21/09/2012

Little Brother par Cory Doctorow. Nous sommes tous des terroristes

Titre : Little Brother
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Voir le site de l'auteur
Pages : 306

Wow qu'est-ce que ce livre est bon! Oui je sais je commence fort et il est même très rare que je sois si positif. Mais après avoir lu des histoires que je trouvais moyennes se retrouver dans ce livre que j'ai vraiment apprécié est magnifique. Little Brother est écrit en 2008 par Cory Doctorow. On y retrouve ses thèmes de prédilection: sécurité, informatique et liberté. Nous sommes à Los-Angeles et nous suivons les aventures de Marcus jeune ado de 17 ans. Comme tous les ados il lui arrive de ne pas suivre les cours pour jouer ou sortir avec des amis. Ce jours là Marcus souhaite continuer un jeu de rôle et d'énigmes qui prend place à l'intérieur de la ville même. Mais, après avoir rassemblé ses amis, quelque chose d'horrible se passe. La ville est sous attaque terroristes et plusieurs bombes explosent. Alors que les quatre amis cherchent la sécurité ils se font repérer et arrêter par le Département de la Sécurité Intérieure. Les quatre adolescents sont maintenant suspects de terrorisme et il faudra toute l'ingéniosité technologique de Marcus pour réussir à crier la vérité et à reconquérir la liberté

Que se passerait-il si l'arsenal technologique mis en place pour notre sécurité - comme ils disent - serait détourné pour nous contrôler? La liberté existerait-elle encore? Cet arsenal technologique est-il véritablement utile ou ne fait-il que punir les mauvaises personnes? Ce sont les questions que pose Doctorow dans une Uchronie qui pourrait bien être plus réalistes qu'on ne le souhaite. En effet, Doctorow tente de se baser sur des technologies existantes ou prochainement réalisable (je viens de lire, par exemple, que la reconnaissance des mouvements de marche est en cours de mise au point). Beaucoup de personnes pensent que ces technologies ne sont pas dangereuses et qu'ils peuvent laisser les technocrates, les industriels et les politiciens s'en occuper. D'un certain coté ils n'ont pas tort. La technologie n'est pas dangereuse ou mauvaise en soit mais c'est son usage qui peut être dangereux (c'est d'ailleurs un sujet de dissertation classique au gymnase...).

Doctorow nous décrit une ville sous occupations. Les caméras de surveillance sont partout, la police est plus que présente et agit de manière illégale, les citoyens sont surveillés via les puces RFID et les écoles installent des dispositifs de vidéosurveillance dans les salles de cours et animent des leçons de propagandes. Quels sont les points communs? Ce sont la peur et l'étouffement de l'esprit critique. Derrière l'argument classique "les innocents n'ont rien à cacher" on justifie et on se justifie la perte de toute vie privée et de toutes possibilités de critiques. Car comment peut-on critiquer un système destiné à notre sécurité si on ne veut pas aider l'ennemi? Comme je l'ai déjà dit, les technologies existent déjà. Les puces RFID sont partout de la carte d'étudiant à la carte de fidélité. Les caméras sont installées de plus en plus souvent pour un coût énorme sans preuve de leur véritable utilité. Internet peut être surveillé et contrôlé de plus en plus étroitement. Mais ce que montre ce livre c'est aussi que ces technologies de surveillance peuvent être très facilement contournées avec des techniques simples que l'on peut trouver sur google. La question reste: pourquoi payer autant pour des technologies déficientes? Pour le fantôme de sécurité qu'elles nous offrent? Si cette réflexion, nécessaire, de Doctorow sur la surveillance ne suffisait pas il ajoute aussi une histoire à rebondissement avec des personnages que, pour une fois, j'ai apprécié. Je ne peux dire qu'une chose: si vous vous intéressez à la surveillance ou à Doctorow lisez ce livre incontournable puis réfléchissez aux implications.

09/09/2011

Bon anniversaire!

Je suis un peu en retard. Mais je voulais écrire un billet pour célébrer l'anniversaire de l'un des systèmes d'exploitations les plus importants de notre époque. Celui-ci a gagné une popularité croissante au fil du temps. Celui-ci fait tourner la majorité des serveurs sur internet, est utilisé dans la grande majorité des smartphones actuellement sur le marché (androïd, par exemple, est basé sur un noyau Linux), installé sur la plupart des supercomputers utilisés dans le cadre de la recherche et pourtant rare sont ceux qui le savent. Oui, vous, vous utilisez linux tous les jours rien qu'en naviguant sur le web. Et tout ceci a commencé en 1995 quand Liuns Torwald a envoyé son fameux message:

« Salut tout le monde… Je suis en train de faire un système d’exploitation libre (c’est juste un passe-temps, rien d’aussi professionnel ni énorme que GNU) il ne prendra sûrement jamais rien d’autre en charge que des disques durs AT puisque c’est tout ce que j’ai »

Mais qu'est ce que Linux? Plus qu'un nombre impressionnant de distribution différentes (Ubuntu, Fedora, Debian, Mandriva, Mageia mais la liste est bien plus longue) Linux est une question de philosophie. Plutôt que de perdre ses droits au choix en utilisant des systèmes comme ceux développés par Microsoft ou Apple Linux offre une alternative. Une alternative ou la liberté fondamentale. Cette liberté découle des droits garantit par la licence GNU-GPL qui sont au nombre de quatre: la liberté d'utilisation du logiciel, la liberté de la modifier selon ses besoins, la liberté de partager et de la distribuer. Ainsi, Linux est devenu une alternative importante aux systèmes d'exploitations qui ferment leurs code et tentent de contrôler l'utilisation qui en est faite par l'utilisateur.

Linux est aussi un mode de développement que l'on pourrait presque qualifier d'anarchique. En effet, ce ne sont pas des chefs qui décident de ce que les développeurs doivent ou peuvent faire puisque tout un chacun peut, si il le souhaite, modifier ou proposer une modification du code. C'est une manière de travailler très différente de l'idée capitaliste du travail que Linux nous offre. Et ceci même si ses adeptes n'ont pas forcément cette conception politique en tête. Ainsi, Linux est un bienfait par sa seule existence. Ce qui ne veut pas dire qu'il soit parfait. Encore aujourd'hui il peut être fastidieux d'installer ou d'utiliser certaines distributions bien que les plus populaires se soient grandement améliorées sur ce point (par exemple Ubuntu). Sans oublier que migrer sur Linux implique de s'habituer à un nouveau mode d'utilisation qui peut être déroutant. Mais, et vous l'aurez compris, l'important n'est pas d'imposer Linux mais de permettre le choix de l'utiliser si on le souhaite, d'offrir une alternative. Quand celle-ci est offert il faut, ensuite, laisser les personnes faire leur choix.

Linux Fondation

Billet sur Framablog concernant les 20 ans

15:38 Écrit par Hassan dans Linux | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : linux | | | |  Facebook