Livre

  • Heir to the Jedi par Kevin Hearne

    Titre : Heir to the Jedi
    Auteur : Kevin Hearne
    Éditeur : Del Rey 3 mars 2015
    Pages : 304

    Ce livre se déroule peu de temps après la bataille de Yavin. L'étoile noir fut détruite par un jeune fermier qui redécouvre le fonctionnement de la Force, seul. Depuis, Luke Skywalker est un héros de la Résistance. Mais il y a une différence entre la propagande et la réalité. Le héros de Yavin essaie à peine de comprendre de quelle manière il peut user de la Force pour devenir un Jedi. Bien qu'il soit capable de méditer il ne sait pas encore user de son sabre laser, ni en construire un neuf, et il ne connait presque rien sur les doctrines Jedi. Heureusement pour lui, une mission d'extraction lui donnera quelques occasions d'apprendre à être un peu meilleur.

    SPOILERS

    Ce roman part d'une idée intéressante : de quelle manière Luke Skywalker est-il passé de débutant à capable d'user de la Force dans "L'Empire contre-attaque." Mais le roman est loin d'être parfait. Premièrement, il subit une identité un peu étrange. D'une part il est intégré dans ce qui est canon mais il était destiné à faire partie d'une trilogie au sein de l'univers maintenant Légende. Ceci impacte plusieurs éléments à l'intérieur du roman, des éléments qui se basent sur une construction maintenant abandonnée. Mais il est aussi très rigide. On a l'impression que le roman se base uniquement sur un schéma précis : mission, préparation et achats, début de la mission, problèmes durant celle-ci et fin de mission. Cette écriture a un impact négatif sur les personnages et le contexte général qui ne semblent être que des décors pour l'action.

    Cependant, cela n'enlève pas l'intérêt d'observer Luke Skywalker tenter de mieux comprendre ce qu'est un Jedi et son lien avec la Force. Luke n'est pas présenté comme un génie capable de tout apprendre et de réussir tout ce qu'il souhaite. Il est décrit comme jeune et en apprentissage. N'ayant personne pour le guider il se trompe régulièrement et échoue encore plus souvent. Mais il apprend de ses échecs et devient progressivement plus familier avec ses capacités, même si au lieu d'acrobaties il se contente de faire léviter une fourchette.

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    *** Un roman qui part d'une bonne idée mais qui ne réussit pas à me convaincre

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  • Guardians of the Whills par Greg Rucka

    Titre: Guardians of the Whills
    Auteur: Greg Rucka
    Éditeur: Disney press 2 mai 2017
    Pages: 240

    Sous la République Jedha fut une planète sainte. La Ville Sainte était un lieu de foi pour plusieurs sectes et croyances diverses. Des pèlerins de toute la galaxie y voyageaient ou refusaient leur vie au sein de cette petite communauté au milieu du désert. Ce qui rend cet endroit si important est l'existence de mines de cristaux spécifiques, importants pour les jedis et la croyance en la Force : les Kyber. Ceux-ci permettent la création des Lightsaber et sont uniques pour chacun des jedis. Mais lorsque la République est tombée l'Empire est arrivé. Les différents temples ont été fermés et les sectes rendues illégales. Depuis, les mines ne sont jamais fermées et Jedha peut à peine survivre. Dans ce contexte, l'arrivée du rebelle Saw Gerrera pourrait aussi bien permettre de sauver la cité que la détruire.

    SPOILERS

    Ce court roman s'intéresse à deux personnes, que je persiste à penser en couple : Baze et Chirrut. Ces deux personnages étaient introduits dans le film Rogue One comme des résistants et d'anciens membres d'une secte fonctionnant autours de la Force. Chirrut, bien que n'étant pas un jedi, était décrit comme particulièrement proche de la Force. Dans ce livre, on suit leurs aventures quelques mois avant les événements de Rogue One. L'auteur y explicite les coûts de la Résistance pour les personnes qui vivent sur Jedha. En effet, chaque acte de résistance est suivi par un acte de contrôle plus important qui ouvre la voie à un acte de résistance plus important encore. Les deux camps ne font que devenir plus radicaux et les personnes innocentes en souffrent de plus en plus. Cette souffrance est concrétisée par le nombre élevé d'orphelins et la difficulté de les aider.

    Ce roman serait intéressant si cet aspect était concrétisé par une intrigue réussie. Malheureusement, il ne me semble pas que Greg Rucka réussisse à donner un véritable intérêt à ses idées. Celles-ci sont bonnes, elles donnent de la substance à cette planète et aux deux personnages qu'il a choisi. Mais ce qui les entoure me semble trop simpliste. Tout s'emboite de manière mécanique sans jamais être véritablement discuté. Ainsi, on doit simplement accepter l'arrivée de Saw Gerrera et sa capacité à comprendre une situation. On doit aussi accepter sa trahison envers Jedha alors que celle-ci n'était pas préparée au sein des chapitres précédents. Ces manques nuisent fortement aux propos de l'auteur concernant les coûts de la guerre, tels que je pense les avoir compris.

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    *** Malheureusement trop simpliste

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    Image : Éditeur

  • Thrawn: Treason par Timothy Zahn

    Titre : Thrawn : Treason
    Auteur : Timothy Zahn
    Éditeur : Penguin 23 juillet 2019
    Pages : 352

    Le Grand Amiral Thrawn est de retour au sein de l'Empire. Il souhaite continuer son attaque contre les rebelles de Lothal, et particulièrement après avoir réussi à capturer leur membre le plus important : Syndulla. Mais il est convoqué à une rencontre entre le Grand Amiral Savit, le Grand Moff Tarkin et le Directeur Krennic. Cette réunion doit non seulement parler des problèmes posés par la construction de l'Etoile Noir mais aussi décider si le projet personnel de Thrawn doit en souffrir. Il en ressort un pari : si Thrawn est capable de résoudre un problème précis pour l'Etoile Noir il gardera son financement. Mais l'Empire est loin d'être un univers dans lequel on joue en suivant les règles. Thrawn pourrait bien en pâtir.

    SPOILERS

    Ce troisième roman s'inscrit dans la continuité des deux précédents. L'auteur nous donne bien plus d'informations sur les Chiss et la menace dont parle toujours Thrawn. Celle-ci est sous la forme d'aliens capables de contrôler des empires entiers avec peu de troupes, préférant rester en retrait. Leur menace est ici bien plus forte puisqu'ils se trouvent au sein de l'Empire, poursuivis par un navire Chiss. Ainsi, ce roman démontre l'incapacité de l'Empire de contrôler un vaste espace malgré sa puissance militaire.

    Mais le roman s'inscrit aussi dans la continuité des séries et des films. Thrawn s'est toujours intéressé à l’Etoile Noire, tout en argumentant contre sa construction. Ce roman continue sur cette lancée en expliquant en quoi une station aussi importante est non seulement inutile mais dangereuse. Premièrement, son coût est bien trop important. Tout ce qui est offert à la construction de la station met à mal le fonctionnement d'autres parties de l'armement militaire de l'Empire. En second lieu, il est toujours possible qu'un ennemi capture la station ou la détruise, faisant tomber une partie importante du complexe militaire de l'Empire.

    Ces deux points sont brodés autours d'un personnage intriguant, Thrawn, qui montre encore son génie tactique. On pourrait croire que cela rendrait les batailles peu intéressantes, mais l'attention de l'auteur envers les choix des commandant-e-s et les raisons qui poussent à ces décisions permet d'intégrer l'importance du moment et des dangers encourus. Ce troisième roman, après un second très faible, est plus que bienvenu.

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  • Thrawn par Timothy Zahn

    Titre : Thrawn
    Auteur : Timothy Zahn
    Éditeur : Penguin 14 décembre 2017
    Pages : 496

    Lorsqu'un vaisseau impérial croise l'existence d'un alien inconnu certaines procédures sont nécessaires. Celle-ci dépendent du passé républicain de la Galaxie et impliquent d'étudier et de contacter les espèces rencontrées. Mais les indices découverts par le vaisseau impérial impliquent une seule personne. Celle-ci se nomme Thrawn. Il provient d'une espèce mythique que peu de personnes connaissent. Selon ses propres mots, il a été exilé à cause de ses activités militaires. L'Empereur décide donc de l'envoyer à l'académie des officiers et d'observer de prêt sa carrière.

    SPOILERS

    Ce roman se déroule avant les événements de la série Rebels et se termine juste avant l'apparition de Thrawn dans celle-ci. Il y a longtemps, j'avais lu la série de livres autours de Thrawn dans ce qui est actuellement l'univers légendes, une série considérée comme particulièrement bien écrite. Le retour de Thrawn dans l'univers canon fut donc fortement attendu. Personnellement, je l'ai retrouvé dans la série Rebels dans laquelle il m'a un peu déçu. Ce roman permet de remettre en place le personnage, d'expliquer ses capacités et surtout de décrire son ascension au sein d'une force militaire raciste. Le personnage est très bien décrit et suit ce que l'on connaissait déjà de lui.

    Le roman s'intéresse aussi à un second personnage apparu dans Rebels : Arihnda Pryce. Celle-ci gouverne Lothal, planète sur laquelle la série Rebels prend place. Elle apparait tardivement mais elle est montrée comme sans compassion. L'auteur montre de quelle manière cette femme passe de simple minière à gouverneur grâce à des actes d'espionnages et de trahisons. Il nous décrit une femme sans scrupules capable de tout si cela implique de gagner un peu de pouvoir politique. Alors que ses débuts pourraient être innocents, la fin de ses actes dans ce livre sont particulièrement violents. Elle est donc elle aussi particulièrement bien décrite.

    Ce qui rend ce roman intéressant est la mise en place progressive des deux carrières. On observe les deux personnages tenter de se faire une place et devoir accepter un fonctionnement raciste au sein de l'administration. Les deux doivent se défendre contre des personnes qui ne veulent pas le bien commun mais augmenter leur pouvoir personnel. Mais les deux s'intéressent à des parties différentes de l'Empire et donc ne se rencontrent que tardivement et rarement avant que l'auteur ne décide de mettre en place une relation d'aide mutuelle. L'auteur use aussi d'un ennemi intelligent mais qu'il laisse largement dans l'ombre afin de nous montrer les difficultés d'un Empire de plus en plus contesté par des groupes de rebelles, augmentant les tensions de cet univers.

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    **** Un roman plutôt intéressant

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  • Tarkin par James Luceno

    Titre : Tarkin
    Auteur : James Luceno
    Éditeur : Penguin 2 juillet 2015
    Pages : 352

    L'Empire est en place depuis quelques années mais sa puissance militaire est énorme. Une grande partie de ses troupes et de ses armes sont basées sur l'armée de la République, bien que les clones et les armes soient en train d'être remplacés. Il est difficile pour la galaxie de se révolter contre une telle puissance, d'autant que les planètes anciennement séparatistes ont été durement traitées par l'Empire. Mais certaines personnes ont l'espoir de réussir à créer un mouvement de révolte. Ces personnes vont se trouver face à Tarkin. Il est l'héritier d'une ancienne famille, son éducation fut difficile, il est l'un des héros de la guerre des clones et, aujourd'hui, il est chargé de vérifier la construction de la future étoile noire. Il ne laissera rien ni personne mettre en danger l'Empire et l'ordre que celui-ci a créé.

    SPOILERS

    Ce roman est meilleur que celui-ci que j'ai terminé récemment, mais le récit est malheureusement moins intéressant que les thèmes traités. Meilleur car l'auteur s'intéresse de manière précise au fonctionnement de l'Empire. Au lieu de ne faire que décrire quelques soldats et gradés Luceno nous explique le fonctionnement administratif précis de l'appareil militaire de l'Empire. Celui-ci est compliqué mais sa description donne une impression de réalisme. Les procédures sont aussi décrites ce qui permet de mieux comprendre certains actes. On apprend, par exemple, que l'Empereur a tendance à rester caché, préférant préparer ses plans concernant la Force. On apprend aussi que l'Empereur aime laisser les hauts-gradés lutter les uns contre les autres, suivant en cela le fonctionnement de certaines dictatures. Ces luttes permettent, bien entendu, de mieux contrôler les ambitions de personnes qui possèdent des pouvoirs importants. Jusqu'à maintenant, je n'ai jamais eu autant l'impression de voir l'Empire comme un système administratif en fonction. Pour cette réussite, j'apprécie ce roman.

