08/08/2017

The Shepherd's crown (Discworld 41, Tiffany Aching 5) par Terry Pratchett

Titre : The Shepherd's crown (Discworld 41, Tiffany Aching 5)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 2 juin 2016
Pages : 336

Le Disque est en ébullition. Les personnes les plus puissantes ressentent un changement majeur qui touche aux fondations de l'équilibre du pouvoir. En effet, Granny Weatherwax est morte. Cet évènement permet aux sorcières de se réunir et toutes acceptent l'idée de Granny : Tiffany Aching devrait prendre la place ouverte, même si elle possède déjà une maison, et les devoirs qui vont avec, chez elle. Posséder deux lieux dans lesquels il faut prendre soin de la population demande beaucoup d'efforts. Tiffany commence donc à se chercher des apprenties, voir même un apprenti. Après tout, l'époque de Granny Weatherwax est terminée et elle doit suivre son identité et non celle de sa prédécesseur. Bien qu'elle arrive, plus ou moins, à jongler entre Lancre et the Chalk une menace pourrait bien être trop pour elle. En effet, la mort de Granny a rendu les barrières entre les mondes moins fortes. Et les elfes ont bien envie de revenir sur le Disque-Monde.

Après 40 tomes - certains moyens, d'autres mauvais et du génie - celui-ci, le numéro 41, est le dernier livre qui se déroule dans le Disque-Monde. En effet, Sir Terry Pratchett l'a écrit lors de sa dernière année de vie, avec de l'aide. Sa famille est très claire, et je suis d'accord, il n'y aura pas d'édition de textes inédits ni de contrats avec d'autres auteur-e-s afin de continuer la série. Le Disque-Monde est une création de Sir Terry Pratchett et le restera. La lecture de ce dernier tome est donc un peu particulière puisque nous avons là les derniers mots, écrits, de Terry Pratchett à ses lecteurs. La dernière histoire qu'il conta au monde. Les deux textes placés à la fin du livre sont particulièrement émouvants à lire et montrent que l’œuvre de Pratchett restera pendant un bon moment dans les cœurs de ses fans.

Pour terminer cette aventure Pratchett a décidé de donner le premier rôle à Tiffany Aching. Depuis le début, ce personnage est celui d'une jeune fille, puis d'une jeune femme, loin d'être parfaite mais qui apprend de ses erreurs et de ses observations. Entre le premier tome de ses aventures et celui-ci elle a beaucoup changé en âge et en statut. D'une débutante elle est passée à la successeur de l'une des sorcières les plus puissantes de l'histoire du Disque. Et Pratchett a la bonne idée de nous montrer une Tiffany Aching qui doute de ses capacités mais qui décide de faire son travail malgré cela, jours après jours. Bien que le livre ne sont pas exempt de problèmes, j'ai un peu de mal avec la bataille mise en place par Pratchett, il conclut avec brio l'histoire d'une petite fille brillante devenue une sorcière reconnue et respectée, grâce à ses actes et à son sens de sa propre identité.

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***** Moins que ce tome c'est toute une œuvre qui se conclut ici que, malgré certains échecs en ce qui me concerne, j'ai énormément apprécié lire et découvrir.

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31/07/2017

Raising Steam (Discworld 40, Moist von Lipwig 3) par Terry Pratchett

Titre : Raising Steam (Discworld 40, Moist von Lipwig 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi books 2013
Pages : 474

Moist Von Lipwig est un escroc. Mais un escroc utile à la société depuis que Vetinari lui a mis la main dessus afin de le condamner à mort, puis de lui expliquer que sa survie ne dépend que de ses capacités à suivre les ordres. Mais Moist von Lipwig découvre qu'il apprécie son nouveau travail. Non seulement il peut user de toutes ses capacités peu légales mais, en plus, il est apprécié et aide l'État à fonctionner. Ses plus grandes réussites, la poste et la banque, ne sont maintenant guère plus que des formulaires à signer tandis que Moist tente de se faire apprécié par les employé-e-s. Mais quelqu'un se prépare à tout changer. Après plusieurs siècles un ingénieur a finalement réussi à utiliser la vapeur comme moyen de propulsion. Ce n'est, pour l'instant, qu'un jouet. Cependant Vetinari, Harry King, Moist von Lipwig et Simnel ont des plans importants. Bientôt le train couvrira le territoire entier et va permettre des relations diplomatiques simplifiées et rapides. Du moins si un groupe de traditionalistes ne tentent pas de tout détruire.

Je pense que ce tome est parfait pour illustrer ce qui était en train d'arriver à Pratchett. Bien entendu, les quelques tomes précèdent en sont aussi des exemples. Mais j'ai l'impression que celui-ci montre particulièrement bien les symptômes d'un grand écrivain malheureusement malade (Terry Pratchett meurt deux ans plus tard). Tout d'abord, l'intrigue est étrange. On se trouve dans une forme de mélange entre une intrigue d'avancée scientifique et sociale, telle que le cycle Moist von Lipwig en traite, et une intrigue politique sur fond de culture telle qu'on en retrouve dans le cycle de la garde. Le lien n'est pas, bien entendu, innocent et les bonnes idées sont nombreuses. Ainsi, les traditionalistes fonctionnement parfaitement dans l'univers créé par Pratchett. Ils s'insèrent dans un contexte connu dont on connait les changements. Mieux encore, Pratchett essaie de montrer ce que la "modernité" implique pour certains peuples et factions qui perdent en pouvoir et en statut et qui luttent pour garder un pied dans le monde. Cette perte de pouvoir et de statut ne peut, comme le monde l'auteur, déboucher que sur une forme de violence et de replis sur les traditions ou sur un changement majeur du fonctionnement de la société. Mais cette intrigue est doublée de celle du train qui me semble bien moins intéressante malgré les nombreuses références et bonnes idées. Pratchett donne l'impression de coller une idée sur le Disque-Monde sans vraiment se poser de questions puis de dessiner quelque chose autours.

Pire, les personnages sont de moins en moins fidèles à ce que Pratchett a créé. Je ne dis pas qu'il y a une évolution qui pose problème. Les personnages du Disque-Monde ont changé et fonctionnent très bien pour autant. Car ce changement était logique et en accord avec leur fonctionnement. Tout comme le tome précèdent, le symptôme est particulièrement fort chez Vetinari et Vimes, mais Moist von Lipwig n'est pas en reste. Ces trois personnages, et les secondaires ainsi que celleux plus importants, sont extrêmement bavards et explicitent toutes leurs actions. Pratchett a réussi a créé des personnages qui savent ce qu'illes font et n'ont pas besoin d'en parler, c'est une part de leur identité. Dans ce tome, et le précèdent, illes expliquent tout. Il n'est pas rare de lire Moist décrire son fonctionnement pour expliquer ses idées et ses réussites en tant qu'escroc. Vetinari est passé d'un tyran de génie à une sorte d'enfant qui refuse les explications et se vexe lorsque des mots-croisés lui résistent. Vimes n'est plus un policier qui cache son côté sombre et doute de l'existence d'un être de vengeance pour l'utiliser explicitement face aux nain-e-s, un problème déjà vu dans le tome 39. Les personnages perdent en subtilité et en identité. Ce qui faisait leur charme, la capacité à reconnaitre les règles non écrites de leur univers de fiction, disparait et se change en un explicite beaucoup moins intéressant.

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*** ceci était l'avant-dernier tome de la série. De nombreux problèmes vu précédemment sont exacerbés et cela me donne des craintes pour le tome final que Pratchett n'a pas réellement pu terminer comme il le souhaitait.
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08/07/2017

Snuff (Discworld 39, City Watch 8) par Terry Pratchett

Titre : Snuff (Discworld 39, City Watch 8)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 7 juin 2012
Pages : 512

Une page se tourne après ce tome. En effet, celui-ci est le dernier livre qui prend place dans le cycle de la garde. Ankh-Morpork est en pleine agitation. Une situation inédite, et potentiellement dangereuse, est sur le point d'être commise malgré toute logique. Vetinari se prépare à un ouragan. Vimes, lui, refuse tout compromis et menace toutes personnes qui se trouvent à sa portée. Mais il n'y a pas le choix. Sous la pression de Sybil, sa femme, le commandant Vimes est forcé de prendre deux semaines de vacances à la campagne ! Un lieu étrange et lointain dont le commandant ne sait rien. La loi y est différente. Les personnes sont différentes et, surtout, il y a assez de matériel pour permettre à son fils d'étudier sa dernière obsession. Mais un crime est commis. Et celui-ci ouvre la porte de nombreux secrets et d'actions qui ne peuvent qu'être décrite comme proche du mal absolu. Vimes ne compte pas laisser les choses en état. Après tout, en vacances on organise sa journée selon ses envies.

Ce tome est le dernier du cycle. Durant celui-ci, Pratchett a décrit un changement majeur dans le fonctionnement de la garde qui passe d'une institution inutile, au profil d'une justice privée, à une organisation qui fait trembler les puissants et qui est un exemple pour le reste du monde. Pratchett a utilisé la garde, et Ankh-Morpork, comme une toile de fond pour parle de crimes, mais des crimes de personnes hauts placées, et pour parler d'ethnies. Grâce à ce cycle, le Disque-Monde est devenu beaucoup plus vivant et détaillé. L'auteur nous a offert des intrigues drôles mais aussi très sombres qui touchent fortement des questions que l'on se pose encore aujourd'hui. Clairement, ce cycle est au centre de l’œuvre et je le conseille fortement.

Encore une fois, Pratchett nous parle d'ethnies. On est habitué aux trolls et aux nains, que l'on connait bien, sans oublier les humanoïdes tels que les loups-garous ou les vampires. Mais, jusqu'à maintenant, les gnomes étaient à peine touchés. Pratchett décrit une espèce considérée comme à peine supérieure aux rats. Ils sont considérés comme sales, voleurs et barbares. Bien que Pratchett n'atteigne pas ses réussites des autres tomes, il prend cette espèce comme toile de fond pour un thème extrêmement sombre : l'esclavage. Une personne en esclavage ne fait pas partie de l'humanité. Cette exclusion permet de justifier l'absence de droits sur leurs personnes. Les gnomes et leurs relations avec le reste du monde fonctionne de la même manière. Personne ne les apprécie, aucunes lois ne les protègent et illes ne sont pas considérés comme membres des espèces sentientes malgré leur langage et leur art. Alors pourquoi ne pas les utiliser pour du travail forcé ? Outre cela, Pratchett décide de pointer du doigt des coupables. Comme souvent dans le cycle de la garde, les coupables sont des personnes si hautes placées qu'elles ne peuvent pas voir autrement le monde et les personnes y vivant comme des propriétés privées, dont elles jouissent. Il est dommage que Pratchett n'ait pas eu plus de temps pour développer ses idées. En l'état, le tome est plaisant. Mais il manque du petit plus qui a fait ses grandes réussites.

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*** Bien qu'en dessous du reste du cycle, avec un Vimes qui me semble en partie écrit de manière différente, j'ai aimé cette conclusion à un cycle que j'apprécie beaucoup.
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18/06/2017

I shall wear midnight (Discworld 38, Tiffany Aching 4) par Terry Pratchett

Titre : I shall wear midnight (Discworld 38, Tiffany Aching 4)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 7 juin 2012
Pages : 432

Tiffany a maintenant 16 ans. Elle est reconnue comme la première sorcière officielle des environs. Sa famille est fière et un peu effrayée. Les voisin-e-s ressentent exactement la même chose. Personne n'aime les sorcières dans le village de Tiffany, mais cette dernière n'est pas une étrangère. Alors Tiffany travaille et aide autant qu'elle le peut. En particulier, elle tente d'aider le vieux Baron à ne pas trop souffrir. Mais sa mort est inévitable. Malheureusement, Roland a engagé une infirmière pour prendre soin du Baron. Celle-ci aiment autant Tiffany Aching que le travail. Et lorsque le Baron meurt enfin Tiffany est accusée de vol, de meurtre et de pactiser avec le démon. Soudainement, des ami-e-s se souviennent que les sorcières ça se brûle.

