04/09/2015

La isla minima

Deux policiers, Pedro et Juan, sont envoyés de Madrid dans les marais de Guadalquivir dans les années 1980. Officiellement, leur mission est d'enquêter sur la disparition de deux sœurs. Mais, officieusement, la hiérarchie souhaite aussi se débarrasser de deux personnes encombrantes. En effet, l'un est un franquiste assumé tandis que l'autre critique ouvertement le pouvoir militaire. Ils ne sont donc plus acceptés à Madrid. Alors qu'ils commencent leur enquête dans les marais ils se rendent compte que de nombreux faits sont cachés. Les deux jeunes filles ne sont pas les premières à avoir disparu et de nombreuses rumeurs existent sur leur comportement. Durant l'enquête ils mettront en lumière l'étendue réelle des meurtres de Guadalquivir alors que le reste du pays tremble de la transition à la démocratie.

Après la grosse déception que fut American Ultra c'est un soulagement de voir un bon film. La isla minima est bon à plus d'un titre. Tout d'abord, on y observe une enquête qui permet de passer au-delà des faux semblants. Derrière une petite communauté prospère nous avons les secrets et les trafics. Par exemple, les lieux sont la proie de trafic de drogue mais aussi de braconnage. Ensuite, nous avons la relation entre les deux policiers. L'un est un franquiste de la première heure. Les méthodes de brutalité policière qu'il utilisait couramment ne sont pas loin malgré le changement de régime. L'autre est un avocat de la démocratie mais né dans une période de dictature. Bien qu'ils ne se détestent pas et s'entraident on sent surtout une forme de relation de confiance entre deux personnes pourtant politiquement différents. Le film nous place aussi dans un lieu et une époque encore très traditionnelle. Bien que les jeunes, garçons comme filles, tentent de s'émanciper ces dernières sont encore sous la forte domination des hommes. Chaque jeune fille tente de quitter le village, de trouver un travail et ce en se heurtant à la désapprobation des parents. La sexualité y est cachée mais présente dans les photos et les rumeurs. Enfin, le film ne se termine pas tout à fait. Il laisse des questions en suspens et donne des informations qui permettent de douter de certains personnages. Ce qui implique de revoir toute l'intrigue d'un nouvel œil. Le final permet de mettre en valeur la réussite du démocrate face à l'abandon du franquiste qui accepte son oubli joyeusement. Bref, un film qu'il faudrait voir.

*

 

**
***
****
***** Enfin un bon film!

Image : Allociné

 

415633.jpg

 

06/11/2013

Bavures policières? La force publique et ses usages par Fabien Jobard

Titre : Bavures policières? La force publique et ses usages9782707135025.gif
Auteur : Fabien Jobard
Éditeur : la découverte 2002
Pages : 295

Nous entendons tous, de temps en temps, parler de bavures. Des policiers qui ont agit en dehors du cadre de leur fonction. Une violence d’État qui est suivie immédiatement par la colère des associations de défense des droits de l'homme et des victimes. Mais aussi par la défense de l'usage de la force policière face à des individus qui peuvent être dangereux. Mais personne ne tente de comprendre comment et pourquoi la violence policière a lieu. C'est ce que se propose de faire l'auteur dans ce livre.

Cette analyse est divisée en trois parties de deux chapitres chacun. La première partie permet à Fabin Jobard d'examiner les récits qu'il a récolté. Il y trouve de nombreux exemples de violences policières. Avant de considérer leur réalité il essaie de comprendre dans quelles circonstances cette violence se crée. Il apparaît que celles-ci sont relativement restreintes. En effet, les policiers établissent un calcul concernant les personnes, les lieux et l'utilité de la violence. Le contexte a donc une grande importance et se comprend aussi bien comme contexte social que comme contexte territorial. Ainsi ce sont surtout des personnes en état d'anomie qui sont visées par une violence qui a lieu dans un environnement particulier en dehors du regard public. La seconde partie permet à l'auteur d'examiner ce qui se déroule quand des faits allégués sont dénoncés à la presse. Il y montre une confrontation de deux histoires entre la victime qui se crée une virginité et la police qui noircit la personne ainsi que les circonstances. Ainsi, la confrontation permet soit à la police de montrer que son usage de la violence était légitime soit à la victime de démontrer une violence illégitime. La troisième partie permet d'examiner comment les policiers sont jugés et sanctionnés en cas de violence. L'auteur montre que la justice française crée une forme de protection du fonctionnaire dont les décisions sont légitimes a priori. Mais il y existe aussi la possibilité de parler de la victime pour la disqualifier par exemple en parlant de rébellion. L'auteur y montrer que les victimes les plus probables sont justement celles qui pourront le moins dénoncer la violence dont ils peuvent être les sujets.