    Ce roman s'intéresse aussi spécifiquement à un personnage : Tarkin. Il est connu pour être le commandant de la première étoile noir. Il semble avoir assez d'autorité pour empêcher Vader de faire ce qu'il veut. Et il est dépeint comme extrêmement intelligent et impitoyable. Il est aussi l'un des plus hauts-gradés de l'Empire. Ces caractéristiques sont mises en avant dans ce roman qui permet de montrer l'importance de Tarkin, décrit comme la troisième personne la plus importante de la galaxie. Grâce à des flash-backs, l'auteur nous explique comment Tarkin est devenu ce personnage. Bien que provenant d'une famille riche, il est éduqué comme un soldat en pays ennemis qui doit survivre et gagner uniquement par ses propres forces, au risque de mourir. Il est aussi rapidement lié à un groupe autours du futur Empereur, montrant par-là que les plans de Palpatine se sont mis en place grâce à un groupe de personnes qui pensaient comme lui. Là encore, cette caractéristique donne plus de réalisme à l'univers Star Wars. Malheureusement, l'auteur est aussi obligé de décrire Tarkin comme incapable de comprendre ce qui se joue réellement derrière la Guerre des clones. Au vu de sa description j'ai du mal à croire qu'il n'ait pas eu certaines connaissances.

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    *** Il est dommage que ce personnage n'ait pas eu une intrigue à sa hauteur.

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    Image : Éditeur

  • Lords of the Sith par Paul S. Kemp

    Titre : Lords of the Sith
    Auteur : Paul S. Kemp
    Éditeur : Penguin 26 janvier 2016
    Pages : 368

    TW : Grossophobie

    L'Empire est de plus en plus puissant. Mais cette puissance est défiée par de petits mouvements de révoltes sur plusieurs planètes. L'un de ces mouvements est plus préparé que les autres car il se base sur une organisation de résistance construite durant la guerre des clones. Son leader, Syndulla, refusait aussi bien la République que les Séparatistes et continuer de lutter contre l'Empire. Palpatine, afin d'éviter des actes de plus grande envergure, décide de se rendre sur Ryloth afin de s'attaquer personnellement à cette organisation. Mais son voyage est aussi une opportunité. Serait-il possible de tuer l'Empereur et Vader par un unique attentat ?

    SPOILERS

    Ce roman débute mal. Il commence après un attentat manqué contre Vader. On apprend immédiatement que l'un des plus hauts gradés de l'Empire, Delkor, sur Ryloth travaille avec les rebelles, pour ses propres besoins. Il agit ainsi car il veut prendre la place de la Moff actuelle : Delian Mors. Jusque-là tout va bien mais cela ne va pas durer. Car l'envie de Delkor de faire tomber Mors est basé sur son incapacité à gérer Ryloth au profit d'une vie hédoniste. Delkor fait tout le travail. Malheureusement, l'auteur décide de montrer à quel point Mors est incapable en se basant non seulement sur l'idée qu'elle est fainéante, droguée et qu'elle aime manger mais sur son poids. Toute une page décrit le dégout de Delkor face à elle en décrivant son corps et le lien avec ses manques intellectuels et psychologiques. Ce n'est pas acceptable et cette description a marqué ma lecture jusqu'au bout.

    De plus, on aurait pu espérer une description du fonctionnement administratif de l'Empire. De quelle manière la hiérarchie fonctionne et permet, ou non, une rébellion. On aurait pu espérer aussi plus d'informations sur Ryloth. En l'état, c'est à peine si l'auteur parle du racisme de l'Empire et du lien avec l'exploitation sexuelle des habitant-e-s de la planète. Nous sommes coincés dans une suite d'événements que l'Empereur persiste à considérer être sous son contrôle sans que jamais celui-ci n'explique de quelle manière. On doit accepter son omnipotence et l'existence d'un plan qui n'est explicité qu'à la fin du roman. Et même si on peut l'accepter je me demande si les bases de ce récit supportent vraiment autant de pertes et de danger pour l'Empire. C'est à peine si ce roman se justifie par les pensées de Vader et l'idée qu'il perd définitivement ses liens avec son passé durant ce roman.

    * Évitez ce roman

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  • Queen's Shadow par E. K. Johnston

    Titre : Queen's Shadow
    Autrice : E. K. Johnston
    Éditeur : Disney 5 mars 2019
    Pages : 400

    Ce roman, le premier que je lis dans l'univers canon de star wars, se déroule peu de temps après l'épisode 1 alors que la conclusion prend place à la fin de l'épisode 3. Nous suivons Padmé Amidala alors que son rôle de reine prend fin. Malgré certaines demandes, elle refuse d'amender la constitution de Naboo afin de continuer son rôle de reine. Mais cela ne l'empêche pas de souhaiter continuer à servir sa planète, la démocratie et la République. La question qu'elle se pose concerne la forme que prendra son nouveau rôle. Rapidement, la nouvelle reine lui demande de devenir la sénatrice de Naboo au sein du sénat. Passer de reine à sénatrice n'est pas simple et Padmé pourrait bien perdre ses illusions au sein d'un système qui fonctionne avec difficulté et dont certains membres se préparent à ce qui deviendra la guerre des clones.

    SPOILERS

    Il y a une chose que j'ai beaucoup apprécié dans ce roman : Padmé et ses compagnes. Dans les films celles-ci ne sont que des ombres à peine décrites et montrées. Padmé elle-même n'est pas explicité dans son rôle de reine puis de sénatrice. Le roman élabore ces rôles. Les compagnes ne sont pas de simples atours mais des gardes et des politiciennes entrainées capables de combattre, de soutenir et surtout de prendre la place de Padmé en cas de besoin. La garde-robe elle-même a une grande importance dans ce roman. Outre les aspects d'images et de fonctions celle-ci permet de se préparer à tous les imprévus en cachant des outils et des moyens de défenses importants.

    J'ai aussi apprécié l'ambition de parler moins de combats spatiaux et plus de politique. Ce roman prend place dans un moment charnière entre la fin de la République et le début de l'Empire. Un moment durant lequel, selon les films, la démocratie fonctionne de moins en moins bien. Malheureusement, il me semble que ce roman échoue à vraiment traiter son sujet. Bien qu'il soit intéressant de montrer le passage de reine à sénatrice le travail politique est assez peu décrit et peu présent. Ce n'est que vers les dernières pages que l'on voit Padmé véritablement agir au lieu de suivre, ce qui joue négativement sur mon avis.

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    ** Il manque un aspect politique plus assumé pour faire de ce roman une réussite malgré l'amour porté à Padmé par l'autrice.

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  • The consuming fire (The Interdependency 2) par John Scalzi

    Titre : The consuming fire (The Interdependency 2)
    Auteur : John Scalzi
    Éditeur : Pan Macmillan 18 octobre 2018
    Pages : 336

    L'impératrice Grayland II a annoncé au public la fin du système naturel qui permet les communications et le commerce entre les planètes qui constituent l'Interdépendance. Les effets furent mitigés. Personne ne la croit vraiment et le statu quo reste établi. Grayland décide donc d'agir sur un second levier à sa disposition : elle prend le titre de prophétesse et annonce des visions. Cela n'est jamais vu depuis la création de l'Interdépendance. Face à ces visions le monde politique entier est secoué. Rapidement, plusieurs mouvements différents se mettent d’accord : il est nécessaire de déposer cette impératrice qui souhaite absolument détruire leur pouvoir.

    SPOILER

    Ce second tome reprend immédiatement après le premier. Grayland II annonçait préparer un mensonge afin de permettre d'aider à la transition entre l'Interdépendance et le futur. Dans ce contexte il n'était pas forcément utile de continuer la description de cet univers. Celui-ci étant déjà établi. Pourtant, l'auteur a décidé de nous offrir quelques informations plus importantes sur le passé et le fonctionnement physique de ce qui permet les voyages et commerces entre systèmes. Sans nous donner trop d’éléments, on comprend mieux de quelle manière l'Interdépendance et la Terre se sont trouvés séparés et qui en est responsable.

    Tout comme le premier tome, ce second volume est en premier lieu politique. Les combats spatiaux sont très rares mais assez intéressants. En effet, la question principale concerne la réaction des personnes les plus puissantes face à la volonté de l'Impératrice de changer les choses afin de se préparer à la chute de la civilisation. Là où elle souhaite des changements majeurs ses ennemis souhaitent le statu quo. L'auteur nous montre que cela ne découle pas d'un refus de mettre en question la réalité de ce qui approche mais du souhaite de garder le contrôle et les richesses le plus longtemps possibles. Il est difficile de ne pas faire le lien avec notre monde actuel. Alors que le changement climatique est un fait scientifiquement avéré les décisions pour s'y préparer sont lentes, souvent soumises aux besoins de l'économie et donc d'un système stable le plus longtemps possibles, au prix de l'avenir.

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  • La main gauche de la nuit par Ursula K Le Guin

    Titre :  La main gauche de la nuit
    Autrice : Ursula K Le Guin
    Éditeur : Laffont 1971 (1969)
    Pages : 330

    J'avais déjà tenté de lire des romans de Le Guin, Terremer, mais je n'avais pas du tout aimé. Après réflexions, j'ai décidé de tenter ce roman. Il a reçu le prix Hugo et il est très bien considéré. Ce roman prend place dans un cycle qui décrit un univers géré par une forme d'association reliant toute l'humanité, l'Ekumen. Mais cette association n'est pas toute puissante, elle ne fait que faciliter les contacts. Le héros, est un envoyé de l'Ekumen afin de proposer une alliance à une planète nouvellement découverte : Gethen. Celle-ci est très froide et inhospitalière mais cela n'a pas empêché l'humanité de créer et de survivre jusqu'à mettre en place plusieurs états. Mais la plus grande surprise est la biologie. Les Gethenien-ne-s ne sont ni femmes ni hommes. La majeure partie du temps ce sont des personnes sans genres ni sexes. Ce n'est que lors de périodes précises, sexuelles, que ces humain-e-s peuvent intégrer les caractéristiques de l'un ou de l'autre sexe biologique. L'Envoyé est donc une bizarrerie à plus d'un titre et cela pourrait jouer sur sa réussite.

    SPOILERS

    Ce roman place deux personnages précis face à des informations qui ne sont pas maitrisées. L'envoyé, Genry, provient de l'Ekumen et de la Terre. Il se rend sur une planète dont il ne comprend pas totalement le fonctionnement sociologique et politique. Le seconde, Estraven, est un premier ministre qui tente de comprendre les conséquences de l'entrée dans l'Ekumen pour son peuple. Ce point de départ permet de parler d'un grand nombre de thème qui démontrent une influence de la sociologie et de l'anthropologie sur Ursula K Le Guin. Non seulement l'autrice tente de faire de Genry un observateur du fonctionnement des sociétés de la planète Gethen mais elle essaie d'expliciter la création des états. Je ne pense pas être tout à fait d'accord avec elle mais elle tente d'expliquer que les états modernes, nations, se construisent sur un temps long avec une unification de plus en plus importante et une centralisation du pouvoir. Celle-ci se met en place à l'aide des voies de communications, aussi bien les routes que la radio. Deux états sont visités dans ce roman. Le premier est un lieu quasi féodal avec un roi tandis que le second est gouverné par des Commissaires qui se basent sur une administration importante et le contrôle des déplacements et de l'identité. Ce dernier exemple est inquiétant et Le Guin montre que les personnes marginalisées peuvent souffrir d'un tel contrôle.

    On ne peut pas non plus passer outre l'information la plus importante de ce livre. Ces humain-e-s, sur Gethen, ne sont ni des femmes ni des hommes. Illes n'ont ni genre ni sexe définis pendant une grande partie de leur vie, en dehors des périodes de sexualité ou de grossesse. Toutes personnes peuvent donc intégrer les caractéristiques biologiques du sexe féminin ou masculin lors de leur vie. Le héros, Genly, est biologiquement homme. Bien entendu, la société de Gethen est beaucoup moins divisée en termes de genre. Étant donné qu'il n'y a pas de pensée de dualité biologique il n'y a pas non plus de pensées sur les différences en termes de rôles de genre. Seul Genry pense ces différences et, à plusieurs reprises dans le roman, il tente de masculiniser ou de féminiser ses interlocuteurs en prenant en compte le contexte.

