre classique. Le tome est réussi mais on espère rapidement en savoir plus. Par contre, le premier numéro sort clairement du lot. Celui-ci nous fait lire le journal d'une espionne au service des Carlyle. Le numéro est particulièrement bien réussi et intéressant.

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***** Un tome un peu moins bons que les précédents mais toujours aussi intéressant.

Image : Éditeur

07/05/2016

Lazarus 3. Conclave par Greg Rucka et Michael Lark

Titre : Lazarus 3. Conclave9782344011010-L.jpg
Auteurs : Greg Rucka et Michael Lark
Éditeur : Glénat 25 novembre 2015
Pages : 160

Ce tome contient les numéros 10-15. Il y a quatre mois l'un des fils Carlyle, Jonah, a trahi sa famille. Il s'est enfui en direction du territoire Hock mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Alors que Forever parlementait avec les Morray et qu'elle stoppait une attaque terroriste contre sa famille son frère vivait en captivité. Il est drogué et charcuté afin de découvrir les secrets des Carlyle. Mais le temps du secret est terminé. Les Hock annoncent officiellement détenir Jonah. Face à cette révélation il n'y a que peu de choix. L'un de ceux-ci est la convocation d'un conclave de toutes les familles afin de régler le problème. Mais ces événements, sous leurs dessous aristocratiques, cachent trahisons et complots. La guerre pourrait bien découler des décisions des familles réunies et de leurs Lazares.

Greg Rucka est un scénariste génial. Les tomes précédents ont donné des aperçus de son univers. On apprenait comment fonctionne la famille ainsi que leurs possessions. Le tome 2 permettait de mieux comprendre le quotidien des déchets et des serfs. Bien que ce troisième tome explique comment fonctionne une famille concurrente - et celui-ci est loin d'être sympathique - l'intrigue se déroule principalement dans un lieu unique. On reçoit peu d'informations sur les relations entre familles car Forever, l'héroïne, et est exclue comme les autres Lazares. Ceci permet de mieux peindre la relation que les Lazares entretiennent. Bien qu'ils et elles soient des allié-e-s ou des ennemi-e-s ces personnes se traitent de manière respectueuses en tant qu'égale. Il est troublant de voir des ami-e-s discuter calmement de la possibilité d'une lutte à mort future. Ce tome permet aussi de comprendre un peu mieux le fonctionnement global de la dystopie mise en place par Rucka. On apprend que les familles sont liées par les termes d'un accord qui défend les intérêts économiques de tout le monde. On savait que le monde appartenait à l'argent et maintenant on comprend mieux le fonctionnement des relations entre les familles. Bref, Rucka donne toujours des miettes tout en réussissant à créer une impression d'un monde bien plus vaste et compliqué mais dont on comprend les règles sans qu'elles soient toujours expliquées. Ce comics est probablement l'un des meilleurs du moment et je ne peux presque pas attendre de lire la suite.

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***** L'un des meilleurs comics en cours selon moi. J'aime tout et tous les personnages. Vive Greg Rucka.

Image : Éditeur

05/05/2016

The Flash saison 1

Barry Allen est un jeune homme intelligent. Il travaille en tant qu'expert scientifique pour la police de Central City. Mais ce travail n'est qu'une couverture. En effet, il utilise son temps libre et son argent afin de trouver le meurtrier de sa mère. Lorsqu'il était encore enfant il a été témoin d'un phénomène impossible. Tellement impossible que la police n'y a pas cru un seul mot et a mis son père en prison. Mais Barry sait ce qu'il a vu. Et s'il veut prouver l'impossible il doit étudier les cas qui défient toutes explications. Cette quête est sans fin jusqu'à un jour précis. Alors qu'un scientifique local voit son travail exploser Barry Allen, lui, est frappé par la foudre et se réveille avec des capacités extraordinaires. Il n'est pas qu'un humain. Il est le Flash. Et sa nouvelle mission est de s'entrainer à utiliser ses pouvoirs tout en protégeant la ville contre les personnes qui ont des capacités extraordinaires.

Flash se déroule dans le même monde qu'Arrow, il y a plusieurs liens entre les séries, mais là où Arrow est sombre jusqu'à la caricature Flash est lumineux. Alors que la série Arrow se déroule souvent la nuit Flash se déroule souvent en plein jour. Les personnages sont aussi très différents. Barry est jeune, insouciant et positif. Son seul but est d'aider les gens. Tandis qu'Oliver est mélancolique, un assassin et surtout pessimiste. Le problème principal de Flash est de placer le héros face à des adversaires sans consistances durant les épisodes. Il y a toujours le vilain de la semaine qu'il faut réussir à vaincre. Ainsi, il faut plusieurs épisodes avant que la gestion de prisonniers possédant des pouvoirs ne se pose et celle-ci n'est pas questionnée. Il n'y a que deux vilains qui valent la peine : Captain Cold et le Reverse Flash. Ce dernier est très intéressant et, jusqu'à la fin, on se demande ce qu'il pense vraiment. Bref, ce n'est pas une série qui révolutionne le genre. Mais on s'amuse bien et j'apprécie le héros principal ainsi que ses ami-e-s.