Pour conclure sur cette courte présentation je ne peux que dire que j'ai trouvé le livre intéressant mais difficile à lire. Le propos est parfois ardu et utilise des références juridiques qui me sont souvent inconnues. Cependant il permet de comprendre les logiques d'apparition de la violence policière et créant des moyens de savoir quels sont ses possibilités. Malheureusement il est aussi basé sur l'exemple français et une grande partie de l'ouvrage ne peut donc pas être utilisé pour d'autres pays sans travail en amont.

Image: Éditeur

16:45 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique, sociologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : police, violence, démocratie | | | |  Facebook

26/03/2013

No!

Nous sommes au Chili à la fin des années 80. La dictature de Pinochet est obligée de mettre en place un référendum pour demander au peuple si celui-ci souhaite que Pinochet reste au pouvoir. Exceptionnellement l'opposition, jusque-là muselée, a accès à la télévision pour 15 minutes tous les jours. C'est donc une opportunité énorme de critiquer sans être censuré un régime terroriste. Mais les opposants ne croient pas en leur victoire et souhaitent seulement pouvoir enfin parler librement. Ils décident donc d'engager un expert en communication qui travaille dans la publicité. En suivant les normes des pubs les opposants réussissent à envoyer un message inattendu d'espoir et de renouveau. Mais comment la dictature va-t-elle réagir?

A mon avis ce film est bien servi grâce à un grand nombre de bons acteurs. La réalisation réussit à nous mettre dans l'ambiance de l'époque avec l'arrivée des micro-ondes et les pubs absolument ignobles de l'époque. Malheureusement, quelqu'un a eu l'idée un peu étrange de choisir de filmer ce film avec du matériel d'époque. Cet aspect donne une impression de documentaire filmé durant les événements mais je l'ai surtout trouvé un peu désagréable. Un grain énorme, des contre-jours et un son pas toujours à la hauteur ont un peu baissé mon plaisir devant ce film. Mais ma critique se porte surtout sur l'histoire. A mon avis, et sans connaître l'histoire du Chili, l'intrigue est trop simpliste. On a l'impression que tout a reposé sur ces quelques spots de télévision qui ne duraient que 15 minutes. Je pense que l'idée même de participer à ces spots à du créer d'énormes débats dans l'opposition. Se réunir pour agir ensemble à du être tout aussi compliqué. Mais la seule contradiction que l'on observe dans l'opposition n'est visible qu'au début du film. Cependant, ce film est intéressant à voir et il m'a permis de connaître un événement impressionnant.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

  • Twilight.

  • Film de vacances.

  • Bon scénario. La fin d'une dictature et les débuts de la démocratie tout ça en partie grâce à des spots télévisés humoristiques. Sans oublier les très bons acteurs. Bref, malgré ses défauts un film que je conseille

  • Joss Whedon

Image: Allociné

Site officiel

20459623.jpg

12:01 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : no, pinochet, democratie, dictature | | | |  Facebook

21/03/2013

Homeland par Cory Doctorow

Titre : Homeland
Directeur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur
Pages : 343

