27/03/2011

Apocalypse bébé par Virginie Despentes

Titre: Apocalypse bébé9782246771715-G.jpg
Auteur: Virginie Despentes
Éditeur: Grasset et Fasquelle 2010
Pages: 342

Je viens de terminer ce livre, que j'ai lu sur conseil d'une amie, il y a tout juste quelque minutes. Ceux qui parcourent ce blog savent que j'ai déjà parlé de Virginie Despentes lorsque j'ai lu son essai du nom de King Kong Theory. Cette fois c'est à un roman que je me suis attelé. Un roman qui a reçu un prix, si les prix peuvent être considéré comme preuve de qualité bien sur, et qui semble avoir déchaîne les critiques et les commentaires positifs ou négatifs. Il faut dire qu'il y a de quoi. La personne, que je ne connais absolument pas, de Virginie Despentes est déjà matière à commentaire et ce qu'elle écrit dans ce livre peut autant déranger. Il y a de tout dans ce livre: du sexe, de la drogue, des insultes et beaucoup de désillusion envers la société.

Mais ceci ne dit pas quelle est l'histoire de ce livre. L'intrigue est celle de Valentine, une jeune fille toute juste adolescente et fille d'un écrivain qui n'a plus beaucoup de succès qui vient de disparaître dans la nature alors que sa famille la faisait suivre par une agence de surveillance. Tout le monde est d'accord: il faut la retrouver. Nous sommes donc en plein enquête sur la disparition de cette Valentine. L'enquêtrice n'étant pas formée pour ces enquêtes elle demande l'aide d'une détective légendaire connue sous le surnom de la Hyène. Ces deux femmes traverseront Paris et la France pour se rendre auprès de la famille et des amis de Valentine et comprendre ou elle se trouve. Mais surtout elles comprendront que personne ne se soucie vraiment de cette jeune gamine.

Je ne peux pas dire que j'ai détesté ce livre mais je ne peux pas non plus en parler comme de mon nouveau livre préféré. Ce n'est pas le style, parfois un peu déroutant, ni les scènes trash - quand on a lu Herbert et Simmons on sait que d'autres en sont capables - ni l'atmosphère très pessimiste du livre. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Je sais juste que j'apprécie de nombreux points de ce livres mais que je n'en aime pas de nombreux autres. En tout cas, on trouve un nombre impressionnant de points sur lesquels on peut parler. Le premier aspect qui me frappe c'est cette vision très désenchantée de l'être humain. Aucun n'est vraiment bon ou mauvais mais ils sont tous misérables. Tous, sans exceptions, semblent être écrasé par la vie, bloqué dans leurs catégories sans être capable de retrouver une forme de joie. Cette vision est développée tout au long du livre quand on apprend, de la bouche de la narratrice, les vies et pensées des différents personnages. Un autre point que je pourrais développer concerne la vision de la sexualité mais je pense examiner cela plus tard.

Un autre aspect qui traverse l'intrigue de part en part est celle de la surveillance. Surveillance d'une détective sur une adolescente à la demande des parents. Mais aussi des moyens de suivre des personnes et de les espionner. On trouve, au fil de l'intrigue, une forme de condamnation de la société de surveillance actuelle. Au moyen de Valentine je pense que l'on peut dire que Despentes critique la manière dont certains intérêts sont défendus à l'aide d'actes affreux. Cette critique n'est que marginale au début du livre mais elle prend de plus en plus d'ampleur au fur et à mesure que l'intrigue se dénoue et permet de montrer quels sont les ficelles qui sont utilisées et qui semble les tirer. Au final, ce livre brosse un tableau pessimiste et effrayant dune société dont les citoyens sont écrasés sous la pression et dans laquelle la démocratie n'est plus qu'un mot bafoué au nom de la sécurité et, plus réellement, au nom de l'argent.

Image: Éditeur

18:16 Écrit par Hassan dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : virginie despentes, apocalypse bebe | | | |  Facebook