Le fait que j'apprécie le cycle des Sorcières joue grandement dans mon impression pour ce 38ème tome. Le 37ème m'avait beaucoup déplu. Il y avait des problèmes d'écriture et je n'appréciais pas du tout l'intrigue. Ce retour dans le cycle de Tiffany Aching est, par contre, une réussite. Cela n'implique pas que tout soit parfait. Il y a des longueurs inutiles. Les scènes avec Eskarina sont sympathiques mais peu utiles. Il aurait été possible de laisser Tiffany trouver les réponses plus tard dans l'intrigue. Même chose pour l'Observatrice. Je pense qu'il aurait été plus fort, du point de vue de l'intrigue, que celle-ci soit Granny Weatherwax. Cela aurait pu donner l'impression d'un enjeu bien plus important. L'idée que la sorcière la plus puissante s’inquiète réellement et se prépare à agir au bon moment tout en laissant sa chance à Tiffany. De plus, il y a des incohérences dans l'intrigue. Bien que j'en ai apprécié le traitement, dans une certaine mesure, l'intrigue autours d'un abus domestique (la peur de quitter son mari, la raison des abus mais aussi la réaction, ou son absence, par les voisin-e-s) je ne comprends pas son intérêt dans le cadre de l'intrigue générale. Il n'y a presque pas de conséquences et cela ne devient qu'un objet passé qui apparait de temps en temps dans le décor.

La question principale de ce tome, particulièrement sombre, est la haine. L'intrigue met en place une progressive défiance envers les sorcières. Celle-ci est générale avec quelques exceptions. Les anciennes histoires reviennent et les accusations murmurées deviennent de plus en plus fortes. Ainsi, Tiffany souffre deux incarcérations. La second est particulièrement intéressante puisqu'elle suit des accusations sans fondements ni preuves. Bien que, fantastique oblige, la haine soit incarnée dans un être précis, sa description est tout simplement magnifique. Elle est ressentie par les personnages secondaires et principaux de l'univers pratchettien. Les personnages secondaires en sont autant les victimes que les vecteurs et seuls les personnages principaux sont capables de réfléchir sur la raison de leurs sentiments. La haine est décrite comme une infection qui se propage de personnes en personnes et, en particulier, à l'aide d'individus capables de haine. Raisonner est inutile, il faut décider de s'attaquer résolument à toutes personnes qui propage l'infection.

Bien que j'aie beaucoup apprécié le traitement de ce thème j'ai tout de même un point négatif à ajouter. Lors de la phase conclusive de l'intrigue la haine s'incarne dans un être qui représente le mal. C'est un meurtrier aux actes ignobles. Personnellement, je trouve dommage d'avoir choisi ce type de personnages. D'autres auraient pu être mieux utilisé pour traiter du thème du tome et lui donner plus de profondeur. Le livre ne manque pas de personnages qui se pensent justifiée dans leur haine de choses et d'autres et il aurait été possible de les utiliser directement comme propagateur de haine plutôt que d'user d'un être si mauvais qu'il en semble à peine réel. Impression justifiée par son apparition soudaine alors que d'autres personnages étaient déjà bien mieux décrits.

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**** Un tome 38 qui confirme certains défauts du tome 37 mais qui me semble bien plus intéressant et mieux écrit.
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05/06/2017

Unseen academicals (Discworld 37, Rincewind 8) par Terry Pratchett

Titre : Unseen academicals (Discworld 37, Rincewind 8)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 544

Les magiciens de l'Université Invisible vivent particulièrement bien. Ils ont plus de 6 repas par jours, ne donnent jamais cours et possèdent un nombre important d'étudiants pour tenter quelques petites expériences. Après tout, le but principal de l'Université est d'empêcher les magiciens de faire quelque chose. Mais l'Université doit changer. En effet, non seulement certains magiciens sont partis vers d'autres universités concurrentes qui viennent de se construire mais, en plus, l'un des magiciens vient d'être nommé à un poste dont le titulaire était mort depuis longtemps. C'est ainsi qu'une découverte importante est faites : si l'Université Invisible veut garder une importante rente elle doit concourir dans un jeu de football. Mais le jeu est un simple sport de brutes sans règles ni arbitres. Comment les magiciens pourraient-ils accepter de se lancer dans la plèbe et perdre leur statut. Donc, lorsque Vetinari demande de réviser les règles du jeu les magiciens acceptent immédiatement. Après tout, le plateau de fromage est en jeu si l'Université perd sa rente !

Je n'ai pas aimé ce tome. Malheureusement, celui-ci est écrit alors que Terry Pratchett est diagnostiqué depuis deux ans comme victime d’Alzheimer. Ce qui n'apparaissait pas encore beaucoup dans le livre précèdent est ici beaucoup plus important. L'écriture semble avoir été plus difficile, les dialogues moins bons et les personnages semblent être moins proche de leur identité de base. Je dois avouer que l'intrigue principale n'a pas aidé, le football n'est vraiment pas une passion pour moi. En fait, il y a plusieurs intrigues : l'une concerne Jewell, la seconde Nutt et la troisième est celle qui est censé être au cœur du livre. Mais il y a trop de directions différentes et les intrigues ne sont pas assez bien mises en scènes pour créer un tout qui fonctionne. On se perd dans les différentes intrigues et personnages alors que, personnellement, je n'ai pas compris toutes les références à un sport qui ne m'intéresse pas. Dans ce livre, Pratchett échoue à accomplir sa marque de fabrique : poser des questions importantes tout en se moquant gentiment de notre monde.

Heureusement, le livre est presque sauvé par un seul personnage : Nutt. Ce dernier reste une énigme pendant une grande partie du livre bien que l'on se doute qu'il y a une histoire tragique derrière lui. Celle-ci est révélée petit à petit sans que cela ne semble forcé. Son inscription dans l'histoire du Disque-Monde est assez réussie et donne un peu plus de profondeur tandis que son environnement permet de mieux connaitre les classes inférieures d'Ankh-Morpork, assez peu décrites auparavant. Ce n'est pas un livre de la garde donc les questions sociales existent mais ne sont pas au centre du questionnement. Celui-ci pose plutôt la question de l'inné et de l'acquis. En effet, Nutt (spoiler alert) est censé être une machine à tuer, une légende noire venue d'un âge ancien. Cependant, ce personnage a été éduqué puis s'est éduqué lui-même jusqu'à devenir un véritable génie capable de prouesses et de construire une philosophie individuelle de son existence. Nutt nous permet de nous demander si ce qui est le plus importante est la provenance, l'inné, ou la manière dont on se construit à l'aide d'autres personnes et de soi-même.

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*** Un tome 37 qui échoue après une série de très bons tomes. On sent, à la lecture, que Pratchett n'écrit plus aussi bien mais il y a du génie derrière une écriture moins maitrisée.
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17/05/2017

Making Money (Discworld 36, Moist Von Lipwig 2) par Terry Pratchett

Titre : Making Money (Discworld 36, Moist Von Lipwig 2)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 480

Pour la première fois depuis des années la poste d'Ankh-Morpork fonctionne à la perfection. Non seulement elle est rapide et efficiente mais elle a à cœur les besoins des client-e-s ainsi que la sécurité des colis et des lettres. Même le bâtiment a retrouvé sa gloire d'antan alors que les employé-e-s sont en nombre de plus en plus important. Moist Von Lipwig peut être fier de son œuvre. Mais il s'ennuie. Et il trompe son ennui en revenant à de vieilles habitudes dangereuses. Mais la poste crée un problème. Elle fonctionne tellement bien que les banques ont perdu la confiance que les citoyen-ne-s avaient en elles au profit des timbres, devenus la monnaie non-officielle de la ville. Vetinari a donc une idée. Pourquoi ne pas faire nommer Moist Von Lipwig à la tête de l'une des plus grandes banques privées de la ville ? Piégé, Moist n'a pas le choix. Et, rapidement, il comprend que devenir banquier peut être mortel... mais pas à cause des chiffres... à cause de la possibilité d'une mort rapide.

Ce tome 36 pose une question importante : qu'est-ce que l’argent ? Comment peut-on croire en l’argent ? L'argent, pour Pratchett et beaucoup de personnes, est un mensonge. Un mensonge auquel tout le monde croit ce qui lui permet de fonctionner. Ainsi, dans ce livre Moist essaie d'écrire une nouvelle histoire. Au lieu de la valeur d'un "simple accident géologique" Moist Von Lipwig essaie de placer la valeur de l'argent sur la ville même. Dit comme cela on pourrait croire que l'histoire est un peu naïve. Après tout, il y a une raison derrière l'usage de l'or comme référence (même si on l'a abandonné). Mais l'histoire est un peu plus subtile. En effet, derrière ce changement de paradigme Pratchett essaie de penser l'économie. Selon lui, si je l'ai bien compris, ce qui compte pour donner de la valeur à de l'argent est la force de travail que le montant garanti. Ainsi, derrière l'idée de garantir la monnaie par la ville se cache l'idée de garantir la monnaie derrière la capacité de travail de la ville entière. D'une certaine manière, on pourrait parler d'une économie réelle, basée sur les industries et services ainsi que les personnes qui travaillent.

De manière obligatoire, ce livre nous parle aussi de capitalisme. En effet, derrière la création de monnaie il y a tout un système économique qui fonctionne plus ou moins bien (durant l'un des chapitres un économiste un peu fou explique pourquoi un événement particulier peut avoir des conséquences catastrophiques pour la ville). Il y a une logique, en effet, depuis le début de la série, Ankh-Mopork s'est beaucoup développée. Elle a un nombre de plus en plus important de citoyen-ne-s et de services. Les organismes de l’État sont eux-mêmes de plus en plus importants (comme la poste ou la garde). De plus, Vetinari a des projets ambitieux. Il y a un besoin d'argent. Il y a donc besoin d'une économie qui fonctionne et de banques en pleine santé. La réforme mise en place par Lipwig s'inscrit donc dans le développement de la série qui, elle-même, montre une ville en développement dans le cadre d'une économie libre. Pratchett nous montre donc de quelle manière fonctionne une société de capitalisme à la fois libre et fermée, par l'existence de guildes qui contrôlent fortement les activités des professions. Sans aller dans les détails, Pratchett décrit aussi les conséquences de l'argent sur une famille. Celle-ci possède une origine de piraterie et de vols mais s'est convertie dans la banque (une autre forme de piraterie). Mais les membres de la famille ne sont plus capables de gérer leur banque ni de prendre des risques. Ils sont décrits comme arrogants, prétentieux et surtout intéressés uniquement par leur propre richesse. Ce n'est pas un hasard si, à quelques reprises, les membres de cette famille regrettent les anciens temps de la garde lorsqu'elle était corrompue. Pratchett nous montre une famille qui est toujours aussi riche mais qui a perdu en pouvoir au fur et à mesure du développement de la puissance de l’État. Pour cette famille, la loi leur appartient et il est exclu que l’État s'intéresse à la gestion des banques au prix d'une perte plus importante encore de leur pouvoir.

Encore une fois, Pratchett est ambitieux. En un seul livre il essaie d'analyser le fonctionnement de l'économie et de la monnaie tout en nous faisant rire. Il est dommage que ce livre démarre un peu laborieusement. Le début du livre n'est pas très bon mais, heureusement, cela s'améliore au fil des pages. Cependant, Pratchett réutilise un bon nombre de ficelles utilisées auparavant. Ainsi, Moist Von Lipwig est mis en danger de mort après une nomination volontaire qu'il ne peut refuser, il doit réformer une institution qui ne fonctionne plus et, pour cela, se heurte à des personnes riches qui ne souhaitent pas le voir réussir pour éviter que leur corruption ne soit connue de tout le monde. Heureusement, l'intrigue fonctionne assez bien et les personnages sont toujours aussi savoureux. J'aime beaucoup Moist Von Lipwig ainsi qu'Adora Belle Dearheart. Mr. Bent, à l'histoire tragique, donne une atmosphère étrangement légère.  C'est aussi un livre très sombre. En particulier pour un personnage qui perd de plus en plus au fur et à mesure du développement de l'intrigue. Son histoire et le dénouement sont tragiques.

