08/11/2012

The things that make me weak and strange get engineered away par Cory Doctorow (nous sommes tous coupables)

Titre : The things that make me weak and strange get engineered away
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Site de l'auteur
Pages : 37

Je suis enfin de retour dans Doctorow. Bon, il est vrai que le dernier livre que j'avais lu m'avait profondément déçu. Mais à présent je retourne dans l'univers des nouvelles qui ont le mérite d'être courtes si on ne les aime pas. Le héros se trouve dans un monastère nouvelle génération à New York. Ces monastères se dévouent à la contemplation du sois pour comprendre ses erreurs et s'adapter et s'accepter par l'observation mutuelle et intime. Tous les moines de ce monastère publient les informations les concernant et lisent celles des autres. Mais notre héros n'y restera pas longtemps. En effet, en observant un flux de donné écrit par un autre moine il se rend compte qu'il existe une anomalie. Il part donc en quête dans le monde extérieur pour trouver l'explication de cette anomalie.

Je suis vraiment heureux de m'être lancé dans cette nouvelle car on y découvre le danger des technologies dites de sécurité. Un danger qui n'est encore que peu analysé. Souvent les mises en garde sont évacuées d'un trait d'esprit consistant soit en arguant du danger soit par cette phrase si commune mais si inquiétante "Mais enfin si vous n'avez rien à cacher vous n'avez rien à craindre!". Ce genre d'arguments laisse de coté le point le plus important. Il ne s'agit pas d'avoir quelque chose à cacher. Il s'agit d'avoir le droit de cacher, d'avoir le choix. Celui-ci est d'autant plus important que l'être humain a besoin d'un minimum de vie privée pour se construire et pour vivre (imaginez devoir aller aux toilettes alors que des caméras sont braquées sur vous!).

Le monde que Doctorow décrit dans cette nouvelle est un monde de surveillance totale. Celle-ci se forme aussi bien par des personnes, la securitat, qui est lourdement armée et dont les droits semblent n'être contrebalancée par presque aucun devoirs. Mais aussi des processus automatiques de gestions, d'analyse et de captation de données. Tout, dans ce monde, demande à l'individu de justifier son activité. Refuser de justifier ou se protéger contre une telle invasion est suspect. Mais ce monde de surveillance totale est encore pire qu'on ne le croit. Outre les technologies de surveillances le sens de la culpabilité a changé. Nous considérons tous que l'idée de l'innocence jusqu'à la preuve du contraire est acquise. Mais que se passe-t-il quand c'est la culpabilité qui est acquise jusqu'à preuve du contraire? Les technologies et les services de surveillances commencent à considérer la population comme fondamentalement criminelle, à traiter tout individus comme un criminel. À partir de la nous devenons tous coupable de quelque chose et il suffit d'examiner le passé de quelqu'un pour justifier une arrestation. Voila ce que montre Doctorow. Un futur qui est possible et contre lequel il faut lutter.