    Bien que ces tentatives via Genry soient très traditionnelles, la personne qui le loge est vue comme féminine tandis qu'Estraven est vu comme masculin dans un contexte politique, on peut se demande si cela n'est pas souhaité par l'autrice. En tentant de genrer cette société en prenant en compte le contexte de ses interactions avec ses interlocuteurs Genry permet de questionner la division duale de la société, basée sur la vision externe des sexes dits biologiques. Si Genry est incapable de genrer sans utiliser le contexte cela ne veut-il pas dire que les divisions de genre sont des constructions sociales et historiques ? Et donc que Genry, et nous par la même occasion, avons tort d'essayer de consolider des différences qui n'existent pas réellement ?

    Ce roman est ma seconde tentative de lire Le Guin. Alors que la première ne fut pas une réussite j'ai bien apprécié ce roman. Il n'est pas parfait mais il est très intéressant. Le contexte général existe mais n'est pas trop important afin de ne pas écraser l'intrigue précise du roman. L'histoire de Genry et d'Estraven permet de présenter des réflexions sur le genre et la construction de l'état. Cela est aidé par des ajouts de type mythologiques au sein du texte, nous permettant de mieux comprendre le fonctionnement de l'humanité de cette planète. Ayant apprécié ce roman je vais tenter un second tome dans ce même cycle.

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    **** Un roman qui subit son âge mais que j'ai beaucoup aimé.

    *****

    Image : Éditeur

  • Doctor Who. Combat Magicks par Steve Cole

    Titre : Doctor Who. Combat Magicks
    Auteur : Steve Cole
    Éditeur : BBC books 22 novembre 2018
    Pages : 272

    CW : Nombreuses morts

    La Doctor et ses ami-e-s voyagent ensembles depuis plusieurs semaines. Mais leur dernier voyage est plus mouvementé que prévu. Illes traversent quelque chose dans l'atmosphère terrestre ce qui pousse la Doctor à atterrir. Le groupe se retrouve en Gaule romain. Ce ne serait pas un problème si le lieu de leur atterrissage n'était pas aussi le lieu de la bataille entre les Romains, les Huns et leurs alliés respectifs. Mais le groupe n'a pas le temps d'observer la création sanglante de l'histoire car des êtres étranges semblent manipuler les événements sous le couvert de la magie. Il n'en faut pas plus pour que la Doctor décide de s'impliquer, malgré les risques.

    SPOILERS

    J'étais curieux de savoir comment les auteurs de ces livres allaient traiter le groupe et la Doctor. Pendant longtemps, seule une ou deux personnes voyageaient dans le TARDIS et cette nouvelle Doctor est bien plus pacifique que ses anciennes incarnations. Il semble que les auteurs et autrices aient reçu certaines informations car le fonctionnement du roman est proche de celui de la saison 11. L'aspect science-fiction et la Doctor ne sont pas aussi importants. Steve Cole se concentre sur l'époque durant lequel a lieu l'intrigue. Il décrit les généraux importants ainsi que les raisons derrière leurs combats, sans pour autant écrire un livre d'histoire. Comme dans la saison 11, quelques faits sont donnés par l'auteur. De plus, la Doctor est tout aussi bricoleuse que dans la série et fait tout pour rester pacifique.

    La caractérisation du groupe et de certains personnages est proche de la série. Cela permet de créer quelques situations cocasses, comme Ryan qui essaie de faire peur à une romaine grâce à son natel. Malheureusement, l'intrigue générale ne m'a pas convaincu. Inclure les ennemis dans l'histoire de Rome et des barbares est intéressant. Cela permet aussi de montrer que la Doctor ne passe pas inaperçue. Mais j'ai l'impression que l'intrigue est trop lente. Steve Cole prend trop de temps à décrire la future bataille et les actes des ennemis au lieu de nous donner des indices sur leur fonctionnement ainsi que de faire avancer l'intrigue.

    *
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    *** Un roman moyen même s'il réussit à rester fidèle aux personnages de la série.
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • Chronicles of Amicae 1. City of broken magic par Mirah Bolender

    Titre : Chronicles of Amicae 1. City of broken
    Autrice : Mirah Bolender
    Éditeur : Tor books 20 novembre 2018
    Pages : 400

    Laura est une jeune femme comme les autres. Elle n'est pas particulièrement riche mais elle n'est pas pauvre non plus. Elle vit au jours le jours, aidant sa tante à l'élever. Comme beaucoup de personnes, elle cherche un travail qui lui permette de subvenir à ses besoins. C'est lors de cette recherche qu'elle tombe sur une annonce qui l'a fait rêver : être une Sweeper. Leur travail est de vaincre les monstres qui s'attaquent à des objets magiques. Des monstres créés il y a des siècles lors d'une guerre coloniale. C'est un travail dangereux. Rendu plus dangereux encore alors que la cité d'Amicae considère être en sécurité grâce à ses murs. Les Sweepers ne sont plus que deux pour éviter à la cité de tomber. Pire encore, illes sont régulièrement attaqué sur le plan politique et médiatique.

    SPOILERS

    Ce roman est la première production de son autrice. Il est donc parfaitement acceptable qu'il ne soit pas parfait et je trouve l'idée prometteuse. On ne suit pas un homme dont le destin est de sauver le monde. Il n'y a pas de prophétie apocalyptique. Ce n'est même pas une guerre. Cet univers se déroule 500 ans après la guerre. La population s'est concentrée dans des villes protégées dont la technologie a avancé en même temps que l'usage d'une magie de plus en plus couteuse. C'est, d'ailleurs, le contrôle de cette magie qui a lancé la guerre coloniale. L'idée que, pour se défendre, des monstres aient été créés est intéressante. Tout aussi intéressante est l'aspect de plus en plus intelligent de ces monstres selon le lieu géographique et le temps de gestation. Les Sweepers, chargés de les détruire, ne sont pas des héros mais une forme de police parallèle spécialisée. Laura doit donc apprendre sur le tas et elle ne réussit rien qui ne soit dû à sa propre intelligence ou à l'aide d'autres personnes aussi formées qu'elle. C'est plutôt rafraichissant.

    Cependant ce premier tome connait un certain nombre de problèmes. Pendant une bonne partie du roman, on n'a pas l'impression de retrouver une intrigue. Bien que des indices soient placés, ce n'est que tardivement que l'on comprend les problèmes. Ceux-ci sont avant tout de nature politique et économique, l'envie de faire plus d'argent aux dépens d'une organisation jugée obsolète. Il faut donc s'accrocher pour enfin comprendre ce que l'autrice souhaitait mettre en place. La construction de l'univers n'est pas non plus parfaite. Plutôt que d'intégrer le racisme de cette société dans son fonctionnement l'autrice semble simplement nous expliquer que certaines populations sont mises au ban de la société, voire mises en esclavage. Cette procédure affaibli fortement le propos, d'autant que les victimes de ce racisme semblent être proche de la culture japonaise. Malheureusement, le roman joue sur l'idée d'utiliser la culture japonaise dans le cadre d'un univers de fantasy mais échoue. Nous restons dans un cadre très occidental.

    *
    **
    ***
    **** Un premier roman prometteur mais l'autrice ne va pas au bout de ses idées et j'ai un peu l'impression de m'être fait avoir.
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    Image : Éditeur

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  • The Expanse 1 L'éveil du leviathan par James S.A. Corey

    Titre : The Expanse 1 L'éveil du Léviathan
    Auteur : James S.A. Corey
    Éditeur : Actes Sud 2014
    Pages : 640

    À une époque future indéterminée l'humanité a découvert un nouveau mode de propulsion permettant de créer une accélération importante. Cette découverte a permis la colonisation de la Lune et de Mars mais aussi de la ceinture d'astéroïde. Le système solaire reste divisé. La Terre semble unie sous l'égide des Nations Unies. Elle possède une alliance difficile avec Mars dont l'arsenal militaire est récent. Les deux planètes contrôlent la ceinture à l'aide de taxes et des ressources nécessaires pour survivre. Mais celle-ci est aidée par une organisation paramilitaire qui milite pour la liberté des personnes qui vivent dans la Ceinture. En effet, non seulement ces personnes sont taxées mais elles travaillent pour des entreprises privées qui envoient des milices s'occuper de la police. Dans cet équilibre instable un transporteur d'eau civil est détruit par un vaisseau que personne ne semble capable d'identifier.

    SPOILERS

    Comme beaucoup de personnes, je pense, j'ai découvert cet univers à l'aide de la très bonne série de Netflix. Voulant en savoir plus, et avancer plus vite que la série, j'ai souhaité lire le premier tome. Celui-ci se déroule après la première saison de la série, à moins que je ne me trompe. Contrairement à la série, nous ne suivons que deux personnes : Miller un inspecteur de police sur Cérès et Holden second puis capitaine d'un vaisseau civil. Les deux personnages se trouvent impliquées dans des événements qui conduisent à la prise de contrôle de l'avenir de l'humanité. Malheureusement, aucun de ces deux personnages ne m'ont convaincu. Miller est une caricature de vieux policier usé qui s'implique trop dans une dernière affaire tandis qu'Holden est la caricature du type sympa à la morale qui ne souffre aucune exception. Si l'on ajoute des vies privées consternantes de bons sentiments et de sexualités on arrive à la limite de ce que je peux accepter sans soupire d'exaspération.

    Malheureusement, l'intrigue en souffre. La série a pris le bon choix d'utiliser un certain nombre de points de vue qui permettent d'une part d'observer ce qui arrive et de garder un certain mystère, en particulier en ce qui concerne Mars. Les points de vue abordés dans le roman sont trop éloignés pour donner le même intérêt. En effet, le roman essaie de nous dépeindre une situation politique et économique tendue. On nous explique les forces en présences mais aussi leurs équilibres puis on ajoute un événement qui crée une cascade catastrophique et incontrôlée. Mais les deux personnages points de vue sont trop éloignés pour pouvoir donner une impression plus forte de l'effet des événements du roman. Ils se contentent de réagir face à des informations parfois anciennes. Je n'ai donc pas autant réussi à entrer dans l'intrigue malgré une construction intéressante de cet univers. Finalement, je doute fortement continuer à lire cette série de romans.

    *
    **
    *** Un roman que je ne peux pas qualifier de mauvais mais qui ne réussit pas à me convaincre
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • Une histoire politique de la démocratie directe en Suisse par Olivier Meuwly

    Titre : Une histoire politique de la démocratie directe en Suisse
    Auteur : Olivier Meuwly
    Éditeur : Alphil 2018
    Pages : 132

    Discuter de la démocratie directe est un exercice périlleux, en particulier en Suisse. Nombreuses sont les personnes qui s'inquiètent d'une force trop importante des mécanismes de démocratie directe, qui pourraient mettre en question des droits fondamentaux. Tout aussi nombreuses sont les personnes qui s'inquiètent d'un irrespect des décisions du peuple. Mais nous ne connaissons que peu les processus qui ont mené aux instruments que sont le référendum et l'initiative utilisés actuellement. Olivier Meuwly essaie, dans cet essai historique, de résumer les idées philosophiques et les changements qui ont présidés à la mise en place de la démocratie directe suisse.

    Avec raison, l'auteur explicite le lien important de la démocratie directe avec l'ancien régime et, en particulier, la landsgemeinde. Cet outil, encore utilisé dans certains lieux, fonctionne dans le cadre d'une pensée médiévale mais n'est pas l'expression du peuple tel qu'on la conçoit aujourd'hui. La landsgemeinde, comme beaucoup d'auteur-e-s l'ont montré, est soumis au pouvoir de certaines familles. Elle est aussi critiquée lors de la Révolution française, et de la mise en place de la République helvétique, car contraire à l'idée de rationalité, tout comme l'usage du sort pour choisir les dirigeants.

    Ce n'est qu'après la restauration puis la guerre du Sonderbund que la démocratie directe a commencé à véritablement ressembler à ce que l'on connait aujourd'hui. Mais ce n'est que progressivement que ces instruments furent imaginés et acceptés par un pouvoir radical puissant. En particulier, ce sont les oppositions face à des politiques de création de lignes de train qui commence à permettre de défendre une volonté populaire face à une centralisation et une homogénéisation du droit en Suisse. Bien que ces droits populaires ne fussent pas encore beaucoup utilisés, ils ont permis d'obliger la confédération à accepter certaines idées. Mais l'essor n'a lieu que bien plus tard.

