13/06/2011

L'identité à l'ère numérique par Guillaume Desgens-Pasanau et Eric Freyssinet

Titre: L'identité à l'ère numérique2247080618_lib_fiche.jpg
Auteurs: Guillaume Desgens-Pasanau et Eric Freyssinet
Éditeur: Dalloz 2009
Pages: 170

Alors que l'on parle de plus en plus des problèmes liés aux nouvelles technologies de l'information et de la communication il est plutôt rare que l'on en fasse une véritable analyse. Il faut dire que ces technologies sont relativement neuves et que nous n'avons eu que peu de temps pour les comprendre. Personnellement, je pense même qu'actuellement personne n'est encore capable d'utiliser ces technologies. Ainsi, nous lisons souvent des articles qui montrent les dérives de l'Internet et ses effets sur la vie privée mais aucun n'essaie vraiment d'analyser les changements dans la vie privée qu'impliquent ces nouvelles technologies. C'est pourquoi il pourrait être utile de lire ce petit livre écrit par un polytechnicien et un juriste.

Ces deux auteurs ont divisé leur livres ont trois parties. La première pose la question de ce qu'ils nomment le corps identité. Sous ce terme ils analysent les effets de la biométrie sur la société. Bien qu'ils oublient le mouvement historique qui a mené à la mise en place d'une identité étatisée les auteurs concluent en démontrant un effet particulier de la biométrie. En effet, d'une identité peu sûre on passe à une identité quasiment certaine et imposée par le corps même vu par l'état. Une seconde partie pose la question des identité connectées. Autrement dit, la manière dont on s'identifie sur l'Internet et les réseaux sociaux. Les auteurs y analysent l'anonymat qu'ils considèrent comme plutôt positif bien qu'utopique. Mais ils y montrent surtout comment un individu peut être identifié via les réseaux. Ce qui démontre que toutes les traces que nous laissons sur Internet peuvent permettre de créer un portrait robot de nous même. Enfin, on termine sur l'identité mémorisée qui pose la question de l'archivage des informations. Ce qui permet aux auteurs de réfléchir sur le droit à l'oubli en articulation avec un archivage nécessaire pour les recherches policières (et historiques bien qu'ils n'en parlent pas). En conclusion, les auteurs lancent quelques pistes de réflexions concernant la vie privée, les relations entre l'état et les citoyens et une réflexion sur la preuve.

Bien que le sujet m'intéresse je me suis profondément ennuyé lors de la lecture de ce livre. Bien entendu, les propos développé par les auteurs sont utiles et intéressants mais ils sont aussi peu passionnant. Il faut dire que nous nous trouvons face à un livre qui analyse surtout les conséquences juridiques des nouvelles technologies plutôt que les conséquences sociales. Ainsi, je trouve que les auteurs sont passé à coté d'un certains nombres de points qu'il faudrait analyser. Par exemple, la construction de l'identité dans le cadre des NTIC est très peu développée. Les auteurs ont aussi totalement passé à coté du mouvement historique qui mène l'état à la mise en place d'une identité certifiée par lui-même. On a l'impression, à la lecture, que l'on passe d'une sorte d'impossibilité de mettre en place une identité à une obligation, pour les citoyens, d'accepter une identité basée sur leur propre corps. Hors, d'autres ouvrages montrent qu'inscrire l'identité selon le corps est un mouvement qui existe depuis des centaines d'années. Bref, un livre intéressant mais qui passe à coté d'un certain nombre de points importants et qui n'est de loin pas passionnant à lire.