Je retourne chez Cory Doctorow pour encore trois romans dont celui-ci. Ceux et celles qui me lisent régulièrement savent que j'ai un léger problème avec Doctorow. Soit j'apprécie énormément ce qu'il écrit soit je trouve que ça manque singulièrement de rythme. Une petite perle comme Little Brother se trouve laisse la place à un livre trop long comme Maker. Mais c'est de Homeland que je souhaite parler maintenant. Ce roman est la suite de Little Brother. Marcus a connu un peu de célébrité mais il a aussi dû continuer à vivre et prendre des cours à l'université. Malheureusement les temps sont difficiles et ses deux parents ont perdus leur travail. Comme sa bourse dépendait du travail de son père Marcus s'est endetté de plus en plus avec des prêts étudiants (ces prêts sont probablement la pire idée au monde!) et il a du quitter l'université car il ne pouvait plus tenter de travailler pour un salaire et étudier en même temps. S'en est suivi une année de chômage plus ou moins intense. Pour oublier cette période de sa vie Marcus a donc décidé d'aller au Burning Man avec sa copine Ange. Mais une vieille connaissance le rencontre à l’événement et lui donne une clé USB qui possède des documents très embarrassant pour une certaine compagnie et une certaine Carrie Johnstone. Quand cette connaissance disparaît Marcus doit décider que faire de ces documents et s'il accepte de risquer la torture à nouveau.

Comme souvent Doctorow donne un message militant dans ses romans. Celui-ci ne sera pas l'exception à la règle. Doctorow y développe une histoire qui se concentre sur une compagnie privée de mercenaire qui développe un très fort lobby pour faire entrer des lois qui l'arrange. Cette compagnie regroupe tout ce que l'état n'a pas eu envie d'engager pour diverses raisons ou les personnes qui ont été virées de leur poste à l'armée, la CIA ou d'autres. Doctorow décrit une entreprise qui n'hésite pas à violer la vie privée des citoyens, à faire du chantage, de la corruption voir à kidnapper des personnes qui peuvent lui poser des problèmes. C'est donc le danger des compagnies de mercenaires qui est développé ici. Mais ce n'est pas le seul message. L'auteur essaie aussi de comprendre comment un système peut perdre la tête et comment on peut le remettre en place. L'économie est presque inexistante et Los Angeles est sinistrée, derrière se cachent de puissants intérêts privées qui font tout pour sauvegarder leur argent et en récolter plus. Ils le font grâce à la police parfois mais ces derniers ne sont pas décrits, ni considérés, comme mauvais. Au contraire Doctorow montre une forme de quasi-honte de ces policiers de devoir réprimer des manifestations de masse qu'ils supportent probablement dans leur vie privée. Ce dernier point, la vie privée, est aussi un thème majeur de Doctorow. Ce dernier pense qu'une démocratie ne peut fonctionner sans une dose minimum de protection de la vie privée. C'est la raison pour laquelle Marcus est si sensible envers ses informations personnelles et la manière de les protéger. Ce qui permet à Doctorow de nous offrir quelques recettes qui permettent de se protéger (j'ai découvert paranoid android qui existe réellement). Au final, c'est une réflexion sur la démocratie, ses besoins et son fonctionnement que nous offre Doctorow.

Je peux donc dire que j'ai apprécié ma lecture. Le livre est bien écrit et intéressant. Cependant je trouve que l'auteur s'y est moins bien prit que dans Little Brother. La fin, par exemple, est un peu frustrante. On ne sait pas vraiment ce qui s'est passé, si les personnages dont on nous parler durant 300 pages ont connu le succès ou non. On doit deviner sans avoir aucun indice ou presque aucun. Cependant, toutes personnes qui se dit démocrate ou qui s’inquiète pour la vie privée y trouvera une histoire qui lui plaira.

  • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.

  • Papier toilette.

  • Roman de gare.

  • A lire. Doctorow n'est pas le meilleur écrivain au monde. Mais il réussit à mettre en place des histoires intéressantes que j'ai plaisir à lire. Cependant il y a souvent des petites imperfections qui m'empêchent de considère Doctorow comme l'un de mes auteurs fétiches.

  • Tolkien.

Image: Site de l'auteur

homeland.jpg

24/11/2012

"J'accuse" par Emile Zola

Titre : "J'accuse"arton90.jpg
Auteur : Emile Zola
Éditeur : Éditions de Londres
Pages : 24

Voici, peut être, le texte politique le plus célèbre de France. La lettre ouverte qui devint le symbole d'une erreur judiciaire et d'un combat antisémite violent. L'affaire Dreyfus a pris une telle importance que personne, à ma connaissance, n'en a jamais entendu parler. Dreyfus est un capitaine de l'armée française dont le tort a été d'être juif. Alors que l'armée cherche un traitre dans ses rangs elle croit l'avoir trouvé en la personne de Dreyfus. Mais les preuves sont loin d'être convaincantes et les discours antisémites se sont multipliés. C'est aussi une affaire qui a vu les intellectuels français, de gauche comme de droite, multiplier les prises de positions en faveurs ou contre Dreyfus.