    En effet, après les deux guerres, et l'usage des pleins pouvoirs par les autorités de la confédération, la Suisse est devenue plus social avec la création de l'AVS. Mais les années 60 sont l'occasion de comprendre que de nombreuses parties de la population ont des idées que ne sont pas défendues par les partis traditionnels. Dans ce cadre, l'initiative et le référendum permettent d'imposer des débats sur des sujets de plus en plus nombreux, marquant un accroissement important des votations. Ceci implique une critique des décisions du peuple et le souhait de réformes, mais qui n'ont jamais pu être mises en œuvre par peur de briser une mécanique délicate.

    Ce petit livre donne un grand nombre d'informations qui permettent de mieux comprendre le fonctionnement politique de la Suisse. L'auteur n'hésite pas à questionner les débats et les idées philosophiques et idéologiques derrière certains souhaits de réformes. Le dernier chapitre est particulièrement délicat de ce point de vue puisque Oliver Meuwly discute initiatives récentes dont l'application fut délicate, si ce n'est abandonnée. Bien qu'il parle des réformes proposées, je trouve frustrant que le message de l'auteur soit d'éviter tout changements. Ceci me donne l'impression de mettre sur un piédestal des instruments certes nécessaires mais dont les réformes devraient pouvoir être discutées afin de défendre certains droits fondamentaux ou de s'adapter à la période.

    Image : Éditeur

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  • Noumenon Infinity par Marina J. Lostetter

    Titre : Noumenon Infinity
    Autrice : Marina J. Lostetter
    Éditeur : Harper Voyager 14 août 2018
    Pages : 576

    Il y a près de 2000 ans, l'humanité a envoyé 12 convois dans l'espace chargés d'étudier des points intéressants de l'espace. Seul Noumenon est revenu sur une terre bien différente avec des informations concernant une mégastructure dans le système Lq Pyx. Malgré les réticences des autorités terriennes, une seconde mission est décidée afin de compléter la super structure et de comprendre l'espèce qui semble l'avoir construite, ou qui semble avoir tenté de continuer sa construction. Là encore, le temps impliqué sera énorme. De plus, une seconde mission pourrait bien donner des informations importantes sur Lq Pyx. Car le convoi 12 qui a étrangement disparu n'est pas perdu.

    SPOILERS

    Noumenon Infinity est la suite directe de Noumenon. Bien que le premier chapitre se déroule bien avant l'envoi des convois, alors que le convoi 12 est réaffecté sous la direction de Vahni Kapoor, titulaire d'un doctorat sur le mode de propulsion utilisé par les convois. Tout comme dans Noumenon, on suit plusieurs points de vue dans des chapitres consacrés après un temps plus ou moins long. Mais cette fois nous avons la perspective du convoi 12 et celle du convoi 7. Alors que ce dernier permet de mettre en avant les changements sociologiques dû à la construction de la mégastructure et de la division de la flotte afin de comprendre les aliens le convoi 12 s'intéresse au mystère de leur arrivée dans une région et un temps inconnu. Ces deux points de vue fonctionnent très bien tout en se mêlant afin de donner de nombreuses réponses à l'intrigue générale.

    Le premier tome se concentrait sur les voyages et les changements culturels et sociologiques, avec le choc du retour sur Terre comme problème majeur de la seconde partie. Ce second tome s'intéresse toujours autant à ces changements mais l'autrice, Marina J Lostetter, s'amuse avec des temporalités bien plus importantes et plusieurs convois. Comme dans le premier tome, ces changements sont logiques et basés sur un fonctionnement antérieur. Mais le convoi 7 s'intéresse bien plus à la construction de la mégastructure et à l'effet que celle-ci a sur l'équipage. Pendant la lecture, on passe d'une attente à la construction puis à la fin de celle-ci pour mieux continuer sur l'impression d'une erreur destructrice et enfin une impression de merveilleux. Lors de toutes ces étapes, ce qui compte n'est pas la division mais la mise en place d'une société unie en direction d'un but commun, que celui-ci soit la survie, une œuvre ou la recherche scientifique. L'autrice nous donne un point de vue optimiste sur l'humanité, certes imparfaite mais capable de tout si on lui donne un but futur.

    Enfin, je suis dans l'obligation de mentionner la diversité mise en place par l'autrice. Cette question est particulièrement importante alors que les communautés concernées demandent une véritable diversité et non une annonce externe sans que rien ne puisse permettre de le deviner au sein de l’œuvre, une annonce dont J.K. Rowling est malheureusement devenue une experte à la tristesse de nombreuses personnes. Premièrement, les personnages sont de cultures et de provenance diverses, ce qui était le cas aussi du premier roman. Mais les personnages du convoi 12 ne sont pas clonés selon leur potentiel génétique, une décision remise en cause dans ce roman, mais selon leurs capacités et les besoins du convoi en termes scientifiques. Illes ne sont pas élevés dans un monde conçu pour les préparer mais proviennent de cultures différentes. De plus, l'autrice n'hésite pas à user de personnages à la sexualité et à l'identité de genre différents. Le premier tome donnait le point de vue d'une lesbienne. Ce tome nous offre une asexuelle en relation polyromantique et une femme transgenre. Ces caractéristiques ne sont pas mises en question mais sont décrites comme une part de l'humanité. Ainsi, l'autrice ne justifie pas leur existence, ces personnages sont ce qu'illes sont. Bien que j'apprécie cet effort, je ne me permettrais pas de juger de la réussite ou de l'échec de l'autrice à bien représenter ces identités. Je terminerais sur l'impression que certaines scènes n'auraient probablement pas pu être écrites par un homme.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Le premier tome a été l'une de mes meilleures surprises en SF de l'année. Je me suis immédiatement procuré le second tome qui, selon moi, est meilleur que le premier. J'espère que Marina J. Lostetter écrira encore beaucoup de romans.

    Image : Éditeur

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  • Noumenon par Marina J. Lostetter

    Titre : Noumenon
    Autrice : Marina J. Lostetter
    Éditeur : Harper Collins 8 janvier 2017
    Pages : 432

    2088, un astrophysicien du nom de Reggie Straifer découvre une anomalie autours d'une lointaine étoile. Il a de la chance car, pour la première fois, la Terre est à la fois en paix, unie et capable d'envoyer des vaisseaux pour des voyages interstellaires. Le monde décide de créer plusieurs groupes de vaisseaux pour des missions qui prendraient 200 ans pour l'équipage mais près de 2000 ans en ce qui concerne la Terre. Tout doit être minutieusement préparé tout en permettant assez de souplesse pour s'adapter aux problèmes inattendus. La mission mise en place par Straifer est la seule à offrir la possibilité de découvrir une intelligence extraterrestre, même si celle-ci est minime. L'équipage est constitué en conséquence et la mission prend le nom de Noumenon.

    SPOILERS

    Il y a longtemps que je n'avais pas ressenti autant de plaisir face à un livre de SF. L'intrigue est simple : il y a un objet étrange quelque part dans l'espace pourquoi ne pas envoyer une équipe l'étudier. C'est le début de beaucoup de livres de SF prenant place dans l'espace. Ce livre prend le soin de s'intéresser largement au fonctionnement de la mission et à la manière dont les vaisseaux et l'équipage sont conçus afin de survivre pour plusieurs siècles. L'autrice offre aussi un sens du merveilleux. Elle donne l'espoir d'observer, à travers ses pages, l'humanité choisir de partir dans l'espace pour la simple envie de mieux comprendre l'univers. Au fur et à mesure que le vaisseau se rapproche de sa destination je me suis pris à ressentir l'anticipation, les craintes et les souhaits de l'équipage. J'ai eu l'impression de vivre leur étonnement car l'autrice a pris soin de rendre les personnages uniques malgré la construction du roman en plusieurs fenêtres lors d'épisodes précis du voyage.

    J'apprécie aussi énormément l'intérêt premier de l'autrice. Elle n'essaie pas de trop expliquer le fonctionnement du vaisseau ni de l'objet, ce n'est pas un roman de Hard Science. Elle s'intéresse bien plus aux individus mais aussi à la société dans son ensemble. Chacune des fenêtres prend le point de vue d'une personne précise qui possède un rôle précis, dépendant de son héritage génétique en vue de créer une société stable. Le fonctionnement de cette société est explicité par les impressions de ces personnages qui commentent les changements nécessaires ou souhaités mais aussi les problèmes. Petit à petit, l'autrice nous montre une société changer, s'adapter, selon les besoins du moment. Lostetter n'oublie pas la Terre qui disparait rapidement pour ne réapparaitre que tardivement. Les changements sont un choc aussi bien pour la personne qui lit le roman que pour les membres de l'équipage. Un choc à la mesure du temps passé et des changements économiques, sociologiques, politiques mais aussi technologiques. Les idées de l'autrice sont à la fois intéressantes, logique dans le cadre de son roman et profondément déprimantes.

    *
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    ***
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    ***** L'un des meilleurs romans de SF lu cette année. Je me réjouis de lire sa suite, déjà sortie sous le titre de Noumenon Infinity.

    Image : Éditeur

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  • Qui a peur de la mort (Who fears death) par Nnedi Okorafor

    Titre : Qui a peur de la mort (Who fears death)
    Autrice : Nnedi Okorafor
    Éditeur : Actu SF octobre 2017
    Pages : 552
    CW : Viols, esclavage, excision, génocide

    Qui a peur de la mort, de l'autrice Nnedi Okorafor, commence à être de plus en plus connu. Le roman est un succès, des lecteurs et lectrices en parlent de plus en plus et l'histoire pourrait être adaptée sur HBO, sous l'égide de George R. R. Martin. J'ai découvert ce roman à la suite de ce large intérêt et j'avoue que j'en attendais beaucoup à la suite des critiques très positives que j'ai lu.

    Qui a peur de la mort est le nom de l'héroïne du roman, Onyesonwu. Onysonwu est une jeune fille née dans le désert après que sa mère ait fui les horreurs de la guerre et de son passé. Onyesonwu est une fille du viol entre sa mère, une Okeke à la peau noire, et un homme Nuru, un homme à la peau claire. Ceci fait d'Onyesonwu une Ewu soit une paria dans les deux peuples car on les considère comme maléfiques. Mais Onyesonwu n'est pas une simple jeune femme. Elle est capable de sorcellerie et elle souhaite être entrainée à tous prix afin de se défende contre les maléfices de son père génétique. Cependant, la tradition interdit d'enseigner la sorcellerie aux femmes.

    SPOILERS

    Ce roman est sombre. Il n'hésite pas à s'intéresser à des horreurs et à les décrire précisément tout en explicitant leur but. Ainsi, c'est la première fois que je lis une scène d'excision, la signification du rituel dans ce roman mais aussi son but : protéger les jeunes femmes en empêchant la sexualité. Bien entendu, l'autrice dénonce ce but en demandant pour quelle raison ce sont les jeunes femmes qui doivent faire un effort et non les hommes. L'autrice décrit aussi très précisément, dès la page 30, le viol dont Najeeba, la mère d'Onyesonwu, fut victime. Là aussi, l'autrice utilise cet acte pour parler du viol comme arme de guerre. Elle explique que les hommes Nurus usent du viol afin de détruire les Okekes par le sang. Une destruction qui atteint aussi la société puisque les enfants de ces actes sont des parias car considérés comme maléfiques.

    Ce roman est sombre dans un autre contexte : la mort y est omniprésente. Dès la première page, le père adoptif d'Onyesonwu meurt malgré les efforts de sa fille. Ce n'est que la première perte qu'elle subit. Le roman est rempli de ces pertes qui construisent la vie d'Onyesonwu, elle-même sait exactement de quelle manière elle va mourir. Ce rythme de morts donne l'impression que l'autrice considère que la vie est formée de celles-ci. Nous partons avec des ami-e-s, de la famille, et celleux-ci disparaissent petit à petit. Cependant, Onyesonwu est une femme qui refuse la mort. Son but est de survivre puis de trouver un moyen de vivre comme toutes les autres personnes. Ce n'est pas selon sa volonté qu'elle devient une sorcière puissante et crainte mais parce que ses actes sont nécessaires pour permettre au monde de changer, si possible dans une direction plus favorable.

