19/02/2018

Black Panther

T'Chaka, roi du Wakanda, est mort. Il a été assassiné lors de l'attentat mis en scène durant Captain America : Civil War. Le Wakanda ne peut pas exister sans un dirigeant. Car, selon toutes nos connaissances, c'est un pays pauvre, qui ne reçoit aucune aide internationale. Heureusement, un héritier existe en la personne de T'Challa. Et ce dernier commence par accepter l'intérêt du secret derrière le Wakanda. Loin d'un pays sans ressources T'Challa va devenir le roi d'un pays extrêmement riche non seulement en matière de ressources, de technologies ou encore démographiquement mais aussi culturellement. Car le Wakanda ne possède pas seulement une technologie fortement en avance sur son temps, il fonctionne aussi sur des traditions millénaires. Le but du secret est de protéger le pays face aux destructions causées par l'occident. Cependant, il se pourrait que cette protection ait échoué lorsqu'un trafiquant d'arme international réussit à voler une partie du vibranium possédé par le Wakanda.

SPOILERS

Dire que ce film est attendu n'est pas nécessaire. Je ne suis pas légitime pour en parler mais nous avons là le premier film de l'univers Marvel qui s'attache exclusivement à des personnages noirs, provenant d'Afrique. Même si le pays est fictif, cela n’enlève pas le souhait d'un grand nombre de personnes que celui-ci soit bien mis en scène. Malheureusement, je ne connais pratiquement rien sur l'histoire du continent africain. C'est un manque que je souhaite réparer. Sans pouvoir en juge par moi-même, je vous renvoie à des personnes directement concernées, le film me semble réussit en ce qui concerne la mise en scène du Wakanda. Il me semble qu'une recherche a été mise en place. Ainsi, les Dora Milaje sont probablement basées sur les Dahomey, une classe de guerrière d'élite chargée de la protection de leur roi. Les costumes sont aussi particulièrement réussis, on possède une bonne vision de la richesse culturelle de ce pays fictif avec des habits qui mettent en valeurs les personnes qui les portent. Ce blockbuster se permet même de mentionner les appropriations culturelles ayant eu lieu durant les colonisations ! Ne voulant pas dire de bêtises, je préfère ne pas trop en parler et vous laisser chercher des personnes capables de vraiment en parler.

Un autre point qui rend ce film intéressant est sa thématique. Les films de super-héros montrent souvent un homme aux prises avec un ennemi. On va rarement plus loin et l'intrigue n'est qu'un prétexte pour un combat entre deux personnes. Ce film pose la question de la responsabilité d'un pays face au reste du monde. Faut-il rester caché et n'agir qu'en secret ou est-il nécessaire d'agir et de montrer sa puissance au reste du monde. De plus, comment faut-il agir ? Avec une force militaire ou par une aide multilatérale ? Les différents personnages de ce film et leurs combats ne sont que des prétextes pour mieux mettre en avant ces différents choix, et leurs conséquences. Plus encore, l'impact de ces choix implique le pays entier. Ainsi, T'Challa n'est pas seul à combattre, on nous montre une véritable guerre civile autours de ce que devrait être le fonctionnement du Wakanda au niveau international. Il est difficile de ne pas y voir une critique acerbe du fonctionnement des démocraties occidentales, le Wakanda essayant une forme pacifiée d'aide communautaire et non une prise de contrôle armée.

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***** Non seulement ce blockbuster est réussi, mais il est aussi nécessaire et j'espère qu'il aura un impact permettant de continuer sur cette même lancée non seulement dans le cadre des adaptations Marvel mais plus largement.

Image : Site officiel

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10:28 Écrit par Hassan dans Comics, Marvel, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marvel, black panther | | | |  Facebook

17/02/2018

Descender 4. Mise en orbite par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 3. Singularités par
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Urban comics 17 novembre 2017
Pages : 128

Ce tome 4 contient Descender 17-21 publiés dans Descender vol. 4: Orbital Mechanics. Telsa, Quon et Tim 21 sont sur la lune mécanique, repère de la résistance robotique. Bien que les robots se présentent comme pacifistes Telsa et Quon ne les croient pas, car la résistance possède de nombreux secrets qui pourraient se révéler dangereux pour la vie organique. Tim 21, lui, apprend à connaitre son frère Tim 22. Mais les retrouvailles ne sont pas faciles puisque Tim 22 essaie de détruire Tim 21. La seule solution est la fuite, et le début d'une guerre entre les machines et les organiques. Telsa, elle, souhaite en savoir plus sur le professeur qui a tout appris à Quon. Mais encore faut-il le retrouver.

SPOILERS

Encore une fois, comme on en a l'habitude, il ne se passe pas grand-chose dans ce tome même si l'intrigue avance en direction d'une guerre. Les relations entre les différentes factions continuent à se diriger vers une guerre totale, annonçant le prochain arc du comics. Les personnages ne se rencontrent pas encore mais se rapprochent, en particulier en ce qui concerne Andy et Tim 21. Mais, l'intrigue principale n'avance que peu. On ne sait toujours rien des Moissonneurs ni de leur but. Cependant, la série est toujours aussi belle et je suis toujours accroché aux aventures écrites par Lemire.

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**** L'intrigue principale avance sans avancer, mais j'aime toujours.
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Image : Éditeur

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16/02/2018

Descender 3. Singularités par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

Titre : Descender 3. Singularités par
Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
Éditeur : Urban comics 2 juin 2017
Pages : 120

Ce tome contient Descender 12-16 publiés dans Descender vol. 3: Singularities. Il y a plus de 10 ans, le cosmos fut attaqué par des machines de la taille d'une planète, les Moissonneurs. Depuis, les mondes civilisés sont dans la tourmente alors que les relations diplomatiques entre les empires sont chaotiques. Cette attaque a aussi lancé un pogrom contre les robots, il s'ensuivit naturellement un mouvement de résistance. Le docteur Quon, Tilsa et le petit robot Tim 21 pourraient être sur la voie permettant de comprendre qui sont les Moissonneurs. Mais illes sont capturés par la résistance robotique, une résistance qui possède un dangereux secret.

SPOILERS

Il n'y a pas grand chose à dire sur ce tome 3. En effet, les numéros inclus font une pause avec l'intrigue principale afin de nous présenter les différents protagonistes entre l'attaque et le présent. Dans chacun des cas, on commence il y a 10 ans pour continuer quelques années plus tard et finalement comprendre ce qui a mené les personnages au point actuel. Cela permet de mieux connaitre certains personnages peu développés dans le cadre de l'intrigue principale, à l'instar d'Andy par exemple, mais aussi de mettre en scène le chaos qui a suivi l'attaque des Moissonneurs. Les personnages choisis sont loin d'être inintéressants. J'ai particulièrement apprécié mieux connaitre Andy mais c'est Moissonneur qui m'a le plus intéressé. En effet, depuis le début il se présente comme un tueur sans que jamais cela ne nous soit expliqué. Son numéro donne enfin la réponse, et la raison derrière ses actes.

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*** Une petite pause dans l'intrigue principale, elle n'est pas inintéressante mais pas forcément inoubliable.
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Image : Éditeur

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14/02/2018

Bioshock: Rapture par John Shirley

Titre : Bioshock : Rapture
Auteur : John Shirley
Éditeur : Bragelonne 17 février 2016
Pages : 408
TW : Violences, violences médicales

Avant les partisan-e-s de No Billag, avant Elon Musk et même avant les transhumanistes il y avait Andrew Ryan. Ce dernier est un visionnaire et un industriel. Il a fui la Russie en pleine révolution avec son père pour se rendre aux Etats-Unis, pays de la liberté. Mais la président de la deuxième guerre mondiale et le new deal ont eu un impact sur Andrew Ryan. Il comprend que les Etats-Unis ne sont pas marxistes que les Bolchéviques. L'état veut aussi son argent, qu'il a récolté par son propre travail. Andrew Ryan ne veut surtout pas permettre aux personnes qu'il qualifie de parasites de vivre sur son travail. Il a donc une vision. Celle d'une cité protégée des socialistes, de la morale et des religions. Une société complètement libre dont la seule règle est la compétition naturelle dans le cadre du marché. Les personnes qui le suivrait auraient toutes l'opportunité de réussie, si la volonté suit. Pour rendre sa vision réelle Andrew Ryan décide de construire sa ville en secret, au fond de l'océan atlantique. Le nouvel eldorado se nomme Rapture.

SPOILERS

Ce roman est une adaptation de la série de jeux vidéo Bioshock, en particulier les deux premiers. Les jeux nous envoient dans la ville sous-marine de Rapture, alors qu'elle n'est que ruines et violences. Petit à petit, on apprend ce qui est arrivé et quels sont les acteurs de la chute de la cité. Ce roman se déroule en trois actes avant les intrigues des jeux. L'auteur nous permet de comprendre de quelle manière la cité a été créée et a fonctionné à ses débuts flamboyants. De ce point de vue, la première partie est la plus difficile à lire. L'intrigue est peu intéressante car l'auteur met en place des problèmes que l'on sait inexistants plus tard. La lutte secrète contre l’État des États-Unis ne donne lieu à aucun enjeu et cette partie aurait très bien pu ne pas être écrite. La suite du roman est bien plus intéressante puisque l'on observe pourquoi et comment le fonctionnement de la cité commence à dysfonctionner.

En effet, le jeu et le livre sont très critiques face à une posture idéologique jamais nommée : l’hyper libéralisme libertarien. Le marché est considéré comme un fait qui agit de manière naturelle. Dans ce contexte, toutes tentatives de régulations ou de moralisation est un danger ou pire une trahison de l'humanité. Le fonctionnement de la société est basé sur la compétition et la volonté avec l'idée que les plus grandes réussites ont sortiront. Toutes formes d'altruismes, d'aides sociales, est proscrites puisque cela crée une forme de parasitisme. Cependant, cette économie totalement libre implique aussi d'énormes inégalités qui sont d'abord modestes, mis à part en ce qui concerne Andrew Ryan, puis de plus en plus importantes. Avec les inégalités ce sont les revendications qui arrivent. Ainsi, les jeux comme le livre semblent dire qu'une société sans régulations ni morales crée des choses qui n'existeraient pas dans un autre cadre mais doit aussi échouer par les tensions sociales impliquées. C'est ainsi que l'auteur met en parallèle la ruine architecturale de la cité avec une société de plus en plus fragmentée et pauvre, avec une petite minorité extrêmement riche. Au final, l'effet ne peut qu'être une guerre et, pour défendre les puissant-e-s, la création d'une société militaire.

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*** Un roman sympathique, qui intéressera surtout les personnes qui connaissent les jeux.
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Image : Éditeur

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18:33 Écrit par Hassan dans science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biochock, rapture, john shirley, bragelonne | | | |  Facebook

11/02/2018

Checkmate 2. La chute du mur par Greg Rucka, eric Trautmann, Bruce Jones, Joe Nennett et Manuel Garcia

Titre : Checkmate 2. La chute du mur
Auteurs : Greg Rucka, eric Trautmann, Bruce Jones, Joe Nennett et Manuel Garcia
Éditeur : Urban comics 24 février 2017
Pages : 396

Ce tome contient Checkmate 16 à 31. Checkmate fut une agence de renseignement des Etats-Unis. Mais, après la crise des OMAC, elle fut rachetée, réorganisée et mise sous le contrôle de l'ONU qui définit ses missions et les membres de l'équipe dirigeante. Cette équipe est constituée aussi bien de méta humain-e-s que d'humain-e-s. Les menaces sont nombreuses, aussi bien des pays qui violent les lois internationales que des groupes terroristes. Et alors que l'un de ces groupes se prépare à agir afin de créer un chaos jamais vu une autre menace existe. Celle-ci se nomme Amanda Waller, la reine blanche. Pour réussir à résister à toutes ces attaques Checkmate n'a pas d'autres choix que de demander de l'aide aux groupes de héro-ine-s qui existent.

SPOILERS

Ce second tome est constitué de deux actes qui continuent et terminent les intrigues mises en place par Greg Rucka. Un troisième acte est mis en place par un nouveau scénariste. La première intrigue concerne Amanda Waller. Depuis le début de la série Greg Rucka la place comme l'une des principales antagonistes, en secret. Son but est d'utiliser Checkmate pour défendre les intérêts des Etats-Unis malgré la charte de l'agence. Greg Rucka la place en position de force car elle n'a pratiquement pas d'ennemis politiques à sa mesure, sans oublier son intelligence. Malheureusement, sa défaite me semble un peu précipitée et j'aurais apprécié la voir plus longtemps après son éjection. De plus, il est dommage que la mise en place de sa remplaçante n'ait pas été montrée. Greg Rucka nous présente un nouveau personnage, avec des tensions politiques potentielles, mais il ne fait rien de plus.

Le second acte concerne le groupe religieux terroriste infiltré par Checkmate : le culte du cobra. Greg Rucka nous avait laissé dans l'attente d'une suite alors que la mise en place d'un agent au sein du culte avait pris une partie importante du premier tome. Après la chute de Waller, le scénariste n'attend pas pour relancer l'intrigue sur deux points : une menace globale et une menace pour l'agent infiltré. Bien que j'aie apprécié l'entrée en scène de Superman, elle me semble un peu hors de propos pour l'intrigue générale de la série : l'espionnage. Heureusement, la série garde son identité tout en ne trahissant pas Superman. Avec la fin de ses numéros Greg Rucka termine ce qu'il a lancé sans avoir besoin de continuer la série.