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**** Rien de bien révolutionnaire mais j'aime bien les personnages et cet univers.
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Image : Allociné

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09:43 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the flash | | | |  Facebook

01/05/2016

Captain America: Civil War

Après Batman V Superman il est temps de s'intéresser à l'autre univers des super-héros qui se battent entre elleux : Marvel. Le monde a connu de nombreuses catastrophes que les Avengers et leurs membres individuels ont aidé à arrêter. Que ce soit la chute du SHIELD, la destruction de New York ou celle de la Sokovie les Avengers ont aidé. Mais illes n'ont pas réussi à sauver tout le monde. Et alors qu'une mission tourne mal et se conclut par la mort de diplomates du Wakanda l'ONU se demande s'il ne serait pas nécessaire de contrôler les activités de ces personnes extrêmement puissantes. Un accord est écrit et une grande majorité des pays signent. Il est demandé aux Avengers de signer aussi afin de se soumettre aux décisions d'une autorité légitime. Alors que certain-e-s sont d'accord d'autres, dont Captain America, craignent que cela les empêchent d'agir quand cela est nécessaire. Après un attentat la lutte des arguments devient une lutte physique alors que des ami-e-s s'affrontent.

Je me suis demandé de quelle manière il serait possible d'adapter Civil War. L'évènement concerne des centaines de personnages et met à mal de nombreuses relations ce qui a des conséquences encore maintenant dans l'univers des comics. Le film, si on le prend comme un simple moyen de s'amuser en regardant de belles scènes d'action, réussit à crée de belles images dont certaines sont tirées des films. Mais il échoue sur bien des points plus importants si l'on souhaite de véritables enjeux. L'arrivée de nouveaux personnages, nécessaire pour créer des batailles plus importantes malgré le petit nombre de personnages, est mal géré et même très artificiel. Les enjeux sont balayés d'un revers de la main. Au final, cette guerre civile n'a aucun impact sur les relations ni sur le futur du MCU. En effet, ce qu'on nous montre ce sont des personnes qui restent amies même en pleine bataille. Normalement, cet événement aurait dû détruire des relations d'amitié. Là elles existent toujours. Par contre, le film réussit à passer d'un point de vue global, les accords, à un point de vue plus intime entre deux personnages. Bref, comme d'habitude Marvel fait mine de prendre des risques sans en prendre aucun. Il faudra bien, un jour, que quelque chose soit vraiment risqué.

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**** Un bon film d'action mais sans aucuns enjeux ni conséquences.
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Images : Site officiel

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30/04/2016

Trumbo

Dalton Trumbo était un scénariste d'Hollywood lors de l'âge d'or du cinéma. Il a combattu durant la Deuxième guerre mondiale. Mais il était aussi un membre du parti communiste des États-Unis. Ce fait devient un problème durant les années 50 alors que le monde occidental commence à entrer dans la Guerre Froide. Les sympathies communistes deviennent suspectes de cacher des traitres à l’État. Et le cinéma est l'une des industries qui entre dans le viseur des milieux anticommunistes qui entourent le comité des activités anti-américaines du Congrès. Après plusieurs batailles Trumbo et ses collègues terminent en prison pour un an. Lorsqu'ils en sortent ils trouvent un monde nouveau. Ils sont ostracisés et ne peuvent plus travailler car une liste noire est mise en place. Mais Trumbo décide de travailler sous pseudonyme. Et, au fil des années, la liste noire devient une couverture pour un énorme marché noire.

Trumbo est un bon film. Il contient de très bons acteurs et actrices. Il est bien écrit et plutôt bien mis en scène. Il y a bien quelques longueurs et quelques défauts. En fait, ces défauts dépendent plus du type de film choisit que de la production. Trumbo est un biopic qui tente de s'intéresser à près de 15 ans d'histoire en deux heures. Il y a donc de nombreux problèmes de rythme entre deux époques avec des personnages qui changent sans véritablement changer. Un autre problème concerne le propos même du film. Quand on doit faire tenir 15 ans d'une personne en deux heures on est obligé d'oublier tout ce qui est superflu. On se concentre sur un personnage sans prendre en compte ce qui existe autours de lui. Ainsi, on ne comprend pas forcément ce qui est en train de se dérouler sur les écrans ni qui sont toutes ces personnes. Le film échoue à expliquer comment fonctionnait la liste noire et quels furent ses effets car on ne peut pas faire autrement que de s'intéresser à la vie d'une seule personne. Cependant, on observe assez bien les effets de la liste sur la famille de Trumbo. Illes doivent déménager, accepter d'être insulté-e-s et surtout garder le secret et aider Donald Trumbo. Ce dernier est montré se tuant à la tâche et j'aurais apprécié en savoir plus sur les autres membres de la famille qui semblent tout autant intéressant.