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**** Un peu laborieux mais, au final, ça fonctionne très bien.
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30/04/2017

Wintersmith (Discworld 35, Tiffany Aching 3) par Terry Pratchett

Titre : Wintersmith (Discworld 35, Tiffany Aching 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 2010
Pages : 373

Tiffany Aching a 13 ans. Elle est une sorcière de plus en plus talentueuse. Mais elle n'est pas encore prête à rentrer chez elle. Elle continue son entrainement mais chez une autre sorcière. Cette dernière est l'une des plus étrange de la sororité. À tel point que la plupart des jeunes sorcières ne restent chez elle que quelques jours au plus. Mais Tiffany est restée 3 mois et elle compte bien ne pas se laisser faire. Car sa nouvelle professeuse, Miss Treason, est aveugle et sourde. Étant une sorcière, elle emprunte les yeux et les oreilles d'autres animaux à proximité dont, de temps en temps, les yeux et les oreilles de Tiffany. Miss Treason est aussi crainte. Des histoires atroces circulent à son sujet. Mais Tiffany ne se laisse pas avoir et essaie de comprendre d'où proviennent ces histoires. De plus, Tiffany décide de danser lors d'un évènement très particulier. Depuis, l'esprit de l'hiver est tombé amoureux d'elle et essaie de la charmer. Ce pourrait être mignon si ses efforts n'étaient pas un désastre pour tout le monde et s'il n'était pas bien plus âgé qu'elle.

Je l'ai déjà dit et répété, et d'autres aussi, l'un des thèmes majeurs de Pratchett est l'importance des histoires. Plusieurs livres utilisent ce thème de manière sous-jacente alors que d'autres s'y attaquent centralement. Plusieurs personnages en ont conscience et s'en sortent bien mieux car illes savent comment l'histoire est censée continuer. Par exemple, Rincewind sait qu'il sera toujours impliqué dans des évènements dangereux dont il se retrouvera le centre d'attraction. Mais il me semble que le cycle de Tiffany Aching met ce thème au centre entier des livres qui le forme.

Ce thème est présent dans plusieurs intrigues du livre. Pour la plus importance, celle du Wintersmith, on observe Tiffany passer de témoin d'une histoire à part intégrale de celle-ci. Depuis, elle doit trouver un moyen de s'en sortir dans le cadre d'une intrigue déjà ancienne : une divinité amoureuse d'une mortelle. Cette histoire ne peut se conclure que de certaines manières. Il est révélateur, à mon avis, que plusieurs personnages sont mentionnés ou montrés en train d'observer Tiffany sans toujours agir sur l'histoire. Le thème est aussi présent dans l'intrigue secondaire de Miss Treason. Celle-ci est décrite comme une sorcière qui crée des histoires et qui les utilisent pour gagner en pouvoir sur les personnes dont elle a la charge. Après son départ, c'est la sorcière qui la suit qui doit apprendre l'importance des histoires. Plus généralement, le livre semble nous dire qu'être humain-e implique de raconter des histoires à soi-même et aux autres. C'est ainsi que l'on sait qui on est mais aussi que l'on sait comment se comporter dans des situations précises. Et une bonne histoire va rapidement se répandre dans le monde entier.

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***** Bien que Pratchett continue à traiter du même thème il le fait toujours aussi bien.

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14/04/2017

Thud! (Discworld 34, City Watch 7) par Terry Pratchett

Titre : Thud ! (Discworld 34, City Watch 7)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 464

Ankh-Morpork est une cité multiculturelle. Le cauchemar de certain-e-s politicien-ne-s de notre monde. Mais la cité fonctionne malgré les complots pour déposer Vetinari et revenir à "Avant". Cependant, tout n'est pas parfait. En effet, depuis quelques temps des nain-e-s traditionalistes parlent à leurs compatriotes. Illes leurs expliquent que les Nain-e-s sont supérieur-e-s au reste du monde. Que seule la vie dans la terre vaille la peine, la surface n'est qu'un rêve. Mais surtout, il leur est expliqué que les trolls sont des ennemis naturels qu'il faut exterminer. Les problèmes posés par ces paroles sont si importants que même la garde en souffre. Mais rien ne saurait la préparer au meurtre de l'un de ces nain-e-s traditionaliste. Les trolls sont accusés alors que la fête de la bataille de Koom Valey approche. Vimes a beaucoup à accomplir alors que trois trônes vacillent face à la perspective d'une guerre qui pourrait tout engloutir.

Comme souvent, dans le cadre du cycle de la garde, l'intrigue parle des ethnies et des problèmes qui peuvent exister. Depuis le début du Disque-Monde, Pratchett a transformé Ankh-Morpork pour en faire une ville sûre - plus ou moins en tout cas - avec une population non-humaine de plus en plus importante et qui, malgré les humain-e-s, s’intègre assez bien. Dans le même temps, le fonctionnement politique des nain-e-s a été fortement développé tandis que les trolls ne sont plus des brutes sans cervelles même si leur histoire n'est pas très développée. Ce tome ajoute une couche en donnant plus de substance à l'histoire des trolls mais aussi en développant la faction traditionaliste des nain-e-s. Par la même occasion, Pratchett égratigne les politicien-ne-s qui préfèrent créer des divisions plutôt que de relier des populations différentes. Pratchett se base aussi sur l'histoire d'une ancienne bataille. Il montre de quelle manière l'histoire peut être utilisée par des politicien-ne-s pour défendre une certaine position. Il montre aussi comment on réagit lorsque ce que l'on croit vrai est, en fait, une invention.

Mais Pratchett ne serait pas Pratchett s'il ne prenait pas le temps de se moquer de notre époque. Ce tome est l'occasion de s'en prendre à The da Vinci code. Les personnages de ce tome découvrent une histoire cachée que seule un trésor permet de comprendre. Pour cacher cette vérité un groupe se constitue afin de détruire toutes les traces qui en restent. Mais cette vérité, le secret de la Koom Valey, est cachée dans une peinture d'un artiste fou ! Vimes essaie de comprendre et suit des indices disséminés par plusieurs gouvernements. Si ce n'est pas une histoire qui vous rappelle quelque chose vous avez beaucoup de chance ! Ce petit plus, cette petite gentille moquerie, donne une saveur de plus à un tome déjà très bon et bien assez riche.

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***** Terry Pratchett a atteint sa vitesse de croisière et le Disque-Monde sa maturité.

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01/04/2017

Going postal (Discworld 33, Moist von Lipwig 1) par Terry Pratchett

Titre : Going postal (Discworld 33, Moist von Lipwig 1)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 496

Moist von Lipwig n'est qu'un nom. Un nom inconnu car son détenteur a utilisé de nombreux alias durant sa carrière d'escroc. Mais la justice du Patriciens, et la garde, l'ont rattrapé. Après plusieurs mois dans un cachot à creuser le mur avec une cuillère il est enfin soumis à la mort par pendaison pour ses nombreux crimes et les dégâts qu'il a commis. Mais, le Patricien a d'autres plans. Après avoir sauvé la vie de Moist von Lipwig il lui soumet un choix: prendre la tête de la poste d'Ankh-Morpork ou prendre la porte (suivie d'une chute fatale). Ce que Moist von Lipwig ne sait pas c'est que la poste n'est plus qu'une coquille vide. Le bâtiment est en déliquescence, ses biens ont été volés, il n'y a plus que deux employés ainsi qu'un chat et les couloirs sont remplis de lettres qui n'ont pas été acheminées! Relancer la poste est un travail qui pourrait bien ne se terminer qu'à la mort. De plus, les citoyen-ne-s de la ville font maintenant confiance aux Clacks pour acheminer leur message en vitesse et en sécurité bien que le réseau soit de plus en plus cher et de moins en moins fiable. Comment une poste qui peut mettre plusieurs mois à donner une lettre peut-elle concurrencer un service quasiment instantané?

Encore une fois, on retrouve le thème favori de Pratchett: les histoires et leur pouvoir. Deux personnages dans ce roman utilisent des histoires afin de gagner de l'argent et de l'influence sur les autres personnes. Ce sont Moist von Lipwig et Reacher Gilt. Les deux expliquent que leur réussite ne dépend pas de leur capacité mais de leur réussite à vendre une histoire. Ainsi, ce tome est, en quelque sorte, une confrontation entre deux histoires construites et mise en scène par deux escrocs. Cependant, à mon avis, le thème principal de ce tome, premier de son cycle mais que l'on pourrait relier à Industrial revolution, est le capitalisme. En effet, les clacks sont une invention d'un groupe de personnes qui essaient de nouvelles choses. Dans ce tome, il est expliqué que ces personnes ont été volées par un consortium de financiers qui ont manipulé les chiffres en grands maîtres. Les capitalistes sont dépeints comme des ignorants imbéciles qui ne comprennent pas le système qu'ils possèdent mais qui ne souhaitent que créer de l'argent. Ainsi, on peut voir dans la seconde privatisation des Clacks une forme de privatisation d'un bien public. Il y a un réseau qui demande de la maintenance et un service impeccable. À partir du moment où des privés achètent le tout, la maintenance est mise à l'arrêt tandis que le service devient de moins en moins bon au service d'un profit plus important. Ainsi, Pratchett décrit ce qui arrive quand on privatise un réseau.

Bien entendu, on ne peut pas ne pas voir une lutte entre l'internet et la poste. Bien que les Clacks ressemblent bien plus au télégraphe qu'à l'internet le fonctionnement est proche du WEB. Ainsi, l'un des groupes se nomme GNU. Pratchett serait-il linuxien? Ce même groupe aime pirater le système afin d'y implanter ses propres codes et d'en vérifier le fonctionnement. Les employé-e-s des Clacks sont elleux-même des passionné-e-s qui bricolent quand cela est possible. On pourrait même penser que le fonctionnement des codes des Clacks est proche du fonctionnement de l'Internet avec des messages clairs et accessibles et tout un univers sombre qui permet au web de fonctionner. La lutte avec la poste est aussi celle entre l'efficacité et la rapidité et l'univers plus charnel des lettres. Moist von Lipwig joue, bien entendu, avec les problèmes des Clacks mais il démontre aussi que les lettres ont des effets bien plus intenses qu'un message virtuel. Ainsi, les premières lettres délivrées dans le tome crée des drames qu'ils soient romantiques ou des émeutes! Au final, Pratchett signe ainsi une forme d'ode aux lettres tout en ne descendant par l'internet en flammes.

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***** Encore une fois, un tome qui s'inscrit dans un Disque-Monde mature qui permet de s'intéresser à son fonctionnement réel tout en faisant le lien avec notre propre monde.

Image: Site officiel

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29/03/2017

A hat full of sky (Discworld 32, Tiffany Aching 2) par Terry Pratchett

Titre : A hat full of sky (Discworld 32, Tiffany Aching 2)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Harper Collins septembre 2015
Pages : 400

Tiffany Aching a maintenant 11 ans. Il y a deux ans qu'elle a vaincu la reine des fées en combat singulier. Mais elle ne sait pas exactement comment elle a accompli cet exploit. Il y a exactement deux ans que Granny Weatherwax lui a signifié son respect et lui a offert un chapeau de sorcière invisible. Cette même journée, il avait été expliqué à Tiffany Aching que lorsqu'elle serait prête une sorcière viendrait la chercher pour l'emmener en apprentissage. Son territoire serait mis en observation pendant son départ en attendant son retour. Il est maintenant l'heure de partir. Bien que Tiffany ne sache pas vraiment ce qu'est la sorcellerie elle se rend rapidement compte que ce n'est pas du tout ce qu'elle pensait. Faire attention aux petits soucis du voisinage ne semble pas être un acte particulièrement magique. Alors elle essaie de petits tours. Mais ce qu'elle pense être parfaitement inoffensif pourrait bien mettre sur sa trace un prédateur aussi ancien que puissant.