    *
    **
    ***
    **** L'une de mes meilleures lectures cette année. L'écriture est très fluide mais les événements peuvent être difficiles à lire.
    *****

    Image : Éditeur

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  • The Founders Trilogy 1. Foundryside par Robert Jackson Bennett

    Titre : The Founders Trilogy 1. Foundryside
    Auteur : Robert Jackson Bennett
    Éditeur : Crown 21 août 2018
    Pages : 512
    TW : Menaces de viols, abus physiques, esclavage

    Sancia est une voleuse. Elle est l'une des meilleurs de sa profession dans une ville contrôlée par des Maisons marchandes plus riches les unes que les autres. Bien que le vol, en dehors des lieux appartenant aux Maisons, ne soit pas sujet à des rapports de police cela reste une activité dangereuse. Mais cette mission pourrait permettre à Sancia de quitter son quartier pour vivre à l'extérieur de la ville la plus riche du monde, Tevane. Ce que Sancia ne sait pas c'est que l'objet qu'elle doit voler n'est pas une simple clé. C'est un artefact provenant d'une civilisation si ancienne qu'elle en est devenue mythique mais dont les connaissances permettent le fonctionnement de la civilisation actuelle, sous le contrôle ferme de Tevane. Ces connaissances ont permis de modifier la réalité et de créer une ville qui fonctionne grâce à la magie. Les artefacts anciens pourraient remettre en cause ce fonctionnement et Sancia devient, en une nuit, la personne la plus recherchée de la ville.

    SPOILERS

    Il ne suffit que de peu de pages pour comprendre que le système de magie mis en place par l'auteur est l'un des mieux pensés que je connaisse. Dans Harry Potter, la magie existe mais son fonctionnement n'est jamais expliqué. C'est le cas d'autres oeuvres qui se contentent d'en faire un moyen facile de donner de l'importance à leurs héros et héroïnes. Dans ce livre, la magie est un moyen de modifier la réalité. Pour cela, il faut convaincre les objets qu'ils vivent une réalité différente. Ceci fonctionne grâce à un alphabet inscrit sur l'objet et des "dictionnaires" centraux qui renferment les définitions nécessaires. Pour ne prendre qu'un exemple, une roue roulera seule à plat parce qu'elle croit être en pente. Ce système est aussi simple qu'il est compliqué. En effet, on ne peut pas simplement inscrire ce que l'on veut, il faut imaginer les définitions et les inscrire dans les "dictionnaires". Il y a donc un effort, un apprentissage et surtout un coût. Pour finir, ce système fonctionne un peu comme l'informatique.

    L'auteur s'attache aussi à décrire son univers de manière assez convaincante. On ne sait que peu de choses sur sa mythologie, en dehors du fait que les Anciens étaient particulièrement puissants et qu'illes ont entièrement disparus pour une raison inconnue. La ville de Tevane est décrite, mais pas son empire, comme un empire commercial sous le contrôle de quelques maisons marchandes puissantes en argent comme en force militaire. Il n'y a pas de véritables lois ni de forces de police. Les quartiers sous contrôles d’une maison sont organisés et surveillés tandis que les quartiers pauvres sont laissés à eux-mêmes. Il y a donc une grande richesse avec, sous les murs des personnes riches, une pauvreté importante et une absence d'avenir et de santé.

    Cependant, ce n'est que petit à petit que l'horreur de cet empire nous est dévoilée. Au début, on sait que la ville est divisée selon le statut économique et social mais rien de plus. Petit à petit, on apprend que Tevane est responsable de nombreuses guerres avec des armes dévastatrices. Puis, on apprend que la nourriture et les matières premières ne sont abondantes que grâce à un système d'esclavage laissé en place car économiquement peu couteux. Et enfin, on apprend que certain-e-s humain-e-s ont subis des tentatives d'inscrire de la magie en elleux. Sancia est l'une de ces personnes. Il faut bien comprendre que le système de magie change la réalité. Altérer une personne humaine n'en fait pas quelqu'un de plus puissant mais un outil dans les mains d'une autre personne. Lorsque l'on comprend cela, on comprend mieux pour quelles raisons la méchante de l'histoire agit ainsi. Elle considère avoir un droit, un droit à un statut mais aussi un droit de possession sur les personnes qu'elle considère inférieure. Soudainement, l'intrigue passe d'une quête pour empêcher la fin d'un monde à un manifeste en faveurs de la liberté, le fait que l'un des personnages termine son intrigue sur ce qui semble être la création d'une fabrique en copropriété avec des ouvriers et ouvrières me semble révélateur.

    *
    **
    ***
    **** Un début laborieux qui cache un développement très efficace. Une bonne surprise dont j'attendrais la suite !
    *****

    Image : Site de l'auteur

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  • The Raven's Mark 1. Blackwing par Ed McDonald

    Titre : The Raven's Mark 1. Blackwing
    Auteur : Ed McDonald
    Éditeur : Gollancz 27 juillet 2017
    Pages : 384
    TW : Torture

    Galharrows est un homme qui connait la dureté du monde. Il vit dans la plus grande ville garnison de l'alliance, auprès de la Désolation. La Désolation est le nom donné à ce qui reste du territoire pris dans l'un des derniers actes de la dernière grande bataille contre les Rois souterrains. La magie a détruit la réalité et la vie, transformant ce territoire en un lieu particulièrement dangereux. La garnison protège l'arme qui a permis cet acte de destruction au cas où une armée reviendrait. Galharrows a sa place dans cette guerre. Son travail est double. Il est un mercenaire chargé de poursuivre les hérétiques afin de les punir selon la loi. Mais il est aussi un envoyé de Crowfoot, l'un des êtres les plus puissants du monde, au sein d'un ordre restreint chargé de garder le contrôle d'une population prompte à la corruption, dans tous les sens du terme. Il y a longtemps qu'aucune mission ne lui a été envoyé par son maitre. Mais ce dernier se manifeste soudainement et lui ordonne de protéger une noble à tous prix.

    SPOILERS

    Pendant longtemps, la fantasy n'hésitait pas à nous faire suivre les aventures d'un bel homme destiné à de grandes choses et suivi par des êtres puissants, fondamentalement bons et discrets. Face à ce grand homme se dressait le mal à l'état pur qu'il était nécessaire de détruire afin de lancer un âge d'or. Cette période est, heureusement, terminée. Ce roman fait partie des livres qui sont sombres non pas à cause d'une violence mais parce que l'univers est fondamentalement pessimiste. L'intrigue débute 80 ans après un cataclysme qui a permis une victoire mais pas la fin de la guerre. Le monde est un champ de bataille pour des êtres puissants mais il est parfois difficile de les différencier. Même si les Rois des profondeurs sont déclarés comme mauvais les Sans noms ne sont pas forcément bons pour autant. Illes n'hésitent pas à manipuler les événements au prix de nombreuses vies si cela permet une victoire et le narrateur du livre se demande de temps en temps qu'elle est la différence entre les esclaves marqués des Rois des profondeurs et lui, marqué par Crowfoot. L'univers de The Raven's Mark est gris et les humain-e-s ne sont que des pions dans une lutte bien plus importante.

    Les personnages sont de la même veine. Il y a deux personnages principaux et moins d'une dizaine de personnes secondaires ayant une véritable importance. Galharrows possède un passé dans l'armée régulière, qui ne nous sera dévoilé que tardivement, mais il se décrit et se présente comme un mercenaire vétéran qui ne s'intéresse qu'à l'argent et à l'alcool. Il est décrit comme laid, vieux et lâche. Lâche non pas dans le sens de fuir et de trahir mais parce qu'il ne combat que payé et s'il est certain de gagner. Il n'y a donc pas cet honneur dont toute une littérature nous abreuve. Galharrows est logique et souhaite survivre même si sa vie est misérable. Il est secondé par une troupe de la même trempe dans le principal talent est le meurtre. L'élite dirigeante est décrite comme corrompue et incapable. Seule deux personnes sont vues favorablement, l'une ment et l'autre est une traitresse. Enfin, nous avons la noble Ezanda. Loin d'être une princesse, elle est une mage capable d'utiliser une puissance redoutable. Elle est aussi décrite comme intelligente mais entrant dans la folie que la magie semble toujours créer chez les personnes qui la manipule. Les personnages parfaits au destin déjà écrit n'existent pas dans ce roman. Ce ne sont que de simples humain-e-s qui essaient de survivre dans un contexte de guerre.

    *
    **
    *** Bien que la lecture ait été intéressant je ne crois pas que le lirais la suite de cette saga. D'ailleurs, ce roman se suffit a lui-même.
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • The Dandelion Dynasty 1. The grace of kings par Ken Liu

    Titre : The Dandelion Dynasty 1. The grace of kings
    Auteur : Ken Liu
    Éditeur : Saga Press 7 avril 2015
    Pages : 640

    Dara est composé de plusieurs îles avec, au centre, une grande île. L'espace est divisé entre plusieurs états ayant leurs propres spécialités. Les guerres sont nombreuses entre ces petits états et il est rare que la paix et les promesses entre les rois durent longtemps. Mais tout cela a changé lorsque le roi de Xana s'est mis à rêver. Il se demanda s'il ne serait pas mieux pour les peuples de Dara s'il n'existait qu'un seul et unique roi chargé d'unir tout le monde. Son rêve a pris forme après des années de guerre. Mais devint un cauchemar alors que son règne se transforme en tyrannie. Petit à petit, d'anciennes familles nobles et de simples personnes se mettent à rêver de rébellion. Le moment parfait arrive lorsque l'empereur meurt.

    SPOILERS

    Je n'ai pas apprécié ma lecture. Celle-ci fut très laborieuse. Je n'ai pas réussi à apprécier le style de l'auteur dans ce livre. J'ai eu encore plus de mal vers la moitié du roman lorsque Ken Liu décide d'utiliser la forme épistolaire, que je n'ai jamais appréciée. Mais il faut lui concéder une construction particulièrement réussie de son univers. Sans entrer dans les détails, l'auteur nous fait observer une île à un moment particulier de son histoire tout en n'oubliant pas de mettre en avant son passé et sa richesse. Les personnages naviguent dans un réseau dense de cultures et de traditions basées sur des écrits classiques. Il est rare que ces classiques ne soient pas mentionnés.

    De plus, l'auteur met en avant le thème de l'humanité des dirigeants. Le roman est rempli de rois, de reines, de princes et princesses mais aussi de généraux. Ces personnages ont des points positifs mais aussi des points négatifs. Ceux-ci permettent à Ken Liu de montrer ce que le pouvoir fait aux personnes qui le reçoive. Régulièrement, des personnages modestes deviennent cruels et arrogants tandis que d'autres, moins nombreux, tentent de rester humbles. Souvent, la confiance en leurs conseillers devient de moins en moins importantes par peur des trahisons. Au fil du livre, ce sont surtout deux personnages qui montrent deux manières de diriger. Le premier, Mata Xindu, provient d'une vieille famille noble. Il veut gagner par l'honneur et par sa force et déteste la trahison et aime le passé qu'il anoblit de toutes les vertus. Gouverner ne l'intéresse par vraiment. Le second, Kuni Garu, aime gouverner et essaie d'aider le peuple à bien vivre mais il ne s'arrête pas aux trahisons et au déshonneur si cela lui permet de gagner. La lutte entre ces deux personnages est autant une lutte pour la couronne qu'une lutte idéologique.

    Le roman est aussi empli de plusieurs personnages féminins qui auraient pu devenir intéressants. Certaines de ces femmes meurent rapidement après qu'on les ait rencontrées mais d'autres restent plus longuement. Malheureusement, la promesse de leur offrir une place équivalente aux personnages féminins est rapidement oubliées. Personnellement, j'aurais apprécié plus de pages du point de vue de Jia et Risana sans oublier Gin Mazoti, une stratégiste particulièrement douée.

    * Malgré de nombreuses idées intéressantes je n'ai pas du tout aimé ce livre, à ma grande tristesse.
    **
    ***
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    Image : Site de l'auteur

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  • Chronicles of the fallers 2. Night without stars par Peter F. Hamilton

    Titre : Chronicles of the fallers 2. Night without stars
    Auteur : Peter F. Hamilton
    Éditeur : Pan books 2016
    Pages : 766

    Nigel Sheldon a échoué. Au lieu de détruire le Vide il a permis l'expulsion de Bienvenido en dehors du Vide et de la galaxie. La planète se trouve dans un système constitué de planètes dont les races se sont éteintes, parfois à la suite de guerres nucléaires. Cela fait près de 200 ans que la planète vit dans l'univers normal. Les habitant-e-s ont perdus les pouvoirs offerts par le Vide mais l'électronique fonctionne à nouveau, permettant d'atteindre une technologie proche du XXème siècle. Le monde est gouverné par un parti unique et surveillé par une police politique aussi chargée de la lutte contre les aliens nommés Fallers. Ceux-ci ont réussi à infiltrer toute la société et face au danger encouru les mentions de technologies provenant du Commonwealth sont considérées comme des actes de trahisons. Un soir, un berceau tombe du ciel avec un bébé possédant les technologies les plus avancées de l'humanité. Son arrivée va tout changer et risque de mener à la destruction des habitant-e-s de Bienvenido.