Zola, dans cette célèbre lettre, prend brutalement position pour le capitaine. Il tente de comprendre et d'illustrer comment cette erreur judiciaire s'est constituée. Il pense que la principale cause se trouve dans la personne chargée de faire l'enquête et de faire condamner Dreyfus. Cet homme aurait créé une affaire en laissant son imagination vagabonder et il aurait, par cela, laisser échapper le vrai coupable. Mais les généraux sont aussi coupables par leur inaction et leur refus d'innocenter un homme quand les preuves ne pouvaient que mener à cette conclusion. Zola y fait aussi une prophétie: l'affaire Dreyfus sera une tâche indélébile sur l'histoire de la troisième république française. Il avait raison.

Image: Éditeur

11/11/2012

Human readable par Cory Doctorow

Titre : Human readable
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur

Deux amoureux dans une voiture. Le trafic se fait dense et aucun des deux ne sait ou se diriger alors que toute la famille attend de l'autre coté de la ville. Ça ressemble à une histoire vécue non? La différence c'est que nous nous trouvons près de 20 ans dans le futur. L'industrie qui se basait sur le copyright est morte. Le réseau internet est devenu bien plus étendu depuis qu'une nouvelle forme de code est mise en place. Mais le monde commence à connaître des pertes de réseau catastrophiques. Car dans un monde ou le réseau se trouve partout et sur lequel nous avons appris à nous appuyer son absence ne peut que mener à des morts. Il est donc nécessaire de le réformer pour que l'humanité puisse comprendre comment fonctionne le réseau.

Cette nouvelle pose une question importante. Comment créer un réseau efficace tout en réussissant à le rendre compréhensible pour l'être humain dans un but démocratique. C'est un problème difficile à répondre. D'un coté nous avons la demande d'un réseau automatique capable de se gérer seul et de créer des informations sans activités humaines. De l'autre nous avons les normes que la démocratie est censée posséder. Le droit pour chacun de savoir qu'il possède un usage égale du réseau pour ses activités. Qu'il n'est pas volontairement censuré dans l'usage des outils de communications. Et que chaque individus a le droit à avoir un intervenant humain en face de lui en cas de poursuites judiciaires plutôt qu'une intervention informatique automatique. Cette nouvelle tente de relier les deux positions en dépeignant une bataille juridique entre deux lobbyistes devant le système politique américain.

06/05/2011

La démocratie à l'ère numérique par Henri Oberdorff

Titre: La démocratie à l'ère numérique9782706115745_cv_medium.jpg?1265979892
Auteur: Henri Oberdorff
Éditeur: Presses Universitaires de Grenobles 2010
Pages: 205

Comme je l'ai déjà dit je suis très intéressé par les utilisations des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Je suis particulièrement attentif à leurs utilisations en matière de surveillance. Que celle-ci soit le fait de l'état ou d'entreprises privées comme facebook ou apple. C'est pourquoi je me suis intéressé au livre de M. Obrdorff. Ce livre tente de comprendre comment les NTIC influent et transforment la société démocratique. Non seulement en la facilitant mais aussi par les défis que le numérique offre à la démocratie. La question est donc de savoir comment utiliser au mieux les outils que fournissent les NTIC mais aussi de savoir comment éviter ou stopper les dérives qu'impliquent ces même outils.

Le livre de M. Oberdorff se divise en deux grandes parties. La première tente de comprendre comment le numérique peut étendre la démocratie. L'auteur considère que les outils de l'internet permettent, non seulement, de créer des outils de votes en lignes mais surtout de créer une communication plus importante entre le citoyen et l'administration ou/et les élus. Ainsi l'auteur observe que les politiciens et l'état mettent en place de nombreuses plateformes pour communiquer les résultats et les idées mais aussi pour écouter les citoyens. Parallèlement, une e-administration se développe. Celle-ci permet d’accéder beaucoup plus facilement aux outils administratifs dont les citoyens pourraient avoir besoin et, donc, à rendre la réponse plus rapide pour un coût moindre.