Lors du premier tome du cycle de Tiffany Aching je concluais sur l'impression que le livre créait un personnage. Toutes les aventures de Tiffany n'étaient que des moyens pour elle de découvrir son identité de sorcière et son lien avec son territoire. Ce second tome s'inscrit dans cette même impression. Bien que Tiffany sache ce qu'elle est cela n'implique pas qu'elle sache qui elle est. Quoi de mieux, pour parler d'identité, que d'utiliser une jeune adolescente? Ainsi, ce tome permet à l'auteur de confronter Tiffany Aching à ses paires et aux identités imposées par un monstre venu des débuts des temps. Les sorcières sont, chez Pratchett, une sororité large et peu régulée. Il existe une ou deux institutions mais les personnages sont souvent seuls. Ainsi, la quête d'identité de Tiffany Aching lui permet de découvrir plusieurs styles de sorcellerie et de décider de celle qui lui convient. Ces styles se divisent en deux: la sorcellerie modeste mais toujours présente de Granny Weatherwax et de l'enseignante de Tiffany Aching et la sorcellerie qui utilise des objets et qui essaie d'avoir du style. D'une certaine manière, on trouve dans ces deux styles une tension entre ce qui est pensé archaïque et ce qui est vu comme moderne.

De plus, ce tome est probablement l'un de ceux qui parle le plus de la puissance des histoires. C'est un thème presque universel sur le cycle du Disque-Monde mais certains livres s'y attachent de manière plus importante que d'autres. À mon avis ce tome fait partie de ceux-ci. En effet, Granny Weatherwax y personnifie l'importance des histoires pour non seulement aider les autres mais aussi imposer le respect. Les histoires n'ont pas forcément besoin d'être racontées ni d'être la vérité il faut simplement qu'elles existent. Mais, si j'ai bien lu, les histoires sont aussi des moyens de se créer une identité. Il y a toute une scène, probablement la meilleure du livre à mon avis, qui explicite cette idée. En conclusion, Pratchett signe un second tome d'un cycle qui possède tout ce qui fonctionne dans le Disque-Monde mais qui est, ici, mature et non en construction.

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**** Un bon second tome pour un cycle encore jeune. Je me réjouis de lire la suite des aventures de Tiffany Aching.
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Image: Site officiel

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27/03/2017

Monstrous Regiment (Discworld 31, Industrial Revolution 3) par Terry Pratchett

Titre : Monstrous Regiment (Discworld 31, Industrial Revolution 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 480

Borogravia est en guerre. Borogravia est toujours en guerre. Le petit pays est soumis à une monarchie dont le rôle est d’intercéder auprès d'un dieu capable d'interdire la couleur bleu et le chocolat. Régulièrement, Borogravia déclare la guerre après qu'une partie de terrain change de main suite à un changement de lit de la part d'une rivière déclarée frontière naturelle. Mais cette guerre pourrait bien être perdue. En effet, la duchesse de Borogravia est probablement morte. Son héritier est le dirigeant de l'un des pays ennemis et il n'hésite pas à envahir sa voisine pour donner un peu plus de légitimité à ses ambitions. Pire encore, cette invasion est soutenue par les grandes puissances dont Ankh-Morpork qui envoie un corps expéditionnaire sous la direction de Vimes. Mais une petite troupe de recrue se lève entre les citoyen-ne-s de Borogravia est les ennemis. Ces recrues sont les dernières et les moins bien fournies mais elles ont l'immense avantage d'être toutes des femmes.

Ce tome est probablement le plus féministe des livres du Disque-Monde. Bien entendu, Pratchett avait déjà créé des personnages féminins et même parlé des choix possibles ou impossibles. Les naines en sont l'exemple puisque celles qui vivent à Ankh-Morpork rejettent la tradition et souhaitent avoir le choix de s'habiller comme elles le souhaitent. Mais ce livre décide de ne prendre que des femmes comme personnages principaux. Il y a des hommes, mais ils se trouvent soit en dehors de l'intrigue pour apparaître de temps en temps soit sont des imbéciles chanceux (ou des imbéciles tout court). Dans ce tome, on observe une petite troupe de recrues tenter de cacher leur identité de femmes dans le cadre d'un milieu très masculin. Pratchett aurait pu simplement en rire mais il utilise ce début d'intrigue pour mettre en question le partage des tâches ainsi que le fonctionnement genré de la société. Il va même très loin quand on connaît le dénouement de l'intrigue.

Pratchett utilise aussi ce tome pour parler de politique étrangère. Je l'ai déjà dit (je crois), Ankh-Morpork ressemble beaucoup aux USA. C'est une ville qui possède une grande puissance économique et une identité culturelle forte qui est exportée dans le monde entier. Par contre, la ville ne possède pas d'armée très importante. Vimes est ici l'incarnation de la puissance étrangère qui décide de se mêler des affaires d'autres pays pour des raisons monétaires. D'ailleurs, Vimes n'est jamais capable d'user de l'excuse officielle et éclate de rire avant de la terminer: libérer les peuples opprimés. Face à cette ingérence, Borogravia est l'exemple du petit pays qui n'est pas aussi avancé qu'Ankh-Morpork mais est fier de son histoire. Pour enrober tout cela, Pratchett ajoute un peu de réflexion sur la propagande, en particulier les journalistes de guerre. Après tout, ce n'est qu'une variante du grand thème de Pratchett: la puissance des histoires et de la croyance en elles.

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**** Un tome plutôt bon qui réussit à se détacher de personnages envahissants et bien intégré au Disque-Monde.
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24/03/2017

The wee Free Men (Discworld 30, Tiffany Aching 1) par Terry Pratchett

Titre : The wee Free Men (Discworld 30, Tiffany Aching 1)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 29 avril 2004
Pages : 279

L'une des personnages dont on me parle depuis un bon moment apparaît enfin: Tiffany Aching. Tiffany est une jeune fille de 9 ans. Elle vit dans une bergerie avec sa famille constituée de beaucoup de sœurs et de son petit frère, le seul enfant mâle de la famille. Ses journées sont divisées par les travaux qu'elle doit accomplir pour sa famille et faire attention à son frère qui ne souhaite de la vie que de recevoir des friandises. Mais la vie sympathique de Tiffany va changer. En effet, les fées souhaitent revenir dans le monde. Les monstres commencent à prendre forme dans les forêts et les rivières tandis que son petit frère est enlevé. Mais Tiffany n'est pas une simple petite fille de 9 ans. Elle est une sorcière de 9 ans (bien qu'elle ne soit pas entraînée). Et les sorcières n'apprécient pas lorsqu'on vole ce qui leur appartient.

Ce tome est un nouveau livre écrit à destination des enfants. Ainsi, Pratchett décide de parler des histoires et des contes de fées. Il utilise tout ce que l'on connaît et que les enfants connaissent et montre pourquoi ces histoires sont bêtes. Pendant qu'on y est... autant utiliser un personnage du même âge que le public cible. Mais l'intrigue n'est pas aussi simple. J'ai l'impression que, derrière l'aventure et la quête, Pratchett parle de deuil. Tiffany a perdu sa grand-mère récemment. Celle-ci est pourtant très présente dans le récit et dans la vie de Tiffany. À plusieurs reprises, l'intrigue s'arrête pour expliquer de quelle manière la Grand-Mère aurait réagi face à des événements précis qu'ils soient des injustices ou de simples soirées jusqu'au climax du livre.

Malheureusement, je n'ai pas exactement apprécié ce livre. Je l'ai trouvé trop facile. Comme si Tiffany ne pouvait pas échouer. Mais il est possible que ce soit voulu. Peut-être est-il plus intéressant de penser le personnage de Tiffany comme un personnage en construction durant l'intrigue. Au début du livre, Tiffany Aching ne sait rien ni ne comprend rien, elle agit selon ce qu'elle pense juste. Elle ne fait que suivre son instinct. L'intrigue lui permet de mettre en doute ce qu'elle pense savoir et de découvrir non seulement l'identité de sa famille mais aussi ce qui est réel, l'identité de son ennemi et surtout sa propre identité. À mon avis, le livre est un moyen facile de créer Tiffany. Mon problème est donc dû au fonctionnement même du tome. Ce qui explique pourquoi j'ai, d'un seul coup, énormément apprécié la fin du livre. Tiffany est enfin créée.

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*** D'un côté j'ai trouvé ce tome laborieux... de l'autre il crée un personnage qui pourrait donner un nouveau souffle au cycle des sorcières.
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23/03/2017

Night Watch (Discworld 29, City watch 6) par Terry Pratchett

Titre : Night Watch (Discworld 29, City watch 6)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 480

La garde est en alerte. Un tueur, Carcer, parcoure les rues de la cité. La garde est habituée aux assassin-e-s qui suivent un code et sont parfaitement à l'aise dans le cadre d'une soirée entre personnes civilisées. Mais un tueur c'est autre chose. Surtout que celui-ci tue des gardes. Il tue et en rit. Clairement, il est fou et sa disparition ne peut que rendre le monde un tout petit peu plus sûre pour toutes les autres personnes et surtout celles qui se trouvent à moins de 50Km de Carcer. Heureusement, Carcer est piégé aux alentours de l'Université Invisible. La nuit tombe et l'orage tonne alors que Vimes se lance à la poursuite après avoir laissé sa femme accoucher seule. Vimes, un tueur, de la magie et un orage? Cela n'augure rien de bon... Soudain, Vimes se réveille sur un lit à Ankh-Morpork plusieurs décennies dans le passé lors des heures les plus sombres de la ville.

Enfin! Enfin j'ai atteint le tome dont on me parle depuis le début! Le tome qui est censé montrer à quel point Pratchett peut être génial quand il écrit. Et ce tome est dense, très dense. Les livres faisant parties du cycle de la garde parlent souvent de gouvernement. Mais aucun, à mon avis, n'en a parlé aussi bien que celui-ci. Pratchett décide de placer Vimes dans une ville en proie à un Patricien devenu fou après une tentative de meurtre (je te vois Néron!). La ville est donc en proie à la peur devenue folie de son leader. Celle-ci est tellement importante que toutes personnes un peu en dehors de la loi deviennent suspectes de trahison et de rébellion. Bien entendu, une telle politique crée, automatiquement, des rebelles. Et là Pratchett décide de devenir très sombre. Il aurait été possible d'écrire un tome qui célèbre la beauté de la rébellion face à l'injustice. Certains personnages sont dans cette idée. Mais Vimes permet à Pratchett d'exprimer une pensée très cynique de la vie politique. Les rebelles sont simplement des personnes qui veulent survivre et qui se trouvent embarquées dans les évènements. Pire, les personnes à la tête des rébellions ne sont pas forcément, et même jamais, meilleurs que les tyrans. Bref, comme le dit Vimes, les rébellions ont tendance à rapidement recréer ce qu'elles critiquent. Pratchett crée même un personnage spécifiquement pour incarner cette idée!

Le cycle de la garde est aussi l'occasion de parler de la police et du fonctionnement de la justice. La garde, depuis le premier tome du cycle, est passée d'un corps corrompu et impuissant à une véritable force publique capable d'arrêter le Patricien sans même sourciller. Comme je l'ai déjà dit, Vimes est l'incarnation de ce changement puisqu'à chaque hausse de l'importance de la garde Vimes gagne en stature politique et publique. Là encore, ce tome traite ce thème à un point jamais atteint auparavant dans le cycle. Les idées de Pratchett sont tout simplement trop nombreuses pour réussit à toutes les résumer. Je pense que l'envoi de Vimes à une époque durant laquelle la garde est un ramassis de personnes corrompues est une très bonne idée. Après plusieurs tomes qui ont développé la garde voir ce qu'elle était permet de créer un choc à la personne qui lit et de mieux traiter le tome. De plus, Pratchett place une seconde garde face à la Night Watch: les Cable Street Particulars. Il faut lire avec attention ce qu'est ce groupe. Ce sont des policiers qui surveillent, vivent en secret et refusent de donner leurs identité. Leur rôle est de trouver les rebelles ou les personnes dangereuses et de les emprisonner puis de les écouter. Le fonctionnement de cette police secrète coupable de torture pourrait être utilisée par beaucoup de monde dont certain-e-s candidat-e-s à certaines hautes fonctions politiques. Je me suis particulièrement intéressé à leur chef qui personnifie Cesare Lombroso et sa thèse du criminel né. Un homme intelligent incapable de comprendre que ses idées n'ont aucune place dans le fonctionnement pratique du monde. Bref, lisez Night Watch c'est un très bon tome et l'un des plus riches.

