17/08/2012

Le principe de l'état par Michel Bakounine

Titre : Le principe de l'étatarton178.jpg
Auteur : Michel Bakounine
Éditeur : Les éditions de Londres
Pages : 32

Je reviens à Bakounine pour un dernier petit livre. Celui-ci est inachevé et a été publié après la mort de l'auteur. Il devait analyser l'état. Bakounine commence fort. En effet, il explique dans les premières pages que la paix est impossible tant qu'il existe des états. Car ces derniers seraient produits par la concentration de pouvoir et n'auraient, comme fin, que la concentration de plus de pouvoirs. Ce qui n'est possible que via la violence de la guerre. L'état est donc inhumain car amoral. Mais ce début est suivi par une analyse de la religion. J'avoue avoir été un peu surpris. Les idées professées par l'auteur ne sont pas très différentes de celles que j'ai déjà présentées dans d'autres écrits sur la religion. Bakounine y analyse les religions selon leur caractère social ou individualiste. Selon lui, les religions sont toutes plus ou moins fortement individualistes mais la religion chrétienne est la pire de tout. Mais pourquoi ceci serait condamnable. Si j'ai bien compris, l'individualisme implique une perte importante du sentiment d'appartenance et de solidarité des êtres humains face à un dieu omniscient et parfait. Cette perfection ne peut que rabaisser l'être humain au néant. Mais d’où vient dieu? C'est le troisième point analysé par Bakounine. Selon lui, les humains ont créé des dieux d'abord dans le monde matériel. Mais les dieux des religions monothéistes sont des abstractions. Les humains auraient tenté d'observer l'abstraction divine. Celle-ci n'existant pas il se retrouva face au néant dans lequel seul l'observateur était visible. L'humain a donc créé dieu à son image en s'adorant lui-même. Et cette adoration venue du néant crée le néant dans le monde matériel. Le néant des humains.

J'avoue que je ne suis pas certain d'avoir compris cette dernière argumentation. L'analyse de la religion par Bakounine est, en tout cas, très défavorable envers celles-ci. Mais je ne suis pas certain que les arguments anthropologiques soient valables. Il y a probablement de profonds manques de ce coté du texte. Mais il est dommage que ce texte soit inachevé. Je pense qu'il aurait offert une réflexion sur le lien entre état et religion qui aurait pu être très intéressant. Mais on peut très bien se contenter du texte en l'état. Il offre des positions qui ne sont pas très éloignées d'analyses scientifiques sur les relations internationales. L'idée que les états tentent d'augmenter leur pouvoir par tous les moyens, dont la guerre, est assez proche de l'école réaliste. Mais les conclusions auraient probablement été très différentes.

Image : Les éditions de Londres qui fournissent la version numérique du livre

15:21 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anarchisme, bakounine, etat | | | |  Facebook

15/08/2012

Politique de l'Internationale par Michel Bakounine

Titre : Politique de l'Internationale
Auteur : Michel Bakounine
Éditeur : In libro veritas
Pages : 24

Il est rare que j'écrive deux notes de suite mais je suis un peu en retard et je tente d'éviter de l'être encore plus. L'Internationale est l'organisation qui regroupe les travailleurs et travailleuses et opposants de tous les pays. Mais quel est son but ? Et, surtout, comment doit-elle réagir face aux autres partis. Pour Bakounine le but est pur et simple : la libération économique des travailleurs et travailleuses. Cependant, certains partis qualifiés de bourgeois par Bakounine tentent d’imiter, à un moindre niveau, une partie des buts de l'Internationale. L'auteur nous met en garde contre ce piège qui n'aboutirait qu'à continuer l'esclavage des masses ouvrières tout en leur offrant un petit peu d'espoir qui, finalement, ne coûte pas grand-chose. Selon Michel Bakounine ces partis et ses défenseurs, les bourgeois, doivent être exclus de l'Internationale et celle-ci doit lutter de toutes ses forces contre ses projets au bénéfice de la libération économique intégrale.