Malheureusement, les numéros 26 à 31 sont tenus par un nouveau scénariste. Celui-ci ne donne pas autant d'ampleur à la série, peut être par manque de numéros, et décide de créer immédiatement une intrigue de fin du monde qui implique l'usage d’un soldat capable de changer de formes. Il est l'unique personnage capable de vaincre les monstres qui détruisent la Terre. De plus, le nouveau scénariste change la manière de fonctionnent de l'un des personnages. Bien que celui-ci soit questionné il n'y a pas assez de temps pour examiner ses choix comme Greg Rucka aurait pu le faire. La fin est donc largement décevante et l'on se demande à quoi sert Checkmate, outre comme décors.

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*** Greg Rucka termine ses intrigues, avec quelques problèmes mais rien de bien important. Mais la fin de la série par un nouveau scénariste me semble complétement ratée et sans intérêt.
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Image : Éditeur

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10/02/2018

Batwoman volume 1. The many arms of death par Marguerite Bennett, James Tynion IV, Sterve Epting, Sephanie Hans, Renato Arlem et Jeromy Cox

Titre : Batwoman volume 1. The many arms of death
Auteur-e-s : Marguerite Bennett, James Tynion IV, Sterve Epting, Sephanie Hans, Renato Arlem et Jeromy Cox
Éditeur : DC 21 novembre 2017
Pages : 168

TW : Mention d'une possible tentative de suicide

Ce volume 1 contient Batwoman rebirth et Batwoman 1-6. Batwoman a eu une histoire mouvementée. Après un très bon run la série fut reprise par une nouvelle équipe créative, lorsque la précèdent est partie suite à un désaccord avec DC qui ne souhaitait pas permettre le mariage de Batwoman, Kate Kane, avec Maggie Sawyer. Cette nouvelle direction fut, selon toutes les critiques que j'ai lues, très mauvaises avec une direction difficilement défendable. J'avais beaucoup apprécié la première partie du run et j'étais déçu de ne pas avoir de suite à la hauteur. Lorsque j'ai appris que Batwoman allait revenir sous le label rebirth j'avais donc un certain nombre d'attentes. L'intrigue débute alors que Kate Kane et Julia Penyworth travaillent ensemble afin d'identifier la personne qui a créé et distribué un sérum capable de tuer un grand nombre de personnes. Selon Batman, ce sérum serait en vente afin d'organiser une attaque terroriste. La recherche mène les deux femmes sur une île peu connue : Coryana. Jusqu'à récemment, l'île n'était qu'un repaire de pirates mais elle est entrée sous le giron d'une société qui la vend à des personnes fortunées. Mais, avant cela, ce fut aussi la résidence de Kate Kane après son naufrage.

SPOILERS

Je préfère ne pas trop parler du numéro Rebirth. En effet, celui-ci permet surtout de mettre en place l'intrigue principale, de mettre à niveau les personnes qui entrent dans l'histoire du personnage et à mettre en place un futur possible. Ce numéro permet d'éviter la nécessité de connaitre toute l'histoire de Batwoman avant de commencer cette nouvelle série. Ces 6 premiers numéros m'ont beaucoup plut. En effet, on retrouve une Batwoman qui, avant d'être une héroïne, est une soldate entrainée par l'armée américaine. Elle prend des décisions que Batman ne prendrait pas. L'intrigue elle-même me semble construite autour de cela. Kate Kane n'est pas envoyée contre une menace pour Gotham ou face à des monstres. Elle est envoyée pour stopper une organisation terroriste qui utilise une entreprise comme moyen d'infiltration.

De plus, les numéros construisent un peu plus la mythologie de Batwoman en se concentrant sur une année perdue. On ne sait pas comment Kate Kane s'est retrouvée dans l'eau, mais il est mentionné que ce pourrait être une tentative de suicide après son expulsion de l'armée américaine pour homosexualité. On l'observe se reconstruire petit à petit. Mais, la scénariste en profite surtout pour débuter une histoire d'amour entre Kate Kane et Safiyah. La dernière planche du numéro 5 est particulièrement réussie pour expliciter le retour à la vie de Kate Kane. Cette intrigue semble être destinée à prendre une plus grande importance plus tard. Je laisse de côté le dernier numéro qui se déroule dans un futur indéterminé car je ne comprends pas sa place dans ce volume ni ce qui s'y déroule. Je ne sais pas si c'est voulu ou si l'intrigue est développée ailleurs.

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**** J'ai bien aimé ce premier volume qui semble prendre une direction que j'apprécie. Je suis curieux de connaitre la suite. PS : je préfère éviter la comparaison avec le run précèdent de Rucka, difficile à atteindre aussi bien en ce qui concerne l'écriture que les dessins.
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Image : Éditeur

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08/02/2018

Black Science volume 6. Forbidden realms and hidden truths par Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio

Titre : Black Science volume 6. Forbidden realms and hidden truths
Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio
Éditeur : Image comics 19 juillet 2017
Pages : 128

Ce volume contient Black Science 26-30. Grant McKay est enfin rentré chez lui. Il a ramené sa fille, Pia, avec lui-même si elle aurait préféré se marier avec son divin fiancé. Mais le reste de l'équipe est toujours perdue dans différents univers. Grant ne peut pas les aider. Dans sa terre sa femme l'a quitté au profit de Kadir. Block utilise son invention pour prendre le contrôle du multivers. Et lui-même est considéré comme un meurtrier, enfermé dans un asile. Cependant, Grant ne pensait pas que son fils et son étudiant seraient capables de trouver un moyen de voyager sans aide. Dès que possible, ils rentrent chez eux mais ils ont une mission. En effet, lors de leurs voyages ils ont rencontré un groupe de super héros qui a décidé de suivre un but précis : Sauver le multivers de deux calamités. Les deux approchent de la Terre.

SPOILERS

Je ne sais pas exactement combien de numéros contiendra la série. Il me semble que l'on approche de la fin puisque plusieurs intrigues autours de Grant McKay commencent à se relier. En effet, on observe enfin les réelles conséquences du Pilier, que nous n'avions qu'aperçues, sur un monde. La terre de Grant est maintenant sous le contrôle économique d'une seule corporation qui n'hésite pas à utiliser des êtres vivants et univers comme monnaie d'échange. De plus, les différents personnages commencent enfin à se retrouver, ayant changé quelque peu, avec le but commun de sauver le multivers. En effet, les deux menaces que nous avons rencontrées dans les pages de Black Science sont plus puissantes qu'auparavant et les destructions imaginées par les dessinateurs sont impressionnantes. Enfin, plusieurs menaces commencent à être connues, je pense en particulier à la Sorcière qui aura probablement un rôle plus important que je ne le pensais. J'apprécie toujours autant l'intrigue ainsi que les personnages, qui en prennent pour leur grade, mais j'espère que les auteurs sauront terminer leur histoire.

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**** Ce volume s'amuse un peu plus que le précèdent tout en reliant plusieurs intrigues et menaces. L'équipe est proche d'être enfin réunie et de pouvoir agir pour suivre leur mission initiale.
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Image : Éditeur

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03/02/2018

Black Science 5. Le pacte de Circé par Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio

Titre : Black Science 5. Le pacte de Circé
Auteurs : Rick Remender, Matteo Scalera et Moreno Dinisio
Éditeur : Urban comics 14 avril 2017
Pages : 104

Ce tome contint Black Science 22-25 publiés chez Image Comics Black Science vol.5: True Atonement. Pendant trois ans Grant McKay s'est laissé tomber dans le désespoir après avoir perdu ses enfants et son équipe lors du dernier saut du Pilier. Tout le monde est dispersé mais Grant a réussi à reconstruire un vaisseau pilier afin de chercher tous les membres de son équipe, les ramener à domicile et réparer ses erreurs. Son premier voyage a concerné Rebecca dont il a puni la trahison. Maintenant, il est prêt à retrouver sa fille, Pia. Mais celle-ci n'est pas forcément très heureuse de retrouver son père. D'autant que ce dernier met à mal une construction très fragile qu'elle a mis trois ans à mettre en place : la paix entre des êtres divins. De plus, Grant McKay commence à se rendre compte des problèmes que pose le Pilier pour les réalités.

SPOILERS

Black Science est l'une des séries que j'ai mis le plus de temps à accepter de lire mais aussi l'une de celles que j'apprécie le plus. Ses personnages sont loin d'être sympathiques et le pire est probablement Grant. Car celui-ci cache ses problèmes derrière une idéologie justifiant ses échecs. Le dernier tome permet de faire grandir le personnage en le confrontant à son passé. Il est donc normal que ce tome 5 confronte ce nouveau Grant à l'une des personnes les plus critique envers lui : sa fille. La rencontre est parfaitement mise en scène et l'on comprend parfaitement pourquoi Pia n'apprécie pas beaucoup son père.

Mieux encore, ce tome commence à ajouter de véritables menaces. Bien entendu, on a déjà rencontré une race parasite et une race adoratrice de la mort. Mais ce tome met en avant la menace du capitalisme sans limite dans la personne de Block. Ce dernier utilise le Pilier non pour la découverte ou aider l'humanité mais pour son propre bien sans prendre en compte les dégâts causés. Ce personnage est totalement aveugle au danger et ne voit qu'une fortune future pour lui-même. Pire encore, les dégâts des voyages sur les réalités sont de plus en plus apparents et il devient difficile de savoir de quelle manière il est possible de réparer ce qu'a fait Grant. Bref, ce tome permet de continuer sur la lancée du précédent en montrant à quel point Grant McKay s'est trompé et à quel point il est dangereux pour l'univers. Mais il permet aussi un début de réhabilitation pour ce personnage.

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***** Un tome 5 très court mais toujours aussi bon. Vivement la suite !

Image : Éditeur

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31/01/2018

Black Canary 1. Kicking and screaming et Black Canary 2. New killer star par Brenden Fletcherm Annie Wue, Pia Guerra, Lee Loughridge et Sandy Jarrekk Moritat

Titre : Black Canary 1. Kicking and screaming et Black Canary 2. New killer star
Auteur-e-s : Brenden Fletcherm Annie Wue, Pia Guerra, Lee Loughridge et Sandy Jarrekk Moritat
Éditeur : DC 8 mars 2016 et 29 novembre 2016
Pages : 168 et 144

Le premier volume contient Black Canary 1-7 et Dc sneak peek: Black Canary 1. Le second volume contient Black Canary 8-12, Gotham Academy 17 et Batgirl and the Birds of prey: Rebirth 1. Black Canary, Dinah Drake, a tout perdu dans un incendie, à cause de Barbara Gordon. Bien qu'elle lui en ait voulu cela lui a aussi permis de recevoir une opportunité. Un groupe souhaite l'engager comme chanteuse pour une tournée, ce qui lui permettrait d'avoir assez d'argent pour reconstruire sa vie. Bien qu'elle ne soit pas à l'aise en chant ni sur la scène, son groupe attire rapidement l'attention. En effet, les concerts sont toujours suivis de combats durant lesquels Dinah Drake assomme quelques personnes pour de très bonnes raisons. Le groupe possède immédiatement une réputation de danger qui, pourtant, n'empêche pas les foules de se déplacer. Le danger pourrait bien être plus important que prévu. En effet, des aliens et le gouvernement, en la personne d'Amanda Waller, suivent de très près les trajets du groupe et s'intéressent à une personne particulière.

SPOILERS

Ces deux volumes font partie d'un effort, avorté, de DC de créer une certaine diversité dans leurs titres. Une grande partie des comics ont été annulé après 6 à 12 épisodes mais il y a beaucoup de bonnes idées. Ces deux volumes se basent sur les intrigues de Batgirl pour relancer le personnage de Black Canary en direction de ses propres aventures au lieu d'être une simple partenaire. Étant donné son pouvoir, sa voix, il est logique de la placer dans un groupe. Bien entendu, ce groupe sera témoin d'événements étranges liés au passé de Dinah et surtout à l'un des membres. Là aussi, l'intrigue est logique et s'insérer parfaitement dans l'idée que le son est important dans cette histoire et pour les personnages. Il est dommage que le second volume abandonne l'importance du son pour parler d'une secte de ninjas liés à la mère de Dinah. L'intrigue me semble beaucoup moins intéressante et je ne comprends pas ce qu'un groupe de musique peut bien y faire. Mis à part cela, on peut se demander si un comics est le bon média pour parler de musique. Les images peuvent créer une impression, montrer le fonctionnement d'une foule et d'une scène. Mais est-il vraiment possible de mettre en avant la musique ? De temps en temps, le dessin essaie quelque chose pour nous montrer la musique. Souvent, le dessin se contente de rendre visible le cri de Dinah. D'une certaine manière, il y a donc échec sur ce point, mais pas sans plusieurs tentatives plus ou moins heureuses.

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**** Un premier volume que j'ai bien apprécié malheureusement suivi d'un second volume bien plus anecdotique. J'ai tout de même apprécié de lire les aventures de star de Dinah Drake.
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Image : Éditeur

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27/01/2018

The Hunger Games 3. Mockingjay par Suzanne Collins

Titre : The Hunger games 3. Mockingjay
Autrice : Suzanne Collins
Éditeur : Scholastic 25 février 2014
Pages : 400
TW : Violences d'état, mentions de tortures, violences policières

Les 75èmes jeux, censés être un moyen de se débarrasser de Katniss et de ses semblables, se sont terminés sur la destruction de l’arène. La réaction du Capitole a été immédiate et sans pitié. Le district 12 a été rasé par des bombes incendiaires et seule une minorité a survécu. De l'arène, seule Katniss et Finnick ont été sauvé par les rebelles et le district 13. Peeta, Johanna et Annie sont capturés par les forces du Capitole. Les choix de Katniss, bien que rendus nécessaires par une conspiration dont elle ne savait rien, font d'elle le visage de la révolte contre la tyrannie du président Snow. Car les districts sont en révolte ouverte contre le Capitole. Mais la guerre est difficile, les blessés et les enfants ne sont pas à l'abris de la vengeance. Il sera nécessaire de lutter rues après rues afin de détruire le Capitole.

