31/07/2017

Raising Steam (Discworld 40, Moist von Lipwig 3) par Terry Pratchett

Titre : Raising Steam (Discworld 40, Moist von Lipwig 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi books 2013
Pages : 474

Moist Von Lipwig est un escroc. Mais un escroc utile à la société depuis que Vetinari lui a mis la main dessus afin de le condamner à mort, puis de lui expliquer que sa survie ne dépend que de ses capacités à suivre les ordres. Mais Moist von Lipwig découvre qu'il apprécie son nouveau travail. Non seulement il peut user de toutes ses capacités peu légales mais, en plus, il est apprécié et aide l'État à fonctionner. Ses plus grandes réussites, la poste et la banque, ne sont maintenant guère plus que des formulaires à signer tandis que Moist tente de se faire apprécié par les employé-e-s. Mais quelqu'un se prépare à tout changer. Après plusieurs siècles un ingénieur a finalement réussi à utiliser la vapeur comme moyen de propulsion. Ce n'est, pour l'instant, qu'un jouet. Cependant Vetinari, Harry King, Moist von Lipwig et Simnel ont des plans importants. Bientôt le train couvrira le territoire entier et va permettre des relations diplomatiques simplifiées et rapides. Du moins si un groupe de traditionalistes ne tentent pas de tout détruire.

Je pense que ce tome est parfait pour illustrer ce qui était en train d'arriver à Pratchett. Bien entendu, les quelques tomes précèdent en sont aussi des exemples. Mais j'ai l'impression que celui-ci montre particulièrement bien les symptômes d'un grand écrivain malheureusement malade (Terry Pratchett meurt deux ans plus tard). Tout d'abord, l'intrigue est étrange. On se trouve dans une forme de mélange entre une intrigue d'avancée scientifique et sociale, telle que le cycle Moist von Lipwig en traite, et une intrigue politique sur fond de culture telle qu'on en retrouve dans le cycle de la garde. Le lien n'est pas, bien entendu, innocent et les bonnes idées sont nombreuses. Ainsi, les traditionalistes fonctionnement parfaitement dans l'univers créé par Pratchett. Ils s'insèrent dans un contexte connu dont on connait les changements. Mieux encore, Pratchett essaie de montrer ce que la "modernité" implique pour certains peuples et factions qui perdent en pouvoir et en statut et qui luttent pour garder un pied dans le monde. Cette perte de pouvoir et de statut ne peut, comme le monde l'auteur, déboucher que sur une forme de violence et de replis sur les traditions ou sur un changement majeur du fonctionnement de la société. Mais cette intrigue est doublée de celle du train qui me semble bien moins intéressante malgré les nombreuses références et bonnes idées. Pratchett donne l'impression de coller une idée sur le Disque-Monde sans vraiment se poser de questions puis de dessiner quelque chose autours.

Pire, les personnages sont de moins en moins fidèles à ce que Pratchett a créé. Je ne dis pas qu'il y a une évolution qui pose problème. Les personnages du Disque-Monde ont changé et fonctionnent très bien pour autant. Car ce changement était logique et en accord avec leur fonctionnement. Tout comme le tome précèdent, le symptôme est particulièrement fort chez Vetinari et Vimes, mais Moist von Lipwig n'est pas en reste. Ces trois personnages, et les secondaires ainsi que celleux plus importants, sont extrêmement bavards et explicitent toutes leurs actions. Pratchett a réussi a créé des personnages qui savent ce qu'illes font et n'ont pas besoin d'en parler, c'est une part de leur identité. Dans ce tome, et le précèdent, illes expliquent tout. Il n'est pas rare de lire Moist décrire son fonctionnement pour expliquer ses idées et ses réussites en tant qu'escroc. Vetinari est passé d'un tyran de génie à une sorte d'enfant qui refuse les explications et se vexe lorsque des mots-croisés lui résistent. Vimes n'est plus un policier qui cache son côté sombre et doute de l'existence d'un être de vengeance pour l'utiliser explicitement face aux nain-e-s, un problème déjà vu dans le tome 39. Les personnages perdent en subtilité et en identité. Ce qui faisait leur charme, la capacité à reconnaitre les règles non écrites de leur univers de fiction, disparait et se change en un explicite beaucoup moins intéressant.

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*** ceci était l'avant-dernier tome de la série. De nombreux problèmes vu précédemment sont exacerbés et cela me donne des craintes pour le tome final que Pratchett n'a pas réellement pu terminer comme il le souhaitait.
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Image : Site officiel

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27/12/2016

The light fantastic par Terry Pratchett

Titre : The light fantastic
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi books 1986
Pages : 284

Twoflower, le bagage et Rincewind sont tombé du disque. Ils sont morts. Cependant la Mort ne vient pas les chercher. Et ce parce qu'elle est un tout petit peu vexée par l'inaptitude de Rincewind à accepter de mourir à l'heure dite. Mais nous parlons du Disque-Monde. À Ankh-Morpork, à l'Université invisible, dans la librairie, au fond d'un cachot, entouré par de nombreuses chaines le livre le plus puissant de la création n'est pas d'accord. Non, Rincewind ne doit pas mourir. Après tout il possède l'un des 8 sortilèges et, en famille, on s'entre-aide. Alors le livre change la nature de la réalité et sauve tout ce petit monde en les envoyant dans une forêt enchantée remplie d'arbres qui parlent. En effet, il est plus que nécessaire que Rincewind survive et puisse réciter les 8 sortilèges. Car le Disque-Monde sera détruit dans exactement deux mois.

Ce livre est le second par ordre d'écriture et de lecture dans l'univers du Disque-Monde. Il suit immédiatement le premier et, donc, on retrouve notre magicien préféré, notre bagage préféré et l'espèce la plus dangereux de tout le multiverse : un touriste. Le premier livre pourrait être résumé tout simplement en en parlant comme de la tentative d'amis bourrés de créer une histoire qui inclue absolument tous les clichés de la fantasy afin de s'en moquer. Pour ce second tome, l'auteur est un peu plus sobre. Contrairement au premier livre, il y a, cette fois, une véritable intrigue avec une fin, un milieu et un début. L'histoire suit donc une suite logique qui passe d'un point A à un point Z via tout le reste de l'alphabet. En effet, ce livre reste aussi, et surtout, l'occasion d'ajouter quelques blagues sur des poncifs récurrents comme les elfes, les maisons de pain d'épice et les druides (qui préfèrent le terme de programmeurs informatiques). Je dois bien avouer... que ça marche assez bien sur moi. Bien que l'intrigue soit souvent tirée par les cheveux j'ai beaucoup rigolé et on sent que le Disque-Monde commence véritablement à prendre vie. Longue vie à A’Tuin !

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*** Un second tome dans la même veine que le premier mais moins chaotique.
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Image : Site de l'auteur

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