La seconde partie du livre permet à l'auteur de se poser la question des dérives et des défis que l'internet offre à la démocratie. Ainsi, l'auteur commence par examiner la cyberdélinquance d'une manière très détaillée ainsi que les réponses que l'état offre à celle-ci. M. Oberdorff considère que la cybercriminalité atteint souvent les droits fondamentaux et, donc, doit être stoppée. Dans un second temps l'auteur examine les dérives sécuritaires de l'internet en observant qu'il est de plus en plus difficile, pour le citoyen, d'éviter d'être fiché à un endroit ou un autre. Ensuite M. Oberdorff examine quel type de citoyen implique une cyber-démocratie. Il propose d'offrir un accès de qualité à un nombre élevé de citoyens pour que ceux-ci puissent participer à la prise de décision ou contester une décision.

Je suis très critique face à ce livre. Par parce que je suis fondamentalement contre les positions de l'auteur ou parce que je considère ce livre comme mauvais mais plutôt parce que je considère qu'il n'est pas complet. Premièrement, je considère que ce livre est beaucoup trop franco-centriste pour être convainquant et beaucoup trop axé sur le droit (français). Je trouve que l'on perd une grande partie des usages réels d'internet si on se base sur un seul pays, l'auteur semble ne pas considère qu'il puisse exister une forme de démocratie directe, et sur le droit. En effet, le droit n'indique pas les usages mais les contrôles que la société souhaite créer. Ensuite, au contraire de l'auteur je considère que les technologies sont formée dans un contexte socio-politique et communiquent une pensée socio-politique particulière. Donc, les technologies sont loin d'être neutres. Je trouve aussi que l'auteur est beaucoup trop positif face aux usages démocratiques de l'internet. En effet, non seulement je pense qu'il faudrait analyser la manière dont les citoyens utilisent ces outils plus que leur existence mais je pense aussi qu'il faudrait être plus prudent face aux utilisations malveillantes de l'internet. Dans ce cadre je trouve révélateur que l'auteur n'analyse que très rapidement la surveillance étatique ou/et des entreprises. J'ai donc eu l'impression de me trouver en face d'un livre techniciste qui analyse l'existence d'outils et qui souhaite créer un nouveau type de citoyens mais qui oublie les usages réels et les attentes de la part de ces même citoyens. Je déplore aussi l'absence d'analyse de l'internet que je qualifierais alternatif. Alternatif dans le sens ou il ne s'inscrit pas dans la société capitaliste telle que nous la connaissons. Ainsi, aucun chapitre ne mentionne le mouvement du libre alors que c'est une action très importante. Cependant, cela ne veut pas dire que je n'ai pas apprécié les propose de M. Oberdorff. Simplement, je suis très critique face à ses positions que je trouve trop détachées du monde social.

Image: Éditeur

21/07/2010

Quelle démocratie voulons-nous ? Pièces pour un débat sous la direction d'Alain Caillé

Titre: Quelle démocratie voulons-nous ? Pièces pour un débat9782707148001R1.jpg
Auteur: sous la direction d'Alain Caillé
Éditeur: La Découverte 2006
Pages: 142

La démocratie est un but qui semble atteint. L'occident, du moins, semble fonctionner parfaitement bien dans le système démocratique et souhaite montrer la voie au reste du monde. Il semble que nous connaissions un fonctionnement parfaitement stable de la démocratie. On élit des représentants qui prennent des décisions. Dans certains cas on conteste. Mais la démocratie est-elle vraiment atteinte? Ne serait-elle pas une quête qu'il est impossible de réussir? Ce petit livre essaie de créer une réflexion sur les institutions démocratiques: Comment les améliorer? Comment les rendre plus sûre? Et, surtout, comment passer outre le danger de l'économie?

