18/04/2011

Logique du pire, logique d'empire ou la guerre sans fin des Etats-Unis par Jean-Philipp Melchior et Gérard Gourmel

Titre: Logique du pire, logique d'empire ou la guerre sans fin des Etats-Unisv_book_99.jpg
Auteurs: Jean-Philipp Melchior et Gérard Gourmel
Éditeur: Cénomane 2003
Pages: 221

Si vous cherchez un livre engagé vous serez largement servi avec celui-ci! Les deux auteurs, avec des passages d'autres collaborateurs en fin du livre, souhaitent y analyser les guerres que les USA ont engagées contre différents pays dit voyous. Selon eux nous pouvons trouver, dans l'histoire des USA, une forme de culture politique de l'impérialisme. Culture politique qui pourrait venir de la conscience d'une forme d'exception du destin du pays. Celle-ci justifiant les actes guerriers au nom de la civilisation. Les auteurs font cette analyse sur quatre parties. Tout d'abord ils tentent d'analyser les raisons utilisées par le gouvernement de Bush pour justifier une attaque sur l'Irak. On y découvre, si on ne le savait pas déjà, que l'administration de Bush a utilisé des mensonges pour détruire une nation déjà passablement mal au point (à cause autant de Sadam que de l'embargo).

Les deux prochains chapitres nous montrent comment une partie de l'intelligentsia des États-Unis considère le monde selon leurs besoins. Selon les auteurs ces penseurs essaient de garder le contrôle du monde en utilisant le libéralisme, qui est largement favorable au pays, et une forme de répression. Cette répression se base sur un discours dogmatique manichéen qui identifie des ennemis diaboliques face à un défenseur du bien: les USA. Dans ce contexte on ne peut pas critiquer la politique étasunienne sans être conte eux. Enfin, les auteurs analysent l'appareil militaires des USA. Ils montrent à quel point celui-ci est sophistiqué. Ceci cachant la stratégie d'empêcher la constitution de défenses appropriées et de concurrents possibles sur la scène internationale. C'est dans ce contexte que le concept de guerre préventive prend tout son sens: détruire les capacités ennemies avant même qu'elles puissent exister. La seuls défense possible est donc, pour l’ennemi, de développer le plus vite possible une technologie fortement intimidante: le nucléaire.

Ce livre est fondamentalement engagé et c'est pourquoi je l'apprécie. Je sais que ses détracteurs pourraient utiliser le mot facile d'anti-américanisme. Un mot souvent utilisé quand on critique les concepts et agissements de cette hyperpuissance. Mais ce serait trop simple d'évacuer cette analyse de la politique internationale des USA. On y découvre un cynisme et une hypocrisie qui ne sont freinés par aucun autre pays puisque personne ne possède la même puissance militaire. Ce qui permet aux États-Unis d'agir sans risquer d'être remis en question. C'est ainsi que le gouvernement peut soutenir des régimes dictatoriaux et aider à écraser des résistances au nom de la démocratie et de la lutte contre le terrorisme. C'est ainsi que les agences nationales peuvent mettre en place des stratégies qui répondent parfaitement à la définition du terrorisme au nom de la liberté. C'est pourquoi nous ne devons pas rester aveugle face à des agissements dangereux pour la stabilité mondiale.

Image: Éditeur