Je n'ai pas présenté ce texte de manière tout a fait complète. Je me suis contenté des parties qui me semblent les plus importantes pour notre époque. En effet, l'Internationale, la quatrième du nom, est quasiment oubliée. Les partis de gauche ont presque tous abandonnés l'idée de la révolutions après avoir longtemps collaboré avec les parties du centre ou de droite libérale. La chute de l'URSS et la réalité de la Chine n'ont pas été tendres non plus pour l'utopie communiste. Mais ce que beaucoup oublient c'est qu'une révolution n'est pas forcément violente. Bien entendu, les choses vont plus vite quand on fait preuve de violence. Mais il y a deux dangers quand on utilise cet outil. Premièrement, un groupe d'individus se forme qui prend le pouvoir en main au nom de la révolution. Qu'est-ce qui garantit qu'ils l'abandonneront ? Ensuite, je considère, tout comme Sartre, que la violence à a la désagréable capacité de se retourner contre son auteur. Une tentative de révolution violente ne peut donc aboutir que sur une réaction tout aussi violente. La révolution, à mon avis, doit être pacifique et continue. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire que des partis révolutionnaires, dans le sens que je viens de définir, puissent s'exprimer et préparer non seulement les esprits à une société différentes mais aussi de manière concrète des essais qui peuvent montrer que le système anarchiste peut réellement fonctionner. Ce n'est pas facile et ça prend du temps mais je pense que c'est une voie qui peut fonctionner et permettre eun réforme en profondeur de la société par l'exemple.

Texte disponible sur In Libro Veritas sous licence art libre 1.3

Le patriotisme physiologique ou naturel par Michel Bakounine

Titre : Le patriotisme physiologique ou naturel
Auteur : Michel Bakounine
Éditeur : In libro veritas
Pages : 10

Qu'est ce que le patriotisme ? Pour la plupart des personnes c'est un sentiment naturel d'appartenance à une communauté nationale. Les preuves que ces communautés sont artificielles abondent dans la littérature historique et sociologique. Cependant, cela n'enlève point la réalité des nations et des sentiments qui nationaux. On pourrait se demander ce qu'est une nation et beaucoup ont tenté de répondre à cette question. Ce que Bakounine tente de nous expliquer c'est le patriotisme. Alors qu'est ce que le patriotisme pour cet auteur ? Il ne conteste pas la qualité naturelle de cette dernière. Au contraire, il explique le patriotisme comme la résurgence d'un sentiment animal et non comme d'un sentiment civilisé. Le sentiment patriotique serait donc un aspect de l'animalité de l'être humain et il tente de prouver cette thèse par l'observation des chiens (un argument que j'ai un peu de mal à avaler). Mais Bakounine va plus loin que ça. Selon lui, ce sentiment ne peut exister que dans des communautés restreintes comme les communes ou les villages. Plus encore, le patriotisme n'existerait que dans des communautés primitives qui ne connaissent pas encore, que ce soit voulu ou non, les progrès de l'humanité.

Voila un texte dur pour les patriotes. Ceux-ci sont rabaissés au rang de primitifs manipulés par des élites. Bien que je ne considère pas le patriotisme comme la plus importante des valeurs je ne suis pas tout a fait d'accord avec Bakounine. Il oublie que des hommes et femmes peuvent être patriotes sans, pour autant, être sans éducation. Et d'ailleurs, être si mauvais que cela de vivre dans un village traditionnel ? Là aussi, je trouve que Bakounine fait une erreur. De plus, je pense que les sentiments d'identifications à une communauté sont plus compliqués qu'un simple patriotisme national ou local. À mon avis - et je pense qu'il en existe des preuves mais je n'ai pas de références sur le moment - l'identification peut très bien se porter sur plusieurs communautés. Que je sois fier d'être suisse ne doit pas m'empêcher d'être fier d'un être humain membre d'une communauté mondiale ce qui ne m'empêche pas non plus de me sentir membre de ma ville ou de mon village. Je pense donc que ce texte de Bakounine est beaucoup trop simpliste.