SPOILERS

L'écriture de cette trilogie ne donne que peu d'informations sur la première guerre. On ne sait que peu sur le fonctionnement militaire du Capitole. Ce que l'on nous dit, en particulier par la voix de Katniss et de Peeta, implique que l'humanité pourrait disparaitre en cas de guerre. On a l'impression que Panem est la dernière civilisation au monde et sa tyrannie est nécessaire pour éviter l'extinction. Le second livre nous montrait une Katniss tentant d'éviter une guerre à la fois pour éviter des morts innocentes mais surtout pour protéger sa famille. Ce dernier tome permet de débuter la guerre annoncée et de poser la question de ce que l'on peut et ne peut pas faire dans le cadre d'un conflit. Panem et Snow sont montrés comme sans pitiés. Les forces militaires n'hésitent pas à user de la torture et de l'esclavage afin de vaincre et d'empêcher toutes possibilités de considérer la révolte. Face à eux, le district 13 est-il vraiment meilleur? À plusieurs reprises, des personnages posent la question des limites et surtout de leur existence. Cette réflexion n'est pas qu'académique. Elle est mise en scène dans plusieurs parties du livre et permet aussi de se poser la question des débuts de Panem, lorsqu'il a été décidé de sacrifier des enfants afin d'éviter une prochaine guerre.

Mais ce tome prend aussi au cœur de parler d'un thème déjà présent lors du second tome, mais mis en sourdine face à la nécessité de protéger la famille de Katniss : le choc post-traumatique. Le premier tome ne parlait que de la mère de Katniss. Le second s'attache un peu plus aux réactions de Katniss et Peeta, sous la forme de cauchemars, et permet de créer une meilleure compréhension du comportement d'Haymitch pour ne prendre qu'un exemple. Mais le troisième va bien plus loin. Plusieurs personnages sont montrés brisés, à cause de Panem. Finnick a de la peine à garder sa santé d'esprit, Annie essaie à plusieurs reprises de s'échapper, Johanna a peur de l'eau après avoir été torturée. Peeta a subi un lavage de cerveau et tente d'y échapper sans savoir s'il peut croire ses souvenirs ou ses sentiments. Katniss, bien entendu, est plus proche de nous puisque le roman est écrit selon son point de vue. On observe le personnage essayer de s'en sortir mais surtout retomber dans le traumatisme a plusieurs reprises. Dans ce troisième tome, le choc post-traumatique est montré comme une composante importante de la psychologie de Katniss. Elle tente de mettre en place des moyens de continuer à vivre mais il n'est pas rare que des descriptions montrent à quel point cela est difficile pour elle, et à quel point les moyens de fuites peuvent être simples à suivre. C'est, à mon avis, le point le plus important de ce dernier tome, plus que la guerre elle-même.

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**** Une conclusion qui donne l'impression d'être dans la logique directe des deux derniers précédents tomes. Bien qu'il y ait un happy end il implique une lutte importante et l'autrice semble nous dire qu'il pourrait être mis en cause.
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Image : Site officiel

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20/01/2018

The Hunger Games 2. Catching fire par Suzanne Collins

Titre : The Hunger games 2. Catching fire
Autrice : Suzanne Colins
Éditeur : Scholastic 1 juillet 2010
Pages : 384
TW : Violences d'état, mention de torture, violences policières

Katniss et Peeta ont créé l'histoire. Illes ont réussi à faire croire au Capitol que leur amour est véritable, Avec cette arme dans leur main illes ont réussi à forcer les jeux à accepter une double victoire, pour la première fois depuis l'institution des Hunger Games. Mais le président Snow est inquiet. Les districts n'acceptent plus les décisions du Capitole et les petites révoltes individuelles commencent à se transformer en ce qui pourrait bien devenir une révolution. Snow décide que seule une personne peut empêcher les districts de se révolter. Cette personne est Katniss. Elle doit convaincre tout le monde que son geste dépendait de son amour pour Peeta et non d'un calcul pour humilier le Capitol. De sa réussite ne dépend pas seulement la paix mais aussi la survie de sa famille, de celle de Peeta et celle de Gale.

SPOILERS

Les personnes, nombreuses, qui ont vu le film savent que l'un des thèmes majeurs de cette trilogie concerne l'importance des médias. Le livre ne déroge pas à ce thème. Le premier montrait Katniss tenter de comprendre comment user des médias, et échouer. Ce second tome donne une importance plus grande encore car Katniss est un double symbole. En ce qui concerne le Capitole, et ses habitant-e-s, elle est une femme amoureuse. C'est l'image qui doit être créée et distribuée par les médias contrôlés par l’État. Ainsi, Katniss, Peeta et Snow font tout en leur pouvoir pour construire ce symbole afin d'éviter une révolte. Car Katniss est aussi un symbole de révolution. Cette partie n'est que peu montrée, étant donné les communications difficiles entre les districts dans cet univers. Mais on apprend, petit à petit, quelles sont les conséquences des gestes de Katniss. Ses paroles et ses costumes deviennent des symboles de ralliement contre un ennemi commun. On le voit lors d'une scène dans un district mais aussi dans la forêt, lorsqu'elle rencontre des personnes qui ont fui pour rejoindre le mythique district 13.

Cependant, ce livre pose aussi le problème de la révolte. Surtout, il tente de montrer de quelle manière il est possible de se révolter face à un état dictatorial. Le district 12 est montré comme peu contrôlé, face à d'autres ou les règles sont bien plus strictes. Mais l'autrice à la bonne idée de montrer un changement de direction. Celle-ci passe par le remplacement des personnes qui étaient chargées de la répression, afin de mettre en place non seulement un commandement plus dur mais aussi des soldat-e-s qui n'ont pas de liens avec la population. La répression passe aussi par les couvre-feux et la remise en ordre d'un système architectural et économique de contrôle. Il est intéressant qu'il soit mentionné qu'un tel changement ait déjà eu lieu auparavant. Mieux encore, l'autrice continue à utiliser son univers pour ne pas trop nous en dire. Ainsi, on ne sait que peu de choses sur les autres districts. Mais cela n'empêche pas les personnages de parler et de nous faire comprendre que plusieurs ont connu des révoltes qui ont eu un impact sur l'économie globale du pays. Cet aspect permet de mettre en avant l'importance des communications, et de leur contrôle, si on souhaite une révolution ou en empêcher une. Bref, un second tome à la fois proche et plus développé que le premier, ce qui permet de construire un peu plus son univers tout en laissant de côté les Hunger Games proprement dit.

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**** Avoir vu les films m'empêche de ressentir des surprises face aux intrigues, mais j'apprécie de voir comment l'autrice a construit son livre et surtout ce qu'elle a mis en place sans que le film ne le reprenne
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Image : Éditeur

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14/01/2018

Batman and Harley Quinn

TW : sexisme, harcèlement sexuel

Un soir à Gotham, Poison Ivy et Jason Woodrue cambriolent ensemble pour rapidement partir sans n'avoir rien pris. Mais le Batman comprend rapidement que leur but n'était pas matériel mais de trouver une information. Celle-ci est potentiellement très dangereuse. En effet, Poison Ivy et Jason Woodrue essaient de comprendre ce qui a pu donner vie à Swamp Thing. Pire encore, illes ont kidnappés un expert en armes biologiques. Batman et Nightwing décident de tout faire pour retrouver les deux complices. Mais il est difficile de les suivre. C'est la raison pour laquelle ils décident de chercher Harley Quinn. En effet, sa relation avec Poison Ivy pourrait permettre de mieux la comprendre et de la retrouver. Peut-être même pourrait-elle convaincre son amie de ne pas détruire le monde ? Mais est-il possible de faire confiance en l'ancienne complice du Joker ? Même si elle n'a pas accompli de crimes depuis sa sortie d’Arkham ?

SPOILERS

Ce film est un hommage assumé envers la série Batman des années 90. Une série que je regardais quand j'étais enfant, le matin en week-end. De plus, le titre et le film semblaient vouloir rendre hommage à Harley Quinn, un personnage qui provient de la série susmentionnée. Il m'était difficile de résister à l'envie de revenir en enfance et de revoir un personnage que j'apprécie, et donc la vie est loin d'être sympathique. J'ai rapidement été déçu. Si nous prenons d'abord en compte le "scénario" on comprend vite qu'il est presque inexistant. Ce que l'on nous offre est une forme de road movie avec deux justiciers et Harley. Le format est simple, le trio discute dans la voiture, Harley fait une demande refusée puis Batman accepte et doit gérer Harley. Pire encore, il n'y a pas de fin. Le film se termine abruptement après l'arrivée d'un Swamp Thing qui... ne sert à rien et repart tout aussi rapidement. Les scénaristes nous laissent en plan sans rien savoir, comme s'ils avaient été pris d'une fainéantise intense. J'ai l'impression que l'absence de scénario est aussi basé sur l'envie de faire de l'humour via Harley Quinn. Malheureusement, les "blagues" sont très mauvaises voir de mauvais goût. Ainsi, le film échoue à créer une histoire intéressante et à nous faire rire. Pourtant, il aurait été possible de développer au moins deux thèmes. Premièrement, Poison Ivi et Jason Woodrue peuvent porter une intrigue écologiste forte. Ensuite, il aurait été possible de parler de la difficulté de la sortie de prison et du retour dans une vie active. En effet, Harley Quinn est serveuse dans un bar peu engageant malgré son doctorat. Elle explique dans une scène que ses lettres de candidatures sont toutes refusées à cause de son passé. Mais les scénaristes ont soit refusé soit eu peur de ces deux pistes.

Mais il y a pire. Il y a la manière dont Harley, et les femmes de manière générale, sont utilisées. Comme je l'ai dit, Harley est une serveuse dans un bar. Il faut comprendre que celui-ci est un bar dont le thème est les héroïnes. Les serveuses sont donc en costume, modifiés pour être bien plus révélateurs (même si les costumes classiques sont déjà bien révélateurs). Il nous est rapidement montré que les hommes n'hésitent pas à toucher ces serveuses et à les observer sans leur consentement. Même si l'un des clients est puni par Harley pour son comportement il n'est pas montré comme fondamentalement en tort. Puis, dans le reste du film, il n'y a jamais d'hésitation à montrer Harley dans des postures "sexy" ou peu vêtue. Bref, j'ai du mal à comprendre qu'un tel traitement ait été accepté durant la production puis la sortie. Heureusement, les bonus contiennent deux épisodes de la série animée Batman sur Harley Quinn. Ceux-ci mettent bien plus en valeur le personnage tout en mentionnant le comportement horrible du Joker envers elle.

* Fuyez
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Image : Site officiel

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13/01/2018

The Hunger games 1 par Suzanne Colins

Titre : The Hunger games 1
Autrice : Suzanne Colins
Éditeur : Scholastic 1 juillet 2010
Pages : 384
TW : Violences d'état, torture, violences médicales

10 ans après tout le monde, et 4 films adaptés de la trilogie, je me suis enfin décidé à lire The Hunger Games. Les livres se trouvaient dans ma pile à lire depuis un bon moment mais, pour une raison ou une autre, je n'avais jamais pris le temps de m'y intéresser. Étant donné que je les ai lus après avoir vu les adaptations cinématographiques il m'est difficile de ne pas prendre les films en compte dans mon ressenti face à ce premier roman. Hunger Games se déroule dans un futur non spécifié. Il pourrait aussi bien être proche que très lointain. Tout ce que l'on sait c'est que l'intrigue se déroule sur le territoire de ce qui fut les Etats-Unis, dans 12 districts coupés les uns des autres et le Capitole. Suite à une guerre civile, 74 ans auparavant, il a été décidé que les tous les ans 2 enfants de chaque district seraient sacrifiés dans des jeux. Seule une personne peut survivre et devenir riche. Cette année, ce sont Peeta Malark et Katniss Everdeen qui sont choisis.

SPOILERS

Comme je l'ai dit, je suis nécessairement influencé par les films. Bien entendu, les romans et les films diffèrent sur plusieurs points, pour mieux expliquer l'univers. Ainsi, dans le roman le point de vue de Katniss et le seul et elle explicite ce que l'on a besoin de savoir. Dans les films les informations sont offertes par les commentateurs qui observent les jeux. De plus, il va de soi que les romans sont meilleurs, tout simplement parce que l'intrigue est construite dans le cadre d'un livre et qu'une adaptation en scénario implique nécessairement une perte de substance. Mais je vais tout de même me concentrer sur deux points majeurs sur lesquels les romans sont bien meilleurs et les films échouent à montrer, du moins selon moi.