En effet, les auteurs voient tous en l'économie un danger pour la démocratie. En détruisant le citoyen pour en faire un consommateur on détruit la possibilité même de démocratie. Car comment créer une démocratie dans un monde de consommation dirigé par des entreprises? Ce livre essaie, donc, de montrer plusieurs voies possibles pour améliorer, voir recréer, une forme de démocratie plus proche du citoyen. Que ce soit par la mise en place de vrais débats ou d'assemblée de citoyens ayant pour mission de créer un avis raisonné et impartial sur des sujets de sociétés.

Même pour ceux qui ne partagent pas les croyances politiques d'ATTAC je pense qu'il peut être utile de parcourir cet ouvrage. Vous n'y trouverez pas de longs développements théoriques, la plupart des articles font une dizaine de pages, mais des pistes de réflexions. Néanmoins, on sent clairement que les auteurs possèdent des avis politiques précis. D'ailleurs, bien que tous les textes soient soumis aux critères de scientificités, le livre n'est pas assez développé pour créer de vrais modèles. J'en retire, principalement, une réflexion sur le fonctionnement de la démocratie et ce qui peut l'affaiblir. Ainsi, il semble que les liens entre les politiques et les entreprises devraient être soumis à un contrôle plus strict alors que les citoyens, la véritable société civile, devraient retrouver des pouvoirs d'interventions plus forts dans le processus institutionnel. C'est, en tout cas, mon point de vue.

Image: La Découverte

13/05/2010

Propagande, médias et démocratie par Noam Chomsky et Robert W. McChesney

Titre: Propagande, médias et démocratiet048.jpg
Auteur: Noam Chomsky et Robert W. McChesney
Éditeur: Ecosociété 2004
Pages: 209

Ce livre contient, en fait, trois contributions différentes. La première est un essai de Chomsky sur la propagande et le journalisme. L'auteur y développe la thèse que les médias, non seulement ne sont pas critiques, mais sont utilisés par les élites dirigeantes pour manipuler l'opinion du citoyen. Chomsky, durant ces quelques pages, essaie de nous convaincre que tout est fait pour éviter que la population développe un esprit critique et un esprit de classe pour pouvoir mieux le manipuler et lui dire ce qui lui convient. En effet, selon l'auteur, les dirigeants et les élites intellectuelles pensent que la démocratie n'est possible que si la population laisse des personnes choisies chercher le bien commun.

La seconde contribution est toujours de Chomsky. C'est une conférence orale sur le thème du journalisme. On pourrait dire que nous y trouvons une mise à jours des propos précédents. Mais on y trouve aussi une analyse du terrorisme qui conduit Chomsky à accuser les USA. En effet, pour Chomsky les USA sont aussi des terroristes car ils forcent la main à d'autres pays en les menaçant pour que leurs politiques restent celles qui étaient voulue par les dirigeants et les entreprises.

La troisième contribution est celle de Robert McChesney. Il analyse plus spécifiquement la manière dont le journalisme et les médias de masse se sont développés aux USA. Sa thèse est que le marché médiatique est contrôlés par un petit groupe oligopolistique qui n'a aucun intérêt à mettre en place une logique de concurence. Le marché, dans son acceptation classique, a donc échoué. L'auteur milite pour la mise en place d'un véritable service public dans les médias sur le modèle de la BBC. Il souhaite aussi un débat de société sur l'avenir des médias de masses pour éviter à Internet d'être contrôlé par les logiques de profits aux dépends de nouvelles idées et manières de faire.

Ces trois contributions sont très intéressantes à lire et stimulantes. Elles m'ont permis de réfléchir sur la manière dont la société actuelle fonctionne sous l'égide des USA et des entreprises. Néanmoins, bien que je retrouve des concepts et théories politiques, il y a très peu d'explication sur le fonctionnement des faits dénoncés. Comment les élites en viennent-elles à croire être qualifiées à guider le peuple? Comment le peuple est-il manipulé? Nous n'en savons rien dans ce livre. Je trouve, donc, que ce livre manque cruellement de méthode et d'explication. Ce qui est, à mon avis, dommage. Car il est tout aussi important de voir ce qui ne fonctionne pas que de comprendre pourquoi.