Texte disponible sur In Libro Veritas sous licence art libre 1.3

11:07 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anarchisme, bakounine, patriotisme | | | |  Facebook

13/08/2012

L'instruction intégrale par Michel Bakounine

Titre : L'instruction intégrale
Auteur : Michel Bakounine
Éditeur : In libro veritas
Pages : 30

Doit-on instruire d'abord et libérer économiquement ensuite ou libérer économiquement puis instruire ? C'est la question principale posée par Bakounine dans les premières pages de ce texte. Sa réponse est simple. Vouloir éduquer sans libérer économiquement le prolétariat est inutile. En effet, les travailleurs et travailleuses ont besoin de temps pour étudier mais aussi de volontés. Or, dans le cadre du capitalisme le temps manque et la volonté est entièrement dans la survie et le travail. Comment pourrait-on demander à un-e ouvrier-ère de se concentrer sur des cours après une journée de travail ? Cependant, quand on pourra instruire tout le monde de la même manière, il faut prévoir un projet. Bakounine tente de construire une instruction en deux phases. La première permet de poser des connaissances générales sur un grand nombre de thèmes tandis que la seconde permet de se spécialiser. L'instruction se fait aussi dans deux directions. Il y a une instruction intellectuelle, scientifique, et une instruction industrielle. Autrement dit, plutôt que d'avoir le gymnase et l'université d'un coté et l'apprentissage de l'autre chaque étudiant devrait à la fois apprendre au gymnase et dans un apprentissage. Ce qui devrait permettre, selon l'auteur, d'offrir des conditions de départs identiques mais aussi de permettre à chacun de choisir sa voie tout en se nourrissant de ses deux instructions.

L'école et la formation sont des sujets difficile qui créent souvent la polémique. Je ne me souviens pas d'une année dans qu'un journal se fasse la voix d'un débat sur un aspect ou un autre de la politique scolaire et de formation. Les partis de gauche ou de droite font aussi particulièrement attention à la formation et il n'est pas rare, dans l'histoire, de voir des partis proposer des cours. Bakounine nous propose une nouvelle manière de voir l'école. Plutôt que de diviser les étudiants selon qu'ils font des études ou un apprentissage il souhaite que tous soient formés dans les deux. Que peut-on en penser ? Il est difficile d'imaginer ce qui adviendrait d'un tel système de formation qui demanderait une refonte profonde de notre vision de l'école. Bakounine a aussi une vision quasiment utopique de la formation. Par un mécanisme étrange le lien entre l'industrie et l'étude devrait permettre d'augmenter la productivité dans les deux domaines. Serais-ce vrai ? J'ai un peu de mal à le croire. Je ne suis pas non plus d'accord avec l'auteur quand il dénonce les formations avant que la population ne soit économiquement libérée. Je pense que l'on peut très bien proposer des cours et que ceux-ci peuvent avoir du succès.

Livre disponible sur In Libro Veritas sous licence art libre 1.3

15:23 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anarchisme, bakounine | | | |  Facebook

Dieu et l'état par Michel Bakounine

Titre : Dieu et l'état
Auteur : Michel Bakounine
Éditeur : In libro veritas
Pages : 102

Il y a très longtemps que je souhaite lire ce livre de Bakounine. Mais je n'ai jamais eu le temps ou l'envie et, au final, je ne le faisais pas. Depuis que j'ai une liseuse j'ai pu avoir l'opportunité de consulter des livres tombés dans le domaine public. J'ai donc sauté sur l'occasion et je me suis procuré quelques écrits de Bakounine dont un exemple a été présenté hier. C'est donc la seconde œuvre de Bakounine que je présente ici et, probablement, l'une de ses plus connues. J'ai trouvé le livre plus compliqué mais il faut dire que je suis passé d'un programme à une réflexion philosophique. Et je dois bien avouer que la philosophie n'est pas mon point fort.

Bakounine fait la distinction entre deux concepts : l'idéalisme et le matérialisme. Le premier est au cœur de la religion. Il permet de penser dieu. Mais l'idéalisme est si élevé qu'à coté de lui nous, être humains, ne sommes rien. Selon Bakounine nous perdons nécessairement toute liberté puisqu'il existe un dieu capable de tout et qui a tout prévu. À ses cotés il existe quelque chose d'autre. C'est le matérialisme. Celui-ci permet une ascension progressive de l'humanité qui part de la barbarie jusqu'à la civilisation la plus élevée. Si je puis faire cette analogie, plutôt qu'être une chute depuis le paradis l'humain est en constante ascension depuis l'enfer. Mais alors devrions-nous abandonner la morale religieuse pour mettre au pinacle la science ? On pourrait le penser si on se contentait de critiquer la religion. Mais Bakounine ne croit pas que ce soit une solution il pense même que ce serait un nouvel esclavage. En effet, selon Bakounine, les scientifiques forment une caste qui n'observent pas les êtres vivant mais des abstractions. Ce qui les conduit à prendre des décisions défavorables à la liberté si on leur offre le pouvoir. Bakounine ne condamne pas la science, il condamne la caste scientifique. Il pense que la science devrait être possédée par tout le monde même si cela se fait au prix d'un léger retard durant les premières années. Mais ce sujet concerne un autre texte que je présenterais prochainement.