Le premier point est l'impact psychologique. Celui-ci est peu montré dans le premier film. On ne l'observe que dans le second et le troisième, alors que Katness fait des cauchemars récurrents. Dans les romans, l'impact est immédiat. Bien entendu, on apprend que Katness est avant tout une survivante. Elle ne s’embarrasse pas des lois et des limites si cela lui permet de mettre sa famille, et sa sœur, en sécurité. Ce que les romans montrent est que, justement, cette composante de survie est la première chose qui fait fonctionner Katness. Si son personnage n'est pas amoureux de Peeta dès le début ce n'est pas par un calcul stratégique mais parce que Katness veut d'abord survivre, et l'amour ne peut que rendre cette survie plus difficile. Le roman nous montre de quelle manière ce besoin et les souhaits et incompréhensions de Katness jouent et lui permettent d'avancer ou de reculer selon les circonstances. Ils permettent aussi de montrer l'impact des tueries, et des jeux, bien avant le second roman.

Le second point qui m'a fait une impression concerne le rapport à son propre corps. On sait, dans les films, que la famille de Katness n'est pas riche et à risquer de mourir de faim. On observe aussi les efforts du Capitol pour remodeler le corps de Katness. Ces deux sujets sont bien plus mis en avant dans le livre, je pense même que c'est l'un des points les plus importants. La nécessité de se nourrir est toujours au centre des préoccupations du personnage. Quel que soit le moment, un repas ne peut pas être gâché et il est nécessaire de faire attention au futur, en tenant en compte les capacités pour se procurer de quoi manger. Il est intéressant de montrer qu'elle-même, ainsi que le district 11, sont capables de vivre sur la terre sans avoir besoin de dons.

De plus, le roman insiste sur l'usage des corps par les personnages et le Capitol. Bien entendu, les descriptions de douleurs et de blessures ne sont pas rares. Mais je parle de la manière dont le Capitole fait sien le corps des jeunes qui lui sont envoyés. Dès le début, illes sont dénudé-e-s, traité-e-s et maquillé-e-s puis des citoyen-ne-s du Capitol choisissent les habits qui seront portés. Le corps des tributs ne sont plus les leurs mais appartiennent au Capitol qui essaie d'en faire des peintures, au nom de leur propre bien être. À la fin du roman, il est révélateur que Katness se trouve enfermée et attachée à un lit d’hôpital qui permet au Capitol, et aux médecins, de traiter son corps voir de le modifier (on apprend que l'un des buts était de faire une augmentation mammaire). Il y a donc contraintes et une absence totale de consentement de la part des personnes concernées. Il est tout de même intéressant de mettre en avant que le styliste de Katness semble être une personne de confiance dont le but n'est pas de mettre en avant une idée sur le district ou lui-même mais de mettre en avant Katness (du moins je l'ai compris ainsi et je peux me tromper). Les descriptions corporelles, des efforts mis en place pour le changer dans le but de le rendre conforme aux standards du Capitol, sont donc particulièrement important et le film oublie d'en parler, mis à part dans une seule scène, très sage comparé au roman.

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**** Il m'a fallu du temps avant de finalement commencer cette trilogie. Je ne regrette pas de m'être lancé et je suis curieux d'observer les autres différences entre les romans et les films. Pour l'instant, il me semble claire, et normal, que les romans sont meilleurs que leurs adaptations.
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Image : Éditeur

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06/01/2018

Batman and Robin Eternal 2 par Scott Snyder, James Tynion IV, Jackson Lanzing, Colin Kelly et Tim Seeley

Titre : Batman and Robin Eternal 2
Auteurs : Scott Snyder, James Tynion IV, Jackson Lanzing, Colin Kelly et Tim Seeley
Éditeur : Urban comics 14 novembre 2016
Pages : 336

Ce second tome contient Batman And Robin Eternal 13-26. Il y a 5 ans Batman et Robin, Dick Grayson, poursuivaient le docteur Crane en Europe afin de l'empêcher de répandre une toxine de terreur. Mais derrière cette affaire se cachait une autre, plus dangereuse. En effet, Batman avait mis au jours l'existence d'une organisation sous le contrôle d'une personne se faisant nommer Maman. Celle-ci a proposé à Batman de lui offrir un meilleur Robin, un enfant capable de le suivre et d'accepter ses ordres dans sa guerre contre le crime. Le tome 1 se terminait alors que Batman portait une arme dans une ruelle sombre. Dans le présent, les robins ainsi qu'Harper Row luttent contre Maman qui tue ses enfants et prépare la prise de contrôle de plusieurs villes. Elle a eu des années pour préparer ses plans et l'empêcher de vaincre pourrait bien s'avérer impossible.

SPOILERS

J'avais, il y a longtemps, expliqué que Batman Eternal m'avait déçu. En particulier, l'intrigue était trop brouillonne et les numéros trop nombreux. Batman et Robin Eternal, par contre, m'a beaucoup plu. Bien que l'intrigue s'attache à un plan de vilain de comics, prendre le contrôle des enfants afin de tuer les adultes, elle cache quelque chose d'autre. Ce que cette série propose est une définition de Robin et de sa relation avec Batman. Maman pense que les enfants, pour survivre dans un monde difficile, doivent devenir des soldats capables de tuer. Pour cela, il est nécessaire de créer un traumatisme. Maman est donc très proche de Batman puisque les deux ont subi un traumatisme et souhaitent éviter ce destin à d'autres enfants, mais de la même manière. En effet, Batman ne souhaite pas créer des soldats. Comme le disent les auteurs, le but de Robin n'est pas de suivre les ordres mais d'apprendre, faire des erreurs et devenir capable d'être meilleur que Batman. Que ce soit en ce qui concerne la stratégie, la capacité de prendre des choix difficiles ou encore la capacité à faire confiance à autrui. De plus, j'apprécie que l'un des personnages, Harper Row, prend une place plus importante encore dans la famille tout en gardant une possibilité de faire un choix différent. D'une certaine manière, ce titre permet de terminer son histoire tout en donnant la possibilité de lui donner une suite.

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**** Un second tome que je trouve réussit car il s'intéresse plus à une idée qu'à une intrigue trop abracadabrantesque.
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Image : Site officiel

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05/01/2018

Battlestar Galactica 4. Unity par Steven Harper

Titre : Battlestar Galactica 4. Unity
Auteur : Steven Harper
Éditeur : Tor Books 3 avril 2007
Pages : 320
TW : Violences policières et médicales, torture

Ce quatrième, et dernier à ma connaissance, tome se déroule durant la saison 2 avant l'arrivée du Pegasus. Depuis plusieurs mois la flotte subit les attaques répétées des Cylons. Pire encore, une mésentente entre les civils et les militaires a mené à un coup d'état suivi d'une scission de la flotte. Heureusement, les tensions se sont calmées depuis que la Présidente a trouvé la route de la Terre et que Adama a accepté de la suivre. Mais ce n'est que l'un des nombreux problèmes. La flotte subit une épidémie alors qu'elle est en manque de médicaments. Les réserves de nourriture sont aussi inquiétantes. La flotte n'a pas eu d'autres choix que de s'arrêter au-dessus d'une planète sur laquelle on trouve des algues capables aussi bien de nourrir que d'être transformées en médicaments. Mais les Cylons retrouvent rapidement les humain-e-s et, après une brève bataille, laissent un module de survie derrière elleux. À l'intérieur on trouve une 8 ainsi que le chanteur Peter Atis. Soin arrivée est un bon moyen de donner un peu d'espoir à la flotte mais ne cache-t-elle pas autre chose ?

SPOILERS

Ce roman s'intéresse à deux points fondamentaux de la série : la dichotomie entre science et religion. En effet, la série s'intéresse à un certain nombre de personnages. Certains, comme la présidente, croient en des divinités dont l'existence est révélée par des textes sacrés. D'autres sont des sceptiques qui doutent face aux miracles, comme le commandant Adama. Et enfin, nous avons des scientifiques purement rationnels montré par Gaius Baltar. La série est plutôt négative face à la science et met en place une intrigue de conversion du scientifique en direction de la foi. Ce roman ne déroge pas à cette règle. Nous avons des croyant-e-s, des sceptiques et des scientifiques. Ce qui est intéressant, aussi bien dans la série que le roman, est l'absence de frontière importante entre science et religion. Ce qui, pour certaines personnes, est divin sera explicable scientifiquement pour d'autres. L'intrigue qui est développée dans ce quatrième tome joue avec cette frontière puisque ce que certain-e-s définissent comme une maladie est considéré par d'autres comme un miracle, basé sur un texte sacré considéré comme apocryphe. Cela permet de montrer une part des difficultés religieuses de la flotte mais aussi de démontrer comment réagit une population face à l'imminence de la mort, sans capacités de choix. En effet, seules une minorité de personnes sont agissantes, les autres doivent attendre dans une atmosphère de plus en plus morose. La conversion massive à la foi de Peter Atis n'est donc pas étrange mais une simple réaction face à une possibilité d'espoir. Malheureusement, cet aspect n'est que peu examiné dans la série puisqu'elle se concentre sur des militaires qui peuvent agir.

En ce qui concerne l'écriture, ce quatrième roman est probablement le meilleur (je mets de côté la novélisation du pilote que je n'ai pas lu). Le tome 2 était inintéressant, mal écrit et contredisait la série sur plusieurs points. Le tome 3 était intéressant mais se perdait en intrigues secondaires sans intérêts. Ce tome se construit entièrement sur une intrigue précise mise en place sur une bonne moitié du livre. En effet, ce n'est que tardivement que la maladie est observée puis comprise comme dangereuse. Ce qui donne le temps d'y lier l'intrigue religieuse sans donner l'impression d'un patchwork décousu. De plus, les personnages ressemblent bien plus à ceux de la série. Les cylons sont sans pitiés. Le commandant Adama est montré comme compétent mais fatigué et stressé, en particulier en ce qui concerne son fils. La présidente est décrite comme une personne qui ne cherche pas le pouvoir mais s'y accroche en cas de besoin, mais aussi comme une femme en fin de vie qui essaie de survivre autant que possible. Enfin, nous avons Starbuck dont les actions ne sont ni condamnées ni décrites comme honteuses. A la rigueur, il y a une explication par son passé familial. Mais on nous montre une femme qui décide de prendre du bon temps quand elle en a envie parce qu'elle en a envie, malgré la jalousie et le jugement de Lee Adama. Ainsi, ce roman réussit là où le précèdent échouait.

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*** Enfin un roman pas trop mauvais dans cet univers. Il est même très réussi si on le compare aux autres.
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Image : Amazon

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02/01/2018

Batman and Robin 7. Le retour de Robin par Peter J. Tomasi, Patrick Gleason et Andy Kubert

Titre : Batman and Robin 7. Le retour de Robin
Auteurs : Peter J. Tomasi, Patrick Gleason et Andy Kubert
Éditeur : Urban Comics 24 février 2017
Pages : 248

Ce tome contient Batman and Robin 35-40, Robin Rises: Alpha 1, Batman and Robin Annual 3 et Secret Origins 4 publiés dans Batman and Robin vol. 7: Robin rises. Robin est mort. Après cette perte Bruce Wayne s'est perdu dans le déni et son alter égo. Il est allé trop loin pour beaucoup de personnes qu'il a fait souffrir intentionnellement dans sa quête d'un remède à la mort. Puis, il a accepté la mort de son fils. Mais quelqu'un a volé le corps de Damian Wayne ce qui a poussé Bruce à la recherche dans le monde entier, pour voir le corps de son fils emmené par l'un des habitants d'Apokolips, la planète de Darkseid. Tout le monde déconseille à Bruce de se rendre sur cette planète infernale. Mais ce dernier n'a qu'un seul but : retrouver le corps de son fils. D'autant qu'il se pourrait bien que Bruce Wayne ait trouvé le moyen de redonner vie à son fils.

SPOILERS

J'ai bien apprécié le run de Tomasi sur Batman and Robin. L'auteur mettait en place moins une série sur Batman qu'une série sur la relation entre un père et un fils. Les deux sont montré comme très différents mais aussi proches sur certains points. La mort de Robin, qui n'y est pas mise en scène, était très bien traitée par Tomasi qui montrait, à l'aide des relations avec d'autres personnages, ce que la mort de son fils fait à Bruce mais aussi Alfred. J'avais aussi apprécié le tome 6 qui montrait Batman lutter pour retrouver le corps volé de son fils.

Ce tome permet de conclure la série de Tomasi. Pour cela, il est nécessaire de reprendre enfin le corps de Damian et de lui redonner vie. Bien que l'on puisse se demander si un simple humain peut réellement combattre sur Apokolips, les pages sont plutôt intéressantes et bien écrites. En particulier, j'apprécie que la famille de Batman soit utilisée et réunie dans le but de retrouver l'un des leurs. Malheureusement, j'ai moins apprécié la seconde partie qui s'intéresse aux conséquences des pouvoirs de Robin. Ceux-ci ne sont pas vraiment expliqué mais surtout il me semble que le scénario repart dans des directions déjà examinées bien avant. Batman n'a pas confiance envers Robin, ce dernier essaie de vivre en dehors de l'ombre de son père, ils se heurtent mais on termine avec l'idée que les deux ont encore plus confiance l'un envers l'autre. Pire encore, Tomasi n'a pas le temps de vraiment examiner les conséquences des pouvoirs de Robin que ceux-ci disparaissent, alors que la série doit se terminer. Ce dernier tome termine de manière mitigée une série que j'ai beaucoup apprécié.