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***** Probablement le meilleur tome à l'heure actuelle. Ce tome continue sur le tournant bien plus sombre que prend Discworld.

Image: Site officiel

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19/03/2017

The amazing Maurice and his educated rodents (discworld 28) par Terry Pratchett

Titre : The amazing Maurice and his educated rodents (discworld 28)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 26 mai 2011
Pages : 288

Nous connaissons tous et toutes l'histoire. Une ville est envahie par les rats. Les habitant-e-s et les autorités décident de faire appel à un être de légende: le joueur de flûte. Et celui-ci, après quelques aventures, s'occupe des rats. On apprend qu'il faut toujours payer la personne qui joue de la flûte. Mais ne pourrait-il pas y avoir un peu plus de substance à l'histoire? Et si, au lieu d'un homme si talentueux que sa flûte contrôle les rats, il y avait un homme qui suit les ordres des rats? Un homme qui se contente de jouer après que les rats aient fait croire à une invasion? On pourrait faire pas mal d'argent avec une idée de ce genre!

Au final, ce tome 28 continue dans la lignée du précédent: un livre destiné aux jeunes. Ici, Pratchett brode sur une histoire bien connue des personnes qui lisent les frères Grimm. Cet ajout est assez réussi et on se prend à trouver logique que le flûtiste soit membre d'une petite troupe de voleurs (même si celle-ci est constituée de rats et d'un chat). Pratchett utilise un thème qu'il apprécie: l'importance d'une bonne histoire. Si l'histoire est bien racontée avec une fin acceptable tout le monde va l'accepter. Deux personnages incarnent cette idée. Le premier est Maurice. Le chat, malgré son ironie, sait que la survie du groupe dépend du bon fonctionnement de l'histoire qui va être vendue aux villes et villages traversés. Malicia, elle, est une experte en histoires. Elle connait leur fonctionnement et elle s'attend à ce que certaines choses suivent un certain code narratif (et, de manière surprenante, c'est le cas). Au final, ce tome nous parle de l'importance d'une bonne histoire non seulement pour la vie de tous les jours mais aussi pour tenir une ville, ou un pays, face aux incertitudes de l'avenir. Jusqu'à ce que l'histoire devienne la réalité.

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*** Un tome sympathique mais vite oublié.
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18/03/2017

The last Hero (Discworld 27, Rincewind 7) par Terry Pratchett

Titre : The last Hero (Discworld 27, Rincewind 7)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Gollancz 13 septembre 2007
Pages : 176

Cohen le barbare s'ennuie. Il a réussi à prendre le contrôle d'un continent entier avec seulement quelques compagnons aussi âgé que lui. Son gouvernement est un souffle de liberté après les horreurs des anciens empereurs. Mais l'Empire envoie un message au Patricien. Ce dernier prévient le reste du monde en quelques heures. Cohen, le nouvel empereur, est parti après avoir kidnappé un barde. Il semble que Cohen ait décidé qu'une dernière chevauchée serait un bon moyen de réparer un vieux problème entre les divinités et les humain-e-s. Cohen compte rentre le feu, avec des intérêts. Et cela pourrait bien amener la fin du monde. Une dernière mission est mise en place pour arrêter l'homme le plus connu du Disque-Monde. Trois personnes sont choisies: Leonard de Quirm, Carrot et Rincewind qui préfère venir de son plein gré plutôt que de se retrouver mêlé aux événements par un hasard des plus suspects.

Ce tome 27 a été écrit pour des enfants et ça se voit. Ce n'est pas une question de taille mais d'intrigue. Contrairement à certains autres tomes, celui-ci laisse de côté une bonne partie de l'ironie à laquelle on était habitué. Le résultat est navrant en ce qui concerne les personnages. Leonard n'a jamais vraiment été développé mais Carrot est simplement un homme avec des muscles et une épée tandis que Rincewind perd tout ce qui fait son charme malgré la qualité bien moindre de la plupart des intrigues qui le mette en scène. Le Patricien reste un peu plus drôle que la moyenne avec une vision particulière du fonctionnement de l'Université Invisible. Bien entendu, on pourrait dire que ce tome parle de la Mémoire. Celle qui permet à des personnes de se lancer dans des idées ou des quêtes pour devenir immortel dans des sagas (et des livres d'histoire). Mais je trouve que cette idée est assez mal mise en place. On ne comprend que tardivement ce qui se déroule et il me semble que les évènements ne font que se suivre pour le plaisir d'exister sans s'insérer dans l'intrigue.

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** Il suffit de m'imaginer en train de bailler. Au moins il se lit rapidement.
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Image: Site officiel

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The thief of time (Discworld 26, Death 5) par Terry Pratchett

Titre : The thief of time (Discworld 26, Death 5)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 10 octobre 2013
Pages : 432

Les Auditeurs sont de retour. Illes ont échoué à mettre Mort à la retraite. Illes ont échoué à tuer le Père Porcher. Mais illes n'abandonnent pas! Cette fois leur problème est administratif. En effet, contrairement à un certain politicien français, les Auditeurs aiment l'administration. Illes adorent créer des fichiers, avoir des régulations et suivre les ordres et ce depuis la naissance de l'univers. Malheureusement, il existe une chose dans l'univers qui détruit tout sens de l'ordre. Une horreur qui se retrouve dans tous leurs cauchemars. Dans l'univers il y a de la vie. Et la vie a une tendance à être chaotique. Le pire ce sont ces humain-e-s qui sont, non seulement, l'incarnation du chaos mais aussi des créateurs de concepts incompréhensibles. Pour arrêter tout cela les Auditeurs décident de mettre fin au Temps. Mais les 5 cavaliers de l'apocalypse se soulèvent et leurs alliés sont un balayeur, son apprenti, Susan et une boite de chocolat.

Je suis triste. Je pensais que, enfin, j'aurais pu lire un Death que je puisse apprécier. Après tout, ce tome a tout pour plaire. Des moines qui en savent moins sur la sagesse ancestrale qu'un balayeur, un jeune homme à la destinée intéressante, du chocolat et surtout Susan Sto Hellit. En plus, Death n'est finalement pas central à l'histoire. Il est présent mais il se contente de lancer l'intrigue. Au moins on ne le retrouve pas en dehors de son rôle traditionnel comme la majorité du cycle. En parlant de Susan, son personnage continue à s'améliorer tout en gardant son identité majeure. Elle est logique, elle est éduquée et elle sait comment traiter les enfants. Ses scènes en tant que professeure d'une école sont très bien écrites et, à mon avis, la meilleure partie de ce roman. J'ai aussi bien aimé la description des Auditeurs et les conséquences de leur incarnation. Cependant, au final je n'ai pas grand-chose à dire. Je n'ai pas apprécié ce tome que je trouve à la fois lent et long et sans véritable ajout pour le Disque-Monde. Le cycle de Death continue à ne pas me plaire.

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** Je me suis ennuyé, malgré Susan et ses aventures dans une classe d'enfant.
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13/03/2017

The truth (Discworld 25, Industrial revolution 2) par Terry Pratchett

Titre : The truth (Discworld 25, Industrial revolution 2)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 10 octobre 2013
Pages : 448

Il y a longtemps, les citoyen-ne-s d'Ankh-Morpork ont eu l'idée de graver des pages pour faire plusieurs copies d'un même document. La technologie n'avait pas été développée de manière plus importante car de nombreuses personnes et guildes voyaient d'un mauvais œil un accès trop important à l'écriture. Après tout, que deviennent les mots sacrés et les formules magiques quand on peut les réutiliser pour un livre de cuisine? Mais le centenaire de la roussette se termine. Il est temps pour la ville d'entrer dans la modernité. Et, justement, des nains ont trouvé le moyen d'inventer l'imprimerie! Ils comprennent à peine ce qu'ils ont créé qu'un certain William se demande s'il ne pourrait pas utiliser ce nouvelle instrument pour écrire une petite feuille de nouvelles. Il pourrait l'éditer une fois par jours et même payer des gens pour y écrire! C'est ainsi que le plus grand cauchemar de François Fillon arrive sur le Disque-Monde: la presse libre est née! Et il est plus que l'heure d'une telle presse. Car le patricien est accusé de tentative de meurtre. Mais les faits semblent mener à d'autres personnes.

Qu'est-ce que la vérité? Comment l'atteindre et surtout comment la reconnaître? Pratchett se lance, dans ce tome 25, dans l'examen du quatrième pouvoir. Honnêtement, il réussit à examiner et décrire ce qu'est la presse. Pour cela, il crée un personnage venu des couches sociales supérieures, intelligent, qui essaie de ne pas être son père et qui aime écrire mais surtout qui veut, à tous prix, trouver la vérité. La manière dont son idée de lettre envoyée à quelques personnes se développe rapidement en un journal édité quotidiennement est très intéressante. En peu de pages, le journal est créé, les journalistes arrivent, la concurrence est lancée et le journalisme d'investigation se forme malgré les critiques de la garde. Mieux que ça, Pratchett montre que la publicité est un bon moyen de vérifier et de stopper ce que font les personnes puissantes tout en expliquant que les personnes qui fondent, ou possèdent, les journaux ne sont pas des membres des classes populaires.

Mais ce livre est aussi très pessimiste. Oui, le journal de William s'intéresse à la vérité, publie des enquêtes, cherche les sources et n'hésite pas à se corriger si nécessaire tout en trouvant des tournures de phrases qui permettent d'éviter de mentir tout en ne donnant pas toute la vérité. Mais, Pratchett décrit aussi les problèmes de la presse en créant une concurrence. Le journal concurrent, un 20 minutes d'Ankh-Morpork, ne se soucie pas de recherches ou de sources. Il se contente d'écrire ce qui lui a été rapporté sans essayer de vérifier. Et Pratchett décide de montrer que non seulement ce concurrent se vend mieux mais que, en plus, il intéresse bien plus les lecteurs et lectrices. Comment le dit Pratchett à la fin du livre: il y a ce qui intéresse les gens et ce qui est important pour les gens. Malheureusement, selon l'auteur, ce qui est important n'intéresse pas et n'est pas lu. Mais cela implique-t-il qu'il n'y a pas de conséquences?

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***** Un livre réussi, bien écrit mais aussi pessimiste. Ce tome ajoute encore un peu plus de richesse au Disque-Monde et c'est une très bonne chose.

Image: Site officiel

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12/03/2017

The fifth elephant (Discworld 24, city watch 5) par Terry Pratchett

Titre : The fifth elephant (Discworld 24, city watch 5) par Terry Pratchett
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 10 octobre 2013
Pages : 464

Les nains ont une vie politique un peu étrange. Les rois sont des ingénieurs un peu plus élevés que les autres et on n'en sait pas beaucoup plus. C'est donc une surprise pour Sam Vimes d'apprendre qu'il est envoyé au couronnement du nouveau roi des nains. Son rôle semble être moins de gouverner que de prendre des décisions juridiques. Mais il est essentiel pour définir ce qu'est un nain. Ainsi, le patricien envoie Sam Vimes, en tant que Duc d'Ankh-Morpork, dans le pays d'Überwald. Uberwald est une contrée forestière, sans véritables lois et avec plusieurs facteurs adverses qui tentent de prendre plus ou moins de contrôle dans le cadre d'une entente séculaire. Malheureusement, l'entente est contestée par une faction particulière: la famille d'Angua. Et Sam Vimes, comme à son habitude, se trouve embourbé dans une histoire qu'il ne comprend pas. Mais il soupçonne quelque chose. Un crime a probablement eu lieu et il est de son devoir de le résoudre avec diplomatie et un Troll armé d'une arbalète de siège.