    SPOILERS

    Bienvenido était une société aristocratique gouvernée par un dictateur qui contrôlait les ressources de la planète. À la suite de la Révolution de Svlasta, téléguidée par Nigel Sheldon, la planète est entrée dans une société bolchevique avec des souhaits d'égalité mais un fonctionnement basé sur la surveillance et la terreur, justifié par la menace des Fallers. Dans ce livre, la société est divisée en plusieurs factions. Il y a les humain-e-s, les membres du PSR chargés de chasser les Fallers et les traitres et les Eliters qui sont des humain-e-s avec des capacités avancées activées après la sortie du Vide. Le fonctionnement de cette société, paranoïaque et qui veut garder un équilibre à tous prix, est assez logique face à la menace mise en avant par l'auteur. Celui-ci semble avoir pris le temps de se renseigner un peu sur les sociétés dites communistes. Il faut particulièrement attention au fonctionnement bureaucratique, au fichage et à la surveillance constante de tous les individus considérés comme dangereux pour l'ordre.

    Ce second tome possède aussi un problème important. La fin du premier tome me donnait l'impression que le récit allait se concentrer sur deux personnages féminins majeurs. Paula Myo, enquêtrice provenant du Commonwealth, et Kysandra. Cette dernière a passé l'entier du premier roman dans une posture d'élève face à Nigel. Bien qu'elle gagne en importance dans cette suite, elle devient un personnage mythique que le gouvernement traque, elle n'est que rarement présente pendant une bonne moitié du récit. L'auteur décide de créer un nouveau personnage masculin : Chaing capitaine du PSR. Ce dernier est un jeune homme récemment monté en grade prêt à tout pour défendre la population contre les Fallers. En gros, c'est un Svalsta un peu paranoïaque. On retrouve donc, une troisième fois, le récit d'un jeune homme qui comprend que sa société doit changer pour survivre mais, cette fois, il ne devient pas le dirigeant. Bien pire est le rôle de sa collègue et amante : Jenifa. Elle est décrite comme impitoyable, cruelle et elle ne cherche qu'à devenir plus forte. Au fil du récit elle devient de plus en plus fanatique jusqu'à mettre en danger l'humanité pour s'attaquer aux Eliters. Mais ce qui m'a posé le plus de problèmes est son usage du sexe, écrit par un homme. Jenifa use du sexe comme d'un moyen de domination pour soutirer des informations de la part des hommes. On a donc un personnage féminin régulièrement décrit pour ses prouesses sexuelles puis que l'auteur montre comme dangereuse car elle en use comme un moyen de gagner en pouvoir. Cela devient pire quand on apprend que cette méthode lui a été apprise par sa mère. Si l'auteur ne voyait pas comment écrire Jenifa autrement il aurait mieux fait de la laisser de côté.

    *
    **
    *** Le roman répond aux questions laissées en suspens sans être original. Mais je déplore la manière dont Hamilton écrit les personnages féminins et ne semble pas être capable de créer un roman sans avoir un personnage masculin comme conducteur du récit.
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • Chronicle of the Fallers 1. The abyss beyond dreams par Peter F. Hamilton

    Titre : Chronicle of the Fallers 1. The abyss beyond dreams
    Auteur : Peter F. Hamilton
    Éditeur : Pan books 2014
    Pages : 687

    Après la guerre contre les Primes l'humanité est devenue encore plus puissante, une des forces les plus importantes de la galaxie au point d'être invité par les Raiel dans la lutte contre l'ennemi le plus implacable de la voie lactée : le Vide. Mais l'humanité a aussi compris qu'elle ne pouvait pas risquer une nouvelle fois la possibilité d'une extinction. Alors que le Commonwealth se modifie de plus en plus, créant une nouvelle culture dont les membres se préparent à un changement de forme d'existence, d'autres humain-e-s décident de créer des vaisseaux trans-galactiques chargés de créer de nouvelles colonies humaines. Certains de ces vaisseaux sont attirés dans le Vide, comme la trilogie du Vide le montre. Face à cette nouvelle information. Les Raiels se tournent vers Nigel Sheldon afin de monter une mission interne au Vide. Mais au lieu de la planète que toute l'humanité connait Nigel s'écrase sur Bienvenido, une planète humaine mais soumise à un assaut constant de la part d'une espèce alien capable de prendre forme humaine.

    SPOILERS

    J'apprécie toujours autant Peter F. Hamilton, bien que je n'aie pas lu l'entier de son œuvre. Mais c'est par hasard que j'ai aperçu ce premier tome. J'étais un peu surpris et je me demandais ce que Hamilton pouvait bien montrer de plus concernant le Vide alors que sa trilogie précédente répondait à beaucoup de questions. L'auteur préfère, et c'est une bonne chose, changer de perspective en changeant de planète. Bienvenido est hostile, scientifiquement un peu plus avancée et gouvernée par une dictature héréditaire. Face à cela, il décrit un jeune officier fanatique dans sa lutte contre les Fallers qui devient, petit à petit, le chef d'une armée révolutionnaire. Enfin, il fait venir Nigel Sheldon, dont l'absence de la trilogie du vide était surprenante.

    Malheureusement, je n'ai pas l'impression que ce livre soit très utile. Le début est très réussi. On observe le stress et la peur de personnes entrées sans le souhaiter dans un univers aux règles différentes. On suit une petite équipe qui rencontre les Fallers et qui est victime de leurs attaques. Mais dès que l'on passe ce point du livre, l'introduction, les intrigues sont bien plus proches de ce que l'on connait déjà. Peter F. Hamilton nous fait suivre un jeune homme talentueux qui essaie de monter les échelons du gouvernement. Mais là où le héros de la trilogie du vide le fait de manière légale celui de ce livre décide de mettre en place une révolution sanglante. Dans les deux cas il y a lutte contre un gouvernement corrompu et placide. Mais l'évolution d'Edeard, telle que décrite par Hamilton, prend le temps de montrer le changement de ses méthodes. Dans ce nouveau livre, ce changement est brusque. On ne comprend pas pourquoi ni comment une personne considérée comme un héros devient un fanatique enragé par la paranoïa. Malheureusement, l'intrigue est beaucoup moins bien écrite.

    *
    **
    *** Loin d'être le meilleur roman de Peter F. Hamilton il reste intéressant dans le cadre plus large de la saga du Commonwealth.
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • Hardfought par Greg Bear

    Titre : Hardfought
    Auteur : Greg Bear
    Éditeur : Open Road Media Sci-Fi & Fantasy 1 avril 2014
    Pages : 116
    TW : Racisme, mention de génocides

    Le futur, une époque indéterminée dans la nébuleuse de la Méduse un vaisseau humain prépare son équipage au combat. Depuis des milliers d'années, l'humanité est en guerre contre une espèce aussi vieille que la galaxie : les Senexi. Alors que l'humanité est née sur une planète rocheuse riche en ressources les Senexi proviennent d'une planète gazeuse avec peu de ressources. Les deux espèces sont aussi puissantes l'une que l'autre sans que rien ne semble permettre la fin de la guerre. Pire encore, les deux espèces n'ont même jamais essayé de se contacter.

    SPOILERS

    Je n'ai lu que deux romans de Greg Bear, L'échelle de Darwin et Les enfants de Darwin. Bien que mes souvenirs soient lointains, j'en ai eu l'impression d'un auteur qui essaie d'être le plus proche de la réalité scientifique tout en tentant d'aller au bout des conséquences de ce qu'il décrit. Malgré les actes mis en avant dans ces deux romans, il en sortait aussi une impression d'optimisme. Hardfought est très différent. J'en ai entendu parler sur le blog Le culte d'Apophis qui en fait une critique très complète tout en le comparant à La guerre éternelle de Joe Haldeman, un très bon roman. Greg Bear écrit une histoire particulièrement difficile d'accès. Il ne prend pas le temps de définir son univers dans les premières pages. Il faut attendre plusieurs dizaines de pages avant de commencer à comprendre à quelle époque l'on se trouve et quels sont les éléments particuliers de cet univers. L'auteur nous offre quelques indices mais sans les expliciter. L'entrée est particulièrement difficile et ce n'est que durant la lecture que l'histoire commence à devenir plus compréhensible, ce qui permet à l'auteur de nous présenter une dystopie particulièrement glaçante.

    Lorsqu'on ressort de cette courte histoire on ressent une impression de fort désespoir. Les rares personnages de l'intrigue sont perdus dans un combat qu'illes ne comprennent pas et qui ne peut pas s'arrêter. Les Senexi sont plus compréhensibles que les humain-e-s. Greg Bear nous décrit une civilisation ancienne qui n'accepte pas les changements. Ne serait-ce que communiquer avec d'autres formes de vie est considéré comme une atteinte à leur pureté originelle. La civilisation fonctionne avec un corps nerveux central immobile et des individus sous contrôle plus ou moins strict mais capables de se mouvoir. L'intrigue permet de suivre l'un de ces individus chargé de comprendre l'humanité

    L'humanité, justement, est très différente de ce que l'on connait et ce n'est que tardivement que l'on commence à comprendre à quel point celle-ci a été mise à mal. Pour être précis, l'auteur nous présente trois époques. L'une est mise en avant au début du roman. L'autre est présentée vers la moitié de l'intrigue et la dernière époque débute à la fin du roman. À travers ces trois époques l'auteur essaie de nous faire comprendre ce qui arrive à l'humanité lorsque celle-ci décide de tout faire pour devenir une machine de guerre chargée de combattre éternellement. Outre l'incapacité de communiquer avec des êtres différents, car la compréhension implique une possibilité d'empathie, l'intrigue met en place une tentative d'atteindre l'efficience parfaite. Lorsque l'on commence à comprendre cet aspect durant la lecture on commence à pouvoir imaginer tout ce qu'a perdu l'humanité. Les personnages ne sont plus des humain-e-s mais de simples machines construites à la chaine pour être envoyées au combat le plus vite possible. Il n'y a plus d'égalité mais un système de caste avec des buts précis. Les dirigeant-e-s ne sont jamais montré-e-s. À la fin du roman on se demande si les deux espèces ne méritent pas de se détruire mutuellement.

    *
    **
    ***
    **** Je n'ai fait qu'effleurer les thèmes d'une lecture aussi riche qu'elle est difficile d'accès. Je ne peux pas annoncer avoir apprécié ma lecture. Mais Greg Bear a réussi à produire une intrigue extrêmement bien construite.
    *****

    Image : Site de l'auteur

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  • Nous les filles de nulle part (The nowhere girls) par Amy Reed

    Titre : Nous les filles de nulle part (The nowhere girls)
    Autrice : Amy Reed
    Éditeur : Albin Michel 28 février 2018
    Pages : 536
    TW : Harcèlement scolaire, harcèlement policier, viol, psychophobie

    Ce roman a été conseillé par la chaine de Mx Cordelia. Malgré le thème et des passages parfois difficiles le livre est positif. Grace est une jeune adolescente effacée. Elle vit dans l'ombre de sa mère, une brillante oratrice chrétienne adorée par le père de Grace. Les activités de sa mère ont obligé la famille à quitter leur ancienne église, son ancienne école et leur ancienne ville pour se rendre en Oregon, Prescott. Grace ne connait encore personne et elle regrette beaucoup d'avoir perdu celles qu'elle pensait être ses amies ainsi que ses repères. Elle pourrait se réfugier dans sa chambre mais elle est encore en désordre et remplie de messages de désespoir de l'ancienne occupante : Lucy Moynihan. Elle veut absolument savoir ce qui est arrivé et, pour cela, elle se rapproche de deux personnes un peu marginales de l’école : Rosina et Erin. Ensembles, elles montent un plan pour s'attaquer au problème à la source.