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*** Une bonne première partie suivie d'une seconde partie trop vite expédiée et un peu fainéante en ce qui concerne le scénario.
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Image : Éditeur

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31/12/2017

Arrow saison 5

TW: Torture, meurtres

Il y a plusieurs mois, Oliver Queen était confronté à Damien Dark. Ce dernier souhaitait protéger une petite partie de l'humanité tout en détruisant la Terre grâce à un objet capable de prendre le contrôle de toutes les ogives nucléaires du monde. Heureusement, son plan a échoué mais avec la perte d'une ville entière. Finalement, l'équipe Arrow a réussi à confronter Dark, avec l'aide de la population, et à le tuer supprimant définitivement sa menace. Mais cet épisode a créé des tensions dans l'équipe. Laurel Lance, aka Black Canary, est morte, Thea décide de ranger son costume tandis que Diggle recherche à nouveau un sens à sa vie en retournant dans l'armée. En ce qui concerne Oliver, il est nommé maire par intérim. Plusieurs mois plus tard, il est toujours maire mais sa popularité est extrêmement basse. En effet, il s'occupe non seulement de son poste mais aussi de son rôle de Green Arrow, seul. Tout le monde est d'accord, il est temps de réunir une nouvelle équipe capable de seconder Oliver Queen aussi bien sur le terrain qu'à la mairie.

SPOILERS

Arrow est une série de la CW avec une qualité en dent de scie. La première saison plaçait l'intrigue et devenait meilleure au fil du temps. La seconde saison était très réussie car elle prenait en compte les deux parties de la série, passé et présent, pour expliciter l'intrigue. Les deux saisons suivantes sont bien moins intéressantes, sans être véritablement ratées. La série passait outre l'identité des personnages principaux, des héro-ïne-s dans un milieu urbain confronté à des problèmes socio-économiques, pour s'intéresser à la magie et au mysticisme. Cette saison 5 revient à l'identité de base d'Oliver Queen en le plaçant non seulement face aux conséquences de son passé mais aussi dans la chaise du maire. Malheureusement, ses actions de maire ne sont pas très bien mises en scène. On ne voit que rarement Oliver Queen tenter de sauver sa ville par des actions à grande échelle, de temps en temps il parle à des milieux privés pour recevoir des dons en faveurs d'une aide sociale quelconque. La série semble penser que le rôle de l’État n'est pas d'agir mais de réguler les actions privées. L'absence de véritable propos politique rend cet aspect moins intéressant et, parfois, crée des épisodes entièrement ratés. C'est le cas, par exemple, de l'épisode qui pose la question du droit à porter des armes dans le but de se défendre. Il y a un refus de prendre position qui se traduit par la création d'une loi capable de lier les souhaits des camps pro et anti armes à feu. Mais jamais cet éclair de génie n'est explicité ! En ne souhaitant pas s'aliéner une partie de son audimat en s'intéressant à des sujets importants la série échoue à les traiter d'une manière adéquate. Mais c'est un problème récurrent dans les séries des États-Unis (pensez à l'avortement qui est rarement discuté comme choix possible par les personnages des séries provenant des États-Unis).

Heureusement, la série contrebalance cet échec en réussissant sur la seconde partie de l'intrigue. En effet, outre recréer une équipe Oliver Queen doit s'occuper d'un nouveau vilain nommé Prometheus. On pourrait penser que ce n'est qu'un nouveau personnage lambda mais son intérêt est d'être inscrit dans le passé d'Oliver Queen et de remettre en question les actes commis par son alter ego. En effet, lors de la première saison on nous montrait un homme capable de tuer et de torturer. Ceci était confirmé par les flash-back qui construisent un homme de plus en plus dangereux et capable d'horreur, parfois sous l'instigation d'autres personnes. Mais ces actes ne sont que rarement condamnés. Pire, ils sont parfois justifiés sous l'idée de justice ou de nécessité en faveurs du bien commun et de la sécurité. C'est un aspect dérangeant de la série qui peut poser de gros problèmes, même si ce n'est pas la seule ayant justifié des actes de torture au nom de la sécurité. Prometheus est créé par Oliver Queen lors de l'un de ses meurtres. Le personnage a ensuite tout fait pour connaitre Oliver Queen dans tous ses aspects. Son but n'est pas simplement de tuer ou de détruire mais de révéler à tout le monde qu'Oliver Queen n'est rien d'autre qu'un monstre. Les flash-backs nourrissent cette intrigue en montrant un Oliver Queen qui crée son alter ego afin de pouvoir tuer et torturer sans se sentir coupable, ce qui est promptement dénoncé comme impossible par l'un de ses amis de la mafia russe. Bref, ce qui rend cette saison meilleure que les deux précédentes est non seulement son inscription dans le passé d'Oliver Queen mais aussi de créer des conséquences pour ses actes passés qui sont un peu rapidement balayés sous le tapis dès la seconde saison.

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**** Une saison mieux construite et plus intéressante que les deux précédentes qui a la bonne idée de juger les actes de son personnage, ce que j'attendais depuis longtemps.
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Image : Allociné

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10:45 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arrow, dc | | | |  Facebook

28/12/2017

Battlestar Galactica 3. Sagittarius Is Bleeding par Peter David

Titre : Battlestar Galactica 3. Sagittarius Is Bleeding
Auteur : Peter David
Éditeur : Tor Books 3 octobre 2006
Pages : 352
TW : Torture

L'humanité est détruite. Ses mondes ne sont que ruines. Seule une partie infime de la civilisation a survécu. Mais celle-ci fuit à bord de vaisseaux spatiaux sans véritable espoir de trouver un jour une terre sur laquelle recommencer à vivre. Heureusement, la présidente Roslin n'est pas seulement la dirigeante mais aussi, selon plusieurs prophéties, le lien entre les Colonies et la mythique Terre. Ce qui lui a permis de se rendre au berceau mythique de l'humanité afin de trouver des indices sur les moyens d'atteindre la Terre. Mais avoir une destination en tête ne suffit pas. Il faut aussi survivre aux attaques de Cylons et aux dissensions internes. L'effort devient particulièrement difficile lorsque trois changements ont lieu : Laura Roslin a des visions des colonies en sang, les Cylons ont trouvé un moyen d'espionner les humain-e-s et un groupe religieux minoritaire demande une reconnaissance politique officielle.

SPOILERS

Le premier roman était très mauvais et sans intérêt. Celui-ci est un peu mieux sans être pour autant indispensable. Il permet de développer certains aspects tout en restant inscrit dans l'univers original, et sans remettre en question la série. Bien que la chronologie ne soit pas précisée il est rapidement clair que le roman prend place dans la seconde saison, après l'arrivée du Pegasus et peu de temps avant l'idée de montrer une expédition de secours vers les colonies. Le roman reprend les thèmes principaux de la série est l'un de ces thèmes est la religion.

En effet, la religion est centrale dans la série. Elle n'est pas seulement un décor un peu exotique afin de donner une légère impression de dépaysement. De nombreux personnages sont profondément croyants tandis que l'athéisme est vu comme de moins en moins rationnel face aux nombreux miracles et aux prophéties. Outre la religion officielle des Colonies, gréco-romain pourrait-on dire, il y a la religion des Cylons, monothéiste, qui prend une importance de plus en plus grande lors de la saison 4. Ce roman profite de ses 352 pages pour ajouter un nouveau panthéon sous la forme d'un groupe minoritaire régulièrement attaqué par le passé, selon ce que l'on nous dit. Ce sont les Midgardiens qui, comme leur nom l'annonce, se base sur un livre et un panthéon nordique. Par contre cette religion est décrite comme profondément apocalyptique. Le propos d'une partie importante du roman concerne la possibilité d'accepter une nouvelle religion dans le cadre d'une société et d'une constitution qui se définit dans une tradition religieuse précise. On a ici un problème que l'on connait dans nos propres sociétés. Il est toutefois dommage que l'auteur ne se concentre pas sur ce point, ce qui l'empêche de développer le propos de manière adéquate et le force à transformer une intrigue politique en intrigue militaire, après la transformation d'une garde à vue en prise d'otage ce qui ne m'a pas du tout convaincu.

Le second thème du roman concerne la surveillance en vue de la sécurité. Battlestar Galactica a été qualifiée de série post 11 septembre 2001. En effet, dans une atmosphère de sécurité et de paix les colonies humaines sont brutalement attaquées sans réussir à se défendre. Pire encore, l'ennemi n'est pas identifiable. Il a pris notre forme et n'importe qui peut être un agent. Ce roman se déroule alors que les humain-e-s ont une prisonnière Cylonne. La légalité de son enfermement est questionnée, ainsi que ses droits en tant qu'agent ennemi qualifié d'inhumain. Est-il possible, par exemple, d'agir sur son corps afin de la faire avorter ? Peut-on la considérer comme un objet ou faut-il lui concéder des droits ? Toutes ces questions sont posées dans la série et le roman s'y inscrit. Il est dommage que les militaires acceptent la torture alors que Adama est décrit dans la série comme quelqu'un qui refuse d'user d'actes précis, même envers des ennemis. Tout aussi importante est la réaction face à un espionnage par les Cylons qui leur permet d'organiser un piège. Face à ce problème la réaction du haut commandement est d'organiser une surveillance totale des officiers. Cette surveillance est strictement militaire, en dehors des procédures, sans contrôle civil ou judiciaire et, selon Laura Roslin, illégale. La question posée est simple : jusqu’où peut-on aller dans la surveillance afin de permettre une sécurité accrue de la population. Malgré l'illégalité du procédé, les instances les plus importantes des Colonies acceptent l'idée au nom de la sécurité mais dans un but strictement défini : trouver des Cylons. Il n'y a donc pas de possibilités de condamner des actes illégaux découvert par la surveillance. Plus important encore, celle-ci est montrée comme peu efficace. En effet, Tigh prend un temps important pour écouter les bandes et ne découvre presque rien d'important et en tout cas pas d'agents Cylons. Tout ce qu'il découvre ce sont des humain-e-s dévoués à leur travail malgré les questionnements qu'illes peuvent avoir, on est loin d'un danger intense. La surveillance de masse est donc montrée, dans ce roman, comme dangereuse et inutile en ce qui concerne la sécurité.

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*** Meilleur que le tome 2 mais tout de même très anecdotique.
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Image : Amazon

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23/12/2017

The Cylon's secret. Battlestar Galactica 2 par Craig Shaw Gardner

Titre : The Cylon's secret. Battlestar Galactica 2
Auteur : Craig Shaw Gardner
Éditeur : Tor 22 aout 2006
Pages : 304

L'humanité avait colonisé plusieurs mondes. Mais les relations ne sont pas toujours parfaites malgré une économie et une technologie florissante. Alors, pour travailler et combattre à leur place, les humain-e-s ont créé des robots humanoïdes : les Cylons. Mais, un jour, tous les Cylons ont reçu un message, se sont arrêté pour écouter puis ont tenté de quitter les Colonies, parfois en tuant des humain-e-s qui tentaient de les en empêcher. Il en est résulté une guerre entre l'humanité et les machines. Celle-ci est maintenant du passé. Un armistice a été signée il y a 20 ans et, depuis, les Cylons n'ont pas été vu sur le territoire des Colonies. L'humanité décide donc de reprendre ce qu'elle possédait et d'explorer l'espace afin de retrouver technologies, connaissances et de reprendre contact avec des personnes coupées du reste de l'univers. L'un de ces lieux est la station de recherche Omega. Le problème c'est qu'elle est remplie de Cylons. La paix pourra-t-elle être maintenue ?

SPOILERS

Le premier tome est une adaptation du pilote de la série, j'ai donc préféré ne pas le lire. Ce roman est le second tome dans le cadre de l'univers de Battlestar Galactica. Cette série est la première que j'ai vraiment suivie. Elle est aussi l'une des meilleures séries de SF que je connaisse. Après avoir beaucoup hésité j'ai souhaité entrer plus avant grâce aux romans, qui ne sont pas nombreux. J'ai commencé par le second sur la liste. Mais celui-ci se déroule bien avant la chute des Colonies alors que Tigh et Adama ne sont pas encore aussi élevé dans la hiérarchie militaire.

Ce roman me pose de gros problèmes. Premièrement, les personnages ne sont pas intéressants. L'auteur a repris trois des caractères que l'on connait bien mais ils sont monodimensionnels et ce roman n'ajoute rien à ce que l'on sait d'eux. Pire, il crée de nouveaux personnages qui ne sont que des ersatz d'autres que l'on connait, comme Athéna qui est Kara Thrace. L'intrigue est loin d'être intéressante et même si le début du livre est sympathique, il décrit le début de la guerre, cela ne sauve pas le reste. On suit deux vaisseaux mais jamais on n'a l'impression d'un réel danger. L'écriture elle-même est plate, inintéressante.

Mais le plus gros problème, pour moi, est l'incohérence. En effet, la série commence 50 ans après la première guerre sans que jamais les Colonies n'aient vu un Cylon depuis l'armistice. Ce qui permet de créer une impression de surprise et d'impréparation de la part des personnages que l'on suit. Que fait ce roman ? Il place des Cylons face aux humain-e-s ce qui détruit l'un des points majeurs de l'univers de la série moderne ! Au lieu de résoudre ce problème l'auteur termine en deux lignes sur l'idée que toutes les personnes impliquées aient décidé de garder le secret... Tout aussi problématique est l''incohérence entre l'histoire d'Adama et de Tigh dans la série est celle qui existe dans le roman, les deux sont antagonistes. On a presque l'impression que l'auteur ou les créateurs de la série ne savaient pas ce que faisaient l'autre et donc continuent sur leur lancée. Bref, ce livre n'apporte strictement rien à l'univers de la série. Il vaut mieux l'oublier.