Avec les Sorcières, la garde est mon cycle préféré. Les personnages sont très réussis, les situations à la fois drôle et intéressante à comprendre et Pratchett ne se prive pas d’asticoter le fonctionnement de notre société, ses lois et ses juges. Dans ce tome, Pratchett s'attaque à beaucoup de choses. On retrouve une ambiance faussement gothique, de vastes complots et des personnes ordinaires victimes des personnes qui se croient importantes. L'une des idées qui traverse le tome est celui de la modernité face à la tradition. Ankh-Morpork est qualifié de phare de la civilisation. Les idées nouvelles y fleurissent et ce tome 24 introduit les Clack qui permettent une communication rapide entre des villes éloignées. Ankh-Morpork est aussi une ville multiculturelle qui accepte les différences des individus et des groupes. Il n'est donc pas étonnant que de nombreux peuples y viennent tout en gardant des liens avec leurs origines. Face à cela, Pratchett décrit Überwald, une contrée qui ne connait pas encore de lois mais la tradition. Toutes les factions que rencontre Sam Vimes essaient de garder un lien avec le passé. C'est particulièrement vrai en ce qui concerne les loups-garous dont le souhait de garder la tradition permet de justifier un nouvel ordre plaçant des races supérieurs au-dessus de races inférieurs (franchement, l'analogie est transparente...).

Mais Pratchett pose aussi la question du changement. Celui-ci existe-t-il vraiment? L'intrigue du livre se résout à l'aide de cette question. Bien que la fin ouvre vers un changement elle le fait en défendant une forme de permanence symbolique. Oui, tout change, mais cela implique-t-il que la modernité est différente du passé? Et j'ai l'impression que Pratchett s'est bien amusé à donner la réponse à l'énigme qui ouvre le livre à l'aide d'un groupe particulier: les Igors. Igor est un être qui est en constant changement, mais il se modifie à l'aide des objets du passé qu'il réutilise et réarrange selon son bon plaisir. Je crois que Pratchett s'est bien amusé à placer la réponse sous notre nez.

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***** La garde est un cycle que j'apprécie encore et toujours avec des personnages toujours aussi attachant! Malheureusement, cette journée est aussi l'anniversaire de la mort de Terry Pratchett. Deux ans ont déjà passé.

Image: Site officiel

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10/03/2017

Carpe Jugulum (Discworld 23, Witches 6) par Terry Pratchett

Titre : Carpe Jugulum (Discworld 23, Witches 6)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 10 octobre 2013
Pages : 416

Le royaume de Lancre se prépare à prendre part à de sérieuses réjouissances. En effet, le roi et la reine ont une enfant. La petite n'a pas encore de noms mais ce petit problème fait partie du rituel normal. Le roi a même demandé à un prêtre d'Om de venir baptiser sa fille. La reine, elle, a décidé de donner le nom de Granny Weatherwax à l'enfant. Bref, tout ira bien alors que les riches mangent de petits plats avec de l'alcool et que les pauvres s'amusent avec de la bière et de la vraie nourriture! Malheureusement, le roi a plein d'idées pour aider Lancre. Et l'une de ces idées est d'inviter les voisin-e-s d'Uberwald pour fêter la naissance. Bien que, diplomatiquement parlant, ce pourrait être une bonne idée le roi a oublié que la famille dirigeante d'Uberwald est composée de vampires. Il ne faut pas plus de quelques heures pour que les vampires prennent le contrôle de Lancre. Malheureusement pour elleux, les sorcières décident de s'intéresser aux vampires... un intérêt qui pourrait bien être mortel.

Encore une fois, les sorcières réussissent à me plaire (malgré un tome précédent un peu faible...). Il se passe beaucoup de choses dans ce livre. Pratchett se moque beaucoup des vampires tout en essayant d'expliquer pourquoi il est important de rester classique. Je pense aussi que le thème principal de Pratchett, dans ce tome, est la foi. Et, plus précisément, la foi en l'importance religieuse de certains objets et rituels. Ainsi, les vampires du livre réussissent à passer outre leur foi que certains objets peuvent leur faire du mal. Oublier leur croyance en la puissance de ces objets leur permet d'y survivre. En parallèle, le prêtre d'Om montre un voyage différent. Oats est un homme d'Eglise qui doute car il en sait trop. Bien qu'il connaisse les rituels et les objets il n'arrive pas à différencier la vérité des mensonges. Ce n'est qu'en oubliant l'importance des objets qu'il retrouve une forme de certitude puis de foi. Personnellement, je trouve ce personnage intéressant et j'aimerais bien le retrouver plus tard.

On retrouve aussi la question de Granny Weatherwax. Lors du dernier tome du cycle, j'avais l'impression que l'identité de Granny allait rapidement se poser à nouveau. Ce nouveau livre me donne raison. Terry Pratchett place son personnage face à ce qu'elle est vraiment. Granny est-elle une personne fondamentalement mauvaise ou fondamentalement bonne? Les décisions qu'elle prend  sont-elles mauvaises ou bonnes? À plusieurs reprises, Granny est confrontée à ces questions et au poids que cela implique pour son esprit. Au final, Granny fait partie de ces personnages qui ont conscience de leur tendance à vouloir faire du mal. Ces personnages savent quelle est leur identité et décident de placer tous leurs efforts pour éviter de tomber dans ce qu'illes considèrent comme mauvais. Ce qui permet à Granny d'expliquer à partir de quel moment débute la mal. Et je suis d'accord avec elle.

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***** Encore un livre du cycle des Sorcières que j'apprécie!

Image: Site officiel

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06/03/2017

The last continent (Discworld 22, Rincewind 6) par Terry Pratchett

Titre : The last continent (Discworld 22, Rincewind 6)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 février 2006
Pages : 416

Rincewind n'aime pas voyager. Il souhaite vivre tranquillement chez lui, se rendre sans soucis à son travail d'adjoint au libraire et manger sans être interrompu par une catastrophe. Rincewind n'a pas de chance. Depuis le début de la série il est ballotté entre toutes les différentes nations du Disque-Monde au point de se retrouver non seulement dans des lieux particulièrement dangereux mais aussi au sein de royaumes oubliés. Après s'être rendu dans l'Empire Agatéen, et avoir aidée une révolution sans le vouloir, Rincewind se retrouve sur un continent oublié et inconnu: XXXX. Il y fait chaud, l'eau est rare (mais la bière est abondante), les locaux sont sympathiques et tout ce qui bouge semble vouloir le tuer. Une après-midi ordinaire pour Rincewind. Malheureusement, il se retrouve embarqué, encore une fois, dans une quête dont le but est de sauver le monde et ses habitant-e-s.

Je suis plutôt déçu du cycle de Rincewind. La majorité des livres ne m'ont pas plus. Le seul que j'apprécie et Interesting Times. Donc, je suis rentré dans ce tome 22 avec une certaine crainte. Je me demandais si ce tome retomberait dans les travers précédents ou si Pratchett avait réussi à atteindre ce qui fonctionnait dans Interesting Times. Ce livre ne réussit ni à être aussi bon qu'Interesting Times ni à être aussi difficile à lire que les autres Rincewind. En fait, j'ai l'impression de retrouver le problème principal de Maskerade. Les personnages, et l'intrigue, avancent tout seul comme sous l'effet d'une écriture automatique. Les situations fonctionnent, Pratchett crée un continent qui ressemble fortement à l'Australie et en rigole un peu, les personnages suivent ce qu'illes sont sans accrocs. Mais un livre qui fonctionne n'implique pas un bon livre. A la lecture, je me suis contenté de suivre l'intrigue sans vraiment m'y sentir impliqué tout en comprenant assez rapidement le nœud du problème. Au final, je suis assez content de l'avoir terminé pour pouvoir passer à autre chose. Si possible, un tome plus intéressant.

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*** Le livre fonctionne, mais il ne fait rien de plus
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Image: Site officiel

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04/03/2017

Jingo (Discworld 21, Citywatch 4) par Terry Pratchett

Titre : Jingo (Discworld 21, Citywatch 4)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 novembre 1998
Pages : 416

Ankh-Morpork est la ville la plus grande du Disque-Monde. Dans le passé, elle était à la tête d'un empire sans commune mesure dans l'histoire. Actuellement, Ankh-Morpork est une ville cosmopolite sans armée (mais qui possède les dettes de tous les pays voisins). Tout fonctionne plus ou moins bien dans une ville qui abrite tous les peuples du monde avec les envies de se taper dessus qui vont avec. Les guildes tiennent tout cela en place avec la garde de la ville de plus en plus puissante sous l'égide de Vimes. Cependant, au milieu de la mer qui séparer Ankh-Morpork de l'empire klatchien, une petite île sort des eaux. Un lieu particulièrement important stratégiquement parlant. Mais qui possède les droits sur ce territoire? Rapidement, les personnes de bonnes volontés laissent la place à des personnes en quête de gloire et tout le monde commence à parler de la nécessité d'une guerre.

Jusqu'à maintenant mon tome préféré était Small Gods. Bien qu'il reste bien haut dans la liste j'avoue qu'il a laissé la place à ce tome 21. Terry Pratchett a réussi un coup de maître. Non seulement l'intrigue est maîtrisée mais les situations et les dialogues sont hilarants! Et si cela ne suffisait pas, Pratchett réussit à traiter de nouveaux thèmes presque à la perfection.

L'un des thèmes traité est assez logique et déjà vu dans le cycle de la garde: les crimes, la vérité et la justice. Mais, bien plus important, la question se pose des crimes trop importants pour être vus et traités par la police. Durant le tome, plusieurs personnages insultent Vimes que ce soit en parlant de son intelligence, de son rôle de chien de garde ou encore son métier. En effet, le rôle de la garde est de faire en sorte que la ville fonctionne en paix et, pour cela, s'attaque aux incivilités et aux crimes. Mais que faire lorsque les criminels ne sont pas les pauvres et les impuissants mais les personnes en charge des décisions politiques. Pire encore, que faire lorsque ces mêmes hommes sont adorés par une population prête à les suivre? Si l'on lit un peu attentivement, on observe que la réponse de Pratchett tient en peu de mots: la publicité internationale et l'humiliation.

Ce qui me permet de parler du second thème qui me semble important: la guerre. Ou, plus précisément, les effets des discours guerriers sur la population. Ici, Pratchett décrit des patriotes, des guerriers, des généraux mais aussi des profiteurs et surtout des incompétents. Même le début du conflit est ridicule! Mais Pratchett montre qu'un conflit ridicule n'en a pas moins des effets importants. Il commence par décrire une ville en proie au racisme qui commence à s'en prendre aux personnes qualifiées d'ennemies simplement parce qu'elles viennent d'ailleurs (même lorsqu'elles sont nées sur place). Pratchett décrit la perte du pouvoir civil face au pouvoir militaire qui peut mettre en place des mesures illégales sans en répondre devant la loi, car le pouvoir militaire n'est pas celui des procédures mais celui des armes. Le tome permet aussi d'observer des personnes parfaitement ordinaires souhaiter se battre et devenir des soldats au nom d'un idéal patriotique. Il y a de nombreuses références, que ce soit Jules César ou encore les plumes blanches offertes aux lâches lors de la Première guerre mondiale. Pratchett écrit de très bonnes scènes qui touchent au cœur du problème tout en faisant rire.

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***** À mon avis, l'un des deux meilleurs tomes sur les 21 que j'ai lu pour l'instant.

Image: Site officiel

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02/03/2017

Hogfather (Discworld 20, Death 4) par Terry Pratchett

Titre : Hogfather (Discworld 20, Death 4)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 6 juin 2013
Pages : 432

Les Auditeurs de la réalité ont échoué à contrer La Mort une fois. Alors qu'ils pensaient l'avoir détruite elle est revenue plus puissante que jamais. Mais l'administration de l'univers n'en a pas terminé avec le Disque-Monde. Car, sur ce monde, il existe des êtres bien pires que les personnifications anthropomorphiques, des êtres pires que les plantes ou les animaux. Sur ce monde il existe des humain-e-s! Et les humain-e-s ont la faculté de croire, donc de créer dans un univers qui devrait, selon les Auditeurs, être en ordre et non soumis au chaos des croyances. Alors les Auditeurs décident de tenter quelque chose. Pourquoi ne pas demander aux humain-e-s de travailler contre leur propre capacité? Pourquoi ne pas leur demander de tuer un être immortel? Un certain homme avec un embonpoint et un habit rouge qui a l'habitude d'offrir des cadeaux lors de la plus courte des journées d'hiver par exemple.

