21/08/2011

Rapport sur Auschwitz par Primo Levi

Titre: Rapport sur Auschwitz41DTC74EWFL._SL500_AA300_.jpg
Auteur: Primo Levi

Traducteur: Catherine Petitjean
Éditeur: Kimé 2005
Pages: 111

Je me suis toujours promis que je lirais Primo Levi un jour. Pas parce que j'aimerais ce dont il parle ou parce que j'ai envie de lire sur le sujet mais parce que je pense qu'il est nécessaire de se souvenir des événements que Primo Levi a relatés, selon sa propre expérience, dans ses livres. J'ai voulu commencer par son Rapport, écrit sur la demande des autorités Soviétiques, sur l'hygiène et la santé dans le camp de Monowitz. Pourquoi lire ce rapport? Premièrement parce qu'il a été écrit très peu de temps après les événements. Nous avons donc, dans une perspective strictement rationnelle, un témoignage rapide écrit par un chimiste, Primo Levi, et un médecin, Leonardo Debenedetti sur un aspect particulier du camp particulier de Monowitz. Nous avons donc un résumé quasiment immédiat des problèmes de santé qu'a connu un camp nazi en Pologne. On y trouve les conditions de déportation suivie d'un état des lieux des "dortoirs". Levi nous dit que ces derniers ne semblaient propres qu'au premier regarde. On apprend aussi qu'elles étaient les maladies les plus communes dans ce camp. Sans grande surprises celles-ci concernent surtout la fatigue, la nourriture, les accidents ou maladies de "travail" (plutôt de l'esclavage) et le froid. Ce rapport nous donne aussi le fonctionnement des hôpitaux du camp qui sont sous-équipés autant en médecins qu'en médicaments et qui ne connaissaient qu'une hygiène très relative voir inexistante. La seconde raison pour lire ce rapport est que Primo Levi, selon le petit essaie publié dans ce même livre et écrit par Philippe Mesnard, y a trouvé l'une des sources pour ses écrits ultérieurs que le rapport annoncerait.

Justement, ce petit essai, bien que peut être peu passionnant, permet d'avoir une idée assez précise de l’œuvre de Primo Levi et de son lien avec le devoir de mémoire. Il nous donne, en effet, les informations de bases sur la biographie de Primo Levi mais aussi sur sa bibliographie. Ce qui nous permet de mieux comprendre comment les livres de Primo Levi s'inscrivent dans une continuité d'une recherche de compréhension face à des événements inédits dans leur ampleur et - peut être? - innommables. J'ai donc, personnellement, pensé qu'il était utile de lire ce Rapport. Mais il ne faut pas y chercher la parole d'un survivant. On y trouve, au contraire, une parole beaucoup plus rationnelle dans le sens ou ce Rapport a été écrit dans l'idée de donner des informations précises sur un fonctionnement et non la mémoire d'une personne. Je pense donc que si on souhaite trouver la parole de Levi comme survivant il faudra se tourner vers un autre de ses livres sans, pour antant, minimiser l'intérêt du Rapport.

Image: Amazon

18:54 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : primo levi, auschwitz | | | |  Facebook

21/08/2010

Auschwitz camp de concentration et d'extermination

Titre: Auschwitz camp de concentration et d'extermination
Auteur: Collectif
Traducteur: Oskar Hedemann et Alexandre Dayet
Éditeur: Musée d'Auschwitz-Birkenau 2007
Pages: 366

Je ne crois pas qu'il soit possible pour un étudiant en histoire de passer outre la deuxième guerre mondiale et les événements d'horreurs qui s'y déroulèrent. Je ne sais pas si c'est à cause d'une curiosité morbide ou à cause d'un besoin, à défaut de comprendre, d'expliquer comment cela a pu se produire. Comme je ne suis pas différent j'ai, et certaines de mes dernières lectures le prouvent, été pris dans ce besoin de connaître une explication. cependant, ce livre est le premier livre scientifique que j'aie eu entre les mains concernant les camps de la mort et, en particulier, le tristement célèbre Auschwitz. Ce livre parcours tous les aspects du camps dans ses différentes parties.

Les deux premières parties nous expliquent comme Auschwitz fut décidé ainsi que l'organisation précise du camps. La seconde partie va plus loin en montrant comment la vie des détenus est réglée. Elle montre aussi des aspects plus spécifiques de l'organisation du camps en s'intéressant aux adolescents, au travail et aux expérimentations dites médicales. Bien que ces points soient déjà difficile à la lecture la troisième partie va plus loin dans l'horreur puisqu'elle décrit le fonctionnement de l'extermination. Non seulement les méthodes indirectes par le travail mais aussi, et surtout, les meurtres de masses perpétrés jours après jours dans le camps. Un dernier chapitre tente de donner un décompte des morts. Néanmoins, ce livre collectif ne nous laisse pas avec l'impression que les détenus étaient passifs. La quatrième partie, au contraire, nous montre les nombreux moyens de résistances que les détenus ont utilisés et la manières dont ils pouvaient s'entraider. Cette partie est très intéressante puisqu'elle montre aussi comment les résistants ont pu dévoiler les crimes nazis alors que les autorités allemandes auraient voulu les garder secrets. Enfin, les deux dernière parties nous montre comment les camps furent libérés mais aussi les suites des crimes. on y trouve comment les alliés ont réfléchi les suites, comment les jugements furent mis en place mais aussi une critique de ces derniers dans le but de savoir si la justice a rempli son devoir.

Comme on s'en doute, c'est un livre dur à parcourir. Il est difficile de se rendre compte de l'inhumanité qui eut lieu dans ces camps même au travers des écrits de mémoire ou d'historiens. Il y a aussi beaucoup de chiffres dans ce livre. Aucun de ces chiffres n'est anodin car derrière chacun il y a un être humain qui a été spolié, meurtri et souvent assassiné. Les auteurs ont aussi pensé bon d'inclure différents cahiers de photos. Certaines d'entre elles peuvent être difficile à regarder puisqu'on y voit des déportés tandis que d'autres sont des témoins plus administratifs des crimes nazis. Néanmoins, j'ai deux critiques à faire envers ce travail. Le premier concerne la manière de traiter la problématique. Je ne veux pas inciter à penser qu'il est facile de traiter un tel sujet néanmoins je trouve les auteurs trop manichéens sur un certain point. En effet, je trouve que les auteurs oublient, parfois, l'importance que les kapos ont eu pour sauver des personnes en ne parlant que des crimes qui ont été commis par certains d'entre eux. Ces crimes ont existé, mais des kapos humains ont aussi existé. Le deuxième point concerne plus spécifiquement l'édition. En effet, la lecture m'a montré de nombreuses erreurs comme des paragraphes que l'on retrouve deux fois à la suite ou des notes de bas de pages inexistantes voir incomplètes.

Image: Site du musée d'Auschwitz-Birkenau

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19:08 Écrit par Hassan dans contemporain | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : auschwitz | | | |  Facebook