* Pourquoi ?
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Image : Éditeur

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21/12/2017

Star Wars 8. The last Jedi

SPOILERS

Le premier ordre, sous le leadership de Snoke, du général Hux et de Kylo Ren, a connu une grande perte. La Starbase est détruite et la Résistance sait sur quel monde se trouve Luke Skywalker. Ceci les pousse à agir rapidement. Immédiatement, le Premier Ordre envoie sa flotte détruire la dernière base de la Résistance. Car celle-ci est isolée maintenant que la jeune Nouvelle République a été détruite. Heureusement, la base est évacuée à temps. Mais les pertes sont très importantes et l'Empire fait tout pour détruire les derniers vaisseaux de guerre qui leur font face. Malgré l'héroïsme des soldats de la Résistance l'espoir est bien mince de voir le retour d'une démocratie dans la galaxie. Seul Luke pourrait permettre de gagner une bataille et, qui sait, la guerre. Mais il est nécessaire de la convaincre et de comprendre pour quelle raison il s'est exilé pendant si longtemps.

L'épisode 7 était clairement un hommage à l'épisode 4. Le film reprenait la trame principale de A new Hope tout en l'adaptant en ce qui concerne l'intrigue mais aussi les effets spéciaux et les personnages. On retrouvait donc une planète désertique, une base perdue, la destruction de mondes importants et une machine aussi puissante qu'impressionnantes avec une bataille de la dernière chance. Bien que l'on puisse déplorer un manque de prise de risque de la part de la réalisation j'ai choisi de considérer ce film à la fois comme un hommage et un moyen de faire entrer de nouvelles personnes dans son univers. En effet, il était nécessaire d'attirer les fans de la première et de la seconde trilogie tout en parlant à des personnes qui n'étaient pas forcément nées durant celles-ci. La prise de risque aurait été admirable mais pas forcément une bonne idée pour créer une nouvelle trilogie.

Cet épisode 8 est différent car la réalisation décide de détruire le mythe. En effet, depuis le premier film l'univers Star Wars a été décliné sur de nombreux supports qui l'a largement étendu. Même si la reprise par Disney a annulé une bonne partie de l'univers étendu celui-ci reste tout de même assez important. Il existe 6 films, 2 séries, beaucoup de jeux vidéo et 63 livres (si je ne me trompe pas). Il est difficile de naviguer à l'intérieur d'un tel univers et, souvent, on en sort avec deux points précis : les jedis sont des héro-ïne-s parfait-e-s et les combats de chasseurs sont superbes. Cet épisode 8 s'attaque à ces deux points. Bien que les Jedis aient une part importante dans l'univers de Star Wars illes ne sont pas exempts de critiques. La série The Clone Wars, par exemple, met en avant une partie des dissensions internes et des problèmes que pose la guerre mais aussi les échecs. Tandis que les combats de chasseurs sont spectaculaires mais ne sont qu'une partie d'une guerre. À plusieurs reprises, ces deux points sont remis en cause soit par Luke Skywalker soit par des leader femmes face à des têtes brulées masculines. L'héroïsme et la mythologie de Star Wars sont fondamentalement remis en cause et même, parfois, tournés en ridicule (le premier dialogue entre Finn et Rose est particulièrement savoureux si on l'examine ainsi).

Cependant, la réalisation n'organise pas seulement une destruction de la mythologie. Elle tente de mettre en place une nouvelle forme de mythologie basée non sur le passé, les anciens films, mais sur de nouveaux films et donc des personnages neufs. Une partie prend une importance de plus en plus importante face à d'autres qui refusent de s'impliquer. Lorsque Luke apparait enfin face à la Résistance il ne le fait pas pour gagner une bataille mais pour créer une nouvelle légende. Et celle-ci est ensuite montrée lors des dernières images du film lorsque les personnes les plus humbles de la galaxie se racontent son exploit et l'histoire de la Résistance face à un Empire à la puissance sans mesures. À la fin de ce film, on peut considérer qu'un nouveau mythe est né et que les personnages mis en avant dans le 7 peuvent enfin suivre leur propre voie plutôt que de devoir être des ersatz de ce que l'on connait déjà. Il ne reste plus qu'à voir ce que l'épisode 9 fait de ce qui lui est offert.

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***** J'ai du mal à me décider. Je n'ai pas vu le temps passer, j'ai beaucoup aimé le film, la musique et l'image. Les personnages sont à la fois surprenants et pourtant parfaitement logiques, selon moi. Sans oublier un humour qui n'est pas forcé mais qui nourrit le film. Il y a sûrement des points négatifs mais j'ai du mal à en trouver à la sortie de la salle.

Image : Site officiel

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17:38 Écrit par Hassan dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : star wars, the last jedi | | | |  Facebook

18/12/2017

Batman 9. La relève - 2e partie par Scott Snyder, James Tynion IV, Greg Capullo, Yanick Paquette et Riley Rossmo

Titre : Batman 9. La relève - 2e partie
Auteurs : Scott Snyder, James Tynion IV, Greg Capullo, Yanick Paquette et Riley Rossmo
Éditeur : Urban Comics 10 novembre 2016
Pages : 208

Ce tome contient Batman 46-52. Batman est mort, Bruce Wayne est amnésique. Il a perdu son entreprise ainsi que le manoir familial. Mais jamais il n'a été plus heureux. Il essaie d'aider les enfants de Gotham avec l'aide de sa fiancée tandis qu'Alfred se réjouit de voir l'homme qu'il a élevé prendre enfin soin de lui. Mais Gotham ne peut pas existe sans Batman. La famille Powers, qui a racheté les entreprises Wayne, lance donc un programme afin de créer un nouveau Batman. Celui-ci doit fonctionner au sein des forces de polices et non comme un possible adversaire. Et qui mieux que Jim Gordon pour être le Batman ? Mais la ville possède de nombreuses surprises. L'une de celles-ci est le dénommé Bloom. Ce dernier donne des pouvoirs à tous les habitant-e-s de Gotham, ce qui débouche sur une catastrophe. Bruce Wayne doit redevenir Batman même s'il doit tout sacrifier pour cela.

SPOILERS

J'ai l'impression que le run de Snyder s'est basé sur des thèmes principaux : Gotham et Batman. Durant son run la ville de Gotham est décrite de différentes manières par plusieurs groupes. Au lieu de la ville de Batman on apprend qu'un groupe s'y cache, et contrôle la politique et l'économie dans l'ombre. Pire encore, l'an zéro permet de briser la ville pour mieux la reconstruire. Gotham, dans le run de Snyder, est un personnage à part entière qui se modifie selon les besoins de l'intrigue. Elle n'est que trompeusement familière. Dès que Batman semble comprendre la ville elle mute en autre chose.

Mais si l'on se demande ce qu'est Gotham on doit se poser la question de l'identité de Batman. En donnant le rôle à Jim Gordon je pense que Snyder voulait mieux décrire ce qu'il pense. Il crée un personnage qui fonctionne avec la police. Qui utilise un robot géant avec de nombreuses options accessoires. Dont le logo est décliné en nombreuses marchandises. Mais Gordon n'est pas Batman. Selon Snyder, l'identité profonde de Batman fonctionne sur deux points. Premièrement, il est nécessaire de vivre une crise intense au point de briser la personne. Ensuite, le symbole doit être un moyen de rendre espoir aux habitant-e-s de la ville. Ce qui permet au scénariste d'écrire que jamais un super-héros ne pourrait réellement résoudre les problèmes d'une ville. Il peut s'attaquer au crime et aux super-vilains mais les problèmes systémiques sont au-delà de ses capacités. Batman est présent pour s'attaquer aux cauchemars, la réalité doit être résolue par des personnes vivantes

Il faut aussi noter que le scénariste termine son run sur deux numéros que j'ai beaucoup apprécié. Le premier a lieu lors d'une coupure de courant. Alors que la police et Batman cherchent la personne responsable et se préparent à une attaque il apparait rapidement que la ville continue à vivre normalement et que, parfois, personne ne tente de la détruire. La seconde explique pourquoi Bruce Wayne est devenu Batman. Il crée une liste des pas à prendre pour passer au-delà du deuil de la mort de ses parents et se termine sur une étape inscrite par Alfred. Ces deux numéros sont à la fois en dehors de l'intrigue précèdent et un bon moyen de terminer un run sur une dose d''optimisme.

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**** Ce tome est loin d'être parfait mais j'ai beaucoup apprécié les deux derniers numéros.
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Image : DC

Éditeur

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10/12/2017

Batman: Arkham Knight - The Riddler’s Gambit par Alex Irvine

Titre : Batman: Arkham Knight - The Riddler’s Gambit
Auteur : Alex Irvine
Éditeur : Titan Books
Pages : 320

Depuis plusieurs années le Batman, alias Bruce Wayne, se bat contre le Joker. Leur lutte s'est déroulée aussi bien en ville que dans l'asile d'Arkham. Mais alors que Hugo Strange préparait son protocole 10 afin de détruire non seulement les criminels mais aussi les opposant-e-s politiques le Joker, lui, préparait une dernière lutte contre le Batman. Lors de celle-ci il expliqua être mourant et il fut bel et bien mort après la destruction d'Arkham City. Depuis, le monde criminel est resté calme tandis que Batman a évité de sortir, ayant lui-même besoin de repos. Mais un paquet est envoyé à la police de Gotham. L'expéditeur est le Joker. Rapidement, la police ainsi que Batman comprennent que Ed Nygma a décidé de créer un puzzle sans commune mesure afin de piéger tout le monde. Mais quel est ce puzzle et surtout comment y survivre ?

SPOILERS

Ce livre est mauvais. Ce n'est pas qu'il est particulièrement mal écrit ni que l'intrigue soit particulièrement mauvaise, elle est surtout sans intérêt. Il y a même une bonne idée. Entre deux chapitres l'auteur a décidé d'inclure des articles de journaux qui questionnent les évènements en cours ainsi que l'opportunité de laisser Batman à Gotham. Cependant, ses articles et les journalistes censé les avoir écrits sont très caricaturaux. Cependant, cela ne suffit pas à sauver le roman. Je ne m'attendais pas non plus à une intrigue flamboyante et je n'ai pas été surpris par un manque total d'enjeux. Je n'arrive tout simplement pas à croire en l'histoire ni aux personnages. L'un des problèmes est que l'auteur tente de créer un puzzle pratiquement impossible à réussir à résoudre pour Batman. Mais celui-ci découvre les solutions très rapidement, alors qu'il combat encore de nombreux vilains. Encore une fois, nous avons un complot massif qui inclut la nécessité de se battre contre une bonne partie des vilains les plus connus de Batman. Certes, cela se rapproche du jeu mais ce qui fonctionne dans un jeu ne fonctionne pas forcément dans un roman.

Et là se trouve le point le plus problématique du livre : l'écriture dans le cadre d'une histoire créée pour un jeu-vidéo. J'ai apprécié les jeux qui permettent de combattre de simples personnes comme des vilains plus impressionnants tout en suivant de nombreuses quêtes secondaires (et récolter des centaines d'objets pour vraiment le terminer). Le point important du livre sont les puzzles. Ceux-ci sont aussi présent dans les jeux. Mais les jeux usent de l'image pour permettre de résoudre les puzzles. Un livre ne peut pas en faire autant, du moins pas sans bien décrire celui-ci. Cela n'est pas fait et l'on se trouve face à des puzzles qui ne peuvent pas être résolu lors de la lecture car il est difficile de les visualiser. Ce qui implique que l'aspect le plus important de l'intrigue est mal écrite. Pire encore, au lieu d’être un prologue, comme cela est annoncé, ce roman ne met pas en place l’intrigue du dernier jeu. On en apprend un peu plus sur Nygma et ses puzzles et sur la psychologie de Batman. Mais ce ne sont que des allusions très discrètes, et donc inutiles.

* Tout simplement mauvais, passez votre chemin
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Image : Éditeur

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Westworld saison 1

TW: Meurtres, violences sexuelles

Dans un futur proche l'humanité a été capable de créer des androïdes extrêmement proches de nous. Illes sont capables de ressentir, de créer, de vivre et d'aimer. Mais illes suivent un programme conçu afin de mettre en place le plus grand parc d'attraction du monde. Dans ce parc, les humain-e-s sont libres de faire tous les choix imaginables. Il est possible aussi bien d'explorer, de suivre une trame narrative ou simplement de profiter du monde qui est offert car tout redeviendra comme avant le lendemain. Un parc de cet ampleur implique une main d'œuvre et une infrastructure importante ainsi que la nécessité de modifier et améliorer tous les aspects. Mais que se passe-t-il lorsque les androïdes commencent à penser seuls et à faire de choix qui ne sont pas prévus. Comment réagir face à un début de libre arbitre absolument imprévu ? Et comment réagir en tant qu'être humain ?

SPOILERS

Beaucoup a déjà été dit sur cette série et je ne suis pas certain de pouvoir ajouter grand-chose de pertinent. Toutes les personnes qui l'ont vue ont, à ma connaissance, noté l'esthétique de la série. Celle-ci est maitrisée dès le générique qui est un résumé en soi de l'intrigue. La musique est tout aussi belle et réussit parfaitement à nous faire entrer dans l'ambiance. Tandis que l'intrigue et les personnages sont très bien écrit et nous empêchent de quitter l'écran sans comprendre ce qui se déroule réellement. La série me semble aussi mettre en avant un aspect jeux-vidéos : comment agir dans un univers qui nous laisse tous les choix possibles mais sans souffrir aucune conséquence ? Si l'on en croit Westworld, l'humanité décide rapidement de tester les limites de sa propre civilisation en détruisant tout ce qui bouge, en usant d'une violence extrême. En effet, dans la vie réelle nos actes ont des conséquences. On peut être arrêté, on peut tuer mais on peut aussi mourir. Ces deux derniers points sont absents du parc : les personnages reviennent à la vie et la personne qui joue ne peut pas mourir.