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**** Un bon biopic qui, comme tous les biopics, échoue à expliquer une époque et une vie dans toutes leurs complexités.
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Images : Site officiel

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09:32 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : trumbo | | | |  Facebook

29/04/2016

The 100 saisons 1 et 2

The 100 est une série de la CW. Elle se déroule dans un futur assez proche. Environ 100 ans se sont déroulés depuis que la Terre a vécu une apocalypse nucléaire. Les survivants se sont regroupées dans l'espace dans une douzaine de stations reliées entre elles. Ces stations permettent de nourrir et de faire vivre près de 3000 personnes mais au prix d'une discipline de fer. Tous les crimes sont punis de la même manière : la peine de mort. Seules les personnes mineures sont épargnées pour être réexaminés à leur majorité. Mais la station ne peut plus durer encore longtemps. Il est donc décidé d'envoyer les mineur-e-s criminel-le-s sur Terre afin de vérifier l'habitabilité des lieux. Ces 100 adolescents et enfants devront apprendre à survivre dans un milieu hostile. Et surtout, illes apprendront qu'illes ne sont pas seul-e-s.

La CW n'a pas une très bonne réputation pour les séries. Pourtant, je trouve que la chaine réussit à créer des œuvres intéressantes. The 100 est l'une d'elle. J'ai énormément apprécié ces deux saisons (et j'attends la troisième avec impatience). De nombreux personnages sont très bien écrit avec une évolution justifiée (bien que parfois un peu abrupt). C'est l'une des rares séries que je connaisse à mettre autant en avant de bons personnages féminins dans des rôles techniques ou de leaders. Le propos de la série, comme l'explique le poster, est la survie. De quelle manière différents groupes d'humains essaient d'éviter la mort. Bien que nous suivions principalement les personnes venues de l'Ark les scénaristes essaient de ne pas trop nous guider dans un raisonnement moral. Ainsi, on peut accepter plusieurs décisions puis se demander si une autre solution aurait pu être possible. Cet aspect est particulièrement important dans la saison 2 qui fait vraiment décoller la série.

En lien avec le thème de la survie, on observe le rôle des leaders et du pouvoir. Leur position est montrée de manière négative. Ce sont des personnes qui prennent des décisions de vie et de mort avec, parfois, la connaissance exacte des effets de ces décisions. La série, outre la survie, pose donc la question de la légitimité des décisions prises par des personnes élues ou non qui peuvent impacter toute une société et tuer des personnes pour sauver le plus grand nombre au prix d'une position éthique. Ainsi, on peut résumer la série par les mots de l'un des personnages : il n'y a pas de bons côtés. Mais j'ajouterais qu'il n'y a pas de mauvais côté non plus seulement des personnages qui agissent dans certains cadres qui leur imposent des décisions précises. En résumé, c’est une très bonne série.

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***** Une très bonne série avec une seconde saison magnifique.

Images : Allociné

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16:26 Écrit par Hassan dans contemporain, science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the 100 | | | |  Facebook

28/04/2016

Green Room

Un groupe de rock, les Ain’t Rights, sans le sous se rend dans une petite ville de l'Oregon. Mais ce qui devait être un concert devant des fans du genre devient une interview foireuse et un bar local. C'est une catastrophe qui ne rapport que 6 dollars par personnes. Cependant, la personne qui les a invités pense être capable de leur trouver une autre salle de concert avant leur départ définitif. Cette salle est perdue dans la forêt. C'est un bar à skinheads nazis. Bien que le groupe ne soit pas forcément très heureux du lieu ils réussissent à se faire accepter durant leur performance. Malheureusement, ils sont témoins d'un meurtre au moment même où ils partaient. Ils sont enfermés dans une petite salle alors qu'ils se rendent de plus en plus compte qu'ils pourraient ne pas s'en sortir.

Ce film provient du même auteur que Blue Ruin. Ce dernier nous offrait la croisade de vengeance d'un homme face à la famille qui a tué son père. Dans Green Room les choses sont différentes. Les personnages ne voyagent pas. La majeure partie de l'intrigue se déroule dans le bar et même dans une seule salle. Les personnages sont des rockeurs un peu perdus et sans attache qui doivent trouver un moyen de survivre et de comprendre ce qui se déroule. Le film commence donc très gentiment sans aucune menaces (ou presque). Ce n'est qu'au fil du temps que les problèmes se précisent. Les ennemis, eux, sont des gros bras qui essaient de se rendre important en suivant une idéologie qui leur permette de se sentir valorisé. L'exemple parfait est celui du gérant qui, en fait, s'en fiche un peu et tente seulement de gérer le bordel de la situation. Seul le chef est vraiment inquiétant. Il est magnifiquement joué par Patrick Stewart très calme et stoïque. Green Room est un très bon film. Cependant, la réalisation n'hésite pas à user du gore sans mesure. Certaines scènes sont horribles. Ce film n'est donc pas destiné aux âmes sensibles (et Pathé l'interdit aux moins de 16 ans tout en suggérant 18 ans)

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***** L'auteur de Blue Ruin signe un nouveau très bon film. Cependant, il faut se préparer à des images difficilement soutenables.

Images : Allociné

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08:14 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : green room | | | |  Facebook