Image: Éditions Ecosociété

07/10/2009

Après la démocratie

Titre: Après la démocratie51pjC0u2mOL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Emmanuel Todd
Éditeur: Gallimard 2008
Pages: 257

Lorsque j'avais vu ce livre en librairie j'avais hésité à le lire. Il fat dire que Emmanuel Todd est un personnage qui est connu pour certaines positions critiquées. Mais c'est aussi, avant tout, l'homme qui a prévu la fin de l'URSS avant beaucoup d'autres personnes et pour les bonnes raisons semblerait-il. Néanmoins, mon hésitation venait aussi du caractère ouvertement pamphlétaire ce de livre. D'habitude je ne cherche pas à connaitre des pamphlets mais à comprendre le véritable fonctionnement de la société. Je me demandais donc si je pouvais trouver ceci dans ce livre qui attaque sans arrière pensée Sarkozy et sa clique mais aussi les socialistes français. Néanmoins j'y ai trouvé des propos intéressant et qui sont en accord avec une partie de mes idées. D'ailleurs on voit que Todd a voulu critiquer mais l'a fait en essayant d'utiliser des outils scientifiques et statistiques.

Après sa lecture je dégage plusieurs points principaux: les politiciens et les élites financières, le néo-libéralisme, l'éducation et la religion. Selon Todd, les démocraties se sont constituées grâce au facteur éducatif. L'alphabétisation des masses a permis la pensée que la masse devait pouvoir décider. Mais actuellement nous nous trouvons, en occident, dans une phase ou l'alphabétisation est pratiquement achevée et ou nous avons des millions d'étudiants qui entrent dans l'éducation supérieure. Todd considère que cette massification de l'élite va paupériser les élites intellectuelles les coupant des élites politiques et financières. Alors que les hautes études amenaient des richesses les étudiants actuels multiplient les emplois précaires, sont pauvres et ne risquent pas de vivre tous avec les richesses d'un PDG. Seul une élite de l'élite.

Le second facteur de crise que voit Todd c'est la fin des religions. Car la fin des religions amène la fin des idéologies qui sont, en fait, des processus de types religieux. Nous trouvons donc deux problèmes liés. Une élite en voie de paupérisation et la fin des idéologies qui gomme les différences entre gauche et droite. Par conséquent, les élites ne seraient plus une classe de dirigeants supérieurs mais une nos dirigeants seraient de plus en plus seuls face à eux-même. L'élite n'existe plus il n'y a que des élites dérivantes comme les nomme l'auteur. Celles-ci sont, de plus, coupées de la population qu'elles ne comprennent plus. Ce qui expliquerait la crise politique actuelle entre des aspirations populaires et l'incompréhension et le narcissisme des élites.

Un troisième point sur lequel l'auteur revient souvent est la pensée néo-libérale. Emmanuel Todd considère le néo-libéralisme comme une idée dangereuse pour la démocratie. Non seulement elle expliquerait la baisse du pouvoir d'achat de la population mais en plus elle est dangereuse pour l'industrie européenne face à deux pays, la Chine et l'Inde, qui construisent plus et à moindre frais. Alors que le libre échange devrait permettre une spécialisation des pays nous nous trouvons face à une perte de puissance industrielle de l'Europe et à une baisse de la demande intérieur au profit de la demande envers les produits chinois. L'auteur milite pour la mise en place d'un protectionnisme précisément réglé en Europe dans le but de relancer la demande interne et de relancer la hausse des salaires ce qui permettrait d'éviter une crise majeure dans le futur.


Image: tirée du site d'Amazon.

10/02/2009

Les Démocraties

Titre: Les Démocraties: régimes, histoire, exigences
Auteur: George Duhamel
Éditeur: Seuil 1993
Pages: 359

Je voulais en savoir plus sur le fonctionnement des démocraties dans le monde, j'ai donc tenté le livre de George Duhamel qui semblait offrir un aperçu relativement étendu. Le livre a vocation d'être manuel selon les mots même de l'auteur. Celui-ci a choisit de commencer par de (trop?) brèves description du fonctionnement des démocraties de plusieurs pays occidentaux. Cela passe de l'Angleterre à l'Espagne en passant par l'es USA, l'Italie et la Suisse sans oublier l'Allemagne et le Japon. Bien entendu il décrit le système français. La seconde partie est une histoire de la démocratie française de la Révolution à la Vème république et la dernière partie une théorisation.
Qu'en penser? Tout d'abord je suis convaincu que l'on ne peut décrire le fonctionnement d'un pays en 15 à 20 pages. C'est trop peu. Ensuite le livre est trop manuel ce qui ne le rend pas très passionnant voir ennuyeux ce qui est dommage. De plus le livre est assez vieux pour n'avoir pas vu le quinquennat en France (même si il l'avait prédit) mais surtout pour n'avoir pas vu les évènements de 2002 en France ce qui le rend en partie suranné. Enfin il parle surtout de la France mais l'auteur étant lui-même français on peut le lui pardonner.