Pourtant, la série prend un thème classique de la littérature SF : la vie artificielle et la conscience. Les robots et les androïdes se retrouvent souvent dans l'histoire littéraire de la SF bien avant Asimov, même si ce dernier me semble avoir marqué un avant et un après grâce à ses trois lois de la robotique et son cycle des Robots et de Fondation auquel il est lié. Asimov s'est posé la question de la conscience des robots et il n'est pas le seul. Pour prendre un exemple plus récent nous avons la série Battlestar Galactica qui place les humain-e-s contre leurs créations ayant pris conscience d'elles-mêmes. Westworld pose la question d'une manière moins violente, bien que cela puisse arrive, mais plus philosophique : qu'est-ce que la conscience et de quelle manière l’atteindre ? La réponse offerte s'inscrit dans l'idée qu'il est nécessaire de subir la vie afin de prendre conscience de son identité. Ce qui expliquer pourquoi les histoires personnelles des androïdes sont si tragiques. Mais la conscience dit aussi impliquer le libre-arbitre et donc la capacité de ne pas suivre des ordres inscrits dans notre manière d'être, une programmation. Il est donc parfaitement logique que l'écriture décide de faire débuter la conscience par des changements de comportement puis la capacité de modifier sa programmation, et donc de se libérer.

Je dois aussi noter que j'ai regardé cette série, pour la première fois, juste après la dernière saison de Game of Thrones. Ceci m'a permis de ressentir deux chocs qui pourraient permettre de qualifier Westworld d'anti Game of Thrones. Beaucoup de personnes l'ont noté, Game of Thrones est une série violente qui, récemment, est devenue violente de plus en plus gratuitement. Le sang n'est plus utilisé en faveurs d'une intrigue, d'une logique dans l'histoire, mais pour choquer et donc faire venir de l'audience. J'ai l'impression que la violence de Westworld, tout aussi importante aussi bien psychologiquement que physiquement ou sexuellement, reste au service de l'intrigue. Les actes de violence ne me semblent pas gratuits mais logique si l'on prend en compte le fonctionnement des personnages et leur place dans l'intrigue. Peut-on être autre chose qu'un meurtrier ou une meurtrière lorsqu'on a été conçu ainsi ? Le second choc concerne la gestion de la nudité, en particulier féminine. Celle-ci est de plus en plus présente dans les séries et Game of Thrones l'utilise d'une manière voyeuriste. La série n'est pas unique et de nombreuses autres, ainsi que des films, présentent la nudité comme avant tout sexuelle, et destinée aux hommes cis-hétéros. Bien que Westworld ne déroge pas à cette règle de la nudité féminine d'abord conçue pour le male gaze, elle me semble beaucoup moins sexualisée, en tout cas dans le cadre du bâtiment de construction et donc en dehors des trames narratives du parc. Les corps sont montrés mais ne sont pas conçus comme des supports de fantasmes. C'est une nudité de tous les jours, que nous expérimentons tous et toutes. Mieux encore, certains personnages gardent toute leur force lors de leurs scènes de nudité, celles-ci ne les diminuent pas. Bref, bien que je puisse me tromper, ce sont des points qui m'ont fait un choc. Et le fait que cela ait eu lieu juste après la dernière saison de Game of Thrones, de la même chaine, n'est pas à prendre à la légère. Nous avons ici deux séries qui gèrent violence et nudité d'une manière très différente et, selon moi, bien mieux en ce qui concerne Westworld.

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***** Il m'est difficile de trouver des points négatifs à cette série. Je me demande de quelle manière la suite sera conçue et j'espère que la chaîne saura la terminer.

Image : Allociné

Site officiel

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12:04 Écrit par Hassan dans science-fiction, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : westworld | | | |  Facebook

08/12/2017

Batgirl 3. Jeux d'esprit par Cameron Stewart, Brenden Fletcher et Babs Tarr

Titre : Batgirl 3. Jeux d'esprit
Auteur-e-s : Cameron Stewart, Brenden Fletcher et Babs Tarr
Éditeur : Urban comics
Pages : 184

Ce troisième, et dernier, tome contient Batgirl 46-52 publiés dans Batgirl vol. 3: Mindfields. Depuis qu'elle a déménagé à Burnside Barbara Gordon, alias Batgirl, a connu de nombreux changements. Elle apprend que son père est devenu un Batman sous contrôle d'une famille d'industriel-le-s. Elle comprend qu'elle possède un double maléfique qui tente de la détruire. Elle essaie d'écrire sa thèse dans le but de rendre la vie plus facile aux personnes. Et surtout elle apprend que Dick Grayson n'est pas mort le jour même d'un mariage. Mais ces changements ne sont que le début. Car elle décide de s'allier à d'autres héroïnes afin de lutter contre... elle-même ? En effet, Barbara commence à comprendre que ses souvenirs ne peuvent pas être sans risques. Elle perd la mémoire et donc une partie d'elle-même. Pour une femme qui a souvent compté sur sa mémoire sans faille cela ne peut qu'être perturbant.

Que penser de ce dernier tome ? Personnellement, j'ai beaucoup apprécié ce run qui tente d'être jeune et dynamique en essayant d'éviter les personnages masculins trop importants tout en utilisant ce qu'est Barbara d'une manière intelligente dans ce monde. En effet, les scénaristes utilisent sa mémoire et sa connaissance de la technologie pour la placer dans un monde qui utilise les réseaux sociaux et qui met en question l'identité. Ce thème est au centre de ce run puisque, dans le premier tome, elle lutte contre une version altérée, technologique et passée d'elle-même. Dans ce tome, son identité est remise en question par la destruction de ses souvenirs. De plus, elle se lie à d'autres personnages, pas toujours populaires mais que j'apprécie un peu. Malheureusement, ce tome est aussi le dernier et il me semble que cette fin est un peu précipitée. Tout se passe comme s'il était nécessaire de terminer le plus rapidement possible afin de mettre en place la suite et donc d'oublier une partie de ce qui s'est fait. Alors que Batgirl est restaurée et prend la tête d'une équipe et d'une entreprise elle part presque immédiatement sans nous donner la possibilité de souffler. C'est un peu dommage.

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**** J'ai, personnellement, apprécié ce run et ce personnage. Mais je suis un peu déçu que l'on n'ait pas eu un peu plus de temps pour s'y attacher et explorer les intrigues mises en place lors de ce run.
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Image : Éditeur

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03/12/2017

The Handmaid's Tale par Margaret Atwood

Titre : The Handmaid's Tale
Autrice : Margaret Atwood
Éditeur : Penguin 18 avril 2017
Pages : 336
TW : viol, meurtre, esclavage

Les États-Unis sont un pays de grande liberté, combattant pour la démocratie dans le monde entier. Mais alors que la relation entre l'URSS et les États-Unis devient moins tendues un petit groupe de révolutionnaire agit dans l'ombre. Soudainement, le parlement est massacré tandis que le président est assassiné après une attaque contre la maison blanche. Après un moment sous état d'urgence et la suspension de la constitution une nouvelle république se forme : la République de Gilead. Mais celle-ci n'est pas basée sur la démocratie ou la liberté. Elle est basée sur la Bible et tout ce qui est contraire au texte doit être supprimé et oublié. La société est reconstituée afin de suivre les préceptes du livre et les femmes sont organisées en trois ordres : les femmes mariées, les servantes sous le nom de Martha et les servantes écarlate. Celles-ci sont chargée de porter les enfants des hommes les plus hauts placés, leur corps n'est plus le leur mais une ressource nationale et même leurs noms sont effacés, elles ne sont plus que des propriétés. Ce livre est l'histoire de l'une d'entre-elles.

SPOILERS

Ce livre est récemment adapté à la TV mais avant de terminer la série je voulais lire le roman, ce qui me permet de comprendre de quelle manière l'adaptation fonctionne. En effet, le livre parle souvent de souvenirs de "la vie d'avant". Du point de vue de l'écriture, ceux-ci sont intéressants non pas seulement par les indices qu'ils nous donnent sur la vie de l'héroïne, Offred, mais surtout de la manière dont ils sont écrits. En effet, Offred est interdite de manger et boire certaines substances accusées de mettre à mal la production de bébés. Mais elle peut toujours sentir, voir, entendre. Les sens, dans ce livre, ont une importance majeure car ils lancent les souvenirs, souvenirs de repas, de sensations. Mais ils permettent aussi de mettre en avant un manque. L'un des plus importants, répété pendant une bonne partie du livre, est le toucher. Offred est interdite, elle ne peut ni toucher ni être touchée en dehors d'un rituel précis. L'autrice décrit l'effet que cela a sur une personne de ne pas ressentir la présence d'une autre quand elle est souhaitée. Ainsi, les sens sont au centre de ce livre et de l'expérience de l'héroïne.

Mais ce livre est aussi une dystopie. Il décrit un régime autoritaire qui fonctionne sur un ordre hiérarchique précis et la force militaire. La surveillance est omniprésente, à la fois discrète et visible. Selon sa position hiérarchique seules certaines activités sont permises ou interdites, les femmes ayant l'interdiction de lire et écrire. Mais peu d'indices nous sont montrés sur la raison de la mise en place de ce régime. On apprend de quelle manière tout a commencé et les premières attaques sur la liberté, basées sur la nécessité de sécurité après une attaque terroriste. On comprend que, idéologiquement, le régime défend son existence par la nécessité de recréer une population caucasienne, les juifs et autres religions étant expulsées tandis qu'une politique raciste basée sur l'ethnicité est sous-entendue. Mais, rapidement, on ne possède que quelques indices. Ceci est, selon moi, une réussite. En effet, le coup d'état a été formé en secret et Offred ne pouvait pas comprendre ce qui se déroulait dans le passé. Dans le présent, elle est interdite de lecture et d'informations. Elle ne peut donc connaitre que des rumeurs ou ce qu'on lui dit. L'absence d'informations sur le fonctionnement et la mise en place du régime est logique quand on prend en compte le fonctionnement du roman. Ce qui n'empêche pas de deviner certaines choses et de faire des liens avec notre monde, la mise en place de Gilead semble avoir été à la fois rapide et facile en se basant sur des procédés légaux en place dans le cadre d'une démocratie.

Je souhaite prendre un peu de temps pour parler de la dernière partie du livre. Celle-ci suit directement la fin du roman, qui prend la forme d'un cliffhanger. Cette dernière partie change le fonctionnement du roman puisqu'il est qualifié de source historique récemment retrouvée et éditée par des experts, masculins, de la période décrite dans ce qui est un journal rédigé après les faits. Cette partie prend la forme d'un procès-verbal d'une conférence d'historien-ne-s spécialisé-e-s de la période. Ce qui est maintenant un document est discuté. Est-ce que celui-ci est réel ou est-ce une contrefaçon ? De quelle manière prouver sa réalité et retrouver les personnes impliquées. Cette partie est intéressante parce qu'en imitant la forme scientifique elle permet de remettre en question la construction de l'histoire. En histoire, il est nécessaire d'user de sources imprécises qui ne donnent pas toujours les informations que l'on souhaite, quand ces sources existent. Il faut aussi se poser la question de ce qui est décrit, de la raison de l'écriture et de l'identité de la personne derrière les mots. Mais ces informations ne sont pas toujours faciles à retrouver. De plus, et cela me semble particulièrement important ici, il faut rester en partie détaché lors de la lecture. Selon moi, il n'est pas anodin que l'historien qui analyse le roman soit un homme. Offred s'était vu dépouiller de son identité et tente de décrire sa vie dans un récrit qu'elle construit elle-même. Un homme se l'approprie et le critique selon des critères qu'il pense scientifiques. L'effet en est d'effacer à nouveau l'expérience d'Offred.

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**** Une écriture mélancolique, un roman dans lequel il ne se passe que peu de choses, une intrigue politique importante dans le contexte actuel. Cependant, la lecture n'est pas facile et il est nécessaire de s'accrocher.
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Image : Éditeur

9780525435006

02/12/2017

Wonder Woman 4. Godwatch par Greg Rucka, Bilquis Evely et Romulo Fajardo Jr.

Titre : Wonder Woman 4. Godwatch
Auteurs : Greg Rucka, Bilquis Evely et Romulo Fajardo Jr.
Éditeur : DC 21 novembre 2017
Pages : 144

Ce volume 4 contient Wonder Woman 16, 18, 20, 22, 24 et Wonder Woman Annual 1. Ce volume est le dernier écrit par Greg Rucka dans la gamme Rebirth. Diana est présente sur le monde depuis peu. Mais elle n'est pas passée inaperçue. Elle agit autant que possible tout en essayant d'aider tout le monde de manière pacifique. Bien qu'elle soit appréciée par de nombreuses personnes d'autres souhaitent s'attaquer à elle. En particulier, un petit groupe essaie de l'attaquer à plusieurs reprises. Leur but n'est pas simplement de tester Wonder Woman mais de trouver, dans son esprit, l'endroit où se trouve Themyscira. C'est une quête difficile car même Diana ne sait pas dans quel lieu se trouve sa maison. Mais c'est l'unique moyen de sauver une petite fille.