Image: LGDJ

06/05/2011

La démocratie à l'ère numérique par Henri Oberdorff

Titre: La démocratie à l'ère numérique9782706115745_cv_medium.jpg?1265979892
Auteur: Henri Oberdorff
Éditeur: Presses Universitaires de Grenobles 2010
Pages: 205

Comme je l'ai déjà dit je suis très intéressé par les utilisations des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Je suis particulièrement attentif à leurs utilisations en matière de surveillance. Que celle-ci soit le fait de l'état ou d'entreprises privées comme facebook ou apple. C'est pourquoi je me suis intéressé au livre de M. Obrdorff. Ce livre tente de comprendre comment les NTIC influent et transforment la société démocratique. Non seulement en la facilitant mais aussi par les défis que le numérique offre à la démocratie. La question est donc de savoir comment utiliser au mieux les outils que fournissent les NTIC mais aussi de savoir comment éviter ou stopper les dérives qu'impliquent ces même outils.

Le livre de M. Oberdorff se divise en deux grandes parties. La première tente de comprendre comment le numérique peut étendre la démocratie. L'auteur considère que les outils de l'internet permettent, non seulement, de créer des outils de votes en lignes mais surtout de créer une communication plus importante entre le citoyen et l'administration ou/et les élus. Ainsi l'auteur observe que les politiciens et l'état mettent en place de nombreuses plateformes pour communiquer les résultats et les idées mais aussi pour écouter les citoyens. Parallèlement, une e-administration se développe. Celle-ci permet d’accéder beaucoup plus facilement aux outils administratifs dont les citoyens pourraient avoir besoin et, donc, à rendre la réponse plus rapide pour un coût moindre.

La seconde partie du livre permet à l'auteur de se poser la question des dérives et des défis que l'internet offre à la démocratie. Ainsi, l'auteur commence par examiner la cyberdélinquance d'une manière très détaillée ainsi que les réponses que l'état offre à celle-ci. M. Oberdorff considère que la cybercriminalité atteint souvent les droits fondamentaux et, donc, doit être stoppée. Dans un second temps l'auteur examine les dérives sécuritaires de l'internet en observant qu'il est de plus en plus difficile, pour le citoyen, d'éviter d'être fiché à un endroit ou un autre. Ensuite M. Oberdorff examine quel type de citoyen implique une cyber-démocratie. Il propose d'offrir un accès de qualité à un nombre élevé de citoyens pour que ceux-ci puissent participer à la prise de décision ou contester une décision.

Je suis très critique face à ce livre. Par parce que je suis fondamentalement contre les positions de l'auteur ou parce que je considère ce livre comme mauvais mais plutôt parce que je considère qu'il n'est pas complet. Premièrement, je considère que ce livre est beaucoup trop franco-centriste pour être convainquant et beaucoup trop axé sur le droit (français). Je trouve que l'on perd une grande partie des usages réels d'internet si on se base sur un seul pays, l'auteur semble ne pas considère qu'il puisse exister une forme de démocratie directe, et sur le droit. En effet, le droit n'indique pas les usages mais les contrôles que la société souhaite créer. Ensuite, au contraire de l'auteur je considère que les technologies sont formée dans un contexte socio-politique et communiquent une pensée socio-politique particulière. Donc, les technologies sont loin d'être neutres. Je trouve aussi que l'auteur est beaucoup trop positif face aux usages démocratiques de l'internet. En effet, non seulement je pense qu'il faudrait analyser la manière dont les citoyens utilisent ces outils plus que leur existence mais je pense aussi qu'il faudrait être plus prudent face aux utilisations malveillantes de l'internet. Dans ce cadre je trouve révélateur que l'auteur n'analyse que très rapidement la surveillance étatique ou/et des entreprises. J'ai donc eu l'impression de me trouver en face d'un livre techniciste qui analyse l'existence d'outils et qui souhaite créer un nouveau type de citoyens mais qui oublie les usages réels et les attentes de la part de ces même citoyens. Je déplore aussi l'absence d'analyse de l'internet que je qualifierais alternatif. Alternatif dans le sens ou il ne s'inscrit pas dans la société capitaliste telle que nous la connaissons. Ainsi, aucun chapitre ne mentionne le mouvement du libre alors que c'est une action très importante. Cependant, cela ne veut pas dire que je n'ai pas apprécié les propose de M. Oberdorff. Simplement, je suis très critique face à ses positions que je trouve trop détachées du monde social.

Image: Éditeur