09:55 Écrit par Hassan dans Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : duhamel, démocratie | | | |  Facebook

27/01/2009

La contre-démocratie

Titre: La contre-démocratie la politique à l'âge de la défiancela contre democratie.jpg
Auteur: Pierre Rosanvallon
Éditeur: Seuil 2006
Collection: Point Essais
Pages: 344

Il ne se passe pas un mois sans que l'on entende parler du problème de la démocratie. Les citoyens la délaisseraient et seraient de plus en plus sceptique face à ses vertus. Nous étudions comment recréer un intérêt et pourquoi celui ci a disparu. Pierre Rosanvallon choisit une voie différente. Plutôt que de penser que le citoyen se désintéresse de la politique il prend le parti que le citoyen ne s'y est jamais autant intéressé mais délaisse les mécanismes orthodoxes. Ces nouveaux citoyens ne font plus autant confiance aux urnes mais observent la politique et ses institutions, les surveillent et agissent par des mécanismes d'empêchement. Qu'ils soient des manifestations ou des actes juridiques.

Pour un titre qui peut faire peur ce livre est très fluide à lire et très intéressant. Pour prouver sa thèse l'auteur prend des exemples historiques et actuels sans mélanger les époques et en montrant au lecteur comment les intellectuels plus tardifs ou contemporains ont pensé ces institutions (par exemple la réflexion sur les Tribuns du Peuple aux états unis au XVIII). Les thèses sont très convaincantes et bien documentées mais je me demande quand même, bien que Rosanvallon en parle, si elles sont une bonne illustration des sociétés actuelles? C'est en tout cas le but de l'auteur de mettre en place un modèle intellectuel basé et décrivant les faits.

09:57 Écrit par Hassan dans Histoire, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie | | | |  Facebook

03/01/2009

La télécratie contre la démocratie

Titre: La télécratie contre la démocratiela telecratie contre la democratie.jpg
Auteur: Bernard Stiegler
Éditeur: Flammarion 2008 (2006 pour la première)
Collection: Champs Essais
Pages: 270

Je suis bien emprunté pour écrire une présentation de ce livre. En effet, il est bien au delà de mes compétences. J'ai connu son existence par l'émission de la RSR Médialogue et je m'y suis intéressé. L'auteur, Bernard Stiegler, est un philosophe ce qui explique mon inaptitude puisqu'il utilise un vocabulaire spécialisé. Je ne suis donc pas sur d'avoir compris la moitié du livre. Néanmoins je pense avoir compris l'autre moitié (ce qui est déjà un début) et cette moitié était très intéressante. Stiegler pose la question du responsable de la misère politique actuelle et donne un nom: les médias n'ayant que le mot audience à la bouche et qui forment une télécratie. Il considère que la recherche absolue de l'audience au détriment du citoyen dans son sens d'homme respectable et réfléchi détruit le ciment politique et social de la société. Ce qui mènerait à sa désagrégation. J'avoue que j'ai été convaincu mais il faut dire que j'étais d'accord avec lui sur bien des points avant même de le connaitre. Ce livre est très pessimiste et fait peur pour notre avenir. C'est, probablement, le but de Stiegler: interpeler par la peur. Je ne sais pas vraiment quoi dire d'autre vu la complexité de ses propos mais je sens que mon précédent sujet sur le suicide se trouve dans le même cadre d'idées. Espérons que les choses changeront ou qu'elles ne sont pas si mauvaises (bien que j'aie du mal à le croire).

19:40 Écrit par Hassan dans Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie, télécratie, stiegler, bernard | | | |  Facebook