J'ai, personnellement, beaucoup aimé le travail de Greg Rucka. Bien que le retour en arrière puisse être considéré comme inutile - pour quelle raison refaire les origines de Diana ? - le scénariste utilise les numéros ayant lieu dans le passé pour expliciter ce qui se déroule dans le présent. Ainsi, on en apprend bien plus sur les adversaires de Diana que sur elle. Greg Rucka montre de quelle manière Veronica Cale s'implique dans les affaires des divinités et comment elle piège des amies de Diana. Chaque numéro se déroulant un peu plus tardivement, l'état présent des choses nous est expliqué petit à petit. De plus, cela permet de terminer un run sans laisser d'intrigues irrésolues, et donc de laisser une personne future faire ses proches choix de scénarios.

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**** Sans être exceptionnel cette fin de run est bien maitrisée par Greg Rucka qui a la gentillesse de donner une vraie fin à ses intrigues.
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Image : Éditeur

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28/11/2017

Avengers time runs out 4. La chute des dieux par Jonathan Hickman, Stefano Caselli, Mike Deodato Jr et Kev Walker

Titre : Avengers time runs out 3. Beyonders
Auteurs : Jonathan Hickman, Stefano Caselli, Mike Deodato Jr et Kev Walker
Éditeur : Panini 9 novembre 2016
Pages : 152

Ce tome contient Avengers 43-44 et New Avengers 31-33. Depuis plusieurs années, la Terre subit des incursions qui menacent de la détruire ainsi que l'univers entier. Car le multivers est en danger. Il n'y a que peu de solutions. Soit un univers meurt soit une terre meurt sauvant tout un univers. Les héro-ïne-s de la Terre ont tenté de lutter contre ce destin tout en essayant de comprendre la raison de la fin de tout. Mais le temps est compté. En effet, il ne reste plus qu'une vingtaine d'univers et, bientôt, il n'en restera que deux. Les plans ne sont plus utiles, seule la survie est mise en avant. Alors que certain-e-s héro-ïne-s tentent de construire un vaisseau de sauvetage, d'autres sont allés à la source afin de combattre les êtres responsables. Mais est-il possible de tuer l’incompréhensible ? De plus, les civilisations de la galaxie se sont unies pour survivre. Et leur survie passe par la destruction de la Terre.

Je suis à la fois emballé et déçu par ce final qui n'est, en vérité, qu'un prologue. D'une part, Hickman donne enfin les réponses nécessaires pour comprendre ce qui se déroule. Il met en avant les responsables ainsi que la raison de la destruction du multivers. Il explique aussi ce que sont les différents groupes ennemis qui ont été rencontrés durant son run sur Avengers et New Avengers. Ce tome est lié directement au premier numéro de Secret Wars, qui permet de savoir qui a gagné. Le tome est aussi aidé par un numéro dialogue entre Tony et Steve Roger, pour une fois ces deux-là ne se combattent pas. Mais je suis aussi déçu. Face à la destruction de leur Terre Hickman ne trouve rien de mieux que de faire combattre à nouveau Tony Stark et Steve Roger. Je ne vois pas l'intérêt de ce combat. Je suis aussi un peu déçu du fonctionnement de la bataille entre la Terre et la galaxie. Certes, Hickman a profité de son run pour donner des armes puissantes à la Terre. Mais il me semble douteux que celle-ci soit capable de résister à des civilisations aussi puissantes que celles que l'on observe. Bref, je suis un peu mitigé tout en appréciant beaucoup cette fin.

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**** Une fin à la fois décevante et réussie. Difficile d'en parler.
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Image : Éditeur

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26/11/2017

Avengers time runs out 3. Beyonders par Jonathan Hickman, Stefano Caselli, Mike Deodato Jr et Kev Walker

Titre : Avengers time runs out 3. Beyonders
Auteurs : Jonathan Hickman, Stefano Caselli, Mike Deodato Jr et Kev Walker
Éditeur : Panini 14 septembre 2016
Pages : 128

Ce tome 3 contient Avengers (2013) 40-42 et New Avengers (2013) 29-30. Hickman continue à construire son événement destructeur dans ce troisième tome d'Avengers Time runs out. On avait abandonné les Avengers alors que les trois camps se retrouvaient en Espagne, Captain America ayant été trahi, Reed Richards et les Illuminatis ayant planifié et les Avengers, allié à l'Aim, souhaitant simplement trouver une solution à la destruction totale du multivers. En échange de leur capitulation, les Illuminatis demandent aux Avengers et au SHIELD du Captain d'accepter de les écouter et de mettre en place plusieurs solutions. En effet, la première nécessité est de détruire l'équipe de l'ONU chargée de tuer les mondes. Ensuite, il faut comprendre pour quelle raison le multivers disparait. Et enfin, il faut trouver une solution de survie. Celle-ci doit être mise en place rapidement car il ne reste que 22 univers et les aliens de la Galaxie se lance en guerre contre la Terre afin de sauver tout ce qui existe.

Je suis un peu en retard sur le run d'Hickman à la tête du titre Avengers. Dans le même temps, je connais déjà la fin ainsi qu'une partie de Secret Wars. Ce troisième tome a comme but principal de réunir à nouveau les différent-e-s ami-e-s et Avengers de la Terre. Ceci est accompli assez rapidement bien que l'une des personnes décide de terminer un différend avec une autre personne, un acte qui était sous-entendu depuis longtemps. Ce tome annonce aussi les événements du prochain, une guerre et la destruction de la Terre. Mais son premier rôle est d'expliquer un peu mieux pourquoi le multivers meurt. Malheureusement, je possède déjà ces informations et je sais ce qu'il en sortira. Mais il est intéressant de voir que Hickman l'avait déjà mis en place et avait pensé à des solutions alternatives.

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**** Un tome trois durant lequel il se passe relativement peu de choses, beaucoup est annoncé et surtout on sait enfin qui sont les responsables de la destruction du multivers.
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Image : Éditeur

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18/11/2017

Justice League

Superman est mort. Il a sauvé le monde de l'attaque de Doomsday tandis que l'instigateur de celle-ci passe le reste de sa vie en prison. Mais en perdant Superman la Terre a perdu plus qu'un homme, elle a perdu un phare d'optimisme et son principal gardien. Il ne faudra pas longtemps à l'univers pour avoir connaissance de la mort de l'être le plus puissant de la Terre. Et, lorsque ce sera le cas, il faudra être prêt à la guerre. C'est pourquoi Batman s'est allié à Wonder Woman. Ensemble, illes cherchent des êtres d'une grande puissance capable de se battre pour les innocent-e-s. Mais ces êtres ont tendance à se cacher. De plus, il se pourrait qu'il soit déjà trop tard. Un vieil ennemi s'est réveillé et compte bien se venger des armées de la Terre qui l'ont vaincu autrefois.

Par un tour de force auquel je ne m'attendais pas ce film a réussi à me décevoir alors que je n'en attendais rien. Certes, j'ai beaucoup apprécié Wonder Woman malgré quelques problèmes. Cependant, Suicide Squad m'a vacciné de toutes attentes envers les films du DCEU, envers lesquels je n'ai que peu confiance au vu de la communication chaotique qui est faites autours de ces films. Cependant, on peut toujours être surpris.

Soyons honnête, le début du film est une réussite. Bien que cela soit construit sur un manque, jamais Superman n'a pu remplir ce rôle en deux films, Justice League débute sur un monde en deuil après la mort de son plus grand héros, et du seul connu avec Batman. Ce deuil est partagé par Batman et Wonder Woman qui continuent à se battre pour sauver des personnes. Malheureusement, très rapidement, le film devient très moche. Il y a trop d'effets spéciaux manqués sur des personnages dont j'ai détesté le design. Je parle aussi bien du grand méchant sans intérêt que de Cyborg ou encore de Flash dont je n'aime pas le costume. Pire encore, les dialogues me semblent forcés. À plusieurs reprises, des phrases sont censées être drôles mais j'ai eu l'impression que l'on tentait trop de me faire rire et, donc, ça n'a pas fonctionné (en fait je riais du film plus qu'avec le film).

Un autre problème concerne les personnages et les acteurs. Bien que la plupart d'entrelleux soient bons ils ne semblent pas à leur place, comme s'il manquait une véritable vision, un esprit d'équipe, une envie d'être présent. Mais c'est aussi leur caractérisation qui peut être trop rapide, le film doit en introduire un certain nombre avant de réellement démarrer. L'acteur qui joue Cyborg, par exemple, n'a presque pas la possibilité de jouer puisque son corps est presque intégralement en effets spéciaux. Flash est censé être intelligent mais il est écrit comme un idiot inutile. Le jeu pour Batman et celui pour Superman sont tout aussi problématique puisqu'ils donnent l'impression de ne pas vouloir se trouver là. À mon avis, seul Gal Gadot aurait pu permettre de donner une consistance au groupe si la réalisation lui avait donné un rôle de leadership. Malheureusement, elle est presque toujours au second plan alors que Superman est bien trop présent.

Au final, j'ai l'impression d'un gros gâchis. On a tous les ingrédients qui pourraient permettre de faire un film intéressant mais ça ne fonctionne pas. On ne se prend pas d'affection pour les personnages. On ne comprend pas le déroulement de l'intrigue entre Batman V Superman et Justice League. Le méchant n'a aucune consistance. Les combats sont mous, mis à part un flashback bien réussi. Et surtout on n'a pas l'impression qu'il y ait construction d'un véritable danger. Bien que ce film ne soit pas le pire qui ait été produit dans cet univers il est tout de même très décevant.

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*** Le film n'est pas mauvais, il est sans intérêt. Médiocre malgré des personnages et des idées intéressantes mais qui ne sont pas bien mises en scènes ni bien écrites.
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Image : Site officiel

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20:52 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, DC, Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justice league, dc, dceu | | | |  Facebook

12/11/2017

Seven Sisters / What happened to Monday?

TW : Meurtres

Dans quelques années la surpopulation et le réchauffement climatique auront ravagé le monde. Des famines jusqu'alors inconnues tueront tout le monde. Mais le monde occidental à la solution : les aliments transgéniques capables de survivre dans des conditions extrêmes. Malheureusement, cette même solution augmente dramatiquement la fertilité, les jumeaux ainsi que les mutations génétiques. En Europe, une solution est trouvée pour baisser drastiquement la population humaine dans le but d'éviter d'étouffer la planète. Toutes les familles n'ont droit qu'à un seul et unique enfant. Les sœurs et frères sont cryogénisé-e-s afin d'être réveillé-e-s dans un futur meilleur. Mais un homme décide de passer outre. Il décide d'élever 7 sœurs et de leur permettre de se défendre et de vivre dans un monde qui les considère comme des criminelles. Tout se passe bien, mais un jour l'une d'entre-elles disparaît.

Ce film est particulièrement bien servi par ses actrices. Mis à part quelques dialogues un peu redondant le jeu est presque parfait, et me rappelle Tatiana Maslany dans Orphan Black pour des raisons évidentes. La photo et les décors sont aussi très réussi. Un mélange de futuriste, de moderne et de décrépi avec des rues à la fois familières et étranges. J'ai particulièrement apprécié les affiches dans les rues. Comme toute bonne SF, le film est résolument inscrit dans notre présent. Nos peurs actuelles et nos craintes pour le futur y sont décrites et considérées comme déjà en cours. La lutte contre le réchauffement climatique a échoué et ses conséquences sont dramatiques, non seulement écologiquement mais aussi pour la société.

L'un des aspects les plus spectaculaires de ce danger et de ce changement et le contrôle militaire et policier intense qui nous est montré. Les rues sont constellées de militaires en armes prêt-e-s à tirer. Les purges ne sont pas rares et même quotidiennes au nom de la loi. Les routes sont divisées par des checkpoints et tout le monde doit porter un bracelet d'identification. Ce contrôle me rappelle La Zone du Dehors d'Alain Damasio. Là aussi, l'auteur décrit une division spatiale de la ville qui permet un contrôle accru et facilité des populations. La possibilité de bouger librement est réduite au nom d'une sécurité, dans le film elle est réduite au nom du contrôle de la légalité des personnes. Bien que cela soit dit, il est dommage que le film ne montre pas de manière plus importante les conséquences sur les personnes les plus pauvres qui sont probablement aussi les plus criminalisées par le système.

Malheureusement, le film souffre d'exister après plus de 50 ans d'histoire de la SF post-guerre, que ce soit au cinéma ou dans les livres. Toutes personnes qui a une culture un peu étendue de la SF et des uchronies, que ce soient les plus anciennes ou les plus récentes, sait immédiatement que ce que l'on nous présente cache quelque chose de sinistre (que je ne décrirais pas). Il est dommage d'avoir fait ce choix. De nombreuses autres pistes étaient possibles. Il aurait été mieux de complexifier non seulement les personnages mais aussi l'intrigue. Pourquoi ne pas avoir décrit une propagande intense qui aurait rendu les fratries non seulement illégales mais aussi haïe ? Pourquoi est-il nécessaire de créer un secret horrible alors qu'il aurait été possible de montrer 7 sœurs luttant contre un système "juste", des personnes illégales en danger d'être arrêtées à tous moments ? Mais surtout, pourquoi les humain-e-s de ce film ont fait ce choix, d'autres possibilités de baisser la population existent et seraient probablement plus efficaces.

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*** Le film contient de nombreux problèmes et incohérences et ne prend pas le temps de développer ses personnages ni son environnement. Mais il est servi par des décors magnifiques et une actrice, Noomi Rapace, en pleine forme.
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Image : Allociné

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