    SPOILERS

    Comme je l'ai dit plus haut, le thème de ce livre est difficile. Heureusement, l'autrice ne décrit jamais précisément les actes de viols. Bien que le livre soit résolument optimiste, l'autrice n'oublie pas non plus les difficultés de dénoncer des pratiques de harcèlement et de prédation contre les filles et les femmes. Une grande partie du livre se déroule dans une forme de clandestinité. Les jeunes femmes de l'école se réunissent en se sachant soumis à une surveillance de plus en plus importante. Petit à petit, celle-ci se concrétise par des accusations contre les "meneuses." Le but, bien qu'il ne soit pas exprimé, est de silencier les femmes sur leurs expériences. Ni la police ni l'école ne sont bienveillantes dans ce livre. Au contraire, ce sont des ennemis. En ce qui concerne l'école on n'observe que deux personnages précis. Le premier est un enseignant, coach de l'équipe, qui refuse toute remise en cause de ses sportifs et de leur statut. La seconde est la proviseure qui agit aussi en partie sous pression de la police, mais n'hésite pas à agir illégalement. Ce qui ressort de ce roman est une impression d'isolement face à des adultes qui refusent que des adolescentes puissent vouloir s'exprimer en vue d'un changement.

    Il ne faut donc pas faire confiance aux adultes. Les adolescentes organisent une réunion non-mixte. La mise en place est intéressante puisque l'autrice décide que les fondatrices restent anonymes et de ne pas mettre en place une structure hiérarchique, les adolescent-e-s parlent selon leurs envies et leurs besoins. Cela permet de mettre en avant un certain nombre de point de vue sur la sexualité, la féminité et l'amitié. Cet aspect est renforcé par la structure des chapitres. La lecture permet de suivre 3 femmes précises : Grace croyante et nouvelle, Rosina mexicaine et lesbienne et Erin asperger. Leurs ressentis et peurs fassent à ce qui arrive sont coupés par les points de vue d'autres personnages, qui parfois ne sont pas d'accord, mais aussi de chapitres sobrement intitulés nous qui permettent de mettre en avant, sans nommer, les expériences d'autres adolescentes. Si je devais faire une critique négative je dirais que la conclusion du roman ne permet pas de savoir tout ce qui arrive à ce groupe. Mais on en ressort avec l'envie de le faire lire à tout le monde.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Thème difficile mais roman optimiste sans être irréaliste. À lire.

    Image : Éditeur

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  • Histoire de Genève 3. De la création du canton en 1814 à nos jours par Olivier Perroux

    Titre : Histoire de Genève 3. De la création du canton en 1814 à nos jours
    Auteur : Olivier Perroux
    Éditeur : Alphil 2017
    Pages : 151

    Ce dernier tome s'intéresse à la vie de la Commune, et du canton, de Genève du XIXème à pratiquement aujourd'hui puisque l'auteur mentionne aussi bien le CEVA que la révision constitutionnelle ou encore l'arrivée du MCG. Cette entrée dans l'histoire contemporaine de Genève a lieu après l'époque française alors que les diplomates genevois font pressions au congrès de Vienne pour recevoir une indépendance dans le cadre de la Confédération Helvétique, elle aussi restaurée après l'épisode de la République Helvétique. L'auteur examine cette longue histoire en 15 chapitres.

    Sans vouloir présenter tous les chapitres de cette synthèse, il me semble que l'un des thèmes importants de ce tome concerne la révolution et particulièrement l'histoire du radicalisme. Ce parti, qui est d'abord à la gauche des Conservateurs, inaugure une véritable révolution dans le canton lorsque les autorités traditionnelles sont renversées au profit des radicaux, dont Fazy. Bien que cette révolution ait eu lieu en deux étapes, la Confédération ayant réagi, Fazy a eu un impact majeur sur l'histoire de la ville puisqu'il décida de nombreuses révisions et changements, par exemple la destruction des murailles ce qui ouvrit de nouveaux terrains de constructions. Malgré sa puissance, le radicalisme perdra, petit à petit, de sa splendeur face au parti socialiste et à Léon Nicole lors de l'entre-deux-guerres. Cette hégémonie sera définitivement perdue après les années 60.

    Un second thème pourrait être celui de l'urbanisme, en lien avec le rôle de la ville en Suisse et à l'international. Genève s'est construit face à un pays considéré comme ennemi, en particulier lors de l'arrivée du protestantisme. Longtemps, la ville fut coupée du reste du monde par une muraille qui ne fut détruite que durant le XIXème siècle. Lors de son indépendance, le canton ne possédait qu'une ville et un territoire rural. Mais l'expansion économique et démographique implique une hausse importante du développement de ces villages qui deviennent des villes importantes, tandis que Genève perd des habitant-e-s à cause d'un manque d'appartements. De plus, la ville étant choisie comme siège de la SDN, de nombreuses organisations internationales puis de l'ONU elle attire de nombreux fonctionnaires internationaux. Il faut leur fournir de quoi se loger mais aussi des moyens de transports adéquats, comme l'avion. Les autorités sont forcées à s'intéresser à l'urbanisme et cherchent des moyens de gérer le développement de la ville. Mais les problèmes politiques empêchent un choix nécessaire concernant le réseau de routes et de transports publics, sujet encore controversé. La série se termine sur ce dernier tome qui s'arrête au début du XXIème siècle.

    Image : Éditeur

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  • Metro 2033 par Dmitry Glukhovsky

    Titre : Metro 2033
    Auteur : Dmitry Glukhovsky
    Éditeur : Atalante mai 2010
    Pages : 640
    TW : Meurtres, racisme

    2033, depuis un temps inconnu l'humanité, du moins ce qu'il en reste, vit dans les ruines du métro de Moscou. Une guerre a détruit toute chances de revenir à la surface. Celle-ci est ravagée par les radiations mais aussi les mutants, des animaux et des êtres étranges qui rendent tout voyage de surface pratiquement mortel. Artyom est un enfant de l'extérieur. Mais il ne possède presque pas de souvenirs. Sa station avait été envahie par les rats et sa mère le sauva en le confiant à un homme. Artyom est l'un des 5 survivants de cette ancienne station. Depuis, il vit avec son beau-père à la station VDNKh. Il s'occupe de l'usine de thé tout en s'entrainant à se battre car, comme tous les hommes, il est chargé du contrôle des checkpoints de la station. VDNKh pourrait être parfaite, prospère et même créer une petite confédération avec ses voisines. Mais elle est confrontée à une menace externe : les Noirs (reprise de la traduction, je préfère la traduction du jeu qui parle de Sombres). Ces êtres ne semblent pas pouvoir être combattu et pourraient constituer une menace sérieuse pour le réseau entier.

    SPOILERS

    Ce roman possède deux suites, deux adaptations en jeux-vidéos et pourrait être adapté au cinéma. Il se trouve dans ma Pile à lire depuis plusieurs années mais je n'avais jamais commencé la lecture. Bien que j'apprécie les ambiances post-apocalyptiques et les dystopies, l'ambiance qui semblait s'approcher de l'horreur m'empêchait de commencer. L'auteur est assez habile pour ne donner que peu d'informations sur son univers. On ne connait le métro que par des rumeurs et ce n'est que rarement que celles-ci sont confrontées à la réalité. Le monde de la surface est encore moins connu, donnant une impression de danger et d'étrangeté à la lecture. Le métro lui-même est un microcosme de l'humanité avec des lieux prospères, d'autres pauvres et des expériences politiques et religieuses variées. Ainsi, il y a aussi bien une partie capitaliste que communiste avec quelques stations fascistes. Glukhovsky utilise ces différents milieux pour tenter une réflexion sur la place de l'homme dans l'univers et la manière de justifier sa propre existence. Aucune expérience politique ou religieuse n'est épargnée mais le roman semble se conclure sur la nécessité de croire en une doctrine afin de comprendre la place que l'on possède dans le monde. Ainsi, le héros du roman croit être le héros d'une lutte à mort des hommes contre les Noirs.

    Si je parle de lutte des hommes c'est à dessein. En effet, il n'y a pratiquement pas de personnages féminins dans ce roman, je ne crois pas qu'il en existe qui possèdent un nom. Toute la trame narrative est construite autours des hommes et de leurs luttes pour l'avenir, aussi difficile semble-t-il être. Artyom lui-même n'a pas de mère mais un père, sa mère l'ayant abandonné afin de le sauver. Il ne se souvient ni de son nom ni de son visage. La quête de ses souvenirs est l'une des trames narratives du roman. Lorsque Artyom, et ses compagnons, visitent des stations du métro les femmes ne sont que rarement mentionnées. L'une des rares pages durant lesquelles il existe une interaction entre le héros et une femme, qui n'est pas nommée, celle-ci mendie et reçoit de l'argent de la part d'Artyom. D'autres pages montrent les femmes uniquement comme des mères, liées à un homme, mais jamais en position active. Ces quelques mentions semblent permettre de considérer que les femmes du métro sont des mères (avec l'exception des prostituées qui sont nommées mais jamais présentes dans le récit), chargée de la gestion de la maison alors que les hommes ont des rôles externes que ce soit comme ouvrier ou comme soldats.

    *
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    *** Le roman a ses qualités, mais je n'ai pas apprécié la lecture. J'ai trouvé les passages sur la religion particulièrement difficiles et lourds
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    Image : Éditeur

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  • Lum'en par Laurent Genefort

    Titre : Lum'en
    Auteur : Laurent Genefort
    Éditeur : Le livre de poche 19 octobre 2016
    Pages : 384

    J'ai décidé de placer ce livre dans ma Pile à Lire suite à la chronique de l'Imaginarium Électrique, il y a bientôt un an. Je ne connaissais pas l'auteur ni son univers. Laurent Genefort est français et, selon la bibliographie ajoutée par l'éditeur, il a une production impressionnante. Lum'en se déroule sur la colonie humaine de Garance. Cette dernière vit difficilement sur un monde qui ne lui est pas hostile mais qui lui est définitivement fermé. Car il est impossible de se nourrir sur place. Il faut créer des serres ou tout importer. Mais Garance va se développer au fil des années. Elle passe de simple colonie à un lieu industriel à la puissance naissante jusqu'à s'effondrer. Cette histoire est observée par plusieurs créatures, les Pilas et surtout Lum'en.

    SPOILERS

    Immédiatement, on se rend compte que l'auteur maitrise parfaitement son histoire. Il nous donne une impression d’immensité en peu de lignes. Garance elle-même n'est que peu décrite mais on se rend compte que la planète cache de nombreuses ressources. Les colonies humaines et leur mode de fonctionnement sont à la fois classiques, décrites quelque peu et laissée dans l'ombre. On sait qu'il existe un vaste univers mais on ne nous donne que peu d'informations. L'histoire de l'univers lui-même nous semble bien plus vaste ! Il y a des sectes, des mondes oubliés mais aussi des races éteintes et des artefacts sur différents mondes. Sans trop en dire, l'auteur nous donne l'envie de mieux connaitre son univers. Le procédé peut sembler artificiel mais il fonctionne très bien, en tout cas sur moi.

    J'aurais adoré le livre mais j'en suis sorti avec un grand sentiment de frustration. Je pensais entrer dans un roman j'ai plutôt eu l'impression d'une suite de nouvelles rattachées par les quelques impressions de Lum'en. Nous n'avons pas l'occasion de connaitre les personnages ni d'aller jusqu'au bout des intrigues. À chaque grande partie, je souhaitais en savoir plus sur le fonctionnement de la colonie et le destin de personnages que l'auteur n'a pas eu le temps de construire comme je le souhaiterais. Je suis donc partagé entre la fascination pour cet univers et la frustration que ce livre m'a procuré.

    *
    **
    *** Très loin d'être mauvais je trouve même ce roman très bon. Mais je suis très frustré par sa construction.
    ****
    *****

    Image : Éditeur

    lum'en,le livre de poche,laurent genefort

  • Histoire de Genève 1. La cité des évêques (IVe-XVIe siècle) par Mathieu Caesar

    Titre : Histoire de Genève 1. La cité des évêques (IVe-XVIe siècle)
    Auteur : Mathieu Caesar
    Éditeur : Alphil 2014
    Pages : 156

    La collection Focus de la maison d'édition Alphil s'est intéressée non seulement à Neuchâtel, à la Suisse ou à Fribourg mais aussi au canton de Genève, donnant un panorama intéressant de l'histoire régionale suisse romande (bien qu'il manque encore quelques cantons). Ce premier tome est écrit par un maître-assistant de l'université de Genève, spécialisé dans les questions des société urbaines comme le présente la quatrième de couverture. Sa présentation s'intéresse à 12 siècles d'histoire en 13 chapitres mais il explique qu'une partie importante de la période médiévale est peu connue, car les documents sont peu nombreux.