Je l'ai déjà dit, le cycle de la Mort est loin d'être mon préféré. Je trouve que Pratchett a mis en place la même histoire avec quelques changements. Ce tome, par contre, est l'un de ceux qui ont été adapté en film et qui sont sortis en DVD. Je le connais donc assez bien et je le regarde de temps en temps. Mais que penser du livre?

Je n'ai eu aucune surprise. Le film est très fidèle envers la livre. Bien entendu, certaines scènes n'apparaissent pas mais une grande partie de l'intrigue est identique. Le problème, c'est que l'adaptation est celle que j'apprécie le moins. Je déteste, en particulier, Teatime (mais c'est probablement voulu) ainsi que les Sorciers que je trouve peu utiles. Ce problème se retrouve donc dans le livre qui laisse une large place à l'intrigue des Sorciers. Le tome décide aussi de s'attaquer directement à l'un des thèmes principaux de Pratchett: la puissance de la croyance. Malheureusement, ce thème était beaucoup mieux mis en scène dans Small Gods qui reste l'un de mes tomes préférés. Bref, je préfère vous conseiller Small Gods.

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*** Meilleur que les autres Death mais moins bon que Small Gods qui reste bien plus intéressant en ce qui concerne le traitement du thème de la croyance.
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Image : Site officiel

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26/02/2017

Feet of clay (Discworld 19, Citywatch 3) par Terry Pratchett

Titre : Feet of clay (Discworld 19, Citywatch 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 mai 1997
Pages : 416

Depuis l'arrivée de Carrot la garde a bien changé. Elle est passée d'une punition pour des personnes incompétentes dont la plus grande réussite est d'éviter un tragique accident aux voleurs qui pourraient se prendre une porte ou tomber dans la rue à une vraie force de sécurité publique. La garde est maintenant bien remplie de nombreuses personnes et races. Elle commence même à tenter de comprendre ce qui pourrait devenir un examen scientifique de choses qui pourraient être des indices. La garde aura bien besoin de ces nouvelles capacités. Des meurtres ont lieu et, semble-t-il, personne n'est coupable. Pire encore, le Patricien a été empoisonné. Le capitaine Vimes ne risque pas d'apprécier qu'on l'empêche de trouver la personne responsable puis de la punir.

Qu'est-ce que la vie? Est-ce naturel? Est-ce un don d'une divinité? Est-ce que l'on peut créer la vie? Plus précisément, les robots sont-ils des objets ou des êtres vivants. La question se pose dans de nombreuses œuvres de la SF. Bien entendu, on ne peut pas ne pas parler d'Isaac Asimov et de son énorme production autours des robots. On retrouve une partie de l'idée des lois de la robotique avec le parchemin qui permet aux golems de Pratchett de penser. Battlestar Galactica est, en partie, créée autour de la différence entre une forme de vie artificielle, les cylons, et une forme de vie naturelle, les humain-e-s. À la fin (spoiler alert), on apprend que la différence n'est pas si importante qu'on ne le pensait. Et nous avons aussi cet énorme univers qu'est Star Wars. Je suis très perturbés par les robots de Star Wars qui semblent bien plus en vie qu'on ne le croit. Y aurait-il une forme d'esclavage dans Star Wars? Nous retrouvons cette idée dans ce roman. Les golems sont montrés comme des êtres qui acceptent tout travail sans se plaindre. Ils sont utilisés pour des travaux difficiles et dangereux qui tueraient un être humain. Ils sont vendus et possédés et ne peuvent pas parler. Pourtant, ils sont détestés à cause de leur manière d'être, de leur supposée stupidité (qui cache un ordre mal expliqué de la part des humain-e-s) et de l'idée qu'ils volent les emplois des gens. D'une certaine manière, on pourrait penser que ce roman décrit surtout la lutte en direction de sa propre liberté d'un golem.

Comme cela est l'habitude dans le cycle de la garde la question de la justice et de la vérité est aussi posée. La garde, lors du premier tome du cycle, est un ramassis de personnes incapables, détestées et qui n'ont pas eu d'autres choix que d'y entrer. Depuis l'arrivée de Carrot, la garde change vers une direction beaucoup plus centrale dans le fonctionnement de la société. L'importance grandissante de la garde est parallèle à la stature sociale de son commandant qui devient l'une des principales de la guilde des assassins. Ce qui compte pour Vimes, et la garde, est la justice et la vérité. Vimes fera tout son possible pour atteindre une fin qu'il estime convenable et se fâchera avec autant de personnes que possible pour trouver la vérité. D'une certaine manière, il montre pourquoi une police est nécessaire dans une ville. Il permet aussi de montrer qu'elles sont les personnes qui méritent vraiment de voir un policier leur poser des questions. À plusieurs reprises, Vimes accepte des petits crimes de la part de personnes pauvres pour mieux s'attaquer à des personnes riches qui se pensent en sécurité grâce à leur position et à leur pouvoir. La seule chose qui empêche Vimes de réussir à brûler la moitié des nobles de la ville est le Patricien (ainsi que la loi dans une moindre mesure).

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**** Comme souvent, le cycle de la garde fonctionne bien et ce tome ne déroge pas à la règle
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Image : Site officiel

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25/02/2017

Maskerade (Discworld 18, Witches 5) par Terry Pratchett

Titre : Maskerade (Discworld 18, Witches 5)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 6 juin 2013
Pages : 384

Que faire lorsque l'on s'ennuie? Il existe plusieurs réponses à cette question selon la personne à laquelle elle est posée. Agnes Nitt, par exemple, décide de se faire nommer Perdita X et de se rendre à Ankh-Morpork. Elle y découvre un lieu destiné exclusivement à l'opéra. Heureusement pour elle, il se trouve qu'elle est une très bonne chanteuse. Elle décide, naturellement, d'entrer dans l'opéra et de tenter sa chance. Mais elle n'est pas aussi populaire qu'une autre chanteuse bien qu'elle soit bien meilleure. Pire encore, il semble que l'opéra soit hanté par un fantôme qui apprécie particulièrement les meurtres. En ce qui concerne Granny Weatherwax, elle cherche à passer outre l'ennui. Et pour cela elle décide que les affaires des autres la concernent. Par exemple, pourquoi ne pas redresser une injustice financière commise par un éditeur d'Ankh-Morpork? Et si, par la même occasion, elle décide de s'occuper d'un fantôme ce ne serait que coïncidence.

J'ai apprécié une grande partie du cycle des Sorcières. Elles ont toutes une personnalité attachante qui fonctionnent assez bien. Le cycle est particulièrement réussit car les sorcières sont simplement des personnes un peu plus intelligentes que les autres qui utilisent une bonne dose de ruses pour arriver à leurs fins. Mais, ce roman ne fonctionne pas aussi bien que les autres. Les situations me semblent un peu trop faciles comme si Pratchett se contentait de laisser les personnages fonctionner sans trop se poser de questions. Mis à part cela, je pense que la parodie est assez facile à comprendre.

Cela dit, j'ai l'impression que le thème de ce roman pourrait avoir des répercussions plus lointaines. En effet, à mon avis, ce qui importe dans ce tome est l'idée d'identité. Le fantôme n'est qu'une identité qui se révèle au monde. La personne qui se trouve derrière me masque n'est pas identique à la personne qui le porte. D'une certaine manière, le masque est ici un révélateur de vérité. Parallèlement, il semble que Granny ait des problèmes avec son identité. Elle devient, progressivement, l'un des personnages les plus puissants de l'univers du Disque-Monde. Granny en est consciente et se rend compte qu'il lui serait facile de punir et agir dans l'impunité. Mais elle souhaite rester Bonne tout en souhaitant être Mauvaise. Je me demande comment son personnage va tourner dans les futurs tomes.

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*** Un tome intéressant mais que j'ai moins apprécié
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Image : Site officiel

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22/02/2017

Interesting times (Discworld 17, Rincewind 5) par Terry Pratchett

Titre : Interesting times (Discworld 17, Rincewind 5)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 octobre 2005
Pages : 432

Après une désastreuse aventure touristique, le retour d'un sourcier, son bannissement dans les enfers suivis de son retour par l'invocation d'un jeune homme Rincewind jouit d'une petite pause bien méritée sur une île paradisiaque, bien pourvue en poissons et en noix de coco et, surtout, sans que personne ne puisse le retrouver. Il n'y a qu'une seule chose qui manque: des patates. Mais nous parlons de Rincewind. Ce bon moment ne peut que se terminer de manière abrupte à l'aide d'un sort lancé par les magiciens de l'Université de l'Invisible. Il semble que les divinités aient décidé que ce moment serait proche. Car Ankh-Morpork a besoin de Rincewind. L'Empereur du continent perdu Agatéen a envoyé une missive au patricien. L'Empire réclame un magicien. Et pourquoi ne pas envoyer le pire d'entre-eux? Ce n'est pas comme s'il pouvait revenir.

Aurais-je enfin trouvé un tome du cycle de Rincewind que j'apprécie? Il semblerait que ce soit enfin le cas! Après quatre tomes voici, enfin, un livre que je trouve intéressant avec Rincewind à l'intérieur! Non seulement les personnages sont drôles et plutôt bien amené mais les situations le sont tout autant. De plus, on retrouve Two Flowers et sa magnifique naïveté ainsi que Cohen et ses solutions aussi simple que directes.

Pratchett utilise un certain nombre de thème dans ce livre comme le bon gouvernement, les révolutions et la civilisation. Celui qui m'a le plus parlé est un thème récurrent dans le Disque-Monde: l'importance de la croyance en une histoire. En effet, l'intrigue de ce tome repose sur une histoire. Celle des deux premiers tomes du Disque-Monde. Et, surtout, leur effet sur une civilisation fermée qui ne connaît pas l'extérieur. En effet, Two Flowers, après être rentré, a décidé d'écrire un récit sur son voyage. Mais alors que l'Empire Agatéen est décrit comme extrêmement codifié le reste du Disque est très chaotique. Ainsi, le livre de Two Flowers devient une sorte de livre rouge, banni par le pouvoir et donc possédé par tout le monde. Ce thème est encore développé lors de la dernière confrontation alors que Rincewind décide de créer une histoire. La propagande y est décrite comme un moyen certain de détruire une armée. Plus important encore, ce n'est pas de créer une histoire qui importe mais de refuser son existence. En effet, expliquer la réalité est plus difficile que de nier l'existence de cette même réalité. Alors que Rincewind invente une rumeur elle est relayée par des personnes à sa solde qui lui permettent de devenir importante en niant sa réalité (très fort, souvent et surtout en étant très inquiet). Rapidement, il devient impossible pour les autorités en charge de gérer le problème puisque nier la réalité de la rumeur revient à lui donner du crédit. Ça ne vous rappelle rien?

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**** J'attends ça depuis longtemps, un Rincewind que j'apprécie!
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Image : Site officiel

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19/02/2017

Soul music (Discworld 16, Death 3) par Terry Pratchett

Titre : Soul music (Discworld 16, Death 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 mai 1995
Pages : 384

La Mort est triste. Sa fille adoptive, ainsi que le mari de cette dernière, sont mort-e-s. Illes laissent derrière eux une jeune fille, Susan, qui se trouve actuellement dans un internat afin de recevoir une éducation avant de se marier. Mais la Mort ne se remet pas de la mort de deux des personnes le plus proches de lui. Mort souhaite oublier et pour cela il existe une grande variété de méthodes. Alors Mort décide de laisser les choses en plan et de tenter d'oublier aussi bien le passé que le futur. Mais cela va-t-il vraiment fonctionner. Et, pendant ce temps, Susan se trouve obligée de remplir les devoirs de son grand-père. Mais elle n'aime pas le fonctionnement naturel des choses. Celui-ci est bien trop illogique. Alors elle décide de sauver quelqu'une. Une personne qui n'est pas vraiment importante, un simple musicien. Mais celui-ci est sauvé par la musique avant que Susan ait eu le temps d'agir.

Il y a eu trois romans sur la Mort. Dans les trois romans la mort décide de partir sans prévoir de remplacement. On pourrait croire que l'univers aurait prévu quelque chose après la seconde catastrophe... Bref, j'ai l'impression que les romans sur Mort sont toujours basés sur le même sujet. Mort part, un-e remplaçant-e est prévu-e mais rend les choses pires qu'elles le sont, Mort revient et remet en marche tout le système après en avoir appris un peu plus sur l'humanité. Au bout de trois livres on commence à comprendre comment tout cela tournera.