Comme je l'ai dit dans mon introduction j'ai trouvé ce livre plus compliqué que le texte précédent. Comme je l'ai aussi dit c'est probablement parce que ce texte est plus philosophique. Cependant, il est, à mon avis, intéressant à lire. En effet, on y trouve une réflexion sur la nature de la religion et de l'humanité que l'on peut critiquer mais qui ne se contente pas simplement d'attaquer la religion. En effet, ce que Bakounine développe c'est une manière de considérer l'humanité selon que l'on croit ou non. Mais je pense que cette division très manichéenne. La religion y est décrite comme profondément anti-humaine alors que le matérialisme permet le développement sans limites de l'humanité. Mais on y trouve aussi une réflexion sur la science et ses capacités. Pourrait-on faire un lien avec les technocrates, des scientifiques payés pour offrir des politiques publiques rationnelles au pouvoir public, de plus en plus écoutés ?

Livre disponible sur In Libro Veritas sous licence art libre 1.3

11:33 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anarchisme, bakounine | | | |  Facebook

12/08/2012

Catéchisme révolutionnaire par Michel Bakounine

Titre : Catéchisme révolutionnaire
Auteurs : Michel Bakounine
Éditeur : In libro veritas
Pages : 32

De nombreux auteurs ont condamné le capitalisme et ont souhaité un nouveau système. Mais quel serait ce nouveau système et comment serait-il mis en place ? Il est beaucoup plus difficile de construire un nouveau modèle de société qui pourrait être meilleur que l'actuel que de faire une simple critique. Michel Bakounine, dans ce petit livre, tente de donner quelques pistes, un programme, sur la direction que devrait prendre une société plus juste et plus égalitaire.

Le principe fondamental que Bakounine met au centre de son programme est la liberté. Cette liberté découle de l’égalité des conditions de départ. Ce qui implique que tout être humain, homme ou femme, a droit dès son enfance à une éducation gratuite. Ce qui devrait permettre d'offrir à chacun la possibilité de faire ce qu'il ou elle souhaite. En effet, Bakounine pensait, et je le rejoins en cela, que les hommes et les femmes devraient être considérés de la même manière. Quand on sait qu'un autre anarchiste, Proudhon, était particulièrement misogyne on ne peut que saluer cette position. Le second principe fondamental est le travail. Selon Bakounine le travail est nécessaire et aucun citoyen ne devrait recevoir de droits s'il ne travaille pas. Mais Bakounine tente aussi de mettre en place une organisation politique. Plutôt que centraliser le pouvoir à l’échelon de l'état Bakounine propose de décentraliser le pouvoir au niveau communal. Les communes sont ensuite libres de se regrouper dans des entités supérieurs elles-même libres de faire de même jusqu'au niveau "international". Mais les communes sont libres et possèdent le pouvoir fondamental aux mains de chacun de ses citoyens.

Si j'ai apprécié ce livre c'est qu'il offre un programme. On peut le discuter, on peut le refuser ou encore avoir envie de le modifier. Mais nous avons au moins un programme qui propose une organisation sociale différente basée sur les principes de l'anarchisme. Ces principes qui sont l'égalité et la liberté me tiennent tout autant au cœur qu'à Bakounine et j'avoue que j'ai peu de reproches à faire à son programme. Cependant je pense que celui-ci pourrait être développé. En particulier, je pense que l'aspect concernant l'organisation politique mériterait d'être modifiée. En effet, je pense qu'une partie des idées professées par Bakounine risqueraient de se retourner contre les principes anarchistes. Je reparlerais un peu plus tard de Bakounine puisque j'ai pu me procurer d'autres écrits.

Livre disponible sous licence art libre 1.3 sur In Libro Veritas

18:25 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : anarchie, bakounine | | | |  Facebook