    Les 5 premiers chapitres sont les plus chronologiques. Chacun de ces chapitres s'intéressent à une période précise : création de la ville, royaume Burgonde, période franque par exemple. L'auteur nous présente l'importance de la ville dans le cadre du premier royaume Burgonde, dont Genève est l'une des capitales. Cependant, les royaumes Burgondes ne durent pas longtemps et se sont rapidement les Seigneurs locaux qui prennent de l'importance politique. Ce sont les Savoies qui essaieront longtemps de prendre le contrôle de la ville. En effet, celle-ci est sous le pouvoir temporel de l’Évêque qui doit la protéger tout en poursuivant ses devoirs épiscopaux.

    Cet aspect de conflit entre la Savoie, comtes puis ducs, et l’évêché, est fondamental pour la ville de Genève dont les habitant-e-s essaient tout de même de rester sous la protection de l’Église. Après la perte d'importance des Savoies, ce sont les relations avec les confédérés qui deviennent sources de tensions. Au point de créer des factions différentes au sein de la ville qui n'hésitent pas à s'attaquer en justice en cas de besoin.

    L'auteur présente aussi la vie de tous les jours de la Genève médiévale. Comme le livre concernant Fribourg au Moyen Âge le montre, Genève est une ville de commerce importante, au niveau international. Plusieurs marchands possèdent des magasins en ville ou se rendent aux foires. En ce qui concerne Fribourg, ce sont les ventes d'étoffes qui sont importantes. Cependant, la ville souffre de la concurrence de Lyon, voulue par le roi de France. L'auteur nous parle aussi de la vie religieuse, et démontre que les habitant-e-s sont particulièrement soucieux de leur piété, ce qui fonctionne en lien avec les Confréries qui permettent de conserver l'attention de la communauté après la mort. L'auteur réussit donc à offrir l'image d'une ville particulièrement vivante qui connait des moments de grâce et des périodes d'oublis. Une ville enserrée dans des relations d'influences, l'Évêque, la Savoie, l'Empire, le royaume de France mais aussi les Confédérés.

    Image : Éditeur

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  • Doctor Who. The shining man par Cavan Scott

    Titre :  Doctor Who. The shining man
    Auteur : Cavan Scott
    Éditeur : BBC books 20 avril 2017
    Pages : 256

    Les problèmes ont commencé simplement. Un jour, quelqu'un a fait une vidéo d'un être aux yeux lumineux. Cette vidéo est devenue de plus en plus partagée et, bientôt, d'autres vidéos et photos sont apparues en ligne. Puis, des personnes ordinaires se sont déguisées pour faire peur tandis que les magasins ont commencé à vendre des objets dérivés. En quelques semaines le monde entier a entendu parler des Shining Men alors que tout a commencé avec une seule personne. La police ne prend pas les choses aux sérieux mais arrête les personnes qui se déguisent, avant que celles-ci ne soient accusées de kidnapping. Car même si les Shining Men ne peuvent pas exister des personnes disparaissent après les voir vu. C'est un travail parfait pour le Docteur et Bill Potts.

    SPOILERS

    La saison 10 de Doctor Who est l'une de mes favorites et l'apparition de l'actrice Pearl Mackie dans la série l'explique en partie. Je ne pouvais qu'être heureux à l'idée de la rencontrer à nouveau sur papier en tant que Bill Potts. Ce personnage donne un vent de fraicheur en étant "normal", à la différence d'Amy Pond et de Clara Oswald. Mieux encore, elle a une connaissance étendue de la SF ce qui permet enfin d'avoir une humaine capable de comprendre les intrigues aussi bien que le Docteur !

    Ce livre fait partie de trois tomes sortis en même temps et qui s’insèrent dans la saison 10. Que l'on soit clair, les romans n'ont jamais été particulièrement bons mais ils sont acceptables, d'autant plus si vous aimez la série. Ce tome joue des ennemis qui ont déjà été rencontrés dans Torchwood. Mais là où Torchwood échoue le Docteur trouve un moyen de gagner. Réutilise ce type d'ennemis, même de manière peu imaginative, permet de leur donner un peu plus de profondeur. Le roman s'est aussi, selon moi, fortement inspiré du phénomène de la psychose des clowns : vidéos, hystérie et rumeurs basée sur un phénomène précis et unique. C'est un bon moyen de débuter une intrigue sans avoir à donner trop d'informations sur ce qui est en train de se dérouler.

    *
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    *** Un roman qui se lit assez bien sans être ni particulièrement bon ni mauvais.
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • Les femmes et le sexe dans la Rome antique par Virginie Girod

    Titre : Les femmes et le sexe dans la Rome antique
    Autrice : Virginie Girod
    Éditeur : Tallandier 2017
    Pages : 383
    TW : Mentions de viols, mentions de prostitutions forcées

    Récemment, j'ai souhaité en savoir plus sur le fonctionnement de la Rome antique, en particulier durant l'époque Julio-Claudienne. La lecture des manuels que j'ai mentionnés ici fait partie de cette envie. Mais un manuel n'est pas aussi précis qu'une recherche spécifique. Il manquait, en particulier, beaucoup d'informations sur la place des femmes dans cette société. Je me suis donc intéressé à ce livre, tiré d'une thèse, de Virginie Girod. L'autrice pose la question de la place des femmes dans une société d'ordre et masculine. Pour cela, elle s'intéresse aussi bien aux mythes qu'aux sources littéraires et aux graffitis. Pour son travail, Virginie Girod met en place trois parties spécifiques.

    La première est une analyse de la morale imposée aux femmes dans la société romaine antique. Pour mettre en avant ses découvertes, elle se base sur les mythes et les cultes. Un premier chapitre examine plusieurs mythes fondateurs de l'époque romaine, partant aussi loin que la mère des fondateurs de Rome. L'autrice montre que ses mythes ne sont pas de simples histoires mais aussi, et surtout, des moyens de défendre une forme de moralité des femmes. Ainsi, les souillures, en particulier les viols, ne peuvent être réparés que par la mort du criminel et de la victime. Dans un second chapitre, elle s'intéresse aux différents cultes qui permettent de mettre en avant plusieurs "ordres féminins" basés sur la fécondité et la disponibilité sexuelle. Enfin, elle s'intéresse aux interdits tel que l'inceste. Ainsi, ces premiers chapitres permettent de comprendre de quelle manière la société romaine pensait la place des femmes.

    Une seconde partie s'intéresse plus spécifiquement aux corps féminins. Dans un premier temps, Virginie Girod met en avant la fonction reproductrice des femmes. Elle démontre que cette fonction est au centre de la vie des jeunes filles dès la naissance, alors que leur corps est modelé à la fois pour suivre une norme de beauté et rendre plus facile l'enfantement. Dans un second chapitre, elle s'intéresse à l'apparat. Son analyse passe aussi bien par l'examen de la beauté féminine, telle qu'elle est pensée par les romain-e-s, que par l'examen de la manière de se préparer. Elle démontre que la beauté féminine est basée sur une vision de la place des femmes. Celles-ci sont censées vivre à l'intérieur et donc doivent être blanches. Alors que les hommes peuvent subir le soleil. Cependant, il est nécessaire de s'apprêter par un maquillage compliqué, et parfois dangereux, mais aussi une coiffure, les cheveux étant un attribut particulièrement érotique pour les romains. Enfin, elle examine les pratiques sexuelles ainsi que leur acceptation.

    Enfin, une dernière partie s'intéresse à la division des femmes en "classes". Les premières sont les matrones. Elles portent des habits spécifiques et sont porteuse de la mission de l'enfantement des citoyens. L'autrice s'intéresse de près à la stratégie matrimoniale des julio-claudiens, et en particulier d'Auguste. Ce dernier essaie d'utiliser sa fille comme moyen de se créer une descendance capable de lui succéder mais aussi pour créer des alliances politiques. Les femmes de la dynastie ont pu, d'ailleurs, mettre en avant des hommes qui devinrent des empereurs. Dans un second chapitre, elle s'intéresse à la prostitution. Elle démontre qu'il existe une prostitution pauvre mais aussi une riche. La première est très dépendante de leurs maigres ressources tandis que les secondes peuvent devenir très riches. Enfin, l'autrice pose la question des concubines et des adultères. La seconde est un danger car son acte corrompt le sang familial. Tandis que ls concubines sont des femmes qui ne peuvent pas être épousées, mais les relations des hommes avec elles sont possibles dans une certaine mesure.

    En conclusion, ce livre permet de réparer un manque important de mes connaissances sur les femmes du monde romain antique. Les propos de l'autrice sont convaincants et son écriture est très plaisante. J'ai beaucoup appris sur des sujets variés mais qui permettent tous de mettre en avant un fonctionnement patriarcal de la société romaine avec une division des femmes en différents statuts selon leur rôle : enfanter ou offrir une sexualité.

    Image : Éditeur

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  • Disonored. The corroded man par Adam Christopher

    Titre : Disonored. The corroded man
    Auteur : Adam Christopher
    Éditeur : Titan Books 27 septembre 2016
    Pages : 384
    TW : Tortures, Meurtres

    Il y a 15 ans, la régence tyrannique du meurtrier de l'impératrice est tombée. Depuis, son héritière, Emily Kaldwin règne sur l'Empire. Mais elle n'est pas seule. Outre de nombreuses personnes, elle est conseillée par son garde du corps, et chef du réseau d'espionnage, Corvo Attano. Bien que peu de personnes le sachent, Celui-ci est la raison principale du retour au pouvoir de la famille Kaldwin. Pire encore, il use de la magie, une pratique interdite dans l'empire. Mais sa protection semble permettre à l'Empire et à l'impératrice d'être en sécurité, d'autant qu'il a entrainé cette dernière aux arts de l'assassinat. Alors qu'Emily Kaldwin met à profit cet entrainement pour visiter sa ville de nuit, elle tombe sur des pilleurs de tombe. Elle ne sait pas encore que ces voleurs cachent une conspiration bien plus importante qui pourrait détruire sa vie et son Empire.

    SPOILERS

    Dishonored est d'abord un jeu vidéo, en deux volumes sans compter les contenus payants, qui offre une immersion dans un environnement steam punk en plein chaos. Outre une conspiration contre la couronne et le personnage principal, le jeu offre une grande liberté d'action avec des conséquences pour la suite de l'histoire selon les décisions prises (dont une forme de punition en cas d'usages immodérés des meurtres en plein jour). C'est un jeu que j'ai particulièrement apprécié pour la liberté qu'il laisse et les nombreux choix possibles pour atteindre un objectif singulier, malgré un fonctionnement par niveau au lieu d'un monde ouvert (comme quoi un monde ouvert n'est pas toujours une bonne chose). J'ai beaucoup aimé l'intrigue principale qui mêle désir de vengeance à politique. J'étais donc curieux de savoir ce que cela donnerait en roman.

    Au moins, le roman prend place largement après le premier jeu. En fait, il donne l'impression de mettre en place les éléments pour le second, afin de justifier certaines décisions prises dans l'intrigue. De cette manière, on n'est pas surpris par les capacités de l'Impératrice en matière de meurtres. Cependant, le roman n'essaie pas assez de se détacher du jeu. On retrouve, presque sans changements, le gameplay sous forme de mots. Que ce soit les élixirs de restaurations, les conséquences des choix ou la manière de décider de ses mouvements dans un environnement donné face à des ennemis pas toujours visibles. Bien que cela prouve une connaissance de cet univers par l'auteur, j'avais l'impression de voir ce dernier me commenter sa manière de jouer en direct. Si on ajoute à cela une intrigue peu intéressante avec un vilain de seconde zone, on ne peut qu'être déçu. En effet, l'intrigue est très lente sans mériter autant développement. Là aussi, j'ai l'impression que l'auteur a voulu inclure des éléments du jeu sans réfléchir à leur réelle utilité. Le vilain, lui, est simplement Corvo Attano sous une autre forme. Un héros déchu et trahi qui souhaite se venger.

    *
    ** Bien que j'apprécie cet univers, le roman n'a que peu d'intérêts en dehors de préparer le second jeu.
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    Image : Éditeur

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