Ce tome est aussi l'occasion de parler de musique. Encore une fois, Pratchett inclut dans son univers un concept qui n'est pas censé s'y retrouver. Ce fut le cas pour le cinéma et c'est aussi le cas ici puisque le Rock and Roll occupe la scène du Disque-Monde. Cela permet de se moquer un peu de tout ce qui entoure l'industrie musicale des groupes aux fans en passant par les agents. Bien que ce ne soit pas mauvais j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire et je me suis un peu ennuyé. Il y a de bons moments mais trop peu nombreux à mon goût.

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*** Pas aimé, tout simplement. Mais je ne peux pas qualifier le livre de mauvais.
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Image : Site officiel

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18/02/2017

Men at arms (discworld 15, Citywatch 2) par Terry Pratchett

Titre : Men at arms (discworld 15, Citywatch 2)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 14 février 2013
Pages : 432

La garde, qu'elle soit de jours ou de nuit, n'est pas l'institution la plus appréciée d'Ankh-Morpork. Les guildes sont parfaitement capables de faire en sorte que leurs membres acceptent les règles et le rôle de la garde s'est réduit à hurler les heures dans les rues de la ville. Mais, récemment, la garde a été capable de lutter contre un dragon malgré le peu de membres. Le Patricien a donc décidé qu'il pourrait être intéressant d'ajouter quelques recrues. C'est ainsi que Detritus, un troll, Cuddy, un nain, et Angua, une loup-garou, rejoignent les rangs de la garde. Le problème c'est que les trolls et les nains, pour une raison obscure, se détestent et que personne n'a confiance envers les humains surnaturels. Leur arrivée dans les rangs des gardes risque bien de créer de nombreuses tensions. Et quand un meurtre a lieu à l'aide d'un instrument inconnu la ville pourrait bien connaître une émeute.

Un thème mineur concerne les armes à feu. Celles-ci sont inconnues dans le Disque-Monde mais un personnage qui n'est pas du tout basé sur Leonardo da Vinci a inventé un fusil. Pendant une bonne partie du livre cette arme n'est pas vraiment montrée. Ce n'est que par petites touches que Pratchett explique ce qu'il en pense. Une arme à feu peut donner une impression de puissance dangereuse. Les personnages qui tiennent le fusil sont décrit comme ayant perdu une partie de leur capacité de décision au profit de l'impression de puissance. Ce thème s’inscrit d'ailleurs assez bien dans l'importance que Pratchett donne à la croyance dans son univers.

Le second thème, bien plus central, est celui du racisme. Et Pratchett commence par imposer l'entrée de "minorités" dans la garde soit deux races qui ne sont pas humaines et une personne qui se trouve entre les deux. Le nain et le troll permettent de parler de deux races qui se détestent mais sont également méprisées par les humain-e-s. Ainsi, alors que les cultures trolls et naines sont incomprises les personnages, les gardes en particulier, n'hésitent pas à montrer leur inculture et même à se moquer. Ces tensions sont construites à tel point que la ville pourrait bien exploser à cause de la haine. Angua, elle, se trouve entre deux mondes. Elle ne possède pas vraiment deux cultures mais, en tant que loup-garou, elle fait peur à tout le monde. Son personnage permet d'explorer la difficulté d'être entre deux mondes. Face à lui elle a deux personnages qui réagissent différemment. Carrot ne voit pas ce qui se trouve en face de lui et réagit avec surprise quand il apprend et montre à plusieurs reprises sa peur du surnaturel. Du côté canin, elle fait connaissance de Big Fido qui discoure sur la supériorité de la race canine, tue les "traîtres" et parle de l'état de loup comme d'un retour à un passé glorieux (ça vous fait penser à quelqu'un). Bref tous ces personnages sont divisés et le livre essaie de recréer un lieu entre tout le monde. Personnellement, j'ai bien aimé ce livre qui est bien moins loufoque que les débuts du Disque-Monde au profit de quelque chose de plus sombre.

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**** Un tome 15 que je trouve assez différent des tomes précédents. Mais c'est réussi.
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Image : Site officiel

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02/02/2017

Small Gods (Discworld 13) par Tarry Pratchett

Titre : Small Gods (Discworld 13)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 14 février 2013
Pages : 400

Absolument tout le monde sait que la Terre est plate et que de nombreuses divinités se partagent les cieux. Personne ne remet en cause ces faits vérifiés par des années d'expériences personnelles et scientifiques. Pourtant, un pays entier conteste cela. Tout un pays, sous un régime théocratique, se base sur un seul livre révélé pour décider que le reste du monde à tort. Alors qu'ouvrir les yeux suffit pour comprendre que le monde est plat et que les divinités existent ce pays annonce que le monde est rond et qu'il n'y a qu'un seul dieu: Om. Pire encore, les prêtres de ce pays décident qu'il est normal et même salutaire d'organiser l'exportation de leur doctrine par la grâce des armes. Cependant, l'un des apprentis de l’Église, Brutha, découvre, sur son chemin, une tortue. Celle-ci lui annonce être le dieu Om. Pire encore, il semble que cet apprenti soit le dernier véritable croyant du pays. Le pauvre Brutha a beaucoup à apprendre sur les divinités et sur son Église.

Le thème de ce treizième tome est transparent: la religion. Pour Pratchett, la religion ne découle pas des divinités. Ce sont les divinités qui découlent de la religion, des croyances. Le pouvoir des croyances est, d'ailleurs, régulièrement utilisé par Pratchett dans ses livres (ainsi que les clichés de la littérature et du cinéma). Malgré une mécanique huilée et comprise par les personnes qui lisent les tomes du Disque-Monde il pourrait être délicat de s'attaquer à un thème pareil sans risquer de heurter beaucoup de personnes. D'autant que Pratchett s'attaque directement, et sans se cacher, à l’église catholique. Ainsi, par exemple, on trouve une inquisition ainsi que des prophètes, des lois divines et un livre révélé. Bien que l'exercice soit difficile Pratchett réussit très bien à mener son intrigue pour se moquer de tout le monde tout en faisant bien attention à ne pas s'attaquer unilatéralement à une seule personne. Ainsi, ce sont plutôt les actes des personnes et des institutions au nom d'une religion qui sont moqués moins que la croyance.

Un second thème pourrait être la science. En utilisant un royaume précédemment mis en place, Éphèbe qui parodie la Grèce antique, l'auteur se moque non seulement des scientifiques mais critique aussi leur utilité. Les philosophes, dans le monde de Pratchett, se contente de parler dans le vide sans réfléchir à ce que l'autre personne a dit dans le cadre de banquets somptueux. Ils écrivent des livres qui ne sont pas censé être lus. Malgré cela, certains personnages ont conscience du problème et permettent de réutiliser des citations célèbres. C'est le cas de Didactylos. Son apprenti, par contre, incarne l'aveuglement de la science face à l'utilisation que l'on peut faire des découvertes. Il crée un outil mais ne prend pas le temps de réfléchir aux conséquences qui peuvent en découler avant qu'il ne soit trop tard.

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**** Un très bon treizième tome que j'aurais tendance à conseiller aux personnes qui souhaitent lire Pratchett sans, pour autant, souhaiter entrer dans un cycle précis
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Image : Site de l'auteur

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29/01/2017

Witches Abroad (Discworld 12, Witches 3) par Terry Pratchett

Titre : Witches Abroad (Discworld 12, Witches 3)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 14 février 2013
Pages : 368

Les sorcières sont censées être de vieilles femmes. Il est donc peu étonnant que la profession n'attire pas vraiment de jeunes talents. Il est encore moins étonnant de savoir que les sorcières ont une tendance à mourir bien qu'elles s'y préparent puisqu'elles ont la malchance de connaître le moment de leur mort. L'avantage c'est que l'on évite les conflits familiaux et entre ami-e-s puisque la défunte peut envoyer les biens qu'elle souhaite léguer en avance. C'est exactement ce qu'une sorcière a fait dans le petit royaume de Lancre. Mais ce bien n'est pas une simple pendule. Non, c'est une baguette. Une baguette qui désigne la personne qui la reçoit comme une marraine la fée. Et la personne qui a reçu cette baguette est la plus jeune sorcière du coin: Magrat. Et, rapidement, elle apprend qu'une jeune fille a besoin d'elle dans un royaume magique et lointain. En effet, on essaie de la marier de forcer à un prince.

Le premier thème, le plus important, de ce livre est l'importance des histoires. Ce douzième tome est rempli de références aux contes que nous sommes nombreux et nombreuses à connaître. Pratchett en rit à de nombreuses reprises alors qu'il nous illustre les problèmes de ces histoires et des clichés qui en sortent. Mais Pratchett semble aussi nous expliquer qu'il ne faut pas sous-estimes l'importance et la force d'une bonne histoire. Car celle-ci peut très bien devenir plus importante que la réalité. C'est une mise en garde que l'on doit garder en tête aussi bien face aux journalistes que face aux politiques.

Un second thème, à mon avis, est la liberté. Ou, plus précisément, le libre arbitre. Une partie des dialogues des Sorcières concerne l'usage de la magie. Alors que Magrat souhaite l'utiliser pour améliorer le monde les deux autres, plus âgées, ne veulent pas utiliser la magie. Selon ces dernières, la magie ne peut pas aider. Pour mieux expliquer cette idée Pratchett construit un royaume magique tenu par une Sorcière qui essaie de rendre absolument tout le monde heureux en leur offrant une vie parfaite et une fin heureuse. La ville est magnifique et propre mais surtout elle est remplie de gardes. Ainsi, Pratchett nous montre que même les souhaits les plus bénins, rendre les gens heureux, peuvent devenir mauvais si l'on refuse le libre arbitre à ces même personnes.

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***** Encore un tome sur les Sorcières que j'apprécie bien plus que le reste!

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28/01/2017

Reaper man (Discworld 11, Death 2) par Terry Pratchett

Titre : Reaper man (Discworld 11, Death 2)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 11 octobre 2012
Pages : 352

Dans l'ensemble du multivers il existe une règle simple. Il y a des choses vivantes et des choses mortes. Pour que cet ordre naturel, et le fonctionnement de la réalité, soient maintenus il existe des êtres spécifiques. Celleux-ci ne sont pas des individus mais des manifestations qui peuvent être plus ou moins anthropomorphique. L'une de ces manifestations est la Mort. Depuis le début des temps la Mort se charge de guider les vivant-e-s d'un état à un autre. Cependant, certains êtres mettent en question son travail. Ne serait-il pas trop proche des vivant-e-s? Ne remet-il pas en question son travail? Pire, est-ce que la Mort possède une personnalité? Ainsi, il est décidé qu'il est temps que la Mort prenne sa retraite et jouisse d'une vie pendant que l'ordre naturel se charge de créer un-e remplaçant-e. Mais qu'elles sont les conséquences de l'absence de la Mort sur le cours de la vie? Le Disque-Monde va bientôt l'apprendre alors que des événements inexpliqués commencent à se manifester.

Le personnage de la Mort, dans les romans de Pratchett, lui permet de parler de la vie. En effet, quoi de mieux que l'absence de vie pour mettre en avant l'importance de celle-ci. Ainsi, la Mort, quand elle apprend sa fin prochaine, décide de faire exactement ce qu'il voit les humain-e-s faire tous les jours. Il essaie de faire l'expérience de la vie. Et, apparemment, la vie c'est le travail, les ami-e-s et l'amour. Pour mieux mettre en avant tout cela Pratchett décrit un second personnage, Windle Poons. Ce dernier est mort mais, sans la Mort, revient dans son corps et décide de se remettre à vivre après avoir tenté plusieurs méthodes de suicide. Son intrigue permet aussi d'introduire une petite gifle aux centres commerciaux caractérisés de parasites. Ce dernier bien m'a bien fait rire et je pense que nous serons tous d'accord avec Pratchett!

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**** Un dixième livre au thème particulièrement bien traité selon moi
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